OFFRE DE THESE
Contribution des sols urbains dans la séquestration du carbone : évolution et
impact sur le bilan de gaz à effet de serre ou dans l’atténuation du changement
climatique
Contexte
Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale réside en ville. Le phénomène
d’urbanisation continuera de croître puisque les Nations Unies estiment qu’en 2050, 70% de la
population sera en ville (soit 2.3 milliards d’habitants en plus) (United Nations, 2010). La principale
conséquence est l’accroissement des surfaces urbanisées qui se fait à une vitesse bien supérieure à
tout autre type d’usage du territoire. Aujourd’hui, les surfaces urbanisées couvrent 9% des sols
continentaux (Scalenghe et Ajmone-Marsan, 2009), dans laquelle les surfaces imperméabilisées
(immeubles, routes et autres recouvrements) couvrent environ 580 000 km2, soit une surface plus
grande que la France (Elvidge et al., 2007).
Dans les systèmes terrestres, la majorité du carbone organique est présente essentiellement dans la
partie supérieure du sol (0-30 cm) et dans la végétation. Le sol et la végétation stockent à eux deux
3 à 4 fois plus de carbone que l’atmosphère (Lehmann et al., 2008 ; Edmondson et al., 2012). C’est
300 fois plus que le carbone relargué par la combustion des combustibles fossiles (Schulze and
Freibauer, 2005). Les changements d’usage des sols pour la construction provoquent une
modification des conditions de stockage du C organique du sol avec une stimulation de la
minéralisation et augmentation des émissions de CO2 (Pouyat et al., 2010). Ce phénomène de
diminution des stocks en carbone organique a été largement mis en évidence dans les sols cultivés.
En revanche, les effets de tels changements dans les sols urbains ont jusqu’à aujourd’hui été peu
étudiés (Zhao et al., 2013).
Le stockage du carbone en ville a lieu principalement dans les sols. Il représente environ 10% du
carbone total stocké dans les sols terrestres (Churkina et al., 2010). La capacité de stockage du
carbone des sols non imperméabilisés est généralement équivalente à celle sols agricoles
limitrophes. La capacité de stockage dans les sols imperméabilisés a été moins étudiée mais fait état
de stocks environ 75% inférieurs aux sols en contact avec l’atmosphère (Edmondson et al., 2012 ;
Wei et al., 2014).
L’usage des sols urbains jouent un rôle important sur leur capacité de stockage ou d’évolution des
stocks de C. Les sols urbains fortement perturbés en profondeur ou en surface ont tendance à perdre
leur carbone (Davidson et al., 2006 ; Chen et al., 2013), alors qu’à l’inverse les sols urbains
végétalisés subissent des apports d’amendements de type compost qui contribuent à la séquestration
du carbone (Beesley, 2012). Les espaces verts favorisent le stockage du C produit par l’homme
dans les sols et ont un impact positif dans la régulation du bilan des gaz à effet de serre (Brown et
al., 2012).
Le poids des sols urbains dans la régulation des gaz à effet de serre est loin d’être négligeable et
doit être pris en compte si l’on souhaite affiner leur rôle dans la gestion des stocks de C. Le milieu
urbain est très complexe en raison de l’hétérogénéité des usages des sols, de leur caractéristiques
bio-physico-chimiques et des politiques d’aménagement (Stockmann et al., 2013). Il est nécessaire
de comprendre en quoi les changements d’usage des sols en ville (constructions,
imperméabilisation, végétalisation…) ont un effet sur le carbone du sol et le bilan global du
carbone. Cela pose des questionnements scientifiques autour de :
- la cartographie des teneurs en carbone dans les sols,
- l’évolution des teneurs en carbone en fonction de l’usage des sols, et notamment l’impact
des espaces végétalisés sur la séquestration du carbone,
- la biodégradabilité et la modélisation des stocks de carbone,
- l’étude de scénarios tels que le changement climatique, le changement d’usage des sols sur
le bilan de gaz à effet de serre à l’échelle du territoire urbanisé.
Description du sujet de thèse
Cette thèse a pour objectif d’évaluer les stocks de carbone organique dans les sols urbains français
et de proposer une amélioration des modèles de prédiction du bilan des gaz à effet de serre et leur
application au système urbain. Cette étude constitue un enjeu majeur pour limiter les changements
du climat local et global en déterminant le rôle que pourrait jouer les sols urbains dans l’atténuation
de ces changements.
Le programme de recherche se composera de 3 volets :
- Construction d’une base de données des stocks de carbone dans les sols urbains. Il s’agira de
recenser à l’échelle nationale les données issues de projets de recherche et de les rassembler dans
une base de données. Cette base de données tiendra compte des types d’usage des sols
(imperméabilisé, non imperméabilisé, type d’espace vert) et de la spatialisation horizontale et
verticale des mesures. Une analyse statistique descriptive des stocks de carbone permettra de définir
des groupes modèles de sols urbains.
- Evaluation de la biodégradabilité du carbone organique dans les groupes modèles de sols
urbains définis. Une campagne d’échantillonnage à l’échelle de la ville sera mise en place afin
d’évaluer : le potentiel de stockage du C dans les sols en fonction du degré de protection de ce
carbone organique dans les agrégats et de l’activité microbienne.
- Evaluation du bilan de gaz à effet de serre. A partir des résultats issus de la collecte des
données et des mesures expérimentales, un modèle d’évolution du stock de carbone organique
urbain sera établi. Différents tests de scénarios seront réalisés afin d’évaluer le rôle des sols urbains
dans les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle du territoire. Des scénarios tels que le
changement climatique et le changement d’usage des sols seront envisagés.
Profil des candidats
Ingénieur ou Master 2 en science du sol et/ou agronomie.
Le candidat doit avoir du goût pour la recherche, être capable de travailler en équipe et en
laboratoire. Il doit également faire preuve de maîtrise de l’anglais,
Modalités de candidature
Un dossier de candidature est demandé. Il se compose d’un CV, d’une lettre de motivation, d’un
relevé de notes de M1 et de M2.
Le dossier doit être envoyé avant le 28 février 2015 à : Patrice CANNAVO
([Link]@[Link]) et Laure VIDAL-BEAUDET ([Link]@agrocampus-
[Link])
Financement
Co-financement Ademe – Région Pays de la Loire
Laboratoire d’accueil
Unité de recherche EPHor (Environnement Physique de la plante Horticole)
Contacts
Patrice Cannavo, Unité EPHor, [Link]@[Link], 02 41 22 55 11
Laure Vidal-Beaudet, Unité EPHor, [Link]@[Link], 02 41 22 54 23