Fragmentation IP : IPv4 et IPv6
Fragmentation IP : IPv4 et IPv6
Université de Carthage
Projet Réseaux IP
Spécialité : Réseaux Informatiques et Télécommunications
Niveau : 3ème Année
___________________________________________________
La Fragmentation IP :
IPv4 & IPv6
___________________________________________________________
Réalisé par :
Yosr Attia
Selim Soussi
Mohamed Amine Achour
Enseignant :
Mr Kamel Karoui
Année Universitaire : 2024-2025
Remerciements
Nous tenons à dédier ce travail à tous ceux qui nous ont soutenus et encouragés depuis le début de notre parcours. Tout d'abord, à nos parents, qui ont fait d'innom-
brables sacrifices pour nous aider à grandir et à devenir la meilleure version de nous-mêmes. Merci pour votre présence, votre dévouement, et tout ce que vous avez in-
Nous adressons également nos sincères remerciements à nos amis proches, qui ont toujours été à nos côtés. Merci de croire en nous, de nous encourager sans relâche, et
Enfin, à notre professeur, un immense merci pour les précieux conseils, les encouragements et l’accompagnement dont vous nous avez fait bénéficier tout au long de
notre chemin.
Liste des figures
Introduction...................................................................................................................................8
1. IPv4.........................................................................................................................................9
2 IPv6.......................................................................................................................................14
3 Fragmentation......................................................................................................................21
5
3.5.4 Découverte de la PMTU :..................................................................................................30
Conclusion....................................................................................................................................32
Bibliographie..........................................................……………………………………………….…………33
Introduction
Dans un contexte où les réseaux informatiques sont devenus essentiels pour la communication mondiale, le Protocole Internet (IP) se distingue comme un pilier
fondamental, facilitant l'échange de données entre des systèmes interconnectés. IP, conçu pour les réseaux à commutation de paquets, permet le transfert de blocs
de données appelés "datagrammes" d'un hôte source à un hôte de destination, chacun identifié par une adresse de longueur fixe. Cependant, lorsque la taille d’un
datagramme dépasse la capacité de transmission d’un réseau intermédiaire, il devient nécessaire de le fragmenter en plus petites portions pour en assurer la livrai-
son. Cette fragmentation, suivie de la réassemblage des fragments à la destination, est un mécanisme essentiel, d'autant plus important avec la cohabitation des
Ce projet vise à explorer et à analyser en détail le processus de fragmentation dans IPv4 et IPv6, en identifiant les différences clés entre ces deux versions, leurs
implications sur les performances réseau, et les défis qu'elles posent. En comprenant ce processus fondamental, nous visons à mettre en lumière les solutions ap-
portées par chaque version d'IP pour optimiser la transmission des données au sein des réseaux modernes.
Partie Théorique
1. IPv4
6
1.1 Définition :
IPv4 tout simplement désigne Internet Protocol Version 4. C’est le protocole le plus souvent employé pour identifier les ordinateurs sur un réseau. L’adressage
IPv4 est de 32 bits. Les adresses de chaque appareil sont octroyées avec quatre entiers séparés par des points, par exemple, [Link]. Ce numéro donne les
informations nécessaires pour la connexion des données d'un appareil à un autre sur Internet. L'IPv4 était la première mise en œuvre principale et a été utilisée en
Version : Un champ de 4 bits qui indique la version d’IP utilisée. Il est toujours égal à 4 pour l’IPv4.
Length (longueur) : Ce champ de 4 bits détermine le nombre de mots de 32 bits constitutifs de l’en-tête IPv4. Ce champ est nécessaire afin d’identifier la fin de
Type of service (Type de service) : Ce champ de 8 bits permet de distinguer différentes qualités de service, influençant la façon dont les paquets sont traités. Il
est constitué de 3 bits de priorité (offrant ainsi 8 niveaux) et de trois indicateurs qui permettent de différencier le débit, le délai ou la fiabilité.
