Rapport 2006 sur la supervision bancaire
Rapport 2006 sur la supervision bancaire
EXERCICE 2006
BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
SOMMAIRE
Mot du Gouverneur
Aperçu général
Faits marquants
Chiffres-clés
Les indicateurs de rentabilité sont en nette amélioration
PARTIE 2
Structure, activité et résultats du système bancaire
La consolidation du système bancaire a bénéficié d’une conjoncture économique et financière
favorable et des retombées du processus de restructuration et d’assainissement
PARTIE 3
Evolution des risques bancaires
La gestion des risques bancaires, dans un contexte concurrentiel accru, nécessite une plus grande
vigilance
ANNEXES
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BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Mot du Gouverneur
L’année 2006 a été, à plus d’un titre, une année exceptionnelle pour le secteur bancaire marocain
tant par ses performances et la consolidation de ses fondements que par la profondeur des réformes
qui ont touché l’environnement de sa supervision.
A la faveur d’une conjoncture économique et financière favorable et des retombées des actions de
restructuration et d’assainissement engagées ces dernières années, le secteur a réalisé des résultats
record. Le produit net bancaire a, ainsi, enregistré une croissance de plus de 11%, en liaison avec à
la fois l’expansion du volume des crédits distribués - qui a plus que compensé la baisse relative de la
marge d’intérêt - et de celle des activités de marché et des prestations génératrices de commissions.
La résilience et la compétitivité du système bancaire ont été confortées par la bonne tenue du
coefficient d’exploitation qui est passé, en moyenne, en dessous de la barre de 50%, bien que les
frais de structure aient progressé à un rythme plus élevé que celui de l’année précédente. En outre,
la baisse du provisionnement du risque de crédit, dont le niveau est le plus bas enregistré depuis
plusieurs années, n’a pas manqué de contribuer au renforcement de la rentabilité des établissements
de crédit.
La solvabilité globale du système bancaire s’est relativement affermie, en dépit du recul enregistré par
les coefficients de solvabilité de quelques banques qui se sont, toutefois, maintenus au dessus de la
limite réglementaire.
La restructuration du pôle bancaire public a franchi des étapes décisives et commence à porter ses
fruits, comme en témoigne l’amélioration des indicateurs financiers des institutions concernées.
Ces évolutions sont intervenues dans un cadre concurrentiel accru, marqué par l’assouplissement des
conditions d’octroi de crédit au bénéfice de l’ensemble des segments de la clientèle, les
établissements de crédit recherchant des relais de croissance pour leurs activités.
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MOT DU GOUVERNEUR BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le crédit à l’habitat a continué à constituer l’un des principaux vecteurs de l’intervention bancaire,
stimulé, en cela, par la détente des taux d’intérêt et la vigueur de la demande des ménages, sous
l’impulsion conjuguée des actions des pouvoirs publics et d’une politique d’offre de crédit plus
adaptée aux besoins de la clientèle. Cette offre s’est caractérisée par de moindres exigences en
apports personnels et par l’allongement des durées, tout en étant davantage assortie de taux
d’intérêt variables.
Les crédits aux entreprises ont enregistré, de leur côté, un rythme de croissance soutenu qui a profité
également aux PME, l’intérêt des banques pour cette catégorie de clientèle se confirmant au vu des
enquêtes menées par la Banque centrale.
La consolidation de ces réalisations et leur pérennisation demeurent, sans nul doute, tributaires d’une
gestion saine et rigoureuse des risques.
A cet égard, Bank Al-Maghrib n’a eu de cesse de rappeler à l’ensemble des établissements la
nécessité de placer l’évaluation et la rémunération du risque au centre de leurs processus de décision
d’octroi de crédits, en recourant, en permanence, à des systèmes de notation et de scoring
performants et aux outils d’aide à la décision. Elle les a également invités à faire preuve d’une plus
grande vigilance dans la surveillance des risques de taux d’intérêt et de transformation qui nécessite
des procédés techniques et des méthodes statistiques et d’analyse plus affinés, dans le contexte
ambiant marqué par le développement de la concurrence.
Sur un plan plus global, il importe que les établissements de crédit disposent d’un niveau de fonds
propres en rapport avec leur profil de risque et à même de leur permettre de financer leurs opérations
de croissance interne et externe.
En considération de l’importance de ces questions, le présent rapport a été enrichi d’un chapitre
dédié à l’évolution des risques bancaires et des dispositifs mis en place pour en assurer le suivi.
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MOT DU GOUVERNEUR BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Face à ces évolutions, Bank Al-Maghrib a renforcé son dispositif de supervision bancaire qui répond,
aujourd’hui, largement aux recommandations formulées par la mission d’évaluation du système
financier marocain, menée conjointement par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International en 2002.
Bank Al-Maghrib dispose, en effet, d’un cadre réglementaire approprié et en conformité avec les
normes du Comité de Bâle et jouit désormais d’une indépendance opérationnelle. Elle est, de plus,
habilitée à échanger des informations et coopérer avec les autres autorités prudentielles pour les
besoins d’une surveillance consolidée des risques, nécessaire au maintien de la stabilité financière.
La Banque centrale a poursuivi la mise à niveau de ses ressources humaines et techniques et s’est
dotée de procédures transparentes, tout en orientant son dispositif de surveillance vers la prévention
des difficultés bancaires. Pour ce faire, le processus de supervision a été structuré autour du système
de notation des établissements de crédit et de procédures formalisées de traitement des difficultés
des établissements de crédit, récemment mis en place. Dans la même optique, les échanges avec le
management des établissements ont été intensifiés en vue d’une meilleure appréhension des
dispositifs de gestion des risques, de contrôle interne et de vigilance.
Ces mutations viennent accompagner le déploiement par le système bancaire de réformes d’ampleur,
telles que Bâle II et les normes comptables internationales IAS/IFRS. Dans ce cadre, la Banque centrale
a procédé à la refonte du dispositif prudentiel en édictant un ensemble de textes liés notamment à
l’implémentation des dispositions des piliers 1 et 2 du nouvel accord sur les fonds propres (Bâle II).
Elle a également poursuivi, en concertation avec les banques, les travaux de transposition des normes
IAS/IFRS, dont les textes d’application ont été adoptés en 2007.
En cohérence avec l’ensemble de ces actions, la Banque centrale continue à veiller à la bonne
gouvernance des établissements de crédit qui constitue un pilier fondamental de la stabilité du
secteur et un enjeu majeur de sa compétitivité.
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MOT DU GOUVERNEUR BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Pour ce qui est de leurs relations avec la clientèle, les établissements de crédit et les associations de
micro-crédit devraient, comme cela leur a été rappelé par la Banque centrale à plusieurs occasions,
fournir davantage d’informations sur les conditions bancaires et améliorer leurs pratiques
commerciales et de transparence, qui sont autant de facteurs essentiels pour renforcer les liens de
confiance entre les parties.
Je demeure convaincu que les acteurs bancaires continueront, comme par le passé, à faire preuve
d’engagement pour faire aboutir, dans un cadre concerté, les réformes en cours, afin de consolider
les bases du système bancaire et accompagner ainsi l’intégration du Maroc au sein de l’économie
mondiale.
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BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Aperçu Général
L’année 2006 a été marquée par la promulgation de la loi n°34-031 relative aux
établissements de crédit et organismes assimilés qui consacre l’autonomie de la Banque
centrale en matière de supervision et l’habilite notamment à octroyer les agréments pour
l’exercice de l’activité bancaire, à édicter, par voie de circulaires, toutes les normes à
caractère comptable et prudentiel, à prononcer les sanctions à l’égard des établissements qui
enfreignent les dispositions légales ou réglementaires et à traiter les difficultés des
établissements de crédit.
Elle a, d’autre part et en concertation avec les banques, poursuivi les travaux pour la refonte
du cadre comptable des comptes consolidés, en conformité avec les normes IAS/IFRS2 et la
convergence, avec ce référentiel, des règles d’enregistrement et d’évaluation des titres
applicables aux comptes sociaux. Ces travaux ayant abouti courant 2007.
1 Loi n°34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés promulguée par le dahir n°1-05-178 du 15 Moharrem 1427 (14 février 2006).
2 International Accounting Standards / International Financial Reporting Standards.
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APERÇU GÉNÉRAL BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Face aux mutations de l’environnement des établissements de crédit, Bank Al-Maghrib a procédé au
renforcement de ses méthodes de suivi des risques bancaires, à travers notamment la mise en place,
au cours du second semestre 2006, d’un Système d’Aide à la Notation des Etablissements de Crédit,
baptisé « SANEC », destiné à améliorer la prévention de ces risques.
Dans le cadre de ses activités de contrôle permanent, Bank Al-Maghrib a intensifié, au cours de 2006,
les rencontres avec les responsables des établissements de crédit, à différents niveaux hiérarchiques,
qui ont porté notamment sur le fonctionnement des dispositifs de gestion des risques et de contrôle
interne.
Le contrôle sur place a couvert, en 2006, 16 établissements, dont quatre nouvellement assujettis aux
dispositions de la loi bancaire en l’occurrence deux banques offshore et deux associations de micro-
crédit. Les vérifications effectuées ont porté sur l’appréciation de la gouvernance, l’évaluation du
contrôle interne et la qualité des actifs, ainsi que sur l’examen de la comptabilité et du système
d’information. Elles se sont intéressées également aux activités de marché, en vue de s’assurer de la
pertinence des dispositifs de suivi et de mesure des risques.
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APERÇU GÉNÉRAL BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Ainsi, le produit intérieur brut a marqué une progression de 8,1% à prix constants, reflétant
l’expansion de plus de 30% de la valeur ajoutée agricole et la poursuite de la consolidation de la
croissance dans les autres secteurs. La vigueur de la demande interne, aussi bien de consommation
que d’investissement ainsi que le regain de dynamisme des exportations, ont stimulé l’activité des
branches industrielles, tandis que les activités du bâtiment et des travaux publics ont poursuivi leur
essor, en liaison avec l’accroissement des dépenses publiques d’équipement et l’expansion du secteur
immobilier. La croissance s’est également accélérée dans le secteur des services, en relation avec le
développement du tourisme et des télécommunications. Le raffermissement de l’activité économique
s’est, toutefois, accompagné d’une remontée de l’inflation.
Dans ce contexte, la rentabilité des établissements de crédit s’est nettement améliorée grâce à
l’accroissement soutenu du produit net bancaire (PNB), qui a bénéficié du regain important de
l’activité bancaire, et à la baisse du coût du risque.
• L’activité des établissements de crédit a connu une évolution soutenue portée par la
progression des crédits et des dépôts
En considération du nombre de guichets, de comptes et de cartes bancaires, les services fournis par
les banques se sont développés et diversifiés favorisant une amélioration des indicateurs de
bancarisation.
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APERÇU GÉNÉRAL BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le volume global d’activité des établissements de crédit a connu une progression de 18%, soit un
rythme plus élevé que celui du PIB nominal (10,1%). Leur encours de crédits à la clientèle s’est accru
de 16,4%. Pour les banques, ce rapport a atteint 17%, soit un rythme inégalé depuis la levée de
l’encadrement de crédit. Les crédits à l’habitat accordés par ces dernières, en enregistrant un taux de
26%, ont constitué l’un des principaux facteurs de cette expansion.
Les crédits alloués aux entreprises ont enregistré une progression de plus de 19%. Cette évolution a
bénéficié aussi bien aux grandes entreprises qu’aux PME.
D’un autre côté, les banques ont été très actives en matière de collecte de dépôts. Ces derniers ont
progressé de 17,5% et continuent à être dominés par les dépôts non rémunérés à hauteur de près de
58%. Le coefficient d’emploi, compte tenu d’une progression similaire des crédits, s’est maintenu à 75%.
Le produit net bancaire des établissements de crédit a enregistré une croissance de plus de 11%,
en liaison avec à la fois l’expansion du volume des crédits distribués - qui a plus que compensé la
baisse relative de la marge d’intérêt - et de celle des activités de marché et des prestations
génératrices de commissions.
La marge d’intérêt des banques, en hausse de 4,7% contre 8,8% un an auparavant a vu sa part,
dans le PNB, baisser de 80% à 76%. La contribution du résultat des opérations de marché s’est
accrue de 7,6% à 11,7% grâce notamment aux résultats dégagés sur les titres de placement. La part
de la marge sur commissions s’est stabilisée autour de 12%.
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APERÇU GÉNÉRAL BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les dotations nettes des reprises aux provisions ont absorbé 14% du résultat brut d’exploitation
des établissements de crédit contre 37% en 2005. Cette amélioration a résulté de l’effet combiné de
plusieurs facteurs notamment le recouvrement de créances en souffrance de montants importants et
une conjoncture économique favorable. La baisse du provisionnement du risque de crédit n’a pas,
toutefois, impacté le taux de couverture des créances en souffrance qui s’est plutôt amélioré de
4 points à 74%.
Au total, les établissements de crédit ont affiché un résultat net global bénéficiaire de 7,6 milliards
de dirhams, soit près de trois fois celui réalisé un an auparavant, générant ainsi une rentabilité des
actifs de 1,4% et une rentabilité des fonds propres de 17,9% contre, respectivement, 0,6% et 7,6%.
Le risque de crédit continue à constituer le risque principal de l’activité bancaire, néanmoins, le risque
de taux d’intérêt tend à s’affirmer comme un autre risque majeur.
Pour assurer le suivi des risques bancaires, Bank Al-Maghrib s’est dotée de dispositifs de collecte de
données qualitatives et quantitatives à travers notamment la réalisation d’enquêtes et d’études
d’impact. Elles ont concerné en 2006 l’endettement des ménages dans ses deux composantes - le
crédit à l’habitat et le crédit à la consommation - le financement des PME et le risque de taux d’intérêt.
L’endettement des ménages1 s’est élevé, à fin 2006, à moins de 20%, soit un niveau d’endettement
global modéré, qui reste largement en deçà de ceux enregistrés dans plusieurs pays notamment les
pays développés.
Les banques ont poursuivi, en 2006, l’assouplissement de leurs conditions d’octroi de crédits au
logement, en réduisant leurs exigences en matière d’apport personnel, en baissant les taux d’intérêt
appliqués, en allongeant la durée des prêts et en développant les contrats à taux variables.
1 Rapport entre la dette bancaire des ménages et le Revenu National Disponible Brut.
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APERÇU GÉNÉRAL BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Pour les années à venir, et compte tenu des actions des pouvoirs publics visant à encourager l’accès
au logement, les ménages devraient accroître davantage leur endettement bancaire, surtout si les
conditions appliquées aux nouveaux emprunteurs restent comparables à celles d’aujourd’hui.
D’un autre côté, les établissements de crédit ont continué à diversifier leur offre de crédit à la
consommation dans un marché concurrentiel. L’enquête effectuée par Bank Al-Maghrib auprès des
sociétés de crédit à la consommation a révélé que la majorité des ménages recourant à ce type de
crédit dispose d’un revenu inférieur à 4 000 dirhams. La répartition de ces concours selon l’âge a fait
apparaître une concentration des bénéficiaires dans la tranche d’âge 40-49 ans, et que,
contrairement à certains pays où l’endettement des jeunes tend à être important, les ménages
marocains recourent, en général, au crédit bancaire, une fois le foyer constitué et qu’un revenu
régulier est disponible.
Concernant les concours aux PME, les nouvelles tendances qui semblent se dessiner montrent une
plus grande contribution du système bancaire, les banques recherchant des relais de croissance pour
leurs activités, dans un contexte économique plus porteur. L’amélioration des conditions de
financement des PME est corroborée par les enseignements tirés de la campagne régionale de
sensibilisation sur le financement des PME qui a été organisée par Bank Al-Maghrib, en 2006, en
partenariat avec plusieurs associations et organismes.
Parallèlement à ces mutations, les créances en souffrance des établissements de crédit, après avoir
atteint un pic en 2004, s’inscrivent dans un trend baissier. Rapportées aux crédits distribués, elles ont,
en effet, reculé, à fin 2006, à 11% en moyenne contre 19% en 2004. Cette tendance semble se
confirmer au vu des chiffres du premier quadrimestre de l’année 2007.
Ces évolutions ne devraient surtout pas entrainer un relâchement dans la rigueur qui doit
constamment présider à la gestion des risques. Il importe que les établissements placent l’évaluation
et la rémunération du risque en tant qu’élément fondamental dans leur étude des dossiers de crédit
et devraient à cet effet recourir, de manière permanente, à des systèmes de notation et de scoring
robustes et à des outils statistiques d’aide à la décision.
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APERÇU GÉNÉRAL BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’attention particulière et la vigilance que doivent accorder les banques au risque de taux d’intérêt
doivent être accrues davantage, d’autant plus que leur rentabilité est largement tributaire de la
marge d’intérêt et qu’elles opèrent dans un contexte de plus en plus concurrentiel.
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BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
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FAITS MARQUANTS DE L’ANNÉE 2006 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
20/21 Décembre : Organisation à Rabat d’une conférence sur l’intégration financière des
pays du Maghreb.
