Analyse des sols alluviaux au Québec
Analyse des sols alluviaux au Québec
MÉMOIRE PRÉSENTÉ À
L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES
PAR
VERNHAR-LADISLAS GERVAIS BEAULAC
JUILLET 2013
Université du Québec à Trois-Rivières
Service de la bibliothèque
Avertissement
Je remercie Catarina Leote Franco Pio qui a répondu aux questions administratives
avec efficacité et grande disponibilité. Je tiens à souligner le travail remarquable du
chimiste Alain Brousseau de l'Université Laval pour l'analyse chimique des sols.
Je remercie tous les étudiants que j'ai côtoyés lors de mon passage à la maîtrise.
Premièrement, Guillaume Légaré Couture qui a répondu à toutes mes questions d'ordre
général à m'en trouver épuisant. Deuxièmement, Raphëlle Landry qui a été ma voisine
de bureau au cours de notre maîtrise et avec qui nous nous sommes épaulés aux étapes
lV
difficiles à toutes ces personnes je leur dis merci pour les échanges et les moments
passés ensemble.
Finalement, je veux dire un immense merci à ma femme Audrey Boisvert, qui m'a
épaulé dans toutes les difficultés du parcours. Merci ma chérie d'avoir subi mes humeurs
changeantes tout au long de ma maîtrise. Puis, à ma fille Abygael, qui est ma plus
grande source de motivation. Je t'aime.
AVANT-PROPOS
Le présent mémoire est rédigé sous forme d'article scientifique. Les règles sont
décrites dans l'article 138.1 du Règlement des études de cycles supérieurs de
l'Université du Québec à Trois-Rivières. Selon ce règlement, le travail de recherche
effectué dans le cadre d'une maîtrise en Sciences de l'environnement peut prendre la
forme d'un ou de plusieurs articles scientifiques déjà soumis ou rédigés en vue d'être
publiés dans une revue scientifique.
Cette étude porte sur la dégradation des sols alluviaux en lien avec la recrudescence des
inondations et l'analyse des propriétés physico-chimiques des sols affectés par les crues
des rivières Saint-François et Massawippi. Les sites échantillonnés sont délimités par
trois zones, soit celles de récurrence d'inondation de 0-20 ans, de 20-100 ans et celles
non affectées. Plus de 600 échantillons de sol ont été prélevés dans 94 quadrats. Les
échantillons de sol recueillis ont été analysés, notamment pour la texture avec l'analyse
granulométrique au laser, ainsi que par les méthodes standards d'analyse des sols pour
mesurer la teneur en carbone organique (C.O.), en azote (N), en phosphore (P), en
potassium (K) et la capacité d'échange cationique (CEC). Des analyses. statistiques dont
les tests de Mann- Withney U et de Student ont été fait pour évaluer des différences
significatives entre les sols des zones de récurrence d'inondation (0-20 ans et
20-100 ans) et celles à l'extérieur des plaines inondables. Les résultats montrent que les
crues successives ont un effet direct sur les propriétés pédologiques des sols alluviaux.
Les concentrations de C.O. et d'azote sont plus faibles dans les zones affectées par les
crues fréquentes. Les concentrations de C.O. et d'azote diminuent avec la profondeur.
Les sols sont plus acides dans les zones extérieures aux inondations en raison de la
présence de biomasse au sol qui génère des produits acidifiants lors de la décomposition.
Les sols sont plus à nue (moins de litière) dans les endroits affectés par les crues
périodiques. Le contexte géomorphologique des deux rivières est différent. Ceci
explique les variations dans les résultats des propriétés des sols analysés.
Mots-clés: Carbone organique (C.O.), Azote (N), Phosphore (P), potassium (K),
Capacité d'échange cationique (CEC), biomasse, sols alluviaux, zones riveraines, zones
de récurrence d'inondations, sud du Québec.
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE 1 , , .
fflTRODUCTION GENERALE .............................................................................. 1
1.1 Problématique........................ .............. ............ .................................. ................. 1
1.2 Territoire à l'étude.... ................ .................. ........................................................ 2
1.3 Revue de littérature.................................. ............................ ...... ............. ........ .... 6
1.3.1 Les principaux paramètres physico-chimiques des sols en zone
nveralne .................................................................................................. 6
[Link] Les propriétés physico-chimiques des sols. ........ .................. .... 6
[Link] La variabilité spatiale et verticale des sols .................. ............. 8
[Link] La modification des sols à la suite d'une inondation.......... ..... . 9
1.3.2 Le carbone organique dans les sols alluviaux.. ...... ......... ........................ Il
[Link] La concentration du carbone organique dans les sols
alluviaux.... .............. ... .. ............................. .......... .. .................... Il
[Link] La distribution verticale du carbone organique dans les sols ... 12
[Link] Le carbone organique des sols riverains suivant leur
emplacement topographique ........ ............. ................................ 13
[Link] La taille des particules .............................................................. 13
1.4 Objectifs du projet .......................... .. ................ ..................... :............................. 14
1.4.1 Description du cadre de l'étude .............................................................. 14
1.4.2 Objectifs de recherche ......... ....................... ............................................ 15
1. 5 Hypothèses de travail... .. ........... ........................................................... .............. . 15
1.6 Approche méthodologique .......... ........ .. ......... ...... .............................................. 16
1. 6.1 Travaux de terrain et échantillonnage.................... ............... .. ..... .. ........ . 16
V111
CHAPITREll
ANALYSE SPATIALE DES SOLS ALLUVIAUX EN ZONE ACTIVE
DE SÉDIMENTATION (CENTRE-SUD DU QUÉBEC) ...................................... 30
2.1 Résumé ..................... ..................... ....... ......... ..................................................... 31
2.2 Introduction .................................... .................................................................... 32
2.3 Matériels et méthodes ......................................................................................... 34
2.3.1 Description du territoire à l'étude........................................................... 34
2.3.2 Sélection des sites ................................................................................... 35
2.3.3 Traitements physico-chimiques des échantillons ................................... 36
2.3.4 Analyse statistique des données.............................................................. 37
2.4 Résultats.................................... ........................................ .................................. 37
2.4.1 Propriétés physiques ............................................................................... 37
2.4.2 Propriétés chimiques.... ...................................................... ............. ........ 38
2.4.3 Tests statistiques ..................................................................................... 41
2.5 Discussion. ............................... ............. .. ..... .. ..... .............. .......... .. .................. .... 42
2.6 Conclusion .......................................................................................................... 46
lX
ANNEXE A
ARTICLE SCIENTIFIQUE ..................................................................................... 71
ANNEXEB
ACTIVITÉS SCIENTIFIQUES LIÉES AUX TRAVAUX DE RECHERCHE... 72
LISTE DES TABLEAUX
Tableau Page
2.2 Résumé des données recueillies pour la rivière Massawippi selon les
zones de récurrence d'inondation et à l'extérieure des zones inondées....... .. 53
2.3 Résumé des données recueillies pour la rivière Saint-François selon les
zones de récurrence d'inondation et à l'extérieure des zones inondées.... ..... 54
Figure Page
Ca Calcium
EC Environnement Canada
HQ Hydro-Québec
-K Potassium
Mg Magnésium
N Azote
Na Sodium
P Phosophore
PH Potentiel hydrogène
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1.1 Problématique
Depuis les vingt dernières années, les études consacrées aux changements
hydroclimatiques ont augmenté en grand nombre en raison des diverses préoccupations
des scientifiques face au réchauffement climatique (Monirul et al., 2003; Pfister et al.,
2004; Saint-Laurent et al., 2007, 2009b; Singh et al., 2010; Strom et al., 2011;
Tabacchi et al., 2000). Parmi ces études, plusieurs auteurs expliquent l'importance des
changements globaux sur les écosystèmes fluviaux, et ce à des échelles régionales et
locales. Plusieurs articles traitent particulièrement des fréquences d'inondations et leurs
répercussions sur l'environnement fluvial.
Les recherches de Schilling et al., 2009, Cierjacks et al., 2010, Schipper et al.,
2010, Saint-Laurent et al., 2008a, 2008b, 2009a, 2010d indiquent que les changements
hydroclimatiques ont des effets marqués sur l'environnement riverain, plus
particulièrement dans les zones fréquemment inondées. Par exemple, des études récentes
effectuées dans les bassins du sud du Québec indiquent que les trois dernières décennies
ont été marquées par une augmentation des crues ainsi qu'une aggradation des plaines
alluviales (Lavoie, 2005; Saint-Laurent et al., 2007, 2009b). Les récurrences
d'inondation sont plus fréquentes en raison des changements hydroclimatiques associés
au réchauffement climatique et à l'augmentation de la pluviométrie. L'augmentation
des inondations aurait un impact direct sur les processus pédogénétiques et
l'appauvrissement des sols riverains. Aussi, les crues successives auraient des effets sur
la perte de la biomasse au sol (litière) et le potentiel de régénération des peuplements
nverams.
2
Parmi les endroits du Québec les plus affectés par les crues et les inondations, les
municipalités de la région de la Beauce et de l'Estrie figurent au premier rang
(Saint-Laurent et Rahni, 2008c). Les villes de Sherbrooke, Richmond et Windsor sont
périodiquement soumises par les crues printanières et les inondations affectent
principalement le tronçon moyen de la rivière Saint-François qui est la principale rivière
de ce vaste bassin hydrographique. Ces deux régions du Québec sont souvent citées
comme des territoires problématiques en termes d'inondations et ont fait l'objet de
nombreux rapports "gouvernementaux (cf. Saint-Laurent et Rahni, 2008c), notamment
ceux traitant le couloir fluvial entre Sherbrooke et Drummondville. Les inondations
demeurent jusqu'à maintenant un problème récurrent pour l'ensemble de ces
municipalités riveraines. Selon l'étude portant sur la reconstitution historique des crues
pour la période entre 1900 et 2000 (Saint-Laurent et Rahni, 2008c), plus de
53 inondations ont été recensées pour la ville de Sherbrooke, 39 pour la municipalité de
Richmond et 22 inondations pour celle de Windsor.
Tableau 1.1
Caractéristiques hydrologiques des rivières Saint-François et Massawippi
n008'37"W 1965
Nos sites d'étude sont répartis suivant deux segments riverains qui comprennent la
section fluviale entre Sherbrooke et Drummondville (secteur Saint-Nicéphore) et la
section fluviale entre la mine Eustis et Lennoxville qui comprend le cours inférieur de la
rivière Massawippi. Ces rivières ont toujours été affectées par les inondations. Comme
ces dernières sont en hausse depuis les années 1970 (Saint-Laurent et al., 2009a), il est
important de bien caractériser l'impact des crues sur la sédimentation des plaines
alluviales et la pédogénèse des sols alluviaux. Mentionnons que les berges de
la Saint-François se composent essentiellement de sédiments alluvionnaires, récents et
anciens, des tills, des dépôts glaciolacustres et fluvioglaciaires, ainsi que des
affleurements rocheux par endroits (Lavoie et al., 2006). Pour les berges de la
rivière Massawippi, elles sont composées essentiellement de sédiments glaciolacustres et
fluviaux. Sur le plan hydrologique, les deux rivières ont des régimes d'écoulement
différents, en raison de leur configuration fluviale et le nombre de leurs tributaires. Pour
la Saint-François, le débit moyen annuel est de l'ordre de 192,0 m3 s, tandis que pour la
Massawippi, son débit est nettement inférieur, soit de 10,4 m3s (Cogesaf, 2006).
La largeur moyenne de la Saint-François varie entre 180 et 260 mètres alors que la
largeur de la Massawippi est de 30 mètres. La largeur moyenne des deux rivières
présente également des caractéristiques différentes, passant de 30 mètres en moyenne
pour la Massawippi à 140 et 260 mètres pour la Saint-François. Le bassin versant de la
rivière Saint-François est fortement régulé, et on compte 18 barrages hydroélectriques et
282 petits barrages et digues ayant d'autres utilités, dont 12 qui servent spécifiquement à
la régulation de la rivière Saint-François (Tessier, 2004).
5
Secteur Saint-Nicéphore
Légende
Secteur
• Richmond
St-Nicephore
[=:J Autres Bassins
Université du Québec
à Trois-Rivières
Les sols en zone riveraine sont sujets à de multiples modifications suite aux
. différentes conditions géohydroc1imatiques présentes. Les propriétés physico-chimiques
des sols alluviaux peuvent varier énormément au niveau de la distribution verticale et en
fonction de leur répartition spatiale, lesquelles variations sont conditionnées par divers
processus hydrologiques notamment (Clinton et al., 2003; Watkins et al., 2010).
Le développement pédogénétique des sols riverains est déterminant lorsqu'il est
question de comprendre les différents changements hydroc1imatiques qui influencent
l'évolution des sols en zone riveraine. Plusieurs études décrivent la variabilité des
propriétés physico-chimiques des sols alluviaux suivant les différents contextes
hydrologiques (Tockner et al., 1999; Schilling et al., 2009; Van Der Lee et al., 2004;
_Wang et al., 2009; Cierjaks et al., 2010; Watkins et al., 2010; Saint-Laurent et al., 2007,
2011).
