1 Définitions
1.1 Définition de la pression
La pression est une grandeur dérivée du système international. Elle est définie comme le quotient d’une
force par une surface. La pression s’exerce perpendiculairement à la surface considérée.
FN
PP a = (1)
Sm2
1.2 Les différentes unités de pression
0 100 000
pascal
0 1
bar
0 10,194
m d’eau
0 751,9
mm de Hg (Torr)
0 14,5
psi
0 1 000 000
barye
0 1,02 2
kgf/cm
Figure 1 – Unités de pression
1.3 Définition des pressions
La pression absolue : C’est la pression réelle, dont on tient compte dans les calculs sur les gaz.
La pression atmosphérique ou pression barométrique : La pression atmosphérique moyenne au
niveau de la mer, à 15 ˚C, est d’environ 1013 mbar. Elle peut varier, de ± 25 mbar, avec la pluie ou le
beau temps. Elle est fonction de l’altitude (hydrostatique).
La pression relative : C’est la différence de pression par rapport à la pression atmosphérique. Elle est le
plus souvent utilisée, car la plupart des capteurs, sont soumis à la pression atmosphérique. Pour mesurer
une pression absolu, il faut faire un vide poussé dans une chambre dite de référence.
Pression différentielle : C’est une différence entre deux pression, dont l’une sert de référence. Une
pression différentielle peut prendre une valeur négative.
Le vide : Il correspond théoriquement à une pression absolue nulle. Il ne peut être atteint, ni dépassé.
Quand on s’en approche, on parle alors de vide poussé.
Pression de service ou pression dans la conduite : C’est la force par unité de surface exercée sur
une surface par un fluide s’écoulant parallèlement à la paroi d’une conduite.
3
Pression Absolue Relative Différentielle
Pression
atmosphérique
Figure 2 – Les differentes pressions
1.4 Pression pour les fluides (liquide et gaz)
Pression hydrostatique : À l’intérieur d’une colonne de fluide se crée une pression due au poids de la
masse de fluide sur la surface considérée. Pour chacun des quatre récipients représentés sur la figure 3, la
pression au fond de ceux-ci est identique est égal à :
PP a = ρKg/m3 × gm/s2 × hm (2)
Patm
P1 P2 P3 P4
Figure 3 – Pression hydrostatique
Pression due à des forces extérieures : Un fluide se déplaçant à une vitesse V crée une pression
supplémentaire P :
2
PP a = 0, 5 × ρKg/m3 × Vm/s (3)
Pression totale - Charge : C’est la somme de la pression hydrostatique, de la pression due aux forces
extérieures et de la pression hydrodynamique. Celle-ci a la même valeur en tous points pour un fluide en
mouvement horizontal (incompressible de viscosité négligeable), c’est le théorème de Bernouilli.
2 Manomètres hydrostatiques
2.1 Fonction remplie
Comme le montre l’égalité 2 :
PP a
hm = (4)
ρKg/m3 × gm/s2
La hauteur du liquide fournie une mesure de la pression. La sensibilité de l’appareil est d’autant plus
importante que la masse volumique du liquide est faible.
4
Figure 4 – Manomètre hydrostatique
2.2 Manomètre à tube en U
La différence d’altitude h du liquide manométrique, entre les deux cotés d’un même tube en U, donne une
mesure de la différence pression P entre les deux extrémités du tube. Ce manomètre offre une sensibilité
sur sa partie droite :
da dh 1
m= = = (5)
dp 2 × dp 2ρg
Patm Patm+P Patm
a
h
Figure 5 – Tube en U
On peut augmenter la sensibilité en utilisant un tube en U de sections inégales (figure 6). Dans ce cas :
da S1 × dh S1
m= = = (6)
dp (S1 + S2) × dp (S1 + S2)ρg
5
Patm
S2
Position à
l'équilibre a h
Patm+P
S1
Figure 6 – Tube en U de sections inégales
2.3 Mesure de la pression atmosphérique
Vide P=0
B
Baromètre de Torricelli : C’est un tube en verre d’environ
90 cm de longueur, rempli de mercure, clos à une extrémité : h
la hauteur h fournie une mesure de la pression atmosphérique. A
Pour une pression atmosphérique de 1013 mbars, h = 0,7993 m.
2.4 Problème de la capillarité
Dans les tubes en U de faible section (< 5 mm), contenant un liquide manométrique, il existe d’une
part, des forces de cohésion entre les molécules du liquide, et d’autre part, des forces d’adhésion entre les
molécules du liquide et celle du tube.
