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Importance et évolution des aires protégées

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1.2 IMPORTANCE DES AIRES PROTÉGÉES


ET DES SYSTÈMES D’AIRES PROTÉGÉES
BREF HISTORIQUE MONDIAL
Aujourd‟hui, plus de 15% de la surface terrestre bénéficie d‟une forme de protection formelle (fig. 1) ; ces
territoires sont appelés aires protégées (AP). Le premier parc formellement reconnu, dans l‟acceptation
moderne du terme, fut celui du Yellowstone, en Amérique du Nord en 1872. Son classement découle de la
volonté des pionniers américains de préserver un paysage exceptionnel que la colonisation allait sans doute
faire disparaître. Il s‟agissait donc de conserver la nature dans son état premier. Mais il existait évidemment
déjà de nombreuses formes de protection plus ou moins formelles. Par exemple, les sites naturels ayant un
caractère sacré ont été précurseurs de la conservation de la nature. Mais en général, la protection d‟espaces
naturels répondait avant tout à un souci d‟utilisation ciblée, comme les réserves de chasses qui étaient
destinées à certaines élites au Moyen-Âge en Europe. L‟explosion du nombre d‟AP et de la surface qu‟elles
couvrent est un phénomène tout à fait récent (fig. 2). De quelques dizaines à l‟aube du XX e siècle, on est
passé à plus de 200 000 aujourd‟hui, réparties partout sur le globe.

Couverture en aires protégées (AP terrestres en vert, AP marines en bleu) Ŕ source : Protected Planet 2015

Évolution des aires protégées depuis les années 1950


HISTORIQUE DE LA SITUATION EN AFRIQUE FRANCOPHONE
Ŕ De la période coloniale à la fin des années 1950, beaucoup de forêts classées ont été créées. Il s‟agissait
d‟une transposition des forêts domaniales européennes ayant pour objectif la conservation d‟une
ressource (généralement le bois), mais parfois, elles prévoyaient la conservation élargie de l‟écosystème
incluant les espèces animales. Sur le même principe, les réserves ou domaines de chasse avaient pour but
la protection du gibier dans le but d‟exploiter les animaux sous forme de trophées, ou parfois à des fins
commerciales comme c‟est le cas de l‟ivoire par exemple.
Ŕ La décolonisation est suivie d‟une période assez neutre en matière de création ou de gestion des AP. Les
jeunes États ont à ce moment-là d‟autres priorités et peu de moyens à investir dans ce secteur.
Ŕ Dans les années 1980-1990, un nouvel élan s‟amorce Ŕ surtout après la conférence de Rio Ŕ et de nouvelles
aires protégées sont créées dans les pays qui n‟en comptaient guère. Cette période voit aussi l‟évolution
de certains territoires d‟un statut à un autre, notamment de forêt classée à parc national. Enfin, on assiste
surtout à une reprise en main, au moins théorique, d‟aires jusque-là délaissées.
Ŕ Depuis, la vision historique des parcs et réserves a évolué : de parcs sous cloche, les aires protégées
deviennent peu à peu des territoires de gestion durable de l‟environnement où les activités humaines,
lorsqu‟elles sont compatibles, peuvent être intégrées à la gestion.

LES AP EN AFRIQUE AUJOURD’HUI


Aujourd‟hui, la situation en Afrique est contrastée pour des raisons historiques, de droit, de culture,
parfois de sécurité ou de contexte géopolitique, et pour des raisons d‟opportunisme. Actuellement, plus
de 7000 aires protégées sont recensées en Afrique dans la base de données mondiale, et elles couvrent
environ 13,8% des terres et 3,7% des mers du continent. Cependant, cette couverture n‟est pas homogène
ni représentative, que ce soit au niveau global ou au niveau du continent. Certains territoires, comme
les déserts, ont été délaissés, d‟autres, plus difficiles à protéger, sont moins représentés, notamment les
territoires densément peuplés sur les côtes (fig. 3).