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BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
• Réseau :
- au Maroc : 4 131 guichets, dont 1 684 guichets pour Barid Al-Maghrib, soit 7 300 habitants
par guichet
- à l’étranger : 8 filiales, 10 agences et 64 bureaux de représentation
- guichets automatiques bancaires : 2 760
• Effectif des établissements de crédit : 28 110 dont 25 686 pour les banques
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CHIFFRES-CLÉS DU SYSTÈME BANCAIRE BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2005
2006
Structure des emplois des banques à fin 2006 Structure des ressources des banques à fin 2006
Créances sur
Autres Dettes envers les
les établissements Créances Fonds propres passifs les établissements
de crédit et assimilés sur la clientèle Titres de créance émis 7,4% 3,9% de crédit et assimilés
22,2% 51,3% 2,1% 5,6%
Autres actifs
4,9%
Sociétés de crédit
à la consommation Sociétés de crédit-bail
53,1% 42,4%
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PARTIE 1
L’année 2006 a été marquée par la promulgation de la loi n°34-03 relative aux établissements de crédit
et organismes assimilés, dite loi bancaire, et par l’adoption de plusieurs textes pris pour son application.
Le cadre réglementaire régissant les activités des autres compartiments du secteur financier a été, de
son côté, renforcé.
Encadré n°1 :
NOUVELLE LOI BANCAIRE
La loi bancaire n°34-03, publiée en février 2006, consacre l’autonomie de la Banque centrale
en matière de supervision et l’habilite notamment à octroyer les agréments pour l’exercice
de l’activité bancaire, à édicter, par voie de circulaires, toutes les normes à caractère
comptable et prudentiel, à prononcer les sanctions à l’égard des établissements qui
enfreignent les dispositions légales ou réglementaires et à traiter les difficultés des
établissements de crédit.
La composition et les attributions des organes consultatifs ont fait l’objet de remaniements
notamment au niveau du Comité des établissements de crédit au sein duquel les
représentants des associations professionnelles ne siègent plus lorsque son avis est sollicité
sur des questions à caractère individuel. Pour sa part la Commission de discipline, qui a vu
sa composition renforcée avec l’adjonction d’un deuxième magistrat, est consultée sur toutes
infractions passibles de sanctions autres que pécuniaires.
Des mécanismes de concertation ont été institués entre Bank Al-Maghrib et les commissaires
aux comptes, qui ont vu s’élargir leur domaine d’intervention.
D’un autre côté, pour accroître l’efficacité du contrôle consolidé des groupes bancaires, une
commission de coordination des organes de supervision du secteur financier marocain a été
instituée et Bank Al-Maghrib a été habilitée à conclure des accords de coopération et
d’échange d’informations avec les autorités de supervision bancaires étrangères.
La loi bancaire a, par ailleurs, prévu plusieurs dispositions visant à renforcer la transparence
des activités de supervision bancaire : partage claire des pouvoirs entre le Ministère des
finances et Bank Al-Maghrib, motivation de décisions emportant refus de celle-ci, publication
du rapport sur la supervision bancaire, transmission des résultats de vérification aux membres
du conseil d’administration ou de surveillance de l’établissement contrôlé, indépendance
opérationnelle de la Banque centrale.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
1 - DISPOSITIF COMPTABLE
Les établissements de crédit ont continué en 2006 à appliquer les dispositions du plan comptable des
établissements de crédit (PCEC), entré en vigueur en janvier 2000 en vertu de l’arrêté du Ministre de
l’économie et des finances n°1331-99 du 23 août 1999, dont les modalités d’application ont été
définies par circulaire de Bank Al-Maghrib n°12/G/99 du 3 décembre 1999.
A partir de janvier 2008, les banques devront établir leurs états financiers consolidés conformément
aux normes IAS/IFRS. Dans cette perspective, Bank Al-Maghrib a procédé à la refonte des méthodes
et règles relatives aux comptes consolidés.
Les dispositions du PCEC relatives à la consolidation des comptes ont été substantiellement revues
pour y intégrer la partie stable du référentiel de l’IASB1. Les méthodes de consolidation et
d’évaluation ont, quant à elles, fait l’objet d’un renvoi au texte des normes IAS/IFRS et aux
interprétations SIC/IFRIC2.
Ces modifications ont été accompagnées d’une revue des principes généraux sous-jacents à
l’élaboration des comptes consolidés en IAS/IFRS, en reprenant des dispositions du cadre conceptuel
de l’IASB.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
La priorité a été accordée aux normes ayant un impact important sur les règles d’évaluation et de
présentation des comptes consolidés, à savoir l’IAS 39 « Comptabilisation et évaluation des
instruments financiers » et l’IFRS 7 « Informations à fournir sur les instruments financiers ».
Le périmètre de consolidation est modifié du fait d’une part, de l’adoption d’une définition du
contrôle qui se base sur le pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles d’une autre
entité et non pas sur le niveau du capital détenu et d’autre part, de l’inclusion des entités ad hoc,
même sans forme juridique, et de la limitation des exclusions autorisées.
L’ensemble des entreprises contrôlées exclusivement ou conjointement, quelle que soit la nature de
leur activité sont consolidées, respectivement, par la méthode d’intégration globale ou
proportionnelle. Celles qui sont sous contrôle conjoint peuvent également être mises en équivalence.
Les états financiers consolidés comprennent le bilan, le compte de résultat, le tableau des variations
de capitaux propres, le tableau des flux de trésorerie et les notes. Pour ce qui est de leur présentation,
le PCEC modifié prévoit, à titre indicatif, un canevas pour assurer une comparabilité des informations
comptables et financières émanant des établissements de crédit, étant rappelé qu’aucun modèle
standard n’est prévu par les normes IAS/IFRS.
Les règles comptables relatives aux comptes individuels ont également été revues en ce qui
concerne les méthodes de classification et d’évaluation des titres afin de converger vers les
dispositions d’IAS 39 et ce, à l’effet de réduire les distorsions entre les comptes sociaux et les
comptes consolidés.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Encadré n°2 :
2 - DISPOSITIF PRUDENTIEL
Le dispositif prudentiel a fait l’objet d’une refonte en vue de son harmonisation avec les nouvelles
dispositions de la loi bancaire et de son alignement sur les standards internationaux. Il a été renforcé,
en particulier, par la publication de plusieurs textes ayant trait à la transposition du nouvel accord sur
les fonds propres.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Ainsi, les établissements de crédit doivent justifier à leur bilan d’un capital intégralement libéré ou
d’une dotation totalement versée, dont le montant doit être égal au moins à :
- 200 millions de dirhams pour les banques recevant des fonds du public ;
- 100 millions de dirhams pour les banques qui ne recueillent pas de fonds du public ;
- 50 millions de dirhams pour les sociétés de financement agréées pour effectuer les opérations de
crédit immobilier ou les opérations de crédit-bail et les opérations de crédit autres que celles
prévues ci-après ;
- 40 millions de dirhams pour les sociétés agréées en vue d’effectuer les opérations de
cautionnement autres que le cautionnement mutuel ;
- 30 millions de dirhams pour les sociétés agréées en vue d’effectuer les opérations d’affacturage ;
- 20 millions de dirhams pour les sociétés agréées pour effectuer les opérations de crédit à la
consommation ;
- 10 millions de dirhams pour les sociétés agréées en vue d’effectuer les opérations de mise à la
disposition de la clientèle de tout moyen de paiement et leur gestion ;
- 1 million de dirhams pour les sociétés agréées en vue d’effectuer les opérations de cautionnement mutuel.
Un délai de 2 ans a été fixé aux établissements de crédit pour se mettre en conformité avec les
nouvelles dispositions.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
La circulaire n°24/G/2006 du 4 décembre 2006 relative aux fonds propres des établissements de
crédit fixe les modalités de détermination, sur base individuelle et consolidée, des fonds propres
devant être retenus pour le calcul des ratios prudentiels. Ses dispositions s’appliquent à la fois aux
établissements assujettis à Bâle II et à ceux qui demeurent régis par Bâle I.
La définition des éléments constitutifs de chacune des catégories de fonds propres ainsi que les
modalités de leur prise en compte sont conformes aux dispositions prévues en la matière par le
Comité de Bâle.
Le contrôle de cette règle se fait au vu des reporting semestriels que les établissements sont tenus
d’adresser à Bank Al-Maghrib.
La circulaire n°25/G/2006 du 4 décembre 2006 relative au coefficient minimum de solvabilité fixe les
modalités de couverture, par les fonds propres, des risques de crédit et de marché applicables aux
établissements qui demeurent assujettis à Bâle I.
Les dispositions de cette circulaire ont été complétées par l’incorporation des modalités de calcul des
risques de marché, telles qu’édictées par l’amendement publié en 1996 par le Comité de Bâle, ainsi
que les aménagements prévus par la mise à jour de 2005.
La vérification du coefficient minimum de solvabilité s’effectue sur la base de reporting que les
établissements sont tenus d’adresser à Bank Al-Maghrib, selon une périodicité semestrielle.
Le ratio de solvabilité moyen des banques, calculé selon Bâle I, ressortait, à fin 2006, à 12,3%, en
hausse de 0,8 point par rapport à 2005.
2.4 - Exigences en fonds propres portant sur les risques de crédit, de marché et
opérationnels
La circulaire n° 26/G/2006 relative aux exigences en fonds propres portant sur les risques de crédit,
de marché et opérationnels transpose les normes du nouvel accord sur les fonds propres (Bâle II). Elle
définit les modalités de calcul des actifs pondérés au titre de chacune de ces trois catégories de
risques et des exigences en fonds propres nécessaires à leur couverture.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les modalités de calcul des actifs pondérés au titre du risque de crédit sont fixées conformément à
la méthode standard préconisée par le nouvel accord.
Les principales options retenues dans le cadre des discrétions nationales prévoient l’application d’une
pondération de :
- 0% pour les créances, libellées et financées en dirhams, détenues sur l’Etat marocain et Bank Al-
Maghrib et d’autres organismes internationaux ;
- 20% pour les créances sur les collectivités locales ainsi que pour les créances interbancaires
libellées et financées en dirhams et dont l’échéance initiale est égale ou inférieure à trois mois ;
- 75% pour les créances sur les particuliers et les créances sur les toutes petites entreprises (TPE)
qui relèvent du segment de la clientèle de détail.
Pour uniformiser la terminologie et s’aligner sur les normes édictées par le Comité de Bâle, Bank Al-
Maghrib a fixé, sur la base d’études statistiques menées auprès des banques, les seuils et critères
prudentiels au vu desquels devrait s’effectuer la segmentation de la clientèle en « PME » et «clientèle
de détail » (cf encadré n°6).
La circulaire intègre également de nouveaux aspects ayant trait aux techniques d’atténuation du
risque de crédit, à travers l’élargissement de l’éventail des sûretés et des garanties éligibles et la prise
en compte des instruments de dérivés de crédit.
Le calcul des risques de marché se fait sur la base de l’approche standard et tient compte des normes
édictées en la matière par le Comité de Bâle en 1996 ainsi que de la mise à jour de ces normes en
2005. Cette dernière porte notamment sur l’amélioration de la méthode de calcul du risque
spécifique de taux en tenant compte de la notation externe de l’émission et la délimitation du
portefeuille de négociation par rapport au portefeuille bancaire.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Trois approches sont proposées pour le calcul des exigences en fonds propres au titre des risques
opérationnels : l’approche indicateur de base, l’approche standard et l’approche standard
alternative. L’adoption de cette dernière étant subordonnée à l’accord préalable de Bank Al-Maghrib.
La règle de la division des risques vise à prévenir toute concentration des risques d’un établissement
à l’égard de contreparties limitées et à assurer une diversification de ses portefeuilles de crédit et de
titres de manière à ne pas se trouver en position difficile en cas de défaillance d’une ou plusieurs de
ces contreparties.
Le coefficient de division des risques est régi par l’arrêté du Ministre des finances et des
investissements extérieurs n° 174-97 du 22 janvier 1997 tel que modifié, dont les modalités
d’application sont fixées par la circulaire de Bank Al-Maghrib n° 3/G/2001 du 15/01/2001.
Aux termes de cette circulaire, un établissement ne peut détenir sur un même bénéficiaire, client
individuel ou ensemble de clients constituant un groupe d’intérêt, des créances (crédits et titres)
excédant 20% de ses fonds propres.
Les dispositions de cette circulaire font l’objet d’un réexamen en vue de leur révision, en cohérence
avec les nouvelles normes internationales.
La circulaire n°31/G/2006 du 5 décembre 2006 exige des banques de disposer, en permanence, des
ressources suffisantes pour faire face aux engagements qui viennent à échéance dans le mois à venir
ou au cours des périodes suivantes.
Le coefficient minimum de liquidité se présente sous forme d’un rapport entre le total des liquidités et actifs
réalisables à court terme et celui des exigibilités à vue et à court terme. Il doit être égal au moins à 100%.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les éléments de calcul de ce coefficient sont affectés de pondérations en fonction de leur degré
d’exigibilité et de liquidité.
Le numérateur se compose des flux de trésorerie entrants constitués notamment des prêts, des bons
du Trésor et des titres de créance négociables à échoir dans moins d’un mois, les accords de
financement reçus ainsi que d’autres actifs cessibles sur un marché liquide ou éligible au
refinancement de la Banque centrale.
Le dénominateur inclut les flux de trésorerie sortants, constitués notamment des dépôts à vue et à
terme et autres dettes envers la clientèle à échoir dans un délai d’un mois ainsi que les engagements
de financement donnés.
Compte tenu des évolutions qu’a connues le secteur bancaire et des enseignements tirés de
l’application de cette règle au cours des dernières années, la circulaire précitée, qui est désormais
applicable aux seules banques, a apporté un certain nombre d’amendements liés notamment à la
revue des quotités de pondération de certains éléments composant aussi bien le numérateur que le
dénominateur du coefficient.
Le contrôle du respect de cette règle se fait au vu des déclarations adressées mensuellement, à Bank
Al-Maghrib, par les banques assujetties ainsi qu’à l’occasion des contrôles sur place.
A fin 2006, le coefficient de liquidité des banques, calculé selon les nouvelles dispositions, s’est établi,
en moyenne, à 130%.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les conditions régissant les prises de participation par les établissements de crédit dans des entreprises
existantes ou en création, sont arrêtées par la circulaire n°29/G/2006 du 5 décembre 2006.
L’objectif visé par cette règle est d’éviter que les établissements de crédit ne prennent des risques
excessifs dans des sociétés commerciales ou industrielles.
Ainsi et sans préjudice des règles applicables en matière de division des risques, les prises de
participation ne peuvent à aucun moment excéder l’une des limites, ci-après, aussi bien sur base
individuelle que consolidée :
- 60% des fonds propres de l’établissement de crédit, en ce qui concerne le montant total du
portefeuille des titres de participation
- 15% des fonds propres de l’établissement de crédit, en ce qui concerne chaque participation
- et 30% du capital social ou des droits de vote de la société émettrice, pour ce qui est de chaque
participation.
Sont exclues de ces limites, les participations détenues dans les établissements à caractère financier
et, sous certaines conditions, les holdings ayant pour objet de prendre des participations ou de gérer
un portefeuille de valeurs mobilières.
Sont également exclues de ces limites, les participations détenues dans les entreprises faisant l’objet
d’un programme d’assainissement ou de sauvetage agréé par l’établissement prêteur ou en
contrepartie du règlement des créances en souffrance que les entreprises débitrices n’ont pu
rembourser, à condition que la détention des titres n’excède pas le délai de quatre ans.
Bank Al-Maghrib peut revoir à la baisse les limites précitées, lorsqu’elle juge que la prise de
participation en question fait encourir à l’établissement un risque excessif ou qu’elle pourrait entraver
le contrôle prudentiel.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
La circulaire n° 23/G/2006 du 5 décembre 2006, relative aux modalités selon lesquelles les
établissements de crédit doivent porter à la connaissance du public les conditions qu’ils appliquent
à leurs opérations, impose aux établissements de crédit le respect de règles minimales en matière de
transparence dans la tarification des prestations et services bancaires et d’information de la clientèle.
Ainsi, l’information du public doit être assurée au moins sur support papier et par voie d’affichage
dans les locaux des établissements de crédit. Les informations doivent être lisibles et les supports
retenus doivent être disposés dans des lieux aisément accessibles à la clientèle. Les informations
publiées par voie d’affichage doivent porter, au minimum, sur les conditions applicables aux
opérations bancaires de base.
Les établissements de crédit sont dorénavant tenus d’informer au préalable leur clientèle, par tous
moyens qu’ils jugent appropriés, de toute modification concernant les conditions qu’ils appliquent à
leurs opérations.
Le relevé de comptes de dépôts ayant force de preuve en matière de relations des banques avec leur
clientèle, le législateur a habilité Bank Al-Maghrib à en déterminer les éléments constitutifs. La
circulaire n°28/G/2006 du 5 décembre 2006 fixe ainsi les conditions de fonds et de forme que doit
comporter le relevé de comptes de dépôts. Certaines informations complémentaires peuvent faire
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
l’objet de documents spécifiques (avis, échelle d’intérêts, bordereaux) qui sont considérés comme
faisant partie intégrante du relevé de comptes.
