Transfert de Masse en Milieu Poreux
Transfert de Masse en Milieu Poreux
THESE
par
Charles DANQUIGNY
Avant-propos
La première page lue est la dernière écrite, l’occasion de se retourner vers le travail
accompli et les personnes qui l’ont rendu possible. Je pense tout d’abord à Monsieur Philippe
Ackerer, Directeur de Recherche au CNRS, qui m’a accueilli chaleureusement au sein de
l’équipe « hydrodynamique et transferts en milieux poreux », m’a guidé, soutenu et
encouragé pendant ces quatre années. Pour toutes ces qualités qui font de lui un directeur de
thèse apprécié, je lui dis un grand merci.
Je pense à mes collègues et amis qui m’ont aidé et supporté : mes collègues de bureau,
Luc Pierrejean (O’brother…), Jean-Bernard Bardiaux et Benjamin Belfort, pour leur amitié,
leur culture, leur humour et leur patience ; François Lehmann, pour son soutien et toutes ces
discussions réconfortantes autour d’un café, mais aussi pour sa vision de l’enseignement et
des expériences de laboratoire ; Jérome Carrayrou, pour son amitié, sa sympathie et son
appétit ; Abdel Lyazid, pour m’avoir plus que bien encadré pendant mon monitorat ; Anne
Engelman, Nicolas Péquignot, Fabrice Lawniczak (un intrus dans les milieux poreux) et toute
l’équipe actuelle des milieux poreux ; les anciens doctorants, Manuel de Atocha Cortazar
Hernandez etc. (El chico del Mexico), Jean-philippe Carlier, Dana Lintea, Nicolaï Sirbu,
Julien Tournebize ; l’ancien permanent qui a su me convaincre de rejoindre l’équipe, Robert
Mosé et enfin, M. Frédérick Delay, professeur à l’Université de Poitiers, qui a su m’éclairer à
chacun de ses passages à Strasbourg.
1
Avant-propos
Je remercie aussi mes parents, en particulier mon frère Laurent, qui les premiers m’ont
encouragé et se sont inquiétés… Je remercie aussi mes amies strasbourgeoises, Christine et
Stéphanie, pour leur soutien durant ces derniers mois.
2
Sommaire
Sommaire
Sommaire ................................................................................................................................... 3
Listes des symboles et notations ................................................................................................ 7
Liste des figures ......................................................................................................................... 9
Liste des tableaux ..................................................................................................................... 13
Introduction ............................................................................................................................ 15
3
Sommaire
4
Sommaire
5
Sommaire
6
Liste des symboles et notations
Ai : le coefficient de macrodispersivité [ L]
C : la concentration M ⋅ L-3
C
C0
: la concentration réduite [ -]
D0 : le coefficient de diffusion moléculaire L2 ⋅ T -1
Di : le coefficient de dispersion dans la direction i L2 ⋅ T -1
e : le coefficient d'anisotropie [ -]
h : la charge hydraulique ou hauteur piézométrique [ L]
k : la perméabilité intrinsèque L2
K : la perméabilité L ⋅ T -1
l : la distance entre la source et le puits [ L]
li : la longueur de corrélation dans la direction i [ L]
N : le nombre d'Avogadro, N = 6,023·1023
q : la vitesse de Darcy L ⋅ T -1
Q : le débit L3 ⋅ T -1
R : la constante des gaz parfaits, R = 8,32 kg ⋅ m 2 ⋅ s ⋅ K -1
s : le coefficient d'emmagasinement spécifique L-1
T : la température absolue [K ]
t : le temps [T]
t' : le temps mis sous forme adimensionnelle [ -]
Y : la log conductivité, Y = ln ( K ) [ -]
αi : le coefficient de dispersivité locale [ L]
i = L, longitudinal ; i = T, transversal
γ : la conductivité électrique L−3 ⋅ M −1 ⋅ T 3 ⋅ I 2
µ : la viscosité dynamique M ⋅ L-1 ⋅ T -1
ρ : la masse volumique du fluide M ⋅ L-3
σ Y2 : la variance de la logconductivité [ −]
ω : la porosité [ −]
ωc : la porosité cinématique ou efficace [ −]
7
Liste des figures
Figure 2-2 : Détermination des temps t0,16, t0,5, t0,84 pour le calcul de U et αL......................... 54
9
Liste des figures
10
Liste des figures
Figure 4-7: Normal plot for BTCs for the channel structured porous medium...................... 122
Figure 4-8: Fitted velocities (line+symbols) and analytical velocity (line) based on
the effective hydraulic conductivity.................................................................. 124
Figure 4-9: Measured (symbols) and computed (lines) average arithmetic and flux
BTCs for the channel structured porous medium. ............................................ 125
Figure 4-10: Dispersivity coefficients obtained by model fitting on arithmetic and
flux averaged BTCs. ......................................................................................... 127
Figure 4-11: Evolution of concentration distribution variance with time.............................. 127
Figure 4-12: Normal plot for BTCs for the statistically correlated structured porous
medium.............................................................................................................. 129
Figure 4-13: Measured (symbols) and computed (lines) average arithmetic and flux
BTCs for the statistical correlated structured porous medium.......................... 130
Figure 4-14: Fitted velocities (line+symbols) and analytical velocity (line) based on
the effective hydraulic conductivity.................................................................. 131
Figure 4-15: Dispersivity coefficients obtained by model fitting on arithmetic and
flux averaged BTCs for the correlated structured medium............................... 133
Figure 4-16: Evolution of concentration distribution variance with time.............................. 133
Figure 4-17 : Validation du maillage 140 x 25 mailles - TT4W1.......................................... 141
Figure 4-18 : Résultats des simulation réalisées avec Modflow – TT1W1. .......................... 143
Figure 4-19 : Résultats des simulation réalisées avec Modflow – TT2W1. .......................... 143
Figure 4-20 : Résultats des simulation réalisées avec Modflow – TT3W1. .......................... 144
Figure 4-21 : Résultats des simulation réalisées avec Modflow – TT4W1. .......................... 144
Figure 4-22 : Evaluation de la sensibilité de la porosité - TT1W1. ....................................... 145
Figure 4-23 : Evaluation de la sensibilité du rapport entre les dispersivités
longitudinale et transversale.............................................................................. 146
Figure 4-24 : Etude de la sensibilité de la perméabilité et la dispersivité pour les
pompages. ......................................................................................................... 146
Figure 4-25 : Validation du maillage "280 x 50" pour un même jeu de paramètres –
TT1W1. ............................................................................................................. 150
Figure 4-26 : Résultats des simulations réalisées avec Modflow – TT1W2.......................... 151
Figure 4-27 : Résultats des simulations réalisées avec Modflow – TT2W2.......................... 152
11
Liste des figures
12
Liste des tableaux
13
Introduction
Introduction
Parallèlement, 2963 sols ou nappes pollués étaient recensés en 2001 sur la métropole. La
surveillance voire la remédiation de ces sites suppose aussi que leur fonctionnement soit
connu. La mise en œuvre de pompage ou injection – pompage implique une maîtrise de ces
techniques de dépollution et de leur dimensionnement.
Faut-il encore comprendre le passage d'une échelle à l'échelle supérieure pour adapter les
propriétés au milieu étudié. En particulier dans la modélisation numérique, il est souvent
nécessaire d'attribuer une valeur de paramètre à une maille qui représente un grand volume
dans lequel le paramètre varie. La mesure de ces grandeurs implique aussi la définition d'une
échelle de mesure, qui peut être différente de l’échelle de la maille de calcul. Le changement
d'échelles est donc important dans la définition des propriétés.
15
Introduction
Cette étude fait partie du projet de recherche européen W-SAHaRA (Stochastic Analysis of
Well Head Protection and Risk Assessment) financé par le contrat n° EVK1-CT-1999-00041.
Un état de l'art dans l'utilisation des modèles physiques de laboratoire sera réalisé dans le
deuxième chapitre. Les techniques expérimentales et les protocoles d'essai de traçage seront
étudiés. Nous dresserons ensuite un inventaire des modèles physiques de laboratoire déjà
utilisés.
A partir de ces constats, nous présenterons, dans un troisième chapitre, notre modèle
physique, le MARCEAUS (Modèle d'Analyse et de Recherche sur la Contamination des
EAUx Souterraines) et les expériences que nous avons réalisées pour ces travaux.
Dans le quatrième chapitre, les résultats expérimentaux seront utilisés pour déterminer les
paramètres équivalents à l'aide de techniques numériques adaptées aux conditions aux limites.
Les valeurs obtenues seront comparées entre elles et confrontées aux résultats théoriques.
16
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
1. Introduction
Dans ce chapitre nous présenterons d’abord les paramètres et équations qui régissent
l’écoulement et le transport dans un milieu poreux, pour étudier ensuite les théories du
changement d’échelle.
2.1.1. La porosité
La porosité totale, ω [-], est le rapport entre le volume des vides et le volume total du
milieu poreux :
17
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Une partie de l’eau contenue dans le milieu poreux est liée à celui-ci. Elle ne peut pas
circuler. D’un point de vue hydrodynamique, elle peut être considérée comme une partie du
solide. Cela nous conduit à définir une porosité cinématique ou porosité efficace, ωc, liée à la
circulation des fluides :
2.1.2. La perméabilité
kρg
K= (I.3)
µ
K xx K xy K xz
K = K yx K yy K yz (I.4)
K zx K zy K zz
Dans le cas d’un milieu anisotrope avec les axes principaux d’anisotropie parallèles aux axes
du système de coordonnées, le tenseur est diagonal. Les valeurs de K varient avec le milieu
poreux et sont en général comprises entre 10-9 et 10-2 m/s.
18
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
2.1.3. La dispersion
La dispersion se traduit par l’apparition d’une zone de mélange entre deux fluides
miscibles se déplaçant dans un milieu poreux. Dans cette zone de transition, la concentration
passe progressivement de 100 à 0 %. La taille de cette zone augmente avec le temps ou la
distance parcourue par le polluant (cf. Figure 1-1).
Figure 1-1 : Schéma hydrodispersif d’un traceur, convection et dispersion (Bear, 1979).
La diffusion moléculaire
∂C
= ∇ ⋅ ( D0∇C ) (I.5)
∂t
RT
D0 = (I.6)
3π N µ d m
19
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
R est la constante des gaz parfaits, R = 8,32 kg·m2·s-2·K-1 ; N est le nombre d’Avogadro,
N = 6,023·1023 ; T est la température absolue [K] ; µ est la viscosité dynamique du fluide
[M·L-1·T-1] ; dm est le diamètre moyen des agrégats moléculaires qui diffusent [L].
La dispersion cinématique
b) il existe des fluctuations des lignes de courant par rapport à la direction principale de
l’écoulement ;
c) les dimensions des pores et de leurs ouvertures étant variables, les vitesses d’écoulement le
sont aussi.
Si le milieu est hétérogène, il faut ajouter, à une échelle supérieure, la dispersion due
aux fluctuations d'une structure géologique à l'autre.
20
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Figure 1-2 : Distribution des vitesses entre les pores (Bear, 1979).
La formule proposée pour décrire la dispersion est une loi de transfert analogue à la loi
de Fick, où la diffusion moléculaire est remplacée par un tenseur de dispersion D défini par :
U iU j
D = Dij avec Dij = δ ij αT U + (α L − αT ) (I.7)
U
Pour un milieu isotrope, le tenseur de dispersion est diagonal dans les directions
principales de l’écoulement :
DL 0 0
D = 0 DT 0 (I.8)
0 0 DT
DL ,T = α L,T U (I.9)
αL
avec 5 ≤ ≤ 100 (de Marsily, 1981).
αT
21
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
La diffusion moléculaire peut aussi être incluse dans le tenseur de dispersion (en
particulier quand la vitesse de Darcy est faible). L’équation (I.9) devient :
DL ,T = Dmp + α L ,T U (I.10)
Nous venons de définir des propriétés qui doivent être moyennées sur des volumes plus
grands que le volume de pore pour respecter l’hypothèse de continuité du milieu poreux. Le
problème est alors de définir localement ces propriétés. Pour cela deux approches existent,
l’une déterministe et l’autre statistique.
A cette échelle d’étude, le milieu poreux est équivalent à un milieu continu dans lequel
sont définies des grandeurs moyennes. La taille du V.E.R. est généralement définie par
l’apparition d’un palier dans la courbe reliant une propriété du milieu à la taille du volume
d’observation (cf. Figure 1-3).
22
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Figure 1-3 : Evolution de la fonction porosité au voisinage d’un point du milieu poreux.
Définition du volume élémentaire représentatif (Bear, 1972).
Mais rien ne permet d’affirmer que ce palier existe toujours. La taille du VER reste
donc assez arbitraire (de Marsily, 1981). Zhang et al. (2000) vérifient même
expérimentalement que cette taille varie dans l’espace et en fonction de la propriété étudiée.
Ils rectifient la définition de Bear (1972) en ajoutant à la stabilisation de la valeur moyenne un
coefficient de variation de la variable qui doit être inférieur à une valeur seuil. Les variations
spatiales de la grandeur étudiée sont mieux prises en compte, l’alternative étant le traitement
statistique des valeurs locales.
microscopique (locale) a(x) est alors définie dans un système de coordonnées cartésiennes :
Le problème du choix de la taille du VER est ici remplacé par le choix de la fonction de
pondération. Cette fonction est en fait la loi de probabilité obtenue en étudiant plusieurs
réalisations d’un même milieu. Mais, dans la réalité, une seule réalisation du milieu poreux
est, en général, disponible. La loi de distribution d’une propriété peut néanmoins être définie
dans le cas d’un milieu statistiquement homogène grâce aux hypothèses de stationnarité et
d’ergodicité.
23
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
L’hypothèse de stationnarité
L’hypothèse d’ergodicité
La loi de distribution inconnue pour l’ensemble des réalisations possibles est ainsi
obtenue à partir de la réalisation unique existante en étudiant ses variations spatiales :
lim Vn = V ( p ) (I.12)
n →∞
1
V ( p ) dp
Sn S∫n
Vn = (I.13)
Il faut donc distinguer le milieu uniforme dont les propriétés sont identiques en tout
point, le milieu homogène dont les propriétés statistiques vérifient les conditions de
stationnarité et d’ergodicité et le milieu hétérogène qui ne possède pas ces propriétés et
comporte des discontinuités.
24
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
2.3.1. L’hydrodynamique
L’hydrodynamique d’un milieu poreux est régie d’une part par la loi de Darcy :
q = − K ∇h (I.14)
∂h
∇⋅q + s = f (I.15)
∂t
( )
∇ ⋅ K ∇h + f = s
∂h
∂t
(I.16)
Les conditions aux limites permettant d’intégrer cette équation sont de trois types :
Conditions de Dirichlet, la charge est imposée,
Conditions de Neumann, le flux est imposé,
Conditions de Cauchy ou conditions mixtes, le flux est imposé en fonction de la charge.
∂C
( )
−∇ ⋅ Cq = ω c
∂t
(I.17)
25
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
En ajoutant le phénomène de dispersion, il est admis que toute la phase liquide est
concernée par les variations de concentration. La porosité totale remplace donc la porosité
cinématique et l'équation d'advection – dispersion est obtenue pour un soluté conservatif :
(
∇ ⋅ D ∇C − CU = ) ∂C
∂t
(I.18)
Les conditions aux limites sont du même type que pour l’écoulement.
L’intégration de ces équations implique souvent d’avoir une valeur unique pour les
paramètres tels que la porosité, la perméabilité et la dispersivité et ce soit à l'échelle du
domaine dans le cas d'une solution analytique, soit à l'échelle d'une maille dans le cas d'une
modélisation numérique. L’échelle considérée et la notion de paramètres équivalents prennent
alors toute leur importance.
Chaque échelle est donc de la taille d’un volume élémentaire représentatif de l’échelle
supérieure. Par exemple, une valeur ponctuelle d’une grandeur à l’échelle locale est définie
par une moyenne de cette grandeur sur un volume dont les dimensions caractéristiques sont de
l’ordre de l’échelle de laboratoire.
26
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
En 1977, Sauty publie une série d’abaques permettant de déterminer les paramètres de
dispersion d’un milieu poreux à partir des essais de traçage. Il observe aussi la possibilité
d’assimiler un milieu hétérogène à un milieu homogène équivalent dès que la distance de
traçage est assez grande. Il est alors question de perméabilité équivalente et de
macrodispersion. La première correspond à une perméabilité moyenne du milieu tandis que la
deuxième est causée par la variance des vitesses locales liées aux hétérogénéités locales.
27
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
3.3.1. Présentation
Les paramètres obtenus (vitesse de pore et dispersivité) ne sont plus alors considérés
comme des valeurs locales de ces grandeurs, mais comme un échantillonnage de la variable
associée. Des valeurs équivalentes de ces paramètres, définies comme les valeurs
correspondant à un milieu poreux homogène soumis aux mêmes conditions aux limites, sont
obtenues en moyennant ces valeurs locales.
Dagan et Indelman (1999) proposent une solution analytique dans le cas d'une
injection–pompage en régime permanent dans un milieu statistiquement homogène infini et
anisotrope (e<0,2). Le temps est mis sous forme adimensionnelle :
Qt
t' = (I.19)
π ω l2 h
28
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
C θ ( t ')
( t ') = (I.20)
Co π
1 − θ cot θ
t ' (θ ) = (I.21)
sin 2 θ
L’étude montre que l’effet des hétérogénéités est semblable à celui de la dispersion
locale : le traceur arrive plus tôt, avec une courbe de concentration à la sortie du puits plus
étalée qu’en milieu homogène.
Carlier (2002) étend cette solution en prenant en compte des conditions aux limites à
flux nul. Il considère deux limites imperméables parallèles et équidistantes d'un doublet
d'injection – pompage (cf. Figure 1-4) et introduit un paramètre adimensionnel λ caractérisant
cette configuration :
lπ
λ= (I.22)
a
avec l la distance entre les puits [L] et a la distance entre les limites imperméables [L].
t ' (θ ) =
(θ cot θ − 2λ coth 2λ ) sinh 2 ( λ )
(I.23)
λ ( cos θ − cosh 2λ )
2 2 2
29
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Il calcule aussi de manière explicite le temps de percée, i.e. le temps d'arrivée de la première
particule de traceur au puits de pompage. Ce temps, mis sous forme adimensionnelle, n'est
fonction que du nombre λ :
t ' percée =
( 2λ coth ( 2λ ) − 1) sinh 2
λ
(I.24)
λ sinh ( 2λ )
2 2
2θ
t ' (θ ) = (I.25)
π sin 2θ
2
30
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Ils concernent surtout les régimes d’écoulement uniforme et que peu de résultats existent pour
les écoulements radiaux.
De nombreux auteurs ont vérifié que la perméabilité effective Kef est toujours comprise
entre les bornes de Wiener, i.e. la moyenne arithmétique Ka et la moyenne harmonique Kh des
perméabilités locales :
K h ≤ K ef ≤ K a (I.26)
Cette inégalité fondamentale (I.26) est à l’origine de plusieurs études dont le but est de
borner la perméabilité équivalente et de proposer une formulation pour le calcul de celle-ci.
Citons tout d’abord les bornes de Cardwell et Parsons (Cardwell et Parsons, 1945) :
la moyenne arithmétique des moyennes harmoniques des perméabilités locales calculées
sur l’axe parallèle à l’écoulement principal (selon x) pour la borne inférieure [Link] (cf.
Figure 1-6) :
(
KC . P . min = µaz µay ( µhx ) ) (I.27)
(
KC . P . max = µhx µay ( µaz ) ) (I.28)
31
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
D’après Renard et al. (2000a), Le Loc’h propose de prendre la moyenne géométrique des ces
bornes KC.P. comme estimation de la perméabilité équivalente :
K euu = ( K max ) (K )
uu α uu 1−α
min (I.30)
32
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
uu
avec du et dv les tailles de mailles de la grille dans les directions u et v, et K le rapport
K vv
d’anisotropie des perméabilités locales. Une alternative à cette méthode est la méthode de
renormalisation tensorielle proposée par Gautier et Noetinger (1997) qui permet de calculer
tous les termes du tenseur de perméabilité. Renard et al. (2000a) montrent que ces deux
méthodes de renormalisation sont plus efficaces que d’autres méthodes d’estimation rapide de
la conductivité équivalente.
lh
D−
li
αi = (I.33)
D
1
1 1 p
= ∫ K ( x ) dV avec p ∈ [ −1,1]
p
µp = K p p
(I.34)
V V
33
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Cette formulation inclut les bornes de Wiener : la moyenne harmonique quand p vaut –1, la
moyenne arithmétique quand p vaut 1. Nœtinger (1994) utilise cette méthode et propose une
formulation de p dans le cas d’un milieu statistiquement homogène et isotrope :
2
p = 1− (I.35)
D
1 1
K e = K g exp σ Y2 − (I.36)
2 D
1 1
K e = K g 1 + σ Y2 − (I.37)
2 D
1 λ e2 1 1
K e = K g 1 + σ Y2 − avec λ= 2
tan −1 2 − 1 − 1 (I.38)
2 2 1− e e 1− e 2 e
σ2
Ainsi, dans le cas d’un milieu isotrope, e=1 et K e = K g 1 + Y . Dans le cas d’un milieu
6
parfaitement stratifié (e=0), la moyenne arithmétique des conductivités est retrouvée pour un
écoulement parallèle aux strates.
