Problème de mathématiques: MP Corrigé
Produit de Kronecker
Partie I: Diagonalisation de fA,B
1. Supposons que B est diagonalisable, alors il existe une matrice D diagonale et P ∈ GLn (R) telles que B =
T T −1
P DP −1 . Par transposition B T = P −1 DT P T et on termine par les égalités DT = D et P −1 = P T ,
du coup B T est diagonalisable.
T
Inversement si B T est diagonalisable, alors B = B T est diagonalisable
2. Soit M, N ∈ Mn (K) et α ∈ K, on a :
fA,B (αM + N ) = A (αM + N ) − (αM + N ) B
= αAM + AN − αM B − N B
= α (AM − M B) + AN − N B
= αfA,B (M ) + fA,B (N )
Donc fA,B est linéaire
3. (a) Soit X est un vecteur propre de A assoncié à α et Y un vecteur propre de B T associé à β, alors
fA,B XY T AXY T − XY T B
=
T
= (AX)Y T − X B T Y
= αXY T − βXY T = (α − β) XY T
x1 y1
.. ..
Par définition X = . 6= 0 et Y = . 6= 0, alors il existe i0 , j0 ∈ [[1, n]] tels que xi0 6= 0 et yj0 6= 0.
xn yn
Ainsi la matrice XY T = (xi yj )16i,j6n est non nulle car son coefficient de position (i0 , j0 ) est xi0 yj0 6= 0
(b) Soit λ ∈ Sp (A) et µ ∈ Sp (B) = Sp B T , alors il existe un vecteur propre X de A associé à λ et un vecteur
propre Y de B T associé à µ. D’après la question précédente XY T est un vecteur propre de f associé à
λ − µ. Ainsi λ − µ ∈ Sp (fA,B ), puis l’inclusion {λ − µ, (λ, µ) ∈ Sp (A) × Sp (B)} ⊂ Sp (fA,B )
4. (a) Raisonnons par récurrence sur k ∈ N.
– Le résultat est évidemnt vrai pour k = 0 ;
Noter bien que M 0 = (αIn + B)0 = In
– Soit k ∈ N. Supposons Ak M = M (αIn + B)k et montrons que Ak+1 M = M (αIn + B)k+1 . On a d’abord
fA,B (M ) = αM , donc AM − M B = αM et on trouve AM = M (αIn + B). Donc Ak+1 M = AAk M =
AM (αIn + B)k = M (αIn + B)k+1 .
d
X d
X
(b) Soit un polynôme P , à coefficients dans K, on écrit P (X) = ak X k , et donc P (A)M = ak Ak M =
k=0 k=0
d
X d
X
ak M (αIn + B)k = M ak (αIn + B)k = M P (αIn + B).
k=0 k=0
(c) i. D’aprés le théorème de Cayley-Hamilton, χA (A) = 0 donc M χA (αIn +B) = 0 notons S = XA (αIn +B)).
Si S était inversible, alors M S = 0 =⇒ M SS −1 = M = 0 ce qui est impossible puisque M est un
vecteur propre, donc la matrice χA (αIn + B) n’est pas inversible .
Y m
ii. Un produit de matrices χA (αIn + B) = ((α − λ)In + B) λ n’est pas inversible alors l’une
λ∈Sp(A)
au moins des matrices intervenant dans ce produit n’est pas inversible, donc ∃a ∈ SpK (A) tel que
(α − a)In + B n’est pas inversible
5. Posons b = a − α ∈ Sp (B). Ainsi on a pu écrire α = a − b pour un certain couple (a, b) ∈ Sp (A) × Sp (B), donc
l’inclusion Sp (fA,B ) ⊂ {λ − µ, (λ, µ) ∈ Sp (A) × Sp (B)}
6. Applications :
(a) ⇒) Supposons que fA,B est nilpotent , alors Sp (fA,B ) = {0}, donc il existe λ ∈ C tel que Sp (A) =
Sp (B) = {λ}, donc Sp (A − λIn ) = Sp (B − λIn ) = {0} et les deux matrices sont nilpotentes
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Produit de Kronecker
⇐) S’il existe λ ∈ C tel que les deux matrices Sp (A − λIn ) = Sp (B − λIn ) = {0} sont nilpotentes, alors
Sp (A) = Sp (B) = {λ} et par suite Sp (fA,B ) = {0}, ainsi fA,B est nilpotent
(b) ⇒) S’il existe λ ∈ K tel que A = B = λIn , alors fA,B = 0
⇐) Supposons que fA,B = 0, alors pour toute matrice M ∈ Mn (K), on a AM = M B. Écrivons A =
X X
ai,j Ei,j et B = bi,j Ei,j dans la base canonique de Mn (K), pour i, j ∈ [[1, n]], on a
16i,j6n 16i,j6n
X n
X
AEi,j = ak,` Ek,` Ei,j = ak,i Ek,j
16k,`6n k=1
et
X n
X
Ei,j B = bk,` Ei,j Ek,` = bj,` Ei,`
16k,`6n `=1
L’égalité AEi,j = Ei,j B montre que ai,i = bj,j et pour k 6= i et ` 6= j, on a ak,i = bj,` = 0, ceci est vrai
pour out i, j ∈ [[1, n]], alors en posant λ = a1,1 = b1,1 , on a bien A = B = λIn
Xp
7. Supposons que Yi t Zi = 0, on multiplie cette égalité à droite par un Z j où 1 6 j 6 p fixe, mais quelconque
i=1
p
X
d’où ai Yi = 0 où ai = t Zi Zj, or (Y1 , . . . , Yp ) une famille libre de Mn,1 (K) donc les ai sont tous nuls en
i=1
2
particulier aj = t Zj Z j = k Zk k2 = 0 et donc ∀j ∈ [[1, p]] , Zj = 0.
