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Polynômes annulateurs et minimal en algèbre

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Polynômes annulateurs, polynôme minimal

Polynôme d’endomorphismes, de matrices


Polynômes annulateurs
Théorème de Cayley Hamilton
Polynôme minimal
Caractérisation de diagonalisation
Polynôme d’endomorphismes, de matrices

Définition
n
X
Soit A ∈ Mn (K), u ∈ L(E ) et P ∈ K[X ] tel que P(X ) = ak X k .
k=0
On définit:
n
X
• P(u) comme étant l’endomorphisme défini par : P(u) = ak u k , avec u k = u ◦ u ◦ u · · · ◦ u ; u 0 = IdE .
| {z }
k=0 k fois
n
X
• P(A) comme étant la matrice définie par : P(A) = ak Ak , avec Ak = A × A × A · · · × A ; A0 = In .
| {z }
k=0 k fois
On dit que P(u) est un polynôme de l’endomorphisme u et P(A) est un polynôme de la matrice A.

Exemple
Soit P(X ) = X 2 + 2X + 3, alors on définit P(u) par : P(u) = u 2 + 2u + 3Id = u ◦ u + 2u + 3Id et P(A) par :
P(A) = A2 + 2A + 3In .

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme d’endomorphismes, de matrices 1 / 15


Théorème
1 Soient E un K-espace vectoriel et u ∈ L(E ),alors :

∀(P, Q) ∈ (K[X ])2 , (P + Q)(u) = P(u) + Q(u);


∀P ∈ K[X ], λ ∈ K, (λP)(u) = λP(u);
∀(P, Q) ∈ (K[X ])2 , (P × Q)(u) = P(u) ◦ Q(u);

2 Soit A ∈ M(K), alors:


∀(P, Q) ∈ (K[X ])2 , (P + Q)(A) = P(A) + Q(A);
∀P ∈ K[X ], λ ∈ K, (λP)(A) = λP(A);
∀(P, Q) ∈ (K[X ])2 , (P × Q)(A) = P(A) × Q(A);

Exemple
Si P(X ) = (X − 1)2 (X − 2). Alors P(u) = (u − IdE )2 ◦ (u − 2IdE ) et P(A) = (A − In )2 × (A − 2In ).

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme d’endomorphismes, de matrices 2 / 15


Proposition
n o
1 K[u] = P(u) tel que P ∈ K[X ] est stable pour les opérations :
  
+, P(u) + Q(u) ; ·, λP(u) ; ◦, P(u) ◦ Q(u) .
n o
2 K[A] = P(A) tel que P ∈ K[X ] est stable pour les opérations :
  
+, P(A) + Q(A) ; ·, λP(A) ; ×, P(A) × Q(A) .
Ces lois sont commutatives dans K[u] et K[A].
Autrement dit, K[u] (resp. K[A]) est une sous-algèbre commutative de L(E ) (resp. de
Φu : K[X ] → L(E )
Mn (K)). De plus les applications et
P 7→ P(u)
ΦA : K[X ] → Mn (K)
sont des morphismes de K-algèbres.
P 7→ P(A)

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme d’endomorphismes, de matrices 3 / 15


Exercice
Soient P et Q deux polynômes tels que P(X ) = X + 2 et Q(X ) = X − 3. Comparer
P(u) ◦ Q(u) et Q(u) ◦ P(u)

Solution.
On a d’une part :

P(u) ◦ Q(u) = (u + 2IdE ) ◦ (u − 3IdE ) = u 2 − u − 6IdE

et d’autre part :

Q(u) ◦ P(u) = (u − 3IdE ) ◦ (u + 2IdE ) = u 2 − u − 6dE

D’où
P(u) ◦ Q(u) = Q(u) ◦ P(u)

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme d’endomorphismes, de matrices 4 / 15


n
X
Si P(X ) = ak X k , on peut faire agir P(u) qui est un endomorphisme sur un vecteur x ∈ E .
k=0 n n
X  X
P(u)(x ) = ak u k (x ) = ak u k (x )
k=0 k=0

n
 X k
et non pas !!! P u(x ) = ak u(x ) qui n’aurait pas de sens car u(x ) est un vecteur !!!
k=0

Exemple
u(x ) = 2x . P(X ) = X 2 − 3. On a

P(u)(x ) = (u 2 − 3IdE )(x ) = (u ◦ u)(x ) − 3IdE (x ) = u(2x ) − 3x = 4x − 3x = x ,

mais pas P(u(x )) = u(x )2 − 3 = 4x 2 − 3

On peut remarquer aussi que (u 2 − 3idE )(x ) = IdE (x ), soit u 2 − 3IdE = IdE ⇒ u 2 − 4IdE = 0.
Si on pose Q(X ) = X 2 − 4 on aura Q(u) = u 2 − 4IdE = 0, un tel polynôme sera appelé annulateur de u.

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Action de P(u) sur un vecteur x 5 / 15


Polynômes annulateurs

Définition
Soit P ∈ K[X ]. On dit que P est un polynôme annulateur de u (resp. de A) si P(u) = 0 (resp. P(A) = 0). (P(u)
est l’endomorphisme nul; P(A) est la matrice nulle).

Proposition
Si E est de dimension finie n. Tout endomorphisme u de E (resp. toute matrice A ∈ Mn (K )) admet un polynôme
annulateur non nul.

Démonstration. Allons y ........

