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Modélisation des composites endommagés

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Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)


c AFM, EDP Sciences 2007 Mécanique
DOI: 10.1051/meca:2006054 & Industries

Modélisation élastoplastique endommageable des composites


Frédéric Lachaud1,a , Eric Haramburu1 et Philippe Jetteur2
1
École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Constructions Aéronautiques, Département de Génie Mécanique,
Membre de l’Institut de Génie Mécanique de Toulouse, 1 place Émile Blouin, 31056 Toulouse, France
2
SAMTECH Liège, Parc Scientifique du Sart-Tilman, Rue des chasseurs-ardennais, 4031 Liège (Angleur), Belgique

Reçu le 27 juillet 2004 ; accepté le 31 mai 2005

Résumé – L’objectif de cette étude est de comprendre et de modéliser le comportement mécanique de


divers types de composites (fibres courtes, fibres longues. . . ) par le couplage d’un modèle micro-mécanique
et d’un modèle d’endommagement. Le modèle micromécanique permet de déterminer les caractéristiques
élastiques du matériau à partir des caractéristiques thermo-mécaniques de la fibre et de la matrice par une
technique d’homogénéisation micromécanique. Le modèle d’endommagement, par l’utilisation du couplage
plasticité à écrouissage isotrope et/ou cinématique non-linéaire avec l’endommagement, permet la prise en
compte de l’évolution des déformations résiduelles et de l’augmentation de la pseudo-limite élastique au
cours du chargement

Mots clés : Composites / endommagement / plasticité / éléments finis / SMC / homogénéisation

Abstract – Elastoplastic damage modelling of composite materials. The objective of this work is
to understand and model the mechanical behavior of various types of composites materials (short fibres,
laminates. . . ) by the coupling of a micromechanical model and a damage model. The micromechanical
model makes it possible to determine the elastic characteristics of material starting from the data on
the fibers and the matrix by a homogenization technique. The damage model by the use of the coupling
between isotropic and/or non-linear kinematic hardening with the damage, allows taken into account of
the development of the residual strains and the increase of the pseudo-yield stress during the loading.

Key words: Composites / damage / plasticity / finite element method / SMC / homogeneization

1 Introduction sont toutes implantées dans un code industriel de calculs


par éléments finis.
La fiabilité des structures composites doit passer
par une meilleure fabrication couplée à l’utilisation de
matériaux nouveaux de plus en plus performants, mais 2 Expérimentation
aussi par une meilleure compréhension de leur comporte- 2.1 Les matériaux étudiés
ment. La prévision de l’endommagement avant rupture,
son influence sur la rupture, l’amélioration des critères Les composites étudiés sont de deux types :
de rupture sont autant de thèmes à développer pour une
1) Un mat de verre préimprégné SMC (Sheet Mol-
prédiction plus fiable du comportement des structures,
ding Compound) composé d’un mélange de fibres de
autant sous sollicitations statiques que dynamiques.
verre courtes, de résine polyester insaturée et de charges
Dans cette étude, il est proposé un modèle d’endom-
minérales. Il est désigné par SMC-R 40 indiquant que les
magement permettant une meilleure prédiction du com-
fibres courtes (30 mm) sont disposées aléatoirement (dans
portement des structures composites. Deux matériaux
le plan de fabrication des plaques) et que le taux mas-
sont utilisés. Le premier est un composite à fibres de
sique de fibres est de 40 %. Ainsi, la disposition aléatoire
verre courtes plutôt utilisé dans l’industrie automobile,
des fibres de ce composite lui confère un comportement
le second est un composite stratifié carbone/époxy très
isotrope transverse dans le plan (XY). Sa composite mas-
utilisé dans l’industrie aéronautique. Les lois présentées
sique est résumée ci-dessous (MENZOLIT) :
a
Auteur correspondant : [Link]@[Link] – 40 % de fibres de verre E,

Article published by EDP Sciences and available at [Link] or [Link]


404 F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)

Nomenclature
AF Tenseur de localisation de Ferrari MPa
AMT Tenseur de localisation de Mori et Tanaka MPa
Cf Tenseur de rigidité de la fibre MPa
Cm Tenseur de rigidité de la matrice MPa
di Variable scalaire d’endommagement
εe Tenseur de déformation élastique
εp Tenseur de déformation plastique
EEsh Tenseur d’Eshelby MPa
f Critère de plasticité MPa
λ Multiplicateur plastique
p Déformation plastique cumulée
R Variable d’écrouissage isotrope MPa
R0 Limite élastique MPa
σ Tenseur de contrainte MPa
σ̃ Tenseur de contrainte effective MPa
Vf Taux volumique de fibres
X Variable tensorielle d’écrouissage cinématique MPa
Ydi Taux de restitution d’énergie élastique MPa

– 34 % de charges minérales de trihydrate d’aluminium


(Al{OH}3 ),
– 3,5 % de thermoplastique pour le retrait,
– 27,5 % de résine polyester insaturée.

La présence, dans nos échantillons, de trihydrate d’alumi-


nium au lieu de carbonate de calcium généralement uti-
lisé, confère au matériau des propriétés en température
très importantes (augmentation de la température de
transition vitreuse).

