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Piles à combustible : Réglementation et risques

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RAPPORT D’ETUDE 31/01/2017

N° DRA-17-156712-00653A

PILE À COMBUSTIBLE STATIONNAIRE :


CONTEXTE REGLEMENTAIRE ET NORMATIF
INTERNATIONAL ET NATIONAL
RISQUES POTENTIELS
PILE À COMBUSTIBLE STATIONNAIRE :
CONTEXTE REGLEMENTAIRE ET NORMATIF INTERNATIONAL ET NATIONAL
RISQUES POTENTIELS

Verneuil-en-Halatte (60)
Direction des Risques Accidentels

Liste des personnes ayant participé à l’étude : Sylvaine PIQUE

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 1 sur 51


PRÉAMBULE
Le présent rapport a été établi sur la base des informations fournies à l'INERIS, des
données (scientifiques ou techniques) disponibles et objectives et de la
réglementation en vigueur.
La responsabilité de l'INERIS ne pourra être engagée si les informations qui lui ont
été communiquées sont incomplètes ou erronées.
Les avis, recommandations, préconisations ou équivalent qui seraient portés par
l'INERIS dans le cadre des prestations qui lui sont confiées, peuvent aider à la prise
de décision. Étant donné la mission qui incombe à l'INERIS de par son décret de
création, l'INERIS n'intervient pas dans la prise de décision proprement dite. La
responsabilité de l'INERIS ne peut donc se substituer à celle du décideur.
Le destinataire utilisera les résultats inclus dans le présent rapport intégralement ou
sinon de manière objective. Son utilisation sous forme d'extraits ou de notes de
synthèse sera faite sous la seule et entière responsabilité du destinataire. Il en est de
même pour toute modification qui y serait apportée.
L'INERIS dégage toute responsabilité pour chaque utilisation du rapport en dehors
de la destination de la prestation.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 2 sur 51


TABLE DES MATIÈRES

RÉSUME ................................................................................................................ 5
1. INTRODUCTION .............................................................................................. 7
2. PILES À COMBUSTIBLE : QUELLES TECHNOLOGIES ? QUELS ENJEUX ?
......................................................................................................................... 9
2.1 Pile à combustible ........................................................................................ 9
2.1.1 Principe de fonctionnement ....................................................................... 9
2.1.2 Les composants de la pile à combustible ................................................ 10
2.1.3 Les différents types de pile à combustible ............................................... 12
2.1.4 Caractéristiques et comparatif des différentes piles à combustible.......... 13
2.1.5 Évolution technique des piles à combustible dans les années à venir ..... 15
2.2 Système pile à combustible : les auxiliaires autour de la pile ..................... 16
2.3 Marché des piles à combustible ................................................................. 18
3. RETOUR D’EXPÉRIENCE : QUEL ENSEIGNEMENT ?............................... 21
3.1 Données utilisées ....................................................................................... 21
3.2 Synthèse de l’accidentologie ...................................................................... 22
3.2.1 Typologie des événements recensés....................................................... 22
3.2.2 Circonstances des événements ............................................................... 22
3.2.3 Conséquences ......................................................................................... 23
3.2.4 Principaux enseignements ....................................................................... 23
4. CADRE RÉGLEMENTAIRE ET NORMATIF ................................................. 25
4.1 Contexte normatif ....................................................................................... 25
4.1.1 Normes internationales ............................................................................ 26
4.1.2 Normes spécifiques au niveau des pays .................................................. 27
4.2 Réglementation .......................................................................................... 30
4.2.1 Réglementation européenne .................................................................... 30
4.2.2 Réglementation française ........................................................................ 32
4.3 Synthèse du contexte réglementaire et normatif ........................................ 34
5. PRINCIPAUX RISQUES IDENTIFIES ET MESURES DE MAÎTRISE DES
RISQUES ASSOCIÉES ................................................................................. 35
5.1 Découpage fonctionnel des installations .................................................... 35
5.1.1 Description des installations et identification des potentiels de dangers .. 35
5.1.2 Potentiels de dangers lies aux substances .............................................. 36
5.2 Scenarios ou situations de danger ............................................................. 37

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 3 sur 51


5.2.1 Perte de confinement ............................................................................... 38
5.2.2 Introduction d’air dans les équipements contenant des gaz
inflammables ............................................................................................ 42
5.2.3 Mélanges d’hydrogène/oxygène ou hydrogène/ air à l’intérieur du
système pile à combustible ...................................................................... 44
5.2.4 Emballement de réaction sur les procédés de reformage ........................ 45
5.2.5 Accumulation de gaz inflammables au niveau des chambres de
combustion des chaudières ou réformeurs .............................................. 46
5.3 Synthèse sur les principaux risques Identifies et les mesures de maîtrise des
risques associées ....................................................................................... 47
6. CONCLUSION ............................................................................................... 49
7. ANNEXES ...................................................................................................... 51

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 4 sur 51


RÉSUMÉ

Le développement de nouveaux convertisseurs d’énergie, plus efficients et libérant


moins de substances toxiques, tels que la pile à combustible, tend à s’accélérer.
Leur diffusion à grande échelle suppose cependant des garanties vis-à-vis de la
sécurité et l’environnement. C’est pourquoi ce rapport a pour but d’identifier ces
technologies ainsi que leur potentiel de déploiement, les textes de référence, les
risques et des barrières de sécurité associés afin d’aider le ministère de
l’Environnement, de la Mer et Énergie à identifier les éventuels besoins
réglementaires. Cette étude s’appuie sur une recherche bibliographique et une
enquête terrain.
Une première partie s’attache à présenter le fonctionnement de cette technologie, les
différents types de pile à combustible, les échelles de déploiement et les applications
qui sont envisageables dans les années à venir. Ceci se poursuit par une
présentation du retour d’expériences en synthétisant les causes, les conséquences
et les mesures de maîtrise. Il est ensuite identifié le cadre réglementaire qui se base
sur des directives européennes et un cadre normatif international se basant sur les
normes IEC et national qui reprend notamment les standards américains, japonais et
français. L’analyse des mesures de maîtrise des risques issus de ces référentiels est
effectuée dans une dernière partie à travers une première évaluation des risques.
Il ressort de cette étude que :
 la pile à combustible en France fait l’objet de nombreuses recherches et de
premières mises sur le marché ayant des perspectives à petite et grande échelle ;
 le cœur de la pile autant que les unités annexes (reformage, unités de
combustion, alimentation en fluide…) sont à prendre en compte dans l’analyse
des risques ;
 le cadre réglementaire européen s’appuie autant sur des directives économiques
« énergie – climat » que des directives pour la protection des travailleurs et de
l’environnement ;
 le cadre normatif est en pleine évolution et propose une démarche d’analyse des
risques dès la conception ainsi que des barrières de sécurité globale à l’ensemble
de l’installation : pile à combustible et installations annexes ;
 une première estimation des risques montre que l’installation est susceptible de
générer des phénomènes dangereux mais qu’une analyse plus fine prenant en
compte la configuration, la situation de l’installation ainsi que le type et la
puissance de la pile à combustible est à mener au cas par cas.
Ces paramètres ont été identifiés comme clés pour définir une éventuelle
réglementation et les seuils associés.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 5 sur 51


1. INTRODUCTION

L’hydrogène est un des vecteurs potentiels d’énergie d’avenir pour le stockage de


l’électricité comme évoqué dans la loi sur la transition énergétique article 121. Il est
particulièrement intéressant pour valoriser des énergies renouvelables ou pour limiter
les impacts environnementaux liés au carbone. Il peut également permettre une
indépendance énergétique pour des systèmes isolés, comme par exemple les
bateaux ou les refuges en montagne.
Dans le contexte actuel de l’évolution du système énergétique, il est pertinent de
s’appuyer sur des technologies avancées utilisant l’hydrogène, en particulier la pile à
combustible (PAC) dont il est question dans ce rapport.
Le principe de la pile à combustible repose sur la production d’électricité, de chaleur
et d’eau en recombinant de l’hydrogène et de l’oxygène. Aujourd’hui, il existe trois
grands domaines dans lesquels la PAC est développée : le portable, le transport et le
stationnaire. C’est dans ce dernier secteur que les PAC présentent les potentiels de
développement les plus intéressants ; en effet, elles pourront toucher, dans les
années à venir, des publics très divers allant des particuliers aux distributeurs
d’énergie, en passant par les entreprises.
C’est ainsi que le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer soutient
leur développement au travers de l’ADEME dans le fond « Démonstrateurs et
plateformes technologiques en énergies renouvelables et décartonnées et chimie
verte ».
Aujourd’hui, en France, les PAC sont régies par une réglementation générale issue
des directives européennes. Or, pour permettre et accompagner le développement
de cette technologie, il peut être nécessaire de mettre en place une réglementation
spécifique et évolutive. La première étape d’accompagnement serait d’établir un état
des lieux :
 des technologies et des systèmes pile à combustible ainsi que leur
potentiel de déploiement ;
 des textes de référence et des processus d’autorisation associés au niveau
international ;
 des risques et des barrières de sécurité associés.
C’est l’objectif de l’étude, présentée ici, qui s’est appuyée à la fois sur une analyse
bibliographique et sur une enquête terrain qui sont présentées en annexe 1.
Le rapport se compose de 4 parties principales :
- la première partie s’attache à présenter le fonctionnement de cette
technologie, les différents types de pile à combustible, les échelles de
déploiement et les applications qui sont prochainement envisageables ;
- la seconde partie porte sur le retour d’expériences en synthétisant les causes,
les conséquences et les mesures de maîtrise associées à l’accidentologie ;
- la troisième partie s’intéresse aux cadres réglementaires et normatifs ;
- la dernière partie présente une analyse des mesures de maîtrise des risques
issus de ces référentiels suite à une première évaluation des risques.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 7 sur 51


Diverses annexes sont présentées en fin de rapport dont un glossaire des termes et
sigles utilisés.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 8 sur 51


2. PILES À COMBUSTIBLE : QUELLES TECHNOLOGIES ? QUELS
ENJEUX ?

Cette partie est consacrée dans un premier temps à la présentation des différents
types de piles à combustible, leur principe de fonctionnement et leurs composants.
Dans une deuxième partie, nous décrirons le système PAC, c’est-à-dire les appareils
auxiliaires présents autour de la pile.
Enfin nous présenterons les différents secteurs d’activités où cette technologie est
utilisée ou pourrait se développer.

2.1 PILE À COMBUSTIBLE

2.1.1 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT


Par définition, la PAC, Fuel Cell (FC) en anglais, produit de l’électricité à partir d’une
réaction chimique. Cette dernière est due au passage d’un gaz riche en hydrogène à
travers une anode et d’oxygène ou d’air à travers une cathode. Un électrolyte,
présent entre l’anode et la cathode, permet l’échange de charges électriques portées
par des ions. Le flux d’ions à travers l’électrolyte produit un courant électrique dans
un circuit externe vers une charge.

Figure

1 : Principe de fonctionnement d’une pile à combustible 1

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 9 sur 51


2.1.2 LES COMPOSANTS DE LA PILE À COMBUSTIBLE

Les différents éléments, constituant le cœur de la pile à combustible, varient en


fonction de la technologie. Nous développerons ces différentes technologies dans le
chapitre suivant.
Mais avant cela, il est nécessaire de se familiariser avec le vocabulaire associé aux
PAC. Pour cela, nous avons choisi de présenter la pile à membrane polymère
(PEMFC) qui est actuellement l’une des PAC les plus commercialisées et sur
laquelle s’axent, au vu de l’enquête menée, les principaux projets de développement
en France.
Cellule unitaire
Chaque cellule d’une pile est constituée de plusieurs composants :
 la membrane qui permet le transport de protons et sépare le carburant de
l’oxydant ;
 deux électrodes : une anode oxydante (émettrice d’électrons) et une cathode
(collectrice d’électrons) ;
 deux couches de diffusion qui approvisionnent en gaz réactifs les électrodes ;
 deux plaques bipolaires qui alimentent en gaz et évacuent l’eau produite ;
 les joints d’étanchéité qui empêchent le carburant de l’anode et l’oxydant de la
cathode de se mélanger mais également de fuir vers l’extérieur de la pile.
Ils sont présentés dans le Figure 2 et détaillés en annexe 2.

Membrane

Électrodes

Couches de diffusion ;

Plaques bipolaires
Plaques bipolairesqui alimentent en gaz et évacue l’eau produite

Figure 2 : Différents constituants d’une cellule 2

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 10 sur 51


Stack (aussi appelé module en français)
Une cellule unitaire fournit une tension limitée. Pour obtenir une puissance suffisante,
il est indispensable d’associer plusieurs cellules unitaires en série pour créer un
assemblage appelé stack. En général, toutes les cellules sont empilées et
connectées électriquement en série et fluidiquement en parallèle.

Figure 3 : Structure et exemples de stack2

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 11 sur 51


2.1.3 LES DIFFÉRENTS TYPES DE PILE À COMBUSTIBLE
Il existe de nombreuses technologies de PAC pour l’utilisation stationnaire. Le Tableau
1 présente les principales caractéristiques des types de piles à combustible les plus
couramment développées et commercialisés ou sur le point au niveau international.
Elles sont présentées de manière plus détaillée en annexe 3.

Rendement Rendement Coût initial


Température de Combust
Modèle Nom Électrolyte Puissance électrique thermique d’investisse Durée de vie
fonctionnement ibles
en% en % ment

Proton De
60 000-
Exchange Polymère quelques 3000-4000
PEMFC 50 – 100°C H2 30 – 45 45 – 65 90 000
Membrane (solide) mW à Dollar/kW
heures
Fuel Cell 1MW

Alkaline Potasse 10kW – 200-700 5000-8000


AFC 25 – 260°C H2 55 – 60 <30
Fuel Cell (liquide) 100kW Dollar/kW heures

Phosphoric Acide 30 000-


100kW – 4000-5000
PAFC acid fuel phosphoriq 190-210 °C H2 40 40 60 000
400kW Dollar/kW
cell ue (liquide) heures

Molten Sels H2, 20 000-


50kW – 4000-6000
MCFC Carbonate fondus 600 – 660°C CH4O, 40 – 60 40 – 50 30 000
10MW Dollar/kW
Fuel Cell (liquide) CH4 heures

Solid H2, Supérieur


Céramique 600 – Jusqu’à 3000-4000
SOFC Oxyde CH4O, 30 – 60 40 – 60 à 90 000
(solide) 1000°C 10MW Dollar/kW
Fuel Cell CH4 heures

Tableau 1 : Caractéristiques des différents types de piles à combustible3

Températures
de
fonctionnement
usuelles

Figure 4 : Schéma de principe des différents types de piles à combustible 4

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 12 sur 51


D’autres types de piles font également l’objet de recherches comme les piles à
combustible microbiennes ; mais étant au stade des études de base en laboratoire,
elles ne sont pas évoquées dans ce rapport.

2.1.4 CARACTÉRISTIQUES ET COMPARATIF DES DIFFÉRENTES PILES À


COMBUSTIBLE

Pour choisir un type de pile à combustible pour la cogénération, un utilisateur


potentiel tiendra compte de paramètres dont les plus importants sont :
 la température de fonctionnement : ce choix dépend du souhait ou non de
valoriser la chaleur produite et des contraintes d’environnement. On pourra
choisir la MCFC ou SOFC si on veut profiter au mieux de l’énergie résiduelle.
Celle-ci est contenue dans ses rejets thermiques à haute température pour
alimenter un cycle thermodynamique aval ;
 la durée de vie : les piles « tout solide » (PEMFC et SOFC) peuvent prétendre à
des durées de vie sensiblement supérieures à celles qui exigent la manipulation
et le transfert d’un électrolyte liquide. La PEMFC a par exemple fait preuve d’un
fonctionnement au-delà des 100 000 heures dans les conditions optimales16. La
durée de vie dépend essentiellement de la pureté des combustibles pour les
PEMFC et des conditions d’utilisation ;
 l’échéance : les diverses piles ne sont pas aujourd’hui au même stade de
développement. Les plus développées et commercialisées depuis plusieurs
années sont les piles PEMFS et MCFC ;
 le coût : on estime que le prix pourrait atteindre, d’ici 2020, 500 à 1000 €/ kW
pour les applications stationnaires à durée de vie de 50 000 heures16.
D’autres considérations peuvent néanmoins guider le choix d’une pile, comme le
coût du système complet, la disponibilité des matériaux tels que le platine, son
intégration dans un procédé complexe, la valorisation des rejets thermiques ou
encore l‘acceptabilité social.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 13 sur 51


Le tableau, ci-dessous, liste les avantages et inconvénients des différentes piles à
combustible en tenant compte des paramètres précédemment cités.

Type de pile Avantages Inconvénients

 nécessite un catalyseur précieux (platine –


 fonctionnement à basse température, ruthénium) ;
donc démarrage rapide ;  la membrane électrolyte protonique chère
PEMFC  électrolyte solide ; et limitée en température d’utilisation
 excellente fiabilité ; (85°C) ;
 bon comportement aux basses  la sensibilité au CO (moins de 10 ppm
températures (jusqu’à -30°C). requis).

 une bonne fiabilité ;


 des rejets thermiques à une  une température de fonctionnement
température élevée (vers 600 – élevée, donc un temps de démarrage
SOFC 700°C) ; relativement long ;
 pas de catalyseurs précieux ;  supporte mal les différentiels de
 peut utiliser des combustibles température.
carbonés.

 bonne fiabilité ;  électrolyte liquide et corrosif (carbonates


MCFC  rejets thermiques à une température fondus) ;
élevée (vers 600°C).  technologie onéreuse.

