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Applications des anneaux ℤ/nℤ en mathématiques

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1 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

120 Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.


Soit 𝑛 ≥ 2 un entier.

I - L’anneau ℤ/𝑛ℤ
1. Construction

[GOU21]
Théorème 1 (Division euclidienne dans ℤ). p. 9

∀(𝑎, 𝑏) ∈ ℤ2 , ∃!(𝑞, 𝑟) ∈ ℤ2 tel que 𝑎 = 𝑏𝑞 + 𝑟 et 𝑟 ∈ J0, |𝑏|K

[ROM21]
Définition 2. Soient 𝑎, 𝑏 ∈ ℤ. On dit que 𝑎 est congru à 𝑏 modulo 𝑛 si 𝑛 ∣ 𝑏 − 𝑎. On note p. 279
cela 𝑎 ≡ 𝑏 mod 𝑛.

Proposition 3. Soient 𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑 ∈ ℤ tels que 𝑎 ≡ 𝑏 mod 𝑛 et 𝑐 ≡ 𝑑 mod 𝑛. Alors :


(i) 𝑎 + 𝑐 ≡ 𝑏 + 𝑑 mod 𝑛.
(ii) 𝑎𝑐 ≡ 𝑏𝑑 mod 𝑛

Lemme 4. Tout idéal de ℤ est principal, de la forme (𝑛) = 𝑛ℤ.

Définition 5. Le quotient de l’anneau ℤ par son idéal 𝑛ℤ est l’anneau noté ℤ/𝑛ℤ. On note
𝑎 = {𝑎 + 𝑞𝑛 ∣ 𝑞 ∈ ℤ} l’image d’un élément 𝑎 ∈ ℤ dans ℤ/𝑛ℤ.

Remarque 6. Soient 𝑎, 𝑏 ∈ ℤ.

𝑎=𝑏 ⟺ 𝑎≡𝑏 mod 𝑛

Proposition 7. (i) ℤ/𝑛ℤ = {0, … , 𝑛 − 1}.


(ii) La compatibilité de ≡ avec les lois + et × sur ℤ conjuguée à la remarque précédente
transporte la structure d’anneau à ℤ/𝑛ℤ en posant, pour tout 𝑎, 𝑏 ∈ ℤ/𝑛ℤ :
— 𝑎 + 𝑏 = 𝑎 + 𝑏.
— 𝑎𝑏 = 𝑎𝑏.

[Link]
2 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

2. Le groupe multiplicatif
a. Générateurs

p. 283
Théorème 8. Soit 𝑎 ∈ ℤ. Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) 𝑎 ∈ (ℤ/𝑛ℤ)× .
(ii) pgcd(𝑎, 𝑛) = 1.
(iii) 𝑎 est un générateur de (ℤ/𝑛ℤ, +).

p. 301
Exemple 9. (ℤ/4ℤ)× = {±1}.

p. 14
Proposition 10. (i) ℤ est monogène, l’ensemble de ses générateurs est ℤ× = {±1}.
(ii) ℤ/𝑛ℤ, l’ensemble de ses générateurs est (ℤ/𝑛ℤ)× .

Corollaire 11. Soit 𝐺 un groupe.


(i) Si 𝐺 est monogène infini, alors 𝐺 ≅ ℤ.
(ii) Si 𝐺 est cyclique d’ordre 𝑛, alors 𝐺 ≅ ℤ/𝑛ℤ.

Exemple 12. Le groupe des racines 𝑛-ièmes de l’unité, 𝜇𝑛 , est isomorphe ℤ/𝑛ℤ via
2𝑖𝑘𝜋
𝑘↦𝑒 𝑛

b. Sous-groupes additifs et idéaux

p. 281
Théorème 13. Les sous-groupes additifs de ℤ/𝑛ℤ sont cycliques d’ordre divisant 𝑛. Réci-
proquement, pour tout diviseur 𝑑 de 𝑛, il existe un unique sous-groupe de ℤ/𝑛ℤ, c’est le
groupe cyclique engendré par 𝑛𝑑 .

p. 255
Théorème 14. (i) Les idéaux de ℤ/𝑛ℤ sont ses sous-groupes additifs.
(ii) Les idéaux premiers de ℤ/𝑛ℤ sont les idéaux maximaux de ℤ/𝑛ℤ : ce sont les idéaux
engendrés par (𝑝) où 𝑝 est un diviseur premier de 𝑛.

