Statistique Descriptive en Biomédical
Statistique Descriptive en Biomédical
Filière : Biomédicale
1 Statistique Descriptive 2
1.1 Objet et langage de la Statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Population - Caractère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.3 Effectif, série (ou distribution) statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Distributions statistiques à un caractère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Présentation des résultats : Représentations graphiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.3 Paramètres de position . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.4 Paramètres de dispersion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Distributions statistiques à deux caractères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.2 Distributions marginales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.3 Fréquences conditionnelles, distributions conditionnelles, indépendance . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.4 Coefficient de corrélation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2 Ajustement linéaire 20
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Alignement statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.1 Méthode des moindres carrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.2 Généralisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1
CHAPITRE 1
Statistique Descriptive
1.1.1 Introduction
La statistique est un ensemble de méthodes scientifiques basées sur la collecte, l’organisation, la présentation de données
ainsi que sur la modélisation et la construction de résumés numériques et qui permettent de décrire et d’analyser des phénomènes
repérés par des éléments de même nature, susceptibles d’être dénombrés et/ou classés.
Le rôle d’explication et de prévision appartient à l’utilisateur et non à la statistique, qui n’est qu’un outil d’investigation.
Le calcul statistique a double objectif :
1er but : A partir de données brutes en grand nombre, on peut dégager avec un minimum d’effort, un certain nombre de
renseignements qualitatifs ou quantitatifs permettant de visualiser cette statistique avec une bonne précision. Cela afin de pouvoir
la comparer à d’autres statistiques du même type (Statistique Descriptive).
2ème but : La statistique ayant été effectuée sur un échantillon, nous permet d’extrapoler les résultats partiels en vue de
déduire des précisions globales (Statistique Inférentielle).
On prendra garde à ne pas confondre la statistique - ensemble de méthodes scientifiques - et les statistiques, terme désignant
les résultats numériques d’une enquête ou d’une série de mesures (après traitement éventuel par la statistique).
Ainsi, nous allons nous limiter dans ce cours au 1er but. Nous le traitons en s’appuyant aussi souvent que possible sur des
exemples.
X : Ω −→ E
w 7−→ X(w) := x,
2
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
X : le caractère
Ω : la population
w : individu
E : l’ensemble des modalités
X(w) := x : modalité.
Il existe deux types de caractère :
1. Caractère quantitatif : mesurable c’est-à-dire auquel on peut associer un nombre (le nombre d’enfants, la taille, la
masse, la longueur, le volume). Un caractère quantitatif est souvent appelé également variable statistique.
On distingue alors deux types de caractère quantitatif :
- Caractère quantitatif discret : qui ne peut prendre qu’un nombre fini de valeurs (de modalités) isolées (X(Ω) =
{0, 1, 2, 3, 4}). Par exemple : nombre de voitures par famille.
- Caractère quantitatif continu : qui, théoriquement, peut prendre toutes les valeurs d’un sous-ensemble non
dénombrable de R, (en pratique un intervalle de R). Ses valeurs sont alors regroupées en classes (X(Ω) =
[0, 5[∪[5, 10[∪[10, 15[∪[15, 20[). Par exemple : la taille d’un individu, le temps passé devant la télé.
2. Caractère qualitatif : Ses modalités sont des qualités (X(Ω) = {blanc, bleu, jaune, rouge, beige}). Par exemple : sexe,
profession, nationalité, marque de voiture.
Exemple 1.1 Etude du nombre d’enfants des couples d’un quartier donné.
Remarque 1.1 Toute statistique qualitative peut se transformer en une statistique quantitative à l’aide d’un codage des valeurs
possibles du caractère. Par exemple : 1 :masculin et 2 :féminin est le codage usuel du sexe, le code postal : codage de lieux
géographiques.
3 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Exemple 1.3 Nous effectuons un sondage auprès de nos étudiants en leur demandant leur note de mathématique au baccalauréat
et le nombre de redoublements au cours de leur scolarité primaire et secondaire. Les résultats bruts obtenus sont les suivants :
Soit X le caractère "note au bac" et Y le caractère "nombre de redoublements". Les tableaux statistiques regroupant les données
de X et de Y sont :
xi 10 11 12 13 14 15
ni 2 4 3 4 2 1
et
yi 0 1 2 3
ni 7 6 2 1
alors que le tableau statistique regroupant les données du couple (X ; Y ) est :
XY 0 1 2 3
10 0 0 1 1
11 2 1 1 0
12 1 2 0 0
13 1 3 0 0
14 2 0 0 0
15 1 0 0 0
Nous pouvons remarquer que si les tableaux statistiques des variables X et Y ne permettent pas de reconstruire le tableau du
couple (X,Y), ce dernier par contre permet de retrouver les tableaux de X et de Y en effectuant la somme des effectifs par colonne
et par ligne :
XY 0 1 2 3
10 0 0 1 1 2
11 2 1 1 0 4
12 1 2 0 0 3
13 1 3 0 0 4
14 2 0 0 0 2
15 1 0 0 0 1
7 6 2 1
Lorsque l’on étudie la loi du couple (X,Y) les distributions de X et de Y sont appelées distributions marginales, la distribution
du couple étant la distribution conjointe.
L’intérêt de la distribution conjointe par rapport aux distributions marginales est de permettre l’étude de la corrélation entre les
deux caractères X et Y, c’est-à-dire de savoir s’il existe un rapport (et éventuellement quel rapport) entre la note au bac et le
nombre de redoublements antérieurs.