La réciproque est bien évidente.
n
2
X X
8. (a) Soit (αi,j )i,j∈[[1,n]] ∈ Kn tels que αi,j Xi t Yj = 0 et pour i ∈ [[1, n]] posons Zi = αi,j Yj . On a alors
16i,j6n j=1
p
X
Xi t Zi = 0 et la famille (X1 , . . . , Xn ) est une base de Mn,1 (K) donc les Zi sont tous nuls. La famille
i=1
(Y1 , · · · , Yn ) est une base de Mn,1 (K) donc les αi,j sont tous nuls. La famille Xi t Yj 16i,j6n est libre de
cardinal n2 qui est la dimension de Mn (K), donc c’est bien une base de Mn (K)
(b) La base (Xi t Yj )16i,j6n est formée par des vecteurs propres de fA,B , donc fA,B est diagonalisable
9. (a) Soit λ ∈ SpC (A) et µ ∈ SpC (B), alors λ ∈ SpC (A), car la matrice A est réelle, donc λ − µ ∈ Sp (fA,B )
(b) Soit λ ∈ SpC (A) et µ ∈ SpC (B). Les valeurs propres de fA,B sont réelles, en particulier λ − µ et λ − µ sont
réelles et par différence 2iIm(λ) = λ − λ ∈ R. Ainsi λ est réel et SpC (A) ⊂ R, donc χA est scindé. De même
χB est aussi scindé
(c) Par hypothèse fA,B (M ) = αM et BX = µX, donc
A(M X) = fA,B (M )X + M BX
= αM X + µM X
= (α + µ) M X
(d) Soit X ∈ Mn,1 (C) \ {0}, l’application E −→ Mn,1 (R), M 7−→ M X est clairement linéaire. Soit Y ∈
x1
..
Mn,1 (R), comme X = . est non nulle , alors il existe i0 ∈ [[1, n]] tel que xi0 6= 0. Soit M la matrice
xn
1
dont la i0 -ème colonne vaut Y et dont toutes les autres colonnes sont nulles , on a bien M X = Y
x i0
(e) Soit X un vecteur propre de B et (M1 , · · · , Mn2 ) une base de diagonalisation de fA,B et posons Yi = Mi X
pour tout i ∈ 1, n2 . D’après la surjection précédente (Y1 , · · · , Yn2 ) est une famille génératrice de Mn,1 (R)
dont on peut extraire une base β. D’après la question 9c une telle base est constituée de vecteurs propres
de A. Donc A est diagonalisable
10. (a) T : E −→ E, M 7−→ M T est linéaire vérifiant T 2 = idE , donc T est un automorphisme de E
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(b) Soit M ∈ E, on a :
T ◦ fA,B ◦ T −1 (M ) = T ◦ fA,B (t M )
= T (At M − t M B)
= M t A − t BM
= f−t B,−t A (M )
Donc f−B T ,−AT et fA,B sont semblables
(c) ⇐) D’après la question 8
⇒) A est diagonalisable, d’après la question 9.