Aujourd‟hui, les données relatives aux aires protégées sont regroupées dans une base de données mondiale
dont l‟acronyme en anglais est la WDPA pour World Database of Protected Areas. Cette base de données
est accessible sur le site [Link].

< 5%
5 – 10%
10 – 17%
> 17%

Couverture en aires protégées des 823 écorégions terrestres identifiées (d‟après Orson et al. 2001) Ŕ source : Protected Planet report 2014
7
1.3 RÔLE ET FONCTIONS DES AIRES PROTÉGÉES

AP : PIERRE ANGULAIRE DES STRATÉGIES DE CONSERVATION


Aujourd‟hui, les aires protégées sont reconnues comme un outil fondamental pour parvenir à la conservation
de la diversité biologique. Cela explique sans doute leur progression spectaculaire en nombre et en surface
au cours des dernières années. Ces aires protégées conservent des espèces menacées, des écosystèmes
spécifiques ou des milieux rares, et tentent de préserver ces milieux dans un état, si possible naturel, ou du
moins le moins modifié possible.

LES AP PEUVENT-ELLES FAIRE FACE AUX DÉFIS ACTUELS DE CONSERVATION ?


Alors que le nombre d‟aires protégées ne cesse de croître, la biodiversité, elle, continue à disparaître
(fig. 1). Parmi les raisons invoquées pour expliquer cette situation, on relève d‟abord le manque d‟efficacité
de certaines aires protégées, qui, parce qu‟elles n‟ont pas bien été mises en place, parce qu‟elles manquent
de moyens, ou encore parce qu‟elles sont mal gérées, n‟atteignent pas leurs objectifs de conservation.
D‟autres sont même purement virtuelles, ne représentant plus qu‟un trait sur une carte (« paper parks »).
Une autre raison couramment invoquée, porte sur le système d‟aires protégées globalement, et non plus sur
les sites. Souvent incomplets (c‟est-à-dire qu‟ils n‟englobent pas tous les lieux où pourtant de forts enjeux
de biodiversité existent), ils sont aussi en général peu représentatifs et mal connectés. Dans la figure 2, on
peut voir l‟exemple du Burkina Faso n‟ayant que deux aires protégées au nord du pays, délaissant ainsi
le reste du territoire représentant pourtant un potentiel intéressant. Enfin, c‟est la gouvernance de ces
territoires qui est mise en cause, en particulier leur incapacité à s‟attirer le soutien des populations locales,
directement impactées par leur existence.

Déclin des populations de grands mammifères dans les AP d‟Afrique Ŕ source : Craigie et al. 2010, Protected Area Report 2014
8

Les deux seules AP « officielles » (en rouge) au nord délaissent le reste du territoire potentiellement intéressant mais il existent évidemment d‟autres AP au
Bénin, dont certaines ne sont pas gérées par l‟Etat.

AUTRES FONCTIONS DES AP


Les fonctions des aires protégées vont, bien sûr, au-delà de leur simple (et essentiel) rôle pour la conservation.
Ŕ Sensibilisation. Elles sont des lieux de récréation et de découverte de la nature et permettent la
sensibilisation du public, grand ou petit, aux enjeux de la conservation. C‟est une fonction essentielle
et souvent sous-estimée alors que l‟avenir de ces territoires dépend en fait du soutien du plus grand
nombre. En particulier des plus jeunes !
Ŕ Recherche. Elles offrent aussi des territoires relativement préservés pour conduire les actions de recherche
nécessaires à une meilleure compréhension du monde qui nous entoure.
Ŕ Ressources naturelles. Elles procurent des biens et des services comme des produits issus de la forêt
(le miel dans la figure 3, des plantes médicinales, etc.) aux habitants se trouvant dans et autour des aires
protégées, mais aussi ceux à distance car elles ont un rôle dans l‟épuration de l‟eau qui les traverse, dans
le maintien d‟un air dénué des pollutions humaines, etc.
Ŕ Barrière contre le changement climatique. Elles sont aussi des éléments d‟atténuation des changements
climatiques et des laboratoires à ciel ouvert de l‟évolution de la nature. Il y a beaucoup à y apprendre sur
la capacité des écosystèmes à s‟adapter (résilience).
Ŕ Conservation de valeurs culturelles. Les aires protégées conservent aussi des sites de valeur culturelle
ou spirituelle Ŕ de plus en plus. Culture et nature s‟entremêlent pour former la valeur globale du territoire.
Ŕ Conservation de ressources futures. Ces territoires représentent l‟engagement d‟aujourd‟hui pour
l‟avenir, autrement dit la capacité de mettre de côté certaines ressources et richesses pour les générations
à venir et de répondre à leurs besoins potentiels en temps utile.
9
Ventes de produits issus de l‟apiculture au Kenya Ŕ crédits photo : Geoffroy Mauvais