4 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
i
X
– On appelle fréquence cumulée en xi , le nombre Fi = fj .
j=1
– On appelle pourcentage de la valeur xi , le nombre pi = 100fi .
p
(ii) Cas où X est un caractère quantitatif continu : Notons Ii = [xi−1 , xi [ et posons X(Ω) = ∪ Ii avec Ii ∩ Ij = ∅
i=1
pour tout i , j ∈ {1, 2, ..., p} avec i 6= j.
– Chaque intervalle Ii = [xi−1 , xi [, i ∈ {1, 2, ..., p}, est appelé classe.
– On appelle effectif de la classe Ii = [xi−1 , xi [, le cardinal de X −1 (Ii ).
i
– On appelle effectif cumulé en Ii = [xi−1 , xi [, le cardinal de X −1 ( ∪ Ij ).
j=1
xi−1 +xi
– La série statistique (Ii , ni ) est souvent notée (ci , ni ) où ci = 2 désigne le centre de la classe Ii = [xi−1 , xi [.
Note xi 3 7 8 10 12 15 16
Effectif ni 2 6 7 8 4 2 1
Note xi 3 7 8 10 12 15 16
Effectif ni 2 6 7 8 4 2 1
Effectif cumulé Ni 2 8 15 23 27 29 N=30
2 6 7 8 4 2 1
Fréquence fi 30 30 30 30 30 30 30
2 8 15 23 27 29
Fréquence cumuléeFi 30 30 30 30 30 30 1
Pourcentage pi 6.66% 20% 23.33% 26.66% 13.33% 6.66% 3.33%
Ainsi, le pourcentage des étudiants qui ont réussi est : p4 + p5 + p6 + p7 = 100 8+4+2+1
30 = 50%.
Diagramme en batons, histogramme et diagramme en secteurs. Reprenons l’exemple 1.4, le diagramme en batons ci-
dessous (figure 1.1) présente l’effectif en fonction des modalités. L’histogramme ci-dessous (figure 1.2), met en relief l’effectif en
fonction des modalités du caractère dans l’exemple 1.5. Dans un diagramme en secteurs (figure 1.3) (appelé encore camembert),
les effectifs des différentes classes sont représentés par des secteurs d’angles proportionnels aux effectifs. Si on reprend l’exemple
1.5, on peut avoir une représentation sous forme de diagramme en secteurs :
5 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Une série statistique discrète (xi , ni )i∈{1,2,...,p} est dite ordonnée si i < j ⇒ xi < xj .
Définition 1.1 Soit X = (xi , ni )i∈{1...p} est une série statistique ordonnée discrète.
6 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
ni = max nj .
j∈{1...p}
2. On appelle moyenne arithmétique de la série statistique, le nombre réel noté X, ou E(X), définit par :
p p
1 X X
X= ni xi , où N = ni .
N i=1 i=1
xi 3 5 6 7 8 9
ni 1 2 1 1 2 3
Remarque 1.2 Une série statistique peut avoir plus qu’une valeur modale et plus qu’une médiane.
Proposition 1.1 Soit (xi , ni )i∈{1,2,...,p} une série statistique discrète ordonnée. La plus petite modalité dont l’effectif cumulé
est supérieur ou égale à la moitié de l’effectif total est une médiane.
xi 2 4 5 7 10 12 16
ni 4 3 4 6 8 3 2
Ni 4 7 11 17 25 28 N=30
Définition 1.2 Soit X = (Ii = [ai−1 , ai [, ni )i∈{1,...,p} une série statistique regroupée en classes.
effectif
1. On appelle classe modale de la série statistique, toute classe dont le rapport est maximum.
largeur de la classe
7 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
2. On appelle moyenne arithmétique de la série statistique, le nombre réel noté X, E(X), définit par
p
1 X
E(X) = ni ci .
N i=1
p
X ai−1 + ai
où N = ni et ci = est le centre de la classe Ii .
i=1
2
3. La médiane d’une série statistique est la valeur M qui sépare les données statistiques en deux parties égales.
Remarque 1.3 Si les largeurs des classes sont toutes égales, une classe modale est une classe dont l’effectif est maximum.
−−→ −→
Les points A, B et C étant alignés, ainsi on a det(AB, AC) = 0, et nous obtenons alors
N
M − ai−1 − Ni−1
= 2 .
ai − ai−1 Ni − Ni−1
M − 600 92.5 − 20
= .
800 − 600 116 − 20
Soit M w 751.042.
Exemple 1.10 Un jury a attribué des notes regroupées dans le tableau suivant :
8 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Pour chercher les paramètres de position, on doit completer le tableau pour avoir :
M −8 25 − 18
= .
12 − 8 30 − 18
Soit M w 10.33.
Définition 1.3 On appelle quantile d’ordre α d’une série statistique (xi , ni )i=1,n , la modalité de cette série pour laquelle
l’effectif cumulé représente le quotient α de l’effectif total.
Ainsi, les quantiles sont donc des nombres qui partagent la série statistique en des parties qui ont toutes "sensiblement" le même
nombre de termes.
On remarque immédiatement que la médiane est un quartile particulier, elle correspond au quantile d’ordre 12 puisque la médiane
désigne la valeur du caractère ayant un effectif cumulé de 50%.
Cas particuliers : quartiles, deciles, centiles.
• Les quartiles sont des valeurs du caractères qui correspondent aux valeurs α = 41 , α = 1
2 et α = 43 .
1. Le premier quartile noté Q1 est la valeur du caractère pour un effectif cumulé de 25% de l’effectif total.
2. Le deuxième quartile noté Q2 est la valeur du caractère pour un effectif cumulé de 50% de l’effectif total, c’est en
fait la médiane.
