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PLAN DU COURS
INTRODUCTION
CHAPITRE I. NOTIONS GENERALES SUR LE COMMERCE ET LE COMMERCANT
I.1. Le commerce
1. Définition
2. Division de commerce
I.2. Le commerçant
1. Définition
2. Conditions requises pour être commerçant
3. Obligations de commerçant
I.3. Le fonds de commerce
1. Définition
2. Eléments constitutifs du fonds de commerce
3. Mode s dexploitation du fonds de commerce
CHAPITRE II. OPERATIONS D'
D'ACHAT ET DE VENTE
II.1. Notions générales
1. Définition
2. Phases de la vente
3. Obligations du vendeur et de lacheteur
4. Conditions de vente
a. Objet
b. Qualité
c. Conditionnement
d. Quantité
e. Livraison
f. Prix
g. Paiement
II.2. Documents relatifs aux achats et ventes
1. Le bon de commande
2. Le bon de livraison et réception ou bon de camionnage
3. La facture
4. La note de poids
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5. La note de crédit
6. Le relevé de factures
7. La note ou facture au comptant
CHAPITRE III. LE PAIEMENT
III.1. Preuves de paiement
1. Acquit
2. Quittance
3. Reçu
III.2. Modes spéciaux de paiement
paiement
1. Règlement en espèces
2. Paiement par intermédiaire de banque
a. Chèque
b. Virement et Transfert
CHAPITRE IV. EFFETS DE COMMERCE
IV. La lettre de change
1. Définition
2. Personnes intervenantes
3. Utilité
4. Mentions indispensables
5. Echéance
6. Endossement
7. Acceptation et/ou Aval
8. Provision
9. Paiement
10. Garantie solidaire
IV.2. Le billet à ordre
IV.3. Les autres effets de commerce
CHAPITRE V. INTERMEDIAIRES DU COMMERCE
V.1. Intermédiaires pour l'
l'achat et la vente des marchandises
1. Courtiers en marchandises
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2. Négociants-commissionnaires
3. Agents commerciaux
4. Documents utilisés
a. Arrêté
b. Compte dachat
c. Compte de vente
d. Contrat
V.2. Intermédiaires pour le transport
1. Contrat de transport
2. Classification
a. Voituriers
b. Commissionnaires Expéditeurs
c. Courtiers maritimes
3. Documents utilisés
a. Lettre de transport ou de voiture
b. Charte-partie
c. Connaissement
d. Delivery-order
V.3. Intermédiaires pour l'
l'assurance
1. Définition
2. But de l'l'assurance
3. Risques assurés
4. Contrat d'
d'assurance
5. Obligations des parties
V.4. Intermédiaires pour la douane
1. But de l'l'organisation douanière
2. Paiement des droits
3. Formalités douanières
V.5. Intermédiaires pour les paiements et les recouvrements
V.6. Intermédiaires pour l'
l'entreposage des marchandises
1. Institutions
a. Magasins généraux
b. Entrepôts
2. Documents utilisés
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a. Warrant Cédule
b. Certificat de dépôt
BIBLIOGRAPHIE
1. Dartois Philippe, Manuel de droit commercial Zaïrois,
Zaïrois, Nouvelles éditions africaines,
2. 1971.
3. Gouadain D. et Wade El. B., Comptabilité générale système Comptable Ohada,
Ohada, Ed.
Estem, AUF, 2002
4. Jean Dupoux et Joseph Helal, Le fonds de commerce,
commerce, Bruxelles, éd. « Que sais-
je ?», PUF, Paris, 1981.
5. Marcel Dobill, Comptabilité générale OHADA,
OHADA, Tome I, AECC-Karthala, 2008
6. Mapapa Mbangala A. Wanda Robert, Comptabilité générale, Ohada,
Ohada, éd Droit
Afrique, 2ème édition, Juin 2015.
7. financières, 3ème édition Sirey,
Masieri W., Notions essentielles de mathématiques financières,
Paris, 1973.
8. Pauwels M., Principes d'économie commerciale et de comptabilité , éd. Deboeck,
Bruxelles, 1970.
9. Queilat P. et Dolvalat F., Documents commerciaux,
commerciaux, Etude et utilisation, Sirey, 1976.
10. Oumar SAMBE et Mamadou Ibra Diallo, Le praticien Comptable, Système
Ohada, 3ème édition, Editions comptables et juridiques, Dakar, 2003
Comptable Ohada,
11. V. Contie, Cours de documentation comerciale,
comerciale, édition Comptable, Bruxelles, 1961.
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INTRODUCTION
1. ECHANGE
Le commerce joue un rôle primordial dans la vie humaine et met en contact
plusieurs personnes. Ces personnes entretiennent des relations au niveau d 'une ville, d'
d'un
même pays et même de terre entière. Ces relations permettent aux hommes de se procurer
les choses matérielles qu'
qu'ils jugent indispensables et qu'
qu'ils appellent des biens. Chaque
personne produit des biens limités en fonction de son savoir-faire, de sa force, de
conditions géographiques, etc. Elle consomme une partie de biens produits et l 'autre partie
elle la destine à son prochain.
Cet échange des biens entre personnes a revêtu plusieurs formes :
a. Le troc : on échange les biens en nature, c'
c'est-à-dire échange des choses contre
les choses, les services contre les services ou les choses contre les services.
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La première difficulté du troc résultait de la nécessité d'
d'accorder les désirs ; il faut que
chacune des parties désire se procurer le bien dont l'l'autre veut se défaire ,
La deuxième difficulté résidait dans l'équivalence de valeur ente les deux marchandises.
marchandises.
Par exemple, il ne sera pas facile d'
d'échanger une table contre une chaise parce que ces
objets sont indivisibles, et il faudra ajouter à la chaise d'
d'autres marchandises pour atteindre
la valeur de la table.
b. La monnaie : Les difficultés inhérentes au troc ont poussé les gens à utiliser une
marchandise tierce, la monnaie, comme moyen d'
d'échange intermédiaire.
Grâce à la monnaie, l'l'opération unique, cest-à-dire l'l'échange des marchandises (ou
services) contre des marchandises (ou services), est décomposée en deux opérations
successives, une vente et un achat.
achat. Avec cette monnaie, le vendeur peut l'l'utiliser à l'l'achat
de n'
n'importe quelle autre marchandise car la qualité essentielle de la monnaie est d'être
divisible.
divisible.
Suite au croissement du volume des échanges, certaines personnes se sont
spécialisées dans la vente et l'l'achat des biens ; ce furent les commerçants. Entre ces
commerçants se passent des multiples opérations qui se constatent et se prouvent par des
documents. Ces documents sont d'
d'une extrême importance car ils servent, d'
d'une part, de
preuve en cas de contestation et, d'
d'autre part, de base à la comptabilité.
2. OBJECTIF DU COURS
Le commerce joue un rôle primordial dans la vie humaine et met en contact
plusieurs personnes physiques ou morales. Entre ces personnes se passent une multitude
d'opérations qui se constatent et se prouvent par des écrits. Ces écrits ou documents
constatent et précisent les conventions établies entr
entre acheteur et vendeur, ou entre
clients et fournisseurs ou entre créanciers et débiteurs .
Les Techniques des opérations commerciales et financières regroupent un
ensemble des procédés, des méthodes et des instruments indispensables à la pratique
quotidienne des affaires. Cette première partie porte sur les documents commerciaux.
L'objectif assigné au cours de techniques des opérations commerciales et
financières est celui d'
d'initier l'l'étudiant aux techniques de commerce. La finalité c'
c'est arriver
à lui inculquer les concepts spécifiques au commerce, les tracés des documents dits
commerciaux, les différents calculs, les mécanismes et processus commerciaux
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fond
fondamentaux qui puissent lui permettre de comprendre le fonctionnement des affaires
dans son ensemble.
A la fin de ce cours, l'l'étudiant devra être capable de :
a. Comprendre et expliquer les différents concepts utilisés dans ce cours ;
b. Maîtriser les différentes techniques employées dans le commerce (escompte et
négociation des effets, placement bancaire, remboursement des emprunts, etc.) ;
c. Tracer et rédiger correctement les différents documents étudiés ;
d. Faire l'l'association entre certaines formules ou entre certaines opérations
commerciales.
Chapitre I : GENERALITES SUR LE COMMERCE ET LE COMMERÇANT
I.1. LE COMMERCE
I.1.1. Définition de commerce
L'ensemble des opérations permettant à un produit de circuler du lieu de production
vers le lieu de consommation porte le nom de Commerce.
Le commerce peut aussi être défini comme un échange de produits ou de services
en vue de réaliser un bénéfice. Donc le commerçant, en remplissant sa fonction
dintermédiaire entre le producteur et le consommateur, favorise le bien-être général, mais il
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a surtout l'l'envie de son intérêt personnel. Le but immédiat qu'
qu'il poursuit est la réalisation
d'un bénéfice.
I.1.2 Division de commerce
1. Au point de vue géographique
D'après les lieux d'
d'achat et de vente, on distingue le commerce intérieur du
commerce extérieur.
a. Le commerce intérieur est celui qui se fait entre les habitants d'
d'un même pays. Il
est presque toujours un commerce de distribution.
b. Le commerce extérieur : il se fait avec des habitants de pays étrangers et
comprend le commerce d'importation, le commerce d'
d'exportation et le
commerce de transit.
- Le commerce dimportation : il comprend toutes les marchandises qui entrent
dans le pays. Chez l'l'importateur aboutissent les marchandises des pays
producteurs.
- Le commerce d'
d'exportation : il comprend toutes les marchandises qui sortent
du pays.
- Le commerce de transit : il comprend le transport à travers le pays, des
marchandises originaires des pays étrangers et destinées à un autre pays. Les
marchandises entrent et sortent sans acquitter de droits. Le commerce de transit
n'intéresse les habitants du pays traversé que pour autant qu 'il procure des
revenus aux intermédiaires, ainsi qu'
qu'aux propriétaires des installations portuaires
et des moyens de transport utilisés. Ce transit peut être direct ou indirect selon
qu'
qu'il s'
s'effectue sans l'l'admission des marchandises en Entrepôt ou l'l'inverse.
2. Au point de vue de l'
l'importance des opérations
Le commerce se subdivise en commerce de Gros,
Gros, de demi-gros et de détail.
détail.
- Le commerce de gros : il s'
s'effectue entre les producteurs ou fabricants et les
autres commerçants (demi-grossistes). Il porte sur de grosses quantités de
marchandises.
- Le commerce de demi-gros : les marchandises sont achetées au commerçant
grossiste et revendues aux commerçants de détail par quantité moins
importantes.
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- Le commerce de détail : il s'
s'effectue entre les détaillants et les consommateurs
selon les désirs de ces derniers, il porte donc sur des petites quantités.
I.2. LE COMMERCANT
I.2.1. Définition de commerçant
Sont appelés commerçants, ceux qui interviennent à des titres divers entre le
producteur et le consommateur et qui font donc circuler les biens matériellement et
juridiquement. La circulation matérielle est le changement de la place des marchandises
tandis que la circulation juridique signifie leur changement de propriétaire.
Juridiquement, sont commerçants ceux qui font des actes qualifiés commerciaux par
la loi et qui en font leur profession habituelle, soit à titre principal,
principal, soit à titre d'appoint.
appoint.
Cette définition comporte deux éléments essentiels :
- Faire profession = activité habituelle et gagne-pain ;
- Actes qualifiés commerciaux par la loi : le législateur définit les commerçants
par rapport aux actes de commerce.
Faute de définition légale « d'actes commerciaux », nous allons essayer d'
d'énumérer
simplement ceux-ci.
Les actes de commerce peuvent être classés en trois grandes catégories :
a. Actes de commerce objectifs : ce sont des actes qui sont toujours commerciaux
même lorsquils ont été faits par des non commerçants.
Ces actes concernent :
- Les lettres de change, mandats, billets à ordre ou autres effets à ordre ou au
porteur : le signataire de ces actes fait un acte de commerce ; le but poursuivi
n'est pas pris en considération mais seulement la signature.
- Les sociétés à but lucratif constituées selon la forme du code de commerce sont
commerciales.
b. Actes de commerce faits par les entreprises commerciales
Certaines activités sont, par définition, des activités commerciales ; et tous les actes
faits dans ce cadre sont réputés des actes commerciaux.
Il sagit :
- des opérations de banque, de change ou de courtage et dassurances à primes ;
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- des activités réalisées par les entreprises de manufactures ou usines,
entreprises de travaux publics ;
- des activités réalisées par les entreprises de fournitures, agences, bureaux
daffaires, établissements de spectacles publics.
c. Autres opérations commerciales prévues par le législateur
- Tout achat de denrées et marchandises pour la revente ;
- Toute vente ou location qui est la suite dun tel achat
- Toute location de meubles pour sous-louer et toute sous-location qui en est la
suite.
Cette série dactes sont réputés actes commerciaux lorsque leurs auteurs les font
dans une intention commerciale. Cest-à-dire sils ont lintention de réaliser un profit ou de se
livrer à des spéculations de caractère commercial. Notons que cette énumération dactes
commerciaux nest pas limitative.
I.2.2. Conditions requises pour être commerçant
Sont commerçants, « ceux qui font profession des actes qualifiés commerciaux par
la loi ». Il convient aussi dajouter aux conditions prévues par la loi que le commerçant
exerce son activité pour son compte et de façon indépendante ; le commerçant doit être
enfin distingué de lartisan.