également du transport des sédiments lors des périodes de crues. Les processus
d'absorption de ces nutriments par la végétation riveraine peuvent être très importants
(Brunet et Astin, 2000). Par exemple, un couvert forestier dense peut contribuer à
favoriser la rétention des sédiments de crue qui peuvent contenir différents éléments,
dont le phosphore et l'azote. D'ailleurs, la capacité d'absorption par les végétaux de ces
nutriments est bien documentée dans la littérature (Tabacchi et al., 1998-2000;
Gurnell et al., 2001; Tickner et al., 2001; Steiger et Gurnell, 2002; Baley et al., 2007;
Birkinshaw et al., 2010). Les nutriments qui sont déposés lors de crues sont
habituellement constitués de fmes matières organiques et sédimentaires, et d'é~éments
comme le carbone, l'azote, le phosphore (Brunet et al., 2000), ainsi que le potassium et
d'autres éléments, dont des contaminants. La concentration de ces différents éléments du
sol est utilisée comme des indicateurs de la qualité et de la vitalité des végétaux en
milieu riverain (Rokosh et al., 2009).
Des études récentes (Jordan et al., 2007; Shilling et al., 2009; Wang et al., 2009)
_montrent qu'il y a une forte corrélation entre certains paramètres pédologiques qui
permettent de comprendre davantage les processus pédogénétiques en milieu riverain.
Par exemple, Schilling et al. (2009) établissent une corrélation entre le carbone
organique et l'azote et la profondeur du sol. Ces deux éléments se concentrent dans les
couches superficielles du profil. Selon Wang et al. (2009), il Y a une forte corrélation
entre le carbone organique, l'azote et le phosphore en raison de leur abondance dans les
horizons de surface. D'autres études ont démontré qu'il y a une relation positive entre la
biomasse microbienne du sol et la matière organique, le carbone, l'azote et le phosphore
(Rokosh et al., 2009; Dai et al., 2010). Les travaux de Jordan et al. (2007) montrent qu'il
y a une forte corrélation entre l'azote (N) et la capacité d'échange cationique (CECy.
La CEC varie en fonction du pH du sol et est souvent liée à la texture de la matrice
minérale. La CEC est plus élevée dans des sols argileux et riches en matière organique et
plus faible dans un sol minéral grossier (Dai et al., 2010; Baize, 2000). Enfin, les
particules fmes du sol (argile et limon) ont une capacité plus grande à retenir les
1 L'importance de la CEC varie selon la richesse en argile ou autre texture du sol et le contenu en matière
organique. Il existe un lien très étroit entre la CEC et le pH.
8
nutriments du sol que les matrices grossières. L'étude de Craft et al. (2000), par
exemple, montre que les taux de phosphore sont nettement plus élevés dans les sols
riches en argile que pour les autres types de sol.
Schilling et al. (2008, 2009), Baldwin et Mitchell, (2000); Craft et Casey, (2000);
Zhang et Mitsch, (2006) constatent que la concentration des nutriments est plus
importante dans la couche superficielle des sols dû à l'apport de la matière organique qui
provient des litières de surface. La couche supérieure du sol (0-20 cm) est soumise à de
nombreux échanges biogéochimiques, notamment en raison de la présence plus élevée
des microorganismes dans les horizons de surface. L'étude de Schilling et al. (2009)
,
montre aussi que la concentration des nutriments, tels que l'azote et le carbone
organique, diminue avec la profondeur du sol. Cependant, la concentration en phosphore
ne semble pas avoir de liens spécifiques avec la profondeur du sol. Également, l'étude
de Brooks (2002) montre une diminution de plusieurs éléments nutritifs dans les couches
plus profondes du profil. Cette baisse est attribuée à un changement du milieu de
sédimentation. On note également que les nutriments peuvent s'accumuler dans le sol
durant la saison végétative et, lors des crues automnales, et être transportés plus loin
provoquant ainsi un appauvrissement des sols (Brunet et al., 2000). Enfm, les variations
9
des éléments nutritifs dans la couche sédimentaire affectent également la qualité des
eaux souterraines qui circulent dans la zone riveraine (Schilling et al., 2009).
Les travaux de Lavoie et al. (2006) montrent que le développement des sols
riverains est limité par les apports sédimentaires constants provenant des crues
successives. Ceci entraîne dans l'ensemble du pédon2 une faible différenciation des
horizons, un rajeunissement du sol et une assez faible altération en surface.
L'accumulation progressive des sédiments (aggradation) transportés par les crues
périodiques maintient le sol dans un état jeune, non développé (Lavoie et al., 2006;
Drouin et al., 2010). Selon une analyse détaillée par Saint-Laurent et al. (2009b), les sols
riverains soumis à des inondations fréquentes montrent une faible distinction de leur
profil et un faible développement pédogénétique.
2 Le pédon, tel que défIni dans le Système canadien de classification des sols (SeCS, 2002), sert d'unité de
base du sol. Le pédon est la plus petite unité tridimensionnelle à la surface de la terre considérée comme
un sol.
10
Drouin et al., 2010). Les inondations causent des changements sur la morphologie des
sols par l'érosion des berges notamment qui modifient l'hydrologie du cours d'eau et qui
peut affecter l'écosystème des milieux humides (Merritt et Cooper, 2000). Aussi, une
réduction de la végétation riveraine peut modifier les processus le long des rivières
(ou ruisseaux) à la suite des variations des températures, de la disponibilité de la lumière
et des apports en nutriments. L'impact de la perte de végétation riveraine dans les zones
humides des plaines inondables est assez peu documenté, même si ces processus peuvent
avoir des effets à long terme sur la matière organique, la qualité de l'eau et la dynamique
trophique (Watkins et al., 2010). Ces auteurs expliquent que la perte de végétation en
milieu riverain, les stocks de matière organique et la physico-chimie des sols sont
directement associés au régime hydrologique de la rivière ainsi qu'aux phases
successives des inondations. On note également que les coupes forestières en zone
riveraine ont un impact direct sur la perte de matière organique au sol et peut générer à
la longue leur appauvrissement (Watkins et al. , 2010). En contrepartie, la reforestation
des zones riveraines entraîne une augmentation des stocks de matière organique
_ (Zhang et Mitsch, 2007).
Les écosystèmes des forêts riveraines jouent un rôle significatif dans le stockage
du carbone organique (Cierjacks et al., 2010). Par conséquent, le stock de carbone dans
les sols est influencé par la végétation, les types de sols, les conditions [Link] et la
topographie (Su et al., 2006; Singh et al., 2010). Cependant, pour les écosystèmes
terrestres, la végétation est la principale source de carbone pour les sols
(Singh et al., 2010). Les sols sont considérés comme le plus grand puits de carbone
organique3 à l'échelle terrestre (Singh et al. , 2010).
3 Le carbone organique du sol est le carbone associé à la matière organique du sol. La matière organique
du sol est la fraction constituée de matériaux végétaux dans une large partie, et de restes d'animaux
décomposés et d'organismes microbiens. Elle ne comprend pas les matières végétales non décomposées
comme la paille et la litière à la surface du sol.
12
Lavoie et al., 2006; Kayranli, 2010; Drouin et al., 2011; Saint-Laurent et al. 2007b,
2008a, 20l0d). De plus, la teneur en carbone organique peut dépendre de la
sédimentation alluviale ainsi que du stade de développement forestier des peuplements
riverains (Cierjacks et al., 2010).
La teneur en carbone organique (c.a.) dans les sols varie selon le gradient
vertical, longitudinal et horizontal (Cierjacks et al., 2010). La majorité des études se
concentrent sur les teneurs en c.a. dans les couches superficielles (0-20 cm) du sol
(Su et al., 2006; Singh et al., 2010). Cette couche superficielle n'est toutefois pas
toujours représentative de l'ensemble du profil. En effet, certains travaux montrent qu'il
peut y avoir une variabilité importante des concentrations en c.a. dans tout le profil,
notamment pour les sols riverains (Schilling et al., 2009; Singh et al. , 2010;
Su et al., 2006). De manière générale, l'apport réduit en matière organique dans le sol
_influence directement les faibles taux de carbone organique dans les différents horizons
du profil (Montuelle, 2003; Schilling et al. , 2009; Drouin et al. 2011). Il existe
généralement une forte corrélation entre le carbone organique et les couches de surface
du sol, et dans bien des cas, la concentration du carbone organique diminue avec la
profondeur. Aussi, la matrice fme des sols contient généralement des valeurs plus
élevées en carbone organique que pour les sols à matrice plus grossière (Montuelle,
2003; Schilling et al., 2009). L'étude de Su et al. (2006) montre clairement que le
carbone organique présente des concentrations plus réduites à la base du profil de sol, et
que la teneur moyenne du carbone organique du sol dans la couche superficielle
(0-20 cm) est généralement plus élevée. Toutefois, le carbone est aussi très variable dans
cette zone de surface du sol, en raison des échanges biochimiques qui s'opèrent et qui
peuvent varier selon les conditions du milieu. En somme, la teneur en carbone organique
du sol peut varier beaucoup dans la matrice du sol, mais elle est généralement plus faible
dans les couches inférieures du profil (Su et al. , 2006).
13
Enfm, Drouin et al. (20 Il) montrent que la proportion de carbone organique est
nettement plus élevée dans la zone de surface (0-25 cm) des différents profils étudiés en
zone riveraine, mais leur concentration reste faible par rapport aux sols non affectés par
les crues. Aussi, pour les sols alluviaux analysés le long de plusieurs rivières du
bassin de la Saint-François (Lavoie et al., 2006; Saint-Laurent et al., 201Od;
Drouin et al., 2011), on constate une faible teneur en carbone organique, une faible
altération et une horizonation peu marquée.
La concentration de carbone organique est plus élevée dans les sédiments ayant
une matrice fine que celles ayant une matrice grossière (Gretener et Stromquist, 1987;
Schilling et al., 2009; Cierjacks et al., 2010, Nadeu et al., 2010). La matrice fine et
l'uniformité de la texture du sol sont souvent typiques des sols des plaines inondables
(Lavoie et al., 2006; Saint-Laurent et al., 2010d). Pour les éléments plus grossiers, la
14
teneur du C.O. est généralement beaucoup plus faible. Les sédiments deviennent
habituellement plus grossiers et plus variables avec la profondeur du sol, en raison de la
nature des dépôts sédimentaires (ex. sols alluviaux versus dépôts glaciaires). Selon
l'étude de Nadeu et al. (2010), la concentration de carbone organique dans les sédiments
est liée à l'abondance des différentes fractions granu1ométriques. Il y a une corrélation
significative entre le carbone organique et la distribution de la taille des particules.
Ainsi, la corrélation est positive avec les fra,ctions fines et est négative avec les fractions
de taille plus grossière (sable grossier ou moyen). Aussi, une concentration élevée du
carbone organique est souvent associée à une forte proportion des argiles contenues dans
les sols (Krull et al., 2003; Jindaluang et al., 2013).
Le projet de recherche fait partie d'un des volets de recherche amorcés depuis
2006 sur les sols alluviaux en zone riveraine par la professeure Diane Saint-Laurent
(cf Saint-Laurent et al., 2009a, 2009b; Drouin et al., 2011). Il vise à évaluer la teneur en
carbone organique des sols en zone riveraine soumis à des crues périodiques. Ces
travaux s'inscrivent dans le programme de recherche subventionné par le CRSNG
(période 2011-2016), lequel programme porte le titre suivant «Transformations et
adaptations des écosystèmes riverains en lien avec les changements climatiques ».
zones de récurrence (0-20 et 20-100 ans) s'est basée sur la cartographie des zones des
risques d'inondation élaborée par Environnement Canada et le ministère de
l'Environnement (1982), ainsi que les cartes des risques d'inondation provenant des
schémas d'aménagement des municipalités des secteurs étudiés.
analysés. L'une des hypothèses du projet de recherche est que les inondations fréquentes
ont un effet direct sur la dégradation des sols alluviaux par un appauvrissement des taux
de carbone organique il'l situ (cf. Drouin et al., 2011), et sur les propriétés nutritives des
sols, notamment la réduction des teneurs en azote, en phosphore et en potassium (NPK).
Notre hypothèse prrncipale s'appuie sur l'idée que l'apport constant d'alluvions
(sédiments fins) transporté par les crues et décrues successives - et qui sont plus
fréquentes depuis les dernières décennies - entraîne un appauvrissement du sol en
carbone organique et en éléments nutritifs (NPK) qui sont des éléments essentiels qui
participent aux processus pédogénétiques et influencent la régénération et à la vitalité
des peuplements forestiers. Il devrait y avoir des différences marquées entre les sols
situés dans les différentes zones de récurrence (intervalles de 0-20 ans et de 20-100 ans)
et les sols non affectés par les inondations. Il devrait y avoir également un
appauvrissement du sol en c.o. dans les horizons de surface pour les sols soumis à des
crues fréquentes (récurrence de 0-20 ans) qui reflètent les conditions hydroclimatiques
actuelles.
La localisation des sites a été effectuée à l'aide des cartes de risques d'inondations
élaborées par Environnement Canada et le ministère de l'Environnement (BC et MEF,
1982) et de cartes disponibles dans les schémas d'aménagement des municipalités
régionales de comté (MRC) du Québec. Ceci pour bien définir les zones riveraines
affectées par les crues, soit les limites des récurrences de 0-20 ans et de 20-100 ans.
Les sites d'échantillonnage comprennent également des zones non affectées par les
crues. Ces sites sont situés à proximité des autres zones de récurrence d'inondation
(Figure 1.2).