3. Le troisième quartile noté Q3 est la valeur du caractère pour un effectif cumulé de 75% de l’effectif total.
i ème
• Si α = 10 N avec i ∈ {1, 2, ..., 9} alors on parle du i decile.
i ème
• Si α = 100 N avec i ∈ {1, 2, ..., 99} alors on parle du i centile.
Remarque 1.4 L’intervalle interquartile élimine les valeurs extrêmes, c’est peut être un avantage, mais en revanche il ne
compte que 50% de l’effectif total de la série statistique.
xi 7 8 9 10 11 12 13
ni 2 3 7 10 6 2 1
Ni 2 5 12 22 28 30 N = 31
9 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
25
– 100 N = 7.75. Ainsi, le vingt-cinquième centile est C25 = 9.
Avec
– Ni l’effectif cumulé correspondant à Qi .
– Na l’effectif cumulé avant la borne inférieure a.
– Nb l’effectif cumulé jusqu’à la borne supérieure b.
50 − 41
– Q1 = 41 + (12.5 − 12) = 41.35.
25 − 12
50 − 41
– Q2 = 41 + (25 − 12) = 50.
25 − 12
60 − 51
– Q3 = 51 + (37.5 − 25) = 55.5.
50 − 25
– L’écart interquartile est Q3 − Q1 = 55.5 − 41.35 = 14.15.
10 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Proposition 1.2 Soient a, λ ∈ R et X = (xi , ni ) une série statistique. Nous notons X + a la série (xi + a, ni ) et λX la série
(λxi , ni ). Alors
E(X + a) = E(X) + a
et
E(λX) = λE(X).
Remarque 1.5 Les propriétés précédentes expriment, dans le cas de mesures de grandeurs physiques, que la moyenne arith-
métique ne dépend pas ni choix de l’origine ni de l’unité. Ainsi, une moyenne de températures exprimées en degrés Celsius
(Kelvin) sera obtenue en degrés Celsius (Kelvin). Ces propriétés sont également utilisées pour faciliter les calculs et l’entrée des
données dans un programme de calcul. Si nous considérons par exemple la série statistique X donnant la taille d’un échantillon
d’étudiants :
X 163 170 171 175 178 180 181 182 185
ni 1 1 3 1 3 2 1 2 6
on peut considérer la variable X − 180 par exemple. Nous obtenons alors le tableau suivant :
D’où
1 30
E(X − 180) = (−17 − 10 − 27 − 5 − 6 + 0 + 1 + 4 + 30) = − = −1.5.
20 20
Ainsi,
E(X) = 180 − 1.5 = 178.5
Définition 1.5 On appelle étendue d’une distribution statistique quantitative X = (xi , ni )i∈{1,2,...,p} la différence entre la plus
grande et la plus petite valeur observée, i.e. max xi − min xi .
Bien que très "primitif", cet indice de dispersion n’est pas à négliger.
p
X
Définition 1.6 Soit X = (xi , ni )i∈{1,2,...,p} une série statistique de moyenne arithmétique X et d’effectif total N = ni .
i=1
1. On appelle écart moyen de la série statistique, le nombre réel positif noté e(X) définit par :
p
1 X
e= ni ×|xi − X|.
N i=1
2. On appelle variance de la série statistique, le nombre réel positif noté V (X) définit par :
p
1 X
V (X) = ni ×(xi − X)2 .
N i=1
3. On appelle écart-type de la série statistique, le nombre réel positif noté σ(X) définit par :
p
σ(X) = V (X).
ai−1 + ai
Si X = Ii = [ai−1 , ai [, ni i∈{1,...,p}
, alors on remplace Ii par ci = dans les définitions ci-dessus.
2
11 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Remarque 1.6 – L’écart moyen et la variance calculent la moyenne des écarts et des carrés des écarts respectivement par
rapport à la moyenne arithmétique.
– L’écart moyen et la variance mesurent la dispersion des valeurs du caractère de la moyenne arithmétique.
– l’introduction de la variance est justifier par le fait qu’elle réalise le minimum de la fonction
p
1 X
g(t) = ni ×(xi − t)2 .
N i=1
En fait
V (X) = min g(t).
t
– La plus part des valeurs du caractère se trouvent dans l’intervalle [X − σ(X), X + σ(X)]. Ainsi, d’autant que σ(X) est
petit d’autant que les valeurs du caractère s’approchent de la moyenne arithmétique de la série statistique. Par conséquent,
l’écart-type σ(X) est le plus signifiant des paramètres des dispersion.
Exemple 1.13 La distribution des notes de mathématiques de deux étudiants A et B durant une année est donnée dans le
tableau suivant :
Notesxi 12 14 15 16 17 18
effectif A 3 1 1 1 3 1
ni B 0 2 6 2 0 0
On calcul
– les moyennes arithmétiques des deux étudiants : X A = X B = 15.
– L’écart moyen de l’étudiant A est : eA = 2 et celui de B est eB = 0.4.
On remarque que eB < eA , cela s’explique par le fait que le travail de l’étudiant B est plus régulier que celui de l’étudiant A.
Preuve.
–
p p p
1 X 2X X 1 X 2
V (X) = ni x2i − ni xi + ni X
N i=1 N i=1 N i=1
p
1 X 2
= ni x2i − X .
N i=1
–
2
V (X + b) = (X + b)2 − X + b
= X 2 + 2bX + b2 − (X − b)2
2
= X 2 + 2bX + b2 − X − 2bX − b2
2
= X2 − X
= V (X).