Les dispositions de l’article 105 de la loi bancaire a institué un Fonds collectif de garantie des dépôts
destiné à indemniser les déposants des établissements de crédit en cas d’indisponibilité de leurs
dépôts ou de tous autres fonds remboursables et à consentir, à titre préventif et exceptionnel, des
concours remboursables à l’un de ses membres dont la situation laisse craindre à terme une
indisponibilité des dépôts ou de tous autres fonds remboursables, à condition qu’il présente des
mesures de redressement jugées acceptables par Bank Al-Maghrib.
Aux termes de cette circulaire, l’indemnisation des déposants est déclenchée dès la constatation, par
la Banque centrale, de l’indisponibilité des dépôts et autres fonds remboursables reçus du public et
que rien ne laisse prévoir que cette restitution puisse avoir lieu dans des délais proches.
L’indisponibilité des dépôts résulte de l’insolvabilité de l’établissement de crédit constatée par Bank
Al-Maghrib ou d’une décision de liquidation de cet établissement.
Dès constatation de l’indisponibilité des fonds, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib décide, après avis
du Comité des établissements de crédit, l’indemnisation des déposants et en fixe les modalités.
En vue d’assurer l’indemnisation des déposants dans des conditions optimales, l’établissement de
crédit concerné est appelé à informer, à l’issue des vérifications et par lettre recommandée avec
accusé de réception, l’ensemble de ses clients déposants de l’indisponibilité de leurs fonds tout en
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
leur précisant la nature des dépôts couverts par la garantie ainsi que les modalités fixées par le
Gouverneur de Bank Al-Maghrib pour bénéficier de l’indemnisation.
La circulaire plafonne le montant d’indemnisation par déposant à 80 mille dirhams au lieu de 50 mille
dirhams prévu auparavant, calculé net de tout concours accordé par l’établissement au déposant.
Lorsque la situation financière d’un établissement de crédit est susceptible d’engendrer, à terme, une
indisponibilité des dépôts, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib demande à l’établissement concerné
de lui présenter un plan de redressement.
Si ce plan est jugé acceptable, le Gouverneur, peut, après avis du Comité des établissements de
crédit, décider de mettre à la disposition de l’établissement en difficulté, à titre exceptionnel, les
fonds estimés nécessaires à son redressement et ce, par la mobilisation d’une partie des ressources
disponibles du Fonds collectif de garantie des dépôts. La mobilisation de ces ressources obéit aux
conditions de rémunération et de remboursement fixées par Bank Al-Maghrib.
Les ressources du fonds peuvent être placées à hauteur de 80 % au moins dans des titres de créance
et valeurs assimilées négociables émis ou garantis par l’Etat et le reliquat dans des titres de créance
négociables.
La loi bancaire prévoit la notification à Bank Al-Maghrib de tout changement affectant la composition
des organes d’administration, de direction ou de gestion des établissements de crédit.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la veille continue que doit exercer Bank Al-Maghrib sur la
qualité du management des établissements de crédit. La Banque centrale s’assure que les personnes
en charge de la gestion des établissements de crédit présentent toutes les qualifications requises tant
dans le domaine professionnel que sur le plan éthique et moral.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
A cet effet, la circulaire n°27/G/2006 du 5 décembre 2006 prévoit la communication à Bank Al-
Maghrib, en plus du curriculum vitae et d’une déclaration sur l’honneur ayant trait au respect des
dispositions de l’article 31 de la loi précitée traitant des interdictions, un questionnaire dûment rempli
par la personne appelée à occuper des fonctions au sein des organes d’administration, de direction
ou de gestion d’un établissement de crédit.
La loi bancaire dispose que tous les établissements de crédit doivent désigner deux commissaires aux
comptes, après approbation de Bank Al-Maghrib, à l’effet de contrôler les comptes conformément
aux dispositions du titre VI de la loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes, de contrôler le respect
des dispositions comptables, prudentielles ainsi que celles relatives au dispositif du contrôle interne
et de vérifier la sincérité des informations destinées au public et leur concordance avec les comptes.
Les sociétés de financement dont le total bilan est inférieur à un milliard cinq cents millions de
dirhams ne désignent qu’un seul commissaire aux comptes.
Les modalités d’approbation des commissaires aux comptes par Bank Al-Maghrib sont fixées par la
circulaire n°21/G/2006 du 30 novembre 2006 dont les dispositions obligent les établissements de
crédit à adresser à Bank Al-Maghrib les demandes d’approbation relatives aux commissaires aux
comptes qu’ils envisagent de désigner, accompagnées de dossiers complets sur ces derniers.
Les commissaires aux comptes doivent présenter toutes les conditions d’indépendance et de
compétence requises par la circulaire et appartenir à des cabinets distincts. Leur désignation par un
établissement auprès duquel ils ont assuré deux mandats consécutifs ne peut intervenir qu’à l’issue
d’une période de trois ans.
La décision d’approbation, ou, s’il y a lieu, de refus dûment motivée, est notifiée à l’établissement au plus
tard 21 jours à compter de la date de réception de l’ensemble des documents et renseignements requis.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les commissaires aux comptes doivent élaborer des rapports sur les travaux effectués selon les termes
de référence fixés par Bank Al-Maghrib.
Aux termes de l’article 14 de la loi bancaire, est considérée comme compagnie financière, toute
société qui a pour activité principale, au Maroc, de prendre et gérer des participations financières et
qui, soit directement soit par l’intermédiaire de sociétés ayant le même objet, contrôle plusieurs
établissements effectuant des opérations à caractère financier dont un, au moins, est un
établissement de crédit. La circulaire n°30/G/2006 du 5 décembre 2006 fixe les modalités
d’application de ces dispositions notamment celles relatives aux aspects comptables et prudentiels.
En vertu de cette circulaire, les compagnies financières établissent leurs états de synthèse, sur base
individuelle et consolidée. Elles sont tenues d’observer certaines règles prudentielles spécifiques.
Le dahir portant loi n° 1-93-212 du 21 septembre 1993 relatif au Conseil déontologique des valeurs
mobilières (CDVM) et aux informations exigées des personnes morales faisant appel public à
l’épargne a été complété par la loi n° 36-05 en vue de renforcer les prérogatives dévolues à cet
organisme.
Cette loi prévoit l’institution auprès du CDVM d’une commission paritaire chargée de l’instruction des
faits susceptibles de constituer une infraction aux dispositions légales en vigueur. Cette commission
peut donner un avis sur la qualification, éventuellement pénale, desdits faits et proposer, le cas
échéant, au conseil d’administration du CDVM la saisine de l’autorité judiciaire compétente.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le CDVM a publié, durant l’année 2006, un ensemble de circulaires portant notamment sur les
organismes de placement collectif en valeurs mobilières et les teneurs de comptes. Les dispositions
de ces circulaires visent à assurer un bon fonctionnement des marchés de valeurs mobilières et
renforcer le contrôle permanent à tous les niveaux des organismes assujettis à son contrôle.
La loi n° 17-99 portant Code des assurances a été complétée et modifiée par la loi n° 39-05 en vue
d’adapter ses dispositions avec celles prévues par les accords de coopération conclus par le Maroc,
de s’aligner sur les standards internationaux et de renforcer la protection des assurés et bénéficiaires
de contrats d’assurances.
Cette loi interdit aux entreprises d’assurances et de réassurance d’exercer, en même temps, les
opérations d’assurances sur la vie et de capitalisation et le reste des opérations d’assurances et de
réassurance et ce, vu les particularités de gestion de ces deux types d’opérations.
En vue d’assurer une gestion efficace des risques, les entreprises d’assurances et de réassurance sont
tenues de mettre en place un système de contrôle interne et de se doter d’une structure d’audit
interne relevant directement du conseil d’administration ayant pour mission notamment de vérifier
l’efficacité de ce système.
Pour renforcer le contrôle du secteur des assurances, de nouveaux canaux, via les commissaires aux
comptes, ont été mis en place pour informer l’autorité de contrôle sur l’activité des entreprises
d’assurances et de réassurance. Dans le même cadre, les commissaires aux comptes sont tenus de
signaler à l’administration tout fait ou décision de nature :
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les droits des assurés et bénéficiaires de contrats ont été renforcés notamment en portant la durée
de la prescription de deux à cinq ans pour les contrats d’assurances de personnes et ce, pour
permettre aux souscripteurs de récupérer leurs droits à prestations. De plus, ce délai a été porté à dix
ans lorsque le bénéficiaire est une personne différente du souscripteur.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’année 2006 a été la dernière année du premier plan stratégique triennal de Bank Al-Maghrib qui
avait pour objectif notamment de doter la Banque de tous les atouts d’une Banque centrale moderne
et lui permettre d’assumer ses missions dans des conditions optimales. Les objectifs arrêtés par ce
plan en matière de supervision bancaire portaient sur le développement d’une approche basée sur
un contrôle proactif et l’alignement du dispositif prudentiel sur les normes du Comité de Bâle.
Cette année a ainsi connu l’aboutissement des derniers projets inscrits dans le plan d’action de la
Direction de la Supervision Bancaire (DSB), en particulier, la mise en place d’un système de notation
des établissements de crédit. Parallèlement, la DSB a procédé à l’élaboration d’un manuel de
traitement des difficultés des établissements de crédit et participé, dans plusieurs projets transverses
impliquant les autres entités de la Banque, notamment la mise en œuvre de la démarche de maîtrise
des risques opérationnels.
Outre ses activités de contrôle et les travaux préparatoires des différents comités consultatifs dont elle
assure le secrétariat, la DSB a poursuivi la réalisation de deux grands chantiers relatifs,
respectivement, à la transposition du nouvel accord de Bâle sur les fonds propres et à l’adoption des
normes comptables internationales IAS/IFRS. Elle a, également, entrepris la refonte du dispositif
prudentiel en vue de sa mise en conformité avec les nouvelles dispositions de la loi bancaire et son
alignement sur les normes édictées par le Comité de Bâle et les pratiques en vigueur au niveau
international.
Par ailleurs et dans le cadre du renforcement du contrôle consolidé des risques, Bank Al-Maghrib a
conclu une convention de coopération en matière de contrôle bancaire avec la Commission Bancaire
Française, entrée en vigueur au cours de 2006, année qui a également vu le démarrage des travaux
de la Commission de coordination des organes de supervision du secteur financier.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Face aux mutations de l’environnement des établissements de crédit, Bank Al-Maghrib a procédé au
renforcement de ses méthodes de suivi des risques, à travers la mise en place, au cours du second
semestre 2006, d’un Système d’Aide à la Notation des Etablissements de Crédit, baptisé « SANEC »,
destiné à améliorer l’analyse et la prévention des risques bancaires.
Tout en tenant compte des spécificités locales en matière juridique, comptable et prudentielle,
SANEC présente de nombreuses similitudes avec les systèmes de notation en vigueur dans d’autres
pays. Il s’agit d’un outil d’analyse et de détection précoce des difficultés des établissements de crédit
qui constitue un élément central de l’approche de la Banque visant le renforcement de la supervision
proactive. Les objectifs assignés au système de notation consistent à :
Les conclusions qui sont dégagées à l’issue du processus d’analyse donnent lieu à des appréciations
chiffrées traduisant le degré de gravité des fragilités et anomalies décelées. Le positionnement des
établissements sur l’échelle de notation sur la base des notes ainsi attribuées permet de dimensionner
l’intensité de la surveillance selon le niveau de risque associé à chaque établissement et de
déclencher, lorsque la note atteint un seuil donné, les actions correctives prévues dans le manuel de
traitement des difficultés des établissements de crédit.
Les notes affectées aux établissements servent également comme critère de décision dans le cadre
de la programmation annuelle des missions de contrôle sur place. L’appréciation d’ensemble de la
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
situation financière et prudentielle de chaque établissement est portée à l’attention de ses dirigeants,
à l’occasion de réunions périodiques.
La notation des établissements s’effectue, sur une échelle de 1 à 51, à travers l’analyse d’une
quinzaine de critères organisés en six zones de risques :
2. Solvabilité,
3. Liquidité et transformation,
4. Rentabilité,
SANEC repose sur une analyse à la fois quantitative et qualitative des risques. La capacité des
établissements à gérer et à maîtriser leurs risques doit, en effet, être adaptée, en permanence, à
l’évolution de la nature et de la complexité de ces risques. D’où l’importance, dans la perspective d’une
détection précoce des difficultés bancaires, d’apprécier les aspects qualitatifs de la gouvernance et de
la gestion de ces risques de manière complémentaire à l’analyse des informations quantitatives.
Il s’appuie sur un outil informatique, développé en interne, qui permet de gérer les données d’une
manière interactive entre les différents intervenants au processus. Un tableau de bord propre à
chacune des zones de risques, faisant ressortir les données quantitatives significatives ainsi que leur
évolution historique et leur comparaison avec les groupes homogènes d’établissements, est mis, en
continu, à la disposition des agents chargés de la notation.
Outre l’analyse de ces tableaux de bord, d’autres sources d’information internes et externes sont
prises en considération, notamment les rapports de mission de contrôle sur place et des commissaires
aux comptes ainsi que les éléments d’information recueillis à l’occasion des réunions avec ces derniers
et les dirigeants des établissements de crédit.
1 Note 1 : Très satisfaisant ; Note 2 : Satisfaisant ; Note 3 : Moyen et à surveiller ; Note 4 : Faible et suscitant des inquiétudes ; Note 5 : Très faible et
présentant un risque élevé.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le processus de notation obéit à une procédure formalisée qui prévoit la validation de la note
définitive par les différents niveaux hiérarchiques.
Ce manuel repose sur le processus de traitement des difficultés des établissements de crédit, tel que
prévu par la loi bancaire. Il est également adossé à SANEC, le déclenchement des mesures
prudentielles étant commandé par le profil de risque de l’établissement et la notation correspondante
générée par ce système.
En effet, partant des dispositions générales de la loi bancaire, les mesures préventives et/ou
correctives à prendre en présence d’une situation donnée sont déclinées selon un ordre de
progressivité en phase avec le degré de gravité des insuffisances et anomalies décelées et la
pertinence des mesures de redressement prises par l’établissement. Le déclenchement des mesures
prévues par le manuel intervient dès qu’un établissement est dans une situation de difficulté au sens
de l’article 59 de la loi bancaire, c’est-à-dire un établissement dont la gestion ou la situation
financière n’offrent pas de garanties suffisantes sur le plan de la solvabilité, de la liquidité ou de la
rentabilité ou dont le système de contrôle interne présente des lacunes graves.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’effectif de la DSB, qui s’est globalement maintenu à environ 90 agents, se caractérise par un taux
d’encadrement élevé.
En vue d’adapter, en continu, les compétences et connaissances des superviseurs aux évolutions
techniques et réglementaires nationales et internationales et favoriser les échanges et le partage
d’expériences avec leurs homologues étrangers, la DSB a mis en place un important programme de
formation. Ainsi, le nombre de personnes ayant bénéficié d’actions de formation s’est inscrit en
hausse sensible à 77 agents contre 50 un an auparavant, dont un tiers à l’étranger.
La DSB a, d’autre part, reçu 20 stagiaires dans le cadre de leurs travaux de préparation de mémoire
de fin d’études.
L’année 2006 a vu le démarrage du système de la télétransmission des données qui permet aux
banques de communiquer leurs reporting, via le réseau informatique. Ce nouveau système favorise,
outre la sécurisation de la transmission des données, la réduction des délais et l’amélioration de
l’échange à travers notamment l’information immédiate des banques sur la situation de la remise de
leurs données et l’accès électronique aux instructions émises par Bank Al-Maghrib dans ce domaine.
Dans le cadre de la gestion de ses risques opérationnels, Bank Al-Maghrib a adopté en 2006 une
démarche, « Maîtrise et Analyse des Risques Opérationnels » baptisée « MARIO », qui a pour
objectif d’établir la cartographie des risques opérationnels de la Banque déclinés par entité et de
mettre en place les moyens à même d’en réduire la probabilité de survenance.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Cette démarche se fonde notamment sur le principe d’auto-évaluation des risques par ces entités et
ce, par processus d’activités. L’exposition aux risques identifiés est évaluée en brut (compte non tenu
des dispositifs de contrôle internes) et en net (prise en compte de ces dispositifs). Les scores nets
élevés ou modérés doivent être ramenés à des niveaux cibles jugés acceptables et ce, par la mise en
place de plans d’actions pour améliorer la maîtrise des risques.
Dans le même esprit, la Banque s’est dotée d’une Politique Générale sur la Sécurité de l’Information
(PGSI), dont le déploiement au niveau de la fonction de la supervision bancaire a été engagé en 2007.
6 - CODE DE DÉONTOLOGIE
Bank Al-Maghrib a adopté, en mai 2005, son Code de Déontologie qui a recueilli l’adhésion de
l’ensemble de son personnel. Le principal objectif recherché est de doter la Banque d’un texte de
référence visant à instaurer les meilleures pratiques en matière d’éthique et à renforcer ainsi la
confiance et la crédibilité qu’elle doit en permanence inspirer à l’ensemble de ses partenaires dans le
cadre de l’exercice de ses principales missions.