Les deux applications f−B T ,−AT et fA,B sont semblables donc f−B T ,−AT est diagonalisable, et toujours
d’après la question 9, t B est diagonalisable, donc B l’est aussi
Partie II: Étude via les translations
11. Dans la suite on note les endomorphismes de E suivants :
gA : M 7−→ AM et dB : M 7−→ M B
k
(a) On vérifie par récurrence simple sur k ∈ N que gA = gAk et dkB = dB k , puis par linéarité pour tout
P ∈ K[X] : P (gA ) = gP (A) et P (dB ) = dP (B)
(b) D’après la question précédente un polynôme est annulateur de A si, et seulement, s’il est annulateur de gA .
gA est diagonalisable si, et seulement, s’il existe un polynôme P scindé à racines simples annulateur de gA
si, et seulement, s’il existe un polynôme P scindé à racines simples annulateur de A si, et seulement, si A
est diagonalisable.
De même pour B
12. (a) u et v commutent, alors les sous-espaces propres de l’un sont stables par l’autre
(b) L’endomorphisme induit d’un endomorphisme diagonalisable est diagonalisable
(c) Posons Sp (u) = {λ1 , · · · , λp }, mi l’ordre de multiplicité de λi , Fi = Ker (u − λi IdF ), Bi base de Fi et
p p
B = ∪ Bi base adaptée à la décomposition F = ⊕ Fi . Alors
i=1 i=1
λ1 Im1 (0)
λ2 Im2
MatB (u) =
..
.
(0) λp Imp
Or pour tout i ∈ [[1, p]], l’endomorphisme vλi est diagonalisable, donc il existe une base Ci de Fi pour
p
laquelle Di = MatCi (vλi ) est diagonale. Soit finalement C = ∪ Ci , alors MatC (u) = MatB (u) et
i=1
D1 (0)
D2
MatC (v) =
..
.
(0) Dp
ce qui montre que C est une base de diagonalisation de u et v.
13. Si A et B sont diagonalisables, alors gA et dB le sont aussi, avec gA et dB commutent, il vient qu’ils sont
simultanément diagonalisables, donc fA,B = gA − dB est diagonalisable
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Produit de Kronecker
14. (a) Pour p > 1, les deux endomorphismes gA et dB commutent, donc, d’après la formule de binôme de Newton
p p
fA,B = (gA − dB )
p
X
k p−k
= (−1)p−k Cpk gA dB
k=0
Xp
= (−1)p−k Cpk gAk dB p−k
k=0
p
X
(b) Si A et B sont nilpotentes alors An = B n = 0 et, par suite, fA,B
2n
= (−1)p−k Cpk gAk dB 2n−k . Or pour tout
k=0
k ∈ [[0, 2n]], l’un des entiers k et 2n − k est supérieur ou égal à n, donc tous les termes figurant dans le
second membre de l’égalité précédente sont nuls
Partie III: Rang de la composée des translations
15. (a) Au,v est une partie non vide de L (F ) , stable par combinaison
(b) Soit b ∈ Au,v , alors il existe a ∈ L (F ) tel que b = uav et, par suite,
Kerv ⊂ Kerb et Imb ⊂ Imu
Xr Xr Xr
(c) Soit x ∈ F , on décompose v(x) = λi ei d’où a(v(x)) = λi ui et u (a(v(x))) = λi u(ui ) =
! i=1 i=1 i=1
Xr r
X Xr Xr
λi b(vi ) = b λi vi = b(y) avec y = λi vi . Par ailleurs, v(y) = λi ei = v(x), donc x − y ∈
i=1 i=1 i=1 i=1
Ker(v) ⊂ Ker(b), soit b(x) = b(y) = (uav) (x)
Au,v −→ L(G, Im(u))
(d) Considérons l’application Φ : . Φ est clairement linéaire et si b ∈ Ker(Φ) alors
b 7−→ b|G
Ker(b) contient G et Ker(v), d’où b = 0 puisque G ⊕ Ker(v) = F . Ainsi Φ est injective. De plus, si
ψ ∈ L(G, Im(u)), soit b l’application linéaire sur F définie par b|G = ψ et b|Ker(v) = 0L(Ker(v),Im(u) . On a
Ker(v) ⊂ Ker(b), Im(b) ⊂ Im(u) et b|G = ψ par construction, d’où b ∈ Au,v et Φ(b) = ψ, ce qui prouve que
Φ est surjective et finalement c’est un isomorphisme. On en déduit que dim (Au,v ) = rg (u) × rg (v)
16. Etude d’une application :
(a) Calcul
(b) Question précédente
(c) ϕA,B est inversible si, et seulement, si rg(ϕA,B ) = n2 si, et seulement, si rg(A) = rg(B) = n si, et seulement,
si A et B sont inversibles. Auquel cas
ϕA,B −1 = ϕA−1 ,B −1
(d) ϕA,B = 0 si, et seulement, si rg(A)rg(B) = 0, soit si et seulement si A = 0 ou B = 0
Partie IV: Produit de Kronecker
2
17. Soit i, j ∈ [[1, n]] , alors Ei,j représente le n.i + j-ème vecteur de la base B. En écrivant A = (ai,j )16i,j6n et
b = (bi,j )16i,j6n , alors
X
ϕA,B (Ei,j ) = ak,` bq,p Ek,` Ei,j Ep,q
16k,`,p,q6n
X
= ak,i bq,j Ek,q
16k,q6n
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Produit de Kronecker
Donc la ni + j-ème colonne de Mat (ϕA,B ) vaut
B
a1i b1j
.
