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Propriétés et solutions aqueuses

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Chapitre 1

Solutions aqueuses

1. L’eau

L’eau est le constituant fondamental de la matière vivante, elle est indispensable à la vie.
La teneur totale de l'organisme en eau représente 70% du poids du corps. Les propriétés
physicochimiques particulières de la molécule d’eau en font un bon solvant biologique des
composés ioniques et moléculaires.

1.1 Propriétés de l’eau


L’eau existe sous les trois états; l’état solide, liquide et gazeux.

❖ Propriétés chimiques
➢ Formule brute : H2O ‘ Isomères’
➢ L’autoprotolyse de l’eau selon l’équation d’équilibre: 2H2O →H3O+ + OH-
➢ Masse molaire : 18,0153 [Link]-1 ‘ H : 11,19 %, O : 88,81 % ’

❖ Propriétés physiques
➢ Les principales propriétés de l’eau sont résumées dans le tableau 1.1

T° fusion 0 °C
T° ébullition 100 °C
Masse volumique 1,00 g∙cm-3
Viscosité dynamique à 20 °C 0,001 Pa.s
Tension superficielle à 20 °C 0,072N/m
Conductivité électrique 5,5×10-6 S⋅m-1
Cp 1867 [Link]-1.°K-1
Cv 1406 [Link]-1.°K-1

Tableau 1.1 Propriétés physiques de l’eau.

2
Solutions aqueuses

1.2 Structure de la molécule d’eau


Une propriété très importante de l’eau est sa nature polaire. La molécule d’eau forme un
angle de 104,5° au niveau de l’atome d’oxygène entre les deux liaisons avec les atomes
d’hydrogène Fig 1.1.

O-

104,5°
H+ H+

Fig 1.1 Dipôle de la molécule d’eau.

➢ Grâce à sa polarité, l’eau est un excellent solvant.


➢ L’eau fait un excellent écran aux interactions électriques.
➢ Cette polarisation permet aussi à la molécule d’eau de dissoudre les corps
ioniques, en particulier les sels. elle dissocie donc facilement les ions.
➢ Les substances ioniques et polaires comme les acides, alcools, et sels se dissolvent
facilement dans l’eau.
➢ Chaque ion se retrouve entouré par des molécules d’eau. C’est le phénomène de
solvatation1. Un exemple de soluté ionique est le chlorure de sodium NaCl, il se
sépare en cations Na+ et anions Cl−, chacun entouré de molécules d’eau Fig 1.2.

+ +
- +
+
- +
+
-
Na+
+
- +
-
+
- +

+ +

Fig 1.2 Un ion sodium entouré par des molécules d'eau.

➢ Les substances non-polaires comme les huiles et les graisses se dissolvent


difficilement.

3
Solutions aqueuses

➢ Les ions sont alors facilement transportés loin de leur matrice cristalline. Un
exemple de soluté non ionique est le glucose C6H12O6. Les dipôles des molécules
d’eau forment des liaisons hydrogène avec les régions dipolaire de la molécule de
sucre. Cette faculté de solvant de l’eau est vitale en biologie, parce que certaines
réactions biochimiques n’ont lieu qu’en solution.

Important

Solvatation1: association moléculaire entre un soluté et un solvant.

2. Solutions aqueuses
2.1 Définition

Une solution définit tout mélange homogène, en une seule phase de deux ou plusieurs
constituants Fig 1.3.

➢ Le constituant majoritaire est appelé solvant.


➢ Les autres constituants de la solution sont appelés solutés.

Eau+Sirop de menthe Eau+huile

Mélange homogène Mélange hétérogène

Fig 1.3 Mélange homogène et mélange hétérogène.

Remarque
✓ Le soluté peut être solide, liquide ou gazeux, moléculaires ou ioniques.
✓ Il existe une limite à la quantité de soluté que le solvant peut dissoudre. Lorsque cette
limite est atteinte on dit que la solution est saturée.
✓ Si le solvant est l'eau la solution, est appelée solution aqueuse.
✓ La solution qui contienne une grande quantité de solvant on l’appelle une solution diluée.
✓ La solution qui contienne une grande quantité de soluté on l’appelle une solution
concentrée.

4
Solutions aqueuses

2.2 Classification des solutions aqueuses


2.2.1 Solutions électrolytiques et solutions neutres
Selon que les particules du corps dissous sont électriquement neutres ou chargées
❖ Solutions électrolytiques
Une solution électrolytique est une solution contenant des ions. Elle conduit le courant
et elle est électriquement neutre.
• Electrolyte fort
On appellera électrolyte fort, tout électrolyte qui se dissocie totalement dans l’eau
‘Exemple: NaCl, NaOH, KOH, HCl’. Dans la solution on ne trouve que des ions
majoritaires et les molécules du solvant.

• Electrolyte faible
L’ionisation ‘et la dissociation’ du soluté est partielle ‘Exemple : CH3COOH’. La
solution contient donc les ions ‘apportés par l’ionisation du soluté’, des molécules du
soluté et celles du solvant.

• Taux de dissociation
Les électrolytes faibles, possèdent une liaison à caractère fortement covalente, Ils sont
très peut dissociés dans l’eau .Une telle solution comprend donc à la fois des molécules
neutres et des ions.

On définit le taux de dissociation α ‘Coefficient de dissociation’ de l’électrolyte faible, par


𝑁𝑑
𝛼=
𝑁0

Nd : Nombre de molécules dissociées.


N0 : Nombre total initial de molécules introduites dans le solvant.

Unité :
▪ α : sans unité

Remarque
✓ 𝛼 = 0 : La dissociation nulle ‘neutre’.
✓ 0 < 𝛼 < 1 : La dissociation est partielle ‘électrolyte faible’.
✓ 𝛼 = 1 : La dissociation est totale ‘électrolyte fort’.

5
Solutions aqueuses

❖ Solutions idéales
Solution dont le volume est égale à la somme du volume de solvant et des volumes des
solutés‘Exemple : glucose, urée’; il n'y a pas d'interaction entre les molécules de solvant et
les molécules des solutés.
2.2.2 Solutions micromoléculaires et macromoléculaires
On distingue deux types de solutions aqueuses, selon la taille des particules
❖ Solutions micromoléculaires - Cristalloïdes -
Les molécules du soluté contiennent quelques dizaines d'atomes ‘Exemple: l’urée, le
glucose, NaCl’. La solubilité du solide dépend de la nature du solide, de celle du liquide et
de la température. Habituellement, la solubilité augmente quand la température augmente.
Les ions sont obtenus par dissociation de composés ioniques par exemple : acides, bases et
sels, ou par ionisation en solution de composés polaires ‘exemple HCl gazeux, CH3COOH
liquide’.
❖ Solutions macromoléculaires - Colloïdes -
Les macromolécules, plus particulièrement les protéines, jouent un rôle considérable en
biologie. Les molécules contiennent entre 103 et 109 atomes. Ce type de solutions, à
l'opposé des solutions micromoléculaires, ne traversent pas certaines membranes qui ont des
pores micrométriques.
2.3 Caractéristiques quantitatives des solutions
La concentration2 est exprimée par plusieurs méthodes chimiques

Important

Concentration 1: quantité de substance par unité de volume.

2.3.1 Concentration molaire - Molarité -

La concentration molaire pour un soluté donné, est le nombre de moles du soluté par
litre de solution, soit

𝑛𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡é
𝑚𝑟 = (1.1)
𝑉𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛

Unité :
▪ n en mol,
▪ V en l,
▪ 𝑚𝑟 en mol. l−1.

6
Solutions aqueuses

Remarquearques
✓ Une solution est dite molaire lorsque 𝑚𝑟 = 1 mol. l−1.
✓ Elle est dite décimolaire lorsque 𝑚𝑟 = 10−1 mol. l−1.

2.3.2 Concentration pondérale - Concentration massique -

Elle représente la masse de soluté par litre de solution, soit

𝑚𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡é
𝐶𝑝 = (1.2)
𝑉𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛

Unité :
▪ m en g,
▪ V en l,
▪ 𝐶𝑝 en g. l−1.

On peut déduire la relation entre Cp et mr : 𝐶𝑝 = 𝑚𝑟 . 𝑀


M : Masse molaire du soluté en g. mol−1.

Remarque

✓ Concentrations pondérales non additives.


✓ Molarités additives.
2.3.3 Concentration en pourcentage - Titre -
La concentration en pourcentage est le nombre des unités de masse ‘de gramme’ du
soluté, qui se dissous dans 100 unités de masse ‘100g’ de la solution.
𝑚𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡é
𝑝= (%) (1.3)
𝑚𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛

Unité :
▪ p sans unité

2.3.4 Concentration molale - Molalité -


La concentration molale est le nombre de moles du soluté par unité de masse de
solvant, soit

𝑛𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡é
𝑚𝑙 = (1.4)
𝑚𝑠𝑜𝑙𝑣𝑎𝑛𝑡

7
Solutions aqueuses

Unité :
▪ n en mol,
▪ m en kg,
▪ 𝑚𝑙 en mol. kg−1.

Remarque

✓ Solution aqueuse diluée : Molalité = Molarité


2.3.5 Fraction molaire
La fraction molaire d'un constituant i est égale au rapport du nombre de mole de ce
constituant, sur le nombre total de moles de la solution.

