Reprise économique mondiale : avril 2024
Reprise économique mondiale : avril 2024
PERSPECTIVES
DE L’ÉCONOMIE
MONDIALE
Reprise stable mais lente :
résilience sur fond de disparités
AVRIL
2024
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
PERSPECTIVES
DE L’ÉCONOMIE
MONDIALE
Reprise stable mais lente :
résilience sur fond de disparités
AVRIL
2024
©2024 Fonds monétaire international
Édition française
Département services intégrés et équipements du FMI,
section française de la division des services linguistiques
Cataloging-in-Publication Data
IMF Library
HC10.80
Mise en garde : Les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont une étude des services
du FMI publiée deux fois par an, au printemps et à l’automne. Rédigées par les services
du FMI, les PEM ont bénéficié des commentaires et suggestions des administrateurs
à l’issue de la séance du conseil d’administration consacrée à l’examen des PEM le
3 avril 2024. Les points de vue exprimés dans cette publication sont ceux des services
du FMI, et ne représentent pas nécessairement ceux du conseil d’administration ou des
autorités nationales qui y sont représentées.
Autres informations x
Données xi
Préface xii
Avant-propos xiii
Résumé xvi
Chapitre 4. Changement de rôles : répercussions économiques réelles des pays émergents du G20 93
Introduction 93
Les pays émergents du G20 dans l’économie mondiale 96
Répercussions globales sur le court terme 100
Répercussions des échanges commerciaux et des chaînes de valeur mondiales 102
Les autres pays émergents du G20 peuvent-ils soutenir la croissance mondiale ? 109
Conclusions et conséquences pour la politique économique 110
Encadré 4.1. Politiques industrielles dans les pays émergents : hier et aujourd’hui 112
Encadré 4.2. Les flux de capitaux vers les pays émergents du G20 et l’énigme de l’allocation 113
Encadré 4.3. Répercussions des pays émergents du G20 en Afrique subsaharienne 114
Bibliographie 115
Appendice statistique 119
Hypothèses 119
Modifications récentes 119
Données et conventions 120
Notes sur les pays 121
Classification des pays 123
Caractéristiques générales et composition des différents groupes de pays dans la classification
des Perspectives de l’économie mondiale 123
Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 2023 125
Tableau B. Pays avancés classés par sous-groupe 126
Tableau C. Union européenne 126
Tableau D. Pays émergents et pays en développement classés par région
et par principale source de recettes d’exportation 127
Tableau E. Pays émergents et pays en développement classés par région, par position extérieure nette,
par appartenance au groupe des pays pauvres très endettés et par revenu par habitant 128
Tableau F. Pays dont la période de déclaration est différente 130
Tableau G. Principaux documents relatifs aux données 131
Encadré A1. Hypothèses de politique économique retenues pour les projections concernant
plusieurs pays 141
Liste des tableaux de l’appendice statistique 145
Production mondiale (tableaux A1–A4) 146
Inflation (tableaux A5–A7) 153
Politiques financières (tableau A8) 158
Commerce extérieur (tableau A9) 159
Transactions courantes (tableaux A10–A12) 161
Balance des paiements et financement extérieur (tableau A13) 168
Flux de ressources (tableau A14) 172
Scénario de référence à moyen terme (tableau A15) 175
Perspectives de l’Économie mondiale : questions d’actualité 177
Examen des perspectives par le conseil d’administration du FMI, avril 2024 187
Tableaux
Tableau 1.1. Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections 9
Tableau 1.2. Aperçu des projections des Perspectives de l’économie mondiale
avec pondération selon les taux de change du marché 11
Tableau 1.2.1. Relance budgétaire comparée aux projections de référence 29
Tableau 4.1. Secteurs enregistrant les répercussions sur l’emploi les plus importantes
dans les pays du G20 108
Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 39
Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et du Pacifique : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 40
Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 41
Tableau de l’annexe 1.1.4. Pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale : PIB réel,
prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage 42
Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays d’Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage 43
Tableau de l’annexe 1.1.6. Production réelle mondiale par habitant : récapitulatif 44
Graphiques
Graphique 1.1. L’inflation mondiale recule alors que la production augmente 2
Graphique 1.2. Résultats en 2022–23 comparés aux projections réalisées à l’époque
de la crise du coût de la vie 2
Graphique 1.3. Travailleurs nés dans le pays et nés à l’étranger dans la population active 3
Graphique 1.4. Pressions sur les chaînes d’approvisionnement et tensions en mer Rouge 3
Graphique 1.5. Prix de l’énergie et offre de pétrole à l’échelle mondiale 4
Graphique 1.6. Baisse des anticipations d’inflation à court terme 4
Graphique 1.7. Ralentissement des marchés du travail 5
Graphique 1.8. Décomposition des moteurs de l’inflation 6
Graphique 1.9. Resserrement monétaire : nominal et réel 6
Graphique 1.10. Épargne accumulée pendant la pandémie : en baisse 7
Graphique 1.11. Écarts de rendement observés sur les obligations souveraines
des pays émergents et des pays en développement 7
Graphique 1.12. Dettes et déficits élevés 8
Graphique 1.13. Projections de politiques monétaire et budgétaire 11
Graphique 1.14. Perspectives de croissance : globalement stable 12
Graphique 1.15. Perspectives d’inflation : en baisse 14
Graphique 1.16. L’inflation s’approche de sa valeur cible 15
Graphique 1.17. Perspectives du commerce mondial : stable 15
Graphique 1.18. Soldes courants et positions extérieures globales 16
Graphique 1.19. Prévisions du PIB mondial et du PIB par habitant 16
Graphique 1.20. Risques géopolitiques et cours du pétrole 18
Graphique 1.21. Rééquilibrage budgétaire plus important que prévu dans la zone euro, 2010–15 19
Graphique 1.22. Confiance dans l’État, le Parlement et les partis politiques 19
Graphique 1.23. Réalisation de tâches humaines par l’IA : quelles performances ? 20
Graphique 1.24. Rééquilibrage budgétaire à moyen terme 23
Graphique 1.25. Facteurs déterminant la notation de la dette souveraine des pays émergents
et des pays en développement 24
Graphique 1.1.1. Effet de la fragmentation sur les échanges 26
Graphique 1.2.1. Distribution probabiliste de l’incertitude entourant les projections de croissance
du PIB et d’inflation au niveau mondial 28
Graphique 1.2.2. Incidence des hypothèses de plusieurs scénarios sur le niveau de PIB
et l’inflation globale 31
Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base 33
Graphique [Link].2. Volatilité des prix des produits de base 35
Graphique 3.3.1. Parts dans l’emploi, par exposition à l’IA et complémentarité avec l’IA 89
Graphique 3.3.2. Effets de l’IA sur la PTF et la production au Royaume-Uni 90
Graphique 4.1. Croissance du PIB à cinq ans 94
Graphique 4.2. Corrélation des surprises spécifiques en matière de croissance entre les pays avancés
et les pays émergents du G20 94
Graphique 4.3. Le poids grandissant des pays émergents du G20 dans les échanges commerciaux
et l’investissement 97
Graphique 4.4. Intégration financière des pays émergents du G20 98
Graphique 4.5. La présence des pays émergents du G20 dans les CVM et dans les produits
de base peut amplifier les répercussions 99
Graphique 4.6. La croissance des pays émergents du G20 est moins volatile et moins tributaire
de chocs extérieurs 100
Graphique 4.7. Répercussions globales des pays du G20 101
Graphique 4.8. Répercussions sur la croissance des pays émergents du G20, par région 102
Graphique 4.9. Répercussions au niveau des entreprises 103
Graphique 4.10. Effets des répercussions sur le PIB par pays émergent du G20 104
Graphique 4.11. Variation de la valeur ajoutée sectorielle et des prix 106
Graphique 4.12. Quel est l’impact mondial d’un scénario favorable dans les pays émergents du G20
sur le PIB réel ? 110
Graphique 4.1.1. L’augmentation des subventions intérieures et leur effet sur les exportations 112
Graphique 4.2.1. Flux de capitaux vers les pays émergents : l’énigme de l’allocation revisitée 113
Graphique 4.3.1. Rôle des pays émergents du G20 en Afrique subsaharienne 114
Les projections de la présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) reposent sur un certain nombre
d’hypothèses. On suppose que les taux de change effectifs réels resteront constants aux niveaux moyens observés entre le
30 janvier et le 27 février 2024, et que les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change euro-
péen II resteront constants en valeur nominale par rapport à l’euro ; que les politiques économiques nationales actuelles
seront maintenues (en ce qui concerne les hypothèses relatives aux politiques budgétaires et monétaires de certains
pays, voir l’encadré A1 de l’appendice statistique) ; que le cours moyen du baril de pétrole sera de 78,61 dollars le
baril en 2024, et de 73,68 dollars le baril en 2025 ; que le rendement des obligations d’État à trois mois s’établira en
moyenne à 5,2 % en 2024 et à 4,1 % en 2025 pour les États-Unis, à 3,5 % en 2024 et à 2,6 % en 2025 pour la zone
euro, et à 0,0 % en 2024 et à 0,1 % en 2025 pour le Japon ; enfin, que le rendement des obligations d’État à 10 ans
s’établira en moyenne à 4,1 % en 2024 et à 3,7 % en 2025 pour les États-Unis, à 2,5 % en 2024 et à 2,6 % en 2025
pour la zone euro, et à 1,0 % en 2024 et 1,1 % en 2025 pour le Japon. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail
plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute aux marges d’erreur inhérentes à toute projection. Les
estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au 1er avril 2024.
Les conventions suivantes sont utilisées dans la présente étude :
• ... indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes.
• – entre des années ou des mois (par exemple 2023–24 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la pre-
mière à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement.
• / entre deux années (par exemple 2023/24) indique un exercice budgétaire (financier).
• Sauf indication contraire, lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis.
• Par « points de base », on entend un centième de point (de pourcentage). Ainsi, 25 points de base équivalent à
¼ de point (de pourcentage).
• Les données portent sur les années civiles, sauf dans le cas de quelques pays qui utilisent les exercices budgé-
taires. Veuillez consulter le tableau F de l’appendice statistique, qui énumère les pays dont les périodes de décla-
ration pour les comptes nationaux et les finances publiques sont différentes.
• Pour certains pays, les données de 2023 et des années antérieures sont établies à partir d’estimations, et non
de chiffres effectifs. Veuillez consulter le tableau G de l’appendice statistique, qui donne pour chaque pays les
dernières données réelles pour les indicateurs des comptes nationaux, des prix, des finances publiques et de la
balance des paiements.
Ce qui est nouveau dans la présente édition :
• Les projections pour le secteur budgétaire de l’Équateur ne sont pas publiées pour la période 2024–29, en raison
d’entretiens en cours au titre de programmes.
• Le Viet Nam a été retiré du groupe des pays en développement à faible revenu (PDFR) et ajouté à celui des pays
émergents et pays à revenu intermédiaire (PE&PRI).
• Concernant la Cisjordanie et Gaza, les données pour 2022–23, précédemment écartées de la publication en
raison d’ajustements méthodologiques apportés aux séries statistiques, sont désormais publiées. Les projections
pour 2024–29 ne sont pas publiées, du fait d’un degré d’incertitude exceptionnellement élevé.
Corrections et révisions
Les données et analyses figurant dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont établies par les services
du FMI au moment de la publication du rapport. Les services du FMI s’attachent à assurer leur ponctualité,
leur exactitude et leur exhaustivité. Lorsque des erreurs sont notées, des corrections et révisions sont incluses
dans les éditions numériques qui sont disponibles sur le site Internet du FMI et dans sa bibliothèque en ligne
(voir ci-dessous). Tous les changements de fond figurent dans la table des matières en ligne.
Veuillez télécharger un exemplaire PDF gratuit du rapport et des ensembles de données pour chacun des gra-
phiques y figurant sur le site Internet du FMI à l’adresse [Link] ou scannez le
code QR ci-dessous pour accéder directement à la page d’accueil des Perspectives de l’économie mondiale.
Copyright et réutilisation
Des informations sur les modalités de réutilisation du contenu de la présente publication figurent à l’adresse
[Link]/external/[Link].
La présente édition des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) peut être consultée en version intégrale sur le site
de la bibliothèque en ligne du FMI ([Link]) et le site Internet du FMI ([Link]). On trouvera
sur ce site un ensemble d’informations (extraites de la base de données) plus étoffé que celui contenu dans le rapport,
sous forme de fichiers renfermant les séries le plus souvent demandées par les lecteurs. Ces fichiers peuvent être télé-
chargés et sont utilisables avec divers logiciels.
Les données figurant dans les PEM sont établies par les services du FMI au moment de la rédaction du rapport.
Les données rétrospectives et les projections reposent sur les informations rassemblées par les économistes chargés des
pays dans le cadre de leurs missions dans les pays membres et de leur analyse permanente de la situation dans chaque
pays. Les données rétrospectives sont mises à jour continuellement à mesure que les informations sont disponibles,
et les interruptions structurelles sont souvent ajustées de manière à produire des séries lisses à l’aide de techniques
d’agrégation, entre autres. Les estimations des services du FMI demeurent des données supplétives pour les séries
rétrospectives lorsque des informations complètes ne sont pas disponibles. En conséquence, les données des PEM
peuvent différer de celles d’autres sources avec des données officielles, y compris les International Financial Statistics
du FMI.
Les données et les métadonnées des PEM sont fournies « telles quelles » et « telles que disponibles », et l’on s’ef-
force d’assurer leur ponctualité, leur exactitude et leur exhaustivité, mais sans pouvoir le garantir. Lorsque des erreurs
sont découvertes, on cherche de manière concertée à les corriger si nécessaire et si possible. Les corrections et les révi-
sions effectuées après la publication sont incluses dans les éditions électroniques disponibles dans la bibliothèque en
ligne du FMI ([Link]) et sur le site Internet du FMI ([Link]). Tous les changements importants
figurent en détail dans les tables des matières en ligne.
Pour des détails sur les modalités d’utilisation de la base de données des PEM, veuillez vous référer au site Internet
du FMI sur les droits d’auteur ([Link]/external/[Link]).
Les demandes de renseignements sur le contenu des PEM et de la base de données y afférentes doivent être adres-
sées par courrier classique ou sur le forum en ligne (le service ne peut répondre aux demandes de renseignements par
téléphone) à :
World Economic Studies Division
Research Department
International Monetary Fund
700 19th Street, NW
Washington, DC 20431, USA
Forum en ligne : [Link]/weoforum
Les projections et l’analyse présentées dans les Perspectives de l’économie mondiale font partie intégrante de la sur-
veillance que le FMI exerce sur l’évolution et les politiques économiques des pays membres, les marchés financiers
internationaux et le système économique mondial. Le rapport sur les perspectives et politiques économiques mondiales
est l’aboutissement d’une étude interdépartementale exhaustive, fondée pour l’essentiel sur les renseignements recueillis
par les services du FMI dans le cadre de leurs consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en
particulier par les départements géographiques (le département Afrique, le département Asie et Pacifique, le dépar-
tement Europe, le département Hémisphère occidental et le département Moyen-Orient et Asie centrale) et divers
départements de soutien : le département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, le département des marchés
monétaires et de capitaux et le département des finances publiques.
L’analyse que présente le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale est coordonnée par le département
des études sous la direction générale de Pierre-Olivier Gourinchas, conseiller économique et directeur du départe-
ment des études. Les travaux ont été dirigés par Petya Koeva Brooks, directrice adjointe du département des études, et
Daniel Leigh, chef de division du département des études. Aqib Aslam, chef de division au sein du département des
études et chef de l’équipe du FMI sur les effets de contagion, a dirigé l’équipe qui a travaillé sur le chapitre 4.
Les principaux collaborateurs de la présente édition ont été Hany Abdel-Latif, Hippolyte Balima,
Nina Biljanovska, Mehdi Benatiya Andaloussi, Alessia De Stefani, Andrés Martin Fernández, Nicolas Fernandez-Arias,
Ashique Habib, Toh Kuan, Nan Li, Chiara Maggi, Rui Mano, Dirk Muir, Alberto Musso, Jean Marc Natal,
Diaa Noureldin, Cedric Okou, Carolina Osorio Buitron, Galip Kemal Ozhan, Andrea Pescatori, Adina Popescu,
Andrea F. Presbitero, Alexandre B. Sollaci et Robert Zymek.
Ont aussi contribué : Maryam Abdou, Gavin Asdorian, Jared Bebee, Christian Bogmans, Luis Brandao-Marques,
Ariadne Checo de los Santos, Yaniv Cohen, Shan Chen, Gabriela Cugat, Eduardo Espuny Diaz, Wenchuan Dong,
Angela Espiritu, Rebecca Eyassu, Pedro de Barros Gagliardi, Michael Gottschalk, Ziyan Han, Carlos van Hombeeck,
Keiko Honjo, Henry Hoyle, Amir Kermani, Camara Kidd, Eduard Laurito, Jungjin Lee, Weili Lin, Jesper Lindé, Barry
Liu, Estelle Xue Liu, Xiaomeng Mei, Jorge Alberto Miranda Pinto, Florian Misch, Prachi Mishra, Carlos Morales,
Joseph Moussa, Cynthia Nyanchama Nyakeri, Emory Oakes, Minnie Park, Manasa Patnam, Manuel Perez-Archila,
Ilse Pertsegaele, Ivan Petrella, Clarita Phillips, Rafael Portillo, Ervin Prifti, Evgenia Pugacheva, Tianchu Qi, Shrihari
Ramachandra, Daniela Rojas, Lorenzo Rotunno, Michele Ruta, Martin Stuermer, Marina Tavares, Nicholas Tong,
Petia Topalova, Pablo Vega Olivares, Isaac Warren, Yarou Xu, Gianluca Yong, Dennis Zhao, Jiaqi Zhao, Canran Zheng,
Dian Zhi et Liangliang Zhu.
Gemma Rose Diaz (du département de la communication) a dirigé l’équipe qui a corrigé le manuscrit anglais,
avec le concours de Michael Harrup en matière de production et de relecture ainsi que de Lucy Scott Morales, de
James Unwin, de Nancy Morrison, du Grauel Group et de Absolute Service, Inc.
Le présent rapport a bénéficié des commentaires et suggestions d’autres départements et des administrateurs, qui
l’ont examiné le 3 avril 2024. Cependant, les projections et les évaluations sont celles des services du FMI et ne doivent
être attribuées ni aux administrateurs, ni aux autorités nationales qu’ils représentent.
L’économie mondiale reste résiliente, mais attendue de la production par rapport aux projections
la croissance est inégale ; de nombreuses d’avant la pandémie) seront moins graves que nous ne le
difficultés se profilent à l’horizon craignions pour la plupart des pays et régions, en particu-
La résilience de l’économie mondiale demeure remar- lier pour les pays émergents, notamment grâce à une so-
quable : la croissance reste stable et l’inflation revient pro- lide croissance de l’emploi. Étonnamment, l’économie des
gressivement à sa cible. Les obstacles ont pourtant été États-Unis a déjà surpassé la tendance prépandémique.
nombreux. En effet, au lendemain de la pandémie, les La résilience de la croissance et l’accélération de la désin-
chaînes d’approvisionnement connaissent des perturba- flation s’expliquent par l’évolution favorable de l’offre, no-
tions ; la Russie mène une guerre en Ukraine qui à son tamment la dissipation des chocs sur les prix de l’énergie
tour déclenche une crise énergétique et alimentaire mon- et le rebond marqué de l’offre de main-d’œuvre soutenu
diale ; l’inflation flambe et en réponse, la politique mo- par des flux d’immigration importants dans de nombreux
nétaire est resserrée de manière synchronisée partout dans pays avancés. Des mesures décisives sur le plan de la poli-
le monde. tique monétaire, ainsi qu’une amélioration des cadres d’ac-
Toutefois, en dépit de bien des prédictions pessimistes, tion en la matière et dans d’autres domaines, en particulier
le monde a échappé à une récession, le système bancaire dans les pays émergents et les pays en développement, ont
s’est montré globalement résilient et les principaux pays contribué à ancrer les anticipations d’inflation. Comme le
émergents et pays en développement n’ont pas connu soutient le chapitre 2 du présent rapport, il se peut toute-
d’arrêt brutal de l’activité. De plus, malgré sa sévérité et la fois que la transmission de la politique monétaire ait été
crise du coût de la vie qu’elle a engendrée, la poussée de plus modérée dans des pays comme les États-Unis, où la
l’inflation n’a pas provoqué de spirales prix–salaires non part croissante de crédits hypothécaires à taux fixe et le
maîtrisées (voir l’édition d’octobre 2022 des Perspectives moindre taux d’endettement des ménages depuis la crise
de l’économie mondiale). Au contraire, l’inflation continue financière mondiale pourraient avoir jusqu’ici amorti l’im-
de baisser quasiment aussi vite qu’elle n’a augmenté. pact sur la demande globale.
En glissement annuel, la croissance mondiale a atteint Malgré ces évolutions bienvenues, de nombreuses dif-
son point le plus bas, 2,3 %, à la fin de 2022, peu après ficultés persistent et des mesures décisives s’imposent.
que le taux médian d’inflation globale eut atteint un pic de Premièrement, bien que les tendances de l’inflation
9,4 %. D’après les dernières projections, la croissance pour soient encourageantes, il reste encore du chemin à par-
2024 et 2025 restera stable autour de 3,2 %, et le taux mé- courir. La hausse qu’indiquent les derniers taux d’infla-
dian d’inflation globale baissera, passant de 2,8 % à la fin tion globale et d’inflation hors énergie et alimentation est
de 2024 à 2,4 % à la fin de 2025. La plupart des indica- quelque peu préoccupante. Cela pourrait être temporaire,
teurs semblent annoncer un atterrissage en douceur. mais la vigilance reste de mise. Les progrès sur le plan de
La réaction des marchés à la perspective d’un desserre- l’inflation sont en grande partie imputables à la baisse
ment de la politique monétaire par les banques centrales des prix de l’énergie et de l’inflation des biens en deçà
fut manifeste. Les conditions financières se sont assou- de sa moyenne historique. Cette dernière a été favorisée
plies, la valorisation des actions est montée en flèche, les tant par l’atténuation des perturbations de la chaîne d’ap-
flux de capitaux vers la plupart des pays émergents et des provisionnement que par la baisse des prix à l’exporta-
pays en développement, à l’exception de la Chine, ont été tion depuis la Chine. En revanche, l’inflation des services
dynamiques et certains pays préémergents et pays à faible reste élevée (obstinément élevée dans certains cas), ce qui
revenu ont regagné un accès aux marchés (voir l’édition pourrait faire dérailler la désinflation. La priorité reste
d’avril 2024 du Rapport sur la stabilité financière dans le donc de ramener l’inflation à la cible fixée.
monde). Deuxièmement, cette vue d’ensemble peut masquer de
Plus encourageant encore, selon nos estimations, les grandes disparités entre les pays. Certes, la récente perfor-
séquelles économiques de la pandémie (soit la baisse mance exceptionnelle des États-Unis est impressionnante
et constitue un vrai moteur de croissance mondiale, mais inquiétante. La croissance de ces pays est révisée à la
elle est fortement tributaire de facteurs relatifs à la de- baisse, tandis que leur inflation est révisée à la hausse.
mande, dont une orientation budgétaire incompatible Pire encore, contrairement à la plupart des autres régions,
avec une viabilité des finances publiques à long terme les estimations relatives aux séquelles économiques subies
(voir l’édition d’avril 2024 du Moniteur des finances par les pays en développement à faible revenu, y compris
publiques). Ceci fait peser des risques, à court terme, sur certains de grande taille, ont été révisées à la hausse, ce
le processus de désinflation et, à plus long terme, sur la qui indique que les pays les plus pauvres peinent encore
santé budgétaire et la stabilité financière de l’économie à tourner la page de la pandémie et de la crise du coût de
mondiale en contribuant potentiellement à la hausse des la vie. En outre, les conflits continuent d’entraîner des
coûts de financement. Il faudra procéder à des arbitrages. pertes en vies humaines et d’augmenter l’incertitude. Ces
Dans la zone euro, la croissance s’accélérera cette pays devraient entreprendre des réformes structurelles
année, mais à partir de niveaux très bas : les effets pro- pour promouvoir des investissements intérieurs et des in-
longés d’une politique monétaire restrictive et des coûts vestissements directs étrangers propices à la croissance et
antérieurs de l’énergie, ainsi que le rééquilibrage budgé- renforcer la mobilisation de ressources intérieures, ce qui
taire prévu, freinent l’activité économique. Si la crois- contribuerait à gérer le coût des emprunts, à réduire les
sance des salaires reste élevée et que l’inflation des services besoins de financement et à réaliser les objectifs de déve-
persiste, le retour de l’inflation au niveau cible pourrait loppement. Ils doivent également s’atteler à améliorer le
être retardé. Toutefois, contrairement aux États-Unis, on capital humain de leur vaste jeune population.
ne voit guère de signe de surchauffe et la Banque centrale Troisièmement, alors même que l’inflation recule, les
européenne devra orchestrer avec soin un assouplisse- taux d’intérêt réels ont augmenté et la dynamique de la
ment monétaire progressif afin d’éviter un ralentissement dette souveraine est devenue moins favorable, en par-
excessif de la croissance et une inflation inférieure à l’ob- ticulier aux pays émergents très endettés. Les pays de-
jectif fixé. La solidité apparente des marchés du travail vraient s’employer à la reconstitution de leur marge de
pourrait être illusoire s’il s’avère que les entreprises euro- manœuvre budgétaire. Lorsqu’il est crédible, le rééqui-
péennes thésaurisent la main-d’œuvre en prévision d’une librage budgétaire contribue à réduire les coûts de finan-
reprise de l’activité et que cette dernière finit par ne pas se cement et à améliorer la stabilité financière. Cela devrait
concrétiser. être une priorité dans un monde où les chocs défavo-
L’économie chinoise pâtit d’un fléchissement per- rables de l’approvisionnement sont plus fréquents et les
sistant de son secteur immobilier. Les phases d’essor et finances publiques sont davantage sollicitées, notam-
d’effondrement du crédit ne se résolvent jamais rapide- ment pour la protection sociale, l’adaptation climatique,
ment et celle-ci ne fait pas exception. La demande in- la transformation numérique, la sécurité énergétique et
térieure demeurera léthargique pour quelque temps en- la défense. Or, comme nous l’avions montré dans l’édi-
core, à moins que des mesures et des réformes décisives tion d’avril 2023 des Perspectives de l’économie mondiale,
ne s’attaquent aux causes profondes. La dynamique de cela n’est jamais aisé. Le rééquilibrage budgétaire a plus
la dette publique n’est guère rassurante non plus, sur- de chances de réussir quand il est crédible et entrepris en
tout si la crise immobilière se mue en crise des finances période de croissance économique, plutôt que quand les
publiques des administrations locales. La contraction de marchés en dictent les conditions. Dans les pays où l’in-
la demande intérieure pourrait provoquer une hausse des flation est sous contrôle et qui s’engagent sur une voie
excédents extérieurs. Cela risque d’exacerber les tensions réaliste pour reconstituer leur marge de manœuvre bud-
commerciales dans un contexte géopolitique déjà tendu. gétaire en quelques années, la politique monétaire peut
En même temps, beaucoup d’autres pays émergents et promouvoir l’activité. À ce sujet, l’épisode de rééqui-
de pays en développement ont le vent en poupe, certains librage budgétaire et d’assouplissement monétaire mené
surfant sur la reconfiguration des chaînes d’approvision- en 1993 aux États-Unis constitue un exemple à suivre.
nement mondiales et la montée des tensions commer- Quatrièmement, les perspectives de croissance à moyen
ciales entre la Chine et les États-Unis. Comme le montre terme restent historiquement faibles. Le chapitre 3 du
le chapitre 4 du présent rapport, l’empreinte de ces pays rapport propose une analyse approfondie des différents
sur l’économie mondiale s’étend et leur rôle dans la crois- facteurs de ce ralentissement : il est principalement im-
sance mondiale ira grandissant dans les années à venir. putable à une décélération de la croissance de la pro-
La divergence croissante entre beaucoup de pays en ductivité globale des facteurs. Cela s’explique en grande
développement à faible revenu et le reste du monde est partie par un accroissement de la mauvaise allocation du
capital et de la main-d’œuvre au sein des secteurs et des comme en témoigne la baisse de l’empreinte carbone de
pays. Accélérer l’allocation des ressources et en rehausser la croissance depuis quelques décennies. Néanmoins, les
l’efficience peuvent contribuer à stimuler la croissance. émissions continuent d’augmenter. Il faudrait faire beau-
L’intelligence artificielle nourrit beaucoup d’espoirs quant coup plus et vite. Le rythme d’accroissement de l’inves-
au rôle qu’elle peut jouer dans la réalisation de gains im- tissement vert est bon dans les pays avancés et en Chine.
portants de productivité à moyen terme. Ces espoirs La réduction des subventions néfastes liées aux combus-
pourraient se concrétiser, mais il existe un risque élevé de tibles fossiles peut contribuer à créer l’espace budgétaire
graves perturbations dans les marchés de la main-d’œuvre nécessaire pour d’autres investissements verts. Les autres
et de la finance. Pour que l’intelligence artificielle profite pays émergents et les pays en développement doivent
à tous, les pays doivent améliorer leur infrastructure nu- consentir le plus grand effort en accélérant considérable-
mérique, investir dans le capital humain et s’entendre sur ment la croissance des investissements verts, tout en ré-
des règles mondiales dans ce domaine. Les perspectives de duisant l’investissement dans les combustibles fossiles.
croissance à moyen terme sont également compromises Pour cela, ils auront besoin de transferts technologiques
par une fragmentation géoéconomique grandissante et de la part des pays avancés et de la Chine et de finance-
une augmentation des mesures restrictives de politiques ments importants dont l’essentiel proviendrait du secteur
commerciale et industrielle depuis 2019. Il en résulte déjà privé, mais une partie devrait être assortie de conditions
une transformation des liens commerciaux mondiaux qui concessionnelles.
pourrait entraîner des pertes d’efficience. Mais les effets Sur ces points, comme sur tant d’autres, les espoirs de
plus pernicieux s’étendent à la coopération mondiale et au progrès sont minces en dehors des cadres multilatéraux et
multilatéralisme. en l’absence d’une coopération.
Enfin, d’énormes investissements sont indispensables
pour garantir un avenir climatorésilient et vert. La ré- Pierre-Olivier Gourinchas
duction des émissions est compatible avec la croissance, Conseiller économique
L’économie mondiale a fait preuve d’une résilience les pays avancés retrouveraient leur niveau cible plus rapi-
étonnante durant la période de désinflation mondiale dement que les pays émergents et les pays en développe-
de 2022–23. Contrairement aux craintes d’une stagfla- ment. Selon les toutes dernières prévisions, la croissance
tion et d’une récession mondiale, l’activité économique mondiale s’établirait à 3,1 % à l’horizon de cinq ans, le
s’est accélérée de façon régulière, parallèlement au recul niveau le plus faible enregistré depuis plusieurs dizaines
de l’inflation partout dans le monde après le pic de 2022. d’années. Le rythme de convergence des pays à faible re-
La croissance de l’emploi et des revenus est restée stable, venu et des pays à revenu intermédiaire vers des niveaux
en raison d’une évolution favorable côté demande (entre de vie plus élevés a ralenti, laissant transparaître la per-
autres, les dépenses publiques et la consommation des sistance des disparités économiques à l’échelle mondiale.
ménages ont été plus élevées que prévu) et d’une expan- Comme indiqué dans le chapitre 3, les perspectives rela-
sion côté offre liée notamment à la hausse inattendue tivement maussades à moyen terme tiennent au recul de
du taux d’activité. La résilience imprévue de l’économie la croissance du PIB par habitant qui résulte, en partie,
en dépit des relèvements considérables de taux par les des frictions structurelles bien ancrées qui entravent la ré-
banques centrales pour rétablir la stabilité des prix résulte orientation du travail et du capital aux entreprises pro-
aussi de la capacité des ménages, dans les principaux pays ductives. Le chapitre 4 explique pourquoi la détérioration
avancés, à puiser dans l’épargne considérable accumulée des perspectives de croissance en Chine et dans d’autres
durant la pandémie. De plus, comme l’explique le cha- grands pays émergents, compte tenu du rôle grandissant
pitre 2, les évolutions sur les marchés des hypothèques de ce groupe dans l’économie mondiale, pèsera sur celles
et du logement au cours des dix années de bas taux d’in- de leurs partenaires commerciaux.
térêt qui l’ont précédée ont amorti l’impact à court terme Les risques qui pèsent sur les perspectives de crois-
des relèvements des taux directeurs. À mesure que l’in- sance mondiale sont à présent globalement équilibrés.
flation converge vers les niveaux cibles et que les banques S’agissant des risques de révision à la baisse des prévi-
centrales assouplissent leur politique monétaire dans un sions, de nouvelles flambées de prix résultant des ten-
grand nombre de pays, le durcissement de la politique sions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et
budgétaire visant à réduire la dette publique élevée, axée le conflit à Gaza et en Israël, conjuguées à une inflation
sur une augmentation des impôts et une baisse des dé- hors énergie et alimentation tenace là où les marchés de
penses publiques, devrait peser sur la croissance. l’emploi restent tendus, pourraient faire grimper les an-
La croissance mondiale, estimée à 3,2 % en 2023, de- ticipations de taux d’intérêt et faire baisser les prix des
vrait maintenir le même rythme en 2024 et 2025. Les actifs. Une désinflation au rythme hétérogène parmi les
prévisions pour 2024 ont été révisées à la hausse de 0,1 principales puissances économiques pourrait aussi en-
point de pourcentage depuis l’édition de janvier 2024 de traîner des variations de change qui mettraient le secteur
la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale, et de financier sous pression. Les taux d’intérêt élevés pour-
0,3 point de pourcentage depuis l’édition d’octobre 2023 raient faire ralentir l’économie davantage que prévu, car
des Perspectives de l’économie mondiale (PEM). Le rythme la révision des prêts hypothécaires à taux fixe et l’endet-
de l’expansion économique est lent au regard des ten- tement élevé des ménages pourraient causer des tensions
dances historiques, en raison de facteurs à court terme, financières. En Chine, à défaut d’une solution complète
comme les coûts encore élevés de l’emprunt et le retrait aux multiples difficultés du secteur de l’immobilier, la
de l’appui budgétaire, d’effets à plus long terme liés à la croissance pourrait s’essouffler et pénaliser les partenaires
COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une commerciaux du pays. Compte tenu du poids de la dette
faible croissance de la productivité et une fragmentation publique dans beaucoup de pays, des relèvements d’im-
géoéconomique plus marquée. L’inflation globale au ni- pôts et des réductions de dépenses abrupts pourraient
veau mondial devrait passer d’une moyenne annuelle de affaiblir l’activité, ébranler la confiance et saper la dyna-
6,8 % en 2023 à 5,9 % en 2024, puis à 4,5 % en 2025 ; mique des réformes et des dépenses visant à réduire les
risques liés au changement climatique. La fragmenta- veillant à ce que l’assouplissement de leur politique ne soit
tion géoéconomique pourrait s’amplifier et entraver da- ni prématuré, ni tardif, ce qui les pousserait à manquer
vantage la circulation des biens, des capitaux et des per- les objectifs fixés. Parallèlement à l’orientation moins res-
sonnes causant ainsi un ralentissement côté demande. trictive des banques centrales, il conviendra de mettre de
S’agissant des risques de révision à la hausse des projec- nouveau l’accent sur le rééquilibrage budgétaire à moyen
tions, une politique budgétaire dont la souplesse serait terme afin de reconstituer une marge de manœuvre bud-
supérieure aux exigences et aux hypothèses des prévisions gétaire, réaliser les investissements prioritaires et garantir
pourrait à court terme favoriser la croissance, mais ris- la viabilité de la dette. Les mesures adoptées doivent être
querait d’entraîner par la suite des ajustements plus coû- bien calibrées pour tenir compte des différences entre les
teux. Si le taux d’activité progresse davantage et que, par pays. Une intensification des réformes visant à stimuler
conséquent, l’inflation chute plus vite que prévu, l’assou- l’offre favoriserait la réduction de l’inflation et de la dette,
plissement envisagé par les banques centrales pourrait se permettrait de rapprocher la croissance de sa moyenne
concrétiser. L’intelligence artificielle et des réformes struc- prépandémique et accélérerait la convergence vers de
turelles plus vigoureuses que prévu pourraient accroître la meilleurs niveaux de revenus. La coopération multilatérale
productivité. s’impose pour contenir les coûts et les risques liés à la frag-
Alors que l’économie mondiale amorce un atterrissage mentation géoéconomique et au changement climatique,
en douceur, la priorité à court terme pour les banques accélérer la transition vers l’énergie verte et faciliter la re-
centrales est de maîtriser l’inflation sans à-coups, en structuration de la dette.
Une désinflation sur fond de résilience économique revenu intermédiaire, ont le plus dépassé les attentes, leur
demande globale étant soutenue par une consommation
L’économie mondiale a fait preuve d’une résilience
privée plus élevée que prévu dans un contexte de pénu-
étonnante durant la période de désinflation mondiale
ries de main-d’œuvre persistantes, bien que de moins
de 2022–23. La croissance de l’emploi et des revenus est
en moins fortes. Dans les pays avancés, les ménages ont
restée stable alors que l’évolution favorable de la demande
financé leurs dépenses en puisant dans l’épargne qu’ils
et de l’offre a soutenu les grandes économies, même si
avaient accumulée pendant la pandémie. En outre, des
les banques centrales ont relevé leurs taux d’intérêt en
dépenses publiques plus élevées que prévu ont soutenu
vue de rétablir la stabilité des prix. À mesure que l’infla-
l’accroissement de la demande globale dans la plupart
tion converge vers les niveaux cibles et que les banques
des régions. L’orientation générale de la politique budgé-
centrales assouplissent leur politique monétaire, le tour
taire, mesurée par le solde budgétaire structurel, a été,
de vis budgétaire visant à réduire la dette publique élevée,
en moyenne, plus expansionniste qu’attendu. Parmi les
axé sur une augmentation des impôts et une baisse des
grandes économies, on estime que le soutien budgé-
dépenses publiques, devrait peser sur la croissance. Le
taire supplémentaire par rapport aux prévisions des PEM
rythme de l’expansion économique devrait lui aussi
d’octobre 2022 s’est élevé à 2 % du PIB aux États-Unis
rester lent au regard des tendances historiques sous l’ef-
et 0,2 % du PIB dans la zone euro, tandis qu’en Chine1
fet de différents facteurs, notamment les conséquences à
l’orientation de la politique budgétaire a été légèrement
long terme de la pandémie de COVID-19, l’invasion de
plus restrictive que prévu, de 0,7 % du PIB. C’est dans
l’Ukraine par la Russie, la faible croissance de la producti-
la zone euro que les révisions à la hausse ont été les plus
vité et une fragmentation géoéconomique plus marquée.
faibles, en raison du peu de confiance des consomma-
À la fin de 2023, l’inflation globale s’est approchée
teurs et des effets persistants des prix élevés de l’énergie.
du niveau enregistré avant la pandémie dans la plupart
Parallèlement, l’inflation globale à l’échelle mondiale a
des pays pour la première fois depuis l’envolée mondiale
reculé conformément aux attentes dans l’ensemble, pour
de l’inflation (graphique 1.1). Dans les pays avancés, au
atteindre en moyenne à peine 0,1 point de pourcen-
dernier trimestre 2023, l’inflation globale s’établissait à
tage de plus que prévu dans l’édition d’octobre 2022 des
2,3 % en glissement trimestriel annualisé, après avoir
PEM pour 2022 et 2023. Dans les pays à faible revenu,
culminé à 9,5 % au deuxième trimestre 2022. Dans les
cependant, l’inflation a été en moyenne supérieure
pays émergents et les pays en développement, l’inflation a
aux prévisions, les répercussions sur les prix intérieurs
atteint 9,9 % au dernier trimestre 2023, après un pic de
des cours internationaux des denrées alimentaires, des
13,7 % au premier trimestre 2022, mais cette moyenne
combustibles et des engrais, ainsi que de la dépréciation
s’explique par une inflation élevée dans quelques pays ;
des monnaies, ayant parfois été plus fortes que prévu.
dans les pays émergents et les pays en développement
Dans certains pays à faible revenu, les pressions sur les
médians, l’inflation a été ramenée à 3,9 %. En dépit de
prix ont été marquées. Ces facteurs ont également provo-
ces progrès, l’inflation n’a pas encore atteint son niveau
qué un ralentissement de la croissance plus prononcé que
cible dans la plupart des pays.
prévu, et semblent indiquer un choc négatif sur l’offre.
Alors que l’inflation reculait partout dans le monde
En Chine, l’inflation a connu une baisse inattendue, qui
après avoir atteint un pic, l’activité économique s’est
résulte d’une forte chute des prix intérieurs des denrées
accélérée de façon régulière, déjouant les craintes d’une
alimentaires et de l’effet de transmission sur l’inflation
stagflation et d’une récession mondiale. En 2022 et
sous-jacente (hors alimentation et énergie).
2023, le PIB réel mondial a connu une hausse cumulée
de 6,7 %, soit 0,8 point de pourcentage de plus que les
1Le périmètre des administrations publiques pour les chiffres relatifs
prévisions de l’édition d’octobre 2022 des Perspectives de
à la dette publique de la Chine est plus étroit que celui des estimations
l’économie mondiale (PEM) (graphique 1.2). Les États- des services du FMI dans les rapports au titre de l’article IV pour la
Unis, ainsi que plusieurs grands pays émergents et pays à Chine (voir FMI 2024 pour un rapprochement des deux estimations).
Graphique 1.1. L’inflation mondiale recule Graphique 1.2. Résultats en 2022–23 comparés aux projections
alors que la production augmente réalisées à l’époque de la crise du coût de la vie
(Écart en pourcentage par rapport aux projections
Monde PA PEPD des PEM d’octobre 2022, sauf indication contraire)
4 0
0
0 –1
–4 –1 –2
Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv.
États-Unis
PE&PRI
hors Chine
Monde
PA
Chine
PDFR
États-Unis
PE&PRI
hors Chine
Monde
PA
Chine
PDFR
ZE
ZE
2018 19 20 21 22 23 24
8 1
4
0
4 2
–1
0 0
–2
Publique
–2 –3
–4 Privée
Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. –4 –4
2018 19 20 21 22 23 24
PE&PRI
hors Chine
PE&PRI
hors Chine
États-Unis
Monde
PA
Chine
PDFR
États-Unis
Monde
PA
Chine
PDFR
ZE
ZE
115 3. PIB réel
(Indice, 2020 : T4 = 100)
110 5 5. Emploi 6. Population active 2
et taux d’activité
105 4
1
100 3
2 0
95
1 –1
90
0
Population active
85 –2
–1 Taux d'activité
2018 : 19 : 20 : 21 : 22 : 23 : 23 :
T1 T1 T1 T1 T1 T1 T4 –2 –3
États-Unis
Monde
PA
Chine
PDFR
États-Unis
Monde
PA
Chine
PDFR
ZE
ZE
PE&PRI
hors Chine
PE&PRI
hors Chine
Graphique 1.3. Travailleurs nés dans le pays Graphique 1.4. Pressions sur les chaînes
et nés à l’étranger dans la population active d’approvisionnement et tensions en mer Rouge
(Indice, janvier 2019 = 100) 1. Pressions sur les chaînes d’approvisionnement
8 16
et coûts du transport maritime
125 1. Amérique du Nord (Écart-type par rapport à la moyenne ; milliers de dollars
États-Unis : nés à l’étranger 6 par conteneur de 12 mètres, échelle de droite) 12
120
États-Unis : nés dans le pays
115 Canada : nés à l’étranger 4 8
Canada : nés dans le pays
110
2 4
105
100 0 0
Indice de pression sur les chaînes d’approvisionnement mondiales
World Container Index (échelle de droite)
95 –2 –4
Janv. Janv. Janv. Janv. Févr.
90 2020 21 22 23 24
Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv.
2019 20 21 22 23 24 2. Volume du commerce de transit
100 (Variation en pourcentage, en glissement annuel,
125 2. Europe moyennes mensuelles)
75
Royaume-Uni : nés à l’étranger
120
Royaume-Uni : nés dans le pays Canal de Suez Cap de Bonne-Espérance
50
115 Zone euro : nés à l’étranger
Zone euro : nés dans le pays
25
110
105 0
100 –25
95 –50
Janv. Janv. Janv. Janv. Janv.
90 2020 21 22 23 24
Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv.
2019 20 21 22 23 24
Sources : Banque fédérale de réserve de New York ; FMI, PortWatch ; Haver
Sources : Bureau of Labor Statistics des États-Unis ; Eurostat ; Haver Analytics ; Analytics ; calculs des services du FMI.
calculs des services du FMI.
Graphique 1.5. Prix de l’énergie Graphique 1.6. Baisse des anticipations d’inflation à court terme
et offre de pétrole à l’échelle mondiale (En pourcentage)
4
100 Effectif
Prévisions des PEM d’octobre 2022
0 2
2019 : T4 20 : T4 21 : T4 22 : T4 23 :
T4
Graphique 1.7. Ralentissement des marchés du travail qui semble indiquer une modération des salaires réels
(corrigés de l’inflation). Dans ces pays, les salaires réels
10 1. Taux de chômage
(En pourcentage) sont désormais proches de leur niveau d’avant la pandé-
8 Données les plus récentes Niveau le plus bas mie, ou légèrement inférieurs. On n’a généralement pas
observé de spirales prix–salaires, à savoir des périodes
6 durables pendant lesquelles prix et salaires accélèrent de
pair. Il n’en reste pas moins que les salaires les plus faibles
4
ont augmenté plus rapidement que la moyenne depuis le
2
début de la pandémie, ce qui a eu pour effet de compri-
mer la distribution des salaires.
0 Le rôle de ces différents facteurs dans la réduction
AUS
CAN
JPN
KOR
GBR
HUN
IND
MEX
POL
TUR
ZE
USA
Graphique 1.8. Décomposition des moteurs de l’inflation Graphique 1.9. Resserrement monétaire : nominal et réel
(Écart en points de pourcentage par rapport à décembre 2019 ; (En pourcentage)
inflation moyenne sur trois mois, annualisée)
États-Unis Zone euro Japon
Effets de transmission Autres pays avancés Chine Brésil
Chocs d’inflation globale Anticipations à long terme Chili Autres PEPD
Inflation hors alimentation et énergie Pénurie de main-d’œuvre
Reliquat 14 1. Taux directeur nominal
8 1. États-Unis 8 12
10
4 4 8
6
0 0
4
2
–4 –4
0
Janv. 2020 Janv. 21 Janv. 22 Janv. 23 Janv.
–8 –8 24
Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv. Janv.
2020 21 22 23 24 2020 21 22 23 24 12 2. Taux directeur réel
12 2. Zone euro 12 8
8 8 4
0
4 4
–4
0 0
–8
Janv. 2020 Janv. 21 Janv. 22 Janv. 23 Janv.
–4 –4 24
Janv. Janv. Janv. Janv. Déc. Janv. Janv. Janv. Janv. Déc.
2020 21 22 23 23 2020 21 22 23 23 Sources : Banque des règlements internationaux ; Consensus Economics ; Haver
Analytics ; calculs des services du FMI.
16 3. Royaume-Uni 16 Note : L’échantillon comprend 16 PA et 65 PEPD. Les agrégats « autres » sont des
médianes. Les taux réels sont calculés en retranchant des taux directeurs
12 12 nominaux les anticipations d’inflation à 12 mois, calculées à partir des enquêtes
auprès des prévisionnistes professionnels de Consensus Forecast. Les anticipations
d’inflation à 12 mois sont construites comme étant la somme pondérée des
8 8 prévisions de l’année civile en cours et des suivantes (voir Buono et Formai, 2018).
PA = pays avancés ; PEPD = pays émergents et pays en développement.
4 4
0 0
directeurs ne s’est pas concrétisée, et ce pour plusieurs
–4 –4 raisons. Premièrement, certaines banques centrales, y
Janv. Janv. Janv. Janv. Déc. Janv. Janv. Janv. Janv. Déc.
2020 21 22 23 23 2020 21 22 23 23
compris la Banque centrale européenne et la Réserve
fédérale, ont relevé leur taux d’intérêt nominal après que
Source : calculs des services du FMI. les anticipations d’inflation ont commencé à augmen-
Note : L’inflation hors alimentation et énergie correspond ici à un taux médian ter, ce qui a résulté en des taux d’intérêt réels plus faibles
pondéré. La méthode employée est celle de Dao et al. (2023) et Ball, Leigh et
Mishra (2022). et, dans un premier temps, a soutenu l’activité écono-
mique (graphique 1.9). La Banque du Japon a main-
tenu son taux directeur proche de zéro, ce qui a ainsi
hausse des coûts de l’emprunt et du passage au télétra- fait régulièrement diminuer les taux d’intérêt réels. En
vail depuis la pandémie (voir l’édition d’avril 2024 du revanche, les banques centrales du Brésil, du Chili et
Rapport sur la stabilité financière dans le monde). de plusieurs autres pays émergents et pays en dévelop-
Toutefois, la crainte d’un ralentissement de l’éco- pement ont relevé leurs taux relativement rapidement,
nomie mondiale provoqué par une forte hausse des taux ce qui a fait augmenter plus tôt les taux d’intérêt réels.
12 2 500
2017–19
10 Juillet 2022
2 000 Janvier 2024
8
6
1 500
4
2
1 000
0
États-Unis Royaume-Uni
–2 Zone euro Canada 500
Australie
–4
2019 : T4 20 : T4 21 : T4 22 : T4 23 :
T4 0
PE d’Asie PE d’Europe ALC MOAC AfSS
Sources : de Soyres, Moore et Ortiz, 2023 ; calculs des services du FMI. Sources : Bloomberg Finance L.P. ; calculs des services du FMI.
Note : L’épargne excédentaire correspond à l’écart par rapport au taux d’épargne Note : Pour chaque région, la boîte représente les quartiles supérieur et inférieur,
prévu à l’aide d’une tendance de Hamilton. L’accumulation commence au premier et les repères noirs indiquent les médianes. Les moustaches donnent les valeurs
trimestre 2020. La zone euro comprend l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie. maximale et minimale bornant un intervalle dont la longueur est égale à 1,5 fois
l’écart entre le quartile supérieur et le quartile inférieur. L’axe des ordonnées
n’indique pas de valeur supérieure à 2 500 points de base. AfSS = Afrique
subsaharienne ; ALC = Amérique latine et Caraïbes ; MOAC = Moyen-Orient et
Deuxièmement, les ménages des principaux pays avan- Asie centrale ; PE = pays émergents.
cés ont été en mesure de puiser dans une épargne consi-
dérable, accumulée durant la pandémie, pour limiter les
conséquences de la hausse des coûts d’emprunt sur leurs et, alors que les anticipations d’inflation baissent, les taux
dépenses (graphique 1.10)2. Troisièmement, comme directeurs réels augmentent, y compris dans les pays où
cela est expliqué au chapitre 2, l’évolution des marchés les banques centrales n’ont pas changé les taux nominaux.
hypothécaire et du logement au cours des dix années Dans le même temps, dans la mesure où l’inflation
de faibles taux d’intérêt qui ont précédé la pandémie a s’approche de son niveau cible, les attentes du marché
amorti l’impact du relèvement récent des taux directeurs quant à une baisse des taux directeurs ont générale-
sur la consommation des ménages dans plusieurs pays. ment contribué à une baisse des taux d’emprunt à long
L’échéance moyenne et la part des prêts hypothécaires terme, à une hausse des marchés boursiers et à un assou-
assortis de taux fixes ont augmenté, ce qui a atténué les plissement des conditions financières mondiales depuis
conséquences à court terme des hausses des taux. Dans le octobre dernier, même si les financements restent plus
même temps, la transmission de la politique monétaire coûteux qu’avant la pandémie (voir l’édition d’avril 2024
aux marchés hypothécaire et du logement est très hétéro- du Rapport sur la stabilité financière dans le monde). Les
gène d’un pays à l’autre. banques centrales qui ont relevé leur taux directeur avant
Il n’en reste pas moins que le ralentissement de l’ac- les autres, notamment au Brésil et au Chili, les ont déjà
tivité économique induit par les taux directeurs élevés sensiblement baissés depuis le deuxième semestre 2023.
s’intensifie dans plusieurs pays. Les prêts hypothécaires à Une baisse des taux d’intérêt est attendue dans les pays
taux fixe connaissent des révisions, le stock de l’épargne avancés, l’appétence pour les actifs dans les pays émer-
accumulée pendant la pandémie permettant d’amortir gents et les pays en développement a augmenté, et les
l’effet sur les ménages a diminué dans les pays avancés, écarts de rendement sur la dette publique sans risque
2Les estimations du stock d’épargne excédentaire des ménages (c’est-
ont reculé après avoir atteint un pic en juillet 2022
à-dire l’accumulation d’épargne au-delà des tendances observées avant et s’approchent de leur niveau d’avant la pandémie
la pandémie) présentent un certain niveau d’incertitude, mais quelles (graphique 1.11). Par conséquent, davantage de pays qui
que soient les méthodes de calcul, elles révèlent généralement que ce étaient autrefois confrontés à de graves pénuries de finan-
stock diminue dans les principaux pays avancés depuis 2022. Les esti-
mations basées sur une tendance linéaire font apparaître une baisse cements ont cette année accès aux marchés internatio-
moins prononcée dans certains pays. naux de la dette.
Graphique 1.12. Dettes et déficits élevés paiement des intérêts représente en moyenne 14,3 % des
recettes des administrations publiques en 2024, soit envi-
États-Unis PA hors États-Unis Chine
PE&PRI hors Chine PDFR
ron deux fois plus qu’il y a 15 ans. Pour reconstituer une
marge de manœuvre budgétaire et freiner l’augmentation
140 1. Dette des administrations publiques de la dette, l’orientation de la politique budgétaire devrait
(En pourcentage du PIB)
120 se resserrer en 2024 et par la suite, plusieurs pays avancés,
100
pays émergents et pays en développement augmentant les
impôts et réduisant les dépenses publiques. Ce recentrage
80
devrait peser sur l’activité économique à court terme.
60
40
20
Perspectives : croissance stable et désinflation
0 Selon les dernières projections, en 2024–25, la crois-
2005 10 15 20 24 sance de l’économie mondiale devrait se poursuivre
à un rythme analogue à celui de 2023, et l’inflation
16 2. Paiements d’intérêts par les administrations publiques
(En pourcentage des recettes globale au niveau mondial et l’inflation hors alimenta-
des administrations publiques) tion et énergie reculer régulièrement. Les prévisions de
12
croissance mondiale ont peu changé depuis l’édition de
janvier 2024 de la Mise à jour des Perspectives de l’éco-
8
nomie mondiale (Mise à jour des PEM), avec quelques
ajustements pour les grandes économies (tableaux 1.1
4
et 1.2), et notamment un nouveau renforcement des
projections pour les États-Unis, compensé par de légères
0 révisions à la baisse dans plusieurs autres pays. Les prévi-
2005 10 15 20 24
sions de croissance mondiale sont cependant plus élevées
8 3. Solde budgétaire des administrations publiques que dans l’édition des PEM d’octobre 2023. Les prévi-
(En pourcentage du PIB)
4 sions d’inflation sont globalement les mêmes que dans
l’édition d’octobre 2023 des PEM, avec une révision à la
0
baisse pour les pays avancés, compensée par une révision
–4 à la hausse pour les pays émergents et les pays en déve-
–8
loppement. Les perspectives à moyen terme de croissance
de la production et du commerce mondiaux restent au
–12 plus bas depuis des décennies, et les pays à faible revenu
–16 et à revenu intermédiaire convergent plus lentement vers
2005 10 15 20 24
des niveaux de vie plus élevés.
Source : calculs des services du FMI. Les prévisions de référence pour l’économie mondiale
Note : PA = pays avancés ; PDFR = pays en développement à faible revenu ; reposent sur un certain nombre de projections concer-
PE&PRI = pays émergents et pays à revenu intermédiaire.
nant les prix des produits de base, les taux d’intérêt et les
politiques budgétaires (graphique 1.13) :
• Projections des prix des produits de base : Comme l’ex-
Une charge de la dette élevée plique le dossier spécial de ce chapitre sur les produits
Les ratios dette/PIB, qui ont fortement augmenté de base, en 2024, les prix des combustibles devraient
durant la pandémie, demeurent élevés, et les défi- chuter en moyenne de 9,7 %, et les cours du pétrole
cits budgétaires importants continuent d’alourdir la de 2,5 % environ. Cette baisse s’explique par une
charge de la dette dans de nombreux pays (voir l’édition capacité inutilisée abondante et une forte augmen-
d’avril 2024 du Moniteur des finances publiques). Le tation de l’offre de la part de pays non membres de
paiement des intérêts sur la dette s’est lui aussi accru en l’OPEP+ (Organisation des pays exportateurs de
part des recettes publiques (graphique 1.12), et a évincé pétrole et autres pays non membres de l’OPEP, dont
les investissements budgétaires nécessaires porteurs de la Russie). Les cours du charbon et du gaz naturel
croissance. Dans les pays à faible revenu, on estime que le devraient poursuivre leur repli après avoir atteint un
intermédiaire (PE&PRI). Les différences par rapport aux projections établies en janvier 2024 et en octobre 2023 pour les PDFR n’incluent pas le Viet Nam
et celles pour les PE&PRI incluent le Viet Nam.
pic, de 25,1 % pour le charbon et 32,6 % pour le Graphique 1.13. Projections de politiques
gaz naturel en 2024, le marché du gaz devenant de monétaire et budgétaire
plus en plus équilibré en raison d’une offre nouvelle,
7 1. Taux directeurs dans plusieurs pays avancés
d’un ralentissement de la demande et de stocks élevés. (En pourcentage, moyenne trimestrielle)
6
Les projections des cours des produits de base hors
5
combustibles sont globalement stables en 2024, les
cours des métaux de base devant afficher une baisse de 4
trielle en Europe et en Chine. Les prix des denrées 2 États-Unis Zone euro
alimentaires devraient diminuer de 2,2 % en 2024. 1 Japon Royaume-Uni
Graphique 1.14. Perspectives de croissance : globalement stable à la hausse de 0,1 point de pourcentage depuis la Mise à
(En pourcentage ; lignes pleines = PEM d’avril 2024, jour des PEM de janvier 2024, et de 0,3 point de pourcen-
lignes tiretées = PEM d’octobre 2023)
tage depuis les PEM d’octobre 2023 (graphique 1.14).
