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La Balance Courante en Macroéconomie

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MACROÉCONOMIE II

Prof. Hachimi Alaoui


[Link]

Dernière mise à jour : 26 novembre 2024


Table des matières

Introduction 2

1 Fondements théoriques de la nouvelle macroéconomie keynésienne (For-


thcoming) 4

2 L’offre agrégée : Courbe de Phillips nouvelle-keynésienne 5


2.1 La demande optimale des intrants de production . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1 Structure du coût total de l’entreprise représentative . . . . . . . 6
2.1.2 Intrants et fonction de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.3 Minimisation des coûts et allocation optimale . . . . . . . . . . . 11
2.1.4 Coût marginal de l’entreprise représentative . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Imperfections des marchés et prix optimal . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.1 Préférences des consommateurs et demande agrégée . . . . . . . . 14
2.2.2 Effets de la dérive du niveau général des prix . . . . . . . . . . . . 16

1
Introduction

Ce cours de Macroéconomie II, dispensé au semestre 3 du cycle de licence en sciences


économiques, constitue une continuité logique du cours de Macroéconomie I, proposé
en première année. Ce dernier s’articulait principalement autour du modèle IS-LM, cadre
central de la théorie keynésienne traditionnelle.
Dans ce prolongement, le cours de Macroéconomie II s’inscrit dans le cadre théorique
de la nouvelle macroéconomie keynésienne. Ce courant contemporain enrichit la tra-
dition Keynésienne en intégrant des fondements microéconomiques rigoureux, permettant
une meilleure compréhension de l’activité et des fluctuations économiques. De ce fait, la
nouvelle macroéconomie Keynésienne constitue une avancée significative par rapport aux
théories macroéconomiques antérieures, en intégrant les comportements d’optimisation
des agents économique dans des modèles dynamiques micro-fondés.
Du point de vue théorique, l’école nouvelle-keynésienne est une réplique à l’école classique,
car elle montre pourquoi les marchés, livrés à eux-mêmes, ne parviennent pas toujours
à se réajuster vers l’équilibre, en particulier en période de récession. Dans ce sillage, la
nouvelle macroéconomie keynésienne se distingue par un cadre analytique qui intègre deux
types de distorsions, ou imperfections : des imperfections réelles, liées à la structure
des marchés et à la concurrence imparfaite entre les entreprises, et des imperfections
nominales, liées à la rigidité des prix et des salaires.
Par ailleurs, la nouvelle macroéconomie keynésienne met un accent particulier sur le rôle
des anticipations rationnelles des agents économiques, du fait qu’elles influencent leurs
décisions de consommation, d’investissement, ainsi que le processus de formation des prix.
Ces anticipations, bien que cohérentes, interagissent avec les imperfections de marché et
les rigidités nominales, agissant ainsi sur la dynamique des ajustements économiques.
C’est pourquoi les étudiants inscrits au module Macroéconomie II sont invités à découvrir
la pensée nouvelle-keynésienne, qui continue d’éclairer les débats économiques contem-
porains, notamment face aux nouveaux défis tels que les chocs exogènes, les tensions
inflationnistes et les phases de récession induites par les fluctuations cycliques de l’acti-
vité économique.
Ce cours vise donc à mettre en lumière l’importance des imperfections réelles et nominales
dans les dynamiques macroéconomiques, en résonance avec les choix et les comporte-
ments d’optimisation individuels qui, même marginaux, peuvent avoir des répercussions
considérables au niveau agrégé. Conçu pour répondre aux exigences d’un enseignement
universitaire au cycle de la licence, ce cours a pour objectif d’apprentissage de fournir aux
étudiants les outils analytiques nécessaires pour décrypter les déséquilibres économiques
modernes et explorer le rôle des politiques économique de stabilisation.