𝑛𝑖
𝐹𝑖 = (1.5)
𝑛𝑡𝑜𝑡

Unité :
▪ Fi sans unité.

2.3.6 Concentration osmolaire et concentration osmolale

L’osmose est importante pour les phénomènes non électriques comme la diffusion, et
l’osmose.

❖ Concentration osmolaire - Osmolarité -

On définit l’osmolarité comme étant le nombre d’osmole ‘molécules et ions’ dissoutes


par litre de solution.

𝑤𝑟 = 𝑚𝑟 [1 + α(β − 1)] (1.6)

  Coefficient de dissociation.
  Nombre d'ions crées par la dissociation.

Unité :
▪ wr en osmol.l-1.

Remarque
✓ Pour une solution contenant un soluté neutre, l’osmolarité de la solution est
wr = mr
✓ Pour une solution contenant un soluté électrolytique ‘électrolyte fort’, l’osmolarité de la
solution est wr = 𝛽 mr
8
Solutions aqueuses

✓ Pour une solution contenant plusieurs solutés, l’osmolarité de la solution est la somme des
concentrations osmolaires de tous les solutés.
𝑤𝑟 = ∑𝑛𝑖=1 𝑤𝑟𝑖

❖ concentration osmolale - osmolalité -


L’osmolalité est une mesure du nombre d'osmoles de soluté par kilogramme de solvant

𝑤𝑙 = 𝑚𝑙 [1 + α(β − 1)] (1.7)

Unité :
▪ wl en [Link]-1.

2.3.7 Concentration équivalente

La concentration équivalente pour une solution contenant n ions est le nombre


d’équivalent gramme3 d’ions de chaque signe, par litre de solution.

𝐶𝑒𝑞 = ∑𝑛𝑖=1 𝑍 + 𝛼 𝑚𝑟 + ∑𝑛𝑖=1 |𝑍 − | 𝛼 𝑚𝑟 (1.8)

𝛼 : Coefficient de dissociation du soluté dans le solvant considéré.


Z+ et Z- : Les valences des ions.
+ : cation
- : Anion

Unité :
▪ Ceq en eqg-1.m-3

Important

Equivalent gramme3 d’ions est la quantité d’ions qui transporte une charge égale à
Faraday.

Remarque

✓ Eletroneutralité ‘Solution est électriquement neutre’ : Ceq (cation) = Ceq (anion),


∑𝑛𝑖=1 𝑍 + 𝛼 𝑚𝑟 = ∑𝑛𝑖=1 |𝑍 − | 𝛼 𝑚𝑟 .
✓ Molécule neutre : Ceq = 0.

9
Solutions aqueuses

✓ Pour une solution contenant plusieurs espèces ioniques, la concentration équivalente totale
est la somme des concentrations équivalentes de touts les espèces ioniques
‘additives’. 𝐶𝑒𝑞 = ∑𝑛𝑖=1 𝐶𝑒𝑞𝑖
2.3.8 Constante d’équilibre
Pour un soluté AB dissous dans l’eau, on peut écrire
AB + H2 O → A- + B+
Etat initial : mr
Etat final : mr (1- 𝛼) 𝛼 𝑚𝑟 𝛼 𝑚𝑟

Il s’agit d’un équilibre chimique auquel on peut associer la constante d’équilibre

[𝐴− ][𝐵 + ]
𝐾= [𝐴𝐵]
(1.9)
On peut déduire
𝛼2 𝑚 𝑟
𝐾=
(1 − 𝛼)

2.4 Préparation des solutions aqueuses


2.4.1 Par mise en solution d'un soluté solide

Soit à préparer un volume V d'une solution contenant l'espèce X, de masse molaire M, à la


concentration mr. Soit m la masse de l’espèce X. Fig 1.4

❖ Opération à effectuer

Pour préparer un volume V d’une solution de concentration C on suit le mode


opératoire suivant

Fig 1.4 Préparation d’une solution aqueuse par dissolution d’un soluté solide.

➢ Etape 1 : peser la masse m du soluté.


➢ Etape 2 : Introduire le soluté dans la fiole jaugée contenant un peu d’eau distillée.

10
Solutions aqueuses

➢ Etape 3 : Compléter jusqu’au trait de jauge avec de l’eau distillé, agiter jusqu'à
dissociation complète et ajuster à nouveau jusqu’au trait de jauge V.

❖ Détermination de la masse de soluté à peser

Si le soluté se trouve sous forme solide, il faudra alors déterminer la masse de l'espèce
X à peser. Soit m cette masse.

𝑛
On a 𝑚𝑟 =
𝑉

𝑚𝑟 : Concentration molaire.
n : nombre de mole.
V : Volume de la solution.

Unité :
▪ n en mol,
▪ V en l,
▪ 𝑚𝑟 en mol. l−1.

𝑚
Or 𝑛=
𝑀

m : masse.
M : Mase molaire.

Unité :
▪ m en kg,
▪ M en kg. mol-1

Donc
𝑚 = 𝑚𝑟 . 𝑀. 𝑉 (1.10)

2.4.2 Par mise en solution d'un soluté liquide

On prélève un volume V0 de la solution mère de concentration C0 que l'on dilue avec


de l'eau distillée pour obtenir une solution diluée de volume V1 et de concentration désirée C1.
Fig 1.5

❖ Opération à effectuer

Pour préparer un volume V1 d’une solution de concentration C1 on suit le mode


opératoire suivant

11
Solutions aqueuses

étape 1 étape 2 étape 3

Fig 1.5 Préparation d’une solution aqueuse par dilution d’une solution mère.

➢ Etape 1 : Prélèvement du volume V0.


➢ Etape 2 : On place le volume dans la fiole jaugée.
➢ Etape 3 : On complète jusqu’au trait de jauge avec de l’eau distillé.

❖ Détermination du volume V0 à prélever

Si le soluté se trouve sous forme liquide, il faudra alors déterminer le volume de


l'espèce X à prélever.

La quantité de la matière de soluté dans le volume V0 est

𝑛 = 𝐶0 . 𝑉0

Cette quantité de matière se retrouve dans la solution après dilution

𝑛 = 𝐶1 . 𝑉1

Et en déduit la relation suivante qu’on appellera, la formule de dilution ou l’équation de


conservation de la quantité de la matière

𝐶0 . 𝑉0 = 𝐶1 . 𝑉1

Le volume à prélever est donc

𝐶1 .𝑉1
𝑉0 = (1.11)
𝐶0

12
Solutions aqueuses

Exercice

Déterminer la fraction molaire du soluté puis celle du solvant dans le sérum glucosé à 5%.
Solution
La composition de la solution est
• 5 g de glucose ‘soluté’.
• 100 ml d'eau ‘solvant’.
Le solvant représente une quantité de matière de
100
𝑛𝑒𝑎𝑢 = = 5,555𝑚𝑜𝑙
18
La quantité de matière dissoute en soluté est
5
𝑛𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒 = = 0,027𝑚𝑜𝑙
180
Les fractions molaires sont donc
𝑛𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒
𝐹𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒 = = 0.0048 = 0.48%
𝑛𝑒𝑎𝑢 + 𝑛𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒

𝑛𝑒𝑎𝑢
𝐹𝑒𝑎𝑢 = = 0.9952 = 99.52%
𝑛𝑒𝑎𝑢 + 𝑛𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒

13
Chapitre 2
Viscosité

1. Phénomène de viscosité
1.1 Introduction
La viscosité permet de faire la distinction entre un fluide parfait et un fluide réel. Dans
le cas des fluides parfaits, on considère que l’écoulement se déroule sans perte d’énergie.
Dans un fluide réel, il existe des forces dites de Viscosité. Elles sont dues à des frottements
qui existent entre les couches de vitesses différentes et sur les parois.
Ce phénomène est une caractéristique de la matière, quel qu’en soit l’état physique; gazeux
‘G’, liquide ‘L’ ou à la limite solide ‘S’. Elle intervient fréquemment dans les équations de la
mécanique des fluides. Elle traduit en bref la résistance d’un fluide à l’écoulement, car elle
ralentit le mouvement du liquide au voisinage des parois.
1.2 Observations
L'eau et le miel coulent différemment Fig 2.1; l'eau coule vite, mais avec des
tourbillons, le miel coule lentement, mais de façon bien régulière.

Fig 2.1 Ecoulement de l’eau et du miel [1].

1.3 Définition
La viscosité peut être définie comme la résistance à l’écoulement uniforme et sans
turbulence se produisant dans la masse d’une matière.

On peut donc dire de la viscosité qu’elle est la mesure du frottement fluide.

La force de frottement peut être figurée par l’énergie nécessaire pour déplacer un objet qui
frotte sur un autre.

14
Chapitre 2 : Viscosité

Remarque

Les phénomènes dus à la viscosité des fluides ne se produisent que lorsque ces fluides
sont en mouvement.
Sous l'effet des forces d'interaction entre les molécules de fluide et des forces d'interaction
entre les molécules de fluide et celles de la paroi, chaque molécule de fluide ne s'écoule
pas à la même vitesse Fig 2.2. On dit qu'il existe un profil de vitesse.

Couche de vitess v+dv


z+dz z v

Fig 2.2 Le profil de vitesse.


