Histoire et composition du café
Histoire et composition du café
1-Historique
Le caféier est historiquement originaire d'Éthiopie, dans la province de Kaffa, mais la question
n'est pas absolument tranchée. Il est vraisemblable que les tous premiers caféiers sauvages soient
originaires du Yémen, de l'autre côté du golfe d'Aden. Les cafés qui y sont aujourd'hui toujours
cultivés sont parmi les plus prestigieux de la région. (Origine du cafe)
La légende veut qu'un berger d'Abyssinie (actuelle Éthiopie) ait remarqué l'effet tonifiant de cet
arbuste sur les chèvres qui en avaient consommé. Sa culture se répandit d'abord dans l'Arabie
voisine, où sa popularité a très certainement profité de la prohibition de l'alcool par l'Islam.
(Origine du cafe)
Il est alors appelé K'hawah, qui signifie revigorant en Arabe. Ses effets sont tels qu'il est interdit
à l'appel d'imams orthodoxes et conservateurs à la Mecque en 1511 et au Caire en 1532, mais la
popularité du produit, en particulier auprès des intellectuels, pousse les autorités à annuler le
décret. (Origine du cafe)
En 1583, un médecin allemand de retour d'un voyage de dix ans au Moyen-Orient, Léonard
Rauwolf, est le premier occidental à décrire le breuvage : « une boisson aussi noire que l'encre,
utile contre de nombreux maux, en particulier les maux d'estomac. Ses consommateurs en
prennent le matin, sans se dissimuler, dans une coupe en porcelaine qui passe de l'un a l'autre et
où chacun prend une rasade sonore. Elle est composée d'eau et du fruit d'un arbuste appelé bunnu
». Ces commentaires attirent l'attention de marchands, que l'expérience du commerce des épices
a rendu sensibles à ce genre d'informations. (Origine du cafe)
Au XVe siècle, les musulmans introduisent le café en Perse, Égypte, Afrique du Nord et en
Turquie, où le premier café, Kiva Han, ouvre en 1475 à Constantinople. L'engouement est tel
qu'une loi turque de l'époque sur le divorce précise qu'une femme peut divorcer de son époux si
celui-ci ne parvient pas à lui fournir une dose quotidienne de café. (Origine du cafe)
En 1511, l'émir Khair Bey fait fermer tous les cafés et mène une campagne de désinformation
contre les méfaits du café lorsqu'il apprend que les critiques contre son pouvoir émaneraient
toutes de buveurs de café. La fermeture des cafés provoque des révoltes, ce qui incite le
gouverneur d'Égypte à annuler l'interdiction. La consommation de café peut alors poursuivre son
essor. On dénombre un millier de cafés au Caire en 1630. Une telle interdiction sera rencontrée à
nouveau en Europe après l'ouverture des cafés et, étrangement, pour les mêmes raisons, à croire
que la prise de café développe l'esprit critique, probablement en favorisant les échanges
intellectuels entre consommateurs. (Origine du cafe)
Le café arrive en Europe aux alentours de 1600 par les marchands vénitiens. On conseille au
pape Clément VIII d'interdire le café car il représente une menace d'infidèles. Après l'avoir
goûté, ce dernier baptise au contraire la nouvelle boisson, déclarant que laisser aux seuls
infidèles le plaisir de cette boisson serait dommage. Le café est très vite prisé des moines pour
les mêmes raisons qu'il l'est des imams : il permet de veiller longtemps et de garder l'esprit clair.
Les musulmans, jaloux de leurs plants de Coffea arabica, interdisent leur exportation. En 1650,
un pèlerin musulman, Baba Budan parvient à ramener sept plants en Inde, qu'il plante à Mysore
et dont les descendants subsistent encore aujourd'hui. (Origine du cafe)
2- STRUCTURE ET COMPOSITION
a-STRUCTURE
La couleur du fruit mûr dépend de la variété du café : certains rouges (Arabica), d’autres jaunes
(Robusta).
Les 2 grains de café vert ou albumen sont protégés de l’intérieur vert l’extérieur par :
La pellicule argentée ;
La parche ;
La pulpe ou mucilage ;
La peau ou la pellicule rouge.
La cerise est constituée d'un exocarpe (peau), d'un mésocarpe (pulpe), et de deux graines
protégées chacune par un endocarpe appelé parche et une fine membrane (pellicule).
La densité apparente en vrac des cerises fraîches est de 650 kg/m³.
