Enseignement de l'écrit en français 1ère année
Enseignement de l'écrit en français 1ère année
Sommaire
1. INTRODUCTION..................................................................................................2
2. OBJECTIFS......................................................................................................... 2
3. PRÉTEST............................................................................................................. 2
4. 3 DÉMARCHE........................................................................................................................8
4.3.1 Principes pour un enseignement/apprentissage de l’écrit........................................8
4.3.2 Stratégie de production de textes.................................................................................9
6. CONCLUSION....................................................................................................14
8. BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................16
9. GLOSSAIRE.......................................................................................................17
10. ANNEXES.......................................................................................................... 18
1. INTRODUCTION
L’écrit revêt une grande importance pour la réussite scolaire et la vie. Contrairement à
une certaine opinion selon laquelle l’écriture est un don, celle-ci s’apprend. Ce module a été
conçu dans l’intention de donner au professeur de français les moyens, les techniques et les
méthodes qui lui permettront d’assurer un enseignement/apprentissage efficace de l’écrit.
2. OBJECTIFS
Ce module a pour objectifs d’amener le professeur à :
- identifier les facteurs d’échec de l’enseignement/apprentissage de l’expression écrite ;
- connaître le processus mental de l’acquisition de l’écrit ;
- s’approprier la démarche globale de l’enseignement/apprentissage de l’expression
écrite ;
- améliorer sa pratique de l’enseignement/apprentissage de l’expression écrite.
3. PRÉTEST
Après l’étude complète du module, vous serez invité à relire cette première
production pour mesurer l’évolution de vos connaissances.
4. 1 CONSTAT
4. 1.1 Échec de l’expression écrite
Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’échec de l’expression écrite. On pourrait citer
parmi tant d’autres :
- la réduction de l’expression écrite à la simple pratique de la rédaction ;
- l’enseignement défectueux de l’expression écrite dont les principales causes sont :
o le manque et/ou l’insuffisance de formation des enseignants ;
o les difficultés matérielles réelles ;
o les grands effectifs réduisant au strict minimum les devoirs et offrant par
conséquent peu d’opportunités à l’élève de s’exercer à l’écrit ;
- la méconnaissance de la langue ;
- le manque de rigueur dans le choix des mots chez les élèves ;
- le manque de méthodes de travail : prise de notes, confection de fiches de lecture ou de
recherche, recherche documentaire, exploitation et création de documents divers ;
- le manque de rigueur dans le choix et la formulation des sujets ;
- l’influence défavorable du milieu socioculturel de l’élève.
4. 1. 2 Pratiques actuelles
- Séance initiale théorique
o L’expression écrite débute par une séance initiale très générale sur la
méthodologie de la rédaction qui se résume en une présentation des grandes
étapes que sont l’introduction, le développement et la conclusion. Cette théorie
est suivie d’un exercice d’application à l’issue duquel l’élève est jugé apte à
produire tout type de texte. L’accent est mis sur les savoirs plus que sur les
savoir-faire.
- Absence de projet d’écriture
o Il est très souvent demandé à l’apprenant d’écrire sous commande, sans
destinataire et sans nécessité. Aussi le sujet est-il généralement imposé et est
donc peu motivant. Or, pour qu’une activité d’écriture soit riche et
intéressante, il faut qu’elle réponde à des besoins personnels, scolaires et
sociaux de l’apprenant.
- Sujet
o Le sujet est très souvent mal formulé.
o Les consignes sont inexistantes ou peu claires.
- Enseignement cloisonné
o Il n’y a pas de lien établi entre l’enseignement/apprentissage de l’expression
écrite et les autres activités de la classe de français (conséquence d’un
programme lui-même cloisonné).
- Types de textes
o Les types de textes produits sont peu variés (prédominance du type narratif) et
rarement en rapport avec la réalité quotidienne des élèves : ceux-ci ne sont
pratiquement jamais initiés à la production de compte rendu, de télégramme, de
demande d’emploi, de lettre de justification, de curriculum vitae, etc.
- Evaluation
o L’évaluation est presque toujours sommative et très rarement formative.
o Il n’y a ni grille ni critères précis d’évaluation.
o La correction est subjective.
Les pratiques actuelles comportent donc des insuffisances à toutes les étapes
de la démarche de l’enseignement /apprentissage de l’écrit.
- la parole s’acquiert spontanément au contact des autres alors que l’écrit qui s’apprend
nécessairement de façon méthodique et progressive par la lecture et la pratique ne fait pas
partie de l’univers de l’élève dominé par l’oralité ;
- l’expression écrite demande la mobilisation de toutes les compétences acquises dans les
autres activités de la classe de français. L’élève doit puiser dans les connaissances
capitalisées celles nécessaires à la production qui lui est demandée ;
- le processus rédactionnel
Le processus rédactionnel requiert la combinaison de quatre opérations :
o la planification : elle consiste à mobiliser des connaissances, à
mémoriser l’organisation de sa production et à prendre des
décisions ;
o l’écriture et la réécriture : elles consistent à sélectionner les
informations et à les organiser pour en faire un texte ;
o la mise en texte : elle consiste à structurer le texte en parties, à choisir les
éléments de langue pertinents pour le type de texte donné, à
trouver les enchaînements nécessaires à la cohérence du texte ;
o la révision : elle consiste à identifier les dissonances entre un texte virtuel et
un texte effectif ; cela revient à mesurer l’écart qu’il y a entre le
texte qui devrait être produit (avec toutes ses caractéristiques) et
le texte qui a été produit (avec ses insuffisances).
