Probabilités et Échantillonnage - 3ème Semestre
Probabilités et Échantillonnage - 3ème Semestre
Gaël CEILLIER
23 août 2024
2
Table des matières
3 Intégration 25
3.1 Primitive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2 Intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3
4 TABLE DES MATIÈRES
1.1 Probabilité
5
6 CHAPITRE 1. INTRODUCTION AUX PROBABILITÉS
à choisir sur quelle face il tombe. (Si vous voulez savoir combien de fois le dé a
roulé il faudra prendre un univers Ω plus grand.)
Avant d'aller plus loin, il faut préciser quelles sont les questions que l'on
compte pouvoir poser.
Dénition 3 (Évènement)
On appelle évènement une armation que l'on sait vraie ou fausse une fois
l'expérience réalisée.
Exemples :
Dire si chaque point suivant est un évènement pour les expériences du jeté de dé
et de la météo attendue samedi prochain :
le dé est tombé sur la face 6,
le dé possède 6 faces,
le dé est tombé sur une face paire,
le vent souera samedi à plus de 60 km/h,
le vent souera samedi à plus de 60000 km/h,
il fera grand soleil samedi,
la température qu'il fera samedi,
il fera plus de 15 degrés dimanche.
Exemple :
B
×
A
Dénition 4 (Probabilité)
On appelle probabilité toute application P qui associe à chaque évènement une
valeur dans [0, 1] et telle que :
P (Vrai ) = 1,
Si A , A , ... ,A sont des évènements
1 2 n , alors
disjoints
où
n
[ n
X n
[
P Ak = P (Ak ) Ak = A1 ∪ A2 ... ∪ An ,
k=1 k=1 k=1
Calculez P (2).
P (A ∩ B)
P (A | B) = .
P (B)
Exemple : On peut vérier que la formule donne bien le même résultat que
l'intuition dans les cas simples, par exemple, dans le cas du lancer de dé :
Si on note A : le dé à fait un 6 et B : le dé à fait au moins 4, alors
P (A ∩ B) 1/6 1
P (A | B) = = = .
P (B) 1/2 3
Or, lorsque B est vrai, la probabilité de faire un 6 est bien 1/3 car il n'y a que 3
valeurs possibles sachant B : 4, 5 et 6.
Dénition 6 (Indépendance)
On dit que les évènements A et B sont indépendants (et on note A ⊥ B) si savoir
que B est vérié ne donne aucun indice sur la véracité de A, c'est à dire si (dans
le cas où B est possible) :
P (A | B) = P (A).
On utilisera souvent la formulation équivalente suivante qui en découle :
A ⊥ B ⇔ P (A ∩ B) = P (A) × P (B).
Exo 1.4 :
Soit A et B deux évènements tels que P (A) = P (B) = 1/2.
Si A ⊥ B , calculez P (A ∪ B).
Est-t-il possible d'avoir P (A ∪ B) = 0.5 ?
Est-t-il possible d'avoir P (A ∪ B) < 0.5 ?
Est-t-il possible d'avoir P (A ∪ B) = 1 ?
Est-t-il possible d'avoir P (A ∪ B) > 1 ?
10 CHAPITRE 1. INTRODUCTION AUX PROBABILITÉS
Exo 1.5 :
On jette 2 dés, un rouge et un bleu.
Construire l'espace probabilisé.
Donner la loi de la valeur obtenue avec le dé bleu sachant que le rouge à fait plus
que le bleu.
Exo 1.6 :
On dit que le dé A est meilleur que le dé B si P (A > B) > 0.5.
Montrez que l'on peut construire deux dés A et B, en changeant les numéros
sur leurs faces, de façon que A soit meilleur que B.
Montrez que l'on peut construire deux dés A, B et C , en changeant les numéros
sur leurs faces, de façon que A soit meilleur que B , B que C ET C que A !