2. Le coefficient de viscosité
2.1 Viscosité dynamique
On considère deux couches de fluide adjacentes distantes de z; Fig 2.3. La force de
frottement 𝐹⃗ qui s'exerce à la surface de séparation de ces deux couches s'oppose au
glissement d'une couche sur l'autre. Elle est proportionnelle à la différence de vitesse des
couches soit Δv, à leur surface S et inversement proportionnelle à Δz.

z F

v Écoulement

Pente=dv/dz

Fig 2.3 La force de frottement et le coefficient de viscosité.

La viscosité se manifeste chaque fois que les couches voisines d’un même fluide sont en
mouvement relatif, c'est-à-dire lorsqu’il s’établit un gradient de vitesse.

𝑑v
𝐹= 𝜂𝑆 (2.1)
𝑑𝑧

: Coefficient de viscosité dynamique du fluide.

15
Chapitre 2 : Viscosité

Dimension :

[ ] = M.L-1.T-1

Unité :

SI1 : Pascal seconde (Pa.s) ou Poiseuille (Pl); 1 Pa.s = 1 Pl = 1 kg.m-1.s-1.


CGS2 : Poise (Po); 1 Pl = 10 Po.

Important

SI1: Le système international


CGS2 : Centimètre-Gramme-Second

2.2 Viscosité cinématique


La viscosité cinématique est égale au rapport de la viscosité dynamique par la masse
volumique du fluide considéré.

𝜂
ν= (2.2)
𝜌

ν: Coefficient de viscosité cinématique

Dimension :

[ ] = L2.T-1

Unité:

SI : Elle n'a pas de nom particulier (m2/s).


CGS : Stokes (St). 1m2/s = 104 St.

3. Ordre de grandeur
Viscosité dynamique de quelques fluides à 20°C ’en mPa.s’. Tableau 2.1

Fluide η (mPa.s)
Eau 1,005
Essence 0,652
Glycérine 1490
Mercure 1,554
Miel liquide 6000

Tableau 2.1 Viscosité dynamique de quelques fluides à 20°C.


16
Chapitre 2 : Viscosité

4. Influence de la température
La viscosité dépend fortement de la température. Dans un liquide, la viscosité décroît
rapidement en fonction de la température Tableau 2.2. Il n'existe pas de relation rigoureuse
liant et T, mais nous pouvons écrire : =k.T . ‘K : Constante quelconque’.

Fluide η (Pa.s)
Eau (0 °C) 1,787. 10–3
Eau (20 °C) 1,005 . 10–3
Eau (100 °C) 0,2818 . 10–3

Tableau 2.2 Variation de la viscosité en fonction de la température.

5. Mesure de la viscosité
On présente dans cette partie les différents instruments permettant de mesurer la viscosité
‘Voir le TP’ [2].
5.1 Viscosimètre d'Ostwald - Basé sur la loi de Poiseuille -

L’appareil comporte

Un capillaire bien calibré


Une ampoule A portant deux repères R1 et R2.
Un réservoir en U contenant le liquide étudié.

Fig 2.4 Viscosimètre d'Ostwald [2].

17
Chapitre 2 : Viscosité

On aspire le liquide jusqu’à R1 et on mesure la durée t qu’il met pour s’écouler jusqu’au
repère R2. Ce temps d’écoulement est proportionnel à la viscosité dynamique du liquide et
inversement proportionnel à la pression motrice. On montre que K étant une constante
caractéristique de l’appareil. Les constructeurs délivrent avec chaque tube, un certificat
d’étalonnage où intervient plutôt K : η = K.ρ.t .

Le principe de l’appareil consiste à faire écouler un liquide, dont on veut mesurer la viscosité,
à travers un tube capillaire avec une vitesse débitante assez petite pour que la loi de Poiseuille
puisse s’appliquer

𝜋 𝛥𝑝
𝐷= 𝑅4 (2.3)
8𝜂 𝐿

D : Débit volumique.
R : le rayon du tube capillaire.
Δp : Différence de pression entre l’entrer et la sortie du tube.
Pression hydrostatique 𝛥𝑝 = 𝑝1 − 𝑝2 = 𝜌𝑔ℎ

A la distance r du centre, la vitesse vaut


𝛥𝑝
v= (𝑅 2 − 𝑟 2) (2.4)
4𝜂𝐿

Le principe de la mesure de la viscosité dynamique consiste à mesurer le temps d’écoulement


du liquide à étudier tx dans un tube cylindrique dans le même tube on fait passer le même
volume en eau liquide référence et on mesure le temps d’écoulement de l’eau t0 .

𝜋 𝛥𝑝 𝜋 𝜌𝑔ℎ
Poiseuille 𝐷= 𝑅4 → 𝐷 = 𝑅4 (*)
8𝜂 𝐿 8𝜂 𝐿
𝑉
Débit volumique 𝐷 =
𝑡
𝑉 𝑉
Alors on aura 𝐷𝑥 = 𝑡𝑥 = (1)
𝑡𝑥 𝐷𝑥
𝑉 𝑉
𝐷0 = 𝑡0 = (2)
𝑡0 𝐷0

(𝟏) 𝑡𝑥 𝐷𝑥
On met , on trouve = et en remplaçant par Poiseuille (*)
(𝟐) 𝑡0 𝐷0

On obtient
𝑡𝑥 𝜂𝑥 𝜌0
= (2.5)
𝑡0 𝜂0 𝜌𝑥

18
Chapitre 2 : Viscosité

5.2 Viscosimètre d'Höppler - Basé sur la loi de Stocks -


Une bille sphérique tombe lentement dans un tube bien calibré renfermant le liquide
visqueux. On mesure la durée t que met la bille pour parcourir une certaine distance.

f ‘Force de frottement’

Repère 1 F ‘Force d’Archimède

P ‘Poids’

Repère 2

(+)

Fig 2.5 Schéma de la chute de la bille.

Si la viscosité est suffisante, la bille atteint très rapidement une vitesse limite de chute
constante v et cette vitesse est assez faible pour que la force de frottement soit décrite par la
loi de Stockes

F = 6π . r . η . v

La bille est en outre soumise à son poids et à la force d’Archimède. La 2ème loi de
Newton se traduit par

6πr.η. v =4/3. πr3.(ρS- ρL)g

En on déduit

2𝑟 2
𝜂= (𝜌𝑆 − 𝜌𝐿 )𝑔 (2.6)
9v

On mesure le temps de chute dans un liquide de viscosité connue eau puis dans le liquide à
étudier. D’après (2.6) on a

2𝑟 2
v= (𝜌𝑆 − 𝜌𝐿 )𝑔 (2.7)
9𝜂

19
Chapitre 2 : Viscosité

𝐿
La vitesse de la bille est constante v =
𝑡

𝐿 𝐿
Alors on aura 𝑉𝑥 = 𝑡 𝑡𝑥 = (1)
𝑥 𝑉𝑥
𝐿 𝐿
𝑉0 = 𝑡 𝑡0 = (2)
0 𝑉0

(𝟐) 𝑡0 𝑉𝑥
On met , on trouve = et en remplaçant par (2.7)
(𝟏) 𝑡𝑥 𝑉0

On obtient

𝑡0 𝜂0 (𝜌𝑆 −𝜌𝐿𝑥 )
= (2.8)
𝑡𝑥 𝜂𝑥 (𝜌𝑆 −𝜌𝐿0 )

6. Les différents régimes d'écoulement -Nombre de Reynolds-


Les expériences réalisées par Reynolds en 1883, lors de l’écoulement d’un liquide dans
une conduite cylindrique rectiligne dont laquelle arrive également un filet de liquide coloré,
ont montré l’existence de deux régimes d’écoulement laminaire et turbulent. En utilisant des
fluides divers ‘viscosité différente’, en faisant varier le débit et le diamètre de canalisation [3].

Fig 2.6 Les trois régimes d’écoulement [4].

a) Régime laminaire : le fluide s’écoule en couches cylindriques coaxiales ayant


pour axe le centre de conduite.
b) Régime transitoire (intermédiaire) : c’est une transition entre le régime
laminaire et le turbulent.
c) Régime turbulent : formation de mouvement tourbillonnant dans le fluide.

20
Chapitre 2 : Viscosité

Reynolds a montré que le paramètre qui permettait de déterminer si l’écoulement est


laminaire ou turbulent est un nombre sans dimension, appelé nombre de Reynolds

𝜌v𝐷
𝑅𝑒 = (2.9)
𝜂

Avec 𝜂 = 𝜌 ν

v𝐷
𝑅𝑒 = (2.10)
𝜈

ρ : masse volumique du fluide


v : vitesse moyenne
D : diamètre de la conduite
η : viscosité dynamique du fluide
ν : viscosité cinématique

Le nombre de Reynolds est un nombre sans dimensions et selon les valeurs qu’il prend ‘Dans
le système SI’ on pourra caractériser la probabilité pour un écoulement d’etre laminaire ou
turbulent.

Re < 2000 → Régime d’écoulement laminaire.


2000 < Re < 3000 → Régime d’écoulement intermédiaire.
Re > 3000 → Régime d’écoulement turbulent.

Ces valeurs de nombre de Reynolds doivent être considérées comme des ordres de grandeur,
le passage d'un type d'écoulement à un autre se fait progressivement.