Les conditions requises pour être commerçant sont :
a. Accomplissement dactes de commerce
Il est nécessaire avant que lon ait la qualité de commerçant que lon fasse des actes
de commerce. Il en résulte que lagriculteur, lavocat, le médecin, etc. qui ne font que les
opérations civiles nont pas la qualité de commerçant.
b. Le commerçant doit faire profession dactes de commerce
- Il est nécessaire quil y ait des actes répétés ;
- Il est nécessaire également que lauteur de lacte de commerce ait lintention de
se considérer comme commerçant ;
- Il est nécessaire que les actes de commerce soient exercés à titre principal par
une personne de droit privé ;
- Il est nécessaire enfin que lexercice dune activité commerciale soit fait dune
façon indépendante.
Remarque : Les artisans ne sont pas des ouvriers et ne sont pas non plus de
commerçants ; ils forment une catégorie à part. Lon range parmi les artisans les personnes
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suivantes : cordonniers, tailleurs, peintres, maçons, plombiers, garagistes, etc. Ces artisans
vivent en particulier de la vente des produits de leur travail manuel.
c. Faire des actes à son nom et pour son compte
Ainsi ne sont pas commerçants, le gérant dune succursale, le mandataire, le
représentant, etc. qui agissent au nom et pour le compte dun patron.
d. Avoir la capacité dexercice
En principe, sont incapables de faire le commerce ceux que le droit civil déclare
incapables : les mineurs, les interdits (aliénés, prodigues, faibles desprit, etc.), les femmes
mariées. Lorsquun incapable se livre au commerce, il ne devient pas commerçant parce
que les actes quils posent sont nuls.
N.B. : En général, laccès à la profession commerciale est largement ouvert. Cependant le
législateur éloigne de la profession certaines catégories de personnes :
1. Lincompatibilité : il est nécessaire, lorsquon exerce une activité nécessitant une
impartialité, voire un désintéressement, que lon ne puisse plus faire du commerce
qui est une activité trop tentée de but spéculatif ; lactivité quon exerce est ainsi
incompatible avec lexercice dune activité commerciale. Cest ainsi que les
fonctionnaires, avocats, médecins, militaires, officiers ministériels, etc. ne peuvent
exercer aucune activité commerciale.
2. La déchéance : la loi empêche les personnes qui ont fait preuve dans le passé
dune indignité notoire dexercer le commerce. Exemple : les personnes condamnées
soit pour un crime, un vol, soit à des délits dargent (escroquerie, abus de confiance,
recel, fraude fiscale,…
fiscale,…).
3. Lincapacité : le commerce étant une activité dangereuse, il est nécessaire de
protéger certaines personnes (mineurs, femmes mariées, faibles desprit, aliénés, …)
contre les dangers et les aléas de la profession. Ces personnes méritant la
protection du législateur sont supposées manquer de la maturité que nécessite la
profession.
I.2.3. Obligations du commerçant
De nombreuses obligations sont imposées aux commerçants. Les principales
obligations professionnelles de droit privé imposées aux commerçants sont :
- Publication des conventions matrimoniales ;
- Tenir les livres de commerce ;
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- Etre immatriculé au Registre de commerce et crédit mobilier ;
- Faire la « loyale concurrence ».
a. Publication des conventions matrimoniales
La principale utilité de conventions matrimoniales est quelles renseignent les tiers
sur le régime sous lequel est placée la communauté conjugale du point de vue pécuniaire :
mariage avec communauté ou avec séparation de biens. Cette convention matrimoniale qui
traite des incidences du mariage sur le patrimoine des époux doit faire lobjet dune
publication qui suppose :
- Le dépôt du contrat de mariage en entier ou par extrait au greffe du tribunal de
commerce du principal établissement du commerçant ;
- Linscription du régime matrimoniale au registre de commerce et crédit mobilier.
b. Tenir les livres de commerce
Aux termes de larticle1, alinéa I du décret du 31 juillet 1992, tout commerçant doit
tenir le livre et indiquer daprès les principes dune comptabilité régulière, létat de ses
opérations commerciales et sa situation de fortune. Il sagit surtout de livre journal, livre des
inventaires et les copies de correspondance.
La tenue des livres de commerce présente de nombreux intérêts pour le
commerçant, pour les tiers et même pour lEtat. Le commerçant est tenu de faire un
inventaire en début de commerce et ensuite chaque année. Cet inventaire doit être signé
par le commerçant. Le commerçant doit garder copie de toute correspondance commerciale
et la conserver pendant dix ans. Les livres commerciaux doivent être reliés et cotés, tenus
par ordre de dates, sans blancs, sans ratures, lacunes, ni transports en marge.
c. Se faire immatriculer au Registre de commerce et crédit mobilier
Limmatriculation consiste à inscrire lidentité du commerçant et des divers
renseignements sur son commerce (gage du fonds de commerce, condamnations
antérieures, etc.) aux greffes des tribunaux de commerce.
Les buts de cette immatriculation sont variés :
- Assurer le recensement de toutes les personnes du droit commercial ;
- Constituer une source dinformations commerciales accessibles à tous et donner
ainsi davantage de sécurité au crédit ;
- Eloigner des activités commerciales les personnes indésirables.
d. Faire une concurrence loyale
Le principe de la liberté de commerce et de lindustrie entraîne comme conséquence
le principe de concurrence libre. Ainsi, les commerçants peuvent effectuer toutes les
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opérations utiles à la création et à la conservation de la clientèle dans le respect de la loi.
Ce principe de concurrence libre peut être restreint, soit par la loi, soit par les
professionnels eux-mêmes. La loi réprime des actes contraires aux usages honnêtes en
matière commerciale ou industrielle.
I.3. LE FONDS DE COMMERCE
I.3.1. Définition
Le fonds de commerce est lensemble de biens corporels et incorporels que le
commerçant groupe et organise en vue de lexploitation de son commerce.
I.3.2. Eléments constitutifs du fonds de commerce
a. Les éléments corporels comprennent notamment le matériel, loutillage et les
marchandises. Le matériel comprend tous les meubles corporels servant à lexploitation du
fonds : outillage, machines, mobiliers, etc. Le matériel dexploitation ne peut être un élément
de fonds de commerce que si le commerçant est locataire de limmeuble dans lequel il
exerce son commerce, sil est propriétaire de limmeuble, les biens dexploitation sont des
immeubles par destination ; ils ne peuvent pas faire partie du fonds de commerce car les
immeubles sont jusquà ce jour exclus des actes de commerce.
Les marchandises : il sagit des matières premières, des produits en cours de fabrication et
des produits qui sont destinés à être vendus et constituent lobjet du commerce.
b. Les éléments incorporels comprennent la clientèle, le nom commercial, lenseigne, le
droit au bail, ainsi que les brevets dinvention, les marques de fabrique et de commerce, les
droits de propriétés littéraires ou artistiques.
La clientèle : cest lensemble de personnes ; appelées les clients ; qui utilisent les
services dun membre dune profession libérale (ex : avocat ; médecin …) ou dun
commerçant. La clientèle est lélément principal du fonds de commerce. Le droit à la
clientèle ne signifie pas que le commerçant puisse exiger à ses clients de lui rester
fidèle mais que le commerçant peut défendre son droit à la clientèle contre la
« concurrence déloyale »En cette matière la loi condamne à des dommages et
intérêts en leur enjoignant de cesser leurs manœuvres ; les commerçants qui
cherchent à créer des confusions ou emploient des procédés des dénigrements.
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Le nom commercial : Cest le nom sous lequel une personne exerce son
commerce. Ex : Boulangerie Krishna ; Yesu ni Jibu ; etc. La loi protège le droit au
nom commercial contre les confusions que pourraient créer des concurrents. Elle ne
peut interdire à un homonyme de faire son commerce sous son nom. Mais elle lui
imposera des mesures propres à éviter la confusion ; par lemploi obligatoire dun
prénom par exemple.
L'enseigne : Cest une désignation matérielle et extérieure dun établissement
commercial et industriel, au moyen dun tableau, dun emblème, dune inscription ou
dune représentation figurée sous laquelle létablissement est connu du public.
Le droit au bail : Cest le droit au renouvellement du bail accordé au commerçant
locataire dun immeuble où il exerce son commerce. Lorsque le contrat de location
arrive à expiration, le propriétaire ne peut, en principe, refuser de le renouveler.
Les droits de propriété industrielle ou intellectuelle : ces droits portent sur
certaines manifestations dun travail particulier dans lequel la faculté créatrice de
lesprit joue un rôle essentiel. Ils confèrent à leurs auteurs un monopole dexploitation
ou un usage exclusif. Ces droits sétendent aux brevets dinvention, marque de
fabrique, dessins et modèles, droits dauteur.
I.3.3. Modes dexploitation du fonds de commerce
Le commerçant propriétaire dun fonds de commerce peut :
- Lexploiter personnellement, seul ou avec laide préposé, ou le faire exploiter à
son nom et pour son compte par un gérant salarié ;
- Ou encore le donner en location : cest le régime de la gérance libre. Un gérant
libre est, par opposition au gérant salarié, un commerçant qui exploite sous sa
responsabilité, moyennant un loyer, un fonds appartenant à un autre
commerçant.
- Son profit et sous sa responsabilité, moyennant un loyer, un fonds appartenant à
un autre commerçant.
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CHAPITRE II. ACHAT ET VENTE
II.1. NOTIONS GENERALES
II.1.1. Définition de la vente
La vente est un contrat par lequel une personne (le vendeur) sengage à transférer la
propriété dune chose à une autre personne (lacheteur) qui sengage, elle, à en prendre
livraison et à payer le prix convenu.
II.1.2. Phases de la vente
La vente comprend deux phases : la négociation et la conclusion.
- La négociation : cest la phase de discussion entre le vendeur et celui qui désire
acheter. Cette négociation porte sur les différentes conditions de vente. La
quantité à acheter, le prix, le mode de livraison, le mode de paiement, la qualité
de marchandises, etc.
- La conclusion : après la négociation, les deux parties peuvent aboutir à un
accord ou un désaccord : cest-à-dire à la conclusion.
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II.1.3. Obligations du vendeur
Le vendeur a deux obligations : livrer la marchandise et garantir cette marchandise.
a. La livraison : la livraison de la marchandise entre les mains de lacheteur se fait au
lieu et à lépoque convenue entre les parties. Si le lieu nest pas fixé, ça sera :
- Pour un certum (chose bien déterminée) : lendroit où la chose se trouvait au
moment de la conclusion du contrat ;
- Pour un genus (chose déterminée quant à son espèce) : le domicile du vendeur.
Si lépoque nest pas fixée, la livraison aura lieu immédiatement.
b. La garantie : le vendeur doit procurer à lacheteur une possession paisible et utile,
cest-à-dire que le vendeur garantit la chose vendue :
- Contre tout trouble et toute éviction ;
- Contre tout vice caché.
II.1.4. Obligations de lacheteur
Lacheteur a aussi deux obligations :
- Prendre possession de la marchandise qui lui est livrée ;
- Payer le prix convenu.
II.1.5. Conditions de vente
1. Objet de vente
Le vendeur doit spécifier le produit mis en vente. Tout accord obscur ou ambigu
interprète contre le vendeur.
2. Qualité des marchandises
La qualité de la marchandise doit être exprimée de façon claire, précise et dans les
termes usuels. On peut utiliser les qualifications : première qualité, meilleure qualité, qualité
ordinaire, bonne qualité, … Parfois lindication du pays dorigine peut donner une idée sur la
qualité du produit.
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Les indications supplémentaires peuvent être utilisées :
- Vente sur échantillon : dans ce type de vente, la marchandise livrée doit être
conforme à léchantillon accepté par lacheteur.
- Vente à lessai : dans cette vente, lacheteur ne pourra accepter la marchandise
vendue quaprès lessai. Il a le droit de refuser le produit sil ne lui convient pas.
- Vente ad gusto : il ny a pas de vente tant que lacheteur na pas goûté la
marchandise et ne la pas agréée.
3. Conditionnement
Le conditionnement nest pas à confondre avec la qualité. Une marchandise de
première qualité peut être mal conditionnée, cest-à-dire avariée.
Le conditionnement est létat de la conservation de la marchandise. Sauf stipulation
contraire, les ventes sont faites marchandises saines, loyales et marchandes.
4. Quantité
La quantité sexprime par unité de longueur, de poids, de volume, de surface, de
capacité, par douzaine, selon la nature et lusage de la marchandise.
On peut utiliser les clauses suivantes :
- Clause environ : cette clause est utilisée pour les marchandises qui seront
chargées après et dont on ne connait pas la quantité exacte qui sera
embarquée. On accorde au vendeur une certaine tolérance qui est indiquée
dans le contrat de vente par le mot « ENVIRON » qui précède lannonciation de
la qualité. Exemple : Environ 10 tonnes.
- Poids embarqué ou poids débarqué : quand la vente est faite poids
embarqué, le vendeur établit la facture sur base du poids constaté à
lembarquement. Toute perte de poids constatée au débarquement est supportée
par lacheteur. Dans la vente faite poids débarqué, le vendeur établit la facture
sur base du poids constaté au débarquement. Toute perte de poids constatée
au débarquement est supportée par le vendeur.