5 1. Croissance dans les PA et les PEPD Néanmoins, la projection de la croissance mondiale en
2024 et 2025 est inférieure à la moyenne annuelle histo-
4 rique (2000–19) de 3,8 %, en raison du durcissement des
3
politiques monétaires et du retrait de dispositifs d’appui
budgétaire, ainsi que d’une faible croissance tendancielle
2 de la productivité. Les pays avancés devraient voir leur
croissance progresser légèrement, principalement sous l’ef-
1 fet d’une reprise dans la zone euro, qui avait connu une
Monde PA PEPD
0
faible croissance en 2023, tandis que les pays émergents
2023 24 25 26 27 28 29 et les pays en développement devraient afficher une crois-
sance stable jusqu’à la fin de 2024 et de 2025, avec des
6 2. Croissance dans les PEPD par région
disparités d’une région à l’autre.
5
4
Prévisions de croissance pour les pays avancés
3
Dans les pays avancés, la croissance devrait être portée
2 de 1,6 % en 2023 à 1,7 % en 2024 et 1,8 % en 2025.
PE d’Asie PE d’Europe
ALC MOAC Par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2024,
1
AfSS les prévisions sont revues à la hausse de 0,2 point de
0 pourcentage pour 2024 et restent identiques pour
2023 24 25 26 27 28 29
2025. La révision à la hausse pour 2024 s’explique par
Source : calculs des services du FMI. une révision de la croissance aux États-Unis, tandis que
Note : AfSS = Afrique subsaharienne ; ALC = Amérique latine et Caraïbes ;
MOAC = Moyen-Orient et Asie centrale ; PA = pays avancés ; PE = pays émergents ;
pour 2025, une révision à la hausse pour les États-Unis
PEPD = pays émergents et pays en développement ; PEM = Perspectives de compense globalement une révision à la baisse compa-
l’économie mondiale. rable dans la zone euro.
• Aux États-Unis, la croissance devrait être portée à
augmenter progressivement, sous l’effet de la convic- 2,7 % en 2024 avant de ralentir à 1,9 % en 2025,
tion accrue que l’inflation va durablement s’approcher alors que le rééquilibrage progressif des finances
de son niveau cible à moyen terme malgré les antécé- publiques et une atténuation des pénuries de main-
dents de déflation dans le pays. d’œuvre ralentissent la demande globale. Pour 2024, la
• Projections de politique budgétaire : Il est attendu que révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage depuis
les autorités des pays avancés durcissent leur poli- la Mise à jour des PEM de janvier 2024 s’explique
tique budgétaire en 2024 (graphique 1.13) et, dans en grande partie par les effets de report statistique
une moindre mesure, en 2025–26. Parmi les grandes d’une croissance plus forte que prévu au quatrième
économies avancées, le ratio solde budgétaire structu- trimestre 2023, auxquels s’ajoute une dynamique plus
rel/PIB devrait s’accroître de 1,9 point de pourcentage vigoureuse qui devrait en partie persister en 2024.
aux États-Unis et de 0,8 point de pourcentage dans la • La croissance dans la zone euro devrait passer d’un
zone euro en 2024. Dans les pays émergents et les pays taux faible estimé à 0,4 % en 2023, dû à une expo-
en développement, l’orientation budgétaire devrait, sition relativement élevée à la guerre en Ukraine, à
en moyenne, être globalement neutre en 2024, et se 0,8 % en 2024, puis 1,5 % en 2025. Cette reprise
durcir de 0,2 point de pourcentage environ en 2025. devrait être tirée par une plus forte consommation des
ménages, à mesure que les effets du choc sur les prix
de l’énergie s’atténuent et qu’une chute de l’inflation
Perspectives : croissance stable mais lente soutient la croissance des revenus réels. Le rythme de
La croissance mondiale, estimée à 3,2 % en 2023, la reprise est revu à la baisse de 0,3 point de pourcen-
devrait maintenir le même rythme en 2024 et 2025 tage pour l’Allemagne aussi bien en 2024 qu’en 2025
(tableau 1.1). Les prévisions pour 2024 ont été révisées en raison d’une faiblesse persistante de la confiance
des consommateurs, mais cet ajustement est largement en 2024 et en 2025 par rapport à janvier. Ce tasse-
compensé par des révisions à la hausse pour plusieurs ment est dû à un ralentissement prévu de la crois-
pays plus petits, notamment la Belgique et le Portugal. sance en Russie, ramenée de 3,2 % en 2024 à 1,8 % en
• Parmi les autres pays avancés, le Royaume-Uni devrait 2025, car les effets des investissements élevés et de la
enregistrer un taux de croissance plus élevé qui passe- consommation privée dynamique, soutenus par l’aug-
rait, selon les estimations, de 0,1 % en 2023 à 0,5 % en mentation des salaires dans un contexte de pénurie
2024, à mesure que les effets négatifs décalés des prix de main-d’œuvre, s’estompent. En Türkiye, selon les
élevés de l’énergie s’estompent, puis à 1,5 % en 2025, projections, la croissance va s’établir à 3,1 % en 2024
lorsque la désinflation permettra d’assouplir les condi- et 3,2 % en 2025, l’activité économique se renforçant
tions financières et de redresser les revenus réels. Au au deuxième semestre 2024 alors que le resserrement
Japon, selon les estimations, la production devrait ralen- de la politique monétaire arrive à son terme et que la
tir, allant de 1,9 % en 2023 à 0,9 % en 2024 et 1 % en consommation commence à reprendre.
2025, en raison de la dissipation de facteurs ponctuels • En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance
qui ont soutenu la croissance en 2023, notamment une devrait baisser, passant d’un taux estimé de 2,3 % en
forte augmentation du tourisme récepteur. 2023 à 2,0 % en 2024 avant de remonter à 2,5 % en
2025, ce qui correspond à une révision à la hausse de
0,1 point de pourcentage pour 2024 par rapport à
Projections de croissance pour les pays émergents janvier. Au Brésil, la croissance devrait ralentir à 2,2 %
et les pays en développement en 2024 en raison de l’assainissement des finances
Dans les pays émergents et les pays en développement, la publiques, de l’effet décalé du maintien du resserre-
croissance devrait être stable, à 4,2 % en 2024 et 2025. ment de la politique monétaire et du rôle plus réduit
On devrait observer un tassement dans les pays émer- de l’agriculture. Au Mexique, la croissance devrait se
gents et en développement d’Asie, compensé principa- situer à 2,4 % en 2024, soutenue par une expansion
lement par une hausse de la croissance dans les pays du budgétaire, avant de reculer à 1,4 % en 2025 alors que
Moyen-Orient et d’Asie centrale et en Afrique subsaha- les autorités devraient durcir l’orientation de la poli-
rienne. Les pays en développement à faible revenu devraient tique budgétaire. Les prévisions pour le Mexique sont
connaître une accélération progressive de la croissance, révisées à la baisse du fait de résultats inférieurs aux
qui devrait passer de 4,0 % en 2023 à 4,7 % en 2024 et attentes pour la fin de 2023 et le début de 2024, avec
5,2 % en 2025, à mesure que certaines contraintes qui une contraction dans le secteur manufacturier.
pèsent sur la croissance à court terme s’atténuent. • La croissance au Moyen-Orient et en Asie centrale
• La croissance dans les pays émergents et les pays en déve- devrait être portée d’un taux estimé à 2,0 % en 2023
loppement d’Asie devrait fléchir, passant, selon les esti- à 2,8 % en 2024, puis 4,2 % en 2025, ce qui repré-
mations, de 5,6 % en 2023 à 5,2 % en 2024 et 4,9 % sente une révision à la baisse de 0,1 point de pourcen-
en 2025, les prévisions ayant été légèrement revues tage pour 2024 par rapport aux projections de
à la hausse par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2024. Cette révision s’explique par un ajus-
janvier 2024. En Chine, la croissance devrait ralentir, tement à la baisse des prévisions de croissance pour
de 5,2 % en 2023 à 4,6 % en 2024 et 4,1 % en 2025, 2024 en Iran en raison d’une diminution de l’activité
alors que l’effet positif de facteurs ponctuels s’estompe, non pétrolière et des recettes pétrolières, ainsi que dans
notamment les mesures de stimulation de la consom- un certain nombre de petits pays.
mation et de relance budgétaire postpandémiques, et • En Afrique subsaharienne, la croissance devrait passer
que les faiblesses du secteur de l’immobilier persistent. d’un taux estimé à 3,4 % en 2023 à 3,8 % en 2024
En Inde, la croissance devrait rester vigoureuse à 6,8 % et 4,0 % en 2025, à mesure que les effets négatifs de
en 2024 et 6,5 % en 2025, grâce au maintien d’une chocs météorologiques antérieurs s’atténuent et que les
demande intérieure forte et à une augmentation de la problèmes d’approvisionnement sont progressivement
population en âge de travailler. résolus. Les prévisions pour 2024 sont inchangées
• La croissance dans les pays émergents et les pays en déve- par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2024,
loppement d’Europe devrait s’établir à 3,2 % en 2023 car une révision à la baisse pour l’Angola due à une
et 3,1 % en 2024, et ralentir à 2,8 % en 2025, les contraction dans le secteur pétrolier est globale-
prévisions étant révisées à la hausse de 0,5 point de ment compensée par une révision à la hausse pour
pourcentage en 2023 et de 0,3 point de pourcentage le Nigéria.
Graphique 1.15. Perspectives d’inflation : en baisse les pays émergents et les pays en développement. En
(En pourcentage ; lignes pleines = PEM d’avril 2024, outre, les pays avancés devraient retrouver plus rapide-
lignes tiretées = PEM d’octobre 2023)
ment des taux proches de leur moyenne prépandémique
12 1. Inflation globale (2017–19), l’inflation se situant en moyenne à 2,0 %
en 2025, environ un an avant que les pays émergents et
10 Monde
PA les pays en développement retrouvent, selon les prévi-
8 PEPD sions, leur moyenne prépandémique, autour de 5,0 %
6 (graphique 1.15). Dans le même temps, de fortes dispa-
rités sont attendues entre les différents pays émergents et
4
pays en développement, les prévisions d’inflation s’éche-
2 lonnant, dans les cinq régions, entre 2,4 % seulement
dans les pays émergents et en développement d’Asie,
0
2017 18 19 20 21 22 23 24 25 26 sous l’effet d’une inflation modérée en Chine ainsi qu’en
Thaïlande, et 18,8 % dans les pays émergents et en déve-
10 2. Inflation hors alimentation et énergie
loppement d’Europe, du fait d’une inflation élevée en
8 Monde Türkiye.
PA Les prévisions d’inflation mondiale sont révisées à la
6 PEPD
hausse de 0,1 point de pourcentage en 2024 par rapport
aux projections de janvier 2024. En effet, les projec-
4
tions demeurent inchangées pour les pays avancés — des
2 baisses au Japon, au Royaume-Uni et dans les pays de la
zone euro étant compensées par une augmentation aux
0 États-Unis — et sont révisées à la hausse de 0,2 point de
2017 18 19 20 21 22 23 24 25 26
pourcentage pour les pays émergents et les pays en déve-
30 3. Inflation globale dans les PEPD par région loppement, principalement en raison des augmentations
25 PE d’Asie
en Iran et dans quelques autres pays à faible revenu.
PE d’Europe La chute de l’inflation globale en 2024 s’explique
20 ALC par une baisse généralisée de l’inflation hors alimenta-
MOAC
15 AfSS tion et énergie à l’échelle mondiale. Cette dynamique
diffère de celle de 2023, lorsque l’inflation hors alimen-
10
tation et énergie à l’échelle mondiale avait peu baissé en
5 moyenne annuelle et l’inflation globale avait reculé prin-
0 cipalement sous l’effet de la baisse des prix énergétiques
2017 18 19 20 21 22 23 24 25 26 et alimentaires. En 2024, l’inflation hors alimentation et
énergie devrait baisser de 1,2 point de pourcentage après
Source : calculs des services du FMI.
Note : L’inflation hors alimentation et énergie fait abstraction des prix volatils des s’être contractée de seulement 0,2 point de pourcen-
denrées alimentaires et de l’énergie. AfSS = Afrique subsaharienne ; ALC = Amérique tage en 2023. Tout comme l’inflation globale, l’inflation
latine et Caraïbes ; MOAC = Moyen-Orient et Asie centrale ; PA = pays avancés ;
PE = pays émergents ; PEPD = pays émergents et pays en développement ; hors alimentation et énergie baisse plus rapidement dans
PEM = Perspectives de l’économie mondiale. les pays avancés. Les facteurs déterminants de son recul
diffèrent selon les pays, mais sont notamment les effets
du maintien des politiques de resserrement du crédit, la
réduction des pénuries de main-d’œuvre liée à ces poli-
Perspectives d’inflation : des baisses
tiques et la dissipation des effets de transmission des
à des rythmes variables
baisses antérieures des prix relatifs, en particulier ceux de
L’inflation globale à l’échelle mondiale devrait être l’énergie.
ramenée d’une moyenne annuelle de 6,8 % en 2023 à Dans les pays qui se sont fixé un objectif d’infla-
5,9 % en 2024, puis 4,5 % en 2025 (tableau 1.1). Une tion, l’inflation globale devrait être supérieure de
baisse plus en début de période est attendue dans les 0,5 point de pourcentage à l’objectif (ou au point
pays avancés, où l’inflation devrait reculer de 2,0 points médian de la fourchette cible) pour le pays médian d’ici
de pourcentage en 2024, et ne fléchir en 2025 que dans au troisième trimestre 2024 en glissement trimestriel
Graphique 1.16. L’inflation s’approche de sa valeur cible Graphique 1.17. Perspectives du commerce mondial : stable
(En points de pourcentage ; distribution statistique (En pourcentage du PIB)
de l’écart entre les taux effectifs et l’objectif d’inflation)
70
10
8 60 Commerce total
Commerce des biens
6 50
4
40
2 Crise
30 financière
mondiale
0
20
–2 1980 85 90 95 2000 05 10 15 20 25 29
2023 : T2 23 : T4 24 : T2 24 : T4 25 : T2 25 :
T4
Source : calculs des services du FMI.
Note : On entend par commerce la somme des exportations et des importations.
Sources : Haver Analytics ; sites Internet des banques centrales ; calculs des Le commerce mondial et le PIB sont exprimés en dollars courants pour le calcul
services du FMI. des ratios. Les tirets indiquent les prévisions de l’édition d’avril 2024 des
Note : Ce graphique illustre la distribution des écarts de l’inflation par rapport à Perspectives de l’économie mondiale.
l’objectif en glissement annuel ou le point médian de la cible d’inflation pour
61 pays. La courbe indique le point médian, et la zone grisée, l’écart interquartile.
Graphique 1.18. Soldes courants Graphique 1.19. Prévisions du PIB mondial et du PIB par habitant
et positions extérieures globales (En pourcentage ; projections à cinq ans)
(En pourcentage du PIB mondial)
Monde
Créanciers européens Débiteurs européens Pays avancés
Chine États-Unis Pays émergents et pays en développement
Japon Autres
Pays exportateurs de pétrole Écart 8 1. Projections de croissance du PIB réel
1 4
0
2
–1
–2 0
2000 05 10 15 20 24
–3
2005 07 09 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 8 2. Projections de croissance du PIB réel par habitant
10 4
0
2
–10
–20 0
2000 05 10 15 20 24
–30
2005 07 09 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 Source : calculs des services du FMI.
Note : Les années sur lesquelles les prévisions à cinq ans sont réalisées sont
Source : calculs des services du FMI. représentées en abscisse. Chaque prévision est tirée de l’édition des Perspectives
Note : Créanciers européens : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, de l’économie mondiale publiée en avril de l’année correspondante.
Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède et Suisse ; débiteurs européens : Chypre,
Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Slovénie ; pays exportateurs de pétrole :
Algérie, Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Émirats arabes unis, Iran, Kazakhstan,
Koweït, Nigéria, Oman, Qatar, Russie et Venezuela. des PEM, est la plus faible depuis des décennies
(graphique 1.19). Elle est inférieure aux projections à
moyen terme de 3,6 % réalisées juste avant le début de
se dissipera. Selon les estimations, les positions crédi- la pandémie (au moment de la Mise à jour des PEM de
trices et débitrices ont augmenté en 2023, les pertes de janvier 2020), aux projections de 4,9 % juste avant le
valeur dans les pays débiteurs et les plus-values dans les début de la crise financière mondiale (lors de la Mise à
pays créditeurs ayant plus que compensé la réduction jour des PEM d’avril 2008), et à la moyenne annuelle
des soldes des transactions courantes. Selon les prévi- historique (2000–19) de 3,8 % de la croissance mondiale
sions, ces positions devraient se stabiliser à moyen terme. réelle3.
Dans certains pays, les engagements extérieurs bruts L’érosion progressive des perspectives de croissance
restent historiquement élevés et posent des risques pour mondiale s’explique par d’autres facteurs outre le ralentis-
le secteur extérieur. sement de la croissance de la population mondiale. Elle
est due principalement à une révision à la baisse des pers-
pectives de croissance du PIB par habitant, les prévisions
Perspectives à moyen terme :
une croissance historiquement basse 3Les dernières projections de croissance mondiale à moyen terme, qui
Selon les dernières prévisions, la croissance mondiale reposent sur l’agrégation des prévisions des services du FMI au niveau
des pays, sont globalement conformes à l’évaluation du chapitre 3 basée
en 2029 devrait s’établir à 3,1 %. Cette prévision à sur une analyse des tendances récentes de l’accumulation du capital et
moyen terme, inchangée depuis l’édition d’octobre 2023 du travail au niveau mondial et de la productivité globale des facteurs.
à moyen terme de 3,9 % faites avant la crise financière pays, les soldes des risques entourant les perspectives d’in-
mondiale ayant été ramenées à 2,1 % selon les dernières flation sont désormais eux aussi globalement équilibrés.
projections (graphique 1.19, plage 2). La contraction Dans l’ensemble, on pourrait encore avoir de bonnes
des perspectives de croissance par habitant est particu- surprises, mais de nombreux risques défavorables tirent
lièrement prononcée dans les pays émergents et les pays la répartition des scénarios possibles dans la direction
en développement, ce qui semble indiquer un ralentis- opposée. Examinons maintenant les principaux risques et
sement de la convergence vers une augmentation du incertitudes qui entourent les perspectives économiques.
revenu par habitant et la persistance de disparités des L’encadré 1.2 ci-après présente une analyse effectuée à
niveaux de vie à l’échelle mondiale. Parmi les pays avan- l’aide d’un modèle qui quantifie les risques pesant sur les
cés, la baisse des perspectives à moyen terme est due à perspectives mondiales et décrit les scénarios plausibles.
d’autres pays que les États-Unis.
Le chapitre 3 dresse le diagnostic du ralentissement
de la croissance mondiale au cours des vingt dernières Risques que les prévisions soient révisées à la baisse
années et conclut qu’il s’explique en majorité par un Bien que les résultats de l’économie mondiale aient fait
ralentissement de la croissance de la productivité globale preuve d’une résilience étonnante depuis octobre 2023,
des facteurs (l’utilisation efficiente du travail et du capi- plusieurs risques pour la croissance mondiale restent
tal). Dans les grandes économies, parmi les facteurs de plausibles :
ce ralentissement, on peut citer la baisse du taux d’acti- • Nouvelles flambées des prix des produits de base sur fond
vité dans un contexte de vieillissement de la population, de conflits régionaux : Le conflit à Gaza et en Israël
un affaiblissement de l’investissement des entreprises et, pourrait s’étendre à l’ensemble de la région. La pour-
surtout, une croissance freinée par la persistance de fric- suite des attaques en mer Rouge et la guerre en cours
tions structurelles qui empêchent d’allouer les ressources en Ukraine risquent de provoquer de nouveaux chocs
aux entreprises plus productives. Comme l’explique le sur l’offre qui pèseraient sur la reprise mondiale, entraî-
chapitre 4, l’assombrissement des perspectives de crois- nant une hausse des coûts de l’alimentation, de l’éner-
sance en Chine et dans d’autres grands pays émergents, gie et du transport. D’autres tensions géopolitiques,
qui, collectivement, représentent une part accrue de y compris la possibilité d’une nouvelle escalade de la
l’économie mondiale, pèsera sur les perspectives de leurs guerre en Ukraine, pourraient également restreindre
partenaires commerciaux et se transmettra par le biais les flux transfrontaliers de denrées alimentaires, de
des chaînes d’approvisionnement fortement intégrées combustibles et d’engrais, ce qui accroîtrait la vola-
au niveau mondial. La fragmentation géoéconomique tilité des prix et saperait la confiance des entreprises
en cours –– l’inversion délibérée de l’intégration écono- et des consommateurs (graphique 1.20). Comme le
mique internationale –– devrait se répercuter sur les montre l’analyse des risques à l’encadré 1.2, ces chocs
perspectives à moyen terme en limitant les flux interna- géopolitiques pourraient compliquer le processus de
tionaux de biens, de services, de capitaux et de travail- désinflation en cours et retarder l’assouplissement de
leurs, et réduire ainsi les possibilités de réaliser des gains la politique monétaire des banques centrales, ce qui
d’efficience grâce à la spécialisation, aux économies aurait des effets négatifs sur la croissance économique
d’échelle et à la concurrence (voir Aiyar et al., 2023, et mondiale. De manière générale, de tels chocs d’offre
Gopinath et al., 2024). peuvent affecter les pays de manière asymétrique et
avoir des effets particulièrement sévères sur les pays à
faible revenu, où l’alimentation et l’énergie constituent
Solde des aléas influant sur les perspectives : une part importante des dépenses des ménages.
globalement équilibré • Inflation persistante et tensions financières : Un recul
Les risques qui pèsent sur le paysage économique plus lent que prévu de l’inflation hors alimentation
mondial ont diminué depuis octobre 2023, et les scéna- et énergie dans les grandes puissances économiques
rios possibles sont répartis de façon globalement équili- en raison, par exemple, de pénuries de main-d’œuvre
brée autour de la projection de référence de croissance persistantes ou d’un regain de tensions sur les chaînes
mondiale, alors que, dans les éditions d’avril 2023 et d’approvisionnement pourrait déclencher une hausse
d’octobre 2023 des PEM, le solde des aléas était claire- des anticipations de taux d’intérêt et une baisse des
ment négatif. Avec le relâchement plus rapide que prévu prix des actifs, comme au début de 2023. De plus,
des tensions inflationnistes dans un grand nombre de comme nous l’expliquons au chapitre 2, il existe un
Graphique 1.20. Risques géopolitiques et cours du pétrole intérieure pourrait intensifier les tensions déflation-
(Indice, 1985–2019 = 100 ; dollars le baril, échelle de droite) nistes, ce qui provoquerait une inflation durable-
ment faible ou une déflation. Selon les estimations, les
800 Risque géopolitique, moyenne mobile sur 30 jours 400
retombées d’un tel scénario sur les partenaires commer-
Cours du brut Brent (échelle de droite)
700 350 ciaux de la Chine seraient globalement négatives, les
600 300 effets d’un affaiblissement de la demande de produits
venant des partenaires commerciaux étant supérieurs
500 250
aux avantages de la baisse des produits de base, ce qui
400 200 pourrait créer des déséquilibres mondiaux des paie-
ments courants. Les réactions des autorités pourraient
300 150
sensiblement atténuer le coût économique de ces
200 100 phénomènes si elles consistent notamment à accélérer
100 50 la liquidation des promoteurs immobiliers non viables,
encourager l’achèvement des projets de construction
0 0
1988 93 98 2003 08 13 18 23 de logement et remédier aux risques liés à la dette des
collectivités locales. D’autres mesures d’assouplissement
Sources : Caldara et Iacoviello, 2022 ; Haver Analytics. de la politique monétaire, en particulier une baisse des
Note : L’indice du risque géopolitique est construit par Caldara et Iacoviello (2022)
pour mesurer les phénomènes géopolitiques défavorables et les risques associés taux d’intérêt, ainsi que des mesures budgétaires expan-
à l’aide des résultats automatisés de recherches de texte dans les archives sionnistes, notamment le financement des logements
électroniques de plusieurs journaux couvrant les tensions géopolitiques.
inachevés et le soutien aux ménages vulnérables, pour-
raient soutenir davantage la demande et prévenir les
risque plausible que les effets de ralentissement de risques déflationnistes.
l’activité dus aux mesures passées de durcissement • Effets déstabilisants des assainissements budgétaires et
de la politique monétaire finissent par se manifes- du surendettement : Un rééquilibrage budgétaire s’im-
ter, en particulier dans les pays où les taux des prêts pose dans de nombreux pays avancés, émergents et en
hypothécaires à taux fixe sont révisés et où la dette développement afin de réduire les ratios dette/PIB et
des ménages est élevée. Cette évolution pourrait faire reconstituer les capacités à absorber les chocs futurs.
croître les défauts de paiement dans de nombreux Cependant, un passage trop brutal à des hausses d’im-
secteurs, notamment dans l’immobilier commercial et pôts et à des réductions des dépenses, au-delà de ce
les entreprises, et multiplier les risques qui pèsent sur qui est actuellement envisagé, pourrait entraîner un
la stabilité financière (voir le chapitre 1 de l’édition ralentissement plus marqué que prévu de la crois-
d’avril 2024 du Rapport sur la stabilité financière dans sance et enrayer la dynamique de réformes. Les pays
le monde). Elle pourrait également provoquer une qui ne disposent pas de plan d’assainissement crédible
fuite des capitaux vers des actifs sûrs, durcir les condi- à moyen terme pourraient se trouver confrontés à des
tions financières mondiales et renforcer le dollar des réactions négatives des marchés ou à des risques accrus
États-Unis, ce qui freinerait la croissance mondiale. de surendettement qui les forceraient à faire des ajus-
• Perte d’élan de la reprise en Chine : Faute d’un train tements sévères. L’exemple des pays de la zone euro en
complet de mesures de restructuration du secteur 2010–15 montre comment les inquiétudes quant à la
immobilier en difficulté en Chine, l’investissement viabilité de la dette peuvent provoquer des réductions
dans ce secteur pourrait connaître une baisse plus significatives des déficits budgétaires qui peuvent être
importante et prolongée que prévu, accompagnée d’an- supérieures aux projections initiales (graphique 1.21)
ticipations d’un déclin des prix des logements futurs, et entraîner des conséquences négatives notables sur
d’une réduction de la demande de logements et d’un la croissance. Malgré les améliorations récentes des
nouvel affaiblissement de la confiance et des dépenses conditions du marché obligataire international, le
des ménages, qui auraient des conséquences sur la risque de surendettement dans les pays à faible revenu
croissance mondiale. Un rééquilibrage involontaire des continue de limiter les possibilités de réaliser les inves-
finances publiques provoqué par des contraintes de tissements nécessaires porteurs de croissance. La
financement des collectivités locales pourrait ampli- proportion des pays à faible revenu (54 %) et des pays
fier ces conséquences. Comme le montre l’encadré 1.2, émergents (16 %) en situation ou à haut risque de
dans un tel scénario, le ralentissement de la demande surendettement reste élevée en 2024.
Graphique 1.21. Rééquilibrage budgétaire plus important Graphique 1.22. Confiance dans l’État,
que prévu dans la zone euro, 2010–15 le Parlement et les partis politiques
(Solde structurel ; en pourcentage du PIB potentiel) (Pourcentage des enquêtés indiquant avoir confiance)
0 60
Effectif Prévisions
50 État Parlement Partis politiques
–1
40
–2
30
–3
20
–4
10
–5 0
2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Monde PA PEPD
Source : calculs des services du FMI. Sources : enquête conjointe European Values Study et World Values Survey,
Note : La ligne pleine illustre le solde structurel publié dans les PEM d’avril 2024, et 2017–22 ; calculs des services du FMI.
les lignes en tiret, les prévisions du solde structurel publiées dans les PEM d’avril et Note : La hauteur des barres et les différents repères indiquent la part des
d’octobre en 2010, 2011 et 2012. PEM = Perspectives de l’économie mondiale. répondants qui déclarent que la confiance qu’ils ont dans l’État, le Parlement
ou les partis politiques de leur pays est « assez grande » ou « très grande ».
PA = pays avancés ; PEPD = pays émergents et pays en développement.
électorale ». Dans ces conditions, les décideurs pour- Graphique 1.23. Réalisation de tâches
raient repousser les mesures de rééquilibrage budgé- humaines par l’IA : quelles performances ?
taire ou s’engager à prendre de nouvelles mesures (Référence humaine = 0 ; premiers résultats de l’IA = –100)
expansionnistes. Des études montrent que les défi- 60 Reconnaissance de l’écriture manuscrite
cits budgétaires se creusent généralement durant les Reconnaissance de la parole
40 Reconnaissance d’images
élections, et qu’il est rare que les autorités luttent Compréhension du langage
contre ce creusement après les élections (Brender et 20 Test de mathématiques du GRE (versions de ChatGPT)
Drazen, 2007 ; Dubois, 2016 ; de Haan, Ohnsorge
0
et Yu, 2023 ; chapitre 1 de l’édition d’avril 2024 du
Moniteur des finances publiques). À court terme, –20
de nouvelles mesures expansionnistes telles que des –40
réductions d’impôts, des augmentations des trans-
–60
ferts budgétaires et des investissements dans les infra-
structures pourraient stimuler l’activité économique, –80
en particulier dans les pays où le risque souverain est –100
jugé faible, et porter la croissance mondiale au-delà des 1998 2002 06 10 14 18 23
projections actuelles. Ces mesures d’expansion budgé-
Sources : Kiela et al., 2021 ; OpenAI ; calculs des services du FMI.
taire pourraient cependant intensifier les tensions Note : Ce graphique repose sur un certain nombre de tests au cours desquels les
inflationnistes, surtout dans les pays dont l’économie performances d’êtres humains et d’une IA ont été évaluées dans cinq domaines
allant de la reconnaissance de l’écriture manuscrite à la compréhension du
est en surchauffe et où l’arbitrage entre inflation et langage. S’agissant du test de mathématiques du GRE, la référence humaine
chômage est très difficile, et provoquer une hausse des a été fixée au centile médian, le niveau –100 en 2017 correspondant à la
taux d’intérêt. Il serait alors plus difficile de réduire publication de l’article sur les GPT qui avait fait date. IA = intelligence artificielle ;
GPT = transformateur génératif préentraîné ; GRE = examen d’entrée dans le
la dette. Elles pourraient être suivies d’un ajustement deuxième cycle du supérieur (Graduate Record Examination).
des politiques plus déstabilisant, ce qui aurait un effet
négatif sur la croissance.
• Nouvelles surprises du côté de l’offre qui pourraient l’émergence de grands modèles de langage et de trans-
permettre d’accélérer l’assouplissement des politiques formateurs génératifs préentraînés, ont fait progresser
monétaires : Des baisses inattendues de l’inflation à grands pas la capacité de la technologie à surpas-
hors alimentation et énergie grâce à une dissipation ser les êtres humains dans plusieurs domaines cogni-
plus rapide que prévu de l’effet de transmission de tifs, comme l’illustre le graphique 1.23 pour certaines
chocs passés sur les prix relatifs et un relâchement des tâches. Dans le même temps, comme à l’époque où
contraintes d’approvisionnement mondiales sont plau- ont été introduites les technologies génériques, l’im-
sibles dans plusieurs cas. Il est également vraisem- pact de l’IA sur les résultats économiques et le moment
blable que les marges bénéficiaires se compressent plus où cet impact se produira demeurent très incertains.
vite que prévu afin d’absorber des augmentations de À court terme, le déploiement de l’IA pourrait stimu-
coûts antérieures. Aux États-Unis, par exemple, où la ler les investissements dans certains cas, les entreprises
pénurie de main-d’œuvre reste particulièrement forte, consacrant davantage de moyens à l’intégration d’ou-
une diminution plus marquée que prévu du ratio du tils novateurs et au perfectionnement des processus
nombre de postes vacants rapporté au nombre de de production. Il ressort d’une analyse des services
chômeurs pourrait améliorer la situation du marché du FMI qu’à moyen terme, l’IA pourrait relever la
du travail et atténuer les tensions inflationnistes sous- productivité des travailleurs et les revenus et contri-
jacentes. Une telle évolution pourrait se traduire par buer à la croissance, mais aussi supprimer des emplois
une baisse plus importante que prévu des anticipa- et créer des inégalités (Cazzaniga et al., 2024). Les pays
tions d’inflation et permettre aux banques centrales avancés pourraient bénéficier des avantages de l’IA
d’avancer les plans d’assouplissement de leur politique, plus tôt que les pays émergents et les pays en dévelop-
ce qui réduirait les coûts de l’emprunt, ranimerait la pement, car leurs structures d’emploi sont davantage
confiance des consommateurs et renforcerait la crois- axées sur des postes à forte intensité cognitive. Dans
sance mondiale. les pays avancés, l’IA pourrait avoir un effet sur 60 %
• Gains de productivité grâce à l’intelligence artificielle environ des travailleurs, faisant augmenter la produc-
(IA) : Les avancées récentes de l’IA, notamment tivité et les revenus de la moitié environ d’entre eux, et
réduire la demande de main-d’œuvre et les salaires de tel scénario est également estimée à environ 10 %. La
l’autre moitié. L’IA pourrait toucher 40 % environ des probabilité qu’en 2024, le PIB réel mondial par habitant
emplois dans les pays émergents et 26 % dans les pays se contracte (ce qui se produit fréquemment lors d’une
à faible revenu ; ainsi, dans ces deux groupes de pays, récession mondiale) est estimée à moins de 5 %. Dans
elle occasionerait moins de perturbations sur le marché le même temps, la probabilité qu’en 2024 la croissance
du travail à court terme et offrirait moins de possibi- mondiale dépasse 3,8 % (la moyenne historique de 2000
lités d’améliorer la productivité. à 2019) est légèrement supérieure à 20 %, ce qui traduit
• Accélération de la dynamique de réformes structurelles : des perspectives pour la croissance mondiale relativement
Une mise en œuvre plus rapide que prévu de réformes faibles dans le scénario de référence. En ce qui concerne
macrostructurelles pourrait stimuler la croissance de les prix, la probabilité que l’inflation hors alimentation
la productivité et contribuer à une croissance à moyen et énergie soit plus élevée en 2024 qu’en 2023, au lieu
terme plus élevée que dans les projections de réfé- de baisser à 4,9 % contre 6,2 % en 2023, est évaluée à
rence, et aider ainsi à remédier à une partie des pertes moins de 10 %, ce qui correspond à la forte conviction
de production héritées de la pandémie (encadré 1.2). que la désinflation va se poursuivre.
Des réformes destinées à accroître le taux d’acti-
vité, réduire la mauvaise affectation des ressources et
améliorer l’allocation des talents pourraient redon- Mesures à prendre : de la lutte contre l’inflation
ner du souffle à l’activité économique et inverser la à la reconstitution de l’arsenal budgétaire
tendance au ralentissement de la croissance mondiale Alors que l’économie mondiale amorce un atterrissage
observée depuis deux décennies, comme le montre en douceur, la priorité à court terme pour les banques
le chapitre 3. En outre, une analyse des services du centrales est de juguler l’inflation sans accrocs, en veil-
FMI semble indiquer que, dans les pays émergents et lant à ce que l’assouplissement de leur politique ne soit
les pays en développement dont le cadre d’action est ni prématuré, ni tardif, ce qui risquerait de leur faire
limité, des progrès plus rapides dans la mise en œuvre manquer les objectifs fixés. Parallèlement à l’orientation
de réformes visant à stimuler l’offre — y compris dans moins restrictive des banques centrales, il conviendra de
les domaines de la gouvernance, de la réglementation mettre de nouveau l’accent sur le rééquilibrage budgé-
des entreprises et des politiques relatives au secteur taire à moyen terme afin de reconstituer une marge de
extérieur — pourraient se traduire par un investisse- manœuvre budgétaire, réaliser les investissements priori-
ment intérieur et étranger et une croissance supérieurs taires et garantir la viabilité de la dette. Une intensifica-
aux prévisions (Budina et al., 2023). Une intensifica- tion des réformes visant à stimuler l’offre favoriserait à la
tion des efforts visant à réduire l’écart femme–homme fois la réduction de l’inflation et de la dette, ferait remon-
dans le taux d’activité — au-delà des tendances ter la croissance vers sa moyenne d’avant la pandémie et
récentes — amplifierait l’effet de ces réformes (Badel accélérerait la convergence vers de meilleurs niveaux de
et Goyal, 2023). revenus. Une coopération multilatérale s’impose pour
contenir les coûts et les risques liés à la fragmentation
géoéconomique et au changement climatique, accélérer
L’évaluation des risques publiée la transition vers l’énergie verte et encourager la restruc-
dans les Perspectives de l’économie mondiale turation de la dette.
est globalement cohérente
Le risque d’un atterrissage brutal s’est atténué depuis
l’édition d’octobre 2023 des PEM, comme l’illustre l’ana- Réussir un atterrissage en douceur
lyse quantitative de l’encadré 1.2, basée sur le modèle du Alors que l’inflation recule et que les banques centrales
Groupe des Vingt (G20) du FMI. D’après les estima- étudient le moment opportun d’assouplir leur politique
tions, la probabilité que la croissance mondiale en 2024 monétaire, s’assurer que la modération des pressions
tombe en dessous de 2,0 % — ce qui ne s’est produit sur les salaires et les prix est clairement en cours avant
qu’à cinq reprises depuis 1970 — est désormais d’en- d’annoncer une orientation moins stricte leur évitera
viron 10 %, ce qui concorde avec une répartition des d’avoir à resserrer de nouveau leur politique si l’infla-
risques globalement symétrique. Cette probabilité esti- tion augmente de façon inattendue. Dans les pays où
mée est inférieure aux 15 % estimés dans l’édition d’oc- l’inflation hors alimentation et énergie persiste au-delà
tobre 2023 des PEM. Pour 2025, la probabilité d’un des niveaux compatibles avec les objectifs, il peut être
nécessaire de relever les taux d’intérêt réels pour assurer d’affolement sur les marchés (taper tantrums) durant
la stabilité des prix. Dans le même temps, dans les pays lesquels les investisseurs dont le portefeuille est contraint
où il est clair que les mesures des anticipations d’inflation vendent leurs actifs libellés en monnaie nationale, à des
à court terme et de l’inflation sous-jacente reculent vers risques systémiques sur la stabilité financière et à des
le niveau cible, tarder à réduire les taux directeurs nomi- risques extrêmes sur la croissance. Il conviendrait alors
naux risque dans la pratique de durcir la politique moné- d’intervenir sur le marché des changes ou d’appliquer des
taire, ce qui relèverait les taux directeurs réels et, compte mesures de gestion des flux de capitaux tout en main-
tenu des longs délais de transmission, affaiblirait l’éco- tenant les politiques monétaire et budgétaire au niveau
nomie et maintiendrait l’inflation en deçà des objectifs. de leurs paramètres appropriés. Les politiques macro-
Dans ces cas, il convient de faire évoluer progressivement prudentielles doivent contribuer à réduire les facteurs de
les taux vers une orientation plus neutre de la politique vulnérabilité financière liés à la forte exposition à la dette
monétaire, tout en continuant de manifester une volonté libellée en monnaies étrangères. Lorsqu’il existe un risque
de maintenir la stabilité des prix. Dans les pays émergents de désancrage des anticipations d’inflation dû à une
qui ont commencé relativement tôt à durcir leur poli- brusque fluctuation des taux de change, des interventions
tique monétaire, ce qui a déjà permis à certaines banques sur le marché des changes peuvent soutenir la politique
centrales d’ajuster les taux d’intérêt à des niveaux plus monétaire, à condition que les réserves soient suffisantes
bas, mais qui restent restrictifs, il convient de faire preuve et qu’il soit trop coûteux de recourir uniquement à la
de prudence en se basant sur les données entrantes sur politique monétaire. Les pays exposés à des chocs exté-
les anticipations d’inflation, les fluctuations des cours des rieurs peuvent utiliser pleinement le dispositif mondial
monnaies et les pressions sur les salaires et les prix. de sécurité financière mis en place par les institutions
À mesure que les politiques des banques centrales sont financières internationales, y compris les accords à titre
de plus en plus asynchrones, les différences de taux selon de précaution du FMI.
les pays peuvent déclencher des mouvements de capitaux
et un nouveau renforcement du dollar américain, qui reste
plus vigoureux que durant les quinze années précédant la Reconstituer une marge de manœuvre budgétaire
pandémie. Une inflation qui persisterait de façon inatten- et garantir la viabilité de la dette
due aux États-Unis pourrait, par exemple, y provoquer une Il convient de mettre à nouveau l’accent sur l’assainis-
révision à la hausse des anticipations de taux d’intérêt et sement des finances publiques afin de reconstituer une
une appréciation du dollar. Dans certains cas, cette situa- marge de manœuvre budgétaire pour faire face aux chocs
tion pourrait mettre le secteur financier sous tension. Dans futurs et freiner la hausse de la dette publique, car on
le même ordre d’idées, les coûts de l’emprunt restant élevés s’attend à ce que les principales banques centrales assou-
dans de nombreux pays, il devient nécessaire de renfor- plissent leur politique monétaire cette année et les pays
cer le contrôle (entre autres en appliquant les principes sont mieux en mesure d’absorber les effets d’un rééqui-
de Bâle III) afin d’anticiper les tensions dans le secteur librage budgétaire. Dans de nombreux cas, l’ajustement
bancaire. Dans certains cas, il peut se révéler nécessaire budgétaire nécessaire pour assurer la viabilité de la dette
de réajuster les politiques macroprudentielles face à un publique devra être de grande ampleur (voir l’édition
marché du logement en mutation rapide. d’avril 2024 du Moniteur des finances publiques). Pour
Dans ce contexte, le cadre stratégique intégré du le démontrer, le graphique 1.24 compare les dernières
FMI donne des orientations sur la politique appropriée projections de l’augmentation du solde budgétaire
en fonction des circonstances propres à chaque pays. primaire des administrations publiques entre 2023 et
Dans les pays où le marché des changes est profond et 2029 dans un échantillon de pays du G20 avec l’aug-
qui sont peu endettés en devises, il convient d’ajuster le mentation nécessaire pour stabiliser le ratio dette des
taux directeur et d’assouplir le taux de change. Lorsque administrations publiques/PIB en 2029. Ce graphique
des tensions se font jour sur les marchés, le recours à montre aussi l’ajustement supplémentaire nécessaire pour
des instruments permettant d’apporter des liquidités de ramener la dette à son niveau de 2019 en 2029. Aux
manière rapide et déterminée, tout en maîtrisant le risque taux d’intérêt dont on envisage actuellement qu’ils reste-
d’aléa moral, devrait limiter la contagion. Dans les pays ront assortis à l’encours total de la dette (qui comprend
qui ont un marché des changes peu développé et qui sont la dette émise dans le contexte prépandémique de faibles
très endettés en devises, un durcissement des conditions taux d’intérêt), l’ajustement actuellement prévu en
financières mondiales peut être associé à des épisodes 2023–29 suffit à stabiliser le ratio dette/PIB en 2029
Graphique 1.24. Rééquilibrage budgétaire à moyen terme budgétaires, qui peuvent souvent être longues à mettre
(En points de pourcentage ; hausse cumulée du ratio en œuvre. Il peut être nécessaire de procéder au rééqui-
solde budgétaire primaire/PIB entre 2023 et 2029)
librage en début de période afin de réduire la probabilité
18 Rééquilibrage projeté d’une crise de la dette, en particulier dans les pays qui
16
Rééquilibrage nécessaire pour stabiliser le ratio dette/PIB en 2029 n’ont plus accès aux marchés. Dans ceux où l’inflation
Rééquilibrage supplémentaire nécessaire
pour stabiliser le ratio dette/PIB au niveau de 2019 est élevée, un rééquilibrage des finances publiques peut
14
Rééquilibrage supplémentaire nécessaire si l’ensemble freiner davantage l’inflation en réduisant la demande
12 de la dette est assortie du taux d’intérêt marginal actuel
globale et en renforçant la crédibilité générale des straté-
10 gies de désinflation. Des réformes structurelles visant à
8 stimuler l’offre et à protéger l’aide ciblée sur les groupes
6 les plus vulnérables, ainsi que des investissements
4 prioritaires durant le rééquilibrage, peuvent atténuer
2 les conséquences sur l’activité économique et soute-
0
nir les efforts de réduction de la dette à moyen terme
(voir le chapitre 3 des PEM d’avril 2023 et Aligishiev
–2
et al., 2023).
IDN
IND
MEX
KOR
GBR
ZAF
AUS
CAN
DEU
ESP
JPN
CHN
USA
FRA
ITA
BRA
Élections en 2024 Pas d’élections en 2024
• Asseoir une crédibilité à l’aide de plans bien définis et
d’un cadre institutionnel solide : Pour réduire l’incerti-
Source : calculs des services du FMI. tude entourant les politiques économiques, il est essen-
Note : Sauf indication contraire, les rééquilibrages nécessaires pour stabiliser les
ratios dette/PIB sont calculés à l’aide du taux effectif, qui mesure le taux d’intérêt
tiel de s’engager à prendre des mesures suffisantes pour
moyen sur l’encours total de la dette publique à court terme. Le taux d’intérêt atteindre les objectifs à moyen terme à partir d’hypo-
marginal est le taux d’intérêt réel basé sur le taux actuel des obligations à thèses réalistes sur les effets à court terme sur la crois-
échéance de 10 ans (au 31 mars 2024). Le périmètre des administrations
publiques pour les chiffres relatifs au déficit et à la dette publique de la Chine est sance du rééquilibrage budgétaire et des taux d’intérêt,
plus étroit que celui des estimations des services du FMI dans les rapports au titre et sur les effets sur le budget de l’évolution des poli-
de l’article IV pour la Chine (voir FMI 2024 pour un rapprochement des deux
estimations). Les prêts en faveur de réformes de la Corée, qui contribuent au tiques axées sur les recettes et les dépenses. Dans la
déficit budgétaire et à la dette publique du pays, ne sont pas inclus dans le calcul mesure où les prix de l’énergie retrouvent leurs niveaux
du rééquilibrage budgétaire nécessaire. Les codes pays utilisés ici sont ceux de
l’Organisation internationale de normalisation (ISO). d’avant la pandémie, il serait judicieux de retirer
progressivement les mesures budgétaires non ciblées,
surtout si elles affaiblissent les signaux donnés par les
dans la plupart des cas, mais pas dans tous. En revanche, prix. Appuyer les plans à moyen terme sur une légis-
l’ajustement prévu n’est généralement pas suffisant pour lation et un cadre budgétaire contraignants, ainsi que
revenir aux niveaux d’endettement de 2019. Comme l’il- sur des plans d’urgence clairs indiquant comment les
lustre ce graphique, l’ajustement nécessaire pour parvenir autorités réagiront à des variations inattendues de la
à une telle réduction de la dette est encore plus diffi- croissance et des taux d’intérêt, ou à d’autres événe-
cile si l’on retient les taux d’intérêt actuellement appli- ments propres à tel ou tel pays, peut renforcer la crédi-
qués à la dette émise récemment. Alors que des élections bilité. Une analyse des services du FMI qui s’inspire
se tiendront en 2024 dans un certain nombre de pays, de Blanchard (2022) indique que les agences de nota-
il est nécessaire de veiller à ce que toute nouvelle baisse tion de la dette souveraine récompensent les réduc-
d’impôts ou augmentation des dépenses soit financée et tions des ratios dette/PIB, mais accordent également
ne creuse pas les déficits budgétaires afin de préserver la une grande importance à la qualité des institutions
trajectoire envisagée du rééquilibrage budgétaire. (graphique 1.25). Dans le même temps, des promesses
• Calibrer le rythme du rééquilibrage : Le rééquilibrage d’ajustement futur ne suffisent pas à elles seules à
budgétaire doit être progressif et s’inscrire dans la durée, asseoir une crédibilité, et il convient de rééquilibrer les
si possible, compte tenu de ses effets généralement néga- finances publiques à un rythme régulier en adoptant
tifs sur l’activité économique à court terme. Il convient un premier train de mesures non négligeables.
d’éviter un rééquilibrage brutal pour écarter le risque • Lutter contre le surendettement : Dans les pays en situa-
que de brusques baisses des dépenses ou augmentations tion de surendettement, il peut se révéler nécessaire de
des impôts ne déclenchent un cycle négatif de ralentis- procéder à une restructuration ordonnée de la dette.
sement de l’activité et de hausse des ratios de la dette, L’amélioration des mécanismes internationaux de réso-
et compromettent le soutien politique aux réformes lution des dettes souveraines progresse dans la bonne
direction. Le cadre commun du G20 a commencé Graphique 1.25. Facteurs déterminant la notation de la dette
à donner des résultats, chaque nouveau cas tirant les souveraine des pays émergents et des pays en développement
enseignements des précédents pour assurer une coor- (Probabilité d’une note élevée en fonction
du ratio dette/PIB et de la qualité des institutions)
dination plus rapide. La table ronde mondiale sur la
dette souveraine favorise une meilleure compréhen- 0,7
sion commune des processus et principes qui facilitent
des restructurations plus rapides et prévisibles. Il est 0,6
Qualité des institutions jugée élevée
important de poursuivre ces progrès et de rendre plus
0,2
Accélérer la croissance de la productivité
Des réformes structurelles peuvent favoriser la crois- 0,1
une réduction des subventions aux combustibles fossiles. faire en sorte que les politiques commerciales restent
Les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières et stables et transparentes et éviter les politiques discrimi-
les programmes d’incitation aux investissements verts natoires qui faussent les échanges et l’investissement. Un
peuvent accélérer la transition écologique, mais doivent dialogue intergouvernemental ou un cadre de consulta-
être conçus de façon à respecter les règles de l’OMC. Des tion sur les politiques industrielles pourrait améliorer le
incitations fiscales à se tourner vers des sources d’énergie partage des données et des informations et déterminer
propres sont également nécessaires. Il faudra gérer la tran- les effets des politiques, y compris leurs conséquences
sition énergétique avec soin pour faire face aux risques involontaires au-delà des frontières. Une communication
qui pèsent sur la sécurité énergétique à long terme de régulière pourrait, à terme, aider à élaborer des règles et
certains pays si la réduction des investissements dans les des normes internationales sur l’utilisation et la concep-
combustibles fossiles ne va pas de pair avec des augmen- tion appropriées des politiques industrielles, ce qui
tations correspondantes de l’offre d’énergies propres de permettrait aux entreprises de s’adapter plus facilement
rechange. Parallèlement, il est nécessaire de réaliser des au nouveau contexte. La coopération s’impose aussi pour
investissements dans des activités et des infrastructures résoudre de façon ordonnée les problèmes de dette dans
d’adaptation au changement climatique, en particu- un contexte où le profil des créanciers devient de plus en
lier dans les régions les plus vulnérables face aux chocs plus complexe. De plus, une coordination internationale
climatiques. Il convient aussi d’améliorer les systèmes est vitale pour atténuer les effets du changement clima-
de surveillance des risques climatiques et les disposi- tique et faciliter la transition vers des énergies vertes,
tifs permettant de les maîtriser, et de renforcer les filets en s’appuyant sur les récents accords conclus lors de la
de sécurité et les assurances pour accroître la résilience session de la Conférence des parties à la Convention-
face au changement climatique (voir le chapitre 1 du cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
Moniteur des finances publiques d’octobre 2023). Les tenue en 2023. Sauvegarder le transport des mine-
organisations internationales, les investisseurs privés, les rais essentiels, restaurer la capacité de l’OMC à régler
autorités nationales et les bailleurs de fonds devront coor- les différends commerciaux et garantir une utilisation
donner leurs efforts pour mobiliser des financements de responsable des nouvelles technologies aux effets poten-
l’action climatique en faveur à la fois de l’adaptation et de tiellement perturbateurs telles que l’intelligence artifi-
l’atténuation dans les pays à faible revenu. cielle, notamment en améliorant les cadres réglementaires
nationaux et en harmonisant les principes mondiaux,
constituent des priorités. En outre, permettre aux tech-
Renforcer la coopération transfrontalière nologies sobres en carbone de circuler librement des pays
Une coopération multilatérale est nécessaire pour avancés vers les pays émergents et les pays en développe-
réduire la fragmentation et renforcer la résilience du ment, tout en aidant à réduire les émissions, contribue-
système monétaire international. Les décideurs doivent rait à atteindre les objectifs climatiques.
Encadré 1.2. Évaluation des risques qui entourent les projections de référence
des Perspectives de l’économie mondiale
Le présent encadré utilise le modèle du Groupe des Graphique 1.2.1. Distribution
Vingt (G20) du FMI pour déduire les intervalles de confiance probabiliste de l’incertitude entourant
qui entourent les prévisions des Perspectives de l’économie les projections de croissance du PIB
mondiale (PEM) et pour quantifier d’autres scénarios. et d’inflation au niveau mondial
Les risques qui pèsent sur la croissance mondiale (En pourcentage)
sont considérés globalement équilibrés. L’incertitude Projections de référence des PEM
relative à l’année 2024 s’est dissipée depuis l’édition 6 1. Croissance du PIB réel
d’octobre 2023 des PEM, les résultats de l’exercice
5
étant à présent connus. Le risque de voir en 2024 la
croissance mondiale passer sous la barre des 2 %, ce 4
qui ne s’est produit qu’à cinq reprises depuis 1970, est 3
évalué à moins de 10 %, alors qu’il était de 15 % en
octobre. Les risques d’inflation pour 2024 ont égale- 2
Intervalles de confiance
2
La méthodologie utilisée pour établir les intervalles de
confiance repose sur les travaux d’Andrle et Hunt (2020) 0
2023 24 25 26 27 28 29
et a été employée dans les précédentes éditions des 3. Inflation hors alimentation
8
PEM. Le modèle G20, exposé dans l’ouvrage d’Andrle et énergie mesurée par l’IPC
7
et al. (2015), permet d’interpréter les données rétro-
6
spectives sur la production, l’inflation, les taux directeurs
5
et les cours mondiaux des produits de base pour repro-
duire les chocs économiques implicites sur la demande 4
pays émergents). Les effets sur l’inflation sont presque 1,5 2. Incidence sur l’inflation globale
(Écart en points de pourcentage par rapport
nuls, en raison de deux forces qui se compensent : au scénario de référence)
la production augmente légèrement moins que son 1,0
Dossier spécial sur les produits de base : l’évolution des marchés et le pouvoir des prix
Les prix des produits primaires ont légèrement diminué Graphique [Link].1. Évolution des marchés des produits de base
entre août 2023 et février 2024, sous l’effet d’une baisse
des cours du pétrole. La hausse de l’offre dans les Amé- 400 1. Prix des produits de base1
(Indice, 2016 = 100, corrigés en fonction de l’IPC des États-Unis)
riques a été supérieure aux attentes et a amorti l’effet Ensemble des produits
300
des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les prix Métaux de base
Denrées alimentaires
des produits alimentaires et des boissons ont augmenté 200 Énergie
en raison des répercussions d’El Niño sur les cultures
tropicales. Les prix du minerai de fer ont rebondi, car 100
la production d’acier a atteint des records en Chine. Les
cours de l’or ont été soutenus par la demande de valeurs 0
2015 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25
refuges. Ce dossier spécial analyse en détail l’élasticité–
prix de la demande et de l’offre de produits de base. 120 2. Prévisions du cours du pétrole brut de Brent2
(Dollars le baril ; date d’expiration sur l’axe des abscisses)
PEM d’octobre 2022
100 PEM d’avril 2023
Évolution des marchés des produits de base PEM d’octobre 2023
PEM d’avril 2024
Les cours du pétrole ont diminué malgré les tensions au 80
Moyen-Orient. Après avoir dépassé 95 dollars le baril
à la fin septembre, les cours du pétrole ont reculé de
60
4,2 % entre août 2023 et février 2024, pour s’établir à 2023 24 25 26 27 28 29
une moyenne mensuelle de 80,70 dollars. Du côté de
3. Variations de l’offre de pétrole dans les pays membres
la demande, des anticipations plus faibles de la crois- 8
ou non membres de l’OPEP+3
sance de la demande mondiale ont contribué à exercer (Millions de barils par jour) 1,5
4
des pressions à la baisse sur les prix. S’agissant de l’offre, 2,3 2,4 1,6
0,3
la mise en œuvre des réductions de la production par les 0
0,0
1,2 3,1 –0,4 0,1
pays de l’OPEP+ (Organisation des pays exportateurs
–1,9
de pétrole plus certains pays non membres, y compris la –4
–6,6 OPEP+ Non-OPEP+
Russie) a été plus que compensée par une forte croissance
de la production en Iran et dans des pays non membres –8
2019 20 21 22 23 24
de l’OPEP, principalement les États-Unis, le Brésil et le
4. Réactions des tarifs du fret par transporteurs de produits blancs
Guyana (graphique [Link].1, plage 3). 110 aux tensions dans la mer Rouge4
Les tensions en mer Rouge ont fait augmenter de 50 % (Indice, janv. 2023 = 100)
les prix mondiaux du fret maritime pétrolier. L’un des prin- Indice Baltic Clean Tanker
100
Golfe du Moyen-Orient vers Royaume-Uni
cipaux itinéraires touchés est celui reliant le Moyen-Orient
à l’Europe (graphique 1DS.1, plage 4), sur lequel les prix
90
ont augmenté de 200 % entre la mi-novembre 2023 et
la mi-mars 2024. Les coûts plus élevés et le déroutement
qui en découle n’ont eu qu’un effet mineur sur les cours 80
Janv. Mars Juin Sept. Déc. Févr.
du pétrole brut. Le prix du pétrole russe, principalement 2023 23 23 23 23 24
exporté vers la Chine et l’Inde, était en majorité supé-
Sources : Agence internationale de l’énergie (AIE) ; Bloomberg L.P. ; FMI, système
rieur au plafond imposé par le Groupe des Sept depuis le des cours des produits de base ; Haver Analytics ; Refinitiv Datastream ; calculs
deuxième semestre 2023, avec une décote de 15 dollars à des services du FMI.