 électrolyte liquide et corrosif ;


 durée de vie courte (8000 h) ;
 fonctionne dans une large gamme de  volume important ;
température (25 à 260°C) ;  intolérant au CO2 ;
AFC  performances élevées (vitesse des  nécessité de traiter l’électrolyte à
réactions chimiques) ; l’extérieur de la pile pour le purger de l’eau
 catalyseurs non précieux. issue de la réaction électrochimique ;
 besoin d’O2 pur ;
 mauvais rendement thermique.

 ne supporte pas les arrêts (solidification de


 Application pour la cogénération
l’électrolyte).
(rendement de 85% en cogénération) ;
 L’électrolyte s’évapore et les électrodes
PAFC  Commercialement disponible, durée
sont corrodées par le milieu acide de la
de vie longue, et retour d’expérience ;
pile.
 Tolère la présence de CO.
 Catalyseur précieux (platine).

Tableau 2 : Liste des avantages et inconvénients des différents types de piles à combustible

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 14 sur 51


2.1.5 ÉVOLUTION TECHNIQUE DES PILES À COMBUSTIBLE DANS LES ANNÉES À
VENIR

Il a été choisi de présenter, dans ce paragraphe, les évolutions technologiques


envisagées. L’objectif est de s’assurer qu’en cas d’évolution du contexte
réglementaire, celui-ci reste cohérent avec les avancées technologiques.
Les priorités fixées, par l’agence internationale des énergies (IEA), sont d’améliorer
l’efficacité des piles à combustible et les coûts des systèmes. Le Tableau 3 résume les
différents axes de progrès pour chaque technologie dans les dix prochaines années
pour l’application stationnaire.

Technologie Objectifs Délais

Optimiser les coûts d’investissement et d’efficacité.


Pile à combustible en
L’efficacité est un paramètre clé pour les applications Terminé pour 2025
général
stationnaires.

Réduire les coûts d’investissement à moins de 800 dollars


par kW en réduisant le coût de la pile et les coûts associés
au système.
Augmenter l’efficacité du système pour atteindre au moins
50 %.
Terminé pour 2025-
PEMFC
Augmenter la durée de la vie à plus de 80 000 heures. 2030
Réduire la sensibilité aux impuretés de l’hydrogène et de
prouver la faisabilité des capacités de la pile dans son
ensemble.
Atteindre l’échelle mégawatts.

Augmenter la durée de vie du cœur de la pile à plus de


50 000 heures.
Terminé pour 2025-
SOFC Améliorer la flexibilité opérationnelle.
2030
Réduire les coûts d’investissement à au-dessous de 2 000
dollar par kW.

Tableau 3 : Recommandations de l’IEA quant aux axes d’amélioration des piles dans les années à
venir (IEA 2015)3

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 15 sur 51


2.2 SYSTÈME PILE À COMBUSTIBLE : LES AUXILIAIRES AUTOUR DE LA PILE

Pour produire de l’énergie, il est nécessaire d’intégrer le stack de la PAC à des


équipements auxiliaires. Ils sont destinés à l’alimentation de la pile, au traitement des
rejets, à la récupération ou élimination de la chaleur et à la récupération de
l’électricité... Cet ensemble, PAC et auxiliaires, est appelé système pile à
combustible.

Figure 5 : Exemple d’un système pile à combustible2

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 16 sur 51


Ces différents auxiliaires sont présentés de manière synthétique dans le Tableau 4 et
sont détaillés en annexe 4.

Auxiliaires Fonction

 Alimenter chaque cellule d’un stack en combustible (hydrogène, gaz naturel,


kérosène ou méthanol) et oxydant (air ou oxygène) ;

 Utiliser des systèmes de reformage en cas d’emploi de combustibles


carbonés comme source d’hydrogène. Ces systèmes sont associés à des
Alimentation en fluide
systèmes de purification dans le cadre de PEMFC ;

 Assurer l’humidification des gaz dans le cas de PEMFC ;

 Chauffer les gaz au préalable dans le cas des SOFC.

 Contrôler la température en fonction de l’application visée ;

 Évacuer la puissance thermique produite pour éviter la surchauffe des


PEMFC. La chaleur est évacuée par circulation de liquide caloporteur ou
Gestion de la température
injection d’air ;

 Fournir la chaleur suffisante pour des systèmes hautes températures tels


que le SOFC.

 Mettre en place un système de gestion des rejets pour les gaz injectés en
Traitement des rejets excès et l’eau produite par le procédé. Le rejet est soit rejeté, soit recirculé
ou soit permet d’alimenter un autre équipement.

Récupération de  Utiliser un convertisseur continu alternatif pour fournir une électricité


l’électricité adaptée au réseau.

Système de contrôle  Analyser en continu l’état des différents composants du système pile à
commande combustible par l’intermédiaire de capteurs.

Tableau 4 : Présentation des fonctions des principaux auxiliaires


Ces auxiliaires font aussi l’objet de travaux de recherche et développement. En effet,
les équipements intégrés autour d’une pile à combustible sont souvent des éléments
connus de l’industrie tels que des compresseurs, des convertisseurs, des
échangeurs…Ils fonctionnent cependant dans des conditions différentes et doivent
être adaptés à cette nouvelle technologie.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 17 sur 51


2.3 MARCHÉ DES PILES À COMBUSTIBLE

Il existe de nombreux domaines d’application associés à la pile à combustible. Ce


paragraphe a pour but premier de les identifier puis de présenter leur développement
actuel et futur envisagé.
Domaine d’applications associées à la pile à combustible
Il y a aujourd’hui trois grands domaines qui présentent des possibilités d’évolution
dans les piles à combustible : le portable, le transport et le stationnaire avec une
nette représentation de ce dernier secteur.

Figure 6 : Évolution de la production de piles à combustible par types d’application dans le monde
(FuelCellToday 2013)5
Domaine stationnaire
Dans le domaine du stationnaire, les technologies de piles à combustible disponibles
permettent d’envisager des applications à différentes échelles, mettant en œuvre des
volumes plus ou moins importants d’hydrogène. Elles sont présentées en détail en
annexe 5.

Application à grandes échelles


Des piles à combustible de grande puissance (> 50 MW) sont utilisées sur un
nombre restreint de sites industriels pour la cogénération d’électricité et de chaleur
en usage stationnaire. Elles permettent par exemple la valorisation de l’hydrogène
produit en grande quantité par électrolyse alimenté en électricité d’origine
renouvelable ou d’autres combustibles (type Hythane®, biogaz).

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 18 sur 51


Nom du projet ou de
Lieu Date Technologie Puissance Source combustible
l’installation

Énergies
Gyeonggi Green Energy fuel renouvelables
cell Park Corée 2013 MCFC 59 MWe
(éolien, solaire,
méthanisation)

Figure 7 : Exemple d’installation de forte puissance6

Application à petites voire moyennes échelles


Les piles à combustible peuvent être utilisées pour des applications stationnaires
consommant de petites quantités d’hydrogène :

 micro et moyenne cogénération (de 1 kW à 1 MW) dans le domaine résidentiel,


du tertiaire et de l’industrie, fonctionnant à partir d’hydrogène, de gaz naturel, de
mélange type Hythane, de biogaz ;

Dans le domaine de la cogénération, plusieurs actions sont en cours :


 la plus importante est un programme [Link] qui a démarré en 2005 au Japon avec plusieurs
industriels et a abouti mi – 2014 à l’installations de plus de 100 000 cogénérateurs ;.
 l'Europe a démarré un programme équivalent avec [Link].

Figure 8 : Les deux premiers cogénérateurs [Link] installés en 2013 7

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 19 sur 51


 applications diffuses diverses : alimentation en énergie autonome pour des
installations isolées ou des systèmes d’alimentation de secours pour pallier
d’éventuelles coupures électriques.

Le type de technologie dans lequel est introduit la pile à combustible est lié au
secteur dans lequel il est utilisé : micro-cogénération pour les secteurs résidentiels,
systèmes de moyenne cogénération pour les établissements recevant du public
(hôpitaux, des écoles ou des magasins) et valorisation de l’hydrogène pour les sites
industriels. Chacun de ces types d’implantation présente des enjeux de maîtrise des
risques qui lui sont propres

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 20 sur 51


3. RETOUR D’EXPÉRIENCE : QUEL ENSEIGNEMENT ?

Ce chapitre présente une synthèse de l’accidentologie. Cette synthèse alimente


notamment l’analyse des risques.

3.1 DONNÉES UTILISÉES

L’INERIS a utilisé les données publiquement accessibles sur des bases de données
et les moteurs de recherche généralistes et scientifiques tels que sciencedirect.
Base de données Description Sites

Hydrogen Lessons Learned Base de données opérée par le U.S. Department of Energy [Link]

The Hydrogen Incident and [Link]


Accident Database Base de données supportée par le Joint Research Centre
eu/engineering-
Institute for Energy and Transport. Site web
HIAD [Link]

Analyse, Recherche et [Link]


Base de données supportée par la Direction Générale de la
Information sur les Accidents ment-
Prévention des Risques du Ministère de l’Environnement, de
[Link]/recherche
ARIA l’Énergie et de la Mer
r-un-accident/

Base de données gérée par le MAHB (Major Accident


Major Accident Reporting Hazards Bureau) du centre commun de recherche de la
System [Link]
Commission Européenne centralise les informations sur les
[Link]/
MARS accidents majeurs survenus dans les installations
industrielles des pays de l’UE et de l’OCDE

Zentrale Melde- und


Auswertestelle für Störfälle und Base de données qui centralise les informations sur les [Link]
Störungen in accidents survenus dans les installations industrielles en [Link]/de/site/12981/z
verfahrenstechnischen Anlagen Allemagne ema/[Link]
ZEMA

Le CSB est une agence fédérale indépendante d’enquête


Chemical Safety Board post-accident chimiques pour la protection des employés, du
public et de l’environnement. Les rapports d’enquêtes [Link]
CSB accident du CSB sont téléchargeables sur le site, ainsi que
des vidéos

Tableau 5 : Principales bases de données spécialisées en accidentologie consultées

Cette recherche a été effectuée sur la base de l’association de mots clés. Il a été
choisi d’associer un mot clé décrivant l’événement redouté à un mot clé spécifiant la
technologie étudiée.
Mots clés spécifiques aux événements redoutés Mots clés spécifiques à la technologie

Pile à
Accident Incendie Dysfonctionnement Défaut SOFC AFC
combustible

Incident Explosion Défaillance Problème PEMFC MCFC PAFC

Tableau 6 : Mots clés utilisés pour la recherche

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 21 sur 51


Ce retour d’expérience a été complété par des données issues de l’enquête réalisée
directement au près d’utilisateurs et de fabricants d’installation.

3.2 SYNTHÈSE DE L’ACCIDENTOLOGIE

Il ressort de cette recherche qu’il y a peu d’accidentologie accessible publiquement,


déclarée par les exploitants, sur cette nouvelle technologie. 7 événements sont
recensés dans cette étude dont 5 proviennent de l’enquête.
Un tableau récapitulatif des accidents identifiés pour cette analyse des retours
d’expérience est disponible en annexe 6 de ce document.

3.2.1 TYPOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS RECENSÉS


Deux événements majeurs ont été recensés sur la pile à combustible : il s’agit d’un
feu et d’une fuite d’hydrogène.
Pour 5 des 7 cas recensés, le phénomène dangereux a été évité ou limité par le
système de commande et de sécurité. Celui-ci met en œuvre un certain nombre de
boucles de régulation ainsi que le contrôle des paramètres du système pile à
combustible.
Ce système instrumenté gère à la fois la conduite et la sécurité du système. Si la pile
commence à fonctionner en dehors des paramètres fixés, il arrête automatiquement
la pile à combustible et les auxiliaires associées.

3.2.2 CIRCONSTANCES DES ÉVÉNEMENTS


Les incidents sont principalement dus à des causes externes à la pile et à des
dysfonctionnements sur les auxiliaires à la pile.
Les principales circonstances externes de dysfonctionnements recensées sont :
 l’arrêt de l’approvisionnement en réactifs ;
 l’empoisonnement ou la contamination des alimentations de la pile ;
 la perte d’utilités ;
 le défaut d’un équipement associé.
Les incidents peuvent, dans de plus rares cas, être associés à des causes internes
telles que des défauts d’assemblage ou une évolution des composants de la pile sur
du long terme.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 22 sur 51


3.2.3 CONSÉQUENCES
Aucune conséquence humaine n’est recensée. Il s’agit principalement de
conséquence matérielle ou économique.
Il est à noter que les arrêts d’urgence recensés peuvent générer des stress
thermiques et mécaniques sur le corps de la pile qui ne sont pas présents lors
d’arrêts programmés.

3.2.4 PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS


L’analyse de la nature, des causes et des conséquences de ces dysfonctionnements
met en évidence l’intérêt de la prévention de la formation d’atmosphère explosive et
d’incendie.
Concernant les causes, les analyses des risques sont focalisées tout autant sur le
cœur de la pile que les équipements auxiliaires.
Il est à noter que le système de contrôle commande est une des principales mesures
de maîtrise des risques. Il doit être conçu sur la base d’une solide connaissance des
paramètres du cœur de la pile. Sa fiabilisation est indispensable.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 23 sur 51


4. CADRE RÉGLEMENTAIRE ET NORMATIF

Ce chapitre présente le cadre réglementaire et normatif qui s’applique aux piles à


combustible stationnaires. Nous nous sommes focalisés sur les textes applicables
pour une évolution réglementaire des installations classées pour le Ministère de
l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.

4.1 CONTEXTE NORMATIF


Les normes associées aux piles à combustible sont nombreuses. Le site
[Link] en recense plus de 90 relatives aux applications
stationnaires publiées ou en développement. Pour faciliter leur recherche, elles sont
classées selon différentes catégories sur le site (cf. Figure

1). Il est à noter que le site recense les référentiels spécifiques à d’autres domaines
d’application tels que portable et le transport.

IEC 62282-3-100 :2012 :


Systèmes à piles à combustibles
stationnaires – Sécurité

Conception
du système et
IEC/IEEE PAS 63547:2011
Ressources distribuées
essais
interconnectées avec les
réseaux électriques JIS C 8811 :2005
Interfaces Indication pour piles à
électriques Marquage combustible à électrolyte
polymère
Normes
concernant
les piles à
combustibles
IEC 62282-3-300:2012 Performance: IEC 62282-3-200:2015
Technologie des Piles à efficacité, Systèmes à piles à
Combustible - Part 3-300: Installation combustibles stationnaires –
émissions,
Systèmes à piles à durabilité méthodes pour les tests de
combustibles stationnaires - performance
Installation
Sous-
systèmes
IEC 62282-2:2012
Technologie des Piles à
Combustible - Part 2:
Module des piles à
combustible

Figure 9 : Différentes catégories de normes associées aux piles à combustible


Les normes recensées ont différentes portées :
 les normes internationales IEC et ISO qui sont parfois adoptées à un niveau
national ou régionales ;
Par exemple, IEC 62282-3-100 :2012 : Systèmes à piles à combustibles stationnaires – Sécurité
est notamment adoptée sous les désignations suivantes :
EN 62282-3-100 :2012 au niveau européen mise en application dans les états membres sous une désignation
incluant le préfixe des normes nationales comme DIN EN 62282-3-100 : VDE 0130-3-100 :2012-12 pour l’Allemagne
ANSI/CSA FC 1-2014 pour les États-Unis
CAN/CSA-C22.2 NO. 62282-3-100:15 pour le Canada

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 25 sur 51


KS C IEC 62282-3-100 pour la Corée
SANS 62282-3-100:2014 /IEC 62282-3-100:2012 pour l’Afrique du Sud

Tableau 7 : Norme IEC 62282-3-100 et quelques adoptions nationales

 les normes spécifiques à un pays.


Par exemple NFPA 853 2015 Installations de systèmes à piles à combustible stationnaires

Il a été choisi de présenter les normes spécifiques à l’évaluation de la sécurité des


systèmes en détaillant d’abord les normes internationales puis les spécificités par
pays lorsqu’elles apportaient un éclairage supplémentaire pertinent.

4.1.1 NORMES INTERNATIONALES

Le recours aux normes internationales joue un rôle essentiel dans l’harmonisation


des réglementations et dans le développement des nouvelles technologies.
Deux comités élaborent des normes concernant les systèmes piles à combustible :
ISO TC 197 et IEC TC 105.
Comité technique ISO TC 197
Un comité technique ISO1 TC 197 “ Technologies de l’Hydrogène ” a été créé en
1990 afin d’élaborer des normes dans le domaine des systèmes et dispositifs de
production, de stockage, de transport, de mesurage et d’utilisation de l’hydrogène.
Ce comité a édité une norme sur les spécifications du combustible pour les piles
PEMFC.