Ce Code prévoit des règles de bonne conduite très strictes notamment pour les agents exerçant des
fonctions sensibles (interdiction d’acquérir des titres émis par des organismes placés sous le contrôle
de la Banque centrale, déclaration du portefeuille de titres émis ou négociés sur les marchés dans
lesquels Bank Al-Maghrib intervient). Il en est ainsi des fonctions exercées dans le cadre de la
supervision bancaire dont plus de la moitié de l’effectif est concerné par ces dispositions.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le contrôle permanent permet de mettre en évidence les premiers signes de difficultés d’un
établissement en termes de liquidité, de rentabilité, de solvabilité ou encore d’accroissement non
maîtrisé de ses risques. Il assure ainsi une fonction d’alerte et de prévention et oriente le contrôle sur
place en lui permettant de mieux cibler les zones d’investigation. Il se charge également du suivi de
la mise en œuvre, par les établissements, des recommandations formulées dans les rapports de
contrôle sur place.
Le dispositif de contrôle permanent est organisé selon une optique consolidée de manière à
permettre l’appréhension de la situation des établissements et des risques qu’ils encourent sur une
base globale.
Les informations recueillies auprès des établissements assujettis font l’objet d’analyse sur la base de
procédures précises dont les résultats sont synthétisés sous forme de rapports et servent de base au
processus de notation.
Dans le cadre de la supervision permanente, les équipes dédiées à cette fonction concentrent
l’attention sur la connaissance approfondie des établissements et groupes dont ils ont la charge ainsi
que sur l’appréhension des risques qu’ils encourent et l’évaluation de leur situation financière.
L’analyse des états prudentiels et financiers transmis périodiquement par les établissements de crédit
et les organismes assimilés permet de s’assurer, tout au long de l’année, de leur respect de la
réglementation comptable et prudentielle. L’examen des rapports sur le contrôle interne et des
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
rapports de gestion des établissements ainsi que ceux de leurs commissaires aux comptes apportent
un éclairage complémentaire précieux.
Le processus de surveillance permanente se fonde, en outre, sur les réunions qui se tiennent,
régulièrement avec les responsables des établissements, à différents niveaux hiérarchiques. Ainsi, une
attention particulière a été accordée, au cours de l’année 2006, à l’appréciation des dispositifs de
gestion des risques et du contrôle interne des établissements de crédit, à travers la multiplication des
réunions tenues avec les responsables opérationnels de ces établissements ainsi que les responsables
des fonctions d’audit interne, de contrôle interne et de gestion des risques.
L’accent a également été mis sur les contacts avec les dirigeants des établissements notamment ceux
nécessitant un suivi particulier. Ces réunions ont porté sur l’examen de leurs stratégies de
développement, des problèmes auxquels ils sont confrontés et des mesures à prendre pour le
redressement des insuffisances relevées.
Les réunions ont été étendues aux commissaires aux comptes des établissements de crédit dans le
cadre du renforcement des échanges induit par la nouvelle loi bancaire.
Le contrôle permanent a poursuivi, en outre, son action de suivi rapproché des plans de redressement
de quelques établissements de crédit.
L’année 2006 a été marquée par la mise en œuvre d’un premier exercice de notation, sur la base de
SANEC, pour un échantillon de cinq banques.
Le contrôle sur place est organisé sur la base d’un programme annuel motivé par la nécessité de
procéder à des évaluations régulières au sein de chaque établissement selon une périodicité moyenne
de 2 à 5 ans. Le programme est susceptible de modifications en cours d’année, en cas de détection,
par le contrôle permanent, de faiblesses préoccupantes au sein d’un ou plusieurs établissements.
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le contrôle sur place complète le contrôle permanent en procédant à des investigations ciblées avec
pour objectif d’apprécier la sincérité des informations financières et prudentielles communiquées, le
respect de la réglementation prudentielle, l’adéquation du dispositif de contrôle interne et de gestion
des risques, la gouvernance ainsi que les perspectives des établissements de crédit et leurs choix
stratégiques.
Les conclusions des missions de contrôle sur place ainsi que les recommandations y afférentes sont
consignées dans des rapports qui sont transmis aux dirigeants des établissements.
Au cours de l’année 2006, 16 missions de contrôle sur place ont été diligentées, dont 11 à caractère
général, 2 missions de vérification et 3 enquêtes transversales.
Les missions à caractère général ont notamment porté sur l’appréciation de la gouvernance,
l’évaluation du contrôle interne et de la qualité des actifs ainsi que l’examen de la comptabilité et du
système d’information. Quatre d’entre elles ont concerné des établissements nouvellement assujettis
aux dispositions de la loi bancaire en l’occurrence deux banques offshore et deux associations de
micro-crédit.
Les activités de marché des banques ont fait l’objet d’une vigilance particulière, en vue de s’assurer
de la pertinence des dispositifs de suivi et de contrôle des risques mis en place.
Les missions de vérification ont, quant à elles, été diligentées en vue de s’assurer du suivi des
recommandations émises lors de précédentes missions de contrôle sur place et ont concerné deux banques.
S’agissant des enquêtes transversales, elles ont porté sur les relations des établissements de crédit
avec leur clientèle notamment la tarification des services bancaires, sur les incidents de paiement ainsi
que sur les aspects liés au devoir de vigilance.
Les principales recommandations formulées au cours de l’année 2006 dans le cadre du processus de
supervision ont porté sur le renforcement de la gouvernance et du dispositif de contrôle interne, la
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PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
classification des créances en souffrance et leur couverture par des provisions adéquates,
l’amélioration des systèmes d’information, la régularisation des anomalies comptables, l’apurement
des suspens et l’amélioration des pratiques de transparence dans les relations avec la clientèle.
Le non respect de ces recommandations est passible de sanctions pécuniaires et/ou disciplinaires. Au
cours de ces dernières années, plusieurs établissements de crédit ont fait l’objet de sanctions
notamment pour le non respect des règles prudentielles, des délais de transmission de leurs reporting
et des dispositions relatives à l’affichage des conditions bancaires.
Le Comité des établissements de crédit (CEC), instance consultative instituée par la loi bancaire,
donne son avis, au Gouverneur de Bank Al-Maghrib, sur toutes questions, à caractère général ou
individuel, ayant trait à l’activité des établissements de crédit. Il peut, également, mener toutes études
portant sur l’activité des établissements de crédit et notamment sur leurs rapports avec la clientèle et
l’information du public. Ces études peuvent donner lieu à des circulaires ou recommandations du
Gouverneur de Bank Al-Maghrib.
Le Comité est composé de huit membres représentant, à part égale, le Ministère chargé des finances,
Bank Al-Maghrib, le Groupement Professionnel des Banques du Maroc et l’Association
Professionnelle des Sociétés de Financement. Sa présidence est assurée par le Gouverneur de Bank
Al-Maghrib.
Lorsque le Comité est saisi de questions intéressant les établissements de crédit à titre individuel, sa
composition est restreinte aux seuls représentants de Bank Al-Maghrib et du Ministère chargé des
finances. Le secrétariat du CEC est assuré par Bank Al-Maghrib.
Au cours de l’année 2006, le Comité des établissements de crédit a tenu deux réunions
respectivement, en janvier et novembre.
49
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Lors de sa réunion de janvier, tenue sous l’égide de la loi bancaire de 1993, le Comité a émis un avis
favorable sur deux demandes d’agrément relatives l’une au changement de contrôle d’une banque
et l’autre à la création d’une nouvelle banque. Il a également émis un avis sur la demande formulée
par une banque en vue de prendre, conjointement avec un partenaire étranger, le contrôle d’une
banque tunisienne.
La réunion de novembre a constitué la première réunion du Comité dans le cadre de la nouvelle loi
bancaire.
Ainsi, le Comité, sous sa forme restreinte, a émis un avis favorable sur la demande d’agrément d’une
société de financement spécialisée dans le financement des associations de micro-crédit et sur les
demandes formulées par deux banques en vue de la création de filiales bancaires en Algérie.
Un avis favorable a également été émis par ce Comité sur les projets d’arrêtés du Ministre des
finances et de la privatisation relatifs aux conditions spécifiques d’application de certaines
dispositions de la loi bancaire aux entités nouvellement assujetties au contrôle de la Banque centrale,
à savoir : la Caisse de Dépôt et de Gestion, les services financiers de Barid Al-Maghrib, la Caisse
Centrale de Garantie, les associations de micro-crédit et les banques offshore.
• les projets de circulaires de Bank Al-Maghrib précisant les modalités d’application des dispositions
de la loi bancaire relatives au capital minimum des établissements de crédit, au coefficient
minimum de liquidité et aux conditions de prises de participation, par les établissements de crédit,
dans des entreprises existantes ou en création ;
• les projets de circulaires de Bank Al-Maghrib relatives aux modalités de calcul des fonds propres
prudentiels des établissements de crédit, du coefficient de solvabilité et des exigences en fonds
propres au titre des risques de crédit, de marché et opérationnels ;
50
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
• les projets de circulaires de Bank Al-Maghrib précisant les modalités d’approbation des
commissaires aux comptes des établissements de crédit et les modalités de notification à Bank Al-
Maghrib des changements affectant la composition de leurs organes d’administration, de direction
ou de gestion des établissements de crédit ;
• les projets de circulaires de Bank Al-Maghrib relatives aux modalités de financement, de gestion et
d’intervention du Fonds Collectif de Garantie des Dépôts, aux modalités selon lesquelles les
établissements de crédit doivent porter à la connaissance du public les conditions qu’ils
appliquent à leurs opérations, aux modalités d’établissement des relevés de comptes de dépôts
bancaires ;
• deux projets d’arrêtés du Ministre des finances et de la privatisation fixant respectivement le seuil
des comptes en déshérence et les conditions d’exercice de l’activité d’intermédiation en matière
de transfert de fonds ;
• les statuts des associations professionnelles des banques et des sociétés de financement, tels que
modifiés en vue de leur mise en conformité avec les dispositions de la loi bancaire.
La Commission de discipline des établissements de crédit est une instance consultative chargée de
donner un avis au Gouverneur de Bank Al-Maghrib sur toutes les questions susceptibles de donner
lieu à des sanctions disciplinaires à l’encontre des établissements qui enfreignent les dispositions
légales et réglementaires.
Elle est constituée de deux représentants de Bank Al-Maghrib, dont le Directeur général en qualité
de président, ainsi que de deux représentants du Ministère chargé des finances et deux magistrats.
Cette nouvelle composition se distingue par l’adjonction d’un deuxième magistrat en vue notamment
de garantir un bon déroulement de la procédure et une plus grande protection des droits de la
51
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
défense. Le secrétariat de la Commission de discipline des établissements de crédit est assuré par
Bank Al-Maghrib.
La première réunion de la Commission de discipline, dans le cadre de la nouvelle loi bancaire, tenue
en janvier 2007, a été consacrée à l’examen de son règlement intérieur en vue de son adoption et
du projet de circulaire relative aux sanctions pécuniaires applicables aux établissements de crédit, sur
lequel elle a émis un avis favorable.
La Commission par le passé et depuis sa première réunion en 2001, a instruit trois dossiers
disciplinaires et formulé des avis à la demande du Gouverneur de Bank Al-Maghrib qui ont donné
lieu à des retraits d’agrément aux établissements de crédit concernés.
Instituée par la nouvelle loi bancaire, la Commission de coordination des organes de supervision du
secteur financier, composée de Bank Al-Maghrib, de l’administration chargée du contrôle des
entreprises d’assurances et de réassurance et du Conseil déontologique des valeurs mobilières, a pour
objet notamment de coordonner les actions des instances précitées en matière de supervision des
établissements soumis à leurs contrôles respectifs. Ses membres peuvent procéder, entre eux, à tout
échange de renseignements sur leurs activités de supervision ainsi que les établissements soumis à
leur contrôle. Son secrétariat est assuré par Bank Al-Maghrib.
52
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
contrôles effectués, par leur soin ou par les commissaires aux comptes ou des auditeurs externes, au
sein de ces institutions et se concerter sur l’opportunité d’organiser des contrôles simultanés.
6 - COOPÉRATION INTERNATIONALE
Aux termes de cette convention, les deux autorités peuvent notamment s’échanger mutuellement
des informations à caractère prudentiel sur les établissements de crédit assujettis à leurs contrôles
respectifs. Elles peuvent également conduire des missions de contrôle conjointes de ces
établissements tant au Maroc qu’en France. Cette convention prévoit aussi un volet « formation et
échange d’expériences en matière de supervision bancaire ».
Bank Al-Maghrib a également pris part aux travaux du groupe des superviseurs bancaires des pays
francophones. Ce groupe, dont Bank Al-Maghrib a assuré la présidence durant les deux premières
années de sa création, constitue un forum pour l’échange des expériences et des idées sur toutes les
questions importantes en relation avec la supervision bancaire et en particulier la mise en œuvre de
Bâle II. Elle a, d’autre part, participé aux travaux du comité des superviseurs des banques arabes, dont
le secrétariat est assuré par le Fonds Monétaire Arabe.
Bank Al-Maghrib a adhéré en 2005 à l’International Association of Deposit Insurers (IADI), association
instituée en 2002 en vue de promouvoir la coopération internationale dans le domaine de la garantie
des dépôts et de favoriser le partage d’expériences dans ce domaine. Elle est également devenue, au
cours de 2006, membre observateur de l’Islamic Financial Services Board (IFSB) qui est chargé
d’édicter les règles prudentielles applicables aux institutions financières islamiques.
53
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les travaux relatifs à la mise en place de Bâle II se sont poursuivis, durant l’année 2006, en
concertation avec la profession bancaire. Plusieurs réunions ont été ainsi tenues, tant dans le cadre
des commissions mixtes Bank Al-Maghrib/GPBM qu’en bilatéral avec les banques, pour clarifier et
expliquer certains aspects du nouveau dispositif, examiner les difficultés pratiques de mise en œuvre
et finaliser les textes devant régir ce dispositif.
Ces travaux ont donné lieu à l’édiction des circulaires relatives aux modalités de calcul des fonds
propres et des risques relevant du pilier 1.
Les états de reporting Bâle I (intégrant les risques de marché) et Bâle II, devant constituer le canevas
pour les déclarations semestrielles des banques, ont également été élaborés. Ainsi, les premières
déclarations sur la base des nouveaux états de reporting Bâle I seront effectuées sur la base des
comptes arrêtés au 31 décembre 2006. Quant aux déclarations relatives à Bâle II, elles font l’objet
d’un test sur la base des données arrêtées au 31 décembre 2006, la première déclaration à Bank
Al-Maghrib devant se faire sur la base des chiffres arrêtés à fin juin 2007.
Parallèlement et dans le cadre de la mise en œuvre du pilier 2, Bank Al Maghrib a édicté 3 directives
relatives aux dispositifs de gestion des risques opérationnels, de taux d’intérêt et de liquidité.
L’application de ces directives est de nature à améliorer la qualité de la gestion de ces risques et d’en
réduire l’impact. Elle devra également permettre aux banques marocaines de se conformer
progressivement aux standards internationaux et de mettre en place des systèmes appropriés pour la
gestion et la prévention contre les vulnérabilités associées à ces risques. De même, elle permettra à
Bank Al-Maghrib de disposer d’informations essentielles pour estimer et évaluer les risques encourus
par les banques.
Bank Al-Maghrib a également entamé la refonte des dispositions de la circulaire sur le contrôle
interne, en vue de son harmonisation avec les dispositions de Bâle II et la nouvelle version des 25
principes du Comité de Bâle ainsi que les meilleures pratiques au niveau international.
54
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Ella a aussi entrepris l’élaboration de directives relatives à la gestion des risques de taux d’intérêt et
de liquidité, à la lumière des conclusions des études d’impact menées auprès des banques et en
tenant compte des normes édictées en la matière par le Comité de Bâle.
Pour compléter la mise en œuvre du pilier 2, des questionnaires portant sur la gouvernance, le risque
de concentration de crédit et le risque de non-conformité ont été transmis aux banques en vue de
disposer d’un état des lieux des pratiques de la profession en la matière. Il est, d’autre part, prévu
d’élaborer des directives qui régiront les autres aspects liés à ce pilier, en particulier, les processus
d’évaluation de l’adéquation des fonds propres internes (ICAAP), la gestion des risques liés aux
instruments dérivés et les plans de continuité d’activité.
S’agissant du pilier 3, Bank Al-Maghrib a mis en consultation, dans le cadre de la commission mixte
Bank Al-Maghrib/GPBM, un projet de directive définissant les informations devant être publiées par
les établissements de crédit. Ce texte comporte des informations tant qualitatives que quantitatives,
portant sur la structure des fonds propres, les expositions aux différents risques, les procédures de
gestion de ces risques et l’adéquation des fonds propres. Dans ce cadre, une étude d’impact de
l’application du pilier 3 a été effectuée par Bank Al-Maghrib auprès des banques.