..
a1i Bj
a b
1i nj
a2i b1j
.
. a B
. 2i j
a2i bnj
.
. = .
.. .
..
.
.. .
. ..
. .
.
ani b1j
.. ani Bj
.
ani bnj
Le second membre vaut la ni + j-ème colonne de A ⊗ B, donc les deux matrices Mat (ϕA,B ) et A ⊗ B coincident,
B
puisque elles sont de même type et elles ont les mêmes colonnes
18. De même que la question précédente
19. La relation (A ⊗ B) (C ⊗ D) = (AC) ⊗ (BD) résulte de la relation ϕA,B ◦ ϕC,D = ϕAC,BD
n
20. – In ⊗ B est diagonale par blocs avec n blocs diagonaux égaux à B, donc det (In ⊗ B) = det (B)
n
– A ⊗ In et In ⊗ A sont semblables dont ont même déterminant. D’où det (A ⊗ In ) = det (In ⊗ A) = det (A)
n n
– Enfin, A ⊗ B = (A ⊗ In ) . (In ⊗ B) d’où det(A ⊗ B) = det (A) det (B)
21. Si A = diag (a1 , · · · , an ) et B = diag (b1 , · · · , bn ) alors A ⊗ B = diag (a1 b1 , · · · , a1 bn , · · · , an b1 , · · · , an bn ).
Si A = P A1 P −1 et B = QB1 Q−1 avec A1 et B1 sont diagonales, alors
A⊗B = (P A1 P −1 ) ⊗ (QB1 Q−1 )
(P ⊗ Q)(A1 ⊗ B1 ) P −1 ⊗ Q−1
=
−1
= (P ⊗ Q)(A1 ⊗ B1 )(P ⊗ Q)
1 1 −1 0
22. On a bien M = A ⊗ B avec A = et B = .
1 1 1 2
0 0 −1 1 1
La matrice A est réelle symétrique, donc elle est diagonalisable et P1 AP1 = avec P1 = .
0 2 −1 1
La matrice B est diagonalisable, car χB = X 2 − X − 2 = (X − 2)(X + 1) est scindé à racines simples, et
−1 −1 0 1 0
P2 BP2 = avec P2 = . Donc M est diagonalisable et P −1 M P = diag (0, 0, −2, 4) avec
0 2 −1 1
1 0 1 0
−1 1 −1 1
P = P1 ⊗ P2 = −1 0
1 0
1 −1 −1 1
23. Si A et B sont triangulaires supérieures alors A ⊗ B est triangulaire supérieure par blocs et les blocs diagonaux
sont les multiples de B donc sont aussi triangulaires supérieurs.
Si A = P A1 P −1 et B = QB1 Q−1 avec A1 et B1 sont triangulaires supérieures, alors A ⊗ B = (P ⊗ Q)(A1 ⊗
−1
B1 )(P ⊗ Q) , donc A ⊗ B est trigonalisable
Y dont la diagonale vaut (a1 b1 , · · · , a1 bn , · · · , an b1 , · · · , an bn ).
Donc χA⊗B (X) = χA1 ⊗B1 (X) = (X − λi µj )
(i,j)∈[[1,n]]2
24. Soit M ∈ E, on a
fA,B (M ) = AM − M B
t t
= AM In − In M B
= ϕA,In (M ) − ϕIn ,t B (M )
= ϕA,In − ϕIn ,t B (M )
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Produit de Kronecker
Donc fA,B = ϕA,In − ϕIn ,t B , en conséquence les deux endomorphismes ont même matrice dans la base B, alors
Mat (fA,B ) = A ⊗ In − In ⊗ B T
B
25. Tr (fA,B ) = n(Tr (A) − Tr (B))
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