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Règlement UEMOA sur pratiques anticoncurrentielles

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02/12/2024

UEMOA, Règlement n°02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002 portant sur


les pratiques commerciales anticoncurrentielles
Sources internationales et étrangères > Textes africains > UEMOA > 2002 > mai > 23

[ NB - Règlement n°02/2002/CM/UEMOA du 23 mai 2002 sur les pratiques commerciales anticoncurrentielles ]

Art.1.- Définitions

Aux fins du présent Règlement, il faut entendre par :

UEMOA : l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine,

Union : l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine,

Conseil : le Conseil des Ministres de l’UEMOA,

Commission : la Commission de l’UEMOA,

Etat membre : tout Etat partie prenante au Traité de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.

Art.2.- Interdiction et champ d’application

Par application des dispositions de l’article 88 du Traité de l’UEMOA, constituent des pratiques anticoncurrentielles
les pratiques visées aux articles 3, 4, 5 et 6 ci-dessous. Ces pratiques sont interdites, sans qu’aucune décision
préalable ne soit nécessaire, lorsqu’elles ont été mises en oeuvre au moins un an après l’entrée en vigueur du
Traité de l’UEMOA.

Les accords ou décisions interdits en vertu du paragraphe qui précède sont déclarés nuls de plein droit.

Art.3.- Ententes anticoncurrentielles

Sont incompatibles avec le Marché Commun et interdits, tous accords entre entreprises, décisions d’associations
d’entreprises et pratiques concertées entre entreprises, ayant pour objet ou pour e et de restreindre ou de
fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur de l’Union, et notamment ceux qui consistent en :

a) des accords limitant l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d’autres entreprises ;

b) des accords visant à xer directement ou indirectement le prix, à contrôler le prix de vente, et de
manière générale, à faire obstacle à la xation des prix par le libre jeu du marché en favorisant
arti ciellement leur hausse ou leur baisse ; en particulier des accords entre entreprises à di érents niveaux
de production ou de distribution visant à la fixation du prix de revente ;

c) des répartitions des marchés ou des sources d’approvisionnement, en particulier des accords entre
entreprises de production ou de distribution portant sur une protection territoriale absolue ;

d) des limitations ou des contrôles de la production, des débouchés, du développement technique ou des
investissements ;

e) des discriminations entre partenaires commerciaux au moyen de conditions inégales pour des
prestations équivalentes ;

f) des subordinations de la conclusion des contrats à l’acceptation, par les partenaires, de prestations
supplémentaires, qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n’ont pas de lien avec l’objet de ces
contrats.

Art.4.- Abus de position dominante

1) Est incompatible avec le Marché Commun et interdit, le fait pour une ou plusieurs entreprises d’exploiter de
façon abusive une position dominante sur le Marché Commun ou dans une partie significative de celui-ci.

Sont frappées de la même interdiction, les pratiques assimilables à l’exploitation abusive d’une position dominante,
mises en oeuvre par une ou plusieurs entreprises. Constituent une pratique assimilable à un abus de position
dominante les opérations de concentration qui créent ou renforcent une position dominante, détenue par une ou
plusieurs entreprises, ayant comme conséquence d’entraver de manière signi cative une concurrence e ective à
l’intérieur du Marché Commun.

2) Les pratiques abusives peuvent notamment consister à :

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a) imposer de façon directe ou indirecte des prix d’achat ou de vente ou d’autres conditions de transactions
non équitables ;

b) limiter la production, les débouchés ou le développement technique au préjudice des consommateurs ;

c) appliquer à l’égard de partenaires commerciaux des conditions inégales à des prestations équivalentes,
en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la concurrence ;

d) subordonner la conclusion de contrats à l’acceptation, par les partenaires, de prestations


supplémentaires, qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n’ont pas de lien avec l’objet de ces
contrats.

