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Introduction à l'hydrologie de surface

C’est le cours de hydrologie

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COURS HYDROLOGIE

½ Module

1
PLAN DU COURS

Introduction à l’Hydrologie de surface 2

Le bassin versant 6

Le cycle de l’eau 17

Mesure des précipitations 20

Evaporation, Transpiration et Evapotranspiration 30


Hydrométrie 39

2
INTRODUCTION À L’HYDROLOGIE
DE SURFACE

3
INTRODUCTION

D'une façon très générale, l'hydrologie peut se définir comme l'étude du cycle
de l'eau et l'estimation des différents flux. L'hydrologie au sens large regroupe :

. la climatologie, pour la partie aérienne du cycle de l'eau (précipitations, retour à


l'atmosphère, transferts, etc.) , .
. l'hydrologie de surface au sens strict, pour les écoulements à la surface des continents,
. l'hydrodynamique souterraine (s.s.) pour les écoulements en milieux saturés.

L'hydrologie de surface est la science qui traite essentiellement des


problèmes qualitatifs et quantitatifs des débits des cours d'eau. Ces problèmes se
ramènent généralement à des prévisions ou des prédéterminations de débits ou de
volume en un point ou sur une surface.

4
SCIENCES UTILISEES

L'étude de la partie "écoulement superficiel" du cycle de l'eau nécessite


quand même de connaître les autres parties de ce cycle. L'hydrologie de surface est une
science appliquée qui fait appel à des connaissances dans des domaines très divers:

 Météorologie
Etude des pluies et du retour à l'atmosphère
 climatologie

 géographie

 Géologie Analyse du comportement hydrologique du bassin


 pédologie

 hydraulique → Mesure et étude des écoulements à surface libre,

 Statistique → Traitement des données, simulations, etc.

 calcul numérique → Propagation de crues, modèles, etc.

 informatique → Comme instrument de travail pour les calculs numériques, le stockage


des données, etc.

5
DOMAINES D’APPLICATION

Les domaines d'applications de l'hydrologie de surface sont également


très variés. Parmi les plus importants et les plus classiques, on notera :

 l'agriculture: irrigation, drainage,

 le transport solide (dépôt ou érosion),

 l'étude des ressources en eaux: eau potable, eau pour l'industrie. les loisirs
(plans d'eau),

 la lutte contre la pollution: étude des débits d'étiage évacuant .

 la sécurité des biens et des personnes: l'énergie hydraulique protection contre


les crues.

6
LES MÉTHODES DE TRAVAIL EN HYDROLOGIE DE SURFACE

L'hydrologie de surface est une science essentiellement appliquée. La

recherche et le développement de cette branche ont toujours été liés à l'existence

de problèmes concrets. Ceux-ci ont évolué au cours des temps: on s'est d'abord

intéressé aux crues, on en vient seulement à prendre conscience de l'intérêt de

l'étude des étiages. En effet, aux besoins quantitatifs s'ajoutent à présent des

problèmes de qualité. Parallèlement à l'évolution des besoins, les progrès des

techniques ont transformé nos méthodes de travail. On peut essayer de

schématiser chronologiquement ces dernières de la façon suivante:

7
Dans une première phase, à chaque problème particulier qui se posait,

la réponse de l'hydrologue s’appuyait sur des observation effectuées au point

particulier intéressant. Il en déduisait les solutions recherchées: telles que,

l’alimentation en eau, protection contre les crues, possibilité de navigation,

Ces solutions sont opérées à l’aide de stations de mesures qui ont été
crées pour répondre à des besoins divers et spécifiques. Ces stations dites stations
pluviométriques ou parfois hydrométriques sont gérées par différents services (tels
que l’ONEP, les Agences des Bassins, les offices de mise en valeurs agricoles, la
météo nationale…). L’ensemble des résultats acquis par des mesures au niveau de
ces stations constituent une banque de données.

8
Problème
particulier

Création de stations de
mesure

Mesure des paramètres


hydrologiques

Banque de données

Traitement des résultats

SOLUTIONS

9
LES GRANDES DIVISIONS DU COURS
Partant du principe que l’on ne peut pas faire de bonnes études

hydrologiques sans avoir de bonnes données de mesure et que l'on ne peut pas

faire de bonnes mesures sur des phénomènes que l’on connaît mal, le cours

d’hydrologie sera articulé en trois grandes parties:

 La première partie sera essentiellement descriptive. Elle comportera la

caractérisation du milieu hydrologique: Bassins versants.

 La deuxième partie sera l’étude des paramètres climatiques en relation avec

l’Hydrologie.

 Enfin, la troisième partie sera consacrée à l’étude du cycle de l’eau (traitement

des données hydro-climatologiques).

10
LE BASSIN VERSANT

11
En tout point d'un cours d'eau, nous serons amenés à définir son bassin
versant et à caractériser son comportement hydrologique.

Notion de « Bassin Versant »:

Le bassin versant en une section d'un cours d'eau est défini comme la
surface drainée par ce cours d'eau et ses affluents en amont de la section. Tout
écoulement prenant naissance à l'intérieur de cette surface doit donc traverser la
section considérée, appelée exutoire, pour poursuivre son trajet vers l'aval.
Selon la nature des terrains, nous serons amenés à considérer deux
définitions.

12
Bassin versant topographique:

Si le sous-sol est imperméable, le cheminement de l'eau ne sera


déterminé que par la topographie. Le bassin versant sera alors limité par des lignes
de crêtes et des lignes de plus grande pente comme le montre la figure ci-jointe.

Bassin versant topographique:


Dans le cas d'une région au sous-sol perméable, il se peut qu'une partie
des eaux tombées à l'intérieur du bassin topographique s'infiltre puis sorte
souterrainement du bassin (ou qu'à l'inverse des eaux entrent souterrainement dans
le bassin). Dans ce cas, nous serons amenés à ajouter aux considérations
topographiques des considérations d'ordre géologique pour déterminer les limites du
bassin versant.

13
Cette distinction entre bassin topographique et hydrogéologique se justifie
surtout pour les petits bassins. En effet, lorsque la taille du bassin augmente, les
apports et les pertes souterraines ont plus de chance de se compenser. De plus, on
peut admettre que le débit des cours d'eau est proportionnel à la surface du bassin.

14
Cette différence entre bassins réel et topographique est tout
particulièrement importante en région karstique. Cependant, lorsque l'on s'intéresse
au ruissellement, la délimitation du bassin versant doit aussi tenir compte des
barrières artificielles (routes, chemins de fer, etc.). En effet, l'hydrologie du bassin
versant, et notamment la surface drainée, peuvent être modifiées par la présence
d'apports latéraux artificiels (réseaux d'eaux usées ou potables, drainages, routes,
pompages ou dérivations artificielles modifiant le bilan hydrologique).

15
Caractéristiques morphométriques

L'utilisation de caractéristiques morphométriques a pour but de condenser


en un certain nombre de paramètres chiffrés, la fonction h = f (x,y) à l'intérieur du
bassin versant (h altitude, x et y coordonnées d'un point du bassin versant). Nous
utiliserons trois types différents de paramètres morphométriques.