La composition chimique du grain du café vert varie selon l'espèce considérée et, au sein d'une
même espèce, les variations sont parfois importantes. Les chiffres suivants sont des résultats
moyens relevés dans la littérature.
3-DEFINITION
Les présentes définitions ne sont tirées que de l’organisation internationale de café (cafe, 2021 )
Cerise de café séchée désigne le fruit séché du caféier ; l’équivalent en café vert des
cerises de café séchées s’obtient en multipliant par 0,50 le poids net des cerises séchées ;
Café en parche désigne le grain de café vert dans sa parche ; l’équivalent en café vert du
café en parche s’obtient en multipliant par 0,80 le poids net du café en parche ;
Café torréfié désigne le café vert torréfié à un degré quelconque et comprend le café
moulu ; l’équivalent en café vert du café torréfié s’obtient en multipliant par 1,19 le poids
net du café torréfié ;
Café liquide désigne les solides solubles dans l’eau obtenus à partir du café torréfié et
présentés sous forme liquide ; l’équivalent en café vert du café liquide s’obtient en
multipliant par 2,6 le poids net des solides déshydratés de café contenus dans le café
liquide ;
4-Le marché
La taille du marché du café est estimée à 132,13 milliards USD en 2024 et devrait
atteindre 166,39 milliards USD d'ici 2029, avec un TCAC de 4,72 % au cours de la période de
prévision (2024-2029). (coffee-market)
Les consommateurs se tournent de plus en plus vers le café bio ou végétal pour maintenir un
mode de vie sain. Par conséquent, les principaux acteurs se sont engagés dans des innovations
de produits pour maintenir une position plus forte sur le marché. Par exemple, en 2021, Nestlé
Japon a lancé une gamme de lattes Nescafé, notamment des capsules de café fabriquées à partir
d'ingrédients d'origine végétale, pour répondre à l'intérêt croissant des consommateurs pour les
aliments d'origine végétale. En outre, un autre facteur important à l'origine de la croissance du
marché est le mode de vie actif, ce qui fait que les chaînes de café deviennent de plus en plus
populaires auprès des clients qui apprécient leur café en déplacement. (coffee-market)
Les consommateurs exigent des produits haut de gamme qui mettent l'accent sur la qualité. Par
conséquent, ils sont attirés par les meilleurs cafés qui offrent la meilleure qualité de café, ce qui
constitue un facteur important pour les visites répétées. Les innovations technologiques, les
mesures de sécurité et les unités de transformation des aliments basées sur des machines
devraient jouer un rôle essentiel dans la demande de café au cours des prochaines années.
(coffee-market)
Au cours des dernières années, les consommateurs sont devenus plus attentifs à la fabrication des
produits qu’ils achètent et à la provenance de leurs achats. Les consommateurs recherchent des
produits de café certifiés pour garantir la crédibilité de leurs achats de café. (coffee-market)
Le café qui répond à des critères sociaux, environnementaux et économiques spécifiques, vérifiés
de manière indépendante par des tiers accrédités, est considéré comme un « café durable ».
Divers organismes de certification, tels que UTZ Certification, Fair Trade Certification,
Rainforest Alliance Certification et USDA Organic Certification, examinent les méthodes de
production et les chaînes d'approvisionnement. En conséquence, la demande de café certifié
devrait augmenter considérablement dans un avenir proche en raison de ces facteurs influents.
(coffee-market)
c-Dominant le marché
Français Par exemple, selon l'Organisation internationale du café, en 2020-21, le Japon a importé
6 751 sacs (en milliers de sacs de 60 kg) de grains de café vert. Comme pour les importations, le
Japon a consommé 7 479 sacs (en milliers de sacs de 60 kg) en 2021. En outre, le café fait
désormais partie de la culture en Chine continentale. Par exemple, selon le ministère américain
de l'Agriculture (USDA), de 2018-2019 à 2020-2021, la consommation de café en Chine a
augmenté de 140 %. En outre, l'affinité croissante pour la consommation de café et la montée en
puissance de la volonté d'essayer de nouveaux arômes ont stimulé la demande de café dans la
région. (coffee-market)
Les fabricants de café ouvrent de nouveaux magasins et étendent leur présence géographique en
Chine pour accroître encore leur part de marché. Par exemple, en 2022, la chaîne de café
vietnamienne Trung Nguyen a commencé l'expansion internationale de sa marque de café haut
de gamme Trung Nguyen Legend et de sa gamme de café instantané en ouvrant son premier
magasin à Shanghai.