–
2
V (aX) = (aX)2 − aX
2
= a2 X 2 − a2 X
2
= a2 X 2 − a2 X
= a2 V (X).
12 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
On voit que σB < 1 ce qui s’explique par le fait que les notes de l’étudiant B sont concentrées autour de la moyenne arithmétique.
Ceci dit, le travail de l’étudiant B est régulier.
13 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
La population Ω étant finie, il en est de même des ensembles X(Ω) et Y (Ω). Ainsi, nous écrivons X(Ω) = {x1 , x2 , ..., xn } et
Y (Ω) = {y1 , y2 , ..., yp } en supposant que l’on a x1 < x2 < ... < xn et y1 < y2 < ... < yp .
→
−
Définition 1.8 Soit C = (X, Y ) une série statistique double.
– On appelle effectif du couple (xi , yj ) pour (i, j) ∈ {1, 2, ..., n} × {1, 2, ..., p} le nombre nij défini par
n →
− o
nij = Card w ∈ Ω/ C (w) = (xi , yj ) .
p
n X
X
– Card(Ω) = nij s’appelle l’effectif total de la série, nous le noterons N.
i=1 j=1
– On appelle effectif associé à la modalité xi (resp. yj ) de la variable X (resp. Y ) le nombre noté ni· (resp. n·j ) défini par
p
X n
X
ni• = nij resp. n•j = nij .
j=1 i=1
Remarque 1.7 Il est facile de déterminer les séries statistiques marginales d’une série double. En fait ni• n’est autre que la
somme des éléments de ième ligne du tableau représentant le couple. Il suffit donc d’ajouter une colonne à droite de ce tableau
pour y placer ces sommes. De même n•j s’obtient en faisant la somme des éléments de la j ème colonne, on ajoutera donc de la
même façon une ligne au tableau. D’ou le nom de séries "marginales".
Si l’effectif totale est grand et si l’un et/ou l’autre des caractères prend un grand nombre de valeurs, on peut être ramené à
regrouper les valeurs de l’un et/ou de l’autre des caractères par intervalles. On peut définir ainsi des séries statistiques doubles
regroupées ou semi-regroupées.
Si la population Ω comporte peu d’éléments, on présente généralement une statistique à deux caractères à l’aide d’un tableau à 3
lignes obtenu en plaçant en colonne l’individu w et les valeurs des caractères X(w) et Y (w).
Exemple 1.17 La statistique suivante donne pour chaque pays les taux de chômage et d’inflation correspondant à l’année
2010 :
pays Allemagne Belgique France Italie Luxemburg Pays-Bas
Chômage X 7.1 8.7 9.8 8.7 5.8 4.2
Inflation Y 1.3 2.0 1.6 1.6 2.3 1.3
La série statistique associé s’obtient simplement en oubliant la première ligne de ce tableau.
Par contre, si la population Ω a un effectif total assez grand, il est commode de présenter la série statistique double sous la forme
d’un tableau à n lignes et p colonnes obtenu en plaçant l’effectif nij de (xi , yj ) à l’intersection de la ième ligne et de la j ème
colonne de ce tableau.
14 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
XY 0 1 2 3 ni•
10 0 0 1 1 2
11 2 1 1 0 4
12 1 2 0 0 3
13 1 3 0 0 4
14 2 0 0 0 2
15 1 0 0 0 1
n•j 7 6 2 1 N = 16
On peut représenter une série statistique à caractères doubles à l’aide de bâtons verticaux dans l’espace R3 qui s’appuient sur le
point (xi , yj , 0) du plan horizontal et dont la hauteur est proportionnelle à l’effectif nij correspondant. Dans le cas de séries
statistique groupées, on construirai de même des parallélépipèdes rectangles dont le volume serait proportionnel à l’effectif ou à
la fréquence correspondante. Ces représentations ont le désavantage de demander des documents en trois dimensions.
On préfère souvent représenter une série statistique à deux caractères par un nuage de points dans le plan R2 obtenu en affectant
à chaque point de coordonnée (xi , yj ) le poids nij indiqué entre parenthèse (dans le cas de séries groupées on remplace un
rectangle par son centre). Ainsi, la figure 1.4 représente les données du tableau de l’exemple 1.3 (les points de poids nul ne sont
pas représentés).
Caractéristiques marginales
La variance en X est
n n n
1 X h1 X i 2 X 2
V (X) = ni• (xi − X)2 = ni• x2i − X = fi• x2i − X .
N i=1 N i=1 i=1
L’écart-type est p
σX = V (X).
La moyenne marginale en Y est
p p
1 X X
Y = n•j yj = f•j yj .
N j=1 j=1
15 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
La variance en Y est
p p p
1 X 2
h1 X
2
i 2 X 2
V (Y ) = n•j (yj − Y ) = n•j yj − Y = f•j yj2 − Y .
N j=1 N j=1 j=1
L’écart-type est p
σY = V (Y ).
Définition 1.9 On appelle covariance du couple (X, Y ) et on note cov(X, Y ) (ou σxy ) la moyenne de (X − X)(Y − Y )
c’est-à-dire
n p
1 XX
cov(X, Y ) = nij (xi − X)(yj − Y )
N i=1 j=1
1 X n X p
= nij xi yj − X Y .
N i=1 j=1
Propriété 1.1 Soit (X, Y ) une statistique double et soit a, b deux réels. Alors on a :
– cov(X, Y ) = cov(Y, X) (Symétrie de la covariance).