1
20 dollars (selon les données d’Argus). On applique à la prévision la dernière valeur réelle de l’indice des prix à la
consommation (IPC).
2
Prévisions fondées sur les Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
3
Les contributeurs de ce dossier spécial sont Christian Bogmans, L’OPEP+ regroupe les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs
Andrea Pescatori (chef d’équipe), Ervin Prifti et Martin Stuermer. Ils ont de pétrole plus d’autres pays producteurs de pétrole. Données de l’AIE.
4
bénéficié du concours de Wenchuan Dong, Joseph Moussa et Tianchu Qi Les lignes représentent les logarithmes des prix, normalisés au mois de
janvier 2023. La zone grisée commence au moment où le premier navire
comme assistants de recherche et d’Ivan Petrella, consultant. Ce dossier
a été saisi par les rebelles Houthis.
spécial s’appuie sur les travaux de Bogmans et al. (2024).
Les marchés à terme semblent indiquer que les de Russie et des meilleures perspectives de production
cours du pétrole vont se replier de 2,5 % en glisse- d’énergie nucléaire pour lutter contre le changement
ment annuel pour atteindre en moyenne 78,60 dollars climatique. Des tensions géopolitiques et l’anticipation
le baril en 2024, et continueront de chuter pour s’éta- d’un assouplissement des politiques monétaires ont fait
blir à 67,50 dollars en 2029. Les risques qui pèsent sur monter les cours de l’or de 5,5 %.
l’évolution de ces cours sont équilibrés. Les risques de Les prix des produits agricoles ont rebondi. Entre
hausse des prix découlent d’une escalade du conflit au août 2023 et février 2024, l’indice des prix des denrées
Moyen-Orient et d’attaques sur les infrastructures pétro- alimentaires et des boissons du FMI a gagné 6,0 %,
lières russes. À l’inverse, les risques de baisse tiennent à mais cette évolution masque des disparités. Les prix des
un ralentissement de la demande de pétrole en Chine céréales et des huiles végétales ont continué de reculer, de
et à une forte croissance de l’offre de la part des pays 7,2 % et 10,9 %, respectivement, sur fond d’une offre
non membres de l’OPEP, éventuellement accompagnée mondiale abondante. Les craintes suscitées par El Niño
d’une augmentation de l’offre des pays de l’OPEP+ afin ont exercé des pressions à la hausse sur le prix de certaines
de regagner des parts de marché. Les perspectives d’une cultures tropicales, notamment le cacao (64,2 %) et
croissance de la demande sont très incertaines. le café (18,2 %). Les cours du café, en particulier du
Les cours du gaz naturel continuent de baisser dans un Robusta, ont subi des pressions à la hausse du fait des
contexte marqué par une offre abondante. Les prix sur la tensions en mer Rouge, qui ont conduit certains pays
plateforme de marché européenne Title Transfer Facility consommateurs à remplacer les importations asiatiques
ont baissé de 24,4 % depuis août 2023 pour atteindre par des importations brésiliennes. Les cours du caout-
8,10 dollars le million d’unités thermiques britan- chouc ont bondi de 39,8 % alors que la production
niques en février 2024, dans le haut de la fourchette des mondiale diminuait en 2023 à la suite de l’apparition
prix historiques. En raison des conditions météorolo- d’une nouvelle maladie foliaire en Asie. Les prix des pois-
giques clémentes, d’une faible demande industrielle en sons et fruits de mer ont flambé de 25,9 %, la demande
Europe et d’une offre abondante de gaz naturel liquéfié, dépassant la croissance de l’offre, en partie en raison d’un
les stocks de gaz sont importants et les prix ont baissé durcissement de la législation environnementale dans
(voir également Albrizio et al., 2022, 2023). Les prix certains pays. Les risques pesant sur les perspectives de
du gaz naturel liquéfié asiatique ont reculé de 24,9 % prix sont équilibrés. Les risques haussiers découlent de
et les prix du Henry Hub aux États-Unis ont diminué nouvelles perturbations du commerce dans la mer Noire
de 32,3 %. Les marchés à terme permettent de penser et de nouvelles restrictions sur les exportations de denrées
que les prix sur la plateforme Title Transfer Facility s’éta- alimentaires. Des récoltes plus abondantes que prévu
bliront en moyenne à 9,45 dollars en 2024, et retom- constituent le risque le plus important de dégradation.
beront à 8,73 dollars en 2029. Les prix du Henry
Hub pourraient augmenter et passer d’une moyenne
de 2,66 dollars le million d’unités thermiques britan- Le pouvoir des prix : les marchés des produits
niques en 2024 à 3,63 dollars en 2029, alors que de base s’adaptent-ils rapidement aux chocs ?
les capacités d’exportation des États-Unis devraient La pandémie, la guerre en Ukraine et le conflit à
pratiquement doubler, passant de 11,4 milliards de Gaza et en Israël ont créé des chocs qui ont provoqué
pieds cubes par jour à 21,1 milliards de pieds cubes une poussée de la volatilité des prix (graphique [Link].2).
par jour jusqu’en 2027, selon l’Energy Information Cette volatilité a déstabilisé l’inflation et rendu plus diffi-
Administration des États-Unis. Les risques pesant sur ces cile l’élaboration des politiques budgétaire et monétaire,
perspectives sont équilibrés. en particulier dans les pays à faible revenu et les pays
Les cours des métaux ont affiché un rebond. Après avoir exportateurs de produits de base.
décliné pendant l’été, l’indice des cours des métaux de La fragmentation géoéconomique et le changement
base établi par le FMI a monté de 4,7 % entre août 2023 climatique pourraient se traduire par de nouvelles turbu-
et février 2024. Les prix du minerai de fer ont augmenté lences sur les marchés de produits de base. La volatilité
de 14,9 %, car la production d’acier a atteint des records des prix qui en résulterait pourrait dépendre essentiel-
en Chine. Les prix de l’uranium ont augmenté de 75,3 % lement de l’élasticité–prix de la demande et de l’offre.
pour atteindre leur niveau le plus élevé depuis 2007, en Plus cette élasticité est faible, plus les prix réagissent à des
raison de perturbations de l’offre des principaux produc- variations inattendues de l’offre et de la demande (voir
teurs, de l’éventualité de l’interdiction des exportations Albrizio et al., 2022, 2023).
Graphique [Link].2. Volatilité des prix des produits de base Graphique [Link].3. Indice de Herfindahl–Hirschman
(En écarts-types des différences logarithmiques) par produit de base, 2021
0,25 0,6 IHH de la production
1990–2019 2020–23 IHH de la consommation
IHH de la production si tous les pays sont égaux
0,20 0,5
0,4
0,15
0,3
0,10
0,2
0,05
0,1
0,00 0,0
Métaux Minerai Denrées Céréales Blé Charbon Gaz Pétrole
Bovins
Sucre
Pétrole brut
Blé
Bananes
Céréales
Coton
Riz
Café
Maïs
Caoutchouc
Cuivre
Cacao
Soja
Charbon
Zinc
Plomb
Huile de palme
Thé
Étain
de base de fer alimentaires naturel brut
Sources : FMI, système des cours des produits de base ; calculs des services du FMI.
Note : La volatilité est l’écart-type des différences logarithmiques des prix mensuels
durant les périodes respectives. Les chiffres des métaux de base, des denrées
alimentaires, des céréales, du charbon et du gaz naturel sont des indices des prix. Sources : Agence internationale de l’énergie ; Bems et al., 2023 ; International
Les prix du pétrole brut correspondent au prix au comptant moyen du pétrole établi Historical Statistics ; Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
par le FMI. l’agriculture ; Stuermer, 2017 ; World Bureau of Metal Statistics ; calculs des
services du FMI.
Note : Pour chaque produit de base, on calcule l’indice de Herfindahl–Hirschman
Il est donc fondamental de comprendre dans quelle (IHH) en additionnant le carré de la part de chaque pays dans la production (la
consommation) mondiale. Les indications de l’indice IHH vont d’une production
mesure l’offre et la demande de produits de base parfaitement égale dans les 195 pays de notre échantillon à 1 (inégalité parfaite).
réagissent lentement. La demande est-elle plus sensible
aux prix que l’offre ? Les quantités offertes et demandées
s’ajustent-elles plus fortement à long terme ? Les élastici- Chocs sur les matières premières
tés sont-elles différentes selon que les matières premières La méthode utilise les variations idiosyncrasiques de
sont des produits énergétiques, agricoles ou miné- la production et de la consommation des produits de
raux ? Quelles mesures rendent l’offre et la demande de base dans différents pays pour estimer les élasticités–prix
produits de base plus réactives ? globales moyennes. Elle ne fonctionne que si ces chocs
Ce dossier spécial présente une série d’élasticités–prix sont suffisamment importants pour influer sur les prix
de la demande et de l’offre systématiquement identifiées mondiaux, ce qui se manifeste alors sous forme d’une
et estimées pour une vaste gamme de produits de base1. forte concentration du marché.
Suivant une méthode granulaire des variables instrumen- En réalité, la plupart des marchés des produits de
tales (Gabaix et Koijen, à paraître), on utilise un ensemble base sont très concentrés dans leur production et leur
de données internationales annuelles sur des produits agri- consommation, comme le montrent les indices élevés de
coles, énergétiques et métalliques entre 1960 et 20212. Herfindahl–Hirschman (IHH) du graphique [Link].3.
1Ce dossier spécial s’appuie sur les travaux de Bogmans et al. (2024). Il
Ainsi, l’indice de la production d’huile de palme est de
comble des lacunes dans les publications, car des enquêtes telles que celles 0,4, un chiffre 80 fois plus élevé environ que la valeur de
de Dahl (2020) et de Fally et Sayre (2018) combinent des estimations l’indice si les 195 pays du monde avaient la même part
basées sur des méthodologies différentes. C’est un écueil majeur lorsque de marché (courbe rouge). Ceci signifie qu’un choc idio-
les modèles comprennent plusieurs produits de base (voir par exemple
Fally et Sayre, 2018, et Bolhuis, Chen et Kett, 2023). Les estimations
syncrasique sur la production d’huile de palme a de très
reposent souvent sur des corrélations et souffrent de biais (Roberts et grandes chances d’avoir un effet sur les prix de l’huile de
Schlenker, 2013). En outre, ce dossier contribue aux études sur l’estima- palme à l’échelle mondiale.
tion des élasticités à l’aide de modèles d’autorégression vectorielle (voir
Le graphique [Link].4 montre que ces chocs idiosyn-
Kilian, 2022, Baumeister et Hamilton, 2022, et Kilian et Zhou, 2023).
2Voir l’annexe 1.1 en ligne pour une description des données et de la crasiques propres à un pays sont un facteur important
méthode utilisées. Parmi les sources des données, on peut citer l’Agence des fluctuations de la production et de la consommation
internationale de l’énergie (2024), la Banque mondiale (2024), Bems mondiales des produits de base. En moyenne, les facteurs
et al. (2023), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture (2023), et Schwerhoff et Stuermer (2020). L’annexe en communs demeurent cependant le principal moteur.
ligne est disponible à l’adresse [Link]/fr/Publications/WEO. Cette situation s’explique notamment par les chaînes
Graphique [Link].4. Facteurs communs et facteurs matières premières industrielles. La production agricole
idiosyncrasiques de la demande et de l’offre de produits de base peut être davantage sensible aux chocs idiosyncrasiques
propres à chaque pays, tels que les sécheresses, les inon-
1970–2009 2010–21 dations ou les nuisibles, qui peuvent avoir un effet sur les
rendements locaux.
0,20 1. Denrées alimentaires
0,15
Les produits de base sont essentiellement inélastiques
0,10
En matière d’élasticité de l’offre, les résultats montrent
que les métaux, en particulier le cuivre et le zinc, ont en
général la plus faible élasticité, et les produits de base
0,05
agricoles, la plus forte (graphique [Link].5). Ainsi, le
cuivre et le zinc ont une élasticité de l’offre proche de
0,00
Communs Idiosyncrasiques Communs Idiosyncrasiques zéro. En revanche, les résultats pour les céréales révèlent
Consommation Production une élasticité de l’offre d’environ 0,6, ce qui signifie
0,20 2. Matières premières industrielles
qu’une hausse des prix de 10 % augmente la production
de 6 % dans un délai d’un an. En effet, il est possible,
dans ce délai, de changer de culture ou d’épandre davan-
0,15
tage d’engrais, alors qu’il faut plus de temps pour ouvrir
et développer des mines.
0,10
Il faut distinguer, d’une part, les cultures pérennes
comme le café, l’huile de palme et le cacao, et, d’autre
0,05
part, les cultures annuelles telles que le soja. Les cultures
pérennes se caractérisent par une élasticité de l’offre plus
0,00
Communs Idiosyncrasiques Communs Idiosyncrasiques faible à court terme que celle des cultures annuelles. Il
Consommation Production faut longtemps avant qu’un nouvel arbre produise des
fruits, généralement deux ans pour le palmier à huile
Sources : Bems et al., 2023 ; Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture ; Stuermer, 2017 ; World Bureau of Metal Statistics ; calculs des et cinq ans pour le cacaoyer. L’élasticité de l’offre des
services du FMI. produits de base énergétiques se situe généralement entre
Note : L’ordonnée montre l’écart-type des composantes communes et
idiosyncrasiques des résidus propres à chaque pays. On obtient les résidus à celle des produits minéraux et celle des produits de base
l’aide de régressions de panel en utilisant la consommation ou la production de agricoles.
produits de base des pays comme variables dépendantes et les effets fixes
temporels comme variables de contrôle. Les moustaches indiquent les 10e et 90e
Les élasticités de la demande sont moins déterminées
centiles ; les barres indiquent les 25e et 75e centiles ; et les repères noirs par les groupes de produits de base. Ce sont les caracté-
représentent la médiane. ristiques propres aux produits de base qui semblent jouer
un plus grand rôle. Ceci correspond à plusieurs méca-
d’approvisionnement mondiales. Ainsi, des chocs sur les nismes qui permettent de procéder à des ajustements du
transports de marchandises peuvent se manifester comme côté de la demande de tous les produits de base : rempla-
un facteur commun à plusieurs pays du côté de l’offre. cement par d’autres produits de base, utilisation plus effi-
Suivant cette explication, le rôle des facteurs communs ciente et remplacement de produits en aval par d’autres
a particulièrement augmenté dans la production de produits.
matières premières industrielles au cours des dix dernières Parmi les produits agricoles, le riz est atypique, car
années. Les facteurs communs ont également pris l’élasticité–prix de sa demande est proche de zéro,
de l’importance dans la consommation des matières probablement du fait qu’environ 10 % seulement de
premières alimentaires et industrielles (voir également sa production sont négociés à l’échelle internationale.
Jacks et Stuermer, 2021). Cette situation peut s’expliquer En outre, les prix du riz sont généralement subvention-
par des cycles économiques mondiaux plus synchronisés nés en Asie. L’élasticité du thé, du coton et du blé est
(de Soyres et Gaillard, 2020). supérieure à 0,4. S’agissant du pétrole brut et du char-
S’agissant des matières premières alimentaires, les bon, les résultats font apparaître une élasticité de la
chocs idiosyncrasiques sur la production sont plus forts demande inférieure à 0,2 en raison des difficultés à chan-
que ceux sur la consommation. Ce n’est pas le cas des ger de combustible à court terme du fait de contraintes
Graphique [Link].5. Réactions cumulées de l’offre et de la demande à une hausse des prix de 1 %
(En pourcentage)
2. Métaux
Cuivre Plomb Étain Zinc
1,0 1,0 1,0 1,0
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ; World Bureau of Metal Statistics ; calculs des services du FMI.
Note : Les fonctions de réaction aux impulsions indiquent la variation de la quantité offerte (courbe bleue) ou demandée (courbe rouge) à la suite d’une hausse des
prix de 1 % en fonction du temps mesuré en années. Les fonctions de réaction aux impulsions reposent à la fois sur des projections locales et sur une méthode
granulaire des variables instrumentales (Gabaix et Koijen, à paraître). Le graphique indique les intervalles de confiance à 90 %.
techniques. Enfin, le cuivre et le zinc ont une élasticité Conclusions et conséquences pour la politique économique
de la demande proche de zéro, alors que celle du plomb Ce dossier spécial estime un vaste ensemble d’élasti-
et de l’étain se situe entre 0,2 et 0,3. Le cuivre est essen- cités de l’offre et de la demande de produits de base en
tiel pour la production d’appareils électriques, et le zinc, suivant une méthode d’identification systématique et un
pour la production d’acier. Il est plus facile de remplacer jeu unique de données. Il en ressort que la demande et
le plomb et l’étain. l’offre de produits de base sont généralement inélastiques
aux prix, mais il existe des différences. L’offre de cultures
agricoles pérennes est plus inélastique que celle des cultures
L’offre et la demande réagissent davantage avec le temps annuelles. C’est peut-être pour cette raison que les prix
L’offre et la demande de produits de base réagissent du blé, qui ont bondi au début de la guerre en Ukraine,
davantage avec le temps à mesure que les marchés sont désormais inférieurs à leur niveau d’avant la guerre.
s’adaptent aux chocs (graphique [Link].5). Toutefois, les L’élasticité de la demande peut également avoir joué un
multiplicateurs à long terme font apparaître des diffé- rôle, car une élasticité croisée de la demande permet de
rences notables entre les produits de base sur différents remplacer une céréale par une autre. L’offre et la demande
horizons. Les résultats pour la plupart des produits de de matières premières minérales sont particulièrement
base agricoles montrent que les réactions du côté de inélastiques. Celles des produits de base énergétiques se
l’offre sont stables sur un horizon de cinq ans. L’élasticité situent entre celles des produits de base agricoles et celles
des cultures pérennes telles que le café, le cacao et le des métaux. Dans le même temps, avec le temps, l’offre et
caoutchouc continue d’afficher un pic solide statistique- la demande deviennent plus élastiques pour les matières
ment significatif deux ou trois ans environ après un choc. premières minérales et les produits de base énergétiques.
S’agissant des principaux métaux et de l’énergie, l’élas- Les pays exposés aux marchés des produits de base
ticité de l’offre est sur une pente ascendante, mais seule relativement peu élastiques, en particulier les métaux,
celle du cuivre est statistiquement significative. Du côté pourraient constituer des volants budgétaires et une
de la demande, de façon générale, les résultats ne sont marge de manœuvre monétaire pour se préparer aux
pas très précisément estimés. Ce sont les métaux qui conséquences plus vastes de chocs éventuels. Les élastici-
voient leurs multiplicateurs augmenter le plus à des hori- tés étant, en définitive, le reflet d’ajustements opérés par
zons plus lointains. Dans le même temps, pour la plupart les consommateurs et les producteurs finaux, rempla-
des produits de base agricoles, les multiplicateurs de la cer les subventions à l’énergie et à l’agriculture par des
demande n’augmentent pas. transferts ciblés contribuerait à accroître l’élasticité de la
La demande et l’offre de produits agricoles semblent demande et de l’offre de nombreux produits de base et
globalement plus réactives aux chocs que celles des miné- pourrait rendre leurs prix moins volatils. Le commerce
raux et des produits de base énergétiques. Ceci concorde international peut également jouer un rôle majeur en
avec la plus faible volatilité des prix observée pour les atténuant les chocs sur les matières premières et en
produits agricoles par rapport aux métaux et aux produits servant d’amortisseur contre leurs conséquences écono-
de base énergétiques (graphique [Link].2). Les produits de miques (voir Albrizio et al., 2022, 2023, et Alvarez
base agricoles affichent également le plus faible accrois- et al., 2023). Ce rôle sera encore plus important dans le
sement de leur réactivité après quelques années, alors contexte d’une intensification des tensions géopolitiques
que les matières premières minérales deviennent plus et de la fragmentation du commerce, ainsi que dans le cas
réactives. de minerais essentiels à la transition énergétique.
Tableau de l’annexe 1.1.1. Pays européens : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025
Europe 1,4 1,6 2,0 10,6 8,5 6,0 2,4 2,4 2,4 ... ... ...
Pays avancés 0,5 0,8 1,5 5,7 2,4 2,0 3,0 3,1 3,0 5,9 6,0 5,8
Zone euro4, 5 0,4 0,8 1,5 5,4 2,4 2,1 1,9 2,3 2,3 6,5 6,6 6,4
Allemagne –0,3 0,2 1,3 6,0 2,4 2,0 6,8 7,0 6,9 3,0 3,3 3,1
France 0,9 0,7 1,4 5,7 2,4 1,8 –0,7 –0,6 –0,6 7,4 7,4 7,0
Italie 0,9 0,7 0,7 5,9 1,7 2,0 0,2 0,8 1,3 7,7 7,8 8,0
Espagne 2,5 1,9 2,1 3,4 2,7 2,4 2,6 2,5 2,4 12,1 11,6 11,3
Pays-Bas 0,1 0,6 1,3 4,1 2,7 2,1 10,2 9,1 8,8 3,6 3,9 4,2
Belgique 1,5 1,2 1,2 2,3 3,6 2,0 –0,1 –0,5 –0,4 5,5 5,5 5,5
Irlande –3,2 1,5 2,5 5,2 2,4 2,0 9,9 10,4 9,6 4,3 4,4 4,5
Autriche –0,7 0,4 1,6 7,7 3,9 2,8 1,8 2,1 2,1 5,1 5,4 5,2
Portugal 2,3 1,7 2,1 5,3 2,2 2,0 1,4 1,6 1,5 6,6 6,5 6,3
Grèce 2,0 2,0 1,9 4,2 2,7 2,1 –6,9 –6,5 –5,3 10,9 9,4 8,7
Finlande –1,0 0,4 1,9 4,3 1,2 1,9 –1,0 –0,6 –0,4 7,2 7,6 7,4
République slovaque 1,1 2,1 2,6 11,0 3,6 3,9 –2,1 –4,4 –3,6 5,8 5,9 5,9
Croatie 2,8 3,0 2,7 8,4 3,7 2,2 1,2 1,5 0,9 6,2 5,8 5,5
Lituanie –0,3 2,2 2,5 8,7 1,5 2,3 2,6 1,3 1,3 6,6 6,3 6,1
Slovénie 1,6 2,0 2,5 7,4 2,7 2,0 4,5 2,7 2,1 3,7 3,7 3,8
Luxembourg –1,1 1,3 2,9 2,9 2,5 3,1 7,4 7,4 7,6 5,2 6,0 6,0
Lettonie –0,3 1,7 2,4 9,1 2,0 3,6 –4,0 –3,8 –3,9 6,5 6,5 6,5
Estonie –3,0 –0,5 2,2 9,1 4,2 2,5 –1,7 –3,4 –2,7 6,4 8,1 7,7
Chypre 2,5 2,7 2,9 3,9 2,3 2,0 –9,3 –8,6 –8,5 6,1 5,9 5,7
Malte 5,6 5,0 4,0 5,7 2,9 2,1 1,9 2,5 2,7 2,5 2,5 2,5
Royaume-Uni 0,1 0,5 1,5 7,3 2,5 2,0 –2,2 –2,6 –2,8 4,0 4,2 4,1
Suisse 0,8 1,3 1,4 2,1 1,5 1,2 7,6 8,2 7,6 2,0 2,3 2,4
Suède –0,2 0,2 2,2 5,9 2,6 2,0 6,2 6,0 5,3 7,7 8,4 8,2
République tchèque –0,4 0,7 2,0 10,7 2,1 2,0 1,2 0,6 1,0 2,6 2,6 2,5
Norvège 0,5 1,5 1,9 5,5 3,3 2,6 17,7 19,5 20,7 3,6 3,8 3,8
Danemark 1,8 2,1 1,5 3,4 1,5 2,0 10,9 9,9 9,7 4,9 4,9 4,9
Islande 4,1 1,7 2,0 8,7 5,6 3,4 1,0 1,0 0,8 3,4 3,8 4,1
Andorre 2,3 1,8 1,5 5,6 4,3 2,4 17,3 17,5 17,5 1,5 1,5 1,5
Saint-Marin 2,3 1,3 1,3 6,1 2,3 2,0 4,1 2,9 2,1 4,0 3,9 3,9
Pays émergents et pays
en développement d’Europe6 3,2 3,1 2,8 19,4 18,8 13,1 –0,5 –0,3 –0,5 ... ... ...
Russie 3,6 3,2 1,8 5,9 6,9 4,5 2,5 2,7 2,7 3,2 3,1 3,2
Türkiye 4,5 3,1 3,2 53,9 59,5 38,4 –4,1 –2,8 –2,2 9,4 9,6 9,6
Pologne 0,2 3,1 3,5 11,4 5,0 5,0 1,6 0,7 –0,2 2,8 2,9 3,0
Roumanie 2,1 2,8 3,6 10,4 6,0 4,0 –7,1 –7,1 –6,8 5,6 5,6 5,4
Ukraine7 5,0 3,2 6,5 12,9 6,4 7,6 –5,5 –5,7 –8,2 19,1 14,5 13,8
Hongrie –0,9 2,2 3,3 17,1 3,7 3,5 0,3 –0,2 –0,3 4,1 4,4 4,2
Bélarus 3,9 2,4 1,1 5,0 6,3 6,5 –0,1 –0,5 –1,3 3,5 3,0 2,9
Bulgarie 1,8 2,7 2,9 8,6 3,4 2,7 0,3 –0,3 –1,2 4,4 4,3 4,2
Serbie 2,5 3,5 4,5 12,4 4,8 3,1 –2,6 –3,9 –4,7 9,5 9,4 9,3
Source : estimations des services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour
une liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.
5Sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé d’Eurostat, sauf pour la Slovénie.
6Inclut l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la République de Moldova.
7Voir la note sur l’Ukraine dans la section des notes de l’appendice statistique.
Tableau de l’annexe 1.1.2. Pays d’Asie et du Pacifique : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025
Asie 5,0 4,5 4,3 2,6 2,4 2,7 1,9 1,7 1,7 ... ... ...
Pays avancés d’Asie 2,2 1,7 1,8 3,6 2,5 2,2 4,5 4,6 4,6 2,8 2,9 3,0
Japon 1,9 0,9 1,0 3,3 2,2 2,1 3,4 3,5 3,5 2,6 2,5 2,5
Corée 1,4 2,3 2,3 3,6 2,5 2,0 2,1 2,9 3,4 2,7 3,0 3,1
Australie 2,1 1,5 2,0 5,6 3,5 3,0 1,2 0,5 –0,2 3,7 4,2 4,5
Taiwan (province chinoise de) 1,4 3,1 2,7 2,5 1,9 1,6 13,1 13,9 13,9 3,7 3,7 3,7
Singapour 1,1 2,1 2,3 4,8 3,0 2,5 19,8 18,0 17,8 1,9 1,9 1,9
Hong Kong (RAS) 3,2 2,9 2,7 2,1 2,3 2,3 9,4 8,8 8,3 2,9 2,8 2,7
Nouvelle-Zélande 0,6 1,0 2,0 5,7 3,1 2,5 –6,9 –6,0 –5,4 3,7 5,0 5,4
Macao (RAS) 80,5 13,9 9,6 0,9 1,7 2,3 30,2 32,5 34,8 2,7 2,0 1,9
Pays émergents et pays
en développement d’Asie 5,6 5,2 4,9 2,4 2,4 2,8 1,0 0,7 0,7 ... ... ...
Chine 5,2 4,6 4,1 0,2 1,0 2,0 1,5 1,3 1,4 5,2 5,1 5,1
Inde 4 7,8 6,8 6,5 5,4 4,6 4,2 –1,2 –1,4 –1,6 ... ... ...
Indonésie 5,0 5,0 5,1 3,7 2,6 2,6 –0,1 –0,9 –1,3 5,3 5,2 5,1
Thaïlande 1,9 2,7 2,9 1,2 0,7 1,2 1,3 1,7 2,0 1,2 1,1 1,0
Viet Nam 5,0 5,8 6,5 3,3 3,7 3,4 5,1 2,3 2,0 2,0 2,1 2,0
Philippines 5,6 6,2 6,2 6,0 3,6 3,0 –2,6 –2,2 –1,6 4,4 5,1 5,2
Malaisie 3,7 4,4 4,4 2,5 2,8 2,5 1,2 2,4 2,7 3,6 3,5 3,5
Autres pays émergents et pays
en développement d’Asie 5 4,0 5,4 5,7 11,6 9,2 6,2 –0,1 –0,9 –2,2 ... ... ...
Pour mémoire
ASEAN-56 4,1 4,5 4,6 3,5 2,5 2,4 3,0 2,6 2,5 ... ... ...
Pays émergents d’Asie7 5,7 5,2 4,8 2,0 2,1 2,6 1,0 0,7 0,8 ... ... ...
Source : estimations des services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une
liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Voir la note pour l’Inde dans la section des notes de l’appendice statistique.
5Les autres pays émergents et pays en développement d’Asie incluent les pays suivants : Bangladesh, Bhoutan, Brunei Darussalam, Cambodge, Fidji, Îles Marshall,
Îles Salomon, Kiribati, Maldives, Micronésie, Mongolie, Myanmar, Nauru, Népal, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, Samoa, Sri Lanka,
Timor-Leste, Tonga, Tuvalu et Vanuatu.
6Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande.
7Les pays émergents d’Asie incluent la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Viet Nam.
Tableau de l’annexe 1.1.3. Pays de l’Hémisphère occidental : PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025
Amérique du Nord 2,5 2,6 1,9 4,2 3,0 2,1 –2,7 –2,2 –2,2 ... ... ...
États-Unis 2,5 2,7 1,9 4,1 2,9 2,0 –3,0 –2,5 –2,5 3,6 4,0 4,2
Mexique 3,2 2,4 1,4 5,5 4,0 3,3 –0,3 –0,8 –0,8 2,8 2,8 3,2
Canada 1,1 1,2 2,3 3,9 2,6 1,9 –0,6 0,3 0,4 5,4 6,3 6,3
Porto Rico4 –0,7 –0,2 0,0 2,8 1,9 2,3 ... ... ... 6,9 6,7 6,6
Amérique du Sud5 1,5 1,4 2,7 19,7 24,7 10,1 –1,7 –1,2 –1,4 ... ... ...
Brésil 2,9 2,2 2,1 4,6 4,1 3,0 –1,3 –1,4 –1,5 8,0 8,0 7,9
Argentine –1,6 –2,8 5,0 133,5 249,8 59,6 –3,5 0,9 0,9 6,6 8,0 7,5
Colombie 0,6 1,1 2,5 11,7 6,4 3,6 –2,7 –3,0 –3,3 10,1 9,9 9,6
Chili 0,2 2,0 2,5 7,6 3,2 3,0 –3,5 –3,9 –3,7 8,8 8,7 8,1
Pérou –0,6 2,5 2,7 6,3 2,3 2,0 0,6 –1,1 –1,4 6,8 6,6 6,5
Équateur 2,3 0,1 0,8 2,2 1,4 1,5 1,2 0,9 1,2 3,7 4,2 4,0
Venezuela 4,0 4,0 3,0 337,5 100,0 150,0 3,4 4,7 4,0 ... ... ...
Bolivie 2,5 1,6 2,2 2,6 4,5 4,2 –5,0 –5,7 –5,8 4,9 5,0 5,1
Paraguay 4,5 3,8 3,8 4,6 3,8 4,0 0,2 0,6 1,5 6,2 6,0 6,0
Uruguay 0,4 3,7 2,9 5,9 5,8 5,5 –3,9 –3,6 –3,2 8,3 8,1 8,0
Amérique centrale6 4,2 3,9 3,8 4,1 3,0 3,3 –0,5 –1,5 –1,8 ... ... ...
Caraïbes7 8,3 9,7 6,9 12,8 6,8 5,6 2,6 3,0 2,1 ... ... ...
Pour mémoire
Amérique latine et Caraïbes8 2,3 2,0 2,5 14,4 16,7 7,7 –1,2 –1,0 –1,2 ... ... ...
Union monétaire des Caraïbes orientales9 4,8 4,3 3,3 3,9 2,3 2,0 –12,3 –11,2 –9,9 ... ... ...
Source : estimations des services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une
liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
Suriname et Trinité-et-Tobago.
8Inclut le Mexique et des pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Voir les notes pour l’Argentine et le Venezuela dans la section des notes de l’appendice
statistique.
9Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte-Lucie, ainsi qu’Anguilla et Montserrat, qui ne sont pas membres du FMI.
Tableau de l’annexe 1.1.4. Pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023
2024 2025
Moyen-Orient et Asie centrale 2,0 2,8 4,2 16,7 15,5 11,8 4,0 1,8 1,4 ...... ...
Pays exportateurs de pétrole4 2,1 2,8 4,4 11,4 10,3 9,1 6,4 4,0 3,1 ...... ...
Arabie saoudite –0,8 2,6 6,0 2,3 2,3 2,0 3,9 0,5 –0,6 ...... ...
Iran 4,7 3,3 3,1 41,5 37,5 32,5 4,4 3,6 3,4 9,08,9 8,8
Émirats arabes unis 3,4 3,5 4,2 1,6 2,1 2,0 9,3 7,8 6,9 ...... ...
Kazakhstan 5,1 3,1 5,6 14,6 8,7 7,0 –3,8 –4,5 –2,7 4,84,8 4,8
Algérie 4,2 3,8 3,1 9,3 7,6 6,4 2,2 0,1 –1,5 ...... ...
Iraq –2,2 1,4 5,3 4,4 4,0 4,0 2,6 –3,6 –5,1 ...... ...
Qatar 1,6 2,0 2,0 3,1 2,6 2,4 18,7 15,6 13,2 ...... ...
Koweït –2,2 –1,4 3,8 3,6 3,2 2,7 32,8 30,1 27,1 ...... ...
Oman 1,3 1,2 3,1 0,9 1,3 1,5 1,8 2,7 2,1 ...... ...
Azerbaïdjan 1,1 2,8 2,3 8,2 3,5 5,0 9,9 8,5 8,1 5,65,5 5,5
Turkménistan 2,0 2,3 2,3 –1,7 5,0 7,9 4,8 4,1 2,8 ...... ...
Bahreïn 2,6 3,6 3,2 0,1 1,4 1,8 6,3 6,9 5,3 ...... ...
Pays importateurs de pétrole5,6 1,8 2,7 4,0 25,7 24,5 16,3 –2,9 –4,6 –3,5 ...... ...
Égypte 3,8 3,0 4,4 24,4 32,5 25,7 –1,2 –6,3 –2,4 7,27,1 7,0
Pakistan –0,2 2,0 3,5 29,2 24,8 12,7 –0,7 –1,1 –1,2 8,58,0 7,5
Maroc 3,0 3,1 3,3 6,1 2,2 2,5 –1,5 –2,6 –2,9 13,012,0 11,5
Ouzbékistan 6,0 5,2 5,4 10,0 11,6 9,7 –4,9 –4,9 –4,5 8,47,9 7,4
Soudan7 –18,3 –4,2 5,4 171,5 145,5 62,7 –5,4 –6,9 –11,0 46,049,5 48,2
Tunisie 0,4 1,9 1,8 9,3 7,4 6,9 –2,5 –3,5 –3,7 16,4 ... ...
Jordanie 2,6 2,6 3,0 2,2 2,7 2,4 –7,0 –6,3 –4,5 ...... ...
Géorgie 7,5 5,7 5,2 2,5 2,6 4,2 –4,3 –5,8 –5,6 16,415,7 16,0
Arménie 8,7 6,0 5,2 2,0 3,1 3,7 –1,9 –2,8 –3,6 12,513,0 13,5
Tadjikistan 8,3 6,5 4,5 3,7 4,9 6,3 –0,7 –2,1 –2,2 ...... ...
République kirghize 4,2 4,4 4,2 10,8 6,7 6,6 –30,4 –9,5 –8,0 9,09,0 9,0
Bande de Gaza et Cisjordanie7 –6,1 ... ... 5,9 ... ... –13,1 ... ... 28,7 ... ...
Mauritanie 4,8 5,1 5,5 4,9 2,8 4,0 –11,2 –11,7 –9,2 ...... ...
Pour mémoire
Caucase et Asie centrale 4,9 3,9 4,8 9,7 7,7 7,1 –1,5 –1,9 –1,3 ... ... ...
Moyen-Orient, Afrique du Nord,
Afghanistan et Pakistan 6 1,6 2,6 4,1 17,7 16,6 12,4 4,8 2,4 1,8 ... ... ...
Moyen-Orient et Afrique du Nord 1,9 2,7 4,2 16,0 15,4 12,4 5,3 2,7 2,1 ... ... ...
Israël7,8 2,0 1,6 5,4 4,2 2,4 2,5 4,7 5,6 4,2 3,5 3,7 3,8
Source : estimations des services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une
liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi la Libye et le Yémen.
5Ce groupe comprend aussi Djibouti, le Liban et la Somalie. Voir la note sur le Liban dans la section des notes de l’appendice statistique.
6L’Afghanistan et la Syrie sont exclus en raison de l’incertitude entourant leur situation politique. Voir les notes sur ces pays dans la section des notes de l’appendice
statistique.
7Voir les notes pour la Bande de Gaza et Cisjordanie, Israël et le Soudan dans la section des notes de l’appendice statistique.
8Israël, qui n’est pas membre de la région économique, est inclus pour des raisons de géographie. Les chiffres relatifs à Israël ne sont toutefois pas inclus dans les agrégats
de la région.
Tableau de l’annexe 1.1.5. Pays d’Afrique subsaharienne : PIB réel, prix à la consommation,
solde extérieur courant et chômage
(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réel Prix à la consommation1 Solde extérieur courant2 Chômage3
Projections Projections Projections Projections
2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025 2023 2024 2025
Afrique subsaharienne 3,4 3,8 4,0 16,2 15,3 12,4 –2,8 –2,8 –2,6 ... ... ...
Pays exportateurs de pétrole4 2,4 3,2 2,9 21,2 23,7 19,7 0,9 1,6 1,0 ... ... ...
Nigéria 2,9 3,3 3,0 24,7 26,3 23,0 0,3 0,6 –0,1 ... ... ...
Angola 0,5 2,6 3,1 13,6 22,0 12,8 3,1 4,9 4,6 ... ... ...
Gabon 2,3 2,9 2,7 3,6 2,1 2,2 4,2 4,0 3,0 ... ... ...
Tchad 4,4 2,9 3,7 2,7 3,1 3,1 –2,5 –2,3 –3,0 ... ... ...
Guinée équatoriale –5,9 0,5 –4,6 2,5 4,4 1,8 –1,3 –2,7 –2,7 ... ... ...
Pays à revenu intermédiaire5 2,8 3,2 3,6 9,0 6,8 5,2 –3,2 –2,7 –2,4 ... ... ...
Afrique du Sud 0,6 0,9 1,2 5,9 4,9 4,5 –1,6 –1,8 –1,9 32,8 33,5 33,9
Kenya 5,5 5,0 5,3 7,7 6,6 5,5 –3,9 –4,3 –4,2 ... ... ...
Ghana 2,3 2,8 4,4 37,5 22,3 11,5 –1,7 –1,9 –2,2 ... ... ...
Côte d’Ivoire 6,2 6,5 6,4 4,4 3,8 3,0 –6,0 –3,8 –2,6 ... ... ...
Cameroun 4,0 4,3 4,5 7,2 5,9 5,5 –2,8 –2,8 –2,8 ... ... ...
Zambie 4,3 4,7 4,8 11,0 11,4 7,8 –1,8 3,7 5,2 ... ... ...
Sénégal 4,1 8,3 10,2 5,9 3,9 2,0 –15,1 –8,9 –4,8 ... ... ...
Pays à faible revenu6 5,4 5,5 5,8 21,8 19,0 15,4 –5,6 –5,7 –5,2 ... ... ...
Éthiopie 7,2 6,2 6,5 30,2 25,6 18,2 –2,9 –2,6 –1,7 ... ... ...
Tanzanie 5,0 5,5 6,0 4,0 4,0 4,0 –5,3 –4,2 –3,6 ... ... ...
République démocratique du Congo 6,1 4,7 5,7 19,9 17,2 8,5 –5,4 –4,1 –3,2 ... ... ...
Ouganda 4,8 5,6 6,5 5,4 3,8 4,9 –7,7 –7,3 –7,6 ... ... ...
Burkina Faso 3,6 5,5 5,8 0,9 2,1 2,0 –7,9 –5,7 –4,1 ... ... ...
Mali 4,5 4,0 4,5 2,1 1,0 2,0 –9,0 –5,1 –4,4 ... ... ...
Source : estimations des services du FMI.
Note : Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une
liste des pays ayant des périodes de référence exceptionnelles.
1Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de
l’appendice statistique.
2En pourcentage du PIB.
3En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.
4Ce groupe comprend aussi la République du Congo et le Soudan du Sud.
5Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Bénin, Botswana, Cabo Verde, Comores, Eswatini, Lesotho, Maurice, Namibie, Sao Tomé-et-Principe et Seychelles.
6Ce groupe comprend aussi les pays suivants : Burundi, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Madagascar, Malawi, Mozambique, Niger, République centrafricaine,
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Les banques centrales du monde entier ont sensiblement depuis 40 ans. Les perturbations des chaînes d’approvi-
relevé leurs taux directeurs ces deux dernières années. De sionnement liées à la reprise des activités au lendemain
nombreux observateurs pensaient qu’une hausse des taux des confinements et la guerre en Ukraine ont entraîné
provoquerait un ralentissement de l’activité, voire une réces- une série de chocs d’offre, portant autant de coups aux
sion. Or, la croissance mondiale a bien résisté. Cependant, pays. Conjugués à l’orientation extraordinairement
l’économie décélère bel et bien dans certains pays. Pourquoi expansionniste des politiques budgétaire et monétaire
certains pays pâtissent-ils des taux élevés, et d’autres pas ? Le adoptée durant la pandémie, ces chocs ont fait grim-
présent chapitre compare les effets de la politique monétaire per l’inflation à des niveaux jamais enregistrés depuis des
entre les pays et au fil du temps à partir des évolutions des décennies1. Face à la hausse soudaine des taux d’intérêt,
marchés des prêts hypothécaires et du logement. Ces effets sont beaucoup d’observateurs avaient prédit une forte contrac-
plus marqués là où 1) la part des prêts hypothécaires à taux tion de la croissance en 2023.
fixe est faible, 2) les acquéreurs de logements sont plus endet- En fin de compte, la croissance mondiale a fait preuve
tés, 3) la dette des ménages est élevée, 4) l’offre de logements est d’une résilience remarquable malgré la montée des taux
restreinte et 5) les prix de l’immobilier résidentiel ont récem- directeurs. Le dynamisme de l’activité économique a
ment été surévalués. Étant donné que ces facteurs varient dépassé les anticipations dans la plupart des pays et l’em-
considérablement d’un pays à l’autre, le principal message de ploi, en particulier, est resté robuste, même lorsque l’in-
ce chapitre est que l’influence de la politique monétaire est flation a considérablement reflué. Des évolutions très
forte dans certains pays et moindre dans d’autres. En outre, il favorables, comme l’inversion partielle des chocs d’offre
se peut aussi que les changements qu’ont connus les marchés antérieurs, se sont concrétisées au même moment que
des prêts hypothécaires et du logement depuis la crise finan- l’augmentation des taux (chapitre 1).
cière mondiale et pendant la pandémie de COVID-19 aient Que peuvent nous enseigner les travaux universitaires
jusqu’ici atténué l’incidence de la hausse des taux directeurs sur les effets macroéconomiques de la politique moné-
dans plusieurs pays. Le risque que l’économie n’ait pas encore taire, autrement dit sur la transmission de la politique
ressenti l’effet de freinage du resserrement monétaire déjà opéré monétaire ? Premièrement, la transmission diffère selon
doit être pris au sérieux dans les pays où la durée des prêts les pays et les conséquences macroéconomiques mettent
hypothécaires à taux fixe est courte, surtout si les ménages sont un certain temps à apparaître. Ainsi, le décalage entre
très endettés. Plus les taux d’intérêt resteront élevés longtemps, l’inflexion de la politique monétaire et la réponse maxi-
plus les ménages courront le risque d’accuser le coup, même là male de l’économie est souvent estimé à deux ans, soit
où ils ont été jusqu’ici relativement épargnés. un décalage « long et variable » d’après la célèbre formule
de Milton Friedman (1961). Les prix des actifs, dont
ceux des logements, réagissent, en revanche, plus vite.
Introduction Deuxièmement, les économistes ont souligné certains
Depuis la fin de 2021, les banques centrales du monde éléments indiquant que la politique monétaire produit
entier, cherchant à restaurer la stabilité des prix, ont des effets asymétriques : une hausse des taux directeurs
relevé leurs taux directeurs dans un mouvement dont le a des répercussions plus importantes qu’une baisse de la
rythme, l’ampleur et l’étendue s’avèrent sans précédent même ampleur. Ce phénomène peut s’expliquer soit par
une plus forte sensibilité du chômage à l’augmentation
des taux, étant donné que les prix et les salaires ne sont
Le présent chapitre a été rédigé par Mehdi Benatiya Andaloussi,
Nina Biljanovska, Alessia De Stefani et Rui Mano (auteur principal), généralement pas ajustés à la baisse, comme l’a soutenu
avec l’appui d’Ariadne Checo de los Santos, Eduardo Espuny Diaz, John Maynard Keynes (1936), soit par des contraintes
Pedro Gagliardi, Gianluca Yong et Jiaqi Zhao. Amir Kermani y a
contribué en tant que consultant externe et Jesper Lindé a apporté
son concours à la modélisation. Ce chapitre a en outre bénéficié des 1La Chine suit un cycle économique différent : la politique moné-
commentaires de Stijn Van Nieuwerburgh ainsi que de participants à taire a été assouplie récemment sur fond d’inquiétudes portant sur le
un séminaire interne et de relecteurs. marché de l’immobilier (chapitre 1).
d’accès au crédit, hypothèse défendue par Ben Bernanke transmission de la politique monétaire par le vecteur du
et ses coauteurs dans les années 902. logement et leurs liens avec les caractéristiques des marchés
La résilience de la croissance mondiale pourrait indi- des prêts hypothécaires et du logement. Les analyses déve-
quer que la transmission du relèvement des taux, autre- loppées ici reposent sur l’application de méthodes empi-
fois forte, s’est désormais affaiblie. Cependant, dans riques à un groupe plus large de pays que dans les travaux
certains pays, la demande a, de fait, nettement ralenti, antérieurs sur le sujet, grâce à la mobilisation de nouvelles
et les ménages accusent de toute évidence le coup de la données sur : 1) les cas où la politique monétaire a déjoué
remontée des taux. Pourquoi est-ce le cas dans ces pays et les pronostics des analystes, afin de mettre en évidence
pas ailleurs ? La diversité des évolutions observées offre la les changements exogènes des taux d’intérêt, et 2) la part
possibilité d’en apprendre plus sur le fonctionnement de des prêts hypothécaires à taux fixe dans les pays étudiés,
la politique monétaire. à partir d’informations collectées auprès de sources
Ce chapitre compare les effets de la politique monétaire publiques et d’autorités nationales. Une nouvelle base de
entre les pays et au fil du temps en analysant comment ils données régionales sur les prix des logements et l’activité
se font sentir sur les marchés des prêts hypothécaires et du réelle est également utilisée. Les simulations effectuées par
logement. On sait que les mécanismes de transmission de modélisation visent à déterminer les effets conjoints de
la politique monétaire par le vecteur du logement jouent la part des prêts hypothécaires à taux fixe et des plafonds
un rôle important. Les prêts hypothécaires sont le principal réglementaires du ratio prêt/valeur. Enfin, ce chapitre fait
engagement financier des ménages et le logement constitue fond sur d’autres études du FMI3 et sur de nombreux
souvent l’essentiel de leur patrimoine. L’immobilier repré- travaux universitaires, parfois anciens4. La méthodologie
sente une grande part de la consommation, de l’investis- adoptée s’appuie sur Jordà (2005), Stock et Watson (2018)
sement, de l’emploi et des prix à la consommation dans et Chen et al. (2023).
la plupart des pays. Les prix des logements, en tant que Les principales conclusions de ce chapitre sont les
prix d’actifs déterminants sur le plan macroéconomique, suivantes :
peuvent donner des indices avant-coureurs de l’inci- • Les marchés des prêts hypothécaires et de l’immobilier ont
dence de la politique monétaire sur les ménages. Enfin, les connu différentes transformations au cours des dernières
marchés des prêts hypothécaires et du logement sont très décennies. Au début du récent cycle de relèvement des
différents d’un pays à l’autre, ce qui permet d’évaluer plus taux directeurs et après une longue période de faiblesse
aisément le degré de variabilité de la transmission. des taux d’intérêt, les paiements d’intérêts au titre
Pour ce faire, ce chapitre cherche à répondre à quatre
grandes questions : 3Il existe ainsi des complémentarités entre, d’une part, ce chapitre et,
• Quelle est la situation sur les marchés de l’im- d’autre part, les analyses sur le secteur du logement et la politique moné-
mobilier et des prêts hypothécaires aujourd’hui ? taire présentées dans le chapitre 3 des PEM d’avril 2008 (qui constitue
Comment ont-ils réagi à la crise financière mondiale, la dernière étude approfondie de ces enjeux dans les PEM) ; le chapitre 3
des PEM d’avril 2020 et le chapitre 2 des PEM d’avril 2022, qui portait
à la pandémie et au récent resserrement de la politique sur le niveau de la dette, les règles macroprudentielles et la politique
monétaire ? monétaire ; et Deb et al. (2022) en ce qui concerne la question du loge-
• D’un point de vue théorique, quels sont les ment en Asie. Différents thèmes connexes ne sont pas traités dans ce
chapitre et ont été examinés dans des publications du FMI, comme
mécanismes de transmission de la politique l’immobilier commercial dans le chapitre 3 de l’édition d’avril 2021 du
monétaire par le vecteur du logement ? Quelles Rapport sur la stabilité financière dans le monde ; le vecteur du crédit
relations entretiennent ces mécanismes avec les bancaire dans le chapitre 2 du Rapport sur la stabilité financière dans le
monde d’octobre 2016 ; et le calibrage de la politique monétaire dans
caractéristiques des marchés hypothécaire et
le chapitre 3 de l’édition d’octobre 2009 des PEM et le chapitre 2 du
résidentiel ? Rapport sur la stabilité financière dans le monde d’avril 2019.
• En quoi ces mécanismes diffèrent-ils selon les pays ? 4Il s’appuie notamment sur un certain nombre de conclusions
• Leur rôle s’est-il affaibli ces dernières années ? communes dans le cas de l’Europe (Calza, Monacelli et Stracca, 2013 ;
Pica, 2021 ; Corsetti, Duarte et Mann, 2022 ; Battistini et al., 2022) ;
d’observations récentes sur les marchés régionaux du logement,
Afin de répondre à ces questions, ce chapitre propose principalement aux États-Unis (Huang et Tang, 2012 ; Aastveit et
un cadre conceptuel pouvant servir de référence au Anundsen, 2022 ; Albuquerque, Iseringhausen et Opitz, 2024) ;
et plus généralement de résultats sur les mécanismes de transmis-
lecteur pour comprendre les différents mécanismes de sion de la politique monétaire par le vecteur du logement (Flodén
et al., 2021 ; Beraja et al., 2019 ; Bernanke et Gertler, 1995 ; Cloyne,
2Voir l’encadré 1.2 de l’édition d’avril 2023 des Perspectives de l’éco- Ferreira et Surico, 2020 ; Di Maggio et al., 2017 ; Kaplan, Mitman
nomie mondiale (PEM), Bernanke et Kuttner (2005) et Gorea, Kryvtsov et Violante, 2020 ; Kuchler, Piazzesi et Stroebel, 2023 ; Mian, Rao et
et Kudlyak (2022). Sufi, 2013). Ces travaux sont cités dans le chapitre, le cas échéant.
d’emprunts hypothécaires étaient à un niveau histori- restrictions pesant sur l’offre de logements étaient moins
quement bas tandis que la durée et la part moyennes fortes. Dans certains cas, cette évolution a été contreba-
des prêts hypothécaires à taux fixe étaient élevées dans lancée par un renchérissement des logements situés dans
de nombreux pays. Le faible niveau des taux d’inté- des zones où ils sont déjà surévalués et par un alourdis-
rêt, conjugué aux changements structurels provoqués sement de la dette des ménages, lesquels ont tendance à
par la pandémie et les confinements qui en ont résulté, renforcer les effets de la politique monétaire.
s’est traduit par un renchérissement rapide des loge-
ments. Les prix de l’immobilier résidentiel demeurent Il convient de formuler plusieurs mises en garde quant
bien plus haut qu’avant la pandémie, mais ils se sont à l’interprétation des résultats exposés dans ce chapitre.
aujourd’hui stabilisés, voire ont reculé dans certains Premièrement, la portée des analyses empiriques est limi-
pays en 2023. Les évolutions observées diffèrent consi- tée par la disponibilité des données, au niveau natio-
dérablement selon les pays. nal comme sur le plan temporel. Faute de données,
• Les mécanismes de transmission de la politique monétaire il a, par exemple, été impossible d’étudier les loyers.
par le vecteur du logement varient fortement d’un pays Deuxièmement, ce chapitre est axé sur le rôle des caracté-
à l’autre. Les caractéristiques du marché hypothécaire ristiques de l’immobilier résidentiel et des prêts hypothé-
jouent un rôle à cet égard : la transmission de la poli- caires des ménages, laissant de côté les autres canaux de
tique monétaire est plus marquée là où 1) la part des transmission. Par conséquent, il cherche donc principale-
prêts hypothécaires à taux fixe est relativement faible, ment à déterminer si les ménages supportent un risque de
2) les acquéreurs de logements sont plus endettés, car taux d’intérêt, sans tenir compte de la part de ce fardeau
les plafonds réglementaires du ratio prêt/valeur sont assumée par les banques et les États. Troisièmement, des
peu restrictifs, et 3) la dette des ménages est élevée. raisons techniques empêchent d’intégrer l’ensemble des
De plus, les simulations réalisées à partir de modèles caractéristiques dans un seul cadre, c’est pourquoi les effets
laissent penser que les effets de ces caractéristiques se d’équilibre général ne sont pas toujours pris en compte.
renforcent mutuellement. Un plafonnement réglemen- Ce chapitre s’ouvre sur une présentation des tendances
taire restrictif du ratio prêt/valeur et un fort endette- observées sur les marchés des prêts hypothécaires et du
ment des ménages peuvent atténuer la transmission logement. Il propose ensuite un cadre conceptuel qui
de la politique monétaire, surtout à court terme, avec met en relation les effets de la politique monétaire et les
pour conséquence de la retarder. Les caractéristiques du caractéristiques des marchés des prêts hypothécaires et
marché du logement sont également un facteur impor- du logement. Puis, il montre que les effets de la poli-
tant : la transmission de la politique monétaire est plus tique monétaire varient sensiblement d’un pays à l’autre
prononcée là où 1) l’offre de logements est relativement à cause de ces caractéristiques. Enfin, la dernière section
restreinte et 2) les prix de l’immobilier résidentiel ont cherche à déterminer si la transmission de la politique
récemment été surévalués. D’après certains éléments mis monétaire par le vecteur du logement a changé avec le
en évidence dans ce chapitre, ces deux caractéristiques temps et tire des enseignements utiles aux responsables
accroissent davantage la transmission de la politique des politiques monétaire et macroprudentielle.
monétaire en période de resserrement monétaire que
lors d’une phase d’assouplissement. À l’inverse, une part
élevée de prêts hypothécaires à taux fixe a un effet néga- Resserrement monétaire et immobilier :
tif de plus grande ampleur sur l’intensité de la transmis- contexte et faits stylisés
sion monétaire durant un cycle de durcissement. Étant Cette section décrit les transformations des marchés du
donné que ces caractéristiques sont sensiblement diffé- logement et des prêts hypothécaires depuis la crise finan-
rentes d’un pays à l’autre, les effets de la politique moné- cière mondiale et durant la pandémie, et montre que ces
taire le sont aussi. transformations, conjuguées à la récente divergence de
• La transmission de la politique monétaire par le vecteur l’évolution des prix dans les différents pays, pourraient
du logement s’est récemment affaiblie dans plusieurs pays. offrir des indices sur l’efficacité de la politique monétaire.
Les transformations observées depuis la crise financière
mondiale et durant la pandémie ont amoindri le rôle du
vecteur du logement dans de nombreux pays : la part Évolutions du marché de l’immobilier depuis
des prêts hypothécaires à taux fixe s’est accrue, les limites la crise financière mondiale et durant la pandémie
réglementaires du ratio prêt/valeur ont été durcies et la Le resserrement monétaire opéré après la pandémie
population s’est, en partie, déplacée vers des zones où les a fait suite à une longue période de faiblesse des taux
Graphique 2.1. Taux directeurs nominaux Graphique 2.2. Prix nominaux des logements
dans les pays avancés et les pays émergents dans les pays avancés et les pays émergents
(Médiane du groupe de pays, en pourcentage) (Médiane du groupe de pays, indice 2005 = 100)
10 250
Pays avancés Pays avancés
Pays émergents et pays en développement
230 Pays émergents et pays en développement
8
210
6 190
170
4 150
130
2
110
0 90
2005 08 11 14 17 20 23 2005 08 11 14 17 20 23
Sources : Haver Analytics ; calculs des services du FMI. Sources : Banque des règlements internationaux ; calculs des services du FMI.
