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Germination de l'orge en hydroponie

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UNIVERSITE KASDI MERBAH OUARGLA

Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie


Département des Sciences Agronomiques

Mémoire de Master Académique


Domaine : Sciences de la Nature et de la Vie
Filière : Sciences Agronomiques
Spécialité : Parcours et Elevage en Zones Arides

THEME

Contribution à l'étude de la composition


chimique de l'orge en culture hors sol

Présenté par :
GASMI YAMINA
Soutenu publiquement :

Le 20/06/2021

Devant le jury :
M. Oulad belkhir.A Président MCB UKMOuargla
M. Adamou.A Promoteur Pr. UKMOuargla
M. Redjeb.A Co-promoteur Doctorant UKMOuargla
M. Belaruossi.M Examinateur MCA UKMOuargla

Année Universitaire 2O20/ 2O21


Remerciement

On remercie dieu le tout puissant de nous avoir donné la santé et la volonté d'entamer et de
terminer ce mémoire.

Tout d'abord, ce travail ne serait pas aussi riche et n'aurait pas pu avoir le jour sans l'aide et
l'encadrement de Mr Adamou Abd-Elkader, on le remercie pour la qualité de son
encadrement exceptionnel, pour sa patience, sa rigueur et sa disponibilité durant notre
préparation de ce mémoire.

Un grand merci aussi à Merci à Mr Redjeb Ayad mon Co-encadrant qui m’a beaucoup aidé
en si peu de temps et pour son conseil avisé, son disponibilité, ainsi que pour l'œil critique et
bienveillant qui m’a permis de réaliser ce travail.

Merci à Mr Bouzegag Ismail chef de service au labo, pour son aide pratique et qui m’a
toujours accordé un peu de son temps pour m’orienter et me conseiller, et son soutien moral.

Je tourne vers les éminents professeurs et les membres du jury merci beaucoup d'avoir
accepté de juger ce modeste travail.
Je tenue à remercier mes amis proches et toutes les personnes qui ont contribué au succès de
mon travail et qui m’ont aidée lors de la rédaction de ce mémoire.
Dédiasse

❤Je dédie ce travail à l'âme pure de mon père à ma vie et mon


bonheur ; maman que j’adore. Qui a œuvré pour ma réussite, par son
amour, son soutien, tous les sacrifices consentis et ses précieux
conseils, pour toute son assistance et sa présence dans ma vie, reçois
à travers ce travail aussi modeste soit-il, l'expression de mes
sentiments et de mon éternelle gratitude.
❤A mes frères et mes sœurs Pour ses soutiens moraux et leurs
conseils précieux au long de mes études.
❤A tous mes enseignants, depuis primaire jusqu’à mon cursus
universitaire.
❤A mes aimables amis qui m’ont fourni leur soutien, ce qui par un
mot m’ont donné la force de continuer.
❤Aux personnes qui m’ont toujours aidé et encouragé, qui étaient
toujours à mes côtés, et qui m’ont accompagné durant mon chemin
d’études supérieures, collègues d’étude, et a toute mes sœurs et frères
de la promo de PEZA 2020 /2021
Liste des tableaux

Tableau 1. La production mondiale d’orge de 2005 à 2010 ..................................................... 4

Tableau 2. Evolution de la superficie et de la production de l’orge en Algérie. ...................... 5

Tableau 3. Variétés d’orge cultivées en Algérie. ...................................................................... 6

Tableau 4. Temps de germination Selon l’espèce .................................................................. 13

Tableau 5. Durée de trempage selon l’espèce......................................................................... 15

Tableau 6. Densité de semis selon l’espèce ............................................................................ 17

Tableau 7. Valeurs de rendements en culture hydroponique .................................................. 18

Tableau 8. Température optimale de germination par espèce ................................................ 19

Tableau 9. Rationnement du bétail à base de fourrage vert hydroponique............................. 25

Tableau 10. Evolution du poids de la matière fraiche ............................................................ 37


Liste des figures

Figure 1. Les facteurs internes et externes qui agissent sur la germination ............................. 10

Figure 2. l’unité de germination et ses équipements................................................................ 29

Figure 3. Etalage des graines dans les plateaux de 0,12 m2 .................................................... 31

Figure 4. Evolution de la matière fraiche................................................................................. 32

Figure 5. Pesage de la matière fraiche .................................................................................... 32

Figure 6. Séchage de la matière fraiche ................................................................................... 33

Figure 7. Broyage de la matière sèche .................................................................................... 34

Figure 8. Détermination de la matière minérale ...................................................................... 34

Figure 9. Pesage de la matière minérale .................................................................................. 35

Figure 10. Extracteur de cellulose brute .................................................................................. 36

Figure 11. Distillateur Kjeldahl ............................................................................................... 37

Figure 12. Evolution de la matière sèche ................................................................................. 38

Figure 13. Evolution de la teneur de la matière minérale ........................................................ 39

Figure 14. Evolution de la teneur en matières azotées totales ................................................. 40

Figure 15. Evolution de la teneur en cellulose brute………………………………………....41


Les abréviations

AOAC : Association des chimistes agricoles officiels.


CB : Cellulose brute
CT : Carbone Total
EE : Extrait Ethéré
F.V.H : Fourrage vert hydroponique.
GS : Graines sèche,
GT : Graines trempées
H2So4: Acide sulfurique.
ha: Hectare.
ITELV : Institut Technique des Elevages.
ITGC : Institut Technique Des Grandes Cultures
KCl : Chlorure de potassium.
KOH : Hydroxyde de Potassium
MAT : matière azoté totale.
MB : matière Brut
MF : matière fraiche.
MM : Matières minéral
MO : Matière organique
MS : Matière sèche
Mt : million ton
N : Azote
Na Cl : Chlorure de sodium.
Na2So4 : sulfate de sodium.
OACI : Office National Interprofessionnel des Céréales
OH : Orge hydroponique
P : Phosphore
PB : Protéine Brute.
T/ha : Ton par hectare
W : Watt
Résumé

La culture hydroponique est une nouvelle technique en constante évolution, très


présente au fourrage vert qui est l'aliment prioritaire pour les animaux d'élevage,
particulièrement les ruminants.

Notre étude a été menée sur l'orge de la variété importée de l’espèce (Hordeum vulgare)
mise en étude pendant 9 jours au sein du laboratoire de bio-ressources sahariennes de UKM
Ouargla et dont l’objectif est de déterminer l’évolution de l'orge en culture hydroponique au
cours de la germination, la production en matière sèche, la composition chimique, la valeur
azotée et la valeur énergétique de l’orge en vert hydroponique issue de notre unité de
production.

L’étude de l'analyse physico-chimique de la culture d’Orge hydroponique montre une


bonne valeur alimentaire avec toutefois une très faible teneur en matière sèche et en matière
minérale, cependant la teneur en matière organique (97,5%) est très élevée, alors que la
teneur en azote total et la teneur en cellulose brute sont respectivement de 13 et c 13,8%.

L’Orge hydroponique présente beaucoup d’avantages au vue de son excellente qualité,


un fourrage frais, régulier, nutritif, riche en vitamines et enzymes avec en plus une croissance
rapide.

Mots clés : culture hydroponique – orge –analyse physico-chimique –composition chimique.


Abstract

Hydroponics is a new technology in constant development, very present in green fodder


which is a priority food for farm animals, especially ruminants.

Our study was carried out on imported species barley (Hordeum vulgare) made in study
during 9 days at the Desert Bioresources Laboratory of UKM Ouargla with the aim of
observing the development of hydroponics barley during germination, dry matter production,
chemical composition, nitrogen value and energy value of water green barley from the
production unit we've got.

The study of physical and chemical analysis of growing water barley showed good
nutritional value of water barley and very low content of dry matter and mineral matter but
very high organic matter content (97.5%), total nitrogen content with 13.05% and crude fiber
content with 13.8%.

Watery barley has a lot of benefits from its excellent quality, fresh, regular and Azote
feed, rich in vitamins and enzymes, and it grows faster.

Key words :culture hydroponique – barley –physical and chemical analysis – chemical
composition.
‫ملخص‬

‫الضساػت المائيت هي حقىيت جذيذة في حطىس مسخمش‪ ،‬وهي حاضشة جذًا في األػالف الخضشاء الخي حؼخبش‬
‫غزا ًء را أولىيت لحيىاواث المضسػت‪ ،‬وخاصت المجخشاث‪.‬‬

‫أجشيج دساسخىا ػلً شؼيش الصىف المسخىسد مه وىع (‪ )Hordeum vulgare‬وضغ ححج الذساست‬
‫لمذة ‪ 9‬أيام في مخخبش المىاسد الحيىيت الصحشاويت في جامؼت وسقلت ورلك بهذف مشاقبت حطىس الشؼيش في‬
‫الضساػت المائيت أثىاء اإلوباث‪ ،‬إوخاج المادة الجافت‪ ،‬الخشكيب الفيضيىكيميائيت‪ ،‬قيمت الىيخشوجيه وقيمت الطاقت‬
‫للشؼيش باللىن األخضش المائي مه وحذة اإلوخاج لذيىا‪.‬‬

‫أظهشث دساست الخحليل الفيضيىكيميائي لضساػت الشؼيش المائي قيمت غزائيت جيذة للشؼيش المائي ومحخىي‬
‫مىخفض جذًا مه المادة الجافت والمىاد المؼذويت ولكه محخىي المادة الؼضىيت ‪ ٪97.5‬مشحفغ جذًا اما‬
‫محخىي االصوث الكلي هى‪ ٪13.05‬ومحخىي األلياف الخام هى‪.٪13.8‬‬

‫يخمخغ الشؼيش المائي بالكثيش مه الفىائذ مه جىدحه الممخاصة‪ ،‬أػالفه الطاصجت والمىخظمت والمغزيت‬
‫والغىي بالفيخاميىاث واإلوضيماث‪ ،‬والىمى بشكل أسشع‪.‬‬

‫الكلمات المفتاحية‪ :‬الضساػت المائيت‪-‬الشؼيش‪-‬الخحاليل الفيضيىكيميائيت–المشكباث الكيميائيت‪.‬‬


Sommaire

Introduction ................................................................................................................................ 1