D: Delay
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T: Throughput (débit)
R: Reliability (fiabilité)
Total length (Longueur Totale): Ce champ de 16 bits indique la longueur totale du datagramme en octets incluant l’entête et les données.
Identification : Numéro permettant d'identifier les fragments d'un même datagramme. Ce champ de 16 bits est nécessaire pour le réassemblage. Étant donné que
les segments dans la couche transport sont subdivisés en plusieurs datagrammes IP, l’identificateur permet de réordonner les paquets à l’arrivée à la station de des-
tination.
Flags (3bits) :
O D M
D : signifie "Don’t Fragment" (ne pas fragmenter). Ce bit indique si la fragmentation est autorisée. Si un datagramme qui doit être fragmenté a le flag D positionné
M : signifie "More Fragments" (plus de fragments). Lorsque ce bit est positionné à 1, cela signifie que le paquet est un fragment et que d’autres fragments sui-
vront. S’il est à 0, soit le fragment est le dernier (dans ce cas, l'offset de fragment est différent de 0), soit le datagramme n'a pas été fragmenté.
Fragment Offset (Position relative) : Ce champ de 13 bits indique la position du fragment par rapport au paquet d'origine, en nombre de mots de 8 octets. Une
Time to Live (Longueur de vie) : Ce champ de 8 bits indique la durée de vie d’un datagramme dans le réseau. Il est fixé au départ et décrémenté par les routeurs
intermédiaires. Lorsque le TTL atteint la valeur 0, le datagramme est éliminé du réseau. Le TTL est utilisé en termes de compteur de nombre de sauts maximaux
qu’un datagramme doit traverser. A chaque saut ce nombre est décrémenté de 1 à chaque traversée de routeur.
Protocol: Le champ Protocole est codé sur 8 bits et représente le type de données qui se trouve derrière l’entête IP. Ce champ peut avoir les valeurs suivantes:
8
Valeur Protocole
0 Reserve
1 ICMP
2 IGMP
3 GGP
6 TCP
8 EGP
9 IGP
17 UDP
Header Checksum (Somme de contrôle) : Ce champ de 16 bits représente le complément à un de la somme de tout le contenu de l'en-tête, permettant ainsi de
détecter les erreurs de transfert. Si la somme de contrôle est incorrecte, le paquet est simplement rejeté sans qu'aucun message d'erreur ne soit envoyé.
Source Address: Ce champ, codé sur 32 bits, correspond à l'adresse IP source. Il est constitué de 4 octets qui forment l'adresse au format A.B.C.D.
Destination Address: Ce champ est codé sur 32 bits et représente l'adresse IP de destination. Il est constitué de 4 octets qui forment l'adresse A.B.C.D.
Options : Le champ Options est codé entre 0 et 40 octets. Il n’est pas obligatoire.
Simplicité et stabilité : IPv4 est largement compris et pris en charge par la plupart des systèmes, applications et équipements réseau. Sa structure simple facilite
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Compatibilité universelle : Pratiquement tous les réseaux, appareils et protocoles de sécurité sont conçus pour fonctionner avec IPv4, garantissant ainsi une large
Facilité de configuration : Grâce à des protocoles comme le DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol), IPv4 rend l'attribution automatique des adresses IP
plus simple, ce qui facilite la gestion des réseaux, en particulier pour les réseaux locaux.
Espace d'adressage limité : IPv4 utilise des adresses de 32 bits, permettant ainsi d'avoir environ 4,3 milliards d'adresses uniques. Cependant, avec la croissance
rapide d'Internet et l'augmentation du nombre d'appareils connectés, cet espace d'adressage est devenu insuffisant, entraînant une pénurie d'adresses IP disponibles.
