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Approximation de ln(n!) et séries convergentes

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MP1 / MP2 Devoir Surveillé 1 2024 - 2025

Problème I
L’objet du problème est l’étude d’une approximation de ln (n!) pour les grandes valeurs de l’entier n.
Dans la partie I, on établit des majorations qui seront utilisées dans les parties II et III.
Dans la partie II, on étudie une suite permettant d’obtenir une première approximation de ln (n!).
Dans la partie III, on établit une évaluation plus précise
Dans tout le problème, p désigne un entier naturel fixé et n unentier
 variable supérieur ou égal à 1.
i i!
Étant donnés deux entiers i et j tels que 0 ⩽ j ⩽ i, on note = avec la convention usuelle
j j!(i − j)!
0! = 1.

Partie I
1 tp+2
1) a) Justifier que : ∀t̸=1, = 1 + t + t2 + . . . + tp+1 + .
1−t 1−t
  Z 1/k p+2
1 1 1 1 t
En déduire : ∀k ⩾ 2, − ln 1 − = + 2 + ... + p+2
+ dt
k k 2k (p + 2)k 0 1−t
Z 1/k p+2
t
b) En encadrant judicieusement l’intégrale dt, montrer qu’on peut écrire :
0 1−t
 
1 1 1 1 α(k) 2
∀k ⩾ 2 − ln 1 − = + 2 + ... + + avec 0 ⩽ α(k) ⩽ .
k k 2k (p + 2)k p+2 k p+3 p+3
X
2) On désigne par M un réel positif et on envisage une série réelle zk dont le terme général zk vérifie
k⩾2
M
pour tout k ⩾ 2, |zk | ⩽ p+2 .
k
X
a) Justifier la convergence de la série zk .
k⩾2
b) En utilisant une comparaison série-intégrale, montrer que pour tout n ⩾ 1,
+∞
X 1 1

k p+2 (p + 1)np+1
k=n+1

+∞
P M 1
c) En déduire que : ∀n ⩾ 1, zk ⩽ .
k=n+1 p + 1 np+1

Partie II - première approximation de ln(n!)

3) Expression de ln (n!) à l’aide d’une suite.


Z k
a) On considère la suite (vk )k ⩾ 2 définie par vk = ln k − ln t dt.
k−1
n
P
Z n
i) Prouver que : ∀n ⩾ 2, ln (n!) = vk + ln t dt.
k=2 1
Z n
ii) Calculer ln t dt.
1
Z 1
b) i) Établir que : ∀k ⩾ 2, vk = (ln k − ln (k − u)) du
0

1
u − 12
Z 1
1
ii) En déduire que : ∀k ⩾ 2, vk = (ln k − ln (k − 1)) − du.
2 0 k−u
On pourra utiliser une intégration par parties.
u − 21
Z 1
Dans la suite de cette partie on pose wk = du pour k ⩾ 2 (1).
0 k−u
n
1 X
c) Montrer que : ∀n ⩾ 2, ln (n!) = n ln n − n + ln n + 1 − wk .
2
k=2

4) Étude de la suite (wk )k ⩾ 2 .


1 1 u − u2
Z
a) Prouver que wk = du pour k ⩾ 2.
2 0 (k − u)2
1
b) En déduire que 0 ⩽ wk ⩽ .
12(k − 1)2
P 1
c) Montrer que la série wk converge. On admettra que sa somme a pour valeur 1 − ln (2π).
k⩾2 2
+∞
X
On note désormais, dans toute la suite du problème, (εn )n ⩾ 1 la suite définie par εn = wk .
k=n+1

5) Évaluation asymptotique de ln (n!).


1 1
Montrer que : ∀n ⩾ 1, ln (n!) = n ln n − n + ln n + ln (2π) + εn (2)
2 2
6) Majoration du reste εn .
1
En utilisant ce qui précèce, établir que : 0 ⩽ εn ⩽ pour n ⩾ 2.
12(n − 1)

Partie III - autre approximation de ln(n!)

Cette partie a pour objet d’étudier plus précisément le comportement asymptotique de la suite (εn )n ⩾ 1 .
7) Évaluation de εk−1 − εk .
   