1.2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES 11
Comme nous l'avons vu, pour une variable aussi simple qu'un jet de dé il y
a 64 évènements, et donc 64 probabilités à xer ou à trouver. Si on veut utiliser
cette méthode pour décrire la note d'un élève pris au hasard il faut donner plus
de 2 000 000 000 000 de valeurs ! On va donc utiliser un autre modèle. Modèle
qui permet de décrire les lois bien plus simplement.
De plus, pour pouvoir dire des choses utiles sur une expérience aléatoire, on
aimerait bien faire apparaître des objets simples et, en particulier, des nombres.
En eet, il est bien plus simple mathématiquement de travailler sur des données
du type "il fait 18°C" que "il fait un peu gris".
son unité) est à valeurs dans N (ou Z), alors on dit que X est une variable
aléatoire discrète.
Plus précisément, X est une variable discrète si pour chaque valeur possible
pour X , je sais dire quelle est la valeur possible suivante.
On peut aussi considérer qu'une variable n'est pas discrète si on peut toujours
trouver une valeur intermédiaire entre deux valeurs données
Exemples : les variables suivantes sont-elles discrètes ?
le résultat d'un jet de dé,
la température qu'il fera samedi,
la température qu'il fera au degré près,
la durée d'un cours de MQ2,
le prix d'un paquet de granolas,
Le nombre d'habitants à Lyon l'année prochaine.
Le montant du premier ticket de caisse de la journée à Carrefour.
Le montant moyen des tickets de caisse à Carrefour au cours d'une journée.
La quantité d'eau consommée en une seconde dans un appartement donné.
Exo 1.8 :
On prend une voyelle au hasard que l'on note X (Parmi A E I O U Y). Et soit
Z le nombre de segments dans l'écriture de X.
X est-il une variable aléatoire ?
Z est-il une variable aléatoire ?
Donner la loi de Z .
Vous pensez bien que c'est trop long pour passer au journal météo pour chaque
ville. Il faut donc réduire ces informations en une valeur unique, quitte à perdre
de l'information : il fera environ 22°C. C'est exactement le rôle de l'espérance.
Dénition 9 (Espérance)
On appelle espérance mathématique de la variable aléatoire X , le nombre
réel, noté E(X), déni par :
discrète
X
E(X) = k × P (X = k).
k∈ΩX
Remarque : Si ΩX n'est pas borné, E(X) peut être égale à l'inni. On dit
alors que X est d'espérance innie.
En particulier X
E(X 2 ) = k 2 × P (X = k).
k∈ΩX
Exo 1.9 :
Soit X de loi :
k -1 0 1 2
P(X=k) 0.2 0.2 0.2 0.4
Calculez : E(X),
Calculez : E(2.X − 3),
Calculez : E(X 2 − 1).
Exo 1.10 :
Montrez que E[X 2 ] n'est pas toujours égal à E[X]2 .
Trouvez des exemples tels que :
3 3
E[X ] < E[X] ,
3 3
E[X ] = E[X] ,
3 3
E[X ] > E[X] .
Dénition 10 (Variance)
On appelle variance de la variable aléatoire discrète X d'espérance nie, le
nombre réel, noté V (X), déni par :
V (X) = E((X − E(X))2 ) = E(X 2 ) − (E(X))2 ,
donc X 2
V (X) = k 2 × P (X = k) − E(X) .
k∈ΩX
14 CHAPITRE 1. INTRODUCTION AUX PROBABILITÉS
Dénition 11 (Écart-type)
On appelle écart-type de la variable aléatoire X de variance nie, le nombre
p
σ(X) = V (X).
Les deux dénitions cherchent à mesurer la même idée : "À quel point le ré-
sultat sera diérent de la moyenne". Mais chacune à son intérêt :
Propriété 4
Soient a et b des constantes et X une variable aléatoire (de variance nie),
on a :
V (a) = 0,
V (aX + b) = a V (X), 2
σ(aX + b) = |a|σ(X).