2
TABLE DES MATIÈRES

Afin d’atteindre cet objectif, ce cours de macroéconomie II propose une progression lo-
gique et structurée, débutant par une présentation des fondements théoriques de la nou-
velle macroéconomie keynésienne, en l’occurrence la rigidité nominale, la concurrence
imparfaite et la non-neutralité de la monnaie à court terme. Il explore ensuite les mé-
canismes économiques fondamentaux, notamment ceux liés à l’offre et à la demande
agrégées, avant d’élargir l’analyse aux interactions internationales. Enfin, il examine les
politiques économiques de stabilisation et leurs implications pratiques.
Ainsi, ce cours de macroéconomie II s’articule autour de cinq chapitres complémen-
taires, qui explorent les fondements théoriques du cadre analytique, les mécanismes adja-
cents de l’offre et de la demande agrégées, ainsi que l’impact des politiques économiques
dans une petite économie ouverte.
Chapitre 1 — Fondements théoriques de la nouvelle macroéconomie keyné-
sienne. Il s’agit d’un chapitre essentiellement littéraire, destiné à poser le soubassement
théorique de l’école keynésienne moderne. Ce chapitre revient sur les principaux postu-
lats de cette école, notamment la non-neutralité de la monnaie à court terme, les rigidités
nominales et la concurrence imparfaite, tout en mettant en lumière les contributions des
auteurs phares.
Chapitre 2 — L’offre agrégée et la courbe de Phillips nouvelle keynésienne. En
se référant aux rigidités réelles et nominales, ce chapitre met en évidence le comportement
d’optimisation de l’entreprise représentative, en vue d’en déduire l’offre agrégée. Une
attention particulière est accordée à la courbe de Phillips nouvelle keynésienne, qui lie les
variations des prix aux anticipations d’inflation et au niveau de l’activité économique.
Chapitre 3 — Analyse de la demande agrégée et courbe IS dynamique. À
travers un modèle dynamique, ce chapitre examine les deux principales composantes
de la demande agrégée : la consommation et l’investissement. Ce faisant, il introduit
également la courbe IS dynamique, qui décrit les relations entre la demande agrégée, les
taux d’intérêt réels et le taux de change.
Chapitre 4 — Interactions avec le reste du monde Dans ce chapitre, l’analyse
s’étend aux interactions avec le reste du monde, notamment les flux financiers, et à leurs
implications en termes de taux de change. Ce chapitre explore l’impact du différentiel des
taux d’intérêt et du différentiel d’inflation sur les fluctuations du taux de change.
Chapitre 5 — Politiques économiques de stabilisation. En capitalisant sur les
enseignements des chapitres précédents, ce chapitre aborde le rôle des politiques écono-
miques dans la stabilisation de l’activité économique et la stabilité des prix. Les débats
contemporains sur l’efficacité des politiques de relance et les limites des interventions
publiques y sont abordés.
Chapitre 6 — Synthèse et perspectives. Un récapitulatif des enseignements tirés
du cours est présenté sous forme de synthèse des apports de la nouvelle macroéconomie
keynésienne. Cette synthèse rappelle également l’importance de mettre en perspective les
enseignements théoriques et les implications pratiques dans le design et l’implémentation
des politiques publiques.

3
Chapitre 1

Fondements théoriques de la nouvelle ma-


croéconomie keynésienne (Forthcoming)

Le contenu de ce chapitre sera ajouté dans une future version.

Merci de votre patience.

4
Chapitre 2

L’offre agrégée : Courbe de Phillips nouvelle-


keynésienne

Le cadre analytique présenté dans ce chapitre relie les décisions individuelles des entre-
prises à la dynamique agrégée des prix, tout en mettant en avant les imperfections réelles
et nominales du marché. Cette transition micro-macro constitue un pilier fondamental
de l’analyse nouvelle-keynésienne. La Courbe de Phillips Nouvelle-Keynésienne
(NKPC, pour New Keynesian Phillips Curve) est dérivée en considérant les décisions
de fixation des prix de l’entreprise représentative, qui opère dans un environnement ca-
ractérisé par des rigidités aussi bien nominales que réels, conjuguées à des anticipations
rationnelles. En agrégeant les décisions individuelles de fixation des prix, on obtient une
dynamique macroéconomique reliant le taux d’inflation à la demande agrégée et aux
anticipations d’inflation.
Pour ce faire, le comportement collectif des entreprises peut être analysé en trois étapes
complémentaires :
1. Minimisation des coûts : L’entreprise représentative cherche à minimiser ses
coûts pour déterminer la demande optimale des inputs nécessaires à sa production.
2. Maximisation du profit : L’entreprise représentative fixe un prix optimal, compte
tenu des imperfections du marché et la demande qui lui est adressée (imperfection
réelle).
3. L’agrégation des prix : Les prix optimaux sont agrégés en vue de déterminer
le niveau général des prix. Ce dernier évolue selon processus d’ajustement partiel,
reflétant la rigidité nominale (imperfection nominale).
Ce chapitre propose donc une exploration détaillée de ces étapes :
— Dans la première section (sous-section 2.1.1), nous analysons la minimisation des
coûts et la demande optimale d’intrants ;
— Dans la deuxième section (??), nous examinons la maximisation du profit et l’impact
des imperfections du marché ;
— Enfin, nous abordons la rigidité nominale qui découle d’un processus d’ajustement
partiel du niveau général des prix (??).
Au terme de ces trois étapes, il est possible de déduire la courbe de Phillips nouvelle-
keynésienne, qui constitue le cadre théorique contemporain pour analyser les sources
potentielles des tensions inflationnistes.