Caractéristiques de la disposition dans le plan


Surface A

La surface du bassin versant est la


première et la plus importante des
caractéristiques. Elle s'obtient par
planimétrage sur une carte
topographique après que l'on y ait
tracé les limites topographiques et
éventuellement hydrogéologiques.
La surface A d'un bassin s'exprime
généralement en km2..

16
Longueur
On utilise ici les différentes caractéristiques de longueur; la première et
une des plus utilisée est « le périmètre P du bassin versant ».

Le périmètre est mesuré par un curvimètre sur carte cartographique mais,


selon l'échelle de la carte, les détails sont plus ou moins nombreux et il en résulte des
différences de mesures. Avant de procéder au curvimétrage, il faut donc procéder à
une schématisation des limites du bassin, notamment, par des courbes à grand rayon
de courbure.

17
Forme

La forme d'un bassin versant influence l'allure de l'hydrogramme à


l'exutoire du bassin versant. Par exemple, une forme allongée favorise, pour une
même pluie, les faibles débits de pointe de crue, ceci en raison des temps
d'acheminement de l'eau à l'exutoire plus importants. Ce phénomène est lié à la
notion de temps de concentration.

18
Il existe différents indices morphologiques permettant de caractériser le
milieu, mais aussi de comparer les bassins versants entre eux. Citons à titre
d'exemple l'indice de compacité de Gravelius (1914) KG , défini comme le rapport du
périmètre du bassin au périmètre du cercle ayant la même surface :

P P
KG   0.28
2  .A A
Avec :
KG est l'indice de compacité de Gravélius,
A : surface du bassin versant [km2],
P : périmètre du bassin [km].

Cet indice se détermine à partir d'une carte topographique en mesurant le


périmètre du bassin versant et sa surface. Il est proche de 1 pour un bassin versant
de forme quasiment circulaire et supérieur à 1 lorsque le bassin est de forme
allongée.

19
Caractéristiques des altitudes

Hypsométrie

En général, on ne s'intéresse pas à l'altitude moyenne mais plutôt à la


dispersion des altitudes. L'étude statistique permet de tracer la "courbe
hypsométrique". Cette courbe donne la surface S (en km2 ou en % de la surface
totale) où les altitudes sont supérieures à une cote h donnée. Cette courbe est établie
en planimétrant pour différentes altitudes les surfaces situées au-dessus de la courbe
de niveau correspondante.
Bien souvent, on définit la "dénivelée D" comme étant la différence de cote
entre H5 % et H95 %:

D = H5 % - H95 %.

Parfois, on schématise la forme du bassin et la répartition des altitudes sur


le rectangle équivalent. On construit alors une surface ayant même hypsométrie,
même périmètre et même surface que le bassin versant.

20
21
Rectangle équivalent

Ce rectangle est appelé aussi rectangle de Gravelius, il s’agit d’un


rectangle de même superficie et de même périmètre que le bassin versant. De cette
façon, les courbes de niveau deviennent des droites parallèles aux petits cotes du
rectangle. L’un de ces petits cotes représente l’exutoire et l’autre représente l’altitude
maximale du bassin (amont). Soit L et l respectivement la longueur et la largeur du
rectangle et P et A le périmètre et la surface du bassin versant, Ces L et l peuvent
être obtenues de la façon suivante:

Kc A  1.12   Kc A  1.12  
2 2
 
1  1  
L 1  1     l  
1.12   Kc   1.12   Kc  
 

La distance de chaque droite de niveau au petit coté représentant l’amont


du bassin s’obtient en multipliant la fraction du surface cumulée respective à l’altitude
de cette droite par L (longueur du rectangle).

22
715

600

400 0 200 400 600 715

200

0 Sens de l’écoulement
Bassin versant

23
Les indices de pente

Indice de pente globale Ig :


D
Ig 
L'indice de pente globale est exprimé par la relation plus simple: L
D étant la dénivelée h5 % - h95 %, définie sur la courbe hypsométrique. L étant la
longueur du rectangle équivalent. Cet indice, très facile à calculer, est des plus
utilisés. Il sert de base à une des classifications pour des bassins versants dont la
surface est des l'ordre de 25 km2:

R1 Relief très faible Ig ≤ 0.002


R2 Relief faible 0.002 < Ig ≤ 0.005
R3 Relief assez faible 0.005 < Ig ≤ 0.01
R4 Relief modéré 0.01 < Ig ≤ 0.02
R5 Relief assez fort 0.02 < Ig ≤ 0.05
R6 Relief fort 0.05 < Ig ≤ 0.1
R7 Relief très fort 0.1 < Ig

Par ailleurs, cet indice simple est étroitement corrélé avec l'indice de pente de Roche
(Ig = 0,8 Ip2), avec un coefficient de corrélation de l'ordre de 0,99.
24
Caractéristiques du réseau hydrographique

Le réseau hydrographique est l'ensemble des chenaux qui drainent les


eaux de surface vers l'exutoire du bassin versant. La définition d'un cours d'eau est
difficile à donner avec précision, en particulier pour les cours d'eau temporaires.
Selon le support cartographique utilisé, on étudiera le réseau avec plus ou moins de
détails: en photographie aérienne, on pourra déceler des thalwegs de très faibles
extensions, tandis qu'on ne verra que les cours d'eau pérennes et importants sur une
carte au 1/100 000ème.
Le réseau hydrographique peut se caractériser par trois
éléments: sa hiérarchisation, son développement (nombres et longueurs des cours
d'eau) et son profil en long.

25
Hiérarchisation du réseau (Ordre du bassin versant) :

Pour chiffrer la ramification du réseau, chaque cours d'eau reçoit un


numéro fonction de son importance. Cette numérotation, appelée ordre du cours
d'eau, diffère selon les auteurs. Parmi toutes ces classifications, nous adopterons
celle de Strahler :
- tout cours d'eau n'ayant pas d'affluent est dit d'ordre 1 ,
- au confluent de deux cours d'eau de même ordre n, le cours d'eau résultant est
d'ordre n + 1 ,
- un cours d'eau recevant un affluent d'ordre inférieur garde son ordre, ce qui se
résume par : n + n => n + 1 et n + m → max (n,m)

26
La densité de drainage Dd:

Elle se définit par le rapport de la longueur totale des cours d'eau à la


surface du bassin:

Dd 
 Li  1

A km
L’ endoréisme:

On caractérise par ce terme, les réseaux hydrographiques qui ne se


relient à aucun autre réseau plus important. Les réseaux endoréiques sont surtout
fréquents en zone aride et en zone karstique. On peut distinguer deux types
d'endoréisme :
- un endoréisme total où le réseau hydrographique converge vers une zone centrale
(ou parfois périphérique) du bassin où apparaît une surface d'eau libre permanente
ou non, à partir de laquelle s'évapore la quasi-totalité des apports ;
- un endoréisme du ruissellement. Dans ce cas, le réseau de drainage aboutit à une
zone où l'eau s'infiltre et poursuit son écoulement vers l'extérieur du bassin par les
nappes.
27
Profils en long :