Norme Nom de la norme

ISO 14687-3 Carburant hydrogène - Spécification de produit - Partie 3 : applications des piles à
Février 2014 combustible à membrane à échange de protons (PEM) pour appareils stationnaires

Comité technique IEC TC 105


Un comité technique IEC TC 105 « Technologie des Piles à Combustible » a été
créé en 1996 afin d’élaborer des normes pour les applications mobiles et
stationnaires. La France, par l’intermédiaire de l’Union Technique de l’Électricité
(UTE), est membre participant de l’IEC TC 105.
Ce comité est constitué de 13 groupes de travail
WG 1 Terminologie
WG 2 Modules de piles à combustible
WG 3 Systèmes à piles à combustible stationnaires - Sécurité
WG 4 Performances des systèmes à piles à combustible
WG 5 Systèmes à piles à combustible stationnaires - Installation
WG 6 Système à pile à combustible pour la propulsion et le groupe auxiliaire de puissance (APU)
WG 7 Systèmes à piles à combustible pour des applications mobiles - Sécurité
WG 8 Micro systèmes à piles à combustible - Sécurité
WG 9 Micro systèmes à piles à combustible - Performance
WG 10 Micro systèmes à piles à combustible - Interchangeabilité
WG 11 Méthode d’essai pour des cellules unitaires pour PEMFC et SOFC
Systèmes à piles à combustible stationnaires –
WG 12
Petits systèmes à pile à combustible stationnaire avec production combinée de chaleur et d'électricité

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 26 sur 51


Technologie des Piles à Combustible -
WG 13
Systèmes de stockage d'énergie utilisant des modules de pile à combustible en mode inversé
Tableau 8 : Groupes de travail de l’IEC TC 105
La sécurité des piles à combustible stationnaires est portée principalement par le
groupe de travail WG 3 qui a publiée en 2012 la norme IEC 62282-3-100. Cette
norme a été adoptée dans de nombreux pays et peut être utilisée pour la certification
matérielle (cf. Tableau 7). Son contenu est détaillé en annexe 7, présenté dans le
Tableau 9 et ses mesures de maîtrise des risques sont reprises dans le chapitre 5.

IEC 62282-3-100 :2012 :


Systèmes à piles à combustible stationnaires – Sécurité

Domaine d’application
Elle s’applique aux systèmes à piles à combustible stationnaires destinées à un usage commercial,
industriel ou résidentiel. Elle traite de tous les dangers importants, situations et évènements dangereux
relatifs aux systèmes à piles à combustible, lorsqu’ils sont utilisés comme prévu et selon les conditions
prévues par le fabricant. Elle ne couvre pas la compatibilité environnementale liée aux conditions
d’installation.

Structure
Cette norme est scindée en trois grandes parties qui comprennent :
 les exigences de sécurité et les mesures de protection ;
 les essais ;
 le marquage, l’étiquetage et l’emballage

Tableau 9 : Présentation succincte de la norme IEC 62282-3-100

4.1.2 NORMES SPÉCIFIQUES AU NIVEAU DES PAYS

Plusieurs pays ont développé des normes spécifiques à la sécurité des piles à
combustible et à ses auxiliaires associées. Nous allons nous intéresser plus
spécifiquement à quatre d’entre eux : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et la
France.

États-Unis
La NFPA (National Fire protection Association) a édité en 2015 un référentiel intitulé
NFPA 853 concernant les installations de systèmes à piles à combustible
stationnaires. Cette norme encadre à la fois la conception, la construction et
l’installation de ces systèmes. Elle s’applique à toutes les tailles de systèmes de piles
à combustible. Elle traite à la fois des mesures de prévention et de protection vis-à-
vis de l’incendie et des biens physiques. Son contenu est détaillé en annexe 7 et ses
mesures de maîtrise des risques sont détaillés dans le chapitre 5.

Norme Nom de la norme

NFPA 853
Installations de systèmes à piles à combustible stationnaires
2015

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 27 sur 51


Japon
Le Japon après Fukushima a adopté une politique publique pour développer les
systèmes de cogénération. Le gouvernement japonais a encouragé la référence aux
normes industrielles japonaises (JIS) d’application volontaire. Certaines JIS
référencées sont des adoptions de normes internationales IEC mais il a également
édité des normes spécifiques pour concevoir les systèmes et en évaluer la sécurité.
Ces derniers sont spécifiques en fonction des technologies de piles à combustible.
Ils présentent à la fois sur les exigences et les tests à mettre en œuvre sur ces
systèmes.

Norme Nom de la norme

JIS C 8822 : Code général de sécurité pour les petits systèmes de piles à combustible de
2008 type PEM

JIS C 8831 : Essai d'évaluation de la sécurité pour la pile à combustible stationnaire de type
2008 PEM

JIS C 8841-2 : Petit système de SOFC Part 2 : Code général de sécurité et méthode de tests
2011 de sécurité

Allemagne
En Allemagne, l’institut allemand de normalisation est le DIN. Dans le domaine des
piles à combustible, cet organisme a principalement adopté les normes éditées par
l’IEC mais il a édité une norme importante concernant la cogénération : la norme DIN
VDE 0126-1-1/A1. Cette norme traite du dispositif de déconnexion électrique
automatique entre un système et le réseau public à basse tension.

Norme Nom de la norme

DIN VDE V 0126-1-1 Dispositif de déconnexion automatique entre un générateur et le réseau


Août 2013 public à basse tension

France
Au niveau français, la norme NF M58-003 (Installation des systèmes mettant en
œuvre l'hydrogène) a été publiée en décembre 2013. Cette norme définit, sous la
forme d’un guide, l’ensemble exigences de conception et d’installation à satisfaire pour
assurer les conditions de sécurité requises pour les systèmes mettant en œuvre
l’hydrogène. Ce document n’est pas spécifique aux piles à combustible.
Ce document vise toutes les installations faisant appel à l’hydrogène gazeux, y
compris en environnement non industriel et en établissements recevant du public, à
l’exception des applications suivantes :
 l’utilisation d’hydrogène dans les raffineries de pétrole et les usines chimiques
comme charge d’alimentation et dans le processus de production ;
 les installations industrielles dont l’hydrogène est un sous-produit ;
 les systèmes piles à combustible utilisés dans le matériel électronique ;
 les installations en milieu résidentiel.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 28 sur 51


La Figure 10 indique les différents éléments auxquels s’applique la norme NF M 58-
003 : 2013.

Figure 10 : Schéma d’ensemble d’un système mettant en œuvre l’hydrogène

L’annexe A de la norme NF M58-003 définit les conditions d’installation d’un système


mettant en œuvre de l’hydrogène à l’intérieur d’une enceinte et définit pour différents
types de fuite les mesures à mettre en œuvre (ventilation, détection, isolement.

Aucune norme française officielle n’est parue à ce jour concernant la connexion des
systèmes de cogénération. C’est la raison pour laquelle c’est la norme allemande
DIN VDE 0126-1-1 qui fait office de documents techniques de référence en France,
pour l’instant.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 29 sur 51


4.2 RÉGLEMENTATION

4.2.1 RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE


En Europe, les directives concernant les piles à combustible sont divisées en deux
parties : les textes ayant des objectifs « énergie et climat » et les textes encadrant la
conception et l’exploitation de ces systèmes.

Directives écologiques
Plusieurs directives ont été émises ayant pour objectifs de diminuer les émissions de
gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, et de favoriser les ressources
renouvelables et les investissements pour la maîtrise de l’énergie. Il s’agit par
exemple des directives 2009/28 concernant la valorisation des énergies
renouvelables ou la directive 2012/27/UE concernant l’efficacité énergétique.
Cette dernière directive s’appuie notamment sur une série de mesures : la
systématisation des audits énergétiques dans les grandes entreprises, la
transparence des factures et le soutien à la cogénération. Dans l’annexe 1 de cette
directive, la pile à combustible est clairement identifiée comme une des technologies
pour la cogénération.

Directives liées à la conception des différents systèmes


Les concepteurs et exploitants de piles à combustible doivent s’assurer du respect
des exigences des directives européennes « Nouvelle approche » applicables à ces
installations. Ces directives présentent des mesures génériques qui ne sont pas
spécifiques aux installations mettant en œuvre de l’hydrogène.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 30 sur 51


Directive Nom de la directive

Directive 2014/103/UE de la Commission du 21 novembre 2014 portant troisième


adaptation au progrès scientifique et technique des annexes de la directive 2008/68/CE du
2014/103/UE
Parlement européen et du Conseil relative au transport intérieur des marchandises
dangereuses

Directive n° 2014/68/UE du 15/05/14 relative à l’harmonisation des législations des États


2014/68/UE
membres concernant la mise à disposition sur le marché des équipements sous pression.

Directive 2014/35/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à


2014/35/UE l’harmonisation des législations des États membres concernant la mise à disposition sur le
marché du matériel électrique destiné à être employé dans certaines limites de tension.

Directive 2014/34/UE du 26 février 2014 relative à l’harmonisation des législations des


2014/34/UE États membres concernant les appareils et les systèmes de protection destinés à être
utilisés en atmosphères explosibles.

Directive 2014/30/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à


2014/30/UE l’harmonisation des législations des États membres concernant la compatibilité
électromagnétique (refonte)

Directive 2012/18/UE du 4 juillet 2012 dite directive Seveso 3 concernant la maîtrise des
2012/18/UE dangers liés aux accidents majeurs impliquant des substances dangereuses, modifiant puis
abrogeant la directive 96/82/CE du Conseil.

Directive n° 2010/75/UE du 24/11/10 relative aux émissions industrielles (prévention et


2010/75/UE
réduction intégrées de la pollution).

Directive n° 2010/35/UE du 16/06/10 relative aux équipements sous pression


2010/35/UE
transportables.

2009/142/CE Directive n° 2009/142/CE du 30/11/09 concernant les appareils à gaz

Directive 1999/92/CE du 16 décembre 1999 concernant les prescriptions minimales visant


1999/92/CE à améliorer la protection en matière de sécurité et de santé des travailleurs susceptibles
d'être exposés au risque d'atmosphères explosives.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 31 sur 51


4.2.2 RÉGLEMENTATION FRANÇAISE

La réglementation applicable en France dépend principalement de l’établissement où


est installée la pile à combustible : habitation, établissement recevant du public ou
installation classée.

Installations domestiques
La réglementation française applicable aux installations de cogénération s’appuie sur
celle mise en œuvre pour les chaudières. Elle comprend un arrêté et des décrets qui
sont spécifiques à l’installation, l’entretien et le contrôle.
Pour l’installation de chaudière, le texte applicable est l’arrêté du 2 août 1977 relatif
aux règles techniques et de sécurité applicables aux installations de gaz combustible
et d'hydrocarbures liquéfiés situés à l'intérieur des bâtiments d'habitation ou de leurs
dépendances. Il a été modifié et révisé à de nombreuses reprises et est en cours de
réécriture avec le Centre National d’expertise des Professionnels de l’énergie
(CNPG). Ce nouveau texte a pour objectif de fixer des dispositions relatives :
 aux matériels à gaz et à leur mise sur le marché,
 aux installations intérieures, à leur réalisation,
 aux contrôles des installations intérieures,
 à l'habilitation des organismes de contrôle (pour ce qui relève du niveau arrêté).
Il intégrera les nouvelles installations telles que les piles à combustible et s’appuiera
sur des guides réglementaires rédigés par le CNPG qui fourniront les solutions
techniques permettant d’être conforme au futur arrêté.
En juin 2009, deux décrets d’application ont été émis : le décret n°2009-648 et le
décret n°2009-649. Ils portent sur l’entretien des chaudières d’une part, les contrôles
périodiques et les contrôles des émissions atmosphériques d’autre part. Ils ont été
élaborés dans le but de vérifier le bon entretien ainsi que l’efficacité de la chaudière.
Chaque décret est spécifique pour une gamme de puissance donnée : de 400 kW à
20 MW pour le décret n°2009-648 et de 4 à 400 kW pour le décret n°2009-649.

Installations dans un établissement recevant du publique (ERP)


Lors de l’installation d’une pile à combustible, la vérification de la conformité d’un
ERP comprend l’examen d’un dossier et des vérifications dans l’établissement. Le
dossier réunit tous les documents relatifs aux dispositions prises pour assurer la
sécurité, l’évacuation, l’emplacement de divers équipements à risques tels que la
pile. Il fait l’objet de formulaires "Cerfa" de demande d’autorisation de construire,
d’aménager ou de modifier un ERP tels que fixés par l’arrêté du 21 novembre 2011.
L’ensemble de ces contrôles est assuré soit par le maire, le représentant de l’État
dans le département ou la commission de sécurité selon la phase dans lequel se
trouve le projet (permis de construire, travaux d’aménagement, de remplacement
d’installation ou d’agrandissement …).
Ensuite, l’ERP fait l’objet de visites périodiques de contrôles pendant l’exploitation
tels que définis dans les arrêtés du 25 juin 1980.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 32 sur 51


Installations classées
Un premier listing des rubriques applicables est proposé dans le Tableau 10. Le
classement dépendra des quantités d’hydrogène présentes sur l’installation, des
substances mises en œuvre et des équipements présents en amont ou aval de la
pile.

Rubriques
Installations qui peuvent
potentiellement Désignation de la rubrique
être présentes sur le site
applicables

Installations de méthanisation de déchets non dangereux ou


de matière végétale brute, à l’exclusion des installations de
Méthanisation pour
2781 méthanisation d’eaux usées ou de boues d’épuration
alimenter en gaz naturel
urbaines lorsqu’elles sont méthanisées sur leur site de
production.
Installation de
Combustion à l'exclusion des installations visées par les
cogénération couplée à 2910
rubriques 2770, 2771 et 2971.
une chaudière

Reformage du gaz naturel


pour alimenter la pile en 3420 Fabrication de produits chimiques inorganiques
hydrogène

Reformage du gaz naturel


pour alimenter la pile en Substances Inflammables
4310
hydrogène (présence de (Gaz inflammables catégorie 1 et 2)
monoxyde de carbone)

Alimentation en
4715 Hydrogène (numéro CAS 133-74-0).
hydrogène

Alimentation en gaz Gaz inflammables liquéfiés de catégorie 1 et 2 (y compris


4718
naturel ou biogaz GPL) et gaz naturel (y compris biogaz affiné).

Alimentation en méthanol 4722 Méthanol (numéro CAS 67-56-1).

Alimentation en oxygène 4725 Oxygène (numéro CAS 7782-44-7).

Alimentation en kérosène 4734 Produits pétroliers spécifiques et carburants de substitution.

Tableau 10 : Rubriques potentiellement applicables en fonction des installations présentes

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 33 sur 51


4.3 SYNTHÈSE DU CONTEXTE RÉGLEMENTAIRE ET NORMATIF

Le cadre réglementaire et normatif présente actuellement :


 un ensemble abondant de normes relatives aux systèmes piles à combustible
mais avec quelques normes clé concernant la sécurité ;
 une réglementation européenne qui s’harmonise auprès de directives ;
 une réglementation française qui se scinde en fonction du domaine d’application.

En effet, au niveau normatif, plus 90 normes de différents pays ont été recensées sur
le site [Link] concernant les systèmes piles à combustible
stationnaires mais un nombre restreint est dédié à la sécurité de ces installations. Au
niveau international, une norme a été développée par le comité technique IEC TC
105 « Technologie des Piles à Combustible » qui est dédiée à la sécurité. Il s’agit
de l’IEC 62282-3-100 :2012.
Ensuite, on retrouve des spécificités par pays avec par exemple la NFPA 853 pour
les États-Unis ou les normes JIS C 8822,8831 ou 8841-2 pour le Japon. Au niveau
français, la norme NF M58-003 a été publiée en décembre 2013. Cette norme se
propose de définir un ensemble d’exigences de conception et d’installation à
satisfaire pour assurer les conditions de sécurité requises pour des installations
mettant en œuvre de l’hydrogène.

Au niveau réglementaire européen, les directives se divisent en deux catégories :


 les textes ayant des objectifs « énergie et climat » tels que la directive
2012/27/UE concernant l’efficacité énergétique qui s’appuie sur des nouvelles
technologies comme la pile à combustible ;
 les textes encadrant la conception et l’exploitation de ces systèmes.
Ces derniers textes spécifiques à la conception et à la mise en œuvre des systèmes
de pile à combustible ont des objectifs concernant la protection de l’environnement
(exemple : SEVESO 3, IED et TMD), ou spécifiques à la sécurité des travailleurs
(exemples : ATEX, Basse Tension, ESP).

Au niveau français, le contexte réglementaire se découpe en 3 niveaux en fonction


de l’application : les textes spécifiques aux installations domestiques, aux
établissements recevant du public ou les installations classées pour l’environnement.

Ce cadre réglementaire et normatif fait apparaître :


 un caractère évolutif avec des normes et directives qui sont en plein
développement avec un nombre important de documents rédigés sur ces 5
dernières années et des documents encore en cours d’écriture ;
 des normes qui ne traitent pas uniquement des piles à combustible mais
recensent également les mesures de maîtrise pour l’ensemble du système en
tenant compte des auxiliaires ;
 un contexte réglementaire complexe spécifique en fonction des applications, des
pays.

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5. PRINCIPAUX RISQUES IDENTIFIES ET MESURES DE MAÎTRISE
DES RISQUES ASSOCIÉES

Cette partie est consacrée à l’identification des principaux risques présents sur un
système de pile à combustible. Cette évaluation est, par nature, générique et fournit
donc une liste de scénarios ou de situations de dangers qui devra être adaptée au
cas par cas pour chaque installation afin de définir de façon précise les mesures de
maîtrise des risques à mettre en place.