Nécessité de NAT (Network Address Translation) : Pour remédier au manque d'adresses, le NAT est fréquemment utilisé pour permettre à plusieurs appareils
d'un réseau privé de partager une seule adresse IP publique. Bien que cela soit pratique, le NAT complique la configuration des réseaux, impacte la performance et
peut restreindre certaines applications ou services, en particulier ceux qui nécessitent des connexions directes entre les appareils.
Sécurité intégrée limitée : IPv4 ne comprend pas de mécanismes de sécurité au niveau du protocole, ce qui implique la nécessité d'ajouter des protocoles supplé-
Fragmentation complexe : IPv4 comprend un mécanisme de fragmentation qui permet de diviser les paquets trop volumineux, mais cela complique le traitement
et peut diminuer l'efficacité de la transmission des données. Dans IPv6, la fragmentation est simplifiée, ce qui améliore les performances
Gestion limitée de la qualité de service (QoS) : IPv4 dispose de peu de champs pour indiquer les priorités de QoS, ce qui restreint les options d'optimisation du
routage des paquets pour certains types de trafic, tels que la voix sur IP (VoIP) ou la vidéo.
2 IPv6
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2.1 Définition :
L'IPv6, ou Internet Protocol Version 6, est la version la plus récente du protocole utilisé pour identifier les appareils sur un réseau. Les adresses IPv6 mesurent 128
bits et sont composées de huit groupes de quatre chiffres hexadécimaux, séparés par des deux-points (comme 2001:0db8:85a3:0000:0000:8a2e:0370:7334). Cela
permet d'attribuer une adresse unique à chaque appareil. Grâce à cette adresse, les données peuvent circuler efficacement d'un appareil à un autre sur Internet,
même avec l'augmentation constante du nombre d'appareils. L'IPv6 a été conçu pour pallier l'épuisement des adresses IPv4 tout en offrant des améliorations en
Traffic Class (Priorité) : Ce champ de 4 bits permet aux nœuds sources et/ou aux routeurs de distinguer et de traiter les paquets en fonction du type de flux trans-
porté.
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Flow label (Étiquette de flux) : Ce champ expérimental de 20 bits permet à une source de désigner une série de datagrammes IPv6 nécessitant un traitement par-
ticulier par les routeurs, comme une qualité de service améliorée. Son utilisation n'est pas obligatoire ; si un hôte ou un routeur choisit de ne pas l'utiliser, il lui suf-
Payload Length (16 bits) : Le champ Longueur des données est un entier sur 16 bits, qui correspond à la charge utile du datagramme. Le contenu du data-
gramme est constitué de tout ce qui suit l’en-tête de base, c’est-à-dire le contenu transporté lui-même, mais aussi tous champs des en-têtes d’extension.
Next Header (Prochaine entête) (8 bits) : Dans l'en-tête IPv6, il est spécifié le type de l'en-tête qui suit l'en-tête principal, de manière similaire à ce que fait le
champ Protocol dans IPv4. Cela permet d'identifier quel protocole, comme TCP, UDP ou un en-tête d'extension IPv6, doit être traité ensuite.
Hop limit : Ce champ de 8 bits, tout comme dans IPv4, est utilisé pour fixer une durée de vie au datagramme. Ce champ contient une valeur qui sera décrémentée
de 1 à chaque passage dans un routeur. Ce champ correspond au TTL (Time To Live) utilisé dans IPv4. Lorsque ce champ arrive à 0, le datagramme est détruit.
Source Address : C’est l’adresse de l’émetteur. Elle est de longueur 128 bits.
Destination Address: C’est l’adresse du destinataire. Elle est de longueur 128 bits.