Tef = B K ef (I.39)
34
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
B est l'épaisseur de l'aquifère. Tartakovsky et al. (1999a) montrent que cette relation entre la
transmissivité et la perméabilité équivalentes n'est valable que pour un milieu faiblement
hétérogène (σ Y2 1) et une longueur de corrélation verticale lv négligeable devant l'épaisseur
le cas général :
Tef 1 − 2β 2
B Kg
= 1−
2
σY avec β = λv2 ( )
π λv−1 erf ( λv−1 ) + exp ( −λv−2 ) − 1 et λ =
lv
B
(I.40)
Enfin, Tartakovsky et al. (1999b) montrent que, même avec un gradient de charge
uniforme dans un milieu gaussien isotrope, une seule valeur de perméabilité équivalente ne
peut être définie. Pour un milieu bidimensionnel, ils proposent une solution analytique de la
perméabilité équivalente qui est, en approximation au premier ordre, un tenseur non
symétrique à diagonale dominante. Le caractère non-symétrique est causé par les conditions
aux limites. Quand la taille du domaine grandit, ils retrouvent les résultats précédents, i.e. les
termes diagonaux du tenseur tendent vers la moyenne géométriques des perméabilités locales
tandis que les autres termes tendent vers zéro.
erf ( u ) − erf ( u0 ) 1 1 1
−1
K app ( x) = − + (I.41)
erf ( u1 ) − erf ( u0 ) K h1 K h2 K h1
avec :
x− β − β 1− β
u= ; u0 = ; u1 = (I.42)
2 σβ 2 σβ 2 σβ
35
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
et K hi la moyenne harmonique des perméabilités locales du milieu Ωi. Cette formule est
Dagan (1989) explique que la convergence des lignes de courant due à l’écoulement
radial entraîne une diminution du flux moyen, d’où une conductivité équivalente plus faible.
Ainsi, la perméabilité équivalente tend vers la moyenne harmonique des perméabilités locales
Kh à proximité du puits et vers la moyenne géométrique Kg à une distance suffisamment
grande pour considérer l’écoulement uniforme. Les résultats numériques de Neuman et Orr
(1993) confirment cette théorie. Sanchez-Vila (1997) retrouve aussi ces résultats et estime la
distance d'établissement de la valeur asymptotique à 1,5 – 2 échelles intégrales pour un
modèle gaussien et 3 à 5 échelles intégrales pour un modèle exponentiel.
Naff (1991) trouve que la perméabilité équivalente est toujours égale à la moyenne
arithmétique des perméabilités locales à proximité du puits. Elle est constante pour un milieu
tridimensionnel stratifié et tend vers la moyenne harmonique pour un milieu bidimensionnel
quand la distance au puits augmente.
Desbarats (1992) étudie le cas d’un puits au débit imposé placé au centre d’un champ
carré avec des hauteurs fixées comme conditions aux limite. Il rappelle que la conductivité
équivalente tend vers la moyenne géométrique loin du puits, est quasi-constante et égale à la
moyenne harmonique à quelques échelles intégrales de celui-ci et tend vers la moyenne
arithmétique à proximité de lui. Il propose une expression de la transmissivité équivalente TS,
à proximité d’un puits de rayon rw pour une surface S de rayon rs :
1 ln T ( x ) r
ln (TS ) = ∫ dx avec W = 2π ln s (I.43)
W S r ( x)
2
rw
36
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Il souligne néanmoins que cette solution est contradictoire avec les résultats de Naff (1991). A
partir de celle-ci, il propose une expression de la transmissivité dans le cas d’un doublet
d’injection – pompage (Desbarats, 1993) :
1 1 1 1
= + (I.44)
TI 2 TSi TSp
avec TI, la transmissivité équivalente du système, TSi et TSp, les transmissivités calculées en
considérant uniquement l’injection d’une part et uniquement le pompage d’autre part.
K eq = K a (1 − ξ ) + K efuξ (I.45)
ln r
lh rw r
ξ = pour < 0, 2 et 1
ln r lh lh
rw
(I.46)
r rw
ξ → 0 et K eq → K a pour lh
fixé et
lh
→0
rw r
ξ → 1 et K eq → K efu pour lh
fixé et
lh
→∞
Plus récemment, Riva et al. (2001) ont proposé une expression analytique de la
transmissivité équivalente Teq à proximité d'un puits de pompage en régime permanent, situé
au centre d'un milieu aléatoire hétérogène cylindrique de rayon L :
−1
Teq ( r ' ) 1 π L2 2 r ' L2
= 1 + σ Y2 − + exp − r' + I
2 K
(I.47)
8π lh
2
Tg 2 4 lh
37
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
r
avec Tg la moyenne géométrique des transmissivités locales, r ' = le rayon normalisé, lh la
L
longueur de corrélation et IK une intégrale définie par les auteurs.
Au niveau du puits cette solution est égale à la moyenne harmonique des perméabilités
locales. Pour des distances intermédiaires, elle croît vers la moyenne géométrique à mesure
que la taille du domaine grandit devant la longueur de corrélation. Pour les grandes distances,
elle continue de croître et décroît à proximité de la condition au limites de Dirichlet (à r'=1)
vers une valeur supérieure à la moyenne géométrique.
3.4.2. La macrodispersion
Si la dispersion transversale, ainsi que la diffusion moléculaire, est nulle, le régime fickien
ne s’établit pas et la dispersion longitudinale n’a pas d’asymptote.
Pour une valeur finie et non nulle de la dispersion transversale, la dispersion longitudinale
croît vers une valeur asymptotique quand la distance de transport tend vers l’infini.
L’équation d’advection – dispersion n’est valable que lorsqu’un régime fickien est atteint
et que la dispersion s’approche de sa valeur asymptotique, donc suffisamment loin de la
source.
38
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
σ x2
AL = (I.48)
2d
1 dX ii
Macrodispersivité effective : Aii = (I.49)
2U dt
1 X ii
Macrodispersivité apparente : Aii = (I.50)
2U t
tU
Pour les petits temps de séjour 1 , i.e. tant que le traceur n’a pas parcouru
lY
suffisamment d'échelles intégrales ou longueurs de corrélation lY dans le cas d'une loi de
39
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
8 2 22 1 2 22
X 11 → σY U t et X 22,33 → σY U t (I.51)
15 15
Pour les temps de séjour plus grands, les deux macrodispersivités, effective et apparente,
tendent vers une même limite asymptotique :
Gelhar et Axness (1983) incluent la dispersion locale dans leur calcul des valeurs
asymptotiques de la macrodispersivité. Dans le cas isotrope, ils obtiennent :
σ Y2 lY
A
L =
γ2
(I.53)
A = σ Y α L 1 + 4 αT
2
T 15γ 2 α L
αT ⋅ lY 1
Dans le cas anisotrope, avec lY 1 , lY 2 lY 3 et r* = 1 , leurs résultats deviennent :
lY2 3
1
A11 = 1,311 r*
2
σ Y2 lY2 3
γ 2 αT
0,599 σ Y2 αT lY2 3
A22 = 1
(I.54)
γ 2 lY2 2 r* 2
A33 = 0,656 σ Y αT
2
3
γ 2 r* 2
αT lY 1
Si r* = 1 , alors :
lY2 3
40
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
σ Y2 lY 1
A = (1 − r* )
11
γ 2
σ Y2 αT lY2 3
A22 = (I.55)
γ 2 lY2 2
σ2α
A33 = Y 2 T
γ
Ke
avec γ = , défini par l’équation (I.38).
Kg
Zhan et Wheatcraft (1996) étendent ces résultats aux milieux fractals en introduisant le
concept d'échelle intégrale maximale Lmax. Cette échelle de référence est délimitée par les
limites de flux nul :
avec Lx, Ly, Lz, les distances entre les limites de flux nuls dans les directions x, y et z [L]. Par
exemple, pour un aquifère infini dans les directions horizontales, Lmax est égale à Lz la hauteur
de l'aquifère.
σ Y2 π 8 − 2 D Lmax
AL = (I.57)
γ 2 2 9 − 2 D 2π
Ke
avec D la dimension fractale du milieu et avec γ = .
Kg
Comme pour les perméabilités équivalentes, les formules définies ci-dessus sont
valables avec un régime d’écoulement uniforme mais sont souvent utilisées dans le cas
général. Il convient de se demander quelle est leur validité en écoulement radial.
41
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
Indelman et Dagan (1999) étudient le cas d'un puits d'injection dans un milieu
tridimensionnel et trouvent une macrodispersivité asymptotique trois fois plus petite pour un
puits vertical, cinq fois pour une source ponctuelle, que leur résultat (I.52) en écoulement
uniforme.
Maugis et al. (2002) s’appuient sur des développements théoriques et numériques pour
montrer que la dispersivité est très dépendante de la proximité de conditions aux limites et des
régimes d’écoulement non-uniforme. Par exemple, dans le cas du dipôle d’injection –
pompage, la dispersion est plus faible quand le débit, plutôt que le rabattement, est imposé.
Finalement, ils observent que l’hypothèse de l’écoulement uniforme est acceptable dans le cas
du pompage. La dispersivité longitudinale déterminée avec un pompage peut-être utilisée en
écoulement uniforme. L’extension au doublet est plus problématique : la relation entre les
paramètres obtenus avec chaque approche reste encore à établir afin de pouvoir utiliser les
résultats d’un essai de traçage dans le cas général.
4. Conclusion
La définition d’un paramètre effectif, indépendant des conditions aux limites, nécessite
l’observation d’un milieu statistiquement homogène, i.e. suffisamment grand pour vérifier les
conditions de stationnarité et d’ergodicité. Cette hypothèse est incompatible avec l’étude de
42
Chapitre 1 : Notions de bases et théorie des changements d’échelle
zones locales, proches des conditions aux limites. L’étude expérimentale de l’influence des
conditions aux limites sur les grandeurs caractérisant leur environnement proche est ainsi
justifiée.
Enfin, pour appliquer ces formulations théoriques à des cas rééls, il faut disposer des
lois de distribution des propriétés, i.e. les déterminer à partir de mesures des paramètres.
Interviennent alors l’échelle de mesure ainsi que le protocole expérimental. C’est pourquoi le
Chapitre 2 présente un état de l’art des techniques expérimentales qui permettent de
déterminer les paramètres de l’écoulement et du transport en milieu poreux.
43
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
1. Introduction
Renard et al. (2001) mettent en avant l’erreur commise sur la valeur de la perméabilité
lorsqu'elle est mesurée avec un perméamètre qui ne tient pas compte de l’anisotropie du
milieu. La notion d’échelle et la technique expérimentale apparaissent être des facteurs
importants dans la valeur des paramètres déterminés. Les études à grande échelle, dans le
milieu naturel, sont difficiles à mettre en œuvre, peu précises et coûteuses. L’étude du
changement d’échelle, de l’effet des hétérogénéités, des phénomènes de dispersion et le
développement de techniques expérimentales ont donc trouvé leur place au laboratoire.
Les conditions expérimentales y sont mieux contrôlées (Huang et al., 1995) : les
mesures peuvent être plus précises et moins coûteuses, les phénomènes non souhaités
(sorption, compression, ...) évités, plusieurs échelles d’observation sont possibles et les
expériences peuvent être reproductibles. Ainsi, les « expériences à échelle intermédiaire »
(Silliman et al., 1998) sont intéressantes pour affiner une théorie avant les essais de terrain
(Sternberg et al., 1996).
45
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Des billes de verre (Sternberg et Greenkorn, 1994 ; Sternberg et al., 1996) à la carotte
de milieu naturel intact (Khan et Jury, 1990 ; Nelson et al., 2003) en passant par les milieux
constitués de différentes granulométries de sables et argiles (Huang et al., 1995), différents
types de milieux poreux sont utilisés, en particulier dans les installations mono-
dimensionnelles. D’un côté, les billes de verres permettent une plus grande reproductibilité et
un meilleur contrôle des expériences. De l’autre, les carottes prélevées dans le sol assurent
une meilleure représentation de la réalité. Les cuves expérimentales bi ou tridimensionnelles
sont en général remplies avec un agencement de sables ayant les caractéristiques voulues.
46
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Pour construire physiquement de tels modèles, un milieu ayant les propriétés voulues
(loi de covariance, perméabilité moyenne) est d’abord modélisé à l’aide d’un générateur de
champ gaussien selon le maillage du modèle physique à construire. En général, celui-ci est
construit avec des blocs de sable parallélépipédiques. Une répartition continue des
perméabilités est ainsi obtenue. L’ensemble de ces valeurs est ensuite réparti en classes dont
les médianes sont les perméabilités des sables disponibles au laboratoire. La perméabilité de
chaque bloc est remplacée par la médiane de sa classe. Le variogramme du nouveau champ de
perméabilités est calculé pour vérifier qu’il présente bien les propriétés voulues. Enfin, le
modèle est construit en respectant le champ de perméabilités ainsi créé.
Pour remplir le modèle physique avec les différents milieux poreux, plusieurs
techniques existent. La première consiste à utiliser des blocs de sable saturés en eau et
congelés pour maintenir la cohésion des blocs et permettre leur manipulation (Silliman et al.,
1998). Les blocs sont ainsi découpés et agencés de manière à reproduire le champ réalisé
précédemment. La deuxième méthode consiste à remplir le modèle couche par couche en
séparant les blocs avec de fines plaques (Silliman et Simpson, 1987 ; Ruch, 1992 ; Silliman et
al., 1998). Le sable est versé humide dans les blocs déjà remplis d’eau pour assurer la
saturation et la cohésion du milieu (cf. Figure 2-1). Quand une couche est finie, les plaques
sont retirées et la couche est compactée.
47
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Figure 2-1 : Remplissage du modèle physique MARCEAUS avec des grilles de séparation.
Une fois le milieu poreux installé dans le modèle physique, il doit être maintenu dans
des conditions évitant le développement de biofilms, qui peuvent entraîner une chenalisation
des écoulements. Le transport dans un milieu rempli de biofilms se déroule comme celui dans
une roche fracturée : les vitesses et les coefficients de dispersion sont alors plus élevés (Sharp
et al., 1999).
Les essais de traçage sont réalisés soit en écoulement uniforme, soit en écoulement
radial (pompage simple ou doublet d’injection – pompage). L’écoulement naturel d’une nappe
est uniforme. Dans ces champs de grandes dimensions, les essais de traçage sont coûteux à
réaliser et les incertitudes sur les mesures et sur la connaissance du terrain sont grandes. Les
essais en écoulement radial ont ainsi été développés pour réduire le champ de mesure à la
zone de capture du puits. De plus, dans le cadre de la protection des captages d’eau potable ou
de la dépollution des sols, il s’agit souvent d’étudier une zone où la nappe subit un
écoulement radial. Les abaques proposés par Sauty (1977) traitent des deux types
d’écoulement. Ptak et Schmid (1996) soulignent les avantages des expériences en écoulement
radial : la faible durée des expériences, l’effet réduit du gradient naturel et un meilleur bilan
de masse.
48
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
L’étude théorique a révélé que les paramètres équivalents sont fonctions des conditions
aux limites de l’hydrodynamique dès que le milieu n'est pas statistiquement homogène. Il
existe des résultats qui permettent de calculer la perméabilité équivalente en écoulement
radial en fonction de celle calculée pour l’écoulement uniforme (cf. équation (I.45)). De
même, il semble possible d’utiliser une même valeur de dispersivité pour des régimes
d’écoulement différents. Mais l’utilisation de ces résultats nécessite des conditions
particulières et une certaine distance entre la zone étudiée et les conditions aux limites.
Par conséquent, pour généraliser le changement d'échelle, il faudrait établir des relations
entre les paramètres équivalents déterminés pour un même milieu mais des conditions aux
limites différentes.
Est appelée traceur d’une population dont l’évolution est étudiée, toute substance ayant
un comportement identique à celle-ci et possédant un caractère permettant de l’identifier.
49
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Les traceurs fluorescents ont fait l’objet de plusieurs études comparatives (Smart et
Laidlaw, 1977 ; Sabatini et Al Austin, 1991 ; Ptak et Schmid, 1996 ; Gutierrez et al., 1997 ;
Käss, 1998)
Ils présentent plusieurs avantages : ils ont un seuil de détection très faible et sont peu
sensibles aux variations de température et de salinité. En revanche, la mesure de concentration
nécessite un prélèvement. Ptak et Schmid (1996) ont ainsi mis au point en un dispositif de
mesure à base de fibre optique offrant une meilleure précision spatiale et temporelle de la
mesure. Les traceurs fluorescents sont aussi sensibles à la lumière et au pH. Il existe plusieurs
traceurs fluorescents ayant des propriétés différentes. Par exemple, la fluorescéine peut être
considérée comme un traceur parfait, sans adsorption (Sabatini et Al Austin, 1991) alors que
la rhodamine WT présente un facteur de retard dû à l’adsorption (Ptak et Schmid, 1996).
Ces caractéristiques font que les traceurs fluorescents sont surtout utilisés pour les
essais sur le terrain. Il faut alors tenir compte de la fluorescence naturelle et de la turbidité de
l’eau.
Les traceurs ioniques les plus courants sont les chlorures (NaCl ou KCl). Pourtant il
existe peu d’études établissant les qualités de ces derniers. Ils sont le plus souvent détectés à
l’aide d’une mesure de conductivité électrique qui peut-être réalisée directement dans le sol en
insérant des électrodes dans le milieu poreux. La relation entre la conductivité électrique et la
concentration est linéaire pour les faibles concentrations (Richards, 1954). De plus, la mesure
de la conductivité électrique est possible sur un échantillon mais aussi in situ dans le milieu
poreux (Blanc, 1967). Ces mesures sont assez précises, facile à mettre en œuvre et peu
coûteuses. Il n’y a pas de phénomène d’adsorption. En revanche, la conductivité électrique
varie avec la température et les électrodes nécessitent un étalonnage in situ à cause de
l’influence du milieu poreux et de la conductivité initiale de l’eau. De plus, les concentrations
utilisées doivent rester faibles pour éviter une trop grande modification des écoulements,
générée par les gradients de densité et de viscosité.
50
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Pour tenir compte de l’effet de ces contrastes de densité, Barth et al. (2001) proposent
un nouveau critère. Ils généralisent le critère α1 proposé pour les milieux homogènes par
Oostrom et al. (1992) au cas des milieux hétérogènes (α2) :
K ∆ρ
ρ
α1 = (II.1)
q
∆ρ
ρ
α =
'
1 (II.2)
J
∆ρ
ρ
α2 = (II.3)
J − 2σ J 1
avec K, la perméabilté du milieu homogène [L/T], ∆ρ, la différence entre la masse volumique
du traceur et celle de l’eau [M/L3], ρ, la masse volumique de l’eau [M/L3], q la vitesse de
Darcy [L/T], J le gradient hydraulique moyen dans le milieu poreux et σJ, la variance de J
dans la direction principale de l’écoulement. Le facteur 2 provient de l’utilisation d’un
intervalle de confiance à 95 %.
Les études expérimentales font apparaître une valeur critique pour ces paramètres égale
à 0,3 : pour αi > 0,3 , le contraste de densité a une influence sur le transport. Le soluté n’est
plus un traceur. De plus, le contraste de densité a d’autant plus d’effet sur le transport que le
milieu poreux est hétérogène (σJ augmente).
Dans l’essai de traçage, la mesure de concentration doit être corrélée aux conditions aux
limites que sont les débits et les hauteurs piézomètriques. La mesure de ces paramètres
apporte aussi son lot d’informations. Plusieurs études ont été réalisées afin d’optimiser les
résultats obtenus à partir de ces mesures.
51
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
K f b f ∆ (Qi − Qa ) j
Kj = (II.4)
Qp bj
Une méthode semblable d’échantillonnage entre obturateurs avait déjà été utilisée par
Ackerer (1985) pour déterminer la distribution verticale des vitesses d’écoulement et de
concentration d’un contaminant au droit d’un sondage.
52
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
gradient par piézomètre. Pour une répartition aléatoire des piézomètres dans une grille
uniforme, ce coefficient tombe à 0,33.
En revanche, les réseaux qui tiennent compte du changement d’échelle, telles que les
fractales, semblent mieux convenir à ce genre d’étude. Ainsi, une répartition des piézomètres
établie à partir d’une poussière de Cantor modifiée a permis d’obtenir un taux d’efficacité
de 1,2.
Une fois l’essai de traçage réalisé, les paramètres ne sont pas déduits directement :
différentes méthodes ont été mises au point pour les interpréter. Nous présentons ici les
méthodes les plus utilisées : la méthode du t0,5 et celle des moments pour les méthodes
directes, la modélisation numérique et l’approche stochastique pour les méthodes indirectes.
