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Critiques du modèle bureaucratique

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UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ET POLITIQUES


DÉPARTEMENT DE DROIT PUBLIC
ADMINISTRATION PUBLIQUE

MASTER 1 – 2023/2024
SCIENCE ET TECHNIQUE ADMINISTRATIVE

THEME:LA BUREAUCRATIE
DISSERTATION
SUJET: LES CRITIQUES AU MODÉLE D’ORGANISATION BUREAUCRATIQUE

Présentés par: Ndeye Fatou Tine


Maty Sy
Djiby Wade
Omar Seck
Cheikh Mohamed Fadel Tall
Sékou Touré
Balla Touré
1 sur 8
Sujet : Les critiques au modèle d’organisation bureautique

Problématique : Quelle est l’étendue des critiques au modèle d’organisation


bureaucratique?

Plan :

I) Le fondement des critiques au modèle d’organisation bureaucratique

A) la bureaucratie, le reflet de dysfonctionnement

B) La bureaucratie, un moteur de déviance du développement des personnalités

II) les effets des critiques au modèle d’organisation bureaucratique

A) les tentatives d’amélioration du modèle bureaucratique

B) la persistance de la bureaucratie

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Étant l’apanage de toutes sociétés, la bureaucratie a réussi de mettre en place un ensemble
de principes de son fonctionnement bien définis. C’est ainsi que l’administration
bureaucratique est obligée de se soumettre à ces principes pour son fonctionnement réel.
Mais, ce modèle d’organisation a subi de nombreuses critiques émanant de divers auteurs,
car pour certains, il présente des effets pervers.

C’est ce que soulève le sujet :<< les critiques au modèle d’organisation bureaucratique >>.

En guise de définition, les critiques renvoient aux atténuations, des remises en cause sur le
système d’organisation bureaucratique.

En ce qui concerne le modèle d’organisation bureaucratique, c’est une forme


d’organisation administrative reposant sur un ensemble de principes internes de
fonctionnement capable de remplir avec pertinence et efficacité des objectifs définis.

L’étude du sujet soulève des questions importantes relatives au fonctionnement de


l’organisation bureaucratique, qui à travers ses principes internes, elle a permis des
avances organisationnelles et elle a souvent fait l’objet de critiques. Mais, il sera nécessaire
de se focaliser sur la question suivante : Quelle est l’étendue des critiques au modèle
d’organisation bureaucratique ?

Ainsi,le sujet revêt un intérêt théorique, car la question des critiques du modèle
d’organisation bureaucratique avait fait l’objet de controverses doctrinales.
D’abord,l’auteur Pierre Mathiot critique la bureaucratie en évoquant la pathologie de
celle-ci. Il dit qu’elle s’appuie sur l’application des règlements et emploie des procédures
qui deviennent un formalisme absurde. Il devient prisonnier de la technique et est donc
incapable de s’adapter aux situations intellectuelles.

Ensuite, pour Karl Max,la bureaucratie est un élément destructeur de la société du fait
qu’elle cultive le secret et le mystère vis à vis d’elle-même et de son environnement.

Enfin, Crozier évoque dans une théorie des organisations, la bureaucratie est une
organisation incapable de se réajuster et de corriger en fonction de ses erreurs. Elle admet
rarement ses erreurs et ne voit jamais la nécessité de se réajuster de quelque manière que
ce soit.

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Il revêt aussi un intérêt pratique dans la mesure où il nous permet de comprendre, que
malgré son émergence, la bureaucratie a suscité d’énormes critiques soulevées par des
auteurs dans son champ d’application. Mais ces critiques n’ont pas engendré sa disparition
car elle constitue depuis longtemps le mode d’organisation la plus appliquée par les
régimes démocratiques. Elle garde ainsi son importance du fait des principes qu’elle a
établie. Elle a réussi d’imposer ses valeurs et conditions de fonctionnement à toutes les
sociétés.

A la lumière de ces considérations, force est de constater que l’analyse de notre


problématique nous commande d’analyser en premier temps,les fondements des critiques
du modèle d’organisation bureaucratique(I) avant de voir dans un second temps les effets
des critiques du modèle d’organisation bureaucratique ( II).