II-TYPES DE CAFE
Types de café désigne les deux espèces de café les plus importantes en termes économiques :
l’Arabica (Coffea arabica) et le Robusta (Coffea canephora). Deux autres espèces sont
cultivées à une échelle beaucoup plus petite : le Liberica (Coffea liberica) et l’Excelsa (Coffea
dewevrei). Aux fins statistiques, les deux types retenus sont l’Arabica et le Robusta, dans la
mesure où la demande des autres types n’est pas significative du point de vue commercial. (cafe,
2021 )
Pour savoir comment pousse le café et en savoir plus sur la culture du café, il faut partir sous le
soleil des tropiques, mais pas n’importe où. En effet, l’arbre du café, appelé caféier, a besoin de
conditions bien spécifiques pour pleinement s’épanouir : l’altitude, l’ombrage, l’amplitude
thermique, les précipitations sont déterminants dans son bien-être. Aussi, soleil brûlant, vents
violents et gel sont ses pires ennemis. En d’autres termes, le caféier est exigeant et demande des
conditions de culture et de plantation très particulières. (comment-pousse-le-cafe)
Pouvant atteindre 6 m de hauteur, cette variété est généralement taillée pour ne pas excéder 3 m,
afin de faciliter la récolte sur des terrains pas toujours très praticables. Les plantations d’arabica
se font généralement sur des paliers en montagne ou sur les flancs de volcans. Cette variété
n’appréciant pas le soleil intense et direct, elle est généralement cultivée au milieu d’autres
plantes et arbres qui participent à la complexité et la finesse de son arôme. Les sols montagneux
et volcaniques étant souvent fertiles et capables de retenir humidité et chaleur de la journée pour
la restituer la nuit, ils offrent des conditions de croissance et de fructifications idéales aux
caféiers. (Culture et production du café)
Le coffea arabica est une variété particulièrement appréciée pour son goût doux et peu amer,
ainsi que son taux de caféine modéré. Á elle seule, cette variété représente près de 70% du café
produit dans le monde. (Culture et production du café)
Depuis la floraison des plants jusqu’à la récolte des premières cerises mûres, entre 6 et 8 mois
s’écoulent. C’est durant cette longue période de fructification que tous les précurseurs d’arômes
et les sucres se concentreront dans les graines. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le
goût de l’arabica est souvent qualifié de « fruité ». Pendant leur mûrissement, les fruits profitent
aussi bien de la qualité de l’eau de montagne, que de la richesse du terrain et de la flore qui
entoure et protège les plantations. Ses graines sont allongées et possèdent un sillon en forme de
S.
Bien qu’originaire d’Afrique, ce type de plants est désormais cultivé un peu partout à travers le
monde (Guatemala, Colombie, Yémen, Inde, etc…).(comment-pousse-le-cafe)
Originaire du Congo où elle a été découverte au 18ème siècle, cette variété pousse plus
facilement en plaine qu’en altitude. Les caféiers robusta peuvent facilement atteindre 10 m de
hauteur, et leur système racinaire reste relativement superficiel. Ces plants ont une croissance
plus rapide que ceux d’arabica. (Culture et production du café)
Ce caféier tire son nom courant de sa capacité à résister, aussi bien à des conditions difficiles
qu’à différentes maladies. Ses fruits demandent de 9 à 11 mois pour arriver à maturité et son
rendement est un des plus élevés. Ses cerises poussent par amas sur les branches et ses graines,
relativement petites pour du café, ont un sillon central tout droit. (Culture et production du café)
Essentiellement cultivé en Afrique et en Asie, dans des zones de basse altitude où l’arabica ne
pousserait pas correctement, le coffea canephora représente environ 25% de la production
mondiale. Cette variété est connue pour sa teneur en caféine élevée (2 fois plus que l’arabica),
ainsi que pour son goût fort et amer. Pour le marché européen par exemple, il est essentiellement
utilisé pour des assemblages « corsés » ou pour la production de café soluble, hormis en Italie où
il est le café expresso par excellence. (Culture et production du café)
Il s’agit de la méthode de récolte la plus noble. Elle consiste à ne cueillir que les cerises
suffisamment mûres en plusieurs passages. Concrètement, on laisse le temps à la nature et aux
plantes de donner le meilleur d’elles-mêmes. De plus, chaque caféier est respecté. (Culture et
production du café)
L’inconvénient de cette façon de faire, c’est le prix de la main d’œuvre : un cueilleur devra se
concentrer pour ne récolter que ce qui peut l’être et devra effectuer plusieurs passages sur une
même plante. De fait, le prix du café récolté de la sorte est plus élevé. En revanche, sa qualité est
incontestablement supérieure, justifiant facilement le surcoût. (Culture et production du café)
Cette technique a pour résultat d’adoucir le café, de le rendre un peu plus sucré. Il s’agit d’une
méthode bon marché et respectueuse de chaque fruit. (Culture et production du café)
Dans certaines exploitations, une machine permet d’assurer cette étape en chauffant les fruits et
en accélérant le processus. L’effet produit est souvent décevant dans la mesure où les propriétés
aromatiques des grains sont altérées. (Culture et production du café)
b- LA RÉCOLTE MÉCANIQUE
Faite grâce à l’intervention de machines faisant vibrer tout l’arbre, cette méthode de travail est
certainement la moins respectueuse pour la plante, et donne une qualité de récolte hétérogène.
