B- A travers la réalisation de projets communs
Pour rappel, il existence plusieurs formes d’intercommunalités : intercommunalité d’étude
et de concertation, intercommunalité de services publics, et intercommunalité de projet.
Seule cette dernière, c’est-à-dire l’intercommunalité de projet fera l’objet de notre réflexion
dans le cadre de cette partie.
En effet, par le biais de l’intercommunalité de projet, les principaux acteurs notamment, les
collectivités locales, et leurs établissements publics mutualisent leurs efforts dans le but de
réaliser ensemble, des projets de développement local dans des secteurs ciblés : urbanisme,
aménagement, ramassage et de traitement des ordures.
Le projet de développement local « c’est une prise de risque, un « investissement »
commun dont on espère un retour territorialisé globalement et individuellement pour
chaque collectivité concernée », pour la recherche d’un développement économique
endogène.
Dans cette perspective, la loi française n° 99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement
et à la simplification de la coopération intercommunale stipule que « les communes
s’associent au sein d’un espace de solidarité en vue d’élaborer et conduire ensemble
un « projet commun de développement et d’aménagement de leur territoire »1
Autrement dit, l’intercommunalité de projet exprime la réalité d’une solidarité globale et
plurielle autour d’un « investissement ou d’une « ressource commune au sens général du
terme dont on partage les risques et les bénéfices.2
C’est dans cet élan de solidarité, que les acteurs concernés, mettent en œuvre des structures
intercommunales chargées souvent, de traitement et de distribution des eaux, de voirie ou
de protection de l’environnement, de collecte des déchets.
C’est d’ailleurs, l’exemple de l’Entente CADAK-CAR (Communauté des Agglomérations de
Dakar), qui regroupe les communes : Dakar, GUEDIAWAYE, RUFISQUE ET PIKINE pour la
collecte des ordres dans ces différentes communes.
Nous observons également, en France dans les années 1990 que l’on appelle des « contrats
de pays », ou « charte de pays » au sein desquels, les collectivités s’engagent mutuellement
à renforcer l’action publique locale par la réalisation de projet de développement
économique, social et culturel.
Le Conseil régional RHÖNE- ALPES a adopté à cet effet, le 23 juillet 1993 la procédure des
Contrats Globaux de Développement(CGD) qui est un moyen d’intervention que la région
propose aux collectivités qui s’associent pour porter solidairement les intérêts de leur
territoire 3à travers la réalisation de projets.
1
CHAPPOZ, INTERCOMMUNALITE DE PROJET, 1996 p : 65 ; 66
2
GUY GILBERT, L’INTERCOMMUNALITE, ENJEUX DU DEVELOPPEMENT LOCAL
3
YVES CHAPPOZ, INTERCOMMUNALITE DE PROJET, 1996 p : 69
Ces Contrats Globaux de Développement s’inscrit dans un secteur géographiquement défini
par une réalité économique, des habitudes de vie, une communauté d’intérêts, permettant
de contribuer à la vitalité, et à l’animation des territoires en termes de projets.
Ainsi, à travers l’intercommunalité, les acteurs concernés instituent un espace de dialogue et
de concertation pour le diagnostic et identification des problèmes ou des enjeux au sein de
l’espace intercommunale afin, d’apporter de solutions aux difficultés communes qui se
posent.
Il en ressort clairement l’idée de solidarité économique, sociale, et culturelle qui permet le
renforcement de l’action publique locale.
L’intercommunalité est alors, un levier de développement local qui se manifeste par la
réalisation de projets communs porteurs de développement.
Cependant, l’intercommunalité est confrontée aujourd’hui, à des difficultés liées à d’une
part, à l’insuffisance des ressources notamment, des ressources humaines qualifiées, et de
ressources financières, et de nombreuses contraintes d’ordre politique et institutionnel,
d’autre part.