L’eau fait partie intégrante de notre quotidien : en plus d’en être constitués à 65%, et de devoir en
boire plus d’un litre et demi par jour, nous utilisons en moyenne, en France, 150 litres pour nos
douches, vaisselle et chasse d’eau. L’eau sert également aux domaines agricole et industriels, ainsi
qu’à notre rafraichissement lorsque nous nous y baignons.
En France, la sécheresse touche une grande partie des territoires depuis plusieurs étés : plus de 67
% du territoire métropolitain était concerné par des mesures de restriction d’eau en 2019, selon
une étude commandée par le Ministère de la transition écologique. Nos ressources en eau sont
limitées par la pollution : si l’eau est trop impactée, elle ne pourra être utilisée. Nous risquons
alors, à terme, de voir nos ressources en eau se restreindre à mesure que sa pollution augmente.
Dès lors, quels en sont les origines et comment résoudre les problèmes de pollution de l’eau ?
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Pollution de l'eau : des causes multiples
La pollution est une contamination de l’environnement. L’eau est pure, tant qu’aucun polluant ne la
dégrade. Cette ressource peut être polluée de façon naturelle, mais la pollution peut aussi résulter
de l’activité humaine. Il existe trois types principaux de pollution de l’eau, recensés par la Surfrider
Foundation Europe, une ONG qui a pour but "la protection et la mise en valeur de l'océan, du
littoral, des vagues, des lacs, des rivières et de toutes les populations qui en jouissent" :
• La pollution bactériologique : les microorganismes utilisent l’eau comme transport et
peuvent s’y multiplier. Bactéries, virus, parasites ou champignons constituent autant
d’éléments pathogènes pouvant polluer l’eau. Il peut également s’agir de bactéries en
provenance des eaux usées non-traitées.
• La pollution chimique : il s’agit de la libération de certaines substances minérales toxiques
telles que les ions métalliques, nitrates, phosphates, et autres métaux lourds.
• La pollution par les déchets aquatiques : lorsque l’humain jette un objet dans un cours
d’eau. Peu efficace en tant que poubelle.
Les origines de la pollution de l’eau varient également : elles peuvent être naturelles, comme lors
de contact avec les gisements minéraux ; urbaines, de par les rejets ménagers ; industrielles et
agricoles, par la liaison de l’eau avec les pesticides et fumiers ainsi que les substances difficiles à
éliminer ; ou liées aux rejets des transports maritimes.
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du robinet"
Comment la pollution de l'eau impacte la faune et la flore ?
L’altération de la qualité de l’eau impacte directement nos existences. D’abord, parce que cette
pollution menace le fonctionnement des écosystèmes. Faune et flore dépendent d’une eau peu
dégradée. La modification de la salinité, de l’acidité ou de la température de l’eau peut avoir des
conséquences graves sur la survie des espèces. Passé un certain seuil, la toxicité est telle que les
organismes ne peuvent plus survivre. Un apport trop important de matières organiques peut
causer une anoxie, stade ultime où il n’y a plus d’oxygène dissous dans l’eau.
La nature répond à la pollution de l’eau par l’homme avec l’exemple des marées vertes. En France,
ce sont surtout les baies bretonnes, normandes et le littoral atlantique-vendéen qui sont touchés
par ce phénomène qui se traduit par un développement important d’algues.
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La pollution de l'eau : un désastre pour l’être humain
À plus long terme, la pollution de l’eau remet notre survie en question. Outre les pathologies
d’origine virale et infectieuse (otites, gastros entérites, hépatites, éruptions cutanées) qui
essaiment de plus en plus, la consommation d’eau affectée peut également déclencher des
hépatites, ulcères ou cancers de l’estomac. La présence d’arsenic et de pesticides serait à l’origine
de cancers de la vessie, du rein, du poumon et de la peau ; celle de plomb accentuerait les risques
d’un retard mental.
Ce peut être le cas dans les milieux ruraux ou montagnards, particulièrement touchés par les
pollutions microbiennes. Les personnes immunodéprimées sont particulièrement sensibles à ces
risques sanitaires.
Bien évidemment, nous ne sommes pas tous exposés au même risque. En France, l’eau du robinet
bénéficie, comme dans les pays développés, d’un contrôle de qualité permettant de surveiller sa
conformité alimentaire mais dans les pays en développement, le sujet reste un enjeu majeur. Selon
l’OMS et l’Unicef, près de 850 millions de personnes sont privées d’eau potable et 1,8 milliard
boivent de l’eau non dépolluée, sans protection contre la contamination d’origine fécale par
exemple, l’une des plus dangereuses pour notre santé.
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Comment endiguer la pollution de l’eau ?
Pour la différencier des problèmes de quantité d’eau, comme la sécheresse et les inondations,
visibles à l’oeil nu, la Banque mondiale évoque "une crise invisible" pour qualifier le problème de
pollution de l’eau. Afin d’endiguer cette crise, plusieurs recommandations peuvent apporter une
solution partielle permettant de limiter la pollution de l’eau. Le Groupe d’experts
Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) préconise le recours à de meilleures
infrastructures de traitement des eaux, alors que près de 60 % de la population mondiale n’en est
pas ou peu doté.
Des normes sont mises en place quant à la pollution industrielle et la végétalisation des parcelles
agricoles proches de cours d’eau, désormais obligatoire, réduisent les risques d’infection. C’est le
cas du programme "PAN" (programme d’actions national), en France, qui vise à réduire la pollution
des eaux par les nitrates d’origine agricole et l’eutrophisation.
Il s’agit également d’ "encourager la participation citoyenne", selon le GIEC, par une meilleure
information auprès des ménages. Ceux-ci pourraient alors réduire les rejets de matières organiques
dans l’eau et adopter de meilleurs réflexes quant à leur usage quotidien. Plusieurs labels (Ecocert,
Ecolabel européen…) voient ainsi le jour pour permettre de remplacer des produits peu
respectueux de l’environnement.