Toutes les cerises sont récoltées à la fois dans un filet placé sous le caféier tandis que ce dernier
est secoué. Or, une des particularités de ces fruits, c’est d’atteindre leur maturité en décalage.
La méthode mécanique donne donc une récolte dont les fruits ne sont pas tous idéalement mûrs,
endommageant l’arbre et demandant de faire un gros tri pour ne retenir que les cerises qui valent
la peine de subir le traitement à même de les rendre consommables. (Culture et production du
café)
Cette technique est essentiellement utilisée sur de grandes exploitations où l’on peut déplacer les
machines et où l’on souhaite gagner en rentabilité (temps de la main d’œuvre réduit au
maximum). (Culture et production du café)
c- LE STRIPPING
Pratiquée à l’aide d’un peigne ou à mains nues, cette technique permet de récupérer tous les
fruits d’une branche à la fois. Elle n’est pratiquée que lorsqu’on considère que suffisamment de
cerises d’un caféier son mûres. (Culture et production du café)
Là encore, tous les fruits ne sont pas mûrs lorsqu’on les récolte. Beaucoup de feuilles et de
fragments d’écorce se trouvent mélangés à la récolte. Il faut donc procéder à la séparation des
résidus, des fruits immatures ou pourris, de ceux qui seront ensuite transformés. (Culture et
production du café)
L’arbre pâtit de cette technique et la récolte n’est pas optimale. On la pratique sur des plantations
au terrain accidenté, et où on entend concentrer au maximum la période de travail en diminuant
le coût de la main d’œuvre. (Culture et production du café)
Figure 9 : Stripping
Le traitement consiste à extraire les graines en éliminant les enveloppes (exocarpe, pulpe, parche
et pellicule).
Le diagramme des différentes étapes d’obtention du café vert marchand est présenté ci-dessous.
On distingue deux types de voies dans la préparation du café : la voie sèche et la voie humide.
Figure 10 : Préparation et conditionnement du café dans les pays producteurs
La voie sèche qui est la plus simple et la plus utilisée en Côte d’Ivoire sur Robusta (et Arabica au
Brésil) consiste à faire sécher les cerises récoltées directement au soleil. On obtient alors du café
en coques avec toutes les enveloppes déshydratées ; le décorticage libérera les graines de ces
enveloppes.
Les cerises après récolte, sont disposées au soleil en couches minces (5 cm à 8 cm) sur des claies
ou des aires cimentées et sont brassées plusieurs fois par jour.
La charge moyenne est de 10 à 15 kg/m².
La durée de séchage varie entre 2 à 3 semaines selon les conditions climatiques.
Les cerises sont sèches lorsqu'en les secouant, on entend remuer les graines à l'intérieur.
Le café séché en cerises ne donne généralement pas un produit de bonne qualité, car les levures,
moisissures et bactéries, peuvent proliférer dans la pulpe humide et communiquer des goûts
désagréables au café à la consommation.
L'investissement est peu élevé, mais le séchage naturel exige une main-d'œuvre importante, car
le produit doit être constamment remué.
Les séchoirs utilisés sont des claies, des aires bétonnées, etc.