7. La résistance à l’écoulement - Loi d’Ohm -


Il est possible d’établir une analogie entre l’écoulement d’un fluide dans un tube
cylindrique, et le passage du courant électrique dans un conducteur. Et il suffit pour cela
d’écrire la loi de Poiseuille sous une forme légèrement différente.

D’après la formule de Poiseuille (2.3)

8𝜂𝐿
𝛥𝑝 = ( )𝐷
𝜋𝑅4

21
Chapitre 2 : Viscosité

On peut l’écrire sous la forme suivante

𝛥𝑝 = 𝑅𝑚 . 𝐷 (2.11)

8𝜂𝐿
Rm = ( ): Résistance mécanique
𝜋𝑅 4

La loi d’Ohm

𝑈= 𝑅. 𝐼 (2.12)

U : Différence de potentiel.
R : Résistance.
I : Intensité électrique.

Unité :
R en Ω,
U en V,
𝐼 en A.

Et par analogie (2.11) et (2.12), on trouve

𝛥𝑝 ≡ 𝑈
R m≡ 𝑅 (2.13)
𝐷≡𝐼

On peut déduire de la formule (2.11), la résistance mécanique

𝛥𝑝
Rm = (2.14)
𝐷

7.1 Puissance électrique


La puissance électrique est donnée par
𝑃 = 𝑈. 𝐼

Et d’après (2.9), on peut l’écrire aussi sous la forme suivante

𝑃 = 𝛥𝑃 . 𝐷 (2.15)

Comme c’est le cas pour les résistances électriques, les résistances mécaniques peuvent être
placées en série ou en parallèle. Les lois valables pour les résistances électriques s’appliquent

22
Chapitre 2 : Viscosité

Résistances en série R1 R2 R3 : 𝑅 = ∑𝑛𝑖=1 𝑅𝑖

R1
1 1
Résistances en parallèle R2 : 𝑅 = ∑𝑛𝑖=1 𝑅𝑖
R3

8. Application
8.1 Analogie entre le cœur et la pompe électrique

Fig 2.7 Circulation du sang dans le corps [5].

Le cœur est un organe musclé constitué de quatre chambres, les deux chambres supérieures du
cœur sont appelées les oreillettes tandis que les deux chambres ‘pompes’ inferieures sont
appelées les ventricules.

Le cœur est aussi séparé en deux parties, la droite, cœur droit et, la gauche, cœur gauche.
Chacune comprend donc une oreillette et un ventricule.

23
Chapitre 2 : Viscosité

Poumons
o2 co2
Veine
Pulmonaire Artère
Pulmonaire
Une oreillette

o2 co2

o2 co2
Veine
Cave
Un Ventricule
Artère
Aortique

oOrganisme
2 co2

L’oreillette droite collecte le sang qui a parcouru tout le corps ‘le sang bleu’ et l’envoi
vers le ventricule droit afin qu’il soit éjecté dans les poumons pour y être ré oxygéné.
De la même façon l’oreillette gauche collecte passivement le sang qui a traversé les
poumons et l’acheminer au ventricule gauche qui éjecte le sang fraichement oxygéné
‘le sang rouge’ dans l’ensemble du corps.

8.2 La résistance périphérique totale

La résistance périphérique totale représente l’organisme en entier

𝛥𝑃
𝑅𝑃𝑇 = (2.16)
𝐷𝑉

Avec 𝛥𝑃 = Pression ventricule gauche - Pression ventricule droite

D : Débit cardiaque

Unité :
𝛥𝑃 en mHg,
D en ml/s.

24
Chapitre 2 : Viscosité

Exercice

Un sujet hypertendu a une pression artérielle aortique moyenne de 152mm Hg et une pression
auriculaire droite de 2mm Hg.

1. Quelle est la puissance mécanique fournie par le ventricule gauche sachant que le débit
cardiaque de ce sujet est 4 l/min ?
2. Quelle est chez ce sujet la valeur de la résistance périphérique totale ?

Solution

1. La puissance mécanique
𝑃 = 𝛥𝑃 . 𝐷𝑉
Avec 𝛥𝑃 = 𝑃2 −𝑃1
105
𝛥𝑃 = (152 − 2) 760 𝑃𝑎

𝛥𝑃 = 19737𝑃𝑎
10−3
Et 𝐷𝑉 = 4 𝑙. 𝑚𝑖𝑛−1 = 4. 𝑚3 . 𝑠 −1 = 0,067. 10−3 𝑚3 . 𝑠 −1
60

On obtient alors
𝑃 = 𝛥𝑃 . 𝐷𝑉
A.N :
𝑃 = 19737.0,067. 10−3 𝑚3 . 𝑠 −1
𝑃 = 1,315 𝑊𝑎𝑡𝑡.
2. La résistance périphérique totale
𝛥𝑃
𝑅𝑃𝑇 =
𝐷𝑉
A.N :
19737𝑃𝑎
𝑅𝑃𝑇 =
0,067. 10−3 𝑚3 . 𝑠 −1
𝑅𝑃𝑇 = 2,96. 108

25
Chapitre 3
Phénomènes de surfaces

1. Phénomènes de surfaces
1.1 Introduction
Les phénomènes de surface s’ils peuvent être caractérisés par leur effets purement
mécaniques, peuvent aussi être comparés à des réactions physico-chimiques correspondant à des
changements dans les liaisons intermoléculaires [6]. Leurs effets peuvent être considérés comme
des variations de certaines fonctions thermodynamiques. Le phénomène de tension superficielle
fait apparaitre une grandeur intensive propre aux liquides, qui revêt une grande importance dans
des cas bien définis.
1.2 Observations

Certains insectes tels que les gerris se déplacent à grande vitesse à la surface de l’eau
comme s’ils glissaient sur un film souple Fig 3.1. :

Fig 3.1 Un gerris flotte sur la surface de l’eau [7].

Une goutte d’eau sur une feuille d’une plante Fig 3.2.

Fig 3.2 Une goutte d’eau sur une feuille [7].

26
Phénomènes de surfaces

Ces phénomènes donnent l’impression que la surface des liquides se comporte comme une
membrane élastique tendue.

1.3 Définition
La tension superficielle est une propriété des liquides qui permet de maintenir en équilibre
leur surface libre. L’origine de la tension superficielle réside dans les forces intermoléculaires
de Van der Waals. Il s’agit de forces dont l’origine est électrostatique qui apparaissent à cause
de la polarité de certaines molécules ‘Attractions et / ou Répulsions’.Au sein d’un liquide au
repos, chaque molécule est soumise à l’attraction des proches voisines. La résultante de ces
forces, dirigées dans toutes les directions, est nulle. Fig 3.3

Fig 3.3 Schématisation de la tension superficielle [6].

A la surface de séparation entre le liquide et le gaz qui le surmonte, les forces de cohésion ne
présentent plus cette symétrie moyenne; chaque molécule subit de la part des molécules placées
à l’intérieur du liquide, des forces d’attraction dont la résultante, normale à la surface est dirigée
vers l’intérieur du fluide, n’est compensée par aucune autre force.

L’ensemble des molécules de surface se comportent donc comme une membrane tendue sur les
autres molécules. L’épaisseur de la couche superficielle de molécules varie entre 1 et 100nm.

Remarque

✓ Cette grandeur intervient principalement dans les phénomènes de capillarité et dans la

27
Phénomènes de surfaces

formation des gouttes, des gouttelettes et des bulles, ainsi que dans les propriétés de
mouillabilité des surfaces par les liquides.
✓ Ceci explique par ailleurs que tout liquide tend spontanément à diminuer sa surface. Ainsi se
forment les gouttes et les bulles. La forme sphérique présente le plus faible rapport surface
ou volume.

2. L’interface Liquide-Gaz
2.1 Tension superficielle
Supposons une lame de savon formée dans un fin cadre métallique ABCD dont l’un des
côtés CD est mobile.

Fig 3.4 Une lame liquide étirée [6].

2.1.1 Travail de surface

Reprenons l’exemple précédent d’un point de vue énergétique. Pour déplacer le côté CD
d’une longueur dx dans des conditions réversibles, il faut fournir le travail dW. Il y a une
proportionnalité entre le travail dW que l’on fournit et l’augmentation dA de l’aire de la surface
liquide

𝑑𝑊 = 𝜎𝑑𝐴 (3.1)

𝜎 : Coefficient de la Tension superficielle.

Unité :

▪ SI : J.m-2.
▪ CGS : dyne/cm.

28
Phénomènes de surfaces

2.1.2 Force de la tension superficielle

Remarquons que l’énergie dépensée pour augmenter l’aire superficielle correspond à la


force ⃗𝑭. La tension superficielle est la force de traction par unité de longueur agissant sur un
élément de longueur, situé dans un plan tangent à la surface et qui s'oppose à la dilatation de
celle-ci. Elle est due à l'attraction entre les molécules et elle mesure la résistance à
l'augmentation de surface. La tension superficielle est mesurée par le quotient de la norme de la
⃗ par la longueur l.
force 𝑭

𝑑𝐹 = 𝜎𝑑𝑙 (3.2)

Unité :

▪ SI : N.m-1.

3. Ordre de grandeur

Liquide σ(N.m–1) x 10–3


eau (à 20 °C) 73
eau (à 0 °C) 75,6
huile végétale 32
Ethanol 22
Mercure 480

Tableau 3.1 La tension superficielle de quelques liquides.

