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Failles tectoniques et listriques expliquées

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TECTONIQUE

Géométrie des déformations cassantes


Structures associées : failles / fractures
1 . Failles :
Les failles sont des cassures dans l’écorce terrestre accompagnées du mouvement
relatif des deux compartiments qu’elles déterminent. Elles matérialisent la déformation
discontinue des matériaux fragiles. La surface de rupture est le plan de faille, nommé parfois
miroir de faille à cause du polissage qui a pu l’affecter pendant le mouvement. Le
déplacement relatif est mesuré par le rejet de la faille qui se compose de la façon suivante :
Une composante verticale, qui exprime le mouvement relatif vertical et qui définit un
compartiment soulevé avec sa lèvre soulevé, et un compartiment affaissé avec sa lèvre
affaissé.
Une composante horizontale dans le plan de la faille, qui exprime le déplacement
relatif horizontal ou décrochement.
Une composante horizontale perpendiculaire au plan de la faille, qui exprime
l’écartement ou le rapprochement des compartiments.

Failles normales
On peut déterminer :
- azimut (par rapport au nord), pendage
- direction des stries
- rejet de la faille
Les failles normales sont des failles SOUSTRACTIVES.
• Direction des contraintes :

Ces failles se forment dans des


systèmes en EXTENSION. On peut observer

= GRABEN = FOSSE d’EFFONDREMENT.


Ex de rifts continentaux : fossé
rhénan.

• Remarques sur les


caractéristiques des failles normales:
Il y a basculement des couches, donc rotations  affecte les bassins sédimentaires, donc la
tectonique sédimentaire.
Ex : passage continent / océan en France ou en Espagne :

Coupe schématique de la marge continentale passive armoricaine

Les failles listriques sont donc trouvées sur les marges continentales passives. Elles
permettent :
- un amincissement très important
- une rotation des couches
- une tectonique synsédimentaire>
- une sédimentation importante

• Positionnement des rifts / failles listriques sur une coupe de la croûte :

D’après le rapport avec les strates décalées :


- si la faille et les strates sont inclinées de la même façon, la faille est conforme ;
- si la faille et les strates sont inclinées différemment, la faille est contraire.
Remarque : les failles transformantes sont des fractures particulières qui affectent les
dorsales océaniques. Seule la partie située entre les deux lèvres décalées de la dorsale est le
siège de séisme et d’un mouvement relatif décrochant.
• Failles inverses

Elles sont présentes dans des système en COMPRESSION  raccourcissement de la


croûte.
Elles sont ADDITIVES : sont responsables de la superposition de couches les unes sur
les autres.
• Contrairement aux failles normales, les failles inverses sont faiblement pentées, et
elles sont trouvées dans des domaines en compression = lieu de COLLISIONS
CONTINENTALES.
Ex : Eurasie  collision de l’Inde avec l’Eurasie
La formation de l’Himalaya (d’après M. Mattauer, 1981).

• CHEVAUCHEMENT.
Les chevauchements sont essentiellement associés aux chaînes de montagne :
difficultés de reconstitutions paléogéographiques. Ils permettent la superposition de croûte
épaisse  roches très déformées : subissent un métamorphisme avec augmentation de T°C
et baisse de pression = modification du géothermie global :
• Décrochements (ou coulissements):
Déchirures le long desquelles les mouvements étaient des coulissements horizontaux
(ou ne comportaient qu'un décalage vertical faible en regard du décalage horizontal). Les
surfaces de cassures des failles de décrochement sont à peu près verticales. Leurs miroirs sont
porteurs de stries ou cannelures horizontales.
Le mouvement est de sens dextre (ou "horaire") si le pivotement que subirait un objet
pris dans le plan de cassure se fait dans le sens des aiguilles d'une montre (vu de dessus) ; il
est dit sénestre (ou "anti-horaire") dans le cas contraire

Direction et sens du mouvement :