Dans le cadre des travaux menés pour la transposition au secteur bancaire des normes comptables
internationales IAS/IFRS, dont l’entrée en vigueur est prévue pour janvier 2008, Bank Al-Maghrib a
poursuivi le processus de concertation avec les banques pour la refonte du cadre comptable des
comptes consolidés et la convergence, vers le référentiel de l’IASB, de certaines règles d’évaluation
applicables aux comptes sociaux. Ces travaux ont abouti en 2007.
Des ateliers ont été organisés pour examiner les problématiques de mise en œuvre des normes
IAS/IFRS soulevées par les banques et, plus spécifiquement, celles liées à la norme IAS 39, relative à
la comptabilisation et l’évaluation des instruments financiers.
55
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Dans ce cadre, les banques ont été sensibilisées quant à l’importance du rôle du contrôle interne et
des commissaires aux comptes pour la réussite de la transition vers les normes IAS/IFRS et la nécessité
de mettre les procédures comptables et de consolidation en conformité avec ces normes et de
documenter les travaux d’arrêté des comptes consolidés.
Une étude d’impact menée auprès des six principales banques fait ressortir, selon les estimations
préliminaires, que l’incidence des normes IAS/IFRS sur les capitaux propres consolidés arrêtés au 31
décembre 2005 est globalement faible, et que les impacts par rubriques du bilan diffèrent, quant à
leur importance, d’une banque à l’autre. Les impacts les plus élevés concernent les dépréciations des
créances, les engagements envers le personnel, l’évaluation à la juste valeur du portefeuille de titres,
le périmètre de consolidation, les amortissements et les provisions. L’incidence négative des deux
premiers éléments a été globalement compensée par l’impact positif des autres éléments.
Par ailleurs, la réflexion a été engagée par Bank Al-Maghrib pour la mise en place de filtres
prudentiels en vue de neutraliser les impacts liés à l’application des normes IAS/IFRS sur les comptes
consolidés. La mise en place de ces filtres vise à atténuer la volatilité résultant, notamment, de
l’évaluation à la juste valeur des éléments jugés difficilement négociables ou des opérations gérées
dans le cadre d’une optique de long terme avant de les inclure dans le calcul des fonds propres
prudentiels.
Le montant des contributions des établissements de crédit adhérents au fonds, au titre de l’exercice
2006, a atteint 778,8 millions de dirhams, en hausse de 14,5% par rapport à l’année dernière et ce,
en relation avec la forte hausse enregistrée par l’encours des dépôts recueillis par les banques.
Les ressources globales du Fonds se sont ainsi élevées, à fin décembre 2006, à 5,4 milliards de
dirhams, dont 82,5% sous forme de contributions des établissements adhérents.
56
PARTIE 1 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les placements des fonds continuent à être dominés par les bons du Trésor pour un montant de 4,1
milliards de dirhams et par les opérations de pension pour un montant d’un milliard de dirhams.
Le FCGD a réalisé, au titre de l’année 2006, un bénéfice net de 160,2 millions de dirhams, soit une
hausse de 13% d’une année à l’autre. Cette progression est imputable, en particulier, à
l’encaissement des coupons des placements à moyen et long terme et des placements sous forme de
pension.
Le montant de l’impôt sur les sociétés à payer, au titre de 2006, s’est élevé à 86,3 millions de dirhams
contre 77 millions un an auparavant.
Durant l’année 2006, la Direction de la Supervision Bancaire a instruit 234 réclamations et demandes
de renseignements contre 179 en 2005, soit une augmentation de 31%.
Elle a également traité 56 demandes émanant des autorités judiciaires portant notamment sur le
droit de communication et la demande d’assistance en matière de gel des avoirs appartenant à des
personnes faisant l’objet d’une procédure judiciaire pénale.
Les réclamations instruites ont porté particulièrement sur les litiges relatifs à l’ouverture et au
fonctionnement des comptes, les problèmes liés aux moyens de paiement et la tarification des
services bancaires.
57
PARTIE 2
Le périmètre de la supervision bancaire exercée par Bank Al-Maghrib s’est élargi à de nouvelles
institutions financières notamment les banques offshore et les associations de micro-crédit et ce,
suite à la promulgation de la nouvelle loi bancaire.
Le processus de concentration bancaire, en cours depuis quelques années, s’est traduit par une
diminution du nombre des établissements de crédit (banques et sociétés de financement), qui s’est
établi, à fin 2006, à 52 unités. Au cours de cette année, il a été procédé au retrait d’agrément à une
banque et à l’octroi de l’autorisation d’exercer à une nouvelle qui est venue renforcer les
établissements spécialisés dans les activités de marché.
* dont le Crédit Populaire du Maroc qui comprend la Banque Centrale Populaire et 11 Banques Populaires Régionales.
61
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le nombre de sociétés de financement, demeurant également stable d’une année à l’autre, s’est
élevé à 36 établissements contre 49 en 2002.
L’actionnariat étranger a continué à être majoritaire dans 5 banques et est demeuré significatif dans
4 autres établissements. Pour sa part, l’actionnariat public était majoritaire dans 5 banques.
Le contrôle, par des intérêts étrangers, des sociétés de financement a concerné 8 établissements, tout
en restant significatif dans 3 autres. De son côté, l’actionnariat public, a continué à être majoritaire
dans 3 sociétés et est demeuré significatif dans 4 autres.
Treize établissements de crédit étaient côtés en bourse, à fin 2006, dont 6 banques et ont représenté
en total près de 27% de la capitalisation boursière.
1.3 - LES BANQUES ONT INTENSIFIÉ L’ÉLARGISSEMENT DE LEUR RÉSEAU ET DE LEURS SERVICES
4200 8800
4131
Les banques ont élargi leur réseau de 8532 8600
8426
4000 8400
manière significative, durant l’année 3896
8100 8200
3800
2006, en procédant à l’ouverture de 3686 8000
7700 7800
224 guichets permanents. Le nombre de 3600 3571
3473 7600
ces guichets s’est ainsi élevé à 2447, en 7300 7400
3400
7200
accroissement de 10%.
3200 7000
Elles ont compté, dans la zone offshore, 6800
3000 6600
5 filiales et une succursale, sans 2002 2003 2004 2005 2006
changement par rapport à 2005. Nombre de guichets des banques et de Barid Al-Maghrib
Nombre d'habitants par guichet
62
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Compte tenu du réseau de Barid Al-Maghrib, qui était constitué de 1684 guichets, à la fin de l’année
sous revue, la densité bancaire s’est améliorée à 7300 habitants par guichet contre 7700 en 2005 et
8700 en 2000. Parallèlement, le nombre total de comptes ouverts auprès des banques et de Barid
Al-Maghrib s’est accru, d’une année à l’autre, d’environ un million pour s’établir à 11 millions de
comptes portant ainsi le taux de bancarisation à 37% au lieu de 34% un an auparavant.
Le nombre de cartes bancaires (y compris celles émises par Barid Al-Maghrib) s’est chiffré à
3,5 millions, en hausse de 23%. Pour sa part, le nombre de guichets automatiques a atteint 2 760,
en augmentation de 627 unités.
Sur le plan national, l’implantation bancaire est plus prononcée dans les régions enregistrant une
activité économique notable ou une présence importante de la communauté des Marocains Résidant
à l’Etranger (MRE).
Ainsi, la région du Grand Casablanca continue à enregistrer la densité la plus forte, avec un guichet
pour 4 247 habitants, suivie de la région de l’Oriental et de Rabat Zemmour Zaer qui ont disposé d’un
guichet pour, respectivement, 5 957 et 6 448 habitants. La densité la plus faible, avec un guichet
pour 12 478 habitants, est revenue à la région de Doukkala Abda.
Sur le plan international, les banques ont continué à exploiter et étudier les opportunités de
déploiement à l’international, en particulier dans le pourtour méditerranéen et en Afrique. L’examen
de la typologie des implantations, révèle que le choix des implantations est généralement dicté par
le besoin de s’adapter aux changements de l’environnement réglementaire dans les pays à forte
affluence de MRE, mais obéit également à une stratégie visant à se positionner dans les marchés
porteurs. Elles ont disposé, à fin 2006, de 8 filiales, 10 agences et 64 bureaux de représentation.
63
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Suite à la reprise amorcée, en 2004, la politique de recrutement des banques a été plus soutenue,
durant l’année 2006. L’effectif total s’est ainsi accru d’une année à l’autre de 5,7%, à 25 686 agents.
Cette progression s’explique d’une part par
l’engagement des banques dans de Graphique 2 : Evolution de l'effectif des banques
64
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Analysée à travers la proportion du total-actif, des dépôts collectés et des crédits distribués, la
concentration bancaire est demeurée plus ou moins stable d’une année à l’autre.
83,2 82,8
Le niveau de concentration, en termes de 82,0
68,2 66,8 67,6
dépôts, en légère hausse, de 0,8 point, est
resté relativement élevé. Il s’est établi à
67,6% pour les trois premières banques et à
82,8% pour les cinq premières.
2004 2005 2006
65
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
73,5 75,6
71,0
La part des trois premières banques dans la 54,1 56,7
52,4
distribution des crédits s’est renforcée de
2,6 points à 56,7%, celle des cinq premières
s’est appréciée de 2,1 points à 75,6%.
2004 2005 2006
50,7% 54,8%
61,5%
66,7%
21,7%
25,8%
23,9%
20,9%
27,6%
14,6% 12,4% 19,4%
Les banques à capital privé majoritairement marocain ont disposé de 61,5% des guichets bancaires
et ont concentré 50,7% du total-actif, 66,7% des dépôts et 54,8% des crédits. Les banques à capital
majoritairement étranger ont disposé de 23,9% du réseau bancaire, 21,7% du total-actif, 20,9% des
dépôts et 25,8% des crédits distribués. Les banques à capital majoritairement public, de leur côté,
ont concentré 14,6% des guichets bancaires, 27,6% du total-actif, 12,4% des dépôts et 19,4% des
crédits.
66
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
1 L’indice Herfindahl-Hirshman additionne les puissances carrées des parts de marché des banques. Il se situe entre 0 et 1. Une valeur inférieure à 0,10
témoigne d’un marché peu concentré, comprise entre 0,10 et 0,18 d’un marché modérément concentré et supérieure à 0,18 d’un marché fortement
concentré.
67
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’examen des indicateurs de la concentration de l’activité bancaire sur base consolidée ne fait pas
ressortir d’écarts significatifs avec ceux établis sur base individuelle. Ainsi, les 3 premières banques
ont concentré 64% du total-actif et 57% des crédits. Pour les 5 premières banques, ces proportions
ressortaient à 81% pour le total-actif et à 77% pour les crédits.
Crédits à l’équipement
Crédits à la
et de trésorerie aux Crédit immobilliers
consommation
entreprises
2004 2005 2006 2004 2005 2006 2004 2005 2006
Les 3 premières banques 57 58 58 56 55 57 69 66 65
La répartition des crédits en fonction de leur objet montre que la concentration est plus prononcée,
au niveau du crédit à la consommation. Ainsi, les 3 premières banques détenaient 65% de ce type
de concours, alors que les 5 premiers établissements ont concentré 84%. Pour les crédits à
l’équipement et de trésorerie aux entreprises, la proportion des 3 et 5 premières banques s’est située
respectivement à 58% et à 79%.
68
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
2.1 - L’ACTIVITÉ DES BANQUES A CONNU UNE ÉVOLUTION SOUTENUE PORTÉE PAR LA
PROGRESSION DES CRÉDITS ET DES DÉPÔTS
L’activité des banques a enregistré un essor substantiel, porté par une conjoncture économique
favorable.
Les développements qui suivent traitent uniquement des activités des banques exercées au Maroc,
celles effectuées à l’étranger à travers leurs succursales et agences ne dépassant pas 0,5% du total
bilan des établissements bancaires.
Après avoir progressé de 10,8% en 2005, le total-actif des banques s’est accru de 18,1%, à
538,2 milliards de dirhams, soit un rythme plus élevé que celui du PIB nominal. Cette importante
hausse trouve son origine dans la progression soutenue des créances sur la clientèle et sur les
établissements de crédit et assimilés.
Créances sur les établissements de crédit et assimilés 2 82 759 97 915 119 248 21,8
Créances sur la clientèle 200 121 225 215 276 256 22,7
69
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
[Link] - Les créances sur les établissements de crédit et assimilés ont enregistré une hausse notable
Au 31 décembre 2006, les créances sur les établissements de crédit et assimilés se sont inscrites en
hausse de 21,8% à 119,2 milliards de dirhams. Cette expansion est attribuable à la progression des
prêts aux sociétés de financement, dont l’activité a connu une évolution substantielle et des
opérations interbancaires libellées aussi bien en monnaie nationale qu’en devises.
Les avoirs auprès de la Banque centrale se sont élevés à 48,3 milliards de dirhams, dont 44,3 milliards
au titre de la réserve monétaire, le minimum requis au titre de cette réserve s’étant accru de
5 milliards, marquant la hausse la plus conséquente depuis 2004, sous l’effet d’une base de dépôts
plus importante. Le reliquat de ce solde est constitué des sommes liées aux reprises de liquidité.
Les emplois interbancaires libellés en monnaie nationale se sont établis à 11,9 milliards, en hausse de
60% en liaison avec la progression des prêts de trésorerie de 169% à 5,6 milliards et des prêts
financiers de 186% à 5,2 milliards. En revanche, les valeurs reçues en pension ont accusé une baisse
de 60% à 807 millions de dirhams.
L’encours des créances libellées en monnaies étrangères s’est chiffré à 27,6 milliards, soit une hausse
de 34%. Il a représenté 23,2% de l’encours global des créances sur les établissements de crédit et
70
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
assimilés. Cette évolution laisse montrer que les banques continuent à diversifier leurs placements,
tout en restant, dans les limites réglementaires des positions de change.
[Link] - L’encours global des crédits à la clientèle a progressé à un rythme inégalé depuis la levée de
l’encadrement de crédit
L’encours brut des crédits par décaissement à la clientèle s’est inscrit en hausse de 17% à
299,3 milliards, contre 12,3% l’exercice précédent. Compte tenu d’une progression similaire des
dépôts, le coefficient d’emploi1 est demeuré sans changement d’une année à l’autre, soit 75%.
La part des crédits à court terme, Graphique 12 : Répartition des crédits par décaissement
en fonction de leur terme
consentis à la clientèle et aux sociétés de
Crédits à long terme Créances en souffrance
financement, a atteint 42,2%, en 25,8% 10,9%
La part des créances en souffrance a baissé de 4,8 points à 10,9%. Leur couverture par les provisions
s’est améliorée de 4 points à 71%.
1 Le coefficient d’emploi correspond au rapport entre l’encours des crédits à la clientèle et aux sociétés de financement et le total des dépôts
de la clientèle.
71
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
La répartition sectorielle des crédits bancaires a dégagé, comme le montre le graphique n°13 ci-
après, un portefeuille de crédits assez diversifié à l’instar des années précédentes.
Industries de transformation
Ménages
19,6%
27,1% Bâtiment et travaux publics
7,3%
Autres secteurs
Activités financières 13,4%
11,7%
Secteur primaire
Commerce, réparations
automobiles et d'articles domestiques 6,6%
6,7% Transports et Hôtels et restaurants
communications 2,2%
5,4%
Le secteur des industries de transformation a bénéficié d’un encours de crédits de 64,2 milliards de
dirhams, en hausse de 13,7%, sa part dans le total des crédits s’étant maintenue aux alentours de
20%.
Le secteur des transports et communications a disposé d’un encours de 17,5 milliards, en hausse de
35,2%, représentant ainsi 5,4% de l’encours global des crédits contre 4,7% en 2005.
Le secteur des activités financières, dominées par celles des sociétés de financement, a disposé d’un
encours de 38,4 milliards de dirhams, en hausse de 36,3%, soit une part de 11,7% contre 10,1%
un an auparavant.
Les concours octroyés aux entreprises relevant du secteur des hôtels et restaurants ont chuté de
12,6% à 7,3 milliards. Il en est résulté une part en baisse de 0,8 point à 2,2% et ce, suite notamment
à des opérations de récupération de créances en souffrance.
72
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’encours des crédits en faveur des ménages a atteint 88,8 milliards de dirhams, en hausse de 18%
d’une année à l’autre, totalisant ainsi une part de 27%.
[Link] - Le portefeuille titres a été stimulé par la hausse des opérations sur les titres d’OPCVM
Le portefeuille titres des banques s’est renforcé, bien que la part des bons du Trésor ait poursuivi son
trend baissier.
Variation
2004 2005 2006 2006/2005
en %
Total du portefeuille titres 107 118 110 148 117 359 6,5
L’encours global du portefeuille titres a augmenté de 6,5% à 117,4 milliards de dirhams, soit 21,6%
des emplois nets des banques (23,9% en 2005). Cette évolution a résulté de la progression du
portefeuille titres de placement et de la baisse des portefeuilles titres d’investissement et de
participation.