AUTRES OUTILS DE CONSERVATION


Bien qu‟essentielles, les aires protégées ne suffisent pas à endiguer l‟érosion de la biodiversité. Il existe donc
d‟autres formes d‟aménagement du territoire respectueuses de l‟environnement qui peuvent également
contribuer à cette conservation. Il s‟agit, par exemple, des pratiques agricoles durables, d‟une gestion
équilibrée des forêts, des infrastructures limitant leurs impacts sur les espèces et sur les espaces, etc.
Tout cela doit s‟additionner pour tenter de parvenir au résultat escompté, et, si le but est de conserver
l‟environnement dans son ensemble, il est hors de question de se reposer entièrement sur les aires
protégées. Elles ne sauraient à elles seules répondre à tous les défis, et la conservation de la nature doit
bien se comprendre comme un tout dont les aires protégées ne sont qu‟un aspect.
1.4 DÉFINITION DES AIRES PROTÉGÉES

POURQUOI LA DÉFINITION DES AP EST-ELLE IMPORTANTE ?


Les aires protégées sont de plus en plus nombreuses : plus de 200 000 aujourd‟hui couvrant plus de
20 millions de km². Elles sont de plus en plus complexes et fonctionnent selon différentes catégories de
gestion et modes de gouvernance. Il est donc nécessaire de pouvoir clairement identifier ce qu‟est ou ce
que n‟est pas une aire protégée, pour que les outils, les savoirs et les pratiques développés spécifiquement
pour leur gestion ou pour leur gouvernance soient utilisés à bon escient.

Dans les années 1930, les experts se penchent sur les définitions des aires protégées afin de clarifier la
terminologie employée pour désigner toutes les zones protégées. De nombreux travaux ont suivi, et au fil
des congrès mondiaux, la définition n‟a cessé de s‟améliorer et s‟est progressivement adaptée à l‟évolution
de ces territoires. La définition actuellement en vigueur a été fixée en 2008 lors du congrès mondial de la
nature, organisé par l‟UICN à Barcelone :

Aire protégée : un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen
efficace, juridique ou autre, afin d‟assurer à long terme la conservation de la nature et des services
écosystémiques et des valeurs culturelles qui lui sont associés.

Carte montrant la délimitation de la Réserve naturelle de la Rusizi Ŕ crédits photo : Geoffroy Mauvais
11
Ŕ « Reconnu » Une aire protégée doit être reconnue à un certain niveau Ŕ local, national ou international.
Cela ne veut cependant pas dire qu‟il faut obligatoirement qu‟il existe un texte, un décret ou un arrêté par
exemple. Une aire protégée peut ainsi tout à fait être reconnue par une autorité traditionnelle (comme
certaines aires communautaires ou encore des sites sacrés) ou par une entité privée comme une ONG par
exemple.
Ŕ « Géré » Cela veut dire que des décisions sont prises pour ce territoire et donc que cela ne peut être un
simple trait sur une carte, tels les fameux paper parks. Cependant, cela n‟implique pas forcément des
interventions, la décision de gestion pouvant par exemple consister à laisser l‟écosystème sans aucune
intervention humaine.
Ŕ « Conservation de la nature » C‟est évidemment la notion la plus fondamentale de la définition. Une
aire protégée, c‟est un territoire défini, reconnu et géré pour conserver la nature. Il s‟agit donc bien de
préserver l‟environnement comme un tout, in situ, et sur le long terme. Un zoo, par exemple, protège
bien les animaux, mais hors de leur milieu, ce n‟est donc pas une aire protégée. Autre exemple, un terrain
militaire mis en défens pendant des années deviendra riche en différentes espèces de faune et de flore,
mais il reste un terrain militaire qui peut du jour au lendemain être à nouveau utilisé comme tel. Ce n‟est
donc pas non plus une aire protégée.

