MPSI MP*
Ondes EM dans un plasma
8.1 Équations de propagation des champs dans un
plasma
Ce type de gaz est très courant puisqu’il représente 99% de la matière
connue : les flammes, les éclairs, les aurores boréales, la haute atmo-
sphère (ionosphère) et les nuages interstellaires ou intergalactiques
sont des plasmas naturels. Les plasmas sont également utilisés dans
des applications courantes comme les tubes à néon et les écrans plas-
mas. Enfin, en réalisant un plasma de très forte densité à très haute
température, les physiciens espèrent amorcer des réactions de fusions
nucléaire.
8.1.1 Modélisation
L’ionosphère, couche de l’atmosphère située à plus de 50 km d’altitude,
peut être considérée comme un plasma : c’est un milieu totalement
ionisé, caractérisé par une densité volumique d’électrons libres n0 =
1010 · m−3 et une densité volumique de cations de charge égale +e elle
aussi à n0 L’ensemble est donc globalement neutre. On se propose
→
−
d’étudier dans ce milieu la propagation d’ondes du type E (M, t) =
→
− j(ωt−→
− →
k · −r )
E e
0 .
1
MPSI MP*
8.1.2 Équations de mouvements des porteurs de charges
La densité des porteurs de charges dans un concucteur métallique est
de l’ordre de 1028 m−3 . Cette valeur est très grande par rapport à n0 de
telle sorte que la force de frottement dont on tient compte dans un
conducteur peut être négligée dans le plasma (le plasma est homogène,
peu dense, ou dilué).
→
−
On note V et →−v les vitesses moyennes respectives des ions de masse M
et des électrons de masse m . Ces particules chargées sont soumises :
1. à l’action des champs électrique et magnétique de l’onde (force
→
− →
− − → −
de Lorentz) F = q( E + →
v × B ).
2. à l’action de la pesanteur, négligeable devant les forces électro-
magnétiques.
3. à l’action électromagnétique des autres particules chargées. Si
le plasma est suffisamment dilué, ces interactions sont négli-
geables.
Nous négligerons dans la suite la composante magnétique de la force
de Lorentz. En effet, pour une OPPM E
B = c et, pour des particules non
relativiste de charge q et de vitesse v c :
fm qvB v
= = 1
fe qE c
Attention : Nous avons négliger l’effet du champ magnétique
de l’onde. Si on applique un champ magnétique extérieur au
plasma il faut en tenir compte.
Appliquons le principe fondamental de la dynamique à un ion et à un
électron, dans le référentiel d’étude supposé galiléen :
→
−
dV →
− d→
−v →
−
M = e E et m = −e E (8.2)
dt dt
En régime sinusoidal permanent et en utilisant la notation complexe :
2
MPSI MP*
→−
dV e→− →
− e→− →
− e →
− →
− e →
−
= = = =
E ⇒ jω V E ⇒ V E ⇒ V − j ωM E
dt M M jωM
→
−
d v = − e→− e→
− e →
− e →
−
→
− →
− →
−
M E ⇒ jω v = − M E ⇒ v = − jωm E ⇒ v = j ωm E
dt
La densité volumique de courant est :
n0 e2 → n0 e2 → n0 e2 1
!
→
− →
− →
− − − 1 →−
j = n0 e V − n0 e v = − j E−j E = −j + E
ωM ωm ω M m
Or m M d’ou en négligeant la contribution des ions au courant :
→
− n0 e2 →
− →
−
j = −j E = γE
ωm
On fait ainsi apparaître une conductivité complexe telle que :
n0 e2
γ = −j
ωm
→
− →−
La conductivité est imaginaire pure, de sorte j et E sont déphasés de
− π2 . Ces deux vecteurs sont en quadrature de phase donc la puissance
volumique moyenne cédée aux charges est nul :
→
− → −
< Pv >=< j · E >= 0
Ce résultat est en accord avec l’hypothèse de négliger la force de
frottement.