I) le fondement des critiques au modèle d’organisation bureaucratique

Il s'agit de voir dans cette partie que la bureaucratie est le reflet d’un dysfonctionnement
(A), avant d’analyser qu’elle constitue un moteur de déviance du développement des
personnalités (B).

A) La bureaucratie, reflet de dysfonctionnement :

Ce dysfonctionnement est d'une part le corollaire d'un défaut de crédibilité de la part du


bureaucrate. Ainsi, en 1965, Robert King Merton, dans son ouvrage << Éléments de
théories et de méthodes sociologiques >> identifie les travers du modèle d'organisation
bureaucratique en relevant que le degré important de conformité dans les procédures
administratives des bureaucraties conduit les agents de cette administration à adopter des
comportements rigides et ritualistes qui les placent dans l'incapacité de s'adapter aux
situations nouvelles. En effet, le bureaucrate obéit à la régle sans savoir si son action est
efficace.

C'est la même démonstration qui a été observé à travers les idées de Marquis de Gournay
qui avançait que la forme de gouvernement bureaucratique se caractérise par le pouvoir
exercer par les fonctionnaires qui l'exercer dans le seul but de l'exercer (...). Merton,
revient encore pour dire que cette obéissance à la régle devient par la suite une fin en soi.
En fait, la répétition de certains comportements favorise une certaine forme
d'apprentissage, un certain type de comportements qui va générer un type particulier de
fonctionnaire, dans la mesure où le fonctionnaire va se surinvestir dans la règle qui lui
donne d'avantages de poids. Ainsi, l'adhésion à la régle comme un moyen devient une fin
en soi, puisque l'obéissance à la régle conduit à un transfert des motivations du
fonctionnaire qui passent de la réalisation des objectifs à l'obéissance à la régle. Ainsi,

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selon Merton toujours, la bureaucratie génére des bureaux bornés et déshumanisés puis
que les règles sont trop rigides et par peur de déroger aux exigences liées à la discipline
dans cette forme d'organisation administrative, les fonctionnaires ont tendance à se
cacher derrière la régle. C'est à ce titre que l'autre s'est demandé même : Comment faire
quand la régle ne régisse pas tous ?. Les bureaucrates s'enferment alors dans des
comportements dénués de sens comme l'a si bien suggéré Karl Marx qui d'après lui : le
bureaucrate fait du but de l'Etat son but privé et c'est la chasse aux postes supérieurs car il
s'agit pour lui de seulement faire carrière. Ce faisant, ces derniers ont tendance à perdre
de vue les objectifs à atteindre et finissent par adopter des attitudes passives et routinières,
attitudes qui sont par conséquent contre productives et sources d'inefficacité.

D'autres part, dans la conception marxiste, la bureaucratie est un cercle vicieux dont
personne ne peut s'extirper. Car pour lui, en ce qui concerne la hiérarchie : << l'Etat est
aux mains d'une caste exercée de parasites d'État, de sycophantes grassement payés et de
prébendiers, qui placés aux postes supérieurs, absorbent l'intelligence des masses et les
retournent contre elle -même aux rangs inférieurs de la hiérarchie. >> . Cette hiérarchie
est d'abord une hiérarchie du savoir à laquelle n'accèdent les fonctionnaires que par des
concours ou des examens qui ne sont rien d'autre que << Le baptême bureaucratique du
savoir sacré >> . Michel Crozier, en réutilisant les principes de la rationalité limitée
développés par Herbert Simon, va mettre en avant le caractère contre-productif du
modèle d'organisation bureaucratique. Pour lui, les comportements routiniers conduisent
à des difficultés de communication entre les différents niveaux hiérarchiques. Les
populations en rapport avec ces organisations sont incapables d'en savoir la logistique de
fonctionnement et se perdent souvent dans des rouages et des procédures inutilement
complexes qui ne servent qu'à maintenir le pouvoir des acteurs. La mauvaise circulation
de l'information conduit à occulter les problématiques et les paramètres nécessaires à une
prise de décision. En l'absence de transparence de l'information, des tendances au
népotisme et à l'autoritarisme se multiplient. C'est comme lorsque Karl Marx préconisait
que l'État était protégé dans l'exercice de ses fonctions par son goût du secret, car <<
L'esprit universel de la bureaucratie est le secret, le mystère gardé par la hiérarchie à
l'intérieur d'elle-même et vers l'extérieur par son caractère de corporation fermée >> .
Ainsi, en tant que corporation close, elle conserve pour elle -même face à l'extérieur grâce
à la hiérarchie qu'elle représente. Et l'ouverture d'esprit ou des mentalités par rapport à
l'État apparaît en conséquence comme une trahison de ce mystère.

