Quels sont les dangers des
exploitations irrationnelles
des ressources naturelles ?
Surexploitation des ressources :
Introduction:
Comment évoluent les pressions liées à la
surexploitation des ressources ?
Les ressources naturelles sont surexploitées pour
satisfaire les besoins humains. Les écosystèmes
nous fournissent les ressources que nous
consommons : aliments, eau, matériaux, minerais
et combustibles. La quantité de ressources naturelles qui est
extraite chaque année a presque doublé depuis
1980. La surexploitation concerne aussi bien les
ressources naturelles non renouvelables que les
renouvelables, qui sont exploitées au-delà de leur
capacité de renouvellement (les ressources n’ont
pas le temps d’être renouvelées).
La surexploitation des ressources participe
fortement à l’érosion de la biodiversité :
destruction d’habitats naturels, réduction des
ressources disponibles dont dépendent de
nombreuses espèces sauvages, pollutions,
perturbation et mortalité de certaines espèces
sauvages voire même protégées
(récolte/chasse/pêche intensive).
1. L'indicateur de la surexploitation à
l'échelleLemondiale:
« jour du dépassement » est le jour de
l’année où l’humanité a consommé
l’équivalent des ressources que l’ensemble
des écosystèmes de la planète peut générer
en une année. Calculé par l’ONG américaine
Global Footprint Network en partenariat avec le WWF, ce jour
arrive de plus en plus tôt tous les ans. Il
était en décembre dans les années 1970, en
octobre dans les années 1990 et a atteint le
29 juillet en 2018 et 2019. L’année 2020 a
connu un recul de cette date du fait de
l’épidémie de coronavirus (22 août).
La surconsommation des ressources
naturelles conduits nécessairement à une
dégradation des écosystèmes et à la
perturbation des équilibres naturels (dont le
climat). Si tous les humains consommaient
de la même manière qu’un Français, il
faudrait alors 2,7 planètes Terre.
2. Les causes de la surexploitation
2. Les causes de la
La croissance surexploitation
démographique:
La croissance démographique augmente les besoins globaux de l’humanité en nourriture
(viandes, céréales...) matériaux (papiers, bois, béton ...) et énergie
(consommation d'hydrocarbures). Depuis 1970, la population humaine a plus que
doublé, passant de 3,7 à 7,6 milliards. La consommation individuelle de
matériaux a par exemple augmenté de 15 % depuis 1980 dans le monde.
. Cependant l’accès aux ressources naturelles est très inégal entre les pays,
notamment entre le Nord et le Sud. L’Europe, L’Amérique du Nord et la Russie
représentent par exemple 39 % de la consommation mondiale d’énergie primaire
alors que le continent africain environ 6 % uniquement.
Pour répondre à cette demande mondiale globalisée, on assiste depuis les
années 80 à la mondialisation du transport de marchandises (principalement par
voie fluviale) avec des importations de ressources toujours plus importantes :
ainsi il peut être difficile de qualifier exactement leur provenance. Une partie
importante de la surexploitation des ressources engendrée par la consommation
des Français est masquée car leur production n’a souvent pas lieu sur le
territoire national, mais via les importations de certaines
ressources surexploitées ou cause de surexploitation ailleurs dans le monde (bois
Les modes de production:
Par ailleurs, les principaux modes de production des ressources ne sont
pas durables. Seulement 29 % des exploitations agricoles ont une production
durable dans le monde. L’exploitation des ressources marines dans les eaux
françaises est encore incompatible avec une gestion durable des stocks de
poissons, malgré des améliorations notables de la politique européenne
commune de la pêche. Les produits jetables c'est-à-dire non recyclés/recyclables
(suremballages, déchets électroniques, plastiques, etc.) issus de
l'industrie illustrent aussi ces modes de productions non durables.
Le braconnage
Le braconnage:
Les espèces animales sauvages sont aussi victime de cette surexploitation. Le
braconnage en est une composante majeure : le terme désigne la pratique
d’une chasse ou d’une pêche illégale, c’est-à-dire ne respectant pas les
espèces ou les aires protégées, les périodes, tailles et âges réglementaires ou les
techniques autorisées.