5.1 DÉCOUPAGE FONCTIONNEL DES INSTALLATIONS

Ce chapitre a pour objectif de caractériser l’installation envisagée afin de permettre


d’identifier les principaux potentiels de danger qu’elle représente, au regard
notamment de la sensibilité à l’environnement.

5.1.1 DESCRIPTION DES INSTALLATIONS ET IDENTIFICATION DES POTENTIELS DE


DANGERS

Le système pile à combustible est présenté dans le chapitre 2.2 et l’annexe 4.


Un tel système comprend non seulement la pile à combustible elle-même mais aussi
le système de traitement des combustibles, par exemple par reformage, destiné à
produire de l’hydrogène à partir de combustibles hydrocarbonés tels que le méthane
ou le méthanol. Ce système de traitement des combustibles contribue de façon
significative aux risques du système pile à combustible, en raison de son principe de
fonctionnement (réactions à haute température et haute pression) et du fait des
dangers des substances qui l’alimentent. Il fait aussi l’objet de nombreuses
prescriptions ou recommandations relatives à la sécurité.
Les installations prises en compte dans cette étude sont synthétisées dans la Figure
11 ci-dessous.

Alimentation
en énergie Système de Chaleur
gestion
thermique
Système de Gaz d’échappement
Combustible traitement des Évacuation d’eau
Oxydant rejets
Systèmes de Stack pile à
traitement des combustible
combustibles Système de Puissance utile
Ventilation récupération électrique
Gaz inerte électrique
Eau Interférence
Perturbation électromagnétique,
électromagnétique, bruit, vibration
vibration, inondation, Figure 11 : Limites du système pile à
température… combustible étudié

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 35 sur 51


5.1.2 POTENTIELS DE DANGERS LIES AUX SUBSTANCES

Ce chapitre récapitule les principales propriétés physico-chimiques et les seuils des


effets toxiques des substances mises en jeu dans l’exploitation du système pile à
combustible. Ne sont reprises que les substances présentant un risque toxique ou
inflammable.

Monoxyde
Gaz naturel Hydrogène Kérosène Méthanol
de carbone
État physique Gaz Gaz Gaz Liquide Liquide
Densité/air 0,56 0,07 0,968 ≥5 1,11
Point éclair °C - - - ≥ 38 12
LIE (TPN) %v/v 5 4 12,5 0,5 à1 6,7
LSE (TPN) %v/v 15 75 74,2 5à6 36,5
TAI °C 595 585 605 - 464
EMI mJ 0,3 0,017 - - -
Masse molaire g/mol 16 2 28 - 32

Tableau 11 : Synthèse des propriétés physico chimiques des substances mis en jeu dans
l’exploitation du système pile à combustible 8

La perte de confinement de ces produits peut engendrer des phénomènes


dangereux tels que les feux torches ((U)VCE) ou les feux de nappe (kérosène et
méthanol) en présence d’une source d’inflammation
En fonction de la constitution des éléments du cœur de la pile à combustible, il est
possible d’avoir d’autres risques tels que des risques spécifiques à la présence de
nanomatériaux. Ils seront à traiter au cas par cas.
Des seuils de toxicité aiguë sont disponibles pour le monoxyde de carbone et le
méthanol.

Tableau 12 : Seuils des effets toxiques déterminés pour le monoxyde de carbone en 19989

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 36 sur 51


Tableau 13 : Seuils des effets toxiques déterminés pour le méthanol en 2006

Il existe pour le méthanol des valeurs des SEI qui sont antérieures à 2006 et qui ont
été éditées en 1998.

5.2 SCENARIOS OU SITUATIONS DE DANGER

L’analyse menée conduit à retenir certains événements redoutés centraux et


phénomènes dangereux constituant les scénarios dont les effets pourraient avoir des
impacts sur le personnel, l’environnement voire des tiers.
Ce paragraphe a pour objectif de présenter ces scénarios de danger avec les
barrières de sécurité, agissant en prévention ou en protection, provenant des
référentiels IEC 62282-3-100 et NFPA-853. Ils sont présentés au travers des
événements redoutés qui se dégagent. Il a été choisi de présenté ces deux
référentiels en priorité car ils sont reconnus internationnalement, dédiés à la sécurité
et facile d’accès en terme de langue.
Dans un premier temps, les événements communs à l’ensemble de l’installation
seront présentés : la perte de confinement de substances inflammables ou toxiques
sur l’ensemble de l’installation ou l’introduction d’air dans les équipements
contenants des gaz inflammables ; puis les événements spécifiques à certaines
installations tels que les mélanges d’hydrogène/oxygène ou hydrogène/ air au niveau
du système pile à combustible ou l’emballement de réaction sur les procédés de
reformage ou l’accumulation de gaz inflammables au niveau des chambres de
combustion des chaudières ou reformeurs.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 37 sur 51


5.2.1 PERTE DE CONFINEMENT

Toutes les parties de l’installation dans lesquelles circulent des liquides ou des gaz
inflammables et éventuellement toxiques sont susceptibles d’être l’objet de perte de
confinement, essentiellement sous forme de fuite.
La perte de confinement peut être due :
 à la corrosion ou la fragilisation des métaux due à l’hydrogène ou à la carburation
due aux gaz ou hydrocarbures présents (monoxyde de carbone, gaz naturel…) ;
 à l’usure de raccords, vannes ou joints ;
 aux défauts de régulation (refroidissement par exemple) ;
 aux défauts de mise en service et maintenance ;
 à des agressions mécaniques ou thermiques externes ;
 à des vibrations, à la fatigue et au vieillissement ;
 au choix de matériaux inadaptés (par exemple la fragilisation par l’hydrogène) ;
 aux pertes d’utilités (air, électricité…).
La corrosion ou fragilisation ou attaque des métaux et les défauts de montage sont
une des principales causes de perte de confinement sur les installations contenant
de l’hydrogène.
Les fuites sont facilitées par la taille de la molécule d’hydrogène. La corrosion et la
fragilisation sont aussi liées aux propriétés de perméation de l’hydrogène dans
certains matériaux et la réaction avec ceux-ci conduit à leur fragilisation.
Les principaux phénomènes dangereux associés à une perte de confinement sont :
 l’explosion d’un nuage de gaz inflammable (VCE ou UVCE en fonction de
l’implantation de la pile dans un milieu confiné ou non) ;
 le jet enflammé de gaz inflammables (effets thermiques) ;
 le feu de nappe de liquides inflammables (kérosène ou méthanol) ;
 la suroxygénation ou le feu, consécutif à un rejet d’oxygène si présence
d’oxygène pur ;
 le rejet de produits toxiques tels que le monoxyde de carbone ou méthanol si
présence de combustibles carbonés ;
 l’anoxie consécutive à un rejet d’argon / azote si présence de gaz inertant.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 38 sur 51


Barrières de prévention
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
concernée(s) Norme Exemple

Choix à la conception ou protection


adaptée (matériaux de parement ou
Protéger de la corrosion ou revêtement par exemple)
IEC 62282-3-100
fragilisation ou autres
Remplacement des pièces affectées et
attaques chimiques et Paragraphe 4.3
mesures d’inspection et maintenance
éviter le choix de
matériaux inadaptés Paragraphe 5.5
Essais de résistance des composants
(essais de résistance pneumatique, essais
de résistance hydrostatique)

Prévenir l’accumulation de
Mise en place de moyens de drainage et
condensat ou de dépôt à IEC 62282-3-100 d’élimination des dépôts des pièces basses
l’intérieur des tuyauteries
Paragraphe 4.5 ainsi que des moyens d’accès pour le
de liquides ou gaz
nettoyage, l’inspection et la maintenance
inflammables

Ensemble de Maintenir une distance de 1,5 m entre le


l’installation système pile à combustible et les matières
inflammables, les produits chimiques, les
Prévenir les agressions NFPA 853 stockages de grandes hauteurs…
thermiques (effets
dominos) Paragraphe 5.1 Choisir les lieux tels qu’un incendie ou
défaut sur des équipements ne présentent
pas de risque sur le système pile à
combustible adjacent

Prévenir les agressions NFPA 853 Choisir le lieu et protéger des dommages
extérieures Paragraphe 5.1 matériels

Identifier les fuites


potentielles avant la mise IEC 62282-3-100 Essais de types à la conception (essais de
en service et les limiter par Paragraphe 5.4 fuites pneumatiques et hydrostatiques,
un système de ventilation 5.13, 5.20 et 5.21 essais sur le système de ventilation…)
adéquat

Reformage Capturer, recycler ou Dispositions constructives pour éviter les


de éliminer sans risque des IEC 62282-3-100 déversements accidentels (bacs
combustibles liquides inflammables d’égouttements, protections contre les
carbonés (issus d’une éventuelle Paragraphe 4.5 déversements ou des tuyauteries à doubles
liquides perte de confinement) parois)

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 39 sur 51


Barrières de protection
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
concernée(s) Norme Exemple

Prévoir un système de ventilation et


d’échappement si espace confiné. Si c’est
Ensemble de NFPA 853 une ventilation mécanique, prévoir un
l’installation Paragraphe 7.1 asservissement pour arrêter le système
pile à combustible en l’absence de
ventilation.

Dispositifs pour diluer les dégagements


Systèmes à piles à IEC 62282-3-100 internes en dessous de 25 % de la LIE si
combustible
Paragraphe 4.6 espace confiné (oxydation contrôlée ou
munis de boitiers
ventilation mécanique)
Limiter ou diluer les
fuites de substances
Systèmes à piles à inflammables (durée ou Dispositifs de détection gaz ou liquide
combustible ou débit de fuite) inflammables (positionnés selon les
système  sources de fuites, spécifiques aux
d’échappement ou NFPA 853 substances inflammables présentes,
compressions Paragraphe 8.1 déclenchement d’une alarme à l’atteinte de
situés en intérieur 25% de la LIE et asservissement à l’arrêt
ou en cas de de l’alimentation électrique et combustible
dépotage d’H2 à l’atteinte de 60% de la LIE)

Prévoir 2 vannes manuelles sur


Alimentation en NFPA 853 l’alimentation en hydrogène situées à
gaz naturel Paragraphe 6.4 1,8 m du stockage et de l’alimentation
électrique du système

Dispositifs pour éliminer les sources


d’allumage (adéquation du matérielle,
Systèmes à piles à IEC 62282-3-100 limiter les températures de surfaces à 80%
combustible de la TAI, mise à la terre des équipements,
munis de boitiers Paragraphe 4.6 maintien des compartiments contenant des
équipements électriques à une pression
positive…)

Dispositifs constructifs pour éviter les


surcharges dangereuses (interrupteurs de
IEC 62282-3-100 surintensité, des limiteurs de température,
Paragraphe 4.9 des pressostats différentiels, des
Empêcher débitmètres, des relais temporisés ou des
l’inflammation de gaz dispositifs de surveillance similaires)
ou vapeurs
inflammables
 IEC 62282-3-100
 Système à Essais de surcharge électriques
combustible/ Paragraphe 5.5
Équipements
électriques
Dispositifs pour séparer le système
électrique des composants du système pile
à combustible et des systèmes de
NFPA 853
ventilation associés (porte, fenêtre, conduit
Paragraphes 5.1 d’air…)
et 8.1
Possibilité d’installer un transformateur de
type sec dans un compartiment contenant
des substances inflammables

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 40 sur 51


Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
concernée(s) Norme Exemple

Dispositifs de séparation de la pile du reste


des installations par des murs coupe-feu et
des assemblages horizontaux ayant au
minimum une résistance au feu d’une
heure.
Systèmes à piles à NFPA 853
Protéger les ouvertures entre les pièces
combustible Paragraphes 5.3 avoisinantes et les espaces occupés par
situés en intérieur Limiter les effets en et 8.1 des portes ou clapets coupe-feu.
dehors de l’installation Dispositifs de détection incendie
automatique, alarmes et asservissement
de l’alimentation en substances
inflammables

Ensemble de NFPA 853 Prévoir un plan de gestion des situations


l’installation Paragraphes 8.2 d’urgence

Prévenir la pollution en
Reformage de limitant les rejets de IEC 62282-3-100 Mise en place de moyens de rétention
combustibles substances toxiques d'une capacité de 110% du volume du
carbonés liquides tels que le méthanol à Paragraphe 4.4 liquide
l’extérieur du site

Reformage de IEC 62282-3-100 Soupape de sécurité pour tout équipement


Évacuer la surpression
combustibles ou système pour lequel le blocage ou la
générée Paragraphe 4.9
carbonés liquides rétention de débit liquide est nécessaire

Compresseurs, Évacuer la surpression IEC 62282-3-100 Détendeurs de pression, dispositif de


pompes générée Paragraphe 4.9 décharge, commande d’arrêt automatique

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 41 sur 51


5.2.2 INTRODUCTION D’AIR DANS LES ÉQUIPEMENTS CONTENANT DES GAZ
INFLAMMABLES

Les principales causes d’infiltration d’air dans les équipements contenant des gaz
inflammables sont :
 la présence d’air dans des volumes remplis de gaz inflammables après une
opération de maintenance ou l’oubli d’inertage lors du démarrage de l’installation ;
 l’infiltration d’air à l’aspiration du compresseur par défaut d’alimentation en gaz.
L’alimentation des compresseurs est une phase critique qui présente des risques
d’infiltration d’air extérieur dans le cas où l’alimentation en hydrogène est bloquée
par une vanne en position fermée par exemple. En effet, si un compresseur
fonctionne sans alimentation, un vide se crée et de l’air peut s’infiltrer à l’intérieur.
Le phénomène dangereux potentiellement envisageable est l’éclatement du
compresseur ou d’un équipement de l’installation auxquels sont associés des effets
de pression et de projection.
Barrières de prévention
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

IEC 62282-3-100 Mise en place de moyens de purge pour


Ensemble de
mettre l’installation dans un état passif
l’installation Paragraphe 4.2 après l’arrêt ou avant la mise en marche

Dispositif de purge pour les équipements et


Équipements NFPA 853 tuyauteries sous pression et évacué en
sous dehors du bâtiment à au moins 4,6 m d’une
pression Paragraphe 7.4 arrivée d’air, fenêtre, porte ou ouverture
d’un autre bâtiment.

IEC 62282-3-100 Dispositifs pour éviter le retour de gaz


Ensemble de
inflammables dans la source du
l’installation Paragraphe 4.15 combustible
Empêcher le mélange d’air
et de gaz inflammables Quand du gaz naturel sans odeur est
Installation NFPA 853 utilisé, prévoir un dispositif pour éviter le
alimentée en
Paragraphe 6.2 retour de gaz dans d’autres bâtiments ou
gaz naturel
tuyauteries

Prévenir les erreurs de montage lors


d’opérations de maintenance
Dispositifs pour déconnecter le générateur
Ensemble de IEC 62282-3-100 de pile à combustible des alimentations en
l’installation Paragraphe 4.15 courant.
Dispositif de verrouillage physique du
système afin d’éviter toute reconnexion
involontaire avant la fin de l’entretien

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 42 sur 51


Barrières de protection
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

Dispositifs pour que la quantité maximale


de mélange inflammable qui peut
Limiter les effets en dehors IEC 62282-3-100 s’accumuler, si la combustion a lieu,
Ensemble de
du système piles à produise des pressions et des
l’installation Paragraphe 4.6
combustible températures pouvant être contenues dans
les composants exposés à de telles
conditions

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 43 sur 51


5.2.3 MÉLANGES D’HYDROGÈNE/OXYGÈNE OU HYDROGÈNE/ AIR À L’INTÉRIEUR DU
SYSTÈME PILE À COMBUSTIBLE

Les mélanges d’hydrogène/oxygène ou hydrogène/air peuvent avoir lieu à l’intérieur


du cœur de la pile à combustible ou sur les équipements en aval tel que les
systèmes de condensation pour séparer l’hydrogène de l’eau et récupérer
l’hydrogène pur.
Ces défauts apparaissent d’abord au niveau du stack et ont souvent un lien direct
avec la gestion des auxiliaires en amont.
Ils peuvent être dus à :
 un défaut d’approvisionnement en gaz ;
 un gradient de pression entre l’anode et la cathode ;
 une température trop élevée de la pile ou une diminution de la teneur en eau qui
provoque un assèchement de la membrane ;
 l’attaque directe du polymère de la membrane par des espèces radicales
(hydroxyle OH ou des radicaux hydroperoxyl OOH ou peroxyde d’hydrogène
H2O2) qui se forment pendant le fonctionnement du stack ;
 la pollution par des espèces étrangères ;
 un défaut dans les dispositifs de conditionnement de l’énergie électrique
(convertisseur de courant, batterie en aval…) ;
 des courts circuits ;
 la fatigue et le vieillissement voire un défaut d’installation ou de conception.
Le phénomène dangereux envisageable spécifique à la pile à combustible est
l’explosion du mélange conduisant à l’éclatement de la pile ou d’un équipement en
aval auxquels sont associés des effets de pression et de projection.
Barrières de prévention
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

Dispositifs pour éviter toutes défaillances


en chaîne (verrouillage de protection du
Empêcher toute défaillance
IEC 62282-3-100 circuit électrique, des dispositifs de
d’un composant pouvant
déclenchement, des essais fonctionnels,
conduire à une situation Paragraphe 4.9 des redondances ou de la diversité partielle
Pile à dangereuse
ou complète des composants, choix de
combustible composants éprouvés…)

Empêcher les défauts EC 62282-3-100 Source d’alimentation en eau sur place qui
d’approvisionnement en doit permettre l’apport en quantité
eau Paragraphe 4.15 suffisante pour le fonctionnement

Installation Prévoir des dispositifs additionnels de


de biogaz Empêcher la pollution par NFPA 853 décontamination associés à des
couplée à la des espèces étrangères Paragraphe 6.5 alimentations en combustible issues du
pile biogaz

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 44 sur 51


Barrières de protection
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

Empêcher le Arrêt de l’alimentation en combustible en


fonctionnement en cas de IEC 62282-3-100 cas de déclenchement d’un limiteur, d’un
Pile à
défaut disjoncteur ou à la détection d’une
combustible Paragraphe 4.9
d’approvisionnement du défaillance interne du système. Le système
combustible ou oxydant revient en position de départ.

