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Zéros de la fonction Zeta de Riemann

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289

NOTE SUR LES ZI~ROS DE LA FONCTION ~'(s) DE RIEMANN

PAI~

J.-P. G R A 1VI
k COPENHA(~UE.

Le g6nie d'ABEL se manifesta non seulement dans la force gigantique


qu'fl stir appliquer pour approfondir les probl~mes qu'il prit pour objets
de ses recherches, mats aussi bien dans l'intuition remarquable qui lui fit
saisir pr6cisement ces probl~mes dont la solution devait conduire h des
r6sultats f6conds pour l'avenir. I1 ne dolt donc pas nous 6former de
trouver ABEL darts la liste des analystes qui ont prgpar6 la terre pour
la th6orie de la fonction Z6ta, une des plus remarquables acquisitions de
l'analyse moderne.
A la v6rit6 les Oeuvres d'ABEL renferment plusieurs mgmoires con-
cernant cette mati~re; surtout ceux qui pol~ent les numdros I I et I V
du Tome i, et I du Tome 2 de l'ddition nouvelle contiennent assez de
ehoses dignes d'int6r~t. Sans entrer ([ans des ddtails j e rappellerai parti-
euli~rement l'attention sur deux formules fondamentales qu'on y trouve.
La premiSre est l'6galit6 qui sous sa forme moderne s'derit comme suit:
00
f xS_1
(i) r(s)r = - - dx,
,2
o

sur laquelle ABEL est conduit en cherchant une expression des nombres
de BERNOULLI au moyen d'intdgrales d6finies. Comme on salt, c'est cette
int~grale que RIE~A~N a prise pour ddpart de sa thgorie gdn6rale et plus
Aeta m~Ium~ti~a. 27. Imprim~ le 14 janvier 1903. 37
290 J.-P. Gram.

tard feu M. HERMITE 1 montra comment on en peut ddduire une expression


qui conserve sa validit6 sur le plan tout enfier. I1 suffit de faire la

d6eomposition , f = j ' + f pour dtablir la formule gdndrale:


0 0 1

I i t~, ~ B:: i
F(s)~(s) + F-...
' s--i 2s ~ "s + I 4"s + 3

~-, -I}
( I -If- sIl~ + 2 (Ix)2 ~- "''
) d:r ~ 11 -~ I 2 ,
1

B1, B 3 , . . . ddsiffnant les nombres de BERNOULLI, I 1 et 12 les parties


correspondantes h chaque int6grale respectivement.
L'integrale (I) n'a aucun sens que quand la pal~ie r6elle de s surpasse
l'unit6 positive. Quand o < B ( s ) < I l'int6grale
l

I
reste finie e t a la valeur I~ En m&ne temps I ~ + - -s - - ~ veu~
S-- I
s eenre
/<i ex - I
) x '-~ dx,
1

doric

(I') /~(s)C(s) =

f(,
0
ex.~ I pour o < R ( s ) < t .

]~gulement
ao

l~(s)Cs) = ~ ~+ ..,, pour -- I < B ( 8 ) "Q~O,


--~- --I :C
0

etc.

Comptes rendus 1885, p. I I2.


Note sur les z6ros de la fonction ~(s) de I~iemann. 291
l~]videmment eette transposition simple qui nous u donn6 l'extension
de la formule (D est d'une plus grande portde. Appliqude h la fonction F(s)
elle nous donne:
oo

=f(c "- ( - - I < /~(S) < O),


0

c~

I"(S) - - - f ( e - - x - - I -4-i) Xs-I d'x (-- 2 </~(s) < ~ ~),


0

et ainsi de suite.
Une autre formule de grande vuleur pour ls thdorie de la fonction
Zdtu et qui tout-'~-fuit appartient h ABEL est la formule remurquable de
sommution qu'il 6crit ainsi:
c~J

r ~ dt 9(x + ti) - - g(x - - ti)


(H) X: ~ ( . ~ ) = f ~ ( x ) - - ~ ~(x) + 2JC2m .~.- i 2i
0

En posunt f ( x ) = x-~(s > I) et en prenant la somme de x ~ n h x = o,9,


on en dgduit
(n + I)-~ + (n + 2)-' + . . .