∂C ∂ 2C ∂C
= DL -U (II.5)
∂t ∂x 2
∂x
Dans le cas d’une injection continue d’un traceur et pour les conditions initiales et aux limites
suivantes, la solution analytique de cette équation est donnée par Ogata et Banks (1961) :
C ( x,0 ) = 0 ; C ( 0, t ) = C0 ; C ( ∞, t ) = 0
C ( x, t ) 1 x − Ut Ux x + Ut (II.6)
= +
2 D t
C erfc exp erfc
2 2 D t D
0
L L L
u
2
∫
2
erfc(u ) = 1 − e − v dv (II.7)
π 0
A t donné, en négligeant le second terme, cette solution est une distribution normale de
moyenne m = Ut et d’écart-type σ = 2 DLt . Fried et Combarnous (1971) proposent
53
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
d’utiliser les termes d’une telle loi pour déterminer la vitesse moyenne de pore U et le
coefficient de dispersion longitudinale DL qui sont liés par la relation :
2
1 x − U ⋅ t0,16 x − U ⋅ t0,84
DL = − (II.8)
8 t0,16 t0,84
avec tr ( r ∈ { 0,16 ; 0,5 ; 0,84 }) le temps pour lequel la concentration réduite atteint la
Figure 2-2 : Détermination des temps t0,16, t0,5, t0,84 pour le calcul de U et αL
Si la zone de transition est petite par rapport à la distance entre les points d’injection et
d’observation, t0,16 et t0,84 peuvent être approchés par t0,5. La relation (II.8) devient :
U 2 ( t0,84 - t0,16 )
2
DL = (II.9)
8 t0,5
d
U= (II.10)
t0,5
d T2 t0,84 − t0,16
αL = 2 avec T = (II.11)
2 t0,5 2
54
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
υ=
( x − Ut ) (II.12)
2t
La pente de la droite ainsi obtenue est le coefficient de dispersion. Cette méthode graphique
est fort utile pour vérifier que la distribution des concentrations est normale et observer les
variations du coefficient de dispersion et les effets d’échelle.
Cette méthode est basée sur l’assimilation de la courbe de réponse C(t), une fois
normée, à la distribution des temps de séjour (DTS), au sens de la théorie des distributions.
Elle consiste à calculer les moments d’un signal choisi comme signal d’entrée e(t) et ceux de
la réponse correspondante s(t) et d’en déduire la vitesse et la dispersivité. Par définition, le
moment d’ordre p de e(t) s’écrit :
∞
X P ( e(t ) ) = ∫ t p e(t )dt (II.13)
0
d
U= (II.15)
X 1 ( s)
σ 2 ( s) ⋅U 2
αL = avec σ 2 ( s ) = X 2 ( s ) - X 12 ( s ) (II.16)
2d
55
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Ces relations sont établies pour une injection de type impulsion. En pratique, la
réalisation d’un signal d’entrée de ce type est difficile. La théorie des systèmes linéaires
permet d’étendre la méthode des moments aux signaux d’entrée quelconques à condition
qu’ils soient connus. s(t) et e(t) sont alors reliés par le produit de convolution :
t t
s (t ) = e(t ) ⊗ ϕ (t ) = ∫
0
ϕ (t )e(t − τ )dτ = ∫ ϕ (t − τ )e(t )dτ
0
(II.17)
Cette relation découle du fait que e(t) peut être décomposé en une succession continue
d’injections impulsion de poids e(τ)dτ effectuées à des instants t successifs. Chacune de ces
impulsions contribue pour ϕ(t-τ)e(τ)dτ au signal s(t).
Dans la pratique, le signal d’entrée est égal à la concentration mesurée au point d’injection du
traceur et le signal de sortie, égal à la concentration relevée au point de mesure considéré.
Pour respecter le bilan de masse et pouvoir comparer les signaux, le moment d’ordre 0 doit
être le même pour e(t) et s(t). X0 est utilisé pour normer les autres moments et respecter la
condition (II.14). Les formules de la vitesse et la dispersivité deviennent :
d ⋅ X0
U= (II.18)
X1 ( s ) − X1 ( e)
αL = ⋅ (II.19)
( X1 ( s) − X1 (e))
2
2
Cette méthode est peu précise à cause de la présence du terme t² dans le moment d’ordre
2 qui donne plus de poids aux mesures faites aux temps longs. Ainsi, le début de l’essai de
traçage, où la concentration augmente, a moins de poids que les mesures suivantes du palier
ou des faibles concentrations de la fin de l’essai alors que c’est la partie la plus importante
pour déterminer les paramètres. De plus, l’impact des erreurs et du bruit de mesure est
d’autant plus important que la concentration mesurée est faible.
56
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
est amplifié par la dérivée : les changements de pente dues aux oscillations se traduisent par
une alternance de valeurs négatives et positives élevées dans la dérivée.
La méthode des moments, appliquée ici dans le temps, peut aussi l’être dans l’espace.
La concentration est exprimée en fonction de la position à un temps donné. Les moments
d’ordre 1 donnent alors le déplacement moyen dans chaque direction. Cette méthode est
moins utilisée car il est plus facile de mesurer la concentration à différents temps en un point
donné que de mesurer la concentration en plusieurs points du domaine à un temps donné.
Les méthodes indirectes sont des méthodes d’optimisation de paramètres qui cherchent
à minimiser l’écart entre les valeurs mesurées et celles calculées par le modèle numérique ou
analytique choisi. Dans ce but, une fonction objectif, en général égale à la somme des carrés
des écarts, est définie. L’optimisation se résume alors à un problème de minimisation de la
fonction suivante :
2
m
y − y ( xi ; a1 , a2 ,., am )
χ = ∑ i
2
(II.20)
i =1 σi
Le fait de diviser chaque écart entre valeur mesurée et valeur calculée par l'erreur de mesures
permet de donner une moindre importance aux valeurs imprécises, chacune étant pondérée en
fonction de sa qualité.
A chaque itération, un terme correctif est ajouté à (ai) de telle sorte que : χ² (ak+1) < χ²(ak)
avec ak+1 = ak +δak.
57
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Les itérations sont arrêtées lorsque χ² (ak+1) - χ²(ak)< ε (critère de convergence).
Pour le calcul des termes correctifs δak, la méthode de Marquardt est souvent utilisée.
Elle consiste à combiner la méthode de la plus grande pente et celle de Newton :
−1 ∂χ 2
2
(
∆a = −λ . I + −∇ χ
k
2
. )
∂ak
(II.21)
Cette méthode présente plusieurs avantages. Elle tient compte des erreurs de mesure.
Elle est valable quelque soit le signal d'entrée. Elle est peu sensible aux valeurs nulles ou
interpolées. Enfin, elle permet une estimation de l'incertitude avec laquelle les paramètres sont
déterminés (Bard, 1974).
Pour utiliser ou valider ces méthodes, des essais de traçage sont réalisés au laboratoire.
Les modèles physiques utilisés sont nombreux et varient en fonction du problème étudié. Ce
travail est l’occasion de les recenser.
58
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Pour présenter cette synthèse, nous avons choisi de classer les modèles physiques en
fonction de leurs dimensions caractéristiques.
59
Dimensions Vitesses Dispersivités
Référence Milieux poreux Porosités Perméabilités (cm/min) Traceurs
(cm) (cm/min) (cm)
Nguyen et al., L = 600 Milieu naturel 0,3 Non Communiqué Strontium, iodide q=2,8E-3 De 0 à 50
1990 Φ = 300 reconstitué
Khan et Jury, L = 87 ; 43,5 ; Milieu naturel intact Non Non Communiqué CaCl2 q=2880 ; 5760 ; De 0,051 à
1990 21,8 ou reconstitué Communiqué 11520 26,992
Zhang et al., 125 x 10 x 10 Graviers 0,33 Non Communiqué NaCl U= 0,568; De 0,1 à 5,0
1994 sables grossiers à 0,37 0,646 De 2,8 à 243
fins, argiles 0,45
Huang et al., U= 0,58 ; 1,03 De 0,1 à 0,5
1995 0,35 De 3 à 200
Sternberg et L = 30,5 ; 61 ; Billes de verre Non 0,80 ; 1,26 ; 1,48 ; 1,79 ; 2,98 ; 4,91 KCl U≈ 0,66 ; 0,96 De 1,7E-2
Greenkorn, 122 149 µm ; 250 µm ; Communiqué ; 13,53 à 6,1E-2
1,5
1994 Φ = 3,18 cm 595 µm
Sternberg et al., 163 µm 0,34 0,49 ; 0,94 ; 0,95 ; 1,02 ; 1,06 ; 1,07 1,87 ; 2,67 ; Non
1996 95 µm ; 8,89 4,27 cm3/min Communiqué
Irwin et al., L = 244 Billes de verre 0,33 ; 0,38 ; 1,14 ; 2,22 KCl De 1,87 à 5,33 De 5,08
1996 Φ = 3,18 d ∈ [88 ;840µm] 0,37 1,04 cm3/min à 10,2
Rashidi et al., L = 23,5 Billes de verre 0,48 Non Communiqué Microsphères de U = 0,151 0,12
1996 Φ = 4,5 Φ = 0,31 cm latex fluo. [0,15 ; 0,30]
Delay et al., L = 60 ;120 Silice (d = 2 mm) 0,414 72 Uranine De 16 à 70 De 0,7 à 0,13
1997 Φ=5 cm3/min
Litière pour 0,73 (totale) 90
chat Catsan 0,25 (solide)
Welty et L = 520 Milieux hétérogènes Non <ln(k)>=-13,5 ; lY=15 cm ; σY²=0,24
Pas de transport
Elsner, 1997 Φ = 5,08 aléatoires. 13 sables. Communiqué <ln(k)>=-13,6 ; lY=16 cm ; σY²=0,90
3
Nelson et al., L = 15 ; Milieu homogène 0,39 Non Communiqué H2O ; CaBr2 ; U=0,33 ; 1,0 1,4
2003 φ = 2,5 reconstitué. d<2 mm PFBA ; HPCD ; 0,42 ; 0,45
fluorescéine
L = 7,62 ; milieu naturel 0,4 Non Communiqué U = 0,025 ; 5,9 ; 8,5
φ = 5,08 intact 0,25 4,8 ; 7,2 ; 21
Tableau 2.1 : Présentation synthétique des modèles physiques de laboratoire 1D.
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Les colonnes utilisées pour les expériences ont, en général, une longueur de l’ordre du
mètre et un diamètre inférieur au décimètre. Pour se rapprocher des conditions de terrain,
Nguyen et al. (1990) ont utilisé une colonne plus grande (L=6m ; Φ = 3m). De même, Welty
et Elsner (1997) ont construit une colonne qui, avec une longueur de 5,20 m, atteint aussi les
limites de l’échelle de laboratoire.
Les expériences sont réalisées en régime permanent avec des mesures de débit, de
piézométrie et de concentration. L’étude du phénomène de dispersion et de l’effet d’échelle
amène les auteurs à créer toutes sortes de milieux poreux. Nous remarquerons les
combinaisons linéaires de 3 milieux homogènes de Sternberg et al. (1994 ; 1996), les milieux
périodiques de Irwin et al. (1996) et enfin, le milieu à double porosité constitué de litière pour
chat de Delay et al. (1997). Welty et Elsner (1997) ont créé des milieux poreux hétérogènes
aléatoires ayant des propriétés statistiques identiques à celles observées dans la nature.
Les observations sont très différentes selon le milieu utilisé. Non seulement le taux
d’hétérogénéité a une importance, mais l’utilisation de milieux plus réalistes augmente le
phénomène de dispersion. Cela semble du à l’établissement d’écoulements préférentiels.
Tous constatent une augmentation de la dispersion avec la distance mis à part Sternberg
et al. (1996) qui observent aussi des cas où la dispersion stagne voire diminue à l'interface
entre deux milieux homogènes. Il apparaît alors impossible de modéliser le transport avec
l’équation d’advection dispersion classique. D’autres modèles sont proposés et validés par les
expériences :
62
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Nguyen et al. (1990) prouvent que l’on peut envisager le développement de modèles
stochastiques basés sur le temps de parcours du traceur. Ils font l’hypothèse que les
lignes de courant sont rectilignes, alors qu’elles ne le sont pas dans la réalité, et opèrent
une correction sur la vitesse afin d’obtenir le même temps de parcours sur les lignes de
courant modélisées et réelles. Le calage est effectué sur le moment d’ordre 1 normé car
il est moins sensible que la concentration elle-même. La vitesse moyenne est égale à
14 cm/j et le calage est meilleur pour une variance de la vitesse égale à 1,2. Les résultats
obtenus pour la dispersion montrent que la simulation des traçages avec une vitesse
variant en fonction des lignes de courant est convenable. Un modèle avec une
distribution lognormale des vitesses est adopté.
Khan et Jury (1990) utilisent le modèle MIM de Van Genuchten et Wierenga (Van
Genuchten et Wierenga, 1976, d'après Khan et Jury, 1990) qui prend en compte la phase
liquide immobile. Il permet de modéliser le transport dans les milieux artificiels. Mais le
calage s’est avéré impossible pour une carotte de milieu naturel.
Zhang et al. (1994) ajoutent un coefficient de dispersion qui varie linéairement avec la
distance à l’équation d’advection dispersion. Les résultats sont concluants en milieu
homogène.
Khan et Jury (1990) constatent que la dispersion augmente d’autant que la vitesse et le
diamètre de la colonne sont grands. Ces conditions maximisent le temps de mélange
latéral et minimisent le temps de séjour du traceur.
Sternberg et Greenkorn (1994) vérifient que la dispersivité totale d’un milieu hétérogène
n’est pas une moyenne des dispersivités des milieux homogènes qui le compose. Ils
essaient de trouver une combinaison linéaire de U1,2 (U étant la vitesse de pores), la
perméabilité, le coefficient de diffusion moléculaire, la distance parcourue, la viscosité
cinématique et l’ordre des milieux homogènes pour formuler D. L’analyse des
coefficients de corrélation montre la forte influence de la distance parcourue et de
l’ordre des milieux homogènes. Pourtant, aucune combinaison linéaire de ces
paramètres n’a permis de déterminer la dispersion finale. Les auteurs proposent enfin de
chercher une formulation sous forme d’un produit de convolution de ces termes.
63
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Sternberg et al. (1996) constatent que la dispersion varie, comme la vitesse, avant que la
zone de mélange n’ait atteint la transition entre deux milieux différents. Elle se stabilise
aussi après une longue zone homogène. Cela tendrait à prouver que le coefficient de
dispersion serait fonction du profil de vitesse de pore.
Enfin, Nelson et al. (2003), en utilisant des traceurs avec des coefficients de diffusion
différents, montrent que la diffusion moléculaire associée aux phénomènes de diffusion
entre des zones de vitesses différentes influence le transport.
Ces études expérimentales confirment donc les conclusions de Molz et al. (1983) : la
dispersion ne peut être assimilée à un paramètre constant. Et, même si elle atteint une valeur
asymptotique dès que le traceur a parcouru quelques dizaines de longueurs caractéristiques, il
n'existe aucune formulation tenant compte des paramètres auxquels elle est fortement
corrélée. L’ajout de la deuxième dimension devrait permettre d’étudier, en plus, les
phénomènes transversaux du transport.
Comme pour les expériences 1D, les modèles physiques bidimensionnels recensés dans
la littérature sont présentés dans le Tableau 2.2.
64
Dimensions Vitesses Dispersivités
Référence Milieux poreux Porosités Perméabilités (cm/min) Traceurs
(cm) (cm/min) (cm)
Milieu stratifié : 1 couche
Sudicky et 0,33 0,00036 U = 0,007 Non
100 x 20 x 10 (3 cm) peu perméable NaCl
al., 1985 0,36 1,38 0,035 Communiqué
entre 2 plus perméables
Refsgaard, 1 milieu aléatoire Non λ = 4,0 cm ; σ² = 0,17 Indium
300 x 180 x 14 U ∈ [1,0 ; 1,4] α ≈ σ² x λ
1986 1 milieu symétrique Communiqué λ = 2,2 cm ; σ² = 0,37 radioactif
Milieux homogène,
Silliman q=0,25 à 5
stratifié, hétérogène-
et 0,405 selon les
240 x 107 x 10 stratifié, uniformément 210 (homogène) NaCl De 2 à 20
Simpson, (homogène) sables
hétérogène.
1987
Sables grossier et fin
NC (milieu homogène) q=2.78 ; 0.081 / 0.083
5 milieux : homogène,
Silliman 3,96 / 2,4 (milieu tortueux n°1) ; 0.78 / 0.28 ; 0.170 / 0.25
homogène avec des Non
et al., 30 x 30 x 30 2,7 / 1,02 (milieu tortueux n°2) ; NaCl 0.19 / 0.35 ; 0.317 / 1.08
inclusions imperméables, Communiqué
1987 NC (milieu stratifié) ; 0.12 / 0.26 ; 1.060 / 0.62
hétérogène structuré
0,492 / 0,78 (milieu avec tubes creux) 0.41 / 0.19 0.200 / 0.38
Silliman
1 milieu aléatoire λx = 6 cm et λy = 3 cm
et Non
89 x 45 x 106 1 milieu structuré K = 30,0 cm/min (sable grossier) Pas de transport
Caswell, Communiqué
(éponge de Sierpinski) K = 3,42 cm/min (sable fin)
1998
Milieu aléatoire constitué
12 (uniforme)
Chao et de 5 sables répartis en Non 0,8 ; 2,2 ; 7,7 ; 25,8 ; 72,0 QP = 25 ; 50 ;
244 x 122 x 6,35 KBr De 0,065 à
al., 2000 36 x 20 cubes de 6,1 cm Communiqué <ln(k)> = 4,77; λx = 10 cm ; σ² = 2,0 75 cm3/min.
0,953 (radial)
de côté
Silliman
Non 10 mélanges de 2 sables : q = 0,015 Non
et Zheng, Milieu hétérogène
Communiqué 0,33 Communiqué
2001 aléatoire log-normal K ∈ [0,9 ; 96,6]
160 x 67 x 9,4 NaCl
suivant une loi de Milieu global :
Silliman, Entre 0,285 Non
covariance exponentielle. K = 6,96 cm/min ; λ = 2,75 cm ; σ² = 0,5 De 0,2 à 1,5
2001 et 0,335 Communiqué
Tableau 2.2 : Présentation synthétique des modèles physiques de laboratoire 2D.
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
Comparées aux expériences 1D, elles permettent d’étudier les phénomènes transversaux
d’écoulement, de transport et d’anisotropie. Elles présentent les mêmes avantages : la réalité
est plus proche mais un certain contrôle des mécanismes est conservé.
Les cuves expérimentales ont des dimensions de l’ordre du mètre et sont souvent
polyvalentes : écoulements uniformes ou radiaux, différents sens d’écoulement, mesure de
plusieurs paramètres…
Elles contiennent des milieux poreux hétérogènes de type structurés ou aléatoires. Pour
les matériaux, les billes de verre fréquemment utilisées dans les colonnes sont abandonnées au
profit des sables calibrés, plus réalistes.
Les milieux structurés, qu’ils soient stratifiés (Sudicky et al., 1985 ; Silliman et
Simpson, 1987), périodiques (Silliman et Simpson, 1987), ou fractals (Silliman et Caswell,
1998), servent à étudier ou isoler des phénomènes particuliers tels que la dispersion
transversale ou l’anisotropie. Les milieux aléatoires sont utilisés pour valider des théories
stochastiques ou des modèles numériques.
Les premiers modèles bidimensionnels sont nés dans les années 80 avec pour but
l’étude de milieux stratifiés. Sudicky et al. (1985) conçoivent un modèle avec une strate très
perméable incluse au centre d’un milieu peu perméable. Ils montrent que dans les zones où le
contraste entre les vitesses de transport est important, i.e. à l’interface entre les strates, la
diffusion moléculaire est un phénomène prépondérant.
66
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
La présence de strates est aussi un facteur d’anisotropie. Silliman et al. (1987) étudient
l’influence de l’anisotropie sur la dispersion à l’aide d’un modèle physique original :
l’écoulement y est possible dans des directions perpendiculaires. Deux types de milieux
anisotropes sont distingués : les milieux structurés, stratifiés par exemple, et les milieux dits
tortueux. Pour ces derniers, la tortuosité (cf. Chapitre 12.1.3) est augmentée dans une
direction en insérant des lentilles imperméables dans le milieu poreux. Le rapport entre la
dispersivité longitudinale mesurée d’une part avec un écoulement dans le sens des grandes
conductivités et celle mesurée d’autre part dans le sens des faibles conductivités semble un
bon moyen de caractériser ces milieux puisque ce rapport est inférieur à 1 pour les milieux
tortueux, supérieur à 1 pour les milieux structurés.
Après les strates, l’étude de l’effet des hétérogénéités locales devient un centre d’intérêt.
L’inclusion d’hétérogénéités locales dans un milieu homogène fait naître différents types de
milieux structurés ou aléatoires. Ces milieux sont alors caractérisés par leurs propriétés
statistiques (perméabilité moyenne, longueur de corrélation ly, variance σy2).
Ainsi l’effet d’échelle peut être reproduit au laboratoire. Silliman et Simpson (1987) le
vérifie aussi sur un milieu homogène contenant des hétérogénéités uniformément réparties : la
dispersivité augmente de 5,8 à 12,7 cm sur une longueur de 2,4 m. Les auteurs constatent que
cet effet devient négligeable quand l’échelle du transport est grande devant l’échelle des
hétérogénéités.
67
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
assimilée a une Fonction Aléatoire Spatiale. Les auteurs génèrent un champ de perméabilité
gaussien qu’ils discrétisent de manière à avoir un milieu poreux réalisable physiquement.
Silliman et Zheng (2001) vérifient ainsi que leurs résultats expérimentaux obtenus en
écoulement uniforme dans un milieu aléatoire log-normal suivant une loi de covariance
exponentielle concordent avec les théories stochastiques. Mais ils remettent en cause le
caractère ergodique de leur expérience à cause des limites finies du domaine et la petite taille
de la source de traceur. L'ergodicité du transport est satisfaite quand la zone couverte par le
traceur est ergodique, i.e. quand ce dernier a parcouru plusieurs échelles intégrales. Zhang et
Di Frederico (2003) proposent d’ailleurs une solution non-ergodique qui reproduit mieux ces
résultats expérimentaux. Ceci confirme la difficulté de modéliser la zone proche de la source
de pollution soulignée par Refsgaard (1986).