2) Un composite carbone-époxy constitué d’une nappe


unidirectionnelle préimprégnée. Sa composition massique
est résumée ci-dessous :
Fig. 1. Comportement contrainte-déformation longitudinale
– 63 % de fibres de carbone T2H, du SMC-R à 20 ◦ C.
– 34 % de résine époxyde EH25 chargée de nodules de
thermoplastique,
– 2 % de porosité,
– la masse surfacique du pré-imprégné est de 260 g.m−2 .

La nappe unidirectionnelle possède un comportement iso-


trope transverse dans le plan (XZ).
Une dissolution à l’acide sulfurique réalisée selon la
norme IGC 04-26-230 a été réalisée afin de connaı̂tre
les pourcentages volumiques des fibres, de la résine, des
charges et des porosités pour chaque matériau.

2.2 Essais expérimentaux


Fig. 2. Comportement d’un composite carbone-époxy
[±45◦ ]2S .
Afin de connaı̂tre le comportement de ce type de com-
posite, des essais de traction, traction cyclée, ont été
réalisés à l’aide d’une machine de traction INSTRON à 3 Modèle théorique de comportement
déplacement imposé (2 [Link]−1 ). Les figures 1 et 2
montrent un exemple du comportement σ = f (ε) pour Les techniques d’homogénéisation consistent à
le composite SMC-R40 et le composite stratifié car- déterminer les propriétés élastiques d’un matériau à
bone/époxy. partir de ses constituants. Cette technique est réalisée
F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006) 405

sur un volume élémentaire représentatif [1, 2] permettant


de prendre en compte l’ensemble des hétérogénéités. Par
la suite, la reconstruction des grandeurs de l’échelle micro
à l’échelle macro est réalisée par des modèles spécifiques.
Dans le cadre de notre étude, la première étape consiste
à déterminer les grandeurs homogénéisées de notre
matériau à partir de ses constituants c’est-à-dire, de la
fibre, de la résine polyester, des charges et des porosités.
Pour ce faire, nous avons abordé cette étape par une
approche micromécanique réalisée en trois étapes : la
représentation, la localisation, l’homogénéisation.
Cette approche a été réalisée par le modèle de Mori et
Tanaka [3] couplé au modèle de l’inclusion équivalente
d’Eshelby [4]. On rappelle ci-dessous le principe du
modèle utilisé sachant que ce modèle a été utilisé sans
modification. Bien que ce modèle soit généralement uti-
lisé sur des composites à fibres courtes et pour des taux
volumiques de fibres faibles (<à 30 %), nous l’avons tout Fig. 3. Schéma du VER.
de même utilisé pour des composites à fibres longues.

moyennées dans chaque phase). Elle fait intervenir le


3.1 Modèle micromécanique tenseur de localisation Ai pour un problème écrit en
déformation et le tenseur Bi pour un problème écrit en
Les approches micromécaniques sont fondées sur contrainte : 
le principe de l’homogénéisation et permettent de σi = Bi .Σ
déterminer les propriétés macroscopiques d’un matériau (1)
εi = Ai .E
hétérogène à partir des propriétés des différentes phases 
qui le constituent. Un volume élémentaire représentatif où E et sont respectivement les déformations et
(VER) est défini. Les différentes caractéristiques y seront contraintes macroscopiques et εi et σi sont respective-
calculées. ment les déformations et contraintes dans la phase i.
La détermination de Ai et Bi dépend du modèle uti-
lisé établi suivant la modélisation du comportement de
La représentation chaque phase [1, 7].

Dans notre étape de représentation du VER (Fig. 3),


Modèle à base d’inclusions, problème d’Eshelby [4]
le composite SMC est constitué de nombreuses familles
(une famille par orientation) de fibres de verre courtes Le problème de l’inclusion se base sur la situation
(supposées de forme elliptique) noyées dans la matrice élémentaire d’un milieu infini (matrice) perturbée locale-
polyester. Les fibres sont réparties dans le plan de manière ment par la présence d’une zone appelée inclusion [2,7,8].
aléatoire. Pour représenter cette distribution, et compte Le problème d’Eshelby (problème de l’inclusion ho-
tenu du comportement isotrope transverse dans le plan mogène) fait référence à un ensemble homogène en terme
des plaques testées, la distribution aléatoire des fibres est de rigidité, entre la matrice et l’inclusion. Si l’inclusion
représentée par vingt familles de fibres orientées de 0◦ à subit une déformation (( bloquée )) ou (( restreinte )) par la
180◦ [5]. matrice, il apparaı̂t une contrainte non-nulle dans l’inclu-
Pour le composite unidirectionnel, les fibres de lon- sion. La matrice réagissant à la contrainte dans l’inclusion
gueurs infinies, sont toutes orientées dans le même sens en se déformant, il s’établit un état d’équilibre dans lequel
et constituent la couche. Toutes les grandeurs désignant l’inclusion et la matrice sont dans un état de contraintes
les fibres sont notées avec l’indice i, celles correspondant à (déformations homogènes non-nulles). Eshelby montre
la matrice m. La phase notée i est l’ensemble des fibres de alors que la relation entre la déformation de l’inclusion
même orientation. Dans le cas du composite unidirection- et la déformation de perturbation liée à la forme de l’in-
nel, seule une famille de fibre est considérée. Le compor- clusion (ici elliptique), est fonction du tenseur d’ordre 4
tement global de l’empilement des couches est déterminé noté EEsh [4]. La contrainte dans l’inclusion est alors fonc-
par la théorie classique des stratifiés [6]. tion de la rigidité de la matrice, du tenseur d’Eshelby et
de la déformation dans l’inclusion. Si maintenant l’inclu-
sion est inhomogène (rigidité différente de celle de la ma-
Les tenseurs de localisation/concentration trice), et plongée dans une matrice infinie, la solution du
problème d’équilibre n’est autre que la superposition de
La localisation (concentration) représente le lien entre la solution d’Eshelby et du chargement à l’infini (solution
les grandeurs macroscopiques et les grandeurs micro- linéaire élastique). On parle alors de l’inclusion homogène
scopiques (contrainte et déformation locales supposées équivalente.
406 F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)