5.2.4 EMBALLEMENT DE RÉACTION SUR LES PROCÉDÉS DE REFORMAGE

Dans les procédés de reformage, les températures et pressions sont relativement


élevées (températures de 400°C à plus de 900°C et pression de 20 à 30 bar).
Ces procédés présentent des risques d’emballement dans le cas de :
 dysfonctionnement du système de refroidissement ou de régulation de pression ;
 dégradation ou empoisonnement des catalyseurs par le sulfure contenu dans le
gaz naturel par exemple ;
 des défauts d’approvisionnement en eau ou monoxyde de carbone qui peuvent
entraîner des réactions non désirées.
Le phénomène dangereux potentiellement envisageable spécifique à l’unité de
reformage est l’explosion du mélange conduisant l’éclatement du réacteur auxquels
sont associés des effets de pression et de projection.
Barrières de prévention
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

Empêcher l’accumulation
des produits de IEC 62282-3-100 Mise en place d’un système d’évacuation
combustion à l’intérieur de Paragraphe 4.5 des fumées.
l’équipement

IEC 62282-3-100 Arrêt de l’alimentation en combustibles ou


Reformage Empêcher la dégradation
réactifs à l’atteinte d’un seuil de
de du catalyseur Paragraphe 4.5 température du catalyseur
combustibles
carbonés
Dispositifs constructifs pour éviter les
défaillances dangereuses (des limiteurs de
Empêcher les défaillances IEC 62282-3-100 températures, des pressostats différentiels,
dangereuses Paragraphe 4.9 des débitmètres, des relais temporisés, des
limiteurs d’emballements ou des dispositifs
de surveillance similaires)

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 45 sur 51


5.2.5 ACCUMULATION DE GAZ INFLAMMABLES AU NIVEAU DES CHAMBRES DE
COMBUSTION DES CHAUDIÈRES OU RÉFORMEURS

L’accumulation de gaz inflammables peut être due à l’excès ou le défaut de


comburant ou combustible ou l’absence de combustion suite à un défaut de flamme
ou un allumage retardé.
Les principaux phénomènes dangereux associés sont
 l’explosion d’un nuage de gaz inflammable provoquant l’éclatement de la
chambre de combustion ;
 l’éclatement du ballon d’eau chaude.
Barrières de prévention
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

Mise en place de moyens de purge pour


mettre l’installation dans un état passif
IEC 62282-3-100 après l’arrêt ou avant la mise en marche.
Paragraphe 4.6 La purge doit apporter un minimum de 4
changements d’air dans la chambre de
combustion.

IEC 62282-3-100 Dispositifs pour éviter que l’air ne retourne


dans la tuyauterie de combustible et
Équipements Paragraphe 4.15
Empêcher le mélange d’air inversement
munis d’un
et de gaz inflammables
bruleur
Essais de caractéristiques de
fonctionnement et de commande
automatique du brûleur (modes opératoires
IEC 62282-3-100 à exécuter au démarrage et arrêt, essais du
Paragraphe 5.9 et système automatique de commande de
5.10 sécurité pour le démarrage et l’arrêt, essai
de pression d’alimentation en combustible
minimale et maximale, essais d’allumage,
essais de température des composants...)

Barrières de protection
Installation(s) Exemples de mesures de maîtrise des risques
Fonction de sécurité
impactée(s) Norme Exemple

Dispositifs constructifs autour du brûleur


Équipements IEC 62282-3-100 (veilleuse, appareil d’allumage direct,
Empêcher l’inflammation
munis d’un contrôle de flamme ou d’oxydation,
de gaz inflammables Paragraphe 4.6
bruleur dispositif de verrouillage en l’absence
d’allumage…)

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 46 sur 51


5.3 SYNTHÈSE SUR LES PRINCIPAUX RISQUES IDENTIFIES ET LES MESURES DE
MAÎTRISE DES RISQUES ASSOCIÉES

Cette partie synthétise les principaux risques identifiés et les barrières associées à
un système de pile à combustible sur la base de des référentiels IEC 62282-3-100 et
NFPA 853. Cette évaluation est générique et est à adapter en prenant des critères
comme la taille des systèmes ou les pressions mises en œuvre ou la situation de
l’installation (intérieur ou extérieur) ou les produits mis en œuvre.
Les situations à risque sont autant liées aux produits mis en œuvre (hydrogèné,
monoxyde de carbone, méthanol…), aux conditions opératoires (températures,
humidité, pressions…), à la sensibilité de certains composants (par exemple
l’influence des corps étrangers sur la dégradation de la membrane pour les piles
PEMFC) et les conditions de l’environnement de l’installation (espace confiné ou
aéré, présence de tiers autour…).
Les causes de défaillances concernent non seulement la pile en elle-même que les
éléments annexes (unité de réformage, stockage, régénération de l’hydrogène…).
Par exemple les utilités (électricité, alimentation en fluides, en gaz inertes, de fluides
thermiques, d’eau…) ont une incidence sur le fonctionnement de la pile. En effet,
l’une des principales causes de survenue d’un scénario dangereux est la défaillance
ou la rupture d’une utilité.
Ces facteurs sont à surveiller car ils peuvent mener aux événements redoutés et
phénomènes dangereux suivants :
Installations
Événements redoutés Phénomènes dangereux associés
impactées

Explosion d’un nuage de gaz inflammable (VCE ou UVCE) ;


Jet enflammé de gaz inflammables (effets thermiques) ;
Feu de nappe de liquides inflammables (kérosène ou méthanol) ;
Perte de confinement de
Suroxygénation ou le feu, consécutif à un rejet d’oxygène si présence
substances inflammables ou Ensemble de
d’oxygène pur ;
toxiques sur l’ensemble de l’installation
l’installation Rejet de produits toxiques tels que le monoxyde de carbone ou
méthanol si présence de combustibles carbonés ;
Anoxie consécutive à un rejet d’argon / azote si présence de gaz
inertant.

Introduction d’air dans les


Ensemble de
équipements contenants des Éclatement du compresseur ou d’un équipement de l’installation
l’installation
gaz inflammables

Mélanges
Pile à combustible
d’hydrogène/oxygène ou Explosion du mélange conduisant à l’éclatement de la pile ou d’un
ou équipement en
hydrogène/ air au niveau du équipement en aval
aval
système pile à combustible

Réservoir ou cuve
Emballement de réaction sur
du procédé de Explosion du mélange conduisant l’éclatement du réacteur
les procédés de reformage
reformage

Accumulation de gaz Explosion d’un nuage de gaz inflammable provoquant l’éclatement de


inflammables au niveau des Chaudières ou la chambre de combustion ;
chambres de combustion des reformeurs
chaudières ou reformeurs Éclatement du ballon d’eau chaude.

Tableau 14 : Synthèse des événements redoutés et phénomènes dangereux associés aux piles à
combustible

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 47 sur 51


Afin d’éviter ces phénomènes, des mesures de maîtrise et même une gestion globale
de la sécurité ont été identifiés au travers des référentiels IEC 62282-3-100 et
NFPA 853.
La norme IEC 62282-3-100 propose un programme de management de la sécurité
qui prend en compte toutes les phases de vie du système pile à combustible. Elle
propose notamment d’effectuer les actions suivantes : analyse de risques à la
conception, identification des mesures de maîtrise de prévention et de protection,
qualification des équipements, essais, formations des utilisateurs, marquage de
l’équipement…
En plus de cette démarche globale, les référentiels font ressortir des barrières de
sécurité essentielles pour permettre le développement de cette technologie telles :
 des mesures liées à la configuration des sites tels que la ségrégation des risques
(par exemple séparation des substances inflammables et sources d’inflammation
par la mise place d’une pression positive sur les compartiments électriques) ou la
protection incendie par des systèmes de type « coupe-feu » ;
 des systèmes instrumentés de sécurité qui permettent de mettre en sécurité le
système pile à combustible en cas de défaillances (hausse de température,
variation de pression, détection gaz inflammables…). Les normes insistent sur la
fiabilité de ces systèmes notamment dans le cas de systèmes autonomes ;
 des mesures de ventilation, de drainage et de purge pour éviter la formation
d’atmosphère explosives.

Pour rappel, l’annexe A de la norme française NF M58-003 définit les conditions


d’installation d’un système mettant en œuvre de l’hydrogène à l’intérieur d’une
enceinte et définit pour différents types de fuite les mesures à mettre en œuvre
(ventilation, détection, isolement.

Ils mettent l’accent sur la maîtrise des différentes phases de fonctionnement du


système pile à combustible : mise en service, démarrage, arrêt…
.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 48 sur 51


6. CONCLUSION

Aujourd’hui, en France, les PAC sont régies par une réglementation générale issue
des directives européennes. Or, pour permettre et accompagner le développement
de cette technologie, il peut être pertinent de mettre en place une réglementation
spécifique et évolutive. La première étape dans la poursuite de cet objectif est
d’établir un état des lieux :
 des technologies et des systèmes pile à combustible ainsi que leur
potentiel de déploiement ;
 des textes de référence et des processus d’autorisation associés au niveau
international ;
 des risques et des barrières de sécurité associés.
Nous retiendrons tout d’abord de cette étude que la pile à combustible est une
technologie qui en France fait l’objet de nombreuses recherches et de premières
mises sur le marché. Sur les nombreux procédés présents à l’international, deux
types de piles ressortent, dans l’hexagone : une pile basse température : PEMFC et
une pile haute température : SOFC. Les avancées sur ces deux technologies s’axent
autant sur l’optimisation des performances du cœur de la pile que de ses unités
annexes, l’ensemble constituant le système pile à combustible. Ses évolutions
permettent d’envisager des applications à différentes échelles : de la micro-
cogénération avec des puissances de l’ordre du kilo watt à des installations de
grande dimension avec des puissances pouvant dépasser les 50 MW. La diversité
de ces applications se traduit par une grande diversité des sites potentiellement
intéressés par leur développement et concernés par la maîtrise des risques
associés : les secteurs résidentiels, les établissements recevant du publique et les
sites industriels.
Il est à noter que les coûts actuels des piles à combustible ne sont pas compétitifs
par rapport à d’autres systèmes de cogénération, mais des développements sont en
cours pour optimiser ses constituants ainsi que ces performances…
Face à cette progression, il ne faut pas oublier que le système pile à combustible met
en œuvre des substances inflammables et un comburant et, dans certains cas, des
toxiques. Le retour d’expérience fait apparaître l’importance de maîtriser les risques
tant au niveau du corps de la pile que des équipements auxiliaires. Il montre aussi
cependant que les conséquences restent, dans la mesure des connaissances,
limitées, grâce notamment aux systèmes de sécurité mis en œuvre.
Un cadre existe, à la fois réglementaire, basée sur des directives, et normatif. En
effet, la législation européenne applicable aux systèmes piles à combustible inclut
des directives ayant des objectifs « énergies et climat » pour favoriser
économiquement leur développement ainsi que des directives concernant la
protection de l’environnement (SEVESO IIII, IED…) ou des travailleurs (ATEX, Basse
Tension, ESP…) non spécifique à la pile à combustible. Il existe un cadre normatif
abondant et actuellement en évolution. Il s’articule autour de normes internationales
telles que la norme IEC 62282-3-100 mais également de normes nationales telles la
norme NFPA 853 ou les normes japonaises spécifiques à certains types de piles et
tailles d’installation. Ces normes traitent autant de la sécurité de la pile que de celle
de ses installations annexes.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 49 sur 51


L’analyse des mesures définies dans ces normes a été faite à travers une première
évaluation des risques présents sur les systèmes piles à combustible.
Les événements redoutés communs à l’ensemble de l’installation ont été identifiés :
 la perte de confinement de substances inflammables ou toxiques sur l’ensemble
de l’installation ;
 l’introduction d’air dans les équipements contenants des gaz inflammables.
Puis les événements spécifiques à certaines installations tels que :
 les mélanges d’hydrogène/oxygène ou hydrogène/ air au niveau du cœur de la
pile à combustible ou en aval ;
 l’emballement de réaction sur les procédés de reformage ;
 l’accumulation de gaz inflammables au niveau des chambres de combustion des
chaudières ou reformeurs.
À partir de ces événements, les aspects relatifs à la gestion du risque ont été
analysés dans les différents référentiels. Ainsi, la norme IEC 62282-3-100 propose
un management de la sécurité qui prend en compte toutes les phases de vie du
système pile à combustible et s’appuie sur une analyse des risques menée dès la
conception.
En plus de cette démarche globale, les points qui ressortent de cette analyse vis à
vis des barrières de sécurité sont les suivants :
 la configuration des sites (le positionnement des différents équipements de
l’installation, le fait que le système pile à combustible soit ou non confiné…) est
essentielle dès la mise en place d’une nouvelle installation ;
 la pile à combustible s’appuie sur des systèmes instrumentés de sécurité à la fois
pour prévenir et limiter les phénomènes dangereux. Les normes insistent sur la
fiabilité de ces systèmes notamment dans le cas de systèmes autonomes ;
 des mesures de ventilation, de drainage et de purge sont à mettre en place pour
éviter la formation d’atmosphère explosives ;
 les phases d’arrêt (arrêt normal entre deux phases d’utilisation, arrêts
d’urgence…) et de démarrage nécessitent des procédures bien définies.
En conclusion, cette étude a permis d’identifier les profils des installations et leurs
applications, les scénarios accidentels et les textes de référence. En particulier elle
montre l’importance du cadre normatif qui évolue très rapidement et qui propose des
mesures spécifiques pour les nouvelles installations stationnaires. Elle a également
mis en évidence un cadre réglementaire qui favorise la mise en place de ces
systèmes par des aides économiques et où le régime de classement pour ces
technologies dépend des activités annexes présentes (reformage, installations de
combustion, méthanisation…) et des quantités d’hydrogène mises en œuvre. Une
réflexion pourrait être menée pour évaluer si ces installations nécessitent un régime
de classement qui prenne en compte la configuration du site (par exemple site
autonome pour alimenter un quartier résidentiel ou installation sur un site industriel
existant), les technologies de pile et les puissances présentes.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 50 sur 51


7. ANNEXES

Nombre
Repère Désignation
de pages

1 Méthodologie 4

2 Composants du corps de PAC de type PEMFC 3

3 Présentation des différents types de piles à combustible 11

4 Auxiliaires à la pile à combustible 4

5 Domaines d’application des piles à combustible 5

6 Retour d’expérience sur les piles à combustible 1

Normes relatives aux piles à combustible : IEC 62282-3-


7 4
100:2002, NFPA 853:2015

8 Performance des piles à combustible 1

9 Glossaire et définition 3

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Page 51 sur 51


ANNEXE 1

Méthodologie

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 1


Le rapport a été réalisé sur la base d’une étude bibliographique et d’une enquête
internationale qui s’est déroulée d’août à octobre 2016.
Enquête
Cette partie a pour objectif de présenter le profil des participants, les pays ciblés
ainsi que le déroulement de l’enquête et de présenter les premiers résultats.
Profil des participants
L’INERIS a contacté des professionnels :
 ayant participé à des projets de recherche et de développement
subventionnés par l’ADEME ;
 faisant partie du comité technique ISO/TC 105 qui travaille sur l’élaboration
d’une norme spécifique pour les piles à combustible ;
 membres de l’association AFHYPAC ;
 intervenants lors de l’école d’été, qui a eu lieu à Belfort en juillet 2016, sur le
thème de la pile à combustible ;
 rencontrés lors du séminaire « Deploying fuel cell buses in European cities
and regions » qui a eu lieu le 20 mai 2016 à Bruxelles.