Parie bibliographique
Chapitre I : Généralité sur l'orge
1 L’Orge ................................................................................................................................ 3
2 La production mondiale de l’orge ...................................................................................... 3
3 Culture de l’orge en Algérie ............................................................................................... 4
3.1 Superficie et production .............................................................................................. 4
3.2 Principales variétés d’orge cultivées en Algérie ......................................................... 5
4 Exigences écologique ......................................................................................................... 6
4.1 Climat .......................................................................................................................... 6
4.2 Pluviométrie ................................................................................................................ 7
4.3 Rayonnement ............................................................................................................... 7
4.4 La température............................................................................................................. 7
5 Cycle de développement..................................................................................................... 7
5.1 Conditions de la germination ...................................................................................... 8
5.1.1 Conditions de germination externes ou liées au milieu ....................................... 8
5.1.2Conditions de germination internes ............................................................................ 9
[Link] Le contrôle de la germination par les régulateurs de croissance : .................... 9
[Link] L’inhibition mécanique : ................................................................................ 10
[Link] L’inhibition tégumentaire :............................................................................. 10
Chapitre II : La culture hydroponique
1 Définition de la culture hydroponique « culture hors sol ». ............................................. 11
2 Historique ......................................................................................................................... 12
3 Production hors sol de fourrage ........................................................................................ 12
3.1 La germination, la base de toute production ............................................................. 12
3.2 Systèmes de production utilisés ................................................................................ 14
3.3 Espèces cultivées ....................................................................................................... 14
3.4 Les différentes phases de la culture hydroponique ................................................... 15
3.4.1 Traitement préalable des semences :.................................................................. 15
3.4.2 Phase de « pré germination », ou de déclenchement de la germination : .......... 16
3.4.3 Phase de « germination » ou de culture : ........................................................... 17
3.4.4 Récolte : ............................................................................................................. 17
3.5 Potentiel de production.............................................................................................. 18
3.6 Conditions de culture : .............................................................................................. 18
3.6.1 La température ................................................................................................... 19
3.6.2 L’humidité.......................................................................................................... 19
3.6.3 L’éclairage : ....................................................................................................... 20
3.6.4 L’irrigation : ....................................................................................................... 20
3.6.5 Fertilisation : ...................................................................................................... 21
4 Valeur nutritive du fourrage hydroponique ...................................................................... 22
Chapitre III : Résultats zootechniques des fourrages hydroponiques
1 Alimentation du bétail ...................................................................................................... 24
2 Influence sur les performances du bétail .......................................................................... 24
3 Performances économiques de la production hors sol de fourrage .................................. 25

Partie expérimentale
1 L’objectif .......................................................................................................................... 28
2 Matériels ........................................................................................................................... 28
2.1 Le matériel végétal .................................................................................................... 28
2.2 Unité de germination : ............................................................................................... 28
3 Méthodes .......................................................................................................................... 29
3.1 Protocole de germination .......................................................................................... 29
3.1.1 Traitement préalable des semences de l’orge .................................................... 29
3.1.2 Phase de pré-germination ................................................................................... 30
3.1.3 Phase de « germination » ou de culture ............................................................. 30
3.2 Conditions de culture ................................................................................................ 31
3.2.1 Phase de germination) ........................................................................................ 31
3.2.2 Stade de récolte .................................................................................................. 31
3.3 Détermination du rendement et la composition physico-chimique........................... 32
3.3.1 Le rendement de la matière fraiche .................................................................... 32
3.3.2 Composition physico-chimique ......................................................................... 33
A. Teneur en matière sèche ........................................................................................ 33
[Link] Teneur en matière minérale et en matière organique ..................................... 33
[Link] Teneur en cellulose brute ............................................................................... 35
[Link] Teneur en azote total ...................................................................................... 36
4 Résultats et discussion ...................................................................................................... 37
4.1 Le rendement de matière fraiche ............................................................................... 37
4.2 Teneur en matière sèche ............................................................................................ 37
4.3 La teneur en matière minérale ................................................................................... 38
4.4 Teneur en matière azotée totale (MAT) .................................................................... 39
4.5 Teneur en cellulose brute (CB) ................................................................................. 40
Conclusion ............................................................................................................................... 41
Introduction
Introduction

Introduction

L'agriculture et l'élevage sont classés parmi les priorités du pays algérien afin de
diversifier son économie, la surface agricole utile ne représente que 3,6 % de la
surface totale de l'Algérie (Belgat S, 2016). Le secteur agricole algérien souffre d'une
faible productivité grâce aux plusieurs facteurs défavorables tels que (les menaces
liées à la variabilité climatique, la faiblesse des investissements, des dégradations des
terres et les pressions anthropiques). Cependant le secteur de l'élevage occupe une
place non négligeable, plus précisément l'élevage ovin et bovin (Bassiriki Ouattara,
2017).
Le fourrage le plus consommé chez les animaux est l'orge en grain. Il représente
actuellement l’aliment essentiel des ovins en Algérie (Benmahammed, 2004). L'Orge est
riche en fibres, vitamines et minéraux grâce à l'utilisation de toute la plante (Jean-Paul
charvet 2001).
Il a été rapporté que le fourrage vert produit dans des conditions hydroponiques a une énergie
métabolisable élevée, protéines brutes et digestibilité (El-Morsy et al, 2013).

La plupart des producteurs hydroponiques commerciaux combinent la technologie


hydroponique avec un environnement contrôlé pour obtenir les produits de la plus haute
qualité. Dans une structure verte, vous pouvez contrôler la température ambiante, l’humidité
et les niveaux de lumière, ’orge est trempée dans l’eau, égouttée et mise en culture, dans une
chambre de culture, dans des plateaux disposés à plusieurs niveaux. La culture est arrosée
régulièrement (avec ou sans apport d’éléments nutritifs) et permet au bout d’une semaine
d’avoir une production importante de verdure pouvant être distribuée aux animaux.
Technique qui permet de résoudre pas mal de problèmes auxquels sont confrontés les
agriculteurs locaux particulièrement pour les éleveurs qui pratiquent l’élevage hors sol.
(Madani., 2000).

La culture hors-sol ou l'hydroponie permet d’accélérer le processus de maturation grâce


à un rythme nycthéméral plus rapide (Habbas Mahdjouba, 2018). La germination est une
technique simple pour faire germer les graines afin d'améliorer leur valeur nutritive (Amal et
al, 2007).

1
Introduction

Et c’est dans ce contexte que nous voulons répondre à l’interrogation suivante :

Quelle est la valeur nutritionnelle de l'Orge en culture hydroponique ? Pour nous permettre de
répondre à la question, nous nous sommes orientés vers une étude sur les analyses physico-
chimiques du matériel végétal afin de déterminer composition chimique de l'Orge.

2
Partie

Bibliographique
Chapitre I

Généralité sur
l’orge
Chapitre I : Généralité sur l’orge

1 L’Orge
L’Orge (Hordeum vulgare) est une céréale annuelle des zones tempérées à croissance
rapide qui peut être utilisée comme fourrage ou comme engrais vert pour améliorer la
quantité des sols.

C’est la première céréale domestiquée par l’homme dans la région du croissant fertile
(Syrie, Irak, Turquie) pour sa tolérance relative aux sels, l’Orge a été la culture irriguée
dominante au sud de cette région du monde. (Hamadache, 2016) comme elle pourrait
utilisée, principalement, pour l'alimentation du bétail (Ben Mbarek et Mohsen, 2017).

L'Orge est aussi une culture qui s’adapte bien à des environnements différents, elle est
cultivée à partir de 330 m en dessous du niveau de la mer à proximité de la mer morte et à
4200 m sur les Andes Boliviennes (Hamadache, 2016).

2 La production mondiale de l’orge


L'orge constitue la quatrième céréale cultivée au niveau mondial après le maïs, le blé et
le riz (FAO-STAT, 2006). Les principaux pays producteurs sont les Etats-Unis, la Fédération
de Russie, et le Canada. Le rendement moyen en orge dans le monde est de 3,1081 t/ha
(Faosta,2019).

Pour la campagne 2010-2011, la production mondiale d’orge est estimée à 124,3


millions de tonnes, L’Union européenne est de loin le principal producteur d’orge, avec près
de 53 millions de tonnes ou 43% du total. Cette production est en recul par rapport aux
campagnes précédentes ; cette diminution est due en partie à la réduction de la superficie
emblavée (-10%), mais aussi à une baisse de rendement due aux aléas climatiques dans
certaines régions, notamment en Russie et en Ukraine (Burny, 2011). Les plus gros
exportateurs d’orge sont l’Union européenne, l’Australie et le Canada. Les importateurs les
plus importants sont l’Arabie saoudite, la Chine et le Japon (Akal et al., 2004). Les
principaux pays producteurs de l’orge sont regroupés dans le (tableau 01).

Elle occupe annuellement en moyenne une superficie de 56 millions des hectares, Les
principaux pays producteurs de l’Orge sont la Russie, l’Allemagne, le Canada, l’Ukraine, la
France, le Royaume-Uni, la Turquie, l’Espagne et les Etats Unis (Cherif Hosni, 2010).

3
Chapitre I : Généralité sur l’orge

Tableau 1. La production mondiale d’orge de 2005 à 2010 (FAO, 2010)

Pays 2005- 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010


2006(Mt) (Mt) (Mt) (Mt) (Mt)
Australie 9.5 4.3 7.2 7.0 7.8
Canada 11.7 9.6 11.0 11.8 9.2
USA 54.8 56.2 57.5 65.6 61.5
Russie 15.8 18.1 15.7 23.1 18.0
Turquie 7,6 7.5 6.0 5.6 6.0
Ukraine 9.0 11.4 6.0 12.6 12.0
Autre 27.0 29.4 29.6 28.2 32.8
Monde 136,6 136.5 133.0 153.9 147.3

Les principaux exportateurs du grain d’Orge dans le monde sont l’Australie, l’Ukraine,
l’Union européenne, le Canada et la Roussie ; alors que les principaux importateurs sont
l’Arabie Saoudite, le Japon et la Chine. L’Australie contribue avec 30% de l’offre sur la
marche mondiale du grain d’Orge.

3 Culture de l’orge en Algérie

3.1 Superficie et production


En Algérie, 35% de la superficie céréalière est consacrée à la culture de l’orge qui est
concentrée entre les isohyètes 250 et 450 mm (Menad et al., 2011). Confrontée à des
contraintes d’ordre climatiques et techniques, la production algérienne d’orge est faible et
surtout variable dans l’espace et le temps (Bouzerzour et Benmahammed, 1993).

Cette réduction de production est due à nombreux facteurs : l’abandon de la culture de


l’orge par les agriculteurs au profit du blé, l'insuffisance et l'irrégularité de la pluviométrie, le
faible potentiel des variétés cultivées et surtout les maladies parasitaires qui provoquent
chaque année des pertes considérables du rendement.

Le suivi de l’évolution de la production met en évidence l’importance des fluctuations


inter annuelles. Le rendement se caractérise par une grande variabilité allant de 7.5 qx /ha
en1998 à 15.6 qx /ha et15.2 qx /ha en2003 et en 2006 respectivement (tableau 02).