Eshelby donne alors, dans le cas où l’inclusion d’où on peut déterminer l’expression générale des tenseurs
plongée dans la matrice joue le rôle d’une inclusion de rigidité et de souplesse du composite en combinant les
indépendamment des autres phases, la loi de localisation équations (1) et (4) par :
de la phase i [2, 4, 5] donnée par l’équation (3). 
 n

 Ccomp = Cm + Vfi (Ci − Cm ) Ai
i=1
(5)
Modèle de Mori-Tanaka [2, 9–11] 
 n
 Scomp = Sm + Vfi (Si − Sm ) Bi
i=1
Cette théorie dite concentrée, permet de prendre en
compte la présence d’un grand nombre d’hétérogénéités, On peut remarquer que si les tenseurs Ai et Bi sont
constituant une amélioration du modèle d’Eshelby. Il égaux au tenseur identité I, nous retrouvons l’expression
existe des interactions locales entre chaque phase. La ma- de la rigidité et de la souplesse respectivement du modèle
trice dans laquelle est plongée l’hétérogénéité (l’inclusion) de Voigt et de Reuss [1].
correspond à un milieu déjà perturbé par la présence des La rigidité homogénéisée du composite est ob-
autres hétérogénéités. tenue en remplaçant le tenseur de localisation Ai
Le tenseur de localisation de Mori et Tanaka (noté dans l’équation (5) par son expression donnée par
AMT ) de la phase i (fibre i) est donné par l’expression l’équation (2) :
suivante :

n

AiMT = AiEsh [(Vf .I + AEsh ]


−1
(2) Ccomp = Cm + Vfi (Ci − Cm ) AiMT (6)
i=1

Ce tenseur de localisation est fonction du tenseur de où Vfi est la fraction volumique d’une famille de fibres.
localisation d’Eshelby et noté (AEsh ) : Dans l’étude d’un composite stratifié, Vfi est égal au
taux volumique de fibres de la couche considérée. L’ho-

n mogénéisation micro est réalisée à l’échelle de la couche
AEsh = Vfi AiEsh (3) afin d’obtenir ses caractéristiques mécaniques.
i=1
Remarque : La fibre de carbone possède un comportement
où orthotrope au vu de son mode de fabrication. Son module
−1
de traction sens longitudinal est beaucoup plus élevé que
AiEsh = [I + EEsh Sm (Cf − Cm )] ses modules sens travers. La matrice de rigidité de la fibre
de carbone est alors déterminée en conséquence [11, 13].
et I : matrice identité, Vf : taux volumique de fibre, EEsh : Les tableaux 1 et 2 présentent la comparaison
tenseur d’Eshelby, fonction de la forme et de l’orientation des caractéristiques planes des composites obtenues
du renfort, Cm et Cf : tenseurs de rigidité de la matrice expérimentalement et par le modèle théorique. Les va-
et du renfort. leurs finales données par le modèle ont été obtenues en
L’utilisation du tenseur effectif de Ferrari [12] est plusieurs étapes.
mieux adaptée pour l’analyse des composites à fibres La première donne les caractéristiques mécaniques de
longues, c’est-à-dire pour des taux volumiques de fibres la résine (polyester et époxyde) incluant des porosités
importants (> à 30 %). Son expression fait intervenir le (3,85 % SMC-R ; 1,5 % UD C/E). Le modèle de l’inclusion
terme (1 − Vf ) à la place de Vf dans l’équation (2). équivalente d’Eshelby est utilisé en entrant comme inclu-
Diverses expressions du tenseur de Eshelby en fonction sion les porosités de forme sphérique (rapport de forme
de la forme du renfort (fibres courtes, fibres longues) sont égal à 1) et de rigidité nulle.
données par Mura [13]. La deuxième (pour le SMC-R seulement) donne
(modèle de Mori-Tanaka) les caractéristiques mécaniques
du mélange polyester, porosités et charge minérale (don-
nant les caractéristiques de la matrice) en fonction des
L’homogénéisation taux volumiques et des caractéristiques mécaniques des
constituants.
Cette étape permet de déterminer le comportement Enfin un dernier calcul permet d’obtenir les modules
équivalent du composite en donnant les relations entre les d’élasticité globaux à partir des rigidités de la matrice et
grandeurs locales (micro) et globales (macro). Les expres- des fibres (verre ou carbone), du rapport de forme des
sions des déformations et des contraintes macroscopiques fibres et de la répartition spatiale des fibres (Tab. 3).
sont les moyennes sur le volume V du VER :
 
