Poème : Le blues de l’Afrique (II)
Je suis l’Afrique
Mon nom est Afrique
Et pourquoi donc, fils ?
Pourquoi vers ma perte, je m’entête ?
Par ces armes s’infiltrent ma division et ma destruction
Des ruines, des souffrances et des abîmes profonds
Jalonnent leur parcours au relent de cadavre
A profusion, je sème les malheurs qui affligent
Qu’adviendra-t-il de moi, aux fonds de ces abysses ?
Ma douleur pour mon peuple est sans frontière
Et mon cœur pleure mon impuissance
Je n’ai été qu’une terre survolée de rapaces
Je m’élève, m’enlise et m’étale
Entre dettes guerre et dépendance
Mais pourquoi donc ?
Pourquoi vers ma perte, je m’entête ?
Au loin j’entends
Au loin j’entends mon peuple gémir
Je l’entends qui agonise
Je vois des femmes, des enfants et des vieillards
Affamés, malnutris et malades
Ils trébuchent et demandent sans répit.
Sophie Heidi KAM, Quêtes, 2004
Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourriez, par exemple,
montrer comment à travers les procédés variés la poétesse dépeint une société
minée par la souffrance et le sentiment de douleur qui l’habite.