Les extensions d'IPv6 prolongent l'en-tête IP de base. À l'exception de l'extension Hop-by-Hop, qui doit être traitée par tous les routeurs intermédiaires, les autres
extensions sont uniquement lues par les appareils destinataires. Chaque extension a une longueur multiple de 8 octets et commence par un champ "Next Header"
indiquant le type de données suivant, soit une autre extension, soit un protocole de niveau supérieur. Les extensions de longueur variable doivent spécifier leur
taille en unités de 8 octets, sans inclure le premier mot. L'ordre recommandé des extensions est le suivant :
– En-tête de destination
– En-tête de routage
– En-tête de fragmentation
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– En-tête d'authentification
Ta- bleau
Protocole Valeur Extension Valeur
3: Ex-
ten- sions
TCP 6 Hop by Hop 0
de l’en-
tête IPv6
EGP 8 Routage 43
IGP 9 Fragmentation 44
Fi- gure 3
UDP 17 Confidentialité 50
: Ex- ten-
sions des
RSVP 46 Authentification 51
en- têtes
Hop- by-
exten- sion
reste en tête et est examinée par tous les routeurs qu'elle traverse. Elle comprend des options que chaque nœud sur le chemin doit prendre en compte. Les deux
premiers bits de l'option déterminent la réaction du routeur face à une option inconnue :
– 10 : Le routeur rejette le paquet et envoie un message ICMPv6, peu importe l'adresse de destination.
– 11 : Le routeur rejette le paquet et envoie un message ICMPv6, sauf si l'adresse de destination est une adresse multicast.
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L’en-tête Destination : Cette extension comprend un champ Next Header, un champ de longueur de l'extension (en unités de 64 bits, sans compter le premier),
ainsi que des options. Ces options sont exclusivement traitées par l'équipement destinataire. Actuellement, elles incluent des options de bourrage, de mobilité et de
L’en-tête Routage par la source : Cette extension permet à un datagramme de suivre un chemin spécifique, distinct des routes par défaut du réseau. IPv6 ne
prend en charge que le routage par la source de type libéral, où les routeurs peuvent se servir de leurs tables de routage pour atteindre le prochain relais. L'émetteur
inscrit l'adresse du premier relais dans le champ de destination, tandis que la liste des autres relais et du destinataire est incluse dans l'extension. Chaque routeur
remplace son adresse par celle du prochain relais avant de transmettre le datagramme.
L’en-tête Fragmentation :
En IPv4, la fragmentation permet d’adapter la taille des datagrammes aux limitations des liens réseau en les découpant. Cependant, cette méthode est inefficace,
car les fragments peuvent emprunter des chemins différents, obligeant le destinataire à les réassembler. De plus, la perte d'un fragment entraîne la réémission com-
plète du datagramme. IPv6 évite ces inconvénients en confiant la fragmentation à l’émetteur et le réassemblage au récepteur, en utilisant la découverte du MTU
(Maximum Transmission Unit) pour réduire la charge des routeurs intermédiaires. Les champs de l'extension de fragmentation en IPv6 sont similaires à ceux
d'IPv4.
L’En-tête Authentification : Deux extensions de sécurité sont dans IPv6 : les extensions d’authentification AH (Authentication Header) et de confidentialité ESP
Au début des années 90, l'IETF a développé IPv6 pour remplacer IPv4, en introduisant plusieurs améliorations :
Espace d'adressage : IPv6 utilise des adresses de 128 bits, offrant un nombre presque illimité d'adresses.
Suppression de la traduction d'adresses : IPv6 élimine la nécessité de partager des adresses IP.
Simplification des en-têtes : Le format simplifié améliore les performances des routeurs, et le champ de contrôle d'erreur a été supprimé, rendant le
En-têtes fixes : Une taille constante de 40 octets permet un traitement rapide par les routeurs.
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Extensions d'en-têtes : Les options sont déplacées vers des en-têtes d'extension, ce qui les rend faciles à ignorer pour les routeurs intermédiaires.
MTU standard minimale : Fixée à 1 280 octets, elle permet le tunnelage IPv6 tout en étant compatible avec les MTU courants, comme 1 500 octets
pour Ethernet.