I J~ dt (n + t , ) - s - - ( n - - ti) - s

n
f X -s dx -- -.-'+
2 e ~trt - - i 2i
0

lu forme particuli~re de (II) qu'il runt uppliquer duns Is recherche de r


En outre, la valeur principale de cette formule consiste en ce qu'elle donne
le moyen pour dvaluer lu reste duns la formule gdndrale de sommation de
EULEI~ et )d[ACLAUItIN, qui fournit le procddd le plus expdditif pour le
caleul de ~'(s).
I1 ne semble done pus real 'h propos duns ee volume des A c t a
M a t h e m u t i c u , ddstin6 h honorer le nom immortel de ABEL, d'insdrer lu
note suivunte qui eel~uinement touche un des probl~mes les plus intrieats
du jour muis dont la m6thode se ruttuehe ussez 6troitement aux recherches
292 J.-P. Gram.

d'ABEL lui-m~me. Le m4moire qui suit a 4t4 prdsent6 a l'Acad4mie de


Copenhague le 7 fdvrier de cetfe annde et est ins4r4 duns le premier fascicule
du Bulletin de cette Acaddmie pore" I9O2.

Malgr6 les nombreuses 4tudes qui ont paru duns ces demi~res anndes sur
la fonetion r de I~IEMANN, la question de ses raeines imaginaires attend
toujours une solution. Les diffieultds qu'elle prgsente, et qui proviennent
de ce fair qu'on ne poss~de pas une expression pratique, explicite ou
implicite, pouvant ~re prise comme point de ddpart d'une dtude appro-
fondie gdn4rale de la dire fonction, ont 6t6 jusqu'ici presque insur-
montables.
Pour obtenir des r4sultats qui puissent au moins servir ~ donner des
renseignements utiles pour guider dans les recherches thdoriques, je me
suis oecup4 depuis quelque temps des ealculs numdriques dont le but
principal dtait de erder une table numdrique dormant les valeurs de la
fonction $(t) pour une sgrie de valeurs rdelles de l'arffument.
J'ai publid en I8951 les valeurs num4riques des coefficients qui
entrent duns les sdries reprdsentant les fonctions $ (t) et r et j'en ai tir4
quelques conclusions pr4alables sur les plus petites raciues a de $ ( t ) = o,
qui furent ddtermin6es ainsi:
a I = I4.135 , a 2 ~ 20.82, 6(~ ~ 25.I.

Mais quoique les coefficients eussent 4t4 calcul4s avec 16 ddcimales,


ce calcul ne suffit pus ~ ddtenniner les a avec une exactitude satisfaisante
pour des usages ultdrieurs. Afin d'obtenir au moins a~ plus correctement,
j'ai done repris le travail en eommen~ant par ealeuler direetement r ~ ,
(I)
C(-~), C ' ( ~ ) a v e e 28 d4eimales correetes. Cela m'a donn4 $ ( o ) e t $"(o)
F

et ensuite (D~ log $(t)),=0 avec la m~me approximation. Enfin j'ai calcul6
log $(it) pour t : + -2n
- +- - I n < 1 5 me proeurant ainsi le moven d'6tabhr
-- 2 ' '

une interpolation qui m'a donn4 successivemeht les coefficients supdrieurs

Note sur le calcul de la fonction $(s) de Riemann. Bulletin de l'Acad6mie de


Coponhague 1895, p. 303.
Note, zur los z6ros de la fonetion ~(s) de Riemann. 293
dans la sdrie de log,$(t). Pour la mdthode, je me bornerai h renvoyer
au m6moire cit6, le rdsultat obtenu fur la sdrie suivante:
- - log~ ~(t) = o . 6989' 2226" 7945'" 3314 *V1529 v8362 V~o2o4 w~8 x
-}- 2 3 i ' o 4 9 9 " 3 i i 5 ' " 4 1 8 9 r V 7 o 7 8 V 8 9 3 2 v 1 3 8 7 i v u 3 1 t~
-J- 1858" 6299'" 6426*v3484v 28 t4
+ 4"8o57'"977IIV3365v663 t6
-~- 165'" 7 5 7 9 1 v 2 0 0 6 v 2 3 5 t8
+ 64271v3282v993 t 1~
+ 262V4615v5724 v1 t 1=
+ I 129VO460vz5 t ~*
+ 4v9332vz2 t 16
-AV 220vi6 t is

