CPGE AGADIR MP*
Devoir surveillé N03
Durée : 4 heures
Table à induction
Le chauffage du fond métallique (plaque circulaire) des récipients de cuisson peut être directement réalisé au moyen
de courants de Foucault induits par un champ magnétique variable. Logé dans une table en céramique, un bobinage
(inducteur) alimenté en courant sinusoïdal génère ce champ. Le transfert d’énergie électrique s’effectue par induction
mutuelle entre ce bobinage et la plaque circulaire assimilable à une spire unique fermée sur elle-même. Dans le
domaine de la cuisson, il s’agit de créer une forte dissipation Joule dans le fond des récipients tout en limitant au plus
bas l’échauffement de l’inducteur. Pour atteindre cet objectif un choix s’impose quant aux propriétés du métal à
chauffer.
Avertissements
– Ce problème conduit à comparer le comportement d’un fond en acier amagnétique à celui d’un fond en acier
magnétique, cependant aucune connaissance des milieux magnétiques n’est nécessaire. Les comparaisons seront
abordées tout simplement en utilisant les valeurs des perméabilités magnétiques relatives µ données ci-après,
sachant que la perméabilité du vide µ = 4𝜋. 10 𝐻. 𝑚 doit être systématiquement remplacée par la perméabilité
magnétique absolue du métal µ = µ . µ .
– On tiendra compte aussi du fait que la conductivité électrique 𝛾 des deux métaux considérés n’est pas la même. Les
données sont :
pour l’acier amagnétique : µ = 1 et 𝛾 = 10 𝑆 · 𝑚
pour l’acier magnétique : µ = 350 et 𝛾 = 5.10 𝑆 · 𝑚
– La permittivité du vide sera prise égale à 𝜀 = 8, 85.10 𝐹·𝑚 .
– L’expression donnée ci-après du laplacien vectoriel d’un vecteur 𝚥⃗ pourra être utilisée sans d´démonstration :
𝛥𝚥⃗ = 𝑔𝑟𝑎𝑑⃗ [𝑑𝑖𝑣𝚥⃗] − 𝑟𝑜𝑡⃗ [𝑟𝑜𝑡⃗𝚥⃗]
– On désignera par 𝑖 le nombre complexe de module unité et d’argument 𝜋/2 et à toute grandeur harmonique de
pulsation 𝜔 : 𝑎(𝑀, 𝑡) = 𝑎(𝑀) 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + 𝛷(𝑀)) on associera le nombre complexe 𝑎(𝑀, 𝑡) = 𝐴(𝑀) 𝑒𝑥𝑝 𝑖𝜔𝑡 où
𝐴(𝑀) représente l’amplitude complexe 𝐴(𝑀) = 𝑎(𝑀) 𝑒𝑥𝑝 𝑖𝛷(𝑀).
A. Courants de Foucault - Effet de peau
Un inducteur alimenté par un courant 𝑖 génère un champ magnétique 𝐵⃗ sinusoïdal de fréquence compatible avec
l’approximation des régimes quasi-stationnaires. Ce champ est globalement orienté suivant l’axe 𝑂𝑧 (voir la figure 3)
autour duquel il conserve une symétrie de révolution. il agit sur un disque métallique coaxial dont la face en regard
vers l’inducteur est centrée en O.
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1. Exprimer la loi qui permet de prévoir globalement le sens de rotation des courants induits dans la plaque
circulaire. Préciser celui-ci. Quelle est la fréquence des courants induits ?
Pour modéliser ces courants, on recherche une solution conforme aux équations de Maxwell et compatible avec
l’hypothèse de charges mobiles entrainées en rotation autour de l’axe 𝑂𝑧, avec la vitesse angulaire 𝛺⃗(𝑧), uniforme
dans chaque section droite de la plaque circulaire. Toute l’étude se fera en coordonnées cartésiennes dans le
référentiel 𝑂𝑥𝑦𝑧, l’axe 𝑂𝑦 non représenté sur la figure 3 étant orienté normalement au plan du dessin vers l’arrière.