Lorsque les marchandises sont emballées, on distingue : le poids brut, la tare et le
poids net.
- Le poids brut est le poids de la marchandise et son emballage ;
- Le poids net est le poids la marchandise seule ;
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- La tare est le poids de lemballage.
N.B. : Certaines marchandises ne coûtent pas plus chères que lemballage. Elles sont
vendues brut pour net.
Certaines réductions sont accordées sur le poids, il sagit de :
a. Réductions sur le poids brut
En déduisant la tare et éventuellement la surtare du poids brut, on obtient le poids
de la marchandise.
Poids Net = Poids brut — Tare et/ou
Surtare
b. Réductions sur le poids net
- Le bon poids est une réduction accordée pour compenser les pertes inévitables
résultant de la vente en détail des matières sèches.
- Le coulage est une réduction sur le poids de certains liquides pour suintement
et évaporation.
- La réfaction est une réduction accordée lorsque la marchandise contient des
corps étrangers ou quelle a subi des dommages pendant le transport ou pour
dommages constatés à la livraison.
- Le don est une réduction forfaitaire sur le poids pour altération naturelle de la
marchandise par suite du transport ou de changement des conditions
atmosphériques.
- Le sur don est une réduction analogue à la précédente accordée pour avarie
accidentelle.
- La pousse est une réduction accordée pour effritement de la marchandise.
- Le trait est une réduction forfaitaire pour erreur possible dans le pesage.
- La freinte est un déchet normal dû à la manipulation.
- La tolérance est un déchet normal des certaines marchandises.
Poids Net — Autres réductions sur le poids net = Poids
facturé
Simplifications admises dans le calcul de poids
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Les réductions ci-dessus sont souvent exprimées en pourcentage du poids brut ou du poids
net. En effectuant les calculs, on trouve diverses fractions de kilogramme. Il est admis
darrondir le résultat au demi-kilogramme comme suit :
- de 0,001Kg à 0,250Kg = 0Kg
- de 0,251Kg à 0,750Kg = 0,5Kg
- de 0,751Kg à 0,999Kg = 1Kg
Exemples :
1°. Calculer 2% de tare sur :
a) 4805,85Kg
b) 876,55Kg
c) 9092,60Kg
2°. 150 sacs de sucre pèsent brut 7500Kg, tare 1,25% ; surtare 0,75%
3°. 75 sacs de haricot pèsent brut 87500Kg, tare 1,5% ; réfaction 0,75%. Calculer le
poids facturé
5. Livraison
Le vendeur doit livrer la marchandise cest-à-dire la mettre à la disposition de
lacheteur à lépoque convenue et dans un lieu déterminé.
a. Le délai de livraison : il est lépoque à laquelle le vendeur sengage à livrer la
marchandise.
Nous distinguons différents types de ventes suivantes :
- La vente au comptant : dans cette forme de vente, la conclusion du marché, la
livraison et le règlement sont, en principe, simultanés.
On distingue toutefois :
Le comptant compté (vente au grand comptant) : lorsque le paiement
intervient au moment de la livraison.
Le comptant dusage (paiement au comptant) : lorsque le paiement est
effectué dans un délai très bref fixé par les usages.
Exemple : présentation de la facture dans les dix jours.
On emploie le terme « comptant » dans le sens du comptant compté.
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- La vente à crédit : dans la vente à crédit, la livraison est immédiate, le
règlement est reporté à une date déterminée fixée au moment de la vente. Dans
le commerce de gros, la vente à crédit constitue la règle générale. Elle consiste
à différer le paiement jusquau 30, 60, 90 jours (ou plus) après la conclusion du
contrat.
- La vente à tempérament : elle consiste à diviser la somme à payer en un
certain nombre de fraction dont le règlement est exigible à intervalle régulier. Un
acompte est versé lors de la commande ou de la réception.
- La vente à terme ou à livrer : la conclusion du marché a lieu immédiatement,
mais la livraison et le paiement sont tous les deux différés.
b. Frais de livraison et denlèvement des marchandises
Les frais (chargement, déchargement, transport, assurance, etc.) sont en charge de
lacheteur, sauf convention contraire.
Font exception à ce principe les cas ci-après :
- Vente franco emballage : le vendeur prend en charge les frais demballage.
- Vente usine ou magasin : les frais sont à charge de lacheteur dès linstant où la
marchandise quitte lusine ou le magasin du vendeur.
- Vente franco wagon gare de départ (Free on rails=FOR) : les frais sont à
charge du vendeur jusquau moment où les marchandises soient chargées sur le
wagon à la gare de départ.
- Vente franco sur camion : le vendeur supporte les frais de la marchandise
jusquau chargement sur camion.
- Vente franco à bord (vente FOB) : les frais et les risques sont à la charge du
vendeur jusquau moment où la marchandise soit chargée à bord du bateau au
port dembarquement.
- Vente franco gare de départ : les frais sont à la charge du vendeur jusquà
larrivée des marchandises à la gare de départ, le chargement sur wagon non
compris.
- Vente franco gare de destination : les frais sont à charge du vendeur jusquau
moment où la marchandise arrive à la gare de destination (déchargement non
compris).
- Rendu en gare de … ou franco à destination : les frais sont à charge du
vendeur jusquà un lieu déterminé.
- Vente franco wagon gare de destination : le vendeur supporte les frais jusqu à
la gare de destination (déchargement non compris).
21
- Vente franco à vos risques et périls : cette clause met les frais de transport à
charge du vendeur mais fait supporter les risques du transport à lacheteur.
- Vente franco domicile : tous les frais sont supportés par le vendeur jusquau
domicile de lacheteur sauf les emballages.
- Vente franco le long de navire (vente FAS) : le vendeur supporte les frais
jusquavant la mise de marchandises à bord du navire au port dembarquement.
- Vente sur navire (vente ex-ship) : le vendeur supporte les frais et les risques
jusquà larrivée du navire au port de destination (déchargement non compris).
- Vente à quai (vente ex-quay) : le vendeur supporte les frais et les risques
jusquau moment de la livraison de marchandise sur le quai de débarquement.
- Vente CAF ou CIF : lacheteur devient responsable de la marchandise et de tous
les risques dès le début de transport et donc le prix comprend à la fois le coût de
la marchandise, le montant de lassurance qui couvre celle-ci durant le transport
et le fret.
Notons que la vente CAF/CIF est très utilisée parce quelle permet :
- Au vendeur dêtre payé dès lembarquement des marchandises
- A lacheteur détablir le prix de revient de la marchandise ou de solliciter un
emprunt su marchandise.
c. Autres conventions relatives aux modalités de livraison
- Vente en port dû : la livraison a lieu dans le magasin du vendeur et lexpédition
est faite aux frais et risques de lacheteur.
- Vente en port payé ou franco : la livraison est faite au domicile de lacheteur ; le
port est payé par le vendeur qui, généralement, est responsable de la
marchandise jusquà destination.
6. Le prix
Le prix est unitaire ou global. Il est unitaire sil est exprimé par unité de poids, de
longueur, de volume, par douzaine, etc. Il est global sil sétend pour un lot ou une quantité
totale déterminée.
Certaines réductions peuvent être accordées sur le prix :
- Le rabais : cest une réduction pratiquée exceptionnellement sur le prix de vente
préalablement convenu pour tenir compte dun défaut de qualité ou de conformité
de marchandises vendues.
22
- La remise : cest une réduction pratiquée habituellement sur le prix de vente en
raison de limportance de la vente (forte quantité) ou de la personnalité du client
cest-à-dire quelle est accordée en fonction de la qualité de lacheteur.
- La ristourne : cest une réduction du prix calculée sur lensemble des opérations
faites avec un même client pendant une période déterminée cest-à-dire quelle
est accordée à un client régulier de la maison.
- Lescompte de règlement : le rabais, remise ou ristourne ont un caractère
commercial. En revanche, lescompte de règlement a un caractère financier. Cest
une réduction accordée au client qui paye son achat avant le terme normal
dexigibilité (exemple : paiement au comptant dune facture payable à 60 jours).
Applications
1. Mr Kasongo achète 5.000 rames de papiers duplicateurs en raison de 6.000FC
HT la rame. Il bénéficie dune remise de 20%. Quel est le montant de sa facture ?
2. Mr Georges achète 50 radios à 12.000FC HT la pièce. Il bénéficie de 2 remises
successives de 20% et 10%. Calculez le montant de sa facture.
7. Le paiement
Le paiement est lacquittement dune dette. Il doit se faire au lieu et à lépoque
convenue. Le lieu de paiement est le domicile de lacheteur si rien nest stipulé à ce sujet
entre les deux parties.
Lépoque de paiement : on distingue le paiement au comptant, à terme (à crédit) et à
tempérament.
Pour calculer le prix net, les opérations doivent être effectuées dans lordre suivant :
Poids brut
- Tare et/ou surtare
= Poids Net
- Autres réductions sur le Poids Net
= Poids facturé
x Prix unitaire
= Prix brut
23
-Rabais, Remise, Ristourne (calculés en cascade sur le Prix brut)
= Prix facturé ou Net commercial
-Escompte
= Net financier ou Valeur de base
+ Frais de transport
+ Frais de manutention
+ Frais de douane
+ Frais dassurance
+ Emballages facturés ou consignés
-Emballages repris ou rendus
= Montant à payer HT
+ TVA (calculée sur le montant à payer H.T)
= Montant Net à payer par lacheteur TTC
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)
La TVA est un impôt supporté par le consommateur final. Limpôt est qualifié
dindirect lorsquil y a une différence entre le contribuable (celui qui supporte limpôt) et le
redevable (celui qui effectue le versement de limpôt dans les caisses du Trésor public).
En RDC, la TVA a été instituée par lordonnance loi n°001 du 20 août 2010 et entrée
en vigueur en janvier 2012. Le taux perçu de la TVA est 16 % en RDC.
Applications
1. Mr Ramazani achète 400 sacs du riz pesant chacun 45Kg. Tare 0.75% ; Don 1,5% ;
Surdon 0,5% ; Prix 1000FC/Kg, remise 0,5% ; escompte 2%. Les sacs sont facturés
à 500FC
24
2. la pièce mais le quart était repris. Les frais : Transport 100FC/Kg HT, manutention
200FC/sac, Assurance 50.000FC. Calculez le montant net à payer toutes taxes
comprises.
3. La sucrerie de Kiliba a livré à son client de Lubumbashi 24 tonnes de sucre
conditionnées dans les sacs de 60Kgs. Tare 900gr/sac, prix 300FC/Kg, Remise 3%.
La livraison est échelonnée sur une période dun mois en raison de 100 sacs par
voyage. Les frais engagés par voyage sont ventilés comme suit :
- De Kiliba jusquau port dUvira 10.000FC
- Déchargement au port dUvira 3.000FC
- Chargement sur le bateau 3.000FC
- Transport par bateau jusquà Kalemie 100FC/Kg
- Déchargement à Kalemie 4.500FC
- Du port à la gare de Kalemie 5.000FC
- Déchargement à la gare de Kalemie 3.000FC
- Chargement sur le wagon 3.000FC
- De Kalemie jusquà Lubumbashi par la SNCC 200FC/Kg
- Déchargement à Lubumbashi 4.000FC
Les sacs vides sont facturés à 500FC la pièce.
Travail à faire :
1) Déterminez le montant des frais à supporter par chaque partie dans chacun de cas
suivants :
- Vente franco emballage
- Vente FAS (Vente franco le long de navire)
- Vente FOB (Vente franco à bord)
- Vente sur navire (Vente ex-ship)
- Vente à quai (Vente ex-quay)
- Vente franco gare de départ
- Vente franco wagon gare de départ
- Vente franco gare de destination
- Vente franco wagon gare de destination
- Vente franco domicile
- Vente CIF ou CAF
2) Calculer le montant net à payer dans chacun de cas précités.
25
4. La maison Jacob, Registre de commerce et crédit mobilier n°500, B.P. 200 à
Bruxelles, a livré à son client BYAMUNGU Faustin de Kinshasa 36 tonnes de
marchandises conditionnées dans des sacs de 45Kg. Tare 500gr par sac, prix 10FB
pour 2Kgs, trait 0,5% ; Remise 5%.
La livraison se fait par tranche en raison de 200 sacs par voyage. Les frais
engagés par voyage sont ventilés comme suit :
- Depuis le magasin jusquau port dAnvers 200FB
- Déchargement au port 50FB
- Chargement sur le bateau 50FB
- Transport par bateau jusquà Matadi 0,5FB/Kg
- Déchargement au port de Matadi 50FB
- Du port à la gare de Matadi 30FB
- Chargement sur le train 60FB
- Transport par train jusquà Kinshasa 0,4FB/Kg
- Déchargement à la gare de Kinshasa 60FB
- De la gare de Kinshasa au magasin du client 80FB
- Assurance 300FB
Les sacs vides sont facturés à 0,4FB la pièce mais la moitié sera reprise.