Fragmentation déplacée : Elle est gérée par l'émetteur plutôt que par les routeurs, grâce à la découverte du PMTU, évitant ainsi la fragmentation in-
termédiaire.
La fragmentation en IPv6 et l'ajout d'extensions d'en-tête rendent le transfert des paquets plus vulnérable. De nombreux nœuds intermédiaires ne respectent pas le
principe de "bout en bout" et peuvent supprimer des paquets atypiques, ce qui augmente le risque d'échec de livraison. La découverte de la PMTU et la
3 Fragmentation
3.1 Introduction :
Au fil de la mise en réseau, chaque protocole, chaque technologie et chaque lien a ses spécificités. Ne pas le considérer constitue une erreur assez courante et c’est
la capacité de chaque technologie à une seule fois transmettre un certain volume d’informations qui est appelé MTU ou la taille maximale d’une unité de
transmission.
En ce qui concerne la transmission sur Internet ou sur des paquets de données, il est opportun de parler de ce qui limite chaque paquet à une taille définie. Mais
selon la route sur laquelle ce paquet se trouve dans le réseau, il peut passer par différents types de liaisons avec des MTU différentes. La valeur standard du MTU
Le défi est donc le suivant : comment une source peut-elle envoyer un paquet à une destination lorsque le paquet est trop gros pour le transmettre sur
l’une des liaisons intermédiaires ? C’est ici que la fragmentation et le réassemblage entrent en jeu. Ces mécanismes garantissent que lors de l'envoi de paquets
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trop grands, ils sont d'abord divisés en morceaux plus petits qui peuvent être transportés sur des connexions qui ont une MTU inférieure, et il en est de même à la
réception au point final. La fragmentation et le réassemblage sont respectivement des fonctions du niveau réseau, contribuant à l’intégrité et à la cohérence des
3.2 Définition :
Lorsqu'un hôte transmet un paquet IP sur un réseau, sa taille ne doit pas dépasser la limite maximale de ce réseau local donné. L'une de ces limitations est donnée
par le MTU (Unité de transmission maximale) attribuée à la liaison de données et à la portée du réseau IP, qui est généralement la même.
Pour Ethernet, une valeur typique de MTU supportée dans un bureau, un réseau de campus ou un centre de données sera de 1500 octets.
Cependant, les paquets qui sont envoyés sur un certain réseau qui est connu pour supporter un certain MTU, peuvent se retrouver dans la situation d'être
acheminés sur un autre réseau avec un MTU beaucoup plus bas. Dans de telles circonstances, où un MTU inférieur à celui du paquet de livraison est ciblé, la
fragmentation d'un paquet doit être effectuée lorsque cela est possible.
Ils sont donc encapsulés dans de nouveaux paquets (fragments) d'une taille égale ou inférieure au MTU inférieur ciblé. Ce processus est connu sous le nom de
fragmentation. Les informations contenues dans les fragments sont dans la plupart des cas ordonnées à l'arrivée à destination.
La fragmentation permet aux protocoles de transport d'ignorer la topologie particulière du réseau, réduisant ainsi les coûts. Elle permet aux protocoles IP et de
couche supérieure de fonctionner sur des réseaux divers sans avoir besoin de protocole de découverte compliqué pour les chemins.