Le plan de faille montre fréquemment une ou plusieurs familles de stries parallèles
dues au frottement des blocs en mouvement, elles indiquent la direction d’un ou plusieurs
déplacements sans toutefois en préciser le sens.
Le sens du mouvement peut être connu grâce à certaines structures :
- Des figures de blocage, reconnaissables, par exemple, à la présence d’éléments figés bloqués
à l’extrémité d’une rainure par un petit ressaut résistant de la faille ;
- Des cristallisations minérales qui se sont développées dans des creux, à l’abri des pressions ;
- Des ressauts avec stries stylolitiques face au mouvement responsable de la pression-
dissolution ;
- Des strates synthétiques du jeu de la faille. Dans chaque compartiment, la torsion s’effectue
en sens inverse du déplacement.
• Bloc basculé / Hémigraben :
Les hémigrabens se distinguent des grabens en ceci que la dépression tectonique a la
quelle ils correspondent n'est délimitée que d'un seul coté par une faille. L'autre coté
correspond à la pente du sommet du bloc de socle effondré, basculé à l'occasion du jeu de la
faille (ce basculement est le plus souvent dû à ce que la faille normale est "listrique", c'est-à-
dire concave vers le haut).

Schéma très simplifié du système de blocs basculés des massifs cristallins


externes des Alpes au sud-est
de Grenoble (transversale de la vallée de la Romanche).
ci = Crétacé inférieur ; js = Jurassique supérieur ; ls = Lias supérieur ; t = Trias

Les sédiments déposés dans un tel système se partagent en trois tranches :


- anté-tectoniques, où les couches sont basculées avec leur soubassement,
- syn-tectoniques, où les couches se disposent en éventail, par discordances, principalement
en onlap
- post-tectoniques, où les couches sont discordantes sur les failles, qu'elles cachètent.
Ces fossés tectoniques, dus au découpage de la croûte par des failles normales
parallèles entre elles et de même sens de rejet, appartiennent le plus souvent à des
dispositifs extensifs dissymétriques liés à une expansion océanique.

Schéma d'une dispositif extensif


dissymétrique, à l'échelle de la
croûte continentale (marge d'un
océan en expansion)

• Failles conjuguées
Les études mécaniques ont montré que les failles se disposent, lors de leur
formation, de façon à former un angle de l'ordre de 30 à 35° par rapport à la direction de
raccourcissement induite par les efforts exercés sur la roche.
Il peut donc se former deux failles symétriques, dites "conjuguées", par rapport à cette
direction, qui devient la bissectrice de l'angle aigu entre les deux failles (la bissectrice de
l'angle obtus correspond à la direction d'extension dans la masse rocheuse).

disposition des surfaces de cassures des failles conjuguées


a = failles inverses ; b = failles normales ; c = décrochements
X = direction d'allongement ; Z = direction de raccourcissement

• Horst / Graben
Ces deux termes désignent respectivement des blocs soulevés et des fossés effondrés,
créés par la combinaison de failles normales* conjuguées*. Ces termes ne comportent
aucune connotation de dimension.

• CHARRIAGES ET CHEVAUCHEMENTS
«Chevauchement» et «charriage» sont des notions de tectonique qui correspondent
à deux faits, dont le second explique le premier.
Le premier fait est la superposition verticale de deux ensembles de terrains dont la
succession n’est pas normale. Dans le cas des roches sédimentaires, il s’agira d’une succession
non conforme aux lois de la stratigraphie, lorsque, par exemple, la série supérieure est formée
de roches plus anciennes que la série inférieure; dans le cas des roches cristallines, le
diagnostic est plus difficile, car le caractère normal de la succession de ces types de roches
est plus délicat à définir et dépend souvent des hypothèses que l’on fait sur leur genèse. À
cette superposition correspondent les notions de «contact anormal» et de «recouvrement».
Le second fait est le mouvement horizontal de l’une des deux séries,
expliquant la superposition observée, donc le contact anormal et le recouvrement; cela
correspond à la notion proprement dite de «chevauchement» ou «charriage», l’ampleur du
mouvement horizontal étant la «portée» du chevauchement ou charriage.
On dit que l’unité supérieure est charriée ou, encore, allochtone ; c’est la nappe de
charriage; l’unité inférieure est considérée comme autochtone, c’est-à-dire comme n’ayant
pas bougé.

Écaille de couverture. L’écaille de couverture représentée est enracinée axialement. Sa


nature d’écaille de couverture tient à son décollement, au-dessus du socle resté horizontal,
à la faveur de terrains particulièrement plastiques (figurés en noir sur le schéma). Ce niveau
plastique est souvent formé d’argiles gypseuses ou salifères ; en France, il s’agit souvent du
Trias comme dans le Jura, la partie externe des Alpes, la Provence ou les Pyrénées.

