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Transmission de la foi aux enfants chrétiens

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La transmission de la foi (?

)
Jean-René Moret∗

Table des matières


1 Introduction 1

2 Jacob et l’appropriation 2

3 La loi : transmettre le récit du salut 3

4 Timothée : précieux enseignement 5

5 Romains : pas d’automatisme1 5

6 Discussion/conclusion 6

1 Introduction
[Salutations de circonstance]
Le sujet qui m’a été donné pour la prédication de ce matin est celui de la transmission
de la foi, en particulier la transmission de la foi aux enfants des chrétiens. Je vais aborder
ce thème par le biais de différents textes bibliques, mais avant cela j’aimerais vous donner
quelques éléments de mon arrière-plan, parce que ça peut influencer mon regard.
Je suis moi-même un fils et petit-fils de chrétiens. J’ai grandi dans une église évangé-
lique, pour qui il était clair que le baptême était un acte d’adulte, qui faisait suite à une
décision personnelle de suivre Jésus – à une "conversion". Par contre, j’ai fait mes études
de théologie dans une faculté qui prône le baptême d’enfant et qui insiste sur l’appro-
priation progressive de la foi dès l’enfance. Donc au niveau théorique, j’ai été confronté
à des accents et des influences assez différents.
Et au niveau de mon expérience personnelle, de mon trajet de foi, j’ai aussi une
situation entre deux monde : je suis né "entre deux pages de Bible", j’ai baigné dans
la foi dès mon enfance, appris plein de choses, lu la Bible, prié dans mon enfance, et
beaucoup appris de mes parents. Pourtant, vers 11-12 ans quand une monitrice d’école
du dimanche nous a demandé si on avait "donné notre vie à Jésus", je savais que je ne
l’avais pas fait, et que ce n’était pas le moment de le faire. Je n’ai pas de date précise
de conversion à donner, mais je sais qu’avec Dieu s’est fait un chemin qui m’a amené à
croire en Jésus-Christ et à le servir en mon nom propre. Bref, je ne renie rien de la valeur

Plus de prédications sous : [Link]/[Link].
1
Partie de notes moins rédigée.

1
de ce que j’ai reçu dans mon enfance, mais cela ne m’a pas dispensé de me positionner
pour moi-même.
J’aimerais vous donner encore une analogie, que j’ai en tête depuis mon adolescence
et qui m’a aidé à comprendre mon trajet :
Je vois ma foi d’enfant comme des dents de lait. On ne se rappelle même plus depuis
quand on les a, et puis elles fonctionnent plutôt bien. Mais tout à coup, il commence à en
tomber l’une, puis l’autre. A terme, autre chose pousse, plus solide, qui va les remplacer ;
mais en attendant, on a un trou dans la bouche. Pour certains c’est toute une rangée de
dents qui tombe d’un coup, et on ça fait un grand vide ; pour d’autre c’est l’une après
l’autre, un trou se créée alors qu’un autre est déjà presque comblé. Ce n’est pas très
confortable, mais au final, on est content d’avoir de nouvelles dents, plus fortes, plus
solides, plus durables.
Cela pour dire, la foi d’un enfant n’est pas rien et n’est pas à négliger, mais elle n’est
pas non plus tout ce qu’elle est appelée à devenir.