Cette étude est poursuivie par Silliman (2001) qui réalise sur le même milieu des
expériences en écoulement radial. Il montre l’importance du rapport entre le débit pompé et le
débit total. Le degré de dispersion augmente avec ce rapport tant que la distance entre la
source et le puits de pompage est inférieur à 45 échelles intégrales. Pour une distance
supérieure, il tend vers un comportement asymptotique. De plus, la dispersion estimée avec
un pompage est plus grande que celle trouvée pour un écoulement uniforme. L’auteur
caractérise ainsi deux échelles importantes dans le phénomène de dispersion dû aux
hétérogénéités : la distance entre le puits et la source et la largeur moyenne de la zone de
capture.
Les travaux de Chao et al. (2000) sur un milieu aléatoire souligne aussi les différences
entre les paramètres déterminés en écoulement uniforme et ceux déterminés en écoulement
radial. Les variations de dispersivité pour une même distance entre la source et le pompage
(différents puits) laissent à penser qu’il est impossible de déterminer les paramètres du
transport avec un seul essai. Les différences observées entre l’écoulement uniforme
(α = 12 cm) et le pompage (α < 1 cm) sont d’abord causées par l’effet d’échelle : 2,5
longueurs de corrélation séparent la source du puits de pompage alors que le milieu poreux
complet, qui mesure environ 25 longueurs de corrélation, est utilisé en écoulement uniforme.
La petite taille de la source est sans doute une deuxième raison.
Ces résultats, opposés à ceux de Silliman (2001) qui trouve une dispersion plus grande
dans le cas du pompage, montrent bien l’importance de la méthode utilisée, en particulier la
68
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
4. Conclusions
69
Chapitre 2 : Etat de l’art dans l’utilisation des modèles physiques de laboratoire
définis par leurs propriétés statistiques permet l’étude du changement d’échelle nécessaire sur
le terrain et la validation de théories stochastiques. Les modèles physiques sont ainsi de plus
en plus réalistes même si les modèles tridimensionnels sont encore rares.
Les outils théoriques et numériques présentés dans le Chapitre 1 sont utilisés pour
déterminer les paramètres équivalents du milieu poreux à une échelle donnée. Ils nécessitent
des données qui peuvent être mesurées à une autre échelle avec les techniques expérimentales
présentées dans le Chapitre 2. Mais l’association d’outils numériques ou analytiques adéquats
pour créer un outil de détermination de paramètres équivalents reste à faire.
Ainsi le but de ce travail est de réaliser plusieurs expériences sur un même milieu
poreux tridimensionnel dont la distribution aléatoire corrélée des perméabilités est connue a
priori. Nous nous intéresserons en particulier à l’importance des dimensions caractéristiques
et des conditions aux limites dans la mesure et la modélisation des paramètres du transport
puis aux différences entre les paramètres équivalents déterminés pour chaque expérience.
70
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
1. Introduction
71
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
2. Présentation du MARCEAUS
Le modèle physique MARCEAUS, déjà utilisé dans des études précédentes (Ruch,
1992 ; Renard et al., 2000b ; Carlier, 2002), se divise en trois parties. La cuve expérimentale
et son système d’alimentation, que nous présenterons en premier, n’ont pas été modifiés.
Ensuite, nous verrons le nouveau milieu poreux mis en place puis la partie instrumentation
qui a été développée.
Le polypropylène utilisé pour la cuve est renforcé par une armature métallique
permettant de résister aux contraintes mécaniques dues à la masse importante (environ
11 tonnes) du milieu poreux et de l’eau qu’il contient.
72
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Le fond de la cuve est incliné avec une pente de 1% dans le sens de l’écoulement. La
différence de charge entre l’amont et l’aval est réglable par l’intermédiaire des déversoirs, elle
permet de faire varier la vitesse d’écoulement dans le milieu. Toutefois, la différence de
charge est maintenue constante pendant une expérience. Cette configuration permet de
travailler à section constante.
Le MARCEAUS est alimenté en permanence par l’eau du réseau. Celle-ci est filtrée
pour éviter que des particules du réseau (>3 µm) obstruent les grilles et le milieu poreux.
L'eau arrive dans un réservoir intermédiaire situé au dessus du bac amont. Un déversoir
maintient la charge constante et le réservoir alimente ainsi le bac amont par gravité à débit
constant.
73
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
En plus des bacs amont et aval, 9 puits de 2 cm de diamètre crépinés sur toute la hauteur
du milieu poreux (cf. Figure 3-8) permettent de modifier l'écoulement dans le milieu poreux.
En injection – pompage, l'’injection dans un puits se fait à débit constant via une pompe
péristaltique. Pour le pompage, nous utilisons un déversoir en siphon. Il présente l’avantage
de compenser les légères variations de la pompe péristaltique : si le débit d’injection
augmente (respectivement diminue), la côte de la surface libre augmente (respectivement
diminue) et le débit pompé, proportionnel à la différence de hauteur entre la surface libre et le
déversoir, augmente (respectivement diminue) jusqu’à obtenir un nouvel équilibre.
L'utilisation de deux déversoirs, l'un en injection, l'autre en pompage, a été aussi testée
(Danquigny, 2000) : la méthode n'est pas concluante, le régime transitoire dure trop
longtemps. Dans le cas du pompage seul, le choix du déversoir est beaucoup plus stable que
l’utilisation d’une pompe.
Le traceur retenu est le chlorure de sodium (NaCl) pour ses qualités présentées dans le
paragraphe 2.3.2 du Chapitre 2. La solution saline est préparée dans une cuve située à
l’intérieur du caisson thermostatée afin d’éviter les gradients de température. Le traceur peut
ensuite être injecté soit dans un puits, soit dans le bac amont où il est mélangé avec l’eau
provenant de l’alimentation. Dans ce cas, une solution très concentrée est utilisée pour tenir
compte de la dilution dans le bac.
Un milieu poreux de dimensions 560 x 100 x 90 cm3 est disposé au centre de la cuve.
La communication avec les bacs amont et aval se fait à travers une grille en nylon fixée sur
une plaque en PVC. La partie centrale, longue de 500 cm est remplie avec un milieu
hétérogène (cf. Figure 3-3). Ce dernier est un milieu aléatoire constitué de 6 sables calibrés
(cf. Tableau 3.1) répartis en blocs parallélépipédiques (cf. Figure 3-4) formant 9 couches de
50 x 11 blocs. Pour assurer un écoulement homogène sur toute la section du milieu, les 30 cm
de part et d’autre sont remplis avec un sable grossier K10 (cf. Tableau 3.1). La perméabilité
de chaque sable a été mesurée avec l’expérience de Darcy.
74
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Sable 1 2 3 4 5 6
Référence K60 K40 K30 K20 K10 K150
K (cm/min) 1,19 4,19 7,02 8,46 63,0 462,6
Granulométrie (mm) 0,063 - 0,2 0,16 - 0,3 0,3 - 0,5 0,5 - 0,8 1,0 - 1,8 1,6 - 2,5
Tableau 3.1 : Caractéristiques des sables calibrés.
20 cm 30 cm 500 cm 30 cm 20 cm
Milieu homogène
Milieu homogène
Bac amont
Milieu hétérogène
Bac aval
Figure 3-3 : Vue schématique du remplissage du MARCEAUS.
Afin de placer les puits au centre d'un cube de sable et de la cuve, 11 blocs sont définis
en largeur (100 cm) : 9 cubes de 10 cm de côté au centre et deux demi-cubes (10 x 5 x 10 cm)
situés aux extrémités. Une fine couche (5 cm) de sable fin K40 est ajoutée au dessus du milieu
d’une part pour protéger le remplissage, d’autre part pour s’assurer de la saturation de toutes
les couches durant les expériences.
75
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Chaque couche est construite pour qu’il n’existe aucune corrélation selon l’axe z. et que
la logconductivité suive une loi de covariance exponentielle isotrope en x et en y définie par :
( l)
Cov ( h ) = σ Y2 ⋅ exp − h
Y
(III.1)
avec h, la distance entre deux points, σY2, la variance de ln(K) et lY la longueur de corrélation
ou échelle intégrale.
1.2
0.8
Couche 1
gamma(h)
Couche 2
Couche 3
0.6
Couche 4
Couche 5
Couche 6
0.4
Couche 7
Couche 8
Couche 9
0.2
Théorie
0
0 5 10 15 20 25
h
76
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Pour la réalisation, des grilles en PVC (cf. Figure 2-1) sont remplies, bloc par bloc,
selon la carte préétablie (cf. Annexe A). Le milieu ainsi construit est présenté dans la
Figure 3-3 et a les caractéristiques suivantes :
Y = − 6, 43
2
σ Y = 1,03 (III.2)
l = 23,1 cm
Y
Type de sable
K150
K10
K20
K30
K40
K60
77
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Les expériences sont réalisées en régime permanent. La mesure de débit est donc
utilisée pour régler l’écoulement avant une expérience et pour contrôler sa stabilité pendant
celle-ci. L’utilisation de déversoirs à charge constante, plutôt que des pompes, évite les
variations et dérives propres aux appareils électriques. Le coût du matériel est aussi moindre.
Les débits à l’entrée et à la sortie de la cuve sont mesurés régulièrement par pesée. Pour
mesurer les débits injectés ou pompés dans les puits, deux débitmètres identiques dont le
principe de mesure est une turbine de Pelton et une photodiode à infra rouge ont été installés.
La précision sur les débits mesurés avec ces appareils varie entre 5% et 10%. La vérification
du bilan de masse permet d’attester du régime permanent.
2.3.2. La piézométrie
Les capteurs sont reliés au système d’acquisition de données. Il permet de réaliser les
10 mesures de pression toutes les 3 secondes en régime transitoire. En régime permanent, la
charge est mesurée une fois par cycle de mesure, i.e. toutes les 24 minutes. Avant chaque
78
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
campagne de mesures, les capteurs sont réinitialisés : la hauteur piézomètrique réglée au plus
haut, sans écoulement, est parfaitement horizontale et constitue le zéro relatif.
PAm P1B W1B P2B P3B W2B P5B P6B W3B P7B PAv
50
P2A P3A P4A P5A P6A
La concentration en chlorure de sodium (NaCl) dans le milieu poreux est mesurée par
conductimétrie. En effet, pour une petite plage de concentrations et une température
constante, la conductivité électrique peut être considérée proportionnelle à la concentration en
sel (Richards, 1954). La concentration d’injection est de l’ordre de 2 g/l pour toutes les
79
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
C γ mes − γ eau
= (III.3)
C0 γ 0 − γ eau
Equipement du MARCEAUS
350 cellules de mesures sont implémentées dans la cuve : 14 plans (selon x) de 5 tiges
(selon y) supportant 5 cellules chacune (selon z) forment un maillage régulier (cf. Figure 3-8
et Tableau 3.2). Les tiges (cf. Figure 3-9) ont été développées et construites au laboratoire
(Ruch, 1992). Chaque cellule est constituée de deux électrodes cylindriques de 4 mm de
diamètre, 23 mm de longueur et distantes l’une de l’autre de 35 mm. Les cellules sont fixées
sur une tige en plexiglas et espacées de 17,5 cm. Elles sont ainsi placées aux
côtes 14 ; 31,5 ; 49 ; 66,5 et 84 cm, i.e. au milieu des couches 2, 7, 9 et à l’interface entre les
couches 3 et 4, 5 et 6. Le volume de mesure d'une cellule est estimée à une sphère de 7 cm de
diamètre environ.
z = 840 mm Couche 9
Couche 8
z = 665 mm 35 mm
175 mm
Couche 6
z = 490 mm
Couche 5
23 mm
z = 315 mm 4 mm
Couche 3
z = 140 mm Couche 2
Couche 1
80
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Après le remplissage de sable, ces cellules sont au cœur du milieu poreux (cf.
Figure 3-4). La conductivité mesurée par une cellule pour une même solution dépend de la
cellule, du branchement (la fabrication artisanale entraîne des différences entre les cellules) et
du milieu environnant. L’étalonnage doit donc être réalisé in situ. Pour ce faire, à chaque
expérience, l’injection de traceur est poursuivie si possible jusqu’à ce que la conductivité
atteigne un palier qui sera la conductivité de la solution injectée, γ0, pour la cellule donnée.
Les cellules étant au cœur du milieu poreux, il nous est impossible de les réparer. Sur
l’ensemble, moins de 10% des cellules sont inutilisables.
Les cellules sont reliées à un multiplexeur et un conductimètre Knick 703 asservis par
un ordinateur. Avec le programme d’acquisition mis au point au laboratoire, chaque mesure
de conductivité nécessite environ 4 secondes. L’ensemble des cellules de l’installation, y
compris les capteurs de pression, est ainsi parcouru toutes les 24 minutes. L’étude et le
remplacement des connectiques a permis d’augmenter considérablement la précision des
mesures : l’erreur absolue est de l’ordre de 0,007 mS/cm, soit moins de 1% de l’échelle de
mesure.
Pour une cellule donnée, la conductivité électrique mesurée pour la solution injectée
sera différente de celle de la cellule voisine. Il faut donc trouver un moyen de passer de la
conductivité mesurée à la concentration réelle, voire la concentration réduite. Trois solutions
ont été testées :
81
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
atteint pour peu de cellules. Enfin, cette méthode est difficile à automatiser étant donnée
la définition arbitraire du palier.
C (γ (t ) − γ eau ) ⋅ Tinj ∞
(t ) = mes avec X 0 = ∫ (γ mes (t ) − γ eau ) ⋅ dt (III.4)
C0 X0 0
82
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
0.0016
0.0014
0.0010
0.0008
0.0006
0.0004
0.0002
0.0000
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000
Temps (minutes)
Dans la pratique, nous avons utilisé la deuxième méthode pour les expériences en
écoulement uniforme et pompage (i.e quand la saturation du milieu en traceur est atteinte) car
elle présente l'avantage d'utiliser tout le signal de mesure et le calcul est indépendant pour
chaque cellule (il n'y a pas de cellule de référence). Pour les expériences en injection –
pompage, le coefficient de proportionnalité déterminé avec la dernière approche, pour les
expériences où le milieu est saturé, a été appliqué aux résultats bruts.
De plus, elle contient un milieu aléatoire dont les dimensions n'excèdent pas quelques
échelles intégrales. C'est donc un outil intéressant pour réaliser l'étude expérimentale suscitée
par la synthèse bibliographique.
83
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
3. Résultats expérimentaux
3.1. Introduction
Le but est ici d’effectuer une campagne d’expériences dans un milieu poreux connu et
avec différentes conditions aux limites. Nous nous intéresserons au cas de l’écoulement
uniforme, au cas du pompage et à celui de l’injection – pompage. Les résultats obtenus
pourront être analysés et comparés.
1. Les capteurs de pression sont branchés sur les piézomètres choisis pour l’expérience. La
hauteur d’eau est maintenue horizontale, sans écoulement, égale à la cote du déversoir
amont réglée de manière à ce que tout le milieu soit saturé (le déversoir aval n’est pas
connecté). Les capteurs sont remis à zéro et les pressions sont enregistrées pour estimer
l’erreur de mesure et les dérives éventuelles. La cote du déversoir amont sert de référence
pour la transformation de la pression mesurée en hauteur d’eau dans la cuve.
84
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
2. Le cas échéant, la cote du déversoir aval est réglée pour avoir le gradient voulu, en général
1% comme le fond de la cuve. La vanne aval est ouverte. L’écoulement atteint un régime
uniforme et permanent. Pendant ce régime transitoire, les pressions sont mesurées pour
visualiser l’arrivée du régime permanent.
3. Le cas échéant, le pompage (et l’injection) dans le(s) puits choisi(s) est démarré. Les
pressions sont enregistrées jusqu’à l’arrivée du régime permanent.
4. L’acquisition des conductivités électriques est lancée pour estimer l’erreur de mesure, les
éventuelles dérives et la conductivité de l’eau du réseau. Les pressions sont relevées à la
fin de chaque cycle de mesure de conductivités.
5. Le traceur est injecté uniformément soit dans le puit d’injection, soit dans le bac amont,
jusqu’à ce que la conductivité atteigne un palier pour chaque cellule, i.e. la distribution du
traceur atteint le régime permanent dans toute la cuve. L’acquisition de données continue.
6. L’injection du traceur est arrêtée mais le régime d’écoulement est conservé jusqu’à ce que
le traceur ait entièrement disparu du milieu poreux. L’acquisition de données continue.
7. Le cas échéant, le pompage (et l’injection) est arrêté. Les pressions sont enregistrées
jusqu’à l’arrivée du régime permanent.
8. La vanne aval est fermée. Pendant ce régime transitoire, les pressions sont mesurées pour
visualiser le retour à la situation initiale.
Une expérience réussie dure environ un mois. Certaines d’entre-elles ont dû être
réitérées, comme l’expérience en écoulement uniforme ou la première expérience
d’injection – pompage à cause de problèmes techniques. Les quelques résultats obtenus en
double seront utilisés pour vérifier la reproductibilité des expériences.
Pour nommer les expériences, nous utiliserons la notation TTiWj, avec TT pour « tracer
test », W pour « well » et i, le numéro de l’expérience du type j, i.e. comportant j puits (0 pour
l’écoulement uniforme, 1 pour le pompage et 2 pour l’injection – pompage). Par exemple,
TT1W2 est le premier essai de traçage en injection – pompage.
85
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
L’origine de l’axe des abscisses est placée à l’amont du milieu poreux. Ainsi le milieu
est compris entre les coordonnées 0 et 560 cm. L’origine de l’axe vertical est placée au point
le plus bas de la cuve : compte tenu de la pente de la cuve, z vaut 0 au fond du bac aval.
100
Charge hydraulique
98 Cote du fond de la cuve
y = -0.01 x + 96
96
y = -0.01 x + 6
94
92
Hauteurs (cm)
90
0
0 100 200 300 400 500
Abcisse (cm)
L’injection du traceur est démarrée 31 heures après le début de l’expérience et dure 311
heures. En observant les mesures réalisées dans les bacs amont et aval, la totalité du milieu
poreux, y compris les zones de sable grossier, sont prises en compte. C'est pourquoi nous
utiliserons les résultats des premier et. dernier plans de cellules, situés aux extrémités du
milieu aléatoire, comme références lors des injections de traceur dans le bac amont (cf. Figure
3-12).
86
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Section 1
100 Section 14
60
40
20
0
0 24 48 72 336 360 384 408 432
Temps (heures)
Les données acquises avec les cellules présentes dans le milieu poreux permettent de
mieux comprendre l'effet des hétérogénéités sur le déplacement du traceur. La Figure 3-13
présente, par exemple, l'augmentation de la concentration pour 10 cellules dont les
coordonnées et le sable environnant sont détaillées dans le Tableau 3.3.
Cellule X (cm) Y (cm) Z (cm) Sable Cellule X (cm) Y (cm) Z (cm) Sable
33 65 30 54,0 K20/K10 156 265 30 17,0 K10
36 65 50 19,0 K40 174 265 90 69,5 K40
126 225 10 17,4 K10 217 345 70 33,7 K30
144 225 70 69,9 K60 279 465 10 67,5 K10
149 225 90 69,9 K60 296 465 90 15,0 K40
Tableau 3.3 : Coordonnées et sable environnant des 10 cellules étudiées en écoulement uniforme.
87
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
100
c33
60 c36
c126
c144
40 c149
c156
c174
c217
20 c279
c296
0
1800 2000 2200 2400 2600 2800 3000 3200 3400 3600
Temps (minutes)
Notons que les cellules 126, 144 et 149 sont toutes dans la section 6 et présentent des profils
tout à fait différents. Le temps t0,5 vaut respectivement environ 415, 1090 et 750 minutes (en
tenant compte d'un début d'injection à t = 1860 minutes), d'où des vitesses apparentes
respectives de l'ordre de 0,54 , 0,21 et 0,30 cm/min en considérant des lignes de courant
rectilignes.
De plus, les cellules 144 et 149 sont dans le même sable très peu perméable, ce qui montre
bien que l’évolution de la concentration en un point n’est pas la conséquence d’un phénomène
local.
L'apparition du traceur pour la cellule 279, située dans la section 12 (x = 465 cm), plus tôt que
pour la cellule 217, située dans la section 9 (x = 345 cm), illustre l'établissement d'écoulement
préférentiels dans le milieu poreux.
Enfin, le profil de la cellule 156 (située dans un sable très perméable) rappelle les différentes
phases du transport évoquées par Silliman et Simpson (1987).
Sur la base de l’écoulement uniforme décrit précédemment, nous avons réalisé quatre
expériences avec un pompage. Deux puits, W2B (x = 285 cm ; y = 50 cm) et W3B
(x = 405 cm ; y = 50 cm ; cf. Figure 3-8), ont été utilisés avec, pour chacun, deux positions du
déversoir de pompage (cf. Tableau 3.4).
88
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Notons que, pour la position élevée du déversoir (75 cm), le débit de pompage est
identique dans les deux puits. Les débits élevées varient aussi peu d’un puits à l’autre. Il
semble donc que les milieux entourant les puits W2B et W3B sont équivalents.