17
_ ZonederéaJrrence~20ans
_ Zone extérieure
Les prélèvements des échantillons des sols ont été faits à l'intérieur des quadrats à
chacune des extrémités. Les quadrats ont une superficie de 10 mètres par 20 mètres.
La répartition des quadrats s'est faite suivant les différentes zones de récurrence
d'inondation aflll d'effectuer des comparatifs entre ces zones et aussi entre les deux
secteurs d'étude (Saint-François et Massawippi).
4 Je n'ai pas participé à la première campagne d'échantillonnage à l'été 2011, puisque mon inscription à la
maîtrise s'est faite en automne 2011. Toutefois, j'ai réalisé les prétraitements des échantillons de sols
pour les analyses physico-chimiques.
18
Les quadrats sont disposés le long de la berge pour les zones de récurrence
0-20 ans, dans les zones de récurrence 20-100 ans et à l'extérieur des zones inondables.
Tous les quadrats occupent des zones à peuplements forestiers. Pour les sites de
l'été 2011, il Y a 30 quadrats pour les zones de récurrence 0-20 ans, 8 pour les zones de
20-100 ans et 18 pour les zones non affectées par les inondations. Pour les sites de
l'été 2012, il Y a 16 quadrats pour les zones de' récurrence 0-20 ans, 9 pour les zones de
20-100 ans et 13 pour les zones non affectées par les inondations. Les quadrats ont été .
délimités à l'aide d'un système de positionnement global avec la prise des points GPS
(Global Positioning System) en utilisant un appareil de type Garmin 60CSx. Les points
GPS ont été pris aux quatre coins de chacun des quadrats, afin de délimiter de façon
précise le positionnement du quadrat. Par la suite, l'ensemble des points GPS des
quadrats a été positionné sur une carte de format numérique (cartographie préliminaire)
avec le logiciel ArcGIS 10. Une fiche terrain a été complétée pour chaque quadrat
afin de maximiser les informations d'identification, tels que le numéro du quadrat pour
la localisation, la date, les personnes participant à la collecte des données, les secteurs à
l'étude pour les différents bassins, le nom des stations, la position de la rive
(droite ou gauche), les zones de récurrence d'inondation à l'endroit précis de
l'échantillonnage, l'altitude et les coordonnées UTM pour la cartographie, et d'autres
informations pertinentes (type de peuplements, présence de perturbations, drainage,
etc.).
Pour la caractérisation du milieu riverain et des sols, une fiche descriptive a été
réalisée afin de recenser les données pédologiques et d'autres données additionnelles.
Sur le terrain, le pourcentage de la pente a été identifié ainsi que des informations
pertinentes telles qu'une description de la microtopographie du terrain, une classification
qualitative du drainage et la profondeur de la nappe phréatique. Ces éléments descriptifs
se basent sur les classes utilisées par le manuel du Système canadien de classification
19
des sols (SCCS 2002). Une description de l'utilisation du sol (friche, forêt, etc.) a aussi
été notée.
Lors de l'échantillonnage, quatre prélèvements ont été faits à l'aide d'une tarière
aux quatre coins du quadrat et à une profondeur de 0-20 cm. Le prélèvement no. 1
(en rouge sur la Figure 1.3) couvre une profondeur de 0-100 cm avec un
échantillonnage déterminé, soit pris à des profondeurs constantes : 0-20 cm, 20-40 cm,
40-60 cm, 60-80 cm et 80-100 cm. Les prélèvements no. 1 et no. 2 sont situés du côté de
la rive de la rivière, tandis que les prélèvements no. 3 et no. 4 sont les plus éloignés de la
rive (Figure 1.3).
4 3 3 4
•
1
'. 2 1
Di recti on du cou ra nt
e~ Di r,e ction du cou ra nt
Lors des travaux de terrain, une numérotation précise des échantillons de sol
prélevés dans les quadrats a été effectuée afin de bien identifier les échantillons en
laboratoire. Chaque échantillon a été marqué avec le numéro du quadrat, le numéro du
20
Le séchage des échantillons de sol au laboratoire s'est étalé sur une période d'une
à deux semaines, selon la texture des échantillons. Les sols fms et argileux demandent
habituellement un temps plus long d'assèchement (± 15-18 jours). Les sols ont été
déposés dans des assiettes d'aluminium et séchés à l'air libre (McKeague, 1978). Par la
suite, une notification et une description des échantillons (couleur avec la charte
Munsell, profondeur de l'échantillon, texture) ont été effectuées et une appréciation
qualitative de la structure (granulaire, subangulaire, angulaire, etc.), suivant les normes
du Système canadien de classification des sols (2002).
La préparation d'échantillons de sol est une étape importante pour les analyses
physico-chimiques. Une partie a été analysée dans des laboratoires externes, notamment
pour l'analyse chimique (C.O., NPK, CEC). Une autre partie a été réalisée au laboratoire
des sols de l'Université Laval. Pour chaque échantillon, une identification des analyses
et le code d'expédition sont inscrits dans les tableaux Excel. Chaque échantillon de sol a
subi un tamisage afm d'obtenir la granulométrie désirée pour les analyses physico-
chimiques.
l'échantillon avec un électrode plongé dans une solution de CaC12 ([Link]) en utilisant
un rapport sol: solution de 1 :2 (Hendershot et al., 1993), et la concentration en carbone
organique est déterminée par la méthode de Yeomans et Bremner (1988). L'analyse du
CEC, du Ptot et du Ktot a été faite selon la méthode de Amacher et al (1990) et Carter et
Gregorich (2006) respectivement. La détermination de l'azote a été faite par la méthode
de Quikchem 13-107-06-2-D (Zellweger Analytic, inc., 1998). Pour la texture, les
échantillons sont passés dans un granulomètre au laser (analysette 22 de la compagnie
Fritsch) afin d'effectuer une granulométrie précise des sables, limons et argiles. Ces
analyses granulométriques ont été effectuées au laboratoire du Rive (UQTR). Par la
suite, l'ensemble des données a été compilé dans des fichiers Excel pour les traitements
statistiques.
Les résultats physico-chimiques obtenus des échantillons de sol ont tout d'abord
été analysés de façon descriptive (traitements statistiques standards) afm de déterminer
les valeurs maximales, minimales, moyennes, etc. En 'deuxième lieu, les données ont été
classées afm de discerner la répartition spatiale de ceux-ci selon les quadrats et les
secteurs d'étude. Pour ce faire, l'analyse statistique a été faite à partir des données
compilées sur des fiches explicatives et détaillées, et ensuite les données et résultats ont
été compilés sur des fichiers numériques Excel.
Différents tests statistiques ont été utilisés afin de réaliser le traitement des
données pédologiques. Ces analyses sont utilisées afin de mesurer les variances, les
similarités et les variabilités inter et intra sites des données pédologiques. Le test de
Student (Sealy Gosset, 1908) pour des échantillons dépendants suivant une loi normale a
été réalisé. Pour déterminer si les échantillons proviennent d'une population suivant une
loi normale, un test de Shapiro-Wilk (Shapiro et Wilk, 1965) a été appliqué. Dans le cas
22
contraire, le test de Mann-Whitney U (Mann, 1949) a été préféré au test Student. Les
tests statistiques ont été réalisés avec le logiciel SPSS PASW statistics v18 (logiciel
SPSS inc.).
1.7 Résultats
"
23
Les résultats pour l'azote présentent également des différences marquées entre les
zones de récurrence. Pour la couche superficielle du sol, les données de la rivière
Saint-François passent de 0,17±0,13 %, 0,19±0,07 % et 0,30±0,28 % pour les zones de
0-20 ans, de 20-100 ans et les zones extérieures respectivement. Pour la Massawippi, les
données présentent des résultats similaires avec des teneurs en azote entre 0,22±0,09 %
et 0,20±0,07 % en zones affectées par les inondations, et de 0,20±0,07 % en zones non
soumIses aux crues.
Le ratio CIN est plus élevé dans les zones non affectées par les crues avec des
valeurs de 16,7 pour la Massawippi et de 26,2 pour la Saint-François. Les valeurs sont
d'autant plus faibles lorsque l'on se rapproche de la rive, soit 13,1 et 15,4 pour les
zones de 0-20 et de 20-100 ans (secteur Massawippi) et de 12,7 et 14,3 (secteur
Saint-François).
24
En général, le pH indique une plus forte acidité dans les zones non affectées par
les crues. Les sols du secteur de la Massawippi ont un pH de 4,1±0,7 (va~eur moyenne),
tandis que ceux du secteur de la Saint-François en ont de 3,8±0,7. Cette acidité est
principalement liée aux litières abondantes dans les zones non affectées par les crues.
On sait que lors de la décomposition des litières, les humus libèrent des produits
acidifiants (ex. acides fulviques et humiques) qui acidifient le sol de surface. Les valeurs
de pH deviennent plus élevées (basique) en zone inondée. Comme la biomasse au
sol est souvent absente ou quasi absente en zone inondée (récurrence de
0-20 ans), l'apport de produits acidifiants des litières est nettement plus limité.
Les valeurs en CEC ont des liens avec l'acidité des sols. On note, en effet, une
réduction de la teneur en CEC avec un pH plus bas. Puisque les sols sont plus acides
dans les zones extérieures, la teneur en CEC a tendance à être plus faible. On sait que
l'acidité d'un sol favorise le lessivage des éléments basiques comme le sodium (Na), le
calcium (Ca) et le magnésium (Mg). Les résultats obtenus dans les horizons de surface
(0-20 cm) passent de 9,2 cmol (+)/kg pour la zone de 0-20 ans, et de 7,1 cmol (+)/kg
pour li! zone de 20-100 ans, et ensuite à 4,9 cmol (+)/kg pour la zone extérieure (secteur
Saint-François ).
Sur le plan texturaI, les sols aux abords de la rivière Massawippi se caractérisent
par des pourcentages plus élevés en limon en comparaison à ceux de la
25
rivière Saint-François. Cette différence est sans doute liée aux débits nettement plus
faibles de la rivière Massawippi dont la capacité de charge sédimentaire des particules
grossières est plus limitée. Aussi, la prédominance des dépôts fluviaux (récents et
anciens) est plus importante le long de la Massawippi (60 %) que pour la Saint-François
(42 %), entre Windsor-Richmond (Saint-Laurent et al., 2008a). Les pourcentages de la
matrice limoneuse obtenus pour la Massawippi dans les différentes zones d'étude varient
entre 60 % et 65 % (zone 0-20 ans), de 64 % à 70 % (20-100 ans) et de 50 % à 70 %
(zone extérieure). Les sols de la rivière Samt-François indiquent des pourcentages de
48 % à 52 % (zone de 0-20 ans), de 43 % à 55 % (zone de 20-100 ans) et 41 % à 49 %
(zone extérieure). Pour les deux rivières, les textures sont plus grossières en s'éloignant
de la rive. À l'intérieur des profils de sol, la proportion des limons demeure assez
semblable entre la couche superficielle du sol et la base du pédon.
Pour les sols de la rivière Saint-François, les proportions sableuses sont légèrement
plus importantes que pour la Massawippi. Les valeurs moyennes varient de 45 % à 50 %
_pour la zone 0-20 ans, de 41 % à 53 % pour la zone 20-100 ans et de 47 % à 56 % pour
la zone extérieure. Pour le secteur de la Massawippi, les valeurs sont de 30 % à 36 %, de
23 % à 32 % et de 25 % à 45 %, respectivement. De façon générale, les pourcentages de
sable baissent avec la profondeur du sol, à part quelques valeurs marginales. Une plus
grande variabilité texturale est observée dans les zones non affectées par les inondations,
avec des matrices de sables moyens à grossiers qui peuvent contenir parfois quelques
graviers. Cette variabilité texturale s'explique par la diversité des dépôts meubles (ex.
moraines, fluvioglaciaires) qui forment les terrains situés à l'extérieur des plaines
inondables.
Les résultats obtenus pour la biomasse au sol montrent clairement que les
inondations ont un effet majeur sur le maintien des litières. On sait que les litières
constituent un apport important de matière organique pour les sols. Pour la
rivière Saint-François, les valeurs de biomasse sont de 0,7±1 ,3 cm en moyenne dans la
zone de récurrence de 0-20 ans et augmentent graduellement avec la distance du chenal.
Des valeurs de 1,6±1,8 cm en moyenne ont été mesurées pour la zone de 20-100 ans et
26
de 2,8±2,3 cm pour la zone extérieure. Pour la zone de 0-20 ans, la biomasse au sol est
absente une fois sur deux (fréquence calculée sur les 94 quadrats). Aussi, le
recouvrement total de la biomasse au sol est également très faible, représentant entre
oet 10 % pour les zones fréquemment inondées (0-20 ans). Les taux de biomasse au sol
du secteur de la rivière Massawippi présentent des valeurs plus élevées avec 1,2±1,4 cm
pour la zone de 0~20 ans, 1,8±1,6 cm pour la zone de 20-100 ans et 3,5±2,2 cm pour la
zone non affectée par les crues. Les écarts observés dans la zone de récurrence de
0-20 ans entre ces deux secteurs s'expliquent vraisemblablement par la fréquence moins
élevée des crues pour le secteur de la Massawippi, ce qui permet aux litières de rester en
place plus longtemps. Aussi, les courants sont moins forts dans le secteur de la
Massawippi, ce qui facilite le maintien des litières lors des épisodes de crues et de
décrues.
