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Optimisation de l'Efficacité Énergétique

Audit

Transféré par

Mayssen Bchini
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Introduction générale

L
'efficacité énergétique est devenue une préoccupation mondiale majeure, émergeant
comme une réponse aux défis croissants liés à la dépendance aux énergies fossiles, à la
rareté des ressources et aux préoccupations environnementales telles que la pollution et
le changement climatique. À l'échelle internationale, les pays ont pris conscience de la nécessité
de réduire leur empreinte carbone et de promouvoir une utilisation plus rationnelle et durable de
l'énergie. En France, les audits énergétiques sont devenus des outils essentiels pour évaluer la
performance énergétique des bâtiments et identifier les possibilités d'amélioration. Ces audits
visent à sensibiliser les acteurs économiques à l'importance de l'efficacité énergétique et à
encourager l'adoption de mesures visant à réduire la consommation d'énergie et les émissions de
gaz à effet de serre.

C’est dans cette optique que s’inscrit le présent travail, réalisé au sein d'un bureau d'étude et
d'ingénierie. L'objectif est d'optimiser l'efficacité énergétique d'une maison individuelle afin
d'identifier les économies d'énergie possibles dans les différents composants de consommation
énergétique du bâtiment et de réduire les déperditions thermiques.

Le premier chapitre sera consacré à une étude bibliographique. Le deuxième chapitre traitera des
travaux de rénovation globale. Le troisième chapitre abordera l’étude de cas, et le quatrième
chapitre présentera les résultats des calculs effectués à l’aide du logiciel BAO, ainsi que les
résultats du bilan énergétique de l’état initial et des scénarios proposés. Enfin, cette étude se
conclura par un résumé général présentant les principales conclusions de ce projet.

3
Chapitre I :

Etude bibliographique
Chapitre I Etude bibliographique

Introduction
La consommation d'énergie finale joue un rôle central dans le développement économique
et social de chaque pays. Ce chapitre explore les tendances de consommation d'énergie dans le
monde, en France et en Tunisie à travers différents secteurs. L'analyse comparative permet
d'identifier et de mettre en lumière les opportunités pour une utilisation plus efficace et durable de
l'énergie.

1. La consommation de l’énergie
1.1 La consommation de l’énergie au niveau mondial

La consommation d'énergie au niveau mondial a connu une augmentation constante,


reflétant la croissance économique globale, l'industrialisation et l'urbanisation des pays en
développement. En 2021, la consommation mondiale d'énergie primaire a atteint environ 595
exajoules (1), marquant une reprise significative par rapport à la baisse observée en 2020 en raison
de la pandémie de COVID-19. Les combustibles fossiles continuent de dominer le mix énergétique
mondial, avec le pétrole représentant environ 31 %, le charbon 27 %, et le gaz naturel 25 %. (2)
Cependant, il y a une augmentation notable de la part des énergies renouvelables, qui ont atteint
environ 12 % (3) de la consommation mondiale d'énergie primaire en 2021, soutenue par des
investissements massifs dans l'énergie éolienne et solaire.

Figure 1 : La consommation d’énergie par habitant en 2019 (4)


L’énergie la plus utilisée dans le monde est le pétrole, la consommation d’énergie est répartie
pour l’essentiel entre :

4
Chapitre I Etude bibliographique

· Le pétrole : 33%
· Le charbon : 27%
· Le gaz naturel : 24%

Ces énergies fossiles, carbonées par nature, représentent 84% de la consommation d'énergie
primaire mondiale. Selon le GIEC, pour tenir l’engagement de l’accord de Paris et limiter le
réchauffement à 1,5 °C d’ici 2050, l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz devra diminuer de
95, 60 et 45%, respectivement. (5)

Figure 2 : Consommation mondiale d’énergie primaire en 2019.

Figure 3 : Consommation mondiale d'énergie finale par secteur (6)

1.2 La consommation de l’énergie en France

En 2015, le secteur des bâtiments en France a compté pour 44,9% de la consommation


finale d’énergie (hors usages non énergétiques). Les deux tiers de la consommation énergétique
de ce secteur proviennent des bâtiments résidentiels, le tiers restant des bâtiments du tertiaire. Les

5
Chapitre I Etude bibliographique

transports constituent l’autre grand secteur consommateur d’énergie en France (33,1% en 2015).
(7)

Figure 4 : Consommation d'énergie finale en France par source en 2015 (8)

Figure 5 : Consommation finale d’énergie par secteur en France en 2015 (9)