M~is ces coefficients plus exacts ne permettent pas encore une d6ter-
ruination de a~ essentiellement meilleure que cello qui avait dtd obtenue
prdcddemment, soit parce qu'on ne pout pas se tier absolument aux deux
derniers chiffres des coefficients trouvds, soit parcequ'il serait ndcessaire
pour le calcul de a~ au moyen des fonctions symdtriques ~ a -2~ d'avoir
~ a -~" pour une valeur de n plus grande encore, ou au moins d'avoir une
connaissance provisoire des valeurs de as, % etc.
Cos difficultds m'ayant paru insurmontables h moins de caleuls immenses,
j'abandonnai cos recherches en espdrant qu'un autre trouverait quelque
mdthode pouvant servir soit au calcul des coefficients de $(t)soit all calcul
direct des raeines a. Mais, autant que jo sache, aucune mdthode de ce
genre n'a encore 6t6 publi6e.
Quant aux a, il me restait toujours h essayer de calculer directement
les racines de r autrement dit de d6terminer les valeurs de t
r6elles ou imaginaires qui donnent ~.(i + t i ) = o. Toutefois cette entre-
prise me sembla inutile parce que je doutais que la formule approximative
qu'il faudrait appliquer donnht des d6veloppements assez convergents pour
les calculs dont il s'agit ici. Ndanmoins l'automne dernier je me suis
ddeidd h faire cet essai, et j'ai dtd frappd de la facflitd avec laqueUe il a
rdussi. Certainement la ddtermination d'une racine a demande bien des
efforts, mais thdoriquement il n'y a pas de difficultd et la mdthode permet
29~ J . - P . Gram.

pour ainsi dire de calculer autant de racincs qu'on lc your, de facon h rendre
possible lc calcul de ~'(s) pour route valeur de s, pourvu que ce calcul
soit pratiquement exigible.
En partant de la ddfinition

~(s) = Lira n-'-- i~sz'


n=~o

la pattie rdelle de s dtant supposde > o, et en ealculant la somme ~ n - '


n
au moyen de la formule gdndrale de sommation, on obtient la formule
eoIlnU~3:
n
(I) ~F"(8) = Z$'/'--' nl--s I n--s "Jl- S
1 I -- S 2 1-12 Bin-'-1
s(s + i)(s + 2)=.tcJ~ ,-~
+ 9 9 I ~

I .2.3. 4

B1, Bz . . . . reprdsentant les nombres de BEIINOULLt. Cette formule est


gdn6ralement semiconvergente, et donne pour s rdelle uric exactitude
d'autant plus grande que n est supposd plus grand. Par exemple n = 2o
donne ~'(~)correctement avee plus de 3~ ddcimales.
Mais comment se comporte cette formule pour des valeurs complexes
de s?
En l'dcrivant sous la forme

~'(s) = Z n - ' ~ n - ' + 2 , + R ,


1

on volt qu'il s'agit en premier lieu d'estimer la grandeur du reste R, ell

R -= -- (s + I)(s + 2) (s+ I)(s+2) (s + 3)(s + 4)Bo


3.4.n ~ "- .... S.~6:n' - ~

Considdrons sdpardment les facteurs

A1 __ (s + x)(s + 2) (s + 3)(s + 4) etc.,


3 94 9n' ' A~ = w 5 96. n ~

dent l"mtroductt'on permet d'dcrirc:


R = A,B~ + A,A~13~ + AIA=A.~B 7 + . . . ,
Note sur les z6ros de la fonction ~(s) de Riemann. 295
et posons: s : ~ + yi. Alors on obtient:

,(
y' + ~-- x + 2v-- ;)'--iy(2x + 4~-- l)
(2v + I)(2v + 2)n"

I1 est 6vident qu'on pourra toujours choisir pour n u n nombre si


grand que les premiers A auront leurs parties rdelles comme leurs parties
imaginaires 6gales h des fractions propres, et que les produits sueeessifs
des m6mes A formeront alors une sdrie ddcroissante.
La propri6t6 caract6ristique des s6ries semiconvergentes subsiste donc
pour la s6rie B e t par eonsdquent aussi pour la sdrie qui repr6sente ~'(s).
Dans le cas actuel il s'agit de calculer la valeur de ~'(~ + ti).
I
Pour x = 2 , Y = t , on ~:

(t' + 4) - - 4~' - - 4~ti


AV (2v + i)(2~, + 2)~' '

d'oh, cn posant t 2 + ~ I ~--- T:

( T - - 4) - - 4ti
A 1 ~-~ 3.4.n* '
A~ ( T - - 16) - - 8ti
: 5 96'n~

As ( T - - 36) - - i2ti
---~ 7.8. n' etc.

La formule ddfinitive sera alors:


n 1 1

X In + 2nti i i + 2ti (B~ + A~B, + A~A2B ~ + . . . ) ]


_ '1' ~ 2 4n
= c'(t) + i s ( t ) ,

en d6signant respectivement par C(t) et S(t) la partie rdelle et la partie


imaginaire.
296 J.-P. Gram.

Pour caleuler au moyen de (2)~'(~ + ti)avec au moins 7 d6cimales


eorrectes, il suffit de prendre n = 20, quand t n e surpasse pas 50. Afin
d'appliquer cette formule au calcul des racines a, on commence par dresser
une petite table des valeurs successives de /*(2 + tit,,, pour voir s'il y aura
des valeurs de t qui semblent pouvoir annuler simultandment C(t) et S(t).
Ayant trouv6 ainsi des limites assez vagues, on a en premier lieu h cal-
culer ~" pour quelques valeurs interm6diaires telles qu'on puisse obtenir par
interpolation lin6aire une approximation meilleure 5 la racine cherchde.
En se servant des tables logarithmiques h 5 ddcimales on peut obtenir au
moins 4 ddcimales correctes de a. Et si l'on avait trouvd qu'une a est
situ6e entre deux valeurs t~ et t~ ne diffdrant que par I o -4, un calcul
rditdrd avec 7 ddeimales donnerait les deux chiffres suivants presque exacte-
merit, h moins que l'aceumulation des fautes dans les derniers chiffres ne
s'y opposer. Quant aux valeurs maxima de C(t) et de S(t) elles ne s'dl6vent
qu'~ peu d'unit6s.
On trouve par ex.:

~'(~ + ,4. I347 0 = + o.ooooo33 - - o . o o o o 1 9 9 i

,(~ + I4. i 348i) = --o.ooooo92 + o.oooo587i,


et si l'on pose al ---- 14.I347 + k . IO-4, on trouve par interpolation:

k l - - 33 - - 0 . 2 6 4 ; ks I99 0.253.
12 5 = ~ =

De ees deux valeurs de la correction, ks est la meitleure; un calcul


fair avec 8 ddcimales m'a donnd a~ =- I4.1347 o 51 ; m a i s le dernier ehiffre
est doufeux.
Comme on le volt, la d6termination d'une racine exige certainement
bien des calculs, mais grgce h l'aide qu'a bien voulu me prater M. H. S.
I~IrLSEN pour le ealcul final, je suis parvenu h ddterminer les I o premibres
racines de l'dquation ~ ( t ) = o, dont voiei les valeurs en 8 chiffres:
Note sur les z6ros de la fonction ( ( s ) de Riemann. 297
a~ = I 4 . X 3 4 7 2 5
~ m~ 2 1 . 0 2 2 0 4 0
a3 = 2 5 - o I o 8 5 6
a4 = 3 0 . 4 2 4 8 7 8
a~ = 3 2 . 9 3 5 0 5 7
a6 - ~ 3 7 . 5 8 6 1 7 6
az = 4 o . 9 1 8 7 2 o
as ---~43.327o73
a9 = 4 8 . o o 5 1 5 o
a~0=49.773832
Le dernier chiffre seulement est un peu incertain; du reste la d6ter-
ruination double au moyen de C(t) et de S(t) donne une bonne preuve
du ealcul. Les racines trouvges sent routes celles qui sent inf6rieures h 50;
les plus proches seront d'environ les valeurs suivantes:

all ~ 52 .8 , a12 = 5 6 . 4 , a13 = 59-4 , a14 = 61 . o , als = 65 .o.

Elles fournissent un eontr61e au ealcul des coefficients de log $(t)


donngs plus haut. Car on trouve respectivement:
10 o0

~ a ; -1~ ---- 158zv7693ro ~*t712 = I58Ir7693 r4344,


1 ' 1

10

~a71"-----
1
79o3V326i vl, ~a~-l* = 79o3r3223r*5,
1

~l oa -le = 39r4647r~I6, ~ a -16 ~ 39v4657 r%,


1 1

d'ofi l'on peut inf~rer que les coefficients de log ~(t)dorm,s plus haut sont
corrects aux deux derniers chiffres pros.
On peut eonelure de notre calcul que les quinze premibres raeines de
~(t) = o sont r6elles, sans quoi, leurs par~ies imaginaires seraient tr~s in-
signifiantes. Que ees racines sont v6ritablement r~elles, e'est ce que nous
prouverons ei-dessous. On ne voit pas de raison pour que les racines
suivantes se eomporteraient autrement. En plus des renseignements que le
A c ~ mathgmaNext. 27. I m p r i m ~ le 12 j a n v i e r 1903. 38
298 J.-P. Gram.

/t \
ealeul aehev~ nl'a fournis sur la variation de la fonction ~ ' ~ + t i ) , i l rend
aussi possible le caleul de log ~(t) pour t < 50 au moyen de la s6rie donnde
plus haut et des valeurs trouvdes pour les premieres racines. Enfin la
connaissance de ces racines donne le moyen, d'aborder l'6tude des termes
pdriodiques dans les formules analytiques exprimant des fonetions des
hombres premiers.
Mais le rdsultat le plus intdres~nt qu'ait donn6 ce calcul consiste en
ce qu'il rdv~le l'irr@ularitd qui se trouve dans la sdrie des a. I1 est tr~s
probable que ees racines sont li6es intimement aux hombres premiers. La
recherche de ce~te ddpendanee, e'est-h-dire de la mani~re dont une a donnde
est exprimde an moyen des nombres premiers, sere l'objet d'dtudes ultdrieures.
A c6td des valeurs des a, mon calcul m'a fournis des renseignements
sur un autre point digne d'intdr~t. C'est qu'il se trouve aussi des valeurs
rdelles de t qui font annuler soit la pattie r6elle soit la pinkie imaginaire
de ~" + ti , mais dff erentes des a qui font annuler simultandment les
deux parties.
Posons

(3) ~(~ + ti) ~ C(t) + iS(t) = me '~'(~

m 6tant le module pris avee un signe eonvenable, C(t) et S(t) des fonetions
rdelles de t. Pour avoir simuRandment C = o et S = o, il faut qu e
m=-o. En outre C = o quand cos to ----- o , S = o quand s i n F - - - - o . I1
n'est pas diffieile d'exprimer F en fonction de t.
L'dquation fonctionelle de RIEMANN

peut S eerlre

cos-- F ( s ) ~ls) .
2 '

Done"

(41 "t,~' -- 2 ~ - ~ ' oas ;~F


,~t_
Note sur les Z6ros de la fonction $(s) de Riemann. 299
!
et pour s = ~ + t i :

(5) -- C "~i~ =-= 2 ~ 7/" 2 COS

Pour trouver ~ on n'a donc qu'~ chercher le logarithme du second


membre, ce qui donne:

I
- - 2~i ~- ~ ti log 2Zr + ~ 10g +

Mais
cos + ")
ti
log ----- i arctg e- ~ - ,
COS --

e~

!_log
2

ilog ~ +ti ~-~.. 2tilog 1+ --log ~ + v +ti


2
-x - - - +ti 2 ~ i- -

- - - - i L i m [ t l o g ( o J W I ) - - ~ a r =c t g i v t' ~o
+~_j . . . .