4. Influence de la température
On notera que la tension superficielle diminue lorsque la température augmente; cela
s’explique par le fait que les forces de cohésion intermoléculaires sont réduites par l’agitation
thermique.

29
Phénomènes de surfaces

Liquide 0°C 20°C 40°C 60°C 80°C 100°C


Eau 75,64 72,75 69,56 66,18 62,61 58,85
Toluène 30,74 28,43 26,13 23,81 21,53 19,39
Méthanol 24,50 22,65 20,90 15,70

Tableau 3.2 Tensions superficielles de quelques liquides à différentes températures.

𝜎 est donné en mN.m-1 ou mJ.m-2.

5. Equation de Laplace
Prenons l’exemple d’une bulle d’air au sein d’un liquide. Supposons, pour simplifier, que
cette bulle est sphérique.

dR
R

Pi Pe

La résultante de toutes les forces de tension superficielle a pour effet d’exercer une compression
de façon à réduire la surface de la sphère. Il existe donc une surpression à l’intérieur de la
sphère. L’existence de cette bulle suggère que la pression interne Pi est supérieure à la pression
externe Pe. La loi de Laplace permet de calculer la différence Pi – Pe = ΔP en fonction de R et
de σ. Calculons Pi – Pe en prenant un élément de surface de la bulle.
Si on augmente le rayon R de la goutte de dR, son volume augmente de
dV= [Link] = 4π R2dR
S : est la surface de la goutte.
Travail des forces de pression au cours de cette opération
dWe = - Pe 4π R2dR

Et
dWi = Pi 4π R2 dR
Le travail total est donc
dW= (Pi – Pe) 4π R2 dR (1)

Ce travail est égal à celui des forces de tension de surface


dW = σ dS (2)

30
Phénomènes de surfaces

La surface d’une sphère vaut S = 4πR2


Son augmentation dS est égale à dS = 8πRdR.
On aboutit à l’équation de Laplace lorsque (1) = (2)
ΔP= Pi – Pe = 2σ/R (3.3)
La surpression ΔP est une fonction inverse du rayon de la goutte.

Remarque
✓ Une bulle de savon est un film sphérique mince possédant deux surfaces de séparation

Pi Pe

La surpression ΔP est donnée par


ΔP= Pi – Pe = 4σ/R (3.4)

6. L’interface liquide solide - le phénomène de mouillage -


Les phénomènes de surface permettent aussi d’expliquer pourquoi l’eau aura tendance à
s’étaler sur une surface en verre alors que le mercure reste sous forme d’une goutte.
6.1 Mise en évidence expérimentale
Sur une plaque de Téflon déposons une goutte d’eau et une goutte d’alcool. Leurs profils
ne sont pas les mêmes. L’alcool s’étale davantage, on dit qu’il mouille plus le Téflon. Si l’on
reprend l’expérience avec une goutte d’eau déposée sur une plaque de verre, nous remarquons
que l’eau mouille davantage le verre que le Téflon.
Alcool Eau

Téflon Verre

Fig.3.5 Le phénomène de mouillage.

Selon la nature du solide et du liquide, les phénomènes observés sont différents

31
Phénomènes de surfaces

6.2 Ligne et angle de raccordement - Mouillage -


Les gouttes formées dans l’expérience précédente ont été, à un instant donné, en
équilibre sur la surface solide. Parfois cet équilibre est impossible et la goutte s’étale
complètement; on parle alors de mouillage parfait.

Θ θ : angle de raccordement
Ligne de raccordement

Fig.3.6 Ligne et angle de raccordement.

Cette situation fait intervenir trois phases, liquide, solide, gaz ‘air’. L’intersection des trois
interfaces s’appelle la ligne de contact entre les trois phases. L’angle de raccordement θ peut
facilement, mais imparfaitement, être mesuré. Nous pouvons distinguer les cas suivants

➢ (a) θ = 0 : Le liquide mouille parfaitement le solide.

➢ (b) Soit former une lentille, avec deux cas de figure


• (b.1) θ < 90° : Le liquide mouille partiellement le solide.

• (b.2) θ> 90° : Le liquide ne mouille pas le solide.

6.3 Condition d’équilibre de la ligne de contact entre trois phases


Dans le cas d’une goutte liquide L étalée sur une surface plane solide S dans une
atmosphère gazeuse G, les directions des tensions interfaciales σSL et σSG sont alignées sur la
tangente au point M à la surface du solide.

32
Phénomènes de surfaces

Fig 3.7 Mouillage d’une goutte [6].

L’équilibre de la goutte se traduit par

σSG dl +σSL dl +σLG dl =0 (3.5)

En projetant dans le plan de la plaque, l’equilibre du liquide à la surface du solide s’exprime par
la condition de Young

σSG = σSL +σLG cosθ (3.6)

Remarque

✓ Cette loi permet de faire des prévisions. En effets, si l’on connait deux valeurs et un angle, la
troisième valeur peut être connue.
6.4 Ascension et dépression capillaire
Les phénomènes de capillarité sont liés à un équilibre entre les forces exercées sur les
surfaces; liquide-gaz, liquide-solide et solide-gaz.
6.4.1 Observation
Dans un tube de verre étroit, l'interface air-liquide est bombée vers le bas ‘ou vers le
haut ‘; la surface forme un ménisque concave ‘ou convexe’; de plus, le liquide s’élève ‘ou
s’abaisse’ le long des parois.

Ménisque concave Ménisque convexe

H2O Hg

Fig 3.8 Ascension dans l’eau et dépression dans le mercure.

33
Phénomènes de surfaces

6.4.2 Montée capillaire - Loi de Jurin -


Un tube de verre de faible diamètre est plongé dans un liquide mouillant, de l’eau par
exemple. Dans le tube, le niveau du liquide est supérieur au niveau de la surface libre du
récipient Fig 3.8.

Fig 3.9 Ascension capillaire [6].


Le ménisque concave fait un angle θ avec la surface du tube. L’ascension capillaire est due aux
forces superficielles appliquées en tout point du contour du ménisque. La résultante F de ces
forces équilibre le poids P du liquide soulevé. L’élévation du liquide dans le tube compense la
différence de pression entre les deux côtés de la paroi ‘Loi de Laplace’.
Le poids de la colonne de liquide dans le tube

P= mg= π R² ρ g h,

est équilibré par la force de tension superficielle. S'exerçant sur la ligne de raccordement entre le
liquide et la paroi du tube.

F= 2π R σ cosθ .

On obtient ainsi la relation que l’on appelle Loi de Jurin

2 𝜎𝑐𝑜𝑠 𝜃
ℎ= (3.7)
𝜌𝑅𝑔

R : Rayon intérieur du tube,


ρ: Masse volumique du liquide,
g : Gravité,
σ: Tension superficielle du liquide,
θ: Angle de raccordement liquide/solide.

34
Phénomènes de surfaces

Remarque

✓ θ = 0 : hmax; le cas du mouillage parfait.


✓ θ = 90° : h= 0.
✓ θ > 90° : hmin; Le liquide ne mouille pas le solide, la loi de Jurin donne la valeur de h
négative. On parle alors de dépression capillaire. C’est le cas du mercure au contact du
verre et de tous les liquides non mouillants. Les forces de cohésion sont supérieures aux
forces d’adhésion, le liquide ne mouille pas les parois du tube. Le niveau du liquide
s’abaisse dans le tube en dessous du niveau de la surface libre du récipient. Le ménisque est
convexe et forme l’angle θ > 90° avec la paroi du tube. Les forces de tension superficielle
tirent le liquide vers le bas.

Fig 3.10 Dépression capillaire [6].

7. Application
7.1 Tensioactifs
Les tensioactifs sont des molécules utilisées en grande quantité dans l'industrie et les
produits de la vie quotidienne. Leurs propriétés particulières permettent de les retrouver
dans des domaines variés.

Fig 3.11 Tensioactifs [8].

35
Phénomènes de surfaces

Un tensioactif est une molécule composée de deux parties principales

❖ Une tête hydrophile: attirée par l’eau.


❖ Une queue lipophile: rejetée au contacte de l’eau.

Une molécule de ce type est appelée amphiphile.

Hydrophope Hydrophile

Fig 3.12 La structure d’un tensioactif.

La molécule est dite amphiphile; cela signifie qu’elle comporte au moins deux entités au
comportement opposé vis-à-vis d’un solvant donné.

➢ La tête polaire, chargée ou non, est hydrophile; elle favorise la dissolution de la molécule
dans les solvants fortement associés ‘eau, glycérol, hydrazine’.
• L’interaction solvant / tête hydrophile est de nature électrostatique ‘liaison
hydrogène’.
➢ La queue, formé de chaines ou cycles hydrocarbonés est hydrophobe ou plutôt lipophile.
• L’interaction queue lipophile / solvant sont faible.
➢ L’hydrophile peut l’emporter sur la lipophile et vis versa.

On distingue quatre classes de tensioactifs. Fig 3.13.

+ - -+

Cationique Anionique Amphotère Non ionique

Fig 3.13 Les quatre classes de tensioactifs.

7.2 Rôle des tensioactifs des solutions


La queue peut être composée de différents composants, chaine carbonée ou chaine
fluorée. Son lipophile lui permet notamment de se fixer dans les graisses et lui donne ainsi, son
36
Phénomènes de surfaces

importance dans tous les savons. C’est sa structure amphiphile qui donne au tensioactif ses
propriétés, entre autre de remonter à la surface d’une solution.