1.3 La concommation de l’énergie en Tunisie

La consommation d'énergie en Tunisie a connu une évolution significative au cours des


dernières décennies, reflétant à la fois la croissance économique du pays et les changements dans
les modes de vie de sa population. En 2021, la consommation finale d'énergie du pays s'élevait à
environ 7 000 kilotonnes équivalent pétrole (ktep), marquant une augmentation par rapport aux
années précédentes. Historiquement dépendante des énergies fossiles, en particulier du gaz naturel
et du pétrole, la Tunisie a vu sa demande énergétique augmenter en raison de l'urbanisation, de
l'industrialisation et de l'amélioration des niveaux de vie. Le secteur industriel et le secteur des
transports représentent les plus grandes parts de la consommation d'énergie finale, avec environ
35 % et 29 % respectivement. Le secteur résidentiel suit avec environ 24 % de la consommation

6
Chapitre I Etude bibliographique

totale. Face à la montée des préoccupations environnementales et à la nécessité de diversifier ses


sources d'énergie, la Tunisie a également commencé à investir dans les énergies renouvelables,
notamment l'énergie solaire et éolienne. Par exemple, en 2020, la capacité installée en énergie
solaire photovoltaïque a atteint 100 mégawatts (MW). Des initiatives gouvernementales, telles que
la Stratégie Nationale de l'Énergie Renouvelable, visent à accroître la part des énergies
renouvelables dans le mix énergétique du pays à 30 % d'ici 2030, réduisant ainsi la dépendance
aux importations de combustibles fossiles et contribuant à une économie plus durable et résiliente

Figure 6 : Structure de la consommation finale par forme d’Energie en Tunisie en 2022 (10)

Figure 7 : Structure de la consommation finale par secteur en Tunisie en 2022

2. Problématique et enjeux
En France, le secteur résidentiel est le plus gros consommateur d’énergie, représentant à
lui seul plus de 45 % des consommations énergétiques. De nombreux efforts sont entrepris dans
le secteur des bâtiments pour améliorer la gestion de l'énergie. L’aménagement de moyens
permettant d’améliorer l'efficacité énergétique des habitations constitue le plus grand défi pour

7
Chapitre I Etude bibliographique

résoudre cette problématique. L’objectif est de diminuer la consommation d’énergie des bâtiments.
Cependant, pour être efficaces, les efforts doivent porter à la fois sur les constructions neuves et
sur les bâtiments existants. Nous utiliserons comme outil de simulation BAO, que nous décrirons
par la suite.

3. Déperdition thermique
En thermique du bâtiment, la perte de chaleur que subit un bâtiment par ses échanges de
fluide avec l’extérieur. Elle est d’autant plus significative quand l’isolation thermique est faible.

Les déperditions thermiques se produisant de 3 façons :

· Déperditions à travers les parois (dite surfaciques).


· Déperdition par pont thermique
· Déperdition par renouvellement d’air

Dans les pays froids, un bâtiment tend à perdre de sa chaleur par les parois extérieures qui
constituent ce qu’on appelle l’enveloppe du bâtiment et par les ponts thermiques, ce transfert de
chaleur est réalisé par convection, conduction et rayonnement.

La différence de température entre l’ambiance extérieur et l’ambiance intérieur génère un flux


thermique qui va généralement vers l’extérieur à travers des différentes couche de la paroi et qui
est fonction de la résistance thermique de chacun des couches de la paroi.

Figure 8 : Les formes de déperditions d’un bâtiment.

8
Chapitre I Etude bibliographique

4. Les ponts thermiques


Un pont thermique est une zone ponctuelle ou linéaire qui dans l’enveloppe d’un bâtiment
présente une vaccination de résistance thermique. Il s’agit d’un point de la construction ou la
barrière isolante est rompue comment se forme un pont thermique :

· Il y a changement de la géométrie de l’enveloppe


· Il y a changement de matériaux et ou de résistance thermique
· Il y a une discontinuité de l’isolant à travers la paroi ou la jonction mur-sol (mur toiture)

Les ponts thermiques représentent environ 10 à 20% des déperditions total d’un bâtiment, avec
l’isolation le pourcentage des déperditions dues aux parois a fortement baisse, elles consistent donc
les zones de forte déperditions thermiques. Il est important de les limiter pour améliorer le
bâtiment, Le coefficient de transmission thermique linéique moyen des liaisons entre les planchers
intermédiaires et les murs donnant sur l’extérieur ou un local non chauffe ne doit pas excéder
0,6w/m.k.

Figure 9 : Perte à travers un pont thermique.