n 3.2 Modèle d’endommagement

 E = (1 − Vf )εm +
 Vfi εi
i=1
(4) Le modèle d’endommagement appliqué est celui intro-

  
n duit par Kachanov et Rabotnov en 1958, postulant que
 = (1 − Vf )σm + Vfi σi
i=1
l’endommagement d’un matériau peut être décrit par ses
F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006) 407

Tableau 1. Tableau comparatif des caractéristiques mécaniques d’un composite SMC R 40 %.


Ex (MPa) Ey (MPa) Ez (MPa) Gxy = Gxz (MPa) νxy = νxz Gyz (MPa) νyz
Modèle 14 720 14 720 8832 3751 0,26 5550 0,33
Expér. 13 450 12 860 – 3322 0,248 – –
±260 ±302 ±120 ±0,03
Ecart (%) 8,5 12,6 – 11 4,6

Tableau 2. Tableau comparatif des caractéristiques mécaniques d’un composite unidirectionnel carbone époxy (T2H/.EH25).
E11 (MPa) E22 (MPa) E33 (MPa) G12 = G13 (MPa) ν12 = ν13 G23 (MPa) ν23
Modèle 139 000 9000 9000 5220 0,33 5550 0,43
Expér. 141 000 8503 – 4810 0,31 – –
±2510 ±152 ±80 ±0,02
Ecart (%) 1,5 5,6 – 8 6,1 – –

Tableau 3. Forme et répartition spatiale des constituants des matériaux étudiés.


Diam Longueur Rapport L/d Répartition
Charge minérale 45 µm sphérique 1 diffuse
Porosité 20 µm sphérique 1 diffuse
Fibre de verre 10 µm 25 mm 2500 1 orientation tous les 9◦
Fibre de carbone 7 µm Infini – 1 orientation

effets sur les caractéristiques mécaniques du matériau et Les variables associées à la déformation εe et à l’endom-
notamment les modules d’élasticité affaiblis par une va- magement di sont :
riable scalaire d [13–17]. 
 ∂W e
La prise en compte de cet endommagement passe par  e
 σ(ε , di ) = ∂ε
la connaissance de l’évolution de la variable d au cours du e
(9)
chargement. L’intérêt ici est d’appliquer à l’étude de nos 

 Ydi (εe , di ) = − ∂W e
deux matériaux, une méthodologie simple de prévision ∂di
de l’endommagement (évolution de la variable d) et
de la rupture (critère d’instabilité : test sur la va-
riable d˙ [15, 16]). Cette notion a été souvent abordée et ap- 3.3 Variables d’endommagement
pliquée aux composites stratifiés par Ladeveze [13,17,18].
On reprend dans notre étude le même formalisme. L’endommagement est décrit par deux variables d1 et
L’évolution de l’endommagement est décrite par d2 à l’échelle du matériau dans le cas du composite à
une approche thermodynamique classique dans le cadre fibres courtes et de deux variables d22 et d12 à l’échelle du
des processus irréversibles. Le potentiel thermodyna- pli unidirectionnel dans le cas du composite stratifié. Ces
mique choisi est la densité volumique d’énergie libre ρϕ variables sont appliquées aux différentes rigidités comme
dépendant des variables internes : il est indiqué dans le tableau 4.
Compte tenu de l’isotropie transverse de la couche uni-
1 directionnelle de carbone/époxy, les variables appliquées
ρϕ = ρϕ(εe , di , T, Vk ) = Cijkl .εeij .εekl (7)
2 aux modules G12 et G13 sont identiques. Dans le cas du
où : composite SMC-R, il a été vérifié que l’endommagement
dans le plan est identique quelle que soit la direction ; les
– εe est le tenseur des déformations élastiques, fibres étant disposées aléatoirement [19]. L’endommage-
– di représente les variables d’endommagement, ment appliqué aux modules de cisaillement G12 et G13 est
– T la température, identique.
– Vk d’autres variables telles que des variables Dans notre cas la variable taux de restitution d’énergie
d’écrouissage, associée Ydi est alors écrite de la manière suivante :
– Cijkl la matrice de rigidité du matériau,
– ρ la densité du matériau. 1 σi2
Ydi = (10)
L’énergie volumique de déformation élastique sous l’hy- 2 Ei0 (1 − di )2
pothèse des contraintes planes généralisées (σ33 = 0), est
où i = (1, 2) pour les composites à fibres courtes et
prise comme potentiel thermodynamique et s’écrit :
i = (12, 22) pour les composites à fibres longues dans
2
σ11 σ2 2ν12 σ11 σ22 σ2 σ2 σ2 le repère du pli. Ei0 représente les modules de traction et
2W e = + 22 − + 12 + 13 23 (8) de cisaillement cités dans le tableau 4.
E11 E22 E11 G12 G13 G23
408 F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)

Tableau 4. Récapitulatif des variables d’endommagements appliquées aux rigidités.