2. Exprimer la vitesse linéaire 𝑣⃗ des charges électriques en un point 𝑀(𝑥, 𝑦, 𝑧) du disque, sous forme d’un produit
vectoriel fonction du rayon vecteur 𝑂𝑀⃗ et du vecteur axial 𝛺(𝑧)𝑒⃗ représentant la vitesse de rotation, orienté
selon 𝑂𝑧.
3. En déduire les composantes 𝑗 et 𝑗 de la densité de courant 𝚥⃗ en fonction du nombre 𝑛 de charges élémentaires
𝑒 mobiles par unité de volume, de la vitesse angulaire 𝛺(𝑧) et des coordonnées du point M.
4. Calculer les dérivées partielles : , , 𝑒𝑡
5. Exprimer la loi d’Ohm locale pour un métal de conductivité 𝛾.
6. Ecrire les équations de Maxwell pour un métal de perméabilité absolue µ.
7. A partir de ces équations de Maxwell, retrouver l’équation locale de conservation de la charge.
8. Si les conditions initiales étaient telles qu’une densité volumique de charges 𝜌 soit présente à l’instant 𝑡 = 0,
montrer qu’elle disparaîtrait en un temps très court. Evaluer ce temps et conclure qu’en régime établi, le
conducteur reste globalement neutre en tout point de son volume. Donner l’expression simplifiée de l’équation
de Maxwell-Gauss.
9. Montrer que, lorsque la fréquence imposée est égale à 25 𝑘𝐻𝑧, les courants de déplacement sont tout à fait
négligeables devant les courants de conduction. Dans ce cas, donner l’expression simplifiée de l’équation de
Maxwell-Ampère.
10. Réécrire les équations de Maxwell ainsi obtenues, en utilisant la notation complexe pour les dérivations en
fonction du temps. En déduire une relation exprimant la proportionnalité entre la densité de courant 𝚥⃗ et son
laplacien 𝛥𝚥⃗.
11. On recherche pour les composantes 𝑗 et 𝑗 de la densité volumique de courant, des expressions complexes qui
puissent s’écrire : 𝐽 (𝑧) 𝑒𝑥𝑝𝑖𝜔𝑡 et 𝐽 (𝑧)𝑒𝑥𝑝𝑖𝜔𝑡. Montrer alors, en utilisant les résultats obtenus à la question 4,
que ces expressions sont régies par des équations différentielles de la forme :
2
( ) ( )
= 𝑓 𝐽 (𝑧) [1] = 𝑓 𝐽 (𝑧) [2]
12. Résoudre ces équations et écrire l’expression générale des amplitudes complexes 𝐽 (𝑧) et 𝐽 (𝑧) en faisant
apparaitre, dans chaque cas, les deux constantes d’intégration.
13. Introduire une grandeur 𝛿 homogène à une longueur et caractéristique de l’atténuation suivant l’axe 𝑂𝑧. Quel
nom donne-t-on habituellement à cette grandeur ? Montrer qu’elle peut s’écrire :
503, 3
𝛿≃
𝛾µ 𝑓
14. L’inducteur est alimenté par un générateur délivrant une fréquence de 25 𝑘𝐻𝑧. La plaque a une épaisseur égale
à 1 𝑐𝑚. Calculer la profondeur de pénétration des courants dans les deux cas, acier amagnétique puis acier
magnétique.
15. Justifier que, malgré la petitesse de son épaisseur, l’on puisse considérer la plaque comme illimitée en 𝑧.
Simplifier alors les expressions de 𝐽 (𝑧) et 𝐽 (𝑧) .
16. Donner en notation réelle l’expression de la norme du vecteur densité de courant 𝚥⃗(𝑧). On désignera par 𝐽 son
amplitude en 𝑧 = 0.