Exo 1.11 :
P (X = k)
0.4
0.3
0.2
k
1 2 3 4
X
On pose Y = |X| Z= .
et
Y
Donnez la loi de Y et de Z .
A-t-on : X ⊥ Y ?
A-t-on : X ⊥ Z ?
A-t-on : Y ⊥ Z ?
Dénition 12 (covariance)
La covariance de X et de Y est dénie par
Cov(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ).
Propriété 6
Pour tout couple de v.a. X et Y ,
V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2Cov(X, Y ).
16 CHAPITRE 1. INTRODUCTION AUX PROBABILITÉS
Exo 1.13 :
Soit X une v.a. égale au résultat d'un jet de dé. Prédire le signe des covariances
suivantes, conrmer par le calcul :
2
Cov(X, X ).
Cov(X, X1 ).
Exo 1.14 :
Quelle est la loi du nombre de fois que l'on obtient "pile" quand on lance 3 pièces ?
X
On pose Y = |X| etZ= .
Y
Donnez la loi de Y et de Z .
Calculez Cov(X, Y ). A-t-on : X ⊥ Y ?
Calculez Cov(X, Z). A-t-on : X ⊥ Z ?
Calculez Cov(Y, Z). A-t-on : Y ⊥ Z ?
Chapitre 2
Principales lois de probabilité
discrètes
17
18 CHAPITRE 2. PRINCIPALES LOIS DE PROBABILITÉ DISCRÈTES
n=5
0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
0,00
0 1 2 3 4 5 6
Les variables qui ne prennent qu'une valeur n'ont aucun intérêt du point de
vue probabiliste, on les appelle variables déterministes. Les variables les plus
simples qui ne sont pas déterministes sont donc celles qui prennent deux valeurs.
Ces variables aléatoires s'appellent variables de Bernoulli.
calculs.
X
La loi d'une telle variable est notée B(p) où p est déni par p = P (X = 1).
Exemples : La face sur laquelle tombe une pièce quand on la lance est une
variable de Bernoulli. De plus, si la pièce est équilibrée, alors p = 21 .
La variable qui vaut 1 si un élève valide son module de MQ2 et 0 sinon, est une
variable de Bernoulli.
Quand on lance un dé, la variable qui vaut 1
si le dé est tombé sur la face 6 et 0
1
sinon, est une variable de Bernoulli de paramètre .
6
E(X) = p,
V (X) = p(1 − p).
Quand on considère plusieurs variables de Bernoulli indépendantes et de même
loi, on obtient un processus de Bernoulli.
Exemples : On peut facilement prolonger chaque exemple de variable de
Bernoulli en processus de Bernoulli :
Les faces sur lesquelles tombent une pièce lancée 10 fois est un processus de
Bernoulli.
Quand on lance plusieurs fois un dé et que l'on note si le dé est tombé sur la face
6 ou non, on obtient un processus de Bernoulli.
n
X
Y = Xk .
k=1
On dit alors que Y suit la loi binomiale de paramètres n et p notée B(n, p).
20 CHAPITRE 2. PRINCIPALES LOIS DE PROBABILITÉ DISCRÈTES
Exemples : ′
On lance 10 fois un dé, on pose Y le nombre de 6 et Y le nombre
′
de fois où l'on n'a pas fait 1. Y et Y suivent des lois binomiales de paramètres
1 5
(10, ) et (10, ). Par exemple si les résultats sont (4; 2; 6; 1; 6; 3; 1; 2; 5; 6) alors
6 6
Y = 3 et Y ′ = 8.
Le nombre de pièces défectueuses parmi 50 à la sortie d'une usine, le nombre de
double fautes au cours des 20 premiers services d'un match de tennis et le nombre
de fois où vous gagnerez au loto en jouant tous les jours pendant un an sont des
variables de loi binomiales.
P (Y = k) = nk p (1 − p) , k n−k
E(Y ) = np,
V (Y ) = np(1 − p).