Ecole d'été de
Belfort
25%
Comité
Ademe technique
13% TC 105
58%

Séminaire
4%

Figure 12 : Source des personnes contactées dans le cadre de l’enquête de 2016


Le profil des personnes ayant répondu est le suivant :
 75% des personnes interrogées font partie de laboratoires de recherche
et développement qui travaillent sur l’amélioration des performances des piles.
 17% des participants font partie de starts up et industriels qui vendent tout ou
partie des systèmes « pile à combustible »,
 8% sont des gestionnaires de réseau d’alimentation d’énergie qui financent le
développement de ces nouvelles technologies.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 1


Concepteur
d'installation
17%
Gestionnaire
de réseau
8%

laboratoires de
recherche et
développement
75%

Figure 13 : Profil de personnes contactées dans le cadre de l’enquête de 2016


Pays cibles
L’étude a ciblé des pays ayant des activités de recherche et développement et des
installations concernant les technologies de pile à combustible :
 en Europe : Allemagne, Espagne, France, Grande Bretagne, Suède et
Suisse ;
 en Amérique du Nord : Canada et États-Unis ;
 en Asie : Chine, Corée et Japon.
Déroulement de l’enquête
Cette enquête s’est déroulée d’août à octobre 2016. Elle a été réalisée par le biais
d’un questionnaire téléphonique pour les francophones et électronique pour les
autres.
Elle visait à :
 comprendre le fonctionnement des piles à combustible ;
 spécifier les marchés actuels et potentiels ;
 enregistrer les défaillances et les éventuels retours d’expériences ;
 déterminer les mesures de maîtrise des risques associés à ces installations ;
 identifier les réglementations et les guides qui s’appliquent.
46 personnes ont été contactées ; 15 ont répondu à tout ou partie du questionnaire ;
cela donne un taux de réponse de plus de 30%.
Les personnes interrogées pouvaient choisir de ne pas répondre à toutes les
questions proposées selon leur connaissance des sujets abordés.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 1


Bilan de l’enquête
Cette enquête a permis de :
1) dresser un panorama technologique des piles à combustible ;
2) visualiser les priorités européennes en termes de recherche et
développement ;
3) appréhender l’état et les évolutions du marché français ;
4) obtenir des informations quant aux retours d’expériences des industriels vis-
à-vis de cette nouvelle technologie ;
5) connaître le contexte réglementaire en France et les attentes des différents
acteurs.
Ces résultats seront plus largement présentés et commentés dans la suite de ce
rapport.
Nous devons cependant noter la faible participation de la filière internationale
excepté pour le Canada. Nous avons donc dû compléter cette enquête par des
éléments issus de la bibliographie.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 1


Étude bibliographique
La recherche bibliographique s’est appuyée sur de nombreux documents et bases de
données scientifiques, réglementaires, normatives… Ce paragraphe présente les
principales sources. Elles sont détaillées par référence exactes en fin de rapport.
Ce paragraphe reprend les sources pour chaque partie du présent rapport. En effet,
les documents utilisés sont spécifiques en fonction des thématiques abordées.

Pour décrire les technologies et enjeux des piles à combustible présentés dans la
partie 2, les données proviennent principalement de :
 thèses émises sur le sujet postérieur à 2010 ;
 documents mis en lignes sur le site de l’AFHYPAC [Link] et
l’IEA [Link] ;
 présentations obtenues lors de l’école d’été sur le thème de la pile à
combustible qui a eu lieu à Belfort.

Le retour d’expérience de la partie 3 est issu au niveau bibliographique :


 des bases de données recensant l’accidentologie ;
 des moteurs de recherche généralistes et scientifiques.

Concernant la description du cadre réglementaire et normatif, il a été utilisé :


 les présentations des groupes normatifs ISO/TC 197 et IEC TC 105 du site
[Link]
 le site [Link] recensant les différents normes et
guides utilisés dans le monde ;
 le site [Link] répertoriant les différentes directives
européennes ;
 pour la législation française le site [Link]/aida.

L’identification des principaux risques a été menée sur la base de :


 précédentes études réalisées par l’INERIS sur les piles à combustible et par
analogie avec des études précédentes réalisées sur des nouvelles
technologies mettant en œuvre de l’hydrogène ;
 thèses émises sur la dégradation des piles à combustible ;
 normes IEC 62282-3-100 et NFPA-853 ;
 l’expertise de l’INERIS dans le domaine de l’analyse des risques des
systèmes industriels.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 1


ANNEXE 2

Composant du corps de PAC de type PEMFC

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 2


Les piles à combustible de types PEMFC, commercialisées actuellement, sont
constitués des éléments suivants : plaques bipolaire, couches de diffusions
gazeuses, électrodes, membrane et joints d’étanchéité.
Cette annexe a pour objectif de présenter les principaux composants. Elle décrit à la
fois leur rôle ainsi que les matériaux choisis à leur conception.

Plaques bipolaires
Les plaques bipolaires constituent l’ossature de la pile. Elles conduisent le courant.
Elles facilitent la gestion de l’eau et de la température, en l’absence de plaques de
refroidissements. Elles fournissent des canaux pour l’alimentation en gaz réactifs
comme pour l’évacuation des produits.
Pour remplir ces fonctions, différents types de plaques peuvent être utilisés (métal,
composite, graphite)10. De nombreuses recherches sont menées pour trouver un
compromis entre résistance à la corrosion et valeur de la résistance de contact ainsi
que sur le design des plaques11.

Exemple de plaque bipolaire18

Couches de diffusion gazeuses


La couche de diffusion gazeuse (GDL), avec sa nature poreuse, joue un rôle
essentiel pour assister les réactions d’oxydation de l’hydrogène et de réduction de
l’oxygène dans les couches catalytiques. Elle permet aux réactifs de diffuser des
canaux d’arrivée jusqu’aux sites actifs électro-catalytiques. La GDL facilite aussi la
gestion de l’eau dans la couche catalytique et dans la membrane. Elle permet de
diffuser la vapeur d’eau couplée aux réactifs. Elle assure ainsi une humidité
suffisante dans la membrane. Elle aide dans un même temps à évacuer l’eau
produite du côté de la cathode hors de la pile et empêche ainsi les noyages qui
bloqueraient les sites actifs. Les GDL sont connectées électriquement à l’encre
catalytique et offrent une structure de support pour les couches de catalyseurs. De
plus, elles sont conductrices électriquement pour assurer le transfert d’électrons
entre la couche catalytique et les plaques bipolaires. On trouve principalement deux
grandes familles de couches de diffusions : les papiers carbones (GDL non-tissées)
et les tissus carbones (GDL tissées)12.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 2


Électrodes
Les électrodes sont composées de deux couches : une couche catalytique et un
support à base de carbone pour le catalyseur. Une couche catalytique
conventionnelle est composée de nanoparticules de platine (Pt) supportées par une
surface de noir de carbone en contact étroit avec une quantité contrôlée d’ionomère.
Les ionomères sont des polymères modifiés pour inclure des ions, habituellement
des groupes sulfoniques. Le support de carbone permet aux nanoparticules d’avoir
une forte dispersion (2-3nm) et de fournir une structure poreuse électroniquement
conductrice. Cette structure joue un rôle crucial dans le transport des réactifs et des
électrons jusqu’aux nanoparticules comme dans l’évacuation des gaz inertes et de
l’eau13.

Membrane
Les membranes utilisées dans les PEMFC sont des ionomères. Les portions
ioniques hydrophiles sont la clé pour permettre le transport des protons à travers la
membrane. La membrane la plus utilisée aujourd’hui est la membrane en acide
perfluorosulfonique plus communément connue sous le nom de Nafion. Sa structure
procure au Nafion une stabilité dans des conditions propices aux réactions
d’oxydoréduction. Son épaisseur ne dépasse pas 25 microns. Quand la membrane
absorbe l’eau, les domaines ioniques du Nafion gonflent et forment des canaux
conducteurs de protons au-dessus d’un seuil critique d’eau.

Composants d’une pile PEMFC avec membrane Nafion translucide (en haut à droite), catalyseur en
poudre et électrodes14
La membrane possède plusieurs rôles importants au sein de la cellule. D’abord elle
rend possible le transport de protons. Ensuite, elle sert de séparation entre le
carburant et l’oxydant. De plus, elle doit être capable de résister à des conditions
difficiles dont l’activité des catalyseurs, des fluctuations de température voire des
températures élevées ou encore des attaques de radicaux réactif.
C’est généralement la durée de vie de la membrane qui détermine la durée de vie de
la pile. Il faut donc être capable de connaître les processus de dégradations.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 2


Joints d’étanchéité
L’assemblage entre la membrane et les électrodes (aussi abrégé AME) n’est pas
seulement une structure de type « sandwich ». Elle inclut les éléments jointifs qui
empêchent le carburant de l’anode et l’oxydant de la cathode de se mélanger mais
également de fuir vers l’extérieur de la pile. L’AME, les plaques bipolaires et les joints
d’étanchéité doivent être parfaitement alignés pour maintenir une force de serrage
appropriée entre les différents composants.

Alignement des composants15

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 2


ANNEXE 3

Présentation des différents types de piles à


combustible

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Pile à membrane polymère (PEMFC)
Principes de fonctionnement
Ce type de pile est celui sur lequel sont actuellement concentrés les plus gros efforts
de développement.16

Rendement Rendement
Modèle Nom Température Combustible Puissance
électrique thermique

Proton
De
Exchange
PEMFC 50 – 100°C H2 quelques 30 – 45 45 – 65
Membrane
mW à 1MW
Fuel Cell

La PEMFC est un type de pile à combustible avec une température de


fonctionnement dans la gamme de 50° à 100°C. Le fonctionnement à basse
température délivre une densité de courant et de puissance élevés. Cela permet à la
cellule d’avoir un design compact, un poids léger et un temps de réponse rapide par
rapport aux autres piles à combustible.
Comme son nom l’indique, ce type de pile utilise un électrolyte en membrane
échangeuse de protons solide. L’utilisation d’un électrolyte solide a ses avantages.
L’imperméabilité des gaz d’anode et de cathode devient plus facile, ce qui rend la
fabrication très économique. Contrairement aux électrolytes liquides, les électrolytes
solides sont moins susceptibles à la corrosion ce qui permet au système d’avoir une
durée de vie plus longue.
Des efforts de recherche sont mis en œuvre pour augmenter les performances et
diminuer le coût, aussi bien de la pile elle-même que de ses périphériques. Les
enjeux sont considérables.

Schéma de fonctionnement d’une PEMFC17 Pile CEA de 80 kWe Genepac composée de deux modules
de 40 kWe18

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Avantages et inconvénients
Les avantages attribués de la PEMFC sont les suivants :
 fonctionnement à basse température, donc démarrage rapide ;
 électrolyte solide ;
 excellente fiabilité démontrée jusqu’à 100 000 h sans dégradation notable ;
 bon comportement aux basses températures (jusqu’à -30°C).
Ces avantages sont altérés par quelques inconvénients :
 le besoin d’utiliser des métaux précieux, le platine et le ruthénium, donc chers,
comme catalyseurs des réactions électrochimiques aux électrodes ;
 la membrane électrolyte conductrice protonique chère et limitée en
température d’utilisation (85°C actuellement avec la famille des Nafion) ;
 la sensibilité au CO (moins de 10 ppm requis).

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Pile à oxyde solide SOFC
Principes de fonctionnement
Ce type de pile suscite actuellement un très grand intérêt compte tenu de ses
performances présentes et potentielles ainsi que de son insensibilité au monoxyde
de carbone.

Rendement Rendement
Modèle Nom Température Combustible Puissance
électrique thermique

Solid
600 – H2, CH4O, Jusqu’à
SOFC Oxyde Fuel 30 – 60 40 – 60
1000°C CH4 10MW
Cell

Les piles SOFC, dites à « électrolyte oxyde solide » fonctionnent à haute


température de 650 à 1000°C. Ce niveau de température est nécessaire pour que
l’électrolyte utilisé (habituellement de la zircone dopée à l’yttrium) ait une conductivité
ionique suffisante.
Ce niveau de température permet à ces piles d’être beaucoup moins sensibles que
les autres aux impuretés. Par exemple, le monoxyde de carbone CO, impureté pour
plusieurs types de piles devient au contraire un combustible pour une pile de type
SOFC.
Le point de fonctionnement généralement choisi conduit à un bon rendement
électrique de l’ordre de 50-60%. Le haut niveau de température de la chaleur rejetée
(600-700°C) permet d’améliorer sensiblement ce rendement en valorisant cette
chaleur par couplage avec une turbine à gaz suivie éventuellement d’une dernière
récupération de chaleur, destinée au chauffage par exemple.
Il faut noter, par ailleurs, que la température élevée de fonctionnement et la formation
de vapeur d’eau permettent un reformage interne (direct ou indirect) à l’anode, d’un
combustible carboné (gaz naturel, kérosène, méthanol…). Cette caractéristique fait
que la pile SOFC est parfois décrite comme une pile au gaz naturel.

Schéma de fonctionnement d’une SOFC17 Module plan testé par le Centre de Jülich19

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Technologies développées
Deux grandes familles technologiques sont développées :
 la technologie tubulaire
Cette technologie est essentiellement par Westinghouse Electric Corp et Mitsubishi
Heavy Industries et comprend un cylindre en céramique poreuse qui sert de support.
Il est recouvert extérieurement de couches successives faisant office de cathode,
d’électrolyte, d’anode et enfin, un dépôt servant d’inter connecteur. L’intérieur du
tube support sert à la distribution d’air tandis que le combustible est amené par
l’extérieur.

Technologie cylindrique (air au centre, combustible à l’extérieur)19

 la technologie plane
Cette technologie est plus récente. Tous ses composants étant actifs, elle permet
d’obtenir des blocs plus compacts conduisant aux améliorations suivantes :
abaissement de la masse, de l’encombrement, des pertes thermiques et donc une
montée plus rapide en température. Une difficulté de cette technologie réside dans la
mise au point de plaques d’interconnexion assurant à la fois une bonne conduction
électrique, une bonne tenue mécanique – à la corrosion et une bonne étanchéité.
L’un des objectifs majeurs est de parvenir à fonctionner dans la gamme basse des
températures (vers 700°C). Cela permet de choisir des plaques d’interconnexion en
métal et non en céramique, gagnant ainsi sur la tenue mécanique et le coût.
La technologie monolithique est une variante de la technologie plane ; elle en diffère
par le fait que les composants se supportent mutuellement.

Technologies plane et monolithiques 20

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Avantages et inconvénients
Les avantages attribués à cette famille sont les suivants :
 une bonne fiabilité ;
 des rejets thermiques à une température élevée (vers 600 - 700°C), donc
faciles à évacuer et éventuellement valorisables en énergie électrique via une
chaine thermodynamique en aval (turbine à gaz) ;
 pas de catalyseurs précieux ;
 un reformage aisé d’éventuels combustibles carbonés directement à l’anode.
Les inconvénients sont les suivants :
 une température de fonctionnement élevée, donc un temps de démarrage
relativement long : c’est donc une technologie réservée à des applications de
longue durée ;
 la fragilité de la céramique qui supporte mal les différentiels de température.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Pile à carbonate fondu MCFC
Principes de fonctionnement
Cette filière partage, avec la PEMFC, les records de vente dans le monde. Plus de
110 installations (septembre 2014) de piles de 300 kW (DFC300) à 2,4 MW
(DFC3000) ont été vendues depuis 1970.16
Ce type de pile fait partie des piles à « électrolytes liquides fonctionnant à haute
température (vers 650°C) ». Cette haute température permet une valorisation
intéressante des calories rejetées à haut niveau thermique et en particulier le
couplage avec turbine à gaz en aval et le reformage direct à l’anode de combustibles
type hydrocarbures.

Modèle Nom Température Combustible Puissance Rendement Rendement


électrique thermique
Molten
MCFC 600 – 660°C H2, CH4O, 50kW – 40 – 60 40 - 50
Carbonate
CH4 10MW
Fuel Cell

Les MCFC sont les piles à combustible présentant la meilleure résistance aux
impuretés issues des réactions chimiques. Ce type de pile à combustible est
majoritairement utilisé pour des utilisations stationnaires et pour des fortes
puissances (entre 100 kW et 100 MW). Néanmoins, la maintenance est plus
importante que pour des types SOFC.

Schéma de fonctionnement d’une MCFC17 Pile MTU à l’OPAC de la Porte Briançon (Paris)21

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Avantages et inconvénients
Les avantages attribués à cette pile sont les suivants :
 bonne fiabilité ;
 rejets thermiques à une température élevée (vers 600°C), donc
éventuellement valorisables en énergie électrique via une chaine
thermodynamique en aval (turbine à gaz).
Les inconvénients sont les suivants :
 électrolyte liquide et corrosif (carbonates fondus) ;
 technologie onéreuse.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Pile alcaline AFC

Principes de fonctionnement
C’est le type de pile dont le développement est le plus ancien (1932). La NASA
l’avait sélectionnée au début des années soixante pour ses futurs vols habités Apollo
et Navette.

Modèle Nom Température Combustible Puissance Rendement Rendement


électrique thermique

Alkaline
AFC 25 – 260°C H2 10kW – 55 – 60 <30
Fuel Cell
100kW

Le principe de fonctionnement est extrêmement simple : il s’agit d’une


oxydoréduction, électrochimique et contrôlée, d’hydrogène et d’oxygène, avec
production simultanée d’électricité, d’eau et de chaleur.