3) Constituent une concentration au sens de l’article 4.1 alinéa 2 du présent Règlement :

a) la fusion entre deux ou plusieurs entreprises antérieurement indépendantes ;

b) l’opération par laquelle une ou plusieurs personnes détenant déjà le contrôle d’une entreprise au moins,
ou une ou plusieurs entreprises, acquièrent directement ou indirectement, que ce soit par prise de
participations au capital ou achat d’éléments d’actifs, contrat ou tout autre moyen, le contrôle de
l’ensemble ou de parties d’une ou de plusieurs autres entreprises ;

c) la création d’une entreprise commune accomplissant de manière durable toutes les fonctions d’une entité
économique autonome.

Art.5.- Aides d’État

Par application des dispositions de l’article 88(c) du Traité de l’UEMOA, sont incompatibles avec le Marché Commun
et interdites, les aides accordées par les Etats ou au moyen de ressources d’État sous quelque forme que ce soit,
lorsqu’elles faussent ou sont susceptibles de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou
certaines productions. Les dispositions du présent article sont précisées par voie de Règlement du Conseil des
Ministres.

Art.6.- Pratiques anticoncurrentielles imputables aux Etats membres

1) En application des dispositions des articles 4(a), 7 et 76(c) du Traité de l’UEMOA, les Etats membres s’abstiennent
de toutes mesures susceptibles de faire obstacle à l’application du présent Règlement et des textes subséquents.
Ils s’interdisent notamment d’édicter ou de maintenir, en ce qui concerne les entreprises publiques et les
entreprises auxquelles ils accordent des droits spéciaux et exclusifs, quelque mesure contraire aux règles et
principes prévus à l’article 88 paragraphes (a) et (b) du Traité de l’Union.

Les Etats membres s’interdisent en outre, d’édicter des mesures permettant aux entreprises privées de se
soustraire aux contraintes imposées par l’article 88 paragraphes (a) et (b) du Traité de l’UEMOA.

2) Les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant le caractère d’un
monopole fiscal sont soumises aux règles du Traité relatives à la concurrence.

Cependant, dans l’hypothèse où l’application de ces règles fait échec à l’accomplissement en droit ou en fait de la
mission particulière qui leur a été impartie, la Commission, conformément à l’article 89 alinéa 3 du Traité de
l’UEMOA, peut octroyer des exemptions à l’application de l’article 88 (a) et le cas échéant, de l’article 88 (b) du
Traité.

A n de béné cier des exemptions prévues au paragraphe précédent, les parties intéressées et/ou les Etats
membres auxquels elles sont rattachées doivent noti er la pratique à la Commission dans les conditions arrêtées,
par voie de Règlement, par le Conseil des Ministres.

3) La Commission veille à l’application des dispositions du présent article. Elle adresse aux Etats membres, au
Conseil des Ministres de l’UEMOA, ainsi qu’aux autres institutions de l’Union, des avis et recommandations relatifs
à tous projets de législation nationale ou communautaire susceptibles d’a ecter la concurrence à l’intérieur de
l’Union, en proposant les modifications opportunes.

4) Si l’Etat membre concerné ne se conforme pas à une décision, la Commission peut saisir la Cour de Justice de
l’UEMOA, conformément aux articles 5 et 6 du Protocole Additionnel N° 1 du Traité.

Art.7.- Exemptions individuelles et par catégorie

En application de l’article 89 alinéa 3 du Traité de l’UEMOA, la Commission peut déclarer les articles 88(a) du Traité
de l’UEMOA et 3 du présent Règlement inapplicables :

à tout accord ou catégorie d’accords ;

à toute décision ou catégorie de décisions d’associations d’entreprises ;

et à toute pratique concertée ou catégorie de pratiques concertées ;

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Qui contribuent à améliorer la production ou la distribution des produits ou à promouvoir le progrès technique ou
économique, tout en réservant aux utilisateurs une partie équitable du profit qui en résulte, et sans :

a) imposer aux entreprises intéressées des restrictions qui ne sont pas indispensables pour atteindre ces
objectifs ;

b) donner à des entreprises la possibilité, pour une partie substantielle des produits en cause, d’éliminer la
concurrence.

Art.8.- Dispositions finales

Le présent Règlement, qui entre en vigueur à compter du 1 er janvier 2003, sera publié au Bulletin O ciel de
l’Union.

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