B. Transfert d’énergie par mutuelle induction
L’inducteur, dont le rayon extérieur mesure 10 𝑐𝑚, comporte 20 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒𝑠. Pour des raisons techniques, elles sont
généralement enroulées en spirale. Cependant, on considèrera ici qu’il est équivalent à un bobinage ordinaire, chaque
spire ayant un rayon moyen égal à 𝑟 = 5 𝑐𝑚. Le fil électrique dont le rayon mesure 2 𝑚𝑚 est réalisé avec du cuivre
multibrins (fils de Litz) de manière à rendre négligeable l’influence de l’effet de peau. On considèrera que la section
de cuivre est égale à la moitié de la section du fil.
17. Calculer la résistance 𝑅 de l’inducteur sachant que le fil de cuivre utilisé a une conductivité égale à
𝛾 = 55, 5 .10 𝑆 · 𝑚 .
18. L’inducteur, alimenté loin de la plaque, sous une tension efficace de 24 𝑉, à la fréquence de 25 𝑘𝐻𝑧, est traversé
par un courant de valeur efficace égale à 5,1 𝐴. Exprimer littéralement son auto-inductance 𝐿 puis en donner
la valeur numérique.
La plaque de résistance 𝑅 et 𝐿 , a un rayon égal à 10 𝑐𝑚 et une épaisseur égale à 1 𝑐𝑚. Elle peut être assimilée à
une spire unique refermée sur elle-même ayant pour rayon la moitié de la valeur précédente soit 𝑟 = 5 𝑐𝑚 et une
section de conduction circulaire d’aire 𝑆 égale à la section de passage des courants induits dans l’épaisseur de peau
du disque soit 𝑆 = 2𝑟𝛿. L’auto-inductance de la spire est évaluée à 𝐿 = 0, 24.10 𝐻.
19. Calculer la résistance 𝑅 de la plaque réalisée en acier magnétique.
20. Montrer que pour la fréquence utilisée (25 𝑘𝐻𝑧), l’on peut négliger 𝑅 devant (𝐿 𝜔) avec une erreur inferieure
à 5%.
21. L’inducteur est alimenté sous une tension 𝑣 (𝑡). Sachant que l’ensemble inducteur-plaque se comporte comme
deux circuits couplés par mutuelle inductance M, écrire sans approximation les équations temporelles de
couplage entre le courant 𝑖 (𝑡) circulant dans l’inducteur et le courant 𝑖 (𝑡) parcourant la plaque, voir la figure 4.
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22. En déduire l’expression littérale du rapport des amplitudes complexes 𝐼 /𝐼 .
23. En déduire aussi l’expression littérale de l’impédance d’entrée complexe 𝑍 = 𝑉 /𝐼 du système.
24. Simplifier les expressions obtenues dans les deux questions précédentes puis effectuer le calcul numérique de
leur module, sachant que l’inductance mutuelle est estimée à 𝑀 = 2 .10 𝐻.
C. Influence de la nature du matériau formant la plaque
25. Pour des raisons de sécurité, on se fixe comme objectif de limiter les pertes par effet Joule dans l’inducteur à
50 𝑊. Quelle est alors la valeur efficace du courant maximal admissible dans l’inducteur ? En déduire la valeur
efficace maximale de la tension d’alimentation, l’intensité du courant dans la plaque et la puissance de chauffe
développée dans celle-ci.
26. Lorsqu’on reprend les mêmes calculs, précisés avec les données de l’acier amagnétique, on trouve que
𝑅 ≃ 10 𝛺, 𝐼 /𝐼 ≃ 16, 5 et 𝑍 ≃ 0, 56 𝛺, les impédances ayant baissé à cause de l’épaisseur de peau plus
grande. Reprendre la question précédente et montrer qu’utiliser l’acier amagnétique revient à diminuer
nettement la puissance de chauffe de la plaque, malgré une très nette augmentation du courant dans celle-ci.
27. La tension d’alimentation est réglée sur 110 𝑉, valeur efficace proche du maximum toléré, en vue de recevoir
une plaque en acier magnétique. Dans le cas où un utilisateur déposerait sur la table un récipient en acier
amagnétique, montrer qu’il existe un risque d’échauffement excessif de l’inducteur. Proposer une solution pour
éviter tout accident de ce type.