– cov(a·X + b, Y ) = a·cov(X, Y ) (Linéarité par rapport à X).
– cov(X, a·Y + b) = a·cov(X, Y ) (Linéarité par rapport à Y ).
Remarque 1.8 – La covariance peut prendre des valeurs positives, négatives ou nulles.
– Si X = Y alors cov(X, Y ) = V (X).
X p
n X n
X p
X
N= nij = ni• = n•j , l’effectif total.
i=1 j=1 i=1 j=1
nij
fij = , la fréquence du couple (xi , yj ).
N
p
X
ni• = nij , étant l’effectif marginal de xi .
j=1
n
X
n•j = nij , étant l’effectif marginal de yj .
i=1
ni•
fi• = , la fréquence marginale de xi .
N
n•j
f•j = , la fréquence marginale de yj .
N
nij fij
fi/j = = .
n•j f•j
nij fij
fj/i = = .
ni• fi•
– La distribution (xi , fi/j )i∈{1,2,...,n} est appelée la distribution conditionnelle des fréquences de X sachant que Y = yj .
– La distribution (yj , fj/i )j∈{1,2,...,p} est appelée la distribution conditionnelle des fréquences de Y sachant que X = xi .
16 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Définition 1.11 On dit que les caractères observés X et Y sont statistiquement indépendants si et seulement si
Autrement dit, si :
fi/j = fi• = f•j .
Étudier la corrélation entre deux (ou plusieurs) variables statistiques, c’est étudier l’intensité de la liaison qui peut exister
entre ces deux (ou plusieurs) variables. Lorsque le graphe montre une relation entre les mesures, on peut quantifier cette relation
à l’aide d’un coefficient de corrélation. Si la liaison recherchée est une relation affine, on utilise le coefficient de corrélation
linéaire.
Définition 1.12 Soient X et Y deux caractères tels que σX 6= 0 et σY 6= 0. On appelle coefficient de corrélation linéaire, le
nombre réel
cov(X, Y )
ρ(X, Y ) = .
σX ×σY
−1 ≤ ρ(X, Y ) ≤ 1.
hX p
n X n
i2 X p
X
nij (xi − X)(yj − Y ) − ni• (xi − X)2 n•j (yj − Y )2
i=1 j=1 i=1 j=1
Par conséquent, ρ(X, Y )2 − 1 = n
X p
X ≤ 0.
2 2
ni• (xi − X) n•j (yj − Y )
i=1 j=1
D’où
|ρ(X, Y )| ≤ 1.
Remarque 1.9 L’égalité ρ(X, Y ) = ±1 a eu lieu si et seulement si il existe a ∈ R r {0}, et b ∈ R tels que Y = a·X + b.
17 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Si ρ(X, Y ) = 1 alors l’une des variables est fonction affine croissante de l’autre variable et si ρ(X, Y ) = −1 alors la fonction
affine est décroissante. Les valeurs intermédiaires renseignent sur le degré de dépendance linéaire entre les deux variables. Plus
le coefficient est proche des valeurs extrêmes −1 et 1, plus la corrélation entre les variables est forte. On emploie l’expression
fortement corrélées pour qualifier une telle corrélation.
Une corrélation égale à 0 signifie que les variables sont linéairement indépendant.
ρ(X, Y ) = −1.
Exercice 1.1 Déterminer le coefficient de corrélation de la série statistique (10, 30), (20, 60), (30, 90), (40, 120), (50, 150),
(60, 180).
18 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Remarque 1.10 Le coefficient de corrélation n’est pas sensible aux unités de chacune des variables. Ainsi, par exemple le
coefficient de corrélation linéaire entre l’âge et le poids d’un individu sera identique que l’âge soit mesuré en semaine, en mois
ou en année(s). Cependant, il est très sensible à la présence des valeurs aberrantes et/ou extrêmes dans l’ensemble des données
(valeurs très éloignées de la majorité des autres, pouvant être considérées comme des exceptions).
Remarque 1.11 Il ne faut pas croire qu’un coefficient de corrélation élevé induit une relation de causalité entre les deux
caractères mesurés. En réalité, les deux caractères peuvent être corrélés à un même phénomène-source : un troisième caractère
non mesuré et dont dépendent les deux autres. Par exemple : le nombre de coups de soleil observés dans une station balnéaire
est fortement corrélé au nombre de lunette de soleil vendues, mais aucun des deux caractères n’est bien sûr la cause de l’autre.
19 El Houssine Azroul
CHAPITRE 2
Ajustement linéaire
2.1 Introduction
Dans le domaine des sciences appliquées, on observe fréquemment des phénomènes tels qu’il est possible de supposer
l’existence d’une liaison entre deux variables. Par exemple :
- les dépenses annuelles d’un ménage sont fonction des revenus de la famille.
- la durée de vie d’une ampoule électrique peut être liée à son rendement énergétique.
Supposons qu’on a une population de taille (effectif total) N, telle que pour chaque individu on observe deux caractères différents
X et Y. Le problème qui se pose consiste à chercher une relation entre les deux caractères observés X et Y. A chaque élément i,
1 ≤ i ≤ N, de la population on associe un couple de valeurs (xi , yi ) qu’on représente graphiquement par un point Mi (xi , yi )
du plan. Ainsi, on obtient un nuage de points qui constitue ce qu’on appelle le diagramme de dispersion.
Ajuster un ensemble de points, c’est déterminer une courbe simple (C) aussi proche que possible des points Mi (xi , yi ). La
courbe (C) peut être une parabole, une droite ou peut représentée une fonction exponentielle. On parle d’ajustement linéaire
lorsque la courbe (C) est une droite.