TT1W1
Le régime permanent est atteint en deux étapes : à t = 15 minutes, la vanne aval est
ouverte et à t = 200 minutes, le pompage est démarré. Le régime transitoire est observé avec
les mesures de pression (cf. Figure 3-14).
97.0
96.5
96.0
95.5
95.0 PAm
Hauteurs (cmCE)
94.5 P1B
94.0 P2B
93.5 P3B
93.0 P4A
92.5 P4C
92.0
P5B
P6B
91.5
P7B
91.0
PAv
90.5
90.0
89.5
0 30 210 240
Temps (minutes)
Une fois le régime permanent obtenu, l’essai de traçage peut commencer. L’injection de
traceur débute à t = 5 heures et dure 155 heures (cf. Figure 3-15).
89
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Section 1
100 Section 14
Puits W2B
60
40
20
0
0 12 24 36 48 60 168 180 192 204 216 228 240
Temps (heures)
Figure 3-15 : Concentrations dans les sections 1 et 14, et à la sortie du puits de pompage- TT1W1.
Pour comparaison, les cellules in situ étudiées pour TT1W0 sont présentées dans la
Figure 3-16. Les observations faites pour l'écoulement uniforme restent valables.
100
Concentrations réduites (%)
80
c33
c36
60 c126
c144
c149
40 c156
c174
c217
20 c279
c296
0
0 240 480 720 960 1200 1440 1680 1920 2160 2400
Temps (minutes)
TT2W1
Pour TT2W1, le même puits est utilisé mais avec un débit de pompage plus élevé : il
passe de 0,4 à 0,85 l/min. Pour cela, le déversoir de pompage est abaissé de 25 cm, i.e. jusqu’à
une cote de 50 cm.
L’injection de traceur débute à t = 41 heures et dure 169 heures (cf. Figure 3-17).
90
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Section 1
100
Section 14
Puits W2B
60
40
20
0
0 12 24 36 48 60 72 84 96 204 216 228 240 252 264 276 288
Temps (heures)
Figure 3-17 : Concentrations dans les sections 1 et 14, et à la sortie du puits de pompage- TT2W1.
TT3W1
Pour TT3W1, un autre puits plus loin de la source, W3B, est utilisé. Le déversoir de
pompage est à la même hauteur que pour TT2W1. Le débit pompé vaut alors 0,77l/min et le
débit aval, 0,80 l/min.
Section 1
100 Section 14
Puits W3B
Concentrations réduites (%)
80
60
40
20
0
0 24 48 72 96 216 240 264 288 312
Temps (heures)
Figure 3-18 : Concentrations dans les sections 1, 14 et à la sortie du puits de pompage- TT3W1.
91
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
L'observation des 10 cellules déjà étudiées (cf. Figure 3-19) illustre encore l'effet des
hétérogénéités, l'existence d'écoulements préférentiels et l'augmentation des vitesses causée
par le pompage. Remarquons le profil de la cellule 217 qui, comme celui de la cellule 156,
présente plusieurs phases.
100
Concentrations réduites (%)
80
c33
c36
60 c126
c144
c149
40 c156
c174
c217
20 c279
c296
0
2640 2880 3120 3360 3600 3840 4080 4320 4560 4800 5040
Temps (minutes)
TT4W1
Le puits W3B est encore utilisé mais le déversoir est relevé à une hauteur de 75 cm,
comme pour TT1W1. Le débit pompé vaut alors 0,4 l/min et le débit aval, 1,1 l/min.
L’injection de traceur commence à t = 30 heures et dure 185 heures (cf. Figure 3-20).
92
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Section 1
100 Section 14
Puits W3B
60
40
20
0
0 24 48 72 168 192 216 240 264 288
Temps (heures)
Figure 3-20 : Concentrations dans les sections 1 et 14, et à la sortie du puits de pompage- TT4W1.
Le débit de pompage plus faible que dans TT3W1 entraîne une diminution des vitesses
dans le milieu, d'où des profils de concentration moins proches pour les cellules in situ
(cf. Figure 3-21).
100
Concentrations réduites (%)
80
c33
c36
c126
60
c144
c149
c156
40
c174
c217
c279
20
c296
0
1680 1920 2160 2400 2640 2880 3120 3360 3600 3840 4080
Temps (minutes)
93
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
D'après les courbes de sortie du puits de pompage (cf. Figure 3-22), le temps de percée
est peu fonction du débit de pompage. Ainsi, ce dernier a peu d'influence sur la vitesse
moyenne entre la source et le puits. Le gradient de charge entre l'amont et l'aval du milieu,
donc la vitesse moyenne en dehors de la zone d'influence du puits, est constant d'une
expérience à l'autre. L'invariance du temps de percée semble indiquer que cette zone
d'influence est très petite devant la distance parcourue par le traceur.
100
Concentrations réduites (%)
80
60
40
TT1W1 - W2B - Q = 0,40 l/min
Deux expériences d’injection – pompage sont ensuite réalisées. Pour ce faire, nous
supprimons l’écoulement uniforme dans le milieu poreux et instaurons une injection et un
pompage à débits égaux. Le but est d’étudier l’influence de la position et de la distance entre
les puits.
94
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Cellule X (cm) Y (cm) Z (cm) Sable Cellule X (cm) Y (cm) Z (cm) Sable
27 65 10 36,5 K20/K10 201 345 10 16,2 K30
36 65 50 19,0 K40 202 345 10 33,7 K30/K40
51 105 10 18,6 K20 222 345 90 33,7 K60/K20
66 105 70 18,6 K40 296 465 90 15,0 K40
147 225 90 34,9 K20/K20 321 505 90 14,6 K40
Tableau 3.5 : Coordonnées et sable environnant des 10 cellules étudiées pour l'injection – pompage.
TT1W2
Pour cette première expérience, le puits W1B est utilisé en injection et le puits W3B en
pompage. Ils sont séparés de 240 cm. Le débit est fixé à 0,50 l/min et la hauteur d’eau dans le
bac aval est de 90,3 cm.
Injection W1B
100 Pompage W3B
Concentrations réduites (%)
80
60
40
20
0
0 2400 4800 7200 9600 12000 14400 16800 19200 21600 24000
Temps (minutes)
Figure 3-23 : Concentrations à l’entrée du puits d’injection et à la sortie du puits de pompage- TT1W2.
Les résultats obtenus pour les cellules in situ sont très différents de ceux obtenus pour
les autres expériences (cf. Figure 3-24). Le palier est atteint pour peu de cellules. Celles-ci
95
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
sont situées sur les lignes de courant les plus courtes, entre les puits : ici les cellules 147, 201,
202 et 222. Les zones situées aux extrémités du milieu ne reçoivent que tardivement peu de
polluant. Les lignes de courant traversant ces zones sont très longues et caractérisées par des
vitesses très faibles : les cellules 27, 36 et 321 illustrent ces phénomènes. Enfin le profil de la
cellule 66 présente plusieurs maxima locaux, résultats d'une mesure sur un volume plus grand
que la taille d’un bloc. Pour rappel, le volume de mesure d'une cellule de conductivité est
estimé à une sphère de 7 cm de diamètre environ.
100 c27
c36
Concentrations réduites (%)
c51
80 c66
c147
c201
60 c202
c222
c296
40 c321
20
0
0 3600 7200 10800 14400 18000 21600 25200
Temps (minutes)
TT2W2
La deuxième expérience d’injection – pompage est réalisée avec un autre doublet : W1B
pour l’injection et W2B pour le pompage. La distance entre les puits est ici de 120 cm. Le
débit vaut 0,50 l/min, comme pour TT1W2. La hauteur d’eau dans le bac aval est de 89,6 cm.
96
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Injection W1B
100 Pompage W2B
60
40
20
0
0 2400 4800 7200 9600 12000 14400 16800 19200 21600 24000
Temps (minutes)
Figure 3-25 : Concentrations à l’entrée du puits d’injection et à la sortie du puits de pompage- TT2W2.
La comparaison des résultats obtenus pour les cellules in situ durant les deux
expériences d'injection – pompage révèle l'influence de la position des puits sur les lignes de
courant. La zone saturée en traceur est moins grande dans ce cas : parmi les cellules retenues,
seule la cellule 147 présente encore un palier. L'effet du volume de mesure apparaît
significativement pour les cellules 201 et 202, qui relèvent le même phénomène avec une
intensité et une vitesse différente. Les zones extrêmes sont moins touchées par le traceur que
dans TT1W2 : l'observation des cellules 27 et 36 pour l'amont, 296 et 321 pour l'aval montre
une arrivée tardive et en petite quantité du traceur.
100
c27
c36
Concentrations réduites (%)
c51
80
c66
c147
c201
60
c202
c222
c296
40
c321
20
0
0 3600 7200 10800 14400 18000 21600 25200 28800
Temps (minutes)
97
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Pour comparer les résultats des expériences d'injection – pompage, nous avons utilisé la
formulation du temps adimensionnel proposée par Dagan et Indelman (1999) et présentée au
paragraphe 3.3.2 du premier chapitre :
Qt
t' = (I.19)
π ω l2 h
avec t le temps [T], Q le débit de pompage [L3·T-1], ω la porosité [-], l la distance entre la
source et le puits [L] et h la hauteur de puits [L].
100
Concentrations réduites (%)
80
60
40
TT1W2 - Carlier
TT2W2 - Carlier
TT1W2 - Exp
20
TT2W2 - Exp
Dagan & Indelman
0
1.E-08 1.E-06 1.E-04 1.E-02 1.E+00 1.E+02
Temps adimensionnel
Figure 3-27 : Comparaison des résultats expérimentaux aux solutions analytiques – TT1W2 & TT2W2.
98
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Nous sommes en dehors du domaine de validité de ces solutions. Il est vrai qu'ici le
coefficient d'anisotropie vaut 0,43 et est supérieur à 0,2. L'hypothèse des lignes de courant
horizontales n'est donc pas valable. De plus, la longueur de corrélation verticale (10 cm) n'est
pas négligeable devant la hauteur du milieu (90 cm). Surtout, Carlier avait déjà remarqué
l'incertitude de cette solution pour des coefficients λ élevés (>2). Pour TT1W2, λ vaut 7,5 et
pour TT2W2, 3,8.
Enfin, cette solution ne tient pas compte des limites que constituent les bacs amont et aval du
MARCEAUS. Ce résultat semble indiquer que l'effet de celles-ci sur le transport n'est pas
négligeable.
Une première analyse des résultats nous permet de vérifier leur cohérence. Il s’agit
d'abord de s'assurer que la masse est conservée. Nous nous intéresserons ensuite au caractère
reproductible des expériences.
Pour les autres expériences, le principe de la conservation de la masse est utilisé pour
calculer la concentration réduite. Il ne peut donc être vérifié a posteriori en réalisant une
simple intégrale. Par contre, il suffit de s'assurer de l'égalité des rapports suivants entre eux et
d'une expérience à l'autre :
X 0i γ eau
i
γ 0i
ζi = = = i ∈ [1,353] (III.5)
X 0réf γ eau
réf
γ 0réf
99
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
Deux expériences, TT1W0 et TT1W2, ont été réalisées deux fois pour des raisons
techniques et afin de vérifier qu’elles étaient reproductibles. La comparaison des courbes de
concentration pour une même cellule et des conditions identiques montre que les expériences
sont reproductibles (cf. Figure 3-28). L'écart varie entre 0 et 2 % en concentration réduite
avec une moyenne et un écart-type égaux à 0,8 et 0,6 %.
100
90
80
Concentrations réduites (%)
70
60
50
40
30
20 TT1W2 a
TT1W2 b
10
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000 5500
Temps (minutes)
Figure 3-28 : Comparaison des concentrations à la sortie du puits de pompage – TT1W2 a & b
Cette comparaison concluante prouve que la précision des appareils de contrôle des
conditions aux limites est suffisante et que les légères variations de celles-ci n’ont pas
d’influence sur le résultat. En effet, l’expérience TT1W2 a été reconduite à cause de
variations du débit de pompage qui, au vu de la comparaison, n’avaient que peu de
conséquences. Pourtant le débit variait d’environ 10 % autour de la valeur imposée de
0,5 l/min.
4. Conclusion
100
Chapitre 3 : MARCEAUS, un modèle physique tridimensionnel de laboratoire
L’analyse des résultats montre qu’il est possible de convertir les conductivités
électriques mesurées en concentrations réduites utilisables par la suite. Les expériences sont
reproductibles. Les conditions expérimentales sont donc maîtrisées et il n’y a pas de
phénomène parasite. De plus, les légères variations des conditions aux limites imposées
n’influencent pas les résultats.
Les résultats obtenus prouvent que l’ensemble fonctionne correctement. Les données
acquises avec différentes conditions expérimentales nous donnent l'occasion d'étudier leur
influence sur la détermination de paramètres équivalents et de tester des modèles numériques.
101
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
1. Introduction
Les résultats théoriques présentés dans le Chapitre 1 sont applicables au milieu poreux
installé dans le MARCEAUS. Plusieurs estimations des paramètres équivalents sont ainsi
disponibles.
Par ailleurs, nous avons réalisé sept expériences dans des conditions différentes. Chaque
jeu de données va donc être utilisé pour déterminer les paramètres équivalents caractérisant
l’écoulement et le transport dans un milieu homogène équivalent. Ces paramètres pourront
ensuite être comparés entre eux et aux valeurs théoriques.
103
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
0,43 et D calculé avec l’équation (I.38) est égal à 0,22. Nous disposons ainsi de cinq valeurs
de référence pour la suite (cf. Tableau 4.1).
Les résultats obtenus par Dagan (cf. équation (I.52)) donnent une première estimation
de la macrodispersivité asymptotique dans le milieu étudié :
σ Y2 = 1, 03
⇒ A11 = 23,8 cm (IV.1)
lY = 23,1 cm
En estimant la dispersivité transversale locale αT, il est aussi possible d'appliquer les
résultats de Gelhar et Axness (1983). Si αT est faible, l'équation (I.55) s'applique : la
macrodispersivité longitudinale A11 est inférieure à 15 cm et les macrodispersivités
transversales sont négligeables.
Q
K eq = − (IV.2)
dh
S⋅
dx
104
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
dh
avec Q le débit mesuré (1,4 l/min), S la section de milieu poreux (90 x 100 cm2) et le
dx
gradient de charge (environ 0,01). En utilisant les hauteurs mesurées entre l’amont et l’aval, la
perméabilité vaut 15,0 cm/min et correspond au milieu total (milieu aléatoire et zones de sable
grossier à l’amont et l’aval). Les charges mesurées avec les piézomètres P1B et P7B donnent
une perméabilité de 14,6 cm/min pour une partie du milieu aléatoire. Les valeurs obtenues
sont supérieures aux trois valeurs théoriques mais restent dans l’intervalle défini par Cardwell
et Parson (cf. Tableau 4.1).
Il apparaît que les mesures de pression et de débit sont cohérentes avec les valeurs
théoriques. Qu’en est-il pour les mesures de concentration ?
Q
U= = 0, 41 cm/min (IV.3)
S ⋅ω
La méthode du t0,5 appliquée aux courbes de concentration des sections 1 et 14 nous donnent
un temps moyen de parcours entre ces deux sections (525 cm) de 1081 minutes, d’où une
vitesse de pore estimée à 0,49 cm/min. Cette valeur est du même ordre de grandeur que celle
déterminée avec les paramètres hydrodynamiques mais est supérieure d’environ 20%.
2.3. Conclusions
105
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
non au cas particulier du MARCEAUS. L’incertitude sur la perméabilité locale des blocs de
sable peut aussi être mise en cause. La technique de remplissage a sans doute une influence
sur ces grandeurs.
Les données de TT1W0 ainsi que les résultats obtenus antérieurement avec un autre
milieu installé dans le MARCEAUS sont utilisés pour ajuster les paramètres d’un modèle
numérique 1-D. Les vitesses et coefficients de dispersivité obtenus sont confrontés à des
résultats théoriques. Cette étude fait l’objet d'une publication acceptée par le "Journal of
Hydrology" et reproduite dans ce mémoire.
106
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
May 2003
November 2003
107
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Abstract
Tracer tests have been performed on a 3D tank of dimensions 560 x 100 x 100 cm3.
These experiments at laboratory scale are used to define effective hydraulic conductivity and
macrodispersivity. The tracer tests have been performed on two kinds of heterogeneous
porous material : a channel structured medium, with channels crossing the whole tank, and a
statistically correlated random structure. The statistically correlated field was first established
by a sequential type generator with a prescribed exponential covariance. The theoretical
random field is then modified according to the available sand hydraulic conductivities. The
obtained LnK variance is 1.03 and the integral scale 23.1 cm.
Results obtained concerning the channel structured medium show that it behaves like a
stratified media from an hydrodynamical and mass transfer point of view. The effective
hydraulic conductivity is equal to the arithmetic mean and the variance of the concentration is
proportional to t2, t being the mean travel time.
For the correlated random field, the effective hydraulic conductivity is bounded by the
geometric and the arithmetic mean. No match with theoretical values have been found
because the boundary conditions effects cannot be neglected due to the dimension of the tank
compared to the integral scale. Similar conclusions have been obtained for macrodispersivity.
The tracer tests could be simulated by a 1-D advection-dispersion equation but with a
significant higher macrodispersivity than predicted by stochastic theories for infinite media.
108
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
1. Introduction
the scale of the measurements, which can be different for piezometric heads,
concentrations, flow parameters like transmissivity, transport parameters like
dispersivity;
the scale of the heterogeneities of the system, which can be described at different levels,
depending on the measurement techniques which are used (Ptak et Teutsch, 1994);
the scale of the management tools, like the size of an element of a numerical model which
can be different, depending on the management objectives (forecast of water levels,
delimitation of capture zones, pollutant spreading, …).
A lot of results concerning effective parameter estimation have been provided in the last 20
years (see Renard et de Marsily, 1997, for hydraulic conductivities ; Cushman et al., 2002, for
upscaling tools), mostly based on a stochastic description of parameter fields. They mainly
concern average uniform flow and mass transfer in a infinite domain (Gehlar et Axness, 1983
; Dagan, 1989 ; Neuman, 1990 ; Rubin, 1990). A few more recent results have been obtained
for radial flow and/or bounded domain (Rubin et Dagan, 1988 ; Rubin et Dagan, 1989 ;
Osnes, 1995 ; Paleologos et al., 1996 ; Sanchez-Vila, 1997 ; Indelman et Dagan, 1999).
The assessment of the theoretical tools has been done with numerical experiments (see
Thompson et Gehlar, 1990 ; Chin, 1997 ; Fiori, 2000 ; Lintéa, 2001) and they show a good
agreement with the theory for heterogeneous domain with a variance of the log conductivities
up to 1.00. However, numerical methods have their own approximations due to the space and
109
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
time discretizations and to the numerical method itself, approximation which can be of the
same order than the theoretical developments. The assessment of these theoretical works can
be strengthened by tracer tests performed at the laboratory scale.
This paper deals with laboratory experiments done one a 3D setup filled with an
heterogeneous porous medium. The objectives are to estimate effective parameters (effective
hydraulic conductivity, macrodispersion) obtained by tracer tests. The experimental setup is
described in the first part. The second part deals with the methodology used to estimate the
effective parameters and their associated uncertainties. The paper ends with the results and
discussion.
2. Experimental design
110
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
The 3D tank is split in three parts: a constant level upstream tank which is connected to
an overflow; a central part that holds the porous medium, of dimensions 5.60xl.0xl.0 m3 and a
constant level downstream tank which is also connected to an overflow (Figure 4-1). Nylon
grids separate the porous medium from the tanks. Cells for in situ electrical conductivity
measurements have been implemented in MARCEAUS to measure tracer concentrations. The
slope of the bottom of the tank is equal to 1%. The x-axis of the coordinate system is parallel
to the bottom. The water surface is free. We tried to maintain a constant temperature values
within the medium by air conditioning. The selected value is that of the water distribution
network (12-13 °C). A constant temperature through the porous medium is necessary because
the measuring method of tracer concentrations is based on electrical conductivity which is
sensitive to temperature variations. Low temperatures around the system prevent also water
temperature elevations and water degassing, but also convection phenomena that could appear
with temperature gradients.
The supply system consists in two systems, one system for water supply and one system for
tracer supply. The two supply systems are included in the air conditioned box. Water supply
is obtained by gravity through a constant level additional tank, situated above of upstream
tank which ensures a constant flow rate. The tracer is injected with a peristaltic pump and
mixed in the upstream tank.
111
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
All electrodes are connected to one conductivity-meter. They are scanned automatically in a
sequential way and the measured values are stored in files. The measurement is done every 4
seconds to ensure the stability of the electronics. The conductivity over time can be plotted on
the screen of a PC for user-selected cells which allows the survey of the ongoing experiment.
it allows on line measurement over a volume consistent with the theory of flow and
transport in porous media. This volume has about the same size than the so called
representative elementary volume where Darcy’s and Fick’s laws can be applied.
The main drawback of the system is its calibration, each cell needs to be calibrated in situ.
The absolute error of the electrical conductivity was equal to 0.02 mS/cm. This problem is not
very important for high concentrations (relative error is than about 2%) but is difficult to
overcome for the interpretation of the tails of the breakthrough curves. The data acquisition
system has been improved for the experiments run on the statistical homogeneous porous
medium (see below) and the absolute precision error decreases to less than 0.007 mS/cm.
