MÉTHODOLOGIE POUR L’ÉPREUVE ÉCRITE : LA DISSERTATION
La question porte essentiellement sur une des œuvres au programme, même si on vous invite
aussi à vous appuyer sur le parcours et sur vos lectures personnelles pour y répondre.
Il faut faire des références précises aux textes lus et étudiés dans le cadre de la séquence pour
éviter les généralités et répondre de manière pertinente : cet exercice exige donc des connaissances,
et notamment une bonne connaissance de l’œuvre en question.
Il existe deux types de sujets :
1) Les questions fermées vous invitent à confronter deux thèses : vous adoptez alors un plan
dialectique. Il contient au moins deux parties, trois de préférence : d’abord vous défendez la thèse
1, puis vous lui opposez la thèse 2 (antithèse) ; dans la troisième partie, vous montrez comment ce
débat peut être dépassé ou à quelles conditions les deux thèses peuvent devenir complémentaires
(synthèse). Pour ce faire, on est parfois amené à montrer que l’alternative proposée est réductrice
afin de reposer la question autrement.
ex. : « Le poète doit-il nécessairement s’inspirer d’un bel objet pour créer un beau poème ? » => 3ème partie :
qui a dit qu’un poème devait nécessairement être beau ?
L’alternative peut être plus ou moins explicite.
ex. 1 : « Les fables de La Fontaine divertissent-elles ou instruisent-elles ? » => thèse 1 / thèse 2
ex. 2 : « Les comédies doivent-elles nécessairement être jouées pour faire rire ? » => ici, seule la thèse est
explicite, il faut déduire l’antithèse (un texte de théâtre peut aussi être lu) ; l’auxiliaire « devoir » et l’adverbe
« nécessairement » doivent attirer votre attention => le manque de nuance invite à remettre en cause la thèse
La question peut sembler ouverte (« Dans quelle mesure le lecteur de Manon Lescaut est-il susceptible
de devenir meilleur moralement ? »), mais contenir deux thèses qu’il s’agira de confronter (1. Le roman
nous met en effet en garde contres les dangers des passions ; 2. Il peut cependant s’apprécier avant tout
comme une lecture divertissante pleine de rebondissements) . La formule « Dans quelle mesure… ? » est
caractéristique de ce type de questions.
2) Les questions ouvertes (auxquelles il est impossible de répondre par oui ou par non) invitent
au contraire à choisir un plan thématique, dans lequel vous envisagez successivement plusieurs
aspects de la réponse. Elles commencent par les adverbes interrogatifs « Pourquoi… »,
« Comment… » ou encore « En quoi… ».
ex. : « En quoi les textes des philosophes des Lumières sont-ils encore intéressants aujourd’hui ? » => ici, on
ne vous invite pas à remettre cette idée en question (en disant par exemple que ces textes ont été écrits dans
un contexte historique bien précis qui n’a plus rien à voir avec le monde actuel) ; il s’agit de montrer
l’actualité de ces textes, la dimension universelle et intemporelle de la réflexion de Voltaire ou de Rousseau
sur plusieurs points
NB : Le sujet peut aussi prendre la forme d’une citation qu’il faut expliquer et discuter.
ex. : « Dans la préface de Phèdre, Racine écrit que son héroïne n’est “ni tout à fait coupable, ni tout à fait
innocente”. Dans quelle mesure s’agit-il d’une bonne définition du héros tragique ? »
Dans tous les cas, il faut bien analyser le sujet au brouillon (mots-clefs, type de question, thèse et
antithèse…) afin d’aboutir à la problématique. La problématisation n’est pas une simple
reformulation de la question posée : il s’agit de la compléter pour en faire ressortir les enjeux à
partir de l’analyse des mots-clefs, et le cas échéant pour expliciter l’alternative.
ex. : « Faut-il absolument s’émanciper des modèles traditionnels pour créer de la poésie ? » => question
fermée avec une antithèse implicite (création poétique > respect des modèles et de la tradition) =>
problématique : Le poète doit-il rejeter les modèles du passé afin d’innover, ou peut-il s’appuyer sur la
tradition pour créer du nouveau ?