Voici Les ponts thermiques les plus courants :

· Jonction plancher bas /mur extérieur


· Jonction plancher intermédiaire /mur extérieur
· Jonction plancher haut /mur extérieur
· Jonction plancher ballon
· Jonction mur de refend-mur extérieur

Il existe aussi d’autre ponts thermiques :

· Le pourtour des menuiseries


· Les seuils des portes et fenêtres

9
Chapitre I Etude bibliographique

· La jonction entre le plancher haut et le mur pignon1

Figure 10 : Les différents types de pont thermique

5. La composition du mur
Un mur est composé d’une ou plusieurs couches de matériaux, d’épaisseurs différentes, qui
ne sont pas forcément visibles à l’œil nu. Pour connaître sa composition, il y a plusieurs
possibilités :

-Commencer par demander au propriétaire ou à l’occupant, qui peut connaître la composition du


mur, soit parce qu’il l’a observé, soit par habitude locale.

-Faire appel à des acteurs locaux du bâtiment qui ont la connaissance du bâti local suivant la date
de construction.

-Procéder à un prélèvement (sondage) pour analyser la composition du mur. Cette action amène à
faire un trou dans la paroi.

-Dans les cas les plus extrêmes ou un sondage n’est pas possible, utiliser un appareil de mesure de
flux thermique (un fluxmètre). Cette action est très onéreuse.

5.1 La résistance thermique

La résistance thermique est une valeur qui détermine la performance d’isolation d’un mur.
Plus elle est importante, plus le mur est isolant. Cette valeur est généralement comprise entre 0.5
(mur non isolé) et 7 (mur très isolé). Elle s’exprime en (m².K/W).

1
Le mur pignon : désigne la partie supérieure triangulaire ou non du mur d’un bâtiment servant à donner des versant
a un toi.

10
Chapitre I Etude bibliographique

Le calcul de la résistance thermique d’une couche de matériau est le suivant :

É !"##$%&'
R= (m².K/W)
(!)*+!'

La résistance thermique d'une couche de matériaux est égale à la somme des résistances thermiques
de toutes les couches de matériaux qui constituent le mur et des résistances thermiques
superficielles :

Rp = R1 + R2 + … + Resistance superficielle

Avec : Rp : Resistance de la paroi

Resistance superficielle : 0.17

Dans le cadre d’une rénovation il devrait :

-Déterminer une stratégie d’isolation (quel isolant, quelle épaisseur, etc.).

-Evaluer les déperditions du logement, c’est-à-dire la quantité d’énergie nécessaire que le système
de chauffage devra délivrer pour compenser les pertes de chaleur vers l’extérieur

La réglementation thermique dans l’existant fixe des performances minimales à respecter lors de
travaux d’isolation. Concernant les murs, la résistance thermique doit être supérieure ou égale à
2,9 pour les zones climatiques H1 et H2 et à 2,2 pour la zone climatique H3 (méditerranée).

Tableau 2 : La résistance thermique à respecter (11)

Dans le cas d’une rénovation performante, il est nécessaire de dépasser les exigences
réglementaires. Pour atteindre le label BBC Effinergie, la résistance thermique des murs doit se
située entre 4, 5 et 6. Il est possible de réaliser une isolation par l’intérieur ou par l’extérieur pour
améliorer la résistance thermique du mur.

11
Chapitre I Etude bibliographique

6. Notion du confort thermique


Le confort thermique sur la création d'un environnement intérieur qui maintient des
conditions thermiques agréables et adaptées aux besoins des occupants, tout en tenant compte des
variations saisonnières et des activités spécifiques réalisées dans le bâtiment.

Les principaux facteurs qui ont une incidence sur le confort thermique sont les suivants :

· Température intérieure : La température optimale de chaque espace varie en fonction de


l'activité qui s'y déroule, de l'heure du jour et des préférences individuelles. Il est préférable
de minimiser les écarts de température significatifs entre le jour et la nuit, ainsi qu'entre les
différentes saisons...
· Humidité de l’air : Le niveau d'humidité relative de l'air joue également un rôle crucial
dans la perception du confort thermique. Idéalement, il devrait se situer entre 30 % et 70
% en hiver. En été, une atmosphère plus sèche est préférable pour faciliter la transpiration
corporelle.
· Courants d’air ou la circulation de l’air : Les flux d'air, bien qu'agréables en été pour leur
capacité à favoriser la transpiration, peuvent être inconfortables en hiver en raison de leur
effet sur les échanges thermiques entre le corps et l'air, conformément au principe de
convection :
· Isolation thermique : Une isolation adéquate des murs, des fenêtres et du toit permet de
maintenir une température confortable à l'intérieur du bâtiment en réduisant les pertes de
chaleur en hiver et en empêchant la chaleur excessive de pénétrer en été.