B) la bureaucratie, un moteur de déviance du développement des personnalités

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À partir des années 1960, les libéraux du public choice proposent également une critique
de la bureaucratie qui prend la forme d’une analyse critique du comportement des
décideurs publics. Les bureaucrates sont des êtres humains comme les autres : ils
cherchent à maximiser leur utilité sous contrainte.
Dans le modèle de William Niskanen (1971), les bureaucrates maximisent la taille du
budget de leur bureau de façon à augmenter leur rémunération au sens large (influence,
prestige-reconnaissance, moindre risque de manquer les objectifs, etc.). Par conséquent,
les bureaucrates vont produire plus que ce que le politicien et le citoyen souhaitent, et/ou
à un coût plus élevé. Ils peuvent le faire parce que leurs mentors, les politiques qui
déterminent le budget, ne connaissent pas bien le coût réel de ce qu’ils commandent. Bien
sûr, ils vont chercher à contrôler les activités des bureaucrates, l’asymétrie d’information
fragilise souvent ces efforts.
La théorie de l’agence, proposée par Jensen et Meckling en 1976, met en relief le rôle des
asymétries d’informations qui profitent aux fonctionnaires au détriment des missions
confiées par les décideurs politiques, et qui profitent aux décideurs politiques au
détriment des missions que le peuple leur a confiées via le processus électoral.
La bureaucratie s’est universalisée ; aucun Etat ne peut s’en passer.
L’administration a une tendance naturelle à diriger ses affaires publiques et elle tient cette
capacité de son organisation bureaucratique. Mais le système bureaucratique comporte
nombres d’inconvénients. Certains auteurs évoquent des « cercles vicieux bureaucratiques
» pour mettre en exergue l’impersonnalité des règles et des procédures,la centralisation
des décisions, l’isolement de chaque strate ou catégorie hiérarchique, le développement de
pouvoirs parallèles. André Mathiot parle de pathologie de la bureaucratie. Il considère
qu’elle est affectée de quatre maladies : la manie, la myopie, la Paranoïa et la frigidité.
La myopie : enfermée dans son univers limité, le bureaucrate a une vue étroite des
choses et ne tolère pas l’intrus qui vient lui imposer une autre vision. L’impossibilité de
voir loin empêche le bureaucrate de s’adapter aux situations nouvelles ou d’échapper à la
routine.
La paranoïa : elle est définie comme une forme excessive d’orgueil mêlée de
Subjectivisme et de méfiance. Le bureaucrate, dit Mathiot, fier de ses connaissances
Techniques, et des résultats obtenus se glorifie et méprise les critiques. Refusant
d’admettre qu’il s’est trompé, il rejette la responsabilité de ses erreurs sur les politiciens.
La frigidité : Mathiot considère que le bureaucrate est insensible aux désirs et aux
vibrations du corps social.

II) les effets des critiques au modèle d’organisation bureaucratique

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Les critiques au modèle d’organisation bureaucratique ont abouti à une amélioration de
celle-ci (A) pour son adoption ainsi que sa persistance (B).