Théorème de Cayley-Hamilton((Admis)
Le polynôme caractéristique de u (resp de A) est un polynôme annulateur de u (resp de A). (i.e. Pu (u) = 0,
PA (A) = 0)

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynômes annulateurs 6 / 15


Polynôme minimal

Définition
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et u un endomorphisme de E . On
appelle polynôme minimal de u et on note Mu , le polynôme unitaire annulateur de
u de plus petit degré.
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et A ∈ Mn (K). On appelle
polynôme minimal de A et on note MA , le polynôme unitaire annulateur de A de
plus petit degré.

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme minimal 7 / 15


Proposition
Soit P un polynôme annulateur de u (resp. de A). Alors, toute valeur propre de u (resp.
de A) est racine du polynôme P.

Démonstration
m
X
Soit P(X ) = ak X k un polynôme annulateur de u. L’endomorphisme P(u) est nul:
k=0
m
X
P(u) = ak u k = 0 (1).
k=0

Soient λ une valeur propre de u et x un vecteur propre associé, i.e, u(x ) = λx . Donc d’après (1) on a :
m
X
P(u)(x ) = ak u k (x ) = 0.
k=0
m
X
Or u(x ) = λx , d’où pour tout entier k, u k (x ) = λk x et ak λk x = P(λ)x = 0
k=0
Comme le vecteur x est non nul, on en déduit que P(λ) est nul.
M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme minimal 8 / 15
Remarque
Attention , la réciproque de ce résultat est fausse en général ; toutes les racines d’un
polynôme annulateur de u ne sont pas toujours valeurs propres de u. Par exemple,
l’endomorphisme identité IdE est racine du polynôme x (x − 1), car IdE 2 = IdE , alors que
0 n’est pas une valeur propre de l’endomorphisme identité.

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme minimal 9 / 15


Polynôme minimal

Propriétés
Soient E un K−espace vectoriel de dimension finie n, u ∈ L(E ) et A ∈ Mn (K).
1 Si P est un polynôme annulateur de u (resp. de A), alors Mu divise P (resp. MA
divise P). En particulier Mu /Pu (resp. MA /PA ).
2 Un scalaire λ est valeur propre de u (resp. de A) si, et seulement si, il est racine du
polynôme minimal Mu (resp. de MA ).
p
Y p
X
3 Si Pu (X ) = (λi − X )m(λi ) avec λi 6= λj pour i 6= j et m(λi ) = n, alors
i=1 i=1
p
Y
Mu (X ) = (X − λi )βi , avec 1 6 βi 6 m(λi ).
i=1

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Exercice
 
−1 1 1
Déterminer le polynôme minimal de A =  1 −1 1 
 
1 1 −1

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Théorème
Soient E un K-espace vectoriel et u ∈ L(E ). Soient P et Q deux polynômes de K[X ]
premiers entre eux. Alors

Ker((P × Q)(u)) = Ker(P(u)) ⊕ Ker(Q(u))

Si de plus, le polynôme (P × Q) est annulateur de u, on a:

E = ker(P(u)) ⊕ ker(Q(u)).

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Théorème (Théorème de osition des noyaux)
Soient E un K-espace vectoriel et u ∈ L(E ). Soient P1 , P2 , · · · , Pk des polynômes
premiers entre eux deux à deux. Alors

Ker((P1 × P2 × · · · × Pk )(u)) = ⊕ki=1 Ker(Pi (u)).

Si de plus, le polynôme P1 × P2 × · · · × Pk est annulateur de u, on a:

E = ⊕ki=1 Ker(Pi (u)).

Soit A ∈ Mn (K). Soient P1 , P2 , · · · , Pk des polynômes premiers entre eux deux à


deux. Alors
Ker((P1 × P2 × · · · × Pk )(A)) = ⊕ki=1 Ker(Pi (A)).
Si de plus, le polynôme P1 × P2 × · · · × Pk est annulateur de A, on a:

Kn = ⊕ki=1 Ker(Pi (A)).


M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme minimal 13 / 15
Conséquence immédiate du (Théorème de décomposition des noyaux)
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie n et u ∈ L(E ) un endomorphisme
dont le polynôme caractéristique est

Pu (X ) = (−1)n (X − λ1 )m(λ1 ) · · · (X − λk )m(λk )

avec λi 6= λj . Les polynômes (X − λi )m(λi ) sont premiers entre eux deux à deux, du
Théorème de décomposition des noyaux, nous déduisons la décomposition

E = ⊕ki=1 Ker(u − λi IdE )m(λi ) .

Soit A ∈ Mn (K) une matrice dont le polynôme caractéristique est

PA (X ) = (−1)n (X − λ1 )m(λ1 ) · · · (X − λk )m(λk )

avec λi 6= λj . Les polynômes (X − λi )m(λi ) sont premiers entre eux deux à deux, du
Théorème de décomposition des noyaux, nous déduisons la décomposition

Kn = ⊕ki=1 Ker(A − λi In )m(λi ) .


M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme minimal 14 / 15
Une nouvelle caractérisation de la diagonalisabilité
La principale conséquence du Théorème de décomposition des noyaux, que nous
énoncerons ici est une nouvelle caractérisation de la diagonalisation des endomorphismes
ou des matrices.
Théorème
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E ). Alors, u est
diagonalisable si et seulement si il existe un polynôme de K[X ] non nul annulateur
de u scindé et ne possédant que des racines simples.
Une matrice A ∈ Mn (K) est diagonalisable dans Mn (K) si et seulement si il existe
un polynôme de K[X ] non nul annulateur de A scindé et ne possédant que des
racines simples.

Théorème
Un endomorphisme u ∈ L(E ) (resp A ∈ Mn (K )) est diagonalisable si et seulement si son
polynôme minimal est scindé sur K et possède toutes ses racines simples.

M. El Ossmani, A. Taakili et M. Jabbar Polynôme minimal 15 / 15

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