Le portefeuille titres de placement, composé de bons du Trésor, des autres titres de créance et des
titres de propriété, s’est apprécié de 21,5% à 63,7 milliards, soit 54% du total du portefeuille titres.
Les bons du Trésor ont reculé, dans la composition des titres de placement, de 71% à 66,6% entre
2005 et 2006. Les autres titres de créance représentaient 8,6% contre 18,3% un an auparavant, en
raison de la conversion de certains titres de créance en prêts. La part des titres de propriété,
composée en majorité de titres d’OPCVM monétaires, s’est renforcée de 13,6 points à 24,8%.
73
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Globalement, le portefeuille des bons du Trésor s’est accru de 2,8% à 79 milliards. Toutefois, sa part
dans le total bilan a été ramenée à 14,7% contre 16,9% en 2005 et 20% en 2000. Le Trésor public,
du fait de l’amélioration de sa situation nette, a, au cours de l’année sous revue, réduit son recours
au marché primaire des bons du Trésor.
Les provisions pour dépréciation des portefeuilles titres sont revenues de 1,2 milliard de dirhams à
786 millions, baisse qui s’explique par le retrait d’agrément à une banque qui enregistrait une part
importante de ce montant.
La structure globale des ressources des banques est restée sans changement par rapport à l’année
précédente. Les dépôts collectés auprès de la clientèle représentaient 81% du total. La part des
dettes envers les établissements de crédit et assimilés et celle des titres de créance émis en ont
représenté, respectivement, 5,6% et 2%.
74
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Dettes envers les établissements de crédit et assimilés 19 053 25 081 30 357 21,0
Les dettes envers les établissements de crédit et assimilés ont progressé de 21% à 30,4 milliards, dont
39% sont représentées par des dettes en devises, en hausse de 33,5% par rapport à 2005.
Les emprunts auprès des banques marocaines se sont appréciés de 68% à 14,9 milliards, dont
7,3 milliards sous forme d’emprunts de trésorerie, 6 milliards d’emprunts financiers et 1,6 milliard de
valeurs données en pension.
[Link] - Les ressources émanant de la clientèle continuent à être dominées par les dépôts non rémunérés
Durant l’année 2006, les banques ont été très actives en matière de collecte de dépôts. Ces derniers
ont atteint 436 milliards de dirhams, en progression de 17,5% contre un taux d’accroissement
moyen de 11%, affiché durant les 5 dernières années. Sur ce total, la part des dépôts non rémunérés,
qui s’est élargie de 7 points, à 57,6%, entre 2000 et 2006, est restée stable par rapport à 2005.
75
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les dépôts en devises se sont élargis de 37,2% à 4,1 milliards. Quant aux dépôts en dirhams
convertibles, ils se sont inscrits en hausse de 19,5% à 10,6 milliards. Ensemble, ils ont constitué près
de 3% du total des dépôts.
La stabilité des dépôts bancaires continue à bénéficier d’une large dispersion des contreparties. En
effet, la structure des ressources, appréhendée par catégorie d’agent économique, est demeurée
dominée par les dépôts des particuliers. La part des dépôts des particuliers hors MRE, totalisant
44,6%, a baissé d’un point d’une année à l’autre.
Dépôts des autres agents économiques Dépôts des particuliers hors MRE
27,7% 44,6%
76
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les dépôts des MRE se sont renforcés, pour leur part, de 10,2% à 96,8 milliards (7,5% en 2005). Ils
sont constitués, à hauteur de 56% de comptes à vue, 40% de comptes à terme et 4% de
comptes d’épargne. Ils ont représenté 22,3% du total des dépôts émanant de la clientèle, en
baisse de 1,4 point par rapport à 2005. Leur part dans les dépôts des particuliers ressortait à 33%,
accusant une baisse d’un point d’une année à l’autre.
Les dépôts en devises et en dirhams convertibles des MRE représentent, ensemble, une part de moins
de 5% du total de leurs dépôts.
Les dépôts des institutions financières se sont accrus de 91% à 23,1 milliards de dirhams. Il en est
résulté une part en accroissement de 2 points à 5,4% d’une année à l’autre.
[Link] - La part des titres de créance émis dans les ressources est restée stable
Bien que leur encours ait enregistré une progression de 26,3%, à 11 milliards de dirhams, les titres
de créance émis n’ont constitué que 2% des ressources des banques. Cette hausse a été stimulée
par la progression de l’encours des certificats de dépôt de 1,5 milliard à 4,7 milliards de dirhams. Les
emprunts obligataires ont, pour leur part, reculé de 24% à 3 milliards. Les autres titres de créance
ont baissé de 4,3% à 3 milliards de dirhams.
A fin 2006, le total des fonds propres comptables des banques, compte tenu des bénéfices non distribués,
se sont inscrits en hausse de 10% à 44 milliards de dirhams, soit 8,2% du total-actif. Cette évolution a
résulté de la restauration des fonds propres de certaines banques et de l’amélioration de la rentabilité.
2.1.3 - A l’instar des éléments du bilan, les opérations de hors bilan ont sensiblement
progressé
Les engagements donnés par les banques se sont chiffrés, à fin 2006, à 87 milliards de dirhams,
en hausse de 17,7% en liaison avec le développement des engagements de financement de 22%
à 32 milliards et des engagements de garantie de 15,3% à 55 milliards.
77
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les engagements reçus d’établissements de crédit ont progressé de 45,4% à 31 milliards de dirhams.
Ils sont constitués d’engagements de financement pour un montant de 1,7 milliard, en baisse de
15% et d’engagements de garantie, dont l’encours est de 29,4 milliards, en hausse de 52%.
Les opérations en devises à l’achat et à la vente ont fortement augmenté, passant de 23 à 49 milliards
de dirhams. Les opérations au comptant ont totalisé 9 milliards, en hausse de 30% et les opérations
à terme ont atteint 40 milliards en accroissement de 147%. Cette progression est attribuable,
notamment, au développement des opérations du commerce extérieur.
Les engagements sur produits dérivés, constitués notamment des options de change, se sont
contractés de 28 % à 3,4 milliards.
Au terme de l’année 2006, la rentabilité des banques s’est sensiblement améliorée. Cette
performance a résulté de l’accroissement soutenu du produit net bancaire (PNB) et de la baisse du
coût du risque, alors que les charges générales d’exploitation (ou frais généraux) se sont accrues à
un rythme plus élevé que celui de l’année dernière.
L’examen des origines de la variation des résultats des banques peut être effectué à travers l’analyse
des différents soldes intermédiaires de gestion.
78
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Graphique 16 : Evolution du PNB, du RBE, du résultat courant et du résultat net des banques (en millions de DH)
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
PNB RBE Résultat courant Résultat net
Le PNB1 des banques, porté par un regain important de l’activité durant l’exercice 2006, s’est inscrit
en hausse de 10,5%, à 22 milliards de dirhams, contre 8,5% en 2005. Cette progression est liée à
la contribution du résultat des opérations de marché et de la marge sur commissions, la marge
d’intérêt en volume s’étant accrue à un rythme moins important que celui de l’année dernière.
1 Le PNB représente la marge dégagée sur l’ensemble des activités bancaires. Il est obtenu en ajoutant à la marge d’intérêt, la marge sur
commissions, le résultat des opérations de marché et le résultat des autres opérations bancaires.
79
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
La marge d’intérêt des banques s’est établie à 16,7 milliards, en hausse de 4,7% contre 8,8% un
an auparavant et sa part dans le PNB a baissé de 80% à 76%.
Le produit d’intérêt net sur les opérations avec la clientèle - composante prépondérante de la marge
d’intérêt - a progressé de 2,7% à 10,9 milliards de dirhams contre 8% en 2005. Cette légère
hausse est imputable à la progression concomitante des intérêts servis sur les dépôts de 16,7% à
5,6 milliards, consécutive à un renchérissement des ressources à terme, et des intérêts perçus sur les
crédits de 7% à 16,4 milliards.
Le produit d’intérêt net sur les opérations avec les établissements de crédit et assimilés s’est apprécié
de 76,2%, à 1,6 milliard de dirhams. Les intérêts perçus sur les prêts bancaires se sont améliorés de
52,2% à 2,4 milliards de dirhams, en relation avec le développement des opérations interbancaires,
des concours aux sociétés de financement et des placements auprès des banques étrangères. Les
intérêts servis sur les emprunts se sont inscrits en hausse de 21,7%, à 852 millions de dirhams.
Pour sa part, le produit d’intérêt net sur les titres de créance a progressé de 11,8% à 4,9 milliards de
dirhams sous l’effet de l’accroissement des intérêts perçus de 12,1% à 5,8 milliards et des intérêts
servis sur les titres de créance émis de 13,7% à 848 millions.
La marge sur commissions, dont la part dans le PNB ressortait à 12,2%, a progressé de 12,3% à
2,7 milliards de dirhams. Les commissions perçues sur prestations de services se sont élevées à
2,7 milliards de dirhams, en hausse de 13%. Cette progression trouve son origine notamment dans
l’accroissement des commissions sur prestations de services de crédits de 53,9% à 299 millions, des
commissions sur moyens de paiement de 11% à 862 millions, des commissions sur fonctionnement
de comptes de 9,6% à 514 millions, des commissions sur opérations sur titres de 149% à 124 millions
et des commissions sur ventes de produits d’assurances de 42,3% à 102 millions de dirhams.
Les commissions sur opérations de change se sont inscrites en hausse de 14,6% à 168 millions de
dirhams et ce, en relation avec le développement des opérations en devises.
80
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le résultat des opérations de marché s’est renforcé de 70% à 2,6 milliards portant ainsi sa part
dans le PNB à 11,7% contre 7,6% en 2005, en relation avec la progression des résultats réalisés sur
titres de placement qui ont triplé pour atteindre 1,5 milliard et des gains sur les opérations de change
qui ont augmenté de 9% à 1,1 milliard de dirhams.
2.2.2 - Le résultat brut d’exploitation des banques a bien progressé, en dépit d’une
hausse plus importante des frais généraux
Le Résultat brut d’exploitation (RBE)1 des banques s’est apprécié de 9,8% à 11,7 milliards, bien que les
charges générales d’exploitation aient augmenté de 7%. Cette hausse, plus importante que celle de
2005, est liée à l’extension du réseau bancaire et aux chantiers structurants engagés par les banques.
14 000 54%
53% 53%
53%
12 000 52%
52%
10 000
51%
50%
8 000 50%
6 000 49%
48%
48%
4 000
47%
2 000
46%
0 45%
2002 2003 2004 2005 2006
Les charges de personnel, en n’augmentant que de 2% à 5,4 milliards, ont vu leur part dans les
charges générales d’exploitation diminuer de 53% à 51%. Les charges externes, représentant une
part de 34,5%, ont atteint 3,7 milliards, soit une hausse de 13,8%. Quant aux impôts et taxes, hors
impôt sur les sociétés, leur montant a progressé de 14,5% pour s’établir à 255,5 millions de dirhams.
Les dotations aux amortissements des immobilisations incorporelles et corporelles se sont inscrites
en hausse de 8%. En conséquence, le coefficient moyen d’exploitation 2 s’est amélioré, à fin 2006,
de 2 points à 48%.
1 Le RBE est obtenu en ajoutant au produit net bancaire les produits non bancaires, déduction faite des charges non bancaires et des charges générales
d’exploitation, y compris les dotations aux amortissements et aux provisions des immobilisations corporelles et incorporelles.
2 Le coefficient moyen d’exploitation correspond au rapport entre les charges générales d’exploitation et le PNB.
81
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
2.2.3 - Le résultat courant et le résultat net des banques se sont sensiblement appréciés
Le résultat courant des banques s’est renforcé de manière notable par rapport à 2005. Il s’est inscrit
en hausse de 54% à 10,2 milliards de dirhams et ce, suite à la baisse significative des dotations nettes
des reprises aux provisions pour créances en souffrance. Ainsi, le coût du risque annuel1 n’a absorbé
que 13,2 % du RBE contre 38,2% l’année dernière.
4 000 50
38,2 40
3 000
29
30
2 000
20
1 000 13,2
10
0 0
2004 2005 2006
Dotations nettes des reprises aux provisions pour créances et engagements par signature en souffrance
Autres dotations nettes des reprises
Total des dotations nettes de reprises aux provisions par rapport au RBE
Le résultat non courant des banques, tout en demeurant négatif, est revenu de 1,9 milliard à
438 millions de dirhams. Leur résultat net cumulé a été multiplié par plus de trois fois pour
atteindre 6,6 milliards de dirhams.
La rentabilité des actifs2 et celle des fonds propres3 des banques se sont établies d’une année à
l’autre, respectivement, à 1,3% contre 0,5 % et à 17,4% contre 6,3%.
1 Le coût annuel du risque correspond au total des dotations nettes des reprises aux provisions.
2 La rentabilité des actifs est égale au rapport entre le résultat net et la moyenne des actifs.
3 La rentabilité des fonds propres est égale au rapport entre le résultat net et les fonds propres.
82
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
La marge globale d’intermédiation1 des banques s’est établie à 3,70%, en accroissement de 9 points
de base d’une année à l’autre. Cette légère hausse est attribuable à la progression tant des
rendements des emplois de 11 points de base à 5,42% que du coût des ressources de 2 points de
base à 1,72%.
Toutefois, cette évolution couvre des situations disparates. La majorité des banques ont vu leur
marge stagner ou baisser de quelques points de base. Tandis que certaines banques, bénéficiant de
l’impact de la récupération de créances importantes qui étaient considérées comme en souffrance,
ont affiché une marge en légère hausse.
8,00
6,50
6,05
6,00 5,56
5,31 5,42
2,00 2,72
2,20 1,92
1,70 1,72
0,00
2002 2003 2004 2005 2006
Taux de rendement des emplois Coût moyen des ressources Marge globale d'intermédiation
Les créances sur la clientèle ont généré un taux de rendement de 6,10%, en baisse de 4 points de
base, tandis que le coût moyen des dépôts a crû de 3 points de base à 1,40%. En conséquence, la
marge d’intérêt sur les opérations avec la clientèle s’est située à 4,70% contre 4,77% en 2005.
La marge bancaire globale2 des banques a enregistré une baisse de 5 points de base à 4,47%. Elle a
été absorbée par les charges générales d’exploitation, d’une année à l’autre, à hauteur de 2,17%
contre 2,26% et par le coût du risque pour 0,31% contre 0,92%.
1 La marge globale d’intermédiation est égale à la différence entre le taux de rendement moyen des emplois et le coût moyen des ressources.
2 La marge bancaire globale est égale au rapport entre le PNB et la moyenne des actifs.
83
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
3.1.1 - Les emplois des sociétés de financement se sont accrus au même rythme que
celui des banques
Les sociétés de financement ont affiché un volume d’activité en progression de 18,3%, à 50 milliards
de dirhams. Elles ont disposé d’un encours de crédit de 52,3 milliards, soit une hausse de 15,9%
après 9,3% enregistrée en 2005.
Les sociétés de crédit à la consommation ont enregistré un total-actif de 26,6 milliards, en hausse
de 14,3% par rapport à 2005. Leur encours brut de crédits s’est inscrit en hausse de 13,8% à
28,4 milliards. Le développement de cette activité a été stimulé par la demande des ménages et
l’élargissement des opérations de location avec option d’achat. L’encours de ces opérations s’est
inscrit en hausse de 41,3% à 6 milliards de dirhams.
Créances sur les établissements de crédit et assimilés 757 634 526 -17,0
84
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Les prêts non affectés, représentant 66% de l’encours global des crédits de ces sociétés, continuent
de constituer la formule la plus utilisée par les ménages.
L’encours des créances en souffrance des sociétés de crédit à la consommation s’est chiffré à
4,3 milliards de dirhams, accusant une baisse de 5% d’une année à l’autre. Il en est résulté un taux
des créances en souffrance de 15,1% contre 18% l’année dernière. Le taux de couverture de ces
créances par les provisions s’est amélioré de 3 points à 88%.
Les sociétés de crédit-bail ont cumulé, à fin 2006, un total-actif de 21,2 milliards de dirhams, en
hausse de 25,1%. Leur encours brut de crédits a atteint 22,2 milliards, en accroissement de 22,9%.
En termes de production, les financements réalisés en 2006 ont augmenté de près de 30% à
10,5 milliards, dont 8,9 milliards ont concerné le crédit-bail mobilier.
Variation
Rubriques de l’actif 1
2004 2005 2006 2006/2005
en %
85
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
8000
équipements industriels à concurrence de
6000
20%1 et des équipements bureautiques et
4000
divers équipements à hauteur de 20%1. 2000
0
2003 2004 2005 2006
L’étendue du crédit-bail immobilier est Crédit-bail mobilier Crédit-bail immobilier
L’encours des créances en souffrance de ces sociétés s’est élevé à 1,6 milliard de dirhams,
provisionnées à hauteur de 92%. Le taux des créances en souffrance ressortait ainsi à 7,2% contre
8,6% un an auparavant.