Définition 2.1 On dit qu’il y a corrélation linéaire entre deux variables observées sur les éléments d’une population si les
variations de ces deux variables se produisent dans le même sens (corrélation positive) ou en sens contraires (corrélation
négative).
20
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
La moyenne en Y est
n
1X
Y = yi .
n i=1
La variance en Y est
n n
1X h1 X i 2
V (Y ) = (yi − Y )2 = yi2 − Y .
n i=1 n i=1
L’écart-type est p
σY = V (Y ).
La covariance est
n n
1X 1X
cov(X, Y ) = (xi − X)(yi − Y ) = xi yi − X Y .
n i=1 n i=1
Définition 2.2 On appelle coefficient de corrélation de la série statistique double ((xi , yi ), 1)i∈{1,2,...,n} le nombre réel
n
X
(xi − X)(yi − Y )
cov(X, Y ) i=1
ρ(X, Y ) = =v v .
σX ×σY u n
uX uX n
t (xi − X)2 t (yi − Y )2
u
i=1 i=1
Le coefficient de corrélation linéaire ρ(X, Y ) mesure la dépendance linéaire entre deux variables :
– Si le coefficient de corrélation est positif (i.e. 0 < ρ(X, Y ) < 1), la corrélation est positive (X et Y varient dans le même
sens). Si ρ(X, Y ) = 1 alors la corrélation est parfaite, dans ce cas Y = aX + b avec a > 0.
– Si le coefficient de corrélation est négatif (i.e. −1 < ρ(X, Y ) < 0), la corrélation est négative (X et Y varient dans des
sens contraires). Si ρ(X, Y ) = −1 alors la corrélation est parfaite, et dans ce cas Y = aX + b avec a < 0.
– Pour éviter les problèmes de signe, on considère souvent ρ(X, Y )2 appelé coefficient de détermination. Le coefficient de
corrélation définit dans la définition 2.2 est appelé coefficient de corrélation de Pearson 1 .
– Si les variables X et Y sont indépendantes alors ρ(X, Y ) = 0.
– Si le coefficient de corrélation est nul ou proche de zéro, il n’y a pas de dépendance linéaire (variables linéairement
indépendantes). On peut cependant avoir une dépendance non-linéaire avec un coefficient de corrélation nul (variables
Gaussiennes).
Le coefficient de corrélation linéaire ne mesure pas une relation de cause à effet entre deux variables. En effet, deux variables
peuvent être corrélées sans que les variations d’une variable entraînent les variations de l’autre ; cela signifie seulement que les
variations des deux variables sont dues à une même cause commune extérieure. Un été particulièrement chaud peut entraîner
une augmentation de la vente des crèmes solaires et des crèmes glacées sans qu’il existe une relation entre la vente de ces deux
produits. Il faut toujours être très prudent dans l’interprétation des résultats d’une analyse de corrélation ou de régression.
21 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
22 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Nous allons montrer qu’il existe une unique droite rendant minimale la somme δ(a, b).
F IGURE 2.5 –
Définition 2.3 On appelle droite des moindres carrés de Y en X, ou également droite de régression de Y en X, l’unique
droite rendant minimale la somme δ(a, b).
Remarque 2.3 A ne pas croire qu’il s’agit de la somme des carrés des distances des points Mi à la droite (D).
Comme le point Mi a pour coordonnées (xi , yi ), le point Hi a pour coordonnées (xi , axi + b). Par conséquent :
n
X
δ(a, b) = (yi − axi − b)2 .
i=1
Ainsi, il s’agit de trouver les deux réels a et b tels que la somme δ(a, b) soit minimale. Pour cela, nous donnons deux méthodes.
1ère méthode : Utilisation de la dérivée.
Il suffit d’annuler les dérivées partielles de δ(a, b) par rapport à a et à b.
n
∂δ (a, b) =
X
(−2xi )(yi − axi − b) = 0,
∂a
i=1
n
∂δ X
(a, b) = (−2)(yi − axi − b) = 0,
∂b
i=1
n
X n
X n
X
2
x y − a x − b xi = 0,
i i
i
i=1 i=1 i=1
n
X n
X
yi − a xi − bn = 0,
i=1 i=1
n n
X X
xi yi − a x2i − bnX = 0,
i=1 i=1
Y − aX − b = 0.
En multipliant les deux termes de la 1ère équation par n1 et les deux termes de la 2ème équation par −X, nous obtenons le
système suivant :
n n
1X 1X 2
xi yi − a x − bX = 0, (1)
n i=1 i
n i=1
2
−X Y + aX + bX = 0. (2)
23 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
En faisant la somme terme à terme des deux équations (1) et (2), on obtient
n n
1X 1 X
xi yi − a x2i − X = 0.
n i=1 n i=1
Soit
cov(X, Y ) − aV (X) = 0.
Ainsi,
cov(X, Y )
a= .
V (X)
De l’équation (2) on tire
b = Y − aX.
2ème méthode : technique du trinôme.