5
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

2.1 La demande optimale des intrants de production

2.1.1 Structure du coût total de l’entreprise représentative


L’économie est peuplée de N entreprises, où N désigne un nombre entier fini (N ∈ N∗ ),
opérant dans un marché de concurrence imparfaite et spécialisées dans la production de
N biens ou services différenciés.
Dans ce cadre, l’entreprise représentative n, pour tout n tel que n ∈ {1, 2, . . . , N } (∀n ∈
{1, 2, . . . , N }), en tant qu’unité de production et de répartition des revenus, initie son
cycle d’exploitation en vue de produire des biens et/ou des services. Une partie de cette
production est écoulée sur le marché sous forme de ventes (Pn,t · Yn,t , où Pn,t est le prix
de vente et Yn,t la quantité vendue par l’entreprise n à la période t), tandis que le reste
contribue à une variation de stock des produits finis (Pn,t · Yn,t,stock , où Pn,t est le prix de
vente et Ystock,n,t la quantité stockée à la période t).
La production engendre des charges d’exploitation, composées principalement des achats
et consommations intermédiaires, en l’occurence les achats d’intrants importés (Jn,t , in-
puts importés à t au prix d’achat en monnaie étrangère d’achat Pto ). 1 Ces charges d’ex-
ploitation incluent également :
— Les charges de personnel (Wt · Ln,t , où Wt est le salaire unitaire moyen et Ln,t
l’effectif des actifs employés par l’entreprise n à la période t) ;
— Les dotations aux amortissements, reflétant la dépréciation du capital physique
(amort · Kn,t , où amort est le taux d’amortissement et Kn,t le stock de capital fixe
de l’entreprise n à t).
La différence entre les produits et charges d’exploitation constitue le résultat d’ex-
ploitation. Auquel s’ajoute résultat financier pour aboutir au résultat courant.
Pour des raisons purement pédagogiques, le résultat financier est simplifié et réduit
à la différence entre :
— Les produits financiers, réduits ici aux seuls intérêts créditeurs perçus sur
les dépôts bancaires (it · Dn,t ), où it est le taux créditeur et Dn,t le montant
des dépôts bancaires de l’entreprise n à t ;
— Les charges financières, limitées aux intérêts débiteurs versés sur les crédits
contractés auprès des banques commerciales (it · dettesn,t ), où it est le taux
débiteur et dettesn,t le stock des dettes, en l’occurrence les crédits bancaires,
remboursables par l’entreprise n. 2
En négligeant le résultat non courant, qui est par définition exceptionnel et non récurrent,
le résultat avant impôt de l’entreprise représentative est obtenu en additionnant le résultat
d’exploitation et le résultat financier. En déduisant l’impôt sur les sociétés (ISt ), on
obtient le profit comptable (P rof itcomptable,t ), supposé dans ce cadre analytique comme
étant intégralement distribué sous forme de dividendes (divt ) aux propriétaires du capital
1. Les achats d’intrants intermédiaires locaux sont exclus pour des raisons d’agrégation. Cette exclu-
sion suppose que la somme des productions finales des N entreprises est égale au PIB, en ce sens que
chaque entreprise produit des biens et services finaux.
2. Cette simplification se justifie par la dominance du secteur bancaire dans les économies en voie de
développement, où les systèmes financiers sont peu diversifiés.

6
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

social (Apporteurs de fonds propres). Ce qui mène à écrire :


P rof itcomptable,t
divt = (2.1.1)
F ondsP ropresn,t

Le profit comptable de l’entreprise représentative n est schématisé à travers une ver-


sion simplifiée de son compte de résultat, présenté au tableau 2.1. Ce tableau illustre la
structure des produits, des charges et du résultat net (profit comptable). Ce compte de
résultat, également appelé compte des produits et charges (CPC), présente de manière
verticale la répartition des revenus générés par la production.

Table 2.1 – Compte de résultat simplifié avec conventions de notations


Rubriques Conventions de notations
I. Produits d’exploitation
Ventes de biens et services Pn,t · Yn,t
Stock de produits Pn,t · Ystock,n,t
II. Charges d’exploitation
Achats d’intrants locaux PA,t · Yinter,n,t
O
Achats d’intrants importés PA,t · Jn,t
Charges de personnel Wt · Ln,t
Dotations aux amortissements amort · Kn,t
Résultat d’exploitation (I - II)
III. Produits financiers
Produits d’intérêts it · Dn,t
IV. Charges financières
Charges d’intérêts it · dettesn,t
Résultat financier (III - IV)
V. Résultat courant (I - II + III - IV)
VI. Résultat non courant
VII. Résultat avant impôts (V + VI)
VIII. Impôts sur les bénéfices ISt
Résultat net (VII - VIII) P rof itcomptable,t

Ce schéma vertical de la structure des produits et des charges, peut être transposé en un
schéma horizontal. Présenté comme une équation de profit économique, ce schéma hori-
zontal offre une approche économique de la répartition des revenus, dérivée de l’approche
comptable.
Cependant, il est crucial de distinguer le profit comptable du profit économique. Ces
deux notions, bien qu’étroitement liées, ne mesurent pas exactement la même chose. Le
profit comptable correspond au résultat net figurant dans le compte de résultat. Alors
que le profit économique va au-delà du profit comptable et se calcule en soustrayant du
profit comptable les coûts implicites. Ces coûts comprennent toutes les dépenses liées à la
rémunération des facteurs de production, y compris la rémunération versée aux prêteurs-
créanciers et apporteurs de capitaux (intérêts et dividendes). 3
3. De ce fait, une situation de profit nul signifie que l’entreprise reçoit une rémunération normale,