(a) Tensioactif (b) Emulsion

(c) Une micelle (d) Une bulle de savon

Fig.3.14 Le rôle des tensioactifs des solutions [7].

37
Phénomènes de surfaces

Exercice

On suspend un anneau parfaitement mouillable au plateau d’une balance pour mesurer la


tension superficielle d’un alcool gras. Si cet anneau est en contact avec l’alcool, quelle serait la
masse nécessaire qu’il faut rajouter sur l’autre plateau pour vaincre la force superficielle qui le
retient, sachant que alcool = 24 dynes/cm. On donne ranneau = 20mm.

Solution

On a

𝐹
𝜎=
𝐿

𝑚𝑔
𝜎=
𝐿

On obtient
𝜎. 𝐿
𝑚=
𝑔

Avec 𝐿 = 2𝑙 = 2. 2𝜋𝑟 = 4𝜋𝑟

On trouve
𝜎. 4𝜋𝑟
𝑚=
𝑔

A.N

(24 𝑑𝑦𝑛𝑒𝑠𝑐𝑚−1 ). (4. 3,14.2𝑐𝑚)


𝑚=
103 𝑐𝑚. 𝑠 −2

𝑚 = 0,6𝑔

38
Chapitre 4
Propriétés électriques des solutions

1. Conductimétrie

La conductimétrie est une méthode d’électro-analyse qui permet de mesurer les


propriétés conductrices d'un électrolyte.

1.1 Électrolytes

Une solution électrolytique ‘Électrolytes forts et Électrolytes faibles’ est une solution
conductrice de l'électricité Fig 4.1. La présence d'ions, chargés électriquement, assure le
caractère conducteur de la solution dont on peut distinguer

Fig 4.1 Conductivité des différentes solutions [9].

1.2 La résistance et la résistivité

Appliquons une différence de potentiel V entre deux électrodes de surface S. distantes


d’une longueur L et plongées dans une solution d’électrolyte.

Le mouvement des ions sous l’influence du champ électrique E est équivalent à un courant
d’intensité I. Dont la résistance est définie par la loi d’Ohm

𝑈
𝑅= (4.1)
𝐼

39
Propriétés électriques des solutions

Pour un conducteur électrique, la résistance est définie aussi par

𝑙
𝑅=𝜌 (4.2)
𝑆

ρ : Résistivité du matériau,
l : Longueur du filament,
S : Section du filament.

Unité :
 ρ en Ω.m,
 l en m,
 𝑆 en m2.

1.3 Conductivité électrique

Pour les électrolytes, il est d’usage d’utiliser la conductivité 𝜒, plutôt que la résistivité 𝜌

1
𝜒= (4.3)
𝜌

𝜒: Conductivité électrique,
ρ: Résistivité de la solution.

Unité :
 𝜒 en S.m-1 ‘S :Siemens’,
 ρ en Ω.m.

Si on étudie les variations de la conductivité en fonction de la concentration de la solution en


effectuant des mesures expérimentales on trouve les résultats suivants. Fig4.2.

𝜒
H2SO4

KOH

NaCl NaOH
C
Fig 4.2 Les variations de la conductivité en fonction des concentrations.

40
Propriétés électriques des solutions

La conductivité varie proportionnellement avec le nombre d’ions. Ce nombre est important


aux faibles concentrations mais diminue rapidement si la concentration augmente.

2. Conductivité équivalente d’un électrolyte

On analyse mieux les variations de la conductivité aux faibles concentrations en


considérant la conductivité équivalente λ que nous définirons comme

𝜒
𝜆= (4.4)
𝐶𝑒𝑞

Unité :
 𝜒 en Ω-1m-1,
 Ceq en eqg-1.m-3,
 λ en Ω-[Link]-1.

Le graphe de la variation des mesures expérimentales de λ en fonction de la racine carré de la


concentration C pour deux types d’électrolytes différents est représenté ci-dessous.

𝜆0
KCl

CH3COOH

√C
Fig 4.3 Les variations de la conductivité équivalente en fonction de √C.

 La courbe rectiligne légèrement décroissante KCl caractérise les électrolytes forts


dont la dissociation est totale. La conductivité ne dépend que des mobilités des
ions qui diminuent avec la concentration, d’où l’allure linéaire de la courbe.

 La courbe concave vers le haut CH3COOH caractérise les électrolytes faibles dont
le coefficient de dissociation diminue avec la concentration et cumule cet effet
avec ceux de la mobilité des ions.
Remarque

 Ces deux types de courbes mettent en évidence une propriété commune fondamentale
λ décroit quand C augmente
41
Propriétés électriques des solutions

 La conductivité dépend de la nature des ions. Ces ions la vont-ils influer par leur taille ou
leur masse ou bien par leur capacité de mouvoir.
2.1 Conductivité équivalente limite d’un électrolyte
A dilution infinie, chaque ion migre indépendamment des autres ions présents
dans la solution. Il en résulte que λ0 est la somme des conductivités équivalentes
ioniques limites caractéristiques de chaque ion constitutif de l'électrolyte

𝜆0 = 𝜆+ + 𝜆− (4.5)

λ0 : Conductivité équivalente limite,


λ+ : Conductivité équivalente ionique limite des cations,
λ-: Conductivité équivalente ionique limite des anions.

Pour les électrolytes faibles, la dissociation est partielle. 0 < 𝛼 < 1.

𝜆
𝛼= (4.6)
𝜆0

3. Application des mesures de conductivité


3.1 Titrages conductimétriques

On peut suivre les variations de conductivité au fur et à mesure qu’on ajoute un réactif.

𝜒 (a)

(b)

Volume KOH rajouté

Fig 4.4 Les variations de la conductivité.

42
Propriétés électriques des solutions

 Neutralisation du HCl ‘acide fort’ par KOH ’base forte’


Cl- + H+ + K++OH-→ Cl- + K+ + H2O
 La neutralisation aboutit à remplacer des ions H+ par des ions K+ moins
mobiles.
 La conductivité 𝜒 doit diminuer.

 Des que la neutralisation est terminer la conductivité 𝜒 se remet à augmenter


au fur et à mesure de l’addition de KOH.
 Neutralisation du CH3COOH ‘acide faible’ par KOH ’base forte’
CH3COOH + K++OH-→ CH3COO- + K+ + H2O
 Durant la neutralisation 𝜒 augmente, car le nombre d’ions présents augmente
‘apparitions des ions CH3COO- et K+’
 Une fois la neutralisation et terminer 𝜒 augmente plus vite car les ions
apportés sont maintenant K+ et OH-, ce dernier beaucoup plus mobile que
CH3COO-.

Remarque

 Dans les deux cas (a) et (b), la courbe montre un point anguleux au moment de la
neutralisation. Ce qui nous offre la possibilité de faire des dosages ‘Voir TP’.

43
Propriétés électriques des solutions

Exercice

La conductivité équivalente  de l’acide formique HCOOH à 10-2 eqg/l, est de 60,75 Ω-


1
.[Link]-1.
Si + = 350 Ω-[Link]-1 et - = 55 Ω-[Link]-1, calculer :
1. Le coefficient de dissociation α.
2. La conductivité 𝜒.
Solution
1. Le coefficient de dissociation α
𝐻𝐶𝑂𝑂𝐻 ↔ 𝐻 + + 𝐻𝐶𝑂𝑂−

𝜆 𝜆
𝛼= = +
𝜆0 𝜆 + 𝜆−
A.N:
60,75 𝛺 −1 . 𝑐𝑚2 . 𝑒𝑞𝑔−1
𝛼=
(350 + 55) 𝛺 −1 . 𝑐𝑚2 . 𝑒𝑞𝑔−1

𝛼 = 0,15
2. La conductivité 𝜒
𝜒 = 𝜆𝐶𝑒𝑞
A.N:
𝜒 = (60,75 𝛺 −1 . 𝑐𝑚2 . 𝑒𝑞𝑔−1 )10−5 𝑒𝑞𝑔. 𝑐𝑚−3

𝜒 = 60,75 . 10−5 𝛺−1 . 𝑐𝑚−1

44
Chapitre 5
Diffusion en phase liquide

1. Aspect expérimental du phénomène de diffusion

On considère un flacon vertical de section S rempli d’une solution aqueuse de


concentration molaire nulle ‘solvant pur’. A l’instant t = 0, on introduit une goutte d’une
solution de CuSO4 ‘bleu’, de concentration mr. La surface de séparation devient floue et les
deux liquides ‘miscibles’ finissent par se mélanger. On dit qu’il y a une diffusion du soluté du
milieu le plus concentré vers le milieu le moins concentré. Cette diffusion du soluté
s’accompagne réciproquement par un flux de solvant en sens inverse du milieu le moins
concentré vers le milieu le plus concentré.

Fig 5.1 Phénomène de la diffusion en phase liquide [10].

2. Aspect théorique du phénomène de diffusion - Loi de Fick

Fick a exprimé la loi qui régit le phénomène de la diffusion par une expression qui cadre
bien avec celle régissant le phénomène de propagation de chaleur dans un conducteur. On
supposera que

La diffusion se produit dans une seule direction de l’espace.


la concentration du soluté qui diffuse est constante dans tout le plan d’abscisse x.
x1 x2 x1 x2 x

Fig 5.2 Phénomène de diffusion.