Module d’élasticité EX EY EZ GXY GXZ GY Z


du composite SMC
(repère global)
Variable d’endommagement d1 d1 – d2 d2 –

Module d’élasticité E11 E22 E33 G12 G13 G23


du pli UD carbone/époxy
(repère couche)
Variable d’endommagement – d22 – d12 d12 –
si σ22 > 0

La variable d’endommagement global définissant la li-


mite du domaine de non fissuration est alors classique-
ment [13, 18] définie par l’expression suivante :

Yg = sup ki Ydi (11)
τ ≤t

ki représente les termes de couplage des endommage-


ments. Il est défini par le rapport des modules d’élasticité
en traction et en cisaillement.
L’identification de l’évolution de Yg en fonction des
variables d’endommagement, est réalisée sur des essais de
traction et/ou de cisaillement (méthode du rail) cyclés.
L’identification des termes de couplages est aisée pour (a)
les composites unidirectionnels. Des essais de traction
sur une stratification [±65] et [+45] permettent de les
déterminer [13]. Concernant le composite SMC-R, il est
nécessaire d’utiliser un essai de traction-cisaillement. L’es-
sai Arcan a été utilisé [20] en appliquant un cycle de
charge-décharge jusqu’à rupture. Cet essai permet de sol-
liciter une éprouvette de forme (( diabolo )) sous une sol-
licitation mixte traction-cisaillement où le rapport de la
contrainte de traction sur la contrainte de cisaillement
peut varier. Le montage Arcan a été modifié par l’in-
troduction de guide entre les mors, permettant ainsi de
minimiser l’instabilité lors de décharges mécaniques. La
configuration utilisée sur l’essai est celle pour un angle de
45◦ afin d’obtenir un rapport de contrainte égale à 1,3.
Lors de chaque cycle de charge-décharge obtenu lors (b)
des essais, les valeurs de Ydi et di = 1 − Ei /E0 [13, 15, 18]
sont déduites. Ces évolutions sont données figures 4 et 5 Fig. 4. (a) Endommagement en traction du composite SMC-
pour les deux matériaux étudiés. R. (b) Endommagement en cisaillement du composite SMC-R.
Ces évolutions permettent de déterminer le seuil d’en-
dommagement Yg (0) pour chaque matériau.
alors de pseudo-plasticité. Les lois classiques de plasticité
en petites transformations sont :

3.4 Couplage endommagement pseudo plasticité – La déformation totale donnée par la somme d’une
déformation élastique et d’une déformation perma-
nente :
La plasticité est utilisée pour retranscrire les ε = εe + εp (12)
déformations résiduelles lors de décharges mécaniques.
Elle est induite par la plasticité de la matrice et les glis- – L’énergie libre ϕ = ϕ(εe , p, α) où p est la variable
sements aux interfaces fibres/matrice, mais aussi par cer- d’écrouissage isotrope, α la variable d’écrouissage
tains blocages de fissures lors des décharges. On parlera cinématique.
F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006) 409

Fig. 6. Surface de charge.

(a)
le critère d’écoulement [13,14]. Le critère général de plas-
ticité à écrouissage isotrope et cinématique non-linéaire
utilisant un critère anisotrope s’écrit alors à la limite de
l’écoulement :
f = f (σ̃, R, X) = C (σ̃ − X) − R(p) + R0 = 0 (17)
où C(σ̃−X) est le critère définissant la forme de la surface
de charge (Fig. 6) et R0 le seuil initial d’écoulement.
Pour l’étude des composites SMC-R, le critère utilisé
est le critère de Von Mises (C(σ̃ − X) = J2 (σ̃ − X)). Ce-
pendant, lors du développement de l’endommagement, le
critère définissant la surface de charge est modifié. Un
critère anisotrope de type Hill devrait être utilisé.
Dans le cas du composite stratifié, le critère anisotrope
(b) utilisé [13, 18] s’écrit de la manière suivante :