Ces profils sont établis en portant en abscisses les longueurs


développées à partir d'un point de référence et en ordonnées les cotes de l'eau dans
le cours d'eau principal et dans ces affluents. Ces profils sont parfois disponibles
lorsque la navigation, où les besoins en hydroélectricité ont nécessité des études.
Mais dans la plupart des cas, on devra faire ce relevé, soit par nivellement sur le
terrain, soit plus sommairement à partir des cartes topographiques

28
Caractéristiques géologiques

La géologie d'un bassin versant est un facteur très important du régime


des cours d'eau qui drainent ce bassin. En période de crue, les volumes écoulés
seront d'autant plus grands que le bassin sera plus imperméable. En période de
basses eaux, les débits seront d'autant plus forts que les nappes sont plus
nombreuses et importantes.
Enfin, la géologie influe indirectement sur l'évapotranspiration par l'effet
thermique dû à la couleur des sols et par le développement de la végétation en
fonction des sols (albédo). On se contente généralement de caractériser la géologie
d'après le comportement hydrogéologique du bassin, selon la classification suivante:

Classe Intitulé du bassin Géologie


1 Perméable à aquifère drainant Formation gréseuse dont les exutoires sont à
ou non drainé l'extérieur du bassin
2 Perméable à aquifère drainé Formation gréseuse dont les sources
alimentent le réseau
3 Perméabilité moyenne ou faible Alternance de marnes et calcaires
4 Karstique Formation calcaire, perméabilité de fissures
et développement d'un réseau souterrain
5 Perméable Terrain marneux, cristallin, etc.
29
Le Couvert Végétal

Le couvert végétal influe beaucoup sur les quantités d'eau disponibles


pour l'écoulement de surface. En effet, l'évapotranspiration par les végétaux est très
importante et elle varie selon la nature des végétaux (forêts, cultures, prairies, etc.).
Par ailleurs, la végétation joue également un rôle atténuateur important en
période de crue: en effet, lorsque la végétation est développée, le ruissellement est
retardé et la pointe de crue est atténuée. L'écoulement étant plus long, la part d'eau
reprise par l'évapotranspiration augmente et le volume de la crue diminue.
Pour caractériser le couvert végétal, on utilise le pourcentage des surfaces
occupées par chaque type de végétation. On se contente généralement de trois
classes: forêt, cultures, pâturages et friches. (Parfois même, on ne retient que le
pourcentage des forêts.). La détermination des surfaces occupées par chaque type
de végétation est parfois difficile. La télédétection satellitaire trouve ici une application
particulièrement efficace.

30
Calcul de la lame d’eau tombée dans un bassin versant

1- Méthode arithmétique

2- Méthode de Thiessen

3- Méthode des Isohyètes

31
LE CYCLE DE L’EAU

32
INTRODUCTION

Le cycle de l'eau, appelé aussi cycle hydrologique, est l'ensemble des

cheminements que peut prendre une particule d'eau. Ces mouvements,

accompagnés de changements d'état, peuvent s'effectuer dans l'atmosphère, à la

surface du sol et dans le sous-sol. Chaque particule n'effectue qu'une partie de ce

cycle et avec des durées très variables: une goutte de pluie peut retourner à

l'océan en quelques jours alors que sous forme de neige, en montagne, elle

pourra mettre des dizaines d'années.

33
34
ETATS ET SITUATIONS DE L’EAU

Classiquement, on schématise les états et les situations de l'eau dans le

cycle de la façon suivante:

Etats Principaux stocks Phénomènes de transport


Vapeurs humidité atmosphérique, Évaporation /
Nuages, brouillards Evapotranspiration
Liquide Océans, mers, lacs, Pluie, cours d’eau, nuages,
Eaux souterraines Circulations souterraines
Solide Glaciers, couches de Neige, grêle,
neige Écoulement des glaciers
Calottes polaires

35
LE BILAN HYDROLOGIQUE

E D

P R

Q
I

36
CALCUL DU DÉFICIT HYDROLOGIQUE

1/(0,8 + 0,14T)

L = 300 + 25T + 0,05T3

37
LA PRECIPITATION

38
Introduction

Sous le terme de précipitations, on regroupe toutes les eaux météoriques qui


arrivent au sol sous quelque forme que ce soit; la pluie, de la neige, de la grêle, de la rosée,
de la bruine…

Les mesures de précipitations intéressent des secteurs d'activités assez divers


mais principalement la météorologie, l'agriculture, l'hydrologie, etc. Des réseaux de mesures
ont généralement été installés de longue date. Au Maroc, le développement de ces réseaux
a débuté vers le début du XXème siècle, avec l’arrivée des français; malheureusement, le
nombre de stations de mesures a subi des variations très importantes. De nos jours, il est
encore fréquent d'avoir à installer de nouvelles stations pluviométriques pour les besoins
d'une étude. L'idée est de mesurer la quantité d'eau tombée au sol durant un certain
intervalle de temps. La signification d'une mesure pluviométrique n'est que relative.

39
Formation des précipitations

Les précipitations commencent leur formation par la formation des nuages à


partir du point de rosée:
Le nuage est un aérosol pouvant être constitué d'air, de vapeur d'eau, de
gouttelettes d'eau liquides et de cristaux de glace.
Les dimensions des gouttelettes sont très faibles. On admet que leur diamètre
est de l'ordre de 5 à 30 µ et leur espacement de 1 mm. Leur vitesse de chute en air
calme serait de quelques millimètres par seconde; or, les nuages sont animés de
turbulences dont les vitesses instantanées sont sans aucune commune mesure
(plusieurs mètres par seconde).
Pour qu'il y ait chute des particules d'eau, il faut que leur vitesse soit très
nettement supérieure à la vitesse des courants ascendants.

40
Mécanismes de formation

• étape de refroidissement,
• étape de condensation,
• déclenchement des précipitations.

41
42
Nombre de particules en suspension dans l’air

Lieu Nombre
moyen/cm3

Grande ville 15.104


Petite ville 35.103
Campagne 104
Altitude > 2 km 103
Au dessus de l’océan 103

Déclenchement des précipitations

Les gouttes doivent atteindre un diamètre de 0,1 mm et acquérir une vitesse de chute
suffisante pour grossir par "balayage" d'autres gouttelettes. La goutte ainsi amorcée va
augmenter de volume lors de sa chute et accroître sa vitesse.

On constate que les gouttes doivent avoir au moins un diamètre de 0,5 mm pour pouvoir
provoquer une pluie. Pour former une goutte de pluie, il faut donc environ 106 gouttelettes
élémentaires.
43
Types d’éléments précipités

La pluie

44
La pluie chaude

45
La pluie acide

46
La neige

47
La grêle

48
Types de précipitation

• précipitations orographiques.
• précipitations frontales,
• précipitations de convection.