Cependant, ces dernières années, la production nationale de l’orge a progressivement


augmentée car plusieurs programmes et projets ont été mis en place pour l’amélioration de la

4
Chapitre I : Généralité sur l’orge

production de l’orge, et le développement des variétés résistantes aux maladies. Depuis 2009,
l’Algérie est devenue auto-suffisante en production d'orge.

L’Office National Interprofessionnel des Céréales (OAIC) a été autorisé par le


Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural à exporter une partie de la production
record d’orge de 2009. C’est la première fois, depuis 1970, que l’Algérie se positionne sur le
marché international pour écouler sa production. En revanche, la récolte céréalière de 2010 a
été affectée par une baisse importante de la production d'orge à cause d'une reconversion de
certaines zones de cette céréale au profit du blé et du déficit pluviométrique dans plusieurs
régions à forte production. (Menad, 2008) (Tableau02).

Tableau 2. Evolution de la superficie et de la production de l’orge en Algérie (statistiques


agricoles, série b, 1998-2006).

Année Superficie Production Rendement


(qts/ha)
1998 939210 7000000 7.5
1999 468960 5100000 10.87
2000 215630 1632870 7.57
2001 515690 5746540 11.14
2002 894900 4161120 0.49
2003 833510 12219760 14.6
2004 102900 12116000 117.74
2005 1023414 10328190 10.09
2006 1117715 12358800 11,05

3.2 Principales variétés d’orge cultivées en Algérie

Selon Boufenar et Zaghouan (2006), les variétés Saïda, Rihane 183 et Tichedrette
sont largement distribuées en Algérie. Le recours aux autres variétés est lié à leur zone de
prédilection. Certaines variétés existent mais sont peu demandées comme celles de Jaidor
(Dahbia), Barberousse (Hamra), Ascad 176, (Nailia), El-Fouara. Le choix de la variété à
utiliser dépend de ses caractéristiques agronomiques et de la zone de culture. Les principales
variétés cultivées en Algérie sont regroupées dans le (tableau 03).

5
Chapitre I : Généralité sur l’orge

Tableau 3. Variétés d’orge cultivées en Algérie (BOUFENAR ET ZAGHOUANE, 2006).

Variétés Variétés Caractéristiques


Jaidor (dahbia) A paille courte, fort tallage, bonne productivité, tolérante aux
maladies et à la verse, sensible au gel.
Rihane 03 A paille courte, précoce, fort tallage, bonne productivité, à double
Exploitation
Ascad68(Remada) Précoce, à fort tallage et bonne productivité, tolérante aux rouilles et
à la verse, adaptée aux zones des plaines intérieures.
Ascad 60 (Bahria) A paille courte et creuse, précoce, fort tallage, bonne productivité,
Sensible à la jaunisse nanisant et résistante à la verse.
Ascad176 (Nailia) Variété précoce, résistante à la verse et tolérante à la sécheresse,
Sensible aux maladies (rouille brune, oïdium helminthosporiose,
rhyncosporiose).
Saida 183 Variété locale, semi-tardive, à paille moyenne et creuse, tallage
Moyen, bonne productivité, sensible aux maladies.
Tichedrette Variété locale, à paille moyenne, précoce, tallage moyen, bonne
Productivité et rustique.
El-Fouara A paille courte ou moyenne, fort tallage, bonne productivité,
tolérante Au froid, à la sécheresse et à la verse, adaptée aux Hauts-
plateaux.

4 Exigences écologique

4.1 Climat
L’Orge (Hordeum vulgare L.) est une céréale rustique qui peut produire du grain et de
biomasse même en présences de l’Orge-grain en Algérie entre cette aptitude est liée à sa
précocité et à son puissant système radiculaire.

Elle exige une photopériode, de douze à treize heures, pour montrer et la durée qui
s’écoule entre la levée et l’épiaison s’abrège lorsque la durée du jour augmente.

L’Orge est sous les mêmes conditions de culture, plus précoce que le blé. Elle tolère plus le
froid et peut donc pousser en zones d’altitude (>1000 mètres). Elle craint par contre les
milieux humides et chauds (Menad A, 2008).

6
Chapitre I : Généralité sur l’orge

4.2 Pluviométrie
L’Orge consomme souvent moins d’eau par gramme de matière sèche produit que les
autres céréales mais la relation entre le rendement en grain de l’Orge et la consommation
d’eau n’est pas linéaire (Soltner, 2007).

Le rendement augmente d’eau consommée jusqu’à 350 mm, puis le rendement chute
par excès d’eau (Hakim, 1993).

4.3 Rayonnement
La croissance de la plante d’orge est en général favorisée par le rayonnement solaire.
En effet, une forte énergie lumineuse ou le rayonnement améliore la photosynthèse alors que
les basses températures ralentissent le développement de la plante et allonge par conséquent
chacune des phases du cycle évolutif de la plante (Simon et al, 1989).

4.4 La température
La germination de la semence d’Orge dépend surtout de la température. La température
optimale pour la germination est entre 12°C et 25°C mais elle peut avoir lieu entre 4 et 37°C
en présence d’humidité dans le sol (Simon et al, 1989).

La vitesse de germination dépend de la somme des températures. Ainsi, si la


température moyenne, après le semis, est de 7°C, la semence germe après 5 jours (en
présence d’humidité dans le sol alors qu’elle nécessite 3,5jours si la température moyenne est
de 10°C (Hamadache, 2016).

5 Cycle de développement
L’identification des phases de développement de la plante, peut servir de repère pour
programmer les interventions techniques sur la culture.

Le cycle de développement des céréales est subdivisé en trois grandes phases, où


chaque phase est divisée en un nombre de stades (Gillet, 1980).

 La première phase
C’est la période végétative qui correspond aux stades levée 3 à 4 feuilles ; tallage et
montaison, et d’après Soltner, 2007, elle s’étend de la germination à l’ébauche de l’épi.

 Phase de la germination et de levée.


 Phase levée au tallage.

7
Chapitre I : Généralité sur l’orge

 Phase tallage-début montaison.


 La deuxième phase
C’est la période de reproduction qui correspond aux stades gonflement, épiaison et
floraison.
 Phase de formation des épillets (phase A-B de Jonard)
 Phase de spécialisation florale (phase B-C-D de Jonard)
 Phase épiaison et fécondation (phase E-F de Jonard)

 La troisième phase
C’est la phase de formation et de maturation des grains qui correspond aux stades grain
laiteux et grain mûr.
 Période de maturité (Khaldoun, 1990).

5.1 Conditions de la germination


Dans les conditions naturelles, le grain ne doit pas germer rapidement. En effet, le
processus de la germination se déclenche à des moments bien précis favorables à la
croissance et au développement de ce grain. De nombreux paramètres internes et externes
sont indispensables pour la bonne germination du grain. La présence de l’eau, de la
température et de la lumière redémarre les activités cellulaires et provoque de profondes
transformations du grain. L’embryon commence à se développer en une racine, une tige et
des feuilles et entame sa croissance pour donner l’adulte capable de se reproduire (Laberche,
2010).

5.1.1 Conditions de germination externes ou liées au milieu


Pour germer, tous grains et graines ont besoin en plus d’eau, d’oxygène, de chaleur et
éventuellement de lumière. L’oxygène doit être à la pression ordinaire de l’atmosphère ; les
grains ne germent ni dans le vide ni sous une pression très élevée. Cet oxygène se combine
avec les glucides et les lipides que renferme le grain lors des processus de respiration. Sous
l’influence de l’humidité, le grain gonfle, les enveloppes éclatent et se ramollissent. La
température nécessaire à la germination est variable suivant le grain. L’orge (Hordeum
vulgare L. Poaceae) germe entre 5 et 37,7°C, sa température optimale est de 28,7°C. Le maïs
(Zea mays L. Poaceae) germe entre 9,5 et 46,2°C, sa température optimale est de 33,7°C. Il
existe des grains, notamment ceux des plantes dites pyrophytes, qui vivent dans des milieux

8
Chapitre I : Généralité sur l’orge

sujets aux fréquents incendies, survivent très bien au passage du feu. Chez certaines espèces
mêmes, le feu ou une chaleur intense est nécessaire à la germination.

La chaleur, en effet dégrade les composés phénoliques et les résines présents dans les
téguments de la graine et qui inhibent la germination en temps normal. Ces substances étant
dégradées, l’enveloppe de la graine devient alors perméable à l’air et à l’eau. La dormance est
levée et le grain peut alors commencer à germer. Par contre, un grain qui a commencé son
processus de germination est beaucoup plus vulnérable à la chaleur qu’un grain en dormance.
Exposer un grain germé à une température de cet ordre a un effet létal. La lumière est aussi
un facteur externe de la germination.

Cependant, dans le passé, la lumière n’était pas considérée comme facteur nécessaire à
la germination. Mais, chez certaines espèces, une nette action positive de la lumière agit sur
la germination. Il est aussi bien connu que certains grains ne doivent pas être recouverts. Ils
germent en surface, exposés à l’alternance jour et nuit. Inversement chez d’autres espèces, la
germination est meilleure en obscurité totale. La lumière joue un rôle prépondérant dans la
germination des grains qui possèdent, au même titre que les feuilles, des récepteurs
photosensibles (phytochromes) (Laberche, 2010).

5.1.2 Conditions de germination internes


La maturité est la première de ces conditions. Les grains mûrs conservent d’autant plus
longtemps leur faculté germinative qu’ils sont plus riches en amidon. S’ils sont chargés de
matières grasses et d’essence, ils rancissent et se détériorent à la longue. Mais d’autres
facteurs internes peuvent intervenir. On cite particulièrement :

[Link] Le contrôle de la germination par les régulateurs de croissance :


L’acide abscissique est la principale substance responsable de la non-levée des semis.
Elle s’accumule dans le grain lors de sa maturation et l’empêche de germer. Son taux décroit
ensuite lentement lors du stockage de la graine et tant qu’elle est présente en quantité
suffisante, cette substance joue parfaitement son rôle de retardant de la germination. Son
action est contrecarrée par une autre classe de régulateurs de croissance, les gibbérellines.

Chez certaines espèces végétales, elles sont sans effet et ce sont d’autres régulateurs,
telles que les auxines ou les cytokinines, qui contrebalancent l’effet inhibiteurs de l’acide
abscissique (Laberche, 2010).

9
Chapitre I : Généralité sur l’orge

[Link] L’inhibition mécanique :

Le tégument du grain constitue une barrière mécanique qui empêche l’embryon de se


développer. Pour qu’il se délite, plusieurs solutions sont possibles, généralement, la durée
passée dans des conditions un peu humides (pour qu’il ait lieu une digestion lente par les
enzymes sécrétées par le grain lui-même). Mais d’autres moyens plus brutaux peuvent être
nécessaires comme par exemple le gel ou le feu, à moins que ce ne soit le transit des graines
dans le système digestif des oiseaux, comme, par exemple, pour le gui (Viscum album L.
Loranthaceae) (Laberche, 2010).

