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Comprendre le prurigo et ses formes

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Fousséni Koné
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PRURIGO

Objectifs
- Définir le prurigo
- Décrire la seropapule du prurigo
- Citer les 3 formes cliniques de prurigo
- Citer deux diagnostics différentiels devant un prurigo
- Énoncer les principes du traitement du prurigo
Définition : le terme prurigo désigne un groupe de dermatoses prurigineuses excoriées dont les
lésions élémentaires sont constituées par des séropapules.
Intérêt
Epidémiologie : affections fréquentes en zone tropicale (insectes, infection à VIH)
Diagnostic : clinique
Nosologique : deux types de prurigo : le prurigo aigu ou subaigu, et le prurigo chronique. En zone
tropicale, il existe 3 formes : prurigos strophulus ; prurigo nodulaire de Hyde; prurigo du SIDA.
Généralités :
Epidémiologie : enfant entre 2 et 7 ans, surtout saisons pluvieuses en zone tropicale, et en été en
zone tempérée. L'existence d'un milieu socio-économique défavorisé, un changement de région
récent sont fréquemment retrouvés. Les enfants atopiques semblent être plus touchés. Mais
l'incidence exacte de l'affection reste à établir dans la population générale.
Physiopathologie : l'étiologie parasitaire est la plus retrouvée. Les agents parasitaires du prurigo
strophulus (PS) sont multiples. Les espèces responsables peuvent être groupés en fonction de leur
habitat, et donc selon les circonstances dans lesquelles s'établit le contact avec l'homme.
- Parasites de stocks alimentaires affectent des professionnels manipulant ces produits.
- Parasites de la poussière de maison affectent surtout les sujets atopiques.
- parasites des animaux domestiques (chien et chat) sont d'une part des acariens proches de
la gale humaine: sarcoptes, cheyletiella, d'autre part des insectes, et les puces
- parasites présents dans l'herbe (trombiculidae type “Aoûtat”) contaminent les promeneurs
par leurs larves.
La plupart de ces parasites sont des acariens mais en zone tropicale, les insectes sont aussi
responsables du PS : moustiques (Demodex, Aèdes), fourmis rouges, paupérises, coléoptères.
La relation entre les parasites et l'homme est très variable. Certains n'ont aucun effet délétère
immédiat, d'autres se manifestent parce qu'ils sont soit piqueurs soit vésicant soit hématophages,
soit enfin venimeux. Il existe donc souvent une réaction immédiate non allergique préalable et
pouvant se superposer avec la réaction allergique. La sensibilité de l'individu évoluait selon 3
stades: une phase d'hypersensibilité retardée, une phase d'hypersensibilité immédiate et retardée, et
une phase d'anergie.
TDD : prurigo strophulus ; forme aiguë du prurigo, forme la plus fréquente (enfants).
SF : prurit est constant, intense, parfois féroce mais limité aux zones atteintes
L’examen du patient doit être fait sur un sujet totalement dévêtu sous une bonne luminosité. Il
sera d’abord général puis physique ……
SG : état général bon
Signes cutanés
Inspection :
- séropapule: papule œdémateuse bien limitée parfois centrée par une microvésicule.
- présentation fréquente est la forme bulleuse (observée surtout chez l'enfant): la lésion
liquidienne à contenu clair repose sur une peau normale.
- de nombreuses variantes peuvent s'observer: érythème purpurique, pustules croûtes, lésions
excoriées; il s'agit alors des lésions secondaires dues au grattage et/ou à la surinfection.
Les localisations classiques sont constituées par les zones découvertes (membres supérieurs
jambes). Chez l'enfant, lésions peuvent être observées au tronc, ceinture, plis inguinaux, axillaires.
Examen des muqueuses, des phanères et des autres appareils est normal
L'histopathologie de lésions est non spécifique mais parfois évocatrice. L'épiderme est
spongiotique avec au minimum un oedème intercellulaire et au maximum la formation de vésicules
intra et sous épidermiques. Le derme est le siège d'un important oedème prédominant dans le derme
papillaire et d'un infiltrat mixte formé de lymphocytes et d’histiocytes.
L'évolution est caractérisée par des poussées aiguës au cours desquelles les lésions persistent entre
deux et dix jours. En cas d'exposition répétée aux parasites, de nouvelles poussées sémiologiques
différentes peuvent s'observer.