7
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

Ainsi, le profit économique (Πeco n,t ) de l’entreprise représentative n, à la période t, est


défini comme la différence entre les recettes totales et la somme des coûts explicites
et implicites. Les coûts explicites sont tirés directement du compte de résultat, tandis
que les coûts implicites incluent les rémunérations normales des facteurs de production,
telles que les dividendes (divt · FondsPropresn,t ) et les intérêts sur les capitaux empruntés
(it · dettesn,t ).
L’équation du profit économique s’écrit :

Πeco
n,t = (Pn,t · Yvente,t + Pn,t · Ystock,n,t )

o
− PA,t · Jn,t + Wt · Ln,t

+ amort · Kn,t
 
− it · dettesn,t + divt · FondsPropresn,t (2.1.2)

— Le premier terme Pn,t · Yvente,t + Pn,t · Ystock,t représente la somme de la production


exprimée en valeur nominale, notée Pn,t Yn,t , avec :
Yn,t = Yvente,t + Ystock,n,t (2.1.3)
o
— Le deuxième terme PA,t ·Jn,t +Wt ·Ln,t +amort·Kn,t correspond aux coûts explicites
de production.
— Le troisième terme it · dettesn,t + divt · FondsPropresn,t regroupe les coûts implicites
liés à la rémunération normale des facteurs (intérêts sur dettes et dividendes).

L’équation (2.1.2) met en lumière la distinction fondamentale entre le profit comptable,


limité aux éléments explicites, et le profit économique, qui inclut les coûts implicites liés
aux opportunités perdues et à la rémunération normale des ressources investies.
Pour aller plus loin de cette perspective, et en vue de mettre en lumière la dimension
purement économique du profit de l’entreprise représentative, il convient de faire appel à la
structure de son compte de patrimoine. Celle-ci est consigné dans le bilan de l’entreprise
représentative, qui reflète l’ensemble de ses actifs réels, financiers et monétaires, ainsi
que les ressources permettant leur financement : fonds propres et dettes. 4 De ce fait, la
structure du bilan simplifié de l’entreprises suppose que :
— L’actif est réduit au capital fixe(K), c’est-à-dire les immobilisations physiques
utilisées pour produire des biens et services, tandis que le passif est constitué des
fonds propres et des dettes ;
— Les fonds propres sont apportés par les propriétaires de l’entreprise et représentent
une fraction γ de l’actif total (K).
— Les dettes (dettesn,t )sont contractées auprès des banques et représentent une frac-
tion 1 − γ de l’actif total (K).
Compte tenu de ces hypothèses simplificatrices, le bilan, ou compte de patrimoine, de
l’entreprise représentative est présenté au tableau 2.2.
alors qu’un profit économique positif renvoie à un surprofit, lié à un pouvoir de marché, avec une capacité
nette d’autofinancement, et ce après rémunération de tous les facteurs de production.
4. Dans ce cadre analytique, l’état d’équilibre assigné à l’entreprise représentative permet d’ignorer les
décalages entre actifs et passifs circulants. Ce décalage étant compensé par l’ajustement des trésoreries
active et passive.

8
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

Table 2.2 – Bilan simplifié de l’entreprise représentative


Actif Passif
Capital fixe (K) Fonds Propres (γK)
dettes ((1 − γ)K)

À partir du tableau 2.2,il est possible d’écrire :

divt · FondsPropresn,t = divt · γK (2.1.4)

i · dettesn,t = i · (1 − γ)K (2.1.5)

Ce qui permet de réécrire l’équation du profit économique comme suit :

Πeco
n,t =Pn,t · Yn,t
o
− PA,t · Jn,t − Wt · Ln,t
h i
− Kn,t · amort + i · (1 − γ) + divt · γ , (2.1.6)

Où :
— Pn,t · Yn,t : Recettes totales n à la période t,
o
— PA,t · Jn,t : Coût des inputs importés,
— Wt · Ln,t : Coût du travail,
h i
— amort + i · (1 − γ) + divt · γ : Coût du capital.
Ce qui veut dire que l’entreprise rémunère ses trois principaux facteurs de production :
□ Le travail, rémunéré par les salaires ;
□ Le capital, rémunéré par les dividendes et les intérêts ;
□ L’input importé, acquis au prix fixé au marché international.
L’équation globale du profit économique peut ainsi être exprimée comme suit :

Rnet = Recettes Totales − Coût Total (2.1.7)

