DIFFICULTÉS DES ENTREPRISES
INTRODUCTION:
➥Not du droit des e/ses en dif cultés: Il s'agit de redresser le comportement de l'e /se en tant qu'acteur eco et
juridique.
En tant qu'acteur éco: Redresser la trajectoire déviée de l'e /se, càd transformer une e/se défaillante en une e/se
structurée qui se remet à devenir rentable et à payer ses créanciers.
En tant qu'acteur juridique: Redresser et corriger le comportement dévié du débiteur qui a arrêté de payer ses
fournisseurs, sa banque et ses salariés. L'o rdre juridique se rétablit de deux manières:
-Payer de manière échelonnée les créanciers dans le cadre d'un plan de sauvegarde ou de redressement lorsque c'e st
possible.
-Liquider l'e /se, vendre ses biens et payer les créanciers de manière organisée et hiérarchisée.
➥L 'e /se n'a pas de dé nition juridique. Une approche économique la présente comme "un ensemble de moyens
humains, matériels et nanciers, orientés vers une nalité économique". Le législateur énonce qu’il « entend par
entreprise au sens du présent livre, la personne physique ou la société commerciale » (art 546)
➥Dif cultés cette notion est dé nie en fonction de leur gravité. Une entreprise en dif culté c’est une entreprise
qui souffre d’une « maladie d’entreprise » qui peut avoir des causes internes, externes ou les deux à la fois.
A chaque stade de la maladie correspond un protocole de traitement spéci que, volontaire ou obligatoire.
_STADE 1 Il s’agit des « faits de nature à compromettre la continuité de l’activité ». l’entreprise continue de
fonctionner et de payer ses créanciers, elle n’est pas encore en CP mais elle souffre d’un dysfonctionnement
( nancier, commercial, humain) qui risque à court ou à moyen terme de compromettre son activité. . Ce stade est
considéré comme un état « peu avancé » ou « modéré » de la maladie d’entreprise. Le protocole de traitement dé ni
par le législateur est un protocole de nature préventive. Il s’agit des trois grandes procédures préventives
organisées par le Livre V : la prévention interne, la mandation spéciale et la conciliation
_STADE 2 Il s'agit de « dif cultés que l’entreprise ne peut pas surmonter seule, qui peuvent entrainer sa CP dans un
avenir proche ». Le protocole dé ni par le législateur est un protocole hybride qui associe la souplesse des
procédures préventives à l’exorbitance des procédures collectives. Il s’agit de la procédure de sauvegarde que
l’entreprise peut déclencher sans perdre la maitrise de sa gestion, tout en ayant accès à des mesures
exceptionnelles, qui étaient naguère réser vées aux seules entreprises en redressement. C’est un protocole de
traitement mixte, à la fois préventif et curatif
_STADE 3 Ici, l’entreprise est arrivée à un stade pathologique avancé puisqu’elle n’est plus en capacité de payer ses
créanciers, c’est la CP. Selon l’expression consacrée, l’actif disponible ne suf t plus à payer le passif exigible. Face à
un diagnostic aussi préoccupant, le protocole de traitement organisé par le législateur sera plus invasif puisque
l’entreprise est obligée de recourir au tribunal pour assainir sa situation. On n’est plus dans une proposition
d’assistance et de soutien comme dans la sauvegarde et la prévention. L’inter vention du tribunal est d’ordre
public. Elle transcende la volonté du chef d’entreprise, des créanciers et de toutes les parties prenantes.
Le tribunal ouvrira une procédure de redressement à chaque fois qu’il estimera que l’entreprise a des possibilités
signi catives de guérison, c’est-à-dire de poursuivre ses créanciers tout en payant de manière échelonnée ses
créanciers.
_STADE 4 C’est le stade le plus grave. L’entreprise est dans une « situation irrémédiablement compromise ». Ici, le
législateur agit comme un médecin face à un malade en phase terminale. Le législateur intervient pour
accompagner le processus de n de vie a n qu’il génère le moins de troubles et de souffrances possibles, à la fois
pour l’entrepreneur de bonne foi qui doit pouvoir se relancer en affaires s’il le souhaite, et pour ses créanciers et
ses salariés qui doivent être ef cacement protégés face à la défaillance de leur débiteur. Le protocole
d’inter vention est un protocole de démantèlement d’entreprise qui consiste à vendre son actif pour payer son
passif. C’est la procédure de liquidation de l’entreprise
➥Pourquoi un droit sur les dif cultés des e/ses?