3.1.2 - Les ressources des sociétés de financement ont continué à provenir pour
l’essentiel de l’endettement bancaire
L’endettement bancaire, représentant 64% des ressources de sociétés de financement, est demeuré
la principale source de financement de ce secteur.
Les sociétés de crédit à la consommation, profitant d’une situation marquée par la baisse des
taux d’intérêt, ont continué à se refinancer, pour l’essentiel auprès des banques. Les dettes bancaires
ont représenté ainsi 60% de leurs ressources, avec un encours de 16 milliards de dirhams, en hausse
de 17% par rapport à 2005. En revanche, l’encours des titres de créance émis a poursuivi sa tendance
baissière pour s’établir à 3,4 milliards.
86
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
S’agissant des fonds propres comptables, hors bénéfices, leur montant s’est inscrit en hausse de
8,1%, à 2,9 milliards de dirhams, soit 10,7% du total-actif.
Les sociétés de crédit-bail ont disposé de ressources constituées par des dettes bancaires à hauteur
de 73%. Ces dernières se sont inscrites en hausse de 36,5%, à 15,4 milliards de dirhams. Les titres
de créance émis, représentant 11%, ont fléchi de 13,1% à 2,3 milliards. Tandis que le montant des
fonds propres s’est renforcé de 10,1% à 1,2 milliard, soit une part de 6% des ressources.
87
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Globalement, les sociétés de financement ont sensiblement amélioré leurs résultats, en raison
notamment du dynamisme de l’activité de crédit, porté par une conjoncture économique et
financière favorable, et de la baisse du coût du risque. Ainsi, leur résultat net s’est accru de 39% à
un milliard de dirhams, lié à un accroissement du produit net bancaire de 16% à 3 milliards et à la
baisse du coût du risque de 27% à 380 millions de dirhams.
2000
1500
1000
500
0
PNB Frais généraux Coût du risque Résultat net
La marge d’intérêt, hors résultat des opérations de location avec option d’achat, représentant 75%
du PNB, s’est renforcée de 2,1% à 1,5 milliard de dirhams et la marge sur commissions, dont la part
n’a pas dépassé 3%, s’est établie à 60 millions, en hausse de 54%.
Les charges générales d’exploitation ont augmenté de 17%, soit un rythme plus important que celui
de l’année dernière, pour atteindre 840 millions de dirhams. Il en est résulté un coefficient moyen
d’exploitation de 40%, sans changement d’une année à l’autre. Le RBE s’est accru, en conséquence,
de 12,5% à 1,4 milliard, contre 20,3% en 2005.
88
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
A la faveur d’une meilleure sélectivité des risques, les dotations nettes des reprises aux provisions des
sociétés de crédit à la consommation ont baissé de 41% à 226 millions, absorbant 16,5% du RBE
contre 31,5% une année auparavant.
Le résultat net dégagé par ces sociétés s’est chiffré à 693 millions de dirhams, en amélioration
sensible de 40% assurant une rentabilité des fonds propres de 24% contre 18,8% un an auparavant
et une rentabilité des actifs de 2,6% contre 2,1%.
Les sociétés de crédit-bail ont dégagé un PNB, en progression de 25% à 807 millions, en liaison
avec l’expansion de leur activité.
1000
800
600
400
200
0
PNB Frais généraux Coût du risque Résultat net
Leurs charges générales d’exploitation se sont établies à 215 millions de dirhams, en progression de
7,5%, soit le même niveau que celui de l’année dernière, générant ainsi un coefficient moyen
d’exploitation de 27%, en baisse de 3,8 points. Le RBE, en augmentant de 31% à 592 millions de
dirhams, a été absorbé à hauteur de 26,5% par les dotations nettes des reprises aux provisions.
Celles-ci ayant totalisé 157 millions de dirhams.
Au total, le résultat net bénéficiaire s’est établi à 288 millions, en hausse de 32,7% générant une
rentabilité des fonds propres de 24% et une rentabilité des actifs de 1,4%.
89
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Encadré n°3 :
Les banques offshore sont régies par les dispositions de la loi n°58-90 relative aux places
financières offshore. Cette loi prévoit un ensemble de mesures incitatives visant à encourager
les investisseurs étrangers qui souhaitent s’installer au Maroc dans les zones franches
industrielles, créées à cet effet.
Au sens de cette loi, est considérée comme banque offshore, toute personne morale, ayant
son siège social dans une place financière offshore et qui effectue à titre de profession
habituelle et principale des opérations bancaires, en monnaies étrangères convertibles, avec
des non résidents. L’activité des banques offshore a été étendue à certaines opérations
autorisées par la réglementation de changes.
Les banques offshore, qui sont agréées par arrêté du Ministre chargé des Finances, pris après
avis de Bank Al-Maghrib, bénéficient de régimes fiscal et douanier spécifiques avantageux.
Elles sont soumises depuis 2006, en vertu de la loi bancaire, au contrôle de Bank Al-Maghrib.
90
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Graphique 25 : Structure des ressources des banques offshore à fin décembre 2006
Leurs dettes envers les banques,
Dépôts de la clientèle
représentant 88% des ressources, se Dettes bancaires
9%
88% Fonds propres
sont élevées à 10,4 milliards de 2%
dirhams, soit une hausse de 67%. Les
dépôts de la clientèle, dont la part n’a
pas dépassé 9%, se sont chiffrés à un
Autres passifs
milliard de dirhams, en hausse de 1%
80%.
Le résultat net cumulé des banques offshore s’est élevé à près de 69 millions de dirhams, en
progression de près de 9% liée notamment à la contribution du résultat des opérations de change.
Les risques encourus par les banques offshore, dont les fonds propres demeurent faibles, sont portés
par leurs banques-mères.
91
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Encadré n°4 :
La loi 18-97 relative au micro-crédit, telle que modifiée et complétée par la loi 58-03,
considère comme micro-crédit, tout crédit dont l’objet est de permettre à des personnes
économiquement faibles :
Le montant du micro-crédit ne peut excéder 50 000 dirhams. La collecte de l’épargne par les
associations de micro-crédit n’est pas autorisée.
En vertu de la nouvelle loi bancaire n°34-03 promulguée en 2006, ces associations sont
soumises au contrôle de Bank Al-Maghrib.
Les 12 associations opérationnelles, à fin 2006, ont servi 1.104.781 clients actifs, dont plus de 60%
sont des femmes. Leur volume d’activité s’est inscrit en hausse de 134% à 3,9 milliards de dirhams,
dont 96% a été réalisé par 4 associations.
92
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’encours des crédits des AMC s’est établi à 3,5 milliards de dirhams, soit une hausse de 125% par
rapport à 2005. Il a été dominé par les concours aux micro-entrepreneurs à hauteur de 89% et des
prêts à l’habitat et à l’équipement à concurrence de 10%. Les concours à la clientèle sont, à l’instar
des précédents exercices, distribués principalement sous forme de crédits solidaires.
L’encours moyen des crédits par client s’est situé à 2.400 dirhams. Toutefois, pour certaines
associations, cette moyenne a dépassé 4.000 dirhams.
Les créances en souffrance déclarées par les AMC sont restées faibles. Elles ont totalisé 21,6 millions
de dirhams, soit 0,6% du montant total des crédits. Elles sont couvertes par les provisions à hauteur
de 50%. La faiblesse de ces créances semble s’expliquer par la politique de proximité suivie par les
associations à l’égard de la clientèle, mais également par le système de cautionnement solidaire.
Pour financer leur activité, les AMC recourent principalement à l’endettement qui a évolué de 246%
à 2,8 milliards de dirhams, soit 71,6% du total des ressources contre seulement 48,4% un an
auparavant. Les banques marocaines ont participé à hauteur de 60% à cet endettement, le reliquat
étant financé pour l’essentiel par certains organismes internationaux.
Les fonds propres des AMC se sont améliorés de 26,5% à 925,1 millions de dirhams, soit 23,4% du
total des ressources, en relation avec la bonne tenue du résultat bénéficiaire dégagé par le secteur
qui a enregistré une hausse de 85,5% à 186 millions de dirhams.
93
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’examen de l’évolution de l’activité consolidée est effectué à partir des données des bilans de six
groupes bancaires qui intègrent les opérations réalisées par les entités relevant de leur périmètre de
consolidation.
600 000
500 000
400 000
300 000
200 000
100 000
0
2003 2004 2005 2006
A fin 2006, le total bilan consolidé de six groupes bancaires s’est inscrit en hausse de 16,7% à
502 milliards de dirhams contre 17% en 2005, année où le périmètre de consolidation s’était élargi
suite à une opération d’acquisition à l’étranger.
A l’actif, le total des crédits à la clientèle nets de provisions 2 s’est inscrit en hausse de 22%, à
275 milliards contre 23,6% un an auparavant. Au passif, les dépôts de la clientèle ont atteint
391 milliards, marquant une progression de 16% contre 17,5% l’année précédente.
1 Ces méthodes sont définies par le plan comptable des établissements de crédit.
2 Y compris les opérations de crédit-bail.
94
PARTIE 2 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
2003 2004 2005 2006
Le produit net bancaire issu des comptes de résultat sur base consolidée, a évolué de 12,7% à
22 milliards contre 7,9 % en 2005. Cette embellie est liée à l’amélioration de la marge sur
commissions de 25,7% à 3,5 milliards et à la forte appréciation du résultat des opérations de marché
de 60% à 2,3 milliards. Toutefois, la marge d’intérêt, dont la part s’est établie à 73,8% du PNB, n’a
progressé que de 2,9% à 14,8 milliards de dirhams.
Le résultat brut d’exploitation, pour sa part, s’est accru de 10,9% à 12 milliards de dirhams contre
19,3%, enregistrée l’année dernière. Le résultat net bénéficiaire s’est établi à 6,7 milliards, en hausse
de 30,7% d’une année à l’autre.
95
PARTIE 3
Dans le cadre de l’exercice de leur activité, les établissements de crédit sont confrontés à plusieurs
risques de diverses natures pour lesquels ils doivent mettre en œuvre des processus et politiques de
gestion afin d’en assurer la maîtrise et minimiser les pertes. Ainsi, le risque de crédit constitue le
risque fondamental de l’activité bancaire. Il se concrétise par l’insolvabilité des débiteurs qui est
mesurée notamment par le taux des créances en souffrance. Le risque de taux d’intérêt est un autre
risque majeur inhérent à cette activité.
Bank Al-Maghrib, et en cohérence avec les pratiques internationales, s’est dotée de dispositifs de
collecte de données qualitatives et quantitatives sur les risques bancaires afin de lui permettre de
vérifier que ces risques ne remettent pas en cause l’équilibre financier des établissements de crédit et
qu’ils ne revêtent pas globalement un caractère systémique.
Dans ce cadre, les développements qui suivent traitent d’une part, de l’endettement des ménages,
du financement bancaire des PME et des créances en souffrance qui constituent des composantes
importantes du risque de crédit et d’autre part, des dispositifs de gestion et de surveillance du risque
de taux d’intérêt.
99
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Encadré n°5 :
Pour assurer le suivi des différentes composantes du risque de crédit et du risque de taux
d’intérêt, Bank Al-Maghrib réalise, périodiquement, des enquêtes et des études d’impact
auprès des établissements de crédit.
1 - Enquête sur le crédit immobilier : Pour 2006, cette enquête a été effectuée auprès
de dix banques exerçant ce métier. Elle a comporté un questionnaire portant sur
l’évolution des crédits à l’habitat et à la promotion immobilière, sur les caractéristiques
des crédits accordés (durée initiale, taux appliqués, taux variable ou fixe, apport
personnel) ainsi que sur l’évolution des créances en souffrance sur ce segment de crédit.
3 - Enquête sur les conditions d’octroi de crédit : il s’agit d’une enquête annuelle qui a
concerné, en 2006, 7 banques représentant près de 90% du total des crédits distribués.
Les informations demandées ont porté sur l’évolution du crédit, les perspectives
attendues, en la matière, durant le premier semestre de l’exercice 2007, les éléments pris
en considération, par les banques, lors de leurs décisions d’octroi de crédit, les facteurs
qui influent sur la demande de crédit ainsi que les éléments déterminants du taux
d’intérêt.
100
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
4 - Diagnostic de la gestion du risque de taux d’intérêt par les banques : Bank Al-
Maghrib a réalisé, au cours de 2006, une enquête auprès des 6 principales banques, en
vue de collecter des données sur les pratiques adoptées, dans ce domaine, et ce, via un
questionnaire détaillé et complété par des entretiens menés avec ces banques. Elle a
porté sur les grands axes suivants :
- les méthodologies de mesure et d’analyse suivies par la banque ainsi que les limites
mises en place.
6 - Enquête sur les taux d’intérêt débiteurs : elle est menée, trimestriellement, auprès
des banques en vue de suivre l’évolution des taux d’intérêt débiteurs appliqués par nature
de crédit et par catégorie de bénéficiaires.
101
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
I. Risque de crédit
L’endettement des ménages, dynamisé surtout par les crédits à l’habitat, continue à connaître un
essor rapide, en raison des mutations de l’environnement économique, financier et réglementaire.
Sur la base des documents comptables communiqués par les établissements de crédit à Bank Al-
Maghrib, l’encours des crédits aux ménages est estimé à 116 milliards de dirhams à fin 2006, en
hausse de 32,6% par rapport à 2004, représentant 33% de l’encours global des crédits à l’économie.
Les banques ont contribué à hauteur de 76% au financement des ménages, sans changement par
rapport à l’année dernière contre 24% pour les sociétés de financement essentiellement sous forme
de crédit à la consommation.
Graphique 28 : Evolution des crédits sains accordés aux ménages (en milliards de DH)
70
60
50
40
30
20
10
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Le rapport de la dette bancaire des ménages au Revenu National Disponible Brut, à fin 2006, s’est élevé
à 18%, sans changement par rapport à 2005 et en hausse de 2 points par rapport à 2004. Ce ratio
reste largement en deçà des niveaux enregistrés dans plusieurs pays notamment les pays développés.
102
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Le dynamisme du crédit immobilier s’est poursuivi, en 2006, avec un taux de progression plus
prononcé, soit 28% contre 25% en 2005 et seulement 15% en 2004, pour se situer à 73 milliards
de dirhams. La part des crédits immobiliers dans le total des crédits sains a enregistré une hausse de
3 points à 25% entre 2004 et 2006.
Graphique 29 : Evolution des crédits immobiliers par rapport au total des crédits
(en millions de DH)
350000 30%
300000 25%
250000
20%
200000
15%
150000
10%
100000
5%
50000
0 0%
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
L’encours des crédits à l’habitat a atteint 66,5 milliards de dirhams, en progression de 26% contre
15% en 2004. Quant à l’encours des crédits à la promotion immobilière, il s’est élevé à 6,5 milliards
de dirhams, en hausse de 55% d’une année à l’autre. Sa part dans l’encours des crédits immobiliers
s’est renforcée, passant de 7% à 9%.
Il ressort de l’enquête visée dans l’encadré n°5-1 que les banques ont continué, en 2006, à assouplir
leurs conditions d’octroi de crédits, en réduisant leurs exigences en matière d’apport personnel, en
baissant les taux d’intérêt appliqués, en allongeant la durée des prêts et en développant les contrats
à taux variables.
103
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
25000 80000
70000
20000 60000
50000
15000
40000
10000 30000
20000
5000
10000
0 0
2003 2004 2005 2006
Ainsi, la production annuelle des crédits immobiliers s’est établie à 24,4 milliards de dirhams, en
hausse de 40% par rapport à 2005. La production des crédits à l’habitat, représentant 81%, s’est
accrue de 35%.
Les nouveaux prêts encouragés par l’Etat ont représenté 14% du total de la production des crédits
à l’habitat, leur montant s’étant inscrit en hausse de 26% contre 37% pour les autres prêts.
Chez plusieurs banques, la part des crédits à l’habitat faisant l’objet d’un apport personnel inférieur
à 10% est passée de 38% en 2004 à presque 50% en 2006.
58% 56%
25%
19% 17%
14%
6% 5%
2005 2006
104
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Comme le montre le graphique n°31 ci-dessus, on constate un allongement de la durée des crédits.
Ainsi, 56% des crédits à l’habitat ont une durée initiale comprise entre 10 et 20 ans, contre 58%,
une année auparavant. Cette régression a bénéficié aux crédits de durée initiale supérieure à 20 ans
dont la part a représenté 25% contre 17% en 2005. Celle excédant 30 ans demeure insignifiante.
En moyenne, la durée des prêts est passée de 14,6 ans à 15,8 ans entre 2005 et 2006.
Les crédits à l’habitat continuent de bénéficier de la détente des taux. En effet, la part des crédits
assortis de taux d’intérêt entre 6% et 8% s’est hissée à 56% contre 40% en 2005.
De même, les banques distribuent de plus en plus de crédits à taux variable. L’encours de ces derniers
a atteint, en 2006, en moyenne, une part de 42% contre 36% en 2005 et 30% en 2004. La
production (flux de l’année) des crédits à l’habitat assortis de taux d’intérêt variable a représenté
presque 50% au cours de 2006. Les crédits à l’habitat qui bénéficient du soutien des pouvoirs publics
sont tous à taux fixe.