Note : La ligne verticale correspond au premier trimestre 2020, c’est-à-dire au
début de la pandémie.
d’intérêt (graphique 2.1). En effet, au lendemain de
la crise financière mondiale, les banques centrales ont
brutalement fait baisser les taux d’intérêt dans le monde étaient l’un des principaux facteurs à l’origine de la crise
entier. Au cours des années 2010, elles ont maintenu financière mondiale en ce qu’ils avaient amplifié les cycles
leurs taux directeurs à un niveau bas, voire proche de de hausse et de baisse des prix des logements au milieu
zéro, dans les pays avancés, dans un contexte marqué de la première décennie 2000 dans beaucoup de pays.
par l’atonie de la croissance et de l’inflation. En 2020, la Au tournant des années 2010, ces efforts avaient porté
pandémie a entraîné une nouvelle série de réductions des leurs fruits : la solvabilité et le niveau d’endettement des
taux directeurs. Les grandes banques centrales ont étoffé ménages s’étaient globalement améliorés.
leurs programmes d’achat d’actifs lancés en 2008 tandis Durant la pandémie et les confinements qui en ont
que d’autres en créaient, contribuant à ce que les taux à résulté, les effets conjugués de la faiblesse des taux et des
long terme restent faibles. changements structurels à l’œuvre ont provoqué une
De nombreux ménages ont profité de la faiblesse des envolée des prix des logements dans le monde, alors qu’ils
taux d’intérêt pour obtenir des prêts hypothécaires peu étaient déjà élevés dans certains pays (graphique 2.2).
coûteux. Par conséquent, au début du récent cycle de Les prix des logements se sont souvent accrus plus
hausse des taux, les taux effectifs des emprunts hypo- vite que les revenus (graphique 2.2.2 de l’annexe en
thécaires avaient atteint leur point le plus bas depuis ligne)6, érodant l’accessibilité financière des logements et
plusieurs décennies dans de nombreux pays5. Dans amenant certains acheteurs potentiels à se tourner vers
certains pays, cette situation s’est accompagnée d’un essor le marché locatif. Cette situation, combinée à la baisse
des prêts hypothécaires permettant le paiement d’intérêts des constructions neuves, a fait monter les loyers dans
à taux fixe pendant une période, souvent pour refinan- de nombreux pays. Dans le même temps, les logements
cer d’anciens prêts lorsque cela était possible : en consé- plus grands sont devenus plus prisés, c’est pourquoi, dans
quence, la part des prêts hypothécaires à taux fixe s’est certains pays (comme aux États-Unis), les prix des loge-
accrue (voir également le graphique 2.13 et son analyse) ments ont plus grimpé en banlieue que dans les centres-
et la durée des prêts s’est allongée. villes très denses et, dans d’autres (Danemark, France
Par ailleurs, tirant les leçons de la crise financière et Royaume-Uni, par exemple), les prix des locations
mondiale, de nombreux pays ont durci leurs politiques disposant d’un espace extérieur ont enregistré la plus
macroprudentielles en matière de financement des loge- forte progression, probablement sous l’effet d’un bond
ments. L’objectif était de limiter les prêts à risque, qui des achats de résidence secondaire (Gupta et al., 2022 ;
Biljanovska et Dell’Ariccia, 2023 ; Li et Su, 2023).
5Par exemple, le taux d’intérêt hypothécaire effectif s’élevait respecti-
vement à 1,7 %, 1,5 % et 3,3 % en Allemagne, en France et aux États- 6Toutes les annexes en ligne sont disponibles, en anglais, à l’adresse
Graphique 2.3. Prix de l’immobilier commercial Graphique 2.4. Évolution des prix des logements et de la
(Variation en pourcentage des prix de l’immobilier commercial consommation lors du cycle de resserrement postpandémique
au niveau d’une ville depuis le premier trimestre 2019) (Variation en pourcentage)
40
35 14
30 12
20
25 10
HUN
20 8
0
15 6
COL
10 4
–20 5 USA 2
0 0
Intervalle interquartile — commerce de détail
–40 Intervalle interquartile — bureaux –5 DEU –2
Valeur médiane — commerce de détail –10 –4
Valeur médiane — bureaux SWE
–60 –15 –6
2019 20 21 22 23 : –20 –8
T2 Prix des logements Consommation
(échelle de gauche) (échelle de droite)
Sources : Morgan Stanley Capital International (MSCI) ; calculs des services du FMI.
Note : La ligne bleue correspond à la valeur médiane des actifs de commerce de Sources : Banque des règlements internationaux ; Haver Analytics ; calculs des
détail dans 46 villes de 8 pays avancés et la ligne rouge, à la valeur médiane des services du FMI.
actifs de bureau dans 47 villes de 11 pays avancés. Les zones ombrées Note : Les extrémités des traits verticaux correspondent aux valeurs minimales et
représentent l’intervalle interquartile. maximales, les boîtes délimitent le 25e centile et le 75e centile, et le carré noir dans
chaque boîte indique la médiane. Le diagramme en boîte de gauche (droite)
représente la distribution des variations au niveau national des prix nominaux des
logements (de la consommation réelle) entre le trimestre où le taux directeur a été
En parallèle, les bouleversements des modes de travail relevé pour la première fois dans le pays et le deuxième trimestre 2023. Les codes
pendant la pandémie (comme le travail à distance) des pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
ont ajouté aux difficultés que le secteur de l’immobi-
lier commercial rencontrait déjà (graphique 2.3). La que la forte inflation, en particulier des matières
chute des prix, particulièrement marquée dans le cas des premières, faisait s’envoler les coûts dans le secteur de
bureaux aux États-Unis, a persisté même après la reprise la construction (graphique 2.2.5 de l’annexe en ligne).
des activités économiques, tendant à indiquer que le Dans le même temps, les taux élevés des nouveaux prêts
télétravail et le recul du commerce de détail en magasin hypothécaires ont contribué à l’effondrement du nombre
pourraient perdurer. Ces transformations structurelles ne de transactions immobilières dans la plupart des pays,
sont pas liées à la politique monétaire, mais la hausse des surtout dans ceux où les propriétaires avaient souscrit des
coûts d’emprunt génère des contraintes supplémentaires, crédits à taux fixe et bas, et étaient par conséquent peu
dans la mesure où, au fil du temps, les prêts à taux faibles enclins à vendre leur bien (voir notamment Fonseca et
existants devront être refinancés7. Liu (2023) pour les États-Unis).
Malgré ces points communs, les prix des logements
Les marchés de l’immobilier donnent des indices sur les ont pris des trajectoires très différentes selon les pays dans
effets divergents du récent resserrement monétaire un contexte de resserrement monétaire. Depuis le début
de l’actuel cycle de hausse des taux, les prix nominaux des
À certains égards, les marchés de l’immobilier ont logements ont diminué dans un tiers environ des pays
réagi de façon synchrone aux récents durcissements géné- de l’échantillon utilisé ici (fait suffisamment rare pour
ralisés de la politique monétaire, eux-mêmes également être souligné), mais ont continué à augmenter ailleurs
synchrones. La hausse des coûts des emprunts a freiné les (graphique 2.4). Quoi qu’il en soit, les prix des loge-
activités de construction dans la plupart des pays, pesant ments restaient élevés à la fin de 2023 dans la plupart des
sur l’offre — déjà insuffisante depuis la crise financière pays. De même, la consommation des ménages a suivi
mondiale (graphique 2.2.3 de l’annexe en ligne) — alors des tendances différentes selon les pays, ce qui indique
que certains ménages ont commencé à pâtir des retom-
7Voir les graphiques 1.8 et 1.9 du Rapport sur la stabilité financière
bées de la politique monétaire, mais pas partout. Les prix
dans le monde d’avril 2024 pour une présentation des dernières évolu-
tions et l’analyse exposée dans le chapitre 3 du Rapport sur la stabilité des logements et la consommation ont souvent évolué
financière dans le monde d’avril 2021. de conserve, à la hausse dans certains pays (comme en
de la richesse (canal 3), dans la mesure où le logement • Le canal de la trésorerie (canal 1) a un effet plus marqué
constitue souvent l’essentiel de leur patrimoine (Kaplan, quand les ménages sont directement exposés aux varia-
Mitman et Violante, 2020). Ces effets directs se trouvent tions des taux hypothécaires, autrement dit, quand
renforcés par le canal des garanties (canal 4), parce que le canal des taux d’intérêt (canal 5) est à l’œuvre. Tel
les logements sont utilisés comme garantie dans le cadre est le cas lorsque les prêts hypothécaires à taux fixe sont
d’emprunts hypothécaires (Kiyotaki et Moore, 1997 ; rares, que la dette des ménages est élevée ou que les poli-
chapitre 3 des PEM d’avril 2008 ; Iacoviello et tiques macroprudentielles exercent peu de pressions
Neri, 2010 ; Mian, Rao et Sufi, 2013 ; Bhutta et sur le crédit, c’est-à-dire que les plafonds de quotité sont
Keys, 2016 ; Beraja et al., 2019). La restriction de l’accès moins restrictifs.
au crédit à cause d’une dépréciation des logements peut à • Le canal des anticipations/primes de risque (canal 2)
son tour réduire la consommation des ménages10. peut avoir une plus forte influence dans les régions où
Enfin, les variations des taux d’intérêt ont une inci- les prix des logements ont augmenté plus vite et où la
dence sur la consommation et l’investissement par le jeu surévaluation antérieure est plus prononcée, sachant
des canaux du crédit. Ainsi, la demande de crédit réagit que les ménages forment leurs anticipations sur les
à une modification des taux des prêts hypothécaires via prix des logements de façon rétrospective (Kuchler,
le canal des taux d’intérêt (canal 5) : quand les taux direc- Piazzesi et Stroebel, 2023). Cet effet est amplifié dans
teurs augmentent, les taux des prêts hypothécaires aussi les régions où les restrictions qui pèsent sur l’offre de loge-
en règle générale (van Binsbergen et Grotteria, 2023), ments sont plus importantes, où la capacité d’ajuste-
ce qui fait baisser la demande de crédit et de logements ment des quantités est moindre.
(Mian et Sufi, 2009 ; Jordà, Schularick et Taylor, 2015). • Le canal de la richesse et le canal des garanties (canaux 3
Cette situation s’accompagne souvent d’une contraction et 4) ont des effets plus importants lorsque la dette des
de la demande et de la composition du crédit (Bernanke ménages est élevée ou que les plafonds de quotité de prêt
et Gertler, 1995 ; chapitre 2 du Rapport sur la stabilité sont moins restrictifs, parce ces facteurs facilitent l’uti-
financière dans le monde d’octobre 2016), soit par le canal lisation, par les propriétaires, de leur logement comme
du prêt bancaire (canal 6), du fait de l’alourdissement des garantie pour obtenir un emprunt supplémentaire,
coûts de financement (à savoir les intérêts payés par les notamment par une opération de refinancement au-delà
banques aux épargnants) ou de la diminution des dépôts, du solde du prêt. De plus, là où les restrictions sur l’offre
ou par le canal du bilan (canal 7), si les prêteurs réduisent de logements sont plus fortes, les prix ont tendance à
le crédit aux ménages présentant un risque plus élevé, être plus sensibles aux variations de la politique moné-
parce qu’ils anticipent une baisse de la valeur nette du taire. L’effet de richesse direct est accru par l’incidence
patrimoine des emprunteurs et un accroissement de leur des garanties, parce que le risque de surévaluation des
risque de défaut. En conséquence, les emprunteurs restrei- logements est plus élevé dans ces régions, et donc les
gnent leur consommation. Des changements dans l’offre ménages sont généralement plus endettés. Tous les
de crédit peuvent aussi avoir une incidence sur le prix des facteurs examinés dépendent également de la sensibilité
logements (Mian et Sufi, 2018), avec des répercussions à la de la demande de crédit à la politique monétaire, c’est-à-
fois sur la consommation et sur l’investissement résidentiel. dire de la force du canal des taux d’intérêt.
Les sections suivantes se concentrent sur les canaux 1 • Le canal des taux d’intérêt (canal 5) aura une incidence
à 5. Un même canal peut être associé à plusieurs caracté- moindre si les plafonds réglementaires de la quotité de prêt
ristiques des marchés des prêts hypothécaires et du loge- sont restrictifs, parce qu’ils réorientent alors les activités
ment11, ainsi : de prêt vers les ménages aisés, lesquels recourent moins
au levier de la dette, et sont donc moins sensibles aux
10De même, le canal de la prise de risque peut amplifier l’effet du variations de la politique monétaire.
canal des garanties : si les banques prennent plus de risques dans des
environnements où les taux sont faibles, lorsque les garanties ont une
valeur plus élevée, alors une forte réévaluation des garanties durant
un cycle de hausse des taux peut mettre les banques en difficulté et,
partant, compromettre la stabilité financière.
11D’autres caractéristiques peuvent également jouer un rôle. Ainsi, du logement comme la fiscalité foncière ou les aides locatives peut être
certaines caractéristiques du secteur bancaire, comme le degré de un facteur important. Enfin, dans certains pays, les acquisitions par des
concurrence, la réglementation et la gestion du risque ou encore la non-résidents peuvent influencer la transmission de la politique moné-
taille du secteur, pourraient avoir une incidence sur la façon dont les taire aux prix des logements (voir le chapitre 3 du Rapport sur la stabi-
taux directeurs se transmettent aux taux hypothécaires et à l’activité lité financière dans le monde d’avril 2018). Ces aspects ne sont pas pris
réelle par le vecteur du logement. En outre, l’évolution des politiques en compte dans le présent chapitre.
marché du logement. Les deux sous-sections présentent Sources : autorités nationales ; Banque des règlements internationaux ; base de
données intégrée sur la politique macroprudentielle (iMaPP) ; calculs des services
les résultats en faisant référence aux canaux théoriques de du FMI.
la transmission de la politique monétaire et exposent les Note : Le graphique représente la distribution de la part des prêts hypothécaires à
taux fixe dans l’encours des prêts, des plafonds de quotité réglementaires appliqués
effets de cette dernière sur les prix nominaux des loge- aux prêts hypothécaires et du ratio dette des ménages/PIB dans l’ensemble des
ments et la consommation réelle ou les revenus. Il apparaît pays étudiés. La ligne horizontale dans chaque boîte indique la médiane, les boîtes
que les différences de caractéristiques n’ont pas d’incidence délimitent le 25e centile et le 75e centile, et les extrémités des traits verticaux
correspondent aux valeurs minimales et maximales. L’échantillon couvre la période
sur la transmission de la politique monétaire à l’investisse- allant du quatrième trimestre 1998 au premier trimestre 2023.
ment. Sur le plan technique, pour tenir compte du fait que
les taux directeurs sont sensibles aux variations de l’activité l’encours des prêts hypothécaires14, 2) les plafonds du ratio
économique, de nouvelles variables de chocs monétaires ont prêt hypothécaire/valeur du logement fixés par la régle-
été construites à partir des écarts entre les décisions relatives mentation, à savoir les plafonds de quotité réglementaires,
aux taux effectivement prises par les autorités monétaires et lesquels restreignent le niveau d’endettement au moment
les anticipations d’analystes12. de l’octroi du prêt, et 3) le ratio dette des ménages/PIB,
une variable de substitution de la profondeur et de l’im-
portance relatives du marché hypothécaire national. Ces
Les caractéristiques du marché
caractéristiques peuvent être mises en relation avec certains
des prêts hypothécaires sont importantes
canaux du vecteur du logement décrits plus haut.
Dans cette sous-section, un cadre d’analyse reposant sur Les caractéristiques du marché des prêts hypothé-
l’utilisation de projections locales comme variables instru- caires diffèrent fortement selon les pays (graphique 2.6).
mentales est appliqué à un ensemble de 33 pays émergents Ainsi, la part des prêts hypothécaires à taux fixe est
et avancés13 afin d’étudier le rôle des caractéristiques du faible, voire nulle, dans certains pays (Afrique du Sud
marché hypothécaire, représentées par trois facteurs, sur la et Finlande, notamment), et majoritaire dans d’autres
transmission de la politique monétaire : 1) un nouvel indi- (Belgique, États-Unis et Mexique). Dans le même temps,
cateur de la part des prêts hypothécaires à taux fixe dans les plafonds de quotité réglementaire sont compris
12Voir l’annexe en ligne 2.3. Ces résultats restent globalement iden-
entre 45 % (Corée), un niveau très restrictif, et 100 %,
tiques si l’on utilise des chocs corrigés de tout effet informationnel, voire plus (Allemagne, États-Unis et France)15. De
comme effectué dans Bauer et Swanson (2023). Selon Checo, Grigoli et
Sandri (2024), les données collectées par Bloomberg sur ces évolutions 14Les pays appliquent des définitions différentes des prêts hypo-
inattendues par rapport aux prévisions d’analystes sont de bons indica- thécaires à taux fixe. Pour améliorer la comparabilité, on considère ici
teurs des chocs monétaires dans les marchés émergents. qu’un prêt est à taux fixe si les paiements nominaux ne sont pas révisés
13Parmi les variables de contrôle figurent des effets fixes temporels dans l’année. La création de ce nouvel indicateur a fait l’objet de discus-
et des effets fixes par pays et huit retards de variations de la variable sions avec plusieurs banques centrales. Voir le tableau 2.2.2 de l’annexe
dépendante et d’autres résultats macroéconomiques. Voir les annexes en en ligne pour plus de détails.
ligne 2.4 et 2.5 pour plus de détails. Voir la section 2.1.1 de l’annexe en 15Faute de données détaillées disponibles, les autres mesures axées sur
ligne 2.1 pour plus de détails sur la composition de l’échantillon. les emprunteurs (comme le ratio service de la dette/revenu ou le ratio
même, l’endettement des ménages est inférieur à 50 % augmentent, la plupart des emprunteurs qui ont sous-
du PIB dans certains pays (Chili, Colombie et Israël, par crit un prêt hypothécaire à taux fixe n’ont aucun intérêt
exemple), alors qu’il dépasse 100 % du PIB dans d’autres à réaliser une opération de refinancement, car le taux fixe
(Australie, Canada et Norvège). de leur prêt est plus avantageux que celui qu’ils obtien-
draient aujourd’hui. Par conséquent, cette différence d’ef-
Les prêts hypothécaires à taux fixe atténuent la fet des prêts hypothécaires à taux fixe sur la transmission
transmission de la politique monétaire à la consommation de la politique monétaire est plus importante en période
La capacité de la politique monétaire à influencer la de resserrement que lors d’une phase d’assouplissement
consommation dépend de la part des prêts hypothécaires (graphique 2.8)17.
en cours susceptibles d’être révisés en fonction de la varia-
tion des taux directeurs (graphique 2.7, plages 1 et 2). La Un plafonnement réglementaire restrictif
composition des prêts hypothécaires n’a pas d’effet statis- de la quotité de prêt retarde la transmission
tiquement significatif sur la transmission de la politique de la politique monétaire
monétaire aux prix des logements. En revanche, une part Lorsque les plafonds de quotité réglementaires sont
élevée de prêts hypothécaires à taux fixe atténue de façon supérieurs à 100 %, c’est-à-dire lorsqu’ils ne sont pas
significative la transmission de la politique monétaire à restrictifs18, les prix des logements et la consomma-
la consommation par rapport à une situation où ce type tion privée sont plus sensibles à la politique monétaire.
de prêts est rare, la différence devenant statistiquement Dans le cas des prix des logements, l’effet différencié des
significative après cinq trimestres. plafonds de quotité de prêt devient statistiquement signi-
Ces différences d’incidence sur la consommation ficatif après un certain temps (graphique 2.7, plage 3).
tiennent au canal de la trésorerie et s’expliquent proba- Par exemple, huit trimestres après une hausse (baisse) de
blement par une répercussion différée des taux d’intérêt. 100 points de base du taux directeur, les prix des loge-
Lorsque les prêts hypothécaires à taux fixe sont majo- ments reculent (augmentent) de 1 point de pourcen-
ritaires, les paiements hypothécaires s’ajustent moins tage lorsque les plafonds de quotité sont restrictifs et de
rapidement à une inflexion de la politique monétaire 4 points de pourcentage lorsqu’ils ne le sont pas. Les
(graphique 2.5.3 de l’annexe en ligne). Dans ce contexte, effets de la politique monétaire sur la consommation
beaucoup de consommateurs ne ressentent pas les consé- se matérialisent significativement plus tôt lorsque les
quences du relèvement des taux directeurs avant que le plafonds de quotité ne sont pas restrictifs, bien que l’écart
taux de leur prêt hypothécaire soit révisé. Ce processus se dissipe après quatre trimestres (graphique 2.7, plage 4).
affaiblit temporairement le canal de la trésorerie16. Avant le quatrième trimestre, l’écart est important sur le
plan économique : les effets sont presque deux fois moins
La part des prêts hypothécaires à taux fixe joue un rôle élevés lorsque les plafonds de quotité de prêt sont restric-
plus marqué en période de durcissement monétaire tifs que lorsqu’ils ne le sont pas.
La possibilité de recourir à un refinancement est essen- Plus les plafonds de quotité de prêt sont restrictifs, plus
tielle pour comprendre le rôle des prêts hypothécaires à l’apport des emprunteurs doit être important, ce qui limite
taux fixe dans la transmission de la politique monétaire. disproportionnellement la capacité d’emprunt des ménages
Lorsque les taux directeurs baissent, les emprunteurs pauvres. Par conséquent, il est possible que les prix des
qui ont souscrit un prêt hypothécaire à taux fixe et sont logements et la consommation réagissent de façon plus
en mesure de refinancer ce dernier peuvent réduire leur marquée lorsque les plafonds de quotité de prêt ne sont pas
mensualité. Dans ce cas, les prêts hypothécaires à taux restrictifs, car parmi les emprunteurs figurent des ménages
fixe n’entravent pas beaucoup la transmission de la poli- relativement plus pauvres et plus endettés, qui ont géné-
tique monétaire. En revanche, lorsque les taux directeurs ralement une propension marginale à consommer plus
élevée. En outre, il arrive que le niveau d’endettement soit
dette/revenu) ne sont pas analysées ici, bien qu’elles aient un effet sur plus important là où les logements sont le plus surévalués,
le crédit, et donc sur les prix des logements (voir Araujo et al., 2020 ;
Biljanovska et al., 2023 ; Alam et al., à paraître). Les plafonds de quotité
correspondent aux plafonds moyens tous prêts hypothécaires confon- 17Voir Wong (2019), Berger et al. (2021), et Eichenbaum, Rebelo et
dus et constituent la limite supérieure des observations. Il arrive que les Wong (2022). Les échelles des graphiques 2.7 et 2.8 sont différentes.
prêteurs imposent des conditions plus strictes. Voir l’annexe en ligne 2.5 pour plus de détails.
16Ce résultat concorde avec les conclusions de travaux anté- 18Les plafonds de quotité de prêt sont mesurés ex ante, mais ils ne
rieurs portant sur la zone euro (Calza, Monacelli et Stracca, 2013 ; sont pas toujours complètement exogènes par rapport aux décisions
Pica, 2021 ; Corsetti, Duarte et Mann, 2022). ex post en matière de politique monétaire.
Graphique 2.7. Différences d’effet de la politique monétaire en fonction des caractéristiques du marché hypothécaire
(En points de pourcentage)
5 1. Différences d’effet des PHTF sur les prix des logements 2. Différences d’effet des PHTF sur la consommation 4
4 Part des PHTF élevée Part des PHTF élevée 3
3 Part des PHTF faible Part des PHTF faible
2 2
1
1
0
–1 0
–2
–1
–3
–4 –2
0 1 2 3 4 5 6 7 8 0 1 2 3 4 5 6 7 8
2 3. Différences d’effet des plafonds de quotité 4. Différences d’effet des plafonds de quotité 2
de prêt sur les prix des logements de prêt sur la consommation
0 1
–2 0
–4 –1
0 1
–2 0
–4 –1
–6 –2
Dette des ménages élevée Dette des ménages élevée
–8 Dette des ménages faible –3
Dette des ménages faible
–10 –4
0 1 2 3 4 5 6 7 8 0 1 2 3 4 5 6 7 8
Sources : autorités nationales ; Banque centrale européenne ; Banque des règlements internationaux ; Bloomberg Finance L.P. ; Eurostat ; calculs des services du FMI.
Note : L’axe des abscisses représente le temps en trimestres. Les lignes indiquent la réponse cumulée en points de pourcentage à une variation de 100 points de base
du taux directeur. Les zones ombrées correspondent à l’intervalle de confiance à 90 %. Pour chaque caractéristique, les pays de l’échantillon ont été classés dans
deux groupes : « Part des PHTF élevée » si la part des PHTF est supérieure à la médiane de l’échantillon et « Part des PHTF faible » autrement ; « Plafonds de quotité
restrictifs » si les plafonds sont inférieurs à 100 % et « Plafonds de quotité non restrictifs » autrement ; « Dette des ménages élevée » si le ratio dette des ménages/PIB
est supérieur à la médiane de l’échantillon et « Dette des ménages faible » autrement. Les losanges signalent que la différence entre les coefficients est
statistiquement significative à un seuil inférieur ou égal à 10 %. Pour plus de précisions, voir l’annexe en ligne 2.5. PHTF = prêts hypothécaires à taux fixe dont les
paiements nominaux ne sont pas révisés dans l’année — leur part est déterminée à l’aune de l’encours des prêts hypothécaires ; plafonds de quotité = plafonds
réglementaires du ratio prêt/valeur.
ce qui rend les prix de l’immobilier résidentiel plus dépenses agrégées19. Étant donné que ce type d’opération
sensibles aux variations des taux directeurs, un résultat qui est rare dans la plupart des pays, l’influence des canaux des
corrobore les analyses de la sous-section suivante. Pourquoi garanties et de la richesse est vraisemblablement plus faible
les effets sur les prix des logements pourraient-ils être plus que celle du canal des taux d’intérêt, qui était à l’œuvre au
prononcés que ceux sur la consommation ? À moins que moment de l’acquisition du logement.
les propriétaires de logement puissent utiliser leur loge-
ment comme garantie pour obtenir un prêt destiné à 19D’après des travaux antérieurs, la propension moyenne à consom-
financer des dépenses hors logement (opération de refinan- mer résultant d’une variation du patrimoine résidentiel est comprise
entre 5 % et 7 % aux États-Unis, cet effet étant dû à une atténuation
cement au-delà du solde du prêt), il est peu probable que des difficultés d’accès au crédit et à l’extraction de liquidités du patri-
l’évolution des prix des logements ait une incidence sur les moine immobilier (Mian, Rao et Sufi, 2013 ; Aladangady, 2017).
Graphique 2.8. Différences d’effet de la politique Graphique 2.9. Effets de la politique monétaire
monétaire sur la consommation en fonction sur la consommation
de la part des prêts hypothécaires à taux fixe (En pourcentage du niveau à l’état stationnaire)
(En points de pourcentage) 0,5
0,15
0,0
0,10
–0,5
0,05
Plafonds de quotité restrictifs
–1,0 + part des PHTF élevée
0,00 Plafonds de quotité restrictifs
+ part des PHTF faible
–0,05 –1,5 Plafonds de quotité non restrictifs
+ part des PHTF élevée
–0,10 –2,0 Plafonds de quotité non restrictifs
+ part des PHTF faible
Assouplissement
–0,15 Resserrement
–2,5
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
–0,20
0 1 2 3 4 5 6 7 8 Source : calculs des services du FMI.
Note : Inspiré du modèle de Chen et al. (2023). L’axe des abscisses représente le
Sources : autorités nationales ; Banque centrale européenne ; Bloomberg temps en trimestres. Les lignes indiquent la réponse à une variation de 100 points
Finance L.P. ; calculs des services du FMI. de base des taux directeurs. Un plafond de quotité est restrictif (non restrictif)
Note : L’axe des abscisses représente le temps en trimestres. Les lignes lorsqu’il est égal à 0,75 (0,9). La part des PHTF est élevée (faible) si elle est égale
représentent la différence cumulée de la réponse de la consommation réelle à un à 0,95 (0,7). Pour plus de détails, voir l’annexe en ligne 2.7. PHTF = prêts
choc de politique monétaire de 100 points de base lorsque la part des prêts hypothécaires à taux fixe dont les paiements nominaux ne sont pas révisés dans
hypothécaires à taux fixe est faible (c’est-à-dire inférieure à la médiane de l’année — leur part est déterminée à l’aune de l’encours des prêts hypothécaires ;
l’échantillon) par rapport aux cas où elle est élevée (c’est-à-dire supérieure à la plafonds de quotité = plafonds réglementaires du ratio prêt/valeur.
médiane de l’échantillon). Les zones ombrées matérialisent l’intervalle de
confiance à 90 %. Pour plus de précisions, voir l’annexe en ligne 2.5.
des effets moyens à long terme20. Ce résultat laisse penser
qu’en fin de compte, le facteur déterminant est le degré
d’exposition des emprunteurs ayant souscrit un prêt hypo-
Un fort endettement des ménages accroît et accélère thécaire aux variations des taux d’intérêt, lequel prime sur
la transmission de la politique monétaire le canal des garanties et le canal de la richesse.
Comme dans le cas des plafonds de quotité, lorsque le
niveau d’endettement des ménages est élevé, la politique Les plafonds de quotité de prêt et la part des prêts
monétaire a un effet plus marqué sur les prix des loge- hypothécaires à taux fixe sont très complémentaires
ments (graphique 2.7, plage 5). Ainsi, huit trimestres après Jusqu’ici, les caractéristiques du marché hypothécaire
une inflexion de la politique monétaire, les prix nominaux ont été étudiées individuellement dans un souci de clarté
des logements varient d’environ 3 points de pourcentage et pour des raisons techniques. Cette sous-section utilise
de plus lorsque les ratios d’endettement des ménages sont le modèle néokeynésien à deux agents incluant le loge-
supérieurs à la médiane de l’échantillon que lorsqu’ils y ment et l’endettement de Chen et al. (2023) pour illus-
sont inférieurs. En outre, la réaction de la consommation trer les effets conjoints de la part des prêts hypothécaires
à une relance monétaire est significativement plus rapide si à taux fixe et des plafonds de quotité réglementaire.
le niveau d’endettement est élevé (graphique 2.7, plage 6), D’après les simulations effectuées par modélisation,
même si cet effet n’est plus significatif après trois trimestres. les effets de la part des prêts hypothécaires à taux fixe
Les pays où le taux d’endettement des ménages est élevé et des plafonds de quotité réglementaires se renforcent
sont généralement ceux où les consommateurs recourent mutuellement. Le graphique 2.9 montre que la trans-
plus à des prêts hypothécaires pour acquérir un bien. mission de la politique monétaire à la consomma-
Par conséquent, les transactions immobilières résiden- tion des ménages est moindre lorsque les plafonds de
tielles sont généralement plus sensibles aux variations des quotité de prêt sont restrictifs et que la part des prêts
taux directeurs, via la demande de crédit et le canal des hypothécaires à taux fixe est élevée (ligne bleue sur le
taux d’intérêt. Comme dans le cas des plafonds de quotité
20Les résultats sont similaires lorsque la part des ménages ayant sous-
de prêt, la politique monétaire semble se répercuter plus
crit un prêt hypothécaire est utilisée comme terme d’interaction (voir le
lentement sur la consommation privée, bien que les effets graphique 2.5.1 de l’annexe en ligne). Cette conclusion concorde globa-
de l’endettement des ménages se rapprochent eux aussi lement avec celles de Corsetti, Duarte et Mann (2022).
graphique). La complémentarité de ces deux caractéris- (graphique 2.6.2 de l’annexe en ligne), ce qui laisse penser
tiques est visible à travers l’intensification de la transmis- que des facteurs non linéaires pourraient jouer un rôle
sion lorsque la part des prêts hypothécaires à taux fixe important. Les variables de résultat étudiées sont les prix
est faible, et non élevée, que ce soit dans un contexte nominaux des logements et le PIB réel par habitant, ce
de plafonds de quotité non restrictifs (écart de 17 % dernier servant de variable de substitution de la consom-
entre la ligne rouge et la ligne jaune) ou de plafonds de mation, faute de données suffisantes.
quotité de prêt restrictifs (écart de 13 % entre la ligne
bleue et la ligne verte), et lorsque les plafonds de quotité Les restrictions sur l’offre de logements accentuent
de prêt ne sont pas restrictifs, par rapport à une situa- la transmission de la politique monétaire
tion où ils sont restrictifs, que ce soit dans un environ- Après un resserrement (assouplissement) du taux direc-
nement où la part des prêts hypothécaires à taux fixe est teur de 100 points de base, les prix nominaux des loge-
faible (écart de 23 % entre la ligne verte et la ligne jaune) ments connaissent une baisse (hausse) de 3 points de
ou élevée (écart de 19 % entre la ligne bleue et la ligne pourcentage supplémentaires au bout de huit trimestres
rouge). Le sens de ces effets marginaux et le moment où dans les régions où l’offre de logements est restreinte par
ils se produisent concordent avec les résultats empiriques rapport aux autres (graphique 2.10, plages 1 et 2). Cet
précédents, bien que leurs magnitudes ne puissent pas effet est 50 % plus important que l’effet moyen de la poli-
être comparées directement. tique monétaire sur les prix des logements. Dans le même
temps, le PIB réel par habitant enregistre aussi un recul
(une augmentation) supplémentaire d’au plus 2 points
Les caractéristiques du marché du logement sont importantes de pourcentage dans les régions où l’offre de logements
Pour estimer la sensibilité de la transmission de la poli- est restreinte (soit environ un tiers de plus que l’effet
tique monétaire aux caractéristiques du marché du loge- moyen correspondant). Par ailleurs, l’influence de la poli-
ment, lesquelles varient fortement au sein de chaque pays, tique monétaire sur les régions où l’offre de logements est
cette section applique un cadre d’analyse reposant sur l’uti- restreinte semble plus concentrée en fin de période.
lisation de projections locales comme variables instrumen- La variation des taux directeurs a une incidence sur la
tales à un ensemble de données internationales à l’échelle demande de logements par le jeu du canal des taux d’inté-
régionale. Les effets fixes temporels par pays sont pris en rêt. Toutefois, la même inflexion de la demande et des taux
compte ici21. La première caractéristique, « restrictions sur hypothécaires entraîne une modification plus prononcée
l’offre de logements » qui rend compte des réglementa- des prix des logements dans les régions où l’offre de loge-
tions locales qui limitent l’utilisation du foncier ou l’offre ments est restreinte. Une telle évolution a pour consé-
de logements, est mesurée de manière approchée par la quence de comprimer la consommation privée et le PIB
densité de population et s’avère à même d’expliquer l’es- via le canal de la richesse et le canal des garanties23.
sentiel de la variation régionale des prix de l’immobi-
lier résidentiel aux États-Unis (Saiz, 2010). La deuxième, La récente surévaluation des logements amplifie
« la surévaluation des logements », est mesurée au moyen la transmission de la politique monétaire
de l’écart par rapport au ratio régional à long terme prix De même, après un resserrement (assouplissement) des
des logements/revenus22. Ces caractéristiques éclairent taux directeurs de 100 points de base, la baisse (hausse)
la compréhension des canaux de la richesse, des garanties maximale des prix nominaux des logements est supérieure
et des anticipations, présentés sous l’angle théorique dans de 1,5 point de pourcentage dans les régions où l’immo-
la section « Les mécanismes de transmission de la poli- bilier résidentiel a récemment été surévalué par rapport
tique monétaire par le vecteur du logement » et analy- aux autres (graphique 2.10, plages 3 et 4). Ces effets sont,
sés plus en détail dans la suite de cette sous-section. Ces ici aussi, importants : ils représentent environ trois quarts
deux caractéristiques ont une distribution étalée à droite de l’effet moyen de la politique monétaire sur les prix des
logements. En parallèle, le PIB réel par habitant enregistre
21Les variables de contrôle comprennent 12 retards de la différence aussi un recul (une augmentation) de 1 point de pourcen-
logarithmique de la variable expliquée et d’autres résultats macroécono- tage supplémentaire dans les régions où l’immobilier rési-
miques. Voir l’annexe en ligne 2.6 pour plus de détails.
22La surévaluation des logements correspond à l’écart par rapport au
dentiel a récemment été surévalué (soit environ deux tiers
ratio à long terme prix des logements/revenus. Des modèles paramé- de plus que l’effet moyen). Cette différence d’influence est
triques plus sophistiqués prenant en compte plusieurs déterminants des
prix des logements pourraient offrir des estimations plus précises de la 23Voir Albuquerque, Iseringhausen et Opitz (2024) pour des résultats
surévaluation (voir, par exemple, Igan et Loungani, 2012). similaires dans le cas des États-Unis.
Graphique 2.10. Différences d’effet de la politique monétaire en fonction des caractéristiques du marché local du logement
(En points de pourcentage par rapport aux effets de base)
–1 –1
–2 –2
–3 –3
–4 –4
0 1 2 3 4 5 6 7 8 0 1 2 3 4 5 6 7 8
–0,5
–0,5
–1,0
–1,0
–1,5
–2,0 –1,5
0 1 2 3 4 5 6 7 8 0 1 2 3 4 5 6 7 8
Sources : autorités nationales ; CBS Open Data ; CEIC Data Company Limited ; Eurostat ; Organisation de coopération et de développement économiques ; calculs des
services du FMI.
Note : Voir le tableau 2.1.4 de l’annexe en ligne pour la liste des sources des données fournies par les autorités nationales. L’axe des abscisses représente le temps
en trimestres. Les lignes indiquent la réponse cumulée à une variation de 100 points de base du taux directeur. Les zones ombrées matérialisent l’intervalle de
confiance à 90 %. Les différences d’effet des restrictions sur l’offre (de la surévaluation des logements) traduisent les effets relatifs entre les régions situées dans les
10 centiles supérieurs de la distribution de la densité de la population (régions situées dans les 25 centiles supérieurs de la distribution du ratio prix/revenus) par
rapport aux autres régions.
concentrée en fin de période dans le cas du PIB par habi- résidentiel ont une incidence plus forte lorsque les taux
tant, mais pas des prix des logements, et atteint un point augmentent, bien que la moindre validité de cette spéci-
haut au bout de cinq trimestres environ. fication a pour conséquence que la symétrie de l’effet ne
Les fortes hausses des prix des logements tiennent peut être rejetée que dans le cas des prix des logements et
souvent à un excès d’optimisme de la part des agents quant au cours des deux premiers trimestres (graphique 2.11 ;
aux prix futurs des logements (canal des anticipations). Elles graphique 2.6.1 de l’annexe en ligne). Les ménages vivant
s’accompagnent généralement d’un endettement excessif dans des régions marquées par une offre limitée ou une
(canal des garanties), qui peut déboucher sur une spirale de surévaluation des logements, ou les deux, sont généra-
chutes des prix des logements et de saisies immobilières en lement plus endettés. C’est pourquoi l’une des explica-
cas de durcissement de la politique monétaire. Les revenus tions possibles de cette asymétrie réside dans la forme de
et la consommation fléchissent alors via les canaux des anti- la distribution de l’endettement : le nombre de ménages
cipations, des garanties et de la richesse24. qui cessent d’être confrontés à des contraintes en matière
de crédit après un assouplissement de la politique moné-
Les restrictions sur l’offre et la surévaluation des prix taire est inférieur à celui des ménages qui commencent
jouent un rôle accru en période de durcissement monétaire à subir des contraintes dans ce domaine lorsque la poli-
En outre, l’analyse laisse penser que les contraintes tique monétaire se resserre25.
qui pèsent sur l’offre et la surévaluation de l’immobilier
24Voir les résultats similaires dans le cas des États-Unis souligné par 25Voir Hedlund et al. (2017), Huang et Tang (2012), et
Chodorow-Reich, Guren et McQuade (2024). Albuquerque, Iseringhausen et Opitz (2024) pour un constat similaire.
Graphique 2.11. Différences d’effet de la politique monétaire Graphique 2.12. Hétérogénéité de la transmission
sur les prix des logements en fonction des restrictions sur l’offre de la politique monétaire
(En points de pourcentage)
4
Faible transmission Forte transmission
politique monétaire est susceptible d’être la plus forte à Graphique 2.13. Évolution de la part
celui où elle est susceptible d’être la plus faible. des prêts hypothécaires à taux fixe
Les mécanismes de transmission de la politique moné- (En points de pourcentage)
taire par le vecteur du logement semblent plus forts dans 100
Part des PHTF en hausse au T4 2022
des pays comme l’Australie et le Japon, où la part des 90 Part des PHTF en baisse au T4 2022
prêts hypothécaires à taux fixe est faible, les plafonds T1 2011
80
réglementaires de la quotité de prêt sont relativement 70
moins restrictifs, le niveau d’endettement des ménages
60
est élevé (dans une certaine mesure seulement au Japon)
50
et la proportion de la population vivant dans des zones
40
où l’offre de logement est restreinte est assez grande27. À
l’inverse, ces mécanismes ont généralement une moindre 30
CHL
ZAF
AUS
PRT
ISR
JPN
KOR
ESP
NZL
SWE
AUT
IRL
CAN
COL
GBR
DEU
BEL
MEX
ITA
FRA
USA
Graphique 2.14. Évolution de la transmission de l’annexe en ligne). Dans la plupart des pays étudiés,
de la politique monétaire l’offre de logements au niveau national a probablement
gagné en élasticité, en raison d’un déplacement d’une
partie des habitants de zones urbaines densément peuplées
Transmission Pas de changement Transmission vers des zones rurales ou des banlieues moins denses
affaiblie renforcée
durant la pandémie. Quant à la surévaluation des loge-
Prêts Plafonds Dette des Restrictions Suréva-
Pays ments, les évolutions observées s’avèrent plus équilibrées.
hypothécaires de quotité ménages de l’offre luation
à taux fixe Dans certains pays, le ratio prix/revenu est resté globale-
AUS ment inchangé ou a diminué dans les zones où les biens
CHL
étaient surévalués en 2019 (Finlande et Hongrie, par
JPN
exemple), sachant que les régions où l’immobilier rési-
NZL
NLD
dentiel était surévalué ont perdu des habitants, d’où une
FIN distribution plus uniforme des prix des logements dans les
KOR différentes régions d’un même pays. Dans d’autres pays,
PRT c’est l’inverse qui s’est produit : la surévaluation s’est accen-
ZAF tuée précisément là où les logements étaient déjà surévalués
USA (Mexique et Pays-Bas, par exemple).
ITA
ESP
AUT ... tend à indiquer que la transmission de la politique
SWE monétaire est aujourd’hui plus faible dans de nombreux pays
DNK
FRA Le graphique 2.14 illustre les conséquences des trans-
GBR formations des caractéristiques de ces marchés sur
CAN la transmission de la politique monétaire. Les trois
BEL premières colonnes présentent de façon synthétique les
MEX transformations des marchés des prêts hypothécaires
DEU entre 2011 et la dernière année pour laquelle des données
IRL
sont disponibles, et les quatrième et cinquième colonnes
ISR
synthétisent les mutations des caractéristiques des
COL
HUN
marchés du logement entre 2019 et 202228. La couleur
bleue (rouge) indique que l’évolution observée est le
Sources : autorités nationales ; Banque centrale européenne ; Banque des signe d’un affaiblissement (renforcement) de la transmis-
règlements internationaux ; base de données intégrée sur la politique
macroprudentielle (iMaPP) ; CEIC Data Company Limited ; Eurostat ; Organisation de sion de la politique monétaire. Le gris correspond à une
coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI. situation inchangée. L’intensité des couleurs dépend de la
Note : Prêts hypothécaires à taux fixe = variation de la part des prêts hypothécaires à
taux fixe (hors prêts à taux révisable en fonction de l’inflation, comme au Chili) dans position du pays dans la distribution des pays ayant enre-
l’encours de prêts entre le premier trimestre (T1) 2011 (ou période la plus ancienne gistré une évolution dans le même sens. Les pays sont
pour laquelle des données sont disponibles) et le quatrième trimestre (T4) 2022 (ou
dernière période pour laquelle des données sont disponibles). Plafonds de quotité classés dans le même ordre que dans le graphique 2.12, à
de prêt = variation moyenne des plafonds réglementaires du ratio prêt/valeur, savoir du pays où la transmission de la politique moné-
tous prêts hypothécaires confondus, entre le T1 2011 et le T4 2021. Dette des
ménages = variation du ratio dette des ménages/PIB entre le T1 2011 et le T4 2022. taire est la plus forte à celui où elle est la plus faible.
Restrictions de l’offre = différentiel de croissance de la population entre les zones où D’après l’évolution des caractéristiques du marché
la densité démographique est forte et celles où elle est faible, entre le T4 2019 et le
T4 2022 (ou dernière période pour laquelle des données sont disponibles). hypothécaire dans des pays comme le Canada, le Chili
Les régions situées au-delà du 90e centile de la densité démographique dans ou le Japon, il semblerait que la transmission de la poli-
chaque pays sont considérées comme des zones densément peuplées.
Surévaluation = différentiel de croissance du ratio prix/revenu médian entre les
tique monétaire se soit accrue, principalement en raison
zones où les logements étaient surévalués et les autres, entre le T4 2019 et le T4 de la diminution ou de la stabilité de la part des crédits à
2022 (ou dernière période pour laquelle des données sont disponibles). Une région
est considérée comme surévaluée si ce ratio est supérieur au 75e centile dans les
taux fixe, de la hausse de l’endettement et de la contrac-
séries chronologiques régionales. Pour chacun de ces cinq critères, les pays ont tion de l’offre de logements. En revanche, cette trans-
obtenu un score compris entre 1 et 3 en fonction de leur centile dans la distribution mission semble s’être amoindrie aux États-Unis, en
des pays ayant enregistré une variation positive ou négative. Les cas limites ont été
appréciés de façon discrétionnaire. Les cellules grises dénotent une absence Hongrie, en Irlande et au Portugal, étant donné que
d’évolution. Les pays sont classés dans le même ordre que dans le graphique 2.12.
Les cellules blanches correspondent à une situation où les données étaient 28Cette différence de période étudiée tient au fait que les marchés du
insuffisantes. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de
normalisation (ISO). logement se sont profondément modifiés au cours de la pandémie.
les caractéristiques ont suivi une tendance opposée. À globale et des tensions sur les prix et, partant, disposent
l’échelle mondiale, ce tableau thermique fait apparaître d’une plus grande latitude, puisque leur action ne saurait
un affaiblissement de la transmission de la politique provoquer un effondrement financier.
monétaire par les canaux de la trésorerie, de la richesse et Deuxièmement, pour ce qui est de la politique moné-
des garanties, bien qu’à des degrés différents selon les pays. taire, les résultats de ce chapitre indiquent qu’il est
Cet affaiblissement tient à l’essor des prêts hypothécaires important de très bien connaître les mécanismes de
à taux fixe, à la diminution des plafonds de quotité, à transmission de la politique monétaire par le vecteur du
la baisse du niveau d’endettement, au déménagement logement à l’œuvre dans un pays, notamment pour cali-
d’habitants de régions densément peuplées vers d’autres brer et adapter la politique monétaire. Dans les pays où
régions et au recul des prix des logements dans certains ce vecteur est puissant, surveiller l’évolution du marché
lieux où l’immobilier résidentiel était surévalué. résidentiel et de la dette des ménages peut permettre de
Il faut ici aussi noter que le tableau thermique ne rend déterminer rapidement si le resserrement de la politique
compte que des changements dans les mécanismes de monétaire est trop vif. Là où la transmission de la poli-
transmission de la politique monétaire par le vecteur du tique monétaire est faible, les autorités peuvent prendre
logement, et donne donc une image partielle de l’évolution des mesures vigoureuses dès les premiers signes de
de l’intensité de la transmission de la politique monétaire. surchauffe ou de tensions inflationnistes.
De plus, il est possible que le rythme, l’ampleur et l’éten- Mais que faire aujourd’hui ? La plupart des banques
due de la hausse des taux directeurs ces deux dernières centrales sont parvenues à rapprocher considérablement
années, d’une magnitude sans précédent au cours des l’inflation de sa cible. À la lueur de ce qui précède, on
décennies passées, aient eu une incidence sur la transmis- pourrait conclure que si la transmission est faible, mieux
sion de la politique monétaire. Par ailleurs, l’encadré 2.1 vaut pécher par excès de restriction. Pourtant, à l’heure
analyse les effets en Europe d’un autre canal, à savoir le actuelle, un tour de vis trop important ou le maintien
canal de la répercussion des taux directeurs sur les taux d’in- prolongé des taux d’intérêt à un niveau élevé serait plus
térêt des banques, tandis que l’encadré 2.2 examine le rôle risqué. S’il est vrai que la part des crédits hypothécaires à
joué par le secteur de l’immobilier dans la transmission taux fixe s’est accrue dans de nombreux pays, il est fréquent
relativement faible de la politique monétaire en Chine. que ces taux ne soient fixes que sur une courte période. Au
fil des révisions de taux de ces prêts, la politique monétaire
pourrait soudain se répercuter plus efficacement et freiner
Implications pour l’action publique la consommation. Bien que les banques centrales tiennent
La politique monétaire influe sur l’activité écono- déjà compte de cette éventualité dans leurs décisions, les
mique par ses effets sur le logement. Le rôle du vecteur effets sur la consommation pourraient être plus pronon-
du logement est très différent selon les pays et s’est cés qu’attendu. Ils pourraient aussi compromettre la stabi-
récemment affaibli dans plusieurs d’entre eux. Ces résul- lité financière en cas d’augmentation brutale des défauts.
tats ont des implications pour les autorités macropruden- C’est notamment vrai dans les pays où les ménages sont
tielles et monétaires. très endettés ou bien où le droit de la faillite favorise les
Premièrement, s’agissant des mesures macropruden- emprunteurs. L’envolée des prix des logements durant la
tielles axées sur les emprunteurs, il convient de rappeler que pandémie a également entraîné un phénomène de suréva-
ce chapitre n’a pas pour objet d’étudier l’efficacité de ces luation dans certains marchés. Ces derniers présentent un
dernières. De nombreux travaux montrent qu’une régle- risque de correction plus élevé si les taux restent à un haut
mentation macroprudentielle stricte est un facteur de stabi- niveau durant longtemps, surtout si les politiques macro-
lité financière et économique, et devrait ainsi être définie en prudentielles n’ont pas empêché la hausse de l’endette-
tenant compte de ces objectifs. Dans ce chapitre, l’intensité ment. En préparation du prochain cycle de resserrement,
de la réglementation est considérée comme une donnée, et les autorités prudentielles devraient étoffer leur panoplie,
il en ressort que la politique monétaire pourrait avoir des par exemple, en plafonnant, le cas échéant, le ratio service
effets moindres dans les pays où la réglementation est rela- de la dette/revenu, afin de prévenir les répercussions de la
tivement restrictive. Ceci tient au fait que les emprunteurs politique monétaire sur la stabilité financière.
sont en moyenne moins endettés qu’ailleurs, et donc moins En somme, plus les taux d’intérêt demeureront élevés
sensibles à la variation des taux d’intérêt. Une telle situation longtemps, plus les ménages courront le risque d’accuser
est souhaitable dans la mesure où les autorités monétaires le coup, même dans les pays où ils ont été jusqu’ici relati-
peuvent alors se concentrer sur la gestion de la demande vement épargnés.
Encadré 2.1. La répercussion des taux directeurs sur les taux d’intérêt en Europe
En Europe, certains taux d’intérêt bancaires pourraient être Graphique 2.1.1. Répercussions
devenus moins sensibles aux variations des taux directeurs. des taux directeurs sur les taux
Or, l’effet de la politique monétaire sur les taux d’intérêt d’intérêt bancaires au fil du temps
bancaires est une composante importante de la transmission (En pourcentage)
de la politique monétaire.
Lors du cycle de resserrement engagé en Europe après Cycles de resserrement antérieurs
Resserrement postpandémique
la pandémie, la répercussion de la hausse des taux direc-
teurs s’est avérée différente selon le type de taux d’intérêt ZE-12 — dépôts à terme
(graphique 2.1.1). Ainsi, les taux appliqués aux dépôts à Europe — dépôts à terme
terme ont connu l’effet le plus fort, suivis des taux hypo- ZE-12 — dépôts à vue
Ménages
thécaires et des taux sur les prêts aux sociétés non finan- Europe — dépôts à vue
cières. Par rapport aux cycles antérieurs, la transmission ZE-12 — prêts
hypothécaires
de la politique monétaire en Europe s’est quelque peu Europe — prêts
hypothécaires
affaiblie, sauf dans le cas des dépôts à terme des sociétés ZE-12 — dépôts à terme
non financières et des prêts à ces dernières. Europe — dépôts à terme
L’influence sur l’activité réelle de la répercussion de la ZE-12 — dépôts à vue
SNF
politique monétaire sur les taux hypothécaires dépend Europe — dépôts à vue
des caractéristiques du marché hypothécaire comme la ZE-12 — prêts
proportion des prêts hypothécaires à taux variable et Europe — prêts
celle des ménages ayant souscrit un crédit hypothécaire.
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4
Dans certains pays européens, la répercussion des taux
directeurs aux prêts hypothécaires restant à rembourser Sources : Beyer et al. (2024) ; calculs des services du FMI.
est élevée, mais la part des ménages détenant un crédit Note : La répercussion des taux directeurs est déterminée à
hypothécaire est relativement petite, ce qui atténue la l’aide d’une analyse de régression inspirée de Burstein et
Gopinath (2014). Les barres pleines signalent que la
transmission monétaire (quadrant supérieur gauche du différence entre les coefficients est statistiquement
graphique 2.1.2). Dans d’autres pays d’Europe, une forte significative à un seuil inférieur ou égal à 10 %. La ZE-12 se
répercussion, conjuguée à un encours considérable de compose des pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique,
Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie,
prêts hypothécaires (quadrant supérieur droit) peut modi- Luxembourg, Pays-Bas et Portugal. SNF = sociétés non
fier, de façon importante, le coût du service de la dette des financières ; ZE = zone euro.
ménages. L’augmentation annuelle du coût du service des
prêts hypothécaires par rapport à la mi-2022 est très hété-
rogène au sein de la zone euro (graphique 2.1.3) : elle est
presque nulle à Malte, alors qu’elle dépasse 1,2 % du PIB
au Portugal (point haut de l’échantillon).
PRT
FIN
EST
ESP
LUX
CYP
LTU
AUT
SVN
IRL
NLD
BEL
DEU
MLT
LVA
ITA
FRA
SVK
Sources : Beyer et al. (2024) ; calculs des services du FMI.
Note : Les bêtas de taux d’intérêt sont définis comme le ratio
Sources : Beyer et al. (2024) ; calculs des services du FMI.
hausse cumulée des taux des prêts hypothécaires
Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation
existants/hausse cumulée des taux directeurs lors du cycle de
internationale de normalisation (ISO).
relèvement des taux après la pandémie. Les codes pays utilisés
sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation
(ISO). ECESE = Europe centrale, de l’Est et du Sud-Est.
4 4
0 0
–4 –4
–8 –8
–10 0 10 20 –20 –10 0 10 20
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ressources ne s’était pas aggravé, la croissance de la Graphique 3.2. Projections de croissance du PIB réel
PTF aurait été supérieure de 50 %. Cette aggrava- à cinq ans, par pays : avril 2008 et avril 2024
tion s’explique essentiellement par le caractère inégal (En pourcentage)
des gains de productivité des entreprises au sein des
10 PA Ligne à 45 degrés
différents secteurs, qui justifierait une réaffectation
PEPD
du capital et du travail, que les frictions économiques
8
ont empêchée. Bien que des chocs puissent ponctuel-
IND
lement aggraver le problème de l’inefficience alloca-
Graphique 3.3. Projections de croissance du PIB réel Graphique 3.4. Contribution des composantes
à cinq ans, par région, 2008, 2019 et 2024 de la croissance du PIB, 1995–2023
(En pourcentage) (En pourcentage)
10 Capital Travail PTF PIB réel PIB réel par habitant
PEM d’avril 2008 PEM d’octobre 2019 PEM d’avril 2024
5 1. Monde 2. PA 5
8
4 4
6 3 3
2 2
4
1 1
2
0 0
1995– 01–07 08–19 20–23 1995– 01–07 08–19 20–23
0 2000 2000
Monde É.-U. et EAC AEP AS ALC MOAN AfSS
Canada 8 3. PE&PRI 4. PDFR 8
2 2
mesure la dégradation des perspectives reflète-t-elle des
tendances séculaires ? Pour les prévisionnistes, le moyen 0 0
1995– 01–07 08–19 20–23 1995– 01–07 08–19 20–23
terme est généralement l’horizon dans lequel les pays 2000 2000
comblent l’écart entre production effective et produc-
Sources : Nations Unies, World Population Prospects ; Organisation internationale
tion potentielle. En effet, divers éléments montrent que du Travail ; version 10.01 du tableau Penn World ; calculs des services du FMI.
les prévisions de croissance à moyen terme des PEM Note : L’échantillon utilisé pour la décomposition de la croissance compte 140 pays.