Premier cas : les forces d’adhésion sont supérieures aux forces
de cohésion, on dit que le liquide mouille les parois du tube.
Exemple : eau + verre, le ménisque ainsi formé est concave.
Deuxième cas : les forces de cohésion sont supérieures aux
forces d’adhésion, le liquide ne mouille pas les parois du tube.
Exemple : mercure + verre, le ménisque formé est convexe.
Loi de Jurin : L’ascension et la dépression capillaire sont :
6
- proportionnelles à la tension superficielle du liquide ;
- inversement proportionnelles à la masse volumique de ce liquide ;
- inversement proportionnelles au diamètre du tube capillaire utilisé.
2.5 Avantages et inconvénient des manomètres à tubes
Les manomètres à colonne de liquide couvrent un domaine de 0 à 5 × 105 Pa pour la mesure de pression
de gaz uniquement.
Avantages :
- bonne précision, on peut dépasser 0,1 % ;
- bonne stabilité ;
- construction simple et peu coûteuse.
Inconvénients :
- encombrant et fragile ;
- ils sont sensibles à la température et aux vibrations ;
- les tubes doivent être parfaitement calibrés ;
- les liquides visqueux, malpropres, les tubes gras, sont des causes d’erreurs ;
- ces appareils ne traduisent pas la pression mesurée en un signal analogique exploitable en régulation
industrielle.
2.6 Domaine d’emploi
- mesure des pressions absolues, relatives ou différentielles jusqu’à deux bars ;
- pratiquement la colonne de liquide ne peut dépasser deux mètres ;
- réservé plutôt pour des usages en laboratoire ou comme appareils étalons.
3 Manomètres à déformation de solide
3.1 Le manomètre à tube de Bourdon
3.1.1 Fonctionnement
Le tube de Bourdon est brasé, soudé ou vissé avec le support de tube qui forme généralement une pièce
complète avec le raccord. Par l’intermédiaire d’un trou dans le raccord, le fluide à mesurer passe à l’intérieur
du tube. La partie mobile finale du tube se déplace lors de changement de pression (effet Bourdon). Ce
déplacement qui est proportionnel à la pression à mesurer, est transmis par l’intermédiaire du mouvement
à l’aiguille et affiché sur le cadran en tant que valeur de pression. Le système de mesure, le cadran et
l’aiguille sont montés dans un boı̂tier.
1. Organe moteur,
tube de Bourdon.
2. Support de tube.
3. Capuchon du
tube.
4. Secteur denté.
5. Biellette.
6. Engrenage.
7. Aiguille.
8. Cadran.
7
3.1.2 Utilisation
Les manomètres à tube de Bourdon sont utilisés pour la mesure de pressions positives ou négatives de
fluides gazeux ou liquides, à condition que ceux-ci ne soient ni hautement visqueux ni cristallisant. Les
étendues de mesure s’étalent sur toutes les plages de 0,6 bar à 4 kbar. Pour les étendues jusqu’à 40 bars
inclus on utilise normalement la forme en arc et à partir de 60 bars la forme hélicoı̈dale. Les appareils
sont fabriqués avec le raccordement vertical ou arrière. Il convient de les protéger contre les risques de
surpression ou de dépassement d’échelle. Le tube de Bourdon ne permet pas de mesurer les phénomènes
rapides et évolutifs de pression. L’incertitude de mesure varie de 0,02 à 0,2 % pour le domaine de mesure
de 0 à 3 kbar.
3.2 Manomètre à membrane
3.2.1 Fonctionnement
La membrane est tendue entre deux brides. Par un trou dans le raccord, le fluide à mesurer arrive dans
la chambre de pression en dessous de la membrane. La membrane se déplace sous l’effet de la pression. Le
déplacement de la membrane est proportionnel à la pression mesurée et est transmis par l’intermédiaire du
mouvement à l’aiguille et affiché sur le cadran en tant que valeur de pression. Afin d’être protégés contre
des détériorations, le système de mesure, le cadran et l’aiguille sont montés dans un boı̂tier. En cas de
risque de corrosion due à des fluides agressifs, on peut protéger toutes les parties en contact avec le fluide
par enduction de plastique ou par un film de protection.
1. Bride inférieure.
2. Chambre de pres-
sion.