En conclusion, une aire protégée est un territoire avec certains attributs caractéristiques et dont l‟objectif
premier est la conservation de la nature. Les territoires ne correspondant pas strictement à tous ces attributs
ne sont pas considérés comme des AP. Mais les AP ne couvrent qu‟à peine plus de 15% de la planète,
d‟autres zones contribuent aussi, fort heureusement, à préserver la nature.

Il est très important de bien comprendre chaque terme et ce qu‟il représente. Quelques-uns sont
particulièrement importants : défini, reconnu, géré et conservation de la nature.
Ŕ « Défini » Une aire protégée, c‟est un territoire que l‟on peut identifier, dont on sait où il commence et
où il finit. Cela veut donc dire que l‟on peut identifier ses limites, mais cela ne requiert pas forcément un
marquage, une signalisation ou une clôture. Parfois d‟ailleurs, il peut être difficile de suivre les limites d‟un
parc, en particulier lorsqu‟elles sont associées à des éléments naturels comme une rivière ou une forêt qui
peuvent évoluer avec le temps.

Le Parc national de l‟Ankarana, à Madagascar, une des 200 000 aires protégées existant à ce jour
1.5 CATÉGORIE DE L’UICN
POUR LES AIRES PROTÉGÉES (PARTIE 1)
Avant de travailler sur les catégories, il faut tout d‟abord s‟interroger sur la nature du territoire ; l‟objectif
principal doit absolument être la conservation de la nature.

REGROUPER LES AP DANS DES GROUPES HOMOGÈNES


La principale fonction des catégories est de ranger les différentes aires protégées dans des groupes assez
homogènes basés sur leurs caractéristiques communes. Classer 200 000 aires protégées de la planète dans
différentes catégories va donc nous permettre de mieux les identifier, de travailler plus spécifiquement sur
chacune d‟entre elles, de développer des outils plus adaptés à leur mode de fonctionnement, de former leur
personnel de façon plus adéquate, de comparer et étudier des aires protégées que l‟on peut regrouper, etc.

Illustration des catégories et de leur classement

SUR QUOI LA CATÉGORISATION EST-ELLE BASÉE ?

La catégorisation est basée sur l‟objectif de gestion d‟une AP. Les différentes catégories servent à différencier
les sites en fonction de leur principal objectif de gestion. Parfois, il existe un certain écart entre cet objectif
et la réalité constatée sur le terrain. Mais pour déterminer la catégorie, il faudra toujours se référer à
l‟objectif assigné, même si le gestionnaire s‟en écarte.

Même si les catégories se réfèrent à l‟objectif principal de gestion, celui-ci est souvent lui-même lié au
gestionnaire du territoire, et le fait d‟avoir différentes catégories de gestion peut favoriser l‟émergence de
différents types de gouvernance. Cet objectif de gestion d‟une aire protégée est énoncé dans le texte de
classement pour un site classique, ou par la décision de l‟autorité en charge (il peut s‟agir de tradition orale
si le site est sacré par exemple).
13
1.6 CATÉGORIE DE L’UICN
POUR LES AIRES PROTÉGÉES (PARTIE 2)

Les catégories sont au nombre de 6 et correspondent globalement et très schématiquement à une évolution
progressive depuis des territoires que l‟on veut conserver dans l‟état le plus naturel possible (catégories I
à III) jusqu‟à des territoires où l‟intervention de l‟homme est de plus en plus visible (catégorie IV à VI).