1.7.3 Statistiques
Afm de faire une comparaison des moyennes de groupes pour chacune des zones
et des secteurs d'étude, le test de Student et de Mann-Whitney U ont été effectués sur
deux variables importantes dans la fertilité des sols, soit le carbone organique et l'azote.
Ces tests statistiques permettent de valider si les groupes sont significativement
différents. Les résultats ont été divisés selon trois regroupements, soit l'ensemble des
données 2011-2012, les domiées de la Saint-François 2011-2012 et les données de la
Massawippi 2011-2012. Par la suite, la comparaison a été réalisée entre les différentes
zones de récurrence (Tableau 1.2). L'intervalle de confiance utilisée pour évaluer le
degré de précision est de 95 %.
Pour l'ensemble des données 2011-2012, une valeur de p= 0,000 est obtenue entre
les zones non affectées par les crues et les zones de récurrence de 0-20 ans; une valeur
de p= 0,011 entre les zones de 20-100 ans et de 0-20 ans; et une valeur qui s'avère non
significative (p= 0,095) pour la comparaison entre la zone extérieure et la zone
de 20-100 ans. Pour les données de la Saint-François, les résultats sont assez semblables
que pour l'ensemble des données du territoire: une valeur de p= 0,000 pour la
27
comparaIson entre la zone extérieure et 0-20 ans; une valeur de p= 0,040 pour la
comparaison entre la zone de 20-100 ans et de 0-20 ans; et un p= 0,099 non significatif
pour la comparaison entre la zone extérieure et la zone de 20-100 ans. Les données de la
Massawippi de 2011-2012 ne montrent aucune valeur de p significative sur le plan
statistique (p= 0,494, p= 0,601 et p= 0,494). Les données de la Massawippi ont été
obtenues avec le test de Student. L'ensemble des données et celles de la Saint-François
ont été obtenus avec le test de Mann-Whitney U.
Tableau 1.2
Résultats des tests t de Student et de Mann-Whitney U test pour la comparaison des
moyennes (pourcentage du carbone organique des sols) des trois zones
(zone de 0-20 ans, zone de 20-100 ans et zone extérieure)
a HO : *Aucune différence statistique entre les groupes (p > 0,05) ; Hl : ** Différence statistique entre les
groupes (p < 0,05)
b Test de Mann-Whitney U
C Test de Student
1.8 Conclusion
Mon mémoire de recherche porte sur les sols alluviaux affectés par les crues
fréquentes et visait les objectifs suivants : poursuivre la caractérisation des sols
alluviaux, évaluer la répartition spatiale des principales composantes du sol et mesurer la
variabilité des propriétés physico-chimiques à l'intérieur des profils. Aussi, mon projet
visait à mieux comprendre l'impact des crues sur le développement des sols alluviaux
affectés par des crues fréquentes, en considérant différentes zones de récurrence
d'inondation.
28
Pour ce faire, la sélection des sites s'est faite en fonction des différentes zones de
récurrence (intervalles de 0-20 ans et de 20-100 ans), ainsi que sur des sites non affectés
par les inondations, mais se trouvant à proximité des sites localisés en plaine inondable.
Bon nombre d'échantillons (plus de 600) ont été prélevés sur le terrain afm de dresser un
portrait complet des différentes zones à l'étude. Des analyses physiques et chimiques ont
été effectuées en laboratoire selon des méthodes standards et appliquées par les normes
du Système canadien de classification des sols (SCCS, 2002).
également des différences entre les zones de 0-20 ans et de 20-100 ans. Toutefois, les
différences marquées entre les zones de 20-100 ans et les zones extérieures ne ressortent
pas de façon significative au niveau des tests statistiques. Pour la rivière Massawippi,
quelques différences sont notables bien qu'il n'yen a aucune sur le plan statistique.
Enfin, il ressort qu'il existe des différences significatives entre le carbone organique
dans les zones de récurrences entre les zones de 0-20 ans et les zones extérieures, ce qui
indique un appauvrissement des sols qui pourrait se poursuivre si les conditions
hydroc1imatiques actuelles se poursuivent.
Département des sciences de l'environnement, UQTR, 3351, boul. des Forges, c.P. 500,
Trois-Rivières, Québec, Canada, G9A 5R7.
2.1 Résumé
Cette étude porte sur la dégradation des sols alluviaux en lien avec la recrudescence des
inondations et l'analyse des propriétés physico-chimiques des sols affectés par les crues
des rivières Saint-François et Massawippi. Les sites échantillonnés sont délimités par
trois zones, soit celles de récurrence d'inondation de 0-20 ans, de 20-100 ans et celles
non affectées. Plus de 600 échantillons de sol ont été prélevés dans 94 quadrats. Les
échantillons de sol recueillis ont été analysés, notamment pour la texture avec l'analyse
granulométrique au laser, ainsi que par les méthodes standards d'analyse des sols pour
mesurer la teneur en carbone organique (C.O.), en azote (N), en phosphore (P), en
potassium (K) et la capacité d'échange cationique (CEC). Des analyses statistiques (tests
de Mann- Withney U et Student) ont été faites pour évaluer les différences entre les sols
des différentes zones de récurrence d'inondation et celles à l'extérieur des plaines
inondables. Les résultats montrent que les crues successives ont un effet direct sur les
propriétés pédologiques des sols alluviaux. Les concentrations de C.o. et d'azote sont
plus faibles dans les zones affectées par les crues fréquentes. Les concentrations de C.o.
et d'azote diminuent avec la profondeur. Les sols sont plus acides dans les zones
extérieures aux inondations en raison de la présence de biomasse au sol qui génère des
produits acidifiants lors de la décomposition. Les sols sont plus à nue (moins de litière)
dans les endroits affectés par les crues périodiques. Le contexte géomorphologique des
deux rivières est différent. Ceci explique les variations dans les résultats des propriétés
des sols analysés.
Mots-clés: Carbone organique (C.O.), Azote (N), Phosphore (P), potassium (K),
Capacité d'échange cationique (CEC), biomasse, sols alluviaux, zones riveraines, zones
de récurrence d'inondations, sud du Québec.
32
2.2 Introduction
Les dernières décennies ont été marquées par une augmentation de travaux
scientifiques qui s'intéressent aux /changements hydroclimatiques en lien avec les
impacts anticipés du réchauffement climatique (Monirul et al., 2003; Pfister et al., 2004;
Singh et al., 2010). Ces changements ont des effets directs sur les régimes d'écoulement
des rivières et jouent un rôle déterminant dans l 'homéostasie des écosystèmes riverains
(poff, 2002; Schipper et al., 2010). On observe une hausse des précipitations, une
augmentation du niveau des débits, un accroissement des inondations ainsi qu'une
aggradation verticale des plaines alluviales dans les zones sédimentaires actives
affectées par des crues périodiques (Saint-Laurent et al., 2009a; 2009b; 2010a). Les
effets des inondations sur les écosystèmes riverains, notamment sur la microflore et la
microfaune, ont été documentés (Heimann et Roell, 2000; Schilling et al., 2009;
Cierjacks et al., 2010; Craft et al., 2010; Schipper et al., 2010). Toutefois, les études
concernant le développement pédologique des sols et des peuplements forestiers
riverains face à l'augmentation de la récurrence des inondations sont peu nombreuses.
Ceci s'explique sans doute en raison que les changements hydroclimatiques qu'on
observe sont relativement récents et qu'ils ont été observés dans des contextes
géomorphosédimentologiques variés.
La variabilité des propriétés des sols en zone inondable peut être caractérisée
suivant trois grands gradients, soit le gradient longitudinal (amont-aval), le gradient
horizontal (distance du chenal) et le gradient vertical (profondeur du sol) (Cierjacks et
al., 2010). Selon ces trois gradients, on note que les principaux impacts de la récurrence
d'inondation se font sentir sur les propriétés physico-chimiques des sols et la
régénérescence de la flore riveraine par des apports successifs en nutriments, un
rajeunissement des processus pédogénétiques et un lessivage des éléments à la surface
du sol. Conséquemment, les propriétés physico-chimiques des sols en zone riveraine
varient en teneur de carbone organique et d'autres éléments nutritifs (Watkins et al.,
2010). Cette étude porte essentiellement sur les propriétés physico-chimiques des sols
alluviaux, dont le carbone organique (C.O.), le pH, la matière organique, la biomasse au
33
sol, l'azote (N), le phosphore (P), le potassium (K) ainsi que la capacité d'échange
cationique (CEC).
L'objectif du projet de recherche est d'approfondir les connaissances sur les sols
alluviaux affectés par des inondations périodiques, et plus particulièrement sur les effets
des crues sur la dégradation des sols alluviaux par un appauvrissement des taux de C.O.
des sols (Drouin et al., 20 Il) et sur les propriétés nutritives des sols, notamment sur les
taux d'azote, de phosphore et de potassium (NPK), en considérant les différentes zones
de récurrence des inondations. Aussi, on veut examiner la variabilité des propriétés du
sol suivant les différentes couches du sol. Les sous-objectifs sont de démontrer la
variabilité du C.O., principalement, selon les différentes zones de récurrence
d'inondation (0-20 ans, 20-100 ans) et des zones non affectées par les crues, et
d'illustrer la variabilité des paramètres physico-chimiques à l'intérieur des pédons
(gradient vertical).
Notre hypothèse est que l'apport constant d'alluvions (sédiments [ms) transporté
par les crues successives (en augmentation ces dernières décennies) entraîne un
appauvrissement des sols en C.O. et en éléments nutritifs (NPK), essentiels à la
régénération des peuplements forestiers, en particulier dans les zones de récurrence
d'inondation 0-20 ans. Selon cette hypothèse il devrait y avoir des différences marquées
entre les sols situés en zone de récurrence de 0-20 ans, ceux de 20-100 ans, et ceux non
affectés par les inondations. Cette étude couvre une portion des bassins versants de la
rivière Saint-François et de la rivière Massawippi situés dans le Centre-Sud du Québec.
Les principaux résultats obtenus indiquent que les perturbations engendrées par les
débordements des rivières entrainent un appauvrissement des taux de C.O. dans les
zones à forte récurrence. Les zones qui sont essentiellement moins touchées par les crues
périodiques (intervalle de 20-100 ans) révèlent des teneurs plus élevées en C.O., de
même que pour les zones non affectées par les crues.
34
La région ciblée par l'étude (Figure 2.1) est située dans le Centre-Sud du Québec
et inclue deux bassins versants (Saint-François et Massawippi). Le bassin de la
rivière Saint-François couvre une vaste superficie de plus de 10 499 km2
(Cogesaf, 2012) et s'étend du nord de l'État du Vennont aux États-Unis
(15 % du territoire) jusqu'au lac Saint-Pierre (Fleuve Saint-Laurent). Il prend sa source
dans le lac-réservoir Saint-François. Le bassin de la Massawippi, couvre une superficie
de 1070 km2 et prend sa source dans le lac Massawippi. Il est l'un des principaux
affluents de la rivière Saint-François. Deux grandes régions physiographiques sont
présentes sur le territoire: la région appalachienne qui est majoritairement occupée par
les zones agroforestières et forestières, et la région des Basses-Terres qui est composée
de zones agricoles, urbaines et forestières.
Le site à l'étude est divisé en trois parties qui comprennent la section fluviale entre
Sherbrooke et Saint-Nicéphore, soit le cours moyen de la rivière Saint-François, une
partie entre la mine Eustis et Lennoxville qui comprend le cours inférieur de la
rivière Massawippi et une troisième partie englobant l'ensemble des deux rivières. La
composition géomorphologique des berges de la Saint-François est essentiellement
constituée de sédiments alluvionnaires récents et anciens, de tills, de dépôts
glacio-Iacustres et de dépôts fluvio-glaciaires, ainsi que quelques affleurements rocheux
par endroits (Lavoie et al., 2006). Les berges de la rivière Massawippi sont composées
principalement de sédiments glacio-lacustres et fluviaux. De grandes différences sur le
plan hydrologique sont observées entre les deux rivières. Le débit moyen annuel pour la
rivière Saint-François est d'environ 163,8 m3 s alors que celui de la Massawippi est
d'environ 10,4 m3 s (Cogesaf, 2012). La Massawippi a des propriétés hydrologiques et
géomorphologiques différentes de la Saint-François (Tableau 1.1).
35
Les sites ont été localisés en fonction des différentes zones affectées par les
inondations à l'aide des cartes de risques d'inondation établies par le fédéral et le
provincial (EC et MEF, 1981), ainsi qu'avec les cartes disponibles dans les schémas
d'aménagement des MRC du Québec. La localisation a été faite afm de défmir
trois différentes zones ciblées par l'étude soit les limites des récurrences d'inondation de
0-20 ans, de 20-100 ans et des zones non affectées par les crues. Ces dernières sont
situées à proximité des plaines inondables. La disposition des quadrats (superficie de
10 x 20 mètres) est faite suivant les différentes zones de récurrence d'inondation. Ceci
afin de bien cibler et d'isoler chacun des différents sites et pour faire des comparaisons
entre les différentes zones. Les quadrats sont situés en fonction des différents
peuplements forestiers. Pour l'étude, plus de 94 sites ont été répartis en fonction des
trois zones: 46 sites pour les limites de récurrence de 0-20 ans, 17 sites pour les limites
de récurrence de 20-100 ans et 31 sites pour les zones non affectées par les inondations.