112
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Tracer tests have been performed on two different heterogeneous porous media made by
different quartz sands from the Rhine valley. The grain size distribution is quite narrow
(d60/d10 about 1.7) and the average grain size goes from 0.5 mm for the finest sand type to 2.3
mm for the coarser one. The effective porosity of the different sand types were measured with
column type experiments and leads to an estimate of 0.38 for all sand types.
The sand is contained in a domain of dimensions 560 cm in the length, 100 cm in the width
and 90 cm in the height. To perform an homogeneous flow rate in the sand, the first and last
40 cm (30 cm for the random correlated structure) of the sand box (after the upstream tank
and before the downstream tank) is filled with a sand of high hydraulic conductivity.
The sand packing was done with wetted sand and under water to avoid trapped air and thus
ensure saturation. Thin plastic dividers (0.5 mm) were used to separate blocks of different
kinds of sand and were removed as the packing proceeded. Similar procedure has been used
by Silliman et al. (1998). By removing the plastic dividers, the shape of the boundary between
two regions may be slightly modified.
The first filling has been done with blocks of 40x10x10 cm3. The first and last 40 cm
are filled with an homogeneous sand. Three different sands were used and distributed in a
structured way, simulating homogeneous channels from the one end to the other end of the
tank. The shape of the channels are slightly changed from one layer to the other (Figure 4-2).
1 1
1 1 1 1
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
1 1 1 1 1 1 1 1
1 1 1
1
1 1 1
1 1 1
1
1 1 1 1
1 1 1 1 1 1
1 1 1 1
1 1 1 1 1 1 1 1
1 1 1 1 1
1
1
1 1 1
Figure 4-2: Two representative layers of the channel structured porous medium.
113
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
The geometric mean of the hydraulic conductivity is 0.0060 m/s. The variance of the Log-
conductivity is about 1.23. The value of the hydraulic conductivity measured using Darcy’s
experiments for each sand type is given in Table 1.
1 2 3
1 2 3 4 5 6
K (m/s) 0.20 10-3 0.70 10-3 1.2 10-3 1.4 10-3 10 10-3 77 10-3
Table 2: Hydraulic conductivity of the different type of sands (m/s) used for the random correlated
structured porous media.
Each horizontal plane has been constructed independently, using an exponential covariance
distribution of the LogConductivity, LnK, defined by:
where σY2 is the variance of the LnK and λ (L) the correlation length or integral scale.
The generation of the LnK distribution has been made in the following way:
generation of the LnK value with the prescribed function and parameters using a
sequential gaussian field generator;
114
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
For each layer, the variance of the Log-conductivity is about 1.03, the average geometric K
about 0.00159 m/s. The average horizontal correlation length is equal to 23.1 cm. The vertical
correlation length is equal to the thickness of the layer, 10 cm.
The flow is steady state during the experiment. Each tracer experiment consists in the
following steps:
Step 1. Electrical conductivities are recorded to estimate the measurement errors and the
natural conductivity of the water.
Step 2. Tracer is injected in the upstream tank. Electrical conductivities are recorded. The
flow remains steady state during the tracer test. Tracer is injected until the measured
electrical conductivity reaches a constant value for each cells located in the porous
medium. The solute distribution in MARCEAUS can be considered steady state at
this stage.
Step 3. Tracer injection is stopped. Electrical conductivity are recorded to check when the
tracer has left the porous media.
Step 4. When the tracer has left the tank, the electrical conductivity is measured to detect any
drift of the measurement setup during the experiment.
115
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
1.4 1.4
E. cond (mS/cm)
E. cond (mS/cm)
1.2 1.2
1.0 1.0
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0 0.0
5 10 50 55 60 65 10 15 20 25 30 55 60 65 70 75 80
Time (h) Time (h)
1.4 1.4
E. cond (mS/cm)
E. cond (mS/cm)
1.2 1.2
1.0 1.0
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0 0.0
5 10 15 20 25 30 50 55 60 65 70 75 80 10 15 20 25 30 55 60 65 70 75 80 85
Time (h) Time (h)
Figure 4-3 : Typical BTCs for the channel structured porous medium.
Typical breakthrough curves (BTCs) are presented in Figure 4-3 and Figure 4-4 for the
channel structured and correlated random structured heterogeneous media.
116
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
1.40 1.40
E. cond. (mS/cm)
E. cond. (mS/cm)
1.20 1.20
1.00 1.00
0.80 0.80
0.60 0.60
0.40 0.40
0.20 0.20
0.00 0.00
30 35 340 345 350 355 30 40 50 60 340 350 360 370 380
E. cond. (mS/cm)
1.20 1.20
1.00 1.00
0.80 0.80
0.60 0.60
0.40 0.40
0.20 0.20
0.00 0.00
30 40 50 60 340 350 360 370 380 30 40 50 60 70 80 340 350 360 370 380 390 400
Figure 4-4: Typical BTCs for the statistical correlated structured porous medium.
The electrical conductivity values are normalized with the average electrical
conductivity obtained in steady state and the water electrical conductivity. Due to the linear
relationship between electrical conductivity and concentration, this scaled valued represents
also the normalized concentration C/C0, given by:
C (t ) Cond (t ) − Cond w
= (IV.5)
C0 Cond S − Cond w
where C(t) is the solute concentration (M/L3), C0 is the solute concentration (M/L3) at steady
state, Cond(t) is the electrical conductivity (mS/cm) of the tracer-water mixture at time t,
Condw is the electrical conductivity (mS/cm) of the water without tracer and Conds is the
electrical conductivity (mS/cm) of the solute-water mixture at steady state.
The effective parameters are obtained using a normalized BTC obtained by averaging
the BTCs observed at each cells of one section. It is assumed that the measurement errors of
each cell are normally distributed with an average of zero and the same standard deviation.
Therefore, for each cross section, the estimated error of the average concentration is given by:
117
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
c − 2σ c / n ; c + 2σ c / n (IV.6)
where c (M/L3) is the average concentration computed with the concentration of each cell,
σ c (M/L3) the standard deviation of the concentration and n the number of cells. The number
2 is the Student-t statistic coefficient for a significance level fixed to 95 %.
Two averaging procedures have been tested, arithmetic non weighted (called arithmetic) and
flux weighted. Arithmetic averaged BTCs and their associated error estimated by equation
(IV.6) are presented in Figure 4-5 for the channel structured medium and in Figure 4-6 for the
random correlated media. Local fluxes are not available, they are assumed to be linearly
dependant on the hydraulic conductivity of the sand surrounding the measurement cells. This
assumption can be considered as valid if the effective conductivity from the injection to each
cell is the same and if the local fluctuations of the head gradient within a section can be
neglected. Therefore, the concentration are weighted by the hydraulic conductivity of the sand
around the cell. The fluxes could also be estimated using the average travel time (e.g. Silliman
et Simpson, 1987) obtained for C/C0=0.50. This estimate is questionable : even if the
estimated average travel times are the same for two cells, the local velocities (or volumetric
fluxes) can be different because the trajectories from injection to the cells are different. The
effect of the porosity has not to be taken into account, all kind of sands having the same
porosity.
1.6
1.4
1.2
E. cond. (mS/cm)
1.0
0.8
0.6
0.4
X= 40 cm
X=200 cm
0.2
X=560 cm
0.0
0 10 20 50 60 70 80
Time (h)
Figure 4-5: Average BTCs for the channel structured porous medium.
118
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
1.60
1.40
1.20
E. cond (mS/cm)
1.00
0.80
0.60
X=40 cm
0.40
X=200 cm
X=320 cm
0.20
X=560 cm
0.00
30 40 50 60 70 80 90 340 350 360 370 380 390
Time (h)
Figure 4-6: Average BTCs for the statistical correlated porous medium.
The ability of reproducing the average concentrations by a 1-D transport model based
on effective velocity and dispersivity is checked by plotting on a normal probability paper the
scaled concentration in function of
( x − ut )
v= (IV.7)
2t
where x (L) is the distance between the cross section used to describe the input and the cross
section where the measurements are made, u (L/T) is the average pore water velocity and t (T)
the time. If the observations are consistent with the suggested model, the resulting plot is a
straight line. This idea is based on the procedure used by Silliman and Simpson (1987) to
determine the dispersivity coefficient. We restrict its application because we do not have a
step wise concentration source. The tracer injection in the upstream tank leads to apparent
tracer spreading due to mixing in the tank and the boundary condition cannot be described
like a step injection (Novakowski, 1992a, b).
The effective parameters are obtained by fitting of a 1-D transport model solved
numerically. This procedure has been preferred to more standard ones like moment analysis
or line fitting between some dimensionless values of concentration (e.g. Nguyen et al., 1990 ;
Sternberg et al., 1996 ; Rashidi et al., 1996) because :
119
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Assuming that the errors and parameters are normally distributed, we use the maximum-
likelihood theoretical framework (Carrera et Neuman, 1986) to estimate the effective
parameter by minimizing the objective function defined by:
n
( cs ,i − ci ) 2
O( p) = ∑ (IV.8)
i =1 wi2
where p is a vector containing the unknown parameters (average pore water velocity and
dispersivity), n is the number of observations, ci , wi are ith average measured concentration
(M/L3) with its associated uncertainty defined by 2σ c / n (M/L3) and cs ,i (M/L3) is the ith
calculated concentration value. The average BTC of the first section is used as input boundary
conditions. Because the porous medium is homogeneous between the injection tank and the
first section, the 25 local BTCs of the first section are used to check the quality of the tracer
injection, especially its homogeneity over width and depth. The first section has been
preferred to the upstream tank in which only one electrode was present due to the lack of
space because of the mixing system. Therefore, the origin of the x-axis is set at this first
section.
The minimization of that non linear objective function is done by the modified Gauss-
Newton procedure described in Marquardt (1963). The reliability and correlation of parameter
estimates are analyzed by using the variance-covariance matrix, defined by Bard (1974) :
1
O ( p ) ( J T W −1 J )
−1
F= (IV.9)
n − np
∂cs ,i
where J (i, j ) = is the jacobian matrix, W is the weight matrix, diagonal in our case
∂p j
where Wi,i is the inverse of wi = 2σ c / n , n is the number of measured concentrations and np,
the number of parameters (2 in our case). The diagonal coefficients of the matrix F are the
120
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
parameter variances and the off-diagonal coefficients the parameter covariances. Scaled by
the parameter variances, the off-diagonal coefficients are equal to the correlation coefficients.
Assuming that the model varies linearly with the parameter in the vicinity of the
minimum, the confidence intervals are estimated by (Bard, 1974):
pi ± t ( n − np,1 − α / 2) Fi ,i (IV.10)
where t is the Student-t statistic coefficient for n-np degrees of freedom and a significance
level of α (95 % for our computations) and Fi,i the parameter variance defined by
equation (IV.9).
About 1000 measured electrical conductivities are available for each cell for each experiment
but only the measured values during transient conditions (increasing or decreasing
concentration) are relevant for the transport parameter estimation (Knopman et Voss, 1988).
Therefore, we only take into account measured values for C/C0 between 5% and 95 % i.e.
about 80 to 100 values in average.
The calibration procedure was first used to estimate the average pore water velocity and
an effective dispersion coefficient. For all tracer experiments, this approach was abandoned
due to the high correlation coefficient (greater than 0.90) between the two calibrated
parameters which leads to high uncertainty in the parameter estimation. The calibrations were
then performed with dispersivities instead of dispersion and no significant correlation (less
than 0.10) has been found between velocity and dispersivity.
the calibration of pore water velocity and dispersivity for each section, looking for an
estimate of effective parameters over the mean travel distance. These effective
parameters can be distance dependant;
the calibration of the dispersivity only, the pore water velocity being prescribed by its
measured value based on the flow rate, the wetted cross section and the effective
porosity. In this way, the whole tank is considered as homogeneous for the flow
problem.
121
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
4. Interpretation
Tracer tests were performed with prescribed heads of 88.0 cm upstream and 83.5 cm
downstream. The flow rate was 61.6 cm3/s. The average hydraulic conductivity is given by:
2QL
K= (IV.11)
l ( hu2 − hd2 )
where Q is the flow rate (L3/T), L the length of the porous medium (L), l its width (L), hu the
prescribed upstream head (L) and hd the prescribed downstream head (L). Recall that the x-
axis of the coordinate system is parralel to the bottom of the tank and, therefore, its slope do
not appear in equation (IV.11). Equation (IV.11) is the 1-D analytical solution for flow in an
homogeneous unconfined aquifer. According to the experimental data, K is equal to 8.94 10-3
m/s. Similar results have been obtained with previous experiments (Renard et al., 2000b).
This value is of the same order than the arithmetic mean of the hydraulic conductivity 8.80 10-
3
m/s. This is expected, the mean flow direction being parallel to the channels.
Due to the porous media structure, the concentrations are not normal distributed (see
Figure 4-7 for recorded concentrations during injection), especially for large distances. This
show the effects of mass exchange between high and low permeable zones.
0.95
0.90
0.80
0.70
0.60
0.50 x= 40 cm
C/C0
x= 120 cm
0.40
x= 200 cm
0.30 x= 280 cm
x= 520 cm
0.20
0.10
0.05
-45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15
v
Figure 4-7: Normal plot for BTCs for the channel structured porous medium.
122
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
by fitting the 1-D model to the arithmetic or flux averaged concentrations, using all
measured values between 5 and 95 % of the concentration at steady state (C0),
Q Q
u= = (IV.12)
h( x ) lω 2Q
hu2 − x lω
KL
where Q is the flow rate (L3/T), L the length of the porous medium (L), l its width (L), K the
effective hydraulic conductivity (L/T), ω the effective porosity (equal to 0.38) and hu the
prescribed upstream head (L).
Distance u u Abs. error Rel. er. (%) u Abs. error Rel. er. (%)
Table 3: Estimated pore water velocity (cm/h) for the channel structured porous medium.
The velocities obtained by the model fittings and the analytical solution are given in Table 3.
The average uncertainty on the velocity obtained by equation (IV.10) is about 0.5 cm/h i.e. a
relative error of about 1 %. The general trend is an increase with travel distance due to the
123
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
decrease of the wetted surface with the head. The velocities show local fluctuations due to
local head gradient fluctuations. The velocities obtained by the flux averaged concentration
are higher and fluctuate around the values obtained by the analytical solution (Figure 4-8).
85
80
75
70
Velocity (cm/h)
65
60
55
Arithmetic
50
Flux
45 Analytic
40
0 100 200 300 400 500 600
Distance (cm)
Figure 4-8: Fitted velocities (line+symbols) and analytical velocity (line) based on the effective hydraulic
conductivity.
The flux-averaging procedure gives less weights to the concentrations measured in the zones
of low velocities. Therefore, the BTCs’ tails are reduced (see Figure 4-9) and the BTCs are
more consistent with a gaussian type model like dispersion-convection, especially for short
travel distances. The concentration front is than sharper and the fitted velocities are greater.
These velocities are also more consistent with the velocities obtained with the analytical
solution computed with the prescribed head gradient and the effective hydraulic conductivity
given by equation (IV.11). In fact, both approaches are based on fluxes, which explains their
similar results.
124
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
1.6
1.4
1.2
E. cond. (mS/cm)
1.0
Arithmetic
0.8
Comp.
x = 80 cm
x = 480 cm
0.6
Flux
Comp.
0.4
x = 80 cm
x = 480 cm
0.2
0.0
3 6 9 12 15 18 21 24 27 30
Time (h)
Figure 4-9: Measured (symbols) and computed (lines) average arithmetic and flux BTCs for the channel
structured porous medium.
The apparent dispersivities and dispersion coefficient are given in Table 4 and Figure
4-10. As expected, the model fitting on the flux averaged concentrations provides smaller
dispersivity and dispersion coefficients than the fitting on the arithmetic averaged
concentrations. No significant differences between dispersivity coefficient obtained with a
varying velocity or an uniform velocity has been found (Figure 4-10).
125
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Arithmetic Flux
Table 4: Estimated dispersivity α (cm) and dispersion D (cm2/s) for the channel structured porous
medium.
The variance of the concentration distribution is assumed to have a power law dependence
with time or travel distance:
σ s2 ∼ t β (IV.13)
where the variance is estimated by σ s2 = 2α (t ) X , with X is the travel distance (L) and α the
dispersivity (L). For both ways of constructing BTCs (arithmetic and flux weighted), the
linear fit of the Ln-Ln plot is very good (Figure 4-11). For the variance estimated by the
arithmetic averaged concentrations, β = 2.04 ± 0.07 . This same value is obtained for perfectly
stratified porous media without vertical flow (Matheron et de Marsily, 1980).
126
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
120
110 Variable u
100 Arithmetic
Flux
90
Constant u
80 Arithmetic
Flux
Dispersivity (cm)
70
60
50
40
30
20
10
0
0 100 200 300 400 500 600
Distance (cm)
Figure 4-10: Dispersivity coefficients obtained by model fitting on arithmetic and flux averaged BTCs.
11
Arithmetic Flux
11
Linear fit 10 Linear fit
Upper 95% Confidence Limit Upper 95% Confidence Limit
10 Lower 95% Confidence Limit 9 Lower 95% Confidence Limit
9 8
Ln(Variance)
Ln(Variance)
7
8
6
7
5
6
4
5 3
-0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 -1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
Ln(t) Ln(t)
The variance estimated by flux averaged concentrations leads to β = 2.48 ± 0.12 . This value
is questionable, the admitted maximum value of β being 2.
The upstream and downstream prescribed heads are equal to respectively 96.0 cm and
90.2 cm. The average flow rate was 23.3 cm3/s. Using equation (IV.11), the effective
hydraulic conductivity is equal to 2.42 10-3 m/s, which, as predicted by the theory, is greater
than the geometric average hydraulic conductivity ( 1.59 10-3 m/s). The experimental set-up
127
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
does not fulfill all the assumptions required to apply stochastic theories due to its limited
extension compared to the correlation length. Results concerning head covariances (Rubin et
Dagan, 1988 ; Rubin et Dagan, 1989 ; Osnes, 1995) or upscaled hydraulic conductivity
(Kitadinis, 1990 ; Indelman et Dagan, 1993a ; 1993b ; Paleologos et al., 1996) are obtained in
region sufficiently far from the boundary (at least three integral scales).
However, we use the general form of the hydraulic conductivity given by Paleologos et al.
(1996) for small LnK variance:
1
K e = KG 1 + σ Y2 ( − D ) (IV.14)
2
where Ke is the effective hydraulic conductivity [L/T], KG the geometric mean of the
hydraulic conductivity [L/T], σ Y2 the variance of the LnK field and D a domain integral. The
aim is to check if this generic form can be applied for the set-up. According to the
experimental data, the value of the domain integral is close to 0 (D= - 6.8 10-3).
Taking care of the anisotropy in the correlation lengths, D can be considered to be equal to
(Dagan, 1989):
λ e2 1 1
D= with λ= 2
tan −1 2 − 1 − 1 (IV.15)
2 1− e e 1− e 2 e
where e is the anisotropy factor. In our case, e is equal to 0.43 and D to 0.22.
The difference with the experimental value is probably due to the boundary effects, formula
(IV.14) having been established for a infinite 3D medium.
As required by the theory developed in Neuman and Orr (1993), when the domain size
approaches zero, the effective conductivity should tend to the arithmetic mean. The arithmetic
mean of the hydraulic conductivity is equal to 3.55 10-3 m/s. The estimated effective hydraulic
conductivity is between the geometric and arithmetic averages. It is affected by the correlated
structured porous medium and the boundary conditions.
128
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
0.95
0.90 X = 40 cm
X = 120 cm
0.80 X = 200 cm
X = 280 cm
0.70 X = 540 cm
0.60
0.50
C/C0
0.40
0.30
0.20
0.10
0.05
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5
v
Figure 4-12: Normal plot for BTCs for the statistically correlated structured porous medium.
The concentration distribution is close to a normal distribution (Figure 4-12) even for
short distances. No significant differences exist between both averaging procedures (Figure
4-13). The fitted velocities fluctuate around the average velocity obtained by the analytical
solution (Figure 4-14 and Table 5). The relative error on the velocities is higher than the
estimated error for the channel structured medium.
129
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Distance u u Abs. error Rel. Er. (%) u Abs. error Rel. Er. (%)
Table 5: Estimated pore water velocity (cm/h) for the random correlated structured porous medium.
1.60
1.40
1.20
E. Cond. (mS/cm)
1.00
Arithmetic
0.80 Computed
X = 80 cm
0.60 X = 520 cm
FLux
0.40 Computed
X = 80 cm
0.20 X = 520 cm
0.00
15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85
Time (h)
Figure 4-13: Measured (symbols) and computed (lines) average arithmetic and flux BTCs for the
statistical correlated structured porous medium.
130
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
36.00
Arithmetic.
Flux
33.00
Homog.
30.00
Velocity (cm/h)
27.00
24.00
21.00
18.00
15.00
Figure 4-14: Fitted velocities (line+symbols) and analytical velocity (line) based on the effective hydraulic
conductivity.
Dispersivities do not show any significant increase with travel distance (Table 6 and Figure
4-15) and fluctuates around a value about 40 to 50 cm. The transport can be described by a
Fickian model for travel distances greater than 160 cm or 8 integral scales. Unfortunately, the
dispersivity could not be estimated for shorter distances, the estimated uncertainty being too
important.
131
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Arithmetic Flux
40 - - - - - -
80 - - - - - -
Table 6: Estimated dispersivity α (cm) and dispersion D (cm2/s) for the random correlated structured
porous medium.