[Link] Fragmentation :
La fragmentation en IPv4 est un mécanisme qui permet à un paquet de données de passer à travers des segments de réseau ayant une limite MTU inférieure à la
taille du paquet. Dans ces cas, la fragmentation devient nécessaire pour diviser le paquet original en plusieurs fragments de taille plus petite, qui peuvent ensuite
Lorsqu’un routeur constate qu’un paquet est trop volumineux pour être transmis sur une interface en raison d'une contrainte MTU, il le fragmente en plusieurs
morceaux. Chaque fragment sera alors suffisamment petit pour passer par l’interface sans problème. Ces fragments seront traités comme des paquets distincts
Quand le paquet est divisé en fragments, chaque fragment reçoit sa propre en-tête IPv4. Cette redondance d’en-têtes est essentielle pour que chaque fragment
puisse être acheminé indépendamment à travers le réseau jusqu’à sa destination finale. En d'autres termes, bien que le paquet soit fragmenté, chaque partie est
16
Cependant, cette duplication des en-têtes pour chaque fragment a des implications sur l’efficacité. Chaque en-tête IPv4 mesure 20 octets. Ainsi, en fragmentant un
paquet, on engendre un surcoût en bande passante, car ces 20 octets supplémentaires s’ajoutent pour chaque nouveau fragment. Si un paquet est divisé en plusieurs
fragments, cela peut entraîner une augmentation significative de la quantité de données à transmettre, ce qui réduit l’efficacité globale de la transmission.
La fragmentation successive en IPv4 ajoute une couche de complexité au processus de fragmentation. Lorsqu’un paquet a déjà été fragmenté par un routeur et
continue de circuler dans le réseau, il peut se retrouver sur un autre lien avec un MTU encore plus restrictif. Dans ce cas, le fragment peut être à nouveau divisé,
entraînant ainsi une fragmentation successive. Ce phénomène se produit lorsqu’un fragment déjà divisé est encore fragmenté en morceaux plus petits.
À chaque fragmentation successive, le risque d'erreur s'accroît. Si un seul fragment est perdu ou endommagé durant le transport, l'ensemble du paquet doit être
renvoyé, ce qui peut entraîner des retards et une baisse de performance. De plus, les fragments demandent des ressources supplémentaires pour leur traitement, ce
[Link] Réassemblage :
Le processus de réassemblage est une étape essentielle qui suit la fragmentation. Il se déroule sur la machine destinataire et a pour but de reconstituer le paquet
original à partir des fragments reçus. Lorsque ces fragments arrivent, la destination doit les rassembler pour former à nouveau le paquet initial. Les informations
présentes dans l'en-tête de chaque fragment, notamment l'offset, jouent un rôle crucial à ce stade. L'offset indique la position relative du fragment dans le paquet
original, ce qui permet à la machine réceptrice de savoir où insérer chaque fragment pour effectuer la reconstruction.
Les fragments peuvent arriver à des moments différents et dans un ordre aléatoire. Par conséquent, la machine réceptrice doit conserver en mémoire les fragments
reçus jusqu'à ce que tous les fragments nécessaires soient disponibles. Cela nécessite également que la machine identifie quels fragments appartiennent au même
paquet original. Pour cela, elle se sert des champs d'identification, d'adresse source et d'adresse de destination présents dans les en-têtes IPv4 des fragments.
Une fois que tous les fragments d’un paquet ont été reçus, la machine destinataire utilise l’offset de chaque fragment pour les positionner correctement et
reconstruire le paquet original. Lorsque le paquet est entièrement reconstitué, il est traité comme n’importe quel autre paquet non fragmenté. Cependant, si un ou
plusieurs fragments d’un paquet n’arrivent pas à destination dans un certain délai, la machine réceptrice peut choisir d’abandonner le réassemblage de ce paquet.
Dans ce cas, tous les fragments déjà reçus pour ce paquet sont généralement supprimés afin de libérer de la mémoire.
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3.4.2 Champs liés à la fragmentation IPv4 :
Le processus de fragmentation et de réassemblage implique plusieurs champs d’en-tête IP qui sont divisés en morceaux/fragments comme suit :
Longueur d'en-tête IPv4 : Cette valeur varie en fonction des champs d'options et de remplissage. La valeur minimale de ce champ est 5 (c.-à-d., 5 x 32 = 160 bits
Longueur totale : Sa valeur minimale est de 20 octets (un en-tête de 20 octets + 0 octet de données) et sa valeur maximale est de 65 535 octets.