7. L’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment


L'efficacité énergétique dans le domaine du bâtiment vise principalement la réduction des
émissions de gaz à effet de serre. Depuis le 1er janvier 2022, la mise en œuvre de la RE2020
(Réglementation Environnementale 2020) est en cours, visant à réduire les émissions de GES des
améliorer les performances énergétiques des bâtiments, réduire leur impact carbone et garantir leur
confort thermique pendant les périodes de forte chaleur estivale.

7.1 Règlementation environnemental RE2020

La RE2020, est une réglementation française qui vise à améliorer la performance


énergétique et environnementale des bâtiments. Elle prend en compte plusieurs aspects
environnementaux dans la conception et la construction des bâtiments notamment :

12
Chapitre I Etude bibliographique

Ø La réduction de la consommation énergétique.


Ø La limitation des émissions de gaz à effet de serre.
Ø La gestion des ressources naturelles.
Ø La réduction des déchets de construction.
Ø Favorise l'utilisation de matériaux durables et renouvelables pour la production d'énergie.

Elle constitue donc un outil important pour atteindre les objectifs de durabilité et d'efficacité
énergétique dans le domaine de la construction en France.

7.2 Le diagnostic de performance énergétique

L'efficacité énergétique correspond au rapport entre l'énergie utilisée par un bâtiment et


l'énergie totale consommée. Elle est mesurée à l’aide du Diagnostic de Performance Énergétique
(ou DPE). Cela se traduit par un label énergétique pour la consommation d’énergie primaire et un
label climatique évaluant les émissions de gaz à effet de serre. Les deux étiquettes comportent 7
niveaux d’énergie différents, de la lettre A à la lettre G (A étant le niveau le plus élevé et G le
pire).

· L’étiquette "énergie" mentionne la consommation énergétique annuelle du logement selon


une échelle évoluant entre A (pour une consommation faible et inférieure à 51 kWh) et G
(pour une consommation forte et supérieure à 450 kWh).
· L’étiquette "climat" mentionne l’impact annuel de la consommation d’énergie sur
l’émission de gaz à effet de serre, selon une échelle évoluant entre A (pour une émission
réduite et inférieure à 6 kg d’équivalent carbone par mètre carré) et G (pour une
consommation élevée et supérieure à 80 kg d’équivalent carbone par mètre carré).

Figure 11 : Etiquette de diagnostic de performance énergétique

13
Chapitre I Etude bibliographique

Conclusion
Ce chapitre a analysé la consommation d'énergie au niveau mondial, en France et en
Tunisie. Il a également exploré les déperditions thermiques, les ponts thermiques et la composition
des murs et leur résistance thermique, ainsi que la notion de confort thermique, soulignant
l'importance de ces facteurs pour optimiser la performance énergétique des bâtiments.

14
Chapitre II : Optimisation énergétique à
travers la rénovation globale
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Introduction
L'isolation thermique que ce soit pour les combles, les murs, le sous-sol, le changement de
système de ventilation, de système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire … sont
des étapes importantes dans les travaux de rénovation énergétique, conseillées pour réaliser des
économies d'énergie à domicile et améliorer le confort intérieur. Elle vise à éliminer les échanges
d'air entre l'intérieur et l'extérieur de la maison, offrant ainsi de nombreux avantages, que ce soit
au niveau de consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre.

1. La rénovation énergétique globale


La rénovation globale implique l'exécution d'une série de travaux de rénovation visant à
améliorer les performances énergétiques de logement. Ces travaux peuvent inclure l'isolation, le
chauffage, la production d'eau chaude et la ventilation, tous réalisés simultanément.
Par conséquent, la rénovation globale implique d'effectuer au minimum un travail d'isolation
thermique et un travail de chauffage.
Pour comprendre comment améliorer les performances énergétiques, il est essentiel de connaître
les points de faiblesse. C'est pourquoi la réalisation d'un audit énergétique est nécessaire.
L’importance de l’audit dans la rénovation énergétique global permet d'évaluer les performances
énergétiques de la maison et d'identifier les possibilités d'amélioration.
Un audit énergétique fournit deux informations essentielles :

· Il offre une vue détaillée et globale de l'état de l’habitation.