8.1.3 Équations de Maxwell dans un plasma
On rappelle que les équations de Maxwell s’écrivent dans un milieu
contenant une densité de charge volumique ρ et une densité volumique
→
−
de courant j :
3
MPSI MP*
→
− ρ(M,t)
div E (M, t) = ε0
→
−
−→→− ∂ B (M,t)
rot E (M, t) = − ∂t
→
−
div B (M, t) = 0
→
−
−→ →
− →− ∂ E
rot B (M, t) = µ0 j (M, t) + ε0
∂t
Le milieu étant globalement neutre donc la densité volumique de
charges totale est nulle ρ = 0, mais il y a une densité volumique de
→− →−
courant j = γ E Les équations de maxwell s’écrivent ainsi :
→
−
div E (M, t) = 0
→
−
−→→− ∂ B (M,t)
rot E (M, t) = − ∂t
→
−
div B (M, t) = 0
→
−
−→→− →
− ∂E
rot B (M, t) = µ0 γ E + ε0
∂t
8.1.4 Équations de propagations des champs
Prenons le rotationnel de l’équation de Maxwell-Faraday :
→ −
−→ −→ →
− −→ B ∂
rot rot E = −rot ∂t
∂ − →→ −
= − ∂t rot B
→
−
→ − ∂E
= − ∂ µ0 γ E + µ0 ε0
∂t ∂t
→
−
∂2 E →
−
= −µ0 ε0 ∂t2 − jωµ0 γ E
→
−
∂2 E 2→
−
= − µ0 n0me E
−µ0 ε0 ∂t2
−−−→
−→ −→→ − →
−
En utilisant la relation d’analyse vectorielle rot rot E = grad div E −
→
− →
− →
−
∆ E ∀ E sachant que div E = 0, on obtient :
4
MPSI MP*
→
−
→
− ∂2 E n0 e2 →
− → −
∆ E − µ0 ε0 2 − µ0 E = 0
∂t m
Cette équation n’est pas une équation de D’Alembert : la présence d’un
→−
terme proportionnel à E en fait une équation dite de Klein-Gordon.
De la même manière afin d’établir l’équation ne faisant intervenir
que le champ magnétique, prenons le rotationnel de l’équation de
Maxwell-Ampère :
→ −
−→ −→→ − −→→− −→ ∂ E
rot rot B = µ0 rot j + µ0 ε0 rot ∂t
−→→− ∂ − →→−
= µ0 γrot E + µ0 ε0 ∂t rot E
→
− → −
∂B ∂ B
= −µ0 γ ∂t − µ0 ε0 ∂t∂ ∂t
→
−
→
− ∂2 B
= −µ0 γ jω B − µ0 ε0 ∂t2
→
−
n0 e2 →
− ∂2 B
= −µ0 m B − µ0 ε0 ∂t2
−→ −→→
−
−−−→ →−
→
− →− →
−
Par ailleurs rot rot B = grad div B − ∆ B = −∆ B car div = 0, on
obtient :
→
−
→
− ∂2 B n0 e2 →
− →−
∆ B − µ0 ε0 2 − µ0 B= 0
∂t m
8.2 Solutions des équations
8.2.1 La relation de dispersion
→
− →
− →
− → −
En injectant l’expression du champ électrique E (M, t) = E 0 e j(ωt− k · r )
dans l’équation de propagation on a :
→
− →
− n0 e2 →
− → −
− k2 E + µ0 ε0 ω2 E − µ0 E = 0
m
qui s’écrit aussi :
5
MPSI MP*
2
!
n 0 e − →
→ −
−k2 + µ0 ε0 ω2 − µ0 E = 0
m
et l’on en déduit l’équation de dispersion :
n0 e2
k2 = µ0 ε0 ω2 − µ0
m
En multipliant le troisième terme par c2 et en utilisant la relation
µ0 ε0 = 1
c2
on obtient :
n0 e2
ω2 n0 e2 c2 ω2 mε0
k2 = 2 − µ0 = 2 − 2
c mc2 c c
n0 e2
On pose ω2p = mε0 , appelée pulsation plasma :
ω2 ω p ω − ω p
2 2 2
k = 2 − 2 =
2
c c c2
Nous constatons immédiatement que la relation de dispersion est
non linéaire donc s’il y a propagation le milieu est dispersif.
8.2.2 Structure de l’onde PPM dans le plasma
Les équations de maxwell dans le plasma
→
− →
− → −
div E = 0 ⇒ − j k · E = 0
le champ électrique est transverse dans le plasma.
→
− →
− → −
div B = 0 ⇒ − j k · B = 0
le champ magnétique est transverse dans le plasma. L’équation de
Maxwell-Faraday s’écrit :
→
−
−→→− ∂ B (M, t) →
− → − →
−
rot E (M, t) = − ⇒ − j k × E = − jω B
∂t
L’équation de Maxwell-Ampère s’écrit :
6
MPSI MP*
→
−
−→→− →
− ∂ E →
− → − →
−
rot B (M, t) = µ0 γ E + ε0 ⇒ − j k × B = µ0 γ + jωµ0 ε0 E
∂t
cette équation s’écrit en remplacant γ par son expression :
→
− → − →
− ωp − ω →
−
2 2
− j k × B = µ0 γ + jωµ0 ε0 E = − j E
ωc2
soit
→
− → − →
− ω2p − ω2 →
−
k × B = µ0 γ + jωµ0 ε0 E = E
ωc2
donc dans un plasma retenons les relations suivantes :
→
− →−
k ·E =0
→
− →−
k ·B =0
→− →−
→
− k ×E
B= ω
→−
ou k est à priori complexe.