Fig. 5. (a) Endommagement en cisaillement du composite f (σ, X, R) =


stratifié. (b) Endommagement en traction transverse. 2 2
σ12 − X12 σ22 − X22
+ a2 · − R − R0 (18)
1 − d12 1 − d22
– Les variables associées
∂ϕ ∂ϕ Les déformations plastiques sont nulles suivant la di-
R=ρ ; X=ρ (13) rection des fibres, identiques suivant les directions 12
∂p ∂α et 13. Le coefficient de couplage a2 est déterminé par essai
– La surface de charge f = f (σ, R, X) et l’hy- et donné par le rapport entre les déformations plastiques.
pothèse d’existence du multiplicateur plastique λ̇ Les déformations transverses sont fonction du signe de
la contrainte transverse : il n’y a pas de déformations
déterminé par la condition f = f˙ = 0 avec les lois
résiduelles en compression transverse.
complémentaires associées
L’identification est réalisée par des essais en trac-
∂f ∂f ∂f tion/cisaillement pour le composite SMC-R (essai
ε̇p = λ̇ ṗ = −λ̇ α̇ = −λ̇ (14) Arcan [20]) et par des essais de traction sur des stra-
∂σ ∂R ∂X
tifiés [±45]2S , [45]8 et [±65]2S pour l’unidirectionnel car-
La variable R décrit l’évolution de la taille de la bone/époxy [13,16]. Dans le cas d’un essai de traction, les
surface de charge. La variable tensorielle X décrit le variables de plasticité sont détaillées dans les deux para-
déplacement de la surface de charge [14, 18]. Le couplage graphes suivants.
des deux écrouissages peut être aussi réalisé. Les lois de
normalité sont données par :
Cas de l’écrouissage isotrope
p λ̇ σ−X p
ε̇ = ; ṗ = λ̇; α̇ = ε̇ (15)
f + R(p) + R0 (1 − d)2 Le domaine d’élasticité se modifie par dilatation. Les
variables sont la déformation plastique cumulée p et la
Les lois complémentaires s’écrivent : variable associée R définissant l’évolution de la surface de
charge.
Ẋ = β.α̇ − γ.X.ṗ ; R = g(p) (16)
Dans ce cas, le critère de plasticité s’écrit :
Le couplage plasticité-endommagement est réalisé de σ
façon classique en introduisant la contrainte effective dans f= − (R + R0 ) (19)
1−d
410 F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)

La fonction β(p) a été choisie de la forme :

∂R(p)
β(p) = (24)
∂p

L’incrément de déformation plastique s’écrit :

λ̇
ε̇p = (25)
1−d

En traction monotone, l’expression de X (sans cou-


plage) s’intègre analytiquement et s’écrit :
Fig. 7. Identification des paramètres de pseudo-plasticité pour
SMC-R. β(0) p
X(0) = 1 − e−γ(1−d)ε (26)
γ(1 − d)

Pour chaque incrément de charge, les valeurs de X,


εp sont calculées. Les coefficients β(0) et γ sont alors
déterminés (Fig. 7).

4 Analyse numérique

Le modèle développé ci-dessus a été implanté dans


le module non-linéaire MECANO du logiciel d’ana-
lyse numérique par éléments finis SAMCEF , par l’in-
termédiaire d’une routine écrite en Fortran. Le fichier
Fig. 8. Identification des paramètres de plasticité pour un UD d’entrée (jeu de données du modèle) est paramétré en
carbone/époxy. terme de données d’endommagement et de plasticité.
L’introduction des lois d’endommagement et de plasti-
cité est réalisée par leur évolution analytique. La rou-
L’incrément de la déformation plastique cumulée est tine permet de donner en post-traitement l’évolution des
donné par : déformations résiduelles, de l’endommagement élément
ṗ = λ̇ (20) par élément sous forme de courbe ou sous forme de car-
L’incrément de déformation plastique s’écrit : tographie. Ce processus est couplé à un algorithme de
Newton-Raphson.
λ̇
ε̇p = (21)
1−d
Les valeurs expérimentales sont relevées figures 7 et 8. 4.1 SMC-R : analyse d’un essai de traction
L’évolution de l’écrouissage est identifiée par une solution
analytique où l’on peut relever le seuil initial de plasti- La validation du modèle a été réalisée sur un essai de
cité R0 . traction. Les dimensions de l’éprouvette sont de 150 mm
de longueur utile, 25 mm de largeur et 5 mm d’épaisseur.
Le maillage est constitué de 30 éléments volumiques de
Cas de l’écrouissage cinématique non-linéaire degré 2. L’éprouvette est encastrée-libre. Les figures 9
couplé à l’écrouissage isotrope et 10 montrent l’évolution de la contrainte appliquée en
Le domaine d’élasticité se modifie par dilatation (va- fonction de la déformation longitudinale pour les deux
riable R) et par déplacement (variable X). L’écrouissage types d’écrouissage.
cinématique non-linéaire a été couplé à l’écrouissage iso- Les deux modèles sont très proches des résultats
trope par l’écriture de la variable cinématique. expérimentaux. L’écrouissage cinématique fait apparaı̂tre
Le critère de plasticité s’écrit : de faibles boucles d’hystérésis et retranscrit mieux les
déformations résiduelles. Il ne semble pas primordial
σ−X d’utiliser l’écrouissage cinématique, cependant, couplé à
f= − R0 (22)
1−d l’écrouissage isotrope, il permet de modéliser le durcisse-
ment cyclique observé.
L’incrément de la variable d’écrouissage est :
La rupture globale de l’éprouvette est déterminée par
Ẋ = β(p).ε̇p − γ.X.ṗ (23) l’instabilité de l’endommagement.
F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006) 411

Fig. 9. Comportement expérimental/numérique : écrouissage Fig. 11. Comparaison du comportement expérimental/numé-


isotrope ; SMC-R. rique : essai sur stratifié [±45]2S .

Fig. 10. Comportement expérimental/numérique : écrouis- Fig. 12. Comparaison du comportement expérimental/numé-
sage cinématique + isotrope ; SMC-R. rique : essai sur stratifié [±65]2S .