Remarque :
n n!
= .
k k!(n − k)!
Critères pour reconnaître cette loi :
Une variable Y suit sans doute une loi binomiale si :
Y est à valeurs dans {0, ..., n},
Représentation graphique
p = 0,2, n = 30
0,15
0,10
0,05
0,00
0 5 10 15 20 25 30
2.2. VARIABLES ALÉATOIRES À VALEURS DANS {0, ..., n}. 21
V (Y ) = np(1 − p) NN −− n1 .
22 CHAPITRE 2. PRINCIPALES LOIS DE PROBABILITÉ DISCRÈTES
Représentation graphique
0,20 p = 0,2, n = 20, N = 300
0,15
0,10
0,05
0,00
0 5 10 15 20
Critères pour reconnaître cette loi :
Une variable Y suit sans doute une loi hypergéométrique si :
Y est à valeurs dans {0, ..., n},
on a choisi certains individus dans un ensemble plus grand,
si on prend tous les individus, la valeur de Y devient xe et inférieure au
nombre d'individus.
Quand on répète une expérience, il est parfois plus utile de savoir quand
l'expérience sera une réussite pour la première fois, que le nombre de réussites
au cours des n premières tentatives. En eet, savoir que les freins d'une voiture
lâcheront 5 fois au cours des 2000 prochains trajets est moins intéressant que de
savoir quand vous allez vous retrouver dans le fossé la prochaine fois. On parle
alors de loi géométrique.
Y = inf{k | Xk = 1}.
P (Y = k) = p(1 − p) , k−1
P (Y ≥ k) = (1 − p) , k−1
E(Y ) = p1 ,
V (Y ) = 1 p− p , 2
La dernière propriété signie que ce n'est pas parce qu'on a fait 10 fois "pile"
de suite avec une pièce qu'on a de plus grande chances de faire "face" à l'essai
suivant.
Représentation graphique
0,15
p = 0,2
0,10
0,05
0 5 10 15 20 25 30
Critères pour reconnaître cette loi :
Une variable Y suit sans doute une loi géométrique si :
2.4 Approximations
Comme vous allez très vite vous en apercevoir en TD, certaines lois sont plus
simples à utiliser que d'autres. Nous allons voir que sous certaines conditions, des
lois diérentes ont des valeurs très proches. Nous pourrons alors utiliser la loi la
plus simple pour faire les calculs.
0,2
0,1
0,1
0,0
0 2 4 6 8 10 12
Chapitre 3
Intégration
3.1 Primitive
Exemple 1 Une primitive de f (x) = x sur R est F (x) = car F (x) = f (x).
3
2 x ′
3
x3
Remarque : Posons G(x) = + 5. Alors G′ (x) = x2 = f (x). Il n'y a donc
3
pas une unique primitive pour une fonction donnée.
Primitives usuelles :
α xα+1
x , pour tout α ̸= −1
α+1
1
ln(|x|)
x
ex ex
x3
1. f1 (x) =
4
√ 1
2. f2 (x) = x + 2
x
2x−3
3. f3 (x) = e
2
4. f4 (x) =
(2 − 3x)3
1
5. f5 (x) =
(4 − 5x)
3.2 Intégrale
Soit f une fonction dénie sur [a; b], on appelle intégrale de f sur [a; b] l'aire
notée
Z b
f (t)dt
a
+ +
a
0 b
−
Exercices : calculer :
R5 2t
1. I1 = 0
e + 2dt
R5
2. I2 = −5
x3 − xdx
R3
3. I3 = 0
4(2x − 3)3 dx
R4 1
4. I4 = 1
√ dx
x
Propriété 17 (Intégrales impropres) Soit f une fonction dénie sur [a; b[,
et soit F une primitive de f , alors :
Z b
f (t)dt = lim[F (t)]xa = lim F (x) − F (a).
a x→b x→b
en particulier :
Z +∞
f (t)dt = lim [F (t)]xa = lim F (x) − F (a).