Les contributions de la croissance du capital et du travail reflètent les parts
coïncident le plus souvent bien avec les projections de respectives des facteurs dans la production et leurs taux de croissance. PA = pays
croissance potentielle de la production (voir l’annexe en avancés ; PDFR = pays en développement à faible revenu ; PE&PRI = pays
émergents et pays à revenu intermédiaire ; PTF = productivité totale des facteurs.
ligne 3.1.2). Des divergences sont apparues uniquement
après des crises, quand les prévisionnistes anticipaient
une croissance plus rapide (par rapport au niveau poten-
tiel) venant combler un déficit de production important. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Les prévisions d’une croissance mondiale plus faible
La croissance mondiale s’est accélérée entre le début de
résultent peut-être en partie de la progression des niveaux
la première décennie 2000 et la crise financière mondiale
de vie et de la diminution des taux de croissance qui a
de 2008, puis n’a cessé de diminuer (graphique 3.4),
suivi. Néanmoins, au vu du rythme historique de conver-
conformément aux projections à moyen terme. Ce schéma
gence des revenus nationaux, les efforts de rattrapage
transparaît à la fois dans les pays émergents et les pays à
des pays émergents et des pays en développement n’ex-
faible revenu, faisant écho aux fluctuations de la mondia-
pliquent qu’un quart environ de la baisse des prévisions
lisation à l’origine des variations des flux de capitaux et de
de croissance depuis 2008 (voir l’encadré 1.1 de l’édi-
la productivité. Dans les pays avancés, en revanche, le recul
tion d’octobre 2023 des PEM). De surcroît, la détério-
de la croissance remonte au début de la première décen-
ration des perspectives de croissance dans ces pays, plus
nie 20003. S’agissant de la croissance du PIB par habitant,
rapide que pour les pays avancés, est préoccupante pour
la convergence future. Se fondant sur diverses mesures,
l’encadré 3.2 indique que le rythme de convergence des 3Les mesures erronées du PIB dans le contexte du développement
revenus et du bien-être social ralentira, voire s’inversera à de l’économie numérique sont souvent citées comme une explica-
tion possible du ralentissement de la productivité, surtout aux États-
moyen terme, contrastant fortement avec les tendances Unis. Toutefois, la question de l’importance quantitative de cet aspect
historiques prépandémiques. n’est pas tranchée : Syverson (2017), par exemple, fournit des éléments
la tendance a été similaire dans tous les groupes de pays, Graphique 3.5. Ralentissement de l’accroissement
avec un recul post-crise un peu plus modeste quand l’ac- de la population d’âge actif entre 2008 et 2021
croissement démographique s’est ralenti. (Accroissement de la population d’âge actif, en pourcentage)
Dans tous les groupes de pays, ces variations de la
Une offre de travail contrainte par la démographie terme. Les déséquilibres mondiaux caractérisant l’offre de
travail donnent également une idée de l’importance des
Un pays en transition démographique voit ses taux
travailleurs migrants pour les pays avancés.
de fécondité baisser et sa population vieillir ; la part de
Avec le vieillissement de la main-d’œuvre et la part
sa population d’âge actif commence alors à diminuer.
grandissante des travailleurs âgés, les taux d’activité
Dans plusieurs grands pays (Canada, Chine, États-Unis,
globaux pourraient aussi baisser, car les personnes les plus
Royaume-Uni), cette situation a plus ou moins coïn-
âgées sont moins susceptibles de participer au marché
cidé avec la crise financière mondiale (voir l’annexe
du travail. Une analyse des variations des parts aide à
en ligne 3.2.1), parallèlement à un recul notable de la
déterminer certains effets du vieillissement et des dispa-
contribution du travail à la croissance (graphique 3.4).
rités hommes–femmes dans la population active sur les
Depuis 2008, l’accroissement de la population d’âge
taux d’activité globaux (graphique 3.6). En premier lieu,
actif (15–64 ans) a marqué le pas dans environ 92 %
ces taux globaux ont baissé de manière assez notable
des pays du monde et a été négatif dans environ 44 %
entre 2008 et 2021 dans la plupart des régions, sauf
des pays (graphique 3.5). Le ralentissement est visible
dans les pays avancés d’Asie et du Pacifique, au Moyen-
dans la plupart des pays avancés et des pays émergents,
Orient et en Afrique du Nord, en Europe et au Canada.
tandis que les pays à faible revenu bénéficient encore
Deuxièmement, l’effet freinateur du vieillissement sur
d’un dividende démographique. Ces évolutions démo-
les taux d’activité est visible dans tous les pays avancés
graphiques influent directement sur l’offre mondiale de
et en Chine, et dans une moindre mesure en Amérique
main-d’œuvre. Les pays bénéficiant actuellement d’un
latine. Troisièmement, les pays avancés, exception faite
dividende démographique pourraient aider à soutenir
des États-Unis, ont réussi à contrer l’effet du vieillisse-
la croissance de la main-d’œuvre mondiale, au sein de
ment par une hausse considérable de la participation de
laquelle près de deux nouveaux arrivants sur trois seront
certains groupes, et principalement des augmentations
originaires d’Inde et d’Afrique subsaharienne à moyen
impressionnantes de la part des femmes et des travail-
leurs âgés. Il est possible que la baisse du nombre moyen
probants qui infirment l’« hypothèse des erreurs de mesure » ; Crouzet
et Eberly (2021) estiment quant à eux qu’elle pourrait amplement d’heures travaillées en Europe (Astinova et al., 2024) ait
expliquer la baisse de la PTF et, partant, de la croissance du PIB. annulé certaines de ces hausses. S’agissant enfin des pays
2
3
0
2
–2
1
–4
0
Coin fiscal
(H : 25–54 ans)
Allocations de chômage
(H : 25–54 ans)
Enseignement
secondaire
(F : 25–54 ans)
Services de
la petite enfance
(F : 25–54 ans)
Programmes
du marché du travail
(F : 25–54 ans)
Âge de la retraite
(H et F : 55–64 ans)
Programmes
du marché du travail
(H et F : 55–64 ans)
–6
PA d’Asie MOAN Europe ALC Monde AfSS USA PE d’Asie CHN
Pacifique et CAN hors CHN
Graphique 3.8. Investissement réel des entreprises Graphique 3.9. Taux d’investissement nets
dans les pays de l’OCDE dans les pays avancés et les pays émergents
(Indice, 2008 = 100) (En pourcentage)
500 Effectif 14 PA
Contribution du ralentissement de la croissance PE&PRI
400 Tendance avant CFM
12
300
200 10
100
8
0
–100 6
2000 04 08 12 16 21 2001 05 09 13 17 21
Sources : Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE) ; Sources : Thomson Reuters Worldscope ; calculs des services du FMI.
calculs des services du FMI. Note : Le taux d’investissement net est égal à l’investissement global divisé par le
Note : Le graphique illustre l’investissement global des entreprises pour les 21 pays stock de capital retardé net des amortissements. Pour plus de détails, voir
de l’OCDE énumérés dans l’annexe 3.2 en ligne. La croissance effective et la l’annexe 3.2 en ligne. Le numérateur est obtenu en additionnant l’investissement
croissance prévue de l’investissement réel des entreprises sont cumulées à partir net au niveau des entreprises par couple pays–année, et le dénominateur, en
de 1999 (2008 = indice de base 100). Les valeurs prévues pour la croissance de additionnant le capital au niveau des entreprises par couple pays–année. Le
l’investissement sont obtenues en multipliant l’élasticité estimée de l’investisse- graphique représente le ratio moyen pour les pays avancés et pour les pays
ment à la production (indiquée dans le tableau 3.2.3 de l’annexe en ligne) par la émergents et pays à revenu intermédiaire, en utilisant le PIB en parités de pouvoir
croissance de la production. Une activité économique moins soutenue est définie d’achat en dollars internationaux. PA = pays avancés ; PE&PRI = pays émergents
comme une décélération de la croissance de la production. La tendance précédant et pays à revenu intermédiaire.
la crise financière mondiale est la trajectoire linéaire prévue de l’indice de
l’investissement des entreprises entre 2002 et 2008. La zone colorée correspond à
l’intervalle de confiance à 90 %. CFM = crise financière mondiale.
de l’investissement des entreprises, on mesure une baisse
de 2 points de pourcentage de la croissance de l’investis-
représente l’essentiel de l’investissement total — s’est sement. Cette relation estimée entre l’investissement et
effondré après 2008 et a chuté en 2021 d’environ 40 % la production sert à calculer le déficit d’investissement lié
par rapport à son niveau tendanciel antérieur à la crise au ralentissement de la croissance après la crise financière
financière mondiale (graphique 3.8). mondiale. Si l’on compare avec la tendance antérieure à
Cette section cherche d’abord à établir si le ralentisse- la crise, le graphique 3.8 paraît indiquer qu’en 2021 la
ment de l’activité économique depuis la crise financière moitié environ du déficit d’investissement des entreprises
mondiale de 2008 a gêné l’investissement des entre- observé à partir de 2008 est imputable à l’essoufflement
prises dans tous les secteurs. Elle utilise les « chocs budgé- de l’activité économique.
taires narratifs », c’est-à-dire les changements de politique Mais cet exercice ne fournit qu’une vision partielle
budgétaire destinés à réduire les déficits, vraisemblable- des facteurs déterminant l’investissement. Pour mieux
ment inappropriés au regard de la situation économique, comprendre ce qui influe sur l’investissement, outre l’ac-
comme variable instrumentale pour analyser la relation tivité économique, le chapitre examine les caractéris-
investissement–production6. Les résultats montrent que, tiques des entreprises ayant réduit leurs investissements.
pour chaque baisse de 1 point de pourcentage de la crois- S’appuyant sur leurs bilans et comptes de résultat,
sance de la production ne résultant pas d’une contraction l’analyse s’intéresse à des entreprises cotées en bourse
originaires de 32 pays avancés et 13 pays émergents
6Les chocs budgétaires narratifs sont utilisés comme instruments pour
(pour plus de détails, voir l’annexe 3.2 en ligne). Le
expliquer la croissance de la production, afin de corriger les problèmes graphique 3.9 illustre le taux d’investissement net (inves-
d’endogénéité liés aux rétroactions simultanées entre investissement et
production (pour plus de détails, voir l’annexe 3.2 en ligne). Ils sont tissement divisé par le stock de capital retardé net des
construits à partir de Pescatori et al. (2011) et étendus à 2021 pour amortissements) global pour l’échantillon de pays. Il
21 pays de l’Organisation de coopération et de développement écono- est important de noter que les chiffres concernant l’in-
miques. La valeur p de la statistique F de premier degré est inférieure à
0,1 %, ce qui signifie que les chocs budgétaires narratifs sont pertinents
vestissement et le stock de capital tiennent compte des
comme facteur d’explication de la croissance de la production. actifs incorporels, qui sont essentiels à la compréhension
Graphique 3.10. Contributions aux variations du taux pays émergents. L’analyse par régression révèle que plus
d’investissement depuis 2008 : déterminants au niveau de la moitié de cette baisse dans les pays avancés et sa
des entreprises et au niveau macroéconomique quasi-totalité dans les pays émergents peuvent s’expliquer
(En points de pourcentage) par les déterminants inclus dans l’analyse.
2 q de Tobin Levier financier Depuis 2008, le q de Tobin, cet indicateur de la
Autres déterminants Croissance passée du PIB productivité future des entreprises et de leur rentabilité
au niveau des entreprises Entrées de capitaux
1 Incertitude prévue, a diminué de 10 % à 30 % en moyenne, contri-
Variation observée buant à l’essentiel de la baisse expliquée de l’investisse-
ment à la fois dans les pays avancés et les pays émergents
0
(graphique 3.10). Dans les pays émergents, l’augmenta-
tion moyenne de 20 % de l’endettement des entreprises
–1 après 2008 est un facteur notable de la chute globale des
taux d’investissement (voir le graphique 3.2.4 de l’annexe
–2 en ligne).
Le ralentissement de la croissance du PIB observé
–3 depuis 2008 explique pour partie la baisse de l’investisse-
PA PE&PRI ment, même après prise en compte des déterminants de
l’investissement au niveau des entreprises. L’incertitude
Sources : Ahir, Bloom et Furceri, 2022 ; Thomson Reuters Worldscope ; calculs
des services du FMI. accrue après 2008 contribue aussi, dans une mesure
Note : Les losanges noirs représentent la variation moyenne des taux moindre, mais tout de même importante, au recul de
d’investissement pour les PA et les PE&PRI depuis 2008, par comparaison avec la
période antérieure à 2008. Pour les PA, les moyennes avant 2008 sont calculées l’investissement dans les pays avancés. Dans les pays
sur la période 2000–08. Pour les PE&PRI, la période antérieure à 2008 renvoie à émergents, les entrées de capitaux plus substantielles
2006–08. Chaque couche composant les barres représente la variation moyenne
de la variable indépendante multipliée par ses coefficients estimés. Seules les depuis 2008 ont été bénéfiques pour l’investissement.
variables indépendantes avec un coefficient significatif sont incluses. Les
variations sont agrégées au niveau national en utilisant comme pondérations les
parts relatives de capital pour chaque entreprise. Les moyennes pour les PA et les Productivité et rôle de l’allocation
PE&PRI sont calculées en utilisant le PIB en parités de pouvoir d’achat en dollars
internationaux. PA = pays avancés ; PE&PRI = pays émergents et pays à revenu inefficace des ressources
intermédiaire ; q de Tobin = valeur au prix du marché des actifs d’une entreprise La croissance de la PTF a ralenti au cours des deux
rapportée à leur valeur comptable.
à trois dernières décennies. Des études antérieures
semblent indiquer que plusieurs facteurs ont contribué
de la dynamique d’investissement (voir l’annexe 3.2 en à cette tendance, pesant en particulier sur la producti-
ligne). Conformément aux tendances de l’investissement vité au sein des entreprises. Il s’agit notamment des gains
observées dans les pays de l’Organisation de coopération décroissants liés aux technologies de l’information et
et de développement économiques (graphique 3.8), le des communications (Fernald, 2015) ; du dynamisme
graphique montre un recul des taux d’investissement nets en berne des entreprises (Decker et al., 2016 ; Akcigit et
dans les pays avancés et les pays émergents après 2008. Ates, 2021) ; des conditions de crédit moins favorables,
Ce chapitre se sert d’une analyse de régression avec limitant l’investissement dans les nouvelles technologies
données au niveau des entreprises pour mettre en (Adler et al., 2017 ; Duval, Hong et Timmer, 2020) ; et
lumière les facteurs qui, au niveau des entreprises et au de l’essor plus lent des flux de capitaux et du commerce
niveau macroéconomique, jouent un rôle prépondé- transfrontaliers depuis 2008.
rant dans la baisse de l’investissement depuis 2008 (voir Cette section atteste du fait que la répartition de moins
le tableau 3.2.5 de l’annexe en ligne). Les constatations en moins efficace du capital et du travail contribue à
correspondent à ce qui était théoriquement attendu : ralentir la croissance de la PTF, et des leçons en sont tirées
les taux d’investissement augmentent avec la valeur de quant à la croissance à moyen terme. Ce que l’on appelle
marché d’une entreprise rapportée au coût de son capi- l’efficience allocative évalue dans quelle mesure le capi-
tal (« q de Tobin »), les bénéfices et le stock de trésorerie, tal et le travail vont aux entreprises les plus productives
mais décroissent quand l’effet de levier et le coût de la d’un pays (encadré 3.1). Une diminution de l’efficience
dette augmentent. allocative, se traduisant par une concentration accrue des
Le graphique 3.10 montre que le taux d’investissement ressources dans des entreprises relativement improduc-
global a baissé d’en moyenne 2,3 points de pourcentage tives pendant un certain temps, peut freiner la croissance
dans les pays avancés et 2 points de pourcentage dans les de la PTF ; au contraire, une allocation plus efficace, qui
Graphique 3.11. Contribution de l’efficience allocative Graphique 3.12. Contribution de l’efficience allocative
à la croissance annuelle de la PTF, 2000–19 à la croissance annuelle de la PTF, 2000–19
(En points de pourcentage) (En points de pourcentage, décomposition)
2 1
1
0
0
–1
–1
–2 –2
–3
–3
–4 Parts des secteurs
Au sein des secteurs
–4 Variation de l’efficience allocative
–5
–6 –5
PA PE&PRI Échantillon USA PA hors USA CHN PE&PRI
hors CHN
Sources : base de données EU KLEMS ; base de données sur les échanges en
valeur ajoutée de l’Organisation de développement et de coopération économiques ; Sources : base de données EU KLEMS ; base de données sur les échanges en
Bureau van Dijk Orbis ; calculs des services du FMI. valeur ajoutée de l’Organisation de développement et de coopération économiques ;
Note : L’échantillon comprend 13 secteurs des biens, 6 secteurs des services et Bureau van Dijk Orbis ; calculs des services du FMI.
20 pays : AUT, BEL, BGR, CHE, CHN, CZE, DEU, ESP, EST, FRA, ITA, JPN, KOR, POL, Note : L’échantillon comprend 13 secteurs des biens, 6 secteurs des services et
PRT, ROU, RUS, SVK, SVN et USA. Pour plus de détails, voir l’annexe 3.2 en ligne. 20 pays : AUT, BEL, BGR, CHE, CHN, CZE, DEU, ESP, EST, FRA, ITA, JPN, KOR, POL,
Les lignes noires dans les barres correspondent à la médiane, les barres, à l’écart PRT, ROU, RUS, SVK, SVN et USA. La nuance plus foncée correspond à la catégorie
interquartile, et les moustaches, aux valeurs minimales et maximales pour les « Au sein des secteurs », et la plus claire, à « Parts des secteurs ». Les codes pays
échantillons de chaque groupe. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). PA = pays
internationale de normalisation (ISO). PA = pays avancés ; PE&PRI = pays avancés ; PE&PRI = pays émergents et pays à revenu intermédiaire ;
émergents et pays à revenu intermédiaire ; PTF = productivité totale des facteurs. PTF = productivité totale des facteurs.
suppose un transfert des ressources vers les entreprises plus 0,9 point de pourcentage par an en moyenne. Pour le
productives, stimulera la croissance de la PTF. pays avancé médian, l’effet de freinage a été de 0,5 point
Avec la méthode utilisée ici, mise au point par Hsieh de pourcentage. Comme le pays avancé médian a vu la
et Klenow (2009) et perfectionnée par Bils, Klenow et PTF progresser de seulement 0,5 point de pourcentage
Ruane (2021), nous constatons que l’efficience alloca- pendant la période étudiée, il se pourrait que l’allocation
tive a diminué entre 2000 et 2019 dans la plupart des moins efficace du capital et du travail ait réduit de moitié
pays d’un échantillon composé de 15 pays avancés et la croissance de sa PTF. Les États-Unis font figure d’excep-
5 pays émergents (graphique 3.11)7. Dans le pays médian tion notable : l’amélioration de l’efficience de l’allocation a
de l’échantillon, l’inefficience croissante de l’affectation contribué à stimuler la croissance de leur PTF de 0,8 point
des ressources a freiné la croissance de la PTF d’environ de pourcentage par an durant la période considérée.
Comment s’explique l’efficience déclinante de l’al-
7L’efficience de l’allocation des ressources mesure approximativement location des ressources dans un grand groupe de pays ?
la variation de la valeur ajoutée par intrant factoriel dans les entreprises Le freinage de la croissance de la PTF qui est observé
d’un secteur donné. Si la variation est substantielle, il peut y avoir un pourrait refléter soit une moindre efficience au sein des
grand intérêt à redéployer différemment le capital et le travail entre les
entreprises, et l’efficience allocative est faible ; si la variation est minime,
secteurs, soit le poids économique croissant de secteurs
l’efficience allocative est importante. Pour chaque pays de l’échantil- se caractérisant déjà par une mauvaise allocation des
lon, l’efficience est calculée au niveau de 19 grands secteurs, à partir ressources. Une analyse portant sur 20 pays montre que
des données d’Orbis, lesquelles couvrent l’ensemble de l’économie, y
la variation des parts sectorielles dans le PIB n’a contribué
compris les secteurs producteurs de biens et de services ; en revanche,
l’analyse exclut pour l’essentiel les secteurs non marchands (santé, qu’à environ 30 % du freinage de la PTF chaque année,
éducation, administrations publiques, etc.). L’efficience allocative au le reste étant attribuable aux évolutions dans chaque
niveau des secteurs est ensuite agrégée en utilisant les parts des diffé- secteur (graphique 3.12). La variation des parts secto-
rents secteurs dans la valeur ajoutée nationale. Pour plus de détails, voir
l’annexe 3.2 en ligne. Voir G20 (2021) au sujet de l’incidence possible rielles dans le PIB ne joue un rôle important que dans
de la pandémie de COVID-19 sur l’efficience allocative après 2019. une poignée de pays, et singulièrement en Chine, où elle
Graphique 3.13. Perte de PTF due à l’inefficience allocative, Graphique 3.14. Dispersion de la productivité
par type de secteur, 2019 des entreprises, 2000–19
(En pourcentage) (Indice, 2000 = 100, moyenne pondérée)
100 125
120
80
115
60 110
105
40
100
20
95
0 90
Biens Services 2000 05 10 15 19
Sources : base de données EU KLEMS ; base de données sur les échanges en Sources : base de données EU KLEMS ; base de données sur les échanges en
valeur ajoutée de l’Organisation de développement et de coopération économiques ; valeur ajoutée de l’Organisation de développement et de coopération économiques ;
Bureau van Dijk Orbis ; calculs des services du FMI. Bureau van Dijk Orbis ; calculs des services du FMI.
Note : Le graphique illustre la distribution des pertes de productivité totale des Note : Suivant Bils, Klenow et Ruane (2021), la dispersion de la productivité est
facteurs (PTF) calculées par rapport à un scénario de référence sans inefficience calculée au niveau sectoriel, comme le ratio moyenne potentielle/moyenne
allocative (voir l’annexe 3.2 en ligne), pour tous les pays et secteurs échantillonnés géométrique de la productivité totale des facteurs fondée sur les quantités produites
en 2019 et regroupés par type de secteur. Les lignes noires dans les barres (PTFQ), qui mesure l’efficience technique d’une usine. La dispersion de la
correspondent à la médiane, les barres, à l’écart interquartile, et les moustaches, productivité est agrégée au niveau national en utilisant le poids respectif des
aux valeurs minimales et maximales pour les échantillons de chaque groupe. secteurs dans le PIB. La courbe indique la moyenne mobile sur trois ans, agrégeant
L’échantillon comprend 13 secteurs des biens, 6 secteurs des services et 20 pays : les valeurs pour tous les pays de l’échantillon en utilisant le PIB en parités de
AUT, BEL, BGR, CHE, CHN, CZE, DEU, ESP, EST, FRA, ITA, JPN, KOR, POL, PRT, pouvoir d’achat en dollars internationaux. La valeur pour l’année 2000 est
ROU, RUS, SVK, SVN et USA. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation normalisée à 100. L’échantillon compte 20 pays : AUT, BEL, BGR, CHE, CHN, CZE,
internationale de normalisation (ISO). DEU, ESP, EST, FRA, ITA, JPN, KOR, POL, PRT, ROU, RUS, SVK, SVN et USA. Les
codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
allocative due au fait que les entreprises en forte crois- Graphique 3.15. Efficience allocative structurelle
sance fonctionnent avec moins de capital et de travail et politiques nationales
que ce dont elles auraient idéalement besoin. Ainsi, les (Points logarithmiques, États-Unis = 0)
éléments au niveau des secteurs montrent qu’une disper- PA PE&PRI Droite ajustée
sion accrue de la productivité réelle des entreprises 1. OCDE : Barrières 2. FMI–SR : Libéralisation
d’un secteur s’accompagne d’une baisse de l’efficience 0,5 à l’entrée sur les du commerce 0,5
marchés de produits
chocs à venir. Les données sur les entreprises paraissent Graphique 3.16. Projections de croissance
indiquer que les États-Unis ont évité une diminution à moyen terme de l’emploi potentiel
globale de l’efficience allocative entre 2000 et 2019, (En pourcentage)
parce que le redéploiement des ressources entre les entre- 3 Population (15 ans et plus)
prises a été plus rapide que l’accentuation de la dispersion Taux d’activité
de la productivité. Ceci a permis d’inverser plus vite l’ag- Emploi
2
gravation transitoire de l’inefficience allocative qui conti-
nuait de plomber la PTF dans la plupart des autres pays
de l’échantillon. 1
0
Quelle direction prend la croissance ?
Ce chapitre s’est concentré jusqu’ici sur l’analyse –1
de la croissance tendancielle historique et des facteurs
sous-tendant son déclin. Mais de nouveaux vents favo- –2
rables ou contraires pourraient encore modifier les PFR PE&PRI USA Monde PA hors UE CHN
hors CHN USA et UE
trajectoires de croissance. Dans cette section, le débat
se déplace pour répondre à une question prospective :
quelles trajectoires la croissance est-elle susceptible d’em- Sources : Nations Unies, World Population Prospects ; Organisation internationale
du Travail (OIT) ; calculs des services du FMI.
prunter à moyen terme et la croissance mondiale pour- Note : L’échantillon compte 140 pays. L’estimation du taux d’activité se fonde sur
rait-elle revenir à 3,8 % par an en moyenne, comme un modèle par cohorte (annexe 3.3 en ligne) et sur les données relatives à 83 pays
entre 2000 et 2019 ? fournies par l’OIT. Les 57 autres pays ont des taux d’activité dans la moyenne
établie pour 2014–19. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation
internationale de normalisation (ISO). PA = pays avancés ; PE&PRI = pays
émergents et pays à revenu intermédiaire ; PFR = pays à faible revenu ;
Scénario de référence UE = Union européenne.
les effets sur la croissance seront minimes en raison de Graphique 3.17. Influence de divers facteurs
leur faible poids dans l’investissement global. De plus, sur la croissance mondiale à moyen terme
les taux d’investissement privé devraient rester bas (Par rapport au scénario de référence, en points de pourcentage)
dans les deux groupes de pays, du fait de perspectives 2,0 Niveau simple
économiques moroses et d’une croissance de l’emploi Fourchette
et de la PTF attendue en baisse. 1,5
• La contribution de la PTF à la croissance devrait dimi-
nuer à 0,9 point de pourcentage d’ici 2030, contre 1,0
1,0 point de pourcentage en moyenne entre 2000
et 2019. Le déclin actuel de l’efficience alloca- 0,5
tive devrait freiner la croissance de la PTF, quoique
0,0
dans une moindre mesure. En parallèle, la PTF
efficiente — reflétant le rythme du progrès tech-
–0,5
nique — devrait augmenter moins vite dans le scéna-
rio de référence, suivant ainsi sa tendance à long –1,0
terme. Des facteurs tels que la difficulté grandissante
Mesures de stimulation
des taux d’activité
Adoption de l’IA
Surendettement public
Fragmentation
de produire de nouvelles idées (Bloom et al., 2020),
la croissance plus lente des emplois dans la recherche
(Jones, 2023), l’atteinte d’un plateau en matière de
niveaux d’études et la décélération du processus de
rattrapage devraient jouer un rôle. L’effet net est
un recul du taux de croissance de la PTF, qui perd Source : calculs des services du FMI.
0,1 point de pourcentage par rapport à sa moyenne Note : L’effet estimé sur la croissance à moyen terme est présenté par rapport à la
projection de référence pour chaque scénario décrit sous l’axe des abscisses (voir
vicennale prépandémique. Mais de grandes avancées l’annexe3.3 en ligne). Les scénarios incluent des interventions des pouvoirs
technologiques, notamment liées à l’IA, pourraient publics visant à stimuler les taux d’activité, à soutenir l’offre de main-d’œuvre
dans les pays avancés (PA) en recourant à l’immigration, à assurer une allocation
substantiellement stimuler cette croissance. plus efficace des ressources et à mieux répartir les compétences dans les pays
émergents et les pays en développement, ainsi que l’adoption de l’intelligence
Lorsque l’on additionne les contributions respectives artificielle (IA) à grande échelle, un surendettement public persistant et l’apparition
de blocs géopolitiques (« fragmentation »).
des trois facteurs, le taux de croissance mondiale devrait
s’établir à 2,8 % en 2030 dans le scénario de référence,
donnant à penser que la croissance mondiale pourrait
Globalement, les effets sur la croissance à moyen terme
chuter encore plus et descendre sous le niveau actuelle-
vont de 1,2 point de pourcentage au-dessus du niveau
ment prévu par les PEM pour le moyen terme (voir le
de référence à 0,8 point de pourcentage au-dessous
chapitre 1). Le ralentissement par rapport au taux annuel
(graphique 3.17). Des effets plus marqués sont possibles
moyen historique de 3,8 % (2000–19) serait donc
si ces scénarios se réalisent simultanément. Toutefois, en
considérable.
raison du caractère très incertain de ces estimations, les
chiffres devraient être considérés comme une indication
Autres scénarios possibles des effets potentiels (pour plus de détails, voir l’annexe en
Quels facteurs pourraient accélérer la croissance ou ligne 3.3).
entraîner de nouveaux risques ? Cette section compare • Mesures de stimulation des taux d’activité : Ce scéna-
différents scénarios avec les projections de référence de rio postule que les taux d’activité sont rehaussés de
la croissance à moyen terme. Les scénarios en question 3,2 points de pourcentage, ce qui correspond à l’aug-
évaluent les effets des changements de politiques relatives mentation médiane si tous les pays convergeaient
à l’offre de main-d’œuvre et à l’allocation des ressources, vers les mesures les plus indiquées. Ceci stimulerait la
et les effets des vents favorables et des vents contraires croissance de l’offre de travail d’environ 0,3 point de
(effets positifs de l’IA et effets négatifs du surendette- pourcentage, soit une contribution de 16 points de
ment public et de la fragmentation géoéconomique). base à la croissance mondiale.
Pour évaluer la faisabilité des scénarios, nous étudions des • Recours à l’immigration pour stimuler l’offre de travail
changements de politiques importants et ambitieux, mais dans les pays avancés : Les travailleurs migrants
pas sans précédent. soutiennent la croissance dans les pays avancés en
occupant des emplois restés vacants. Ce scénario pour la croissance économique mondiale, qui pourrait
suppose un gonflement des flux ainsi qu’une meil- baisser à moyen terme de 5 à 15 points de base selon
leure intégration de ces migrants sur le marché du les estimations. La projection simule l’évolution de la
travail, se traduisant par une augmentation de l’offre croissance dans trois scénarios : un scénario de hausse
de main-d’œuvre équivalant à 1 % de la population continue de la dette accompagnée de déficits publics
active prévue dans les pays avancés en 2030. Cette stables et deux scénarios de stabilisation de la dette où
augmentation pourrait doper la croissance mondiale l’alourdissement du service des intérêts est compensé
de 20 points de base. par une diminution des transferts ou des investisse-
• Réformes structurelles pour améliorer l’efficience alloca- ments publics. L’effet global est jugé modéré, car le
tive : Se référant à la section précédente, ce scénario scénario ne suppose pas de rééquilibrage budgétaire
postule que les pays comblent à moyen terme près de poussé visant à réduire la dette de manière significative
15 % de leur retard sur les États-Unis en matière de ni d’autres circuits par lesquels la dette publique pour-
politiques du marché du travail, d’ouverture commer- rait influer sur la croissance (Pattillo, Poirson et Ricci,
ciale et d’expansion des circuits financiers. L’hypothèse 2004 ; Woo et Kumar, 2015).
est que de telles réformes structurelles réduisent consi- • Fragmentation géoéconomique : L’apparition de blocs
dérablement l’effet freinateur de l’inefficience alloca- géoéconomiques entraînant une fragmentation du
tive et renforce la croissance de la PTF de 0,7 point de commerce international et de l’investissement direct
pourcentage, ce qui est susceptible de stimuler l’inves- étranger pourrait considérablement réduire les flux de
tissement et de faire gagner 1,2 point de pourcentage capitaux et de connaissances, et mettre un terme à la
de croissance mondiale. croissance (chapitre 3 de l’édition d’octobre 2023 des
• Meilleure répartition des compétences dans les pays émer- Perspectives économiques régionales : Asie et Pacifique).
gents et les pays en développement : Bien que les pénu- L’édition d’avril 2023 des PEM présente des scéna-
ries de certains professionnels et les écarts de revenus rios raisonnables analysant les effets d’un renforcement
entre hommes et femmes s’atténuent dans les pays des obstacles au commerce. Ils varient, de cas limités
avancés, ils restent importants ailleurs. Les supprimer où le « bloc États-Unis » et le « bloc Chine » privilé-
permettrait d’obtenir des gains de productivité subs- gient la délocalisation vers des pays « amis », faisant
tantiels, surtout si les emplois sont pourvus en fonc- perdre 10 points de base de croissance, à un scénario
tion des talents innés et des avantages comparatifs, plus sophistiqué où toutes les régions relocalisent une
sans distorsions créées par des normes, des barrières partie de leurs échanges respectifs, entraînant poten-
ou des discriminations sociales (Berg et al., 2018 ; tiellement une baisse de 80 points de base de la crois-
Hsieh et al., 2019 ; Jayachandran, 2021). Si l’affecta- sance à moyen terme. Une baisse plus importante ne
tion de la main-d’œuvre dans les pays émergents et les serait pas exclue en cas de réduction des transferts de
pays en développement suivait la même tendance que connaissances liés au commerce (Ahn et al., à paraître)
celle observée aux États-Unis ces dernières décennies, et de perte de productivité, mais cette simulation n’en
la croissance mondiale pourrait s’élever d’un quart de tient pas compte.
point de pourcentage. Les effets prévus de chaque scénario envoient un
• Technologies liées à l’IA : Ces technologies sont sur le message clair : pour retrouver les niveaux de croissance
point de transformer de nombreux aspects de l’éco- historiques, les pouvoirs publics devront déployer des
nomie mondiale (Cazzaniga et al., 2024). Leurs effets efforts substantiels, voire s’appuyer sur les bénéfices nets
sur la croissance économique sont très incertains, mais de l’IA. Des réformes structurelles visant à corriger l’al-
potentiellement substantiels. De manière générale, les location inefficiente des ressources sont essentielles pour
gains de productivité découlant de l’IA devraient être que la croissance revienne à ses moyennes historiques.
supérieurs à ses effets négatifs sur la demande de main-
d’œuvre. Selon l’échelle à laquelle elle est adoptée et
suivant qu’elle remplace les travailleurs ou renforce Conclusions et recommandations
leurs capacités, son incidence estimée sur la croissance pour l’action publique
mondiale varie de 10 à 80 points de base à moyen D’après l’analyse contenue dans ce chapitre, le recul
terme (pour plus de détails, voir l’encadré 3.3). de la croissance effective de l’économie mondiale et les
• Conséquences d’une dette publique élevée : Le niveau de anticipations d’une croissance plus faible sont largement
la dette publique reste élevé, ce qui est préoccupant le reflet de vents contraires persistants. Le ralentissement
non négligeable de la PTF est un des nouveaux facteurs atténuer la pression grandissante que la démographie
clés, résultant de l’inefficience accrue de l’allocation des exerce sur l’offre de travail. Encourager la participation des
ressources et de la croissance plus ténue de la PTF effi- femmes dans les pays émergents, en augmentant les taux
ciente. Conjuguée à la morosité de l’investissement du de scolarisation et en développant les services de la petite
côté des entreprises, la contraction de la population enfance, pourrait libérer le potentiel inexploité représenté
d’âge actif dans les grands pays a également contribué à par cette main-d’œuvre. Ces efforts devraient être complé-
cette évolution. Dans l’ensemble, ce que laisse entrevoir tés par des politiques visant à abaisser les barrières sociales
l’analyse n’incite pas à l’optimisme concernant la crois- et combattre les discriminations sexistes pour que les
sance mondiale à moyen terme. À moins d’interventions compétences se répartissent au mieux entre les emplois.
rapides des pouvoirs publics et d’un coup de pouce des Il est essentiel d’investir dans le capital humain,
technologies nouvelles, la croissance mondiale risque de surtout dans les pays à faible revenu, pour bénéficier du
rester très en deçà de sa moyenne historique prépandé- dividende démographique. En matière de formation du
mique à moyen terme. capital, comme le niveau élevé d’endettement des entre-
Quelles politiques pourraient rehausser la croissance ? prises a freiné l’investissement dans les pays émergents,
Les conclusions du chapitre semblent indiquer que les réformer les mécanismes relatifs aux restructurations et à
interventions devraient consister en priorité à promou- l’insolvabilité, et éliminer la propension à l’endettement
voir la concurrence, l’ouverture au commerce, les possi- dans la fiscalité des entreprises peuvent aussi contribuer à
bilités d’accès aux services financiers et la flexibilité du soutenir la croissance à moyen terme (chapitre 2 de l’édi-
marché du travail. Ceci pourrait largement stimuler la tion d’avril 2022 des PEM). Pour atténuer les effets néga-
croissance de la PTF en allégeant les obstacles d’ordre tifs sur la croissance d’une fragmentation géoéconomique
institutionnel et financier qui empêchent la répartition plus marquée, il est important d’éviter l’écueil de poli-
efficiente du capital et du travail entre les entreprises. tiques commerciales et industrielles unilatérales délétères.
De telles réformes présentent des avantages considé- Les perspectives mondiales à moyen terme ne sont
rables pour la croissance et peuvent être complétées par pas complètement catastrophiques. La résilience, dans
des réformes de la gouvernance et du secteur extérieur un contexte caractérisé par des chocs variés (chapitre 1),
(Budina et al., 2023). Si elles sont mal conçues, des poli- et les nouvelles technologies prometteuses comme l’IA
tiques industrielles ciblant des secteurs en particulier pourraient transformer l’avenir de la croissance mondiale
peuvent empêcher d’affecter les ressources aux entreprises à moyen terme. Pour exploiter pleinement ce potentiel,
ou aux secteurs les plus productifs (au sujet des politiques il faudra renforcer les cadres réglementaires, y compris
industrielles en faveur de l’innovation, voir l’édition la protection de la propriété intellectuelle, et revoir les
d’avril 2024 du Moniteur des finances publiques). programmes d’ajustement, et notamment ceux de redis-
Dans le même temps, les politiques destinées à facili- tribution, pour veiller à ce que les avantages de l’IA soient
ter la circulation et l’intégration des travailleurs migrants, équitablement et largement partagés (Cazzaniga et al.,
ainsi que les mesures de stimulation du taux d’activité 2024). À plus long terme, les politiques de promotion de
des travailleurs âgés dans les pays avancés (réformes des l’innovation contribueront de manière décisive à définir
retraites, programmes du marché du travail), pourraient la trajectoire de la croissance mondiale.
Encadré 3.2. Effets des perspectives de croissance à moyen terme sur la répartition des revenus
Le ralentissement de la croissance à moyen terme Graphique 3.2.2. Inégalités mondiales,
pourrait entraîner des répercussions sur les inégalités et 1995–2028
la convergence des revenus au niveau mondial. Dans un (Points de Gini, 0 = égalité parfaite ; multiple)
contexte marqué par la décélération de la croissance, il
est difficile pour les pays les plus pauvres de rattraper 0,75 Gini 65
Prévision
les plus riches. La croissance ralentie du PIB entraîne 10 premiers/50 derniers
0,74 (échelle de droite) 60
aussi une aggravation des inégalités, et donc une dégra-
dation des conditions de vie moyennes. Cet encadré en
examine les conséquences dans trois domaines : conver- 0,73 55
gence entre les pays, inégalités mondiales et convergence
du bien-être. Les pays n’ont cessé de converger depuis la 0,72 50
crise financière mondiale, un phénomène qui peut être
mesuré en comparant le PIB initial des pays et leur crois- 0,71 45
sance ultérieure. Quand ce taux est négatif, les pays aux
niveaux de revenu plus faibles connaissent une croissance 0,70 40
plus rapide que les autres, il y a donc convergence. Les
pays ont convergé entre 2008 et 2019 (graphique 3.2.1), 0,69 35
1995 2000 05 10 15 20 25 28
Sources : Base de données sur les inégalités mondiales ;
calculs des services du FMI.
Graphique 3.2.1. Convergence Note : Sur l’échelle de gauche, l’indice de Gini calcule l’écart
des PIB, 2000–28 entre la distribution du revenu dans le monde et une
(Rythme de comblement de l’écart, distribution parfaitement égale. Le revenu est mesuré avant
négatif = convergence) impôt. Le graphique compare le revenu moyen des 10 premiers
et 50 derniers de la distribution mondiale (« 10 premiers/50
derniers »). Sur l’échelle de droite, « multiple » renvoie au fait
1,0 Intervalle de confiance à 95 % que le revenu moyen des 10 premiers de la distribution est
Prévision
Projections historiques des PEM plusieurs fois supérieur au revenu moyen des 50 derniers de la
Avec effets de l’IA distribution. Par exemple, une valeur de 40 sur l’échelle de
0,5 droite signifie que le revenu moyen des 10 premiers est 40 fois
supérieur au revenu moyen des 50 derniers.
0,0
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Après plus de deux décennies de croissance remarquable G20, la plupart des secteurs dans les pays émergents et
(près de 6 % par an en moyenne), les pays émergents les pays en développement ont tendance à se contracter,
du Groupe des Vingt (G20) comptent désormais pour en particulier en Asie, alors que de nombreux secteurs
environ 30 % de l’activité économique mondiale et manufacturiers prospèrent, surtout dans les pays avancés.
environ un quart des échanges commerciaux mondiaux. Les simulations laissent apparaître qu’à l’avenir, une accé-
Parallèlement, ces pays ont pris une importance de plus lération plausible de la croissance des pays émergents du
en plus systémique en intégrant les chaînes de valeur G20, même sans la Chine, pourrait stimuler la croissance
mondiales (CVM), ce qui leur confère le potentiel de mondiale à moyen terme et se propager à d’autres pays.
faire évoluer les marchés mondiaux. Par conséquent, les La tâche des décideurs dans les pays (avancés ou non) où
répercussions sur la croissance de chocs survenant dans se produisent ces répercussions consiste à maintenir des
ces pays, ainsi que celles de leur ralentissement structu- amortisseurs suffisants et à renforcer leur cadre d’action
rel au cours de la dernière décennie, peuvent avoir des pour faire face à l’éventualité de chocs de plus grande
ramifications beaucoup plus importantes pour l’acti- ampleur en provenance de pays émergents du G20.
vité mondiale. Depuis 2000, les répercussions des chocs
intérieurs survenant dans les pays émergents du G20,
particulièrement la Chine, se sont amplifiées et sont Introduction
désormais comparables en taille à celles des chocs touchant La croissance économique des 10 pays émergents du
les pays avancés. Les chocs dans les pays émergents du G20 Groupe des Vingt (G20) a systématiquement dépassé
peuvent expliquer 10 % de la variation de la production celle des pays avancés au cours des deux dernières décen-
trois ans plus tard dans d’autres pays émergents et 5 % nies. L’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine,
de cette variation dans les pays avancés. Les échanges le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la
commerciaux, notamment par l’intermédiaire des CVM, Russie et la Türkiye (ci-après les « pays émergents du
représentent un canal de propagation déterminant qui G20 »), dont la part dans le PIB mondial a plus que
n’a cessé de prendre de l’importance au fil du temps. doublé depuis 2000, n’ont cessé d’accroître leur intégra-
Les entreprises qui dépendent davantage de la demande tion à l’économie mondiale, notamment par l’intermé-
des pays émergents du G20 enregistrent une progression diaire des échanges commerciaux et des chaînes de valeur
supérieure de leur chiffre d’affaires après une accélération mondiales (CVM). En plus de nourrir la dynamique
inattendue de la croissance dans des pays émergents du de la croissance et des échanges commerciaux à l’échelle
G20, alors que les répercussions en aval peuvent réduire mondiale, cette intégration a aussi participé à la dimi-
le chiffre d’affaires des entreprises dans les pays qui sont nution de la volatilité de la production (grâce à sa diver-
plus exposés à la concurrence des importations. À la suite sification entre les pays) ainsi qu’à la convergence des
d’un choc négatif sur la productivité dans des secteurs niveaux de vie et de revenu (Caselli et al., 2020 ; Patel,
fortement intégrés aux CVM dans des pays émergents du Sandefur et Subramanian, 2021).
Toutefois, le ralentissement de 1,9 point de pourcen-
tage de la croissance mondiale à moyen terme depuis
Les auteurs de ce chapitre sont Hany Abdel-Latif, Nicolas Fernandez-
Arias, Andrés Fernández Martin, Ashique Habib, Dirk Muir,
la crise financière mondiale tient pour plus de moitié à
Alberto Musso, Carolina Osorio Buitron, Adina Popescu et la détérioration des perspectives de croissance pour les
Andrea F. Presbitero, qui ont travaillé sous la direction d’Aqib Aslam, pays émergents du G20, la part de la Chine s’élevant
et ont bénéficié du soutien de Shan Chen, Michael Gottschalk,
à 40 % (voir le chapitre 1 des Perspectives de l’économie
Carlos Morales, Minnie Park, Ilse Peirtsegaele, Manuel Perez-Archila
et Xiaomeng Mei. Lorenzo Rotunno et Michele Ruta ont apporté des mondiale [PEM] d’octobre 2023, et Kose et Ohnsorge,
contributions. Le chapitre a bénéficié d’échanges avec Ambrogio Cesa- 2023). Les perspectives de croissance à moyen terme des
Bianchi, Barthélémy Bonadio, Swapan Pradhan, Rui Mano et Ting Lan pays émergents du G20 se sont affaiblies de 0,8 point
ainsi que d’observations formulées par des participants à des séminaires
et des réviseurs. Şebnem Kalemli-Özcan est intervenue sur ce projet en de pourcentage pour s’établir à 3,7 % sous l’effet des
qualité de consultante. séquelles de la pandémie et des chocs sur les prix qui
Graphique 4.1. Croissance du PIB à cinq ans Graphique 4.2. Corrélation des surprises spécifiques
(En pourcentage) en matière de croissance entre les pays avancés
et les pays émergents du G20
6 (En pourcentage)
PA Chine
PE du G20 (hors Chine) Autres PE
2 0,0
–0,5
1
–1,0
0
1995 2000 05 10 15 20 25 28 –1,5
–2,0
Source : calculs des services du FMI. –1 0 –3 1
–2 2 3
Note : La variable sur laquelle portent les prévisions est la croissance du PIB réel. Moyenne des surprises spécifiques en matière
À chaque année indiquée en abscisse correspondent les prévisions effectuées de croissance dans les PE du G20
cinq ans plus tôt à l’occasion de l’édition d’avril des Perspectives de l’économie
mondiale (PEM) ; ainsi, les prévisions pour 2028 sont basées sur l’édition des PEM Source : calculs des services du FMI.
d’avril 2023, etc. PA = pays avancés ; PDFR = pays en développement à faible Note : Les surprises en matière de croissance sont définies par l’équation
revenu ; PE = pays émergents ; PE du G20 = Afrique du Sud, Arabie saoudite, GSit = Growth itAct – Growth itProj– 1 (en utilisant les projections des PEM d’avril) ;
Argentine, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Türkiye. les surprises spécifiques en matière de croissance (γ� it ) sont définies comme la
valeur résiduelle de cette régression : GSit = τt + θi + γit , où τt et θi
correspondent respectivement à l’année et aux effets fixes par pays. Voir le
graphique 4.1 pour la liste des PE du G20. PA = pays avancés ; PE = pays
ont fait suite à l’invasion russe de l’Ukraine ( 4.1). Le émergents ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale.
chapitre 3 ayant porté sur les déterminants de la faiblesse
des perspectives de croissance, ce chapitre est consa- mondiale pose un large éventail de problématiques et de
cré aux répercussions qu’elle pourrait avoir à l’échelle questions aux décideurs à court et long terme :
internationale. • Compte tenu du poids grandissant des pays émergents
Compte tenu du renforcement de la présence interna- du G20, dans quelle mesure peuvent-ils influer sur les
tionale des pays émergents du G20 et de leur plus grande variables mondiales ?
connectivité, leurs perspectives de croissance moroses • À court terme, quelle est l’ampleur des répercus-
risquent d’entraîner des répercussions sur les autres pays sions globales sur la croissance des pays émergents du
émergents et les pays en développement, et de freiner G20 et en quoi sont-elles différentes ? Qu’est-ce qui
leur croissance et leur développement. En effet, la proba- les distingue de celles des pays avancés ? Quels pays
bilité d’assister à des répercussions a augmenté, car la engendrent les répercussions les plus importantes, et
corrélation entre les surprises intérieures (spécifiques) ces répercussions sont-elles d’ampleur mondiale ou
en matière de croissance dans les pays avancés et celles régionale ?
dans les pays émergents du G20 s’est renforcée au cours • Dans quelle mesure les chocs intérieurs survenant dans
de la dernière décennie ( 4.2)1. Malgré d’importantes les pays émergents du G20 se propagent-ils par l’inter-
différences d’un pays à l’autre, de plus en plus d’élé- médiaire des échanges commerciaux et des chaînes d’ap-
ments concrets attestent que les pays émergents sont des provisionnement, et entraînent-ils une redistribution de
sources manifestes de répercussions à l’échelle internatio- l’activité entre les pays, les secteurs et les entreprises sur
nale (Cashin, Mohaddes et Raissi, 2017 ; Arezki et Liu, le long terme ? Ce canal de transmission a-t-il pris de
2020 ; Huidrom et al., 2020). l’importance au cours des dernières années ?
Par conséquent, la possibilité d’assister à de vastes réper-
cussions issues des pays émergents du G20 sur l’économie Le chapitre est composé en quatre parties. Il
commence par exposer le poids grandissant des pays
1Les surprises intérieures (spécifiques) en matière de croissance
émergents du G20 à l’échelle mondiale (sur la base des
correspondent à la valeur résiduelle des chiffres de croissance du PIB
après soustraction des prévisions de l’année précédente et neutralisation résultats du chapitre 3 du rapport de contagion 2014),
des facteurs internationaux. en mettant en évidence l’importance croissante des pays
émergents du G20 à l’échelle mondiale sur le plan des des chocs trouvant leur origine dans des secteurs spéci-
produits de base, de l’investissement, des flux financiers fiques sur l’ensemble des pays, tels que ceux fortement
et des échanges commerciaux (FMI, 2014). Il s’agit égale- intégrés aux CVM, et au sein des pays, tels que la
ment de canaux essentiels par lesquels les chocs en prove- construction en Chine, pour nous aider à comprendre
nance des pays émergents du G20 peuvent se propager à les répercussions transfrontalières à long terme.
l’économie réelle2. Dans la deuxième partie, le chapitre
dresse une analyse empirique des répercussions globales Quatrièmement, au vu de la faiblesse des perspectives
sur la croissance à court terme de chocs sur la demande et de croissance en Chine, nous avons utilisé une simula-
l’offre dans les différents pays émergents du G20. tion fondée sur un modèle pour évaluer si des surprises
Dans sa troisième partie, sur la base du constat que positives en matière de croissance dans d’autres pays
l’intégration financière a été plus lente que celle constatée émergents du G20, ainsi que les répercussions connexes,
pour les échanges commerciaux et les produits de base, peuvent contribuer à soutenir la croissance mondiale.
le chapitre examine les répercussions des pays émergents Ce chapitre arrive aux grandes conclusions suivantes :
du G20 par l’intermédiaire de ces deux canaux (en tenant • La place des pays émergents du G20 au sein de l’ac-
compte des CVM) à moyen et long terme3 : tivité économique mondiale est effectivement deve-
• Des données recueillies au niveau des entreprises sont nue plus importante. Leur poids dans les échanges
utilisées pour estimer l’effet de surprises intérieures commerciaux et l’investissement à l’échelle inter-
en matière de croissance dans les pays émergents du nationale a quasiment doublé depuis le début des
G20 sur le chiffre d’affaires des entreprises de parte- années 2000, et leur intégration au système finan-
naires commerciaux à court et moyen terme. L’analyse cier mondial continue d’aller croissant. Les consom-
étudie séparément la transmission des chocs en fonc- mateurs et les entreprises des pays émergents du
tion de l’intensité de la dépendance d’une entreprise G20 représentent une part croissante de la demande
à la demande des pays émergents du G20 pour ses mondiale, et les entreprises des pays émergents du
produits (liens par les extrants) et de son utilisation G20 (la Chine, l’Inde et la Russie, par exemple) four-
d’intrants intermédiaires en provenance des pays émer- nissent une part plus importante du total des intrants
gents du G20 (liens par les intrants). à l’échelle internationale. De plus, ces pays font partie
• La tendance et l’évolution à long terme des répercus- des plus grands producteurs de produits de base essen-
sions de chocs sur la productivité dans les pays du G20 tiels, notamment ceux jouant un rôle fondamental
sont ensuite étudiées à l’aide d’un modèle multisecto- dans la transition vers une économie verte (l’Argen-
riel et multinational permettant de tracer la redistribu- tine pour le lithium et l’Indonésie pour le nickel, par
tion de la production entre les secteurs et les pays dans exemple). Si la Chine continue d’être le moteur de
différents scénarios fondés sur un état stationnaire. nombre de ces tendances, d’autres pays émergents du
Chaque scénario est conçu de manière à suivre l’effet G20 jouent un rôle important.
• Du fait de leur intégration plus poussée, les pays émer-
2Les chocs survenant dans les pays émergents du G20 peuvent égale- gents du G20 ressemblent de plus en plus à des pays
ment avoir une incidence sur les prix et l’inflation, mais ce chapitre est
uniquement consacré aux répercussions sur l’activité économique réelle. avancés, et le temps où ils ne faisaient que subir les
3Le rapport de contagion 2014 (2014 Spillover Report) comporte une chocs mondiaux est révolu. Les fluctuations de leur
étude approfondie des canaux des échanges commerciaux, des produits production sont désormais moins volatiles puisqu’elles
de base et des opérations financières dans les pays émergents. Il montre
que, même si les répercussions se propagent principalement par l’intermé-
dépendent en plus grande partie de chocs intérieurs et,
diaire des liens commerciaux, elles peuvent aussi exercer des effets consi- dans le cas de certains pays, elles peuvent aussi influer
dérables par l’intermédiaire des liens financiers, y compris ceux créés par sur les prix mondiaux. En plus d’avoir augmenté,
les banques. Le chapitre 2 du Rapport sur la stabilité financière dans le
leurs répercussions sur la croissance sont aussi à l’ori-
monde d’avril 2016 montre que 1) l’accroissement de l’intégration aux
marchés financiers des pays émergents accentue les répercussions inter- gine de près de 5 % de la variation du PIB dans les
nationales et 2) les facteurs financiers prennent une importance gran- pays avancés. De surcroît, les répercussions de certains
dissante par rapport aux liens commerciaux. Plus récemment, Arezki pays émergents du G20 sur la croissance ont atteint
et Liu (2020) ont confirmé l’importance des liens financiers dans les
répercussions issues des pays émergents. D’autres canaux, comme les des ampleurs similaires à celles des pays avancés. Les
migrations, peuvent aussi avoir un effet. Par exemple, l’émigration de plus fortes sont celles engendrées par la Chine, dont
travailleurs hautement qualifiés en provenance de pays émergents du G20 les chocs intérieurs peuvent expliquer environ 10 %
peut avoir des implications pour l’offre de main-d’œuvre, la producti-
vité et l’innovation dans les pays d’accueil (Bosetti, Cattaneo et Verdolini,
de la variation du PIB dans les autres pays émer-
2015 ; Banque mondiale, 2018 ; Bahar, Choudhury et Rapoport, 2020). gents. Les autres pays émergents du G20 génèrent des
répercussions considérables à l’échelle régionale. C’est l’ampleur, ce qui souligne l’importance accrue des pays
le cas par exemple de la Russie sur le Moyen-Orient et émergents du G20 en raison de leur intégration aux
l’Europe, et du Mexique sur l’Amérique latine. CVM.
• Les chocs sur la croissance intérieure survenant dans • Si l’on se projette sur l’avenir, une accélération de la
des pays émergents du G20 se propagent par les croissance des pays émergents du G20 hors Chine, qui
CVM, et ils peuvent faire des gagnants et des perdants relève d’un scénario plausible, pourrait avoir des réper-
par le jeu des réaffectations sectorielles. À la suite d’un cussions sur les pays avancés ainsi que sur les autres
choc positif, les entreprises dépendant plus fortement pays émergents et les pays en développement, ce qui
de la demande en provenance des pays émergents du soutiendrait la croissance mondiale.
G20 (la Chine et l’Inde, par exemple) ont tendance à
enregistrer une croissance plus rapide de leur chiffre Il est en tout cas indéniable que le groupe que forment
d’affaires, à plus forte raison si elles sont implantées les pays émergents du G20 (au-delà de la Chine prise
dans des pays émergents. Cependant, les entreprises isolément) est devenu une source majeure de répercus-
dépendant davantage des intrants fournis par les pays sions mondiales et régionales, lesquelles sont destinées à
émergents du G20 ont tendance à subir des répercus- gagner en intensité à mesure que ces pays accroîtront leur
sions négatives. Cela tend à indiquer que de bonnes intégration dans les canaux financiers et commerciaux.
surprises en matière de croissance dans des pays émer- Les décideurs doivent donc garder à l’esprit les incidences
gents du G20, comme la Chine et le Mexique, pour- qu’un ralentissement dans ces pays pourrait avoir sur les
raient être associées à une expansion de la production entreprises et les secteurs au sein de leurs frontières. Par
concurrente, ce qui pourrait déplacer les activités exis- conséquent, les pays étroitement liés aux pays émergents
tantes chez les partenaires commerciaux. du G20 devraient se constituer des amortisseurs et des
• Sur le long terme, des chocs négatifs sur la producti- cadres d’action adéquats pour se protéger contre la trans-
vité dans des pays émergents du G20 ont tendance à mission de chocs négatifs et d’éventuels risques extérieurs.
donner lieu à des répercussions négatives à l’échelle À la lumière du degré de redistribution de l’activité entre
internationale par l’intermédiaire des échanges les secteurs à la suite de chocs dans des pays émergents
commerciaux, mais ils peuvent aussi engendrer des du G20, en particulier dans les pays plus fortement inté-
retombées positives pour certains secteurs et certains grés par l’intermédiaire des échanges commerciaux et des
pays. Or ces répercussions ont pratiquement triplé CVM, les décideurs devraient envisager de diversifier les
depuis le début des années 2000. Dans un scénario liens par les extrants et les intrants, ainsi que de mener
qui voit l’ensemble des pays émergents du G20 subir des politiques structurelles intérieures destinées à éviter
un ralentissement de la croissance de la productivité, un déplacement massif des facteurs de production et à
la région la plus durement frappée est l’Asie, où l’in- promouvoir une réaffectation efficace de ces facteurs. Ils
tensité des répercussions s’explique par ses liens étroits devraient aussi se garder d’adopter des politiques protec-
avec la Chine. Un scénario dans lequel les chocs sur la tionnistes qui sont préjudiciables à l’économie intérieure
productivité sont concentrés dans des secteurs forte- et peuvent engendrer des répercussions transfrontalières
ment intégrés aux CVM laisse apparaître une dispa- négatives (encadré 4.1).
rité notable des répercussions en fonction des secteurs :
la plupart se contractent, en particulier ceux situés
en Asie, mais de nombreux secteurs manufacturiers Les pays émergents du G20
(l’électronique et le textile, par exemple) se déve- dans l’économie mondiale
loppent, car certains pays tirent parti de la diminution L’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du
de l’offre en provenance des pays émergents du G20. commerce (OMC) en décembre 2001 constitue un tour-
En matière d’emploi, un choc positif dans les pays nant fondamental pour l’intégration des pays émergents
émergents du G20 peut entraîner des pertes d’em- du G20 dans l’économie mondiale. Depuis, la part des
plois dans certains secteurs sous l’effet d’une concur- pays émergents du G20 dans les échanges commerciaux
rence accrue, tandis que les retombées provenant de mondiaux a augmenté près de deux tiers plus vite que
secteurs reliés entre eux par les CVM tendent à créer celle des échanges commerciaux entre les autres pays
des complémentarités et des possibilités d’emploi. ( 4.3, plage 1), ce qui a favorisé le commerce mondial
Une comparaison de la transmission des chocs avant et la diversification entre pays. Par ailleurs, au cours
et après 2000 montre que les répercussions ont pris de des deux décennies qui ont suivi l’entrée de la Chine à
Graphique 4.3. Le poids grandissant des pays émergents environ 10 % juste avant la pandémie (graphique 4.3,
du G20 dans les échanges commerciaux et l’investissement plage 3)4.