• Les charriages :
Ils correspondent à des unités tectoniques de beaucoup plus grande dimension, de
portée pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilomètres, voire dépasser la centaine de
kilomètres. Dans les cas les plus clairs, l’allochtone et l’autochtone appartiennent à des
bassins sédimentaires différents. Surtout, les nappes de charriage ne sont pas enracinées
axialement, de telle sorte qu’on ne peut pas reconstituer la continuité entre allochtone et
autochtone.

Géométrie des plis associés à


des failles

• On reconnaît dans un charriage :


– un côté frontal correspondant au sens de déplacement relatif de la nappe; le front
proprement dit est le lieu géométrique des points extrêmes atteints par la nappe; mais c’est
généralement un front d’érosion que l’on observe;
– un côté radical d’où provient la nappe de charriage; généralement, on n’observe pas la
racine elle-même (s’il y en a une) soit que la nappe la recouvre, soit que, en étant séparée
par une érosion ultérieure, il soit incertain de rapporter telle nappe à telle zone radicale.
• En fonction de l’érosion, il arrive :
- qu’on aperçoive l’autochtone sous l’allochtone; de telles fenêtres sont un argument
essentiel du charriage; une fenêtre peut être fermée quand elle est entourée de toutes parts
par la nappe, ouverte quand, dans une direction au moins, il y a continuité entre l’autochtone
au front de la nappe et dans la fenêtre.
- qu’un élément de la nappe soit isolé par l’érosion à la manière d’une butte témoin;
de tels lambeaux de charriage, dits aussi «lambeaux de recouvrement», souvent très éloignés
en avant du front principal de la nappe, fixent une limite extrême au charriage de celle-ci; on
a coutume de les désigner sous le terme allemand de klippe, «écueil», le mot français «îlot»
étant tombé en désuétude.
• 1 . Structure de la déformation continue
Pas de failles visibles.
2 types de structures :
- homogène : schistosité / foliation
- hétérogène : plis
- Les plis
Les plis sont des déformations continues, hétérogènes. Il s’agit de torsion ou de la
flexion de surface de toutes dimensions, du millimètre au kilomètre, dans un domaine
hétérogène ou anisotrope. L’hétérogénéité du milieu plissé permet devoir des surfaces
repères, de nature stratigraphique.
Un pli présente une région de courbure maximale nommée charnière, on distingue une
charnière synforme concave vers le ciel et une charnière antiforme convexe vers le ciel ; si le
cœur du pli est occupé par les couches les plus anciennes, il s’agit d’un anticlinal ; si ce sont
les plus récentes, il s’agit d’un synclinal.

Point de vue géométrique :


- On définit les plis, du point de vue géométrique, selon la position de leur plan axial ou selon
l’étirement des couches accompagnant leur plissement.
- En fonction de la position du plan axial, on définit :
- les plis droits, au plan axial vertical, dans lesquels charnière et crête se trouvent confondues,
cette dernière pouvant être plane et les flancs verticaux, comme dans le pli «coffré»;
- les plis dissymétriques, au plan axial incliné, dans lesquels la crête est décalée, par rapport
à la charnière, du côté du flanc qui a le plus faible pendage. Dans les plis dissymétriques, les
pendages peuvent être de sens opposés (pli simplement déjeté) ou de même sens (plis
déversé, renversé ou couché), et, dans ce dernier cas, l’un des flancs est «inverse», l’autre
«normal»; dans le pli en genou, l’un des flancs est vertical. Enfin, dans certains cas, un pli peut
être retourné, si bien qu’un anticlinal apparaît comme un synclinal, et inversement.
Groupement de plis : Un synclinorium , est un ensemble de plis parallèles dont la
disposition d’ensemble est synclinale. On parle d’anticlinorium dans le cas contraire.

Plis diapirs (ou plis à noyau perçant) : ils sont constitués par l’extrusion de roches salines à
travers les couches encaissantes qui sont alors redressées, écaillées et même parfois
retournées (pli en champignon), sous l’action de la pression des roches sur incombantes.
Outre la plasticité des roches salines, leur
densité très faible explique l’ampleur du
diapirisme (tectonique salifère), qu’on
trouve presque dans toutes les montagnes
(Pyrénées, Alpes, Afrique du Nord).
Déjeté couché : les deux flancs

• Phénomène de disharmonie dans les plis :


• Influence de la viscosité des strates :

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