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Utilisation et fonctionnement du théodolite

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MESURES ANGULAIRES

I. Le théodolite

Un théodolite est un appareil permettant de mesurer des angles horizontaux (angles projetés dans
un plan horizontal) et des angles verticaux (angles projetés dans un plan vertical).
Le terme théodolite « optico - mécanique » regroupe l’ensemble des appareils à lecture«mécanique»
par vernier gradué en comparaison aux appareils « optico électroniques», appelés aussi stations, dont
la lecture se fait sur un écran à affichage numérique et qui intègrent souvent un appareil de mesure
électronique des distances(IMEL).

II. Définitions

Goniomètre : permet de mesurer des angles horizontaux (appelés aussi angles azimutaux) ou
verticaux.
Cercle : permet la mesure d’angles horizontaux uniquement.
Eclimètre : mesure des angles verticaux uniquement.
Clisimètre : permet la mesure directe de pentes avec une précision de 0,5 %.
Tachéomètre : est un théodolite couplé à un système de mesure de distances (du grec tachéo, qui
signifie rapide). On distingue :
 Tachéomètre à diagramme est un ancien modèle mécanique à utiliser avec des mires
spéciales. La précision espérée sur une mesure de distance est de l’ordre de± 14 cm pour une
distance de 50 m.
 Tachéomètre électronique est un théodolite couplé à un instrument de mesure électronique
des longueurs (IMEL).

III. Principe de fonctionnement

La figure suivante montre le schéma de principe du fonctionnement d’un théodolite.

 (P) : Axe principal, il doit être vertical après la mise en station du théodolite et doit
passer par le centre de la graduation horizontale (et le point stationné).
 (T) : Axe secondaire (ou axe des tourillons), il est perpendiculaire à (P) et doit passer au
centre de la graduation verticale.
 (O) : Axe optique (ou axe de visée), il doit toujours être perpendiculaire à (T), les trois axes
(P), (T) et (O) devant être concourants.
 Alidade : c’est un ensemble mobile autour de l’axe principal (P) comprenant le
cercle vertical, la lunette, la nivelle torique d’alidade et les dispositifs de lecture (symbolisés ici par
des index).
 Cercle vertical (graduation verticale). Il est solidaire de la lunette et pivote autour de l’axe
des tourillons (T).
 Cercle horizontal ou limbe (graduation horizontale). Il est le plus souvent fixe par rapport à
l’embase mais il peut être solidarisé à l’alidade par un système d’embrayage
IV. Utilisation d’un théodolite
1. Mise en station

La mise en station d’un théodolite consiste à caler l’axe principal à la verticale d’un point de station
donné. La méthode de mise en station détaillée dans ce paragraphe suppose

2. Mise à hauteur du trépied

La mise à hauteur du trépied s’effectue comme suit :


 Fixez l'appareil sur le trépied en prenant soin de vérifier que les trois vis calantes sont à peu
près à mi-course.
 Réglez l'oculaire à la hauteur des yeux de l'opérateur (ou mieux, légèrement en dessous de
cette hauteur : il est plus facile de se baisser que de se hausser). Profitez en pour régler la netteté du
réticule de visée. Pour cela, utilisez les graduations en dioptries de l’oculaire.

3. Calage grossier d'approche

 Si vous devez mettre en station sur un point donné : soulevez deux pieds du trépied tout
en regardant dans le plomb optique et déplacez l'ensemble afin de positionner le plomb optique près
du point de mise en station (inutile à ce stade de le positionner exactement sur le point). Enfoncez
ensuite les pieds dans le sol puis positionnez le plomb optique exactement sur le point au moyen
des trois vis cal antes. À cet instant, l’axe principal passe par le point de station mais n’est pas
vertical.
 Si vous ne devez pas mettre en station sur un point donné (station libre) : reculez vous
pour vérifier que l'appareil est à peu près vertical, puis enfoncez les pieds du trépied dans le sol.
 Si vous devez mettre en station sous un point donné, utilisez soit un fil à plomb pendant
depuis le point « au plafond » jusqu’au repère situé sur le dessus de la lunette du théodolite (en
position de référence), soit un viseur zénithal.

4. Calage grossier au moyen de la nivelle sphérique

 Si vous devez mettre en station sur un point donné : calez la nivelle sphérique au moyen
des pieds du trépied. Posez un pied sur une jambe du trépied puis faites-la coulisser jusqu'à centrer
la bulle de la nivelle. En pratique,il faut intervenir sur plusieurs pieds l'un après l'autre (agir sur le
pied vers lequel semble aller la bulle et recentrez-la ou ramenez-la vers un autre pied, et agir ensuite
sur ce pied, etc.).
 Si vous ne devez pas mettre en station sur un point donné : calez directement la nivelle
sphérique avec les trois vis calantes. À la fin de cette phase, la nivelle sphérique est centrée et le plomb
optique ne doit pas avoir bougé du point de mise en station puisque l’axe principal (P) de l’appareil
pivote autour du point stationné (fig. 3.2).