CONTEXTE DE PRODUCTION
PLANIFICATION REVISION
MEMOIRE A
LONG TERME DU MISE
C
REDACTEUR O ORGANISATION LECTURE
N EN
Connaissance du C
sujet E TEXTE
P
Représentations T (TEXTUA
sur l’auditoire RECADRAGE MISE AU
I
POINT
O LISATION)
Schémas-types N
des textes
CONTRÔLE
Commentaire du document 1
C’est seulement après cette première étape de conception mentale que le rédacteur
passe à l’étape pratique de « Planification » puis de « Mise en texte ». Il doit alors :
concevoir son texte, c’est-à-dire organiser et recadrer les savoirs ressurgis (resurgis) en
mémoire à l’étape précédente. Il sélectionne les savoirs utiles pour la production
demandée ;
écrire son texte en respectant les règles d’écriture et les critères exigés.
Le texte écrit doit être lu, évalué, en fonction de la tâche d’écriture demandée, pour
juger de sa pertinence.
Le « Contrôle » intervient à tout moment pour s’assurer que les choix opérés aux
différents niveaux sont pertinents.
Auto-évaluation N°1
Cochez la bonne colonne
4. 3 DÉMARCHE
- l’élève apprend à écrire en écrivant ; plus il pratiquera l’écriture plus il sera habile, mais il
n’atteindra jamais la perfection. Savoir écrire de mieux en mieux s’obtient par le travail
constant de réécriture : il faut gommer, raturer, recommencer… ;
- l’élève doit apprendre à produire des textes efficaces ou utiles, adaptés à des situations de
communication dont les composantes répondent à des besoins réels (on écrit pour
communiquer quelque chose à quelqu’un ), il ne peut pas se contenter exclusivement
d’imiter « de beaux textes » ;
- l’élève ne peut pas progresser seul, il a besoin des compétences de l’enseignant ; celui-ci
doit aider individuellement chaque élève à améliorer ses productions. En particulier,
l’élève doit savoir dès le début que sa production écrite sera lue et évaluée, il ne pourra
corriger son texte et l’améliorer que si quelqu’un lui indique les éléments qui doivent être
modifiés. Cette lecture par un autre (enseignant ou élève) lui permet de prendre un certain
recul par rapport au texte initial.
SAVOIR ECRIRE, c’est mettre en œuvre une stratégie solide pour produire des textes.
Le producteur de textes devra être capable de :
3. rédiger en fonction :
des caractéristiques du texte : sur une affiche, le dessin explique le genre de fête qui
aura lieu, le texte est écrit en gros caractères car il doit être lisible de loin ;
5. produire un texte cohérent : sur l’affiche, aucun des arguments ne doit être en
contradiction avec l’ensemble de l’affiche.
4. RE-ECRITURE(S)
(Partielle(s) ou globale(s) )
Individuelle puis
collective
(facultatif) A. Travail au niveau Un nouveau texte Réinvestir
- De la phrase : lexique – temps des verbes – orthographe (meilleur que le S’approprier la théorie
- Du texte : cohérence thématique – connecteurs premier)
C. Relecture et correction
5. EVALUATION FINALE
Synthétiser
Individuelle
Devoir corrigé
6. REEMPLOI ET TRANSFERT
N.B. En fonction du type de texte et des réalités de la classe, une séquence d’enseignement /apprentissage de production de texte comprend en
moyenne dix (10) séances de 55 mn chacune. Toutefois, elle ne doit pas excéder quinze (15) séances de 55 mn.
Auto-évaluation N°2
1. Citez les trois principes qui doivent guider le professeur dans son
enseignement/apprentissage de l’écrit.
2. Quelles sont les capacités que l’apprenant doit développer pour produire des textes ?
3. Quel est le processus à suivre pour amener l’élève à produire son premier jet ?
6. CONCLUSION
L’enseignement/apprentissage de l’expression écrite est le point de rencontre de toutes
les activités de la classe de français. La grammaire, le vocabulaire, la conjugaison,
l’orthographe, la compréhension des textes…, tout cela s’apprend pour être réinvesti dans
l’expression écrite. C’est pourquoi, dans l’objectif du décloisonnement, l’organisation de
l’enseignement/ apprentissage se fait autour du savoir-écrire.
Evaluation finale
Pour achever l’étude de ce module, nous vous invitons à refaire le prétest. Comparez ensuite
vos réponses à celles que vous aviez précédemment écrites sur votre cahier de formation.