45
Diffusion en phase liquide

Soit Δm la masse du soluté qui diffuse pendant le temps Δt d’un point x1 vers x2 dans le
compartiment Fig 5.2.

𝐶2 − 𝐶1
𝛥𝑚 = −𝐷. . 𝛥𝑡. 𝑆
𝑥2 − 𝑥1

Soit

𝛥𝐶
𝛥𝑚 = −𝐷. 𝑆. 𝛥𝑥 . 𝛥𝑡 (5.1)

S: Section du tube,
D: Coefficient de diffusion

Unité :
𝛥𝑚 en Kg; g; mole.
𝛥𝐶 en Kg/m3; g/cm; mole/m3 ; mole/cm3.
𝛥𝑥 en m ; cm.
𝛥𝑡 en s.
D en m2/s; cm2/s.

Remarque

Le signe ‘-‘ exprime le fait que la diffusion se faite du milieu le plus concentré vers le
milieu le moins concentré.
En toute rigueur la loi de Fick n’est valable que pour des solutions idéales, car le
coefficient de diffusion D est supposé indépendant de la concentration, donc D dépend
de la nature du solvant et du soluté.
Pour une diffusion faible, la vitesse est faible alors on trouve parfois l’unité de
coefficient de diffusion D est cm2/jour.
Si on considère le phénomène de diffusion sur une petite distance et pendant un temps
très court, on peut écrire la loi de Fick sous forme différentielle

𝑑𝐶
𝑑𝑚 = −𝐷. 𝑆. . 𝑑𝑡 (5.2)
𝑑𝑥

𝑑𝐶
𝑑𝑥
: Gradient de concentration.

On parle aussi de flux de diffusion qui s’exprime par la quantité de matière ayant diffusée à
travers l’unité de surface pendant de temps du point x1 vers le point x2

46
Diffusion en phase liquide

𝛥𝐶 𝛥𝑚
𝜙 = −𝐷. = (5.3)
𝛥𝑥 𝑆.𝛥𝑡

𝛥𝑚
𝛥𝑡
: Débit de diffusion,

3. Expression du coefficient de diffusion-À partir de la théorie cinématique-

La probabilité pour une molécule animée du mouvement brownien1, de s’écarter de son


point de départ, s’exprime en terme de distance moyenne 𝛥𝐿 ‘libre parcours moyen’. Ce
mouvement brownien n’est qu’une image macroscopique de l’agitation thermique. La
distance parcourue n’est pas la longueur du trajet effectué mais la distance moyenne 𝛥𝐿 entre
la position du départ et le point d’arrivé.

Important

brownien1: aléatoire.

Fig 5.3 Trajectoire aléatoire d’une molécule du soluté dans une solution [10].

D’après la formule probabiliste d’Einstein

𝐾𝑇
𝛥𝐿2 = 2. 𝛥𝑡 (5.4)
𝑓

f : Coefficient de frottement,
T : Température absolue,
K : Constante de Boltzman ; K = 8,38 . 10-23JK°.

Remarque
Si la particule est sphérique de rayon r, La force de frottement est donnée par la loi de
Stocks : F = f.v = 6π.η.r.v; d’où f = 6π.η.r

47
Diffusion en phase liquide

Considérons à présent que le mouvement de la particule est aléatoire circulant dans un tube de
section S ou la diffusion se faite dans le sens de la flèche ‘C1> C2’.

II C2 x2 ΔL

I C1 x1 ΔL

Fig 5.4 Le mouvement aléatoire des particules.

Considérons dans ce tube deux volumes de hauteur ΔL’ libre parcours moyen’ dans lesquels
les concentrations sont C1, C2.

Les volumes I et II contiennent les quantités de soluté m1 et m2 égales respectivement à


S.ΔL.C1 et S.ΔL.C2.

La diffusion s’effectuant dans tous les sens, la moitié du soluté du volume I diffuse vers le bas
1
et l’autre moitié vers le haut dans un temps et vaut . S. ΔL . C1
2

De même, la moitié du soluté contenu dans le volume II diffuse également vers le bas dans un
1
temps vaut à .S.ΔL. C2.
2

Le bilan de migration s’écrit

1
𝛥𝑚 = . 𝑆. 𝛥𝐿. (𝐶1 − 𝐶2 )
2

Soit

𝛥𝑚 1 𝛥𝐿 𝛥𝐿
= . 𝑆. . (𝐶1 − 𝐶2 ).
𝛥𝑡 2 𝛥𝑡 𝛥𝐿

1 𝛥𝐿2 (𝐶1 − 𝐶2 )
= . . .𝑆
2 𝛥𝑡 𝛥𝐿

48
Diffusion en phase liquide

Or

𝐾𝑇
𝛥𝐿2 = 2. 𝛥𝑡
𝑓

On trouve

𝛥𝑚 𝐾𝑇 (𝐶1 −𝐶2 )
= 𝑆. .
𝛥𝑡 𝑓 𝛥𝐿

(𝐶1 −𝐶2 )
On voit l’apparition des différents facteurs de la loi de Fick 𝑺 et .
𝛥𝐿

𝐾𝑇 1 𝛥𝐿²
La quantité ( ) est égale à ( . ), donc égale au coefficient de diffusion D.
𝑓 2 𝛥𝑡

On obtient

𝛥𝐿² 𝐾𝑇
𝐷= = (5.5)
2𝛥𝑡 𝑓

Remarque

Pour des molécules supposée sphérique, le coefficient de diffusion est donné par

𝑘𝑇
𝐷= (5.6)
6𝜋.𝜂.𝑟

D est proportionnel avec la température T . ‘T en K°’.

D est proportionnel avec la racine au carrée de M-1/3. ‘M en g/mol’.

L’aspect cinétique du phénomène de diffusion nous permet de remarquer que


La diffusion est orientée.
La diffusion concerne aussi bien le soluté que le solvant et les deux débits de
diffusion sont égaux.
Le phénomène de diffusion existe même s’il s’agit d’un seul liquide.
La mesure du coefficient de diffusion couplée avec d’autre méthode nous permet
d’étudier la forme, le volume et la masse des grosses molécules.

49
Diffusion en phase liquide

Le phénomène de diffusion permet de donner une idée sur les méthodes utilisées
pour la séparation des constituants selon les tailles des molécules.

4. Diffusion à travers les membranes artificielles


4.1 Coefficient de perméabilité
Les membranes artificielles telles que la cellophane et certains plastiques, ne sont pas
parfaitement imperméables, elles ont des pores de taille dépendant du mode de fabrication.
Ainsi donc, les molécules de taille inférieure à celle des pores peuvent passer à travers ces
membranes.
On définit alors un coefficient de perméabilité de la membrane qui est proportionnel au
rapport de diamètre des pores et de la molécule.

𝐷 𝑆𝑝𝑜𝑟𝑒𝑠
𝑃= .
𝑒 𝑆𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒

Et tandis que Spores ≈ Stotale,

Le coefficient de perméabilité devient

𝐷
𝑃= (5.7)
𝑒

e : épaisseur de la membrane ‘taille des pores’,

Remarque

Les membranes sélectives ont pour rôle de séparer les grosses des petites molécules
dans un mélange. C’est le pricipe de dialyse.
4.2 Application
4.2.1 Le rein artificiel
Le rein artificiel est un dispositif thérapeutique permettant d'assurer de manière
temporaire ou définitive les fonctions d'un rein défaillant, notamment en cas d'insuffisance
rénale terminale; élimination des toxines dans le sang, régulation de l'équilibre hydrique...etc.

Ce procédé médical est également appelé hémodialyse. Le patient est relié pendant plusieurs
heures, deux à trois fois par semaine, à une machine dans laquelle va transiter le sang qui sera

50
Diffusion en phase liquide

débarrassé artificiellement des molécules indésirables. Cette pratique permet également


d'extraire une quantité d'eau non éliminée par le rein défaillant et de réguler les taux sanguins
de certaines molécules.

Une autre méthode utilisant la membrane du péritoine appelée dialyse péritonéale est
également possible.

Fig 5.5 Le principe de dialyse [10].

Principe
Les échanges s’effectuent au travers d’une membrane semi-perméable ou sélective
au sein du dialyseur.
Cette membrane autorise le passage de l’eau, des électrolytes et des solutés de faible
poids moléculaire, mais non celui des protéines et des éléments figures du sang
‘globules rouges, globules blancs et plaquettes’.

Fig 5.6 Opération d’hémodyalise [10].

51
Diffusion en phase liquide

Le transfert des solutés et de l’eau fait intervenir deux mécanismes fondamentaux; la


diffusion et la convection, auxquels s’ajoutent un transfert par osmose et une capture
de certaines substances par adsorption. Ces quatre principes sont présentés ci-
dessous.

