DM n°6
Exercice 1. Série harmonique, constante d’Euler-Mascheroni. On considère la suite définie par
1 1
@n P N˚ , un “ 1 ` ` ¨ ¨ ¨ ` ´ ln n.
2 n
1. Montrer que pun q est décroissante.
2. En introduisant une quantité intégrale, montrer que pour p ě 2 entier, on a p1 ď ln p ´ lnpp ´ 1q ď p´1
1
.
3. En sommant ces inégalités, en déduire que la suite un converge vers une limite γ appelée constante d’Euler-
Mascheroni.
On a un “ γ `o`8 p1q, où o`8 p1q désigne une suite qui tend vers 0. On a montré que 1` 21 `¨ ¨ ¨` n1 “ ln n`γ `o`8 p1q.
Exercice 2.
řn ? ?
I. On considère les suites définies, pour n ě 1, par un “ k“1 ?1k , vn “ un ´ 2 n ` 1 et wn “ un ´ 2 n.
1) Montrer que pour n P N˚ ,
1 ? ? 1
? ď 2p n ` 1 ´ nq ď ? .
n`1 n
2) Montrer que pvn q est croissante.
3) Montrer que les suites pvn q et pwn q sont adjacentes.
4) Montrer que un Ñ `8.
1 1 p´1qn`1 řn p´1qk`1
II. On considère la suite un “ 1 ´ 2 ` 3 ` ¨¨¨ ` n “ k“1 k .
1) Soit pvn qnPN˚ la suite définie par vn “ u2n . Montrer que la suite pvn q est croissante.
2) Soit pwn qnPN˚ la suite définie par wn “ u2n`1 . Montrer que la suite pwn q est décroissante.
3) Montrer que les suites pvn q et pwn q convergent.
4) Montrer que la suite pun q converge.
`8
ř p´1qk`1
On note k la limite de pun q.
k“1
ř 1 ř1
III. ⋆ Applications de la nature des séries k2 et k.
π2
řn 1
řn 1
On admet que k“1 k2 Ýn ÝÝÑ ÝÝÑ 6 et que k“1 k Ýn
ÝÝ`8 ÝÝÑ ÝÝÑ ` 8.
ÝÝ`8
1) Le lion et le chrétien.
Un lion et un chrétien sont enfermés dans une arène circulaire, de rayon 2. Initialement, le lion est au centre de
l’arène, et le chrétien est à une distance 1 du lion. Le lion et le chrétien sont modélisés par des points se déplaçant
à la même vitesse (que l’on peut prendre “ 1), l’objectif du lion est d’attraper le chrétien.
Étant donné une suite pxn qnPN˚ positive, on considère un type de stratégie pour le chrétien étape par étape : à
la n-ième étape, le chrétien considère le segment joignant sa position au centre de l’arène, et se déplace en ligne
droite dans une direction perpendiculaire à ce segment, pendant une durée xn .
Montrer que le chrétien a une stratégie permettant de survivre indéfiniment.
2) Un pont de carte.
On dispose de cartes à jouer homogènes, de longueur 2, et d’épaisseur négligée. À partir du bord d’une table, on
souhaite construire un pont de carte le plus long possible, qui soit stable.
Par exemple, en posant une carte en équilibre au bord de la table, c’est-à-dire positionnée de sorte que son milieu
coïncide avec le bord, on obtient un pont d’une longueur 1.
En général, une structure formée de n cartes est stable si et seulement si
(i) le centre de gravité de la structure totale est au-dessus de la table (et pas au-dessus du vide), ce qui assure
la stabilité de la première carte.
(ii) la sous-structure formée des n ´ 1 cartes suivantes est stable, sous l’hypothèse que la première carte soit fixé.
Autrement dit, le centre de gravité de l’ensemble des n ´ 1 cartes est situé au-dessus de la première carte,
etc.
a) Expliquer comment construire un pont de longueur 32 avec deux cartes.
b) Justifier que l’on peut construire un pont arbitrairement long.
u2
Exercice 3. Pour a ą 0, on considère la suite pun q définie par u0 “ a et @n P N, un`1 “ n`1
n
.
On sera amené à l’étude de la dépendance de cette suite par rapport à son terme initial a. Lorsque c’est nécessaire,
on notera un paq au lieu de un , afin d’expliciter cette dépendance.
I. Deux exemples.
1) On suppose a “ 1. Montrer que un Ñ 0.
2) On suppose a “ 2. Montrer que @n P N, un ě n ` 2.
II. Étude des comportements possibles.
1) Montrer que si pun q converge vers ℓ, alors ℓ “ 0.