2.1.2 Intrants et fonction de production


Dans le cadre analytique, la production de l’entreprise représentative n, pour une période
donnée t, est modélisée à travers une fonction de production Cobb-Douglas à rendements
d’échelles constants, qui inclut trois facteurs :
— Kn,t : le capital fixe utilisé par l’entreprise n à la période t,
— Ln,t : le travail employé par l’entreprise n à la période t,
— Jn,t : les inputs importés par l’entreprise n à la période t,
La fonction de production Cobb-Douglas est donnée par l’équation suivante :
α
Yn,t = At · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
, (2.1.8)

où :

9
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

— α est l’élasticité de la production par rapport au capital (0 < α < 1),


— β est l’élasticité de la production par rapport au travail (0 < β < 1),
— 1 − α − β est l’élasticité de la production par rapport aux inputs importés (0 <
1 − α − β < 1).
Le facteur exogène At n’est pas spécifique à l’entreprise représentative n et reflète :
≫ À long terme, le progrès technique ;
≫ À court terme, les chocs d’offre exogènes.
Les chocs d’offre exogènes captés par At incluent :
— Chocs économiques (récession) ;
— Chocs climatiques (sécheresse) ;
— Chocs naturels (séismes) ;
— Chocs sanitaires (COVID-19) ;
— Chocs géopolitiques (conflits armés).
De ce fait, une baisse brutale de At reflète un choc d’offre négatif, entraînant une
réduction de la production.

Encadré | Variable exogène vs. Variable endogène

Une variable exogène est une variable dont la valeur est déterminée en dehors du
modèle économique et qui n’est pas influencée par les décisions des agents écono-
miques au sein du modèle. Elle représente souvent des facteurs externes, comme At ,
qui affecte toutes les entreprises sans dépendre de leurs comportements individuels.
En revanche, une variable endogène est une variable dont la valeur est déterminée
à l’intérieur du modèle, en fonction des décisions des agents économiques et des
interactions entre ces agents. Par exemple, les inputs Kn,t , Ln,t , et Jn,t sont des
variables endogènes car elles sont choisies par chaque entreprise en fonction de
leurs objectifs et des contraintes.

Lien avec le facteur At Le facteur At est une variable exogène, commune à


toutes les entreprises, qui capte les effets globaux tels que :
— des avancées technologiques globales ;
— des chocs d’offre affectant l’ensemble des secteurs économiques (par exemple,
une crise énergétique ou un choc climatique) ;
— des variations structurelles de productivité.

Exemple d’interprétation Une augmentation de At traduit une amélioration


des conditions globales de production (par exemple, un progrès technologique), aug-
mentant la production Yn,t pour toutes les entreprises. À l’inverse, une diminution
brutale de At peut refléter un choc négatif (par exemple, une crise économique ou
une catastrophe naturelle), réduisant Yn,t pour l’ensemble des entreprises.

La contrainte α + β + (1 − α − β) = 1 garantit que la fonction de production génère


des rendements d’échelles constants. Les paramètres α, β, et 1 − α − β représentent
les élasticités de la production par rapport aux inputs. Cela signifie qu’ils mesurent la
variation relative de la production Yn,t induite par une variation relative de l’un des trois
inputs, les autres étant maintenus constants.

10
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

Démonstration
Considérons une augmentation proportionnelle ∆% d’un input donné. Pour un
input Xn,t , où X ∈ {K, L, J}, l’élasticité est définie comme :

∂Yn,t Xn,t
Élasticité = · . (2.1.9)
∂Xn,t Yn,t

En dérivant la fonction de production Cobb-Douglas :


∂Yn,t α−1
= α · At · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
. (2.1.10)
∂Kn,t

Ainsi, l’élasticité de la production par rapport au capital Kn,t est donnée par :

∂Yn,t Kn,t
· = α. (2.1.11)
∂Kn,t Yn,t

De manière analogue, on obtient :


∂Yn,t Ln,t
· = β, (2.1.12)
∂Ln,t Yn,t
et :
∂Yn,t Jn,t
· = 1 − α − β. (2.1.13)
∂Jn,t Yn,t
Ces résultats montrent que les coefficients α, β, et 1 − α − β sont les élastici-
tés respectives de la production par rapport au capital, au travail, et aux inputs
importés.

2.1.3 Minimisation des coûts et allocation optimale


L’entreprise représentative n cherche à minimiser ses coûts de production pour une pro-
duction donnée Yn,t , en choisissant de manière optimale les trois inputs Kn,t (capital),
Ln,t (travail) et Jn,t (inputs importés).