La logique libérale contredit la nécessité d'un droit régulateur *laisser faire, laisser mourir*. Les libéraux et les néo
libéraux disent que celui qui a créé l'e /se est responsable de l'e xercice de son activité. Si elle réalise des béné ces, ils
lui reviennent, et donc pourquoi doit on se soucier d'aider cette e/se quand elle se retrouve en dif culté? Une e/se
productive qui disparait, c'e st un maillon de la chaine eco qu'o n perd, c'e st un sacri ce social qu'o n supporte. Donc il
est très important pour les pouvoirs publics contemporains de ne pas rester complément passif face à la
disparition des e/ses et qu'au contraire on doit fournir tout le soutien, l'aide juridique, logistique, judiciaire
nécéssaire pour que ces e/ses à chaque fois que c'e st possible continuent leurs activités, bien évidemment en
payant leurs créanciers, fournisseurs et salariés.
➥Évolution historique du droit des entreprises en dif cultés
*DROIT ROMAIN:C'e st un ancêtre du droit franç[Link] est extrêmement brutal face au cmt en faillite.
Si un cmt ne peut plus faire face à ses créances, on lui donne jusqu'à 60j de délai, si au delà de ce délai il paye pas ses
créances on passe directement à la répression la plus brutale parce que c'était considéré comme un crime
impardonnable, on lui vend ses biens, s'ils ne suf sent pas, le cmt est vendu en tant qu'e sclave a n de pouvoir payer
ses créanciers, s'il est trop vieux et personne n'e n veut de lui, il est mis à mort.
*DROIT MUSULMAN:Ce droit présentait un aspect plus moderne que le droit romain face au cmt en faillite. Il
avait comme objectif de rétablir l'o rdre eco sans rechercher la punition systématique du cmt. Ainsi, il assurait au
failli et sa famille une portion minimum des revenus de la liquidation.
Ses principales règles sont:
*CATEGORISATION DE LA FAILLITE en fonction de la responsabilité du failli: faillite simple, par négligence ou
imprudence, frauduleuse
*LA REPONSE REPRESSIVE n'était pas systématique mais en fonction de la bonne ou mauvaise foi du débiteur, la
responsabilité du débiteur était prise en considération.
*L'EMPRISONNEMENT était réser vé aux débiteurs rebelles qui utilisaient la faillite pour se dérober à leurs
cré[Link] débiteurs de bonne foi étaient uniquement mis sous tutelle.
*ORGANISATION D'UNE SITUATION JURIDIQUE PARTICULIÈRE DU FAILLI avec application des règles spéciales, le failli
perd la libre disposition de ses biens, mis sous tutelle jusqu'à liquidation et perd la capacité juridique de manière
temporaire.
*DESIGNATION D'UN MANDATAIRE par le cadi a n d'o rganiser au mieux la liquidation des biens du débiteur.
➥Grandes étapes de l'évolution du droit marocain des e/ses en dif cultés:
+AVANT LE PROTECTORAT:(AVANT 12AOUT1913) Application du droit musulman. C'e st le cadi qui gérait les biens du
commerçant, le mettait sous tutelle, liquidait les biens et essayait de payer les créances.
+PERIODE DU PROTECTORAT:(PREMIER CC DU 12AOUT1913)
Réglementation à travers procédures:la procédure de faillite proprement dite et la procédure de
liquidation.L'o bjectif est le même c'e st liquider l'e /se en dif culté et payer les créanciers ainsi que punir les chefs d'e /
ses.
L'ancien droit avait une approche purement juridique et répressive.
+LE CC DE 1996:
Changement terminologique:Dif culté au lieu de faillite.
on entend dans *faillite* le verbe faillir qui signi e échouer ce qui conduit à la condamnation du chef d'e /se a la n,
alors que la dif culté on peut la surmonter, on peut continuer et redevenir rentable "l'idée de continuité".
APPORTS DU CC DE 1996:
*Rapidité d'inter vention
*Inter venir vigoureusement avant même la cp. Amener une réaction rapide du débiteur, l'inciter a avoir recours au
juge au plus vite pour trouver une solution sans inquiétudes techniques amiables de règlement des dif cultés.
*Incitation et protection des créanciers. La protection qui est la meilleure information des créanciers