CATÉGORIE I : PROTECTION INTÉGRALE / A : RÉSERVE NATURELLE INTÉGRALE


Aires protégées qui sont mises en réserve pour protéger la biodiversité et les caractéristiques géologiques/
géomorphologiques, où les visites, l‟utilisation et les impacts humains sont strictement contrôlés et limités
pour garantir la protection des valeurs de conservation.

Objectif premier : conserver les écosystèmes exceptionnels au niveau régional, national ou mondial, les espèces
et/ou les caractéristiques de la géodiversité : ces caractères distinctifs auront été formés principalement par
des forces non humaines et seraient dégradés par tout impact humain sauf très léger.

CATÉGORIE I : PROTECTION INTÉGRALE / B : ZONE DE NATURE SAUVAGE


Vastes aires intactes ou légèrement modifiées qui ont conservé leur caractère naturel, sans habitations
humaines permanentes ou significatives, qui sont protégées aux fins de préserver leur état naturel.

Objectif premier: protéger à long terme l‟intégrité écologique d‟aires naturelles qui n‟ont pas été modifiées
par des activités humaines importantes, dépourvues d‟infrastructures modernes, et où les forces et les
processus naturels prédominent, pour que les générations actuelles et futures aient la possibilité de
connaître de tels espaces.

CATÉGORIE II : PARC NATIONAL


Vastes aires naturelles ou quasi naturelles mises en réserve pour protéger des processus écologiques, ainsi
que les espèces et les caractéristiques des écosystèmes de la région, qui fournissent des opportunités de
visites de nature spirituelle, scientifique, éducative et récréative, dans le respect de l‟environnement et de
la culture des communautés locales.

Objectif premier: protéger la biodiversité naturelle de même que la structure écologique et les processus
environnementaux sous-jacents, et promouvoir l‟éducation et les loisirs.

CATÉGORIE III : MONUMENT OU ÉLÉMENT NATUREL


Territoires mis en réserve pour protéger un monument naturel spécifique, qui peut être un élément
topographique, une montagne ou une caverne sous-marine, une caractéristique géologique telle qu‟une
grotte ou même un élément vivant comme un îlot boisé ancien. Ce sont généralement des aires protégées
assez petites et elles ont souvent beaucoup d‟importance pour les visiteurs.

Objectif premier: protéger des éléments naturels exceptionnels spécifiques ainsi que la biodiversité et les
habitats associés.
CATÉGORIE IV : AIRE DE GESTION DES HABITATS OU DES ESPÈCES.
Elles visent à protéger des espèces ou des habitats particuliers, et leur gestion reflète cette priorité.
De nombreuses aires protégées de la catégorie IV ont besoin d‟interventions régulières et actives pour
répondre aux exigences d‟espèces particulières ou pour maintenir des habitats, mais cela n‟est pas une
exigence de la catégorie.

Objectif premier : maintenir, conserver et restaurer des espèces et des habitats.

CATÉGORIE V : PAYSAGE TERRESTRE OU MARIN PROTÉGÉ


Une aire protégée où l‟interaction des hommes et de la nature a produit, au fil du temps, une aire qui
possède un caractère distinct, avec des valeurs écologiques, biologiques, culturelles et panoramiques
considérables, et où la sauvegarde de l‟intégrité de cette interaction est vitale pour protéger et maintenir
l‟aire, la nature associée ainsi que d‟autres valeurs.

Objectif premier : protéger d‟importants paysages terrestres ou marins, la nature qui y est associée, ainsi
que d‟autres valeurs créées par les interactions avec les pratiques de gestion traditionnelles.