132
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
100 Variable u
Arithmetic
90 Flux
80
Constant u
Arithmetic
70 Flux
60
Dispersivity (cm)
50
40
30
20
10
0
0 100 200 300 400 500 600
Distance (cm)
Figure 4-15: Dispersivity coefficients obtained by model fitting on arithmetic and flux averaged BTCs for
the correlated structured medium.
The Fickian behavior of the transport is confirmed by the analysis of the variation of the
concentration distribution variance with time (Figure 4-16). The linear fit on the Ln-Ln plot
gives β = 1.06 ± 0.17 , which is a typical value for transport with constant dispersion
coefficient. The asymptotic value of the dispersivity (40 – 50 cm) is higher than the
theoretical predicted value (e.g. Dagan, 1989) which is 23.8 cm. Again, the effects of the
boundary are not taken into account in the theoretical estimation of the dispersivity.
10.5
10.2
9.9
9.6
9.3
Ln(Variance)
9.0
8.7
8.4
8.1 Flux
Linear fit
7.8
Upper 95% Confidence Limit
7.5 Lower 95% Confidence Limit
7.2
133
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
5. Conclusions
The channel structures media behaves like a stratified media with flow direction parallel
to the layers. However, the effective parameters depend on the averaging technique i.e. the
type of measurement method. Moreover, they may also depend on the ratio between the time
scale for convection and the time scale for lateral dispersion/diffusion which will affect the
mixing of the tracer between layers. Therefore, these effective parameters will also be
dependant on the average head gradient. Heterogeneity with integral scales of the same order
than the domain scale are not seldom in nature and more theoretical and experimental results
are necessary.
Assessment of stochastic theories with our laboratory setup is not possible, due to the
boundary effects. To our knowledge, no theoretical estimation for parameter upscaling exists
for bounded domain of small size compared to the integral scale. Because (i) the characteristic
length of the sand blocks must be at least around 1 dm (REV size), (ii) the number of blocks
within a integral scale should be about 5, (iii) the number of integral scales in the domain
should be more than 50 (Lintéa, 2001), the characteristic length of an experimental setup
134
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
should at least be 2,50 m. This size is difficult to handle at the laboratory scale. However,
tracer tests at laboratory scale are not restricted to stochastic theory assessment. They are also
useful to improve the understanding of transport processes for other type of heterogeneity (see
results for the channel structured medium) and for the verification of numerical models and/or
of parameter estimation by inverse methods.
Acknowledgement
This project has been supported by the European Research Project “Stochastic Analysis
of Well Head Protection and Risk Assessment” W-SAHaRA Contract No. EVK1-CT-1999-
00041. and the Programme National de Recherche en Hydrologie (National Hydrology
Research Program) of the Institut National des Sciences de l’Univers.
135
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
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139
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
4. Cas du pompage
Avant de présenter les résultats obtenus puis de les analyser, nous présenterons le
modèle utilisé.
Le milieu poreux est représenté par une seule couche en nappe libre. Le maillage est
régulier avec 140 x 25 mailles carrées de 4 cm de côté. Il a été validé en comparant les
résultats de simulation avec ceux obtenus avec un maillage deux fois plus fin de
280 x 50 mailles de 2 cm de côté (cf. Figure 4-17). L’identité des résultats prouve que le
maillage retenu est suffisant.
100
Concentrations réduites (%)
80
60
40
Expérience TT4W1
20 maillage 140 x 25
maillage 280 x 50
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
141
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
La charge est imposée constante à l’amont et l’aval. Le débit de pompage est aussi
imposé constant. Nous vérifions après la simulation que le débit à l’aval correspond à celui
mesuré pendant l’expérience. Les valeurs de référence sont regroupées dans le Tableau 3.4.
D'après Knopman et Voss (1987), seules les phases transitoire du transport sont
intéressantes pour ajuster la vitesse et la dispersivité dans la modélisation des essais de
traçage. Compte tenu de la précision de nos mesures, nous ne retiendrons que les
concentrations comprises entre 5 et 95 % de la concentration de la solution injectée pour notre
ajustement. Nous nous intéressons en particulier à la concentration dans le puits de pompage :
c’est la seule qui intègre un nombre de lignes de courant significatif pour évaluer des
paramètres équivalents.
C.P. min C.P. moy TT1W1 TT2W1 TT3W1 TT4W1 C.P. max
AL (cm) 23 40 60 50 30 40 60
Tableau 4.2 : Paramètres équivalents simulés pour chaque pompage avec le logiciel Modflow.
142
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
100
Concentrations réduites (%)
80
60
TT1W1
K=15.6 ; al=60
40 K=13.5 ; al=50
K=15.0 ; al=30
K=14.0 ; al=40
20 K= 6.6 ; al=23
K=17.4 ; al=60
K=10.8 ; al=40
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
100
Concentrations réduites (%)
80
TT2W1
60
K=15.6 ; al=60
K=13.5 ; al=50
40 K=15.0 ; al=30
K=14.0 ; al=40
K= 6.6 ; al=23
20
K=17.4 ; al=60
K=10.8 ; al=40
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
143
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
TT3W1
100 K=15.6 ; al=60
K=13.5 ; al=50
K=15.0 ; al=30
Concentrations réduites (%)
80
K=14.0 ; al=40
K= 6.6 ; al=23
60 K=17.4 ; al=60
K=10.8 ; al=40
40
20
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
TT4W1
100 K=15.6 ; al=60
K=13.5 ; al=50
K=15.0 ; al=30
Concentrations réduites (%)
80
K=14.0 ; al=40
K= 6.6 ; al=23
60
K=17.4 ; al=60
K=10.8 ; al=40
40
20
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
144
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
La porosité a été mesurée pour chaque sable : elle est constante et vaut 0,38. Cette
valeur est donc fixée dans nos simulations. Pour vérifier la faible sensibilité de ce paramètre,
une expérience a été simulée avec une porosité valant 0,40 (cf. Figure 4-22).
100
Concentrations réduites (%)
80
60
40
TT1W1
por = 0.38
20
por = 0.40
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
De même, le rapport entre les dispersivités transversale et longitudinale est fixé égal à
0,1. Sa faible sensibilité est vérifiée en simulant pour chaque expérience le même jeu de
paramètres avec une valeur deux fois plus grandes 0,2 et une deux fois plus petites 0,05
(cf. Figure 4-23).
145
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
100
Concentrations réduites (%)
80
TT1W1 - Exp
TT1W1 - K=15.6 ; al=60 ; at/al=0.1
60 TT1W1 - K=15.6 ; al=60 ; at/al=0.2
TT1W1 - K=15.6 ; al=60 ; at/al=0.05
TT2W1 - Exp
TT2W1 - K=13.5 ; al=50 ; at/al=0.1
TT2W1 - K=13.5 ; al=50 ; at/al=0.2
40 TT2W1 - K=13.5 ; al=50 ; at/al=0.05
TT3W1 - Exp
TT3W1 - K=15.0 ; al=30 ; at/al=0.1
TT3W1 - K=15.0 ; al=30 ; at/al=0.2
20 TT3W1 - K=15.0 ; al=30 ; at/al=0.05
TT4W1 - Exp
TT4W1 - K=14.0 ; al=40 ; at/al=0.1
TT4W1 - K=14.0 ; al=40 ; at/al=0.2
TT4W1 - K=14.0 ; al=40 ; at/al=0.05
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
Temps (minutes)
Figure 4-23 : Evaluation de la sensibilité du rapport entre les dispersivités longitudinale et transversale.
Pour évaluer la sensibilité des paramètres ajustés, les perméabilités limites de Cardwell
et Parsons, 6,6 et 17,4 cm/min, associées à deux dispersivités extrêmes, 23 et 60 cm, sont
utilisées pour simuler chaque expérience (cf. Figure 4-24).
TT1W1 TT2W1
100 100
90 90
Concentrations réduites (%)
Concentrations réduites (%)
80 80
70 70
60 60
50 50
40 40
30 30
K= 6.6 ; al=23 K= 6.6 ; al=23
20 20
K= 6.6 ; al=60 K= 6.6 ; al=60
10 K=17.4 ; al=60 10 K=17.4 ; al=60
K=17.4 ; al=23 K=17.4 ; al=23
0 0
0 240 480 720 960 1200 1440 1680 1920 2160 0 240 480 720 960 1200 1440 1680 1920 2160
Temps (minutes) Temps (minutes)
TT4W1 TT3W1
100 100
90 90
80 80
Concentrations réduites (%)
Concentrations réduites (%)
70 70
60 60
50 50
40 40
30 30
20
K= 6.6 ; al=23 20 K= 6.6 ; al=23
K= 6.6 ; al=60 K= 6.6 ; al=60
10 K=17.4 ; al=60 10 K=17.4 ; al=60
K=17.4 ; al=23 K=17.4 ; al=23
0 0
0 240 480 720 960 1200 1440 1680 1920 2160 0 240 480 720 960 1200 1440 1680 1920 2160
Temps (minutes) Temps (minutes)
146
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Pour chaque expérience et chaque valeur de paramètre, nous disposons donc de deux
séries de données. L'écart entre les concentrations obtenues est calculé dès que l'une des deux
concentrations considérées est comprise entre 5 et 95 %. Un coefficient de sensibilité est
calculé en prenant la moyenne de ces différences élevées au carré.
D'après le Tableau 4.3, la perméabilité est un paramètre plus sensible que la dispersivité et
cette sensibilité augmente avec la distance entre la source et le puits de pompage et quand la
dispersivité diminue.
Les résultats consignés dans le Tableau 4.4 révèlent que le jeu (15,6 ; 60) ajusté pour TT1W1
est sensiblement différent des trois autres jeux qui donnent des résultats semblables. La zone
caractérisée par l’expérience TT1W1 s’avère trop petite pour être représentative du milieu
global. Cela est du à la petite distance entre la source et le puits ainsi qu’au faible débit de
pompage.
L'ergodicité n'est pas respectée et les propriétés moyennes varient avec le volume de mesure.
La largeur de la zone de capture du puits lzc a donc beaucoup d'influence sur la valeur
147
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
QP lmp
l zc = (IV.16)
Qt
avec lmp la largeur du milieu poreux [L], Qp le débit pompé [L3·T-1] et Qt le débit total injecté
dans le milieu [L3·T-1].
lzc vaut environ 29 cm pour TT1W1, 47 cm pour TT2W1, 49 cm pour TT3W1 et 27 cm pour
TT4W1. Ainsi la plus grande zone caractérisée par la concentration à la sortie du puits est
obtenue pour TT3W1 : la perméabilité équivalente vaut alors 15 cm/min, la dispersivité,
30 cm.
Les valeurs extrêmes (13,5 et 15,6 cm/min) sont obtenues avec le pompage dans le puits
W2B, i.e. avec une petite distance entre la source et le puits. En effet, ce dernier est situé à
260 cm de la section 1, soit 11 longueurs de corrélation. Avec le puits W3B, cette distance
vaut 380 cm, soit 16 longueurs de corrélation, et les valeurs obtenues (14,0 et 15,0 cm/min)
sont plus centrées.
148
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Les valeurs de dispersivité ajustées varient plus que les perméabilités : l'incertitude
relative est de 28,7 % pour une valeur moyenne de 45 cm.
Les valeurs les plus élevées (50 et 60 cm) sont obtenues pour le puits de pompage le
plus proche de la source. Pour un même puits, la dispersion est plus élevée si le débit de
pompage est plus faible. Ceci confirme les observations qualitatives faites au
chapitre 3 (paragraphe 3.3.2).
Les valeurs de macrodispersivité obtenues pour les 4 expériences (de 30 à 60 cm) sont
supérieures aux valeurs prédites par la théorie de Dagan (1989) pour un écoulement
uniforme (23,8 cm).
Elles contredisent aussi les résultats de Indelman et Dagan (1999) qui trouvent une
dispersivité théorique trois fois plus petite, soit environ 8 cm, pour un écoulement radial.
Certes, il s'agit ici d'un puits de pompage alors que Indelman et Dagan étudient un puits
d'injection. Mais surtout, les théories de Dagan (1989) et Indelman et Dagan (1999) ne
tiennent pas compte des limites du domaine.
Comme pour les pompages, les expériences en injection – pompage sont modélisées
avec le logiciel MODFLOW. Un maillage est d’abord validé, puis les deux expériences sont
simulées avec un jeu de paramètres ajustés et les paramètres trouvés pour les pompages.
Le maillage utilisé pour les pompages (140 x 25 mailles) apparaît ici être insuffisant.
Cela est sans doute dû à une courbure plus importante des lignes de courant en injection –
149
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
pompage. Un maillage plus fin de 280 x 50 mailles carrées de 2 cm de côté, avec une seule
couche en nappe libre, est validé en comparant les résultats obtenus avec ce dernier aux
résultats fournis par un maillage deux fois plus fin (560 x 100 mailles) pour un même jeu de
paramètres. La Figure 4-25 illustre cette comparaison.
100
90
80
Concentrations réduites (%)
70
60
50
40
30
140 x 25 mailles
20
280 x 50 mailles
10
560 x 100 mailles
0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
Temps (minutes)
Figure 4-25 : Validation du maillage "280 x 50" pour un même jeu de paramètres – TT1W1.
La charge est imposée à l'aval selon les mesures réalisées : 90,3 cm pour TT1W2 et
87,1 cm pour TT2W2. De même, le débit est imposé dans les puits d'injection et de pompage
et vaut 500 cm3/min. La charge à l'amont est calculée et comparée aux valeurs
expérimentales.
Les jeux de paramètres obtenus avec les pompages sont réutilisés et un nouveau jeu est
ajusté pour chaque expérience.
150
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
AL (cm) 23 20 60 50 30 40
Tableau 4.5 : Paramètres équivalents simulés pour chaque injection - pompage avec le logiciel Modflow.
Les résultats sont présentés dans la Figure 4-26 pour TT1W2, la Figure 4-27 pour
TT2W2.
100
90
80
Concentrations réduites (%)
70
60
50
TT1W2
40 K=15.6 ; al=20
K=15.6 ; al=23
30
K=15.6 ; al=60
20 K=13.5 ; al=50
K=15.0 ; al=30
10
K=14.0 ; al=40
0
0 600 1200 1800 2400 3000 3600 4200 4800
Temps (minutes)
151
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
100
90
80
Concentrations réduites (%)
70
60
50
TT2W2
40 K=15.6 ; al=20
K=15.6 ; al=23
30
K=15.6 ; al=60
20 K=13.5 ; al=50
K=15.0 ; al=30
10
K=14.0 ; al=40
0
0 600 1200 1800 2400 3000
Temps (minutes)
Comme pour les pompages (cf. 4.3.2), nous avons simulé les deux expériences avec 4
jeux de paramètres composés des limites de Cardwell et Parsons pour les perméabilités et de
deux valeurs extêmes, 23 et 60 cm, pour les dispersivités (cf. Figure 4-28).
152
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
100
90
80
Concentrations réduites (%)
70
60
50
TT1W2 - K= 6.6 ; al=23
TT1W2 - K= 6.6 ; al=60
40
TT1W2 - K=17.4 ; al=60
30 TT1W2 - K=17.4 ; al=23
TT2W2 - K= 6.6 ; al=23
20
TT2W2 - K= 6.6 ; al=60
Figure 4-28 : Etude de la sensibilité de la perméabilité et la dispersivité pour les injection – pompage.
Comparons ces coefficients avec ceux obtenus pour les pompages : la sensibilité de la
dispersivité est quasiment la même alors que celle de la perméabilité est beaucoup plus faible
dans le cas de l'injection – pompage.
Ce résultat peut-être justifié par un comportement de notre milieu proche de celui d'une
nappe captive, les rabattements dans les puits étant petits devant la hauteur du milieu
(environ 5%).
153
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
Or, pour une nappe captive, la solution analytique de la hauteur piézométrique dans un
doublet d’injection – pompage est proportionnelle à l'inverse de la transmissivité, d'où une
vitesse de pores indépendante de la perméabilité :
Qip
hip ( x ) = f ip ( x ) + H 0 (IV.17)
2π T
−Qip
U ip ( x ) = − K grad ( hip ( x ) ) = grad ( f ip ( x ) ) (IV.18)
2π e
avec hip la charge hydraulique [L], Qip le débit d'injection et de pompage [L3·T-1], T la
transmissivité [L2·T-1], fip une fonction des coordonnées trouvée avec la méthode des images
(de Marsily, 1981 ; Carlier, 2002), Ho la charge de référence [L].
Dans le cas des expériences en pompage, l'hydrodynamique est aussi influencée par le
gradient de charge entre l'amont et l'aval du milieu. Une composante de la vitesse est donc
directement proportionnelle à la perméabilité :
−Q p
U = U p + Uu = grad ( f p ( x ) ) + K grad ( hu ) (IV.19)
2π e
avec Qp le débit de pompage [L3·T-1], e l'épaisseur du milieu [L], fp une fonction des
coordonnées pour le cas du pompage, K la perméabilité [L·T-1]et hu la charge hydraulique liée
à l'écoulement uniforme [L].
La perméabilité équivalente
La perméabilité étant un paramètre peu sensible de ces simulations, elle a été ajustée
avec les mesures de hauteurs piézométriques à l'amont du milieu. Ce calage a été concluant
pour TT1W2, impossible pour TT2W2.
Pour la deuxième expérience, les modifications de la perméabilité n’avaient pas d’effet sur la
hauteur piézométrique à l’amont du milieu. La distance entre les puits est dans ce cas plus
154
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
petite que pour TT1W2 et le puits d’injection est aussi placé plus loin de l’amont du milieu.
Le doublet a donc beaucoup moins d’influence sur le point de mesure de la hauteur
piézométrique considéré que pour TT1W2.
La valeur obtenue pour la première expérience, 15,6 cm/min a été appliquée aux deux
cas. Cette valeur est supérieure aux valeurs théoriques mais appartient à l'intervalle de
Cardwell et Parsons.
La macrodispersivité
Les valeurs obtenues, 23 et 20 cm, sont proches et augmentent avec la distance entre les
puits. Elles sont quasiment égales à la valeur proposée par Dagan (1989) pour l'écoulement
uniforme (23,8 cm) et donc trois fois plus grande que la solution de Indelman et Dagan (1999)
pour l'écoulement radial.
Les paramètres équivalents déterminés pour le même milieu mais des conditions aux
limites différentes sont regroupés dans le Tableau 4.7.
Les perméabilités sont toutes du même ordre de grandeur. Il est vrai que, pour les
pompages, l'ajustement est possible grâce au gradient de charge entre l'amont et l'aval,
identique pour l'écoulement uniforme. Les valeurs déterminées en injection – pompage ne
sont pas très représentatives étant donnée leur faible sensibilité. Cela peut expliquer les faibles
différences entre les valeurs obtenues.
155
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
405 cm, soit 12 et 18 longueurs de corrélation) ou en écoulement uniforme (520 cm, i.e.
23 longueurs de corrélation).
La comparaison des sommes des écarts relatifs au carrés entre la concentration mesurée
et la concentration simulée indique que les jeux de paramètres ajustés pour les pompages ne
sont pas applicables aux injection – pompage (cf. Tableau 4.8).
Les valeurs expérimentales sont aussi toujours supérieures aux valeurs théoriques. Une
première explication pourrait être une sous-estimation de certaines perméabilités locales. En
effet, ces dernières sont mesurées dans des conditions différentes de celles du MARCEAUS et
la technique de remplissage a certainement un impact sur la conductivité du sable. Avec un ou
deux sables plus perméables, le variogramme du milieu poreux et les valeurs théoriques
seraient modifiés.
L'autre explication envisageable est l'influence des limites du MARCEAUS, non prises en
compte dans les développements théoriques aux hypothèses simplificatrices. Les limites
proches des phénomènes étudiés ne peuvent être négligées.
7. Conclusion
Les résultats obtenus dans ce chapitre prouvent qu'il est possible de déterminer des
paramètres équivalents du milieu poreux à partir de données expérimentales. Une technique
numérique adaptée à chaque type de conditions aux limites a été proposée.
Les valeurs expérimentales sont toujours supérieures aux valeurs théoriques. Mais ces
dernières sont sans doute sous évaluées et ne tiennent pas compte des conditions aux limites
particulières du milieu étudié. Pourtant, cela généralise les résultats de Silliman (1996) qui
trouve des vitesses supérieures aux vitesses théoriques en ajustant une solution mono
dimensionnelle à un écoulement tridimensionnel.
156
Chapitre 4 : Estimation de paramètres équivalents
apparaît plus adapté, en particulier dans le cas d'une nappe captive. En revanche, les valeurs
trouvées pour l'écoulement uniforme semblent utilisables en injection – pompage à proximité
du puits.
La macrodispersivité est élevée et varie avec le type de conditions aux limites. Mais il
est difficile de parler de valeur asymptotique compte tenu du petit nombre de longueurs de
corrélation parcouru. En revanche, la distance de traçage paraît ici aussi être un facteur
important dans la valeur de la dispersivité.
Les résultats de ces mesures peuvent aussi être utilisés pour caler un modèle numérique
tridimensionnel. C’est le but du chapitre suivant.
157
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
1. Introduction
De plus, le milieu poreux est complexe et les puits s’avèrent difficiles à modéliser. Le
logiciel Modflow, utilisé précédemment, a d’ailleurs montré ses limites puisqu’il nous a été
impossible d’ajuster les paramètres pour simuler correctement les expériences. Quelque soit la
perméabilité, le traceur se déplaçait moins vite que dans la réalité.