Nous allons écrire δ(a, b) sous la forme d’une somme de carrés, en l’écrivant sous forme d’un trinôme en b puis en le mettant
sous sa forme canonique, ensuite sous forme d’un trinôme en a et en le mettant sous sa forme canonique tout en faisant apparaître
les paramètres de position et de dispersion.
n
X
δ(a, b) = (yi − axi − b)2
i=1
n h
X i
= b2 − 2b(yi − axi ) + (yi − axi )2
i=1
n
X n
X
= nb2 − 2b (yi − axi ) + (yi − axi )2
i=1 i=1
n
X
2
= nb − 2nb(Y − aX) + yi2 − 2axi yi + a2 x2i
i=1
2 n
X
2
= n(b − (Y − aX)) − n Y − aX + yi2 − 2axi yi + a2 x2i
i=1
2 n n n
2 2 X X X
= n b − (Y − aX) − nY + 2naX Y − na2 X + yi2 − 2a xi yi + a2 x2i
i=1 i=1 i=1
2 1 Xn 1 Xn 1 Xn
2 2
= n b − (Y − aX) + na2 x2i − X − 2na xi yi − X Y + n yi2 − Y
n i=1 n i=1 n i=1
h 2 i
= n b − (Y − aX) + a2 V (X) − 2a cov(X, Y ) + V (Y )
h 2 p cov(X, Y ) 2 V (X)V (Y ) − cov(X, Y )2 i
= n b − (Y − aX) + a V (X) − p + .
V (X) V (X)
cov(X, Y )
a=
V (X)
et
b = Y − aX.
Proposition 2.1 La droite des moindres carrés (de régression) de Y en X, notée (DY /X ), est la droite d’équation y = ax + b
avec
cov(X, Y )
a=
V (X)
et
b = Y − aX.
Cette dernière relation exprime le fait que la droite d’ajustement passe par le point de coordonnées (X, Y ), c’est-à-dire par le
barycentre (le point moyen) des points du nuage.
24 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
V (X)V (Y ) − cov(X, Y )2
min 2 δ(a, b) = n ≥ 0.
(a,b)∈R V (X)
On admet généralement qu’un coefficient de corrélation |ρ(X, Y )| ≥ 0.75 justifie la recherche d’un alignement statistique, en
l’absence de renseignements complémentaires.
Remarque 2.5 On remarque que la droite des moindres carrés de Y en X a aussi pour équation :
cov(X, Y )
(DX/Y ) : x − X = α(y − Y ) où α = .
V (Y )
2.2.2 Généralisation
→
−
Les calculs et les résultats précédents se généralisent aisément au cas où la statistique double C n’est pas injective. Ainsi, on
regroupe les individus ayant le même couple de valeurs du caractère (xi , yj ), (i, j) ∈ {1, 2, ..., n}×{1, 2, ..., p}. Par suite les
paramètres précédents deviennent :
n
1 X
X = ni• xi .
N i=1
n n
1 X h1 X i 2
V (X) = ni• (xi − X)2 = ni• x2i − X .
N i=1 N i=1
p
1 X
Y = n•j yj .
N j=1
p p
1 X h1 X i 2
V (Y ) = n•j (yj − Y )2 = n•j yj2 − Y .
N j=1 N j=1
n p
1 XX
cov(X, Y ) = nij (xi − X)(yj − Y )
N i=1 j=1
1 X n X p
= nij xi yj − X Y .
N i=1 j=1
cov(X, Y )
Définition 2.4 - La droite d’équation (DY /X ) : y = ax + b avec a = et b = Y − aX, s’appelle droite de
V (X)
régression de Y en X.
cov(X, Y )
- La droite d’équation (DX/Y ) : x = αy + β avec α = et β = X − αY , s’appelle droite de régression de X en
V (Y )
Y.
Remarque 2.6 Les deux droites (DY /X ) et (DX/Y ) passent par le même point de coordonnées (X, Y ).
Exemple 2.1 Soit à chercher l’équation de la droite de régression de Y en X associée à la série statistique suivante :
(1, 1), (2, 12), (3, 75), (4, 145), (5, 199), (6, 256), (7, 343).
25 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
Solution:
1 1 0 0 0 0 0 0 1 1 -3 9
2 0 1 0 0 0 0 0 1 2 -2 4
3 0 0 1 0 0 0 0 1 3 -1 1
4 0 0 0 1 0 0 0 1 4 0 0
5 0 0 0 0 1 0 0 1 5 1 1
6 0 0 0 0 0 1 0 1 6 2 4
7 0 0 0 0 0 0 1 1 7 3 9
P
n•i 1 1 1 1 1 1 1 N = 7 X = 4 = 28
Par suite
cov(X, Y ) 234
a= = = 58.5 et b = Y − aX = 147.286 − 234 = −86.714.
V (X) 4
Ainsi, la droite de régression de Y en X a pour équation :
Exemple 2.2 La répartition de 100 étudiants selon leurs résultats en Mathématiques (X) et en Biologie (Y ) à donnée les
résultats suivants :
XY 7 11 12 15
2 9 2 1 0
6 7 27 4 1
8 1 3 15 4
12 0 0 4 17
14 0 1 2 2
On se propose de déterminer l’équation de la droite de régression de Y en X.
Solution:
P
n•j 17 33 26 24 N = 100 X = 8.48 = 1116.41
n•j (yj − Y )2
P
350.37 9.57 5.46 287.28 = 652.68
X5
nij (xi − X) -76.16 -75.84 1.52 66.48
i=1
5
X P
(yj − Y ) nij (xi − X) 345.76 40.95 0.69 230.02 = 617.42
i=1
26 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
cov(X, Y )
• Coefficient de corrélation linéaire : ρ(X, Y ) = ' 0.72.
σX ×σY
cov(X, Y )
• Droite de régression de Y en X : a = ' 0.55, b ' 6.876. Ainsi, l’équation de la droite est :
V (X)
(DY /X ) : y = 0.55x + 6.876.