[Link] L’inhibition tégumentaire :


Des dérivés phénoliques aux propriétés antimicrobiennes stockés dans les téguments
des grains jouent également le rôle d’inhibiteur des processus germinatifs (Laberche, 2010) ;
c’est l’inhibition tégumentaire. Ces dérivés peuvent soit avoir une action spécifique en
bloquant la mobilisation des réserves, soit empêcher l’eau de mouiller le grain du fait de leur
caractère hydrophobe. Généralement, ils s’oxydent lentement avec le temps. Dans la nature,
ces composés inhibiteurs sont évacués du grain par lessivage lors des précipitations. Ainsi, la
germination d’un grain est contrôlée par de nombreux facteurs (Figure 01).

Fig 1. Les facteurs internes et externes qui agissent sur la germination

10
CHAPITRE II
La culture
hydroponique
Chapitre II : La culture hydroponique

1 Définition de la culture hydroponique « culture hors sol ».

On définit la culture hydroponique comme la culture « hors sol ». Culture de plantes


terrestres réalisée à l’aide de substances nutritives, sans le support d’un sol. Le mot «
hydroponique » vient du grec « hydro », qui signifie « eau », et « ponos », qui signifie «
Travail ou l’effort » (Texier, 2014).
Pour l’hydroponie, les racines des plantes sont en contact avec un milieu liquide, la
solution nutritive. Si cette dernière est non circulante, on parle d’aquiculture, Cette technique
consiste à nourrir les racines des plantes qui se trouvent dans du substrat (laine de roche, par
exemple) ou bien dans une solution nutritive (Vu, 2008).

Ceci est la croissance d'une plante sans sol. On l'appelle aussi grain / fourrage germé
(Dung DD, Godwin IR, Nolan JV, 2010).

Il a besoin d'une courte période pour grandir et se développer en serre dans un


environnement contrôlé (Sneath R, Mclntosh F, 2003).

La serre est un support pour la croissance des plantes avec des conditions
environnementales au moins partiellement contrôlées. Cependant, à des fins opérationnelles,
la structure / le support devrait être suffisamment grand (Chandra P, Gupta MJ, 2003).

Le développement du fourrage hydroponique se fait sans terre mais avec de l’eau. En


serre, il est possible d’utiliser des solutions riches en nutriments pendant une courte durée.
Cependant, cette solution nutritive n'est pas indispensable et seule l'eau du robinet peut être
utilisée. Le fourrage ressemble à un tapis avec probablement une hauteur de 20-30 cm
composée de racines, de graines et de plantes. Il est indiqué comme très agréable au goût,
digestible et nutritif pour les animaux. La production de lait augmente de 8 à 13% avec
l'utilisation de fourrage hydroponique.

Il s’agit de la meilleure technologie alternative à utiliser pour les animaux laitiers


utilisant des matériaux peu coûteux dans les endroits où la production conventionnelle de
fourrage vert est limitée (Prafulla KN, Bijaya K, Swain NP, Singh ,2015).

La méthode hydroponique est un système simple, économique et efficace qui nous


permet de disposer de culture quotidienne de ces céréales qui est entamé avec la légumineuse
ou la semence non traiter ITELV, 2015, avec un temps de repos minimal depuis sa récolte de
3 mois, et en tenant compte au mieux de la qualité de la meilleure sera la qualité (ITGC,
2015).

11
Chapitre II : La culture hydroponique

2 Historique
La culture de plantes sur l’eau était pratiquée à l’époque des Aztèques et était utilisée
pour les jardins suspendus de Babylone. C’est en 1860 que deux chercheurs allemands ont
réussi à faire pousser des plantes sur un milieu composé uniquement d’eau et de sels
minéraux. Cette découverte a permis de mieux connaître la physiologie de la nutrition et le
rôle des éléments minéraux.

La technique du hors sol a été introduite en Europe dans les années 70. La culture hors
sol s’est, en effet, développée d’abord dans le nord, en Hollande, pays où elle occupe les plus
grandes surfaces, ensuite en Belgique, en Espagne, en France, en Italie et en Grèce
(Essdaoui, 2013).

Économie d’eau et substrat disponible en grande qualité, diverses expérimentations ont


été réalisées afin de se familiariser avec cette nouvelle technique de production et de mieux
cerner les problèmes rencontres en vue de son application dans les régions présentant des
défauts de production.

La variété des grains, la qualité, les traitements tels que l'apport en nutriments, le pH, la
qualité de l'eau, la durée de trempage, etc. sont des facteurs déterminants pour la quantité de
fourrage germé et de qualité (Sneath et Mc Intosh, 2003).

3 Production hors sol de fourrage

3.1 La germination, la base de toute production


Le processus de germination, dans la conception courante, est le passage de la graine au
repos à la jeune plantule. Du point de vue de la physiologie végétale, la germination stricto
sensu débute avec la réhydratation de la graine et cesse dès que la radicule (1er racine) a
percé l’enveloppe de la graine. Les étapes ultérieures d’émergence des feuilles, sont des
étapes de croissance.

La germination se fait sous l'influence de trois facteurs essentiels : l'eau, la chaleur et


l'oxygène. La première étape de la germination est l’absorption d’eau et la réhydratation des
tissus de la graine par le processus d’imbibition (ALAIN V, 2003). L'eau, pénétrant par
capillarité et endosmose dans la graine, dissout les substances solubles qu'elle contient et qui
nourrissent l'embryon de la future plante. La germination génère une transformation
physicochimique s'accompagnant de phénomènes physiologiques très complexes, en

12
Chapitre II : La culture hydroponique

particulier la synthèse d'enzymes, qui activent les réactions métaboliques et confèrent aux
graines germées ses propriétés nutritionnelles. Les enzymes transforment l'amidon en sucres
simples, assimilables, permettent la synthèse de nombreuses vitamines (A, B, C),
transforment les protéines en acides aminés, permettent la synthèse d'acides aminés non
présents dans la graine à l'état sec, transforment les graisses et acides gras, libèrent des
minéraux en substances assimilables accessibles aux sucs digestifs.

Tableau 4. Temps de germination Selon l’espèce (ALAIN V, 2003)

Espèce Germination (trempage inclus)


Avoine 36 à 48 h
Blé 36 à 48 h
Maïs 4 à 6 jours
Orge 36 à 48 h
Riz 5 à 7 jours
Seigle 36 à 48 h
Luzerne 4 jours
Soja 1 à 3 jours
Trèfle 48 h
Tournesol 3 jours

La graine augmente de volume, se ramollit. La rupture des enveloppes se produit et la


radicule émerge. Tant que la radicule ne s'est pas allongée, la semence peut être déshydratée
sans dommage. Mais si la croissance a commencé, la déshydratation entraîne sa mort ; le
début de la croissance de la radicule marque donc le passage d'un état réversible à un état
irréversible. L’émergence de la radicule est suivie de l’allongement de l’axe caulinaire et le
développement des premières feuilles.

Ce processus est plus ou moins long, selon l’espèce. Chez l’orge, une fois la graine
réhydratée, les racines apparaissent en 24 heures. Au bout de 2-3 jours, les premières feuilles
émergent. Au 4eme jour, le développement racinaire permet l'assimilation minérale. Au 5eme
jour, la photosynthèse est activée. (Buard, M., 2011)

13
Chapitre II : La culture hydroponique

3.2 Systèmes de production utilisés


Le processus de production du FVH se décompose en deux étapes. Une première phase
de « pré germination », durant laquelle les graines sont réhydratées, va permettre de
déclencher la germination (sortie de la radicelle). Une seconde phase de « germination »,
durant laquelle les graines, déjà germées, sont mises en culture sur un support neutre, jusqu’à
l’apparition des premières feuilles.

Il résulte de ce processus basique, une grande variété de systèmes de production de


fourrage en hors-sol. La production peut être réalisée sur des bâches au sol, dans des bassines,
ou sur des plateaux étagés. Ces bancs de cultures peuvent être positionnés en extérieur, sous
ombrière, sous un bâtiment ouvert ou une serre, dans un conteneur ou en bâtiment fermé.
L’ambiance (température, humidité, luminosité) est naturelle, en extérieur, ou elle est
partiellement ou totalement contrôlée pour les systèmes clos (serre, conteneurs, bâtiments).
L’itinéraire technique (semis, irrigation, apport de nutriments, récolte) peut être entièrement
manuel ou partiellement automatisé.

Pour de petites productions, il est possible de construire sa propre unité de production.


Les systèmes commerciaux développés ces dernières années, tendent vers des enceintes
fermées (chambres, conteneurs, bâtiments) où les conditions d’ambiance et d’irrigation sont
entièrement contrôlées et automatisées. Cela permet d’optimiser les conditions de
germination et de pousse, en s’affranchissant des aléas climatiques, tout en améliorant
l’entretien et la gestion du système. Il existe un grand nombre d’entreprises qui
commercialisent ce type d’équipement à travers le monde (Foddertech, Fodder Factory,
Green Feed, Fodder Solution, Premium Fodder, Eleusis, Greenergrass). (Maëva. M et all.,
2015)

3.3 Espèces cultivées


Les principales espèces utilisées sont l’avoine, le maïs, l’orge, le blé et le riz (Fuentes et
al, 2011). D’autres céréales sont utilisées, telle que le millet, le raygrass, le sorgho, ou le
sarrasin. On utilise également des légumineuses (luzerne, pois, lupin ou niébé) ; Al-Karaki et
al, 2011), et des associations d’espèces (seigle-avoine-pois ; orge-haricot ; blé-vesces) mais
leur usage est peu documenté.

L’espèce et la qualité des semences vont avoir un effet primordial sur le rendement et la
qualité du fourrage produit. Les premiers critères de sélection sont une germination rapide, en
48 heures (tableau 4) et un fort taux de germination (> 95 %) (Alaoui S.B, 2003), un

14
Chapitre II : La culture hydroponique

rendement et une valeur alimentaire supérieure à la graine et à la culture en plein champ, une
disponibilité locale des semences et/ou un prix acceptable.

3.4 Les différentes phases de la culture hydroponique

3.4.1 Traitement préalable des semences :


Les graines doivent avoir été stockées dans un endroit sec, propre et aéré. Afin de
préserver les semences d’un début de germination, du développement de moisissures ou de
l’attaque d’insectes (charançons, mites …), il est conseillé de les stocker dans un lieu avec
une hygrométrie de 10 à 15 %, à une température de 1 à 15 °C. Les principaux facteurs de
stockage qui vont affecter la viabilité de la graine et sa germination, sont la moisissure des
graines, l’humidité, la température et la concentration en gaz du lieu de stockage (Al-Karaki
et al, 2011). Il est primordial d’avoir des semences non traitées, saines, débarrassées des
graines cassées ou infectées (Alaoui S.B, 2003), afin d’éviter la fermentation, le
pourrissement des grains et le développement de moisissures.