a x→+∞ x→+∞
Z b
(u′ (t).v(t) + u(t).v ′ (t))dt = [u.v]ba
a
Exercices : calculer :
R5
1. I1 = 0
t.e2t + 2dt
R −1
2. I2 = −2
x(2x + 4)8 dx
Re
3. I3 = 1
ln(t)dt
R2 2x
4. I4 = 1
√ dx
3x − 1
R2
5. I5 = 1
x3 ln(x)dx
Chapitre 4
Lois de probabilité continues
par :
F (x) = P (X ≤ x).
29
30 CHAPITRE 4. LOIS DE PROBABILITÉ CONTINUES
P (X ≤ x)
0 a x b
a 0 b
P (a ≤ X ≤ b)
Propriété 20
F (x) = R f (t)dt,
x
f (x) ≥ 0, ∀x ∈ R,
−∞
R f (x)dx = 1,
+∞
−∞
Pour les mêmes raisons que dans le cas discret, nous allons introduire les
notions d'espérance et de variance d'une variable absolument continue.
Remarque : E(X) n'est dénie que si l'intégrale existe (il en sera de même
pour la variance). On dit alors que X est d'espérance nie. Comme dans le cas
discret, nous le supposerons dans la suite du chapitre.
32 CHAPITRE 4. LOIS DE PROBABILITÉ CONTINUES
Propriété 21
Soient a et b des constantes, soient X et Y des variables aléatoires absolument
continues d'espérances nies, alors on a :
1. E(a) = a,
2. E(aX + bY ) = aE(X) + bE(Y ),
3. Soit φ une fonction continue et dérivable sur R, alors
Z
E(φ(X)) = φ(x)f (x)dx.
R
Nous allons adapter tout ce qu'on a vu sur les couples de variables aléatoires
aux variables continues :
Propriété 22
Si X ⊥ Y , alors les évènements X ∈ A et Y ∈ B sont indépendants pour
tous A et B ∈ F .
Si X et Y sont indépendantes alors E(XY ) = E(X)E(Y ).
Dans le cas ou les variables ne sont pas indépendantes, on aimerait savoir à
quel point elles dépendent l'une de l'autre. Pour cela nous avons un outil (si ça
vous rappelle le cas discret, c'est normal) :
Dénition 26 (covariance)
La covariance de X et de Y est dénie par
Cov(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ).
Propriété 23
Pour tout couple de v.a. X et Y ,
V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2Cov(X, Y ).
Le but de ce chapitre est double. Nous allons présenter les lois continues les
plus simples, et nous ferons le lien entre elles et les lois discrètes que nous avons
vu au chapitre 2. En eet ces lois continues s'expriment à partir de processus
discrets (c'est-à-dire à partir d'une suite de variables discrètes) et certaines lois
discrètes que nous avons vu se retrouvent à partir de variables continues.
35
36 CHAPITRE 5. LOIS CONTINUES SIMPLES
P (X ∈ J) = P (X ∈ J ′ ).
f : Fonction de densité
1
b−a
0 a x b
P (X ≤ x)
P (X ≤ x) F : Fonction de répartition
0 a x b
Voici comment fabriquer un dé à l'aide d'un stylo et d'une feuille : nous avons
vu que faire tourner le stylo permet d'obtenir une direction uniforme sur [0, 2π[,
il sut alors de répartir ces directions en 6 quartiers. Tracer donc (vous avez un
stylo, cela tombe bien) un cercle que vous partagez en 6 régions identiques que
vous numérotez de 1 à 6. Ensuite faites tournoyer le stylo, le quartier qu'il pointe
suit une loi uniforme sur {1, ..., 6}, et vous pouvez nir votre partie de Monopoly.