La diffusion : Le transfert par diffusion est un transport passif de solutés au


travers de la membrane de dialyse, sans passage de solvant. Le débit de transfert
diffusif dépend de la différence de concentration des solutés présents dans le sang
et dans le bain de dialyse.
La convection : Le transfert par convection est un transfert simultané du solvant
et d’une fraction des solutés qu’il contient sous l’effet d’une différence de
pression hydrostatique.
L’osmose : Au cours de sa traversée dans le dialyseur, le sang voit sa
concentration en protéines augmenter du fait de la perte d’eau par convection. La
différence de concentration entre les deux milieux engendre un transfert d’eau de
la solution diluée le dialysat vers la solution concentrée, le sang, ce qui restaure
le volume sanguin en circulation. La pression différentielle encore appelée
pression transmembranaire a une incidence directe sur le transfert. Lorsque cette
pression atteint la valeur de la pression différentielle osmotique, liée a la
différence de concentration entre les deux solutions, le transfert par osmose est
stoppe.
L’adsorption : L’adsorption résulte des forces qui existent entre les molécules
présentés à proximité de la membrane et la membrane elle-même. Ces molécules
peuvent s’y coller de deux façons; soit par liaisons physiques, soit par liaisons
chimiques. Ce mécanisme contribue en partie à l’extraction de protéines
présentées dans le sang.

52
Diffusion en phase liquide

Exercices

Une membrane poreuse de surface totale des pores S = 0,05m2 sépare deux compartiments
contenant du saccharose aux concentrations 0,5 et 0,2 mol/l respectivement. Ces
concentrations sont maintenues constantes aux cours de la diffusion des molécules de
saccharose à travers la membrane. On suppose le régime stationnaire établi.

1. Quelle est la valeur du débit ?

On donne: le coefficient de diffusion du saccharose Dsaccharose = 8.10 -10 m2/s, épaisseur de la


membrane e =10 m.

Solution

1. Le Débit
La loi de Fick
𝛥𝑛 𝛥𝐶
= −𝐷. 𝑆.
𝛥𝑡 𝛥𝑥
A.N :
𝛥𝑛 (0,2−0,5).103 mol.𝑚 −3
= −(8. 10−10 𝑚2 . 𝑠 −1 ). (5. 10−2 𝑚2 ).
𝛥𝑡 10.10−6 𝑚

𝛥𝑛
= 1,2. 10−3 𝑚𝑜𝑙. 𝑠 −1
𝛥𝑡

53
Chapitre 6
Osmose de diffusion

1. Phénomène d’osmose
1.1 Observation
On considère deux phases liquides séparées par une membrane sélective ‘semi-
perméable’, perméable à certaines molécules et imperméable à d’autres. Supposons par
exemple que l’une des phases soit l’eau pure et l’autre une solution aqueuse d’un soluté arrêté
par la membrane. L’eau pure tend à diluer la solution de manière à équilibrer les
concentrations. Ce déséquilibre se traduit par un flux de solvant pur à travers la membrane qui
veut diluer la solution dans le but de rendre les concentrations égales. C’est au flux de solvant
pur qu’on donne le nom de l’osmose de diffusion. En effet les molécules de solvant diffusent
du milieu le moins concentré vers le milieu le plus concentré. Le mot osmose vient du fait que
c’est le nombre d’osmole du soluté qui fait la différence de concentration de part et d’autre de
la membrane. Comme il y a un flux de particules de solvant, on pourra donc affirmer qu’une
pression est responsable de ce flux de solvant.

Fig 6.1 Phénomène d’osmose.

1.2 Pression osmotique


On remarque donc que le solvant passe dans la solution et provoque une pression
hydrostatique 𝑃ℎ définie par ′𝑃ℎ = 𝜌𝑔ℎ′ . Et lorsqu’elle sera suffisante, arretera le flux de
solvant. Donc la pression hydrostatique et égale à la pression osmotique. On définit donc La
pression osmotique comme la pression minimum qu'il faut exercer pour empêcher le passage
d'un solvant d'une solution moins concentrée à une solution plus concentrée au travers d'une
membrane semi-perméable.

54
Osmose de diffusion

Fig 6.2 La Pression osmotique.


1.3 Loi quantitative - Loi de Van’t Hoff -
La loi Van’t Hoff est une loi éxperimentale retrouvée dans la thermodynamique, elle est
basée sur deux hypothéses, idéalité et dilution. Lorsque deux solution d’osmolarité différentes
𝑤𝑟1 et 𝑤𝑟2 ‘ 𝑤𝑟2 > 𝑤𝑟1 ’, séparées par une membrane semi-perméable, la pression osmotique
de ce système obéit à la relation

𝛥𝜋 = 𝑅. 𝑇(𝑤𝑟2 − 𝑤𝑟1 ) (6.1)

𝝅 : Pression osmotique,
T : Température absolue.
R : Constante universelle des gazes parfaits.
SI : R = 8,31 J/osmole.°K
CGS : R = 0,0082 [Link]/osmole.°K

Unité :
𝝅 en Pa.
T en °K.

2. La tonicité des solutions


Si une membrane semi-perméable sépare deux solutions de molarités différentes, le
solvant dialyse de la solution la moins concentrée vers la plus concentrée. La premiére est dite
hypotonique et la deuxieme est hypertonique. Si les deux solutions ont la même molarité,
donc, ça ne donne lieu à aucun transfert de solvant, elles sont dites isotoniques.

55
Osmose de diffusion

3. Plasmolyse, Turgescence et Hémolyse


La pression osmotique du plasma sanguin est d'environ 8 bars à 37°C. Les globules rouges
sont en équilibre osmotique avec le plasma. La membrane plasmique étant tout à fait
perméable à l'eau, l'eau pénétrera ou sortira des cellules dans le sens de son gradient de
concentration.

Fig 6.3 Le phénomène de plasmolyse, turgesence et hemolyse [10].

La pression osmotique dans le milieu intracellulaire est supérieure à celle du milieu


extracellulaire. L'eau passe à travers la membrane cytoplasmique du milieu hypotonique vers
le milieu hypertonique et la vacuole se trouve remplie d'eau. La cellule gonfle et exerce une
pression sur la paroi, pression de turgescence. La cellule est dite turgescente.

Un globule rouge placé dans l'eau pure subit une pression osmotique considérable. En absence
de contre-pression appliquée dans le cytoplasme, l'eau pure hypotonique diffuse vers
l'intérieur de la cellule hypertonique à travers la membrane. L'entrée massive d'eau dans
l'hématie entraîne le gonflement puis l'éclatement du globule rouge, il y a hémolyse des
cellules

Réciproquement, si les globules rouges sont placés dans une solution hypertonique, ils se
rétracteront. Le milieu extérieur est hypertonique entraînant la sortie de l'eau des hématies et
donc le phénomène de plasmolyse.

Il est possible de faire varier la pression de turgescence d'une cellule en faisant varier la
pression osmotique du milieu extérieur. Si l'on plonge les cellules dans des solutions salines
de différentes concentrations, on observe trois états de la cellule en fonction de la pression
osmotique externe.
56
Osmose de diffusion

4. Abaissement cryoscopique - La loi de Raoult -

Cet abaissement représente la différence de température de solidification entre le solvant et


le soluté.

𝛥𝛳 = 𝛳𝑆 − 𝛳0 (6.2)

𝛳𝑆 : 𝛳(𝑆𝑜𝑙𝑢𝑡é)

𝛳0 : 𝛳(𝐻2𝑂)

Pour une solution aqueuse l’abaissement cryoscopique est donné par la loi de Raoult

𝛥𝛳 = 𝐾𝑐 . 𝑤𝑟 (6.3)

𝐾𝑐 : Constante cryoscopique dépend uniquement du solvant. 𝐾𝑐 (𝐻2 𝑂) = −1.86 𝑙°𝐶/𝑚𝑜𝑙𝑒

Lorsqu’on refroidit de l’eau isolée de toute influence extérieure et que l’on étudie les
variations de température en fonction du temps. La courbe représentative suivante peut être
décomposée comme suit ϴ0

ϴ0 A A C D

B E

Fig 6.4 La variation de la temperature en fonction du temps.

(AB) : ϴ Eau liquide se refroidit.

(BC) : ϴ Eau liquide avec des cristaux de glace.

(CD) : ϴ=Cte Eau liquide glace.


(DE) : ϴ L’eau est congelée.

57
Osmose de diffusion

Exercice

Une solution aqueuse d’un acide faible monovalent 0,1 M présente un degré de dissociation
α=0,15.

Calculer l’abaissement cryoscopique Δθ sachant que Kc = -1,86.10-3 m3.°[Link]-1.

Solution

L’abaissement cryoscopique Δθ

𝛥𝛳 = 𝐾𝑐 . 𝑤𝑟

α = 0.15 ‘Dissociation partielle’ 𝐻𝐵 ↔ 𝐻 + + 𝐵 −

𝑤𝑟 = 𝑚𝑟 [1 + α(β − 1)]

D’ou β = 2

A.N:
𝑤𝑟 = 0,1𝑚𝑜𝑙. 𝑙 −1 [1 + 0,15]

𝑤𝑟 = 0,115𝑜𝑠𝑚𝑜𝑙. 𝑙 −1 = 115 𝑜𝑠𝑚𝑜𝑙. 𝑚−3

On obtient alors

𝛥𝛳 = 𝐾𝑐 . 𝑤𝑟

A.N:
𝛥𝛳 = (−1,86. 10−3 m3 . °C. mol−1 ).115𝑜𝑠𝑚𝑜𝑙. 𝑚−3

𝛥𝛳 = −0,21°C

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