8.2.3 Les expressions des champs électrique et magnétique
L’équation de dispersion indique que k peut être réel ou complexe en
fonction des valeurs de ω.
[Link] Cas ou ω > ω p
ω2 −ω2p
dans ce cas k =2
c2
> 0 donc k est réel. Les ondes sont progressives
et peuvent se propager.
Le champ électrique s’écrit :
→
− →− →
− → −
E (M, t) = E 0 e j(ωt− k · r )
→− −e et →
− →
− −
j(ωt− k · →
si par exemple k = k→ z E (M, t) = E 0 e r )→
−e alors
x
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MPSI MP*
→
−
E (M, t) = E0 e j(ωt−kz)→
−e
x
Le champ magnétique s’écrit à partir de la relation de structure :
→
− → −
→
− k ×E kE0 j(ωt−kz)→
−e = B e j(ωt−kz)→
−e
B= = e y 0 y
ω ω
Remarquons que :
kE0 E0 E0
B0 = = ω =
ω k vϕ
ou vϕ est la vitesse de phase de l’onde dans le plasma, qu’on peut le
déterminer à partir de la relation de dispersion :
ω c
vϕ = = s
k
ω2p
1− 2
ω
La vitesse de phase dépend de ω . Le plasma est un milieu dispersif. La
vitesse de phase est supérieure à la vitesse de la lumière c. Il n’y a ici
aucun paradoxe, car une O.P.P.M. unique n’a pas de réalité physique :
la vitesse de phase ne représente pas la vitesse de propagation de
l’information.
1. si ω → ∞ ⇒ vϕ → c.
2. si ω → ω p ⇒ vϕ → ∞ .
La vitesse de groupe vaut :
s
dω ω2p c2
vg = =c 1− 2 =
dk ω vϕ
cette vitesse est inférieure ou égale à c :
1. si ω → ∞ ⇒ vϕ → c .
2. si ω → ω p ⇒ vϕ → 0.
8
MPSI MP*
[Link] Cas ou ω < ω p
ω2 −ω2p
Dans ce cas k2 = c2
< 0 donc k est imaginaire pur, donc
s 2 2
ω −
2
ω2p ω p − ω ω p − ω
2 2 2
k2 = = − = j
= jk0 2 ⇒ k = ± jk0 (8.32)
c2 c2 c 2
avec k’ réel positif. La solution k = jk0 est physiquement inacceptable
→
−
car elle donne un champ divergent. Si k = − jk0→ −e Le champ électrique
z
vaut :
→
− →− →
− → − →− →−
E (M, t) = E 0 e j(ωt− k · r ) = E 0 e j(ωt+ jk z) = E 0 e−k z e jωt
0 0
Dans l’expression du champ électrique nous constatons que la dépen-
dance temporelle et spatiale sont séparées. La phase ne dépend plus
de l’espace, donc il n’y pas de propagation de la phase , de plus son
amplitude décroit avec z . On dit qu’on a une onde évanescente.
→
−
Si E (M, t) = E0 e−k z e jωt→
−e le champ magnétique s’écrit à partir de la
0
x
relation de structure :
→
− → −
→
− k ×E k0 →
− −k0 z jωt→
− k0 E0 −k0 z j(ωt− π )→
−
B= = − j e z × E0 e e e x = e e 2 e
y
ω ω ω
Les champs électrique et magnétique sont en quadrature temporelle.
La vitesse de phase vϕ = 0 et la vitesse de groupe vg = 0.
8.2.4 Indice d’un milieu
On définit l’indice d’un milieu par :
c c
n= = k
vϕ ω
dans le cas du plasma peu dilué on a :
9
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ω2p
n =1−
2
ω2
1. si ω > ω p ⇒ n est réel inférieur à 1.
2. si ω < ω p ⇒ n est imaginaire pur .
8.3 Étude énergétique
→
− →
−
1. Si ω > ω p , E (M, t) = E0 cos(ωt − kz)→
−e
x et B = kE0
ω cos(ωt − kz)→
−e
y
alors la valeur moyenne du vecteur de poynting vaut
→
− kE02 →
−e
< Π >= z
2µ0
Il y a propagation de l’énergie.