Proposition 5.1.1 Soit U une variable uniforme sur [0, 1], et soit n ∈ N . Alors ∗
décomposition décimale :
+∞
X
Y = 0.X1 X2 X3 ... = Xk .10−k .
k=1
Une fois que l'on sait générer des variables uniformes sur [0, 1], on peut les
utiliser pour créer d'autres variables. La méthode suivante est très utilisée pour
générer des variables complexes par ordinateur :
Proposition 5.1.3
Soit X une variable uniforme sur [0, 1], et soit F une fonction de répartition.
Alors la variable :
Y = inf{x ∈ R : F (x) ≥ X}
admet F comme fonction de répartition.
Cette méthode permet de construire n'importe quelle variable aléatoire (conti-
nue ou non) dont on connait la fonction de répartition !
38 CHAPITRE 5. LOIS CONTINUES SIMPLES
P (X ≥ k + l | X > l) = P (X ≥ k).
E(X) = λ1 ,
V (X) = λ1 . 2
Pour tout réel strictement positif a, la variable a.X suit la loi E(λ/a).
Si Y est indépendante de X et suit la loi E(µ), alors Z = inf(X; Y ) est
une variable aléatoire qui suit la loi exponentielle de paramètre λ + µ.
5.2. LOI EXPONENTIELLE 39
1 f : Fonction de densité
0 a
P (X ≤ a)
P (X ≤ a)
F : Fonction de répartition
0 a
0,3
0,2
0,2
0,1
0,1
0 2 4 6 8 10
40 CHAPITRE 5. LOIS CONTINUES SIMPLES
La notation ⌈X⌉ signie partie entière supérieure, nous l'utilisons car nous
cherchons à obtenir une variable à valeurs strictement positives.
Chapitre 6
Loi normale et TCL
41
42 CHAPITRE 6. LOI NORMALE ET TCL
-2 -1 0 t 1 2
P (X ≤ t)
Propriété 28 Les égalités suivantes seront utiles pour obtenir des valeurs qui ne
sont pas dans la table. Soit un réel t ≥ 0,
P (X < t) = P (X ≤ t),
P (X > t) = 1 − F (t),
P (X ≥ −t) = F (t),
P (X < −t) = 1 − F (t),
P (−t ≤ X ≤ t) = P (X ≤ t) − P (X < −t) = 2.F (t) − 1.
Il est vivement conseillé de faire une ébauche de la courbe de Gauss, et de colorier
la zone que l'on étudie avant de se lancer dans les calculs.
Y −µ
On pose Y∗ = ,→ N (0, 1), on a donc :
σ
Y −µ t−µ ∗ t−µ t−µ
P (Y ≤ t) = P ≤ =P Y ≤ =F ,
σ σ σ σ
n i
i=1
σ
L X n ≃ N (µ, √ ).
n
En pratique, dès que n > 50, on peut considérer que l'approximation par la loi
N (0, 1) est satisfaisante, et permet, en utilisant les tables, de donner de bonnes
valeurs approchées :
Il faut alors calculer l'espérance et l'écart type de la variable pour trouver les
paramètres de la loi.
Exercices : Soient X1 ; X2 ; ...; X60 des variables indépendantes de loi E(10).
Quelle est la loi (approximative) de la somme de ces variable ? De leur moyenne ?
6.2. THÉORÈME CENTRAL LIMITE 45
0,12
p = 0,4, n = 40
0,10
0,08
0,06
0,04
0,02
0,00
0 10 20 30 40
Comment faire alors pour trouver une valeur approchée de P (X = 33) à partir
d'une loi continue qui nous donnera toujours 0 pour un évènement de ce type ?
Pour ce faire il faut revenir à la représentation graphique de la loi normale :
0 µ 33
On remarque que l'ensemble des valeurs qui seront arrondies à 33 sont celles
comprises entre 32.5 et 33.5. Et nous utiliserons donc l'astuce suivante :
Remarque : Si X est une variable discrète telle que l'écart entre deux valeurs
consécutives est α, alors il faut remplacer dans les formules ci-dessus tous les 0.5
par α/2.