1. Définition du coût total

Le coût total de l’entreprise est donné par la somme des rémunérations des trois facteurs
de production :
h i
o
CTn,t = PA,t · Jn,t + Wt · Ln,t + Kn,t · amort + i · (1 − γ) + divt · γ . (2.1.14)

L’entreprise choisit Kn,t , Ln,t , et Jn,t de manière à minimiser Cn,t , compte tenu de sa
fonction de production :
α
Yn,t = At · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
. (2.1.15)

11
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

2. Problème de minimisation des coûts

Le problème de minimisation peut être formulé comme suit :


h i
o
min CTn,t = PA,t · Jn,t + Wt · Ln,t + Kn,t · amort + i · (1 − γ) + divt · γ , (2.1.16)
Kn,t ,Ln,t ,Jn,t

sous la contrainte :
α
Yn,t = At · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
. (2.1.17)

3. Fonction de Lagrange

La fonction de Lagrange associée est :


h i  
o
L = PA,t α
·Jn,t +Wt ·Ln,t +Kn,t · amort+i·(1−γ)+divt ·γ +λ Yn,t −At ·Kn,t ·Lβn,t ·Jn,t
1−α−β
,
(2.1.18)
où λ est le multiplicateur de Lagrange.

4. Conditions de premier ordre (FOCs)

Pour minimiser Cn,t , nous dérivons L par rapport à Kn,t , Ln,t , et Jn,t , et nous égalons les
dérivées à zéro.

— Pour Kn,t (capital) :


∂L h i
α−1
= amort + i · (1 − γ) + divt · γ − λ · At · α · Kn,t · Lβn,t · Jn,t
1−α−β
= 0. (2.1.19)
∂Kn,t

— Pour Ln,t (travail) :


∂L α
= Wt − λ · At · β · Kn,t · Lβ−1 1−α−β
n,t · Jn,t = 0. (2.1.20)
∂Ln,t

— Pour Jn,t (inputs importés) :


∂L −α−β
o
= PA,t α
− λ · At · (1 − α − β) · Kn,t · Lβn,t · Jn,t = 0. (2.1.21)
∂Jn,t

5. Ratio des coûts marginaux (équations d’optimalité)

En divisant les FOCs deux à deux, nous obtenons les conditions d’optimalité reliant les
inputs.

— Ratio capital-travail :
h i
amort + i · (1 − γ) + divt · γ α Ln,t
= · . (2.1.22)
Wt β Kn,t
— Ratio travail-inputs importés :
Wt β Jn,t
o
= · . (2.1.23)
PA,t 1 − α − β Ln,t

12
CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

— Ratio capital-inputs importés :


h i
amort + i · (1 − γ) + divt · γ α Jn,t
o
= · . (2.1.24)
PA,t 1 − α − β Kn,t

2.1.4 Coût marginal de l’entreprise représentative

1. Inputs exprimés en fonction de Kn,t

En mettant l’accent sur Kn,t dans les expressions de Ln,t et Jn,t :

β Wt
Ln,t = ·h i · Kn,t , (2.1.25)
α amort + i · (1 − γ) + divt · γ

o
1−α−β PA,t
Jn,t = ·h i · Kn,t . (2.1.26)
α amort + i · (1 − γ) + divt · γ

2. Kn,t en fonction de Yn,t

Substituons les expressions ci-dessus de Ln,t et Jn,t dans la fonction de production :


 β
α β Wt
Yn,t = At · Kn,t · Kn,t · · h i (2.1.27)
α amort + i · (1 − γ) + divt · γ
 1−α−β
o
1−α−β PA,t
· Kn,t · ·h i . (2.1.28)
α amort + i · (1 − γ) + divt · γ

En isolant Kn,t , nous obtenons :


 

Yn,t  α 1 
Kn,t = ·
h i· 1−α−β  .

(2.1.29)
At

 amort + i · (1 − γ) + div · γ 
β β

1−α−β

t ·
Wt o
PA,t

3. Coût total en fonction de Yn,t

Un petit exercice d’algèbre linéaire permet d’exprimer Ln,t et Jn,t en fonction de Y n, t. 5


En substituant les expression ainsi obtenues de Kn,t , Ln,t , et Jn,t dans la fonction du coût
total CTn,t , ce dernier devient :
h i α " #β " #1−α−β
Yn,t  amort + i · (1 − γ) + divt · γ  Wt o
PA,t
CTn,t = · · · . (2.1.30)
At α β 1−α−β
5. La démonstration détaillée est faite durant la séance de cours consacrée à cette section.

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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

4. Formule du coût marginal

Pour obtenir le coût marginal, nous dérivons le coût total CTn,t par rapport à la pro-
duction Yn,t . Comme CTn,t est proportionnel à Yn,t , sa dérivée par rapport à Yn,t donne
directement :

∂CTn,t
Cmn,t = .
∂Yn,t

En appliquant la dérivation :

h i α " #β " #1−α−β


1  amort + i · (1 − γ) + divt · γ  Wt o
PA,t
Cmn,t = · · · . (2.1.31)
At α β 1−α−β

Cette expression montre que :

— Le coût marginal est inversement proportionnel au facteur exogène At , qui reflète


les conditions globales de productivité.
— Chaque facteur de production (capital, travail et inputs importés) contribue au coût
marginal proportionnellement à son élasticité dans la fonction de production.