1. Augmentation des échanges commerciaux mondiaux des PE du G20 Depuis 2018, les parts des flux commerciaux et des
1,5 (Échelle logarithmique) flux d’investissement vers les pays avancés et vers les autres
1,0 pays émergents et pays en développement divergent. Alors
que les flux vers les pays avancés ont diminué par rapport
0,5 à la moyenne mondiale, ceux vers les pays émergents et
les pays en développement ont augmenté, ce qui s’ex-
0,0
plique en partie par le renforcement des liens d’investis-
–0,5 sement favorisé par l’initiative des Nouvelles Routes de la
soie (Baniya, Rocha et Ruta, 2020 ; De Soyres, Mulabdic
–1,0 et Ruta, 2020). Cette divergence, qui a également coïn-
1980 85 90 95 2000 05 10 15 20 22
cidé avec les premières tensions commerciales entre les
35 2. Échanges de marchandises des PE du G20 États-Unis et la Chine, s’est accentuée sous l’effet de l’in-
(En pourcentage des exportations/importations mondiales tensification des tensions géopolitiques (voir le chapitre 4
30 vers/depuis les PE du G20)
des PEM d’avril 2023), qui a vu les grandes puissances
25
économiques réaligner leurs liens commerciaux et d’inves-
20
tissement en pratiquant la relocalisation de l’activité dans
15 des pays amis ou proches (Alfaro et Chor, 2023 ; Freund
10 Exportations vers les PA Importations depuis les PA et al., 2023 ; Gopinath et al., 2024).
Exportations vers les PEPD Importations depuis les PEPD
5 Exportations vers l’ensemble Importations depuis l’ensemble
Le renforcement de la participation aux échanges
des pays des pays commerciaux internationaux se reflète dans l’accroisse-
0
2003 06 09 12 15 18 21 T1 : ment de l’intégration financière par les flux bancaires et,
23
dans une moindre mesure, les flux des investissements
14 3. Investissement direct étranger des PE du G20
de portefeuille, les proportions restant toutefois infé-
(En pourcentage du total des IDE réalisés par les PE du G20) rieures à celles constatées pour les échanges commerciaux.
12 Les prêts octroyés par les banques des grandes puissances
industrielles du Groupe des Cinq (G5) — à savoir l’Alle-
10
magne, les États-Unis, la France, le Japon et le Royaume-
8 Uni — à des pays émergents du G20 ont pratiquement
IDE dans les PA doublé depuis le début des années 2000, atteignant leur
6 IDE dans les PEPD niveau le plus élevé en 2014, à plus de 2,5 % du PIB des
IDE dans l’ensemble des pays
pays du G5, avant de diminuer progressivement. Cette
4
2003 06 09 12 15 18 21 T4 : augmentation a été entraînée par les prêts octroyés à
23 la Chine, suivis par ceux consentis au Brésil et à l’Inde
( 4.4, plage 1). À titre de comparaison, les échanges de
Sources : fDi Markets ; FMI, Direction of Trade Statistics ; calculs des services du FMI.
Note : La plage 1 repose sur un modèle de gravité type des échanges commerciaux marchandises avec les pays émergents du G20 représen-
dans lequel la variable dépendante est le logarithme des échanges bilatéraux de taient 8,1 % du PIB des pays du G5 en 2022. Ces flux
marchandises. Le modèle intègre des effets fixes pour les paires de pays, les
combinaisons source × année et les combinaisons destination × année. Le graphique financiers concordent avec l’observation générale d’après
trace le coefficient annuel d’une valeur indicatrice pour les paires bilatérales laquelle les capitaux privés se déplacent en aval vers des
impliquant des PE du G20 (année de référence : 2001). La plage 3 utilise le
décompte des projets d’IDE. Voir le graphique 4.1 pour la liste des PE du G20.
pays à la croissance plus rapide, comme l’ont d’abord
IDE = investissement direct étranger ; PA = pays avancés ; PE = pays émergents ; montré Gourinchas et Jeanne (2013), et Alfaro, Kalemli-
PEPD = pays émergents et pays en développement. Özcan et Volosovych (2014) (encadré 4.2). En revanche,
le volume des prêts transfrontaliers octroyés aux pays avan-
l’OMC, la part des importations et des exportations de cés par des banques dont le siège se trouve dans des pays
marchandises des pays émergents du G20 dans le total émergents du G20 est relativement limité. Cependant,
des échanges de marchandises a doublé (graphique 4.3, le volume de prêts en faveur d’autres pays émergents et
plage 2). Quant aux investissements directs étran- 4Des précisions sur les faits stylisés, les mesures et les sources de
gers (IDE) des pays émergents du G20, leur part a données figurent dans l’annexe 4.1 en ligne. Toutes les annexes en ligne
augmenté d’environ 6 % du total des IDE en 2005 à sont disponibles à l’adresse : [Link]/fr/Publications/WEO.
Graphique 4.4. Intégration financière passifs des pays émergents du G20 envers les pays du G5
des pays émergents du G20 sont passés de 2,9 % des créances de portefeuille des pays
1. Prêts bancaires transfrontaliers octroyés par les pays d’origine en 2001 à 5,3 % en 2021 (soit 4,6 % du PIB
4 du G5 aux PE du G20 du G5 en 2021), avec une exposition particulièrement
(En pourcentage du PIB du G5)
élevée à la Chine, suivie de l’Inde, du Mexique et du Brésil
Argentine Brésil Chine Inde
3 Indonésie Mexique Russie Arabie saoudite (graphique 4.4, plage 3, barres de gauche). On obtient un
Afrique du Sud Türkiye résultat similaire en ciblant une étude de cas sur les porte-
2 feuilles de titres transfrontaliers américains. Cependant,
cela aboutira probablement à une barre moins élevée, car
1 les flux d’investissements de portefeuille depuis les pays
avancés vers les pays émergents (plus particulièrement
0 la Chine) sont plus importants une fois pris en compte
2000 05 10 15 20 22
les flux transitant par des pays à la fiscalité avantageuse
2. Prêts bancaires transfrontaliers octroyés par les banques (Bertaut, Bressler et Curcuru, 2019 ; Bergant, Milesi-
25 déclarantes des PE du G20
(En pourcentage du total des créances bancaires Ferretti et Schmitz, 2023 ; Coppola et al., 2021). Sur
20 déclarées sur la région) le plan des actifs, toutefois, les flux d’investissements de
portefeuille depuis les pays émergents du G20 vers le reste
15
Pays avancés du monde restent limités, même s’ils sont en augmenta-
PE du G20 tion, puisqu’ils s’établissaient à un peu plus de 2,5 % du
10 PEPD hors G20
total des actifs de portefeuilles transfrontaliers en 2021
5 (graphique 4.4, plage 3, barres de droite).
Les pays émergents du G20 sont des producteurs
0
2015 17 18 19 20 21 22 T2 : mondiaux d’un large éventail de produits de base ( 4.5,
23 plage 1). Au-delà de la Chine, qui fournit toujours de
6 3. Actifs et passifs de portefeuille des PE du G20 gros volumes de produits de base, la Russie et l’Ara-
Argentine Brésil bie saoudite sont des pourvoyeurs importants de
5 Chine Inde
Indonésie Mexique pétrole et d’énergie, et le Brésil est un grand produc-
4 Russie Arabie saoudite teur de produits de base agricoles et de minéraux. Mais
Afrique du Sud Türkiye
3 les pays émergents du G20 pèsent également dans la
demande de produits de base depuis les années 2000,
2
période à laquelle la croissance rapide a entraîné une
1 augmentation de la consommation mondiale d’éner-
0 gie, de denrées alimentaires et de métaux (Baffes et al.,
2001 2021 2001 2021 2018 ; Fernández, Schmitt-Grohé et Uribe, 2023).
Passifs de portefeuille des PE Actifs de portefeuille des PE du G20
du G20 envers le G5 (en pourcentage des actifs Parallèlement, des pays émergents du G20 sont deve-
(en pourcentage des actifs de portefeuille mondiaux) nus des producteurs des minéraux essentiels à la transi-
de portefeuille du G5)
tion vers une économie verte, notamment le lithium en
Sources : Banque des règlements internationaux, statistiques bancaires Argentine et le nickel en Indonésie. La demande de ces
territoriales par nationalité ; Banque des règlements internationaux, statistiques
bancaires territoriales par résidence ; FMI, enquête coordonnée sur les produits de base étant partie pour augmenter, les pays
investissements de portefeuille ; Lane et Milesi-Ferretti, 2018 ; calculs des émergents du G20 vont probablement accroître leur inté-
services du FMI.
Note : G5 = Allemagne, États-Unis, France, Japon, Royaume-Uni ; PE = pays gration aux chaînes d’approvisionnement et jouer un rôle
émergents ; PEPD = pays émergents et pays en développement. plus important dans la volatilité des prix des produits de
base dans un monde fragmenté (voir le chapitre 3 des
de pays en développement compte pour environ 20 % PEM d’octobre 2023)5.
du total des créances bancaires transfrontalières, ce qui
cadre avec les récentes constatations relatives à l’essor des 5La contribution accrue des pays émergents du G20 à la volati-
banques chinoises (Cerutti, Casanova et Pradhan, 2023) lité des prix des produits de base a récemment été mise en évidence à
et l’augmentation des flux Sud–Sud, mise en évidence par l’aide de données à haute fréquence. En étudiant les effets de contagion
à l’échelle internationale d’une surprise macroéconomique en Chine,
Broner et al. (2023) (graphique 4.4, plage 2). Les flux d’in- Gutierrez, Turen et Vicondoa (2024) ont démontré un effet dynamique
vestissements de portefeuille laissent apparaître que les notable et sensible sur les prix des produits de base.
Graphique 4.5. La présence des pays émergents Les pays émergents du G20 ont également augmenté
du G20 dans les CVM et dans les produits leur participation aux CVM, aussi bien en aval qu’en
de base peut amplifier les répercussions amont, sous l’effet de leur demande de produits manu-
Argentine Brésil Chine Inde Indonésie facturés (liens par les extrants) et de leur fourniture d’in-
Mexique Russie Arabie saoudite Afrique du Sud Türkiye trants à d’autres pays (liens par les intrants). Entre 2000
1. Part des PE du G20 dans la production mondiale et 2021, le pays médian a doublé ses intrants en prove-
des différents produits de base nance des pays émergents du G20, et la demande d’ex-
(En pourcentage de la production mondiale)
trants par les pays émergents du G20 a quant à elle plus
Agriculture
Énergie que doublé (graphique 4.5, plage 2)6. L’intégration accrue
Minerais des pays émergents du G20 aux échanges commerciaux et
aux CVM s’explique par le dégroupage lié à la baisse des
Blé coûts de transport, d’information et de communication,
Pétrole brut
au progrès technologique et à l’abaissement des obstacles
Cobalt
Lithium aux échanges commerciaux et aux flux de capitaux, qui
Cuivre ont permis aux pays émergents de s’intégrer de façon plus
Nickel verticale aux chaînes d’approvisionnement mondiales
0 20 40 60 80 (Baldwin, 2013 ; Amador et Cabral, 2016). Deux secteurs,
5,0 2. Liens des PE du G20 avec les CVM 3,0 l’industrie manufacturière et les industries extractives, sont
(En pourcentage, médiane des pays)
prédominants dans la fourchette supérieure de 5 % des
4,5 2,5
liens, de même que la Chine, dont la production manufac-
4,0 turière est la plus importante du monde et reste fortement
2,0
3,5 dépendante de la demande extérieure (Baldwin, 2024)
1,5 (graphique 4.5, plage 3). D’autres pays, comme l’Inde et
3,0
la Russie, ont également une présence notable, ce qui s’ex-
Liens par les intrants 1,0
2,5 Liens par les extrants (échelle de droite) plique par la croissance rapide de la production manu-
2,0 0,5 facturière (Inde) et par les liens étroits engendrés par la
2000 05 10 15 20 fourniture de matières premières nécessaires à la produc-
3. Principaux liens des PE du G20 dans les CVM tion d’énergie (Russie).
(En pourcentage)
Part de la paire pays source–secteur
dans les 5 % supérieurs de la répartition
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 En quoi les pays émergents du G20 ont-ils changé ?
Liens par les intrants Liens par les extrants
Secteur primaire
Minerais et métaux
À mesure que les pays émergents du G20 ont accru
Ind. manuf. leur diversité et leur intégration à l’économie mondiale,
Construction et qu’ils ont renforcé leurs cadres d’action, leurs fluctua-
Services
tions macroéconomiques ainsi que leurs vulnérabilités
Secteur primaire aux chocs extérieurs ont également changé (voir Kose et
Minerais et métaux
Ind. manuf. Prasad, 2010, pour une étude de cette évolution jusqu’à
Construction la crise financière mondiale). Premièrement, la croissance
Services
du PIB dans l’ensemble des pays émergents du G20 est
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 devenue moins volatile, et elle se rapproche des niveaux
Part de la paire pays de destination–secteur
dans les 5 % supérieurs de la répartition de celle des pays avancés ( 4.6, plage 1). Deuxièmement,
Sources : Agence internationale de l’énergie ; base de données Eora sur la chaîne la contribution des chocs externes à la croissance du
d’approvisionnement mondiale ; Institut d’études géologiques des États-Unis ; PIB des pays émergents du G20 diminue depuis les
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ; Service
géologique britannique ; calculs des services du FMI. deux dernières décennies : d’un niveau correspondant à
Note : Dans la plage 2, on définit les liens par les extrants comme la part
des consommateurs et des entreprises des PE du G20 dans la demande mondiale, 6On définit les liens par les extrants comme la part des consomma-
et les liens par les intrants comme la part du total des intrants fournie par les teurs et des entreprises des pays émergents du G20 dans la demande
secteurs d’activité des PE. Les liens par les extrants et les intrants sont calculés
mondiale, et les liens par les intrants comme la part du total des
au niveau pays–année. Dans la plage 3, les liens par les extrants et par les
intrants sont respectivement calculés au niveau des paires pays source–secteur et intrants fournie par les secteurs d’activité des pays émergents du G20.
pays de destination–secteur sur la période 1999–2021. Le graphique reproduit la Il convient toutefois de noter que ces mesures tiennent uniquement
distribution des 5 % supérieurs de la répartition de ces liens par secteurs et par compte des expositions directes aux pays émergents du G20. Voir l’an-
pays. CVM = chaîne de valeur mondiale ; ind. manuf. = industrie manufacturière ; nexe 4.1 en ligne.
PE = pays émergents.
Graphique 4.6. La croissance des pays émergents du G20 États-Unis, le taux d’intérêt réel à 10 ans aux États-Unis,
est moins volatile et moins tributaire de chocs extérieurs l’indice du dollar pondéré en fonction des échanges
commerciaux ou les écarts de rendement sur les obli-
7 1. Baisse de la volatilité dans les PE du G20
(En pourcentage)
Pays avancés gations d’entreprises américaines de catégorie investis-
6 PE du G20 sement). Les mouvements cycliques dans tous les pays
5 émergents du G20 ont pris de l’importance au fil du
4 temps, et il apparaît qu’ils ont influé sur au moins une
variable mondiale depuis la crise financière mondiale.
3
Cependant, il semble que seuls les chocs intérieurs en
2
Chine ont une incidence sur l’ensemble des variables
1 mondiales (Corneli, Ferriani et Gazzani, 2023).
0
1980 85 90 95 2000 05 10 13
Année initiale
Répercussions globales sur le court terme
8 2. Ventilation rétrospective de la croissance du PIB réel des PE du G20 Dans la mesure où certains pays émergents du G20
(En pourcentage)
peuvent être considérés comme de grandes puissances
4 économiques, il est probable que leurs chocs sur la
demande et l’offre globales exercent des effets notables au
0 sein de leurs frontières et à l’étranger (voir le chapitre 4
des PEM d’avril 2014). Pour nous faire une idée de
Contribution des chocs intérieurs
–4 Contribution des chocs extérieurs leur importance pour d’autres pays, nous avons utilisé
Croissance annualisée du PIB réel un ensemble de modèles à vecteur autorégressif struc-
en glissement trimestriel
–8 turels et mondiaux entre 2001 et 2023, afin de quanti-
2003 05 07 09 11 13 15 17 19 : fier les répercussions mondiales et régionales globales sur
T4
un horizon à trois ans. Conformes aux études déjà réali-
Sources : version 10.1 du tableau Penn World ; calculs des services du FMI. sées, les résultats laissent apparaître que les répercussions
Note : Dans la plage 1, la volatilité de la croissance du PIB réel est calculée sous
forme de l’écart-type dans les pays de la croissance du PIB réel sur une fenêtre globales de chocs intérieurs survenant en Chine sur la
glissante de 10 ans, en commençant par l’année indiquée en abscisse. Par exemple, croissance d’autres pays émergents et des pays avancés
la valeur pour 2000 correspond à la volatilité calculée sur la période 2000–09. Le
graphique représente les moyennes de la volatilité de la croissance du PIB réel pour
sont beaucoup plus importantes que celles en provenance
les pays avancés et les PE du G20. Dans la plage 2, les contributions des chocs des autres pays émergents du G20. Il apparaît également
intérieurs sont calculées sous forme de moyennes pondérées de la somme des qu’elles ont augmenté. Un choc de 1 point de pourcen-
contributions des chocs intérieurs sur la demande et l’offre globales estimés pour
chaque PE du G20 dans des vecteurs autorégressifs structurels spécifiques aux tage sur la demande (l’offre) en Chine conduit à une
pays. Les contributions des chocs extérieurs sont calculées par soustraction. augmentation d’environ 0,3 (0,15) point de pourcen-
Voir le graphique 4.1 pour la liste des PE du G20. PE = pays émergents.
tage de la croissance trois ans plus tard dans les autres
pays émergents, les effets sur les pays avancés étant moins
prononcés7. Cependant, les chocs dans les autres pays
environ la moitié du taux de croissance dans les années
émergents du G20 peuvent se propager aux autres pays
antérieures à la crise financière mondiale, elle est passée à
du G20, de la même manière que pour les pays avancés,
environ un tiers (graphique 4.6, plage 2).
et ils peuvent engendrer des répercussions considérables à
Cependant, la principale question est de savoir dans
l’échelle régionale.
quelle mesure les chocs intérieurs dans les pays émer-
Les répercussions provoquées par la Chine ont forte-
gents du G20 peuvent se propager à l’échelle mondiale,
ment augmenté depuis 2000. Les chocs sur la croissance
ce qui constitue un phénomène inhabituel pour les
intérieure en Chine expliquent près de 5 % de la varia-
petites économies ouvertes. En s’appuyant sur le cadre de
tion de la production dans les pays avancés trois ans
Fernández, Schmitt-Grohé et Uribe (2017), ce chapitre
soumet les pays du G20 a un « test de la petite écono-
mie ouverte » pour déterminer si les fluctuations inté- 7Des résultats supplémentaires figurent dans l’annexe 4.2 en ligne.
rieures peuvent influer sur des variables mondiales, à L’ampleur de ces répercussions et leur importance plus limitée pour
savoir les prix réels des produits de base agricoles, éner- les pays avancés s’inscrivent dans les proportions estimées dans diffé-
rentes études (Cesa-Bianchi et al., 2012 ; Dizioli et al., 2016 ; Cashin,
gétiques et métalliques, ainsi que sur une variable finan- Mohaddes et Raissi, 2017 ; Furceri, Tovar Jalles et Zdzienicka, 2017 ;
cière mondiale (le taux d’intérêt réel à court terme aux Huidrom et al., 2020 ; Ahmed et al., 2022 ; Copestake et al., 2023).
après leur survenance et un peu plus de 10 % de cette Graphique 4.7. Répercussions globales des pays du G20
variation dans les autres pays émergents. En termes rela- 1. Fraction de la variance du PIB expliquée
12 par des chocs dans les PE du G20
tifs, les répercussions de la Chine sur la croissance des
(En pourcentage, trois ans plus tard)
pays émergents présentent globalement une ampleur 10
similaire à celles des États-Unis. En revanche, les chocs Offre globale
8 Demande globale
sur la demande et sur l’offre dans d’autres pays émer-
gents du G20 comptent pour moins de 4 % des fluc- 6
tuations du PIB dans les autres pays ( 4.7, plage 1), et 4
leurs répercussions n’ont augmenté que de façon modé-
2
rée (le Brésil, l’Inde et le Mexique, par exemple), quand
elles n’ont pas décliné (Russie). On constate des résul- 0
Chocs en Chine Chocs dans les Chocs en Chine Chocs dans les
tats similaires s’agissant des répercussions sur les prix autres PE du G20 autres PE du G20
des produits de base : à la suite d’une augmentation de Part du PIB des Part du PIB des autres
PA expliquée par PE expliquée par
1 point de pourcentage du PIB en Chine, les prix des
produits de base sont près de 10 % plus élevés un an 2. Réaction des prix des produits de base à des chocs
20 sur la demande globale dans les PE du G20 et aux États-Unis
plus tard et environ 5 % plus élevés trois ans plus tard (En pourcentage, estimations médianes)
(des effets à peine inférieurs à ceux provoqués par des 16 Estimations à trois ans
chocs sur la demande aux États-Unis), alors que les chocs Estimations à un an
12
sur la demande dans d’autres pays émergents du G20
n’entraînent pas une variation importante des prix des 8
produits de base (graphique 4.7, plage 2).
Compte tenu de leur taille relative, les chocs sur la 4
demande globale en Chine ont été la principale source de
0
répercussions des pays émergents du G20 jusqu’au milieu États-Unis Chine Autres PE du G20
des années 2010 (Copestake et al., 2023). Ces chocs
pourraient s’expliquer par la combinaison de chocs liés à 25 3. Fraction de la variance du PIB expliquée par
Contribution moyenne des PA du G20
de la production a davantage augmenté entre les Graphique 4.8. Répercussions sur la croissance
années 2000 et les années 2010 que celle des pays avan- des pays émergents du G20, par région
cés du G20, si bien que, pour un nombre croissant de (En pourcentage, trois ans plus tard)
pays, les répercussions des pays avancés ou émergents du
G20 (hors Chine et États-Unis) sont désormais globale- Demande globale Offre globale
ment comparables (graphique 4.7, plage 3). Bien que la 0,4 1. Asie et Pacifique 2. Europe 0,4
plupart des pays demeurent principalement exposés à des
chocs dans les pays avancés, certains présentent des expo- 0,3 0,3
sitions plus équilibrées et d’autres sont davantage touchés
par des chocs dans les pays émergents du G20.
0,2 0,2
S’agissant des répercussions régionales, celles de la
Chine sont généralement supérieures à celles des autres
0,1 0,1
pays émergents, en particulier en Asie (du fait d’un degré
élevé d’intégration commerciale intrarégionale) et, dans
0,0 0,0
une moindre mesure, en Amérique latine ( 4.8)9. Parmi CHN IND SAU CHN IDN BRA CHN RUS TUR CHN RUS TUR
les autres pays émergents du G20, la Russie et, à un degré
inférieur, la Türkiye génèrent d’importantes répercus- 0,4 3. Hémisphère occidental 4. Moyen-Orient 0,7
et Asie centrale
sions régionales en Europe et en Asie centrale ; des chocs 0,6
intérieurs du côté de l’offre au Brésil et au Mexique ont 0,3 0,5
des incidences sur l’Amérique latine qui se propagent 0,4
par les liens étroits créés par les échanges commerciaux 0,2
0,3
et les produits de base. Les répercussions régionales de la
Russie se sont clairement manifestées depuis l’invasion 0,1 0,2
des chaînes d’approvisionnement et contribuer de Graphique 4.9. Répercussions au niveau des entreprises
façon notable aux fluctuations de l’économie mondiale (En points de pourcentage)
(Boeckelmann, Imbs et Pauwels, 2024). 1. Répercussions des PE du G20 sur la croissance
0,8 du chiffre d’affaires des entreprises
Intervalles de confiance à 95 % Intervalles de confiance à 95 %
0,6 Entreprises dépendant Entreprises dépendant
Répercussions mondiales au niveau des entreprises des exportations des importations
Au niveau des entreprises, les surprises en matière de 0,4
croissance intérieure dans les pays émergents du G20
0,2
exercent une forte incidence positive sur le chiffre d’af-
faires des entreprises dans les secteurs davantage exposés à 0,0
la demande de pays émergents du G20, en particulier dans
d’autres pays émergents10. Une augmentation inattendue –0,2
0 1 2 3 4 5
de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB dans les 2. Répercussions de chaque PE du G20 sur la croissance
pays émergents du G20 se traduit par une augmentation 0,4 du chiffre d’affaires des entreprises
d’un demi-point de pourcentage de la croissance du chiffre Liens par les extrants (trois ans) Liens par les intrants (trois ans)
0,3 Liens par les extrants (un an) Liens par les intrants (un an)
d’affaires au bout d’un an pour ces entreprises. Cet effet
s’estompe avec le temps, mais il reste équivalent à la moitié 0,2
Graphique 4.10. Effets des répercussions des Nouvelles Routes de la soie a généré des effets positifs
sur le PIB par pays émergent du G20 pour les secteurs plus en amont en raison d’une augmen-
(En pourcentage) tation de la demande d’importations en Chine, mais elle
a aussi accru la concurrence de la Chine sur les marchés
Argentine Brésil Chine Inde d’exportation en créant des répercussions négatives pour
Indonésie Mexique Russie Arabie saoudite
Afrique du Sud Türkiye États-Unis Total les secteurs en aval (ceux produisant des biens proches de
la demande finale), en particulier dans les pays à proximité
0,05 1. Effet des répercussions sur le PIB mondial
hors PE du G20, par source géographique de la Chine (Bastos, 2020).
0,00
Suivi de la redistribution de l’activité
–0,05
mondiale au niveau sectoriel
–0,10 Pour nous projeter sur le plus long terme, nous avons
utilisé un modèle de réseau intrants–extrants multinational
–0,15
et multisectoriel du commerce mondial pour évaluer dans
–0,20 quelle mesure des chocs sectoriels sur la productivité dans
Référence, 2018 Référence, 2000 CVM, 2018 des pays émergents du G20 peuvent entraîner des varia-
tions sensibles de l’activité en fonction des secteurs dans
0,1 2. Effet des répercussions sur le PIB régional, par source
(Scénario de référence, 2018) différents scénarios, ainsi qu’en fonction des pays, suivant
leur région et leur niveau de revenu (Huo, Levchenko et
0,0
Pandalai-Nayar, à paraître ; Bonadio et al., 2021, 2023).
Dans le scénario de référence, un choc négatif équivan-
–0,1
lant à 2,5 % de la PGF frappe l’ensemble des secteurs dans
l’ensemble des pays émergents du G20, provoquant une
–0,2
chute d’environ 10 % de la production intérieure. Dans le
deuxième scénario, seuls les secteurs des pays émergents du
–0,3 G20 qui sont intégrés aux CVM sont frappés par ce même
Asie et Europe Moyen-Orient Hémisphère Reste
Pacifique et Asie occidental du monde choc sur la PGF. Enfin, un troisième scénario sert de base
centrale
à une étude de cas dans laquelle seul un secteur d’un pays
Sources : Bonadio et al., 2021, 2023 ; Huo, Levchenko et Pandalai-Nayar émergent du G20 est touché, en l’occurrence le secteur de
(à paraître) ; Organisation de coopération et de développement économiques, la construction en Chine11.
tableaux entrées–sorties internationales ; calculs des services du FMI.
Note : L’échantillon contient 36 pays avancés, 26 pays émergents, 4 pays en Dans le scénario de référence, le PIB mondial hors pays
développement à faible revenu et un groupe « reste du monde ». Dans chaque émergents du G20 fléchit d’environ 0,15 %, une moitié de
scénario, l’effet sur le PIB exclut les pays où le choc se produit. CVM = chaînes
de valeur mondiales ; PE = pays émergents.
cette baisse étant attribuable à la Chine, suivie de l’Inde, de
la Russie et du Mexique ( 4.10, plage 1, barre de gauche).
Ce résultat est cohérent avec le rôle de la Chine en tant que
un mécanisme mis en évidence par Autor, Dorn et puissance de l’industrie manufacturière et avec la dépen-
Hanson (2013) pour le cas de la Chine et des États-Unis. dance des pays avancés aux produits manufacturés chinois
Bien que ces deux canaux ne puissent pas être distingués (voir Baldwin, Freeman et Theodorakopoulos (2023) à
l’un de l’autre, les résultats laissent apparaître que, pour des propos de « l’exposition masquée » des États-Unis aux
chocs trouvant leur origine en Indonésie et en Türkiye, le fournisseurs chinois), qui peuvent rendre un découplage
circuit de l’approvisionnement meilleur marché pourrait avec la Chine particulièrement préjudiciable (Felbermayr,
prédominer (graphique 4.9, plage 2). Pour les chocs trou- Mahlkow et Sandkamp, 2023). Pour mieux situer ces
vant leur origine dans les plus grands pays émergents du répercussions des pays émergents du G20 sur les échanges
G20 (Chine, Inde, Mexique), le canal de la concurrence commerciaux, les mêmes chocs ont été appliqués à la
semble dominer, car les répercussions se révèlent négatives productivité des États-Unis. Il en ressort que les incidences
pour les entreprises qui dépendent davantage des intrants
de ces pays émergents, dont la croissance du chiffre d’af- 11Les trois scénarios envisagent des chocs négatifs sur la productivité :
faires ralentit d’environ 0,1 point de pourcentage de plus des réactions négatives traduisent une complémentarité, alors que des réac-
tions positives traduisent une concurrence. Le modèle utilisé étant statique,
que celle des entreprises de secteurs moins exposés. Dans il ne tient pas compte de la dynamique, et les résultats doivent donc être
le cas de répercussions spécifiques de la Chine, l’initiative considérés comme des comparaisons entre deux états stationnaires.
mondiales hors États-Unis équivalent à un tiers de celles La décomposition de l’impact mondial en fonc-
des pays émergents du G20, soit un impact légèrement tion des pays et des régions laisse apparaître une dimi-
inférieur à celui d’un choc survenant uniquement en nution généralisée, mais différenciée, de la production
Chine12. (graphique 4.10, plage 2). Les pays asiatiques sont forte-
Un calibrage du modèle de référence utilisant les ment touchés, les chocs sur la PGF en Chine ayant une
données d’entrées et sorties de 2000 laisse apparaître incidence dominante, même si l’Inde joue également
qu’en 2018, les répercussions étaient devenues près de un rôle important. La région « reste du monde », qui
trois fois supérieures au niveau qu’elles affichaient deux comprend la plupart des pays en développement à faible
décennies auparavant, ce qui confirme que les pays émer- revenu et représente environ 10 % du PIB mondial, est
gents du G20 ont gagné en importance à mesure que encore plus touchée. L’Inde joue un rôle plus important
leur part dans les échanges commerciaux mondiaux a pour cette région que pour les autres, en raison principa-
augmenté (graphique 4.10, plage 1, barre du milieu). lement de chocs sur les produits issus de la cokéfaction
Les répercussions des États-Unis sont en revanche et du raffinage du pétrole, et sur les métaux de base, ce
restées globalement similaires au fil du temps, et elles qui s’explique par la forte demande de ces secteurs pour
ont même légèrement diminué (voir les carrés dans le des exportations de produits de base en provenance de
graphique 4.10, plage 1). Il convient de noter que les pays de la région « reste du monde ». À l’exception de
répercussions issues du modèle sont inférieures aux réper- celles de la Chine, les répercussions d’autres pays émer-
cussions à plus court terme qui ont été répertoriées plus gents du G20 ont tendance à se propager principalement
avant pour des chocs sur l’offre et la demande, ce qui à l’échelle régionale, ce qui confirme les résultats obte-
tient au fait que le modèle se concentre sur le long terme nus concernant les répercussions globales à court terme.
et sur le canal des échanges commerciaux13. Si l’on effectue une comparaison entre régions, les pays
Dans le deuxième scénario, où les chocs sur la PGF européens ont tendance à être les plus isolés, la Russie
touchent uniquement les secteurs fortement intégrés occupant une place prépondérante dans les répercus-
aux CVM dans les pays émergents du G20, les effets sions qui les touchent. Pour l’Amérique, les chocs surve-
sur le PIB mondial hors pays émergents du G20 équi- nant en Chine contribuent le plus aux répercussions,
valent environ à deux tiers de ceux du scénario de réfé- mais ceux trouvant leur origine au Mexique ont égale-
rence, malgré un impact intérieur sur les pays émergents ment un poids, en particulier en Amérique centrale et en
du G20 qui ne représente qu’un tiers de celui du premier Amérique du Nord.
scénario (graphique 4.10, plage 1, barre de droite). Le modèle multisectoriel appliqué aux échanges
L’application du même choc aux secteurs fortement inté- commerciaux peut là encore être exploité pour évaluer
grés à la CVM aux États-Unis génère des répercussions l’impact de chocs dans des pays émergents du G20 sur
encore moins importantes, par rapport à celles des chocs les secteurs d’autres pays. Cette analyse doit être bien
dans les pays émergents du G20, que dans le scénario comprise par les décideurs, car les répercussions néga-
de référence, ce qui confirme que la transmission par tives globales masquent de vastes redistributions entre les
les CVM est particulièrement pertinente pour les chocs secteurs et les pays :
trouvant leur origine dans ces grands pays émergents. • Dans le scénario de référence, la plupart des secteurs
se contractent (l’agriculture, les industries extractives,
les services collectifs, le commerce et les services, en
12En prenant en compte les incidences intérieures du choc et ses particulier en Asie) sous l’effet du ralentissement des
répercussions sur d’autres pays émergents du G20, la diminution du échanges commerciaux ( 4.11, plage 1). En revanche,
PIB mondial est de 4 %, dont 3,4 % sont attribuables aux répercus- la plupart des secteurs manufacturiers enregistrent une
sions (y compris celles sur les autres pays émergents du G20). À titre de
comparaison, le choc aux États-Unis entraîne une baisse de 1,4 % du
contraction moins marquée que les autres (les produits
PIB mondial, dont 3,8 % sont attribuables aux répercussions. du bois et les produits minéraux non métalliques, par
13Voir l’annexe 4.4 en ligne pour plus de détails sur la calibration
exemple), certains connaissant même une expansion
du modèle. À court terme, les producteurs et les consommateurs sont
(le textile, les métaux de base et les équipements élec-
moins en mesure de trouver des substituts pour compenser la baisse de
la production dans les pays émergents du G20, ce qui explique que les triques, par exemple). C’est ainsi qu’en dépit d’un
répercussions sur la production globale soient plus élevées. Cela peut être impact global négatif, on constate une redistribution
mis en évidence qualitativement en supposant une élasticité inférieure des de l’activité entre secteurs.
échanges commerciaux : en divisant par deux (de quatre à deux) l’élas-
ticité des échanges commerciaux, l’impact sur le PIB mondial hors pays • Le degré de redistribution est amplifié dans le
émergents du G20 des mêmes chocs sur la PGF est multiplié par deux. deuxième scénario, dans lequel le choc négatif sur
0,5 1. Chocs dans les pays émergents du G20, tous les secteurs 0,8
0,4 Produits
Produits de base, Textiles Matériels électriques 0,6
0,3 métallurgiques
dont activités de base Autres activités de fabrication 0,4
0,2 extractives
0,1 0,2
0,0 0,0
–0,1 –0,2
–0,2
Produits du bois –0,4
–0,3
Produits minéraux –0,6
–0,4 Agriculture et pêche non métalliques Transport maritime et aérien
–0,5 –0,8
Produits Serv. coll. Commerce
Activités de fabrication Services
de base et constr. et transport
0,5 2. Chocs dans les pays émergents du G20, secteurs CVM 0,8
0,4 Produits du bois Autres activités de fabrication 0,6
0,3 Textiles
0,4
0,2
0,1 0,2
0,0 0,0
–0,1 –0,2
Métaux, équipements
–0,2 électroniques et électriques
Prod. alimentaires, –0,4
–0,3 boissons et tabac
–0,4 Agriculture et pêche –0,6
Produits minéraux non métalliques
–0,5 –0,8
Produits Serv. coll. Commerce
Activités de fabrication Services
de base et constr. et transport
Sources : Bonadio et al., 2021, 2023 ; Huo, Levchenko et Pandalai-Nayar (à paraître) ; Organisation de coopération et de développement économiques, tableaux
internationaux des entrées–sorties ; calculs des services du FMI.
Note : L’échantillon contient 36 pays avancés, 26 pays émergents, 4 pays en développement à faible revenu et un groupe « reste du monde ». Les pays en
développement englobent le groupe reste du monde. Les barres dénotent la variation de la valeur ajoutée sectorielle mondiale en dehors des pays où le choc se produit
dans chaque scénario. Voir le graphique 4.1 pour la liste des PE du G20. CVM = chaînes de valeur mondiale ; PE = pays émergents ; prod. alimentaires = produits
alimentaires ; serv. coll. et constr. = services collectifs et construction.
l’offre est concentré sur les secteurs fortement inté- maritimes se contractent également, ce qui cadre avec
grés aux CVM. En effet, l’écart-type des variations de cette hypothèse. Parallèlement, la production de textiles
la valeur ajoutée par secteur à l’échelle mondiale hors connaît une expansion considérable, de même que celle
pays émergents du G20 augmente de près d’un tiers, d’équipements électriques, ce qui suggère la propaga-
le nombre de secteurs en expansion passant de 5 à 15. tion de liens intérieurs descendants en Chine à d’autres
Dans ce scénario, la plupart des secteurs manufac- pays sous l’effet de prix plus élevés dans des secteurs
turiers sont en expansion (le textile, la métallurgie et en aval où la Chine est un acteur important des CVM
l’électronique, par exemple), car les entreprises inté- (graphique 4.11, plage 3)15.
rieures tirent parti de la diminution de l’offre issue
d’entreprises concurrentes dans les pays émergents du Répercussions sur l’emploi sectoriel
G20 (graphique 4.11, plage 2). Cela cadre avec les Les répercussions sur l’activité sectorielle de chocs
répercussions négatives en aval mises en lumière dans sur la productivité survenant dans des pays émergents
l’analyse au niveau des entreprises14. du G20 ont inévitablement des implications pour l’em-
ploi sectoriel. Contrairement aux sous-sections précé-
Dans le deuxième scénario, la baisse de la production dentes, qui examinaient des scénarios négatifs spécifiques,
de produits de base ainsi que l’expansion de la produc- cette sous-section se penche sur des répercussions de
tion de textiles sont entraînées par les pays émergents et chocs sectoriels positifs sur la PGF dans des paires pays
les pays en développement, ce qui est cohérent avec leur du G20–secteur. Lorsque l’activité sectorielle connaît
rôle dans les exportations de produits de base et avec les une évolution positive en réponse au choc positif dans
constatations du chapitre 3 des PEM d’octobre 2023. une paire pays–secteur donnée, l’emploi va également
À l’inverse, l’expansion des secteurs manufacturiers et le augmenter, alors qu’il va baisser dans les secteurs où l’ac-
déclin des services sont concentrés dans les pays avancés, tivité connaît une évolution négative. En allant plus loin,
ce qui s’explique par leur niveau technologique supérieur il est possible de répertorier les paires pays–secteur au sein
et par leur plus grande part dans l’économie mondiale du G20 dans lesquelles des chocs positifs sur la producti-
(graphique 4.11, plage 2). La corrélation entre la varia- vité ont les plus fortes répercussions positives (« complé-
tion de la valeur ajoutée sectorielle et la variation des prix mentarité ») ou négatives (« concurrence ») en matière
met en évidence le rôle que joue le signal donné par les d’emploi sur d’autres paires pays–secteur dans le G20
prix sur la redistribution sectorielle. (tableau 4.1)16.
Établi sur la base de la faiblesse prolongée du secteur Dans l’ensemble, les chocs positifs sur la producti-
immobilier chinois (FMI, 2024), le dernier scénario se vité sectorielle dans les pays du G20 ont tendance à faire
concentre sur la propagation d’un choc négatif sur la augmenter l’emploi dans d’autres secteurs étrangers le
productivité de 2,5 % dans le secteur de la construc- long de la CVM tout en déplaçant des emplois dans les
tion en Chine, qui génère une contraction de 6 % de la mêmes secteurs à l’étranger.
valeur ajoutée de ce secteur et une contraction de 0,5 %
dans d’autres secteurs de l’économie chinoise. À l’échelle
15D’autres scénarios donnent lieu à des résultats sensiblement diffé-
mondiale, cela entraîne les plus fortes baisses de la
rents. Par exemple, un choc positif sur le secteur des technologies de
valeur ajoutée sectorielle dans la production de matières l’information en Inde, exposé dans l’annexe 4.4 en ligne, provoque une
premières nécessaires à la production d’énergie, en parti- variation beaucoup moins importante des réactions sectorielles. Cette
culier dans les industries extractives, ce qui suggère une variation est entraînée par une forte contraction du secteur des tech-
nologies de l’information en dehors de l’Inde, qui s’explique par une
propagation ascendante aux intrants destinés au secteur
concurrence accrue, alors que tous les autres secteurs sont en expansion.
de la construction chinois. Les transports aériens et 16Cette sous-section combine le modèle appliqué aux échanges
commerciaux avec les données sur l’emploi pour 19 pays (tous les pays
14Mano (2016) applique un cadre de modélisation similaire à la du G20 à l’exception de l’Australie), quatre agrégats régionaux (Asie et
Chine, dans lequel le rééquilibrage depuis l’investissement en faveur de la Pacifique, Europe, Moyen-Orient et Asie centrale, et hémisphère occi-
consommation ainsi que le déplacement le long de la chaîne de la valeur dental) et un agrégat « reste du monde ». Des précisions concernant
peuvent avoir d’importantes répercussions et générer de considérables l’établissement du tableau 4.1 figurent dans l’annexe 4.4 en ligne. Les
redistributions sectorielles. Il convient toutefois de noter que les résultats résultats du même exercice utilisant des données de 2000 sont réperto-
dépendent du degré de substituabilité et de complémentarité impliqué riés. Ils mettent en lumière le rôle moins important des chocs des pays
par la calibration du modèle. De fait, en divisant l’élasticité des échanges émergents du G20 à l’époque, ce qui cadre avec l’accroissement du
commerciaux par deux (de quatre à deux), l’expansion à court terme de la poids de ces derniers dans les échanges commerciaux mondiaux par la
valeur ajoutée sectorielle est bien inférieure, aussi bien le long de la marge suite. Les résultats sont davantage concentrés sur le secteur des produits
intensive que le long de la marge extensive. L’annexe 4.4 en ligne examine de base, ce qui est cohérent avec le mouvement ascendant des pays
la sensibilité des résultats à différents paramètres. émergents du G20 dans les chaînes de valeur par la suite.
Tableau 4.1. Secteurs enregistrant les répercussions sur l’emploi les plus importantes dans les pays du G20
Pays avancés Pays émergents
Nombre de secteurs Nombre de secteurs
Groupe destinataires Groupe destinataires
source Secteur source touchés source Secteur source touchés
1. Complémentarité
PA Activités financières et d’assurances 6 PE Ordinateurs, appareils électroniques 12
et instruments d’optique
PE Ordinateurs, appareils électroniques 6 PE Textiles, articles d’habillement, cuir 2
et instruments d’optique et chaussures
PA Véhicules automobiles, remorques 5 PE Extraction de matières premières 2
et semi-remorques énergétiques
PA Activités professionnelles, 4 PE Produits métallurgiques de base 2
scientifiques et techniques
PE Textiles, articles d’habillement, cuir 3 PE Machines et équipements 2
et chaussures
PA Commerce de gros et de détail 2 PA Cokéfaction et fabrication de 2
produits pétroliers raffinés
PE Produits métallurgiques de base 1 PE Cokéfaction et fabrication de 2
produits pétroliers raffinés
PE Véhicules automobiles, remorques 1
et semi-remorques
PE Commerce de gros et de détail 1
PA Ordinateurs, appareils électroniques 1
et instruments d’optique
PA Éducation 1
PA Commerce de gros et de détail 1
PA Produits métallurgiques de base 1
2. Concurrence
PA Commerce de gros et de détail 12 PA Commerce de gros et de détail 7
PA Activités professionnelles, 3 PE Textiles, articles d’habillement, cuir 6
scientifiques et techniques et chaussures
PE Commerce de gros et de détail 3 PE Agriculture, chasse, sylviculture 5
PE Machines et équipements 2 PE Commerce de gros et de détail 3
PA Activités de services administratifs 2 PA Agriculture, chasse, sylviculture 2
et de soutien
PA Activités d’hébergement et de 1 PE Produits alimentaires, boissons et 2
restauration tabac
PE Textiles, articles d’habillement, cuir 1 PE Extraction de matières premières 2
et chaussures énergétiques
PE Ordinateurs, appareils électroniques 1 PA Véhicules automobiles, remorques 1
et instruments d’optique et semi-remorques
PE Éducation 1 PE Ordinateurs, appareils électroniques 1
et instruments d’optique
PE Activités d’hébergement et de 1 PA Extraction de matières premières 1
restauration énergétiques
Sources : Bonadio et al., 2021, 2023 ; Huo, Levchenko et Pandalai-Nayar (à paraître) ; Organisation de coopération et de développement écono-
miques (OCDE), tableaux internationaux des entrées–sorties ; OCDE, base de données Contenu en emploi des échanges ; calculs des services du FMI.
Note : L’échantillon englobe les pays du G20 (à l’exception de l’Australie) ; des agrégats régionaux pour les régions Asie et Pacifique, Moyen-Orient et
Asie centrale, Europe et hémisphère occidental ; et un agrégat « reste du monde ». Les calculs reposent sur la contribution à l’emploi total de la réaction
de chaque paire pays–secteur à tous les possibles chocs positifs sur la productivité provenant de la paire source–secteur. Les secteurs sources entraî-
nant les trois plus fortes réponses sectorielles par pays dans lequel l’emploi évolue de façon positive parallèlement à la paire pays–secteur dans laquelle
le choc trouve son origine sont répertoriés dans la plage 1 « Complémentarité ». Les évolutions négatives des paires pays–secteur figurent dans la
plage 2 « Concurrence ». La somme des entrées dans les deux colonnes « Nombre de secteurs destinataires touchés » de chaque plage est donc égale à
57 = 19 pays × 3 secteurs. PA = pays avancé ; PE = pays émergent.
Les secteurs manufacturiers dans les pays émergents du Les autres pays émergents du G20
G20, la Chine en particulier, restent une source impor- peuvent-ils soutenir la croissance mondiale ?
tante de répercussions mutuelles positives, alors que
Cette dernière section du chapitre utilise les
les répercussions positives des pays avancés sur les pays
simulations du modèle monétaire et budgétaire
émergents dans ces secteurs sont moins généralisées. Pour
mondial (GIMF) du FMI pour étudier dans quelle
les pays avancés, les plus fortes répercussions positives
mesure les répercussions des pays émergents du G20
sur l’emploi entraînées par des pays émergents du G20
(hors Chine) pourraient soutenir la croissance mondiale
(principalement la Chine) ont tendance à provenir des
et régionale18. Pour étudier la possibilité d’un scénario
secteurs des ordinateurs, des appareils électroniques et
favorable dans les pays émergents du G20 en utilisant ce
des instruments d’optique, et des textiles. En dehors de
modèle, une série de chocs positifs à court terme sur la
ces secteurs, les pays émergents voient également davan-
demande et l’offre globales à cinq ans (sur la consomma-
tage de possibilités d’emploi se concrétiser à la suite de
tion des ménages et l’investissement privé) est construite
chocs positifs dans les secteurs de l’industrie métallur-
pour chacun des pays émergents du G20 à l’exception
gique, des machines et des matières premières énergé-
de la Chine. L’ampleur des chocs est calibrée pour abou-
tiques dans les pays émergents du G20 (essentiellement
tir à une amélioration plausible du scénario de référence
la Chine et l’Arabie saoudite). En revanche, les répercus-
des PEM : plus précisément, une probabilité de 30 % de
sions positives sur l’emploi entre pays avancés sont entraî-
voir la croissance de chacun des pays émergents du G20
nées par des chocs dans les services — services financiers
simultanément supérieure à celle de ce scénario19.
et assurances, et activités professionnelles, scientifiques et
Ces chocs positifs font augmenter la croissance globale
techniques (chocs en provenance des États-Unis) — et
du PIB des autres pays émergents du G20 de 0,7 point
l’industrie manufacturière, comme l’industrie automobile
de pourcentage sur l’horizon des projections des PEM,
(chocs en provenance de l’Allemagne et des États-Unis).
même si l’on note une forte hétérogénéité entre eux. La
S’agissant des répercussions négatives sur l’emploi, on
croissance mondiale accélère aussi d’un demi-point de
constate que les services et l’industrie manufacturière à
pourcentage. Environ 85 % de cette augmentation s’ex-
contenu technologique supérieur dans les pays avancés
plique par l’ampleur des chocs, les 15 % restants étant
sont les secteurs les plus négativement exposés à des chocs
dus aux répercussions des autres pays émergents du G20
positifs survenant dans les secteurs des pays émergents
les uns sur les autres, sur la Chine et sur les pays avancés
du G20, alors que l’agriculture et l’industrie manufactu-
( 4.12, plage 1).
rière à faible contenu technologique font face au risque
Les répercussions sur la croissance sont supérieures à
le plus élevé de pertes d’emplois dans les pays émer-
0,1 point de pourcentage au cours des premières années
gents. Dans les deux cas, la Chine est la principale source
en Chine (graphique 4.12, plage 2), alors que, dans les
de répercussions. Des chocs positifs survenant dans les
pays avancés, elles sont inférieures à 0,1 point de pourcen-
secteurs des services des pays avancés sont des sources de
tage par an et représentent deux tiers de l’ampleur de l’im-
répercussions négatives pour les deux catégories de pays
pact sur la croissance en Chine (graphique 4.12, plage 3).
(chocs sur le commerce de gros et de détail en France,
Pour les pays avancés, les répercussions proviennent
en Allemagne et aux États-Unis) et pour les pays avan-
cés (chocs sur les activités professionnelles, scientifiques 18Ce scénario est modélisé en utilisant une nouvelle version du
et techniques aux États-Unis)17. Concernant les réper- modèle GIMF enrichie d’une représentation globale des CVM. Le
cussions des pays émergents du G20, les secteurs qui modèle GIMF est similaire à la plupart des modèles dynamiques
génèrent les plus fortes répercussions négatives sur l’em- d’équilibre général stochastique macro-orientés en ce sens que les élasti-
cités types des échanges commerciaux impliquent un ajustement facile
ploi dans les pays avancés sont le commerce de gros et de des taux de change réels, même à long terme, ce qui limite le mouve-
détail, et les machines et équipements (chocs en Chine), ment des répercussions par l’intermédiaire des canaux des échanges
tandis que les secteurs les plus influents pour les pays commerciaux. Cette version du modèle GIMF avec les CVM prévoit
une production en boucle dans le secteur des CVM, ce qui amplifie les
émergents sont l’industrie du textile (chocs en Chine) et
incidences des chocs sur les flux d’échanges commerciaux intervenant
l’agriculture (chocs au Brésil, en Chine et en Russie). dans les CVM. Pour plus de précisions sur le modèle et ce scénario, voir
l’annexe 4.5 en ligne.
17Le commerce de gros et de détail (Classification internationale 19L’ampleur du choc est définie en fonction de la distribution
type, par industrie de toutes les branches d’activité économique, révi- de la croissance de chaque pays émergent, selon les intervalles de
sion 4, code G) englobe les activités d’importation et d’exportation. La confiance des pays du G20, comme décrit dans le chapitre 1 des PEM
prépondérance du commerce de gros et de détail parmi les secteurs les d’avril 2023 (encadré 1.3). Pour connaître les spécificités de la métho-
plus touchés s’explique en partie par la part importante de ce secteur dologie et du modèle qui y est associé, le modèle G20 du FMI, voir
dans l’emploi total (15 % en moyenne). Andrle et Hunt (2020), et Andrle et al. (2015).
Graphique 4.12. Quel est l’impact mondial d’un scénario de l’activité entre les secteurs et les pays. À l’avenir, l’ac-
favorable dans les pays émergents du G20 sur le PIB réel ? centuation de la fragmentation géoéconomique, en
(Écarts en pourcentage par rapport au scénario de référence) remodelant les flux des échanges commerciaux et des
Scénario favorable Répercussions des autres PE investissements selon des clivages géopolitiques (voir l’en-
du G20 uniquement cadré 1.1, et Gopinath et al., 2024), pourrait réduire
0,9 1. Impact mondial 2. Impact sur la Chine 0,9 la diversification entre pays et exacerber la volatilité
0,8 0,8 macroéconomique. En outre, le renforcement des liens
0,7 0,7
commerciaux et financiers au sein des blocs pourrait
0,6 0,6
0,5 0,5 amplifier les répercussions régionales de certains pays
0,4 0,4 émergents du G20 (Chine, Russie), tandis que la vola-
0,3 0,3 tilité des prix de produits de base essentiels pourrait
0,2 0,2 augmenter (voir le chapitre 3 des PEM d’octobre 2023).
0,1 0,1
0,0 0,0
L’importance croissante des répercussions des chocs
–0,1 –0,1 intérieurs dans les pays émergents du G20 a des consé-
2023 24 25 26 27 28 2023 24 25 26 27 28 quences pour 1) la mise au point de politiques macro-
3. Impact sur les PA 4. Impact sur les autres PEPD économiques intérieures avisées visant à constituer des
0,9 0,9
0,8 0,8 amortisseurs à moyen terme afin de se préserver des
0,7 0,7 répercussions négatives (pour les pays avancés, ainsi que
0,6 0,6 pour les pays émergents et les pays en développement) et
0,5 0,5 à gérer les chocs intérieurs (pour les pays émergents du
0,4 0,4
G20) ; et 2) la coopération multilatérale et la coopération
0,3 0,3
0,2 0,2 des politiques publiques.
0,1 0,1 En cette période où ils s’emploient toujours à maîtri-
0,0 0,0 ser la trajectoire descendante de l’inflation sans porter
–0,1 –0,1 atteinte à la croissance, les décideurs des pays avan-
2023 24 25 26 27 28 2023 24 25 26 27 28
cés doivent être attentifs aux répercussions en prove-
Source : calculs des services du FMI. nance des pays émergents du G20, en particulier celles
Note : Voir le graphique 4.1 pour la liste des PE du G20. PA = pays avancés ;
PE = pays émergents ; PEPD = pays émergents et pays en développement.
provoquées par des chocs du côté de l’offre. Pour les pays
émergents et les pays en développement, les répercussions
pourraient être encore plus importantes, ce qui compro-
principalement des pays exportateurs d’énergie et du mettrait la croissance et la convergence des revenus. La
Mexique, en raison de ses liens étroits avec les États-Unis. nécessité de constituer des amortisseurs pour mieux
Enfin, les répercussions entre pays émergents sont plus absorber les chocs négatifs pose des défis pressants aux
importantes et représentent 13 % de leur regain de crois- pouvoirs publics dans un contexte toujours caractérisé
sance (graphique 4.12, plage 4). Par exemple, des chocs par les séquelles de la pandémie et les chocs qui ont suivi
à la hausse en Inde jouent un rôle prépondérant par l’in- ainsi que par des espaces budgétaires limités, en parti-
termédiaire des CVM et sont une source de demande culier dans les pays pauvres. Les pays émergents du G20,
supplémentaire. dont les répercussions mondiales et régionales vont crois-
sant (au point d’être comparables à celles des pays avan-
cés), doivent continuer à étoffer leurs cadres monétaires,
Conclusions et conséquences budgétaires et financiers, tout en évaluant leur impact sur
pour la politique économique d’autres pays. En fonction des spécificités des pays, les
Le renforcement de l’intégration mondiale, notam- priorités pourraient consister à renforcer la situation des
ment par l’intermédiaire des échanges commerciaux et finances publiques pour constituer des amortisseurs, à
des CVM, implique que des chocs intérieurs dans les réduire les déficits courants afin de réduire au maximum
pays émergents du G20 peuvent entraîner des répercus- les vulnérabilités extérieures ou à atténuer les vulnérabili-
sions plus importantes sur l’économie mondiale (dont tés des bilans afin de veiller à la stabilité financière.
l’ampleur peut désormais être comparable à celle des À la lumière de la redistribution de l’activité entre les
répercussions de pays avancés dans certains cas), et créer entreprises et les secteurs à la suite de chocs dans les pays
ou supprimer des emplois sous l’effet de la redistribution émergents du G20, les décideurs devraient mener des
politiques publiques destinées à tirer parti de nouvelles bien-être. En revanche, les secteurs et les entreprises
possibilités et à atténuer les effets sur les secteurs et les frappés par des répercussions négatives pourraient être
entreprises présentant une plus grande exposition aux aidés au moyen de politiques inclusives, y compris des
répercussions négatives. appuis budgétaires ciblés, afin de permettre une réaf-
• Compte tenu des bienfaits que pourraient engen- fectation efficace de la main-d’œuvre entre les secteurs,
drer les répercussions transfrontalières dans certains des mises à niveau des compétences, une adaptation à
secteurs, les décideurs devraient s’attacher en priorité à la concurrence accrue des pays émergents et une atté-
concevoir un train de réformes structurelles bien cali- nuation des conséquences néfastes de ces répercus-
bré pour soutenir la croissance, même lorsque l’espace sions sur le plan de la distribution (voir le chapitre 2
budgétaire est limité. Ces réformes pourraient porter des PEM d’octobre 2019). D’autres réformes struc-
sur la gouvernance, le secteur extérieur, les marchés turelles, telles que la promotion de la concurrence
du travail et la réglementation des entreprises, entre afin d’empêcher une domination excessive de certains
autres. L’action des pouvoirs publics devrait cibler les acteurs du marché ou l’amélioration de l’accès au
secteurs auxquels cette redistribution devrait être la crédit des entreprises viables, favoriseraient également
plus bénéfique. Dans ce contexte, les politiques indus- la redistribution.
trielles, notamment les subventions à grande échelle
ou les restrictions aux exportations, ne devraient être La montée en puissance continue des pays émergents
utilisées qu’en cas de défaillances de marchés ou d’ex- du G20 souligne également qu’une coopération multila-
ternalités de grande ampleur, car elles présentent le térale et une coordination des politiques internationales
risque d’accentuer la fragmentation sous l’effet de efficaces sont indispensables pour gérer les répercussions
répercussions transfrontalières négatives. et réduire au maximum les risques de fragmentation. Le
• Les mesures protectionnistes visant à isoler les secteurs renforcement du dispositif mondial de sécurité financière
intérieurs de la concurrence étrangère sont à éviter, devrait permettre de remédier rapidement et efficacement
car elles risquent de susciter une riposte chez les parte- aux préjudices causés par des répercussions transfronta-
naires commerciaux et de provoquer des pertes en lières négatives.
