Explorations endocriniennes des anomalies de la puberté DR .
OUTILI
*Objectifs :
– Savoir les étapes du développement pubertaire normal
– Savoir diagnostiquer une anomalie de la puberté
*Puberté Normale ou Physiologique
Définition
Physiologie
Clinique
Définition:
• Période de transition entre l’enfance et l’âge adulte conduisant à l’acquisition de la fonction de
reproduction et l apparition des caractères sexuels secondaires.
• Phénomènes
– physiques
– psychiques, mentaux et affectifs
L’Age normal de la puberté :
- 8 et 13 ans (moyenne 11,5 ans) chez la fille
- 9 et 14 ans (moyenne 12,5 ans) chez le garçon
Physiologie =Réactivation de l’axe hypothalamo-hypophysaire (axe gonadotrope)
*Clinique:
1. Développement des OGE et apparition et des caractères sexuels secondaires
2. Accélération de la vitesse de croissance staturale = poussée de croissance ou pic de croissance
pubertaire, liée à l’activité des
cartilages de croissance (quand les épiphyses se soudent, c’est la fin de la
croissance : acquisition de la taille définitive)
3. Maturation osseuse
4. Transformation psychoaffective: transformation du corps, construction d’une identité notamment
sexuelle, sentiment de toute puissance, qui peut
conduire à des comportements à risque, acquisition de l'autonomie et de l’indépendance par rapport
aux parents……
Evaluation clinique des déférents stades de la puberté (Stades de Tanner)
• S sein (filles) ou G gonade (garçons) : 1 à 5
• P : pilosité pubienne coté de 1 à 5
• A : pilosité coté axillaire 1 à 5
Exemple : S3 P2 A1 / G2 P2 A1
*Paraclinique(que si puberté anormale) :
• Age osseux :
– mesuré sur une radiographie de face du poignet et de
la main gauche (atlas de Greulich et Pyle)
– Classiquement : l’apparition de l’os sésamoïde du pouce est
contemporaine du démarrage pubertaire.
• Dosages hormonaux :
– gonadotrophines sanguines et urinaires (LH > FSH)
– stéroïdes sexuels (17b-oestradiol chez la fille, testostérone
chez le garçon)
Echographie pelvienne chez la fille : signes
d’imprégnation oestrogénique
– utérus :
• de tubulaire devient piriforme (renflement du fond utérin)
• augmentation de la taille ( > 35 mm) et de l’épaisseur du corps
• apparition d’une ligne de vacuité
– ovaires : augmentation du volume, augmentation du nombre de follicules
En résumé
3 éléments fondamentaux:
1. Accélération vitesse de croissance
2. Maturation osseuse
3. Apparition caractères sexuels secondaires
3 explorations à réaliser:
1. Courbe de croissance
2. Radio main-poignet gauche (« âge osseux »)
3. Stade de Tanner
*PUBERTE PRECOCE
Définition
• Apparition de signes de puberté avant l’âge de 8 ans chez la fille et avant l’âge
de 9 ans chez le garçon.
• Svt mal toléré sur le plan psychologique
• Avance âge osseux et accélération vitesse de croissance (risque petite taille définitive)
• On distingue :
– les pubertés précoces vraies (centrale) :PP d’origine hypothalamo-
hypophysaire, comparable à une puberté normale, mais survenant plus tôt.
– les pubertés précoces d’origine périphérique (pseudo puberté précoces):
sécrétion de stéroïdes sexuels indépendante de l’axe hypothalamo-
hypophysaire(d’origine surrénalienne ou gonadique)
– les pubertés dissociées:
une seule manifestation pubertaire, sans substratum organique, à la limite du
physiologique.
***Puberté précoce vraie
• Biologie: Accélération de tout l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique
– Dosage des stéroïdes sexuels : taux 17b-oestradiol/testostérone >valeurs de
l’enfant impubère
– Dosages des gonadotrophines LH et FSH urinaires ou sanguines (dosages sur
les urines de 24h plus fiables que dosages sanguins car sécrétion pulsatile) :
• FSH /LH dans PP centrales
– Test au GnRH : pic LH > FSH (en phase pré pubertaire : pic FSH > LH)
• Imagerie:
– Age osseux+++ : rechercher avance d’âge osseux : > de + 2 ans par rapport à l’âge chronologique
(risque majeur = la soudure prématurée des épiphyses entraîne un risque de petite taille définitive)
– Echographie pelvienne, chez la fille : rechercher les signes d’imprégnation oestrogénique
– IRM cérébrale si PP centrale: diagnostic étiologique : tumeur, hydrocéphalie
NEUROFIBROMATOSE DE TYPE 1 ou maladie de RECHLENHAUSEN: est une affection
autosomique dominante due à une anomalie du chromosome 17 (C17 q11.2 ) où les mutations
de novo concernent 50 % des patients.
La PP dans le cadre du NF1 peut être en rapport avec une pathologie tumorale du SNC (
gliome+++) ou sans cause organique évidente. Les manifestations cutanées arrivent au premier
plan avec les taches café au lait, les lentigines et les neurofibromes cutanés. Les manifestations
neurologiques sont fréquentes.