49
Précipitations orographiques

Si une masse d'air se déplaçant horizontalement rencontre un obstacle


topographique (chaîne de montagnes par exemple), il s'ensuit une élévation des masses d'air et
par conséquent leur refroidissement.

Comme précédemment, on obtient des précipitations sous forme de pluie mais


aussi, si l'altitude est suffisante, de la neige. Après le passage de la chaîne, l'air va
redescendre, se comprimer et se réchauffer. On a alors des vents chauds et secs (effet de
"foehn ").

50
51
Précipitations de convection

Si une masse d'air se réchauffe au voisinage du sol, le profil de température va


évoluer en augmentant son gradient et en tendant vers la zone 1 du §.IV.I.4. Il y aura alors
instabilité et apparition de cellules de convection. L'air humide et chaud va monter, se détendre
et se refroidir. Lorsque le point de rosée est atteint, il se forme un nuage (cumulus) et si
l'ascendance est suffisante, on pourra atteindre une altitude suffisante pour déclencher les
précipitations.
Ce type de pluie correspond à la plupart des précipitations des régions équatoriales;
on le rencontre également en climat tempéré sous forme d'orages d'été.

52
Précipitations frontales (Climatologie)

Lorsque plusieurs masses d'air de propriétés différentes se rencontrent, les plus


chaudes et les plus humides sont poussées vers les hautes altitudes où elles se refroidissent et
se condensent. Ce sont ces précipitations qui sont les plus importantes, les plus longues et les
plus fréquentes sous notre région.

Les précipitations solides

Elles se produisent essentiellement sous deux formes:

* La grêle:

Elle se forme dans les cumulo-nimbus vers 5000 m d'altitude avec de fortes
turbulences. Les quantités d'eau surfondues que peuvent contenir ces nuages se solidifient
brusquement au contact de cristaux de glaces. Ce phénomène est relativement mal connu. Son
extension géographique est généralement faible.

* La neige :

C'est la principale forme de précipitations solides. Elle résulte d'une condensation


lente et progressive de la vapeur d'eau à une température voisine de 0° C. Cette condensation
se fait initialement en cristaux en forme d'étoile à six branches. Si les cristaux subissent une
fusion partielle, ils s'agglomèrent au cours de leur chute pour former les flocons.
53
Mesure des précipitations

Les pluviomètres

Le pluviomètre est un appareil très simple qui comporte une surface réceptrice
limitée par une collerette cylindrique; l'eau traversant cette surface est dirigée par un
entonnoir vers un seau récepteur. Si durant un certain intervalle de temps Δt, on a récupéré
un volume V à travers la surface réceptrice S, la hauteur de pluie HΔt tombée est:
V
H t
S
Dans la pratique, on adjoint à chaque pluviomètre
une éprouvette graduée (fonction de la surface réceptrice S)
qui permet la lecture directe de HΔ t en 1/10ème mm.
L'appareil plus répandu au Maroc est le pluviomètre
"Association" de 400 cm2 de surface et disposé sur un pied à
1,5 m du sol. En général, les pluviomètres sont relevés par un
observateur une ou deux fois par jour à 6 h et 18 h.

54
Les pluviographes

Ce sont des appareils destinés à l’enregistrement de la hauteur de pluie cumulée


en fonction du temps. Deux types principaux ont eu un certain développement: les
pluviographes à augets basculeurs et ceux à siphons. Actuellement ces derniers ont
tendance à être abandonnés.

Pluviographe à augets basculeurs Pluviographe à siphons

Les pluviographes à augets basculeurs ont la partie captante commune avec les
pluviomètres; ils en diffèrent par la partie réceptrice en aval de l’entonnoir. L’eau est dirigée
par un court tube vers les augets de mesures. Ceux-ci sont disposés symétriquement par
rapport à un axe de rotation horizontal. Dans le schéma ci-dessus, l’auget de gauche est
entrain de se remplir alors que celui de droite s’est déjà vidé.
55
Les nivomètres

Les pluviographes sont aptes à mesurer l’équivalent en eau des précipitation


sous forme solide qui atteignent le capteur. En effet, il suffit de leur adjoindre un système de
réchauffement pour que la neige ou la grêle fonde au contact de l’entonnoir.
Une autre technique de mesure consiste à la mesure par sondage. Celle-ci
consiste à envoyer sur le terrain un opérateur qui procède à un carottage du manteau
neigeux. On pèse alors la carotte pour obtenir l’équivalent en eau.

Stations pluviométriques

Le site

Le site d'implantation d'un pluviomètre comme d'un nivomètre doit répondre à


certains critères:
 être représentatif du secteur en étant exposé "normalement" aux vents ;
 être éloigné de toute singularité trop proche. On admet en général une distance minimum
de quatre fois la hauteur de l'obstacle.

56
Pluviomètre

H = h x d2/D2

H: hauteur réelle,
h: hauteur mesurée dans le petit récipient,
d: diamètre du petit récipient,
D: diamètre du cylindre externe.

57
EVAPORATION ET EVAPOTRANSPIRATION

58
Le retour de l'eau à l'atmosphère peut se faire de différentes manières, soit
directement par évaporation à partir d'une surface d'eau libre (mer, lac, cours d'eau, etc.),
soit le plus souvent à partir d'un sol ou par l'intermédiaire des végétaux. On parle dans ce
deuxième cas d'évapotranspiration. Pour l'évaporation, la quantité d'eau qui repart dans
l'atmosphère dépend uniquement des paramètres physiques tels que la température de l'air,
de l'eau, de la vitesse du vent, du degré hygrométrique, de l'ensoleillement, etc.
L'évapotranspiration, elle, dépend en plus du couvert végétal et de son stade de
développement.

Mesure des paramètres physiques conditionnant l'Evaporation

Ces mesures sont généralement faites par les services météorologiques.


Cependant, dans certains cas particuliers, les données ne sont pas disponibles à proximité
du site envisage; dans ce cas, l'hydrologue peut être amené à installer des stations
climatologiques plus ou moins complètes: Température, l’humidité de l’air, le vent etc...

59
Evaporation

•Etat de saturation l’atmosphère

•Type de la surface à évaporer.

Mesure des paramètres physiques conditionnant l'Evaporation

Ces mesures sont généralement faites par les services météorologiques.


Cependant, dans certains cas particuliers, les données ne sont pas disponibles à proximité
du site envisage; dans ce cas, l'hydrologue peut être amené à installer des stations
climatologiques plus ou moins complètes: Température, l’humidité de l’air, le vent etc...

• La température de l’air,

• L’humidité,

• La pression barométrique,

• Le vent,

• Qualité de l’eau,

60
Mesures de l'Evaporation

Les mesures de "l'évaporation" peuvent se faire de différentes façons selon les


buts poursuivis: estimation de l'évaporation à partir d'un réservoir, estimation de l'évaporation
potentielle. Parfois on souhaite même évaluer l'ensemble de l'évaporation et de la
transpiration par le Système sol-végétaux, c'est à dire directement l'évapotranspiration réelle.