Cette voie est généralement utilisée sur Arabica, fournit un café de meilleure qualité
organoleptique ; les différents types de traitement (lavage par exemple) éliminent la plupart des
micro-organismes et enzymes responsables des réactions survenant dans la pulpe et responsables
d’éventuelles altérations au niveau du café vert.
Comme pour la méthode sèche, on procède à un premier triage manuel pour retirer les fruits
verts ou déjà secs ; les baies doivent toutes être bien mûres.
Elles seront traitées le jour même de la cueillette. Aussi les usines devront fonctionner à plein
régime nuit et jour.
Les principales étapes du traitement des cerises par la voie humide sont présentées par le schéma
ci-dessous.
Figure 11 : Le schéma de traitement des cerises par voie humide
Le traitement comprend :
Le dépulpage
Cette opération permet l'élimination par frottement, de l'exocarpe et d'une partie du mucilage ; on
obtient le café parche mucilagineux humide.
Ainsi les cerises passeront dans deux types de dépulpeur.
Dépulpeur à cylindre
Les cerises passent tout simplement entre une plaque de caoutchouc fixe et un cylindre mobile.
Elles subissent une friction suffisamment forte pour déchirer et enlever la plus grande partie de la
pulpe.
Dépulpeur à disques
L'opération est effectuée par un disque mobile pourvu de cannelures, qui reçoit les fruits poussés
par un axe mobile.
Plusieurs produits chimiques sont utilisés pour éliminer le mucilage des grains
de cafés. On a par exemple la chaux qui précipite les pectines sous forme de
pectates insolubles faiblement éliminés par lavage. On utilise également les
carbonates alcalins. On qualifie quelquefois de « fermentés chimiquement » les
cafés ainsi préparés. Action chimique : action de la chaux ou autres carbonates
alcalins qui précipitent les pectines sous forme de pectates insolubles éliminés
facilement au lavage.
Action mécanique
Action mécano-chimique
Cette étape doit être conduite progressivement si l'on veut éviter l'éclatement de la parche, ce qui
aurait pour conséquence de modifier de façon accentuée la teinte du grain.
Dans les grandes plantations, on commence le séchage dans les terrasses (six à douze jours)
selon la température) pour le terminer dans des séchoirs artificiels mécaniques.
Le séchage artificiel
Pratiquement jamais utilisé sur les cerises, sauf parfois en fin de séchage, le séchage artificiel est
plutôt réservé au café parche humide ; une grande prudence doit être observée durant la première
phase du séchage pour éviter la détérioration organoleptique du café, et il est même recommandé
de sécher le café au soleil durant 2 ou 3 jours avant d'employer un séchoir artificiel.
Une température maximum du produit de 60° C ne devra pas être dépassée, car la détérioration
des qualités organoleptiques se manifeste rapidement au café vert au-delà de cette valeur de
température.
La dessiccation est complète lorsque le grain, toujours dans sa coque, est transparent comme du
verre fin, très fragile
Le café est généralement cultivé dans des zones dont les caractéristiques climatiques (humidité-
température) sont défavorables à la conservation.
Les conditions d’entreposage peuvent être différentes selon que le café est stocké en coque, en
parche ou en vert. La coque et la parche assurent généralement une protection mécanique
efficace du grain contre les insectes et une barrière au transfert de l'eau, en raison de l'espace
vide entre ces parois et le grain.
Pour le café vert (marchand) il est conseillé de descendre jusqu'à 11 % de teneur en eau pour
assurer une bonne conservation, surtout dans les zones côtières. A ce niveau les moisissures et
les enzymes ont une activité fortement réduite.
Pour les cafés enveloppés de leur coque ou parche, on peut être moins draconien et s'arrêter à
12-13 %. Même s'il y a remontée ultérieure, la prolifération des moisissures sera beaucoup moins
rapide que si le grain avait été conservé directement à cette valeur.
Les moisissures banales se développent surtout au-delà de 70 % H.R. avec en particulier
Aspergilusniger, Aspergillus ochraceus, Rhizopussp.
Les levures et les bactéries pourront aussi se multiplier, mais seulement pour des Humidités
Relatives supérieures à 85 %.
Dans l'entomofaune déprédatrice des stocks, on notera Araecerusfasciculatus,
Lasiodermaserricornis, Triboliumcastaneum, Carpophilusdimidiatus et Haemophloeussp.
Le plus dangereux est de loin Araecerusfasciculatus et l'Arabica est nettement plus sensible aux
piqûres de cet insecte que le Robusta.