Ainsi on aura:

(6) --2~= - - t l o g 2z + arctge -"t n + v.


4
300 g.-P. Gram.

La quantitd d~signde par v peut ~tre caleul~e approximativement an


moyen de la formule gdn6rale de sommation:

tit

Z f(~) =ff(~)u~--~(f(,o)--f(o))
0

+ ,--:~ (c(to)--t'(o)) B,. 4(c,,(~,)_ f,,,(o)) +


,.2:3
....

Mais

arctg i d~ = to + aretg - - + ~ log(t2 + (to -k- ~) 2)


f
0
(:-) !
~x are~g 2t - - ~t log (t, + 4)

f(to), f'(eo), f'"(w) . . . s'annuleront pour ea = co; les autres fermes con-
tenant to se rdduisent done ~:

t log (to + ,) - - (to + I) aretg 2tl~ (t~ 2)


I
to+-
2

dont la limite pour to = c~ sera dgale k ~ t. Alors on obtient ensui~:

V~2
t log (t2 + 4 ) ~ t ~ B ~ 2 ,~ ,+...
, F-~ t'+-4 e+
et

t
(7) - - 29~(t)=2 log (t = -4- 4 ) - - t ( x -4-log 2~') -4-arctge -='

I
en ndgligeant les termes d'ordres infdrieures h ~.
On voi~ que 9~(t) = - - 9~ (-- t), 9,(o) = o. Du res~e la pet;i~;e table
suivante donne les meilleurs renseignements sur la variation de 9~(t)"
l~ote sur les z6ros do la fonction ~'(s) de Riemann. 301
t= o ~(t)= [Link]
5 ~ + 3.460
to ~ + 3.o6 7
15 ~ + 1.365
20 ~ -- 1.187
, 25 ~ -- 4.371
~o ~ -- 8.058
35 ~ --I2.164
9 40 ~ --I6.628
45 ~ --21.4o5
5~ ~ --26.461
55 ~ --31.766
60 ~ --37.300

P o u r des valeurs de t pas trop petites, ce sont les premiers termes


de (7) qui en premier lieu f o n t d & e r m i n e r la g r a n d e u r de F(t). E n se
~orn~ ~ oo~ ~ormo~ o~ oo ~ b ~ o ~ o ~ 'o~ ~o~ (,~+ i) on o~ioo~
approximativement:

- - 29,(t ) ----- t log t - - t(I + log 2~-) 4'

ou bien

(8) -- ~At2 = (
-~ l o g , i ) - - gI ,

l'erreur commise dtant de l'ordre x.


t
Cela suffit p o u r d6terminer les racines propres de C ( t ) = o et de
S(t) = o. E n rappellant que

4~+"):~(!)+~(,)=~e"(),
on volt que C ( t ) - o eomporte cos F ( t ) = o, c'est k dire:

+ ~(t) = (2. + ~).


302 J.-P. Gram.

t;andisque S(t) = o exige que

+ (t) = n=,

n dtant un nombre entier positif ou ndgatif ou bien z6ro.


Si l'on ddsigne par fl les raeines de G(t) = o, par T celles de S(t) = o,
e~ qui sent diffdrentes des a, on aura doric, avec une grande approximation,
pour les racines positives:

(9) -- log --x S-- 2 '

(io) L log --i --n.


2~r 8

Consid~rons partieuli~rement les T; alors on trouve"

TI= 3.5 pour n = - - i ,


/'~= 9.6 , n=~I,
Ts= t7.8 ~ n=o,
T, ~--~-23.2 * n~ I.

hes i" suivantes correspondent attx nombres succcssifs n ~ 2 , 3 , 4 etc.