3. Bride supérieure.
4. La membrane.
5. Vis.
6. Engrenage.
7. Aiguille.
8. Cadran.
3.2.2 Utilisation
Les manomètres à membrane sont utilisés principalement pour la mesure de faibles pressions positives ou
négatives de fluides gazeux ou liquides. Les étendues de mesure possibles s’étalent sur toutes les plages
selon DIN de 16 mbar à 40 bar. Les membranes de ces manomètres sont très minces et ondulées. De par
leur forme, ils sont moins sensibles aux vibrations que les manomètres à tube et sont plus faciles à protéger
contre les surcharges et les fluides agressifs. Pour l’utilisation avec des fluides hautement visqueux ou
cristallisant il est possible de les équiper de brides ouvertes. Les appareils sont fabriqués avec un montage
de membrane horizontal (à angle droit par rapport au cadran) ou vertical (parallèle par rapport au cadran).
Étant donné qu’il n’y a pas de différence fondamentale de fonctionnement, la description suivante concerne
l’exécution la plus courante, avec la membrane horizontale.
3.3 Manomètre à capsule
3.3.1 Fonctionnement
La capsule est montée sur le raccord soit directement soit par l’intermédiaire d’un tube métallique. Par
un trou dans le raccord le fluide à mesurer passe à l’intérieur de la capsule. Sous l’effet de la pression les
demi-parties de la capsule se bombent. Ce déplacement proportionnel à la pression mesurée est transmis
par l’intermédiaire du mouvement à l’aiguille et affiché sur le cadran en tant que valeur de pression. Afin
8
d’être protégés contre des détériorations, le système de mesure, le cadran et l’aiguille sont montés dans un
boı̂tier.
1. support de l’or-
gane moteur.
2. Organe moteur, la
capsule.
3. Biellette.
4. Mouvement.
5. Aiguille.
6. Cadran.
3.3.2 Utilisation
Les manomètres à capsule sont utilisés pour la mesure de faibles et très faibles pressions positives ou
négatives, spécialement pour des fluides gazeux. Il y a certaines restrictions pour la mesure de liquides. Les
étendues de mesure possibles s’étalent sur toutes les plages de 2,5 mbar à 600 mbar. Les organes moteur
à capsule sont une forme spéciale de membrane. lls comportent deux membranes ondulées concentrique-
ment, assemblées de façon étanche en une capsule. Pour les étendues de mesure très basses il est possible
d’assembler plusieurs capsules pour en faire un genre de soufflet. Pour les appareils type de profil on utilise
un soufflet conventionnel. Les appareils son fabriqués soit avec la capsule montée verticalement (parallèle
au cadran), soit horizontalement (perpendiculaire au cadran). Le raccordement se fait en dessous ou à
l’arrière.
3.4 Manomètre de pression absolu
3.4.1 Fonctionnement
Le principe de mesure de la pression absolue est indépendant de la forme de l’organe moteur. La pression
du fluide à mesurer est mesurée par rapport à une pression de référence qui doit être égale à la pression
absolue (vide absolu). C’est à dire le côté de l’organe moteur qui n’est pas en contact avec le fluide à
mesurer doit se trouver à cette pression de référence. Selon la forme de l’organe moteur, on l’atteint en
évacuant et étanchéifiant soit une chambre de référence soit le boı̂tier enrobant le système. La transmission
du mouvement de l’organe moteur s’effectue comme pour les manomètres pour pression relative (figure 7).
3.4.2 Utilisation
Les manomètres pour pression absolue sont utilisés pour la mesure de pression sans subir les variations de
la pression atmosphérique environnante. Les étendues de mesure possibles s’étalent sur toutes les plages
de 10 mbar à 100 bar absolue.
3.5 Manomètres pour pression différentielle
3.5.1 Fonctionnement
Une capsule montée dans un boı̂tier étanche résistant à la pression, est soumise, de l’intérieur et de
l’extérieur, à une pression. La différence de pression entre les deux parties provoque un mouvement de la
capsule. Ce déplacement proportionnel à la différence de pression mesurée est transmis, par l’intermédiaire
du mouvement à l’aiguille sur le cadran en tant que valeur de pression différentielle. Les deux pressions
individuelles ne sont pas affichées.
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Figure 7 – Capteur de pression absolue
1. Organe moteur, la membrane
2. Chambre de mesure (-)
3. Chambre de mesure (+)
4. Chambre de mesure
5. Soupape double
6. Biellette
7. Levier de transmission
8. Axe d’entraı̂nement
9. Tube de torsion
10. Mouvement
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