Vous mesurerez ainsi l’évolution de vos connaissances ainsi que l’importance des savoirs que
vous venez d’acquérir.
Réponse 1
L’élève doit apprendre à produire des textes efficaces ou utiles, adaptés à une situation
de communication.
Réponse 2
Réponse 3
8. BIBLIOGRAPHIE
INSPECTION DE FRANÇAIS, Programme de français du premier cycle, Ouagadougou,
Février 1993.
TROUVÉ, A. Enseigner l’expression écrite et orale 6e / 5e, éditions, Nathan, Paris 1990.
http//[Link]/
http//[Link]/pedagogi/lettres/[Link]
http//[Link]/sequences/
http//[Link]/[Link]
http//[Link]/[Link]
9. GLOSSAIRE
Compétence :
Une compétence est l’aptitude à mettre en oeuvre un ensemble organisé de savoirs, de
savoir-faire et d’aptitudes permettant d’accomplir un certain nombre de tâches.
Critères d’évaluation :
Un critère est une qualité requise non directement observable.
Ecrits utilitaires :
Ce sont les écrits d’utilité pratique utilisés dans la vie de chaque jour. Exemple : un
télégramme, une demande d’emploi, un procès verbal, un compte rendu, une lettre, etc.
Enseignement décloisonné :
Un enseignement décloisonné consiste à organiser l’étude de la langue sans
compartimentage entre les diverses rubriques scolaires. Les différentes composantes de la classe
de français : grammaire, orthographe, vocabulaire, conjugaison, lecture, expression orale et
écrite cessent d’être enseignées, chacune pour elle-même, simplement pour respecter un emploi
du temps préétabli. L’enseignement du français s’organise autour d’un objectif essentiel dans le
cadre d’une pédagogie de projet. Le professeur reste le maître du jeu mais s’efforce d’associer
ses élèves en les informant et en les convaincant de l’intérêt des activités proposées.
Evaluation formative :
DE LANDSHEERE « évaluation intervenant en principe au terme de chaque séquence
d’apprentissage et ayant comme objet, d’informer élève et professeur du degré de maîtrise de
l’objectif et éventuellement de découvrir où et en quoi un élève éprouve des difficultés
d’apprentissage en vue de lui proposer ou de lui faire découvrir des stratégies qui lui permettent
de progresser ».
C’est une évaluation continue dont la principale fonction est d’assurer la progression de
l’élève puisqu’elle lui permet d’identifier ses principales difficultés et permet au professeur de
développer de nouvelles stratégies d’apprentissage.
Exemple : les exercices d’application.
Evaluation sommative :
C’est l’évaluation qui intervient à la fin d’un module, d’un trimestre, d’une année. Elle a
pour fonction d’informer élève et professeur sur l’atteinte des objectifs terminaux d’un
programme en même temps qu’elle fait le bilan des acquisitions de l’élève. Elle a pour fonction
d’aider à prendre les décisions de type : promotion, sanction, certification.
Exemple : composition de passage.
Grille d’évaluation :
Une grille d’évaluation est un tableau récapitulatif contenant l’ensemble des indicateurs
et des critères qu’un type de texte donné est censé comporter pour être conforme au modèle
étudié. La grille d’évaluation est élaborée par toute la classe après l’étude du texte-support et
avant la production des élèves.
Indicateur :
Un indicateur est un signe observable ; il est quantitatif (nombre de…, degré de…) et
qualitatif (présence de…, absence de …). Un indicateur est toujours rattaché à un critère.
10. ANNEXES
Si le modèle à produire nécessite plusieurs séances, voici comment organiser chaque séance :
Par un questionnement, le professeur fait énumérer les critères pour produire le texte
demandé.
- sujet :
porté au tableau
mots-clés visualisés
consignes et conseils au tableau (temps imparti, heures du début et de la
fin de l’exercice)
- production (ultérieure)
Lors d’une autre séance ou à la maison, procéder à la réécriture des
insuffisances
- auto-correction – ré-écriture
chaque élève reprend sa production et procède à la réécriture des
insuffisances.
- trace écrite :
porter la meilleure production au tableau ;
la corriger ;
la faire copier dans les cahiers.
COMMENTAIRES
L’expression écrite s’apprend. La démarche préconisée est celle qui prend en compte le
décloisonnement. (Voir le T.U 25 y relatif). Outre les séances des activités propres à l’expression
écrite que nous proposons ici, la séquence d’apprentissage se construit en intégrant les
différentes activités de la classe de français (orthographe, grammaire, conjugaison, vocabulaire,
explication de texte) A titre indicatif, 10 séances en moyenne (y compris les séances
d’orthographe, de grammaire) sont nécessaires pour une séquence d’enseignement/apprentissage
d’un type de texte donné.
Toutefois, il arrive que des enseignants parviennent à expliquer et à faire produire un type
de texte en une séance de 55 minutes. Cette pratique peut convenir à certains types de texte à
structure légère et simple tels que les petits poèmes, les recettes, les petits paragraphes
argumentatifs, etc.