1 1
Montrer que : ∀k ⩾ 2, εk−1 − εk = wk = − k − ln 1 − − 1.
2 k
p
X bi δ(k)
8) a) En utilisant 1.b), montrer que : ∀k ⩾ 2, εk−1 − εk = i+1
+ p+2 (3)
k k
i=1
i 1 k − 21
avec bi = et δ(k) = − + α(k) .
2(i + 1)(i + 2) 2(p + 2) k
11
b) En utilisant 1.b), montrer que : |δ(k)| ⩽ ⩽ 1.
12
Si vous trouvez une meilleure constante, ce n’est pas forcément faux. Continuez cependant avec
11
la valeur 12 .
9) Une première évaluation de εn .
1 δ(k)
Dans cette question, on fixe p = 1 de sorte que (3) s’écrit εk−1 − εk = + 3 et on pose
12k 2 k
c1
rk = εk − , c1 désignant un nombre réel.
k
1 1 β(k)
a) Montrer que : ∀k ⩾ 2, = 1 + + 2 avec 0 ⩽ β(k) ⩽ 2.
1 k k
1−
k
7
b) i) Déterminer c1 de sorte que |rk−1 − rk | ⩽ 3 pour k ⩾ 2.
6k

2
P
ii) Le réel c1 étant ainsi choisi établir que la série (rk−1 − rk ) converge, et que :
+∞
X 7
∀n ⩾ 1, (rk−1 − rk ) ⩽ .
12n2
k=n+1
m
X +∞
X
c) i) Calculer (rk−1 − rk ) pour m ⩾ n + 1 et en déduire que (rk−1 − rk ) = rn .
k=n+1 k=n+1
ii) En déduire finalement :
1 1 1 λ1 (n) 7
∀n ⩾ 1, ln (n!) = n ln n − n + ln n + ln (2π) + + 2
avec |λ1 (n)| ⩽ .
2 2 12n n 12

Problème II
cos x
On note D = R \ πZ. Pour x ∈ D, on note cotan x = .
sin x

Pour tout n ⩾ 1 et k ∈ [[1, n]], on pose xk (n) = .
2n + 1

On note pour tout n ∈ N et p ∈ N
n n
X X 1
Sp (n) = cotan2p (xk (n)) et Tp (n) =
k 2p
k=1 k=1

Partie I

1) Soit x ∈]0, π2 [.
1
a) Montrer que x ⩽ tan x et en déduire que : 0 ⩽ − cotan2 x.
x2
1
b) Montrer que sin x ⩽ x et en déduire que : − cotan2 x ⩽ 1.
x2
c) Soit p ⩾ 1 et a, b deux réels, rappeler la factorisation de ap − bp par a − b.
1 p
d) Déduire des trois questions précédentes que pour tout p ⩾ 1 : 0 ⩽ 2p − cotan2p x ⩽ 2(p−1) .
x x
2) Justifier que pour tout p ⩾ 1, la suite (Tp (n))n ⩾ 1 a une limite finie. On note alors ζ(2p) = lim Tp (n).
n→+∞
3) a) Montrer que pour n ⩾ 1 et p ⩾ 1
 2p  2(p−1)
2n + 1 2n + 1
0 ⩽ Tp (n) − Sp (n) ⩽ p Tp−1 (n)
π π
 2p
1 2
b) En déduire que : 2p Sp (n) −→ ζ(2p).
n n→+∞ π
On pourra traiter à part le cas p = 1.

Partie II
n  
k 2n + 1
X
Soit n ⩾ 1, on note Pn le polynôme Pn = (−1) X n−k .
2k + 1
k=0
4) Déterminer le degré de Pn et donner son coefficient dominant.

3
sin(2n + 1)θ
5) a) Soit θ ∈ D. Justifier que Pn (cotan2 (θ)) = .
sin2n+1 θ
On pourra considérer exp((2n + 1)iθ).
Yn
b) En déduire que Pn = (2n + 1) (X − cotan2 (xk (n))).
k=1
6) On note pour tout k ∈ [[1, n]]
X
σk (n) = cotan2 (xi1 (n)) · · · cotan2 (xik (n))
1 ⩽ i1 <...<ik ⩽ n

En particulier,
n
X n
Y
σ1 (n) = cotan2 (xi (n)) et σn (n) = cotan2 (xi (n))
i=1 i=1

Soit k ∈ [[1, n]].


a) À l’aide des relations coefficients-racines, exprimer σk (n) en fonction des coefficients de Pn .
b) En déduire que n 7→ σk (n) est une fonction polynomiale à coefficients rationnels.
7) On admet que pour tous n, p ∈ N∗ tels que n ⩾ p,

Sp (n) − σ1 (n)Sp−1 (n) + · · · + (−1)p−1 σp−1 (n)S1 (n) + (−1)p σp (n) p = 0

a) Montrer que pour tout p ∈ N∗ , n 7→ Sp (n) est une fonction polynomiale à coefficients rationnels
sur [[p, +∞[[.
b) Montrer que pour tout p ∈ N∗ , ζ(2p) est le produit de π 2p et d’un rationnel.
c) À l’aide de ce qui précède, calculer ζ(2) et ζ(4).

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