· Il propose des recommandations concrètes pour optimiser les performances énergétiques
de logement.

2. Objectifs d'une rénovation énergétique


La rénovation énergétique complète implique l'adoption d'une approche globale. Elle se
caractérise par la prise en charge simultanée de tous les aspects des travaux de rénovation.

15
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Figure 12 : Rénovation énergétique global


Les recherches démontrent de manière évidente qu'ajouter d’avantage d'étapes entraîne une baisse
drastique des performances. Au-delà de trois étapes, il n'est plus possible d'atteindre le niveau de
performance escompté.

Tableau 3 : Ecarts de consommation sur la moyenne du parc construit avant 1982

Etape(s) Ecarts de consommations


1 Optimum
2 + 7%
3-4 + 30%
6 + 60%
+ Pire

Une rénovation énergétique globale doit viser à réduire la consommation d'énergie primaire à
moins de 80 kWh/m² /an, correspondant à une classification B au diagnostic de performance
énergétique.
De plus, les travaux doivent assurer le confort thermique des habitants, une qualité d'air intérieur
saine, et prévenir toute future apparition de pathologies dans le bâtiment. La suite de l'article
explique la méthode pour atteindre cet objectif ambitieux...

3. La maison passive
Les maisons passives visent à atteindre un niveau élevé de confort intérieur tout en réduisant
considérablement leur consommation énergétique, ce qui les rend extrêmement attrayantes du
point de vue de la durabilité et de l'efficacité énergétique.

16
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Figure 13 : Maison passive


Une maison passive a des caractéristiques typiques qui sont :

· Isolation renforcée : Une isolation très performante est utilisée dans tous les éléments de
construction, y compris les murs, les planchers, les toits et les fenêtres, afin de réduire au
maximum les pertes de chaleur.
· Étanchéité à l’air : Une attention particulière est accordée à l'étanchéité à l'air de la maison
pour minimiser les fuites d'air non contrôlées, ce qui contribue à maintenir une température
intérieure stable et confortable.
· Orientation optimisée : La conception de la maison prend en compte l'orientation solaire
pour maximiser les gains solaires passifs en hiver et minimiser la surchauffe en été.
· Ponts thermiques réduits : Les ponts thermiques, qui sont des zones où la chaleur peut
s'échapper plus facilement, sont minimisés autant que possible.

L’intégration de sources d'énergies renouvelables comme les panneaux solaires photovoltaïques


ou thermiques peut contribuer à rendre la maison encore plus économe en énergie.

4. Le bâtiment basse consommation (BBC)


Le bâtiment basse consommation (BBC) est un concept visant à réduire significativement la
consommation énergétique d'un bâtiment, que ce soit pour le chauffage, la climatisation, la
ventilation ou la production d'eau chaude sanitaire. L'objectif principal est de limiter au maximum
les besoins en énergie du bâtiment tout en assurant un confort thermique optimal pour ses
occupants.
Les bâtiments BBC peuvent être des constructions neuves ou des rénovations, et ils peuvent être
utilisés à des fins résidentielles, commerciales ou industrielles. Le concept de BBC s'inscrit dans

17
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

une démarche de développement durable et de lutte contre le changement climatique en réduisant


la consommation d'énergie fossile et les émissions de gaz à effet de serre associées.
Les caractéristiques d'un bâtiment bas consommation (BBC) :

· Isolation renforcée : Une isolation thermique de haute qualité est essentielle pour réduire
les pertes de chaleur en hiver et maintenir la fraîcheur en été. Cela inclut une isolation
efficace des murs, des planchers, de la toiture et des fenêtres.
· Étanchéité à l’air : Une bonne étanchéité à l'air est importante pour empêcher les
infiltrations d'air non contrôlées qui peuvent entraîner des pertes de chaleur. Des techniques
de construction et des matériaux spécifiques sont utilisés pour assurer une étanchéité
adéquate.
· Ventilation contrôlée : Un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC) est
souvent intégré pour assurer un renouvellement efficace de l'air tout en minimisant les
pertes de chaleur. Certains bâtiments BBC utilisent des systèmes de récupération de
chaleur pour préchauffer l'air entrant.
· Utilisation d'équipements éco énergétiques : Des équipements de chauffage, de
climatisation, de ventilation et de production d'eau chaude sanitaire à haute efficacité
énergétique sont installés pour réduire la consommation d'énergie du bâtiment.
· Prise en compte des apports solaires passifs : L'orientation du bâtiment, la disposition
des ouvertures et l'utilisation de techniques telles que le vitrage à haut rendement
énergétique peut optimiser les apports solaires pour réduire les besoins en chauffage et en
éclairage artificiel.
· Gestion intelligente de l’énergie : Des systèmes de gestion énergétique avancés peuvent
être mis en place pour surveiller et contrôler la consommation d'énergie du bâtiment, en
optimisant par exemple les horaires de chauffage et de climatisation en fonction des
besoins réels.
· Utilisation d'énergies renouvelables : Certains bâtiments BBC intègrent également des
sources d'énergie renouvelable telles que des panneaux solaires photovoltaïques ou
thermiques pour réduire davantage leur dépendance aux combustibles fossiles.