A) tentative d’amélioration du modèle bureaucratique

Dans son contexte où l’efficacité et l’adaptabilité sont devenues des impératifs pour les
organisations, plusieurs démarches ont été entreprises pour améliorer le modèle
d’organisation bureaucratique.
Ces tentatives visent principalement à surmonter les limites de la rigidité, du manque de
collaboration et de l’inefficacité technologique.
Pour répondre aux critiques,Une des solutions majeures consiste à adopter une structure
organisationnelle plus agile. Cela inclut la décentralisation des décisions permettant aux
équipes de travailler de manière plus autonome.
Les modèles d’organisation horizontale,qui favorisent la collaboration transversale et la
communication directe entre services, peuvent être une alternative efficace pour éviter
les silos d’information.
De plus l’adoption des méthodes de travail peut accélérer les processus d’innovation et
améliorer l’efficacité.
Ces approches permettent de mieux répondre à des problèmes complexes en s’adaptant
rapidement aux changements de contexte la modernisation des outils bureaucratiques est
également essentielle.
Des plateformes collaboratives peuvent faciliter la gestion des projets et la
communication. L’intégration de système numérique interconnectés permet d’optimiser
les flux de travail et de réduire les tâches répétitives.
Enfin une réponse aux critiques passe par une valorisation accrue du capital humain.
Les organisations doivent favoriser le bien être au travail en instaurant des politiques de
flexibilité ,comme le travail hybride ou les horaires adaptés.
Elles doivent aussi investir dans la formation continue pour permettre aux employés de
développer de nouvelles compétences et s’épanouir professionnellement.

B- La persistance du modèle d’organisation bureaucratique

Le modèle bureaucratique, théorisé par Marx weber repose sur une structure
hiérarchique, des règles formelles et une division rigoureuse du travail. Malgré les
critiques qui le qualifient de rigide et inefficace, ce modèle reste dominant dans de
nombreuses organisations publiques et privées. Cette persistance s’explique par son

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efficacité opérationnelle son adaptabilité et la résistance au changement qui caractérise de
nombreuses institutions.
En effet, les différents ouvrages qui ont présenté les analyses de Max Weber ont exposé
l’activité des fonctionnaires, l’augmentation des tâches administratives et la
transformation qualitative de ces tâches. Ils ont souligné les avantages de la bureaucratie :
rationalité des actions ….
Ainsi de nombreux spécialistes ont transformés, volontairement ou involontairement la
théorie wébérienne en doctrine. Pendant que d’autres auteurs définissent le concept de la
bureaucratie et relèvent la nécessité de celle-ci, en plus d’ajouter certains éléments
novateurs à la définition de Weber.
La bureaucratie se distingue par sa capacité a standardiser les processus et à offrir une
prévisibilité dans la gestion des tâches. Les procédures établies permettent une exécution
uniforme des décisions et une répartition claire des rôles et responsabilités. Cette
organisation réduit les ambiguïtés et renforce la stabilité au sein des structures complexes.
Ainsi avec Max Weber , la bureaucratie constitue le symbole même du triomphe de la
raison des sociétés modernes. En effet, malgré les critiques formulés par certains auteurs
en affirmant que trop de règles affectent l’efficience et peuvent créer de nouvelles
contraintes au sein de l’administration, ces règles assurent le fonctionnement rationnel
des organisations. Autrement dit, le modèle bureaucratique repose sur la prééminence du
droit. A ce titre, le besoin de rationalisation de la domination étatique, comme l’a souligné
Max Weber, les sociétés modernes ont besoin l’existence de règles générales et
impersonnelles permettant la prévisibilité au sein de l’administration, capable de
contourner l’exercice arbitraire du pouvoir. C’est en ce sens que West affirme que : « la
structure bureaucratique d’une institution au sein de l’administration publique se réfère à
la dimension formelle >>. Cela implique que ces règles assurent le bon fonctionnement de
la bureaucratie. De surcroît, dans tous les domaines public ou privé, les groupements dits
<< modernes >> nécessitent une bonne réglementation de la bureaucratie. C’est ainsi que
Aucoin mentionne que :<<la bureaucratie qui a été qualifiée comme inefficace vas
toujours demeurer en place,puisqu’elle est une des conditions essentielles pour assurer
une bonne gouvernance >>

8 sur 8

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