5. Calage fin dans une direction au moyen de la nivelle torique

Amenez la nivelle torique (t ) parallèle à deux vis calantes V1 et V2 (fig. 3.3.).Centrez la bulle au
moyen des deux vis V1 et V2 en agissant simultanément sur les deux vis en sens inverse l'une de
l'autre, puis faites tourner l'appareil de 200 gon (repérez-vous sur la graduation horizontale du
socle ou sur les lectures angulaires horizontales Hz). Trois cas de figure peuvent se présenter :
a. Si la nivelle torique est bien réglée
la bulle revient exactement dans la même position après un demi-tour de l’alidade (ou dans une
position voisine à une ou deux graduations près : la bulle doit rester entre les deux repères
principaux). C'est le cas le plus courant.
b. Si la nivelle torique est complètement déréglée.

la bulle est complètement décalée et vient en butée sur un des deux cotés du tore. La nivelle doit
être réglée au moyen des vis de réglage prévues à cet effet .

c. Si la nivelle torique est légèrement déréglée, elle se décale d'un nombre n de


graduations .
Il suffit dans ce cas de recentrer la bulle de n/2 graduations (fig. 3.4 : deux graduations vers la
gauche car n = 4) et adopter pour la suite cette position de la bulle comme position de référence
appelée position de calage. En effet, il doit y avoir un angle droit, 100 gon, entre l'axe de la nivelle
torique (t) et l'axe principal du théodolite (P). En cas de dérèglement de la nivelle, cet angle droit
présente un défaut .
La nivelle étant centrée en position 1, après un demi-tour elle passe en position 2 avec un décalage
de la bulle de n graduations correspondant à deux fois l'angle fig. 3.5). En recentrant la bulle de la
moitié de l'erreur (n/2 graduations), l'axe de l'appareil est remis parfaitement vertical, l'axe de la
nivelle torique restant décalé du même angle par rapport à l'horizontale. La bulle de la nivelle n'est
pas centrée (décalée de n/2 graduations) mais l'axe de l'appareil est vertical : c’est la position de
calage. Il reste à caler la bulle dans la même position dans toutes les directions.

6. Calage dans toutes les directions au moyen de la nivelle torique

Pour effectuer un calage fin au moyen de la nivelle torique, procédez comme suit :
 Amenez l'axe de la nivelle torique sur la troisième vis calante V3 et, en agissant
sur la seule vis V3, amenez la bulle dans la position de calage (c'est-à-dire bulle centrée si vous
étiez dans le cas a), ou bulle décalée de la moitié de l'erreur dans le même sens si vous étiez dans le
cas c) du paragraphe précèdent. Sur la figure 3.6., la nivelle est dans la position de calage de
l’exemple précédent (décalage de deux graduations vers la droite repérée sur les schémas par la
lettre t ).
 Vérifiez enfin qu'en tournant l'appareil dans une direction intermédiaire la bulle reste dans sa
position de calage. Si le calage n'est pas parfait, il faut reprendre les mêmes opérations pour affiner
le calage.

 Évitez ensuite tout mouvement brusque de l’alidade et, lors du pivotement de celui-ci, pensez à
utiliser les deux mains, une sur chaque montant de l’alidade pour répartir le moment du couple
appliqué à l’appareil.
7. Vérifications finales
Enfin, vérifiez que l'appareil est toujours au-dessus du point de station donné (on s’accorde une
tolérance de centrage de 4 mm, ce qui correspond au rayon de 4 mm de la demi sphère intérieure
des clous d’arpentage, fig. 3.7). Sur les clous de fabrication allemande.

Si l’appareil s’est trop éloigné (ce qui n’est possible que si vous avez fait une faute lors de la mise
en station), décalez-le en dévissant l'embase et en le faisant glisser sur le plateau du trépied, puis
reprenez le réglage depuis le début. Cette dernière manipulation est néanmoins déconseillée car
l’appareil peut être trop excentré par rapport au plateau et venir en porte-à-faux ; de plus, la marge
de manœuvre est faible et il faut de toute façon reprendre le calage de la nivelle torique.
8. Réglages avant mesures
Réglez la netteté du réticule (croix de visée dans l’optique) : pour le faire de manière précise,
réglez la lunette à l’infini puis rendez les fils du réticule les plus nets possible en agissant sur la vis
de réglage. Ce réglage permet de placer exactement le réticule dans le plan de formation de l’image
virtuelle ; ainsi, l’œil de l’opérateur n’a pas besoin d’accommoder et se fatiguera moins. Si ce
réglage n’est pas satisfaisant, il est possible de s’en apercevoir en balançant légèrement la tête
devant l’oculaire : le réticule semble bouger par rapport à l’objet visé alors qu’il devrait rester fixe
(on dit qu’il y a de la parallaxe). Ensuite, ne touchez plus au réticule et réglez la netteté de la lunette
sur l’élément visé. Déployez enfin les éventuels miroirs pour l’éclairage des cercles. L’observation
monoculaire doit se faire les deux yeux ouverts. Vérifiez que l'appareil est dans sa position de
référence. Généralement, le cercle vertical doit se situer à gauche de l’observateur. Pour les stations
électroniques, il est souvent à droite. Cette vérification se fait en positionnant la lunette
approximativement à l’horizontale et en lisant l’angle vertical qui doit être proche de 100 gon. Si la
lecture indique une valeur proche de 300 gon, faites un double retournement, c’est-à-dire le demi-
tour de la lunette et de l’alidade pour vous retrouver dans la position de référence. Positionnez
éventuellement le zéro du limbe sur la référence choisie.
9. Réglage du viseur d’approche