Schéma de fonctionnement d’une pile AFC17 Module de PAC du « Space Shuttle » de la NASA22

Avantages et inconvénients
Les avantages de la AFC sont :
 sa température de fonctionnement dans une gamme large (25 à 260°C) ;
 des performances élevées du fait de la vitesse des réactions chimiques mises
en jeu ;
 un fonctionnement possible avec des catalyseurs non précieux ;
a. anode : Pt ou Ni de Raney ou borure de nickel,
b. cathode : alliage Pt-Au ou Ag.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Les inconvénients se résument aux points suivants :
 la corrosion des électrodes et autres pièces métalliques provoquée par
l’électrolyte liquide qui conduit à des choix de matériaux au coût élevé ;
 la durée de vie limitée à des valeurs (de l’ordre de 8 000 h) inacceptables pour
les applications stationnaires. Ce constat serait à corriger en cas de mise au
point d’une membrane anionique solide,
 la difficulté à minimiser le volume d’une telle pile,
 un empoisonnement rapide de l’électrolyte par le CO 2 si on utilise l’air ambiant
à la cathode dans les applications terrestres. De ce fait, ce type de pile n’a
d’intérêt que si l’on dispose d’hydrogène et d’oxygène purs ;
 le besoin d’O2 pur ;
 la nécessité de traiter l’électrolyte à l’extérieur de la pile pour le purger de
l’eau issue de la réaction électrochimique (en effet, une partie de l’eau formée
se retrouve dans l’électrolyte), ce qui conduit à la mise en place d’un sous-
système supplémentaire qui grève le coût, la masse et le volume.
 un mauvais rendement thermique.
Pour conclure sur les AFC :
Si la technologie alcaline basée sur un électrolyte liquide handicape
considérablement cette filière au point que toutes les tentatives industrielles (sauf
une) se sont soldées jusqu'ici par un échec, il reste une issue sur laquelle de
nombreux laboratoires se sont investis, à savoir le développement d’une membrane
solide anionique.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Pile à acide phosphorique PAFC

Principes de fonctionnement
Aujourd’hui, la pile à combustible à acide phosphorique possède une technologie
très mature, grâce essentiellement aux japonais et à la société américaine UTC
Power, disparue en 2013. Ce sont les applications stationnaires en cogénération de
50 à 5 000 kWe qui regroupent aujourd’hui ses développements. Certaines de ces
piles fonctionnent encore aujourd’hui, avec un rendement global, thermique et
électrique, proche de 90%.

Modèle Nom Température Combustible Puissance Rendement Rendement


électrique thermique

Phosphoric
PAFC 190-210 °C H2 100kW – 40% 45%
acid fuel
400kW
cell

La pile à combustible à acide phosphorique est une pile basse température dans une
gamme de 190 à 210 °C ayant un électrolyte sous forme liquide. La forte
concentration en acide augmente la conductivité de l’électrolyte et réduit la corrosion
des électrodes en carbone.

Schéma de fonctionnement de la PAFC PAC PureCell model 400

Avantages et inconvénients
Les avantages attribués à cette pile sont les suivants :
 l’application pour la cogénération (température autour de 200°C) ;
 disponibilité commercialement disponible, durée de vie longue, et retour
d’expérience ;
 la tolérance à la présence de CO.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


Ses inconvénients sont les suivants :
 le fonctionnement continue qui est possible uniquement pour un usage
stationnaire car elle ne supporte pas les arrêts ;
 l’électrolyte s’évapore et les électrodes sont corrodées par le milieu acide de
la pile ;
 le catalyseur précieux (platine).

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 3


ANNEXE 4

AUXILIAIRES A LA PILE À COMBUSTIBLE

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 4


Cette annexe a pour objectif de présenter les différents auxiliaires d’une pile à
combustible qui constitue un système pile à combustible. Elle a été développée ici
autour des technologies PEMFC et SOFC.

Alimentation en fluide

L’alimentation en fluide comprend les circuits d’alimentation en combustible et


d’oxydant. Leur objectif est de fournir les réactifs adéquats dans les proportions
nécessaires pour que la PAC puisse, après réaction chimique, produire de
l’électricité.
Cette partie du procédé peut comprendre des spécificités en fonction de la
technologie de piles utilisées. Dans le cas des PEMFC, il est nécessaire d’humidifier
air entrant et dans le cas des SOFC, les gaz entrants, combustible et oxydant, sont
préalablement chauffés.

Alimentation en combustible

Le combustible employé peut être soit de l’hydrogène soit un combustible carboné tel
que le gaz naturel, le kérosène ou le méthanol.
Alimentation directe par un combustible carboné
L’alimentation directe en combustibles carbonés est spécifique aux piles à
combustible à haute température, MCFC ou SOFC par exemple, qui comprennent un
reformage interne.
Alimentation directe par de l’hydrogène
Les piles à basse température telles que la PEMFC sont alimentés en hydrogène
directement.
L’hydrogène est fourni :
 soit par un stockage d’hydrogène gazeux ;
Il est stocké principalement sous pression mais il peut être également sous forme
solide avec les hydrures. L’hydrogène, stocké sous pression, est préalablement
détendu avant d’alimenter la pile.
 soit par reformage externe à la pile d’un combustible carboné et non interne
comme dans le cas des MCFC et SOFC.
Reformage externe de la PAC
Le procédé de production d’hydrogène par reformage s’effectue en trois étapes :
 la génération du mélange initial ;
La production de gaz de synthèse est réalisée principalement par vaporeformage. Le
reformage à la vapeur consiste à transformer les charges légères d’hydrocarbures en
gaz de synthèse qui comprend H2, CO, CO2 et H2O. Cette réaction nécessite de la
vapeur d’eau, un catalyseur tel que le nickel ainsi que des températures élevées
(840 à 920°C) et à pression modérée (de l’ordre de 20 à 30 bar).

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 4


Dans le cas des piles à combustible de type PEM, cette chaleur est apportée par une
combustion additionnelle de carburant, ce qui nécessite un brûleur au gaz naturel.
 la réaction du monoxyde de carbone et de l’eau ;
Il s'agit là de faire réagir le monoxyde de carbone et l'eau pour obtenir de l'hydrogène
supplémentaire. C'est une réaction exothermique qui s'effectue généralement en
deux étapes successives : d'abord à haute température (340 à 450°C) puis à basse
température (200 à 250°C).
 la purification de l'hydrogène.
Il est indispensable de purifier le mélange dans la mesure où il contient du monoxyde
de carbone qui constitue un poison pour le platine employé dans les piles.
Dans le cadre du gaz naturel, le reformage est également précédé d’une opération
de désulfurisation qui permet de retirer l’odorant chimique présent dans le gaz
naturel.

Description du processus de reformage et purification de l’hydrogène à partir du gaz naturel 23


Paramètres de fonctionnement de l’alimentation de la PAC
La pile est alimentée en hydrogène par un système de régulation qui impose le débit
et la pression qui est sensiblement égale à celle de l’oxydant pour limiter les efforts
mécaniques transverses sur la membrane.

Alimentation en oxydant

La pile est alimentée en oxygène. Il provient principalement de l’air même si dans de


rare cas l’oxygène en bouteille peut être utilisé.
L’oxygène de l’air est fourni à des pressions qui varient selon les constructeurs, de
quelques centaines de millibars à 1,5 bar (pressions relatives). Dans le premier cas
un simple circulateur d’air suffit, tandis que dans le second un compresseur est
nécessaire.
Dans ce dernier cas, le compresseur doit éviter les différentiels de pression pour ne
pas dégrader la membrane et apporter de l’air en continu. De plus, il ne doit pas
apporter d’huile qui est un poison pour la membrane. Pour répondre à ces critères, il
est privilégié des technologies telles que le compresseur spiro-orbital dit « scroll » ou
à double vis.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 4


SPECIFICITES EN FONCTION DES PILES UTILISEES

Humidification des gaz dans le cas des PEMFC


Dans le cas des PEMFC, l’humidification des gaz a pour objectif de maintenir une
hydratation effective de la membrane et un bilan hydrique suffisant. Les deux gaz
peuvent être humidifiés ou à minima l’air.
Cette fonction peut être assurée de deux façons :
 soit le ou les gaz traversent un humidificateur avant d’alimenter la pile,
 soit la membrane est directement humidifiée par remontée capillaire.
Chauffage des gaz dans le cas des SOFC
Du fait de sa température élevée de fonctionnement, une pile à combustible SOFC
nécessite pour fonctionner dans des conditions optimales que l’on échauffe ses
réactifs préalablement à leurs admissions. Ceci permet de préserver le caractère
isotherme du système en évitant la naissance d’hétérogénéités de températures
dommageables aux matériaux les constituants.

Schéma de principe de fonctionnement d’un système de SOFC24

Gestion de la température des cœurs de pile

La température doit être contrôlée à un niveau et d’une manière qui dépendent de


l’application visée. La gestion de la température comprend le refroidissement du
module de la pile à combustible pour les PEMFC et un chauffage à très haute
température pour les SOFC. C’est un élément critique qui impact autant les
performances de la pile mais également la sécurité.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 4


Dans le cas de la PEMFC, la puissance thermique produite dans la cellule est du
même ordre que la puissance électrique. Elle doit être évacuée pour éviter la
surchauffe ainsi que la détérioration de la membrane due à des points chauds. Cette
usure préalable peut engendrer des situations dangereuses notamment en cas de
fuite d’hydrogène ou d’oxygène.
Plusieurs méthodes sont mises en œuvre pour évacuer la chaleur : soit par
circulation d’un liquide caloporteur ou par injection d’air. Le circuit de refroidissement
inclura donc une boucle liquide ou gazeuse avec son circulateur et éventuellement
un échangeur thermique vers l’extérieur.
Les SOFC sont chauffées électriquement ou par une combustion de gaz naturel à de
très hautes températures de l’ordre de 800°C- 1000°C. Une fois à température de
fonctionnement nominal, la pile est régulée à température en modulant les débits
d’air d’alimentation ou présent autour de l’équipement.
Des études sont actuellement menées pour améliorer la durabilité des matériaux à
haute température et diminuer la température de fonctionnement nominal à des
températures de l’ordre de 500-600°C.

Traitement des rejets

Les gaz alimentant la pile sont injectés de manière à respecter la stœchiométrie afin
de correspondre à la consommation de la pile ou plus généralement en excès. Dans
ce dernier cas, l’hydrogène et l’oxygène sont partiellement consommées.
Ces gaz excédentaires peuvent soit être rejetés, soit alimenter d’autres installations
(bruleurs ou turbine) ou soit recirculer pour éviter les pertes. Lors de la recirculation,
le principe de la récupération consiste, pour les PEMFC, à faire circuler le gaz dans
une boucle. Des gaz frais sont injectés pour compenser la consommation
électrochimique Il est également nécessaire d’éliminer les traces d’eau contenues
dans les gaz, issue de la pile, par un dispositif de condensation et d’évacuation de
l’eau liquide.
L’eau condensée est soit rejetée, soit recirculée pour humidifier la membrane ou soit
utilisée pour alimenter d’autres installations (échangeur thermique dans le cadre
d’une cogénération).

Récupération de l’électricité

Le système électrique est produit sous faible tension continue et forte intensité alors
que l’utilisation sur un réseau exige un courant alternatif sous une tension
normalisée. Il est donc nécessaire d’utiliser un convertisseur continu-alternatif qui
prend en charge cette adaptation.

Système de contrôle commande

Le système complet est nécessairement équipé de nombreux capteurs de débit, de


pression, de température, d’intensité, de tension, qui doivent être analysés en

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 4


continu pour piloter les divers composants ainsi que les procédures de démarrage et
d’arrêt. Un ensemble de contrôle commande assure ces diverses fonctions.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 4


ANNEXE 5

DOMAINES D’APPLICATION DES PILES À COMBUSTIBLE

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 5


Dans cette annexe, sont présentées les différentes applications pouvant être
associées à la pile à combustible.

Pile à combustible associée aux énergies renouvelables

L’intégration des énergies renouvelables s’associe à l’augmentation de la flexibilité


du réseau électrique, le stockage et déstockage de l’énergie en fonction des besoins.
Des systèmes « Power to power » peuvent être utilisés comme système de
stockage. Dans ce cas, l'électricité est transformée en hydrogène par électrolyse,
stockée puis retransformée en électricité en cas de besoin à l'aide d'une pile à
combustible ou une turbine à gaz d'hydrogène.

Exemple d’installation associée aux énergies renouvelables

Ces systèmes sont actuellement peu mis en place du fait des coûts des équipements
tels que l’électrolyseur et la pile à combustible, de la génération de sous-produits tels
que l’oxygène, des faibles rendements et la production de chaleur.
Compression pour
Electricité 100 Electrolyseur 73 67 Pile à combustible 29
stockage

Rendement de conversion pour un système Power to Power25

Un développement est possible si l’hydrogène et la chaleur sont valorisés en plus de


l’électricité.

Pile à combustible dans l’industrie

L’hydrogène est généré comme coproduit sur certains sites comme l’industrie
sidérurgique ou raffinerie. Cet hydrogène peut être transformé en électricité au
moyen d’une pile puis utilisé comme source d’alimentation interne du site industriel

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 5


ou pour fournir le réseau. Ces systèmes nécessitent un stockage d’hydrogène et une
purification de l’hydrogène s’ils sont associés à une PEMFC.

Pile à combustible et la cogénération

La cogénération permet la production simultanée d’électricité et de chaleur. Cette


production simultanée permet d’améliorer l’efficacité énergétique dans le secteur du
bâtiment par rapport à un système d’alimentation simple. La production décentralisée
d’électricité et de chaleur à l’aide de systèmes de micro-cogénération présente un
avantage en l’absence de réseau existant.
Les systèmes de piles à combustible micro-cogénération fonctionnant au gaz naturel
sont une alternative aux systèmes conventionnels par moteur à combustion.
Actuellement, le rendement électrique de piles à combustible micro-cogénération est
d’environ 42%, soit 10% plus haut que celui des systèmes de micro-cogénération par
moteur à combustion. L’inconvénient est le coût d’investissement beaucoup plus
élevé. Le système par moteur à combustion coûte environ 2200 dollar par kW alors
que le système à pile à combustible coûte 9000 dollar par kW 26 pour des applications
commerciales et plus de 18000 dollar par kW 27 pour les systèmes domestiques.
Les systèmes micro-cogénération à combustible reposent sur une technologie
PEMFC ou SOFC. Cette dernière pile fournit davantage de chaleur.
Puissance ou
Efficacités Durée de
Application capacité Coût d’investissement Maturité
énergétiques vie
énergétique

< 20 000 Dollar par kW


Électricité
(système chez les
uniquement :
particuliers, de l’ordre de
Pile à 35 à 50%
1 kW e) 60 000 à Premiers stades
combustible
0,3 à 25 kW 90 000 d’introduction
pour la micro-
Cogénération heures sur le marché
cogénération < 10 000 Dollar par kW
(électricité +
(système commercial, de
chaleur) :
l’ordre de 25 kW e)
jusque 95%

Performances en 2013 des systèmes de piles à combustible pour la micro-cogénération28

État actuel du marché international


Concernant l’Europe, de plus en plus de projets de démonstration sont en cours de
lancement avec une remarquable concentration de l’activité en Allemagne, motivée
par la perspective d’exploiter les énergies renouvelables.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 5


Schéma de principe de la cogénération avec pile à combustible pour une habitation29

En France les distributeurs d’énergie sont dans les premiers stades de la


commercialisation de systèmes de micro-cogénération pour le domaine résidentiel.
Cette mise sur le marché est accompagnée par des projets européens comme
[Link].
Deux technologies de pile à combustible sont privilégiées : PEMFC et SOFC. Elles
ont été développées par les fabricants souvent en partenariat avec des sociétés
japonaises.