Mesures de l'évaporation à partir d'une surface libre

Différents types d'appareils ont été conçus mais avec leurs défauts et leurs
qualités. Les plus utilisés sont:

Bac classe A (du Weather Bureau, U.S.A.)

Le bac classe A est constitué d'un cylindre


métallique de de 121,9 cm de diamètre et de 25,4 cm de
hauteur. Dans ce cylindre, on maintient une épaisseur
d'eau de 17,5 à 20 cm. Le cylindre est supporté par un
caillebotis à 15 cm du sol. Le caillebotis doit permettre
une bonne aération sous le bac.

61
Bac Colorado

Le bac Colorado est un bac de section carrée


de 92,5 cm de côté, d'une hauteur de 60 cm et enterré
de 50 cm. L'eau est maintenue à 10 cm environ du
rebord, soit sensiblement au niveau du sol. Cet appareil
étant enterré et avec 50 cm épaisseur d'eau, il se
rapproche plus des conditions naturelles.

Mesure de l'évaporation à partir de surfaces poreuses: les atmomètres

Ces appareils sont destinés à mesurer une grande caractéristique du pouvoir


évaporant de l'air ambiant. Ces appareils devraient donc avoir les qualités suivantes: faible
inertie thermique, surface évaporante, plane, horizontale et à comportement de corps noir,
faible perturbation du champ des vitesses du vent, ne pas modifier l'humidité relative de l'air
ambiant au voisinage de l'appareil.

62
Le « Black Bellani »

C'est un des appareils qui correspond le


mieux aux qualités que l‘on exige d'un atmomètre.
L‘évaporation se fait à partir d'une surface poreuse
de porcelaine noire de 7,5 cm de diamètre. Cette
coupelle est alimentée en eau à partir d'un réservoir
qui sert également à mesurer la quantité d'eau Valve
évaporée.

Les faibles dimensions de l'appareil


permettent d'obtenir une faible inertie thermique, et
l'évaporation réduite ne perturbe pas l'hygrométrie
ambiante. Enfin, la couleur noire de la surface
évaporante permet de capter les radiations sur la
quasi-totalité du spectre. Cet appareil est installé
sans protection à 2 m du sol, dans une zone
représentative.

63
Le "Piche"

Parmi un grand nombre d'autres


atmomètres, existe l’atmomètre de Piche. Il est utilisé
très fréquemment par les agronomes. Son emploi se
justifie par la simplicité et le faible coût de l'appareil.

La surface évaporante est constituée par


un film de papier buvard blanc, fixé à l'extrémité du
tube en verre en forme de U. Ce tube sert à la fois à
l'alimentation et à la mesure de l'évaporation. La
feuille de buvard est changée chaque jour après
lecture de l'appareil.

Le Piche est disposée à l'intérieur de l'abri


météorologique

64
Transpiration

65
Calcul et estimation de l'Evapotranspiration

Notion d'évapotranspiration réelle et potentielle

On appelle évapotranspiration réelle (notée par la suite ETR), la quantité d'eau,


généralement exprimée en millimètres, évaporée ou transpirée par le sol, les végétaux et les
surfaces libres d'un bassin versant.

L'évapotranspiration potentielle (notée par la suite ETP) est la quantité d'eau qui
serait évaporée ou transpirée à partir d'un bassin versant si l'eau disponible pour
l'évapotranspiration n'était pas un facteur limitant.

Mesures directes

Les mesures directes d' ETP ou d' ETR se font surtout en agronomie où on étudie
chaque type particulier de cultures. Les résultats de ces mesures sont difficiles à utiliser avec
précaution en hydrologie car il y a une très importante différence d'échelle entre la surface de
la parcelle d'essai (quelques mètres-carrés) et celle d'un bassin versant (des dizaines de
kilomètres-carrés).

66
Estimation de l'évapotranspiration Potentielle

Plusieurs formules permettent d'évaluer l'ETP à partir de différentes mesures


climatologiques. La plus complète et la plus complexe est certainement la formule de
Penman basée sur la notion de bilan énergétique. Cependant, le nombre de paramètres
utilisés par cette formule (différentes températures, hygrométrie, rayonnement global, albédo,
etc.) font que son emploi est rarement possible compte tenu des mesures disponibles. Parmi
les autres formules on peut citer:
Formule de Thornthwaite:

Thornthwaite a proposé également une formule basée essentiellement sur les


a
températures de l'air :  t
ETP  16. 10  .K
 I
1.514 12
t 1.6
i  I  i a .I  0.5
Avec:
5 1
100

t est la température moyenne mensuelle du mois considéré,


ETP est l'évapotranspiration potentielle du mois considéré (en mm d'eau),
K est un coefficient d'ajustement mensuel.
67
Mois J F M A M J Ju A S O N D

K 0.73 0.78 1.02 1.15 1.32 1.33 1.33 1.24 1.05 0.91 0.75 0.70

Formule de Turc:

La formule de Turc, qui dérive en la simplifiant de la formule de Penman, ne


nécessite que la connaissance des températures de l'air et de la radiation globale ou de la
durée d'insolation. Cette formule est la suivante:

t
ETP  0.4 ( Ig  50).K
Avec:
t  15

t est la température moyenne mensuelle de l’air (°C),


ETP est l'évapotranspiration potentielle du mois considéré (en mm d'eau),
Ig radiation globale moyenne mensuelle reçue au sol (en calorie/cm2/jour)
K un cœfficient égal à 1 si l'humidité relative hr est supérieure à 50 %, si non la valeur de K
est:
50  hr
K  1
70
68
Si la radiation globale Ig n'est pas mesurée, on pourra l'évaluer à partir de la
durée d'insolation h par la formule:
 h
Ig  IgA 0.18  0.62 
 H
avec :
IgA, radiation globale théorique (en cal/cm2/jour),;
H, durée théorique des jours du mois.

Les abaques suivants permettent d'évaluer IgA et H en fonction de la latitude et du mois.

Cette formule d'emploi aisé, bénéficie


d'un préjugé assez favorable quant à
la précision des estimations obtenues
à l'échelle mensuelle.