[Link]
3 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

3. Indicatrice d’Euler

p. 283
Définition 15. L’indicatrice d’Euler 𝜑 est la fonction qui à un entier 𝑘, associe le nombre
d’entiers compris entre 1 et 𝑛 qui sont premiers avec 𝑘.

Remarque 16. D’après le Théorème 8, 𝜑(𝑛) est le nombre de générateurs de ℤ/𝑛ℤ et est
également le cardinal de (ℤ/𝑛ℤ)× .

Exemple 17. — Si 𝑛 est premier, 𝜑(𝑛) = 𝑛 − 1.


— 𝜑(4) = 2 d’après l’Exemple 9.

[GOZ]
Proposition 18. Pour tout 𝑝 premier et pour tout entier 𝑛, p. 4

𝜑(𝑝𝑛 ) = 𝑝𝑛 − 𝑝𝑛−1

[DEV]
Théorème 19 (Chinois). Soient 𝑛 et 𝑚 deux entiers premiers entre eux. Alors,

ℤ/𝑛𝑚ℤ ≡ ℤ/𝑛ℤ × ℤ/𝑚ℤ

Corollaire 20. ∀𝑚, 𝑛 ∈ ℤ premiers entre eux,

𝜑(𝑚𝑛) = 𝜑(𝑚)𝜑(𝑛)

Proposition 21 (Théorème Euler). Pour tout entier relatif 𝑎 premier avec 𝑛, 𝑎 𝜑(𝑛) ≡ 1
mod 𝑛.

Proposition 22 (Petit théorème de Fermat). Pour tout entier relatif 𝑎, pour tout 𝑝 premier,
𝑎 𝑝−1 ≡ 1 mod 𝑝.

Proposition 23. Pour tout entier naturel 𝑛,

∑ 𝜑(𝑑) = 𝑛
𝑑∣𝑛

[Link]
4 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

II - Cas où 𝑛 est premier


1. Structure de corps

Proposition 24. Les assertions suivantes sont équivalentes.


(i) 𝑛 est un nombre premier.
(ii) ℤ/𝑛ℤ est intègre.
(iii) ℤ/𝑛ℤ est un corps.

p. 83
Théorème 25. Tout sous-groupe fini du groupe multiplicatif d’un corps commutatif est
cyclique.

Corollaire 26. Si 𝑝 désigne un nombre premier, (ℤ/𝑝ℤ)× est cyclique.

[ROM21]
Remarque 27. On a un résultat encore plus fort : (ℤ/𝑛ℤ)× est cyclique si et seulement si p. 294
𝑛 = 2, 4, 𝑝𝛼 ou 2𝑝𝛼 avec 𝑝 premier impair et 𝛼 ≥ 1.

2. Carrés

p. 427
Remarque 28. Tout élément de ℤ/2ℤ est un carré.

Soit 𝑝 un nombre premier impair.

𝑝−1
Théorème 29. (i) Il y a 2
carrés et autant de non carrés dans (ℤ/𝑝ℤ)× .
𝑝−1 𝑝−1
(ii) Les carrés de (ℤ/𝑝ℤ)× sont les racines de 𝑋 2 − 1 et les non carrés celles de 𝑋 2 + 1.

Corollaire 30. −1 est un carré dans (ℤ/𝑝ℤ)× si et seulement si 𝑝 ≡ 1 mod 4.

III - Applications
1. Systèmes de congruences

p. 289
Proposition 31. Soit 𝑎 un entier non nul. L’équation

𝑎𝑥 ≡ 1 mod 𝑛

admet des solutions si et seulement si pgcd(𝑎, 𝑛) = 1.

[Link]
5 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

Corollaire 32. Soient 𝑎 un entier non nul et 𝑏 un entier relatif. L’équation

𝑎𝑥 ≡ 𝑏 mod 𝑛

a des solutions si et seulement si 𝑑 = pgcd(𝑎, 𝑛) ∣ 𝑏. Dans ce cas, l’ensemble des solutions


est
𝑏 𝑛
{ 𝑥0 + 𝑘 ∣ 𝑘 ∈ ℤ}
𝑑 𝑑
𝑎
où 𝑥0 est une solution de l’équation 𝑛 𝑥 ≡ 1 mod 𝑛.

