La Balance Courante en Macroéconomie
La Balance Courante en Macroéconomie
Introduction 2
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Introduction
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TABLE DES MATIÈRES
Afin d’atteindre cet objectif, ce cours de macroéconomie II propose une progression lo-
gique et structurée, débutant par une présentation des fondements théoriques de la nou-
velle macroéconomie keynésienne, en l’occurrence la rigidité nominale, la concurrence
imparfaite et la non-neutralité de la monnaie à court terme. Il explore ensuite les mé-
canismes économiques fondamentaux, notamment ceux liés à l’offre et à la demande
agrégées, avant d’élargir l’analyse aux interactions internationales. Enfin, il examine les
politiques économiques de stabilisation et leurs implications pratiques.
Ainsi, ce cours de macroéconomie II s’articule autour de cinq chapitres complémen-
taires, qui explorent les fondements théoriques du cadre analytique, les mécanismes adja-
cents de l’offre et de la demande agrégées, ainsi que l’impact des politiques économiques
dans une petite économie ouverte.
Chapitre 1 — Fondements théoriques de la nouvelle macroéconomie keyné-
sienne. Il s’agit d’un chapitre essentiellement littéraire, destiné à poser le soubassement
théorique de l’école keynésienne moderne. Ce chapitre revient sur les principaux postu-
lats de cette école, notamment la non-neutralité de la monnaie à court terme, les rigidités
nominales et la concurrence imparfaite, tout en mettant en lumière les contributions des
auteurs phares.
Chapitre 2 — L’offre agrégée et la courbe de Phillips nouvelle keynésienne. En
se référant aux rigidités réelles et nominales, ce chapitre met en évidence le comportement
d’optimisation de l’entreprise représentative, en vue d’en déduire l’offre agrégée. Une
attention particulière est accordée à la courbe de Phillips nouvelle keynésienne, qui lie les
variations des prix aux anticipations d’inflation et au niveau de l’activité économique.
Chapitre 3 — Analyse de la demande agrégée et courbe IS dynamique. À
travers un modèle dynamique, ce chapitre examine les deux principales composantes
de la demande agrégée : la consommation et l’investissement. Ce faisant, il introduit
également la courbe IS dynamique, qui décrit les relations entre la demande agrégée, les
taux d’intérêt réels et le taux de change.
Chapitre 4 — Interactions avec le reste du monde Dans ce chapitre, l’analyse
s’étend aux interactions avec le reste du monde, notamment les flux financiers, et à leurs
implications en termes de taux de change. Ce chapitre explore l’impact du différentiel des
taux d’intérêt et du différentiel d’inflation sur les fluctuations du taux de change.
Chapitre 5 — Politiques économiques de stabilisation. En capitalisant sur les
enseignements des chapitres précédents, ce chapitre aborde le rôle des politiques écono-
miques dans la stabilisation de l’activité économique et la stabilité des prix. Les débats
contemporains sur l’efficacité des politiques de relance et les limites des interventions
publiques y sont abordés.
Chapitre 6 — Synthèse et perspectives. Un récapitulatif des enseignements tirés
du cours est présenté sous forme de synthèse des apports de la nouvelle macroéconomie
keynésienne. Cette synthèse rappelle également l’importance de mettre en perspective les
enseignements théoriques et les implications pratiques dans le design et l’implémentation
des politiques publiques.
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Chapitre 1
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Chapitre 2
Le cadre analytique présenté dans ce chapitre relie les décisions individuelles des entre-
prises à la dynamique agrégée des prix, tout en mettant en avant les imperfections réelles
et nominales du marché. Cette transition micro-macro constitue un pilier fondamental
de l’analyse nouvelle-keynésienne. La Courbe de Phillips Nouvelle-Keynésienne
(NKPC, pour New Keynesian Phillips Curve) est dérivée en considérant les décisions
de fixation des prix de l’entreprise représentative, qui opère dans un environnement ca-
ractérisé par des rigidités aussi bien nominales que réels, conjuguées à des anticipations
rationnelles. En agrégeant les décisions individuelles de fixation des prix, on obtient une
dynamique macroéconomique reliant le taux d’inflation à la demande agrégée et aux
anticipations d’inflation.
Pour ce faire, le comportement collectif des entreprises peut être analysé en trois étapes
complémentaires :
1. Minimisation des coûts : L’entreprise représentative cherche à minimiser ses
coûts pour déterminer la demande optimale des inputs nécessaires à sa production.
2. Maximisation du profit : L’entreprise représentative fixe un prix optimal, compte
tenu des imperfections du marché et la demande qui lui est adressée (imperfection
réelle).