Il est préférable d’utiliser des semences ayant bénéficié d’un repos de quelques mois
après la récolte (2 mois minimum), afin de réduire le phénomène de dormance. Dans un
premier temps, les graines sont nettoyées (tri des graines cassées, piquées, abimées ou
infectées). Elles sont abondamment lavées à l’eau courante, jusqu’à ce que l’eau de lavage
soit transparente. Certains préconisent un bain désinfectant de 10 à 30 minutes, dans une
solution d’hypochlorure de sodium à 20%, de chlore à 0,5% ou d’eau oxygénée à 10 %. Il est
préconisé de ne pas dépasser une heure de bain, car cela altère les semences et pénalise le
taux de germination et la croissance (Morgan et al, 1994).

Tableau 5. Durée de trempage selon l’espèce (Morgan et al, 1994)

Espèce Trempage (heure)

Avoine 4à5

Blé 4à5

Luzerne 3à4

Maïs 8 à 12

Orge 8 à 12

Pois 6à8

15
Chapitre II : La culture hydroponique

Riz 6à8

Seigle 5à6

Trèfle 4à5

3.4.2 Phase de « pré germination », ou de déclenchement de la germination :


La phase de « pré germination » se décompose en deux étapes : une phase d’hydratation
des graines et une phase d’aération. Pendant la phase d’hydratation, les semences sont mises
à tremper dans de l’eau, jusqu’à saturation en eau de la graine, afin de lever la dormance et
déclencher la germination (Flores et al, 2004). Il est conseillé d’apporter 0,8 à 1 litre d’eau
par kilo de semences. La durée de trempage est propre à chaque espèce (tableau 5). Elle va
affecter directement le rendement en FVH, la composition en nutriments et la perte de
matière sèche durant la germination. Il est recommandé de laisser tremper les petites graines
(lin, luzerne, sésame) de 1 à 5 heures, et de 8 à 12 heures pour les autres.

Le Haricot Mongot (Vigna radiataL.) a besoin de 16 heures de trempage. Flores et al


signalent que pour le maïs, un temps de pré trempage n’augmente pas le taux de germination
par rapport à des graines mises à germer directement. Morgan et al, (1994) recommandent de
ne pas dépasser 12 heures d’hydratation. Pour un temps de trempage de 24 heures, il est
conseillé de laisser sécher les graines à l’air libre pendant une heure, après les 12 premières
heures de trempage. La température de l’eau va influencer le temps de trempage nécessaire et
la rapidité de germination.

L’utilisation d’eau tiède va permettre de réduire le temps de trempage. De même,


l’utilisation d’une eau tiède (23 °C) va favoriser une germination plus importante après 72
heures. Un brassage prolongé au moment du trempage favorise une réhydratation uniforme
des graines. Il est conseillé de renouveler l’air, en remuant régulièrement ou en installant une
pompe à air dans le bac, pendant toute la durée de trempage. S’il apparait des bulles ou de la
mousse blanche en surface, c’est le signe d’un début de fermentation. Il faut vider le bac et
laisser s’aérer les semences. En fin de trempage, on enlève les graines flottantes, qui sont
défectueuses et ne germeront pas.

L’eau de trempage est retirée et les graines sont rincées abondamment à l’eau claire. Ce
rinçage est très important car il permet d’éliminer les substances qui maintenaient la
dormance des graines qui peuvent être néfastes pour la santé. On laisse les graines s’égoutter

16
Chapitre II : La culture hydroponique

entre12 et 24h avant le semis. C’est pendant cette phase que les radicelles vont émerger, pour
les espèces les plus rapides (orges, lentilles …).

Tableau 6. Densité de semis selon l’espèce (Garcia-Carillo et al, 2013)

Espèce Densité de semis (kg.m-²)


Avoine 2-4
Blé 2,5 - 5
Luzerne 1,8
Maïs 2,5 – 3,5
Niébé 4
Orge 2,5 - 7
Sorgho 4
Triticale 3-4

3.4.3 Phase de « germination » ou de culture :


Les graines sont semées dans des plateaux, à une densité de semis de 2,2 à 7 kg.m-²
(poids sec, avant trempage) (FAO, 2001). La densité de semis optimale est fonction de
l’espèce, des caractéristiques de sa graine et du système d’irrigation utilisé (tableau 6). Afin
de favoriser une bonne germination, et limiter le risque de fermentation et de moisissures, il
est préférable que le tapis de graines ne dépasse pas 1,5 cm de hauteur (FAO, 2001). Dans le
cas de l’orge, les racines apparaissent en 24 heures.

Les premières feuilles émergent au bout de 3-4 jours. Au 4ème jour, le développement
racinaire permet l'assimilation minérale. Au 5ème jour, la photosynthèse est activée. Selon les
systèmes de production, il y a un apport de fertilisants et l’éclairement est plus ou moins
contrôlé. L’hygiène est un point essentiel de la production afin d’éviter les risques de
moisissures (désinfection du matériel et des semences, contrôle des cultures).

3.4.4 Récolte :
La durée du cycle de production varie selon l’espèce, la variété, les facteurs de culture
qui vont jouer sur le cycle de germination (eau, température, ...), ainsi que les objectifs de
production (quantité, qualité) (tableau 4). Il est possible de récolter après seulement 48
heures de germination. On parle alors de production de graines germées. La récolte peut
s’effectuer entre 5 et 15 jours après le semis.

17
Chapitre II : La culture hydroponique

A partir du 5e jour, on peut avoir une récolte précoce. La période optimale de récolte se
situerait entre 7 et 10 jours après semis (Dorsal, 1987) : la vitesse de croissance du fourrage
est homogène et vigoureuse, on a un fourrage de 20 à 25 cm de hauteur avec une bonne
valeur alimentaire. Au-delà de dix jours, il est observé une diminution du taux de protéines,
ainsi qu’une diminution du rendement en MS, et le fourrage perd son principal atout
qualitatif. Aux 10ème– 12ème jours, en système non fertilisé, les plantules commencent à
montrer des signes de dénutrition.
Les plateaux moisis (noir ou bleu) ou présentant un début de fermentation (odeur de
foin fermenté) ou d’oxydation (racines brunâtres) doivent être écartés pour éliminer tout
risque de contamination. Le tapis végétal, composé de jeunes plantules et de leurs racines, est
récolté tel quel et donné aux animaux, de préférence une à deux heures après la récolte, afin
de conserver ces propriétés en vitamines. Il est possible de le conserver 1 à 7 jours en
chambre froide (Lorenz, 1980).

3.5 Potentiel de production


Pour un kilo de semences mises à germer sur une période de 7 à 10 jours, on obtient de
5 à 12 kilos de fourrage frais. Le rendement va fortement dépendre de l’espèce, de la variété,
des conditions de pré trempage, de la dose de semis, des conditions de culture (température,
humidité, éclairement, irrigation, fertilisation) et du taux de matière sèche final. (Al-Karaki
et al,2011).
Tableau 7. Valeurs de rendements en culture hydroponique (Garcia-Carillo et al, 2013)

Stade récolte Rendement vert Rendement MS Matière sèche


Espèce
(jour) (kg /m²/coupe) (kg /m²/coupe) (%)

Avoine 7-20 16,9 (12-19) 3,5 (2,3-5,9) 26,4 (17-37)


Blé 8-12 13,1 2,29 17,5

Luzerne 8 19,4 1,6 8,2


Maïs 9-14 14,4 (6-21) 2,8 (1-4,6) 18,4 (14-22)

Sorgho 8 14,5 2,7 19


Orge 8-10 25,8 (20-32) 3,6 (2,5-5,4) 15,54 (8-19)

3.6 Conditions de culture :


Différents facteurs vont influer la germination et le développement des germes. Les
principaux éléments qui vont affecter la pousse sont l’apport d’eau, la température, la

18
Chapitre II : La culture hydroponique

composition en gaz de l’air, la lumière et l’absence de facteur d’inhibition de la germination


(Lorens, 1980).

3.6.1 La température
Il est essentiel de maintenir une température optimale, pour obtenir sur une courte
période, un taux de germination élevé et des plantules vigoureuses. La gamme de température
optimale va dépendre de l’espèce (tableau 8), de la variété, de l’origine de la graine et de son
âge. La plupart des céréales vont germer entre 3 et 40 °C. La température optimale, pour une
germination maximale et au meilleur taux, est située entre 20 et 30 °C (Lorenz, 1980). Cet
optimum va varier selon l’espèce et son caractère tempéré ou tropical. Le maïs et le riz
requirent une température de 35 °C pour un optimum de germination.

3.6.2 L’humidité
L’humidité de l’air doit être comprise entre 60 et 70 % pour permettre la germination et
favoriser le développement des pousses. Le renouvellement et le brassage de l’air est
essentiel pour maitriser le taux d’humidité et maintenir le taux de CO2 dans l’air. Un air
confiné va favoriser le développement de moisissures. L’unité de culture doit avoir un
volume suffisant, avec un renouvellement convenable de l’air, au moins deux fois par jour
(Rodet, 1997). Celui-ci permet le renouvellement en oxygène et dioxyde de carbone, qui sont
essentiels aux processus de respiration et de photosynthèse de la plante.

La germination est affectée par la composition de l’air ambiant. La majorité des graines
germent dans une atmosphère à 20 % d’oxygène et 0,03 % de dioxyde de carbone, soit le
niveau normal de l’air (Romero Valdez et al, 2009). En pratique, cela demande un
équipement spécifique qui génère un surcoût de production, pour un bénéfice qui n’est pas
évalué à ce jour.

Tableau 8. Température optimale de germination par espèce (Romero Valdez et al, 2009)

Espèce Min Optimum Max

Avoine 6 15-24 30

Blé 3-5 20-27 30-43

Maïs 8-10 32-35 40-44

Orge 3-5 19-27 30-40

Pois 4-7 13-21 24-30

19
Chapitre II : La culture hydroponique

Riz 10-12 30-37 40-42

Seigle -25 10-15 25-31

3.6.3 L’éclairage :
Les semences vont germer de manière équivalente en condition éclairée ou non.
Cependant, les jeunes pousses nécessitent de la lumière pour activer leur photosynthèse, et
stimuler leur développement. Il est conseillé de laisser les graines dans le noir les 48
premières heures, afin de déclencher la germination. La photosynthèse étant active à partir du
5e jour (Morgan et al, 1994), un éclairage à ce stade stimule la photosynthèse. Celle-ci va
permettre le verdissement des plantules, la synthèse de chlorophylle (Sneath and McIntosh,
2003), de vitamines (bêta-carotènes ; et de matière organique. Cela permet de ralentir
légèrement la perte de matière sèche liée au processus de germination, et donc d’améliorer le
rendement de la culture. La culture peut être conduite sans éclairage. Cela se traduit par une
augmentation significative de la matière fraiche, liée au phénomène d’élongation, mais cela
ne s’accompagne pas d’une augmentation de la matière sèche et de la teneur en cendres.