Le prélèvement des échantillons des sols a été fait à l'intérieur des quadrats mais aux
extrémités avec l'aide d'une tarière manuelle. Les prélèvements 1 et 2 étaient situés du
côté de la rive de la rivière, tandis que les prélèvements 3 et 4 étaient plus éloignés de
dix mètres (Figure 2.2). Tous les prélèvements de sol ont été pris à une profondeur de
0-20 cm à l'exception du prélèvement 1 où l'échantillonnage a été pris à des profondeurs
constantes: 0-20 cm, 20-40 cm, 40-60 cm, 60-80 cm et 80-100 cm. Dans l'ensemble,
plus de 600 échantillons ont été prélevés sur le terrain.
Les mesures de la biomasse au sol ont été effectuées pour tous les quadrats dans
chacune des différentes zones de récurrence d'inondation et des zones extérieures.
L'épaisseur de la litière a été mesurée aux quatre extrémités des 90 quadrats. Plus de
360 mesures ont été effectuées. Par la suite, une mesure en pourcentage du couvert de la
biomasse au sol a été déterminée pour l'ensemble des quadrats. De plus, une
caractérisation du type de biomasse au sol (feuille, aiguilles, mousses, etc.) ainsi que la
présence/absence d'horizon organo-minéral (Ah) ont été notées.
36
En laboratoire, les sols ont été déposés dans des assiettes d'aluminium et séchés à
l'air libre selon la méthode de McKeague (1978). Le séchage s'est fait sur une période
d'une à deux semaines, selon la texture des sols. Les sols argileux demandent un temps
plus long d'assèchement (± 15-18 jours) alors que les sols limeux et sableux prennent un
temps de séchage plus court (± 5-8 jours). Par la suite, une notification des échantillons a
été effectuée selon une description sommaire (la couleur, la profondeur de l'échantillon,
texture, etc.) et une appréciation qualitative de la structure (granulaire, subangulaire,
angulaire, etc.), suivant les normes du « Système canadien de classification des sols»
(2002). Chaque échantillon de sol a subi un passage au tamis pour obtenir la
granulométrie désirée pour les différentes analyses physico-chimiques: le pH et la CEC
pour un poids de 20 grammes passés au tamis de 2 millimètres, ainsi qu'un poids de
1,5 gramme de sol à 150 microns pour le C.O. et les éléments NPK. Les échantillons
sont passés par la suite dans un granulomètre au laser par mode de dispersion par voie
humide (analysette 22 Fritsch) afin d'effectuer une granulométrie précise des éléments
fins (argile et limon).
Une partie des échantillons de sols a été acheminée à l'Université Laval afin d'y
faire faire les analyses physico-chimiques. Les échantillons envoyés proviennent des
prélèvements de sol no. 1 (à toutes les profondeurs) et des prélèvements no. 3
(0-20 cm de profondeur). Ces prélèvements sont représentatifs de l'ensemble du quadrat.
Pour les analyses chimiques, la méthode utilisée pour le pH est mesurée dans
une solution de CaCh ([Link]) en utilisant un rapport sol: solution de 1:2
(Hendershot et al., 1993). La concentration en C.O. est obtenue par la méthode de
Yeomans et al. (1988). Les données en CEC et NPK proviennent des méthodes définies
par Amacher et al., (1990) et Carter et Gregorich (2006) respectivement. La
détermination de l'azote s'est fait par la méthode de Quikchem 13-107-06-2-D
(Zellweger Analytic, inc., 1998). Les données recueillies ont été compilées dans un
fichier Excel pour le traitement statistique.
37
Un traitement préliminaire des résultats obtenus des échantillons de sol a été fait
suivant des méthodes statistiques standards. Les valeurs maximales, minimales,
moyennes, écarts-types et médianes ont été calculés. Différents tests statistiques
(Mann- Whitney U et test de Student) ont été utilisés afin de réaliser le traitement des
données pédologiques. Ces analyses sont utilisées afin de mesurer les variances, les
similarités et les variabilités inter et intra sites des données pédologiques. Pour
déterminer si les échantillons proviennent d'une population suivant une loi normale, un
test de Shapiro-Wilk (Shapiro et Wilk, 1965) a été appliqué. Le test de Student
(Sealy Gosset, 1908) pour des échantillons dépendants suivant une loi normale a été
réalisé. Dans le cas contraire, le test de Mann- Whitney U (Mann, 1949) a été préféré au
test de Student. Les tests statistiques ont été réalisés avec le logiciel SPSS PASW
statistics v18 (compagnie SPSS inc.) et l'intervalle de confiance de l'ensemble des
traitements des données est de 95 %.
2.4 Résultats
Les sols aux abords de la rivière Massawippi ont des pourcentages plus élevés en
limon par rapport à ceux de la rivière Saint-François (Tableau 2.2 et Tableau 2.3). Les
pourcentages de la matrice limoneuse obtenus pour la Massawippi dans les différentes
zones d'étude varient entre 60 % et 65 % (zone 0-20 ans), de 64 % à 70 % (20-100 ans)
et de 50 % à 70 % (zone extérieure). Les sols de la rivière Saint-François indiquent des
pourcentages de 48 % à 52 % (zone de 0-20 ans), de 43 % à 55 % (zone de 20-100 ans)
et 41 % à 49 % (zone extérieure). De manière générale, les concentrations des limons à
l'intérieur des profils augmentent légèrement en fonction de la profondeur, et ce, pour
les deux rivières (Figure 2.3).
Pour les sols de la rivière Saint-François, les proportions sableuses sont légèrement
plus importantes que pour le secteur de la Massawippi. Les valeurs moyennes obtenues
38
Les résultats obtenus pour le C.O. présentent des différences marquées pour la
couche superficielle du sol (0-20 cm) dans la zone non affectée par les crues,
comparativement aux deux autres zones de récurrence (0-20 ans et 20-100 ans). Les
valeurs moyennes de C.O. de la rivière Saint-François passent de 1,79±0,8 % pour la
zone de 0-20 ans, à 2, 78± 1,3 % pour la zone de 20-100 ans et de 5, 17±6, 1 % pour la
zone extérieure (Tableau 2.3). Pour la rivière Massawippi, l'écart entre les valeurs est
moins important passant de 2,83±1,2 % dans la zone fortement affectée par les
inondations à 3,13±1,2 % et 3,18±1,1 % dans la zone de 20-100 ans et à l'extérieur des
39
zones inondées (Tableau 2.2). On peut noter une valeur marginale de C.O. de plus de
30,67 % qui provient d'un horizon riche en matière organique.
Les résultats pour l'azote (Tableau 2.2 et Tableau 2.3) présentent également des
différences marquées entre les zones de récurrence. Des valeurs plus élevées ont été
obtenues à la surface du sol (0-20 cm) dans la zone non affectée par les crues. Pour la
couche superficielle du sol, les données en azote des sols du secteur de la
rivière Saint-François passent de 0,14±0,13 %, 0,19±0,07 % et 0,30±0,28 % pour les
zones de 0-20 ans, de 20-100 ans et les zones extérieures respectivement. Pour la
Massawippi, les données présentent des résultats similaires avec des teneurs en azote
entre 0,22 % et 0,20 % en zones affectées par les inondations, et de 0,20 % pour les
zones non soumises aux crues.
(Tableau 2.2 et Tableau 2.3). Les valeurs sont d'autant plus faibles et relativement
comparables lorsque l'on se rapproche de la rive, soit 13,14 et 15,36 pour les zones de
0-20 et de 20-100 ans (secteur Massawippi) et de 12,65 et 14,25 pour la Saint-François.
En général, le pH indique une plus forte acidité dans les zones non affectées par
les crues que pour les sols , des deux autres zones d'inondation (Tableau 2.2 et
Tableau 2.3). Les sols du secteur de la Massawippi présentent un pH de 4,05±0,69
(valeur moyenne) pour les zones non 'affectées, tandis que ceux du secteur de la
Saint-François indiquent un pH de 3,84±0,74 pour les mêmes zones. Les valeurs de pH
deviennent plus élevées (moins acides) en zone inondée. La Massawippi présente des
valeurs de 4,69±0,57 pour les zones de 0-20 ans et 4,30±0,65 pour les zones de
20-100 ans respectivement. La Saint-François présente en général des valeurs plus
élevées que la rivière Massawippi avec des valeurs de 5,12±0,77 (zone de 0-20 ans) et
de 4,49±0,56 (zone de 20-100 ans) respectivement.
Le phosphore total (P) des échantillons de surface (0-20 cm) varie peu dans les
différentes zones de la rivière Saint-:-François. On peut noter une légère baisse du
phosphore entre les zones extérieures (595 mg/kg) et les zones affectées 'par les crues
(533 mg/kg). On ne dénote aucun lien entre la teneur en phosphore et les concentrations
en C.O. Quant aux teneurs en potassium (K), on note une très légère diminution suivant
les différentes zones, passant de 12250 mg/kg en moyenne (zone de 0-20 ans) à
Il 360 mg/kg pour la zone extérieure. ~our cette variable, il y a peu de données
recueillies pour la rivière Massawippi.
Les valeurs en CEC présentent des liens avec l'acidité des sols. On note, en effet,
une réduction de la teneur en CEC avec un pH plus bas. Puisque les sols sont plus acides
dans les zones extérieures, la teneur en CEC a tendance à être à des niveaux plus faibles.
On sait que l'acidité d'un sol favorise le lessivage des éléments basiques comme le
,
sodium (Na), le calcium (Ca) et le magnésium (Mg). Les résultats obtenus dans les
horizons de surface (0-20 cm) passent de 9,18 cmol (+)/kg pour la zone de 0-20 ans à
7,10 cmol (+)/kg pour la zone de 20-100 ans et 4,90 cmol (+)/kg pour la zone extérieure
(secteur Saint-François).
41
Afm de faire une comparaison des moyennes pour chacune des zones et des
secteurs d'étude, des tests de Student et de Mann- Whitney U ont été effectués sur
deux variables importantes dans la fertilité des sols, soit le c.a. et l'azote. Les résultats
ont été divisés selon trois regroupements, soit l'ensemble des données 2011-2012, les
données de la Saint-François 2011-2012 et les données de la Massawippi 2011-2012. Par
la suite, la comparaison a été réalisée entre les différentes zones de récurrence et les
zones non inondées. L'intervalle de confiance utilisée pour évaluer le degré de précision
est de 95 %.
Le Tableau 2.4 fournit les résultats des tests statistiques suivant les zones, les
périodes d'échantillonnage et les secteurs. Pour l'ensemble des données 2011-2012, une
valeur de p= 0,000 est obtenue entre les zones non affectées par les crues et les zones de
récurrence de 0-20 ans; une valeur de p= 0,011 entre les zones de 20-100 ans et
de 0-20 ans; et une valeur qui s'avère non significative (p= 0,095) pour la comparaison
entre la zone extérieure et la zone de 20-100 ans. Pour les données de la Saint-François,
les résultats sont assez semblables "à ceux de l'ensemble des données du territoire: une
valeur de p= 0,000 pour la comparaison entre la zone extérieure et la zone de 0-20 ans;
une valeur de p= 0,040 pour la comparaison entre les zones de 20-100 ans et
de 0-20 ans; et un p= 0,099 non significatif pour la comparaison entre la zone extérieure
et la zone de 20-100 ans. Les données de la Massawippi de 2011-2012 ne montrent
aucune valeur de p significative sur le plan statistique (p= 0,494, p= 0,601 et p= 0,494).
Les données de la Massawippi ont été obtenues avec le test de Student, en raison de la
distribution normale des données. Pour les autres données, le test de Mann- Whitney Ua
été privilégié en raison d'une distribution des données qui ne présente pas une courbe
normale.
42
2.5 Discussion
Les résultats obtenus montrent que les perturbations engendrées par les
débordements des rivières entrainent aussi des différences marquées au nIveau des
propriétés physico-chimiques des sols entre les différentes zones de récurrence
d'inondation et hors des zones inondées. L'aggradation verticale des plaines alluviales
générée par les crues périodiques maintient le sol dans une phase immature, donc le
développement pédogénétique est limité par cet apport successif de sédiments et par un
décapage de la biomasse au sol (Drouin et al., 2011; Lavoie et al., 2006).
La majorité des échantillons de sol analysés dans les zones inondables est
composée de textures fines, principalement du loam sableux fin, du sable fin loameux et
du loam (Tableau 2.2 et Tableau 2.3). Ces matériaux fins représentent un trait commun
des sédiments déposés lors des crues, lesquels sont dominés surtout par des loams et des
sables fins à très fms. Dans les zones à l'extérieur des plaines inondées, on observe une
plus grande variabilité texturale avec la présence de sable grossier contenant parfois des
graviers. Cette variabilité s'explique par la diversité des dépôts superficiels
43
(dépôts glaciolacustres, tills, etc.) des terrains surélevés le long des cours d'eau. On note
aussi des différences texturai es entre les sols de deux rivières à l'étude pour la fraction
limoneuse. Les pourcentages moins élevés en sable pour le secteur de la Massawippi
(Tableau 2.2) sont sans doute liés aux débits nettement plus faibles de la rivière dont la
capacité de charge sédimentaire des particules grossières est plus limitée. On note
également que les textures sont plus grossières en s'éloignant de la rive, et ce pour les
deux rivières. À l'intérieur des profils de sol, la proportion des limons (Figure 2.3)
demeure assez semblable entre la couche superficielle du sol et la base du pédon. La
variabilité texturale pour les sables (Figure 2.4) s' explique par la diversité des dépôts
meubles qui composent les terrains situés à l'extérieur des plaines inondables.