Travail à faire :
1) Calculez le montant de frais à supporter par chaque partie dans chacun de cas
suivants :
- Vente franco magasin
- Vente FAS
- Vente FOB
- Vente sur navire
- Vente à quai
- Vente franco wagon gare de départ
- Vente franco gare de départ
- Vente franco gare de destination
- Vente franco wagon gare de destination
- Vente franco domicile
- Vente franco emballage
- Vente CIF
2) Calculez le montant net à payer dans chacun de cas précités
5. On vend 2.000 sacs de haricot pesant chacun 100Kgs. Tare 1,300Kg le sac,
réfaction 0,75% ; trait 2%, Prix 500FC HT le Kg, remise 3% et escompte 2%. Les
26
emballages sont facturés à 1.000FC la pièce mais la moitié sera reprise. Calculez le
montant net à payer TTC.
6. Les établissements KKT ont vendu 2.500 sacs de café pesant chacun 100Kg, tare
900gr/sac, réfaction 2%, trait 0,5%, prix 2.500FCHT le Kg, remise 2%. La facture est
payable dans 60 jours mais si le client paye le montant avant léchéance, un
escompte de 4% lui sera accordé.
Les frais engagés sont ventilés comme suit :
- Transport 500FC/Kg
- Manutention 200.000FC
- Frais divers 150.000FC
Les emballages sont facturés à 500FC la pièce mais la moitié sera reprise.
Travail demandé :
a. Déterminez le montant net à payer à léchéance convenue
b. Déterminez le montant net à payer dans lhypothèse où le client paie avant
léchéance.
II.2. DOCUMENTS RELATIFS AUX ACHATS ET VENTES
II.2.1. Leur importance
Dune manière générale, les documents commerciaux jouent un triple rôle :
- Ils constituent des moyens de preuve ;
- Ils constituent un moyen de contrôle ;
- Ils servent de base de justification décriture et des travaux comptables.
II.2.2. Leur présentation
La plupart des documents commerciaux se présentaient à lorigine comme des
simples lettres. Lusage a peu à peu uniformisé leur contenu et préparé lutilisation dimprimer
orienter de plus en plus vers lexploitation mécanographique et actuellement à loutil
informatique.
Lusage a également orienté lélaboration de certain de ces documents dans un sens
de leur normalisation, ce qui permet dune part, de spécifier les caractéristiques de chaque
document en ce qui concerne la nature et lemplacement des mentions de façon à unifier et
simplifier la présentation du document, dautre part, de mener un travail rapide lors de la
rédaction, de la lecture et du classement.
Description générale
27
Chaque document comporte en général deux parties : len-tête et le corps.
1. En-tête : il contient tous les renseignements sur lentreprise entre autre :
- Nom du commerçant ou dénomination de la société
- Adresse géographique
- Numéro de téléphone sil y a lieu
- Numéro de compte en banque et le nom de la banque
- Objet du commerce
- Numéro dimmatriculation au Registre de commerce et crédit mobilier
- Type de société et du capital (pour les sociétés anonymes et à responsabilité
limitée)
2. Le corps : Le tracé du corps et les mentions varient avec la nature du document.
II.2.3. Documents utilisés dans lachat et vente des marchandises
Les différents documents utilisés sont : le bon de commande, le bon de livraison et
réception ou bon de camionnage, la facture, la note de poids, la note de débit, la note de
crédit, le relevé de factures et la note.
1. Bon de commande, bon de réception et livraison
Lacheteur adresse au vendeur une commande soit sous forme de lettre, soit sous
forme de bon de commande. Le bon de commande est un document commercial établi par
le client et adressé au fournisseur mentionnant :
- Lidentité de lacheteur et du vendeur
- La nature et la quantité des produits commandés
- Le délai de livraison demandé et le lieu de livraison
- Eventuellement le mode de livraison et de paiement.
Laccord du vendeur résulte dun accusé de réception (dit confirmation de
commande) mentionnant :
- La nature et la quantité des produits que le fournisseur sengage à livrer
- Le prix
- Le délai de livraison.
Lors de la livraison, le vendeur utilise généralement un double document : Bon de
livraison et bon de réception.
Le bon de livraison est un document qui accompagne la marchandise lors de la
livraison. Il est établi par le fournisseur et remis au client lors de la livraison. Le bon de
livraison constate la livraison effectuée (il indique la nature et la quantité des produits
livrés). Il est établi en deux exemplaires : lun est remis à lacheteur, lautre, signé par
28
lacheteur, est conservé par le vendeur et tient lieu de bon de réception.
réception. Ce dernier pourra
servir à létablissement de la facture.
Le bon de camionnage : cest un document qui remplace le document combiné
« bon de livraison et bon de réception ». Il remplit les mêmes fonctions que le bon de
livraison et le bon de réception. Le bon de camionnage porte la signature de trois
personnes : le magasinier du vendeur, le chauffeur qui a transporté les marchandises et le
réceptionnaire.
Le magasinier signe le document pour attester que la marchandise a quitté son
magasin et a été mise à bord de son camion et le réceptionnaire pour attester que la
marchandise indiquée lui a été remise.
N.B. : Si la marchandise est livrée par lintermédiaire dun transporteur, on parle du
« Bordereau dexpédition » au lieu du bon de camionnage.
2. La facture
La facture est un document commercial essentiel constatant la vente. La facture est
un document établi par le fournisseur et adressé au client indiquant les détails de
marchandises vendues ainsi que les conditions de vente (prix, remise, rabais, ristourne, le
port, les emballages consignés ou facturés, la taxe, le net à payer, le délai de paiement).
On distingue plusieurs types de factures :
a. Facture « Doit »
Elle constate le montant dû par le client au fournisseur. Le terme « Doit » signifie
que le client doit payer à son fournisseur le montant arrêté de la facture.
b. Facture « davoir »
Suite à un retour de marchandises ou à des réductions hors facture, le fournisseur
établit un document adressé au client et mentionnant le montant à déduire du compte
client. Le terme « Avoir » signifie que le fournisseur opère une diminution de sa créance sur
le client.
La facture davoir ou note de crédit est un document que le vendeur adresse à son
client pour laviser que le solde de son compte a été réduit en raison dun rabais, dun retour
ou de lannulation dune opération. La note de crédit réduit la créance de lentreprise sur le
client. Elle est donc un document qui sert à constater les sommes bonifiées à un client pour
remise, rabais, erreur de calcul, retour de marchandises ou demballages.
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Une note de débit est un document émis par le fournisseur à un client dans lequel il
lui fait part de laugmentation de sa créance cest-à-dire de laugmentation de la dette de
lacheteur. Une note de crédit est donc une deuxième facture que lon établit pour rectifier
une erreur favorable à lacheteur.
c. Relevé de factures
Pendant une période bien déterminée, les factures « Doit » et « Avoir » sont
adressées au client par le fournisseur. Ce dernier peut avoir, au terme de cette période,
déterminer le solde de créance vis-à-vis de son client. Ce solde est donc déterminé à
travers de son relevé de factures qui mentionne dun côté les factures « Doit » et de lautre
les factures « Avoir » afin de dégage
r le solde.
Le document est envoyé au client pour linformer de la somme quil doit au
fournisseur au bout dune certaine période. Il est donc un état récapitulatif des factures
correspondant aux différentes livraisons. Il est établi par le fournisseur et envoyé au client
généralement à la fin du mois. Ce document porte aussi le nom de relevé de compte ou
mémorandum. La réduction accordée au client sappelle ristourne parce quon considère
quil sagit dun bon client.
d. Devis ou facture pro-forma
Il sagit dune pièce comptable relative à une proposition des prix faite par le
fournisseur à la demande et à lendroit du client.
e. Note ou facture au comptant
La note est un état détaillé :
- Des fournitures faites par le détaillant
- Des travaux exécutés par les petits artisans exerçant une profession libérale
- Des services rendus par les personnes exerçant une profession libérale.
3. Note de poids
La note de poids est un écrit qui accompagne parfois la facture et qui indique le
poids de chaque colis. Elle est utilisée lorsque le format de la facture est trop réduit pour
donner le détail de toutes les marchandises. Dans le commerce de tissus, ce document
porte le nom de « note de métrage » et indique le métrage de chaque pièce de tissus.
II.2.4. Modèles de documents relatifs aux achats et ventes
1. Mr Ramazani, avenue du marché n°126, Commune de Goma à Goma, passe
commande à la Société Kotecha de Goma en date du 20/1/2016. Cette dernière
30
sexécute le 22/1/2016 et charge le magasinier Shinga de remettre les marchandises
entre les mains du camionnaire Shukuru. Les articles commandés sont les suivants :
- 150 cartons de savons GIV, prix 28.800FC le carton
- 100 cartons de savons DURU, prix 36.000FC le carton
- 200 boîtes de savons OMO, prix 10.000FC la boîte
La Société Kotecha accorde un escompte de 2%.
Travail à faire :
1°. Etablir le bon de commande n°150
2°. Etablir le bon de livraison et réception n°160
3°. Etablir le bon de camionnage n°160
4°. Etablir la facture n°200.
Notons que la facture a été établie le 27 janvier et elle est payable dans un mois.
Vente franco domicile.
2. La maison SOKINEX à Bukavu a livré à son client de Goma Mr SAIDIA B.P.
500/Goma 12 Tonnes de sucre conditionnées dans des sacs de 60Kgs. Tare 950g
par sac, Don 3%, Surdon 1%, Prix 300FC/Kg, Remise 4%, Escompte 3%.
Marchandise facturée brut pour net. La livraison est échelonnée sur une période dun
mois en raison de 3 tonnes par voyage.
Les frais engagés par voyage sont :
- Depuis le magasin du vendeur jusquau port de Bukavu 6.000FC
- Déchargement au port 4.500FC
- Chargement sur le bateau 3.500FC
- Transport sur le bateau jusquà Goma 100FC/Kg
- Déchargement sur le quai de Goma 4.000FC
- Du port de Goma au magasin du client 6.000FC
Les sacs sont facturés à 200FC la pièce mais le 1/3 sera repris.
Travail demandé :
1°. Etablir la facture n°200, clause utilisée vente CAF ou CIF
2°. Calculer le montant total de la facture à payer par le client dans chacun de cas
suivants :
- Vente franco emballage
- Vente franco le long de navire
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- Vente franco à bord
- Vente sur navire
- Vente à quai
- Vente franco domicile
3. Mr Richard, habitant Bruxelles, a vendu en date du 24/1/2016 à Mr Jacques,
habitant à Kinshasa les articles suivants :
- 10 tonnes de poulets, tare 1,5% ; prix 4.000FC/Kg
- 10 tonnes de lait, tare 2%, prix 3.000FC/Kg
- 10 tonnes de poissons, tare 2%, réfaction 1%, prix 2.000FC/Kg
Frais :
- Chargement sur le bateau au port dembarquement 60.000FC
- Transport à la compagnie maritime congolaise 50FC/Kg
- Assurance 150.000FC
- Douane 300.000FC
Les remises suivantes ont été accordées : 3% sur les poulets, 2% sur le lait et 4%
sur les poissons.
En date du 25/1/2016, le vendeur constate, dune part, quil avait facturé les poulets à
4.000FC au lieu de 4.500FC et le lait à 3.000FC au lieu de 3.500FC. Une note rectificative
n°40 a été établie le même jour. Dautre part, au moment de la réception des marchandises
le 10/2/2016, le client a constaté que 1.000Kg de poissons étaient en mauvais état et il les
a retournés immédiatement au vendeur. Le vendeur a établi la note rectificative n°60 du
25/2/2016.
Etablissez les deux notes.
4. Etablissement Palos adresse le 30/9/2016 à son client KAMBALE NZANZU son
relevé de compte du mois de septembre :
- Facture n°500 du 01/9 : 1.600.000FC
- Facture n°600 du 10/9 : 4.900.000FC
- Facture n°700 du 15/9 : 2.350.000FC
- Note de débit n°30 du 16/9 : 500.000FC
- Note de crédit n°50 du 20/9 : 550.000FC
- Facture n°800 du 25/9 : 4.850.000FC
- Note de crédit n°60 du 26/9 : 600.000FC
- Facture n°850 du 28/9 : 1.500.000FC
Le vendeur accorde 2 ristournes successives de 3% et 2%.
Etablissez le relevé de comptes ou de factures.
Chapitre III. LE PAIEMENT
32
Le paiement est lacquittement dune dette ou dune obligation. Il doit être fait par le
débiteur (ou une tierce personne agissant à son nom) au créancier (ou son mandataire) en
un lieu déterminé, à une époque fixée et en monnaie légale ou de toute autre manière,
suivant la convention faite entre le débiteur et le créancier.
III.1. PREUVES DE PAIEMENT
Celui qui paie doit exiger une preuve de paiement
1. Acquit
Lacquit nest pas un document. Cest une simple formule par laquelle le créancier ou
son mandataire reconnaît, sur un document, que la dette est payée.
Lacquit peut être donné par la formule suivante :
a. Pour acquit b. Pour acquit c. Sé/Créancier
Date Sé/Créancier
Signature du créancier
2. Quittance
La quittance est un document par lequel le créancier reconnaît le paiement fait par
le débiteur dune dette ou à valoir sur celle-ci.
La quittance doit mentionner obligatoirement :
- Laffirmation de paiement par les mots « Reçu de…
de… »
- Le nom du débiteur
- La somme payée en toutes lettres
-
- Lune des mentions suivantes :
A valoir sur…
sur…, lorsque le débiteur paie partiellement sa dette
En règlement de…
de…, lorsque toute la dette est payée
- La date de paiement
- La signature du créancier.
N.B. : Il y a deux espèces de quittances : quittance à valoir, si le débiteur paie partiellement
sa dette et quittance pour solde si la dette est entièrement éteinte.