L’éclairage devient nécessaire à partir du 8e jour, pour l’orge, faute de quoi, la plantule
s’étiole. Il faut deux jours d’éclairage pour verdir le FVH (Morgan et al, 1994). Les besoins
en lumière (intensité, période) des cultures hydroponiques ont été peu étudiés et sont
certainement variables selon les espèces.

L’intensité lumineuse requise serait de 2000 – 2500 lux. La durée d’éclairement


journalière serait de 10 à 16 heures (Romero Valdez et al, 2009). Le type de lampe utilisé et
sa puissance vont influencer la pousse. Ainsi, Leontovich et Bobro (2007) obtiennent de
meilleurs rendements (+ 29%) avec un éclairage par lumière fluorescente à flash de 8 W/m²,
ainsi qu’une teneur en vitamines totales plus élevées (carotène, B1, B2, B5),
comparativement à des lampes fluorescentes de 16 et 32 W/m².

3.6.4 L’irrigation :
L’irrigation est un point clé du cycle de production. Le pH et la qualité de l’eau, ainsi
que la gestion des apports sont parmi les principaux facteurs de rendement. La qualité de
l'eau est importante pour une bonne germination. On peut utiliser de l‘eau de puits, de pluie,
ou du robinet. Celle-ci doit être potable et il ne doit pas y avoir de matière en suspension ou
de matière organique, afin de limiter les risques sanitaires. Il est préconisé d’utiliser de l'eau

20
Chapitre II : La culture hydroponique

filtrée. L'eau utilisée doit être à température ambiante (17 à 20 °C). Le pH doit être compris
entre 5,2 et 7 (FAO, 2001).

La salinité de l’eau doit être comprise entre 1,5-2,0 mS/cm. Al-Karaki et al (2011) on
mit en évidence qu’en hydroponique, l’orge tolérait une salinité de l’eau d’irrigation jusqu’à
6 dS/m, sans impact sur son taux de germination et son rendement. Différents systèmes
d’irrigation peuvent être utilisés : pulvérisation manuelle, micro aspersion, brumisation,
gravitation, inondation. Cette dernière n’est pas recommandée, car elle peut générer un excès
d’eau qui peut provoquer de l’asphyxie racinaire, le développement de moisissures et du
pourrissement. Celle-ci ne doit pas excéder 20 minutes.

Les besoins en eau sont de 1,5 à 4 litres par kilo d’herbe fraiche produit (Al-Karaki et
Al-Momani, 2011). Les besoins diffèrent selon l’espèce et la variété et ils évoluent avec
l’âge des pousses. Les quatre premiers jours, on ne doit pas appliquer plus de 0,5 litre d’eau
par mètre carré et par jour, jusqu’à atteindre une moyenne de 0,9 à 1,5 litres par d’eau par
mètre carré et par jour (FAO, 2001). Le tapis de graines doit toujours rester humide, sans
pour autant être noyé. Les apports d’eau sont journaliers et peuvent être effectués en 1 à 12
fois par jour selon le mode d’irrigation.

Pour les premiers jours de germination, il est préconisé de faire 1 à 3 irrigations par jour
(Chavan et al, 1989). Un apport fractionné, de quelques minutes (2-3 min), en 6 à 12 fois par
jour serait préférable, pour une bonne gestion de l’eau et maintenir le taux d’humidité du
couvert, particulièrement pour des unités sous serre ou sans contrôle de la température et de
l’humidité de l’air. Certaines études ont évalué de manière positive l’utilisation d’eaux usées
retraitées (Al-Karaki, 2011), qui améliorent les rendements grâce à leurs apports de
minéraux.

3.6.5 Fertilisation :
L’utilisation d’une solution nutritive n’est pas obligatoire. Les études divergent quant à
l’intérêt de fertiliser ce type de culture. Certains essais ont mis en avant un effet sur le
rendement et la composition du fourrage (Dung et al, 2010, Morgan et al, 1994), d’autres
n’obtiennent pas d’effet significatif (Al-Karaki, 2011). La fertilisation augmenterait les
rendements en matière sèches et la valeur nutritive du FVH (FAO, 2001).

A partir du 4e jour, le développement de la racine permet l'assimilation minérale.


L'absorption de nitrates, à ce stade, faciliterait le métabolisme des réserves de glucides et de
composés azotés (Morgan et al, 1994).

21
Chapitre II : La culture hydroponique

L’apport d’une solution nutritive réduirait la perte de matière sèche, en favorisant la


photosynthèse (13,4 % contre 16,4 % ; (Dung et al, 2010). Pour l’avoine, l’apport de 200
ppm d’azote dans l’eau d’irrigation permettrait les meilleurs résultats de production de
biomasse (Dosal, 1987).

4 Valeur nutritive du fourrage hydroponique


La composition chimique du fourrage hydroponique cultivé à partir de différents grains
a été rapportée par différentes recherches en diverses conditions.

Le grain contient généralement environ 85-87% de matière sèche et le fourrage


hydroponique contient généralement entre 80 et 85% d'eau (PAYET, 2015).

Les résultats de la recherche montrent une grande diversité de gains ou de pertes de


matière sèche, allant de 10% de perte à 15% de gain sur 8-10 cycles de germination (Soltner,
2007).

La germination de l'Orge entraîné une perte de MS d'environ 18 %. La perte de MS est


probablement due à l'utilisation d'hydrates de carbone et d'énergie par les graines pour les
activités métaboliques de la plante en croissance, sans remplacement adéquat par
photosynthèse de la jeune plante. (Abd Rahim et al, 2015). Cette photosynthèse commence
vers le cinquième jour, quand les chloroplastes sont activés (Al-Karaki et Al Momani,
2011).

Le trempage des graines conduit à l’activation des enzymes, solubilisation et digestion


de l'amidon stocké dans l'endosperme en sucres simples. Ceci fournit un substrat pour la
jeune plante en développement pour activités métaboliques. Ces substrats sont respirés pour
produire de l’énergie, émettant du carbone dioxyde et eau. Cette perte de dioxyde de carbone
entraîne une perte de matière sèche (Emam, 2016).

Les fourrages conventionnels sont moins nutritifs que les fourrages hydroponiques. Une
déviation des nutriments se produit pendant la germination, ce qui augmente la teneur en
protéines brutes, en extrait d’éther, en extrait sans azote, mais en diminue en fibre brute, en
cendres totales (Simon et al, 1989).

Cependant, les gains de qualité nutritionnelle sont constamment constatés dans le


fourrage hydroponique (Soucy, 2016).

22
Chapitre III
Résultats
zootechniques des
fourrages
hydroponiques
1 Alimentation du bétail
Le FVH est utilisé en élevage de petits et grands ruminants, de porcs, de volailles, de
lapins et de chevaux. Il est également utilisé dans les ménageries et les zoos. Ce fourrage est
donné tel quel aux animaux, associé au fourrage classique, et avec éventuellement une
complémentation.

Il est apporté en plus du fourrage de base, pour pallier un manque de fourrage


saisonnier, pour améliorer la digestibilité et la teneur en vitamines et minéraux de la ration, à
des moments stratégiques du cycle de production (mise à la reproduction, mise bas, avant la
mise à l’herbe) ou pour répondre à un manque de surface. Il existe peu de documentation sur
les quantités de FVH à apporter quotidiennement au bétail.

Les distributeurs préconisent un apport journalier de 2-3 % du poids vif. Pour les
bovins, l’apport varie de 8 à 20 kg de matière brute par jour, en fonction du type d’animal et
de production (tableau 9). Les expérimentations sur le FVH en alimentation du bétail ont été
faites en complémentation d’un affourragement classique, souvent pauvre ou de la pâture
(Rodriguez Muela et al, 2005), ou en substitution partielle ou totale de l’aliment concentré.

2 Influence sur les performances du bétail


L’ajout de FVH à la ration, de par sa qualité fourragère et sa teneur en enzymes et
vitamines, améliorerait la productivité des cheptels à travers une accélération du processus
d'engraissement, une augmentation de la quantité et de la qualité du lait et une amélioration
des performances reproductrices.

Les études réalisées sur les performances du bétail alimenté avec du FVH obtiennent
des résultats contradictoires. Un certain nombre d’études n’ont pas obtenu d‘avantages
significatifs de l’ajout de ce fourrage dans la ration (Fazaeli et al, 2011), notamment quand il
remplace une alimentation fortement nutritive à base de céréales (Gillet, 1980), alors que
d’autres mettent en avant des effets bénéfiques de ce fourrage.
Tableau 9. Rationnement du bétail à base de fourrage vert hydroponique

Animal FVH (kg MB/jour)

Vache allaitante 10-15

Vache laitière 15 à 20

Bovin jeune 3à8

Ovin adulte 1,5 à 3,5

Ovin jeune 0,5 à 2

Chèvre laitière 2,5

Cheval 10 à 20

Lapin adulte 0,2 à 0,3

Lapin jeune 0,05 à 0,1

Oie 0,3 à 0,6

Canard 0,2 à 0,3

Poule pondeuse 0,1 à 0,25

Poulet de chair 0,1 à 0,2

3 Performances économiques de la production hors sol de fourrage


C’est un point qui est peu documenté et souvent partiel. Peu d’études sont allées
jusqu’au calcul des coûts de production ou de ration.

Les distributeurs annoncent des coûts de production de l’ordre de 45 à 135 € la tonne


de fourrage frais. Ces chiffres ne prennent pas en compte les coûts d’investissement, et
rarement le temps de travail. Les rares études qui ont chiffrées le coût de production du FVH,
obtiennent des coûts de 700 à 1 300 € la tonne de matière sèche (Sneath & McIntosh, 2003),
soit un produit à 84 à 156 € la tonne de fourrage frais (à 12 % de MS).

Celles-ci prennent en compte les coûts d’investissement qui vont peser fortement sur le
résultat (intérêts 14-19 %, Dépréciation 20-28 %). Or, ils sont difficiles à évaluer compte tenu
de la diversité des systèmes existants (système simples « fait main », unités semi
automatisées clés en main), de leur niveau de perfectionnement (retraitement de l’eau,
alimentation solaire) et de la stratégie de l’éleveur (dimension de l’unité de production, part
d’auto-construction, temps de travail consenti, mise en commun du matériel par plusieurs
éleveurs). Les deux principaux postes qui vont peser sur les coûts de production sont le temps
de travail (20-32 %) et le coût des semences (27 %). Or ce sont deux postes qui ne sont pas
forcément pris en compte par les exploitants (temps de travail rarement compté, coût des
semences négligé quand elles sont produites à la ferme). Cela expliquerait, pour partie, le
développement de la technique malgré des avis défavorables sur l’aspect économique.