Somme de contrôle : La somme de contrôle de l'en-tête est recalculée et comparée à la valeur contenue dans le champ de somme de contrôle. Si les valeurs ne
Le paquet IPv4 utilise les champs suivants pour suivre les fragments :
Identification : permet à la destination de distinguer les fragments de différents paquets (provenant de la même source).
Fanions ou indicateurs (Flags) : ce champ de 3 bits indique comment le paquet est fragmenté. Il est utilisé avec les champs de décalage du fragment et
Le fanion Don’t Fragment (DF) : indique de ne pas fragmenter (0 ou 1). Un routeur qui reçoit un paquet réseau plus grand que le MTU suivant avec
un drapeau Don’t Fragment (DF) à 1 va détruire le paquet. Dans ce cas, des erreurs doivent être envoyées à l’expéditeur, comme une erreur ICMP de
Le fanion More Fragments (MF) : lorsqu’il est positionné à 1, tous les bits de ce champ du dernier paquet IP seront mis à 0, exactement comme
La position relative (offset de fragment) est un champ de 13 bits qui indique où se situe le fragment par rapport au paquet original. Par exemple, un offset de "8"
signifie que le fragment commence 8 octets après le début du paquet original, tandis qu'un offset de "1024" indique qu'il commence 1024 octets après. Cet offset
est utile car les différents fragments d'un paquet peuvent suivre des chemins variés à travers le réseau, entraînant des délais différents. Par conséquent, ces
fragments peuvent arriver à destination dans un ordre différent de celui dans lequel ils ont été fragmentés. L'offset permet à la machine réceptrice de reconstituer
correctement l'ordre des fragments et de les placer au bon endroit lors du réassemblage.
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Figure 7 : Champs intervenant dans la fragmentation
Le principe de la fragmentation consiste à diviser un paquet IPv6 en plusieurs fragments afin de respecter la taille maximale autorisée. Ces fragments sont ensuite
envoyés et acheminés vers leur destination comme n'importe quel autre paquet IP. Le paquet IPv6 initial est donc découpé en plusieurs morceaux. Le premier
fragment contient l'en-tête IPv6, accompagné d'une extension de fragmentation. Les fragments suivants conservent l'en-tête du paquet original et incluent
également l'extension de fragmentation. À l'arrivée, l'hôte destinataire est responsable de rassembler ces fragments pour reconstituer le paquet IP original, le
19
Figure 8: Fragmentation d’un paquet IPv6
Lorsqu'il y a une fragmentation, des problèmes se posent concernant l'identification d'un fragment et sa position relative. L'identification du fragment cherche à ré-
pondre à la question que pourrait se poser la destination : à quel paquet appartient-il ? Ce type d'information sera inclus dans l'extension de fragmentation de l'en-
tête IPv6, qui est identifiée par le code d'en-tête 44. L'extension de fragmentation comprend trois champs de contrôle :
Le champ Fragment offset indique, lors du réassemblage, où placer le fragment dans le datagramme initial. L'unité de comptage est 8 octets. Aussi, la
taille de tous les fragments, sauf le dernier, doit être multiple de 8 octets.
Le bit M (More Fragments) vaut 1 lorsqu'il indique qu'il y aura d'autres fragments. Seul le dernier fragment aura ce bit à zéro.
Le champ identification est utilisé pour identifier tous les fragments d'un même paquet initial. La valeur est différente pour chaque paquet et elle est re-
La fragmentation est permise en IPv4 au niveau des routeurs intermédiaires, leur donnant ainsi la possibilité de transmettre un paquet, même s'il est
de taille supérieure à la MTU du lien suivant.
En IPv6, avec la découverte de la PMTU, les routeurs intermédiaires n'ont plus besoin de fragmenter les paquets. Si la fragmentation est toujours né-
cessaire, elle est réservée aux hôtes.