Les résultats obtenus pour la biomasse au sol démontrent clairement que les
inondations ont un impact sur l'absence des litières. On sait que les litières constituent
un apport important de matière organique pour les sols. Celle-ci est plus abondante dans
les zones non affectées par les crues que pour les zones des plaines inondables. La perte
de biomasse se traduit par le lessivage et le décapage occasionné par les épisodes de
crues successives (Drouin et al., 2011). Des quantités moins importantes de biomasse
sont notées dans les zones de récurrence de 0-20 ans où l'on retrouve majoritairement un
sol à nue, comparativement aux zones non affectées par les crues avec des couvertures
de litières plus épaisses. Les écarts observés dans la zone de récurrence de 0-20 ans entre
les rivières Massawippi et la Saint-François s'expliquent vraisemblablement par la
fréquence moins élevée des crues pour la Massawippi, ce qui permet aux litières de
rester en place plus longtemps. Aussi, les courants sont moins forts dans le secteur de la
Massawippi, ce qui facilite le maintien sur place des litières lors des épisodes de crues et
de décrues.
La teneur en c.a. est généralement plus élevée dans les zones non affectées par les
crues. Le c.a. provient principalement de l'accumulation de la litière végétale
(par exemple les feuilles, les débris organiques). En contrepartie, on note un
appauvrissement du sol en c.a. dans les zones fortement touchées par les inondations.
Cet appauvrissement est attribuable par les faibles quantités de biomasses au sol ainsi
44
qu'au lessivage occasionné par les inondations. La perte du C.O. dans les sols diminue
les échanges biogéochimiques et peut nuire à la régénération des peuplements riverains,
en plus d'avoir des contraintes sur les processus pédogénétiques, dont le recyclage du
C.O. (Tengberg et al., 2003; Van Breugel et al., 2005) et la diminution de l'activité
microbienne. Aussi, les résultats témoignent d'une grande variation du C.O. à l'intérieur
du pédon pour les trois zones d'étude (Figure 2.6). Les valeurs sont relativement fortes
dans la couche superficielle du sol (0-20 cm) pour ensuite diminuer progressivement
avec la profondeur. On peut constater que les écarts sont plus grands pour la zone
extérieure et qu'il y a moins de variabilité pour les zones de 0-20 ans. Cette faible .
variabilité s'explique par un appauvrissement du sol relié à l' aggradation verticale
(apport constant de sédiments) et la perte de biomasse occasionnée par les crues et
décrues. Enfin, il y a une plus grande variabilité des résultats en C.O. pour le secteur de
la Massawippi qui serait en lien avec une plus grande quantité de biomasse au sol et des
débits plus faibles (limitant la perte des litières et son transport plus en aval) que pour les
sols du secteur de la Saint-François.
Le pH est sensiblement le même pour les zones de 0-20 ans et de 20-100 ans.
Toutefois, les sols sont légèrement plus acides plus on s'éloigne du lit de la rivière,
45
c'est-à-dire dans les zones non affectées par les inondations (Figure 2.8). Cette
augmentation de l'acidité des sols en zone extérieure des plaines inondables est en lien
avec l'abondance des litières qui, lors de la décomposition de la matière organique
libèrent des produits acidifiants (ex. acides fulviques et humiques). On constate par
ailleurs que les sols du secteur de la rivière Saint-François sont moins acides que ceux de
la Massawippi qui eux possèdent des litières plus importantes (Figure 2.5). Enfm, on
constate d'assez faibles différences à l'intérieur des pédons; les sols étant légèrement
plus acides à la surface qu'en profondeur (80-100 cm).
Les résultats du test de Mann- Whitney U pour la rivière Massawippi (Tableau 2.4)
montrent que les valeurs moyennes du C.O. n'auraient aucune différence significative
entre elles. Ceci peut s'expliquer par le fait que les inondations ont des intensités et des
fréquences qui ne sont pas comparables entre ces deux rivières en raison de leur contexte
géomorphologique et hydrologique différent. Les zones extérieures des plaines
inondables et celles à inondations modérées n'indiquent pas des valeurs significatives
46
2.6 Conclusion
profils de sol est plus linéaire en zones de 0-20 ans. Cette faible variabilité s'explique
par un appauvrissement du sol et la perte de biomasse occasionnée par les crues et
décrues. La Massawippi présente une plus grande variabilité des résultats en lien avec
une perte moins importante de biomasse au sol.
Sur le plan texturaI, les sols aux abords de la rivière Saint-François se caractérisent
par des pourcentages plus élevés en sable en comparaison à ceux de la
rivière Massawippi. Il y a également une plus grande variabilité texturale observée dans
les zones extérieures, attribuables à la diversité des dépôts meubles. Il y a peu de
variation texturale entre la couche superficielle du sol et la base du pédon pour les sols
alluviaux.
Une partie des résultats obtenus s'appuie sur des tests statistiques significatifs
(Mann-Withney U et Student) pour la comparaison du C.O. selon les différentes zones.
On note qu'il y a des différences significatives sur le plan statistique pour la rivière
Saint-François entre les zones de 0-20 ans et de 20-10ans eUes zones de 0-20 ans et
extérieures. Toutefois, les différences marquées entre les zones de 20-100 ans et les
zones extérieures ne ressortent pas de façon significative au niveau des tests statistiques.
Malgré quelques différences notables, il n'yen a aucune sur le plan statistique pour le
secteur de la rivière Massawippi.
carbone orgamque et autres éléments nutritifs, ce qui peut nuire à long terme à la
régénération de la flore riveraine ainsi qu'à la vitalité des écosystèmes en général.
Suivant les résultats obtenus dans cette étude, les instances gouvernementales et
municipales devraient prévoir des programmes de restauration des rives afin de
conserver la vitalité et la diversité de ces milieux riverains. Il faudrait aussi prévoir à
intégrer des systèmes de gestion des sols riverains afin de maintenir un niveau minimal
en éléments nutritifs qui sont vitaux pour la régénération de la flore et la faune de ces
écosystèmes.
2.7 Remerciements
2.8 Références
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Tableau 2.1
Caractéristiques hydrologiques des rivières Saint-François et Massawippi
Échantillons de sol
pH C.O. N C/N CEC p (total) K (total) Argile Limon Sable Texture b
(prélèvementt)
(0-20 cm profondeur) (CaCh) (%) (%) ratio (cmol(+)lkg) (mglkg) (mgllcg) (%) (%) (%)
Zone 0-20 ans (n = 13)
Moyenne 4,69 2,83 0,22 13,14 22,85 650 13630 3,15 60,2 36,6 Loam-limoneux
Maximum 5,68 5,13 0,41 20,92 27,51 699 14427 4,64 81,6 52,6 et fm loam sableux
Minimum 3,69 1,08 0,11 9,53 18,19 601 12832 1,71 45,2 14,6
Médiane 4,68 2,59 0,18 12,16 22,85 650 13630 3,13 58,2 39,0
Écart-type 0,57 1,29 0,09 3,13 6,60 68,86 1128,32 0,93 12,1 12,9
Zone 20-100 ans (n = 8)
Moyenne 4,30 3,13 0,20 15,36 nia nia nia 3,8 63,8 32,4
Maximum 5,12 5,21 0,36 17,71 nia nia nia 6,2 82 46,7 Loam-limoneux
Minimum 3,47 1,75 0,11 12,65 nia nia nia 2,1 51,2 11,8 et fm loam sableux
Médiane 4,27 2,73 0,19 15,8 nia nia nia 3,32 63,2 63,2
Écart-type 0,65 1,17 0,08 1,79 nia nia nia 1,54 9,2 9,2
Zone extérieure (n = 1O)
Moyenne 4,05 3,18 0,20 16,75 31,15 c 639 c 11013 c 3,65 58,2 38,1
c
Maximum 5,19 5,28 0,29 20,91 nia nia 11013 8,39 85,6 70,7 Loam-limoneux
Minimum 3,18 1,76 0,09 12,82 nia nia 11013 c 1,37 27,7 6,0 et fin loam sableux
Médiane 3,98 2,86 0,19 15,93 nia nia 11013 c 2,56 54,2 43,3
Écart-type 0,69 1,09 0,07 2,66 nia nia nia 2,45 17,3 20,2
a n = 226 échantillons analysés.
b Les classes texturales ont été déterminées selon les critères du Système Canadien de Classification des Sols (1998).
C Seulement un échantillon pour ces propriétés en zone extérieure.
Tableau 2.3
Résumé des données recueillies p~ur la rivière Saint-François selon les zones de récurrence d'inondation et
à l'extérieure des zones inondéesa
Échantillons de sol
pH SOC STN CIN CEC p Total K Total Argile Limon Sable Texture b
(prélèvementt)
(0-20 cm profondeur) (CaCh) (%) (%) ratio (cmol(+)/kg) (mg/lcg) (mg/lcg) (%) (%) (%)
Zone 0-20 ans (n = 29)
Moyenne 5,12 1,79 0,14 12,65 9,19 533 12250 2,01 47,8 50,1
Maximum 6,07 4,56 0,26 21,07 33,03 863 16643 0,86 21,8 29,4 Loam-limoneux
Minimum 3,53 0,63 0,05 6,83 0,48 256 9588 3,72 67,3 76,8 et fin loam sableux
Médiane 5,31 1,74 0,15 12,82 8,51 524 12037 2,12 48,8 49,1
Écart-type 0,76 0,83 0,05 3,13 6,46 148 1592 0,55 13,4 13,8
Zone 20-100 ans (n = 9)
Moyenne 4,49 2,78 0,19 14,25 7,10 480 12507 1,96 46,6 51,4
Maximum 5,36 5,39 0,32 18,39 9,79 623 15674 3,74 65,4 72,8 Fin loam-sableux
Minimum 3,95 1,54 0,09 Il,65 1,20 360 9940 1,10 26,0 32,2 et loam limoneux
Médiane 4,15 2,22 0,16 13,58 8,13 500 12754 1,82 50,0 48,1
Écart-type 0,56 1,31 0,07 2,34 2,77 89 2089 0,74 12,4 12,9
Zone extérieure (n = 21)
Moyenne 3,84 5,17 0,30 26,17 4,90 595 11360 1,72 41,9 56,3 Moyen ou gros
Maximum 5,78 30,67 1,45 136,53 15,04 2348 17198 2,7 67,3 81,1 sable, loam-sableux
Minimum 2,79 0,85 0,06 2,58 0,32 89 5022 0,63 18,3 30,5 et loam limoneux
Médiane 3,77 3,73 0,25 14,95 2,44 533 11559 1,63 39,9 58,5
Écart-type 0,74 6,12 0,28 31,25 4,70 515 3258 0,68 13,9 14,5
a n = 572 échantillons analysés.
b Les classes texturales ont été déterminées par les critères du Système Canadien de Classification des Sols (1998).
55
Tableau 2.4
Résultats des tests t de Student et de Mann- Whitney U test pour la comparaison des
moyennes (pourcentage du C.D. des sols) des trois zones (zone de 0-20 ans,
zone de 20-100 ans et zone extérieure)
a HO: *aucune différence statistique entre les groupes (p > 0,05); Hl : ** Différence statistique entre les
groupes (p < 0,05)
b Test de Mann-Whitney U
C Test de Student
56
9
_--=iiI-
4,5
Il:::J0___ 9 Kilomelers Reference : BNDT 2012
Author: Vemhar Gervais Beaulac
4 3 3 4
1..
l 2 1
Di rection d u coura nt
e~
Di rectio n d u cou ra nt
Figure 2.2 Représentation d'un quadrat d' échantillonnage (10 x 20 m) le long des
nves.
(%) limon (%) limon
~
a b
20 20
40 40
Ê ' Ê
~ ~
...:::J - . -Zone 0-20 ans
...:::J - . -Zone 0-20 ans
QI QI
." ."
C c
.E0 60 .E 60
~
... _ Zone 20-100 ans ...
~
0
_ Zone 20-100 ans
100 100
Figure 2.3 Représentation de la moyenne du pourcentage de limon dans l' ensemble des profils selon les récurrences d'inondation
et à l'extérieur des zones inondées selon les secteurs de la rivière Saint-François (a) et la rivière Massawippi (b).
(%) Sable (%) Sable
~oo 20,00 40,00 60,00 0,00 10,00 20,00 30,00 40,00 50,00
o +I----------~----------~--------~ o 1
a b
20 20
40 40
Êu Ê
-...:J
QI
-+- Zone 0-20 ans
~
...
:J
QI
-+-Zone 0-20 anS
'"C '"C
C c
.E0 60 .E0 60 _ Zone 20-100 ans
Q.
... _ Zone 20-100 ans ...
Q.
1
100 100
Figure 2.4 Représentation de la moyenne du pourcentage de sable dans l'ensemble des profils selon les récurrences d'inondation
et à l' extérieur selon les secteurs de la rivière Saint-François (a) et la rivière Massawippi (b).