Les braconniers agissent pour des débouchés très divers, qui vont de la
consommation personnelle au trafic international (animaux vivants, cornes,
défenses, peaux, écailles, plumes, etc.), en passant par le commerce local
illégal (chair ou sous-produits). Du fait de la vente en ligne d’animaux et de
leurs produits dérivés, le braconnage et le trafic associé sont un enjeu
international. L’Union européenne est considérée comme le troisième
importateur d’espèces sauvages illégales au monde. À l’inverse, certaines
espèces protégées sont braconnées en France pour être exportées vers l’Asie,
par exemple les civelles (alevins de l’anguille européenne remontant les
rivières). Les conséquences du braconnage sont d’ordre environnemental,
économique et social, et potentiellement sanitaire, comme l’a montré la
pandémie de Covid-19. L’impact sur les écosystèmes et la biodiversité est très fort
et peut mener à la disparition d’espèces.
Au niveau mondial, les espèces braconnées les plus emblématiques sont les
éléphants, les rhinocéros, les coraux, les tigres et les grands singes. Toutefois, le
braconnage existe aussi en France et concerne diverses espèces.
. Oiseaux (pour leur chair (bruant ortolan), leur chant et leur plumage, ainsi que
des rapaces (pourtant tous protégés) . Mammifères(espèces chassables pour
leur viande et les trophées dont les règles ne sont pas respectées, mais aussi
des espèces protégées interdites de chasse (phoques, lynx) .
Reptiles (notamment les tortues marines (tortue verte) pour leurs œufs et leur
chair . Poissons et espèces aquatiques (coquillages et crustacés, espèces
marines (mérou), espèces migratrices amphihalines (saumon, anguille)
3. Les
conséquences de la
surexploitation
L'altération des conditions de vie des populations
humaines:
L’exploitation non durable des ressources naturelles dégrade des zones de vie des
populations humaines et altère leur santé. Elle détruit aussi des
écosystèmes entiers et perturbe leur fonctionnement global, ainsi que tous les
services écosystémiques qu’ils assurent. Ces conséquences peuvent
être irréversibles, du moins à l’échelle temporelle humaine (le réchauffement
climatique par exemple). Alors que les ressources sont surexploitées, environ 11
% de la population mondiale reste sous-alimentée.
L'appauvrissement des ressources:
Les stocks des ressources naturelles peuvent s’appauvrir, en particulier en ce qui
concerne les pêcheries. La Morue a par exemple été victime de surpêche dans
les Grands Bancs de Terre-Neuve au Canada et les captures se sont effondrées
dans les années 70. La quantité pêchée est passée de 810 000 tonnes en 1968 à
150 000 en 1977. En 1992, il est décidé de laisser la population de Morue se reconstruire
en imposant un moratoire.
En Europe, une accumulation de pressions, dont la surpêche, a provoqué
un effondrement des populations de l’Anguille européenne de 90 % dans les
années 80. L’espèce est aujourd’hui en danger critique d’extinction. L’Europe a mis en
place en 2007 un règlement pour restaurer la population d’Anguille, que la France a décliné
sur son territoire en Plan de gestion national Anguille en 2010.
La destruction des habitats naturels
L’exploitation non durable des ressources marines et forestières est aussi à l’origine de
la perte d’habitats naturels. Dans le monde, la déforestation est grandement due au
développement de l’agriculture : tandis que la valeur de la production agricole a
quadruplé depuis 1970, la moitié de l’expansion agricole sur de nouvelles terres dans le
monde a lieu au détriment des forêts.
L’extraction de sable littoral pose des problèmes d’érosion du trait de côte dans certains pays.
L’exploitation de l’or en Guyane, y compris illégale, ou du nickel en Nouvelle-Calédonie
impacte la santé humaine et la biodiversité.
L’extraction et l’utilisation des énergies fossiles, ainsi que la déforestation, sont les causes
principales du changement climatique. (lien article changement climatique)
La surexploitation peut aussi concerner les ressources en eau, en particulier pour l’ irrigation. 75 %
des ressources mondiales en eau douce sont consacrées à la culture ou l’élevage. Certains cours
d’eau et zones humides peuvent ainsi se retrouver asséchés.
En France métropolitaine, les petits cours d'eau peuvent être asséchés en été. Cet assèchement
(étiage) est un phénomène naturel, qui peut être amplifié par les activités humaines de
façon directe (prélèvements en eau) ou indirecte (changements climatiques).
Merci pour votre attention