Lorsque la teneur en eau augmente en cours de stockage, une réaction chimique, dont le
processus est encore mal connu, peut entraîner la décoloration de la graine: c'est le phénomène
du blanchiment.
La reprise d'eau par le grain entraîne un gonflement notable de celui-ci et il est important d'en
tenir compte, car il peut provoquer la rupture des coutures de sacs et mettre en danger les
ouvrages lorsque le stockage est réalisé en silo.
Un moyen de stockage simple à petite échelle en magasin amélioré a été mis au point avec
succès dans une zone côtière où l'humidité relative est en permanence très élevée.
Il consiste à utiliser le toit du magasin comme collecteur de chaleur solaire et à ventiler le
magasin avec l'air aspiré au travers du collecteur ; le collecteur lui-même est constitué de tôles
ondulées peintes en noir et doublées au-dessous par des panneaux de fibres délimitant un espace
de 6 cm entre les deux parois.
Les caractéristiques principales sont les suivantes:
surface collectrice nécessaire: 2 m² de toiture par tonne de café stocké;
puissance de ventilation: 81 m³ d’air/h par tonne de café stocké ;
La ventilation n'intervient que lorsque le réchauffement de l'air est suffisant pour abaisser
l'humidité du café stocké (voir courbe équilibre air-café ci-dessous).
Avant les opérations de transformation des grains de café, les cafés «voie sèche» (café coque) et
«voie humide» (café parche) subissent les opérations suivantes:
a-Définition
La torréfaction est l'action d'exposer le café vert à un chauffage indirect. Elle donne un arôme
qui rappelle l'odeur des aliments un peu grillés, calcinés. .
La torréfaction a pour but de développer les arômes mais aussi rendre le café friable, facilitant la
mouture.
La torréfaction du café doit être réalisée le plus proche possible du moment où il sera bu, les
propriétés organoleptiques du café torréfié se dégradant facilement.
b- L’appareillage
c-Fonctionnement du torréfacteur
Le café vert, après un dernier dépoussiérage, arrive par une trémie située en haut de l'appareil. Il
est alors introduit dans un cylindre horizontal, muni de pales métalliques qui vont l'agiter
pendant toute la durée de la torréfaction.
Au moment de l’introduction du café dans le cylindre, la température y est comprise entre 180°C
et 220 °C.
L'arrivée d'une masse de matière froide (café) la fait chuter à 120 °C. Elle va remonter à 200 °C
en 15 minutes.
Pendant la cuisson, la température ne doit pas dépasser les 250°C.
La source de chaleur doit être régulée car les réactions du café évoluent au cours de la
torréfaction : en début, le café est endotherme (il absorbe la chaleur), en fin de torréfaction il est
exotherme (c'est lui qui libère de la chaleur).
Le contrôle de la torréfaction est automatique pendant les 17 premières minutes. Mais, à partir de
ce moment, seul l'homme peut juger de la parfaite torréfaction du café (œil-nez-oreille). Pour ce
faire, il dispose d'un hublot en mica qui lui permet de voir le café à l'intérieur, mais surtout d'une
sonde avec laquelle il retire quelques grains de café, ce qui lui permet d'évaluer correctement.
L'artisan prélève quelques grains et en vérifie la couleur. Chaque café d'origine possède ses
particularités et est torréfié différemment.
Quand le café est torréfié à point, il doit être refroidi rapidement à l'air. En effet, il continuerait
sa cuisson, si on le laissait en l'état et l'on obtiendrait une torréfaction plus poussée que celle
désirée.
A la fin, le conducteur ouvre la porte métallique du cylindre et le café tombe dans un bac de
refroidissement équipé de pales, de brosses et d'un puissant ventilateur afin de stopper
rapidement par refroidissement forcé, le processus de cuisson.
Les artisans torréfacteurs utilisent encore des matériels à capacité limitée qui torréfient le café en
douze à quinze minutes.
Les industriels sont aujourd’hui équipés de matériels à grande capacité qui torréfient presque en
permanence de façon automatisée sur des lits d’air chaud en continu.
Les réactions chimiques observées après évaporation de l’eau sont les suivantes :
- Vers 190°, le café doit être sorti et refroidi rapidement car la combustion interne
continue.
- Entre 200 et 230°, commence la décomposition pyrogène et l'apparition des huiles
aromatiques.