4.2 UD carbone/époxy : analyse d’un essai de traction Stratifié [±65]2S

Deux stratifications sont utilisées pour les comparai- Cet essai permet de coupler l’endommagement en ci-
sons expérimentales et numériques. La première permet saillement et en traction transverse. La figure 12 montre
de valider l’implantation de la pseudo-plasticité sur un l’évolution des contraintes de cisaillement et transverse
essai à [±45]2S , la deuxième permet de valider le cou- dans les plis à 65◦ . Le modèle est là encore assez proche
plage entre l’endommagement en cisaillement et trans- des résultats expérimentaux et la prédiction de la rupture
verse [±65]2S . La pseudo-plasticité est pour ce matériau est bien restituée.
la pseudo-plasticité à écrouissage isotrope.
Les dimensions de l’éprouvette sont : 150 mm de lon-
gueur, 20 mm de largeur et 2 mm d’épaisseur. Le maillage 4.3 Application au comportement de plaques trouées
est constitué de 60 éléments volumiques composites de
degré 2. Afin de valider les modèles sur des structures plus
complexes, des essais de traction sur éprouvettes trouées
ont été menés. L’endommagement local en bord de trou
Stratifié [±45]2S est complexe et les modèles présentés doivent permettre
de mieux appréhender le comportement en bord de trou
Les déformations résiduelles sont très bien retrans- de structures composites. La rupture numérique n’est pas
crites (Fig. 11), et ceci pour de très grandes déformations. abordée mais est en cours d’étude.
La rupture de l’éprouvette est donnée par l’instabilité de Les dimensions des éprouvettes trouées sont de
l’endommagement et est obtenue pour une valeur de la va- 150 mm de partie utile, 30 mm de largeur, 5 mm
riable d’endommagement égale à 0,5 comme déterminée d’épaisseur pour le composite SMC et 4 mm pour le
par la théorie [13, 15]. La différence de valeur à rupture composite stratifié. La séquence d’empilement du com-
entre l’expérimentation et le modèle vient du fait qu’il posite carbone/époxy est [(90, 45, 0, −45)2]S ; la couche à
existe lors des essais, une réorientation des fibres à 45◦ , 0◦ étant orientée dans le sens de l’effort. Le perçage de
introduisant une contrainte à rupture surestimée. diamètre 5 mm a été réalisé à l’aide d’un foret spécifique.
412 F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)

Fig. 13. Comportement expérimental/numérique d’un essai


de traction sur éprouvette trouée (SMC-R).

Ce foret est un foret à coupe en bout nuance K20 utilisé


pour l’usinage des composites à fibres de carbone [21].
Fig. 14. Superposition de l’endommagement expérimental
La comparaison entre le comportement expérimental
(RX) et de l’endommagement numérique (module) pour le
et le modèle numérique est réalisée jusqu’à la limite de la composite SMC-R.
rupture expérimentale.

4.3.1 SMC-R

La figure 13 montre la comparaison des résultats


expérimentaux et numériques en terme de comportement
effort/déplacement pour le composite SMC-R. En analy-
sant ces résultats, on constate que le modèle coı̈ncide bien
avec l’expérience. L’enveloppe du comportement est bien
restituée ainsi que les déplacements résiduels.
Concernant l’endommagement, la figure 14, représente
une radiographie X de l’éprouvette testée où l’on a super-
posé la cartographie numérique du module des endomma-
gements sous forme d’iso-courbes. L’axe de sollicitation
est vertical. Fig. 15. Comportement expérimental/numérique d’un essai
Les résultats numériques sont donnés à la limite de la de traction sur éprouvette trouée (carbone/époxy quasi-iso).
rupture. L’endommagement maximal atteint 0,55 en bord
de trou. Il est de 0,22 en partie courante de l’éprouvette.
La forme des endommagements donnée par le modèle trou sur une horizontale (0,45 pour le pli à 90◦ ; 0,38 pour
est assez proche de l’expérience. le pli à 45◦ ). Il faut noter que la couche à 0◦ s’endommage
très localement à 45◦ par rapport à l’axe de sollicitation
(Fig. 16c).
4.3.2 Stratifié carbone/époxy Les résultats en terme de forme d’endommagement
sont proches de ceux relevés par rayon X.
La figure 15 montre la comparaison des résultats
expérimentaux et numériques en terme de comporte-
ment effort/déplacement pour le composite stratifié car- Conclusion
bone/époxy. Le modèle numérique donne là encore des
résultats proches de l’expérience. Un modèle de comportement élastoplastique endom-
Le modèle permet d’indiquer les endommagements mageable des composites a été proposé à l’aide d’une
couche par couche. Ces endommagements sont superposés approche par la mécanique de l’endommagement. Un
à une radiographie X (Fig. 16) sous formes d’iso courbes modèle micromécanique basé sur l’approche de Mori
pour l’effort à rupture. L’axe de sollicitation est vertical. et Tanaka a permis de déterminer les caractéristiques
Les valeurs maximales du module des endommage- mécaniques du composite mais aussi l’état de contrainte
ments en traction transverse et en cisaillement sont locale dans chaque constituant. Le modèle a été appliqué
données (Fig. 16). Pour les plis à 90◦ et à 45◦ , l’endom- à un composite fibre-courte SMC-R et à un composite
magement maximal (Figs. 16a et b) est situé en bord de stratifié carbone/époxy.
F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006) 413

(a) Modèle : pli à 90◦ (b) Modèle : pli à 45◦ (c) Modèle : pli à 0◦

Fig. 16. Superposition de l’endommagement expérimental (RX) et de l’endommagement numérique (module) pour le car-
bone/époxy quasi-isotrope.