Technologie Fabricants

BAXI, BALLARD POWER SYSTEMS EUROPE, ELCORE, RIESAER


PEMFC
BRENNSTOFFZELLENTECHNICK

SOFC BOSCH THERMOTECHNOLOGY, CERES POWER, HEXIS, VAILLAND, DE DIETRICH

Tableau 15 : Principaux fournisseurs de systèmes de cogénération sur le marché


français
Au niveau international, le Japon est leader avec l’installation de 120 000 systèmes
de cogénération baptisé « Ene-farm ». Ces systèmes ont été et sont fournis par des
entreprises telles que Toshiba ou Panasonic. Ses solutions ont été privilégiées suite
à Fukushima.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 5


Schéma de principe de la pile à combustible Ene-Farm Exemple d’installation Ene-Farm

Perspectives de développement dans les années à venir


800 000 piles à combustible en Europe en 2050 : c’est la perspective de l’étude de
Roland Berger strategy parue en 2015 pour les systèmes micro-cogénération.
Avec la technologie SOFC, le projet « Callux », en Allemagne, a mis en évidence
une diminution moyenne de 25 % de la consommation de gaz naturel pour le
chauffage et l’eau chaude.
Le développement de ces systèmes de cogénération est lié aux différentiels de prix
entre l’électricité et le gaz ainsi qu’à l’évolution réglementaire. Au niveau
économique, en cas d’alourdissement de la facture d’électricité, nul ne doute que
cette solution a un réel avenir en France et plus globalement en Europe.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 5


Autres applications de niche de la pile à combustible

Il existe d’autres applications niches pour la pile à combustible. Il s’agit de systèmes


d’alimentation en énergie autonome pour des installations isolées ou des systèmes
d’alimentation de secours pour pallier d’éventuelles coupures électriques. Les piles à
combustible utilisées pour ces applications s’étalent sur une large gamme allant du
kilowatt à plusieurs mégawatts.
Les piles à combustible sont utilisées pour alimenter par exemple des tours de
télécommunication, des équipements de réseau. Dans ces cas, la pile à combustible
remplace les groupes électrogènes. Elles ont comme avantages des durées de vie
plus longues et nécessitent moins de maintenance. Pour les systèmes de l’ordre de
plusieurs kilowatts, la technologie PEMFC sont privilégiés et pour les systèmes de
l’ordre du mégawatt, les systèmes MCFC voire SOFC sont mises en œuvre.
La plupart de ces systèmes reposent sur une alimentation en gaz naturel mais
d’autres combustibles liquides tels que le méthanol, éthanol, gaz de pétrole liquéfié
(GPL) et des combustibles gazeux tels que le biogaz, le propane, le butane et les
gaz de synthèse issus de la combustion du charbon peuvent également être utilisés.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 5


ANNEXE 6

RETOUR D’EXPÉRIENCE SUR LES PILES À COMBUSTIBLE

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 6


Pays Année Entité Équipement Type Phénomène Cause de Description et cause détaillée de l'accident Conséquence Source
impliquée ou auxiliaire d'accident l'accident de l'accident
concerné

Dégât matériel
Surchauffe due à une erreur d’alimentation par [Link]
Alimentation en limité à
Alimentation en Surchauffe du de l’oxygène gazeux à la place de l’air. Cette ns/small-electrical-fire-
NC 2001 Laboratoire Feu oxygène à la place l’équipement et
oxygène système erreur a eu comme conséquence une densité resulting-improper-
de l’air au câblage en
de courant plus élevé que prévue equipment-configuration
aval

Usure Fuel cells: current


Branchement Dysfonctionne Défaut de mise à Défaut de mise à la terre sur une cellule suite à Mise en défaut
NC 1999 NC prématurée du technology challenge
électrique ment la terre une opération de maintenance de la pile
matériel and future research

Eau sale dans le Encrassement du réseau de chauffage qui a


Système micro Système de Dysfonctionne Encrassement Mise en défaut Enquête réalisée en
France NC circuit de provoqué un défaut de refroidissement et une
cogénération refroidissement ment de l’échangeur de la pile 2016
chauffage surchauffe du cœur de pile

Surchauffe de la
Défaut de
Dysfonctionne batterie Mise en défaut Enquête réalisée en
NC NC Système isolé Batterie conception de la NC
ment associée au de la pile 2016
batterie
système PAC

Coupure d’eau
Défaut d’approvisionnement en eau qui a
Dysfonctionnemen
Alimentation en Dysfonctionne Assèchement de provoqué une augmentation de la température Mise en défaut Enquête réalisée en
NC NC NC t du système de
eau ment la membrane dans le cœur de pile et un assèchement de la pile 2016
purification d’eau
probable de la membrane
Gel en amont

Dégradation de la
Défaut d’un membrane sur du
Dégradation Déséquilibre de long terme Dysfonctionnement d’une cellule sur les 4
module sur Enquête réalisée en
NC NC Industriel de la la pression dans présentes. Performance maintenue par la mise /
l’ensemble du Défaut 2016
membrane le cœur de pile en parallèle des stacks
stack d’alimentation d’un
des réactifs

Arrivées Court-circuit au niveau de la pile. Défaut de


d’impuretés Ventilation de
branchement d’un capteur hydrogène suite à
(conducteur) l’hydrogène Enquête réalisée en
France NC Laboratoire Alimentation Fuite d’H2 Court-circuit un changement d’essai et fuite hydrogène
émis et mise en 2016
Défaut détectée de manière retardée par un autre
défaut de la pile
d’assemblage détecteur

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 6


ANNEXE 7

NORMES RELATIVES AUX PILES À COMBUSTIBLE :


IEC 62282-3-100 :2012
NFPA 853 :2015

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 7


Norme IEC 62282-3-100
Technologies des piles à combustible
Systèmes à piles à combustible stationnaires-Sécurité
La norme CEI 61282-3-100 s’applique aux systèmes à piles à combustible
stationnaires : c'est-à-dire la pile et les auxiliaires. Elle couvre uniquement les
conditions qui peuvent générer d’une part des dangers pour les personnes, et d’autre
part des dommages à l’extérieur du système à piles à combustible.
Le tableau suivant reprend un résumé du contenu des parties 4 à 7 qui portent sur
les mesures de maîtrise des risques.
Stratégie de sécurité générale
4.1 Ce chapitre porte sur l’obligation du fabricant de réaliser par écrit une analyse des
risques.

Environnement physique et conditions de fonctionnement


Ce chapitre indique que le système pile à combustible et les systèmes de protection
4.2 doit être conçus et construits de manière à remplir leurs fonctions dans
l’environnement physique et contient des exigences sur les arrivées des combustibles,
de l’énergie électrique, de l’eau, vis-à-vis des vibrations, du transport…Il expose
l’obligation de la mise en place d’un système de purge pour l’arrêt et le démarrage.

Sélection des matériaux


4.3 Ce chapitre décrit le choix des matériaux de construction et les conditions d’exposition
à prendre en compte.

Exigences générales
4.4 Ce chapitre reprend des exigences générales (conception des pièces, leur fixation, le
bruit, la température de surface, le traitement des rejets…)

Partie 4 : Équipement sous pressions et tuyauteries


Exigences de 4.5 Ce chapitre est spécifique aux équipements sous pressions et tuyauteries. Il fait les
sécurité et liens vers les référentiels existants pour chaque installation.
mesures de
protections
Protection contre les dangers d’incendie ou d’explosion
4.6 Ce chapitre décrit la prévention et protection contre les dangers d’incendie et
d’explosion. Il comprend des exigences détaillées vis-à-vis des bruleurs.

Sécurité électrique

4.7 Ce chapitre reprend les exigences de conception et de construction du système


électrique. Il donne les liens vers les référentiels existants en fonction du domaine
d’application.

Compatibilité électromagnétique
4.8 La pile ne doit pas produire de perturbations électromagnétiques et posséder un
niveau adéquat d’immunité.

Systèmes de commandes et composants de protection


Ce chapitre est spécifique aux systèmes de commandes. Il détaille les phases de
mise en marche, d’arrêt, les différents modes de fonctionnement et commandes. Il
4.9 spécifie les exigences de commande à distance et vis-à-vis des dispositifs de
protections (des interrupteurs de surintensité, des limiteurs de température, des
pressostats différentiels, des débitmètres, des relais temporisés, des limiteurs
d’emballements…)

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 7


Équipement à énergie pneumatique et hydraulique
4.10 Ce chapitre reprend les exigences vis-à-vis des équipements à énergie pneumatique
ou hydraulique. Il fait les liens vers les référentiels existants.

4.11 Ces chapitres sont spécifiques à certains composants et équipements des systèmes
- piles à combustibles : vannes, équipements rotatifs, compresseurs, pompes,
4.15 enveloppes, les alimentations en eau, gaz inflammables, électriques…

Installations et maintenance
Ce chapitre décrit les instructions pour l’installation et la maintenance du système pile
4.16 à combustible. Pour l’installation, ce chapitre s’attarde sur les risques d’erreurs lors de
la fixation de pièce et le risque de rapport défectueux. Concernant la maintenance, il
se focalise sur la localisation et les phases de réglage, de maintenance, de
nettoyage…

Cette partie expose les méthodes, les conditions et les types d’essais à mettre en œuvre. Il
Partie 5 : Essais
reprend les essais de fuite, de résistance, de surcharge électrique, d’arrêt, de fonctionnement
de types
et commande du brûleur, de températures, en soufflerie, …

Partie 6 : Essais
Cette partie reprend les essais à réaliser sur chaque unité de production en cas de
individuels de
production en série
série

Partie 7 :
Cette partie décrit le marquage des systèmes piles à combustible, des composants, la
Marquage,
documentation technique à fournir par le fabricant (manuel d’installation, manuel
étiquetage et
d’information de l’utilisateur, manuel d’exploitation et manuel de maintenance)
emballage

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 7


Norme NFPA 853 :2015
Norme pour l’installation de systèmes piles à combustible stationnaires
La dernière édition de la norme NFPA 853 a été préparée par le comité technique de
centrales électriques. Elle s’applique à la conception, à la construction et à
l’installation des systèmes piles à combustible stationnaires.
Ce document spécifie les exigences pour prévenir et protéger un incendie dans les
bâtiments et installations où sont déployés les systèmes piles à combustible
stationnaires.
Le tableau suivant reprend un résumé du contenu des parties 5 à 9 qui portent sur
les mesures de maîtrise des risques.
Implantation générale
Ce chapitre reprend les exigences quant à l’installation du système piles à
5.1 combustible. Il est mentionné le choix de l’emplacement par rapport aux agressions
externes d’origine naturelles (foudre, crue, séisme…), aux effets dominos, aux
risques de malveillance, à l’accessibilité des utilités...

Installations extérieures/ intérieures et situé sur le toit


Partie 5 :
Ces chapitres spécifient les recommandations pour les installations en fonction de
Implantation et 5.2- leur implantation. Il est notamment développé les préconisations concernant
connexions 5.4 l’alimentation en air, la gestion des rejets, les barrières spécifiques concernant les
compartiments comprenant les combustibles, les cas où sont nécessaires des
portes et murs coupe-feu…

Connexions avec les autres installations


5.5 Ce chapitre détaille les exigences concernant les alimentations électriques et en
substances inflammables.

Partie 6 :
Alimentation en
Cette partie reprend les exigences concernant l’alimentation en gaz naturel, en GPL, en
combustibles et
hydrogène, en biogaz, en combustibles liquides et solides.
dispositifs de
stockage

Cette partie détaille les exigences concernant les dispositions spécifiques du système de
ventilation et de traitement de rejet. Il s’agit par exemple :

Partie 7 - de prévenir l’arrivée ou l’accumulation de corps étrangers ;

Ventilation et le - d’extraire les rejets vers un endroit sécurisé ;


traitement des - en cas d’utilisation d’une extraction métallique, d’asservir son fonctionnement à celui de la
rejets pile ;
- de mettre en place un système de purge des installations contenant des gaz inflammables
vers l’extérieur.

Protection et détection incendie


Cette partie spécifie les systèmes de protection à mettre en œuvre en cas
8.1 d’incendie, les sites nécessitant une détection automatique et un système d’alarme,
Partie 8 les exigences pour les transformateurs, les systèmes de commande et les
Protection contre installations en intérieur.
l’incendie
Prévention incendie et plan d’urgence
8.2 Ce chapitre détaille le contenu du plan d’urgence pour un système de pile à
combustible.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 7


Chapitre 9
Pile à Cette partie identifie les exigences additionnelles ou les modifications des précédents
combustible de chapitres pour les systèmes de pile à combustible de 50 kW ou moins.
50 kW ou moins

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 7


ANNEXE 8

PERFORMANCE DES PILES À COMBUSTIBLE

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 8


Performance des piles à combustible

Toutes les piles décrites dans ce rapport ont des caractéristiques électriques de
fonctionnement similaires. Il a été choisi de s’arrêter sur ses paramètres de
performance car ils permettent également d’identifier les défaillances de la pile et de
décider au niveau du système de contrôle commande des actions adéquates. Ces
défaillances seront détaillées dans la partie 5.
Les performances de la pile à combustible sont suivies par la courbe
caractéristique V-I appelée courbe de polarisation. Une représentation en est donnée
sur la courbe dans le cas de la pile PEM. Cette pile fonctionne généralement autour
d’un point fixé par l’utilisateur (par exemple VN, IN, PN, ŋN).

16
Caractéristiques électriques de la pile PEM

Le rendement global ŋ, compte tenu des surtensions, c’est-à-dire des écarts par
rapport au courant nul V0, s’exprime en tout point défini par la tension de cellule V,
par la relation :

ŋ = ŋ0 (V/V0)

Avec V0 = 1,23 V pour le couple H2/O2 et ŋ0 étant le rendement énergétique


théorique.
La variation avec le courant est représentée par la courbe bleue, repérée ŋ sur le
schéma. La puissance P s’exprime par le produit V x I : sa variation est représentée
par la courbe rouge, repérée P sur le graphique.
Il faut noter que le point de fonctionnement nominal n’est pas au point de puissance
maximum car le rendement est trop faible, de l’ordre de 40%. Le rendement nominal,
généralement choisi par les constructeurs, avoisine les 55%.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 8


ANNEXE 9

GLOSSAIRE ET DEFINITION

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 9


Glossaire et définition

AFC Pile à combustible alcaline

AFHYPAC Association Française pour l'Hydrogène et les Piles à Combustible

AME Assemblage entre la membrane et les électrodes (aussi abrégé

ANSI American National Standards Institute

ASME American Society of Mechanical Engineer

Cellule unitaire Élément constitué de deux électrodes emprisonnant l’électrolyte

CNPG Centre National d'expertise des Professionnels de l'énergie Gaz

ERP Établissement Recevant du Public

GDL Couche de diffusion gazeuse

IEC Commission Électrotechnique Internationale

IEEE Institute of Electrical and Electronics Engineers

Ionomères Polymères modifiés pour inclure des ions

MCFC Pile à combustible à carbonate fondu

Module (stack) Assemblage de plusieurs cellules

NFPA National Fire protection Association

PAC (ou FC) Pile à combustible ou fuel cell en langue anglaise

PAFC Pile à combustible à acide phosphorique

PEMFC Pile à combustible à membrane polymère

SOFC Pile à combustible à oxyde solide

Système PAC Le système inclut un module (ou des modules) et tous les
périphériques, ou sous-systèmes, qui permettent au(x) module(s)
de fonctionner et de délivrer la puissance électrique

UTE Union Technique de l’Électricité

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 9


RÉFÉRENCES

1 Site : [Link] (16 janvier 2014)

2« Diagnostic & Health management of Fuel Cell Systems – A state of the art » - Presentation de
Daniel Hissel, Ecole d’été internationale intitulée "From Diagnostics to Fault Tolerant Control of PEM
Fuel Cell Systems", juillet 2016

3 Technology Roadmap-Hydrogen and Fuel Cell, OECD, IEA 2015

4 Site : [Link]

5 Site : [Link]

6 Mémento de l’hydrogène, Fiche 9.3.1, Applications stationnaires de la pile à combustible dans le


secteur industriel

7 Mémento de l’hydrogène, Fiche 9.3.2, Applications stationnaires de la pile à combustible dans le


secteur résidentiel

8 Veille technologie et évaluation des risques sur les procédés de stockages hydrogène- Rapport
d’étude Ineris DRA-13-125497-00405A
Ignition Handbook: Principles and applications to fire safety engineering, risk management and
forensic science Yvetnis Babrauskas
Fiche toxicologique FT47 de l’INRS
[Link]
Encyclopédie des gaz d’air Liquide

9INERIS–DRC-09-103128-05616A – Émissions accidentelles de substances chimiques dangereuses


dans l’atmosphère – Seuils de toxicité aiguë pour le monoxyde de carbone (2009)

10« Bipolar plates for PEM fuel cells a review », A. Hermann, T. Chaudhuri, P Spagnol, International
Journal of Hydrogen Energy, Volume 30, Sujet 12, 2005, pages 1297-1302

11« Simulation of the current density distribution for a PEMFC by using measured electrochemical and
physical properties of the membrane, T. Araki, H. Koori, Y. Tanuichi , K. Onda, Journal of Power
Sources, Volume 152, 2005, pages 60-66

12« Reducing arbitrary choices in model building for prognostics: an approach by applying parsimomy
on an evolving neuro-fuzzy system », M. El-Koujok, R. Gouriveau, N. Zerhouni., Microélectronics
Reliability, Volume 51 (2), 2011, pages 310-320

13Chapter 3 – electrochemical degradation: electrocatalyst and support durability, S. S. Kocha,


Polymer Electrolyte Fuel Cell Degradation, Eds. Academic Press, 2012, pages 89-214

14 « Clefs CEA » n°44


15La pile à combustible : un convertisseur d’énergie d’avenir, Laurent Antoni, Découvertes n° 344-
345, 2007, pages 80-93

16 Mémento de l’hydrogène, Fiche 5.2.1, Les piles à combustible (PAC), AFHYPAC, 07/2016.
17 Site : [Link]

18 Mémento de l’hydrogène, Fiche 5.2.2, Les piles à combustible de type PEM, AFHYPAC, 06/2016.

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 9


19 Mémento de l’hydrogène, Fiche 5.2.6, La pile SOFC (Solid Oxide Fuel Cell), AFHYPAC, 10/2014.
20 Solid Oxide Fuel Cells, Eileen J. De Guire, 2013.

21Mémento de l’hydrogène, Fiche 5.2.5, La pile SCFC (Molten Carbonate Fuel Cell), AFHYPAC,
10/2014.
22 Mémento de l’hydrogène- Fiche 5.2.3, La pile AFC (Alkaline Fuel Cell), AFHYPAC, 10/2014.

23 Pile à combustible et cogénération, T. Priem Techniques de l’ingénieur, Réf. D3360, 10/02/14.

24 Design for Innovative Value Towards a Sustainable Society: Proceedings of EcoDesign 2011: 7th
International Symposium on Environmentally Conscious Design and Inverse Manufacturing,
M. Matsumoto, T. Umeda, K. Masui, S. Fukushige, Springer

25 Technology Roadmap- hydrogen and fuel Cells-, International Energy Agency-IEA, 06/2015

26 Pacific Northwest National Laboratory, 2013


27 Hydrogen and Fuel Cell Strategy Council, 2014; IEA AFC IA, 2014

28 Business Case for a Micro Combined Heat and Power Fuel Cell System in Commercial
Applications, Pacific Northwest National Laboratory (2013)
Strategic Roadmap for hydrogen Fuel Cells, Hydrogen and Fuel Cell Strategy Council (2014), IEA
AFC IA (2014), IEA AFC IA, Annex Meeting 25

29Site :
[Link]

Réf. : INERIS - DRA-17-156712-00653A Annexe 9

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