Exemple : Après réception de son relevé de factures du mois de septembre 2016, Mr
KAMBALE NZANZU paie la moitié à son créancier lEtablissement PALOS le 5 octobre 2016
et solde sa dette le 10 octobre 2016. Rédiger le document.
33
3. Reçu Le reçu est un document qui constate la remise de certaines valeurs, en
général des espèces.
Le reçu doit mentionner obligatoirement :
- Laffirmation du versement par les mots « Reçu de……
de…… »
- Le nom du créancier
- La valeur reçue en toutes lettres
- Le motif de lopération
- La date du versement
- La signature du débiteur
N.B. : Le reçu et la quittance sont des extraits dun carnet à souches.
Exemple : Monsieur Kirombozi emprunte 1.500.000FC le 15/9/2016 à monsieur Ndivito.
Cette somme sera remboursée dans un mois. Etablissez le document.
4. Comparaison entre Quittance et Reçu
- La quittance émane du créancier, le reçu du débiteur ;
- La quittance suppose lexistence dune dette antérieure, le reçu ne suppose pas
une dette ;
- La quittance prouve le règlement partiel ou total dune dette, le reçu en prouve la
naissance ;
- La quittance éteint une dette, le reçu crée une obligation ou une dette.
III.2. MODES SPECIAUX DE PAIEMENT
III.2.1. Les règlements en espèces
Le débiteur peut sacquitter de sa dette en remettant directement largent en espèces
à son créancier. Celui qui paie en espèces a intérêt dêtre en possession dun moyen de
preuve en exigeant un reçu ou une quittance.
III.2.2. Les règlements par lintermédiaire de banque
1. Généralités
Pour éviter le risque (vol, incendie, etc.), toute personne physique ou morale place
son argent à la banque. Cette dernière joue le rôle dintermédiaire entre les épargnants,
dune part, et les producteurs et commerçants, dautre part. La banque ouvre un compte
pour chaque épargnant.
Ce compte se présente comme suit :
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Débit Compte du client X Crédit
Tous les paiements effectués par la banque Toutes les sommes déposées par le client
pour le compte du client ou versées pour le client
On distingue :
- Le compte de dépôt
- Le compte courent commercial.
a. Le compte de dépôt
Il a trait au dépôt en banque par un particulier dune somme inscrite au crédit de son
compte, qui saccroîtra par des versements divers (espèces, remises de chèques ou autres
effets à lencaissement, règlements des tiers, etc.) et quil peut retirer à tout moment à son
propre profit ou au profit de tiers dans la limite de lavoir disponible.
Il existe plusieurs sortes des dépôts : à vue, à préavis, à terme.
- Le dépôt à vue : le titulaire du compte peut à tout moment retirer le fonds dans
la limite de lavoir disponible. Ce compte est aussi appelé « Compte des
chèques ».
- Le dépôt à préavis : le titulaire du compte doit donner les préavis pour tout
retrait. Il bénéficie dun intérêt un peu élevé quand la durée du préavis est
longue.
- Le dépôt à terme : à lexpiration du terme, les fonds sont retirés pour tout retrait
ou réinvestis. Ce dépôt rapporte des intérêts dont le taux est fonction du terme.
b. Le compte courant commercial
Les banques ouvrent aux commerçants et aux sociétés, suivant certaines
conditions, les comptes destinés à faciliter leurs opérations commerciales. Ces comptes se
distinguent de ceux de dépôt par le fait que les banques peuvent mettre à la disposition du
client le montant pouvant dépasser son avoir (découvert bancaire).
2. Documents utilisés
a. Chèque
Définition : un chèque est un écrit par lequel une personne qui a des fonds disponibles
dans une banque (le tireur) donne à une autre personne (le tiré), lordre de payer à vue une
somme déterminée, à elle-même ou à une personne appelée « bénéficiaire ».
Trois personnes interviennent dans le chèque :
35
- Le tireur : qui donne lordre de payer ;
- Le tiré (banque) : qui doit payer le chèque ;
- Le bénéficiaire : à qui le tiré doit payer.
Description du document
Les chèques sont extraits de carnets à souches délivrés par la banque aux
personnes qui y ont déposé les fonds. Un carnet comprend 25 ou 50 formules. Chaque
formule se compose de deux parties :
- Le volant qui est détaché et remis au bénéficiaire ;
- La souche qui reste attacher au carnet.
Le chèque porte les mentions suivantes :
- Lordre de payer ;
- La somme à payer en chiffres et en lettres ;
- Le lieu de paiement ;
- Le lieu et la date de la création ;
- La signature du tireur.
Exemple : Mr Selemani, titulaire du compte n° 05172 à la Rawbank / Goma, a émis en date
daujourdhui un chèque à ordre n°CQ 0857 dune somme de 5.000.000FC pour le compte de
son fournisseur Mr Paluku. Etablissez ce chèque.
Précaution à prendre
Pour éviter lutilisation frauduleuse de chèque, le titulaire dun compte doit :
- Eviter de se dessaisir de son chéquier ;
- Eviter de signer des chèques en blanc ;
- Compléter les chèques lisiblement ;
- Veiller à la concordance des sommes en chiffres et en lettres ;
- Ne pas laisser des blancs en avant de la somme ;
- Signer conformément au modèle de signature déposé ;
- Eviter les ratures, les grattages, les corrections.
La provision du chèque
Le chèque résulte de la différence positive entre les versements (crédit du compte) et les
retraits (débit du compte). Au moment de lémission du compte, la somme disponible au
compte du tireur doit être égale ou supérieure au montant de chèque. Cest cette somme
qui constitue la provision.
Formes du chèque
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Le chèque peut se présenter sous trois formes :
- Chèque nominatif : cest un chèque payable à une personne dénommée. Il nest
pas transmissible. Exemple : Payer contre ce chèque à lordre de NIYONZIMA.
- Chèque au porteur : il est payable à celui qui le présente à lencaissement. Il
peut passer de main sans aucune formalité. Exemple : Payez contre ce chèque
à lordre de …………….
…………….
- Chèque à lordre : ce chèque peut être endossé, cest-à-dire quil est
transmissible par endossement. Notez que la plupart de chèques sont des
chèques à ordre.
Endossement
Lendossement est un mécanisme par lequel un titre commercial est transmis par la
personne qui en est bénéficiaire (endosseur ou cédant), à une autre personne
(endossataire ou cessionnaire) par le simple jeu décriture au verso du chèque, du nom de
lendossataire.
Le porteur écrit au verso du chèque les mentions suivantes :
« Payez à lordre de B2 »
Lieu et date
Sé/B1
B1 est le bénéficiaire qui cède la propriété à B2, il sappelle cédant. B2 est le
nouveau bénéficiaire du chèque et sappelle cessionnaire ou endossataire.
endossataire.
Si le cédant signe seulement au dos du chèque, sans mentionner le nom du
cessionnaire, il fait un endossement en blanc. Le chèque ainsi endossé en blanc devient un
chèque au porteur transmissible de main en main.
Notons que le titulaire dun compte bancaire, au lieu de toucher les espèces, il peut
donner mandat à sa banque dencaisser le chèque et den porter le montant au crédit de son
compte en écrivant au verso.
Payez à lordre de la RawBank/Goma
Valeur à lencaissement
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Lieu et date
Sé/Bénéficiaire.
Notons aussi que celui qui encaisse le montant du chèque doit lacquitter au verso.
Si le chèque a fait lobjet dendossement, la formule dacquit vient en dernier lieu.
Payez à lordre de B2
Lieu et date
Sé/B1
Pour acquit
Nom du B2
N° C.E.
N° Tél.
Adresse
Lieu et Date
Sé/B2.
Un bénéficiaire dun ou de plusieurs chèques doit utiliser, à côté de cet endossement
pour encaissement sur le dos du (ou des) chèque (s), un bordereau des chèques remis à
lencaissement.
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Exemple dun bordereau
Banque Centrale du Congo Bordereau remis à lencaissement
Cadre réservé Pour le crédit de :
à la banque ……………………………………
Compte n°
Nom du titre Tireur Banquier lieu de Montant
paiement
Dépôt fait par………………. Cadre réservé à la Banque
Date :………………………..
Signature……………………
Paiement du chèque
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Le chèque est payable à vue, cest-à-dire sans délai. Avant le paiement dun chèque,
la banque vérifie lauthenticité du document (émetteur du chèque, porteur, signature, etc)
ainsi que lexistence de provision suffisante. Puis, la banque règle le montant contre acquit.
Le porteur du chèque bénéficie de la garantie de solidarité, qui rend solidairement
responsables du paiement du chèque tireur et endosseur.
Le chèque doit être présenté à lencaissement au lieu indiqué, dans certains délais.
Si le délai de la présentation na pas été respecté, le porteur perd son recours contre le
tireur, et éventuellement les endosseurs, au cas où la provision aurait péri par le fait du tiré
après ce délai.
Le chèque émis et payable en République Démocratique du Congo doit être
présenté au paiement dans le délai de 60 jours. Quant au chèque émis à létranger et
payable en RDC, ce délai est de 120 jours.
Lopposition de paiement a lieu dans les 3 cas suivants :
- Perte ou soustraction frauduleuse du titre ;
- Faillite du porteur ;
- Incapacité du porteur.
Pour éviter les risques de perte ou de vol, le tireur ou le bénéficiaire peut barrer le
chèque. Le barrement consiste à tracer deux traits parallèles en travers du chèque. Il a pour
effet de ne permettre lencaissement que par un banquier. Le barrement est général lorsquil
ny a entre les traits aucune indication ; il est spécial lorsquil porte le nom du banquier
désigné pour encaisser le chèque.
Aval
Laval est lacte par lequel une personne, appelée donneur daval ou avaliseur,
garantit lexécution des obligations dun signataire de la lettre de change ou du chèque.
Le but de laval est daugmenter la confiance du tireur de la part des bénéficiaires.
Laval est donné par toute personne capable de sobliger à titre gratuit, à lexception du tiré.
Laval est donné sur le titre même ou sur un acte séparé.
Il est donné par la formule :
Bon pour aval Avalisé par……
par……
Lieu et date ou Lieu et date
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Sé/Avaliseur Sé/Avaliseur
Le protêt
Le protêt est un acte authentique dressé par un huissier du tribunal du commerce
(ou agent désigné) et qui constate le non-paiement du chèque.
Lacte de protêt est dressé sur le chèque ou y est attaché sous forme dallonge, il doit
contenir les mentions suivantes :
- Le nom du requérant ;
- Le montant du chèque ;
- La date démission ;
- La présence ou labsence du tiré ;
- Les paiements partiels qui ont été faits ;
- Les motifs de refus de payer ;
- Les noms de la personne qui réceptionne cet acte.
Les sanctions pénales
Lémission de chèques non provisionnés est sanctionnée par la loi. Elle constitue
une infraction passible dune servitude pénale de cinq à dix ans et dune amande.
b. Ordre de paiement
Pour effectuer un paiement par virement ou transfert bancaire, les banques mettent
à la disposition de leurs clients les formules dénommées « Bon de virement » ou « Ordre
de paiement ». Si lopération se fait entre les banques dune même ville, on parle de
virement dans le cas contraire, il sagit de transfert.
Le virement est donc une opération comptable par laquelle un ou deux banquiers
opèrent le règlement dune dette entre deux de ses (de leurs) clients en diminuant les
dépôts du débiteur pour augmenter dautant celui du créancier. Le débiteur adresse un
ordre de virement à son banquier, qui réalise lopération seul ou en accord avec le banquier
du bénéficiaire. Le créancier est informé au moyen dun avis de virement. Le règlement
seffectue donc par un simple jeu décritures, sans déplacement de fonds.
c. Accréditif
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Laccréditif est un ordre donné par une banque à lune des agences de payer au
comptant et à vue, une personne désignée ou à son ordre une somme versée à cet effet
dans sa caisse. Laccréditif est un titre à ordre, il est transmissible par endossement.
d. Assignation
Lassignation est un chèque tiré sur autre personne quune banque et par lequel un
créancier prie son débiteur de verser à telle banque désignée une somme déterminée.
3. Règlement par chèque postal
Le chèque postal permet de donner un paiement en espèces au profit du titulaire du
compte « chèque de retrait » ou au profit dun tiers « chèque dassignation ». Le chèque
postal permet aussi de régler un créancier titulaire dun compte courant postal « chèque de
virement ».
CHAPITRE IV : LES EFFETS DE COMMERCE
Un fournisseur consent le plus souvent à livrer des biens ou des services à son
client en acceptant dêtre payé à une date postérieure à la livraison. Il peut attendre la date
de léchéance pour recevoir le paiement, mais il est plus commode pour lui de détenir un
titre de créance sur son client lui permettant :
- De prendre linitiative du paiement à léchéance en présentant le titre de créance au
règlement ;
- Dacquitter ses propres dettes en transmettant le titre de créance ;
- Dobtenir un paiement avant léchéance (présentation du titre à lescompte).
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Ces titres de créance, à la fois instruments de paiement et instruments de crédit,
sont les effets de commerce. Un effet de commerce est un écrit qui constate lobligation de
payer une certaine somme à une date déterminée ; il peut être rédigé par le débiteur et
remis au créancier ; dans ce cas, il porte le nom de Billet à ordre (à telle date, je paierai …) ;
il peut, et cest le cas le plus fréquent, être rédigé par le créancier et envoyé au débiteur
pour acceptation ; il porte alors le nom de traite ou de lettre de change (à telle date, veuillez
payer…
payer…).