59
3,5
_ 3
E
u
~ 2,5
VI
:::J
CIl 2 o Massawippi
C1I
VI
VI
• St-François
E 1,5
o
ii5
1
0,5
o +--'--
0-20 ans 20-100 ans Extérieur
a b
20 20
40 40
Ê Êu
~
..
:::J
CIl
-+- Zone 0-20 ans -.
:::J
CIl
\ A -+-Zone 0-20 ans
'a 'a
c C
'0
Q..
.
0 60 _ Zone 20-100 ans
..
.E0
Q..
60
/ \ \. _ Zone 20-100 ans
100 100
Figure 2.6 Représentation de la moyenne de la concentration du C.O. dans l'ensemble des profils selon les récurrences
d'inondation et à l'extérieur des zones inondées selon les secteurs de la rivière Saint-François (a) et la
rivière Massawippi (b).
(%) Azote (%) Azote
~oo 0,10 0,20 D,3D 0,40 D,DO D,OS 0,10 0,15 0,20 0,25
o +I--------~------~------~------~ o
a b
20 20
40 40
Ê Ê
~ ~
...
::::1 -+- Zone 0-20 ans
...
::::1 '\l 1 -+- Zone 0-20 ans
CIl CIl
"tI "tI
C c
.E0 60 .E 60
... e _ _ Zone 20-100 ans
~\
_ _ Zone 20-100 ans
CI. CI.
100 100
Figure 2.7 Représentation de la moyenne de la concentration en azote dans l' ensemble des profils selon les récurrences
d' inondation et à l'extérieur des zones inondées selon les secteurs de la rivière Saint-François (a) et la
rivière Massawippi (b).
(%) pH (%) pH
a b
20 20
40 40
Ê Ê
~ ~
...::J -+- Zone 0-20 ans
...::J ........ Zone 0-20 ans
QI QI
-
'1::J '1::J
C C
60 0 60
.E0
Q.
... _ _ Zone 20-100 ans ...
0
Q.
...... Zone 20-100 ans
li /
..... Zone non affectée
80 ~ 80
100 100
Figure 2.8 Représentation de la moyenne du pH dans l'ensemble des profils selon les récurrences d'inondation et à l'extérieur des
zones inondées selon les secteurs de la rivière Saint-François (a) et la rivière Massawippi (b).
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ARTICLE SCIENTIFIQUE
Air, Soil and Water Research
Ubertas Academica
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Abstract: The contamination of rivers and riparian soils is a growing problern for several catchments in southern Quebec due to agri-
cultural pollutants and other sources of pollution. This study deals with the concentration of heavy rnetals in alluvial soils and their
spatial variability following the various flood return periods (0- 20 years and 20-100 years) and outside flood zones . The heavy rnetal
concentration of sorne soils exceeds levels in government standards. The elernents with the highest concentrations are mainly Ni, Pb and
Zn. For instance, the levels of Zn and Pb can be as high as 310 and 490 mg kg- I . In general, heavy rnetal concentrations are highest in
active sedimentation zones (0- 20 yrs). In this instance, the ANaVA test was conducted to determine whether the differences in heavy-
rnetal concentrations in the soils could be significant between the three zones (Frequent Flood (FF), Moderate Flood (MF), and No Flood
(NF)). With the increase in the flood return rate and current hydroclimatic changes, a downstream rernobilization of contarninants can
be expected, leading to a larger riparian area of contamination.
Keywords: contamination, alluvial soils, heavy metals, c1imate change, floods, contaminant rernobilization
doi : 10.4137/ASWR.S10314
This is an open access article . Unrestricted non-commercial use is permitted provided the original work is properly cited.
frequency since the early 20th century, and more spe- The middle section of the Saint-François River
cifically over the last 30 years, is a statistically signif- (between Sherbrooke and Drummondville) is charac-
kant change in flood recurrence. A greater number of terized by low floodplains (1-3 meters in height) cov-
spring floods have been noted along with more floods ered mainly by fluvial deposits (silty and fine sand).
in the fall and winter. 13,14 In addition, an analysis of the The banks of the Richmond-Windsor section extend
hydrological series shows a greater number of peak over 104.3 km, and the riverbanks predominantly
discharges between 1970 and 1996. This increase cor- consist of fluvial deposits (42%) and glaciolacustrine
responds to a period characterized by greater rainfall, deposits (22.5%), as well as glaciofluvial outwash
especially between 1970 and 1990. 13 The increase in materials and rocky outcropS. 7 The regional geology
flooding over the last three decades in the study areas ofthis area is characterized by complex tectonostrati-
is a major concem if one considers that contami- graphie belts marked by multiple orogenie phases. 17
nant transport and remobilization are increasing and In the middle section of the Saint-François River, the
are resulting in a greater area of contamination in the tectonostratigraphic belts are composed principaHy
downstream parts ofthe two rivers. The noted increase from west to east by three distinct types of volcano-
in the number of flood events results in alluvial plain genic formations : ophiolite belt, polymetallic depos-
[Link] and sediment remobilization. 14,15 To deter- its and subalkaline volcanics interbedded. The section
mine the geographic range and level of contamination of the Saint-François River that crosses through these
of the alluvial soils of two major rivers in southem different rocky formations is fairly shallow in this
Quebec (the Massawippi and Saint-François), an area. Between Windsor and Richmond, for instance,
extensive study of the upstream-downstream sections the riverbed is about 5 m deep on average and rock
of the rivers was conducted in the summers of 2010 outcrops can be seen aH along the banks. This part
and 20 Il. The distribution of the sampling sites was of southem Québec is characterized by a cool and
done based on the various flood zones delimited by humid climate with an annual precipitation rate rang-
the flood-risk maps by municipalities and by federal ing from 61.7 to 130.0 mm and a total annual precipi-
and provincial environment departments. 16 The main tation of 1144 mm (1970-2000), along with annual
objectives of the study were to (1) deterrnine the total temperatures ranging from -11.9 OC to 18.1 oC, with
concentration ofheavy metals (Cd, Cr, Cu, Ni, Pb and a mean annuel temperature of 4.11 oC (Sherbrooke
Zn) in the riparian soils based on an upstream/down- station no. 7028124).18 The maximum discharge reg-
stream transect ofthe Massawippi and Saint-François istered during 1925-2002 in the Saint-François River
rivers; (2) deterrnine the spatial distribution of heavy (middle section/station 030203) is 2719.1 m3 S-1 and
metals based on the various flood recurrence zones the mean annual discharge is 189.7 m 3 S-I.
(0-20 years and 20-100 years) as well as in the ripar- The sampling period took place between 2010
ian zones not affected by flooding; and (3) determine and 20 Il in the late summer and early faH (at low
the vertical distribution of the heavy metals in the soil river water levels). Soil samples were coHected to a
profiles. depth of 0-20 cm (total of 56) and other soil sam-
pIes (224) were collected at different depths (20-40,
Materials and Methods 40-60, 60-80, 80-100 cm), based on the depth of
Sampling sites the soil profile (presence ofbedrock). The aim ofthe
Sampling sites were selected along the Massawippi double sampling (0-20 cm and 80-100 cm) was to
and Saint-François rivers (Fig. 1) in southem Québec. determine the concentration of heavy metals in the
The St. Lawrence Lowlands and the Appalachian sediments deposited on the surface by recent floods
Mountains are the two major physiographic divi- and to compare the results with the concentrations of
sions that characterize this large drainage basin. In heavy metals obtained in deeper horizons in the same
the downstream part of the basin (Saint-François soil profiles. In all, 280 soil samples were taken along
River), there are large flat surfaces mainly domi- the riverbanks in different areas (Eustis, Capelton,
nated by farmland, wooded and urban areas, and in Windsor and Richmond), and 102 soil samples
the upstream part, the relief is dominated by hills and (surface and subsurface) were analyzed to determine
valleys with mixed forests and agricultural lands. the concentrations of heavy metals.
Figure 1. Location of sampling sites in ail sectors (Massawippi, Windsor, Richmond and Drummondville areas).
Canadian Council ofMinisters of the Environment. 21 Table 1. Generic criteria (A-C) used by Quebec's
For the analysis ofthe concentration ofmetal elements, Ministry of Sustainable Development, Environment
and Parks (MDDEP) to determine the degree of soil
the laboratories followed the procedures established contamination.
by the CEAEQ (specialized environmental analysis
centre) described in government reports. 22 ,23 Metal elements Cd Cr Cu Ni Pb Zn
(mg/kg)
For the analysis of heavy-metal ~oncentrations,
the soil samples are prepared as follows: (i) in a Level
CriterionN
beaker, precisely weigh 1.00 g of homogenized and 1.5 40
Low 85 50 50 110
dried soil, add 4 mL of nitric acid (50%) (VN) and Criterion B
10 mL of hydrochloric acid (20%); (ii) coyer the Moderate 5 250 100 100 500 500
beaker with a watch glass, and then allow to heat Criterion C
at reflux for 30 min. without stirring. Allow to cool Heavy 20 800 500 500 1500 1500
and rinse the watch glass with water. Filter into a Notes: aThe level of soil contamination (A, B or C criteria) for metal
elements determined by the MDDEP" ; Contamination levels A to
100 mL volumetric flask; rinse the beaker and filter B, residential uses; levels B to C, industrial used; levels > C, use is
with water, and then transfer to a plastic bottle. The prohibited without treatment.
had to be used to standardize the data. Based on the the absence of Ah and B horizons, or weak develop-
different tests used, mathematical transformation ment of B horizon characterized by little chemical
T(y) = In(y) appeared to be the most adequate before alteration. For soils located outside of flood zones
performing the variance test (ANOVA). The latter (NF), Orthic Dystric Brunisol ([Link]) and Gleyed
was done based on the initial ranks of initial data to Dystric Brunisol ([Link]) are predominant. There
confirm the results. This procedure is also known as are also podzolic soils such as Orthic Humic Podzol
the Friedman test. By conducting the ANOVA test, it ([Link]) and Orthic Ferro-Humic Podzol ([Link]).
could be said that the different flood zones (FF, MF The various properties of the soils that were
and NF) had a significantly different impact on the analyzed consist of pH, total organic carbon con-
concentration of the chosen heavy metals (Ni, Pb and tent (TOC%), cation exchange capacity (CEC), and
Zn). Since the ranks are used and not the actual data, texture. Table 2 shows a summary of these chemical
the Duncan test was applied. The ANOVA analysis and physical properties of the soil samples (depth of
was done by considering the pairs of the different 0- 20 cm) based on the flood recurrence zones (FF and
flood recurrence zones (FF-MF, FF- NF and MF-NF). MF) and the zone not affected by flooding (NF). Note
In this instance, to validate the results, the retained that soil acidity (PH) is relatively comparable for the
threshold (P-value) is 0.05. Lastly, all the statistical soils in the FF and MF zones, whereas surface soils
analyses and tests were conducted using the SAS®j are more acidic in the zones not affected by flood-
STAT software pro gram (version 9.2). ing (NF). For the flood zones, the mean values are
5.13 ± 0.75 (FF) and 4.49 ± 0.46 (MF), while the NF
Results and Discussion zone shows an average of3.89 ± 0.89, with maximum
Classification and soil properties and minimal values ranging from 5.78 to 2.79. This
The soil profiles (±1 m in depth) in the flood zones higher acidity of the "non-flood" soils could be attrib-
have been classified in the Regosolic and Brunisolic uted to the higher levels of organic matter, which con-
order of the Canadian System of Soil Classification. 24 tains acidifying compounds. It is known that humified
The Orthic Regosol (O.R), Cumulic Regosol (CU.R), organic compounds contain various acids (fulvic and
Gleyed Regosol (GL.R) and Gleyed Cumulic humic) that lead to soil acidification.25 Note, further-
Regosol (GLCU.R) make up most of the alluvial soil more, that the NF zone generally has a higher total
in the floodplains being studied. These soils gener- organic carbon content (TOC%) which mainly cornes
ally show little development and are characterized by from the accumulation of plant litter, such as leaves
Table 2. Properties of soil samples (0-20 cm deep) along the Massawippi and Saint-François river banks in different flood
zones (FF and MF) and no flood areas (NF).
and organic debris. For the NF zone, the ground bio- Furthermore, the work by Shu et al,38 shows a deple-
mass accumulates over the year, while for the zones tion of heavy metals at the base of the profile due
subjected to flooding, biomass is often transported to acidification. Like the pH level, the organic car-
downstream with the river current, leaving the soil bon content and grain size are involved to different
partially or totally stripped. 26,27 Lastly, it is important degrees in the retention or remobilization of the metal
to bear in mind the buffer capacity of the soils which elements contained in the soils and partly explain
could in turn affect pH variability. The buffer capacity the pattern of distribution of the contaminants in the
depends on the total ionic charge~ and especially the profile. 31,33,36,37
organic content amount, and, to a lesser extent, the Statistically, the correlation analyses (Spearman
content of clays and oxides or iron and aluminum in coefficient) performed on the different variables (pH,
the soils. 28 For the cation exchange capacity (CEC), organic carbon and metal concentration) show no
the main values obtained for each zone are ofthe order correlation or a weak positive (or negative) correla-
of 10.10 cmol(j kg- 1 (SD 7.24) (FF), 6.99 cmol(+) kg- 1 tion, except for the pH and Zn variables (Table 3).