Formes cliniques
Prurigos subaigus et chroniques
Fréquent chez adulte et adolescent en zone tropicale. Ils se caractérisent par des papules excoriées
siégeant symétriquement sur les membres (avant-bras, jambes), le haut du dos. Les paumes et les
plantes des pieds sont respectées. Les lésions sont si rapidement excoriées que la lésion élémentaire
primitive est rarement observée si elle existait. Ainsi certains cas sont considérés comme des
excoriations névritiques (névrodermites).
Les causes de ces prurigos subaigus et chroniques sont représentées par la dermatite atopique, une
réaction allergique à foyer profond (microbien, mycosique ou parasitaire). Il est impératif de
rechercher également un diabète, un lymphome hogkinien, une maladie de Vaquez, une
insuffisance rénale ou hépatique, une hyposidérémie. Parfois aucune cause n'est retrouvée malgré
tout le bilan effectué; il faut alors prendre en compte le rôle des facteurs psychologiques
Prurigo nodulaire de Hyde : forme particulière du prurigo chronique caractérisée par un prurit
chronique, féroce et de lésions nodulaires de 1 à 3 cm de diamètre, bombées comme posées sur la
peau, à surface lisse ou verruqueuse souvent centrées par une excoriation croûteuse. Ils siègent sur
les faces postérieures des avant-bras, les cuisses, les jambes. Les lésions récentes sont
érythémateuses et inflammatoires ; les lésions anciennes sont pigmentées. La peau entre les nodules
semble normale.
L'histologie rappelle celle de lichénification et certains considèrent le prurigo nodulaire comme
une lichénification nodulaire. Il existe également un infiltrat cellulaire dermique dense avec une
hypertrophie des nerfs par hyperplasie des cellules de Schwann. Le mécanisme de cette hyperplasie
nerveuse et sa signification étiopathogénique sont inexpliqués.
La cause du prurigo nodulaire est inconnue. Une association à une entéropathies au gluten a été
plusieurs fois rapportée. Le terrain atopique est parfois retrouvé
Le prurigo du VIH/SIDA
Il constitue une des manifestations dermatologiques les plus observées au cours de l'infection à
VIH en zone tropicale. Il a une valeur prédictive positive élevée. Cliniquement on observe une
éruption papulo-vésiculeuse vite excoriée, chronique, fortement prurigineuse, localisée au début
sur les parties découvertes (membres supérieurs et jambes) qui s'étend rapidement au tronc voire à
tout le corps avec atteinte du visage. Seules les faces palmo-plantaires sont respectées. Les lésions
apparaissent par vagues successives avec des périodes d'accalmie mais sans véritable rémission.
Le prurit est constant, féroce, résistant aux traitements. Sur le plan nosologie, le prurigo du SIDA
s'apparente aux formes aiguës du prurigo strophulus autant sur le plan clinique qu'histologique. La
grande différence tient dans la pérennité de l'éruption du SIDA et sa survenue chez l'adulte jeune
plutôt que chez l'enfant.
2 – 3 Diagnostic
2-3-1 Diagnostic positif
Il est basé sur des notions épidémiologiques (enfant, changement récent de région), l'aspect clinique
et la topographie des lésions, l'évolution faite de poussées ; histologie

2-3-2 Diagnostic différentiel


Chez l'enfant se pose le problème d'une éruption vésiculo-bulleuse aiguë.
- La varicelle est l'étiologie la plus fréquente. L'affection touche le cuir-chevelu et les lésions ont
une évolution descendante.
- L'impétigo bulleux peut poser un problème de diagnostic lorsqu'il apparaît de façon primitive;
- Une miliaire sudorale à caractère aigu et prurigineux peut simuler un PS à forme folliculaire.
- Les différentes formes cliniques d'eczéma, les dermatoses bulleuses (dermatite herpétiforme,
dermatose à IgA linéaire, peuvent également poser un problème de diagnostic au début et justifier
la pratique d'un examen histologique).
Chez l'adulte, la forme vésiculo-bulleuse est moins fréquente, le tableau est celui d'une éruption
papuleuse, érythémateuse et prurigineuse posant surtout le problème de diagnostic d'une urticaire,
une dermatite atopique, d'une mastocytose, d'une dermatite herpériforme.
A tous les âges, il faut discuter une gale, les manifestations cutanée d'autres parasitoses; le prurigo
de l'infection à VIH.
Un lichen, une dermatite herpétiforme, une dermatose acantholytique transitoire, une vascularite,
un parapsoriasis en gouttes varioliforme, une folliculite pityrosporique ou à éosinophile.
Le diagnostic différentiel se pose surtout avec les folliculites à éosinophiles. La lésion élémentaire
est plutôt une papulo-pustule et l'éruption se développe sur le front, ce qui est exceptionnel dans le
prurigo du SIDA, sur le thorax et sur les extrémités proximales et non distales comme dans le
prurigo. Par ailleurs la folliculite comporte une augmentation constante des IgE et une réduction
marquée et constante des CD4 (stade de SIDA sévère) tandis que le prurigo survient assez
précocement au cours de l'évolution de l'infection à VIH.

5 Traitement
Le traitement du PS peut s'envisager sur le plan symptomatologique du prurit et sur le plan
étiologique des parasites responsables.
- Le prurit est toujours important à contrôler, il est source de grattage et de surinfection. Les
antihistaminiques, les traitements locaux anti-prurigineux classiques et dermocorticoïdes sont
parfois suffisants.
- Le traitement étiologique antiparasitaire est plus difficile car le parasite est absent des lésions.
Mais la désinfection, le traitement acaricide (benzoate de benzyle : Ascabiol® ou de crotamiton
Eurax®) peuvent être proposés en cas de poussées, mais n'ont aucun intérêt dans la prévention des
poussées.
L'action des dermocorticoïdes sur les lésions du prurigo chronique est bénéfique mais
transitoire. L'infiltration locale intra-lésionnelle de corticoïde retard peut être proposée. La
cryothérapie est souvent utilisée avec plus ou moins du succès.
Le traitement du prurigo nodulaire est difficile. L'acitrétine et d'autres rétinoïdes proposés
sont peu efficaces. Les traitements locaux (corticothérapie sous occlusion, cryothérapie, exérèse)
sont peu efficaces. Une prise en charge psychologique est souvent nécessaire
- Le traitement du prurigo au cours du VIH/SIDA est très décevant. Aucune thérapeutique n’est
efficace. Le traitement est purement symptomatique. Les antirétroviraux en renforçant
l’immunité apportent des rémissions partielles.

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