45 46 47 48 49 50 45 46 47 48 49 50
Latitude Latitude 69
Estimation de l'E.T.P. par la méthode de Penman:

D'autres formules pour évaluer l'ETP sont utilisables. Citons par exemple les
formules de Penman, de Bouchet, de Blanet et Criddle, de Papdakis dont on trouvera les
expressions dans des ouvrages de climatologie et d'agronomie. La formule simplifiée de
Penman peut être écrite comme suit:

Formule de Penman:

T
ETP  K ( ).(Rg  50)
T 15
h
Rg  Iga (0.18  0.62 )
Avec: H

ETP; évapotranspiration potentielle mensuelle (mm/mois),

T; température mensuelle moyenne,


Rg; radiation solaire globale,
k= 0,37 pour février k=0,40 pour les autres mois,

Iga; radiation solaire directe en l'absence d'atmosphère,


h/H; durée réelle d'insolation/durée maximale possible (varie entre 1 et 0,1).
70
Valeurs d’Iga

latitude nord 40° 50°


janvier 364 222
février 495 360
mars 673 562
avril 833 764
mai 944 920
juin 985 983
juillet 958 938
aout 858 800
septembre 710 607
octobre 536 404
novembre 390 246
décembre 323 180

71
Estimation de l'évapotranspiration Réelle

Formule de Turc:

TURC a proposé une formule permettant d'évaluer directement l'ETR annuelle


moyenne d'un bassin à partir de la hauteur annuelle de pluie et de la température moyenne
annuelle:
P
ETR  )
2
P
0.9 
L2
Avec;
LL = 200
300+25t + 0.05
25T 0,05Tt3
3

ETR; évapotranspiration réelle (mm/an),

P; hauteur annuelle de pluie (mm),


t; température annuelle (°C).
Cette formule est d'un emploi aisé mais elle ne donne malheureusement que l'ordre de
grandeur de l'ETR. En effet, cette formule permet l'estimation du "déficit d'écoulement" qui ne se
rapproche de l'évapotranspiration réelle que pour des bassins versant relativement étendus, sans
échanges à la frontière et pour des durées d'observation assez longues pour que l'on puisse négliger
les variations de réserves souterraines. Cependant et dans la mesure du possible, on préférera la
méthode suivante.
72
Méthode simplifiée de Thornthwaite:

Cette méthode est basée sur la notion de réserve en eau facilement utilisable
(notée par la suite RFU).
On admet que le sol est capable de stocker une certaine quantité d'eau (la RFU) ;
cette eau peut être reprise pour l'évaporation par l'intermédiaire des plantes.
La quantité d'eau stockée dans la RFU est bornée par 0 (la RFU vide) et RFU max
(capacité maximale de la RFU qui est de l'ordre de 0 à 200 mm suivant les sols et sous-sols
considérés, avec une moyenne de l'ordre de 100 mm).
On admet que la satisfaction de l'ETP a priorité sur l'écoulement, c'est-à-dire
qu'avant qu'il n'y ait d'écoulement, il faut avoir satisfait le pouvoir évaporant (ETP = ETR). Par
ailleurs, la complétion de la RFU est également prioritaire sur l'écoulement.
On établit ainsi un bilan à l'échelle mensuelle, à partir de la pluie du mois P, de
l'ETP et de la RFU.
Si P > ETR, alors:
 ETR = ETP
 il reste un excédent (P - ETP) qui est affecté en premier lieu à la RFU , et, si la RFU est
complète, à l'écoulement Q.

73
Si P < ETP :

 on évapore toute la pluie et on prend à la RFU (jusqu'à la vider) l'eau nécessaire pour
satisfaire l'ETR soit:

 ETR = P +min (RFU,ETP-P)


 si RFU = 0, la quantité (Da = ETP - ETR) représente le déficit agricole, c'est-à-
dire sensiblement la quantité d'eau qu'il faudrait apporter aux plantes pour qu'elles ne
souffrent pas de la sécheresse.

Mois S O N D J F M A M J Ju A

P 30 28.6 53.4 70.3 41.4 86.5 14.1 64.3 9,1 56,2 39,4 11,8

ETP 67,4
40.0 9.2 17.1 16.2 35.1 50.9 80.9 120.6 104.7 143.2 118,7

P-ETP -37.4
-11.4 44.2 53.2 25.2 51.4 -36.8 -16.6 -111.5 -48.5 -103.8 -106.9

RFU
0.0 0.0 44.2 97.4 100.0 100.0 63.2 46.6 0.0 0.0 0.0 0.0

Ecoule- 0.0
0.0 0.0 0.0 22.6 51.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
ment
ETR 30 28.6 9.2 17.1 16.2 35.1 50.9 80.9 55.7 56.2 39.4 11.8

Déficit 37.4 11.4 0.0 0.0 0.0 0.0 36.8 16.6 111.5 48.5 103.8 106.9

74
75
HYDROMÉTRIE

76
Les débits des cours d'eau varient en fonction du temps. Certaines études
nécessitent des mesures instantanées de ces débits; on exécute alors des jaugeages aux
instants choisis. Dans la plupart des cas, c'est l'évolution des débits en fonction du temps
qui nous intéresse; on installe alors des stations hydrométriques (appelées également
stations de jaugeage).

Acquisition des débits en fonction du temps

Actuellement, il n'existe aucune technique opérationnelle qui permette de


mesurer directement le débit en fonction du temps. Cette opération se fait généralement
dans la pratique de la manière suivante:
 on enregistre en un point du cours d'eau (la station hydrométrique), la hauteur d'eau H en
fonction du temps. Cet enregistrement H (t) est appelé "limnigramme",
à différents instants t = t1, t2, ... tn, on pratique des mesures instantanées de débits Qt1,
Qt2, ...Qtn; ces mesures correspondent à des enregistrements de hauteur synchrone Htn,
Ht2, ... Htn.
 dans certaines conditions hydrauliques, comme le passage en "section critique", il existe
une relation bilatérale entre la hauteur d'eau et les débits. Dans ces conditions, les différents
jaugeages (Qti, Hti) permetent d'établir la relation hauteur-débit appelée courbe de tarage :
Q (H).
77
 en combinant la courbe de tarage Q (H) et le limnigraphe H (t), on obtient aisément
l'évolution du débit en fonction du temps Q (t) appelé hydrogramme. Cette vision est tout à
fait idyllique car de nombreuses difficultés apparaissent au long des différentes étapes
comme nous allons le voir.

Les méthodes de jaugeages

Un jaugeage est donc une mesure quasiment instantanée du débit d'un cours
d'eau. Les techniques utilisées sont nombreuses et généralement complémentaires; elles
s'appuient sur des principes très différents selon les cas.

Réservoirs étalonnés

Cette technique simple consiste à mesurer le temps nécessaire Δt, pour remplir
un récipient de volume V. On obtient le débit Q par la relation suivante: Q = V / Δt.
Cette méthode est surtout utilisée pour jauger des sources ou de très petits cours
d'eau (débits de l'ordre de quelques litres par seconde au maximum).
Le récipient peut être un seau de 10 litres ou un bac plastique de 100 litres par
exemple. La seule condition est de pouvoir faire rentrer l'eau dans le récipient ce qui
nécessite, soit une chute naturelle, soit de pouvoir aménager cette chute par une gouttière
en plastique par exemple.
78
Déversoirs

Le débit d'un cours d'eau peut être mesuré en utilisant des déversoirs sur des
orifices normalisés. Ces techniques, adaptées surtout aux petits débits, utilisent les résultats
de l'hydraulique classique mais dans des conditions bien souvent éloignées de celles
rencontrées en laboratoire. Différents types de déversoirs sont utilisés mais on rencontre
principalement des déversoirs triangulaires dont la relation hauteur-débit théorique est:

Q  [Link]
En général on utilise la relation: 
Q  [Link] .h 2.47
2
Dans la pratique, il est prudent de réaliser quelques jaugeages de contrôle
permettant de déterminer les valeurs a et b dans les conditions réelles d'installation. Dans la
quasi-totalité des cas, on utilise des déversoirs fixés à demeure dans le cours d'eau.