18
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Figure 14 : Le bâtiment basse consommation (BBC)

5. Les travaux d’une rénovation globale


5.1 Le remplacement du système de chauffage

Dans le cadre d'une rénovation complète, l'installation d’une pompe à chaleur est
essentielle pour faire des économies d’énergie.

Les Avantages :

Ø Efficacité énergétique : Les pompes à chaleur peuvent être très efficaces, souvent avec un
coefficient de performance (COP) de 3 ou plus, ce qui signifie qu'elles produisent trois fois
plus d'énergie qu'elles n'en consomment.
Ø Economique : Réduire significativement les factures de chauffage sur le long terme grâce
à leur efficacité énergétique.
Ø Ecologique : Il n'y a pas de conduit de fumée et donc aucune émission polluante.
Ø Confort : Elles fournissent une chaleur douce et constante, sans fluctuations importantes
de température.

Les inconvénients :

Ø Cout initiale très enlevé : L’installation peut être coûteuse


Ø Bruit : Les unités extérieures des pompes à chaleur peuvent être bruyantes, ce qui peut être
un inconvénient dans des zones résidentielles denses.
Ø Complexité de l'Installation : L’installation peut être complexe et nécessite des
professionnels qualifiés, ce qui peut augmenter les coûts et les délais.

19
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Dimensionnement du PAC :

Expression d’une estimation de la puissance thermique nécessaire pour chauffer la maison :

P= !" # $%&'%()*!+&,- *K*ΔT

Avec :

. !" : Surface habitable (/0 )

$%&'%()*!+&,- : Hauteur sous plafond, généralement 2.5m.

K : le coefficient de correction ou le coefficient de construction.

Tableau 4 : Le coefficient de correction ou le coefficient de construction

Type de logement Coefficient de construction


Sans isolation 2
Ancien avec isolation 1.5
Maison après 1990 1.1
Maison RT 2000 0.9
Maison RT2005 0.8
Très bonne isolation 0.6
Bioclimatique 0.4

ΔT : La différence de température nécessaire pour maintenir une température confortable à


l'intérieur de la maison par rapport à la température extérieure. Par exemple, si la température
extérieure est de -7°C et que vous souhaitez maintenir une température intérieure confortable de
19°C, alors ΔT serait égal à 26°C (19 – (-7))

5.2 Le remplacement de système de production d’eau chaude sanitaire

Le remplacement d'un ancien système de production d'eau chaude sanitaire par un ballon
thermodynamique peut entraîner des économies significatives.

Les avantages :

Ø Efficacité énergétique : les chauffe-eaux thermodynamiques utilisent l'énergie de


l'air pour chauffer l'eau, ce qui les rend beaucoup plus efficaces que les chauffe-
eaux électriques traditionnels.
Ø Economique : Réduire significativement les factures de chauffage sur le long terme
grâce à leur faible consommation d’électricité.

20
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Ø Ecologique : Ils utilisent une source d'énergie renouvelable (l'air), ce qui réduit les
émissions de gaz à effet de serre par rapport aux chauffe-eaux électriques ou à gaz.
Ø Facilité d'Installation : Peuvent être installés en remplacement d'un chauffe-eau
électrique existant, sans nécessiter de modifications majeures.

Les inconvénients :

Ø Coût Initial Élevé : Le coût d'achat et d'installation est plus élevé que celui des chauffe-
eaux électriques classiques.
Ø Dépendance aux Conditions Climatiques : Leur efficacité peut diminuer dans les
environnements très froids, car ils tirent leur énergie de l'air ambiant. Dans ces cas, un
système de chauffage d'appoint peut être nécessaire.
Ø Bruit : Comme les pompes à chaleur, les unités peuvent générer du bruit, surtout si elles
sont installées à l'intérieur de la maison.
Ø Espace Nécessaire : Ils nécessitent un espace suffisant pour l'installation, en particulier
pour permettre une bonne circulation de l'air autour de l'unité.