3. L’agrégation des prix : Les prix optimaux sont agrégés en vue de déterminer
le niveau général des prix. Ce dernier évolue selon processus d’ajustement partiel,
reflétant la rigidité nominale (imperfection nominale).
Ce chapitre propose donc une exploration détaillée de ces étapes :
— Dans la première section (sous-section 2.1.1), nous analysons la minimisation des
coûts et la demande optimale d’intrants ;
— Dans la deuxième section (??), nous examinons la maximisation du profit et l’impact
des imperfections du marché ;
— Enfin, nous abordons la rigidité nominale qui découle d’un processus d’ajustement
partiel du niveau général des prix (??).
Au terme de ces trois étapes, il est possible de déduire la courbe de Phillips nouvelle-
keynésienne, qui constitue le cadre théorique contemporain pour analyser les sources
potentielles des tensions inflationnistes.
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
Ce schéma vertical de la structure des produits et des charges, peut être transposé en un
schéma horizontal. Présenté comme une équation de profit économique, ce schéma hori-
zontal offre une approche économique de la répartition des revenus, dérivée de l’approche
comptable.
Cependant, il est crucial de distinguer le profit comptable du profit économique. Ces
deux notions, bien qu’étroitement liées, ne mesurent pas exactement la même chose. Le
profit comptable correspond au résultat net figurant dans le compte de résultat. Alors
que le profit économique va au-delà du profit comptable et se calcule en soustrayant du
profit comptable les coûts implicites. Ces coûts comprennent toutes les dépenses liées à la
rémunération des facteurs de production, y compris la rémunération versée aux prêteurs-
créanciers et apporteurs de capitaux (intérêts et dividendes). 3
3. De ce fait, une situation de profit nul signifie que l’entreprise reçoit une rémunération normale,
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
Πeco
n,t = (Pn,t · Yvente,t + Pn,t · Ystock,n,t )
o
− PA,t · Jn,t + Wt · Ln,t
+ amort · Kn,t
− it · dettesn,t + divt · FondsPropresn,t (2.1.2)
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
Πeco
n,t =Pn,t · Yn,t
o
− PA,t · Jn,t − Wt · Ln,t
h i
− Kn,t · amort + i · (1 − γ) + divt · γ , (2.1.6)
Où :
— Pn,t · Yn,t : Recettes totales n à la période t,
o
— PA,t · Jn,t : Coût des inputs importés,
— Wt · Ln,t : Coût du travail,
h i
— amort + i · (1 − γ) + divt · γ : Coût du capital.
Ce qui veut dire que l’entreprise rémunère ses trois principaux facteurs de production :
□ Le travail, rémunéré par les salaires ;
□ Le capital, rémunéré par les dividendes et les intérêts ;
□ L’input importé, acquis au prix fixé au marché international.
L’équation globale du profit économique peut ainsi être exprimée comme suit :
où :
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
Une variable exogène est une variable dont la valeur est déterminée en dehors du
modèle économique et qui n’est pas influencée par les décisions des agents écono-
miques au sein du modèle. Elle représente souvent des facteurs externes, comme At ,
qui affecte toutes les entreprises sans dépendre de leurs comportements individuels.
En revanche, une variable endogène est une variable dont la valeur est déterminée
à l’intérieur du modèle, en fonction des décisions des agents économiques et des
interactions entre ces agents. Par exemple, les inputs Kn,t , Ln,t , et Jn,t sont des
variables endogènes car elles sont choisies par chaque entreprise en fonction de
leurs objectifs et des contraintes.
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
Démonstration
Considérons une augmentation proportionnelle ∆% d’un input donné. Pour un
input Xn,t , où X ∈ {K, L, J}, l’élasticité est définie comme :
∂Yn,t Xn,t
Élasticité = · . (2.1.9)
∂Xn,t Yn,t
Ainsi, l’élasticité de la production par rapport au capital Kn,t est donnée par :
∂Yn,t Kn,t
· = α. (2.1.11)
∂Kn,t Yn,t
Le coût total de l’entreprise est donné par la somme des rémunérations des trois facteurs
de production :
h i
o
CTn,t = PA,t · Jn,t + Wt · Ln,t + Kn,t · amort + i · (1 − γ) + divt · γ . (2.1.14)
L’entreprise choisit Kn,t , Ln,t , et Jn,t de manière à minimiser Cn,t , compte tenu de sa
fonction de production :
α
Yn,t = At · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
. (2.1.15)
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
sous la contrainte :
α
Yn,t = At · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
. (2.1.17)
3. Fonction de Lagrange
Pour minimiser Cn,t , nous dérivons L par rapport à Kn,t , Ln,t , et Jn,t , et nous égalons les
dérivées à zéro.
En divisant les FOCs deux à deux, nous obtenons les conditions d’optimalité reliant les
inputs.