2.2.3 Exercices
Exercice 2.1 On cherche s’il existe une relation entre la température et le nombre de glaces vendues. Les informations sont
données par le tableau suivant :
Température (Celcius) 21 17 24 25 13
Nbr de glaces vendues 25 20 30 35 10
1. Calculer le coefficient de corrélation. Peut-on penser qu’il existe une relation entre les deux variables ?
2. Calculer l’équation de la droite de régression.
3. Quel serait alors le nombre de glaces vendues s’il faisait 30 degrés ?
4. Pour quelle température vendrait-on 40 glaces ?
Solution: Soit Y le nombre de glaces vendues au moment où règne une température X. Les données ont été collectées en cinq
prises. L’effectif total est donc N = 5. Ainsi, on a le tableau suivant :
Température (Celcius) X 21 17 24 25 13 X = 20
Nbr de glaces vendues Y 25 20 30 35 10 Y = 24
xi − X 1 -3 4 5 -7
(xi − X)2
P
1 9 16 25 49 = 100 V (X) = 20 σX ' 4.47
yi − Y 1 -4 6 11 -14
(yi − Y )2
P
1 16 36 121 196 = 370 V (Y ) = 74 σY ' 8.6
P
(xi − X)(yi − Y ) 1 12 24 55 98 = 190 cov(X, Y ) = 38
1. Le coefficient de corrélation :
cov(X, Y ) 38
ρ(X, Y ) = = ' 0.988.
σX ×σY 8.6×4.47
La valeur de ρ(X, Y ) montre que les variables sont fortement corrélées.
2. La droite de régression (DY /X ) qui lie Y à X a pour équation (DY /X ) : Y = aX + b, avec
cov(X, Y ) 38
a= = = 1.9
V (X) 20
et
b = Y − aX = −14.
Ainsi, (DY /X ) : Y = 1.9X − 14.
3. S’il faisait 30 degrés, on vendrait environ Y = 1.9×30 − 14 = 43 glaces.
40+14
4. Si on vendait 40 glaces, la température serait d’environ X = 1.9 ' 28.4 degrés.
Exercice 2.2 Un test de freinage a été effectué à partir de 7 voitures. Les résultats de ce test sont donnés par le tableau suivant :
Vitesse (km/h) 30 33 40 49 60 70 93
Distance (m) 6.50 5.30 14.45 11.23 20.21 38.45 50.42
Le but de cet exercice est de déterminer la distance nécessaire à l’arrêt d’une voiture lancée à 100 km/h.
1. Calculer le coefficient de corrélation. Peut-on penser qu’il existe une relation entre la vitesse et la distance de freinage
d’une voiture ?
2. En utilisant la méthode des moindres carrés, proposez une équation de la droite de régression reliant la distance à la
vitesse (distance=a×vitesse+b).
27 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
3. Quelle serait alors la distance nécessaire à l’arrêt d’une voiture lancée à 100 km/h ?
4. En utilisant la méthode des
√ moindres carrés, proposez une équation de la droite de régression reliant la racine carrée de
la distance à la vitesse ( distance = a×vitesse+b).
5. Quelle serait alors la distance nécessaire à l’arrêt d’une voiture lancée à 100 km/h ?
6. Utilisez le coefficient de corrélation pour choisir l’une des deux modélisations.
7. Avec chacune des deux méthodes, quelle serait la vitesse d’une voiture qui s’arrête en 40 mètres.
Solution: Notons la variable vitesse par V et la variable distance de freinage par D. On a le tableau suivant :
V itesse(km/h)vi 30 33 40 49 60 70 93 V = 53.57
Distance(m)di 6.50 5.30 14.45 11.23 20.21 38.45 50.42 D = 20.94
vi − V -23.57 -20.57 -13.57 -4.57 6.43 16.43 39.43
(vi − V )2
P
555.54 423.12 184.14 20.88 41.34 269.94 1554.72 = 3049.68
di − D -14.44 -15.64 -6.49 -9.71 -0.73 17.51 29.48
(di − D)2
P
208.51 244.60 42.12 94.28 0.53 306.6 869.07 = 1765.71
P
(vi − V )(di − D) 340.35 321.71 88.06 44.37 -4.69 287.68 1162.39 = 2239.87
Par conséquent, on a
• V (V ) = 435.66 et σV = 20.87.
• V (D) = 252.24 et σD = 15.88.
• cov(V, D) = 319.98.
1. Ainsi, le coefficient de corrélation est
cov(V, D) 319.98
ρ(V, D) = = ' 0.965.
σV ×σD 20.87×15.88
Nous pouvons déduire que les deux variables sont fortement corrélées.
2. Droite de régression de D en V.
cov(V, D) 319.98
a= = ' 0.73 et; b = D − aV = 20.94 − 0.73×53.57 ' −18.16.
V (V ) 435.66
28 El Houssine Azroul
El Houssine Azroul Statistiques Descriptives, Lois de Probabilité
5. Une voiture roulant à 100 km/h s’arrêtera au bout de D = (0.077×100 + 0.135)2 = 61.38 mètres.
√
6. Nous remarquons que ρ(V, D) est plus proche de 1 que ρ(V, D). Ainsi, la deuxième approximation semble être
meilleure.
7. Une voiture qui s’arrête en 40 mètres aurait pour vitesse :
– pour la 1ère méthode : V = 40+18.16 ' 79.67.
√0.73
ème 40−0.135
– pour la 2 méthode : V = 0.077 ' 80.38.
29 El Houssine Azroul