5.3 Changement de l’éclairage


Ø On peut aussi lors de la rénovation du bâtiment utilisez des ampoules LED car elles sont
plus éco-énergétiques que les ampoules traditionnelles et durent plus longtemps.
Ø Maximisez l'utilisation de la lumière naturelle.
Ø Installez des capteurs de mouvement et des minuteries pour réduire la consommation
d'énergie lorsque la lumière n'est pas nécessaire.

5.4 Changement des menuiseries

Le remplacement des menuiseries peut améliorer considérablement les performances


énergétiques, la sécurité, l'efficacité énergétique et l'esthétique d'une maison.

Les avantages :

Ø Isolation thermique améliorée : Les nouvelles fenêtres et portes sont généralement équipées de
matériaux et de technologies d'isolation plus efficaces, tels que le double vitrage ou le triple
vitrage. Cela réduit les pertes de chaleur pendant les mois froids et empêche la chaleur
excessive de pénétrer pendant les mois chauds, améliorant ainsi le confort thermique et
réduisant la dépendance aux systèmes de chauffage et de climatisation.

21
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Ø Étanchéité à l'air accrue : Réduisent les infiltrations d'air non désirées, ce qui améliore
l'efficacité énergétique de la maison. Moins d'air froid ou chaud ne peut entrer ou sortir, ce qui
réduit les besoins en chauffage et en climatisation.
Ø Réduction des bruits extérieurs : Les nouvelles fenêtres et portes peuvent également offrir une
meilleure isolation phonique, ce qui permet de réduire les nuisances sonores provenant de
l'extérieur, améliorant ainsi le confort des occupants.
Il y a trois types d’isolation par vitre :
· Vitrage simple
· Fenêtre double ou triple vitrage
· Vitrage à isolation acoustique

5.5 L’installation d’un système de ventilation performant

Dans le contexte d'une rénovation globale, il est essentiel de prêter une attention
particulière à la ventilation du logement. Pour l'optimiser, il est préférable d'installer une
ventilation mécanique contrôlée à double flux, Cependant, il y a des avantages et des inconvénients
à considérer.

Les avantages :

Ø Amélioration de la qualité de l'air intérieur


Ø Contrôle de l'humidité
Ø Efficacité Énergétique
Ø Confort Thermique
Ø Réduction des odeurs et des polluants

Les inconvénients :

Ø Coûteuse
Ø Bruit

5.6 L’isolation thermique

L'isolation thermique est un ensemble de techniques utilisées pour limiter le transfert de chaleur
entre les environnements chauds et froids, elle réduit les échanges thermiques entre l'intérieur du
bâtiment et l'environnement extérieur, réduisant ainsi les besoins en chauffage et en climatisation.

22
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

L’isolation thermique retient la chaleur à l’intérieur en hiver et garde la maison fraîche en été. Il
réduit la consommation d’énergie, cependant, la plupart du temps, une consommation d’énergie
réduite signifie une réduction des émissions de gaz à effet de serre. C'est donc un élément de lutte
contre le réchauffement climatique, il est possible d’isoler :

· Les combles
· Les murs
· Les sols

Figure 15 : Les pertes thermiques d'un bâtiment

Les avantages :

Ø Impact Environnemental Réduit :En diminuant la consommation d'énergie, l'isolation des


murs contribue à la réduction GES et à la protection de l'environnement.
Ø Économies d'Énergie
Ø Confort Amélioré
Ø Réduction des Bruits Extérieurs

Les inconvénients :

Ø Coût Initial Élevé

23
Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

5.6.1 Les types d’isolants

Il y a plusieurs types d’isolants, les isolants minéraux, les isolants naturels d'origine végétale,
animale et les isolants de nouvelle génération, certains matériaux se révèlent plus adaptés que
d'autres :

Ø Pour l'isolation des murs : verre cellulaire, laine de roche, laine de verre, polystyrène...
Ø Pour l'isolation des toitures et combles : perlite, laine de roche, laine de verre...
Ø Pour l'isolation des sols : polystyrène, isolants minces, fibres de bois, chanvre...