2 Jacob et l’appropriation
Nous allons commencer notre parcours avec l’histoire de Jacob telle qu’elle est ra-
contée dans la Genèse. Jacob est le fils d’Isaac et le petit fils d’Abraham. Dans un sens,
c’est le premier de toute l’histoire qui s’est trouvé dans la situation : "Dieu a fait Alliance
avec mon grand-père", ou en tout cas c’est le premier où on peut voir ce que ça donne.
On ne sait pas grand-chose de la jeunesse de Jacob, en tout cas de sa relation avec
Dieu. Quand son père est devenu vieux, il y a le fameux épisode où Jacob se fait passer
pour son frère Esaü pour obtenir la bénédiction de son père. Donc, en tout cas Jacob
avait compris que la bénédiction c’était quelque chose de bien à avoir.
Dans cet épisode, on voit la première fois où Jacob mentionne Dieu. Isaac a envoyé
son fils Esaü chasser, et Jacob arrive assez rapidement avec un plat tout prêt en se faisant
passer pour Esaü. Isaac s’étonne de ce retour rapide :
Isaac répondit à son fils : « Comme tu as vite trouvé, mon fils ! » – « C’est
que le SEIGNEUR ton Dieu m’a porté chance. »
Genèse 27.202
Déjà, là, Dieu sert à couvrir une ruse. Mais en plus, Jacob en parle comme le Dieu
d’Isaac ; pas mon Dieu, pas notre Dieu, pas juste Dieu ; ton Dieu.
Mais bref, à force de ruse Jacob obtient la bénédiction de son frère. Par contre,
forcément, son frère est pas content, et Jacob trouve que c’est le moment de partir pour
un long voyage. Voyons ce qui arrive maintenant :
10Jacob sortit de Béer-Shéva et partit pour Harrân. 11Il fut surpris par
le coucher du soleil en un lieu où il passa la nuit. Il prit une des pierres de
l’endroit, en fit son chevet et coucha en ce lieu. 12Il eut un songe : voici
qu’était dressée sur terre une échelle dont le sommet touchait le ciel ; des
anges de Dieu y montaient et y descendaient.
13Voici que le SEIGNEUR se tenait près de lui et dit : « Je suis le SEI-
GNEUR, Dieu d’Abraham ton père et Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle
2
Traduction Œcuménique de la Bible, Cerf et Société Biblique Française, 1988, dorénavant abrégé
TOB.

2
tu couches, je la donnerai à toi et à ta descendance. 14Ta descendance sera
pareille à la poussière de la terre. Tu te répandras à l’ouest, à l’est, au nord
et au sud ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de
la terre. 15Vois ! Je suis avec toi et je te garderai partout où tu iras et je te
ferai revenir vers cette terre car je ne t’abandonnerai pas jusqu’à ce que j’aie
accompli tout ce que je t’ai dit. »
16Jacob se réveilla de son sommeil et s’écria : « Vraiment, c’est le SEI-
GNEUR qui est ici et je ne le savais pas ! » 17Il eut peur et s’écria : « Que
ce lieu est redoutable ! Il n’est autre que la maison de Dieu, c’est la porte
du ciel. » 18Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre dont il avait fait
son chevet, l’érigea en stèle et versa de l’huile au sommet. 19Il appela ce lieu
Béthel – c’est-à-dire Maison de Dieu – mais auparavant le nom de la ville
était Louz.
20Puis Jacob fit ce vœu : « Si Dieu est avec moi et me garde dans le voyage
que je poursuis, s’il me donne du pain à manger et des habits à revêtir, 21si
je reviens sain et sauf à la maison de mon père – le SEIGNEUR deviendra
mon Dieu – 22cette pierre que j’ai érigée en stèle sera une maison de Dieu
et, de tout ce que tu me donneras, je te compterai la dîme. »
Genèse 28.10-22 TOB
Là Jacob se trouve dans une situation plus difficile, il a aussi une révélation plus
particulière de Dieu. Et puis Jacob prend un engagement : si Dieu le protège et le garde,
Dieu sera son Dieu. C’était le Dieu de son père, mais Jacob sait qu’il y a un autre pas à
faire pour que ce soit son Dieu à lui.
J’accélère la suite de l’histoire, Jacob vit diverses expérience avec Dieu ou en ma-
gouillant à sa façon. Il parle encore souvent du Dieu de son Père. Lorsqu’il revient de
chez son oncle, il a une rencontre où il lutte avec Dieu dans la nuit, et Dieu lui donne le
nom d’Israël. Peu après, il dresse une stèle dont le nom signifie "Dieu est le Dieu d’Israël"
(Gn 33.20). Jacob accomplit son vœu, cette fois c’est clair, Dieu est son Dieu.
Je vais lire un dernier passage dans la Genèse, c’est quand Jacob prie pour les fils de
Joseph, dans la dernière partie de sa vie, il parle de Dieu comme :
Le Dieu en présence de qui ont marché mes pères Abraham et Isaac, le
Dieu qui fut mon berger depuis que j’existe jusqu’à ce jour,
Genèse 48.15
Bien sûr, Dieu n’a pas cessé d’être le Dieu d’Isaac et Abraham juste parce que Jacob
a fait son choix, et Jacob s’en souvient. Mais plus intéressant, Jacob reconnaît que Dieu
a été son berger depuis qu’il existe. D’un côté, Dieu n’était pas le Dieu de Jacob avant
que ce dernier l’ait décidé. Mais d’un autre côté, en regardant en arrière, Jacob voit que
Dieu a été là depuis toujours. Et dans tout ça, je crois que ça rejoint bien l’expérience
de beaucoup d’enfants de croyants : à un moment donné, il faut s’engager, décider si
Dieu est Dieu, si Dieu est notre Dieu. Pourtant, ça ne veut pas dire qu’il n’était pas là,
présent et agissant auparavant.