Le viseur d’approche permet de pointer rapidement dans une direction proche de l’objet à viser. Il
doit être situé au-dessus de la lunette en position de référence. Son réglage est simple : pointez un
point directement avec la lunette puis réglez le viseur d’approche au moyen de ses vis de réglage fin
qu’il soit exactement sur le même point visé.

10. Lectures sur verniers

Sur les appareils optico- mécaniques, la lecture s’effectue sur un vernier gradué comme sur la figure
3.15 : à gauche T16 (angles horizontal Hz et vertical V), à droite T2 (angle vertical). La lecture de
ces verniers se fait ainsi : les chiffres avant la virgule défilent devant la graduation fixe du vernier,
les chiffres après la virgule se lisent à l’endroit ou une graduation mobile intercepte le secteur
gradué.

Par exemple, dans le théodolite T16, les deux cercles sont lisibles en même temps ; on peut lire :
V = 95,985 gon et Hz = 17,965 gon. La dernière décimale (mgon) est appréciée par l’opérateur.
Dans le théodolite T2, un seul cercle est visible à la fois (un bouton permet de basculer du cercle
horizontal vers le cercle vertical. Voir § 1.3. bouton n° 12). La lecture est aussi différente : grâce à
une molette supplémentaire pilotant un micromètre optique, l’opérateur fait coïncider les traits du
rectangle supérieur (dans la figure 3.15, ils ne sont pas tout à fait coïncidant afin d’étayer cette
explication). Ceci ramène le chiffre mobile du rectangle central en face d’une graduation :
l’opérateur lit 96,1 gon.
L’opérateur lit enfin les décimales suivantes dans le rectangle inférieur, soit 96,1262 gon l’opérateur
peut apprécier jusqu’à 10–5 gon mais il arrondira au déci milligrade le plus proche car on atteint les
limites de précision de l’appareil). Ce système de traits mobiles a pour origine le mesurage dit « par
double vernier » qui permet de lire sur deux parties diamétralement opposées des cercles afin
d’annuler le défaut d’excentricité résiduel (voir § 3) des cercles. La mise en coïncidence des traits du
micromètre est en fait une mise en coïncidence des graduations de deux parties diamétralement
opposées du limbe, ce qui permet de faire une « moyenne optique » de deux valeurs. Finalement,
après avoir fait coïncider les traits mobiles du rectangle supérieur, l’opérateur lit V = 96,1262 gon.

V. Précision des mesures angulaires


1. Erreurs systématiques dues à un défaut de l’appareil
a. Graduation et géométrie des cercles
L’irrégularité des graduations des cercles et le défaut de perpendicularité du cercle horizontal avec
l’axe principal sont minimisés par la réitération des lectures effectuées, c’est-à-dire plusieurs
lectures du même angle sur des parties différentes de la graduation, décalées de 100 gon
b. Défauts d’excentricité
Concernant le défaut d’excentricité de l’axe principal, l’axe principal ne passe pas par le centre du
cercle horizontal.
Concernant le défaut d’excentricité de l’axe secondaire, l’axe secondaire ne passe pas par le entre
du cercle vertical. Les appareils les plus précis sont munis d’un système permettant d’éliminer ces
défauts d’excentricité (lecture dite « par double vernier » et de lire sur deux parties diamétralement
opposées du cercle et d’en faire une moyenne optique. Ce système est utilisé dans le micromètre du
théodolite T2. La figure 3.16 permet d’expliquer la lecture par double vernier :
Le point O, point de passage de l’axe de rotation (axe P ou T) dans le plan du cercle, est différent du
centre du cercle : il existe une excentricité e. L’opérateur lit donc l’angle ( ) sur un point P
quelconque alors qu’il désire lire l’angle . S’il fait une lecture simultanée sur la partie du cercle
diamétralement opposée par rapport à O, il lit l’angle (200 + ) ; la moyenne des deux valeurs
(l’une diminuée de 200) permet d’obtenir l’angle exact. Dans le triangle OOP, l’erreur ’excentricité
est telle que :

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