Son diagnostic reste clinique avec des critères définis
Les lentigines les taches café au lait les neurofibromes cutanés
• Traitement : Puberté précoce centrale :
– Agonistes du GnRH (sous-cutané ou intra-musculaire):bloquent l’action du GnRH et diminuent donc la
sécrétion des gonadotrophines
– Le traitement est poursuivi jusqu’à l’âge normal de la puberté
– Traitement étiologique
**Pubertés précoces d’origine périphérique
Ne sont pas secondaires à une activation de l’axe hypothalamo-hypophysaire:
Isosexuelles = dans le sens du sexe de l’enfant
– Filles: idem puberté normale
– Garçon: pas d’augmentation du volume testiculaire
Hétérosexuelle:= dans le sens du sexe opposé
– Fille: tableau de virilisation:( sécrétion des androgènes)
• développement d’une pilosité pubienne, axillaire
• hypertrophie clitoridienne
• sans développement mammaire
– Chez le garçon: tableau de féminisation: :( sécrétion des Estrogènes)
• gynécomastie uni ou bilatérale
• +/- pilosité pubienne ou axillaire.
• Éliminer administration exogène d’androgènes ou d’oestrogènes avant de faire un bilan
• Stéroïdes sexuels: valeurs élevées
• LH et FSH plasmatiques constamment bas, non stimulables par le GnRH
• Échographie pelvienne :
– apprécier l’imprégnation oestrogénique éventuelle
– rechercher une tumeur ovarienne.
• Dans les deux sexes:échographie des loges surrénales +/- scanner des surrénales: recherche d’un
processus tumoral
• Age osseux
SYNDROME DE MC CUNE-ALBRIGHT : PP périphérique
– Filles dans 95 % des cas / sporadique
– Triade clinique : taches cutanée café au lait ,
dysplasie fibreuse poly osseuse, hyperfonctionnement des
glandes endocrines
– Biologie : augmentation de l’oestradiol mais
gonadotrophines effondrées : autonomisation ovarienne
– Mutation activatrice de la protéine G S alpha
• HYPERPLASIE CONGENITALE DES SURRENALES :
pseudo puberté précoce
– Du à un bloc enzymatique dans la fabrication des stéroïdes
sexuels (bloc en 21 hydroxylase le plus souvent) :
augmentation de la 17-hydroxyprogestérone
– Cause fréquente de puberté précoce dans les deux sexes :
isosexuelle chez le garçon, hétérosexuelle chez la fille
– Diagnostic : dosages hormonaux plasmatiques (androgènes
surrénaliens dont 17-OH progestérone)
***Pubertés dissociées
• Définition
– Apparition isolée d’un caractère sexuel secondaire
– Bénin si isolé mais à différentier des pubertés précoces débutantes
• Trois possibilités :
– Développement mammaire isolé : prémature thélarche
– Pilosité pubienne isolée: prémature pubarche ou adrénarche
– Métrorragies isolées: prémature ménarche
***Retard pubertaire
Définition:
• Fille : Absence de développement des seins à 13 ans ou absence de règles à 15 ans
• Garçon : Absence d’augmentation du volume des testicules à 14 ans
• OU arrêt de la progression de la puberté pendant plus de 2 ans dans les 2 sexes
Biologie
– Dosage des gonadotrophines (LH et FSH)
• urinaires ou plasmatique
• ↑ FSH et LH = origine gonadique = hypogonadisme hypergonadotrope ou
périphérique
• ↓ FSH et LH = pathologie hypothalamo-hypophysaire (hypogonadisme
hypogonadotrope)
– Dosages hormonaux : oestradiol (fille) / testostérone ( garçon) dosage de base : basse
Radiologie:
-Caryotype si hypogonadisme périphérique (Turner, Klinefelter)
-Age osseux :
• très en retard si retard pubertaire simple
• modérément retardé si hypogonadisme central ou périphérique
– Echographie :
• Fille : existence, taille, position des gonades
• Garçon : Présence de testicules dans le canal inguinal
– IRM cérébrale si hypogonadisme hypo gonadotrope
***Retard pubertaire simple
• Cause de loin la plus fréquente, surtout chez le garçon (60 à 80%)
• Mais diagnostic d’exclusion
• Eléments en faveur:
– Antécédents familiaux de retard pubertaire
– Retard global de la maturation, difficultés scolaires transitoires fréquentes
– Examen clinique normal
– Age osseux : retardé
– Pas d’anomalies des OGE, parfois début de développement pubertaire
• Traitement : surveillance / Rassurer
Sd de Turner
• Anomalies chromosomiques, Absence d'un chr X en totalité ou en partie dans un caryotype
feminin (50%: 45XO)
- mosaïque dans 20% (il existe à la fois des cellules 45,X et des cellules normales 46,XX)
• Très grande variabilité phénotypique, deux signes très fréquents : la petite taille
et la dysgénésie gonadique.
SD de Klinefelter
• Présence d'au moins un chromosome X supplémentaire dans un caryotype masculin.
• Forme classique, la plus fréquente : caryotype 47,XXY
• Ensemble de signes cliniques variés dépendant de leur âge :
– Dans la petite enfance : hypospadias, cryptorchidie
– A l'âge scolaire, possibilité de retard de langage, difficultés d'apprentissage ou problèmes
comportementaux
– A l'adolescence, puberté retardée ou incomplète avec morphologie eunuchoide, gynécomastie
et testicules de petites taille
– Adultes : souvent détectés pour infertilité