3 La loi : transmettre le récit du salut


Maintenant, on va regarder deux textes de la loi de Moïse qui nous donnent certaines
idées sur la transmission de la foi :

3
Mes paroles que voici, vous les mettrez en vous, dans votre cœur, vous
en ferez un signe attaché à votre main, une marque placée entre vos yeux.
19Vous les apprendrez à vos fils en les leur disant quand tu resteras chez
toi et quand tu marcheras sur la route, quand tu seras couché et quand tu
seras debout ; 20tu les inscriras sur les montants de porte de ta maison et à
l’entrée de tes villes, 21pour que vos jours et ceux de vos fils, sur la terre que
le SEIGNEUR a juré à vos pères de leur donner, durent aussi longtemps que
le ciel sera au-dessus de la terre.
Deutéronome 11.18-21 TOB
Dans ce texte là, on voit l’importance qui était mise à transmettre les paroles de
Dieu. C’est vital pour que la génération suivante sache encore qui est Dieu. Une autre
chose que l’on peut noter ici, c’est que la cadre de transmission, c’est la vie de tout les
jours : chez soi, en voyage, couché, debout, sur la porte d’entrée, etc. Il n’y a pas d’abord
un commandement de "faire aller les enfants à l’école du dimanche". La vie des parents
est le lieu de la transmission.
Et c’est quelque chose qui me semble essentiel : si les parents vivent le contraire de
ce qu’ils prétendent le dimanche matin, les enfants seront bien placés pour le savoir. Si
la "vraie vie" se vit sur d’autres principes que la "vie religieuse", les enfants ne seront pas
dupes. En même temps, ce n’est pas non plus l’idée "ils verront comment je vis et je n’ai
rien à dire" : il est bien question d’apprendre les paroles de Dieu aux enfants : il s’agit
de vivre une vie de chrétien, et de dire aux enfants pourquoi on vit ainsi et comment la
foi s’applique dans la vraie vie.
Lisons un autre passage du Deutéronome :
Et demain, quand ton fils te demandera : « Pourquoi ces exigences, ces lois
et ces coutumes que le SEIGNEUR notre Dieu vous a prescrites ? » 21Alors,
tu diras à ton fils : « Nous étions esclaves du Pharaon en Egypte, mais, d’une
main forte, le SEIGNEUR nous a fait sortir d’Egypte ; 22le SEIGNEUR a
fait sous nos yeux de grands signes et de grands prodiges pour le malheur de
l’Egypte, du Pharaon et de toute sa maison. 23Et nous, il nous a fait sortir
de là-bas pour nous faire entrer dans le pays qu’il a promis par serment à nos
pères, et pour nous le donner. 24Le SEIGNEUR nous a ordonné de mettre
en pratique toutes ces lois et de craindre le SEIGNEUR notre Dieu, pour que
nous soyons heureux tous les jours, et qu’il nous garde vivants comme nous
le sommes aujourd’hui. 25Et nous serons justes si nous veillons à mettre en
pratique tout ce commandement devant le SEIGNEUR notre Dieu comme il
nous l’a ordonné. »
Deutéronome 6.20-25
Là aussi, on voit l’idée que les croyants ont un mode de vie qui amène à poser des
questions. Mais la réponse à la question n’est pas juste "on fait tout ça parce qu’on
doit". La réponse commence et se centre sur l’action de Dieu pour sauver son peuple.
On voit la même chose dans Exode 13, l’instauration de la Pâques : lorsque les enfants
demandent pourquoi on célèbre ce rituel, la réponse est presque martelée : parce que
l’éternel nous a fait sortir d’égypte à main forte. Dans la loi de Moïse, l’évènement
fondateur était la libération du pays d’Égypte. Pour nous, ce sera plutôt la mort du
Christ en rachat pour nos péchés. Il est essentiel d’en parler : si on n’a qu’un mode de
vie et des règles à suivre,on risque de transmettre un légalisme ou un moralisme. C’est

4
la croix qui fait que nous avons une religion de la grâce et non une tentative de plus de
justifier l’homme par ses propres moyens. Qu’elle soit au centre de notre identité et de
ce que nous transmettrons à la génération à venir !