— Ratio capital-travail :
h i
amort + i · (1 − γ) + divt · γ α Ln,t
= · . (2.1.22)
Wt β Kn,t
— Ratio travail-inputs importés :
Wt β Jn,t
o
= · . (2.1.23)
PA,t 1 − α − β Ln,t
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
β Wt
Ln,t = ·h i · Kn,t , (2.1.25)
α amort + i · (1 − γ) + divt · γ
o
1−α−β PA,t
Jn,t = ·h i · Kn,t . (2.1.26)
α amort + i · (1 − γ) + divt · γ
Yn,t α 1
Kn,t = ·
h i· 1−α−β .
(2.1.29)
At
amort + i · (1 − γ) + div · γ
β β
1−α−β
t ·
Wt o
PA,t
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
Pour obtenir le coût marginal, nous dérivons le coût total CTn,t par rapport à la pro-
duction Yn,t . Comme CTn,t est proportionnel à Yn,t , sa dérivée par rapport à Yn,t donne
directement :
∂CTn,t
Cmn,t = .
∂Yn,t
En appliquant la dérivation :
Le coût marginal Cmn,t est ainsi une moyenne géométrique pondérée des coûts
unitaires des trois inputs (capital, travail, et inputs importés), où les poids sont donnés
par les élasticités correspondantes (α, β, et 1 − α − β).
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
peut fixer le prix Pn,t qui maximise son profit, tel un monopole. Mais contrairement à un
monopole parfait, l’entreprise représentative n’est pas totalement libre de ses choix et tient
compte de l’effet des comportements de ses rivales sur la demande agrégée qui, à son tour
influe sur la demande qui lui est adressée. Il s’agit donc d’une concurrence imparfaite,
dite concurrence monopolistique, qui s’avère être une forme de concurrence plus
intuitive et plus réaliste.
Ainsi, l’entreprise représentative ajuste ses décisions stratégiques en fonction de la de-
mande agrégée et du prix relatif de son bien par rapport aux biens produits par ses
concurrents. Ce cadre lui permet de maximiser son profit tout en respectant les contraintes
d’interdépendance avec les autres entreprises sur le marché.
où :
— Pn,t est le prix du bien n à la période t ;
— Yt est la demande agrégée des consommateurs ;
— Pt est le niveau général des prix.
sachant que : ϵ
N
! ϵ−1
X ϵ−1
Yt = Yn,t ϵ
,
n=1
La fonction de Lagrange associée :
ϵ ϵ
N N N
! ϵ−1 ! ϵ−1
X ϵ−1 X X ϵ−1
L= Yn,t
ϵ
− λ Pn,t Yn,t − Pt · Yn,t
ϵ .
n=1 n=1 n=1
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
En factorisant, on obtient :
1
N
! ϵ−1
ϵ−1 X ϵ−1
−1
(1 − λPt ) · · Yn,tϵ · Yn,tϵ = λPn,t .
ϵ n=1
En isolant λ : 1
ϵ−1
ϵ−1 PN ϵ−1 −1
ϵ
· n=1 Yn,t
ϵ
· Yn,tϵ
λ= 1 .
ϵ−1
ϵ−1 PN ϵ−1 −1
Pn,t + Pt · ϵ
· n=1 Yn,t ϵ
· Yn,tϵ
Cette expression relie la quantité demandée d’un bien au prix relatif Pn,t par rapport au
niveau général des prix Pt , et à la demande agrégée Yt .
Ce qui permet de déduire l’expression du niveau général Pt qui n’est que l’indice des prix
agrégés, défini comme :
1
N
! 1−ϵ
1−ϵ
X
Pt = Pn,t .
n=1
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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE
— **Effet relatif ** : Pour maintenir un ratio compétitif entre son prix Pn,t et le niveau
général des prix Pt , l’entreprise n est incitée à revoir son prix à la hausse. Une dérive
des prix relatifs dégraderait sinon sa position concurrentielle sur le marché.
— **Effet absolu** : Une hausse du niveau général des prix Pt diminue le pouvoir
d’achat global, ce qui affecte négativement Yt . Cependant, pour préserver sa de-
mande relative, PPn,tt
, l’entreprise n ajuste Pn,t .
3. Remarques conclusives. Une hausse du niveau général des prix (Pt ) incite chaque
entreprise n à ajuster son prix Pn,t pour :
1. Maintenir sa compétitivité relative (Pn,t /Pt ),
2. Compenser l’augmentation de ses coûts de production,
3. Préserver ses marges bénéficiaires face à une inflation généralisée.
Cette interaction entre le niveau général des prix et les prix individuels alimente une
dynamique macroéconomique inflationniste.
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