La majorité des études qui se sont intéressées aux coûts de production, concluent que le
FVH a un coût trop élevé, particulièrement pour des élevages à faible valeur ajoutée
(production de viande, de lait. Ces coûts ont essentiellement été comparés aux coûts d’achat
du grain et de l’aliment (Sneath et McIntosh, 2003) et en aucun cas aux coûts de production
d’un fourrage classique. Toutes ces études ont calculé des coûts de production ramenés au
kilo de matière sèche. Or sur le marché courant, les ventes de fourrages et d’aliments se font
sur la base de la matière brute. La majorité de ces analyses n’ont pas fait de calcul à l’échelle
de l’atelier. Or, si certaines études affirment que l’introduction de ce fourrage augmente le
coût de la ration, d’autres prétendent qu’elle réduit les coûts de l’atelier en diminuant les
apports d’aliments (Rodriguez Muela et al, 2005) et les coûts de frais vétérinaires.

La généralisation de ce type de calcul économique est délicate, car il est spécifique à


chaque territoire, à son contexte socio-économique, aux systèmes d’élevages et aux objectifs
des éleveurs. Il nécessite d’être réalisé localement, en effectuant plusieurs simulations, avec
différentes hypothèses de départ (taille de module, type de système hydroponique,
approvisionnement en graines, etc..).
Partie
expérimentale
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

1 L’objectif

La culture hydroponique est une nouvelle technique en constante évolution, très


présente au fourrage vert qui est l'aliment prioritaire pour les animaux d'élevage,
particulièrement les ruminants.

Alors que nous assistons à l'innovation de l'agriculture, nous avons adopté cette
technique au monde réel qui contribue dans l’un des défis auxquels les agriculteurs sont
confrontés aujourd’hui, et qui consistent à obtenir le meilleur fourrage possible, en
maintenant la régularité et la constance de l’approvisionnement au coût le plus bas possible et
à résoudre certains problèmes agricoles liés à la variabilité du climat et à la présence des
terres poreuses et salines. Tout cela sans compromettre la santé et le bien-être des animaux.

Dans ce contexte, notre étude expérimentale portera, en premier lieu, sur le suivi de
l’évolution au cours de la germination de la production en matière sèche, de la composition
chimique de l’orge en vert hydroponique issue de notre unité de production.

2 Matériels
2.1 Le matériel végétal
Le matériel végétal utilisé dans le présent travail est constitué de la variété d’orge
brassicole, de l’espèce (Hordeum vulgare), cette dernière a été donné gracieusement par
L'Office Algérien Interprofessionnel des Céréales de Ouargla (OAIC).

2.2 Unité de germination :


Notre étude a été réalisée au sein de laboratoire de bio-ressources sahariennes. Nous
avons construit une unité (mini-chambre) de gémination avec des matières isolantes, dont les
dimensions : 75 cm de hauteur, 40 cm de largeur et 45 cm de longueur. (Figure 02).

Cette unité favorise un bon développement des pousses en créant un micro-climat


favorable pour une bonne germination (humidité, température, aération et éclairage).
L’humidité est assurée par thermoplongeur trempé dans un bain d’eau et l’éclairage par une
lampe installée latéralement. Le système d’aération est statique assuré par des trous latéraux
pour permettre le renouvèlement de l’air et un meilleur contrôle de l’humidité relative.
L’humidité et la température sont contrôlés par un hygromètre. L’irrigation a été faite
manuellement par vaporisateur (Figure 02).

28
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

A l’intérieur de cette chambre, 2 trames sont installées en ligne comprenant chacune un


plateau galvanisé de 0.18 m2pour chacun. Les plateaux sont installés sous une forme de bande
légèrement inclinée, et se trouvent aussi perforés sur la largeur afin d’éviter la stagnation de
l’eau d’arrosage.

Fig 2. L’unité de germination et ses équipements

3 Méthodes

3.1 Protocole de germination

3.1.1 Traitement préalable des semences de l’orge


 Les graines ont été stockées dans un endroit sec, propre et aéré. Afin de préserver les
semences d’un début de germination, du développement de moisissures ou de
l’attaque d’insectes.
 Il est primordial d’avoir des semences non traitées, saines, débarrassées des graines
cassées ou infectées, afin d’éviter la fermentation, le pourrissement des grains et le
développement de moisissures.
 Dans un premier temps, les graines sont nettoyées (tri des graines cassées, piquées,
abimées ou infectées).
 Mettre les semences dans une bassine et les laver abondamment avec de l’eau de
robinet jusqu’à ce que l’eau de lavage soit transparente.

 Désinfection des semences : en les trempant pendant30 min dans une solution d’eau
de javel à 0,2% pour limiter le risque de contamination par les moisissures. On peut

29
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

aussi sauter cette étape et ajouter quelques gouttes d’eau de javel dans l’eau de
trempage lors de l’étape de pré-germination.

3.1.2 Phase de pré-germination


La phase de « pré-germination » se décompose en deux étapes : une phase
d’hydratation des graines et une phase d’aération.

Pendant la phase d’hydratation, les semences sont mises à tremper dans de l’eau,
jusqu’à saturation en eau de la graine, afin de lever la dormance et déclencher la germination.
La température de l’eau va influencer le temps de trempage nécessaire et la rapidité de
germination. L’utilisation de l’eau tiède va permettre de réduire le temps de trempage. De
même, l’utilisation d’une eau tiède (23 °C) va favoriser une germination plus importante. Un
brassage prolongé au moment du trempage favorise une réhydratation uniforme des graines.

Il est conseillé de renouveler l’air, en remuant régulièrement pendant toute la durée de


trempage.

En fin de trempage, on enlève les graines flottantes, qui sont défectueuses et ne


germeront pas. L’eau de trempage est retirée et les graines sont rincée sa bon damment à
l’eau claire. Ce rinçage est très important car il permet d’éliminer les substances qui
maintenaient la dormance des graines, qui peuvent être néfastes pour la santé. On laisse les
graines s’égoutter environs 12 heures avant le semis.

3.1.3 Phase de « germination » ou de culture


 Avant de commencer cette étape, il faut d’abord nettoyer les plateaux de production et
les laver avec une solution d’eau de javel à 0,2 ou 0,5% pour limiter les risques de
contamination de la culture par les moisissures.
 Etalonner les graines au fond des bacs de façon à créer un tapis uniforme des graines
en germination (figure 03).
 Afin d’accélérer la germination et limiter le risque de fermentation et de moisissures,
il est préférable que le tapis de graines ne dépasse pas 1,5 cm de hauteur.
 Les graines sont mises dans des plateaux, à une densité de semis de 500 g par plateau
(poids sec, avant trempage).

30
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

Fig 3. Etalage des graines dans les plateaux de 0,12 m2

3.2 Conditions de culture

3.2.1 Phase de germination


Différents facteurs vont influer la germination et le développement des germes. Les
principaux éléments qui vont affecter la pousse sont l’apport d’eau, la température, la
composition en gaz de l’air, la lumière et l’absence de facteur d’inhibition de la germination.
Il est essentiel de maintenir une température optimale, pour obtenir sur une courte période, un
taux de germination élevé et des plantules vigoureuses.
 Température : La température optimale, pour une germination maximale, est située
entre 18 ± 23°C.
 Humidité : L’humidité de l’air doit être comprise entre 50 et 70 % pour permettre la
germination et favoriser le développement des pousses tout en réduisant le risque de
développement des moisissures.
 Ventilation : Il faut aussi un renouvellement et un brassage de l’air pour maitriser le
taux d’humidité et maintenir le taux de CO2 dans l’air.
 Eclairage : La durée d’éclairement journalière serait de 10 à 16 heures.
 L’irrigation : Arrosage régulière (6 à 8 fois/ jour) des plateaux de production à l’aide
d’un vaporisateur (figure 02).

3.2.2 Stade de récolte


La période optimale de récolte se situerait entre 7 et 10 jours après semis. Cependant,
l’idéal est au stade 8èmejour du fait qu’à ce stade tous les éléments nutritifs sont à leur
optimum.

31
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

3.3 Détermination du rendement et la composition physico-chimique

3.3.1 Le rendement de la matière fraiche


Des pesées journalières ont été faites à partir la phase de pérégrination jusqu’à la récole,
afin de déterminer l’évolution de poids de la matière fraiche durant les différentes phases de
production d’orge hydroponique (figure 04). Les pesées ont été réalisées à l’aide d’une
balance électronique (figure 05).

J1 J2 J4

J6 J7 J9
Fig 4. Evolution de la matière fraiche

Fig 5. Pesage de la matière fraiche

32
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

3.3.2 Composition physico-chimique

A. Teneur en matière sèche


Mettre le fourrage vert hydroponique dans un premier temps à l'air libre, loin du soleil
et puis séché à 80°C pendant 48h à l’étuve avec ventilation forcée pour la détermination de la
teneur en matière sèche et jusqu’à poids constant (AOAC, 1990). (Figure06)
La teneur en matière sèche de l’échantillon est calculée comme suit :

𝑃2 − 𝑃0
𝑀𝑆 % = ∗ 100
𝑃1 − 𝑃0

P0 : poids du creuset vide (g)


P1 : poids du creuset avec la matière fraiche (g)
P2 : poids du creuset avec la matière sèche (g)

Fig 6. Séchage de la matière fraiche

[Link] Teneur en matière minérale et en matière organique


Avant de déterminer la MM et la MO, la matière sèche a été broyée à l’aide d’un
broyeur de laboratoire avec un diamètre de broyage de 0,5 mm (Figure 07)

33
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

Fig 7. Broyage de la matière sèche

La teneur en matière minérale est conventionnellement constituée d’une première


fraction renfermant tous les constituants organiques (hydrates de carbones, lipides, matière
azotées et vitamines) et d’une seconde fraction inorganique renfermant les minéraux.

Cette dernière fraction représente la quantité de cendres totales (CT) que peut contenir
l’échantillon analysé. La matière minérale est déterminée après incinération des échantillons
au four à moufle à 550°C, (Figure 08) d’une prise d’essai de l’échantillon jusqu’à l’obtention
de cendres blanches ou grises (AOAC, 1990).