Il s’agit maintenant de réaliser une étude préliminaire afin d’estimer les perméabilités
locales et les phénomènes en jeu dans la simulation tridimensionnelle des expériences. Un jeu
de paramètres est validé avec les données de l’expérience en écoulement uniforme. Ce jeu
permet-il de reproduite les autres expériences, en pompage et en injection – pompage ?
Nous présenterons d’abord les résultats obtenus avec les éléments finis mixtes et
discontinus. Puis, afin d’étudier l’influence du volume d’estimation de la concentration et
réduire les temps de calcul, nous avons utilisé la méthode de la marche au hasard.
Il emploie la méthode des éléments finis mixtes hybrides (Brezzi et Fortin, 1991) et la
méthode des éléments finis discontinus (Cockburn et al., 1990 ; Cockburn et Shu, 1998). La
159
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
L’ajustement de la perméabilités des 4950 blocs de sable est impossible. Certes ces
blocs ne sont constitués que de 6 types de sable mais comment être sûr que deux blocs du
même sable ont exactement la même perméabilité ? La technique de remplissage et le
tassement ont sans doute une influence sur la conductivité hydraulique. De plus, une maille du
modèle peut contenir plusieurs sables à cause de la forme imparfaite des cubes.
Conscients de ces phénomènes aléatoires, nous avons ajusté une plage de perméabilités plutôt
qu’une valeur unique pour chaque type de sable. La perméabilité affectée à une maille du
modèle est tirée au sort, selon une répartition uniforme, dans la plage des valeurs de
perméabilité du sable considéré.
2.2. Résultats
Pour ajuster les 6 plages de perméabilités, nous avons retenu 50 points de mesures sur
les 350 disponibles. Le meilleur compromis est obtenu avec les paramètres présentés dans le
Tableau 5.1. Les perméabilités locales obtenues sont du même ordre de grandeur que les
perméabilités mesurées sauf celle du sable K20 pour lequel la perméabilité ajustée est environ
3 fois supérieure. En considérant les valeurs mesurées pour les autres sables et une valeur de
25 cm/min pour la perméabilité du sable K20, la moyenne géométrique des perméabilités
locales vaut 13,82 cm/min, la variance de la logconducitivité est égale à 1,20.
160
100 100 100 100
60 60 60 60
x = 105 cm
x = 25 cm x = 145 cm
40
cell1 40 x = 65 cm 40 Cell51 40
Cell77
cell7 Cell56
Cell82
cell13 Cell31 Cell61
Cell87
20
cell19
20 Cell33 20 Cell66 20
Cell92
Cell36 Cell71
Cell96
0 0 0 0
0 100 200 300 400 500 0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
60 60 60 60
x = 265 cm
x = 225 cm
40 40 40 40
Cell151
x = 185 cm Cell126 Cell156 x = 305 cm
Cell137 Cell161
20 20 20 20
Cell111 Cell144 Cell166 Cell186
Cell112 Cell149 Cell171 Cell187
0 0 0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
x = 465 cm
60 60 60 60
x = 385 cm Cell276
40 40 40 40 Cell277
Cell226
Cell279
x = 345 cm Cell231
Cell281
Cell236 x = 425 cm
20 20 20 20 Cell283
Cell216 Cell241
Cell286
Cell217 Cell246 Cell259
0 0 0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 500 1000 1500 2000 2500
60 60 60 60
40 40 40 40
x = 545 cm
x = 505 cm Concentration dans Concentration dans
Cell316 Cell336 les mailles voisines
20 20 20 20 les mailles voisines
Cell319 Cell337
Cell187
Cell324 Cell339 Cell283
0 0 0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 0 500 1000 1500 2000 2500 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 500 1000 1500 2000 2500
Figure 5-1 : Comparaison des concentrations mesurées (points) aux concentrations simulées avec TRACES (lignes) – TT1W0.
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
C’est pourquoi nous nous sommes intéressés aux mailles voisines pour les cellules 187 et
283 : pour chacune d’elle, nous avons tracé la concentration calculée dans les 8 mailles
voisines de la même couche, la maille supérieure et la maille inférieure (cf. Figure 5-1). Mais
la courbe expérimentale reste différente de l’ensemble de ces résultats. Le volume de mesure
ne peut pas être reconstitué avec ces mailles cubiques.
La définition du volume sur lequel est calculée la concentration apparaît être importante
dans l’ajustement des paramètres. Les forts gradients de concentration créés par les
hétérogénéités justifient ceci. Les résultats de simulation permettent de représenter ces
phénomènes (cf. Figure 5-2 et Figure 5-3).
0
100
200 Z
50 300
z
400 x
0 500 X Y
50
y 100
Figure 5-2 : Evolution de la concentration simulée à x = 0, 50, 100, 150, 200, 250, 300, 350, 400 cm
et t = 500 min – TT1W0.
162
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
100
50
y
z = 27,5 cm
0
0 100 200 300 400 500
x
100
50
y
z = 57,5 cm
0
0 100 200 300 400 500
x
100
50
y
z = 77,5 cm
0
0 100 200 300 400 500
x
50
z
y = 22,5 cm
0
100 200 300 400 500
x
50
z
y = 47,5 cm
0
100 200 300 400 500
x
50
z
y = 72,5 cm
0
100 200 300 400 500
x
Figure 5-3 : Concentrations et champ de vitesses simulés dans 6 plans horizontaux et verticaux
à t = 500min– TT1W0.
163
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
Pour simuler les autres expériences, nous avons utilisé la méthode de la marche au
hasard. Elle est beaucoup moins coûteuse en temps de calcul, en particulier pour les
expériences comportant un puits d’injection ou de pompage. De plus, elle va nous permettre
d’approfondir l’étude de l’influence du volume de calcul sur la détermination de la
concentration.
3.1. Introduction
Le temps de calcul est beaucoup plus petit, en particulier lorsque l’expérience simulée
comporte un puits.
Le volume sur lequel est calculée la concentration en un point peut être une sphère et ses
dimensions sont définies par l’utilisateur.
164
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
L’expérience TT1W0 a été simulée dans les mêmes conditions qu’avec le modèle
TRACES. Seule la diffusion locale, négligée précédemment, a été augmentée suite aux
premiers essais : les courbes de concentration comportaient des paliers trop marqués. Nous
avons retenu une valeur de 0,02 cm2/min, ce qui correspond à une dispersivité d’environ
1 cm. 50 000 particules sont injectées à l’amont du milieu.
La concentration est calculée pour toutes les cellules, en considérant d’abord comme
volume de mesure une sphère de rayon 3,5 cm centrée sur la cellule de conductimétrie. Les
courbes obtenues pour les 50 cellules étudiées auparavant sont présentées dans la Figure 5-4.
Les résultats sont globalement plus proches des valeurs expérimentales. Les courbes
sont moins lisses qu’avec les éléments finis mais le nombre de particules est peu élevé. En
augmentant cette quantité, le poids de chaque particule sera plus faible, les particules seront
mieux réparties dans le domaine et les courbes obtenues seront plus lisses.
Le traceur sort plus tôt et des paliers semblables à ceux observés dans l’expérience
(cellule 56) apparaissent dans la simulation (cellule71). Avec ce volume de mesure, plus petit
et parfois constitué de différents sables, les concentrations sont moins moyennées et reflètent
davantage les phénomènes observés dans le milieu.
165
100 100 100 100
60 60 60 60
x = 105 cm x = 145 cm
x = 25 cm
40 40 40 40
x = 65 cm Cell51 Cell77
cell1 Cell56 Cell82
cell7 Cell31 Cell61 Cell87
20 20 20 20
cell13 Cell33 Cell66 Cell92
cell19 Cell36 Cell71 Cell96
0 0 0 0
0 100 200 300 400 500 0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
60 60 60 60
x = 265 cm
x = 225 cm
40 40 40 Cell151 40
x = 185 cm
Cell126 Cell156 x = 305 cm
20 Cell111 20
Cell137 20
Cell161 20
Cell112 Cell144 Cell166 Cell186
Cell149 Cell171 Cell187
0 0 0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
60 60 60 60 x = 465 cm
x = 385 cm
Cell276
40 40 Cell226 40 40
Cell277
x = 345 cm Cell231 Cell279
x = 425 cm
Cell236 Cell281
20 20 20 20
Cell216 Cell241 Cell259 Cell283
Cell217 Cell246 Cell286
0 0 0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 0 500 1000 1500 2000 2500
100 100
Concentrations réduites (%)
80 80
60 60
40 40
x = 505 cm x = 545 cm
Cell316 Cell336
20 20
Cell319 Cell337
Cell324 Cell339
0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 0 500 1000 1500 2000 2500
Figure 5-4 : Comparaison des concentrations mesurées (points) aux concentrations simulées avec la marche au hasard (lignes), φ = 3,5cm – TT1W0.
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
60 60 60
40 40 40
Figure 5-5 : Comparaison des concentrations mesurées (points) aux concentrations simulées
avec la marche au hasard (lignes), φ = 2,5cm – TT1W0.
D’après ces observations, il s’avère que le volume sur lequel est calculée la
concentration a une influence sur sa valeur, donc sur l’ajustement. Il est difficile de définir
précisément le volume de mesure d’une cellule de conductimétrie car il doit varier avec son
environnement.
Les expériences de pompage et d’injection – pompage ont été simulé avec les mêmes
paramètres que TT1W0. Le but est de savoir si ce jeu est valable quelque soient les conditions
aux limites.
Pour comparaison, quelques résultats, obtenus pour l’expérience TT4W1, sont présentés
dans la Figure 5-6. Les concentrations simulées sont globalement moins en adéquation avec
les valeurs expérimentales. En particulier, le traceur arrive trop tard dans le puits de pompage,
malgré un débit aval surestimé : 1,68 l/min au lieu de 1,1 l/min. Les paliers observés sont plus
marqués que pour TT1W0.
168
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
60 60 60
x = 145 cm x = 385 cm
0 0 0
0 500 1000 1500 2000 2500 0 500 1000 1500 2000 2500 0 500 1000 1500 2000 2500
Figure 5-6 : Comparaison des concentrations mesurées (points) aux concentrations simulées
avec la marche au hasard (lignes), φ = 3,5cm – TT4W1.
Les résultats de la simulation de TT1W2 (cf. Figure 5-7) confirment les observations
faites pour le pompage : le traceur arrive trop tard aux points de mesure
80 80 80
60 60 60
Cell77
40 Cell82 40 40
Cell151
Cell87 Cell156
Cell92 Cell161 Cell186
20 20 20
Cell96 Cell166 Cell187
Cell171
0 0 0
0 1200 2400 3600 4800 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 500 1000 1500 2000 2500
80 80 80
60
Y Axis Title
60 60
40
40 40
Cell226
Cell231 20 Cell259
20 Cell236 20
Cell241
0
Cell246 Cell351
0 0
0 1200 2400 3600 4800 0 1200 2400 3600 4800 0 1200 2400 3600 4800 6000 7200 8400 9600
Figure 5-7 : Comparaison des concentrations mesurées (points) aux concentrations simulées
avec la marche au hasard (lignes), φ = 3,5cm – TT1W2.
Cette arrivée tardive du traceur aux points de mesure, malgré un débit plus élevé dans le
cas du pompage, semble indiquer que les lignes de courant sont plus longues dans la
169
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
4. Conclusion
En effet, la mesure est réalisée sur un volume indépendant des blocs de sables,
approximativement une sphère centrée sur la cellule de conductimétrie. Celle-ci est plus petite
qu’une maille du modèle numérique, ce qui pourrait être résolu en raffinant le maillage.
Mais la sphère peut aussi, selon les cellules, faire partie de plusieurs blocs de sables
différents. Le raffinement nécessaire pour caractériser le volume de mesure est alors trop
important.
Par ailleurs, la dispersion locale semble être non négligeable malgré l’hétérogénéité du
domaine. Les simulations réalisées avec la marche au hasard en ne tenant compte que de la
diffusion moléculaire sont peu concluantes : la concentration aux points de mesure est
discontinue. Il est aussi possible que le nombre de particules injectées soit trop petit. Il
faudrait poursuivre l’étude en évaluant la sensibilité de la dispersion locale avec un grand
nombre de particules.
170
Chapitre 5 : Modélisation tridimensionnelle des expériences
réalité. Une perméabilité verticale plus faible entraînerait des lignes de courant plus
rectilignes donc un transport plus rapide du traceur.
Les résultats obtenus dans cette étude préliminaire nous encouragent à continuer
d’essayer de reproduire numériquement ces expériences. Les paramètres actuels, ajustés pour
un type d’écoulement, ne paraissent pas valables pour d’autres conditions aux limites. Une
modélisation plus fine, tenant compte des deux paramètres énoncés précédemment, devraient
nous permettre de mieux comprendre les différences d’une expérience à l’autre.
171
Conclusions et perspectives
Conclusions et Perspectives
173
Conclusions et perspectives
distance moyenne parcourue par le traceur ainsi que le volume de mesure de la concentration
ont une influence directe sur les paramètres déterminés et ce qu’ils représentent.
La valeur de perméabilité équivalente obtenue dans le premier cas semble valable dans
le deuxième.
174
Conclusions et perspectives
Le milieu homogène équivalent reproduit le même signal de sortie que le milieu réel.
Qu’en est-il pour les valeurs à l’intérieur du domaine ? L’étude pourrait être approfondie en
comparant les valeurs de concentration et de charge mesurées en d’autres points que celui
utilisé pour l’ajustement avec les valeurs calculées en considérant un milieu homogène ayant
les propriétés équivalentes.
Enfin, la modélisation fine des expériences et l’ajustement des paramètres locaux est
une autre perspective de ce travail.
175
Références bibliographiques
Références bibliographiques
177
Références bibliographiques
178
Références bibliographiques
179
Références bibliographiques
Gutierrez, M.G., Guimera, J., Yllera de Llano, A., Benitez, A.H., Humm, J., et Saltink,
M., 1997.
Tracer test at El Berrocal site. Journal of Contaminant Hydrology, Vol. 26 (1-4),
p. 179-188.
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Références bibliographiques
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Références bibliographiques
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Renard, P., Le Loch, G., Ledoux, E., de Marsily, G., et Mackay, R., 2000a.
A fast algorithm for the estimation of the equivalent hydraulic conductivity of
heterogeneous media. Water Resources Research, Vol. 36 (12), p. 3567-3580.
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Références bibliographiques
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Références bibliographiques
186
Références bibliographiques
187
Références bibliographiques
188
Annexe A : Cartes du remplissage du MARCEAUS
Type de sable
Les figures ci-dessous représentent l’agencement des 6 sables dans
K150
le MARCEAUS. Chaque couche est composée de 550 blocs répartis K10
comme suit selon y : K20
50 demi cubes, K30
50 x 9 cubes de 10 cm de côté au centre, K40
K60
50 demi-cubes de part et d’autre du milieu.
Sur les figures, les demi-cubes latéraux sont représentés par des carrés entiers.
Couche 1 : z ∈ [ 0,10]
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
189
Annexe A : Cartes du remplissage du MARCEAUS
Couche 3 : z ∈ [ 20,30]
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
Couche 5 : z ∈ [ 40,50]
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
190
Annexe A : Cartes du remplissage du MARCEAUS
y 100
50
0
0 100 200 300 400 500
x
Couche 8 : z ∈ [ 70,80]
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
Couche 9 : z ∈ [80,90]
100
y
50
0
0 100 200 300 400 500
x
191
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
B.1. Introduction
En revanche, pour que les résultats de cette approche aléatoire aient des propriétés
statistiques proches de la réalité, il est nécessaire d’utiliser un grand nombre de particules dont
la trajectoire est composée d’un grand nombre de déplacements. Le théorème central limite
est ainsi applicable et la distribution finale des particules est gaussienne, conformément aux
observations expérimentales.
En affectant à chaque particule une masse de soluté à l’échelle du pore, le modèle peut
reproduire l’évolution qualitative et quantitative d’un panache de polluant. Chaque particule
subit un déplacement déterministe, la convection, et un déplacement aléatoire, la diffusion,
par pas de temps.
193
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
Considérons une particule qui se déplace de manière aléatoire et soit X(tn) sa position au
temps tn. Cette position est le résultat d’une succession de déplacements élémentaires, S(ti),
subits par la particule aux temps ti. Ainsi, la trajectoire de la particule est entièrement
déterminée par la somme des déplacements élémentaires :
n
X (tn ) = X (t0 ) + ∑ S (ti ) (B.1)
i =1
Supposons que les déplacements soient indépendants les uns des autres. Ce processus
est dit Markovien : l’état présent étant connu, le futur est indépendant du passé. En termes de
position, X(ti+1) est indépendant de X(ti-1) quand X(ti) est connu.
dX dX
La probabilité de trouver une particule dans un intervalle [ X − ,X + ] s’écrit :
2 2
dX dX
P X − ≤ X (t ) ≤ X + (B.2)
2 2
dX dX
G ( X , t ) ⋅ dX = P X − ≤ X (t ) ≤ X + (B.3)
2 2
dSi
De même, la probabilité pour une particule de faire un saut de longueur Si ± à
2
l’instant ti vaut :
dSi dS
P ( Si − ≤ Si ≤ Si + i , ti ) = g ( Si , ti ) ⋅ dSi (B.4)
2 2
194
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
Le processus Markovien est alors décrit par l’équation suivante qui définit la densité
G(X,ti+1) :
+∞
G ( X , ti +1 ) = ∫ G (ξ , ti ) ⋅ g ( X − ξ , ti +1 ) ⋅ dξ (B.6)
−∞
n
∂G ( X , t ) ∞ 1 ∂
= ∑ ⋅− a ( X , t ) ⋅ G ( X , t )
(n)
(B.7)
∂t n =1 n ! ∂X
avec a(n), la variation du moment d’ordre n de la densité de pas g(S,t) par unité de temps :
1 +∞
a ( n ) = lim ⋅ ∫ S n ⋅ gτ ( S , X , t ) ⋅ dS
τ →0 τ −∞
(B.8)
1
= lim S n
τ →0 τ
195
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
Il s’agit alors de trouver une fonction S(X,t) telle que les densités de probabilités G et
g soient infiniment dérivables et que le moment d’ordre 3 de S soit nul. Pour cette fonction S,
l’équation (B.7) devient l’équation de Fokker-Planck :
∂G ∂ ∂2
∂t
=−
∂X i
( AG
i ) +
∂X i ∂X j
( BijG ) (B.9)
1
avec Ai = a (1) = lim Si , le vecteur dérive,
τ →0 τ
1
et Bij = a ( 2 ) = lim Si S j , le coefficient de diffusion.
τ →0 2τ
Le transport d’un traceur en milieu poreux est régi par l’équation d’advection
dispersion :
∂C ∂ ∂ ∂C
=− (UC ) + D (B.10)
∂t ∂X ∂X ∂X
196
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
Si B n’est pas constant, il faut d’abord modifier l’écriture de l’équation (B.9) de la façon
suivante :
∂G ∂ ∂ ∂ ∂G
=− Ai − Bij ⋅ G + Bij ⋅ (B.11)
∂t ∂X i ∂X j ∂X i ∂X j
∂
Ai = U i + Dij (B.13)
∂X j
Le résultat obtenu est surprenant car nous pouvions nous attendre à trouver un
moment d’ordre un du saut S égal au déplacement convectif U. La différence entre les deux
termes est donné par Uffink (1990) : A représente l’estimation du déplacement moyen par
unité de temps alors que U correspond à l’estimation du nombre moyen de particules
traversant une unité de surface par unité de temps.
S = U * ⋅ ∆t + z ⋅ 2 D ⋅ ∆t (B.14)
∂D
avec U* = U + ,
∂X
et z, un nombre aléatoire suivant une loi normale de moyenne 0 et d’écart-type 1.
Pour cette solution, le transport d’un traceur en milieu poreux est assimilable à un
processus Markovien. Mais lorsque la dispersion est discontinue dans le milieu, elle n’est pas
dérivable en tout point, ce qui rend impossible le calcul du flux U* (cf. équation (B.14)) lors
de la traversée d’une discontinuité. Ces déplacements nécessitent un traitement particulier
pour lesquels plusieurs méthodes existent : les principes de réflexion, la décomposition du
saut et les schémas d’interpolation sont les principales.
197
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
Théorie
d
( X i ) = Ki ( X ) + Fij ⋅ n j ( t ) (B.15)
dt
∂G ∂ 1 ∂2
∂t
=−
∂X i
( KiG ) + ⋅
2 ∂X i ∂X j
( Fik Fjk G ) (B.16)
C’est l’approche que nous avons utilisée jusqu’ici. D’ailleurs, l’équation (B.9) est retrouvée
1
en posant Ai = Ki et Bij = Fik F jk .
2
198
Annexe B : La marche au hasard, approche théorique
Une théorie plus implicite est proposée par Stratonovich : il s’agit de prendre la valeur
de F en fonction de la position X calculée pour un demi pas de temps. L’équation de Fokker-
Planck devient alors :
∂G ∂ F jk ∂ 1 ∂2
2 ∂X ∂X ( ik jk )
=− Ki + ⋅ Fik ⋅ G + ⋅ F F G (B.17)
∂t ∂X i 2 ∂X j i j
(
S ( X , t ) = U * ⋅ ∆t + z ⋅ 2 D X + S ( X , t )
2 ) ⋅ ∆t (B.18)
199