Les effets de commerce sont des titres négociables, cest-à-dire écrits représentatifs
dun droit de créance et qui sont susceptibles de circuler de telle manière que le créancier
puisse mobiliser cette créance, cest-à-dire soit obtenir avant léchéance le paiement de la
somme qui lui doit le débiteur, soit utiliser cette créance pour effectuer le paiement dune
dette dont il est tenu.
Sont assimilés aux effets de commerce :
- Le connaissement ;
- Le Warrant.
IV.1. LA LETTRE DE CHANGE
1. Définition
La lettre de change est un écrit par lequel une personne, le tireur, donne lordre à
une autre personne, le tiré, de payer à une certaine échéance et dans un lieu déterminé
une somme déterminée à un bénéficiaire, qui peut être le tireur lui-même.
2. Intervenants
Trois personnes interviennent dans la lettre de change :
- Le tireur est celui qui crée et signe la lettre de change ; il est le créancier du tiré (ex.
fournisseur) ;
- Le tiré est celui qui doit payer, il est le débiteur du tireur (ex. son client) ;
- Le bénéficiaire est celui au profit de qui la lettre est tirée.
3. Description du document
La lettre de change contient un certain nombre de mentions :
- La date et le lieu de création : la date est indispensable surtout lorsque le titre est
payable à vue ou à un certain délai de date ;
- Léchéance : une lettre de change est payable à une époque déterminée ;
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- La dénomination « lettre de change » insérée dans le texte ;
- Le mandat (ordre) pur et simple de payer doit être inconditionnel « veuillez
payer…
payer… » ;
- La somme à payer ;
- Le lieu de paiement (ce lieu se confond avec ladresse du tiré dans certain cas) ;
- Lidentité des parties : le nom du bénéficiaire, le nom du tiré et la signature du tireur.
N.B. : Un titre dans lequel une des énonciations ci-dessous fait défaut ne vaut pas comme
lettre de change, sauf dans les cas ci-après :
- La lettre de change dont léchéance nest pas indiquée est considérée comme
« payable à vue » ;
- A défaut dindication spéciale du lieu de paiement désigné à côté du nom du tiré, la
lettre de change est payable au domicile du tiré ;
- La lettre de change, nindiquant pas le lieu de sa création, est considérée comme
souscrite au lieu désigné à côté du nom du tireur.
4. Echéance
On appelle échéance, lépoque à laquelle la lettre de change est payable. Elle peut
être indiquée de différentes manières :
- A jour fixé : (exemple : « au trente Avril prochain, veuillez…
veuillez… » ;
- A un certain délai de date : le délai de paiement commence à courir à partir de la
date de création de leffet. (Exemple : « A deux mois de date, veuillez…
veuillez… » Si la
date de création de leffet est le 26 Mars léchéance sera le 26 Mai) ;
- A vue : la lettre de change est payable à sa présentation ;
- A un certain délai de vue : le délai de paiement commence à courir à partir de la
date dacceptation de leffet. Exemple : « A deux de vue, veuillez…
veuillez… » ; la date de
création est le 26 Mars et la date dacceptation le 2/04. Echéance = 2 mois,
léchéance est donc le 2 Juin.
5. Utilité de la lettre de change
La lettre de change est un Instrument de règlement et de crédit. Le bénéficiaire
dune lettre de change peut la conserver jusquà léchéance, la remettre en règlement à un
fournisseur ou la négocier (vendre avant léchéance).
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a. La lettre de change comme Instrument de paiement
Grâce à une seule lettre de change, un nombre considérable de paiements peut être
effectué cest-à-dire le détenteur dune lettre de change peut, par endossement, régler sa
dette vis-à-vis dun de ses fournisseurs. Lendossement consiste à transférer la propriété
dun effet de commerce à un tiers. Ce dernier est supposé être le créancier de lancien
bénéficiaire.
Notons que linsertion de la clause « à ordre » dans le texte de lettre de change a
amélioré le rôle dinstrument de paiement.
Comme moyen dencaissement de créances, le paiement de la lettre de change est
assuré surtout lorsquelle porte lacceptation du tiré.
b. La lettre de change comme Instrument de crédit
Comme Instrument de crédit, la lettre de change permet au porteur, par lescompte,
de se procurer facilement des fonds, le banquier devenant une sorte de prêteur dont la
créance mobilisable comporte de nombreuses garanties.
Si leffet est remis à lescompte cela signifie que le bénéficiaire a besoin de
disponibilités avant léchéance : il négocie le titre en banque. Il endossera à cet effet cette
traite au profit de banque et ce dernier lui paiera immédiatement la valeur actuelle du
bordereau descompte.
6. Provision
La provision est la somme ou la valeur que le tiré doit au tireur à léchéance.
7. Acceptation
Afin de sassurer quil nexiste aucune divergence sur le montant de leffet ou sur
léchéance, le tireur (ou le porteur) peut présenter la traite au débiteur pour acceptation.
Par lacceptation, le tiré soblige à payer la lettre de change à léchéance.
On distingue :
- Lacceptation ordinaire : elle se formule par le mot Accepté suivi de la signature du
tiré ;
- Lacceptation partielle : le tiré peut promettre de payer une partie de la somme
inscrite sur la traite ;
- Lacceptation datée : le tiré est tenu de dater son acceptation quand la traite est
payable à un certain délai de vue ;
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- Lacceptation domiciliée : le tiré, tout en acceptant leffet, le rend payable dans un
domicile autre que le sien.
Une lettre de change doit être acceptée à sa présentation ou au plus tard, dans les
24 heures qui est le délai légal.
Conséquences du refus dacceptation, de lacceptation partielle et de
lacceptation non datée :
- Si le tiré refuse daccepter, le porteur peut faire constater ce refus par un acte
dressé par lhuissier et appelé protêt faute dacceptation ;
- Si lacceptation est partielle, le porteur peut faire protester pour le surplus ;
- Si le tiré refuse de dater son acceptation ou sil refuse dapposer un visa daté, le
porteur a le droit de faire constater la date par un exploit dhuissier.
8. Domiciliation
Domicilier une lettre de change cest la rendre payable à un domicile autre que celui
du tiré. Le domiciliataire est dordinaire le banquier du tiré.
9. Négociation
Si, avant le jour de léchéance, le bénéficiaire a besoin de liquidités, il peut présenter
la traite à son banquier qui en remettra le montant, déduction faite dune somme
représentant :
- Lintérêt de largent du jour de la présentation au jour de léchéance ;
- Divers frais de commission, dencaissement, …
La somme ainsi retenue par le banquier sappelle lagio
lagio ; quant à lopération, on
lappelle négociation,
négociation, ou remise à lescompte.
lescompte. Ainsi donc, négocier un effet de
commerce signifie le vendre avant léchéance et Escompter un effet de commerce cest
lacheter avant son échéance. Le terme « agio » désigne la retenue effectuée par le
banquier.
10. Paiement à léchéance
Le paiement de la traite peut être demandé le jour de léchéance, ou dun des jours
ouvrables qui suit, par le porteur au domicile du tiré ou à la domiciliation indiquée.
Bien souvent, en fait, le règlement aura lieu par compensation entre deux banques.
En effet, à léchéance leffet est fréquemment entre les mains dun banquier, soit par suite
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dune négociation, soit parce que le dernier porteur a changé sa banque de lencaissement
(remise à lencaissement) ; par ailleurs, la domiciliation de la lettre de change la rendue
généralement payable aux guichets de la banque du tiré. Lorsque le tiré paie, le porteur doit
acquitter la lettre de change et remettre leffet acquitté au tiré.
Si le débiteur ne peut payer le montant de leffet, le porteur doit le faire au plus tard
le lendemain de léchéance constater par un huissier du Tribunal de Commerce qui dresse
un protêt, cest-à-dire un acte constatant le défaut de paiement. Le porteur peut se retourner
contre lun des signataires pour réclamer le montant nominal de la traite, et le
remboursement des frais. Le protêt porte gravement atteinte au crédit du débiteur, en
raison de la publicité qui lentoure. Aussi, le tiré demande-t-il souvent à son créancier de lui
faire parvenir les fonds pour acquitter leffet et éviter le protêt. Ce dernier tirera une nouvelle
traite à léchéance plus lointaine en majorant le principal des intérêts moratoires (de retard)
et de frais quil a dû engager. Cette opération sappelle renouvellement de leffet.
leffet.
Lopposition au paiement nest admise que sil y a perte de la traite, faillite ou
incapacité du porteur.
11. Garanties de paiement
En plus de la provision et de lacceptation, il existe deux autres garanties de
paiement de la lettre de change : laval et la solidarité.
1. LAval : est lengagement écrit pris par une personne de payer un effet à son
échéance en lieu et place de lun des signataires de cet effet.
LAval est exprimé par les mots « Bon pour aval », puis signé par le donneur daval.
N.B. : Il existe des traites irrégulières :
a. Traites en lair : sont celles tirées sur des personnes imaginaires ou sur des
personnes existant mais leurs noms sont utilisés sans quelles le sachent (à leur
insu) ;
b. Traites de complaisance : sont celles tirées sur des personnes qui ne doivent rien
mais qui acceptent par complaisance ;
c. Traites croisées : sont des traites de complaisance qui se croisent ;
d. Traites de cavalerie : sont des traites de complaisance qui se succèdent.
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2. La solidarité : tous ceux qui ont tiré, accepté, endossé ou avalisé une lettre de
change sont tenus solidairement envers le porteur. Le porteur a le droit dagir contre
toutes ces personnes, individuellement ou collectivement.
IV.2. LE BILLET A ORDRE
1. Définition
Le Billet à ordre est un écrit par lequel une personne (le souscripteur) sengage à
payer à une date déterminée et à lépoque fixée une certaine somme à une autre personne
(le bénéficiaire).
2. Intervenants
Deux personnes interviennent dans le Billet à ordre :
- Le souscripteur est celui qui sengage à payer ;
- Le bénéficiaire est celui à lordre de qui la promesse de payer est faite.
3. Description du document
Le Billet à Ordre contient les mentions suivantes :
- La dénomination « Billet à Ordre » insérée dans le texte ;
- La promesse de payer une somme déterminée ;
- Lindication de léchéance : à défaut de cette indication, le billet à ordre est payable
à vue ;
- Le lieu où le paiement doit seffectuer ;
- Lindication de la date et le lieu de souscription (création) ;
- Le nom, ladresse et la signature du souscripteur ;
- Le nom du bénéficiaire.
N.B. : Le titre dans lequel une des énonciations précédentes fait défaut ne vaut pas comme
billet à ordre, sauf les mentions équivalentes admises par la loi. Ces mentions sont les
suivantes :
- Le billet à ordre dont léchéance nest pas indiquée est considéré comme payable à
vue ;
- A défaut dindication du lieu de paiement, le paiement doit avoir lieu au le domicile du
souscripteur ;
- Le billet à ordre nindiquant pas le lieu de sa création est considéré comme souscrit
dans le lieu désigné à côté du nom du souscripteur.
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4. Dispositions applicables au Billet à Ordre
Sil ny a pas incompatibilité avec la nature du Billet à Ordre, les dispositions relatives
à la lettre de change sont applicables au Billet à Ordre, notamment celles qui concernent
lendossement, léchéance, laval, les devoirs et droits du porteur, le protêt.
Les particularités du Billet à Ordre sont dues au fait que le souscripteur est en même
temps le débiteur de lobligation de payer (cest-à-dire il est à la fois tireur et tiré) ; donc il ne
peut être question de provision envers soi-même. Ensuite, lacceptation na aucune utilité car
la signature du souscripteur vaut lengagement formel de payer.
IV.3. AUTRES EFFETS DE COMMERCE
1. Le Warrant
Le warrant est une opération commerciale par laquelle un commerçant, propriétaire
de certaines marchandises, appelé déposant, remet celles-ci à titre de dépôt à un tiers
spécialisé dans les opérations dentreposage, appelé Dépositaire, lequel, en contrepartie,
délivre au déposant deux titres commerciaux représentatifs des marchandises déposées :
le Warrant et la cédule.
- Le Warrant : est une espèce particulière deffet de commerce qui résulte de
lopération commerciale décrite ci-dessus et qui, étant dun titre à ordre, représente la
possession à titre de gage des marchandises déposées ;
- La cédule : est une espèce particulière deffet de commerce qui résulte de
lopération de Warrant et qui, étant un titre à ordre, représente le droit de disposer
des marchandises déposées.
2. Le Connaissement
Le connaissement est un écrit émanant du capitaine, par lequel celui-ci reconnait
avoir reçu les marchandises à bord de son bateau et sengage à les transporter à
destination et à les délivrer au propriétaire.
Ce document est à la fois un reçu constatant lembarquement, un titre de transport
prouvant la convention de transport et un titre de délivrance des marchandises
transportées.
Le connaissement est établi en quatre exemplaires destinés respectivement au
chargeur, au destinataire, à larmateur et au capitaine. Seul le connaissement du
destinataire est négociable.
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Le connaissement peut être établi :
- Soit au porteur, dans ce cas, il est transmissible par simple remise du titre sans
aucune formalité ;
- Soit à ordre, dans ce cas, il est transmissible par endossement.