CATÉGORIE VI : AIRE PROTÉGÉE AVEC UTILISATION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES


Les aires protégées de la catégorie VI préservent des écosystèmes et des habitats, ainsi que les valeurs
culturelles et les systèmes traditionnels de gestion qui y sont associés. Elles sont généralement vastes,
et la plus grande partie de leur superficie présente des conditions naturelles. Une certaine proportion y
est soumise à une gestion durable des ressources naturelles ; et une utilisation modérée des ressources
naturelles, non industrielle et compatible avec la conservation de la nature, y est considérée comme l‟un
des objectifs principaux de l‟aire.

Objectif premier : protéger des écosystèmes naturels et utiliser les ressources naturelles de façon durable,
lorsque conservation et utilisation durable peuvent être mutuellement bénéfiques.

ATOUTS ET ENJEUX DES CATÉGORIES


Voici quelques attributs essentiels de ces catégories :
Ŕ Un système partagé: ce système international partagé par tous permet la communication efficace entre
conservateurs et gestionnaire de parcs.
Ŕ Un système cohérent: le classement dans une catégorie ne reflète pas l‟efficacité de gestion de l‟aire
protégée, mais il est censé guider le travail du gestionnaire.
Ŕ Les catégories sont synonymes de diversité : un bon réseau devrait contenir des aires protégées de diverses
catégories pour s‟assurer que l‟on utilise au mieux les différents outils de gestion à notre disposition.

Un parc ne peut appartenir qu‟à une seule catégorie parce qu‟il a un seul objectif principal de gestion. Si
un parc contient différentes zones avec différents objectifs de gestion, pour déterminer à quelle catégorie
de l‟ensemble Ŕ s‟il est géré par une même entité Ŕ on se réfère à l‟objectif principal de l‟ensemble qui en
général s‟applique à la plus grande surface (règle 75/25).

Si un parc est scindé en zones gérées selon des objectifs différents par des entités différentes, chaque zone
peut se voir attribuer une catégorie différente comme s‟il s‟agissait de deux parcs complètement différents.
15
ET SI UN PARC A PLUSIEURS ZONES DE GESTION ET/OU GESTIONNAIRES ET / OU OBJECTIFS ?
Si un parc contient différentes zones de gestion distinctes, mais que l‟ensemble est géré par la même entité,
alors l‟objectif principal du parc déterminera sa catégorie. C‟est, par exemple, celui qui s‟applique sur sa
plus grande surface, en général au moins 75%.

Par contre, si le parc est composé de zones gérées par différentes entités, selon différents objectifs, une
catégorie différente peut être assignée à chaque zone, comme s‟il s‟agissait de parcs séparés. Cela peut
être le cas d‟une aire transfrontalière formée de deux parcs séparés par une frontière : chaque parc aura
sa propre catégorie, qui peut évidemment être la même. C‟est le cas des Parcs W (fig. 1), où un seul
écosystème est séparé en trois parcs gérés séparément entre le Burkina Faso, le Bénin et le Niger. Il s‟avère
que dans ce cas, les trois parcs sont de catégorie II.

Exemple des Parcs W : Burkina, Bénin, Niger Ŕ source : projet ECOPAS (UE)
1.7 CONVENTION SUR LA DIVERSITÉ
BIOLOGIQUE (CDB)

Les ressources biologiques de la planète sont essentielles au développement économique et social


de l‟humanité. Il est donc de plus en plus reconnu que la diversité biologique représente un atout
universel d‟une valeur inestimable pour les générations présentes et à venir. Pourtant, les menaces
pesant sur la nature et sur les écosystèmes sont plus grandes que jamais, et c‟est là qu‟entre en jeu la
Convention sur la diversité biologique.

Diversité biologique : la variabilité du vivant a trois échelles : les gènes (ce sont les ressources
génétiques), les espèces et les écosystèmes ou habitat.

En 1988, le Programme des Nations Unies pour l‟environnement (PNUE) a convoqué un groupe de
travail spécial d‟experts en diversité biologique afin de discuter de la création d‟une convention
internationale sur la thématique en question. La Convention fut ouverte à la signature le 5 juin 1992
lors du Sommet de la Terre de Rio, et compte aujourd‟hui 196 parties contractantes.