2) Soit n P N. Montrer que si un`1 ă un , alors un`2 ă un`1 .
En déduire que s’il existe p P N tel que up`1 ă up , alors pun q converge vers 0.
3) Montrer que pun q converge vers 0, ou tend vers `8.
III. Existence d’une valeur critique.
1) Soient 0 ď a ď b. Montrer que pour tout n P N, un paq ď un pbq.
2) Justifier l’existence d’un réel λ tel que
(i) Si 0 ă a ă λ, un Ñ 0
(ii) Si a ą λ, un Ñ `8.
IV. Étude des comportements critique, et asymptotique.
1) ⋆ Pour n P N, justifier que a ÞÑ un paq est continue. En déduire que pour a “ λ, un Ñ `8.
2) Montrer que pour tout n ą 1, n ` 1 ă un pλq ď n ` 2.
3) Pour n P N, on pose εn “ n ` 2 ´ un pλq. Montrer que @n P N, εn`1 ě 2εn ´ n1 . En déduire que pεn q converge.
On a montré que un “ n ` 2 ´ εn , où εn Ýn
ÝÝÑ ÝÝÑ 0.
ÝÝ`8
un pxq ` ˘2n
4) Soit x ą 0. En considérant la suite qn “ montrer que un pxq „ n λx
un pλq , c’est-à-dire npunxpxq
2n ÝÝÝÑ
n ÝÝÑ 1.
ÝÝ`8
λq
´ř ¯ ´ř ¯
n
V. En utilisant lnpu2nnpλqq Ýn
`8 lnpk`1q lnpk`1q
ÝÝÑ ÝÝÑ 0, montrer que λ “ exp
ÝÝ`8 k“0 2k`1 , c’est-à-dire λ “ lim exp k“0 2k`1 .
nÑ`8
Exercice 4. ⋆ Théorème de Knaster-Tarski. Un ensemble ordonné pT, ďq est un treillis si toute paire d’éléments
admet une borne supérieure et une borne inférieure. C’est un treillis complet si de plus, toute partie A Ă T admet
une borne supérieure.
1. Montrer que si T est un treillis complet, T admet un plus petit élément.
2. Si E est un ensemble, montrer que pPpEq, Ăq est un treillis complet.
3. Montrer que si pT, ďq est un treillis complet, toute partie A Ă T admet une borne inférieure.
On considérera M l’ensemble des minorants de T , α “ sup M, et on justifiera que @a P A, inftα, au “ α.
4. Soit pT, ďq un treillis complet, et f : T Ñ T une application croissante. En considérant A “ tx P T | x ď f pxqu,
et M “ sup A, montrer que f admet un point fixe.
Pour a ď b deux réels, le segment ra, bs est un treillis complet pour la relation d’ordre usuelle. Toute fonction croissante
f : ra, bs Ñ ra, bs admet donc un point fixe.
Indications Exercice 1.
1. Utiliser l’inégalité lnp1 ` xq ď x pour tout x P s´1,`8r.
Indications Exercice 2.
I. 1) Multiplier et diviser la quantité centrale par sa quantité conjuguée.
2) Utiliser la question précédente.
II. 3) Considérer wn ´ vn , montrer que les suites sont adjacentes.
4) Il faut le démontrer à partir de la définition de la limite.
ř`8
III. 1) Il s’agit de choisir des pxi q de sorte d’une part que i“1 xi “ `8, et d’autre part que la stratégie ne fasse
pas sortir le chrétien de l’arène. Étudier comment évolue la distance du chrétien au centre.
2) a) Une propriété d’associativité du centre de gravité assure que l’abscisse du centre de gravité d’un ensemble
de deux cartes est la moyenne des abscisses des centres de gravités de chacune des cartes.
řn
b) Avec n cartes, on peut construire un pont de longueur totale Hn “ k“1 k1 .
Si on note x1 le centre de la première carte, et xG le centre de gravité de la sous-structure formée des n ´ 1
autres cartes, le centre de gravité de la structure totale a pour abscisse x1 `pn´1qx
n
G
.
Indications Exercice 3.
I. 1) On peut conjecturer une première propriété plus faible (et très simple) sur la suite pun q, que l’on montre par
récurrence.
III. 2) Définir λ comme la borne supérieure d’un ensemble : L’ensemble des a tels que un paq Ñ 0.
IV. Par l’absurde, si pour a “ λ la suite Ñ 0, alors il existerait un n tel que un pλq soit petit, mais alors par continuité,
pour a proche de λ, un paq serait petit également. . .
V. Exprimer λ en fonction de un pλq.
Indications Exercice 4.
3. Montrer que la borne supérieure de l’ensemble des minorants de A convient.