4 Timothée : précieux enseignement


Mais là vous me direz "c’est l’Ancien Testament, dans le Nouveau l’essentiel c’est un
conversion personnelle faite à titre individuel". Le fait est que dans le Nouveau Testa-
ment, on a peu d’exemple de chrétiens de la 2e ou de la 3e génération, pour des raisons
de chronologie. Mais on en a quand-même au moins un, le cher Timothée. Voyons ce que
Paul lui écrit :
J’évoque le souvenir de la foi sincère qui est en toi, foi qui habita d’abord
en Loïs ta grand-mère et en Eunice ta mère, et qui, j’en suis convaincu, réside
aussi en toi.
2 Tim 1.5
Paul n’a pas peur de faire le lien entre la foi de Timothée et celle de ses ancêtres. Il
ne doute pas que sa foi soit sincère et habite réellement en lui.
Et plus loin il écrit encore :
Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et accepté comme cer-
tain : tu sais de qui tu l’as appris. 15Depuis ta tendre enfance tu connais
les Saintes Ecritures ; elles ont le pouvoir de te communiquer la sagesse qui
conduit au salut par la foi qui est dans le Christ Jésus. 16Toute Ecriture est
inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour
éduquer dans la justice, 17afin que l’homme de Dieu soit accompli, équipé
pour toute œuvre bonne.
2 Tim 3.14-17 TOB
Timothée connaît les écriture depuis son enfance, il y a bien une transmission, alors
ne nous gênons pas. En même temps, cette connaissance peut donner une sagesse qui
conduit au salut par la foi : c’est une préparation, c’est utile, mais ça ne remplace pas
la foi.

5 Romains : pas d’automatisme3


Pas d’automatisme dans la descendance :
Qu’est-ce à dire ? Ceci : des païens qui ne recherchaient pas la justice
l’ont reçue – j’entends la justice qui vient de la foi –, 31tandis qu’Israël, qui
recherchait une loi pouvant procurer la justice, est passé à côté de la loi.
32Pourquoi ? Parce que cette justice, ils ne l’attendaient pas de la foi, mais
pensaient l’obtenir des œuvres. Ils ont buté contre la pierre d’achoppement,
33selon qu’il est écrit : Voici que je pose en Sion une pierre d’achoppement,
un roc qui fait tomber ; mais celui qui croit en lui ne sera pas confondu.
Romains 9.30-33
3
Partie de notes moins rédigée.

5
Pas justice par l’accomplissement de la loi, même pour Israël. Loi ne suffit pas. Règle
d’une descendance charnelle insuffisante.
Même grâce pour ceux qui sont dans une descendance et ceux qui n’y sont pas. Même
enfant de chrétien par grâce, par foi, par choix de Dieu.
Non que la parole de Dieu ait été mise en échec : en effet, tous ceux qui
sont de la postérité d’Israël ne sont pas Israël7et, pour être la descendance
d’Abraham, tous ne sont pas ses enfants. Non : C’est la postérité d’Isaac qui
sera appelée ta descendance. 8Ce qui signifie : ce ne sont pas les enfants de
la chair qui sont enfants de Dieu ; comme descendance, seuls les enfants de
la promesse entrent en ligne de compte.
Romains 9.6-8
Nous disons en effet : la foi d’Abraham lui fut comptée comme justice.
10Mais dans quelles conditions le fut-elle ? Avant, ou après sa circoncision ?
Non pas après, mais avant ! 11Puis le signe de la circoncision lui fut donné
comme sceau de la justice reçue par la foi, lorsqu’il était incirconcis ; ainsi
devint-il à la fois père de tous les croyants incirconcis, pour que la justice leur
fût comptée, 12et père des circoncis, de ceux qui non seulement appartiennent
au peuple des circoncis, mais marchent aussi sur les traces de la foi de notre
père Abraham, avant sa circoncision. Romains 3.9-12