La modélisation de l’endommagement progressif [5] E. Haramburu, Approche intégrée du dimensionnement


couplé à un critère de pseudo plasticité, fait ap- mécanique de structures en composite injecté avec fibres
paraı̂tre une bonne corrélation essais-calculs pour des courtes : une interface entre injection et calcul de struc-
essais de traction. Le modèle de plasticité a été choisi ture, thèse de l’Université Paul Sabatier, 2003
comme un couplage entre l’écrouissage cinématique non- [6] J.M. Berthelot, Matériaux composites, comportement
linéaire et isotrope afin de modéliser le durcissement mécanique et analyse des structures, ed. Masson, Paris,
cyclique observé lors des essais sur composites fibres 1992
courtes. Pour les composites stratifiés, le couplage endom- [7] J. Fitoussi, N. Bourgeois, G. Guo, D. Baptiste, Prediction
magement/plasticité à écrouissage isotrope, donne des of the Anisotropic Damaged Behavior of Composite
résultats très proches des essais expérimentaux. Cepen- Materials : Introduction of Multi-Local Failure Criteria
dant la visco-plasticité n’a pas été prise en compte et est in a Micro-Macro Relationship, Computational materials
actuellement en développement. science 5 (1996) 87–100
[8] C.L. Tucker, E. Liang, Stiffness predictions for unidi-
Ces modèles ont été implantés dans un code de calculs rectional short-fibre composites: Review and evaluation,
par éléments finis à vocation industrielle (SAMCEF ). Composites science and technology 59 (1999) 655–671
Bien qu’ils n’introduisent pas tous les phénomènes d’en- [9] M. Bornet, T. Bretheau, P. Gilormini, Homogénéisation
dommagement, leurs robustesses ont été validées. en mécanique des matériaux. Tome I (Matériaux
aléatoires élastiques et milieux périodiques), Hermès,
2001
[10] F. Meraghni, F. Desrumaux, M.L. Benzeggagh,
Implementation of a constitutive micromechanical
Références model for damage analysis in glass mat reinforced com-
posites structures, Composites Science and Technology
62 (2002) 2087–2097
[1] D. François, A. Pineau, A. Zaoui, Comportement [11] F. Desrumaux, F. Meraghni, M.L. Benzeggagh,
mécanique des matériaux : élasticité et plasticité, Édition Generalised Mori-Tanaka Scheme to Model Anisotropic
Hermès, 1992 Damage Using Numerical Eshelby Tensor, J. Comp.
[2] J. Fitoussi, Étude micromécanique de l’influence de l’en- Mat. 35 (2001) 603–624
dommagement à l’interface fibre/matrice sur le compor- [12] A. Ferrari, Composite homogeneization via the poly-
tement des composites organiques à renforts discontinus, inclusion approach, Compos. Engr. 4 (1994) 37–45
thèse de l’ENSAM, Paris, 1995 [13] T. Mura, Micromechanicals of defects in solids, Martinus
[3] T. Mori, K. Tanaka, Average stress in matrix and average Nijhoff Publishers, 1987
elastic energy of materials with misfitting inclusions, Acta [14] P. Ladevèze, E. Le Dantec, Damage modelling of the ele-
Metallurgica 21 (1973) 571–574 mentary ply for laminated composites, Comp. Sci. Tech.
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North-Holland, Amsterdam, 1961, pp. 89–140 solides, Édition Dunod, 1996
414 F. Lachaud et al. : Mécanique & Industries 7, 403–414 (2006)

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fibres de carbone et à matrices organiques : étude mageable des composites à fibres courtes, 13e Journées
numérique et expérimentale, suivi par émission accous- Nationales sur les Composites (JNC-13), Strasbourg,
tique, thèse de l’Université Paul Sabatier, 1997 2003
[17] F. Lachaud, L. Michel, Étude de l’endommagement [21] J.C. Devillers, D. Coutellier, E. Deletombe, D. Delsart,
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durcissable et thermoplastique, Mécanique, Industrie et composite verre/époxy au moyen de l’essai Arcan,
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comportement et de l’endommagement des matériaux [22] R. Piquet, B. Ferret, F. Lachaud, P. Swider, Experimental
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[19] C. Linhome, Un modèle de comportement élastoplastique plates using special drills, Composites Part A: ap-
endommageable pour les structures composites stra- plied science and manufacturing, Elsevier, 2000, vol. 31,
tifiées, La recherche Aérospatiale 2 (1996) 119–135 pp. 1107-1115

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