On volt par lh que le hombre des racines r qui sent infdrieures h une
limite donnde N et plus grandes que Io sera exprimd '~ peu prSs par le
plus grand nombre entier eontenu dans l'expression:

N log --I +~.


2~

Toutes les racines T ainsi que les /3 seront ~videmment rdelles.


Rappelons que M. v. MAN6OLDT a d~montr6 que le nombre des racines
a dent la partie r~elle ne surpasse pas N est reprdsen~6 par l'expression

N log I + +e,

oh ~<o.34(logN)~+ 1 . 3 4 1 o g N + 1.33; il suit de lh que les ~" et~


les a (ou les parities r6elles de eelles-ei) se suivent de fr~s pr~s. ~ Pour
les quinze premieres a i l arrive que routes les a sont s6par6es par les
valeurs des ~-, mais non par les valeurs des /9. I1 va sans dire que les fl
et les T se suivent al~ernativement.
Note sur les z6ros de la fonetion ~'(s) de Riemann. 303
AprSs avoir ainsi trouv~ routes les valeurs de t qui annulent une des
fonctions C(t) et S(t) seulement, il est clair que route autre valeur de t
qui fair annuler ou C(t) ou S(t) dolt annuler m et sera done une racine
a qui donne aussi bien C(a)-----o que S ( a ) = o. Notre calcul prouve
sans contredit qu'il y h des valeurs de t rdelles diffdrentes des i" et qui
font c h a n g e r le signe de S(t). Ces valeurs font done annulet S(t) et
seront des racines vdritables de ~ ( t ) = o . I1 est done certain que les
premieres a sont rdelles.
I)e l'identit6
c + ~s = e"~ ( c - - i s )

on obtient par diffdrentiation par rapport ~ t:

(i,) C' + i S ' = e2'~(C' - iS') + 2i~' ( C - - i S ) e TM.

Quand C ~ - - S = o, on aura done:

c'(~) + is'(~) = ~"~(~)(c'(~)--is'(~)),


d'o~l:
(,2) s'(~)
e'(~) = tg~(~),

formule qui m'a fourni un moyen de contrble sur mort calcul.

Quand C = o , S > o , e~ = - - I , on trouve d'apr~s (I i).

c,(fl) = - - r

tandisque S = o , C> o , eTM ~ I donne:

(14) S'(r) = r
Quand t > 7, ~'(t) est toujours n6gatif; on a done pour les racines
correspondantes le thdor~me suivant:
C'(fl) a to~gours le m~me signe que 8(fl); S'(~') a le signe opposd it
celui de C(T ).
Si done C(~-) conserve le m~me signe pour deux valeurs cons~cutives
de i', savoir ~'~ et r~+l, 8'(~'~+1) aura elle-m~me le m~me signe que S'(T ). Mais '
commc S(~-~)~ S(i'~+l) --= o, il faut done que S(t) air passd par la valeur z~ro
304 J.-P. Gram.
un hombre impair de fois dans cet intervalIe. Autrement dit il se trou-
vera alors un hombre impair de racines rdelles a entre Tv et ~',+1; il y en
aura donc au moins une comprise duns ees limites.
Ce th~or5me peut rendre de bons services duns lu recherche numdrique.
Pour l'utiliser aussi duns la thdorie, il faudrait d'abord trouver une mdthode
pour ddterminer le signe dc C(T) sans caleul numdrique, mais pour le
moment cela paralt assez difficile. Pour les T dans l'intervulle de Io h 55,
C(T ) est toujours positif. Cela tient probablement h ce fair que C(t)duns
les plus grandes parties du d i t intervalle est positif. Sans doute la raison
n 1

en est que le premier terme de la somme ~ n - [ cos (t log n), suvoir l'unitd
1

positive, produit un surplus en faveur des termes positifs. Si eela est juste,
on peut infdrer que l'dquilibre ne s'dfilblira que peu h peu, de sorte que
la m~me r[gle sur la rdpartition des a par rapport aux T se muintiendra
aussi pour les a suivantes los plus rapprochges de al~

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