Le coût marginal Cmn,t est ainsi une moyenne géométrique pondérée des coûts
unitaires des trois inputs (capital, travail, et inputs importés), où les poids sont donnés
par les élasticités correspondantes (α, β, et 1 − α − β).

2.2 Imperfections des marchés et prix optimal


Dans une économie peuplée de N entreprises, chaque package de [biens/services] produit
par l’entreprise n parmi les N est différencié des autres packages et leur est imparfaitement
substituable. En outre, la demande adressée à chaque entreprise dépend non seulement
du prix qu’elle affiche, mais du prix relatif de son bien, c’est-à-dire du rapport entre son
prix et le niveau général des prix. Par ailleurs, la demande agrégée joue un rôle
déterminant dans la demande individuelle adressée à chaque entreprise n, sachant les N
entreprises sont en concurrence imparfaite. L’imbrication de ces éléments explique les
imperfections des marchés réels, dites imperfections réelles, qui influence à biens des
égards le processus de formation du prix optimal. Cette imbrication et ses implications
en termes de prix sont l’objet de cette section.

2.2.1 Préférences des consommateurs et demande agrégée


Caque entreprise produit un bien différencié qui n’est qu’imparfaitement substituable aux
biens produits par ses concurrents. De ce fait, l’entreprise représentative opère dans un
marché hybride, à mi-chemin entre les deux extrémités purement théoriques : le monopole
pur et la concurrence pure. En effet, la différenciation des produits confère à chaque
entreprise un certain pouvoir de marché, ce qui lui permet d’être un price-maker : elle

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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

peut fixer le prix Pn,t qui maximise son profit, tel un monopole. Mais contrairement à un
monopole parfait, l’entreprise représentative n’est pas totalement libre de ses choix et tient
compte de l’effet des comportements de ses rivales sur la demande agrégée qui, à son tour
influe sur la demande qui lui est adressée. Il s’agit donc d’une concurrence imparfaite,
dite concurrence monopolistique, qui s’avère être une forme de concurrence plus
intuitive et plus réaliste.
Ainsi, l’entreprise représentative ajuste ses décisions stratégiques en fonction de la de-
mande agrégée et du prix relatif de son bien par rapport aux biens produits par ses
concurrents. Ce cadre lui permet de maximiser son profit tout en respectant les contraintes
d’interdépendance avec les autres entreprises sur le marché.

1. Préférences des consommateurs et contraintes budgétaires Les consomma-


teurs maximisent une fonction d’utilité agrégée qui traduite le niveau de la demande
agrégée Yt : ϵ
N
! ϵ−1
X ϵ−1
Yt = Yn,t ϵ
,
n=1
où :
— Yn,t est la quantité consommée du bien n à la période t ;
— ϵ > 1 est l’élasticité de substitution entre les biens différenciés.
La forme de cette fonction implique que les biens sont différenciés et imparfaitement
substituables. Plus ϵ est élevé, plus les biens sont substituables. Lorsque ϵ → ∞, les biens
deviennent parfaitement substituables.
Par ailleurs, les consommateurs font face à une contrainte budgétaire donnée par :
N
X
Pn,t Yn,t = Yt · Pt ,
n=1

où :
— Pn,t est le prix du bien n à la période t ;
— Yt est la demande agrégée des consommateurs ;
— Pt est le niveau général des prix.

2. Comportement d’optimisation des consommateurs Les consommateurs maxi-


misent àl’utilité totale que procure la demande agrégé Yt , tout en étant sous la contrainte
budgétaire. Le problème d’optimisation peut être écrit comme :
ϵ
N N
! ϵ−1
X ϵ−1 X
max Yn,t
ϵ
s.c. Pn,t Yn,t = Yt · Pt .
Yn,t
n=1 n=1

sachant que : ϵ
N
! ϵ−1
X ϵ−1
Yt = Yn,t ϵ
,
n=1
La fonction de Lagrange associée :
ϵ  ϵ 
N N N
! ϵ−1 ! ϵ−1
X ϵ−1 X X ϵ−1
L= Yn,t
ϵ
− λ Pn,t Yn,t − Pt · Yn,t
ϵ .
n=1 n=1 n=1

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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

où λ est le multiplicateur de Lagrange.