6 Discussion/conclusion
Je rappelle maintenant quelques élément qui ressortent de ce qu’on a dit jusque là :
– Juste et légitime d’enseigner les enfants quant à la foi
– Cet enseignement doit trouver sa place dans le concret de la vie, la cohérence est
essentielle
– Prendre garde de ne pas transmettre qu’un ensemble de règles à suivre, mais de
parler du Dieu sauveur, avec qui on a une relation vivante
– D’une manière ou d’une autre, l’enfant de chrétien devra aussi se positionner, la
foi de ses ancêtre ne suffit pas
– Pourtant, on le voit dans la vie de Jacob, Dieu ne refuse pas d’agir et d’être en
relation avant ce positionnement, donc ne pas avoir peur de prier avec les enfants,
de les aider à vivre en relation avec Dieu.
Ce dernier point soulève des questions qui méritent d’être discutées. Instruire un en-
fant est une chose, mais le faire participer à la vie de l’église est-il légitime ? Si on est une
communauté de croyants, que dire des enfants dont on ne connaît pas le positionnement
présent ou futur quant à la foi ?
Premièrement je dirais que les enfants sont sous la responsabilité de leurs parents.
Lorsque le foyer est chrétien, les enfants font partie de la communauté chrétienne à ce
titre4 , et il semble légitime qu’ils participent à la vie de l’église, y compris dans la prière,
le chant, le partage. Et puis, comme l’église est une grande famille, l’église accompagne
les parents dans l’éducation de leurs enfants, l’église aide à voir la foi vivante.
Impliquer les enfants dans la vie de foi montre l’importance qu’on y accorde. Tout
parent essaie de transmettre ce qu’il a de meilleur à ses enfants. Les parents chrétiens
4
On pourrait comprendre ainsi 1 Corinthiens 7.14 : les enfants des chrétiens (même d’un seul parent
chrétien) sont saint en ce que leur participation à la vie de l’église est admissible.

6
doivent montrer dans leur vie que la foi a une réelle importance et une réelle valeur – et
ça pose la question : est-ce vrai pour nous ? Ou bien est-ce une obligation qu’on s’impose,
mais ou on cherche la moindre occasion pour s’en dispenser ?
Mais aussi, il faut laisser transparaître que la foi que l’on vit comme famille, l’enfant
devra se l’approprier en construisant son identité d’adulte. Que cela implique son choix,
et que ce choix pourra partir dans deux direction. Je crois qu’il y a un équilibre à trouver
entre :
– Notre amour de parent ne dépend pas des choix que tu feras (éviter le chantage
affectif)
– Dans notre amour de parents, nous espérons que tu choisiras de suivre le Christ,
ce qui est le meilleur.
Par contre, je suis d’avis qu’il faut éviter la pression à la conversion sur les enfants.
Appeler un enfant de chrétien à la conversion comme si il était hors de l’église peut
n’avoir aucun sens pour lui. Il n’y a pas besoin d’une date de conversion pour avoir une
vraie appartenance à Christ et une vraie assurance du salut. En temps voulu, il y a un
besoin de savoir en qui on a cru. Dieu sait à quel rythme cheminer avec chacun.
Je crois aussi qu’il ne faut pas mépriser la foi des plus petits, une démarche de foi
dans l’enfance peut être tout à fait réelle. Par contre, je vois le baptême comme un
engagement public impliquant toute la vie. Dans le droit suisse, un mineur avant 16 ans
est sous l’autorité de ses parents5 en matière de foi, il n’a pas la possibilité de choisir
lui-même sa confession. Dans ce sens, il me semble juste de reconnaître la valeur des
démarches de foi des enfants en les considérant comme des étapes sur leur chemin de
croissance, mais de réserver le baptême à ceux qui on l’âge de s’engager en leur nom
propre.
Vivre la foi dans le concret – y impliquer les enfants – ne pas nier la réalité de ce
qu’il vive, mais les encourager à faire leur cette foi.
[Temps de discussion]

Références
[1] Traduction Œcuménique de la Bible, Cerf et Société Biblique Française, 1988.

5
Cf. Art 303 du code civil suisse.

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