- Le café produit sa propre chaleur avec dégagement de CO 2 à l’intérieur des cellules des
grains. A ce moment, leur couleur vire au brun foncé. Ils dégagent alors une odeur
exquise.
- Augmentation du volume sous l’effet de la chaleur (environ 60%) ;
- Perte de poids (environ 20%) par évaporation de l’eau.
.
Les nuances observées du café torréfié.
Le grain vert dans de bonnes conditions se conserve plusieurs années mais il en n'est tout autre
du café torréfié. Ses ennemis sont l'oxygène, l'humidité et la lumière.
Tout d'abord les arômes libérés par la torréfaction s'exhalent, d'où la délicieuse odeur régnant
chez le torréfacteur, puis il vieillit, mais contrairement au vin, ce processus ne lui est pas
favorable.
Au contact de l'air, la cire et les graisses qu'il contient s'altèrent.
a-But de la mouture
La mouture du café est l’opération de réduction du café torréfié en poudre pour faciliter et
rentabiliser l’extraction. En effet, la suite des transformations du café est l’extraction qui
consistera à l’entraînement des extraits secs du broyat par de l’eau ; et plus le broyat est fin, plus
la surface de contact eau-broyat est suffisante pour une extraction meilleure.
Les broyeurs sont de type à meules ou à marteaux. La vitesse de rotation des marteaux ou
l’espace entre les meules, le degré de torréfaction des grains et le débit des grains sont les
principaux facteurs de qualité du broyage.
Plus de 80% du café acheté en France est déjà moulu.
Il faut qu’il soit adapté au type de cafetière utilisée.
Chaque type de préparation demande un degré de mouture différent selon le tableau ci-dessous.
L'idéal étant de moudre son café soi-même : on note une différence marquante entre du café
fraîchement moulu et un autre âgé de quelques jours. Plusieurs systèmes ont ou existent :
Le pilon : système le plus ancien, il consiste à broyer les grains dans un mortier avec
un pilon ; aspect peu pratique et la mouture obtenue reste grossière ;
Avec une meule à deux disques d'acier ;
Le moulin à bois ou en fonte à lames avec la manivelle sur le haut et leur tiroir de
récupération en bas ;
Le moulin électrique, le plus pratique. Deux systèmes qui cohabitent ;
Le broyeur : le meilleur mais aussi le plus cher ;
L'opération dans tous les cas ne doit durer trop longtemps, au risque d'échauffer le
grain.
Un café moulu s'oxydant en cinq jours, il est donc essentiel de le protéger de cette oxydation.
Pour cela les cafés sont moulus et emballés sous vide après la torréfaction.
Ainsi protégés, ils peuvent alors se conserver sans problème plusieurs mois, voire plusieurs
années.
Une date figure d'ailleurs sur chaque emballage pour indiquer la date limite conseillée de
consommation.
Mais dès que l'emballage est ouvert, l'oxydation reprend.
Les torréfacteurs s'appliquent à créer des conditionnements qui préservent le café moulu du
contact avec l'air.
Il est conseillé de ne pas trop tarder à consommer le café d'un emballage ouvert ; il conserve
environ une semaine, toute ses qualités, et de conserver au réfrigérateur.
Le paquet sellé sous vide reste l'emballage le plus classique utilisé ; d'autre lui préfère la boîte
métallique qui reste pourtant plus coûteuse.
5- L’extraction du café
Les extraits solubles du café moulu sont obtenus à l’eau chaude, le solvant approprié à
l’extraction du café.
Le débit d’eau, la qualité de l’eau et la température sont les principaux facteurs de rendement de
cette opération.
L’extraction du café débute à 100°C et se termine vers 180°C et les rendements sont excellents.
a-L’extraction ménagère du café
Ces cafetières fonctionnent idéalement sur des plaques (électriques ou cuisinières à foyer
bois/charbon).
b- Extracteurs industriels
Les types d’extracteurs industriels sont du type à immersion décrit en cours d’extraction
(COURS D’OPERATIONS UNITAIRES).
Deux types de procédés sont mis en œuvre pour le séchage de l’extrait de café.
Le plus courant est l’atomisation décrite pendant l’étude des opérations unitaires.
La poudre de café obtenue est fine et difficilement solubilisée ; aussi, elle est généralement
agglomérée pour l’instantanéiste, c'est-à-dire la rendre instantanément soluble dans l’eau.