Encadré 4.1. Politiques industrielles dans les pays émergents : hier et aujourd’hui
Cet encadré est consacré aux effets des subventions inté- Graphique 4.1.1. L’augmentation
rieures sur les flux des échanges commerciaux à destination des subventions intérieures
et en provenance des pays émergents du G20. Les pouvoirs et leur effet sur les exportations
publics ont de plus en plus recours à des politiques indus-
trielles pour atteindre des objectifs économiques et non 7 000 1. Subventions intérieures en vigueur
économiques, si bien que le nombre de subventions a plus 6 000 dans les pays du G20
(Nombre de subventions)
que triplé au cours de la dernière décennie. D’après la base 5 000
de données de Global Trade Alert, qui répertorie les chan- 4 000 PA du G20
gements de politiques publiques susceptibles d’avoir un PE du G20
3 000
effet discriminatoire sur les entreprises étrangères, près 2 000
de 6 000 mesures prévoyant des subventions intérieures 1 000
étaient en vigueur dans les seuls pays émergents du G20
0
en 2022 (graphique 4.1.1, plage 1). 2009 11 13 15 17 19 21 22
Les subventions peuvent affecter les tendances des 0,6 2. Effets des subventions intérieures
échanges commerciaux en influant sur la productivité au 0,5 sur les exportations
niveau des entreprises et en créant un avantage compa- (Échelle logarithmique)
0,4
ratif au niveau des secteurs (par exemple en favorisant 0,3
la recherche et le développement dans des entreprises 0,2
et des secteurs donnés, comme l’explique le chapitre 2 0,1
du Moniteur des finances publiques d’avril 2024). Le 0,0
graphique 4.1.1 (plages 2 et 3) montre les effets des –0,1
subventions intérieures sur les exportations de biens en –0,2
–12 –9 –6 –3 0 3 6 9 12
utilisant un modèle des doubles différences qui compare Années par rapport à l’application des subventions
les produits subventionnés et non subventionnés avant et
12 3. Effets des subventions intérieures
après l’instauration d’une subvention. sur la probabilité d’exportations
10
Au niveau de la marge intensive, les exportations de (En points de pourcentage)
produits subventionnés augmentent plus rapidement au 8
cours des huit années suivant l’instauration de la mesure, 6
au bout desquelles les exportations de ces produits varient 4
environ 10 % plus que celles d’autres produits. Au 2
niveau de la marge extensive, les subventions intérieures 0
augmentent de 3 points de pourcentage la probabilité –2
–12 –9 –6 –3 0 3 6 9 12
d’exportation d’un produit par rapport à celle d’autres
Années par rapport à l’application des subventions
produits. Bien qu’une analyse similaire appliquée aux
importations ne laisse pas apparaître d’effets sensibles, l’ef- Sources : base de données Global Trade Alert ; Rotunno et
fet positif des subventions sur les échanges commerciaux Ruta, 2024 ; calculs des services du FMI.
Note : Dans la plage 1, les subventions sont définies comme
est confirmé par un modèle de gravité, qui montre que les des mesures des pouvoirs publics qui prennent la forme d’un
subventions font augmenter les échanges commerciaux transfert financier et qui créent un avantage pour les
internationaux par rapport aux ventes intérieures. bénéficiaires. Les données excluent les mesures classées en
tant que subventions à l’exportation et ne tiennent compte
Ces résultats montrent dans quelle mesure les subven- que des mesures dont on considère qu’elles créent une
tions intérieures dans des pays émergents du G20 distorsion (un effet discriminatoire contre les intérêts
peuvent modifier les tendances en matière d’avantage étrangers). Dans les plages 2 et 3, l’échantillon comprend les
PE du G20. Le graphique représente les estimations et les
comparatif, et influer de ce fait sur la dynamique des intervalles de confiance à 90 % sur la valeur indicative de la
exportations. Ces mesures pouvant avoir de fortes réper- subvention mis en relation avec les périodes avant et après le
cussions sur les échanges commerciaux, la coopération traitement. La spécification comprend des valeurs indicatives
pour d’autres mesures, des effets fixes pays–produit, des
internationale s’impose pour atténuer le risque d’une tendances temporelles linéaires pays–produit, des effets
guerre des subventions voyant les pays se répondre du tac fixes produit–année et pays–catégories ISIC à deux
au tac (Evenett et al., 2024). chiffres–année. Voir le graphique 4.1 pour la liste des PE du
G20. PA = pays avancés ; PE = pays émergents.
Encadré 4.2. Les flux de capitaux vers les pays émergents du G20 et l’énigme de l’allocation
Cet encadré porte sur les déterminants qui influent Graphique 4.2.1. Flux de capitaux
sur le volume et la distribution des flux nets de capi- vers les pays émergents :
taux vers les pays émergents. Le paradoxe de Lucas se l’énigme de l’allocation revisitée
rapporte à l’observation d’après laquelle les capitaux ne PE du G20 Autres pays
transitent pas des pays développés riches en capitaux
1. Total des flux nets de capitaux
vers les pays en développement en manque de capitaux 30 (En pourcentage du PIB,
dans les proportions projetées par le modèle de crois- moyenne 1980–2019)
données annuelles de la période comprise entre 1990 et 2022 sont les plus fortes pour les membres de l’Union doua-
recueillies dans 71 pays, y compris la plupart des pays d’Afrique
subsaharienne. Les pays sont liés dans le modèle par le biais d’une
nière d’Afrique australe (Botswana, Eswatini, Lesotho,
matrice des pondérations des échanges commerciaux bilatéraux Namibie) : jusqu’à 0,3 point de pourcentage en moyenne.
basée sur les moyennes de 2017–19. Elles sont aussi supérieures aux répercussions de la Chine.
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Africa’s Economic Engagements.” IMF Working Paper 24/37, Empirical Investigation.” Journal of International Economics,
International Monetary Fund, Washington, DC. [Link] 108: S2–S14. [Link]
.imf.org/en/Publications/WP/Issues/2024/02/23/Navigating Fernández, Andrés, Stephanie Schmitt-Grohé, and Martin Uribe.
-the-Evolving-Landscape-between-China-and-Africas 2023. “How Important Is the Commodity Supercycle?”
-Economic-Engagements-545104. In Credibility of Emerging Markets, Foreign Investors’ Risk
L
’appendice statistique présente des données taux moyens de conversion suivants : 1,329 et 1,331
rétrospectives et des projections. Il comprend pour le taux dollar/DTS, 1,078 et 1,073 pour le taux
les sections suivantes : hypothèses ; modifi- dollar/euro1, et 148,5 et 146,4 pour le taux yen/dollar.
cations récentes ; données et conventions ; Le prix du baril de pétrole sera en moyenne de
notes sur les pays ; classification des pays ; caractéris- 78,61 dollars en 2024 et de 73,68 dollars en 2025.
tiques générales et composition des différents groupes de Les politiques nationales menées à l’heure actuelle
pays dans la classification des Perspectives de l’économie ne changeront pas. Les hypothèses plus spécifiques sur
mondiale (PEM) ; principaux documents relatifs aux lesquelles sont fondées les projections relatives à un
données ; tableaux statistiques. échantillon de pays sont décrites dans l’encadré A1.
La première section résume les hypothèses sur S’agissant des taux d’intérêt, le rendement des obligations
lesquelles reposent les estimations et projections pour d’État à trois mois s’établira en moyenne à 5,2 % en 2024
2024–25. La deuxième rappelle brièvement les modifi- et à 4,1 % en 2025 pour les États-Unis, à 3,5 % en 2024
cations apportées à la base de données et aux tableaux de et à 2,6 % en 2025 pour la zone euro, et à 0,0 %
l’appendice statistique depuis l’édition d’octobre 2023 en 2024 et à 0,1 % en 2025 pour le Japon. En outre,
des PEM. La troisième donne une description générale le rendement des obligations d’État à 10 ans s’établira en
des données et des conventions utilisées pour calculer moyenne à 4,1 % en 2024 et à 3,7 % en 2025 pour les
les chiffres composites pour chaque groupe de pays. La États-Unis, à 2,5 % en 2024 et à 2,6 % en 2025 pour la
quatrième présente certaines informations importantes zone euro, et à 1,0 % en 2024 et à 1,1 % en 2025 pour
pour chaque pays. La cinquième résume la classification le Japon.
des pays par groupes types, et la sixième explique cette
classification de façon plus approfondie. La septième
donne des informations sur les méthodes d’établissement Modifications récentes
et les normes de déclaration des indicateurs de comptabi- • Les projections pour le secteur budgétaire de l’Équa-
lité nationale et de finances publiques des pays membres teur ne sont pas publiées pour la période 2024–29, en
qui sont inclus dans le rapport. raison d’entretiens en cours au titre de programmes.
La dernière et principale section regroupe les tableaux • Le Viet Nam a été retiré du groupe des pays en
statistiques. L’appendice statistique A est inclus dans la développement à faible revenu (PDFR) et ajouté
version papier ; l’appendice statistique B est disponible à celui des pays émergents et pays à revenu
en ligne à l’adresse [Link]/fr/Publications/WEO. intermédiaire (PE&PRI).
Les données de ces tableaux sont établies sur la base • Concernant la Cisjordanie et Gaza, les données pour
des informations disponibles au 1er avril 2024. Par 2022–23, précédemment écartées de la publication en
souci de commodité uniquement, les chiffres portant raison d’ajustements méthodologiques apportés aux
sur 2024–25 sont présentés avec le même degré de préci- séries statistiques, sont désormais publiées. Les projec-
sion que les chiffres rétrospectifs, mais, en tant que tions pour 2024–29 ne sont pas publiées, du fait d’un
projections, ils n’ont pas nécessairement le même degré degré d’incertitude exceptionnellement élevé.
d’exactitude.
1Les taux de conversion irrévocablement fixés entre l’euro et les
de pays utilise des versions du SCN antérieures à celle de 1993. On s’at- récapitulation des coefficients de pondération en parités de pouvoir
tend à une tendance similaire pour ce qui est de l’adoption du MBP6 d’achat révisés, ainsi que la « Révision des pondérations de parité de
et du MSFP 2014. Veuillez vous référer au tableau G, qui indique les pouvoir d’achat » dans la Mise à jour des PEM de juillet 2014, l’appen-
normes statistiques observées par chaque pays. dice 1.1 de l’édition d’avril 2008 des PEM, l’encadré A2 de l’édition
les données agrégées d’inflation au niveau mondial et Sauf indication contraire, les chiffres composites sont
parmi les pays avancés (et leurs sous-catégories), les taux calculés pour les groupes de pays s’ils représentent au
annuels sont de simples variations en pourcentage par moins 90 % des pondérations du groupe.
rapport aux années précédentes ; pour ce qui concerne Les données se rapportent aux années civiles, sauf pour
les données agrégées d’inflation des pays émergents et des un petit nombre de pays qui utilisent les exercices budgé-
pays en développement (et de leurs sous-catégories), les taires. Le tableau F indique les pays dont la période de
taux annuels reposent sur des différences logarithmiques. déclaration est différente pour les données relatives aux
Les chiffres composites pour le PIB réel par habi- comptes nationaux et aux finances publiques.
tant calculé selon les parités de pouvoir d’achat sont des Pour certains pays, les chiffres de 2023 et des années
sommes des données de chaque pays après conversion en antérieures reposent sur des estimations, et non sur des
dollar international pour les années indiquées. données effectives. Le tableau G donne pour chaque pays
Sauf indication contraire, les chiffres composites pour les dernières données effectives pour les comptes natio-
tous les secteurs de la zone euro sont corrigés de manière naux, les prix, les finances publiques et la balance des
à tenir compte des divergences dans la déclaration des paiements.
transactions qui s’effectuent à l’intérieur de la zone. Pour
les données annuelles sur le PIB, des données non ajus-
tées sont utilisées pour la zone euro et la majorité des Notes sur les pays
pays, à l’exception de Chypre, de l’Espagne, de l’Irlande Afghanistan : Les données pour 2021 et 2022 sont
et du Portugal, qui déclarent des données corrigées des fournies pour certains indicateurs, et les données budgé-
effets de calendrier. Pour les données antérieures à 1999, taires relèvent d’estimations. Les estimations et projec-
les agrégations des données se rapportent aux taux de tions pour 2023–29 sont omises en raison d’un degré
change de l’écu de 1995. d’incertitude inhabituellement élevé, étant donné que
Les chiffres composites pour les données budgétaires le FMI a suspendu ses activités auprès du pays en raison
sont les sommes des données nationales après conversion d’un manque de clarté au sein de la communauté inter-
en dollars aux taux de change moyens du marché pour nationale s’agissant de la reconnaissance du gouver-
les années indiquées. nement afghan. Les données figurant dans les PEM
Les taux composites du chômage et de l’emploi sont présentent une rupture structurelle pour l’année 2021, en
pondérés par la population active des pays, exprimée en raison du passage de l’année calendaire à l’année solaire ;
pourcentage de la population active du groupe considéré. le taux de croissance réel effectif du PIB pour l’année
Pour ce qui est des statistiques du secteur extérieur, les solaire 2021 est de –20,7 %.
chiffres composites représentent la somme des données Algérie : Le total des dépenses publiques et la capacité
pour chaque pays, après conversion en dollars aux cours nette/le besoin net de financement englobent les prêts
de change moyens des années indiquées pour la balance nets consentis par l’État, ce qui s’explique principalement
des paiements et aux cours en fin d’année pour la dette par l’appui apporté au régime de retraite et à d’autres
libellée dans des monnaies autres que le dollar. entités du secteur public.
En ce qui concerne toutefois les volumes et les prix du Argentine : L’indice des prix à la consommation (IPC)
commerce extérieur, les chiffres composites représentent officiel est établi à partir de décembre 2016. Pour les
la moyenne arithmétique des pourcentages de variation périodes précédentes, les données relatives à l’IPC pour
enregistrés par les différents pays, pondérée par la valeur l’Argentine correspondent à celles de l’IPC pour le
en dollars de leurs exportations ou importations respec- Grand Buenos Aires (avant décembre 2013), à l’IPC
tives exprimées en pourcentage des exportations ou des national (IPCNu, de décembre 2013 à octobre 2015),
importations au niveau mondial ou pour le groupe consi- à l’IPC de la ville de Buenos Aires (de novembre 2015 à
déré (enregistrées l’année précédente). avril 2016) et à l’IPC du Grand Buenos Aires (de mai à
décembre 2016). Comme ces séries n’ont pas la même
couverture géographique et n’emploient ni les mêmes
pondérations, ni les mêmes méthodes d’échantillon-
d’avril 2004 des PEM, l’encadré A1 de l’édition de mai 2000 des PEM
et l’annexe IV de l’édition de mai 1993 des PEM ; voir aussi Anne-
nage, ni la même méthodologie, l’inflation moyenne
Marie Gulde et Marianne Schulze-Ghattas, « Purchasing Power Parity pour 2014–16 et l’inflation en fin de période pour 2015–
Based Weights for the World Economic Outlook », dans Staff Studies for 16 n’apparaissent pas dans les PEM. En outre, l’Argen-
the World Economic Outlook (Washington, Fonds monétaire internatio-
tine a mis fin à la publication des données sur le marché
nal, décembre 1993), pages 106–23.
du travail à partir du quatrième trimestre de 2015, et de Sierra Leone : Bien que le pays ait changé son unité
nouvelles séries ont été publiées à compter du deuxième monétaire le 1er juillet 2022, les données en monnaie
trimestre de 2016. nationale sont exprimées en ancien leone dans l’édition
Bangladesh : Les données et les prévisions sont présen- d’avril 2024 des PEM.
tées sur la base de l’exercice budgétaire. Toutefois, Sri Lanka : Les données et projections correspondant à
les agrégats du groupe de pays auquel appartient le la période 2023–29 ne sont pas publiées en raison d’en-
Bangladesh utilisent des estimations du PIB réel et du tretiens en cours au sujet de la restructuration de la dette
PIB en parités de pouvoir d’achat par année civile. souveraine.
Cisjordanie et Gaza : Les projections pour 2024–29 ne Soudan : Les projections traduisent les analyses des
seront pas publiées, en raison d’un degré d’incertitude services du FMI, fondées sur l’hypothèse d’une fin du
extrêmement élevé. conflit d’ici le milieu de l’année 2024. Les données pour
Costa Rica : La définition de l’administration centrale 2011 ne couvrent plus le Soudan du Sud après le 9 juil-
a été élargie à compter du 1er janvier 2021, pour englober let ; les données pour 2012 et les années suivantes se
51 entités publiques conformément à la loi no 9524. Les rapportent à l’actuel Soudan.
données jusqu’en 2019 sont ajustées pour des raisons de Syrie : Les données sont exclues depuis 2011 en raison
comparabilité. de la situation politique incertaine.
Équateur : Les projections relatives au secteur budgé- Turkménistan : Les données sur le PIB réel corres-
taire pour la période 2024–29 ne sont pas publiées en pondent à des estimations des services du FMI établies
raison d’entretiens en cours sur un programme. conformément aux méthodes internationales (SCN), à
Érythrée : Les données et projections pour 2020–29 partir d’estimations et de sources officielles ainsi que des
ne figurent pas dans la base de données en raison de bases de données de l’Organisation des Nations Unies et
contraintes sur la communication des données. de la Banque mondiale. Les estimations et les projections
Inde : Les taux de croissance du PIB réel sont tirés du solde budgétaire ont été établies sans tenir compte
des comptes nationaux, avec 2011/12 comme année de des recettes provenant d’émissions d’obligations inté-
référence. rieures et d’opérations de privatisation, conformément au
Iran : Le calcul des valeurs passées du PIB nominal en MSFP 2014. Dans les estimations officielles des comptes
dollars se fonde sur le taux de change officiel jusqu’à 2017. budgétaires, établies par les autorités à partir de méthodes
À partir de 2018, c’est le taux de change NIMA (nom du statistiques nationales, les émissions d’obligations et les
système national intégré de gestion des changes), plutôt recettes des privatisations sont comprises dans les recettes
que le taux de change officiel, qui sert à convertir en publiques.
dollars les chiffres du PIB nominal en rials. Les services du Ukraine : Les données révisées des comptes nationaux
FMI sont arrivés à la conclusion que le taux NIMA tradui- sont disponibles à partir de 2000, mais n’incluent plus la
sait plus fidèlement le taux de change pondéré de la valeur Crimée et Sébastopol à partir de 2010.
des transactions au cours de cette période. Uruguay : En décembre 2020, les autorités ont
Israël : Les projections sont très incertaines en raison commencé à communiquer les données de leurs comptes
du conflit en Israël et à Gaza, et sont donc susceptibles nationaux selon le SCN 2008, avec 2016 comme année
d’être révisées. de base. Les nouvelles séries commencent en 2016. Les
Liban : Les données pour 2021–22 sont des estima- données antérieures à 2016 témoignent du souci des
tions des services du FMI et ne proviennent pas des services du FMI de préserver les données précédemment
autorités libanaises. Les estimations et projections pour communiquées et d’éviter toute rupture structurelle.
2023–29 sont omises en raison d’un degré d’incertitude À partir du mois d’octobre 2018, le système public
inhabituellement élevé. de retraite de l’Uruguay a reçu des transferts en vertu de
République dominicaine : Le périmètre des séries de la loi n° 19.590 de 2017 qui indemnise les personnes
finances publiques est le suivant : la dette publique, touchées par la création du système mixte de retraite.
le service de la dette ainsi que les soldes corrigés des Ces fonds sont enregistrés comme recettes, conformé-
variations cycliques et soldes structurels se rapportent ment à la méthodologie du FMI. Ces transferts influent
au secteur public consolidé (à savoir l’administration donc sur les données pour 2018–22. Ils représentaient
centrale, le reste du secteur public non financier et la 1,2 % du PIB en 2018, 1,0 % du PIB en 2019, 0,6 %
banque centrale) ; les autres séries de finances publiques du PIB en 2020, 0,3 % du PIB en 2021, 0,1 % du PIB
portent sur l’administration centrale. en 2022 et 0 % du PIB par la suite. Pour de plus amples
informations, veuillez consulter le rapport du FMI adopté en 2019 le dollar à règlement brut en temps réel,
no 19/645. Cette note à propos du système public de rebaptisé par la suite dollar du Zimbabwe. Le dollar du
retraite ne s’applique qu’aux séries relatives aux recettes et Zimbabwe avait auparavant cessé de circuler en 2009 et,
à la capacité/au besoin de financement. entre 2009 et 2019, le Zimbabwe a fonctionné sous un
Le périmètre des données budgétaires pour l’Uru- régime multidevise dont l’unité de compte était le dollar
guay est passé du secteur public consolidé au secteur américain.
public non financier à partir de l’édition d’octobre 2019
des PEM. En Uruguay, le secteur public non finan-
cier comprend l’administration centrale, les administra- Classification des pays
tions locales, les caisses de sécurité sociale, les entreprises Résumé
publiques non financières et la Banco de Seguros del Les pays sont répartis en deux groupes princi-
Estado. Les données rétrospectives ont également été paux : pays avancés, et pays émergents et pays en déve-
révisées en conséquence. Dans ce périmètre budgé- loppement6. Loin d’être fixée en fonction de critères
taire réduit, qui exclut la banque centrale, les actifs et immuables, économiques ou autres, cette classification
passifs détenus par le secteur public non financier avec la évolue au fil des années. Elle a pour but de faciliter l’ana-
banque centrale comme contrepartie ne sont pas retran- lyse en permettant d’organiser les données de manière
chés des chiffres de l’endettement. Dans ce contexte, les aussi significative que possible. Le tableau A donne
obligations de capitalisation émises auparavant par l’État une vue d’ensemble de la classification des pays, avec le
en faveur de la banque centrale font désormais partie de nombre de pays appartenant à chaque groupe présenté
la dette du secteur public non financier. par région ainsi que des indicateurs de la taille de leur
Venezuela : L’établissement des perspectives écono- économie (PIB calculé sur la base des parités de pouvoir
miques, y compris l’évaluation de l’évolution écono- d’achat, total des exportations de biens et de services, et
mique passée et actuelle comme base des projections, population).
est rendu difficile par i) l’absence d’entretiens avec Un certain nombre de pays ne figurent pas actuelle-
les autorités (la plus récente des consultations au titre ment dans cette classification et ne sont donc pas inclus
de l’article IV a eu lieu en 2004), ii) les métadonnées dans l’analyse. Cuba et la République populaire démo-
incomplètes des statistiques limitées communiquées cratique de Corée ne sont pas membres du FMI, qui, en
et iii) les difficultés à mettre en rapport les indica- conséquence, n’assure aucun suivi de leur économie.
teurs communiqués avec l’évolution économique. Les
comptes budgétaires incluent l’administration centrale,
la sécurité sociale, l’organisme national de garantie des Caractéristiques générales et composition
dépôts (FOGADE) et un ensemble réduit d’entreprises des différents groupes de pays dans la classification
publiques, dont Petróleos de Venezuela, S.A. À la suite des Perspectives de l’économie mondiale
d’améliorations méthodologiques destinées à obtenir Pays avancés
un PIB nominal plus fiable, les données rétrospectives
et les indicateurs exprimés en pourcentage du PIB ont Le tableau B donne la composition du groupe des
été révisés à partir de 2012. Pour la plupart des indica- pays avancés (41 pays). Les sept pays de ce groupe dont
teurs, les données pour 2018–22 sont des estimations des les PIB calculés sur la base des taux de change du marché
services du FMI. Compte tenu des effets de l’hyperinfla- sont les plus élevés (États-Unis, Japon, Allemagne,
tion et du manque de données communiquées, les indi- France, Italie, Royaume-Uni et Canada) forment le sous-
cateurs macroéconomiques projetés par les services du groupe dit des principaux pays avancés, souvent appelé
FMI doivent être interprétés avec prudence. Ces projec- le Groupe des Sept. Les pays membres de la zone euro
tions sont entourées d’une grande incertitude. Les prix à constituent un autre sous-groupe. Les chiffres composites
la consommation du Venezuela sont exclus de toutes les figurant dans les tableaux sous la rubrique « zone euro »
données de groupe des PEM. se rapportent aux pays qui en font actuellement partie, et
Zimbabwe : Les autorités ont récemment redéfini
les statistiques de leurs comptes nationaux, après avoir 6Dans la présente étude, les termes « pays » et « économie » ne se
cela vaut pour toutes les années, bien que le nombre des pays débiteurs nets, les pays pauvres très endettés (PPTE),
pays membres ait augmenté au fil du temps. les pays en développement à faible revenu (PDFR) et les
Le tableau C donne la liste des pays membres de pays émergents et pays à revenu intermédiaire (PE&PRI).
l’Union européenne, qui ne sont pas tous classés parmi Les pays sont classés parmi les débiteurs nets lorsque
les pays avancés dans les PEM. leur dernière position extérieure globale nette, si elle est
disponible, est négative ou que le solde courant qu’ils
ont accumulé entre 1972 (ou une année antérieure si des
Pays émergents et pays en développement données sont disponibles) et 2022 est négatif. Les pays
Le groupe des pays émergents et des pays en dévelop- débiteurs nets sont aussi différenciés selon la situation du
pement (155 pays) rassemble tous les pays qui ne sont service de la dette7.
pas des pays avancés. Le groupe des PPTE comprend tous les pays qui, selon
Les pays émergents et les pays en développement sont le FMI et la Banque mondiale, peuvent participer à l’ini-
regroupés par région : Afrique subsaharienne ; Amérique tiative PPTE en vue de ramener leur dette extérieure à un
latine et Caraïbes ; Moyen-Orient et Asie centrale (qui niveau viable dans un délai relativement bref8. Nombre
comprend les sous-groupes régionaux « Caucase et de ces pays ont déjà bénéficié d’un allégement de la dette
Asie centrale » et « Moyen-Orient, Afrique du Nord, et ont pu sortir de l’initiative.
Afghanistan et Pakistan ») ; pays émergents et pays en Les PDFR sont les pays qui ont un revenu par habi-
développement d’Asie ; pays émergents et pays en déve- tant inférieur à un certain niveau (déterminé sur une base
loppement d’Europe (on parle parfois d’Europe centrale de 2 700 dollars en 2017 selon la méthode Atlas de la
et orientale). Banque mondiale, et mis à jour sur la base de nouvelles
Les pays émergents et les pays en développement sont informations au début de 2024), des caractéristiques
aussi subdivisés en fonction de critères analytiques, qui structurelles qui correspondent à un développement et
tiennent à la source de leurs recettes d’exportation et à à une transformation structurelle restreints, ainsi que
la distinction entre pays créanciers nets et pays débiteurs des relations financières extérieures insuffisantes pour
nets. Les tableaux D et E donnent le détail de la compo- être considérés de manière générale comme des pays
sition des pays émergents et pays en développement, clas- émergents.
sés par région et en fonction de critères analytiques. Le groupe des PE&PRI comprend les pays émer-
La classification des pays selon le critère analytique, gents et les pays en développement qui ne sont pas classés
par source de recettes d’exportation, distingue deux caté- parmi les PDFR.
gories : les combustibles (Classification type pour le
commerce international [CTCI], section 3) et les autres
produits, dont les produits de base autres que les combus- 7Pendant la période 2018–22, 39 pays ont accumulé des arriérés
Tableau A. Classification par sous-groupes types et parts des divers sous-groupes dans le PIB global,
le total des exportations de biens et de services et la population mondiale en 20231
(En pourcentage du total pour le groupe considéré ou du total)
Exportations de biens
PIB1 et de services Population
Nombre Pays Pays Pays
de pays avancés Monde avancés Monde avancés Monde
Pays avancés 41 100,0 41,2 100,0 61,7 100,0 13,9
États-Unis 37,8 15,6 16,0 9,9 30,7 4,3
Zone euro 20 28,5 11,7 42,2 26,1 31,8 4,4
Allemagne 7,7 3,2 11,0 6,8 7,7 1,1
France 5,3 2,2 5,5 3,4 6,0 0,8
Italie 4,5 1,8 4,1 2,5 5,4 0,8
Espagne 3,3 1,4 3,2 2,0 4,4 0,6
Japon 9,0 3,7 4,8 3,0 11,4 1,6
Royaume-Uni 5,4 2,2 5,6 3,5 6,2 0,9
Canada 3,3 1,4 3,8 2,3 3,7 0,5
Autres pays avancés 17 16,1 6,6 27,6 17,0 16,1 2,2
Pour mémoire
Principaux pays avancés 7 73,0 30,0 50,9 31,4 71,2 9,9
Pays émergents Pays émergents Pays émergents
et pays en et pays en et pays en
développement Monde développement Monde développement Monde
Pays émergents et pays en développement 155 100,0 58,8 100,0 38,3 100,0 86,1
Groupes régionaux
Pays émergents et pays en développement d’Asie 30 56,8 33,4 49,4 18,9 55,6 47,9
Chine 31,8 18,7 29,7 11,3 20,9 18,0
Inde 12,9 7,6 6,5 2,5 21,2 18,2
Pays émergents et pays en développement
d’Europe 15 12,6 7,4 15,6 6,0 5,4 4,7
Russie 5,0 2,9 3,9 1,5 2,2 1,9
Amérique latine et Caraïbes 33 12,4 7,3 14,2 5,4 9,5 8,1
Brésil 4,0 2,3 3,3 1,3 3,0 2,6
Mexique 3,2 1,9 5,5 2,1 1,9 1,7
Moyen-Orient et Asie centrale 32 12,8 7,5 16,8 6,4 12,6 10,8
Arabie saoudite 2,2 1,3 3,1 1,2 0,5 0,4
Afrique subsaharienne 45 5,3 3,1 4,1 1,6 16,9 14,5
Nigéria 1,3 0,8 0,5 0,2 3,3 2,8
Afrique du Sud 1,0 0,6 1,1 0,4 0,9 0,8
Classification analytique2
Source des recettes d’exportation
Combustibles 26 10,2 6,0 15,9 6,1 9,8 8,4
Autres produits 127 89,8 52,8 84,1 32,2 90,2 77,6
Dont : produits primaires 35 4,9 2,9 5,1 1,9 8,7 7,5
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) 120 51,9 30,5 48,6 18,6 69,9 60,2
Dont pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2018 et 2022 39 5,3 3,1 3,9 1,5 12,5 10,8
Autres groupes2
Pays émergents et pays à revenu intermédiaire 96 93,0 54,7 95,9 36,7 77,6 66,8
Pays en développement à faible revenu 58 7,0 4,1 4,1 1,6 22,4 19,3
Pays pauvres très endettés 39 2,8 1,6 2,2 0,8 12,3 10,6
1Les parts de PIB sont fondées sur le calcul des PIB des pays à parités de pouvoir d’achat. Le nombre de pays indiqué pour chaque groupe correspond à
extérieure nette en raison de l’insuffisance des données. La Syrie n’est pas incluse dans le groupe des pays émergents et des pays à revenu intermédiaire
ni dans celui des pays en développement à faible revenu.
produits primaires hors combustibles parmi leur principale source de recettes d’exportation.
Tableau E. Pays émergents et pays en développement classés par région, par position extérieure nette,
par appartenance au groupe des pays pauvres très endettés et par revenu par habitant
Position extérieure Pays pauvres très Revenu Position extérieure Pays pauvres très Revenu
nette1 endettés2 par habitant3 nette1 endettés2 par habitant3
Pays émergents et pays en développement d’Asie Monténégro * •
Bangladesh * * Pologne * •
Bhoutan * * Roumanie * •
Brunéi Darussalam • • Russie • •
Cambodge * * Serbie * •
Chine • • Türkiye * •
Fidji * • Ukraine * •
Îles Marshall • • Amérique latine et Caraïbes
Îles Salomon * * Antigua-et-Barbuda * •
Inde * • Argentine • •
Indonésie * • Aruba * •
Kiribati • * Bahamas * •
Malaisie • • Barbade * •
Maldives * • Belize * •
Micronésie • • Bolivie * • •
Mongolie * • Brésil * •
Myanmar * * Chili * •
Nauru • • Colombie * •
Népal * * Costa Rica * •
Palaos * • Dominique * •
Papouasie-Nouvelle- El Salvador * •
Guinée * * Équateur * •
Philippines * • Grenade * •
République dém. pop. Guatemala * •
lao * * Guyana * • •
Samoa * • Haïti * • *
Sri Lanka * • Honduras * • *
Thaïlande * • Jamaïque * •
Timor-Leste • * Mexique * •
Tonga * • Nicaragua * • *
Tuvalu • • Panama * •
Vanuatu * • Paraguay * •
Viet Nam * • Pérou * •
Pays émergents et pays en développement d’Europe République dominicaine * •
Albanie * • Saint-Kitts-et-Nevis * •
Bélarus * • Saint-Vincent-et-les
Bosnie-Herzégovine * • Grenadines * •
Bulgarie * • Sainte-Lucie * •
Hongrie * • Suriname * •
Kosovo * • Trinité-et-Tobago • •
Macédoine du Nord * • Uruguay * •
Moldova, Rép. de * * Venezuela • •
Tableau E. Pays émergents et pays en développement classés par région, par position extérieure nette,
par appartenance au groupe des pays pauvres très endettés et par revenu par habitant (fin)
Position extérieure Pays pauvres très Revenu Position extérieure Pays pauvres très Revenu
nette1 endettés2 par habitant3 nette1 endettés2 par habitant3
Moyen-Orient et Asie centrale Cabo Verde * •
Afghanistan • • * Cameroun * • *
Algérie • • Comores * • *
Arabie saoudite • • Congo, Rép. dém. du * • *
Arménie * • Congo, Rép. du * • *
Azerbaïdjan • • Côte d’Ivoire * • *
Bahreïn • • Érythrée • * *
Cisjordanie et Gaza * • Eswatini • •
Djibouti * * Éthiopie * • *
Égypte * • Gabon • •
Émirats arabes unis • • Gambie * • *
Géorgie * • Ghana * • *
Iran • • Guinée * • *
Iraq • • Guinée équatoriale • •
Jordanie * • Guinée-Bissau * • *
Kazakhstan * • Kenya * *
Koweït • • Lesotho * *
Liban * • Libéria * • *
Libye • • Madagascar * • *
Maroc * • Malawi * • *
Mauritanie * • * Mali * • *
Oman * • Maurice • •
Ouzbékistan • * Mozambique * • *
Pakistan * • Namibie • •
Qatar • • Niger * • *
République kirghize * * Nigéria * *
Somalie * • * Ouganda * • *
Soudan * * * République
Syrie4 ... ... centrafricaine * • *
Tadjikistan * * Rwanda * • *
Tunisie * • Sao Tomé-et-Principe * • *
Turkménistan • • Sénégal * • *
Yémen * * Seychelles * •
Afrique subsaharienne Sierra Leone * • *
Afrique du Sud • • Soudan du Sud * *
Angola * • Tanzanie * • *
Bénin * • * Tchad * • *
Botswana • • Togo * • *
Burkina Faso * • * Zambie * • *
Burundi * • * Zimbabwe * *
1La présence d’un rond (astérisque) indique que le pays est un créditeur (débiteur) net.
2La présence d’un rond au lieu d’un astérisque indique que le pays a atteint le point d’achèvement, ce qui lui permet de recevoir l’allégement de dette total qui a été permis au point
de décision.
3La présence d’un rond (astérisque) indique que le pays est classé dans le groupe des pays émergents et pays à revenu intermédiaire (pays en développement à faible revenu).
4La Syrie est exclue du groupe classé par la position extérieure nette et par revenu par habitant en raison de sa base de données encore en cours de composition.
= ministère de l’Économie, du Plan, du Commerce et/ou du Développement ; OEI = organisation économique internationale ; PFTAC = centre régional d’assistance technique et financière du
Pacifique.
2L’année de référence pour les comptes nationaux est la période avec laquelle les autres périodes sont comparées et la période pour laquelle les prix apparaissent au dénominateur des rapports
des séries en volume fondées sur des indices qui établissent la moyenne des composantes en volume à partir de pondérations d’une année assez récente.
4AC = administration centrale ; ACB = administration centrale budgétaire ; AEF = administrations d’États fédérés ; AL = administrations locales ; CSS = caisses de sécurité sociale ;
CT = collectivités territoriales ; SPFNM = sociétés publiques financières non monétaires ; SPM = sociétés publiques monétaires, dont banque centrale ; SPNF = sociétés publiques non
financières.
5Normes comptables : C = comptabilité de caisse ; CE = comptabilité sur base des engagements ; E = comptabilité d’exercice ; Mixte = comptabilité sur base mixte (droits constatés et caisse).
6L’année de référence n’est pas égale à 100, car le PIB nominal n’est pas mesuré de la même manière que le PIB réel ou les données sont corrigées des variations saisonnières.
Encadré A1. Hypothèses de politique économique retenues pour les projections concernant plusieurs pays
Encadré A1 (suite)
plus récents budgets provinciaux modifiés. Les services compte des différences dans les projections des recettes
du FMI ajustent ces prévisions pour tenir compte des et les hypothèses concernant les variables macroécono-
différences dans les projections macroéconomiques. Les miques et financières.
projections du FMI incluent également les données les Grèce : Les données recueillies depuis 2010 reflètent
plus récentes des comptes économiques nationaux de les ajustements opérés conformément à la définition du
Statistique Canada, y compris les chiffres trimestriels des solde primaire dans le dispositif de surveillance renfor-
budgets fédéral, provinciaux et territoriaux. cée pour le pays.
Chili : Les projections relatives aux finances Hong Kong (RAS) : Les projections reposent sur les
publiques reposent sur les projections budgétaires projections budgétaires à moyen terme des autorités
des autorités, corrigées de manière à tenir compte des concernant les dépenses.
projections macroéconomiques des services du FMI. Hongrie : Les projections budgétaires incluent les
Chine : Les projections des services du FMI sur projections des services du FMI concernant le cadre
les finances publiques tiennent compte du budget de macroéconomique et les projets budgétaires annoncés
2024 et des estimations de financement hors budget. dans les budgets de 2023 et 2024.
Danemark : Les estimations pour l’année en cours Inde : Les projections sont fondées sur les informa-
sont alignées sur les derniers chiffres officiels, corri- tions disponibles ayant trait aux programmes budgé-
gés, le cas échéant, pour tenir compte des hypothèses taires des autorités, avec certains ajustements pour
macroéconomiques des services du FMI. Au-delà de tenir compte des hypothèses des services du FMI. Les
l’année en cours, les projections ont été établies en données infranationales sont prises en compte avec un
tenant compte des principaux éléments du programme retard pouvant aller jusqu’à un an ; les données sur l’en-
budgétaire à moyen terme, tels qu’énoncés dans le semble des administrations publiques sont donc finales
dernier budget présenté par les autorités. Les soldes longtemps après celles de l’administration centrale. Les
structurels sont nets des fluctuations temporaires de présentations du FMI et des autorités diffèrent, notam-
certaines recettes (par exemple les recettes de la mer ment en ce qui concerne le produit du désinvestissement
du Nord, les recettes de l’impôt sur le rendement de l’État et de l’adjudication de licences, l’enregistre-
des pensions) et des éléments ponctuels (les éléments ment net/brut des recettes dans certaines catégories
ponctuels liés à la pandémie de COVID-19 sont toute- peu importantes et certains prêts au secteur public. À
fois pris en considération). partir des données de l’exercice 2020/21, les dépenses
Espagne : Les projections budgétaires pour 2023 comprennent également la composante hors budget
supposent des mesures de soutien en matière d’énergie des subventions alimentaires, conformément au traite-
qui représentent 1 % du PIB, dont le retrait progres- ment révisé des subventions alimentaires dans la loi de
sif intervient en 2024. Les chiffres pour 2021–28 finances. Les services du FMI ajustent les dépenses pour
tiennent compte des décaissements de dons et de prêts déduire les paiements au titre des subventions alimen-
effectués au titre de la facilité pour la reprise et la rési- taires des années précédentes, qui sont comptabilisés
lience de l’Union européenne. comme des dépenses dans les estimations budgétaires
États-Unis : Les projections budgétaires reposent pour l’exercice 2020/21.
sur le scénario de référence de février 2024 du Indonésie : Les projections des services du FMI
Congressional Budget Office, et sont corrigées de reposent sur le maintien d’une orientation budgé-
manière à tenir compte des hypothèses macroécono- taire neutre, accompagnée de réformes modérées de
miques et autres des services du FMI. Elles incorpo- la politique fiscale et de l’administration, sur certaines
rent les effets de la loi dite de responsabilité budgétaire dépenses effectives et sur une augmentation progressive
(Fiscal Responsibility Act). des dépenses d’équipement à moyen terme, en fonc-
France : Les projections pour 2023 et au-delà tion de l’espace budgétaire disponible.
reposent sur les lois de finances de la période 2018–24, Irlande : Les projections budgétaires reposent sur la
le programme de stabilité pour 2023–27, le projet de loi de finances de 2023.
loi de programmation des finances publiques à moyen Italie : Les projections et les estimations des services
terme et les autres informations disponibles concernant du FMI reposent sur les plans budgétaires inclus dans
les plans budgétaires des autorités, corrigées pour tenir le budget de 2024 et les comptes nationaux mis à
Encadré A1 (suite)
jour pour 2023. L’encours des bons postaux arrivant à FMI se réfèrent à celles de l’OBR, en y apportant des
échéance est pris en considération dans l’établissement corrections (liées aux différences entre les hypothèses
des projections concernant la dette. retenues) à la fois sur le plan des recettes et des dépenses.
Japon : Les projections s’appuient sur les mesures Les projections des services du FMI ne supposent pas
budgétaires déjà annoncées par le gouvernement, avec nécessairement que les règles budgétaires annoncées le
certains ajustements pour tenir compte des hypothèses 17 novembre 2022 auront été respectées au terme de la
des services du FMI. période de prévision. Les données sont présentées sur la
Mexique : L’estimation des besoins d’emprunt du base d’une année civile.
secteur public en 2020 a été établie par les services Russie : Les autorités ont suspendu l’application de
du FMI en tenant compte de certaines divergences la règle budgétaire en mars 2022, en réaction aux sanc-
statistiques entre les chiffres au-dessus et au-dessous tions prises à l’encontre du pays au lendemain de l’in-
de la ligne. Les projections budgétaires pour 2024 vasion de l’Ukraine. Cela leur a permis de tirer parti
reposent sur les estimations figurant dans les du niveau exceptionnellement élevé des recettes pétro-
Pre-Criterios 2025 ; dans les projections pour 2024 lières et gazières, en employant le montant excédentaire,
et les années qui suivent, il est supposé que les règles ainsi que l’épargne accumulée dans le fonds souverain,
prévues dans le budget fédéral et la loi de responsabilité à financer le creusement du déficit en 2022. Le budget
budgétaire soient constamment observées. pour la période 2023–25 a été établi suivant une règle
Nouvelle-Zélande : Les projections budgétaires modifiée, prévoyant une période transitoire de deux ans
reposent sur la mise à jour économique et budgétaire et fixant le niveau de référence des recettes pétrolières et
de milieu d’année pour l’exercice 2023/24. gazières à 8 000 milliards de roubles, alors qu’en 2019
Pays-Bas : Les projections budgétaires pour 2023– la règle budgétaire se fondait sur un niveau de réfé-
29 reposent sur les prévisions des services du FMI rence pour le cours du pétrole de 40 dollars par baril.
ainsi que sur le projet de loi de finances des autorités Cependant, à la fin du mois de septembre 2023, le
et les projections du Bureau d’analyse de la politique ministère des Finances a proposé de revenir à l’ancienne
économique. règle budgétaire à partir de 2024, mais en fixant le
Porto Rico : Les projections budgétaires reposent niveau de référence pour le cours du pétrole à 60 dollars
sur le plan budgétaire certifié pour Porto Rico, qui a par baril. La nouvelle règle permettra de dépenser le
été établi en octobre 2023 et certifié par le Conseil de surcroît de recettes pétrolières et gazières, tout en ciblant
surveillance financière et de gestion. une réduction du déficit structurel primaire.
Portugal : Les projections pour l’exercice en cours Singapour : Les projections de l’exercice 2023 sont
reposent sur le budget approuvé, corrigé de manière basées sur des chiffres révisés qui reposent sur l’exé-
à tenir compte des prévisions macroéconomiques des cution du budget jusqu’à la fin de l’année 2023. Les
services du FMI. Les projections pour les années ulté- projections pour l’exercice 2024 sont fondées sur la
rieures reposent sur des politiques inchangées. Les projec- loi de finances initiale du 16 février 2024. Les projec-
tions pour 2024 tiennent compte des informations tions des services du FMI prennent en compte :
disponibles dans le projet de loi de finances de 2024. 1) l’augmentation de la taxe sur les biens et services de
République de Corée : Les prévisions tiennent compte 8 % à 9 % le 1er janvier 2024, et 2) une augmenta-
du dernier budget annuel en date, de toute loi de tion de la taxe carbone de 5 dollars singapouriens par
finances rectificative, de toute proposition de nouveau tonne à 25 dollars singapouriens en 2024 et 2025 et à
budget et de plan budgétaire à moyen terme, ainsi que 45 dollars singapouriens en 2026 et 2027.
des estimations des services du FMI. Suède : Les estimations budgétaires sont basées sur
Royaume-Uni : Les projections budgétaires reposent les projections budgétaires des autorités, corrigées de
sur les projections de mars 2024 du Bureau de la respon- manière à tenir compte des projections macroécono-
sabilité budgétaire (Office for Budget Responsibility, miques des services du FMI.
OBR) et sur les informations relatives aux finances Suisse : Les projections supposent des ajustements de
du secteur public diffusées en janvier 2024 par le la politique budgétaire, lorsqu’ils sont nécessaires, pour
Bureau des statistiques nationales (Office for National s’assurer que les soldes budgétaires restent conformes aux
Statistics). Les projections établies par les services du exigences des règles budgétaires du pays.
Encadré A1 (suite)
Türkiye : La base des projections est le solde budgé- Hongrie : Les estimations et projections des services
taire défini par le FMI, qui exclut certains postes des du FMI se fondent sur l’appréciation d’experts et
recettes et des dépenses inclus dans le solde global des tiennent compte de l’évolution récente.
autorités. Inde : Les projections de politique monétaire cadrent
avec la réalisation de l’objectif d’inflation de la Banque
Hypothèses de politique monétaire de réserve de l’Inde à moyen terme.
Les hypothèses de politique monétaire reposent sur le Indonésie : Les hypothèses de politique monétaire
cadre établi dans chaque pays pour cette politique. Ce cadrent avec l’inflation dans la fourchette ciblée par la
cadre suppose le plus souvent une politique de non-ac- banque centrale à moyen terme.
compagnement de la conjoncture durant le cycle : les Israël : Les hypothèses reposent sur une normalisa-
taux d’intérêt officiels augmentent lorsque, d’après les tion progressive de la politique monétaire.
indicateurs économiques, il semble que l’inflation va Japon : Les hypothèses de politique monétaire corres-
passer au-dessus du taux ou de la fourchette acceptable, pondent aux attentes des marchés.
et diminuent lorsqu’il semble qu’elle ne va pas les dépas- Mexique : Les hypothèses de politique monétaire sont
ser, que le taux de croissance est inférieur au taux poten- compatibles avec un retour de l’inflation vers l’objectif de
tiel et que les capacités inemployées sont importantes. la banque centrale au cours de la période de projection.
S’agissant des taux d’intérêt, veuillez vous référer à la Nouvelle-Zélande : Les projections monétaires
partie Hypothèses au début de l’appendice statistique. reposent sur l’analyse des services du FMI et sur la
Afrique du Sud : Les hypothèses de politique moné- trajectoire attendue de l’inflation.
taire sont compatibles avec le maintien de l’inflation République de Corée : Les projections supposent que
dans la fourchette cible de 3 % à 6 % à moyen terme. le taux directeur évoluera conformément aux orienta-
Arabie saoudite : Les projections de politique monétaire tions prospectives de la Banque de Corée.
reposent sur la poursuite du rattachement au dollar. Royaume-Uni : Les hypothèses de politique monétaire
Argentine : Les projections monétaires sont se fondent sur l’évaluation que font les services du FMI
conformes au cadre macroéconomique d’ensemble, aux de la trajectoire la plus plausible pour les taux d’intérêt,
plans budgétaires et de financement, et aux politiques compte tenu des perspectives macroéconomiques d’en-
monétaires et de change. semble, des résultats des modèles, des prévisions d’infla-
Brésil : Les hypothèses de politique monétaire sont tion et des communications de la Banque d’Angleterre,
compatibles avec un retour de l’inflation vers l’intervalle et des anticipations des marchés.
de tolérance d’ici fin 2024. Russie : Les projections de politique monétaire
Canada : Les projections tiennent compte de la fin supposent que la banque centrale de la Fédération de
progressive de l’orientation restrictive de la politique Russie applique une politique monétaire restrictive.
monétaire de la Banque du Canada, à l’heure où l’infla- Singapour : La masse monétaire augmente parallèle-
tion retrouve son objectif de milieu d’intervalle (2 %), ment à la croissance prévue du PIB nominal.
qu’elle devrait atteindre début 2025. Suède : Les hypothèses de politique monétaire se
Chili : Les hypothèses de politique monétaire sont fondent sur les estimations des services du FMI.
compatibles avec l’objectif d’inflation. Suisse : Les perspectives d’inflation laissent penser
Chine : L’orientation générale de la politique moné- que la Banque nationale suisse peut garder ses taux
taire était légèrement accommodante en 2023 et devrait d’intérêt constants en 2024.
rester généralement accommodante en 2024. Türkiye : Dans le scénario de référence, il est supposé
Danemark : La politique monétaire a pour but de que l’orientation de la politique monétaire restera
maintenir le rattachement à l’euro. conforme aux attentes des marchés.
États-Unis : Les services du FMI s’attendent à ce que Zone euro : Les hypothèses de politique monétaire des
le comité de politique monétaire continue d’ajuster le pays membres reposent sur une série de modèles (modèle
taux cible pour les fonds fédéraux selon les perspectives semi-structurel, modèle dynamique d’équilibre géné-
macroéconomiques plus générales. ral stochastique [DSGE], règle de Taylor), les anticipa-
Hong Kong (RAS) : Les services du FMI supposent tions des marchés et les communications du conseil des
que le système de caisse d’émission restera inchangé. gouverneurs de la Banque centrale européenne.
Production mondiale
A1. Production mondiale : récapitulation
A2. Pays avancés : PIB réel et demande intérieure totale
A3. Pays avancés : composantes du PIB réel
A4. Pays émergents et pays en développement : PIB réel
Inflation
A5. Inflation : récapitulation
A6. Pays avancés : prix à la consommation
A7. Pays émergents et pays en développement : prix à la consommation
Politiques financières
A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques
Commerce extérieur
A9. État récapitulatif du commerce mondial : volume et prix
Transactions courantes
A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes
A11. Pays avancés : soldes des transactions courantes
A12. Pays émergents et pays en développement : soldes des transactions courantes
Flux de ressources
A14. État récapitulatif de la capacité ou du besoin de financement
Moyennes Projections
2006–15 2016–25 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Dépenses de consommation privée
Pays avancés 1,4 1,6 2,1 2,3 2,1 1,5 –5,3 5,8 3,5 1,5 1,6 1,7
États-Unis 1,7 2,4 2,5 2,6 2,7 2,0 –2,5 8,4 2,5 2,2 2,3 1,6
Zone euro 0,5 1,1 2,0 1,8 1,5 1,4 –7,7 4,4 4,2 0,5 1,3 1,8
Allemagne 0,9 0,9 2,4 1,4 1,5 1,6 –5,9 1,5 3,9 –0,7 1,3 2,3
France 1,0 1,0 1,8 1,5 1,0 1,8 –6,6 5,1 2,3 0,7 1,2 1,6
Italie –0,3 0,7 1,2 1,5 0,9 0,2 –10,4 5,5 4,9 1,2 1,4 1,4
Espagne –0,1 1,2 2,7 3,0 1,7 1,1 –12,3 7,1 4,7 1,8 1,8 2,0
Japon 0,5 0,0 –0,4 1,1 0,2 –0,6 –4,4 0,8 2,2 0,6 0,3 0,9
Royaume-Uni 1,2 0,7 3,7 1,8 2,0 1,1 –13,2 7,4 5,0 0,4 –0,3 1,1
Canada 2,7 2,0 2,1 3,7 2,6 1,6 –6,3 5,1 5,1 1,7 1,8 3,0
Autres pays avancés1 2,7 1,9 2,6 2,8 2,9 1,8 –5,5 4,5 4,1 2,1 1,9 2,2
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,3 1,6 2,0 2,1 2,0 1,4 –4,8 6,1 3,1 1,4 1,6 1,6
Consommation publique
Pays avancés 1,2 1,8 2,0 0,8 1,6 3,0 2,1 3,3 0,9 1,6 1,7 1,2
États-Unis 0,4 1,6 1,8 –0,1 1,4 3,9 2,9 0,3 –0,9 2,7 2,1 1,4
Zone euro 1,2 1,5 1,9 1,1 1,0 1,8 1,0 4,2 1,6 0,7 0,8 0,6
Allemagne 1,9 1,7 4,0 1,7 0,8 2,6 4,1 3,1 1,6 –1,5 0,5 0,4
France 1,4 1,1 1,4 1,4 0,8 1,0 –4,1 6,5 2,6 0,5 0,4 0,7
Italie –0,4 0,1 0,7 –0,1 0,1 –0,6 0,1 1,4 1,0 1,2 –0,9 –1,5
Espagne 1,7 1,9 1,0 1,0 2,3 1,9 3,6 3,4 –0,2 3,8 1,7 0,9
Japon 1,4 1,5 1,6 0,1 1,0 1,9 2,4 3,4 1,7 0,9 1,3 0,7
Royaume-Uni 1,2 2,1 0,7 0,7 0,6 4,0 –7,9 14,9 2,3 0,6 4,4 2,1
Canada 1,7 2,2 1,8 2,1 3,1 1,1 1,3 5,4 3,2 1,5 1,6 1,5
Autres pays avancés1 2,9 3,0 3,5 2,4 3,5 3,7 4,6 4,5 2,7 1,4 1,7 1,5
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,8 1,5 1,8 0,4 1,2 2,9 1,4 2,8 0,5 1,6 1,7 1,0
Formation brute de capital fixe
Pays avancés 0,9 2,3 2,9 4,0 3,3 3,1 –3,1 5,6 1,8 1,5 1,6 2,5
États-Unis 1,2 2,9 2,9 4,3 5,0 2,9 –1,0 5,3 0,9 2,0 3,8 3,0
Zone euro –0,1 2,0 4,0 3,9 3,1 6,9 –5,9 3,5 2,5 1,1 0,1 1,5
Allemagne 1,8 1,0 3,8 2,6 3,3 1,7 –2,4 –0,2 0,1 –0,7 0,3 1,4
France 0,5 2,0 2,7 4,7 3,3 4,1 –6,8 10,1 2,4 1,2 –1,0 0,5
Italie –2,8 3,2 4,0 3,2 3,1 1,2 –7,9 20,3 8,6 4,7 –1,8 –1,1
Espagne –2,8 2,2 2,4 6,8 6,3 4,5 –9,0 2,8 2,4 0,8 2,2 4,0
Japon –0,4 0,4 1,2 1,6 0,6 0,5 –3,6 –0,1 –1,4 2,1 1,7 1,2
Royaume-Uni 1,4 1,3 5,1 3,5 –0,5 2,2 –10,8 7,4 8,0 2,9 –4,0 0,7
Canada 1,7 0,6 –4,7 3,3 2,4 0,8 –3,8 9,3 –2,4 –3,2 2,6 2,8
Autres pays avancés1 2,7 2,5 3,0 4,9 2,1 0,8 –1,0 8,4 2,8 0,5 0,0 3,7
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,8 2,1 2,7 3,6 3,5 2,3 –3,2 5,7 1,5 1,7 1,9 2,0
Moyennes Projections
2006–15 2016–25 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Demande intérieure finale
Pays avancés 1,3 1,8 2,3 2,4 2,2 2,2 –3,5 5,3 2,6 1,5 1,6 1,8
États-Unis 1,4 2,4 2,4 2,6 3,0 2,4 –1,5 6,6 1,7 2,2 2,6 1,8
Zone euro 0,5 1,4 2,4 2,1 1,8 2,7 –5,5 4,1 3,2 0,7 0,9 1,5
Allemagne 1,3 1,1 3,1 1,7 1,8 1,8 –2,9 1,5 2,5 –0,9 0,9 1,7
France 1,0 1,2 1,9 2,2 1,5 2,1 –6,1 6,6 2,4 0,8 0,5 1,1
Italie –0,8 1,1 1,6 1,5 1,2 0,2 –8,0 7,4 4,9 2,0 0,3 0,3
Espagne –0,3 1,6 2,3 3,3 2,7 1,9 –8,5 5,4 3,2 2,0 1,9 2,2
Japon 0,4 0,5 0,3 1,0 0,5 0,2 –2,9 1,2 1,1 1,0 1,3 0,9
Royaume-Uni 1,2 1,1 3,4 1,9 1,3 1,8 –11,8 8,9 5,0 0,9 –0,1 1,2
Canada 2,2 1,6 0,5 3,3 2,7 1,3 –4,1 6,1 2,8 0,5 0,8 2,6
Autres pays avancés1 2,7 2,2 2,9 3,4 2,4 1,8 –2,4 5,5 3,4 1,5 1,3 2,4
Pour mémoire
Principaux pays avancés 1,1 1,7 2,1 2,2 2,2 1,8 –3,4 5,6 2,3 1,5 1,7 1,6
Formation de stock2
Pays avancés 0,0 0,0 –0,2 0,2 0,1 –0,1 –0,3 0,3 0,5 –0,5 –0,1 0,0
États-Unis 0,1 0,0 –0,5 0,0 0,1 0,1 –0,5 0,3 0,6 –0,3 0,1 0,0
Zone euro 0,0 0,0 0,0 0,2 0,1 –0,3 –0,3 0,6 0,4 –0,5 –0,1 0,0
Allemagne –0,1 0,1 0,0 0,9 –0,1 –0,3 –0,1 0,9 0,7 0,0 –0,8 –0,4
France 0,1 –0,1 –0,4 0,2 0,0 0,0 –0,2 –0,6 0,8 –0,4 –0,1 0,0
Italie 0,0 0,0 0,2 0,2 0,1 –0,5 –0,5 1,2 –0,2 –1,2 0,2 0,2
Espagne –0,2 –0,3 –0,1 0,0 0,3 –0,2 –0,8 –1,8 –0,2 –0,3 0,1 0,0
Japon 0,0 0,0 –0,1 0,1 0,2 –0,1 –0,5 0,5 0,3 –0,1 –0,1 0,1
Royaume-Uni 0,1 –0,1 –0,3 0,4 –0,6 0,0 0,1 –0,2 1,0 –0,9 –0,2 0,1
Canada –0,1 0,1 0,0 0,9 0,0 –0,2 –0,7 0,8 1,2 –0,9 –0,1 0,0
Autres pays avancés1 0,0 0,0 0,0 0,2 0,3 –0,2 0,0 0,3 0,2 –0,8 –0,1 0,0
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,0 0,0 –0,3 0,2 0,0 0,0 –0,4 0,3 0,6 –0,4 –0,1 0,0
Solde extérieur2
Pays avancés 0,2 0,0 –0,1 0,1 –0,1 –0,2 –0,2 0,0 –0,5 0,6 0,2 0,1
États-Unis 0,2 –0,2 –0,2 –0,2 –0,3 –0,1 –0,2 –1,3 –0,5 0,6 0,0 0,0
Zone euro 0,3 0,1 –0,4 0,4 0,0 –0,7 –0,6 1,4 0,0 0,3 0,2 0,1
Allemagne 0,3 –0,2 –0,6 0,2 –0,6 –0,3 –1,0 0,8 –1,3 0,5 0,4 0,1
France –0,2 –0,1 –0,4 –0,1 0,4 –0,3 –1,3 0,2 –0,7 0,5 0,4 0,3
Italie 0,3 –0,1 –0,5 0,0 –0,3 0,7 –0,8 –0,1 –0,6 0,2 0,2 0,2
Espagne 0,8 0,2 1,0 –0,2 –0,6 0,4 –2,2 –0,2 2,9 0,8 0,0 0,0
Japon 0,1 0,1 0,5 0,6 0,0 –0,5 –0,9 1,1 –0,5 0,9 0,2 0,0
Royaume-Uni –0,2 0,0 –0,4 1,0 0,0 –0,3 1,7 –0,4 –1,7 0,1 –0,1 0,3
Canada –0,5 –0,1 0,4 –1,1 0,0 0,8 0,3 –1,8 –1,4 1,6 0,5 –0,3
Autres pays avancés1 0,6 0,3 0,1 –0,2 0,3 0,5 0,5 0,5 –0,7 1,3 0,7 0,3
Pour mémoire
Principaux pays avancés 0,1 –0,1 –0,2 0,0 –0,2 –0,1 –0,4 –0,5 –0,7 0,6 0,1 0,0
1Hors Groupe des Sept (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
2Variations en pourcentage du PIB de la période précédente.
de l’appendice statistique.