79
Jaugeages par dilution

Le principe- général du jaugeage par dilution est simple. On injecte dans une
section I, un traceur à une concentration C1; en un point de prélèvement P situé en aval, on
prélève un échantillon d'eau de la rivière et l'on détermine sa concentration C2 en traceur. Il
est alors simple d'établir la relation entre le débit Q du cours d'eau et les concentrations C1
et C2, soit par l'égalité des flux, soit par la conservation des masses entre les points P et I
selon les procédés d'injection.

Choix du traceur

A priori, le nombre de traceurs utilisables est élevé; cependant, il est souhaitable


qu'ils possèdent les qualités suivantes:
 facilement solubles dans l'eau,
 stables chimiquement en solution,
 non toxiques,
 facilement dosables et à faibles concentrations,
 peu coûteux,
non adsorbable par les matières en suspension ou au contact des rives (argiles),
non préexistants dans le cours d'eau (si possible) ou à faible concentration,
 etc.
80
Dans ces conditions, le choix se réduit beaucoup et dans la pratique, on utilise
les produits suivants:

 les chlorures de sodium (NaCI) : l'inconvénient est que souvent les quantités de sel à
injecter sont importantes; par contre, le dosage par résistivimétrie est relativement simple;
 la Rhodamine B (C1O H21 CI 03 N2) : son avantage essentiel est d'être dosable à de très
faibles concentrations. On utilise ainsi peu de produit même pour de gros débits; sa mise en
œuvre sur le terrain est simplifiée. Cependant, ce colorant rouge très violent est difficile à
diluer, à nettoyer des appareils et d'autre part, il se fixe sur les argiles en suspension dans
l'eau;
 le bichromate de sodium (Na2 Cr2 07) : c'est de loin le traceur qui a été le plus utilisé. Il
satisfait à la quasi-totalité des qualités requises pour un traceur hydrologique. Cependant, il
s'avère que ce sel est toxique tout au moins à forte concentration (>> 1 mg/litre) et pour des
durées supérieures à la journée;
 Les colorants alimentaires: trois traceurs ont été retenus jusqu'à maintenant: la tartrazine
(E102), le jaune orange S (E11O) et le rouge cochenille (E124). Au niveau des avantages,
citons la non-toxicité; par contre, comme la rhodamine, ces substances sont difficilement
solubles.

81
Choix du site

La mesure des débits par dilution ne peut s'effectuer que s'il y a un bon brassage
de l'eau entre le point d'injection et le point de prélèvement. Il faut que la concentration C2
mesurée au point de prélèvement représente bien la concentration moyenne dans toute la
section à cet instant.
Un site favorable est un tronçon de rivière particulièrement agitée avec soit des
blocs rocheux au milieu du cours d'eau, soit une succession de coudes qui assurent un
brassage latéral. Dans la pratique, on a souvent tendance à privilégier le rôle de chutes qui
n'assurent cependant qu'un brassage vertical.
La longueur du tronçon sur lequel on doit faire la mesure sera au moins égale à la
"distance de bon mélange". La meilleure façon de procéder est encore de faire un test avec
un colorant et d'évaluer à l'oeil la distance nécessaire pour que ce colorant se répartisse
uniformément. Selon la nature du courant, l'ordre de grandeur des distances de bon mélange
est:
Largeur du cours d’eau (m) Longueur de bon mélange (m)

0 à 10 50 à 500

10 à 50 500 à 2500

50 à 200 2500 à 15000

82
Mise en oeuvre pratique

D'un point de vue pratique, il convient de prévoir les concentrations CI à injecter,


l'injection à débit constant, les prises d'échantillons.

 Concentrations C1 à injecter

la quantité du traceur que l'on injectera doit être telle que la concentration finale C2
soit au moins du double de la précision de dosage. Pour les principaux traceurs, les
concentrations minimales dosables C2 sont les suivantes:

Traceur Chlorure Rhodamine Bichromate Colorants


Alimentaires
C2 min (mg/l) 5 0.1 0.2 0.2

C1 max (mg/l) 200 10 600 100

83
 Injection

Pour l'injection à débit constant, on prépare la quantité de traceur à utiliser (par


exemple, dans un réservoir de 100 ou 200 litres) et on maintiendra l'homogénéité. Ce
réservoir alimente un vase à niveau constant dont le fond est muni d'un orifice calibré. On
obtient ainsi le débit q constant. Ce vase se vidange directement dans le cours d'eau ou si la
largeur importante, on installera une rampe d'arrosage.

 Prélèvements et analyses

Dans la plupart des cas, l'analyse est faite par colorimétrie; on procédera donc,
durant le jaugeage, à un prélèvement de solution à CI que l'on diluera avec l'eau de la rivière
à différente concentrations voisines du C2. Au laboratoire, ces échantillons dilués serviront à
l'étalonnage du colorimètre.

84
Domaine d'application

Longtemps, les méthodes de jaugeage par dilution n'ont été utilisées que pour des
petits débits (inférieurs à 10 m3/s) et pour des eaux peu chargées. Le développement de
techniques chimiques d'extraction et de reconcentration font que de nos jours, il est possible
à des expérimentateurs avertis de procéder à des jaugeages beaucoup plus importants et
dans des eaux chargées.

Par ailleurs, ces techniques sont particulièrement adaptées aux cours d'eau très
brassés (type torrent de montagne), conditions qui sont au contraire défavorables aux
mesures au moulinet comme on le verra plus tard.

Jaugeages par exploration du champ des vitesses

Soit une section droite S d'un cours d'eau; le débit dans cette section se définit
comme le flux d’eau qui passe à travers la section S.

Le matériel de mesures

La chaîne de mesures comporte différents éléments que nous allons étudier


successivement.

85
a. Les capteurs: les hélices:

Le paramètre à mesurer est la composante normale à la section de la vitesse de


l'eau. Le capteur le plus utilisé est une hélice. Si on introduit cette hélice dans l'écoulement,
la vitesse longitudinale de l'eau va provoquer la rotation de l'hélice.

Théoriquement, la relation entre la vitesse de rotation n (en tours/seconde) et la


vitesse de l'eau V (en m/s) ne dépend que du pas p de l'hélice:

V=np

Dans la pratique, on s'éloigne de cette courbe idéale du fait des frottements et des

perturbations des vitesses dues au support de l'hélice. L'étalonnage est fait au laboratoire
dans les conditions réelles d'emploi et la relation V [f (n)] est du type:

V = an + b

où a représente le pas réel et b la vitesse de démarrage (ou vitesse de frottement). Parfois


même, on est amené à utiliser deux formules, suivant les plages de vitesses: par exemple,
une hélice de pas nominal 0,25 m peut avoir des formules d'étalonnage suivantes:

* n < 0,59 V = 0,2345 n + 0,017

* n > 0,59 V = 0,2515 n + 0, 007


86
La sensibilité d'une hélice dépendant de son pas, on
utilisera pour mesurer des faibles vitesses, des hélices à
faibles pas et pour des grandes vitesses, des pas plus
longs. Il existe par ailleurs une vitesse limite supérieure liée
aux capacités d'enregistrement du nombre de tours par
seconde.