(SD 2.62) (MF), and 6.37 cmol(+) kg- 1 (SD 7.92) (NF), The values obtained for these two variables show
respectively. These values are relatively low and can correlation coefficients of 0.577 and 0.810 based on
be explained by the low clay content and the low the two groups retained (group with aIl pH data and
levels of organic matter found in most of the soils group with only < 5.0 pH data, respectively) (Fig. 2).
that were analyzed. In terms of texture, most of the The results obtained with the Spearman coefficient
soil samples analyzed in the flood zones are made (0.810) in fact show that the more acidic soils «5.0)
up of fine material, mainly fine sandy loam, loamy are more strongly correlated with Zn. However, out-
fine sand and loam (Table 2). These fine textures are side of these two variables (pH and Zn), correlations
in fact a common feature of flood deposits.15,29 The appear to be rather weak and ev en non-existent for
percentages obtained range from 29% to 81 % for the the variables analyzed.
sands and 1% to 3% for the clays. The low clay frac-
tion in the alluvial soils is partly due to the origin of Metal concentrations in alluvial soils
the parent materials, which are mainly made up of The metal concentrations (Cd, Cr, Cu, Ni, Pb and Zn)
fluvial (66.2%) and glaciolacustrine (27.8%) depos- in the soil profiles ofthe Massawippi and Saint-Fran-
its (shallow-water facies) containing a high propor- çois rivers are shown in Table 4 and Figure 3. Metal
tion of loam, sandy loam, or loamy sand materials. 15 concentrations (pb and Zn) are generally higher in the
Finally, greater texturaI variability was noted for the surface horizons (0-20 cm) than in the deeper hori-
soils outside the flood zones, ranging from coarse zons of the profiles (60-80 or 80-100 cm), though
sand to finer sediment (sand, sandy loam and loamy they show relatively high concentrations in deeper
sand). This variability is explained by the diversity of layers (> 80 cm) of soil profiles (Table 4). The higher
the superficial deposits found on higher terrain (eg, concentration of Pb measured on the surface of sorne
fluvial terraces, moraines and meltwater features) soils may depend on the metal 's low mobility in
along the rivers and streams in the study areas. 15 penetrating the deeper soil horizons. This metal is
These various soil properties (pH, TOC, CEC, not easily solubilized, especially at pH levels higher
and texture) come into play in several pedogenetic
processes, including the retenti on or absorption of Table 3. Spearman correlation coefficients· between soil
metal elements, in particular via organic matter and properties (pH and TOC%) and three metal elements (Ni,
fine particulate matter (clay sheets or fine loam) in Pb and Zn) in surface soils (0-20 cm) (n = 56).
the mineraI matrix. 30--32 AIso, metal elements (includ- Metal element Ni Pb Zn
ing the most mobile ones such as Cd and Zn) can be
Soil properties
leached toward the deeper horizons in the profile,33-35 0.643* 0.577**
pH (ail data) -0.370**
especially in acidic soils. 36-38 The study by Remon pH «5) 0.711* 0.142** 0.810*
et al,37 for instance, shows that the solubility of several TOC (%) -0.117** 0.458* -0.267**
heavy metals substantially increases with pH levels Notes: ' Correlation is significant at the 0.01 level; 'significant values;
under 4.5, including metals such as Pb, Ni and Cr. "not significant values.
350
R, = 0.577' P = 0.01
are generally Ni, Pb and Zn. In frequently flooded
êi 300
"'"
• zones (FF), Ni and Zn concentrations in the surface
ï 250 horizons (0-20 cm) can range from < 1 to 120 mg kg- I
c:::
(Ni) and 38 to 310 mg kg-I (Zn), compared to 5 to
.9200
Ë
E 150
• 490 mg kg- I for Pb. The maximum concentration of
CI)
u
5u 100 • • Pb (490 mg kg-I) in alluvial soils is 30 times higher
rG 50
than the average Pb concentration found in a natu-
o +-__-L~~--,_----~----~--~ raI state evaluated at 15.3 mg kg-I (SD 17.5).40 Pb
2.00 3.00 4.00 5.00 6.00 7.00 is known to be a stable and persistent element in
pH
soils38,39 along with other heavy metals, inc1uding Cu
~en
140
R, = 0.810' P = 0.01
. '
•
and Ni,30,32,33 while Cd is much more mobile and can
be easily leached outside the soil profile. 31 ,33 In this
. ..
120
.s 100
c:::
o 80
• •• ~
~
respect, Cd, Cr and Cu show relatively low levels in
the samples that were collected, ie, values be10w the
~; : .1 ....
60 • • • contamination limits in the established standards. Il
. ., •
u
c::: 40 (Values < 5 pH) • • • •• Metals such as Cd, Pb and Cr are known to be toxic
8
rG 20 •••• •< at high concentrations for living organisms and for
human health. 36,43--45 The surface samples (0-20 cm)
(Values 5 pH)
o+-~~~--~--~~--~--~--~-,
2.00 2.50 3.00 3.50 4.00 4.50 5.00 5.50 6.00 6.50
pH
are those that are most often contaminated, although
high concentrations are found in deeper horizons
Figure 2. Results of correlation analysis between Zn concentration
(mg/kg) and pH of soil sampi es at upper layer (0-20 cm). (60-80 and 80-100 cm). Soil in the FF zone is more
often contaminated, although contaminated soil is
also found outside the flood zones (Drummondville
than 5.5. 38,39 For certain profiles, the concentration of sector), where Pb and zinc concentrations are re1a-
heavy metals (pb, Zn) exceeds Level B in the Quebec tively high (160 and 110 mg kg- l, respectively). In
Government's generic standards.1\ Furthermore, in the present case, local pollution that originates from
the zones affected by flooding (FF and MF zones), potentially contaminated backfill deposited on the
heavy-metal concentrations generally appear to be soil surface is suspected as the cause.
higher than at the sites not affected by flooding (NF) The concentration of metal elements from our
(Fig. 3). The elements with the highest concentrations results of soil samples (Table 4) repeatedly showed
Table 4. Concentration of metal elements in soil samples along the Massawippi and Saint-François rivers including flood
(FF, MF) and no flood zones (NF).
~
fi)
.... c
- CD
fj ~ 200 200 200
sa;
()
100
0
Cd
D D
Cr Cu
FF
0
Ni Pb Zn
100
0
Cd
-
Cr
• 1•
Cu
MF
Ni Pb
"T"
Zn
100
0
Cd
[J
Cr Cu
0
Ni
NF
~
Pb
0
Zn
Figure 3. Concentration of heavy metals (Cd, Cr, Cu, Ni, Pb and Zn) in soil samples (0-20 cm depth) in different flood-recurrence zones (FF, MF) and no
flood zone (NF).
values exceeding Criterion A of the MDDEP con- and former mining sites (Eustis-Capelton) for the
tamination limit, II especially for Ni, Pb and Zn. upstream portion of the Massawippi River. Pb, Zn
Furthermore, when our values are compared to those and Ni may also come from industrial discharge,?,47
obtained by Choinière and Beaumier4° for soils and and urban effluent may contain aIl kinds of contami-
sediments (natural background) in the Appalachian nants, inc1uding heavy metals. The mine tailings
geological region (A4) where our area is located, from the Eustis-Capelton complex, located along
heavy-metal concentrations in our soils are sig- the Massawippi River, are probably a major source '
nificantly higher than those obtained by the ab ove of heavy-metal contamination,7,IO,47 with the metals
authors40 in the Appalachian region. For instance, Ni, being transported over several kilometres and now
Pb and Zn have values lOto 30 times higher than those found in the alluvial soils of the Massawippi and
obtained for soils and sediments at natural sites. 40 As a Saint-François rivers. In addition to this major spa-
comparison, the mean level obtained for zinc is about tial distribution (over 100 km) of contaminants, the
67.3 mg kg- I (SD 82.3), and 15.3 mg kg- I for Pb (SD frequently flooded zones (FF) are those that are the
17.5), respectively, whereas the leve1s are 120, 130 most contaminated, which indicates that floods are a
and 310 mg kg-I for Zn and 160 and 490 mg kg-I major carrier in the transport and remobilization of
for Pb for different soil profiles (Q5-1 , Q24-1 and contaminants along the riverbanks. In this instance,
Q49-1). theANOVA test was conducted to determine whether
The study by Garrett et al,46 which inc1udes the the differences in heavy-metal concentrations in the
Appalachian region in the eastem United States soils could be significant between the three zones
(Area 9), shows that the median values of the met- (FF, MF and NF). The leve1 used for the analysis of
aIs and metalloids obtained in the surface horizons variance is a = 0.05 probability. The analysis results
(A-horizon) are 6 (As), 34 (Cr), 16 (Cu), 26 (Pb), and
63 (Zn) mg kg-l, respectively. These values are com-
Table 5. Results of the ANOVA test between three zones
parable to those obtained in the soils and sediments (FF, MF and NF) with a threshold at P = 0.05.
(natural background) of the Appalachian geological
region in southem Québec,40 but lower than our mea- Comparison Difference between Confidence
between the means interval (95%)
sured values. Although these values are representative three zones'
of the natural backgrounds of the surrounding soils,
FF-MF 31.50 24.11 38.88*
it could be easily said that the contamination rates in FF-NF 19.50 13.60 25.40*
our soil profiles are linked to anthropogenic contami- MF-NF -12.00 -20.01 - 3.98*
nation, which in sorne cases exceeds the Criterion B MF-FF -31.00 - 38.88 -24.11*
.contamination leve1s.11 Such contamination may come NF-FF - 19.00 -25.40 -13.60*
from various sources since the rivers in question pass NF-MF 12.00 3.98 20.01*
through urban areas (Sherbrooke, Windsor), farmland Notes: · Soil samples in upper layer (0-20 cm); · significant at 0.05 levaI.
Table 6. Metal concentrations of soil samples (n = 56) between the Eustis (Massawippi River) and Orummondville areas
(Saint-François River).a
indeed confirm that there is a significant difference be seen in our study areas,13,14 it could be assumed
among the three zones being compared. The zone that the contamination will extend to other river-
with a 0-20 year recurrence (FF) is the one most side are as located downstream, which would have
affected by contamination in surface soils (upper the effect of increasing the spatial range of the con-
layer of 0-20 cm), while the 20-100 year zone (MF) tamination to areas that have been or impacted only
is lightly or moderately affected, and the non-flood slightly or not at all. This is all the more worrisome
zone (NF) is not affected or only slightly. The com- since the downstream riverside areas mostly consist
parative results for the three zones can be found in of farmland. These results also present the problem of
Table 5. the continued presence of heavy metals in rivers and
The heavy metals found in the alluvial soils in the streams. If the main source of the contaminants
Drummondville area, more than 100 km from the Eustis- is the former mining site at the Eustis-Capelton-
Capelton sites (Fig. 1), may come from the upstream- Albert Complex, more than 70 years have elapsed
contaminated former mining sites. During successive since the mines were c10sed in 1939, which means
floods, the contarninated sediments may be remo- that the alluvial plains constitute long-term contam-
bilized, transported and redeposited further down- inant-deposition sedimentary areas. Based on these
stream along .the riverbanks: This flooding and results, government authorities will have to con-
deflooding process was in fact the subject of various sider implementing efficient measures to mitigate the
studies that showed a redistribution of contaminants adverse effects of the transport of contaminants along
along the banks of rivers and streams. 48-50 At sorne riverbanks, to ensure a healthy environment for the
sites, it was noted that contaminants could be trans- cornmunity and future generations.
ported over several kilometres. 51 ,52 In our case, no lon-
gitudinal gradient (downstream vs. upstream) could Conclusions
be detected that showed a marked reduction in heavy- This study, conducted along the banks of the
metal concentrations from the point source (Eustis Massawippi and Saint-François rivers, reveals that
mine) to the downstream areas (Windsor, Richmond the alluvial soils in the flood zone with a recurrence
and Drurnmondville). However, higher concentra- of 0-20 years (FF) are more contaminated than the
tions were noted for certain heavy metals (pb and soils located in the flood zone with a recurrence of
Zn) at the sites several dozen kilometres away, in par- 20-100 years (MF). Moreover, the soils located
ticular for the Richmond and Drurnmondville areas near the riverbanks but outside the flood zones
(Table 6). (NF) are not contaminated (with the exception of
These results appear to indicate that the contami- two soil samples). Generally speaking, the level of
nants can be transported over long distances and that soil contamination is relatively low but several sites
they are then redeposited along the riverbanks during exceed the Criteria Band C contamination levels
flood events. In a scenario where floods could increase established by Quebec's environment ministry." In
because of current c1imate change, as can already sorne cases, these limits attain contamination levels
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Appendix
Table A1. Location of sampling sites in the Massawippi and Saint-François areas, including the different flood zones
(FF, MF) and no flood zone (NF).
Location of Flood zone (0-20 yrs Flood zone (20-100 yrs Outside of flood zones
sampling sites recurrence/FF) recurrence/MF) (NF)
Drummondville Q34 to Q36 Q28 to Q33, Q37 to Q40
Richmond Q1 , Q2, Q4 to Q8, Q11 to Q13 Q55 to Q57 Q3, Q9, Q10
Windsor Q14, Q20, Q23 to Q27, Q41, Q18, Q19, Q21 , Q22 , Q15 to Q17
Q42, Q48 to Q53 Q47, Q54
Massawippi Q43, Q44 Q45
Number of sampling 30 9 17
sites
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