Pour résoudre des systèmes de congruences, on va préciser le Théorème 19. p. 285

Théorème 33 (Chinois). Soient 𝑛1 , … , 𝑛𝑟 ≥ 2 des entiers. On note 𝑛 = ∏𝑟𝑖=1 𝑛𝑖 et 𝜋𝑘 = 𝜋𝑛𝑘 ℤ


la surjection canonique de ℤ sur ℤ/𝑘ℤ pour tout 𝑘 ∈ J1, 𝑟K.
Les entiers 𝑛1 , … , 𝑛𝑟 sont premiers entre eux si et seulement si les anneaux ℤ/𝑛ℤ et
∏𝑟𝑖=1 ℤ/𝑛𝑖 ℤ sont isomorphes. Dans ce cas, l’isomorphisme est explicité par l’application

ℤ/𝑛ℤ → ∏𝑟𝑖=1 ℤ/𝑛𝑖 ℤ


𝜓∶
𝜋𝑛 (𝑘) ↦ (𝜋𝑖 (𝑘))𝑖∈J1,𝑟K

p. 291
Exemple 34.

⎪𝑘 ≡ 2
⎪ mod 4
⎨𝑘 ≡ 3 mod 5


⎩𝑘 ≡ 1 mod 9
admet pour ensemble de solutions {838 + 180𝑞 ∣ 𝑞 ∈ ℤ}.

2. Étude d’équations diophantiennes


a. Entiers sommes de deux carrés

[I-P]
Notation 35. On note p. 137
ℤ[𝑖] → ℕ
𝑁∶
𝑎 + 𝑖𝑏 ↦ 𝑎 + 𝑏 2
2

et Σ l’ensemble des entiers qui sont somme de deux carrés.

Remarque 36. 𝑛 ∈ Σ ⟺ ∃𝑧 ∈ ℤ[𝑖] tel que 𝑁(𝑧) = 𝑛.

Théorème 37 (Deux carrés de Fermat). Soit 𝑛 ∈ ℕ∗ . Alors 𝑛 ∈ Σ si et seulement si 𝑣𝑝 (𝑛) est


pair pour tout 𝑝 premier tel que 𝑝 ≡ 3 mod 4 (où 𝑣𝑝 (𝑛) désigne la valuation 𝑝-adique de

[Link]
6 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

𝑛).

b. Premiers congrus à 1 modulo 𝑛

[GOU21]
Notation 38. On note Φ𝑛 le 𝑛-ième polynôme cyclotomique. p. 99

Lemme 39. Soient 𝑎 ∈ ℕ et 𝑝 premier tels que 𝑝 ∣ Φ𝑛 (𝑎) mais 𝑝 ∤ Φ𝑑 (𝑎) pour tout diviseur
strict 𝑑 de 𝑛. Alors 𝑝 ≡ 1 mod 𝑛.

[DEV]
Théorème 40 (Dirichlet faible). Pour tout entier 𝑛, il existe une infinité de nombres premiers
congrus à 1 modulo 𝑛.

3. Irréductibilité de polynômes

[GOZ]
Lemme 41 (Gauss). (i) Le produit de deux polynômes primitifs est primitif (ie. dont le p. 10
PGCD des coefficients est égal à 1).
(ii) ∀𝑃, 𝑄 ∈ ℤ[𝑋] ∖ {0}, 𝛾(𝑃𝑄) = 𝛾(𝑃)𝛾(𝑄) (où 𝛾(𝑃) est le contenu du polynôme 𝑃).

Théorème 42 (Critère d’Eisenstein). Soit 𝑃 = ∑𝑛𝑖=0 𝑎𝑖 𝑋 𝑖 ∈ ℤ[𝑋] de degré 𝑛 ≥ 1. On suppose


qu’il existe 𝑝 premier tel que :
(i) 𝑝 ∣ 𝑎𝑖 , ∀𝑖 ∈ J0, 𝑛 − 1K.
(ii) 𝑝 ∤ 𝑎𝑛 .
(iii) 𝑝2 ∤ 𝑎0 .
Alors 𝑃 est irréductible dans ℚ[𝑋].