La fragmentation en IPv6 et l'ajout d'extensions d'en-tête rendent le transfert des paquets plus vulnérable. De nombreux nœuds intermédiaires ne respectent pas le
principe de "bout en bout" et peuvent supprimer des paquets atypiques, ce qui augmente le risque d'échec de livraison. La découverte de la PMTU et la fragmenta-
20
3.5.3 Path Maximum Transmission Unit :
Un paquet IP peut être amené à passer par différents systèmes de transmission, chacun ayant une MTU distincte. Pour atteindre sa destination, le paquet doit donc
avoir une taille qui ne dépasse pas la plus petite taille autorisée par tous les liens qu'il traverse. Cette taille est connue sous le nom de PMTU (Path Maximum
Transmission Unit) ou taille de la MTU sur le chemin entre deux hôtes. En d'autres termes, la PMTU représente l'unité de transmission maximale sur le parcours.
Elle détermine la taille maximale du paquet pour parvenir à l'hôte de destination sans jamais dépasser la MTU de chaque lien traversé. Ainsi, un paquet envoyé à
la taille PMTU de son chemin n'aura pas de problème d'acheminement dû à l'incapacité d'encapsuler ce paquet dans une trame à un moment donné de son par-
cours.
Dans un souci d'efficacité, IPv6 fixe une valeur minimale standard pour la MTU à 1280 octets. Cette exigence vise à éviter qu'un lien avec une MTU plus faible
n'entraîne la transmission de petits paquets sur tous les chemins utilisant ce lien. Si un support de transmission utilise des trames de taille inférieure à 1280 octets,
il est nécessaire d'implémenter une couche d'adaptation pour que la MTU atteigne la valeur requise. L'établissement d'une taille minimale de MTU et l'interdiction
de la fragmentation par IPv6 constituent une nouveauté dans cette version du protocole.
La valeur de la PMTU n'est pas toujours connue lorsque l'on envoie un premier paquet vers une destination quelconque. L'émetteur suppose alors que la taille
maximale vers cette destination est identique à celle du support physique auquel il est connecté, c'est-à-dire la MTU du réseau d’accès. L'acheminement du paquet
IPv6 se fait normalement jusqu'au premier routeur qui rencontre une incompatibilité entre la taille du paquet à transmettre et la taille maximale autorisée sur le
système de transmission utilisé en sortie ; en d'autres termes, lorsque le paquet à transmettre dépasse la taille de la MTU fournie par le système de transmission.
Comme le routeur en IPv6 n'est pas capable de fragmenter, il ne peut pas traiter correctement le paquet. Le routeur rejette alors le paquet et informe l'émetteur par
un message de signalisation. Ce message utilise le protocole ICMPv6. Son but est d'informer sur le problème d'acheminement tout en indiquant la taille maximale
21
Figure 11 : Découverte de la PMTU
1. L'hôte source utilise sa propre MTU pour fragmenter le message, puis envoie ce message à l'hôte de destination.
2. Lorsqu'un dispositif de transfert intermédiaire reçoit le message et le transmet, s'il constate que la valeur MTU prise en charge par l'interface qui doit
transférer le message est inférieure à la longueur du message, il rejette ce message et renvoie un message d'erreur ICMPv6 à l'hôte source, qui contient la MTU de
3. Après avoir reçu le message d'erreur, l'hôte source utilise la MTU indiquée dans le message pour fragmenter et envoyer à nouveau le message.
4. Ce processus se répète jusqu'à ce que l'hôte de destination reçoive le message, déterminant ainsi la MTU minimale sur le chemin allant de l'hôte
Conclusion
La fragmentation IP est un mécanisme essentiel qui divise les paquets en fragments plus petits, permettant leur passage à travers des liaisons dont l’unité de
transmission maximale (MTU) est inférieure à la taille du paquet d'origine. Ce rapport a exploré en profondeur la fragmentation en IPv4 et en IPv6.
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Bibliographie
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fQ
IPv4 :[Link]
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Learning and working with large frames on IP networks: [Link]
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