Diamètre (m) Pas nominal (m) V minimale (m/s) V maximale (m/s)

0.03 0.05 0.050 0.5


0.10 0.055 1.1
0.05 0.05 0.025 0.50
0.10 0.030 1.00
0.25 0.035 2.50
0.50 0.060 5.00
0.08 0.125 0.060 1.25

100 0.25 0.040 6.00

125 0.25 0.050 2.50


0.50 0.060 5.00
1.00 0.080 10.00

87
b. Les moulinets (traitement du signal):

Les moulinets ont pour objet de transformer le mouvement de rotation de l'hélice en 1


impulsions électriques aisément transférables et enregistrables.
Le principe en est simple; un axe auquel est fixée l'hélice est entraîné dans son
mouvement de rotation. La partie arrière de cet axe porte, soit une vis sans fin qui par un système
d'engrenage ferme un circuit électrique à chaque tour, soit un aimant dont la rotation provoque la
fermeture d'un contacteur magnétique.
Les éléments mécaniques sont dans un bain d'huile spécial dont les variations de
viscosité avec la température sont négligeables. Des joints empêchent la pénétration des
substances en suspension.
L'ensemble du moulinet est généralement réalisé en acier inoxydable. Notons enfin
que pour certains matériels. le dispositif de contact est modifiable de façon à n'émettre une
impulsion que les 1, 2, 10 ou 20 tours.

c. Enregistrement (les compteurs):

Les compteurs ont pour objet de totaliser les impulsions électriques émises par le
moulinet. La cadence maximale d'enregistrement est généralement de 10 impulsions/seconde; les
modèles les plus récents montent à 20 Hz.

88
Parmi les différents modèles, on peut citer:

 Les totalisateurs

Un même bouton sert à la mise en route et à l'arrêt du comptage. Un affichage


mécanique ou à cristaux liquides, donne le nombre d'impulsions enregistrées et un bouton permet
la remise à zéro. Ce type d'appareil est donc utilisé avec un chronomètre que l'on met
simultanément en route.

 Les chrono-compteurs

A partir de l'appareillage de base précédent, on adjoint un chronomètre dont la


commande est asservie à celle du compteur. Il ne reste donc qu'un seul bouton. La première
pression met en route le compteur et le chronomètre; la deuxième pression les arrête
simultanément pour permettre la lecture du nombre d'impulsions i et du temps Δt (n = 1 / Δt) ; la
troisième remet le tout à zéro.

 Les compteurs à présélection

Une amélioration a encore été apportée en permettant le choix de la durée Δt de la


mesure (présélection du temps) ou du nombre i d'impulsions à enregistrer (présélection
d'impulsions). Ayant fait sa présélection, la première pression sur le bouton met le compteur en
marche et il s'arrête automatiquement soit au bout de Δt en affichant le nombre d'impulsions
enregistrées, soit au bout de i impulsions, en affichant le nombre Δt. La deuxième pression remet
les compteurs à zéro.
89
Les supports:

Nous avons vu quels étaient les trois éléments principaux de la chaîne de mesures;
reste maintenant à positionner le capteur à différentes profondeurs suivant une verticale. Deux
supports sont possibles:

 Les perches et micro-perches

Le système le plus ancien est constitué d'une perche graduée cylindrique (d'un
diamètre 9 mm à 30 mm) ou pisciforme (de 20 x 40 mm à 70 x 150 mm) qui est maintenue
verticalement dans l'écoulement. Un coulisseau coaxial permet de déplacer le moulinet suivant la
verticale. Un tel système ne permet que des jaugeages point par point.

90
 Les saumons

Un saumon est un lest profilé dont le poids varie de 5 à 150 kg. Il porte à sa partie
amont le moulinet et son hélice. Le saumon est suspendu par un câble électro-porteur à un treuil.
Le câble sert à la fois à soutenir le saumon, mais aussi à transmettre les impulsions électriques en
provenance du moulinet.

Le treuil, généralement à manœuvre manuelle, comporte un compteur indiquant la


longueur de câble lâchée, ce qui permet de mesurer les profondeurs par rapport à la surface. La
descente du saumon peut être manuelle (jaugeage point par point) ou à vitesse constante par
adjonction d'un régulateur de vitesse (de l'ordre de 2 à 5 cm/s), ce qui permet de faire des
jaugeages par intégration.

Lors de sa descente, on perd généralement de vue le saumon. On lui adjoint un


contacteur de fond qui, lorsqu'il touche le fond, forme un circuit électrique et allume à la surface
une ampoule ou un signal sonore.
91
Matérialisation de la section et déplacement transversal:

Nous venons de voir comment les supports permettent de déplacer le moulinet le long
d'une verticale; nous allons voir maintenant comment déterminer la section transversale et
comment s'y déplacer d'une verticale à une autre. Différentes techniques complémentaires et
adoptées au cours d'eau sont utilisables:

 Jaugeages "en bottes" :

Dans ce cas, l'opérateur rentre dans le cours d'eau avec la perche moulinet et le
compteur. On conçoit aisément que cette technique se limite au cours d'eau peu profond (h < 1 m)
et surtout à faible courant (V < 2 m/s).

La section est matérialisée par un double décamètre tendu


perpendiculairement à l'écoulement général. L'opérateur
place la perche verticalement à la hauteur du décamètre, ce
qui permet de repérer l'abscisse de la verticale. Dans la
mesure du possible, il se tient le plus en aval et jambes
écartées de façon à ne pas perturber l'écoulement au niveau
du moulinet. La perche est tenue de manière que le moulinet
soit bien dans le sens du courant. Le jaugeage est alors
effectué point par point ou par intégration.
92
 Jaugeages depuis une passerelle:

Quand on dispose d'une passerelle, on peut


procéder d'une façon analogue à la opérateur précédente. La
section est matérialisée par la passerelle sur laquelle on se
déplace en abscisse. Les avantages sont que d'une part,
l'opérateur n'est pas soumis au froid et d'autre part, que l'on
peut jauger sur des profondeurs plus grandes (jusqu'à 3 m) et
à de plus fortes vitesses (jusqu'à 3 m/s). Dans ce dernier cas,
on fixe la perche sur un pied de manœuvre solidaire de la
passerelle.

 Jaugeages au saumon depuis un pont:

Lorsque la vitesse devient trop forte ou la


Poulie
profondeur trop grande, il est nécessaire d'utiliser un saumon.
Porte faux
Celui-ci est suspendu à un treuil simple sur un véhicule
lorsque la taille du pont le permet ou sinon, à une cyclo- saumon
potence moins encombrante. Comme précédemment, le pont
matérialise la section et les profondeurs se lisent sur le treuil.

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