IV.4. MODELES DE DOCUMENTS UTILISES
Exemple 1 : La lettre de change
Monsieur Kasereka, Libraire à Goma, Avenue du Marché, n°50, tire le 20 Janvier 2016, sur
son client Mangala Faustin de Goma, une lettre de change de 30 jours, dun montant de
10.000.000FC. La lettre de change est acceptée le même jour et avalisée par Sefu deux
jours après son émission. Cette lettre de change est domiciliée à la RawBank/ agence de
Goma. Trois jours après, la lettre est cédée à Kirombozi, celui-ci la cède à son tour à
Selemani le 25/01/2016. Ce dernier touche le montant à léchéance. Présenter la traite recto
et verso.
Exemple 2 : Le billet à Ordre
Monsieur NKUSU, Avenue du Commerce, n°30 à Kinshasa, Registre de Commerce et
Crédit Mobilier n°300, délivré à Kinshasa, souscrit le 10/5/2016 à lordre de MARSAVCO, un
Billet à Ordre dun montant de 1.000.000FC pour vente de 50 cartons de savons le coq. Cet
effet est domicilié à la RawBank/Agence de Kinshasa et avalisé le 15/05/2016 par NGOY. Il
passe successivement entre les mains de MPUTU le 20/05/2016, à KIBATA le 25/05/2016
et enfin à la BCDC/Kinshasa le 30/05/2016. Cette dernière encaisse le montant à
léchéance le 31/07/2016. Présentez le document recto et verso.
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CHAPITRE V : LES INTERMEDIAIRES DU COMMERCE
Les intermédiaires sont des commerçants qui, moyennant rétribution, facilitent la
conclusion, lexécution et le règlement des opérations commerciales. Ceux qui poursuivent
un but de lucratif sont des intermédiaires commerçants ; mais ceux qui servent les intérêts
de la collectivité (exemple : Institutions publiques) sont des intermédiaires non
commerçants.
On peut classer les intermédiaires de la manière suivante :
Les intermédiaires pour lachat et la vente de marchandises ;
Les intermédiaires pour le transport ;
Les intermédiaires pour lassurance ;
Les intermédiaires pour la douane ;
Les intermédiaires pour le paiement et le recouvrement ;
Les intermédiaires pour lentreposage des marchandises.
V.1. Les intermédiaires pour lachat et la vente de marchandises
Pour arriver à la conclusion du contrat, on peut faire appel à un courtier, un
négociant-commissionnaire ou un agent commercial.
V.1.1. Courtiers en marchandises
Le courtier est un intermédiaire commercial dont le rôle consiste à rapprocher les
personnes désirant contracter, moyennant une rémunération fixée en pourcentage du
montant de lopération et appelée courtage.
courtage.
Le courtier agit comme mandataire de lacheteur ou du vendeur, dont il transmet les
propositions aux contractants éventuels. Sa responsabilité cesse dès que les parties
contractantes sont en contact.
En résumé, le rôle du courtier consiste à :
- Centraliser les offres dachat et de vente ;
- Mettre en relation le vendeur et lacheteur éventuel ;
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- Préparer les clauses du contrat et le faire signer aux deux parties.
Bien quils ninterviennent pas dans le contrat, ils peuvent cependant être tenus
responsables sils ont commis une faute lourde, par exemple sils ont caché au vendeur
linsolvabilité de lacheteur.
Notons aussi que le courtier joue parfois le rôle de commissionnaire. Il est souvent
négociant pour son propre compte. Il arrive aussi quil se contente de transmettre à des
commissionnaires les ordres recueillis chez sa clientèle. La rémunération du courtier est
due par son commettant même si le contrat nest pas exécuté.
V.1.2. Négociants-commissionnaires
1. Définition
Un commissionnaire est un commerçant qui achète et vend en son propre nom,
mais par ordre et pour compte dun autre, appelé commettant, quil ne peut désigner.
Le négociant-commissionnaire opère en son nom en vertu dinstructions reçues et se
distingue par-là du courtier qui, lui, fait connaître son mandat. De cette façon le
commissionnaire devient responsable vis-à-vis de lautre partie contractante, qui croit se
trouver en face dune personne qui agit pour son compte propre. Cette responsabilité plus
grande se traduit par un salaire plus élevé.
La rémunération du commissionnaire sappelle « commission » ; elle est fixée en
pourcentage du montant de lopération. Cette commission est parfois majorée dun ducroire,
ducroire,
cest-à-dire une rémunération supplémentaire que le commissionnaire vendeur reçoit lorsquil
se porte garant de la solvabilité de lacheteur.
2. Effets du commettant et commissionnaire
a) Entre commettant et commissionnaire
- Le commettant doit mettre à la disposition du commissionnaire les moyens que
nécessite la conclusion de lopération dont il est chargé. Il doit aussi payer la
commission ;
- Le commissionnaire est obligé de mener lopération conformément aux instructions
données par le commettant. Il est aussi tenu de garder secret du nom du
commettant au tiers.
b) Entre le commissionnaire et le tiers
Le commissionnaire agit à son propre nom, il est seul responsable de ses actes
envers les tiers avec lesquels il a contracté.
c) Entre le commettant et le tiers
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Le commettant naucune obligation envers les tiers, ni aucun droit contre eux, et
réciproquement.
3. Classification de commissionnaire
Il existe deux catégories de commissionnaires :
- Le commissionnaire acheteur ;
- Le commissionnaire vendeur.
V.1.3. Agents commerciaux (ou représentants)
Les agents commerciaux sont des personnes qui ont reçu le mandat dacheter ou
vendre au nom et pour le compte dun ou plusieurs mandats auxquels elles sont liées par un
contrat. Lagent reste indépendant et peut sen donner à dautres activités pour son propre
compte, il peut même représenter dautres maisons non concurrentes.
Ex. Un représentant « (A) » vendant les produits de B à C dira : « Je vous vends tel produit
pour le compte de la maison « B ». Les agents commerciaux sont rémunérés par un
pourcentage sur le montant de lopération.
Il existe des représentants des entreprises. Ces dernières chargent leurs agents de
visiter toutes les firmes qui pourraient sintéresser à leur offre. On les appelle
« représentants salariés » et ont pour rôle de visiter la clientèle, de recueillir les
informations, les commandes et de les transmettre.
Dans le commerce dimportation, un contrat spécial lie très souvent le fournisseur à
un agent exclusif. Lagent exclusif est un commerçant qui traite en son propre nom et pour
son propre compte, mais qui présente, cette particularité de tenir de son fournisseur un
véritable monopole dans les limites dun territoire déterminé.
V.1.4. Documents utilisés
1. Arrêté
Larrêté est un document rédigé par le courtier permettant aux deux parties dentamer
les négociations. Il mentionne lobjet, les conditions de vente et lidentité de deux parties.
2. Compte dachat
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Le compte dachat est la facture détaillée des marchandises achetées par un
commissionnaire pour compte de son commettant.
Description de document : Un compte dachat comprend deux parties : len-tête et le corps.
a. Len-tête qui comprend :
- Lidentité du commissionnaire et celle du commettant ;
- La date ;
- La mention achetée sur son ordre et pour son compte ;
- Les conditions de vente.
b. Le corps comprend :
- La copie de corps de la facture remise par le vendeur au commissionnaire ;
- Les frais occasionnés par lachat ;
Le compte dachat est établi par le commissionnaire acheteur et adressé au
commettant pour le remboursement du prix de la marchandise et des frais divers et la TVA,
le tout augmenté du montant de la commission. Cette dernière est calculée sur la somme
du net financier et des frais.
Exemple :
Monsieur Selemani, commissionnaire à Goma adresse en date du 20 Juillet 2014 son
compte dachat à Monsieur Jacob à Beni pour lachat de 300 sacs de Haricot pesant chacun
100Kgs, tare 900gr/sac, Prix de 20$ par sac, Remise 5%, Escompte 3%. Le délai de
paiement de 30 jours. Selemani a payé pour le transport 500$, Assurance 200$,
Manutention 400$ et il porte en compte une commission de 4%. Présentez le compte
dachat.
3. Compte de vente
Le compte de vente est la facture détaillée des marchandises vendues par le
commissionnaire, à lordre et pour compte de son commettant.
Description du document : le compte de vente comprend deux parties : len-tête et le
corps.
a. Len-tête qui comprend :
- Lidentité du commissionnaire et celle du commettant ;
- La date ;
- La mention : vendue sur son ordre et pour son compte ;
- Les conditions de vente.
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b. Le corps comprend :
- La copie du corps de la facture rédigée par le commissionnaire et remise à
lacheteur ;
- Les frais occasionnés par la vente ;
- La commission calculée sur le net financier (donc avant toute déduction de frais).
Exemple :
Monsieur Selemani, commissionnaire à Goma a vendu pour le compte de Monsieur Jacob à
Beni 1.000 sacs de farine de blé pesant chacun 45Kgs, tare 300gr/sac, Prix 20$ par sac. La
facture est payable dans 30 jours sous déduction dun escompte de 3%. Selemani a
supporté les frais suivants :
- Transport 500$ ;
- Assurance 200$ ;
- Manutention 400$ ;
- Frais divers 350$.
Commission de vente 4%. Etablir le compte de vente à la date daujourdhui.
V.2. Intermédiaires soccupant du transport des marchandises
V.2.1. Le contrat du transport
1. Définition
Le contrat de transport est un contrat par lequel une personne appelée
transporteur sengage à transporter en un endroit déterminé, dans un délai prévu et
moyennant une rémunération convenue, une marchandise que lui a été remise par
lacheteur (cas de contrat de transport de la marchandise) ou à faire parcourir à une
personne un itinéraire déterminé (cas de contrat de transport de voyageur).
2. Intervenants
Deux personnes interviennent dans la conclusion du contrat : lexpéditeur et le
transporteur. Le destinataire nintervient pas dans le contrat.
3. Obligations des parties
a. Le transporteur :
- Il doit délivrer la marchandise intacte au destinataire ;
- Il doit le faire dans le délai réparti ;
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- Il doit assurer la conservation des marchandises encours de transport ;
- Il nest pas responsable davarie, perte ou tout retard causé par le cas de force
majeure.
b. Lexpéditeur :
- Il doit payer le prix de transport et les frais ;
- Il doit fournir au transporteur tout les documents devant permettre le transport
normal des marchandises ;
- Il doit remettre les marchandises bien emballées.
c. Le destinataire :
- Il doit prendre livraison de la marchandise ;
- Payer le prix du transport lorsquil sagit du port dû.
N.B. : En ce qui concerne le contrat de transport de personnes, les obligations qui lient les
parties sont les suivantes :
- Le voyageur à lobligation principale du paiement de prix de transport ;
- Le transporteur est tenu damener le voyageur à destination dans les délais prévus.
4. Preuve de contrat
Le contrat de transport se constate par tous moyens de droit et notamment quant
aux marchandises par la lettre de chargement. En principe, le contrat de transport est
constaté par un document écrit quon appelle :
- Lettre de voiture ou lettre de transport pour les transports terrestres (routes et rails) ;
- Connaissement pour les transports maritimes, fluviaux et lacustres ;
- Lettre de transport aérien (ou Airway Bill), pour le transport par avion ;
- Le ticket pour le transport des personnes.
V.2.2. Classification
Utilisant des moyens techniques différents selon la voie empruntée, chaque mode
de transport a ses caractéristiques et sa réglementation propre.
On distingue :
- Les transports routiers ;
- Les transports par voie ferrée ;
- Les transports par voie deau intérieure (fleuve, rivière, lacs) ;
56
- Les transports aériens ;
- Les transports maritimes.
Dune manière générale, les différents intermédiaires peuvent être groupés en trois
catégories : les voituriers, les commissionnaires-expéditeurs et les courtiers maritimes.
1. Les voituriers
Les voituriers effectuent les transports pour compte dautrui, par eux-mêmes ou par
des sous-ordres. Ils effectuent ces transports sur routes, par rail, par voie fluviale, maritime
ou aérienne.
Sauf cas fortuit ou de forces majeures, le voiturier répond de larrivée des objets à
transporter dans le délai convenu ainsi que des avaries et des pertes survenues aux
marchandises pendant le transport.
2. Les commissionnaire-expéditeurs
Le rôle de ces intermédiaires est de servir de trait dunion entre les expéditeurs et les
voituriers dans toutes les opérations que nécessite le transport des marchandises. Ils
agissent auprès des voituriers en leur nom ; mais à lordre et pour compte des expéditeurs.
Leur rémunération porte le nom de commission.
commission.
3. Les courtiers maritimes
Les courtiers maritimes ou courtiers de navires servent dintermédiaires entre, dune
part, les expéditeurs, et dautre part, les armateurs et les capitaines. Comme ils travaillent
souvent au nom, à lordre et pour compte des armateurs, on dit quils recherchent du fret.
Leur rémunération sappelle courtage.
courtage.