[PER]
Application 43. Soit 𝑛 ∈ ℕ∗ . Il existe des polynômes irréductibles de degré 𝑛 sur ℤ. p. 67

Théorème 44 (Critère d’irréductibilité modulo 𝑝). Soit 𝑃 = ∑𝑛𝑖=0 𝑎𝑖 𝑋 𝑖 ∈ ℤ[𝑋] de degré 𝑛 ≥ 1. [GOZ]
p. 12
Soit 𝑝 un premier. On suppose 𝑝 ∤ 𝑎𝑛 .
Si 𝑃 est irréductible dans (ℤ/𝑝ℤ)[𝑋], alors 𝑃 est irréductible dans ℚ[𝑋].

Exemple 45. Le polynôme 𝑋 3 − 127𝑋 2 + 3608𝑋 + 19 est irréductible dans ℤ[𝑋].

[Link]
7 120 : Anneaux ℤ/𝑛ℤ. Applications.

4. Chiffrement RSA

[ULM18]
Définition 46. Afin de chiffrer un message (tout entier découpé en séquence d’entiers de p. 62
taille bornée) en utilisant RSA, on doit a besoin de deux clés :
— Une clé privée, qui est un couple de nombres premiers (𝑝, 𝑞).
— La clé publique correspondante, qui est le couple (𝑛, 𝑒) où 𝑛 = 𝑝𝑞 et 𝑒 est l’inverse
de 𝑑 modulo 𝜙(𝑛) où 𝑑 désigne un nombre premier à 𝜙(𝑛).

Nous conserverons ces notations pour la suite.

Théorème 47 (Chiffrement RSA). Soit 𝑚 = (𝑚𝑖 )𝑖∈J1,𝑟K un message où pour tout 𝑖, 𝑚𝑖 < 𝑛.
(i) Possédant la clé publique, on peut chiffrer ce message en un message 𝑚′ :

𝑚′ = (𝑚𝑖𝑒 )𝑖∈J1,𝑟K

(ii) Possédant la clé privée, on peut déchiffrer le message 𝑚′ pour reconstituer 𝑚 :

∀𝑖 ∈ J1, 𝑟K, (𝑚𝑖𝑒 )𝑑 ≡ 𝑑 mod 𝑛

Remarque 48. — L’intérêt vient pour des premiers 𝑝 et 𝑞 très grands : il devient alors très
compliqué de factoriser 𝑛 et d’obtenir la clé privée.
— Les inverses peuvent se calculer à l’aide de l’algorithme de Bézout.

[Link]
Bibliographie
Les maths en tête [GOU21]

Xavier GOURDON. Les maths en tête. Algèbre et probabilités. 3e éd. Ellipses, 13 juill. 2021.
https : / / www . editions - ellipses . fr / accueil / 13722 - 25266 - les - maths - en - tete - algebre - et -
[Link].

Théorie de Galois [GOZ]

Ivan GOZARD. Théorie de Galois. Niveau L3-M1. 2e éd. Ellipses, 1er avr. 2009.
https : / / www . editions - ellipses . fr / accueil / 4897 - 15223 - theorie - de - galois - niveau - l3 - m1 - 2e -
[Link].

L’oral à l’agrégation de mathématiques [I-P]

Lucas ISENMANN et Timothée PECATTE. L’oral à l’agrégation de mathématiques. Une sélection de


développements. 2e éd. Ellipses, 26 mars 2024.
[Link]
[Link].

Cours d’algèbre [PER]

Daniel PERRIN. Cours d’algèbre. pour l’agrégation. Ellipses, 15 fév. 1996.


[Link]
html.

Mathématiques pour l’agrégation [ROM21]

Jean-Étienne ROMBALDI. Mathématiques pour l’agrégation. Algèbre et géométrie. 2e éd. De Boeck


Supérieur, 20 avr. 2021.
https : / / www . deboecksuperieur . com / ouvrage / 9782807332201 - mathematiques - pour - l - agregation -
algebre-et-geometrie.

Anneaux, corps, résultants [ULM18]

Felix ULMER. Anneaux, corps, résultants. Algèbre pour L3/M1/agrégation. Ellipses, 28 août 2018.
[Link]
[Link].

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