4Exclut le Venezuela, mais inclut l’Argentine à partir de 2017. Voir les notes relatives à l’Argentine et au Venezuela dans la section « Notes sur les pays » de l’appendice statistique.
Tableau A8. Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques1
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Moyenne Projections
2006–15 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2029
Principaux pays avancés
Prêt/emprunt (net) –5,2 –3,3 –3,3 –3,4 –3,8 –11,6 –8,7 –4,1 –7,0 –5,5 –5,3 –4,6
Écart de production2 –2,4 –1,6 –0,7 0,2 0,4 –3,1 0,1 0,7 0,3 –0,1 –0,2 –0,1
Solde structurel2 –4,0 –2,7 –3,0 –3,3 –3,9 –8,1 –7,9 –5,5 –6,8 –5,3 –5,2 –4,5
États-Unis
Prêt/emprunt (net)3 –6,6 –4,4 –4,8 –5,3 –5,8 –13,9 –11,1 –4,1 –8,8 –6,5 –7,1 –6,0
Écart de production2 –4,1 –2,1 –1,3 0,0 0,7 –2,5 1,5 1,3 0,7 0,4 0,1 0,0
Solde structurel2 –4,4 –3,6 –4,3 –5,1 –6,0 –10,6 –10,8 –6,8 –8,6 –6,7 –7,1 –5,9
Dette nette 67,8 82,0 80,6 81,4 83,2 98,0 97,8 94,7 96,3 97,6 100,7 108,0
Dette brute 90,0 106,6 105,5 106,8 108,1 132,0 125,0 120,0 122,1 123,3 126,6 133,9
Zone euro
Prêt/emprunt (net) –3,2 –1,5 –0,9 –0,4 –0,6 –7,0 –5,2 –3,7 –3,5 –2,9 –2,6 –2,3
Écart de production2 –1,1 –1,7 –0,6 –0,1 0,1 –4,6 –1,7 0,3 –0,2 –0,6 –0,4 –0,1
Solde structurel2 –2,4 –0,5 –0,5 –0,3 –0,5 –4,0 –4,0 –3,5 –3,3 –2,6 –2,4 –2,2
Dette nette 66,4 74,6 72,5 70,8 69,1 79,0 77,6 75,5 74,5 74,9 74,9 75,4
Dette brute 82,5 90,4 88,1 86,1 84,1 97,2 94,7 90,8 88,6 88,7 88,3 87,7
Allemagne
Prêt/emprunt (net) –0,8 1,2 1,3 1,9 1,5 –4,3 –3,6 –2,5 –2,1 –1,5 –1,3 –0,5
Écart de production2 0,0 0,1 1,0 0,8 0,4 –3,1 –1,1 0,8 –0,5 –1,3 –0,9 0,0
Solde structurel2 –0,6 1,2 1,2 1,6 1,3 –2,9 –3,0 –2,2 –1,9 –0,9 –0,8 –0,5
Dette nette 57,0 49,3 45,5 42,8 40,3 45,7 46,8 47,1 46,4 46,4 45,7 43,0
Dette brute 73,8 69,0 65,2 61,9 59,6 68,8 69,0 66,1 64,3 63,7 62,3 57,7
France
Prêt/emprunt (net) –4,4 –3,6 –3,0 –2,3 –3,1 –9,0 –6,5 –4,8 –5,5 –4,9 –4,9 –3,9
Écart de production2 –0,9 –2,7 –1,5 –0,8 0,0 –4,5 –2,1 –0,9 –0,9 –0,8 –0,7 –0,2
Solde structurel2 –3,9 –1,9 –1,9 –1,5 –2,1 –6,0 –5,0 –4,2 –4,9 –4,3 –4,4 –3,8
Dette nette 73,0 89,2 89,4 89,2 88,9 101,2 100,4 101,2 102,4 103,4 104,6 106,9
Dette brute 82,9 98,0 98,1 97,8 97,4 114,7 113,0 111,8 110,6 111,6 112,8 115,2
Italie
Prêt/emprunt (net) –3,2 –2,4 –2,4 –2,2 –1,5 –9,4 –8,7 –8,6 –7,2 –4,6 –3,2 –3,0
Écart de production2 –2,8 –3,6 –2,2 –1,5 –1,2 –5,9 –3,1 0,1 0,3 0,3 0,2 –0,7
Solde structurel2 –1,8 –0,8 –1,3 –1,5 –0,8 –5,8 –8,1 –9,2 –7,8 –4,8 –3,6 –2,5
Dette nette 109,2 121,6 121,3 121,8 121,7 141,5 134,8 129,1 126,6 128,9 130,3 135,8
Dette brute 120,2 134,8 134,2 134,5 134,2 154,9 147,1 140,5 137,3 139,2 140,4 144,9
Japon
Prêt/emprunt (net) –6,3 –3,6 –3,1 –2,5 –3,0 –9,1 –6,1 –4,4 –5,8 –6,5 –3,2 –3,8
Écart de production2 0,1 0,1 1,0 1,9 0,7 –2,9 –1,6 –0,9 0,2 0,1 0,1 0,0
Solde structurel2 –6,2 –4,5 –3,7 –3,0 –3,3 –8,1 –5,4 –4,3 –5,8 –6,6 –3,2 –3,9
Dette nette 125,8 149,5 148,1 151,1 151,7 162,0 156,4 150,3 155,9 157,7 155,7 152,9
Dette brute4 206,9 232,4 231,3 232,4 236,4 258,3 253,9 257,2 252,4 254,6 252,6 251,7
Royaume-Uni
Prêt/emprunt (net) –6,0 –3,3 –2,5 –2,3 –2,5 –13,1 –7,9 –4,7 –6,0 –4,6 –3,7 –3,4
Écart de production2 –1,6 –1,4 –0,3 –0,3 0,0 –3,6 0,5 1,8 –0,3 –1,1 –1,1 0,0
Solde structurel2 –4,8 –2,3 –2,1 –2,0 –2,4 0,5 –3,3 –3,0 –4,7 –2,9 –2,9 –3,3
Dette nette 63,2 78,8 77,2 76,6 75,8 93,1 91,7 90,5 92,5 92,9 94,7 98,0
Dette brute 70,3 87,8 86,7 86,3 85,7 105,8 105,2 100,4 101,1 104,3 106,4 110,1
Canada
Prêt/emprunt (net) –1,2 –0,5 –0,1 0,4 0,0 –10,9 –2,9 0,1 –0,6 –1,1 –0,9 –0,4
Écart de production2 0,0 –0,9 0,4 0,6 0,4 –3,4 –1,4 0,8 0,0 –0,6 –0,1 0,1
Solde structurel2 –1,2 0,0 –0,3 0,0 –0,2 –8,2 –1,9 –0,4 –0,6 –0,8 –0,8 –0,5
Dette nette5 24,9 18,0 12,7 11,7 8,7 16,1 14,3 15,6 12,8 13,3 13,4 12,9
Dette brute 81,0 92,4 90,9 90,8 90,2 118,2 113,5 107,4 107,1 104,7 102,1 95,4
Note : La méthodologie et les hypothèses propres à chaque pays sont décrites à l’encadré A1 de l’appendice statistique. Les chiffres composites des données budgétaires pour les groupes de
pays sont la somme en dollars des valeurs correspondant à chaque pays.
1Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année et ne sont pas toujours comparables entre les pays. Les dettes brutes et nettes déclarées par les organismes statistiques nationaux
pour les pays qui ont adopté le Système de comptabilité nationale 2008 (Australie, Canada, États-Unis et RAS de Hong Kong) sont ajustées de manière à exclure les engagements au titre des
retraites non capitalisées des plans de retraite à prestations définies des fonctionnaires.
2En pourcentage du PIB potentiel.
3Les chiffres déclarés par l’organisme national des statistiques sont ajustés pour exclure les postes liés à la comptabilité d’exercice des plans de retraite à prestations définies des fonctionnaires.
4Sur base non consolidée.
5Comprend les prises de participation.
des pays avancés, par la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate et par la moyenne des cours mondiaux des produits primaires hors combustibles,
pondérée en fonction de leurs parts respectives, en 2014–16, dans le total des importations mondiales des produits de base.
3Variation en pourcentage de la moyenne des prix des bruts U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate.
4Variation en pourcentage des produits manufacturés exportés par les pays avancés.
Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2029
Pays avancés 0,8 1,0 0,8 0,8 0,3 1,0 –0,3 0,5 0,7 0,7 0,7
États-Unis –2,1 –1,9 –2,1 –2,1 –2,8 –3,5 –3,8 –3,0 –2,5 –2,5 –2,1
Zone euro 3,0 3,1 2,8 2,4 1,8 2,8 –0,5 1,9 2,3 2,3 2,3
Allemagne 8,6 7,8 8,0 8,2 7,1 7,7 4,4 6,8 7,0 6,9 6,1
France –0,5 –0,8 –0,8 0,5 –1,6 0,4 –2,0 –0,7 –0,6 –0,6 –0,1
Italie 2,6 2,7 2,6 3,3 3,9 2,4 –1,5 0,2 0,8 1,3 2,4
Espagne 3,2 2,8 1,9 2,1 0,6 0,8 0,6 2,6 2,5 2,4 1,7
Japon 4,0 4,1 3,5 3,4 3,0 3,9 2,0 3,4 3,5 3,5 3,1
Royaume-Uni –5,4 –3,5 –3,9 –2,7 –2,9 –0,5 –3,1 –2,2 –2,6 –2,8 –2,8
Canada –3,1 –2,8 –2,4 –2,0 –2,0 0,0 –0,4 –0,6 0,3 0,4 –0,6
Autres pays avancés 1 5,0 4,7 4,5 4,7 5,2 7,0 7,0 6,4 6,6 6,5 6,0
Pays émergents et pays en développement –0,4 –0,1 –0,2 0,0 0,4 0,9 1,5 0,6 0,3 0,2 –0,2
Par région
Pays émergents et pays en développement
d’Asie 1,3 0,9 –0,3 0,5 1,5 1,2 1,2 1,0 0,7 0,7 0,3
Pays émergents et pays en développement
d’Europe –0,3 –0,7 1,6 1,3 0,1 1,5 2,7 –0,5 –0,3 –0,5 –0,3
Amérique latine et Caraïbes –2,2 –1,8 –2,7 –2,1 –0,3 –1,9 –2,4 –1,2 –1,0 –1,2 –1,3
Moyen-Orient et Asie centrale –4,0 –1,0 2,9 0,4 –3,5 3,4 8,4 4,0 1,8 1,4 –0,4
Afrique subsaharienne –3,5 –2,0 –2,0 –3,1 –2,7 –1,0 –2,0 –2,8 –2,8 –2,6 –2,2
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles –3,0 1,2 5,6 2,0 –3,2 5,4 11,4 5,6 3,8 3,0 1,0
Autres produits 0,0 –0,2 –0,8 –0,2 0,8 0,5 0,4 0,1 –0,1 –0,1 –0,3
Dont : produits primaires –2,6 –3,0 –3,6 –2,4 0,0 –0,7 –2,8 –2,5 –1,7 –1,7 –1,4
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –1,8 –1,9 –2,4 –1,7 –0,7 –2,0 –2,7 –1,3 –1,7 –1,7 –1,9
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2018 et 2022 –5,7 –4,9 –3,8 –3,7 –2,4 –2,4 –2,1 –2,9 –4,1 –3,6 –2,3
Pour mémoire
Monde 0,3 0,5 0,4 0,4 0,4 0,9 0,5 0,5 0,5 0,5 0,3
Union européenne 3,4 3,3 3,1 3,0 2,7 3,7 1,2 3,1 3,0 3,0 2,9
Moyen-Orient et Afrique du Nord –4,1 –0,6 4,1 1,1 –3,8 4,2 10,0 5,3 2,7 2,1 0,2
Pays émergents et pays à revenu intermédiaire –0,2 0,0 0,0 0,2 0,7 1,2 1,9 0,8 0,5 0,4 0,0
Pays en développement à faible revenu –2,5 –1,9 –3,2 –3,4 –3,2 –3,3 –4,2 –3,1 –3,1 –3,4 –2,9
Tableau A10. État récapitulatif des soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage des exportations des biens et des services)
Projections
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2029
Pays avancés 2,7 3,2 2,5 2,5 1,2 3,1 –1,0 1,5 2,2 2,2 2,2
États-Unis –17,7 –15,4 –17,3 –17,3 –27,6 –32,4 –32,2 –26,6 –23,1 –23,1 –19,2
Zone euro 11,1 11,2 10,1 8,4 6,7 10,0 –1,7 6,3 ... ... ...
Allemagne 18,7 16,6 16,8 17,3 16,2 16,3 8,6 14,5 14,8 14,7 13,1
France –1,5 –2,4 –2,5 1,6 –5,7 1,1 –5,6 –2,2 –1,7 –1,6 –0,3
Italie 9,0 8,6 8,3 10,3 13,2 7,6 –4,0 0,4 2,3 3,8 6,6
Espagne 9,4 7,9 5,3 6,0 2,0 2,2 1,5 6,7 6,6 6,0 4,2
Japon 24,4 23,2 19,1 19,5 18,9 21,3 9,2 15,8 15,2 15,4 14,2
Royaume-Uni –18,8 –11,3 –12,4 –8,5 –9,7 –1,6 –9,2 –6,9 –8,3 –9,2 –9,6
Canada –9,8 –8,9 –7,4 –6,0 –6,8 0,0 –1,1 –1,8 1,0 1,1 –1,8
Autres pays avancés 1 9,0 8,3 7,7 8,2 9,7 11,9 11,0 10,5 10,8 10,5 9,7
Pays émergents et pays en développement –1,4 –0,4 –0,8 –0,1 1,8 3,4 5,1 2,3 1,0 0,7 –0,8
Par région
Pays émergents et pays en développement
d’Asie 5,7 4,0 –1,2 2,1 7,3 5,1 4,8 4,1 2,9 3,0 1,3
Pays émergents et pays en développement
d’Europe –0,9 –1,9 4,2 3,3 0,1 3,8 6,5 –1,3 –0,9 –1,2 –0,9
Amérique latine et Caraïbes –10,2 –8,3 –11,4 –8,9 –1,2 –7,2 –8,3 –4,6 –4,2 –4,7 –5,4
Moyen-Orient et Asie centrale –12,1 –3,1 6,5 0,8 –10,2 8,5 18,4 9,2 4,1 3,1 –1,4
Afrique subsaharienne –16,7 –8,8 –8,4 –13,4 –13,3 –4,2 –7,8 –11,1 –10,2 –9,8 –8,7
Classification analytique
Source des recettes d’exportation
Combustibles –8,2 2,9 12,5 4,5 –8,9 12,7 23,8 12,5 8,4 6,4 2,1
Autres produits –0,2 –1,0 –3,4 –1,0 3,4 2,0 1,4 0,4 –0,4 –0,3 –1,3
Dont : produits primaires –11,9 –13,3 –14,9 –9,4 –0,1 –2,6 –9,7 –9,6 –5,9 –5,7 –4,7
Source de financement extérieur
Pays débiteurs (net) –6,8 –6,9 –8,5 –6,1 –2,6 –6,8 –8,3 –4,4 –5,6 –5,9 –6,7
Pays débiteurs (net) selon
le service de la dette
Pays ayant accumulé des arriérés
ou bénéficié d’un rééchelonnement
entre 2018 et 2022 –25,2 –18,1 –13,2 –13,1 –10,1 –9,1 –7,6 –10,5 –15,2 –12,8 –8,9
Pour mémoire
Monde 1,2 1,9 1,3 1,5 1,5 3,2 1,4 1,8 1,7 1,6 1,0
Union européenne 7,2 6,7 6,2 6,1 5,8 7,3 2,2 5,8 5,8 5,7 5,3
Moyen-Orient et Afrique du Nord –11,2 –1,9 8,5 2,3 –10,0 9,7 20,1 11,1 5,6 4,2 0,1
Pays émergents et pays à revenu intermédiaire –0,9 0,0 –0,1 0,6 2,7 4,2 6,2 3,0 1,6 1,5 –0,2
Pays en développement à faible revenu –15,0 –9,7 –15,7 –17,0 –19,1 –17,3 –20,1 –14,5 –13,8 –15,1 –13,4
1Hors Groupe des Sept (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et zone euro.
Tableau A12. Pays émergents et pays en développement : soldes des transactions courantes
(En pourcentage du PIB)
Projections
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2029
Pays émergents et pays
en développement d’Asie 1,3 0,9 –0,3 0,5 1,5 1,2 1,2 1,0 0,7 0,7 0,3
Bangladesh 1,6 –0,5 –3,0 –1,3 –1,5 –1,1 –4,1 –0,7 –0,8 –2,7 –3,0
Bhoutan –29,4 –22,1 –17,4 –19,2 –14,8 –11,2 –28,1 –34,5 –12,3 –6,4 –8,6
Brunéi Darussalam 12,9 16,4 6,9 6,6 4,3 11,2 19,6 19,0 18,6 18,5 16,7
Cambodge –6,4 –6,0 –8,7 –8,0 –2,5 –31,0 –19,2 1,3 –3,5 –4,1 –4,2
Chine 1,7 1,5 0,2 0,7 1,7 2,0 2,3 1,5 1,3 1,4 1,1
Fidji –3,5 –6,6 –8,5 –12,8 –13,7 –15,9 –17,3 –4,7 –6,3 –6,8 –7,6
Îles Marshall 10,0 –0,9 –2,0 –31,3 15,0 22,5 17,5 11,5 6,2 1,7 –11,4
Îles Salomon –3,5 –4,3 –3,0 –9,5 –1,6 –5,3 –14,2 –9,8 –4,7 –6,1 –3,8
Inde –0,6 –1,8 –2,1 –0,9 0,9 –1,2 –2,0 –1,2 –1,4 –1,6 –2,3
Indonésie –1,8 –1,6 –2,9 –2,7 –0,4 0,3 1,0 –0,1 –0,9 –1,3 –1,3
Kiribati 9,3 31,6 32,6 40,0 31,8 7,0 –2,4 10,2 9,7 9,2 7,9
Lao, République démocratique populaire –8,7 –7,4 –9,1 –7,0 –1,2 2,4 –0,1 –0,3 1,7 1,7 –4,7
Malaisie 2,4 2,8 2,2 3,5 4,2 3,9 3,1 1,2 2,4 2,7 3,0
Maldives –23,6 –21,0 –28,4 –26,6 –34,8 –8,4 –16,1 –22,8 –19,4 –13,9 –9,9
Micronésie 7,3 10,5 21,6 16,1 –5,9 2,2 8,5 3,3 0,8 0,8 –0,5
Mongolie –6,3 –10,1 –16,7 –15,2 –5,1 –13,8 –13,4 1,2 –7,5 –9,2 –7,3
Myanmar –4,2 –6,8 –4,7 –2,8 –3,5 –0,3 –4,6 –6,1 –6,3 –6,3 –4,2
Nauru 4,2 12,4 7,6 4,6 2,5 3,8 –0,5 3,4 4,9 –1,2 –1,5
Népal 5,5 –0,3 –7,1 –6,9 –1,0 –7,7 –12,7 –1,4 1,5 –2,0 –2,0
Palaos –16,2 –22,9 –19,0 –30,8 –47,2 –43,3 –54,7 –40,8 –26,4 –21,3 –12,2
Papouasie-Nouvelle-Guinée 13,7 15,9 12,9 14,8 14,1 13,3 16,7 16,6 12,2 14,4 9,3
Philippines –0,4 –0,7 –2,6 –0,8 3,2 –1,5 –4,5 –2,6 –2,2 –1,6 –0,9
Samoa –4,2 –1,8 0,8 2,8 0,6 –14,5 –11,3 –4,8 –2,1 –2,2 –2,1
Sri Lanka1 –2,0 –2,4 –3,0 –2,1 –1,4 –3,7 –1,0 ,,, ,,, ,,, ,,,
Thaïlande 10,5 9,6 5,6 7,0 4,2 –2,0 –3,2 1,3 1,7 2,0 2,9
Timor-Leste –33,0 –17,5 –12,1 18,4 –13,0 4,2 8,5 –16,0 –42,0 –43,7 –47,1
Tonga –6,5 –6,4 –6,3 –0,8 –5,3 –5,2 –6,3 –6,8 –7,3 –7,3 –7,7
Tuvalu 29,9 2,1 60,9 –22,2 16,3 24,1 4,6 2,7 –1,2 –4,5 –4,5
Vanuatu –2,4 –8,0 3,3 7,8 –6,1 –8,0 –12,5 –4,7 –4,3 –3,1 –2,1
Viet Nam 0,2 –0,6 1,9 3,8 4,3 –2,2 0,0 5,1 2,3 2,0 0,9
Pays émergents et pays en développement
d’Europe –0,3 –0,7 1,6 1,3 0,1 1,5 2,7 –0,5 –0,3 –0,5 –0,3
Albanie –7,6 –7,5 –6,8 –7,6 –8,7 –7,7 –6,0 –3,7 –3,8 –4,1 –3,5
Bélarus –3,4 –1,7 0,0 –1,9 –0,3 3,2 3,5 –0,1 –0,5 –1,3 –0,7
Bosnie-Herzégovine –4,7 –4,8 –3,2 –2,6 –2,8 –1,8 –4,3 –4,3 –4,5 –4,3 –3,9
Bulgarie 3,1 3,3 0,9 1,9 0,0 –1,7 –1,4 0,3 –0,3 –1,2 –0,4
Hongrie 4,5 2,0 0,2 –0,8 –1,1 –4,2 –8,2 0,3 –0,2 –0,3 0,1
Kosovo –8,0 –5,5 –7,6 –5,7 –7,0 –8,7 –10,6 –7,6 –6,9 –5,8 –4,6
Macédoine du Nord –2,6 –0,8 0,2 –3,0 –2,9 –2,8 –6,1 0,7 –0,8 –2,7 –2,6
Moldova, République de –3,6 –5,8 –10,8 –9,4 –7,7 –12,4 –15,8 –12,8 –11,5 –10,3 –8,3
Monténégro –16,2 –16,1 –17,0 –14,3 –26,1 –9,2 –12,9 –11,4 –12,4 –13,5 –13,6
Pologne –1,0 –1,1 –1,9 –0,2 2,5 –1,2 –2,4 1,6 0,7 –0,2 –1,0
Roumanie –1,6 –3,1 –4,6 –4,9 –4,9 –7,2 –9,1 –7,1 –7,1 –6,8 –6,0
Russie 1,9 2,0 7,0 3,9 2,4 6,6 10,5 2,5 2,7 2,7 3,0
Serbie –2,9 –5,2 –4,8 –6,9 –4,1 –4,3 –6,9 –2,6 –3,9 –4,7 –5,4
Türkiye –3,1 –4,7 –2,6 1,4 –4,4 –0,9 –5,4 –4,1 –2,8 –2,2 –1,8
Ukraine –1,5 –2,2 –3,3 –2,7 3,3 –1,9 5,0 –5,5 –5,7 –8,2 –4,5
Amérique latine et Caraïbes –2,2 –1,8 –2,7 –2,1 –0,3 –1,9 –2,4 –1,2 –1,0 –1,2 –1,3
Antigua-et-Barbuda –2,5 –8,0 –14,5 –6,7 –15,8 –18,4 –16,2 –13,5 –11,1 –10,6 –9,3
Argentine –2,7 –4,8 –5,2 –0,8 0,7 1,4 –0,7 –3,5 0,9 0,9 1,5
Aruba 4,6 1,0 –0,5 0,3 –15,7 –1,7 6,4 4,6 6,5 6,6 3,6
Bahamas –12,5 –13,5 –9,5 –2,2 –23,4 –21,1 –8,2 –7,5 –6,7 –6,1 –5,4
Barbade –4,3 –3,8 –4,0 –2,6 –5,9 –11,0 –10,7 –8,1 –7,0 –6,2 –5,1
Belize –7,3 –7,0 –6,6 –7,7 –6,2 –6,5 –8,3 –2,9 –2,1 –2,1 –2,1
Bolivie –5,6 –5,0 –4,3 –3,3 0,0 2,6 –0,4 –5,0 –5,7 –5,8 –5,2
Brésil –1,7 –1,2 –2,9 –3,6 –1,9 –2,8 –2,5 –1,3 –1,4 –1,5 –2,0
Chili –2,6 –2,8 –4,5 –5,2 –1,9 –7,3 –8,7 –3,5 –3,9 –3,7 –3,0
Colombie –4,5 –3,2 –4,2 –4,6 –3,4 –5,6 –6,2 –2,7 –3,0 –3,3 –3,6
Tableau A12. Pays émergents et pays en développement : soldes des transactions courantes (suite)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2029
Amérique latine et Caraïbes (fin) –2,2 –1,8 –2,7 –2,1 –0,3 –1,9 –2,4 –1,2 –1,0 –1,2 –1,3
Costa Rica –2,1 –3,6 –3,0 –1,3 –1,0 –3,2 –3,7 –1,4 –2,1 –1,9 –1,4
Dominique –9,0 –11,0 –46,7 –38,1 –37,4 –32,9 –26,7 –26,2 –20,1 –18,1 –11,8
El Salvador –2,3 –1,9 –3,3 –0,4 1,6 –4,4 –6,7 –1,4 –2,6 –2,7 –3,0
Équateur 1,1 –0,2 –1,2 –0,2 2,3 2,9 1,8 1,2 0,9 1,2 1,3
Grenade –8,8 –11,5 –12,8 –10,4 –16,1 –14,5 –11,0 –14,9 –17,0 –13,3 –10,7
Guatemala 1,0 1,2 0,9 2,4 5,0 2,2 1,3 2,9 2,4 1,9 0,5
Guyana 1,5 –4,9 –29,0 –68,8 –16,3 –25,9 23,7 20,2 22,9 15,3 36,6
Haïti –1,7 –2,2 –2,9 –1,1 0,4 0,4 –2,3 –3,2 –0,8 –1,2 –0,9
Honduras –3,1 –1,2 –6,6 –2,6 2,8 –5,4 –6,6 –4,0 –4,3 –4,1 –3,9
Jamaïque –0,3 –2,7 –1,5 –1,9 –1,1 1,0 –0,8 1,5 0,3 –0,9 –1,9
Mexique –2,3 –1,8 –2,1 –0,3 2,4 –0,3 –1,2 –0,3 –0,8 –0,8 –0,9
Nicaragua –8,5 –7,2 –1,8 5,9 3,6 –3,1 –1,6 4,5 3,1 1,9 0,9
Panama –7,5 –5,8 –7,9 –5,8 –0,3 –3,0 –3,9 2,0 –2,1 –3,4 –2,2
Paraguay 4,6 3,3 –0,2 –0,6 1,9 –0,9 –7,1 0,2 0,6 1,5 1,3
Pérou –2,2 –0,8 –1,2 –0,6 1,1 –2,2 –4,0 0,6 –1,1 –1,4 –1,5
République dominicaine –1,1 –0,2 –1,5 –1,3 –1,7 –2,8 –5,6 –3,9 –3,7 –3,5 –3,2
Saint-Kitts-et-Nevis –12,1 –10,2 –5,8 –4,8 –10,8 –5,1 –10,9 –5,4 –6,5 –8,6 –1,8
Saint-Vincent-et-les Grenadines –12,9 –11,7 –10,3 –2,4 –15,8 –22,6 –19,3 –17,6 –16,8 –14,9 –8,9
Sainte-Lucie –6,5 –2,0 1,4 5,5 –18,6 –12,0 –2,9 –6,7 –5,5 –4,5 –0,1
Suriname –4,8 1,9 –3,0 –11,2 8,9 5,7 2,1 2,4 2,1 1,8 1,3
Trinité-et-Tobago –3,3 5,9 6,6 4,3 –6,5 11,0 17,9 9,1 5,7 6,5 6,9
Uruguay 0,8 0,0 –0,5 1,2 –0,8 –2,5 –4,0 –3,9 –3,6 –3,2 –2,2
Venezuela1 –3,4 7,5 8,4 5,9 –3,5 –1,2 3,6 3,4 4,7 4,0 ...
Moyen-Orient et Asie centrale –4,0 –1,0 2,9 0,4 –3,5 3,4 8,4 4,0 1,8 1,4 –0,4
Afghanistan1 9,0 7,6 12,1 11,7 14,0 ... ... ... ... ... ...
Algérie –14,6 –11,8 –8,7 –8,7 –11,3 –2,4 8,4 2,2 0,1 –1,5 –3,8
Arabie saoudite –3,7 1,7 8,6 4,6 –3,5 4,8 13,7 3,9 0,5 –0,6 –2,9
Arménie –1,0 –1,3 –7,2 –7,1 –4,0 –3,5 0,8 –1,9 –2,8 –3,6 –5,0
Azerbaïdjan –3,6 4,1 12,8 9,1 –0,5 15,1 29,8 9,9 8,5 8,1 4,3
Bahreïn –4,6 –4,1 –6,4 –2,1 –9,4 6,6 15,4 6,3 6,9 5,3 0,5
Cisjordanie et Gaza1 –13,9 –13,2 –13,1 –10,4 –12,3 –9,8 –10,6 –13,1 ... ... ...
Djibouti –1,0 –4,8 14,7 18,3 11,5 –6,6 17,6 23,5 5,1 4,0 5,2
Égypte –5,6 –5,8 –2,3 –3,4 –2,9 –4,4 –3,5 –1,2 –6,3 –2,4 –2,6
Émirats arabes unis 3,6 7,0 9,7 8,9 6,0 11,5 11,6 9,3 7,8 6,9 6,4
Géorgie –12,2 –7,9 –6,7 –5,8 –12,4 –10,3 –4,5 –4,3 –5,8 –5,6 –5,5
Iran 2,9 3,1 7,9 –0,7 –0,4 3,9 4,1 4,4 3,6 3,4 3,2
Iraq –7,9 –5,3 3,9 –0,7 –15,0 6,9 16,8 2,6 –3,6 –5,1 –8,8
Jordanie –9,7 –10,6 –6,8 –1,7 –5,7 –8,0 –7,9 –7,0 –6,3 –4,5 –4,3
Kazakhstan –5,1 –2,1 –1,0 –3,9 –6,4 –1,4 3,1 –3,8 –4,5 –2,7 –4,3
Koweït –4,6 8,0 14,4 12,9 4,5 26,4 34,5 32,8 30,1 27,1 17,1
Liban1 –23,5 –26,5 –28,9 –28,3 –16,1 –17,5 –36,1 ... ... ... ...
Libye –9,4 6,6 14,7 6,7 –10,2 16,1 28,6 15,7 20,4 20,8 11,7
Maroc –3,8 –3,2 –4,9 –3,4 –1,2 –2,3 –3,5 –1,5 –2,6 –2,9 –3,2
Mauritanie –11,0 –10,0 –13,1 –10,5 –6,8 –8,5 –15,5 –11,2 –11,7 –9,2 –7,4
Oman –16,6 –13,6 –4,9 –4,9 –16,5 –5,5 4,9 1,8 2,7 2,1 1,9
Ouzbékistan 0,2 2,4 –6,8 –5,6 –5,0 –7,0 –0,8 –4,9 –4,9 –4,5 –4,9
Pakistan –1,6 –3,6 –5,4 –4,2 –1,5 –0,8 –4,7 –0,7 –1,1 –1,2 –1,5
Qatar –5,5 4,0 9,1 2,4 –2,1 14,6 26,7 18,7 15,6 13,2 10,2
République kirghize –11,6 –6,2 –12,1 –11,5 4,5 –8,0 –43,6 –30,4 –9,5 –8,0 –5,0
Somalie –5,5 1,7 0,0 –8,9 –4,4 –6,8 –8,0 –9,6 –8,7 –8,8 –10,5
Soudan1 –6,5 –9,4 –14,0 –14,2 –16,9 –7,5 –11,2 –5,4 –6,9 –11,0 –10,4
Syrie1 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Tadjikistan –4,2 2,1 –4,9 –2,2 4,1 8,2 15,6 –0,7 –2,1 –2,2 –2,7
Tunisie –8,8 –9,7 –10,4 –7,8 –5,9 –6,0 –8,6 –2,5 –3,5 –3,7 –4,2
Turkménistan –22,6 –13,6 6,1 2,9 2,9 6,6 7,0 4,8 4,1 2,8 –1,4
Yémen –5,4 –1,5 –3,2 –4,2 –15,6 –14,2 –17,8 –19,1 –23,7 –21,5 0,6
Tableau A12. Pays émergents et pays en développement : soldes des transactions courantes (fin)
(En pourcentage du PIB)
Projections
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2029
Afrique subsaharienne –3,5 –2,0 –2,0 –3,1 –2,7 –1,0 –2,0 –2,8 –2,8 –2,6 –2,2
Angola –3,1 –0,5 7,3 6,1 1,5 11,2 9,6 3,1 4,9 4,6 3,9
Afrique du Sud –2,7 –2,4 –2,9 –2,6 1,9 3,7 –0,5 –1,6 –1,8 –1,9 –2,2
Bénin –3,0 –4,2 –4,6 –4,0 –1,7 –4,2 –6,0 –5,6 –5,0 –4,6 –4,2
Botswana 8,0 5,6 0,4 –6,9 –10,3 –1,3 3,0 –0,4 –1,2 2,5 0,9
Burkina Faso –6,1 –5,0 –4,2 –3,3 4,2 0,4 –7,2 –7,9 –5,7 –4,1 –2,2
Burundi –11,1 –11,7 –11,4 –11,6 –9,7 –11,6 –16,2 –13,3 –17,3 –15,3 –11,5
Cabo Verde –3,4 –7,0 –4,8 0,2 –15,3 –12,2 –3,4 –5,3 –6,1 –6,3 –3,2
Cameroun –3,1 –2,6 –3,5 –4,3 –3,7 –4,0 –3,4 –2,8 –2,8 –2,8 –2,8
Comores –4,4 –2,2 –3,0 –3,5 –1,8 –0,3 –0,5 –6,0 –5,8 –5,3 –4,0
Congo, République démocratique du –3,9 –3,1 –3,5 –3,2 –2,1 –1,0 –5,0 –5,4 –4,1 –3,2 –3,0
Congo, République du –45,3 –3,9 18,3 11,6 12,6 12,8 18,5 3,2 2,5 –0,1 –3,2
Côte d’Ivoire –0,9 –2,0 –3,9 –2,2 –3,1 –3,9 –7,7 –6,0 –3,8 –2,6 –1,6
Érythrée1 13,4 24,8 15,5 13,0 ... ... ... ... ... ... ...
Eswatini 7,9 6,2 1,3 3,9 7,1 2,6 –2,7 2,2 2,1 1,1 0,0
Éthiopie –10,9 –8,5 –6,5 –5,3 –4,6 –3,2 –4,3 –2,9 –2,6 –1,7 –1,7
Gabon –5,4 –0,7 7,1 4,6 –0,5 3,3 10,4 4,2 4,0 3,0 0,5
Gambie –9,2 –7,4 –9,5 –6,2 –3,0 –4,2 –4,2 –4,1 –4,4 –3,1 –1,2
Ghana –5,1 –3,3 –3,0 –2,2 –2,5 –2,7 –2,1 –1,7 –1,9 –2,2 –2,4
Guinée –30,7 –6,7 –18,5 –15,5 –16,2 –2,5 –8,6 –8,7 –10,6 –10,0 –8,6
Guinée équatoriale –26,0 –7,8 –2,7 –7,5 –0,8 4,2 2,4 –1,3 –2,7 –2,7 –7,8
Guinée-Bissau 1,4 0,3 –3,5 –8,5 –2,6 –0,8 –9,6 –9,4 –5,6 –4,6 –4,1
Kenya –5,4 –7,0 –5,4 –5,2 –4,7 –5,2 –5,2 –3,9 –4,3 –4,2 –4,1
Lesotho –7,8 –4,0 –3,5 –2,5 –1,8 –5,4 –9,6 –2,9 –1,1 –7,0 –3,9
Libéria –23,0 –22,3 –21,3 –19,6 –16,4 –17,8 –19,0 –26,5 –24,8 –24,5 –19,3
Madagascar 0,5 –0,4 0,7 –2,3 –5,4 –4,9 –5,4 –4,5 –4,8 –4,7 –4,7
Malawi –13,1 –15,5 –12,0 –12,6 –13,8 –14,1 –3,2 –6,9 –7,1 –9,4 –6,8
Mali –7,2 –7,3 –4,9 –7,5 –2,2 –7,4 –8,0 –9,0 –5,1 –4,4 –3,8
Maurice –3,9 –4,5 –3,8 –5,0 –8,8 –13,0 –11,5 –5,9 –5,3 –4,8 –4,5
Mozambique –31,9 –19,5 –31,8 –19,0 –27,4 –22,6 –34,7 –11,0 –38,7 –42,9 –9,2
Namibie –16,5 –4,4 –3,6 –1,8 3,0 –11,2 –13,1 –10,9 –7,2 –6,6 –6,3
Niger –11,4 –11,4 –12,7 –12,2 –13,2 –14,1 –16,2 –12,8 –5,1 –4,3 –3,7
Nigéria 1,3 3,6 1,7 –3,1 –3,7 –0,7 0,2 0,3 0,6 –0,1 –0,9
Ouganda –2,6 –4,8 –6,1 –6,9 –9,5 –9,3 –8,8 –7,7 –7,3 –7,6 –5,0
République centrafricaine –5,4 –7,8 –8,0 –4,9 –8,2 –11,1 –12,7 –9,0 –7,7 –6,7 –6,8
Rwanda –15,3 –9,5 –10,1 –11,9 –12,1 –11,2 –9,8 –11,7 –12,1 –9,8 –7,7
Sao Tomé-et-Principe –7,2 –15,3 –13,2 –12,7 –11,2 –12,1 –13,1 –12,9 –9,2 –8,9 –6,7
Sénégal –4,2 –7,3 –8,8 –7,9 –10,9 –12,1 –19,9 –15,1 –8,9 –4,8 –4,2
Seychelles –18,7 –17,9 –2,4 –2,8 –12,3 –10,1 –6,9 –7,3 –8,4 –8,5 –8,6
Sierra Leone –7,6 –18,3 –17,1 –19,4 –7,9 –9,5 –11,0 –4,0 –2,8 –3,7 –4,2
Soudan du Sud 19,6 9,6 11,0 2,1 –18,9 –9,4 9,7 1,7 3,9 5,7 1,4
Tanzanie –4,2 –2,9 –3,5 –3,0 –2,5 –3,8 –5,6 –5,3 –4,2 –3,6 –2,2
Tchad –4,6 –6,0 –4,2 –3,3 –2,8 –1,9 5,4 –2,5 –2,3 –3,0 –2,7
Togo –7,2 –1,5 –2,6 –0,8 –0,3 –2,2 –4,2 –3,4 –3,9 –3,6 –2,3
Zambie –3,3 –1,7 –1,3 0,4 10,6 9,7 3,7 –1,8 3,7 5,2 8,8
Zimbabwe –3,4 –1,2 –3,7 3,5 2,5 1,0 1,0 0,4 0,2 1,0 1,1
1Voirles notes relatives à l’Afghanistan, à la Cisjordanie et Gaza, à l’Érythrée, au Liban, au Soudan, à Sri Lanka, à la Syrie et au Venezuela dans la section « Notes sur les pays » de
l’appendice statistique.
Évaluation des risques qui entourent les projections de référence des Perspectives
de l’économie mondiale Octobre 2022, encadré 1.3
Évaluation des risques qui entourent les projections de référence des Perspectives
de l’économie mondiale Avril 2023, encadré 1.3
Évaluation des risques qui entourent les projections de référence des Perspectives
de l’économie mondiale Octobre 2023, encadré 1.2
Évaluation des risques qui entourent les projections de référence des Perspectives
de l’économie mondiale Avril 2024, encadré 1.2
Quel rôle jouent vraiment les cours mondiaux dans la hausse des prix alimentaires ? Octobre 2016, encadré 3.3
Marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées principalement sur le rôle
de la technologie et des sources non conventionnelles sur le marché mondial du pétrole Avril 2017, chapitre 1, dossier spécial
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2017, chapitre 1, dossier spécial
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2018, chapitre 1, dossier spécial
Qu’est-ce qui a freiné l’inflation hors alimentation et énergie dans les pays avancés ? Avril 2018, encadré 1.2
Le rôle des métaux dans l’économie des véhicules électriques Avril 2018, encadré [Link].1
Aperçu de l’inflation : régions et pays Octobre 2018, encadré 1.4
Marchés des produits de base — évolution et prévisions, axées principalement sur
les tendances récentes de la demande d’énergie Octobre 2018, chapitre 1, dossier spécial
L’offre et la demande d’énergies renouvelables Octobre 2018, encadré [Link].1
Normalisation des conditions financières mondiales :
défis de la politique monétaire dans les pays émergents Octobre 2018, chapitre 3
Dynamique de l’inflation dans un groupe plus large de pays émergents et en développement Octobre 2018, encadré 3.1
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2019, chapitre 1, dossier spécial
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2019, chapitre 1, dossier spécial
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2020, chapitre 1, dossier spécial
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2020, chapitre 1, dossier spécial
Bilan des émissions mondiales de carbone en 2019 Octobre 2020, encadré [Link].1
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Avril 2021, chapitre 1, dossier spécial
Prix des logements et inflation des prix à la consommation Octobre 2021, encadré 1.1
Marchés des produits de base — évolution et prévisions Octobre 2021, chapitre 1, dossier spécial
Paniques inflationnistes Octobre 2021, chapitre 2
L’inflation hors alimentation et énergie dans la crise de la COVID-19 Octobre 2021, encadré 2.2
Évolution du marché et rythme du désinvestissement dans les combustibles fossiles Avril 2022, chapitre 1, dossier spécial
Analyse d’erreurs récentes dans les prévisions de l’inflation des Perspectives de l’économie
mondiale Octobre 2022, encadré 1.1
Pouvoir de marché et inflation pendant la pandémie de COVID-19 Octobre 2022, encadré 1.2
Évolution des marchés des produits de base et moteurs de l’inflation des prix des produits
alimentaires Octobre 2022, chapitre 1, dossier spécial
Évolution des marchés et impact macroéconomique d’une moindre extraction
de combustibles fossiles Avril 2023, chapitre 1, dossier spécial
Prix des produits de base et politique monétaire : analyse des données à haute fréquence Octobre 2023, chapitre 1, dossier
spécial, annexe 1.1, disponible en ligne
et en anglais uniquement
Anticipations d’inflation des entreprises, degré d’attention et efficacité de la politique
monétaire Octobre 2023, encadré 2.1
Subventions à l’énergie, inflation et anticipations : analyse des mesures prises
dans la zone euro Octobre 2023, encadré 2.3
Fragmentation et marchés des produits de base : vulnérabilités et risques Octobre 2023, chapitre 3
Tensions liées au commerce des produits de base : ce que montrent les données
sur le trafic maritime des navires-citernes Octobre 2023, encadré 3.1
V. Politique budgétaire
La grande divergence entre les politiques économiques Avril 2013, encadré 1.1
Surendettement public et résultats du secteur privé Avril 2013, encadré 1.2
Le moment est-il propice à une relance des infrastructures ? Les effets macroéconomiques
de l’investissement public Octobre 2014, chapitre 3
Améliorer l’efficience de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.2
Les effets macroéconomiques d’une augmentation de l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.4
dans les pays en développement
Les institutions et règles budgétaires et l’investissement public Octobre 2014, encadré 3.5
Hausses des cours des produits de base et investissements publics Octobre 2015, encadré 2.2
Les retombées transfrontalières de la politique budgétaire sont-elles encore
une question pertinente ? Octobre 2017, chapitre 4
Les retombées des chocs de dépenses publiques aux États-Unis sur les positions extérieures Octobre 2017, encadré 4.1
L’impact macroéconomique des modifications de la politique fiscale des entreprises Avril 2018, encadré 1.5
Politiques localisées : repenser les politiques budgétaires pour résorber les inégalités intérieures Octobre 2019, encadré 2.4
Retour à la réalité : faire face à l’envolée de la dette publique Avril 2023, chapitre 3
Réformes du marché pour favoriser la croissance et la viabilité de la dette Avril 2023, encadré 3.1
Imprudence budgétaire et anticipations d’inflation : le rôle du cadre de politique monétaire Octobre 2023, encadré 2.1
Politiques industrielles dans les pays émergents : hier et aujourd’hui Avril 2024, encadré 4.1
Dynamique du marché du travail par niveau de qualification Octobre 2017, encadré 2.1
Contrats de travail et rigidité des salaires nominaux en Europe :
observations au niveau de l’entreprise Octobre 2017, encadré 2.2
Ajustement des salaires et de l’emploi après la crise financière mondiale :
observations au niveau des entreprises Octobre 2017, encadré 2.3
Le recul des investissements directs étrangers mondiaux en 2018 Octobre 2019, encadré 1.2
Les échanges et les chaînes de valeur mondiaux pendant la pandémie Avril 2022, chapitre 4
Effets des perturbations de l’approvisionnement mondial durant la pandémie Avril 2022, encadré 4.1
L’incidence des confinements sur les échanges : ce que disent les données sur le fret Avril 2022, encadré 4.2
Ajustements commerciaux des entreprises à la pandémie de COVID-19 en France Avril 2022, encadré 4.3
Fragmentation géoéconomique et taux d’intérêt naturel Avril 2023, encadré 2.2
Fragmentation géoéconomique et investissement direct étranger Avril 2023, chapitre 4
Montée des tensions commerciales Avril 2023, encadré 4.1
Exposition de bilan au risque de fragmentation Avril 2023, encadré 4.2
Tensions géopolitiques, chaînes d’approvisionnement et échanges commerciaux Avril 2023, encadré 4.3
La fragmentation retentit déjà sur le commerce international Avril 2024, encadré 1.1
Changement de rôles : répercussions économiques réelles des pays émergents du G20 Avril 2024, chapitre 4
Les flux de capitaux vers les pays émergents du G20 et l’énigme de l’allocation Avril 2024, encadré 4.2
X. Études régionales
L’évolution des déficits courants dans la zone euro Avril 2013, encadré 1.3
Toujours présents sur le marché du travail ? Évolution des taux d’activité
dans les régions européennes Avril 2018, encadré 2.3
Observations formulées par la présidente à l’issue de la séance consacrée à l’examen par le conseil
d’administration du Moniteur des finances publiques, du Rapport sur la stabilité financière
dans le monde et des Perspectives de l’économie mondiale, le 3 avril 2024
D
ans l’ensemble, les administrateurs mondial, provoquer une volatilité des taux de change, et
souscrivent à l’évaluation que les services mettre les secteurs extérieur et financier sous pression.
du FMI font des perspectives de l’économie Ils admettent qu’il y a un risque que le ralentissement de
mondiale, des risques et des priorités l’activité induit par le durcissement de la politique moné-
d’action. Ils se félicitent que l’économie mondiale ait taire ne se soit pas encore fait sentir. Les administrateurs
continué à résister et que les risques pour le secteur relèvent des tensions croissantes dans les marchés de l’im-
financier soient restés maîtrisés ces deux dernières mobilier commercial et résidentiel de certains pays. Dans
années, malgré d’importants relèvements de leurs taux le même temps, ils soulignent que les résultats de l’éco-
par les banques centrales pour rétablir la stabilité des nomie mondiale pourraient dépasser les prévisions du fait
prix. Dans l’ensemble, les administrateurs conviennent de plusieurs facteurs, tels qu’une désinflation plus rapide
que l’économie mondiale pourrait s’orienter vers un que prévu ou des gains de productivité et de croissance
atterrissage en douceur, tout en reconnaissant que la découlant de réformes structurelles poussées.
croissance future devrait être plus faible que par le Les administrateurs appellent les banques centrales à
passé, en raison du niveau toujours élevé des coûts de faire en sorte que l’inflation redescende sans accroc aux
l’emprunt, du retrait des mesures d’aide budgétaire, de la niveaux visés, en s’abstenant d’adopter prématurément
faible croissance de la productivité et de la poursuite des une politique monétaire accommodante. Ils rappellent
tensions géopolitiques. La plupart des administrateurs que l’analyse des données doit continuer à dicter le
conviennent également que l’aggravation de la rythme de normalisation des politiques monétaires,
fragmentation géoéconomique va freiner la croissance qui doit être adapté à chaque pays et faire l’objet d’une
à moyen terme, tandis qu’un petit nombre d’entre eux communication claire. Lorsque l’inflation et les antici-
soulignent les bienfaits d’une diversification des échanges pations d’inflation se rapprochent des niveaux visés, les
commerciaux. Les administrateurs regrettent que, pour administrateurs conviennent que les banques centrales
beaucoup de pays émergents et pays en développement, doivent progressivement adopter une orientation plus
la faiblesse des perspectives de croissance mondiale neutre, de façon à éviter que l’inflation passe en dessous
implique un ralentissement de la convergence vers des des niveaux visés.
niveaux de vie plus élevés. Les administrateurs observent des déficits budgétaires
Dans l’ensemble, les administrateurs considèrent que et des niveaux d’endettement élevés dans de nombreux
les risques qui pèsent sur les perspectives sont désor- pays, ainsi qu’une augmentation des coûts du service de la
mais plus équilibrés, tout en rappelant la persistance de dette ; forts de ce constat, ils appellent de leurs vœux un
sérieux risques baissiers. En particulier, ils notent que les rééquilibrage progressif des finances publiques à moyen
perturbations sur l’offre et les nouvelles hausses de prix terme, pour assurer la viabilité de la dette et reconstituer
dues aux tensions géopolitiques sont susceptibles de faire les marges de manœuvre budgétaires qui permettront de
augmenter les anticipations de taux d’intérêt et d’entraî- procéder à des investissements prioritaires et d’engager
ner un nouvel accès de volatilité et de fortes baisses des des dépenses sociales ciblées en faveur des couches les plus
prix des actifs. Les administrateurs soulignent également vulnérables de la population. Ce rééquilibrage budgétaire
qu’une inflation plus tenace que prévu pourrait déclen- permettrait également de favoriser le processus de désin-
cher des mouvements de capitaux, entraîner un durcis- flation. Les administrateurs rappellent que le rythme du
sement marqué des conditions financières au niveau rééquilibrage doit correspondre à la situation particulière
de chaque pays et s’inscrire dans un cadre budgétaire exigeantes. Dans la mesure où les atteintes à la cybersécu-
à moyen terme réaliste. Ils soulignent que, d’après les rité représentent une source de préoccupation croissante
données antérieures, le nombre record d’élections qui pour la stabilité financière, ils préconisent une amélio-
doivent se tenir cette année pourrait accroître les pressions ration des législations et des dispositifs de gouvernance
sur les dépenses. En outre, les administrateurs prennent en matière de cybersécurité. Les administrateurs mettent
acte des pressions considérables auxquelles sont soumises en exergue la nécessité d’une mise en œuvre rapide et
les dépenses à moyen terme de nombreux pays du fait du complète des normes dites de Bâle III.
vieillissement de leurs populations, de leurs besoins de Ils conviennent que, pour rehausser les perspectives de
développement et du changement climatique. La plupart croissance à moyen terme, il est nécessaire de mettre en
des administrateurs conviennent que les pays doivent œuvre des réformes structurelles ciblées, en suivant un
stimuler leur croissance à long terme en mettant en calendrier bien étudié. Ils recommandent des réformes
œuvre des politiques budgétaires bien conçues, présentant visant à mieux allouer le capital et le travail, à accroître
un bon rapport coût–efficacité et de nature à favoriser la place des femmes dans la population active, à amélio-
l’innovation et à faciliter la généralisation des technolo- rer l’éducation, à renforcer la gouvernance, à réduire la
gies. Dans le même temps, les administrateurs soulignent réglementation excessive qui pèse sur les entreprises et les
qu’il convient d’éviter que de telles politiques comportent restrictions indues aux échanges, et à tirer parti de l’intel-
des mesures protectionnistes. ligence artificielle. Les administrateurs appellent aussi à
Les administrateurs rappellent que l’accumula- des réformes de nature à faciliter la transition écologique
tion ininterrompue de dette publique et privée dans de et à renforcer la résilience face au changement climatique,
nombreux pays représente un facteur de vulnérabilité tout en maîtrisant les risques liés à la sécurité énergétique.
financière à moyen terme. Ils soulignent que les auto- De nombreux administrateurs se sont dits favorables au
rités de réglementation doivent recourir à des outils de traitement régulier des questions climatiques dans les
surveillance, y compris à des tests de résistance, pour veil- principales publications du FMI.
ler à ce que les établissements financiers, bancaires et non Les administrateurs soulignent qu’il est indispensable
bancaires, se prémunissent contre le risque de crédit et de relancer la coopération multilatérale pour réduire
contre les tensions à l’œuvre sur le marché immobilier les coûts et les risques du changement climatique, accé-
commercial et résidentiel. Eu égard aux nouveaux risques lérer la transition écologique, préserver le système de
associés à la croissance rapide du crédit privé, les adminis- commerce international ouvert et fondé sur des règles,
trateurs considèrent qu’il serait judicieux d’envisager un faciliter les processus de restructuration de dette, et
contrôle et une réglementation plus volontaristes, notam- accroître la capacité de résistance du système monétaire
ment sous forme de règles d’information financière plus international.