V.2.3. Documents utilisés
1. La lettre de voiture (ou lettre de transport)
a. Définition
La lettre de voiture ou la lettre de transport est un document écrit qui constate le
contrat de transport entre lexpéditeur et le transporteur, et qui règle les conductions dans
lesquelles les marchandises seront transportées.
b. Description du document
La lettre de voiture énonce :
- Le lieu et la date de lexpédition ;
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- Le nom et le domicile de lexpéditeur, du destinataire, du voiturier ou du
commissionnaire-expéditeur ;
- La nature et le poids des objets à transporter et éventuellement les manques et les
numéros des colis ;
- Les conditions du transport : le prix, le délai et les conditions particulières ;
- La signature de lexpéditeur ou du commissionnaire-expéditeur ;
- La signature du transporteur ou de son agent.
2. La charte-partie (charter party)
a. Définition
La charte-partie est un document qui constate laffrètement (contrat de location) et
en stipule les diverses clauses. Elle est généralement une formule imprimée, rédigée par un
groupement darmateur et elle est utilisée en cas daffrètement complet du navire.
Larmateur (propriétaire de navire) qui donne le navire en location.
Laffréteur : est celui qui prend en location le navire ou une partie importante du
navire et qui sengage à payer le prix de location, appelé fret.
b. Les mentions
La charte-partie mentionne :
- Les noms des parties contractantes, la classification du navire, sa capacité et sa
position au montant de la signature du contrat ;
- Le lieu de chargement, la quantité maximum à prendre, le lieu de déchargement ;
- Le fret et le mode de règlement ;
- Le nombre de jours quon peut utiliser pour le chargement et le déchargement.
3 Le connaissement
a. Définition
Le connaissement (Bill of Lading B/L) est un document daté par lequel le capitaine
dun navire ou la société de navigation en son nom reconnaît avoir reçu les marchandises
qui y sont détaillées, et sengage à les transporter aux conditions convenues dans un lieu
déterminé, pour les y délivrer à une personne indiquée moyennant paiement de fret stipulé,
si ce dernier na pas été réglé au départ.
b. Rôle du connaissement
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1. Il sert de preuve du contrat de laffrètement ;
2. Il est le document représentatif de la marchandise embarquée et qui constitue à ce
titre :
- Pour le porteur, le titre de propriété et le droit de se les faire délivrer ;
- Pour le capitaine, la reconnaissance des marchandises reçues à bord et
lengagement de les transporter au port indiqué ;
3. Il sert dinstrument de crédit car il est négociable. Le porteur peut vendre la
marchandise avant son arrivée en cédant le connaissement.
c. Formes
Le connaissement prend la forme dun imprimé dont le texte, très souvent en
Anglais, est adopté par les armateurs. Il contient les mentions suivantes :
- Le nom et le domicile du chargeur et éventuellement du destinataire ;
- Le nom du navire et du capitaine ;
- Le lieu de départ et celui de la destination ;
- La nature et la quantité des objets à transporter ;
- Les manques et les numéros des colis ainsi que le décompte du fret ;
- Le nombre des exemplaires négociables qui ont été délivrés.
Le connaissement peut être :
- Au porteur : il se transmet alors de main à main ;
- A ordre (le plus fréquent) : il se transmet par endossement ;
- Nominatif
.
3. Delivery-Order
On appelle « Delivery-Order » un document par lequel lémetteur indique que le
porteur est intéressé pour une quantité déterminée dans un lot de marchandises faisant
lobjet dun seul connaissement. Ce document permet de détailler à plusieurs acheteurs une
partie de marchandises représentées par un connaissement unique. A larrivée du navire,
lagent du navire ou le porteur du connaissaient lui-même procède à la répartition entre les
divers réceptionnaires.
V.3. Les intermédiaires pour lassurance
a. Définition
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Lassurance est un contrat par lequel lassurance soblige, moyennant une prime (ou
cotisation), à indemniser lassuré des pertes et dommages quil pourrait subir par suite de la
réalisation de certains événements fortuits ou de force majeure.
b. But
Les marchandises, au cours de leur transport ou pendant leur séjour en magasin
sont menacées de perte totale ou partielle causée par des événements fortuits ou de force
majeure. Pour se mettre à labri des pertes et dommages, le commerçant fait recours aux
assurances.
Un événement fortuit est celui qui se produit par hasard et que lon ne peut prévoir, il
est dit de force majeure, sil est causé par une force supérieure à laquelle nul ne peut
résister.
c. Risques assurés
On peut sassurer contre divers risques : le vol, lincendie, les explosions, les
dommages résultant dun transport, les accidents de travail, les accidents de circulation, etc.
d. Le contrat dassurance
Les conditions dassurance sont mentionnées dans un contrat écrit, appelé « Police
dAssurance ». La police énonce en dehors des conditions générales, lobjet de lassurance,
le montant assuré, les risques couverts, la durée de lassurance, la date à laquelle
lassurance est contractée, la prime à payer. La police est signée par lassureur et lassuré,
chaque partie retirant un exemplaire. Tout changement apporté à une police doit être
consigné dans un acte séparé, appelé Avenant.
Avenant.
V.4. Les intermédiaires pour la douane
1. Définition
La douane est ladministration chargée de percevoir les droits imposés sur les
marchandises qui franchissement les frontières.
2. Buts de lorganisation douanière
Les services douaniers poursuivent un quadruple but :
60
- Apporter des ressources à lEtat par la perception de droits fiscaux ;
- Protéger le commerce et lindustrie du pays. A cet effet, le prix de marchandises
importées est relevé par la perception de droits protecteurs. Ces droits peuvent
même être tellement élevés quils rendent limportation impossible (droits prohibitifs) ;
- Permettre lélaboration de statistiques commerciales ;
- Veiller à lobservation des prescriptions commerciales, sanitaires et autres.
3. Sortes de droits
a. Du point de vue origine : Droits dentrée et Droits de sortie
Les droits sont perçus soit à lentrée soit à la sortie des marchandises. En général, à
limportation de marchandises imposées, les droits sont payables immédiatement.
Il arrive cependant que les droits ne soient pas dus lors du passage de la frontière.
Cest le cas pour les marchandises sous le régime de transit.
b. Du point de vue de leur nature : Droit de douane et Droit daccise
Le droit de douane concerne les marchandises imposées et exportées. Les droits
daccise se perçoivent généralement lors de la fabrication dans le pays de certaines
marchandises. Cependant lorsque des marchandises de même nature sont importées, le
droit daccise se perçoit lors de limportation (bières étrangères), vins, tabacs, alcool, …).
c. Du point de vue base de calcul : Droits ad valorem et Droits spécifiques
Les marchandises importées ou exportées peuvent être imposées daprès leurs
valeurs, le droit perçu est appelé droit ad valorem et si elles sont imposées daprès leur
quantité, on parle du droit spécifique.
spécifique.
4. Les formalités douanières
Toute opération douanière (importation, exportation, transit) donne lieu à un
document écrit appelée « Déclaration en douane ».
Dès réception de la déclaration, lAdministration procède à la vérification, après elle
établit un document qui mentionne les détails nécessaires à lidentification de la
marchandise. Il indique le taux du droit et le montant de la somme à percevoir, ainsi que les
paiements effectués ou les cautionnements constitués.
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Les principaux documents délivrés sont :
- La déclaration de libre entrée : elle atteste laccomplissement de toutes les
formalités requises pour une marchandise exemptée de droits ;
- Lacquit dentrée : il constate le paiement de droits dus à limportation ;
- Le passavant à caution : il constitue lautorisation de transporter une marchandise
à destination dun entrepôt, moyennant cautionnement ;
- La déclaration de libre transit : elle implique le plombage des wagons ou
conteneurs et la surveillance douanière durant le séjour de la marchandise dans le
pays.
V.5. Les intermédiaires pour les paiements et les recouvrements
Ce sont des institutions financières qui facilitent les paiements et les recouvrements
de dettes. Il sagit de banques et autres institutions financières.
Lopération commerciale fondamentale dans le monde des affaires consiste en ce
quune Banque reçoit de la part de certaines personnes des dépôts dargent et à laide des
sommes recueillies, consent à dautres personnes des prêts à lintérêt.
Les opérations bancaires sont les suivantes :
- Encaissements : la banque encaisse les espèces, les chèques et dautres effets de
commerce ;
- Paiement : la banque exécute les ordres de paiement de leurs clients (paiements de
chèques, de virements et deffets domiciliés) ;
- Location de coffre-fort : les banques mettent à la disposition du public des coffres-
forts destinés à renfermer des titres, bijoux, documents, objets précieux ;
- Opérations de change : achat et vente de monnaies étrangères, transfert de fonds
dun pays à un autre ;
- Opérations financières : achats et vente de titre ;
- Opérations des crédits : la banque accorde des crédits aux agents économiques. Ce
crédit peut être : à court terme (jusquà une année), à moyen terme (dune année à 5
ans) ou à long terme (au-delà de cinq ans).
V.6. Les intermédiaires pour lentreposage des marchandises
V.6.1. Institutions
1. Magasin généraux
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A lorigine, les marchandises étaient déposées dans les magasins des importateurs.
Mais par suite de laccroissement du volume de commerce maritime, il devenait impossible
dadapter ces magasins privés des importateurs aux exigences du trafic. Des sociétés furent
créées ayant pour objet lexploitation de magasins généraux où les marchandises
appartenant à nimporte quel négociant peuvent être déposées.
Par définition, les magasins généraux sont des vastes locaux exploités par les
sociétés dentreposage et destinés à recevoir en dépôt moyennant le droit de magasinage
des marchandises à des tiers.
Les avantages du dépôt des marchandises dans les magasins généraux sont
multiples :
- Le commerçant ne doit plus surveiller ses marchandises. Le dépositaire assure la
garde et il est responsable de tout dommage irrégulier ainsi que du vol ;
- Les frais de magasinage sont relativement munîmes, car ils sont en proportion de
lespace occupé par les marchandises et de la durée de leur séjour en magasin ;
- En cas de vente, les marchandises ne doivent pas changer de magasin. Les frais de
transport sont ainsi évités ;
- Les marchandises déposées dans des magasins généraux peuvent servir de
garantie à un prêt ; le banquier peut prendre ces marchandises en gage.
2. Entrepôts
a. Notion
Les marchandises importées, qui sont passibles de droits, peuvent être déposées
temporairement dans un entrepôt. Lentrepôt est un magasin ou un emplacement placé
sous la surveillance de la douane. Au point de vue de la redevabilité des droits, lentrepôt
est assimilé au territoire étranger. Le jour où la marchandise sera destinée à la
consommation dans le pays, elle sera soumise à la perception des droits.
b. Documents
1°. Le Warrant-Cédule :
Le Warrant-Cédule est un titre comprenant deux pièces, le Warrant et la Cédule est
le titre de propriété des marchandises, le warrant est le moyen dengager les marchandises.
Les deux documents réunis confèrent la libre disposition des marchandises.
63
Le but principal de lémission dun Warrant-Cédule est de permettre lemprunt sur
marchandise. Le système implique lintervention dun tiers dépositaire qui puisse répondre
de la marchandise, cest la société de Warrantage.
Le Warrant-Cédule peut remplir plusieurs fonctions :
- Il peut être un simple certificat de dépôt garantissant la conservation en bon état des
marchandises déposées ;
- Il peut aussi faciliter la vente, car le transfert du warrant accompagné de la cédule
équivaut à la remise de la marchandise ;
- Le titre est émis principalement en vue dune avance sur la valeur des marchandises
entreposées. Dans ce cas, le warrant est présenté à lescompte dans une banque.
La somme empruntée est mentionnée sur les deux titres et le warrant est remis au
prêteur, le propriétaire de la marchandise conserve la cédule.
En tant quinstrument de crédit, les opérations se déroulent de la manière
suivante :
- En cas de vente, le propriétaire endosse la cédule à lordre de lacheteur et lui remet
les deux documents ;
- En cas demprunt gagé, le propriétaire de la marchandise remet le warrant et la
cédule à la Banque qui consent le prêt. La société de warrantage est avertie de
lemprunt ;
- En cas de vente de la marchandise warrantée, le vendeur prie la banque prêteuse
de remettre les deux documents à lacheteur, contre le paiement du montant de la
facture. La banque tient à la disposition du vendeur la différence entre le produit de
vente et la somme avancée ;
- En cas de vente dune portion des marchandises warrantées, le vendeur demande à
la banque de délivrer à lacheteur un laissez-suivre, contre paiement du montant de
la facture. Le laissez-suivre est un écrit adressé à la société de warrantage de la
somme prêtée, la portion des marchandises warrantées correspondant au
remboursement peut être délivrée. Lenlèvement autorisé est inscrit sur le warrant.
N.B. : La formule dendossement utilisée au verso de la cédule est la suivante :
Livrez à lordre de…………………
de…………………
Demeurant à…………………….
Lieu et Date
Signature
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2°. Le certificat de dépôt
Les compagnies de magasins généraux ont abandonné lusage de Warrant-Cédule
et lont remplacé par le simple certificat de dépôt qui contient les mêmes indicateurs et qui
peut servir aux mêmes usages. Ce document est plus simple cest-à-dire il nest pas un
document à double volet comme le warrant-cédule.
Ses usages sont :
- Le déposant désire enlever les marchandises, il restitue le certificat après y avoir
inscrit et signé une formule de décharge pour la compagnie ;
- Si le déposant veut enlever une partie des marchandises, il présente le certificat
accompagné dun permis de sortie signé par lui. La compagnie mentionne
lenlèvement au verso du titre ;
- Le déposant vend la marchandise. Il remet le certificat au profit de lacheteur. Le
certificat de dépôt nest pas endossable.