En ce qui concerne le matériau le plus isolant à même épaisseur, son efficacité repose sur sa
résistance thermique « R ». On considère qu'un matériau est isolant lorsque sa résistance thermique
dépasse 3,7 m2.K/W. De cette façon, à mesure que la résistance thermique augmente, le matériau
devient plus isolant. En outre, plus l'épaisseur d'un matériau est élevée, plus sa conductivité
thermique (λ) est faible, plus il est isolant. À cet égard, divers matériaux, tels que les laines
minérales et synthétiques, se distinguent par leur grande résistance thermique. Voici un tableau
récapitulatif des meilleurs isolants avec leurs conductivités thermiques respectives :

Tableau 5 : Conductivités thermiques des meilleurs isolants

Meilleurs isolants, a épaisseur égale Conductivité thermique λ (W/m. K)


Polyuréthane Environ 0.022
Polystyrène extrudé Entre 0.032 et 0.035
Laine de verre Entre 0.030 et 0.040
Ouate de cellulose Entre 0.034 et 0.040
Plume de canard Entre 0.035 et 0.041
Laine de roche Entre 0.034 et 0.040

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Tableau 6 : Caractéristiques des différents isolants

Isolant Conditionnement Biosource Epaisseur mini. Confort d’été


Ouate de Vrac Oui 29 cm Fort
cellulose Panneau 28 cm
Laine de bois Vrac Oui 30 cm Fort
Panneau/rouleau 28 cm
Laine de verre Vrac Non 33 cm Faible
Panneau/rouleau 26 cm
Laine de roche Vrac Non 26 cm Moyen
Panneau 24 cm
Textiles recycles Panneau/rouleau Oui 26 cm Moyen
Laine de mouton Panneau/rouleau Oui 24 cm Faible

5.6.2 L’isolation des sous-sols

Dans la plupart des logements, environ 10% des pertes de chaleur se font par le sol.

Ø Si le sous-sol n'est pas accessible, il doit isoler le sol de logement.


Ø Si une partie des murs de sous-sol se trouve au-dessus de la surface, il doit choisir de les isoler
par l’extérieur.

5.6.3 L’isolation des murs

L'isolation des murs, qu'elle soit réalisée par l'intérieur ou par l'extérieur, peut réduire de
20% à 25% les pertes de chaleur dans un logement.
Il existe plusieurs approches pour isoler les murs d'une habitation. La méthode la plus courante est
l'isolation par l'intérieur, qui est à la fois abordable et ne modifie pas l'apparence extérieure de la
maison, permettant ainsi une réalisation sans nécessiter d'autorisation de travaux.
D'un autre côté, l'isolation par l'extérieur implique un coût initial plus élevé, mais elle offre une
solution plus efficace. En effet, cette méthode réduit les ponts thermiques et conserve l'inertie des
murs, ce qui est crucial pour le confort thermique en été. De plus, elle présente l'avantage de ne
pas empiéter sur la surface habitable de la maison.

5.6.4 L’isolation des combles

L'isolation des combles est essentielle à prioriser, car elle permet de réaliser d'importantes
économies d'énergie. En hiver, elle contribue à accroître le confort en conservant la chaleur à
l'intérieur de la maison, tandis qu'en été, elle protège contre les fortes chaleurs en limitant l'entrée
de la chaleur. Une fois ces travaux effectués, le bénéficiaire peut réaliser des économies pouvant
aller jusqu'à 30% sur la facture énergétique.

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Chapitre II Optimisation énergétique à travers la rénovation globale

Ø Si le comble est perdu l’isolation se faire sur le plancher haut soit par déroulement ou par
flocage. Plus l’épaisseur de la couche isolante est grande, plus les résultats sont efficaces.
Toutefois, une épaisseur minimale de 30 centimètres est requise pour une isolation
conforme aux normes.

Figure 16 : Isolation par déroulement

Figure 17 : Isolation d’un comble par flocage

Ø Si le comble est habitable les principales options d'isolation sont influencées par la
disponibilité d'espace et les aménagements déjà en place. Si la hauteur sous toit est égale
ou supérieure à 1,80 m, une isolation sous rampants2 sera préférable. Si la hauteur sous toit
est limitée, une isolation de la toiture inclinée par l'extérieur (Sarking) sera plus appropriée
afin de ne pas empiéter sur l'espace habitable.

2
Mur dont la partie supérieure est inclinée, c'est-à-dire la partie inclinée du plafond dans les combles habitables.

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Figure 18 : Isolation sous rampant

Figure 19 : Isolation par l’extérieur (Sarking)

Conclusion
En conclusion, l'isolation thermique, ou encore le remplacement des systèmes de
ventilation, de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire, représente des étapes importantes
dans les travaux de rénovation énergétique. Ces mesures sont recommandées non seulement pour
réaliser des économies d'énergie à domicile, mais également pour améliorer le confort intérieur.

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