La CDB poursuit trois objectifs principaux :


Ŕ conservation de la diversité biologique ;
Ŕ utilisation durable des ressources biologiques ;
Ŕ partage équitable des avantages découlant de cette utilisation.

Selon la CDB, les aires protégées sont la pierre angulaire de la conservation de la biodiversité car elles
conservent des endroits clés, offrent des refuges, permettent la migration et le déplacement des espèces et
assurent le maintien des processus naturels dans l‟ensemble du paysage. Non seulement les aires
protégées garantissent la préservation de la biodiversité, elles assurent aussi le bien-être de l‟humanité.

L‟organe de gestion de la CDB est la Conférence des Parties qui :


Ŕ réunit toutes les parties signataires et se rencontre tous les deux ans ;
Ŕ est l‟organe directeur de la Convention et fait progresser sa mise en œuvre par des décisions prises lors
de ses réunions périodiques ;
Ŕ adopte des décisions à caractère administratif, financier et scientifique que les Etats sont tenus de suivre.

La Convention dispose depuis décembre 2022 d‟un nouveau cadre mondial pour la Biodiversité encore
appelé Cadre Mondial pour la Biodiversité de Kunming-Montréal. Il a remplacé le Plan stratégique pour la
Biodiversité 2011-2020 contenant les Objectifs d‟Aichi pour la Biodiversité. Le nouveau document a pour
but de conserver et de gérer 30% des terres et des mers d‟ici 2030 d‟où la fameuse appellation 30*30.

La CDB travaille à restaurer l‟environnement mondial et contribue au développement durable. Les travaux
entrepris en vertu de la CDB augmentent en volume et en spécificité, permettant à plusieurs parties
prenantes de participer aux négociations internationales. Mais comme tout accord multilatéral, la CDB
requiert beaucoup de consensus qui peuvent parfois limiter la portée des décisions.
17
1.8 CONCLUSION ET LECTURES
COMPLÉMENTAIRES

RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE SEMAINE


Les aires protégées sont de plus en plus nombreuses et diverses. Cette diversité fait leur force mais requiert
de plus en plus de compétences de la part de leurs gestionnaires et de plus en plus d‟efforts pour les
conserver.

Ces aires protégées sont un outil incontournable de la conservation de la nature. Et même si elles n‟arrivent
pas toujours à enrayer le déclin de la biodiversité sur la planète, elles font partie des solutions qui nous
aideront à enfin y parvenir, et à ce titre elles méritent toute notre attention. Elles évoluent cependant et
se tournent de plus en plus vers l‟inclusion des populations proches et la production de services naturels
associés.

L‟objectif principal de toute aire protégée est la conservation de la nature.

Les aires protégées sont regroupées en six catégories basées sur leur objectif principal de gestion, allant
d‟une préservation stricte des écosystèmes à une valorisation durable des ressources :
Ŕ Catégorie I : gestion intégrale
Ŕ Catégorie II : conserver la nature par l‟organisation d‟activités
Ŕ Catégorie III : conserver un monument naturel
Ŕ Catégorie IV : gérer l‟environnement pour maintenir un milieu ou une espèce
Ŕ Catégorie V : préserver un paysage, un écosystème façonné par l‟homme
Ŕ Catégorie VI : utilisation durable des ressources naturelles au bénéfice des populations

LECTURES COMPLÉMENTAIRES
Pour ce module, nous vous invitons à parcourir le rapport Protected Planet 2014 (disponible en anglais
seulement), les lignes directrices de l‟UICN sur les catégories de gestion des aires protégées (disponible en
anglais et en français) et/ou la NAPA n°59 qui résume ces catégories (disponible en anglais et en français).
Ceux qui voudraient aller plus loin peuvent également lire le texte de la CDB (disponible en anglais et en
français) et les lignes directrices de l‟UICN sur l‟analyse des lacunes (disponible en anglais et en français).
Enfin, les sites utiles pour ce module sont http ://[Link] et [Link].

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