→− →
−
2. Si ω < ω p , E (M, t) = E0 e−k z cos(ωt)→
−e B = k0 E0 −k0 z
sin(ωt)→
−e
0
x et ω e y
alors la valeur moyenne du vecteur de poynting vaut zéro :
→
− k0 E02 −2k0 z −e = →
−
< Π >= e < cos(ωt) sin(ωt) > → z 0
µ0
Il n’y a pas propagation de l’énergie.
8.4 Coefficients de réflexion et de transmission
8.4.1 Coefficients de réflexion et de transmission en ampli-
tude
Déterminons les amplitudes des champs réfléchi et transmis en fonc-
tion de celle du champ incident dans le cas particulier de l’incidence
normale. On aura donc i = 0 et d’après les lois de Descartes de l’op-
tique géométrique les angles de réflexion r et transmission t valent
r = 0 t = 0. Le dioptre, situé en z = 0, a pour vecteur unitaire normal
→
−n = →−e . dans le milieu numéro 1 il y a du vide et dans le milieu
12 z
10
MPSI MP*
→
−
numéro 2 il y a le plasma . On note le vecteur d’onde dans le vide k 0
→−
et le vecteur d’onde dans le plasma k . Les vecteurs d’ondes sont :
→
− −e = ω→
k i = k0→ −e ; →
− −e = − ω→
k r = −k0→ −e ; →
− −e = n ω→
k t = k→ −e = nk →
−
z z z z z z 0ez
c c c
Les champs électromagnétiques s’écrivent :
→
− → −
→
− →
− k i× E i
E i = E0i e j(ωt−k0 z)→
−e ;
x Bi = ω = E0i j(ωt−k0 z)→
c e
−e
y = B0i e j(ωt−k0 z)→
−e
y
→
− → −
→
− →
− k r× E r
E r = E0r e j(ωt+k0 z)→
−e ;
x B r = ω = − Ec0r e j(ωt+k0 z)→
−e = B e j(ωt+k0 z)→
y 0r
−e
y
→
− → −
→
− →
− k t× E t
E t = E0t e j(ωt−kz)→
−e ; kE0t j(ωt−kz)→
−e
x Bt = ω = ω e y = B0t e j(ωt−kz)→
−e
y
(8.40)
Il n’y a pas de courants surfaciques au niveau du dioptre c’est-à-dire
en z = 0 , et on peut écrire la continuité des composantes tangentielles
du champ électrique et du champ magnétique :
E0i + E0r = E0t et B0i + B0r = B0t en z=0
La deuxième équation s’écrit en fonction des champs électriques :
k0 E0i k0 E0r kE0t
B0i + B0r = B0t ⇒ − =
ω ω ω
On obtient les deux relations suivantes :
E0i + E0r = E0t
k0 (E0i − E0r ) = kE0t
On définit :
E0r E0t
r= et t=
E0i E0i
11
MPSI MP*
respectivement les coefficients de réflexion en amplitude et de trans-
mission en amplitude. En divisant par E0i il vient :
1 + r = t; k0 (1 − r) = k t
d’oû :
k0 − k 2k0
r= ; t=
k0 + k k0 + k
qu’on peut exprimer en fonction de l’indice n :
1−n 2
r= ; t=
1+n 1+n
8.4.2 Coefficients de réflexion et de transmission en puis-
sance
Les vecteurs de poynting sont :
→− →− →−
→
− k E 0i k2 →
− k E 0r k2 →
− k E 0t k2
<k Π i k>= ; <k Π r k>= ; <k Π t k>= n
2cµ0 2cµ0 2cµ0
Les coefficients de réflexion et de transmission en puissance sont
définis respectivement par :
→
− →
−
<k Π r k> <k Π t k>
R= →
− et T= →
−
<k Π i k> <k Π i k>
En utilisant les expressions des valeurs moyennes des vecteurs de
poynting :
1−n 2
R = 1+n =| r |2
2 2
T = n 1+n = n | t |2
12
MPSI MP*
Nous constatons que
R+T =1
cette équation traduit la conservation de l’énergie.
1. Si ω < ω p alors n est imaginaire donc R = 1 alors T = 0 . l’onde
est totalement réfléchie.
ωp
2. Si ω > ω p alors n est réel, en posant x = ω on a :
!2 √
1−n 2 − x2 − 2 1 − x2
R= = √ <1
1+n 2−x +2 1−x
2 2
L’onde se propage dans le plasma. T se déduit de la conservation
de l’énergie T = 1 − R.
13