Le séchage par atomisation est la méthode de séchage le plus souvent utilisée pour le café en
poudre.
La tour d’atomisation est schématisée ci-dessous.
Figure 17 : La tour d’atomisation
Le concentré de café est pulvérisé en gouttelettes d'un diamètre de 50-80 μm au haut d'une tour
de séchage, au moyen de buses ou de disques tournant.
Dans le haut de la tour également, on insuffle de l'air filtré très chaud d'une température de 150-
300°C.
L'eau dans les gouttelettes s'évapore rapidement, en l'espace d’un centième de seconde.
Ceci a pour conséquence que les particules et l'air sont rapidement refroidies.
La température des particules à la fin du séchage s'élève seulement à 65-75°C.
Après avoir été retirée de la tour de séchage et éventuellement séchée encore une fois dans le
séchoir à lit fluidisé, la poudre est séparée en plusieurs étapes de l'air de séchage à l'aide de
cyclones, et refroidie avec de l'air froid.
b- Le café aggloméré
Le café aggloméré est la forme la plus populaire de café soluble. Il représente plus de la moitié
des ventes dans la majorité des pays consommateurs, bien qu’il perde des parts de marché au
profit de la forme lyophilisée.
L’agglomération est un procédé qui non seulement améliore la solubilité mais aussi transforme la
poudre de café en granules plus attrayants.
le processus de l'agglomération comprend :
- le mouillage de la surface de la particule avec de la vapeur, de l'eau ou un mélange des
deux ;
- l'agglomération proprement dite ;
- le séchage subséquent ;
- le refroidissement ;
- le criblage permettant d'éliminer les particules trop fines et trop grossières ;
d- Le café décaféiné
Il existe différents procédés pour extraire la caféine du grain de café. Dans tous les cas, une
substance liant la caféine est utilisée.
Avant ce traitement, le café contient entre 1 et 2,5% de caféine, dont il ne subsiste que maximum
0,1% après l’extraction. Cela signifie qu’une tasse de café normal contient en moyenne 75
milligrammes de caféine, tandis qu’une tasse de café décaféiné n’en contient plus que 3
milligrammes en moyenne.
Il est par ailleurs techniquement très difficile d’extraire la totalité de la caféine contenue dans le
café.
Il existe deux manières pour extraire la caféine du café.
La méthode H2O
La méthode DCM
Ce procédé fait appel au dichlorure de méthane (DCM) en guise de moyen d’extraction, assurant
un niveau de qualité spécialement adapté aux exigences de l’industrie alimentaire. Les grains
crus sont humidifiés à l’eau et sont ensuite trempés pendant une demi-heure dans le DCM.
Ce traitement est répété un certain nombre de fois.
Après que la caféine sera dissoute, elle est éliminée. Les grains sont ensuite lavés longuement à
la vapeur, afin d’éliminer des restes éventuels du produit dissolvant.
Les grains sont ensuite séchés à l’air chaud et refroidis à l’air froid.
Pour terminer, le café est torréfié, moulu et emballé selon la méthode usuelle.
Le DCM est constamment réutilisé.
Trois variétés de caféier dont les baies sont naturellement décaféinées ont été découvertes. Cela
permettra d'obtenir un café décaféiné de meilleure qualité, dont l'arôme ne sera pas altéré par les
solvants utilisés pour extraire la caféine.
Ainsi, trois variétés de caféiers semblent être incapables de produire l'enzyme qui permet de
transformer la théobromine en caféine. Ils contiennent 15 fois moins de caféine que les plants
normaux.
7-La dégustation
Comme le vin a ses œnologues, le café a ses dégustateurs.
Avec leur vocabulaire imagé, il faudrait un ouvrage complet pour rendre compte de la poésie,
parfois quelque peu ésotérique de leur langage.
Voici un bref résumé des principaux critères utilisés :
La tasse est la couleur du liquide obtenu. Elle peut être très fine, bonne, discrète, pauvre,
lourde, grossière, suspecte ou encore mauvaise.
La saveur est parfois acidulée (ce que recherche l'amateur d'arabica), aigre, amère,
astringente, douce ou salée.
L'arôme est composé de plusieurs centaines de composants nés de la torréfaction. Il sera
animal, brûlé, fumé, caoutchouc, caramel, rioté, épicé (cannelle ou girofle), floral, fruité ou
encore citronné.
Le corps, enfin, est ce qui reste en bouche après la dégustation.