Fig 8. Détermination de la matière minérale

La teneur en cendres totales de l’échantillon est ainsi calculée comme suit :

𝑃2 − 𝐶𝑉
𝐶𝑇 % = ∗ 100
𝑃1 − 𝐶𝑉

34
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

P1 : Poids du creuset avant calcination (g)


P2 : Poids du creuset après calcination (g)
CV : poids du creuset vide (g)

Fig 9. Pesage de la matière minérale

La teneur en matière organique (MO) sera ainsi égale à : MO% = 100 – CT%

[Link] Teneur en cellulose brute


La cellulose brute est analysée par la méthode de Weende l’échantillon conditionné est
hydrolysé successivement par une solution acide diluée (H2SO4 : 0,26 N) et ensuite par une
solution alcaline diluée (KOH : 0,23N) (AOAC, 1990 ; 1995). (Figure 10)

La teneur en cellulose brute est ainsi calculée comme suit :

𝑃1 − 𝑃0
𝐶𝐵 % = ∗ 100
𝑃𝐸

P¹ : Poids après l’étuvage (g)


Pº : Poids après calcination (g)
PE : prise d’essai (g)

35
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

Fig 10. Extracteur de cellulose brute

[Link] Teneur en azote total


La teneur en azote total et en protéine brute d’un échantillon sont obtenues selon la
méthode de Kjeldahl. Cette technique a été mise au point pour la première fois en 1883 par
Johan Kjeldahl. Elle comporte trois étapes principales et successives la minéralisation, la
distillation, la titration. (AOAC, 1990, 1995, 1999). (Figure 11).

Le teneur est calculé de la manière suivante :

100 100
N% = 7𝑥 10−4 𝑥 𝑉1 𝑥 𝑥
𝑌 𝐴

V1 : volume de H2SO4 (ml)


Y : prise d’essai (g)
A : volume de la prise d’essai

PB= % 𝑁𝑁×6,25

36
Partie expérimentale : Matériel et méthodes

Fig 11. Distillateur Kjeldahl

37
Partie expérimentale : Résultats et discussion

4 Résultats et discussion

4.1 Le rendement de matière fraiche

Au bout de 9 jours de germination, un demi-kilogramme de graines d’orge mis à


germer, va donner entre 2,43 et 2,69 kilogrammes de fourrage vert (kg MF), Soit une valeur
moyenne de 2,56 ± 0,13 kg MF. (Tableau 10)

Ces résultats sont légèrement supérieurs à ceux obtenus par Kriaa et al (2001),
Oduguwa et Farolu (2004) ayant des moyennes de production (par un kilogramme d’orge
sec) de 4,73 Kg MF et 4,87 Kg de MF, respectivement.

Les indicateurs de rendements vont varier selon un ensemble de facteurs et de


combinaisons de facteurs de l’environnement et de l’itinéraire technique. Aussi, il a été
obtenu des performances différentes, selon la variété, le mode de conduite et le stade de
récolte. (Fazeaeli et al, 2012).

Tableau 10. Evolution du poids de la matière fraiche

Stade Essais GS GT J2 J4 J6 J7 J9
Poids 1 0,5 1,17 1,24 1,66 2,11 2,42 2, 69
(kg) 2 0,5 1,01 0,98 1,53 1,88 2,17 2,43
1,09 1,11 1,59 1,99 2,29 2,56
Moyen 0,5
(± 0,08) (± 0,13) (± 0,06) (± 0,11) (± 0,12) (± 0,13)
GS : Graines sèche, GT : Graines trempées

Ramenés à la surface cultivée, les rendements en vert varient de 20,25 à 22,41 kg MF/m²,
pour une récolte entre 9 jours. Soit un rendement moyen de 21,33 ± 1,08 kg MF/m². On obtient
des valeurs similaires à celles de la littérature (Al Ajmi et al, 2009 ; Al Karaki et al, 2012 ;
Lopez-Aguilar et al, 2009), soit 20,65 à 32 kg MB/m² produites en 8 à 10 jours, pour un
rendement moyen de 25,87 kg MB/m².

4.2 Teneur en matière sèche


Au cours du processus de germination, il y a eu une modification de la composition
chimique de la graine, qui est devenue plantule.

D’après la figure N° 12, le taux de matière sèche a connu une diminution très remarquable
jusqu’au septième jour. En passant du grain sec vers un fourrage vert hydroponique. Ce taux

37
Partie expérimentale : Résultats et discussion

passe de 85% (GS) à 56,02% après la phase de trempage, cette diminution a été continue
jusqu’au 7ème jour avec un taux de 15,76%. A partir de J7, la teneur en MS a connu une légère
augmentation vers le 9eme jour avec un taux de 23,6 %(Figure 12).

Donc, la perte de matière sèche constatée durant la germination est liée à la croissance de
la plante et à sa respiration.

90
80
GS : Graines
70
sèches
60 GT : Graines
50 trempées
% MS

40
MS %
30
20
10
0
GS GT J2 J4 J6 J7 J9

Stade

Fig 12. Evolution de la matière sèche

4.3 La teneur en matière minérale

Durant notre expérimentation de 9 jours, il y a eu une variation considérable de la


teneur des minéraux, qui augmente de manière importante durant la phase de trempage des
graines. Le taux enregistré dans les graines sèches est de l’ordre de 0,8 %. Après le trempage
cette valeur a été augmentée jusqu’à un taux de 2,3 %. En effet, cette augmentation est due à
la salinité de l’eau d’irrigation.

Par la suite, ce taux a connu une légère diminution vers le 4eme jour de germination,
puis a commencé d’évolué doucement et atteindre un taux de 2,5%.

Notre orge hydroponique présente une très faible teneur en MM ceci est
vraisemblablement lié au fait qu'elle soit cultivée en hors sol et qu'il est irrigué avec de l'eau
sans fertilisant. Par conséquent, sa teneur en MO (97,5%) est très élevée (MO = 100 - MM).
Les valeurs obtenues, sont comparables à celles trouvées par Fazaeli et al, (2011) (96,35%).

38
Partie expérimentale : Résultats et discussion

2,5

2
GS : Graines
% MM

sèches
1,5
GT : Graines
trempées
1
MM
0,5

0
GS GT J2 J4 J6 J7 J9
Stade

Fig 13. Evolution de la teneur de la matière minérale

4.4 Teneur en matière azotée totale (MAT)

Le taux de MAT dans la graine sèche est très faible de l’ordre de 8,93%. Après le
trempage cette teneur reste presque stable avec une valeur de 9,21%. Dès que la germination
a commencé la teneur en MAT a évolué d’une manière perceptible. En passant de11,2% à
13,05% vers le 9eme jour de germination.

Cette valeur, est proche de celle annoncée par Belbachir (2017) avec12,9% ; alors
qu'elle est plus faible que celle rapportée par Fazaeli et al (2011) avec 14,67 % ; par Maoui
et Lamraoui (2013) avec 14,87 %.

En effet, l'accumulation des MAT dans l'orge hydroponique est uniquement induite par
le processus de germination étant donné qu'aucune solution nutritive n'est utilisée. Cette
augmentation est due à la protéolyse des protéines de l’endosperme avec libération des acides
aminées libres. Ces acides aminés libres vont être utilisés comme source azotée pour la
synthèse des acides aminés de l’embryon.

39
Partie expérimentale : Résultats et discussion

14
12
10 GS : Graines
sèches
MAT %
8
GT : Graines
6 trempées
4
2 MAT

0
GS GT J2 J4 J6 J7 J9
Stade

Fig 14. Evolution de la teneur en matières azotées totales

4.5 Teneur en cellulose brute (CB)


D’après la figure nous constatons que la germination de l’orge a entrainé une
augmentation remarquable de la teneur en cellulose brute, cette teneur passe de 6,12% pour
les grains secs à 13,8% pour l’orge germée.

Cette faible teneur en CB, s'explique par l'âge juvénile des plantes (9 j). En effet,
Comme il a été rapporté par plusieurs auteurs, (Gailard. 1974 ; Andrieu et Weisse, 1981 ;
Demarquilly et Andrieu, 1987 ; Soltner, 2000), la cellulose brute évolue avec l'âge de la
plante. De même Jeangros et Scehovic (1996), rapportent que plus la plante est âgée, plus le
rapport feuilles / tiges diminue et plus la teneur en CB augmente et moins la plante est
digestible. La teneur obtenue dans notre essai, est supérieur à celle rapportée par Hartslief
(2012) avec 11,3 % ; et par Maeva et al (2015) avec 12,40 %. Mais elle est moins élevée que
celle trouvée par Maoui et Lamraoui (2013) avec 16,45 %.

Les résultats de la composition chimique de l'orge hydroponique obtenus, ont été


influencés par l'ambiance et les conditions de germination dans la chambre hydroponique :
variété et qualité des grains d'orge utilisés, la qualité de l'eau d'irrigation, la durée de
germination, l'intensité lumineuse, les coupures d'électricité et l'ouverture irrégulière de la
machine.

40
Partie expérimentale : Résultats et discussion

Fig 15. Evolution de la teneur en cellulose brute

41
Conclusion

Conclusion

Le manque de ressources fourragères en Algérie influe sur l’alimentation du bétail.


Cette alimentation représente la charge la plus importante pour la production animale.

La culture hydroponique considérée comme une technique pouvant améliorer le


potentiel fourrager tout en permettant de produire un fourrage de qualité apprécié par les
animaux.

Le fourrage vert hydroponique dépend des conditions contrôlées (éclairage,


température, humidité…), pouvant être disponible tout au long de l’année, pourra être une
solution pour combler une partie du déficit en ressources fourragères.

L’étude révèle que le taux de matière sèche a connu une diminution très remarquable
par contre il y a une augmentation de la matière fraiche.

Le résultat des analyses physico-chimiques de la culture d’orge hydroponique a montré


une très faible teneur en MM, une évolution de la teneur en MAT et une augmentation
remarquable de la teneur en cellulose brute considérée toutefois comme étant faible à cause
de l'âge de la plante (9 j). Offrant ainsi une bonne valeur alimentaire de l’Orge hydroponique.

Cette expérience de l’hydroponie prouve que le sol n’est pas nécessaire pour la
croissance des plantes, avec une solution nutritive ou juste de l’eau, les graines d’orge
peuvent germer facilement en donnant des jeunes feuilles de bonne qualité au bout de 7 à 9
jours.

La culture hydroponique offre plusieurs avantages : une solution innovante et


économique en eau à 80%, en argent ; et en surface, elle permet également le contrôle de la
technique et ses paramètres.

41
Références
bibliographiques
Références bibliographiques

Références bibliographique
Abd Rahim et al, 2015, ont déclaré que la germination de l'Orge entraîné une perte de MS
d'environ 18 %. La perte de MS est probablement due à l'utilisation d'hydrates de carbone et
d'énergie par les graines pour les activités métaboliques de la plante en croissance, sans
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