En maximisant L, les conditions de premier ordre associées sont obtenues par dérivation
par rapport à Yn,t :
1 1
N N
! ϵ−1 ! ϵ−1
∂L ϵ−1 X ϵ−1
−1 ϵ−1 X ϵ−1
−1
= · Yn,tϵ · Yn,tϵ − λPn,t + λPt · · Yn,tϵ · Yn,tϵ = 0.
∂Yn,t ϵ n=1 ϵ n=1

En factorisant, on obtient :
1
N
! ϵ−1
ϵ−1 X ϵ−1
−1
(1 − λPt ) · · Yn,tϵ · Yn,tϵ = λPn,t .
ϵ n=1

En isolant λ :   1
ϵ−1
ϵ−1 PN ϵ−1 −1
ϵ
· n=1 Yn,t
ϵ
· Yn,tϵ
λ=   1 .
ϵ−1
ϵ−1 PN ϵ−1 −1
Pn,t + Pt · ϵ
· n=1 Yn,t ϵ
· Yn,tϵ

Ce qui montre que, à l’optimum, la contribution marginale de chaque bien n à l’utilité


totale que procure la demande agrégée est proportionnelle à son prix relatif Pn,t . En
réduisant λ à l’unité et en substituant Yt à sa formule initiale, nous avons :

Pt
Yn,t = Yt · .
Pn,t

Cette expression relie la quantité demandée d’un bien au prix relatif Pn,t par rapport au
niveau général des prix Pt , et à la demande agrégée Yt .
Ce qui permet de déduire l’expression du niveau général Pt qui n’est que l’indice des prix
agrégés, défini comme :
1
N
! 1−ϵ
1−ϵ
X
Pt = Pn,t .
n=1

2.2.2 Effets de la dérive du niveau général des prix


Une hausse du niveau général des prix (Pt ) incite les entreprises, y compris l’entreprise
représentative n, à augmenter le prix de leur bien (Pn,t ) pour plusieurs raisons liées aux
mécanismes du marché et aux comportements stratégiques en concurrence monopolis-
tique. Ces raisons sont expliquées ci-dessous.

1. Effets sur la compétitivité. En concurrence monopolistique, les biens produits


par différentes entreprises sont substituables de manière imparfaite. Cela signifie que
les consommateurs comparent les prix relatifs (Pn,t /Pt ) pour décider de la quantité qu’ils
consomment de chaque bien. La demande adressée à l’entreprise n dépend de cette relation
relative :
Pn,t −ϵ
 
Yn,t = Yt · ,
Pt
où :

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CHAPITRE 2. L’OFFRE AGRÉGÉE : COURBE DE PHILLIPS NOUVELLE-KEYNÉSIENNE

— Yn,t est la demande pour le bien n,


— Yt est la demande agrégée totale,
— ϵ > 1 est l’élasticité de substitution entre les biens.
Une hausse de Pt réduit le ratio Pn,t /Pt si Pn,t reste constant, rendant le bien n relati-
vement moins cher par rapport aux autres. Cela pourrait théoriquement augmenter la
demande pour le bien n. Cependant, cette situation n’est pas optimale pour l’entreprise
n, car elle pourrait augmenter Pn,t tout en maintenant un ratio Pn,t /Pt compétitif, maxi-
misant ainsi son profit. Ainsi, lorsque le niveau général des prix Pt augmente, il y a deux
effets principaux sur l’entreprise n :

— **Effet relatif ** : Pour maintenir un ratio compétitif entre son prix Pn,t et le niveau
général des prix Pt , l’entreprise n est incitée à revoir son prix à la hausse. Une dérive
des prix relatifs dégraderait sinon sa position concurrentielle sur le marché.
— **Effet absolu** : Une hausse du niveau général des prix Pt diminue le pouvoir
d’achat global, ce qui affecte négativement Yt . Cependant, pour préserver sa de-
mande relative, PPn,tt
, l’entreprise n ajuste Pn,t .

2. Effet macroéconomique de la boucle d’interaction. Lorsque toutes les entre-


prises augmentent leurs prix Pn,t , cela contribue à une nouvelle hausse du niveau général
des prix Pt , ce qui incite à une nouvelle révision des prix individuels. Cette boucle d’inter-
action est une caractéristique essentielle des marchés avec rigidités nominales et concur-
rence monopolistique. En effet, si une dérive des prix Pt est observée (par exemple, une
hausse généralisée des prix due à un choc d’offre ou de demande), chaque entreprise ajuste
son prix Pn,t à la hausse. Ce comportement collectif amplifie la dérive, alimentant un mé-
canisme de révision ascendante des prix. Dans ce cadre, les entreprises ne révisent pas
instantanément leurs prix en raison des rigidités nominales (coûts de menu, contrats
à long terme, etc.). Ce retard dans l’ajustement crée une boucle où une dérive initiale
des prix incite progressivement chaque entreprise à revoir son prix. Ce phénomène est
capturé dans le processus d’ajustement partiel qui sous-tend la courbe de Phillips
Nouvelle-Keynésienne.

3. Remarques conclusives. Une hausse du niveau général des prix (Pt ) incite chaque
entreprise n à ajuster son prix Pn,t pour :
1. Maintenir sa compétitivité relative (Pn,t /Pt ),
2. Compenser l’augmentation de ses coûts de production,
3. Préserver ses marges bénéficiaires face à une inflation généralisée.
Cette interaction entre le niveau général des prix et les prix individuels alimente une
dynamique macroéconomique inflationniste.

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