Résumé de cours et méthodes :développements limités
Chniti Chokri
February 22, 2021
1 Développements limités
Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R, à valeurs dans C, et a est un point de I.
On dit que f admet un développement limité à l’ordre n en a s’il existe des complexes a0 , . . . , an
tels que
f (a + h) = a0 + a1 h + · · · + an hn + o(hn ).
Unicité : Si f admet un développement limité à l’ordre n en a, celui-ci est unique.
Existence : Formule de Taylor-Young : Si f est de classe C n , alors f admet un développement
limité à l’ordre n en tout point a ∈ I donné par
f (n) (a) n
f (a + h) = f (a) + f 0 (a)h + · · · + h + o(hn ).
n!
2 Opérations sur les développements limités
Somme : Soient f et g admettant en a des développements limités à l’ordre n donnés par
f (a + h) = P (h) + o(hn ), g(a + h) = Q(h) + o(hn ).
Alors f + g admet un développement limité en a à l’ordre n donné par
(f + g)(a + h) = P (h) + Q(h) + o(hn ).
Produit : Soient f et g admettant en a des développements limités à l’ordre n donnés par
f (a + h) = P (h) + o(h), g(a + h) = Q(h) + o(hn ).
Alors fg admet un développement limité en a à l’ordre n donné par
f g(a + h) = R(h) + o(hn )
où R est le polynôme obtenu en ne gardant dans le produit P Q que les termes de degré inférieur
ou égal à n.
Intégration : Si f, continue sur I, admet un développement limité à l’ordre n en a donné par
f (a + h) = a0 + a1 h + · · · + an hn + o(hn )
et si F est une primitive de f sur I, alors F admet un développement limité à l’ordre n + 1 en a
donné par
a1 an n+1
F (a + h) = F (0) + a0 h + h2 + · · · + h + o(hn+1 ).
2 n+1
1
5 MÉTHODES
3 Développements limités usuels
x2 xn
ex = 1 + x + + ··· + + o(xn )
2 n!
x2 (−1)n x2n
cos x = 1 − + ··· + + o(x2n+1 )
2! (2n)!
x3 (−1)n x2n+1
sin x = x − + ··· + + o(x2n+2 )
3! (2n + 1)!
x2 x2n
cosh x = 1 + + ··· + + o(x2n+1 )
2! (2n)!
x3 x2n+1
sinh x = x + + ··· + + o(x2n+2 )
3! (2n + 1)!
1
= 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn )
1−x
x2 (−1)n+1 n
ln(1 + x) = x − + ··· + x + o(xn )
2 n
x3 (−1)n 2n+1
arctan(x) = x − + ··· + x + o(x2n+1 )
3 2n + 1
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x + ··· + x + o(xn )
2 n!
x3 2
tan(x) = x + + x5 + o(x5 ).
3 15
4 Développements asymptotiques
Formule de Stirling : √
n! ∼+∞ 2πnnn e−n .
5 Méthodes
5.1 Composition de deux développements limités
Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur I et J, de sorte que f (I) ⊂ J. On suppose que f
admet en a le développement limité suivant :
f (a + h) = a0 + a1 h + a2 h2 + · · · + an hn + o(hn ).
On suppose que g admet en f (a) = b le développement limité suivant :
g(f (a) + k) = b0 + b1 k + b2 k 2 + · · · + bn k n + o(k n ).
Alors le développement limité de g ◦ f en a s’obtient en posant
k = a1 h + a2 h2 + · · · + an hn + o(hn ),
en calculant les puissances k 2 , k 3 , . . . , mais en tronquant à l’ordre n, et en remplaçant ces puissances
par leur nouvelle expression dans le développement limité de g.
5.2 Inverse d’un développements limité - Quotient de deux développements limités
Si g admet un développement limité en a à l’ordre n, de la forme
g(a + h) = a0 + a1 h + a2 h2 + · · · + an hn + o(hn ),
Chniti 2
5.3 Développement limité d’une fonction réciproque 5 MÉTHODES
1
alors on obtient le développement limité de g en a en commençant par factoriser par a0 :
1 1 1
= × a1 an n
g(a + h) a0 1 + a0 h + ··· + a0 h + o(hn )
1
puis on compose avec le développement limité de 1+x comme indiqué ci-dessus.
Pour obtenir le développement limité d’un quotient f /g, on multiplie le développement limité de
f par le développement limité de l’inverse 1/g calculé ci-dessus.
5.3 Développement limité d’une fonction réciproque
Pour calculer le développement limité d’une fonction réciproque f −1 au voisinage de f (a) :
on calcule le développement limité de f en a.
on écrit de façon formelle le développement limité de f −1 en f (a) :
f −1 (f (a) + h) = a + a1 h + · · · + an hn + o(hn ).
on écrit que f ◦ f −1 (x) = x. On calcule (formellement) le développement limité de f ◦ f −1 (x)
en composant des développements limités. Puis on utilise l’unicité des développements limités et
l’écriture f ◦ f −1 (x) = x pour identifier les coefficients.
5.4 Etude locale d’une courbe représentative : tangente et position par rapport à
la tangente
Pour trouver la tangente en (a, f (a)) à la courbe représentative y = f (x), on calcule le développement
limité à l’ordre 1 de f en a :
f (a + h) = a0 + a1 h + o(h).
Alors la droite y = a0 + a1 x est la tangente à la courbe en (a, f (a)).
Pour étudier (localement) la position de la courbe par rapport à la tangente, on calcule le
développement limité à un ordre supérieur, jusqu’à avoir un terme non-nul :
f (a + h) = a0 + a1 h + ap hp + o(hp ), ap 6= 0.
Si p est pair, la courbe reste (localement) toujours du même côté de la tangente, elle est au-dessus
de la tangente si ap > 0, en dessous de la tangente si ap < 0.
Si p est impair, la tangente traverse la courbe au point (a, f (a)).
5.5 Etude locale d’une courbe représentative : extrémum local
En un point a où f admet un extrémum local, on a f 0 (a) = 0. Réciproquement, si f 0 (a) = 0, pour savoir
si on a effectivement un extrémum, on cherche le premier terme non nul d’ordre supérieur ou égal à 1
dans le développement limité de f en a :
f (a + h) = f (a) + ap hp + o(hp ), ap 6= 0.
Si p est pair, la fonction admet un extrémum local en a. C’est un minimum si ap > 0, et un
maximum si ap < 0.
Si p est impair, la fonction n’admet pas d’extrémum local en a.
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5.6 Détermination d’une asymptote 5 MÉTHODES
5.6 Détermination d’une asymptote
Pour déterminer une asymptote à la courbe représentative de y = f (x) au voisinage de +∞, on essaie
d’obtenir un développement asymptotique de la fonction du type
f (x) = ax + b + o(1).
Dans ce cas, la droite y=ax+b est asymptote à la courbe au voisinage de l’infini. Si on veut étudier
de plus la position de la courbe par rapport à cette asymptote, on cherche le terme suivant du
développement asymptotique.
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