Le coût du risque a continué à reculer. Le taux des créances en souffrance est revenu de 10% en
2005 à 8%. Cependant, la majorité des banques ont affiché des taux inférieurs à ce rapport.
Pour les années à venir, et compte tenu des actions des pouvoirs publics, les ménages devraient
accroître davantage leur endettement bancaire, surtout si les conditions de crédit faites aux nouveaux
emprunteurs restent comparables à celles d’aujourd’hui, d’autant plus que leur taux d’endettement
global reste modéré. Les pouvoirs publics ont intégré dans leur diagnostic et stratégie, en matière
d’habitat, les conséquences de plusieurs années marquées par le déficit de logements construits et
l’insuffisance des moyens financiers des ménages les plus fragiles et les plus modestes, évincés de
l’accès au logement à un prix abordable, en raison de l’insuffisance de l’offre mais également des
financements bancaires.
Toutefois, dans un contexte marqué par l’amplification des prix d’actifs immobiliers et en cas de
retournement de conjoncture notamment une hausse des taux d’intérêt, des vulnérabilités peuvent
apparaître. Dans une telle situation, certaines catégories de ménages bénéficiant de crédit à taux
105
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
variable, pourraient ne pas parvenir à supporter une charge d’intérêt plus importante et ceux désirant
accéder à un crédit bancaire pourrait être dissuadés.
Aussi, il est important que les établissements de crédit mènent une politique vigilante, en matière de
crédit immobilier, afin de préserver l’équilibre de leur situation financière et maîtriser les pertes qui
peuvent en découler.
30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
1 Le crédit à la consommation est retenu, dans son acception large, et comprend les divers crédits de trésorerie aux ménages.
106
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
L’enquête sur le crédit à la consommation visée dans l’encadré n°5-2 a révélé des conclusions qui ne
s’écartent pas de manière significative de celles observées sur les données de 2004.
41%
21%
15%
10% 10% 10% 9% 12% 12%
6% 6%
2004 2006
Ainsi, la répartition des crédits à la consommation en fonction des revenus montre que 65% environ
du nombre total de dossiers de crédits ont concerné les ménages ayant un revenu mensuel inférieur
à 4 000 dirhams contre 62% en 2004.
En termes d’encours, la répartition des crédits selon le revenu indique que les personnes dont le
revenu est inférieur à 4 000 dirhams, concentrent 53% des encours de crédits contre 54% en 2004.
40% 41%
30%
28%
23%
19%
10%
7%
2004 2006
107
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
A l’instar de la ventilation du nombre de dossiers de crédits selon l’âge, la répartition des encours de
crédit selon ce même critère, laisse apparaître une concentration pour les personnes âgées entre 40-
49 ans pour 41% contre 40% en 2004.
Contrairement à certains pays où l’endettement des jeunes tend à être important, les données
semblent indiquer que les ménages marocains recourent, en général, au crédit bancaire une fois le
foyer constitué et qu’un revenu régulier est disponible.
50% 30000
25000
40%
20000
30%
15000
20%
10000
10%
5000
0% 0
108
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
R< à 3000 dhs 3000 <= R< 4000 <= R< 5000 <= R< 7000 <= R< 9000 <= R< R>= 20 000dhs
4000dh 5000dh 7000dh 9000dh 20000dh
2004 2006
La répartition des créances en souffrance selon le revenu a enregistré une hausse de 6 points, pour
la tranche de revenus inférieurs à 3 000 dirhams et un recul de 4 points, pour la tranche de revenus
supérieurs à 20 000 dirhams.
Il en est de même au Maroc, où les pouvoirs publics ont pris une série de mesures visant à renforcer
les ressources financières dédiées aux PME, en mobilisant, en leur faveur, des lignes de crédit à des
taux concessionnels et en mettant en place des fonds de garantie et des structures de conseil et
d’accompagnement.
109
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Encadré n°6 :
La nouvelle réglementation prudentielle de Bank Al-Maghrib que sous tend le dispositif dit
Bâle II, considère comme PME, l’entreprise dont :
- le chiffre d’affaires hors taxes individuel, ou celui du groupe d’intérêt auquel elle appartient,
est supérieur à 3 millions de dirhams et inférieur ou égal à 50 millions de dirhams,
- le chiffre d’affaires hors taxes individuel, ou celui du groupe d’intérêt auquel elle appartient,
est inférieur à 3 millions de dirhams et le montant global des créances que détient
l’établissement de crédit à son égard à titre individuel, ou sur le groupe d’intérêt auquel elle
appartient, est supérieur à 1 million de dirhams.
La toute petite entreprise (TPE) est définie comme toute entreprise, dont le chiffre d’affaires
hors taxe est inférieur ou égal à 3 millions de dirhams, sous condition que le montant des
crédits dont elle bénéficie ne dépasse pas un million de dirhams.
Cependant, sur la période la plus récente caractérisée par une conjoncture économique et financière
favorable, de nouvelles tendances semblent se dessiner et qui montrent une plus grande contribution
du système bancaire au financement des PME.
Ainsi, selon l’enquête visée à l’encadrée n°5-3, l’encours des crédits accordés aux PME s’est inscrit
en hausse de 43% contre 16% un an auparavant. Sa part dans le total des crédits à la clientèle s’est
renforcée en passant de 18% à près de 23%, entre 2005 et 2006. Elle s’est élevée à près de 40%,
contre 32% en 2005, si on ne considère que les prêts aux entreprises non financières.
De plus, les PME ont bénéficié du développement remarquable du secteur du crédit-bail. Les sociétés
de crédit- bail qui comptent dans leur portefeuille, essentiellement des PME, ont multiplié par environ
2,5 fois leur encours de crédits depuis 2000.
110
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
20 000
15 000
10 000
5 000
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
La détente des taux d’intérêt débiteurs a profité également aux PME. Alors qu’il y a quelques années,
ces taux étaient à deux chiffres, les taux pratiqués en 2006 se sont situés, le plus souvent, dans la
fourchette 6,5% - 9%.
L’amélioration des conditions de financement des PME est ainsi corroborée par les enseignements
tirés de la campagne régionale de sensibilisation en faveur des PME qui a été organisée par Bank
Al-Maghrib, en 2006, en partenariat avec plusieurs associations et organismes.
Ainsi, la problématique centrale qu’était le financement de la PME semble céder la place à d’autres
préoccupations telles que le conseil, l’accompagnement pour la réalisation de projets et
l’amélioration des prestations des établissements de crédit. Toutefois, la gouvernance des PME et
l’information financière demeurent des éléments importants quant à la qualité de leur relation avec
les établissements de crédit. C’est pourquoi, les actions de Bank Al-Maghrib, dans ce domaine, visent
essentiellement à favoriser la mutualisation de l’information financière et l’usage de méthodologies
de rating et de scoring par les établissements de crédit ainsi que l’amélioration des pratiques
comptables et d’audit.
Les établissements de crédit doivent, dans ce cadre, et comme cela a été rappelé à plusieurs reprises
par la Banque centrale, placer de manière permanente l’évaluation et la rémunération du risque au
centre de l’étude des dossiers de crédit et recourir à des systèmes de notation robustes et à des outils
statistiques d’aide à la décision.
111
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
A fin 2006, et après avoir atteint un pic en 2004 de 48,1 milliards de dirhams, le niveau des créances
en souffrance a sensiblement reculé pour atteindre 35,6 milliards de dirhams, soit une baisse annuelle
moyenne de 14%. Le rapport entre les créances en souffrance et les crédits par décaissement, en
montants bruts, a baissé à 10,9% en 2006 contre 19,4% en 2004. Parallèlement, le montant des
provisions constituées par les banques a enregistré une baisse annuelle moyenne de 5,7%. En
conséquence, le taux de couverture de ces créances s’est amélioré de 59% à 71%.
L’encours des créances en souffrance de deux banques, qui étaient en restructuration en 2006, a
représenté 39,6% de l’encours global, en baisse annuelle moyenne de 12,7% à 14,1 milliards de
dirhams. Le taux de couverture de leurs créances par les provisions s’est amélioré de 23 points à 64,5%.
50 48,1
43,6
40 35,6
28,5 29,3
30 25,4
20
10
0
2004 2005 2006
112
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Rapportées aux fonds propres comptables, les créances en souffrance nettes de provisions des
banques ont représenté 25,8% contre 62% en 2004.
L’amélioration de ces indicateurs fait suite, entre autres, à l’assainissement des comptes des banques.
Le montant des créances en souffrance radiées, au titre de l’exercice 2006, s’est situé à moins d’un
milliard de dirhams contre 6 milliards en 2005.
Encadré n° 7 :
• Les créances éligibles à cette radiation sont celles ayant déjà fait l’objet d’une provision à
100% et ayant été maintenues pendant une durée minimum de 8 ans au bilan de la
banque;
• les banques doivent poursuivre toutes les voies de recours judiciaires déjà entreprises pour
les créances en souffrance ayant fait l’objet de radiation comptable.
L’examen des déclarations annuelles des banques à la Banque centrale relatives aux créances en
souffrance d’un montant supérieur à 500.000 dirhams renseigne sur la concentration de ces créances.
Elles ont représenté, à fin 2006, 78% de l’encours global des créances en souffrance des banques
contre 75,8% en 2004. Le nombre de débiteurs concernés a reculé de 537 pour s’établir à 8.312.
L’encours moyen, par débiteur, ressortait à 3,3 millions de dirhams contre 3,7 millions de dirhams.
113
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Ainsi, les clients, dont l’endettement unitaire est supérieur à 15 millions de dirhams, au nombre de
288, soit 3,5% de l’ensemble des débiteurs contre 322, ont totalisé un montant de 12,4 milliards de
dirhams, soit l’équivalent de 44,6% du total des créances en souffrance contre 47,4% en 2004. Ce
montant était couvert par des provisions à hauteur de 9,3 milliards de dirhams, soit un rapport moyen
de 75%, contre 53% en 2004.
Les clients dont l’endettement unitaire est compris entre 1 et 15 millions de dirhams étaient au
nombre de 3976, soit 47,8% de l’ensemble des débiteurs, contre 4294. Leurs dettes ont représenté
12,7 milliards de dirhams, soit 45,6% du total des créances en souffrance, contre 43,9% en 2004.
Elles étaient couvertes par des provisions à concurrence de 9 milliards de dirhams, soit un taux moyen
de 71%, contre 68% en 2004.
Les débiteurs dont l’endettement unitaire est compris entre 0,5 et 1 million de dirhams étaient au
nombre de 4048, soit 48,7% de l’ensemble des débiteurs, contre 4233. Leurs dettes ont totalisé
2,7 milliards de dirhams, soit 10% du total des créances en souffrance contre 8,7%. Elles étaient
couvertes par des provisions à hauteur de 1,7 milliard de dirhams, soit un taux moyen de 64,3%
contre 68% en 2004.
114
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Si l’on considère l’ensemble des créances en souffrance, en complétant celles comprises dans les
tranches visées ci-dessus (0,5 à 1 million de dirhams, 1 à 15 millions de dirhams et supérieures à
15 millions de dirhams) par les créances inférieures à 0,5 million de dirhams, la ventilation par tranche
de montant se présente comme suit :
• les créances en souffrance dont le montant unitaire est supérieur à 15 millions de dirhams ont
représenté 34,8% contre 35,8% ;
• celles dont le montant unitaire est compris entre 1 et 15 millions de dirhams ont totalisé 35,6%
contre 33,3% ;
• celles dont le montant unitaire est inférieur à 1 million de dirhams ont représenté 29,6% contre
30,9%.
La tendance à la baisse des créances en souffrance, qui est due essentiellement à l’assainissement des
bilans bancaires, à l’amélioration du recouvrement de ces créances et à la baisse du coût du risque,
devrait se poursuivre pour ces mêmes raisons et compte tenu de la valorisation croissante des actifs
immobiliers.
Dans le cadre de leur activité d’intermédiation, les établissements bancaires sont amenés tout
naturellement à affecter des ressources courtes à des actifs de durée plus longue. Cette activité de
transformation est l’un des facteurs qui détermine la position de taux d’intérêt de ces établissements.
Le risque de taux d’intérêt exprime le risque de perte qui peut être subie par un établissement
bancaire à la suite d’une évolution défavorable des taux d’intérêt.
Le risque de taux d’intérêt, étant l’un des risques majeurs inhérents à l’activité bancaire, le Comité de
Bâle a, dès 1997, émis un ensemble de recommandations, complétées en 2004, visant à assurer une
saine gestion de ce risque. Ces recommandations s’articulent autour de l’implication des organes
115
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Au cours de ces dernières années, le risque de taux d’intérêt a pris une place importante chez les
banques marocaines du fait du développement et de la diversification de l’activité bancaire dans un
cadre concurrentiel accru, de la volatilité des taux sur les marchés et de l’accroissement du risque de
transformation.
Ainsi et en cohérence avec les pratiques internationales, Bank Al-Maghrib a intégré le risque de taux
d’intérêt, dans le cadre de sa surveillance des établissements bancaires.
Le diagnostic visé à l’encadré n°5-4 a révélé que, pour assurer la gestion du risque de taux d’intérêt,
les banques se sont dotées de structures (comités ALCO : Asset Liability Committee) et de fonctions
appropriées (ALM : Asset Liability Management). Les comités d’audit assistent les organes
d’administration pour l’appréciation des dispositifs opérationnels, mais la fonction d’audit interne est
appelée à s’impliquer davantage dans ce processus. La gestion du risque de taux d’intérêt nécessite
des outils informatiques dédiés qui devraient être généralisés.
116
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Encadré n°8 :
MÉTHODOLOGIES DE MESURE DU RISQUE DE TAUX :
De manière générale, l’analyse et l’évaluation du risque de taux d’intérêt peuvent être envisagées
selon deux perspectives distinctes mais complémentaires, à savoir la perspective des bénéfices et
celle de la valeur économique.
1 - Perspective des bénéfices : l’élément central de cette perspective repose sur les répercussions
des modifications de taux d’intérêt sur le PNB. En l’occurrence, il s’agit d’une perspective plutôt
orientée vers le court terme. A titre d’exemple, lorsque, sur l’horizon d’un an, les taux des postes
du passif du bilan d’un établissement sont révisés plus rapidement que ceux de l’actif, une hausse
des taux d’intérêt impacterait négativement le PNB, vu que les coûts des ressources vont s’accroître
en regard des revenus générés par les actifs.
2 - Perspective de la valeur économique (impact sur les fonds propres) : elle se fonde sur les
incidences potentielles des modifications de taux sur la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs
et donc sur la valeur actualisée des positions du bilan et du hors bilan d’un établissement. Les
variations de taux d’intérêt, utilisées dans l’application de la technique de l’actualisation, génèrent
des modifications de la valeur économique des flux de trésorerie futurs. Contrairement à l’effet sur
le PNB qui se réfère à une période d’un an, l’effet sur la valeur économique prend en considération
les impacts cumulés au niveau de la valeur économique du bilan et du hors bilan, en tenant compte
de la durée totale d’une position jusqu’à son échéance. Il est ainsi possible de présenter un tableau
des effets à long terme induits par des modifications de taux. Lorsqu’un établissement a contracté
des engagements passifs dont les taux sont ajustés plus rapidement que ceux de l’actif, il s’ensuit
une réduction de la valeur économique en cas de hausse des taux d’intérêt.
Pour ces deux approches, les banques dégagent des impasses de taux (gap de taux fixe) en
décomposant les encours et les flux d’intérêt des actifs et des passifs en fonction des échéances et
des taux.
Pour les postes dont l’échéancier et/ou le taux ne peuvent être clairement définis, notamment les
dépôts à vue, les comptes sur carnets et les fonds propres, les banques recourent à des méthodes
statistiques, appelées conventions d’écoulement, pour déterminer la probabilité de détention de ces
éléments. Ces conventions reflètent les prévisions effectuées par les établissements, en fonction des
stratégies poursuivies et, également des changements anticipés de l’environnement économique ou
les comportements supposés de la clientèle qui sont spécifiques à chaque établissement.
Une fois cette décomposition effectuée, les banques procèdent à des analyses de sensibilité qui
consistent à simuler l’impact d’un mouvement de choc de taux. Ces simulations sont soit statiques
(scénarios de choc instantané de taux d’intérêt), soit dynamiques (scénarios qui tiennent compte du
changement de structure du portefeuille bancaire à la suite de ce mouvement de taux, sur un
horizon de projection donné).
117
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Si les méthodologies de mesure et de suivi du risque de taux d’intérêt par les banques sont dans
l’ensemble assez proches, elles reposent, en revanche, sur des hypothèses qui varient d’un
établissement à un autre, comme c’est le cas pour les conventions d’écoulement.
Afin de contenir leur exposition au risque de taux, les banques établissent en général :
- des limites à court terme encadrant l’impact des mouvements de taux sur le produit net bancaire
prévisionnel en % et en valeur ;
- des limites à moyen et long terme encadrant la sensibilité des fonds propres ;
- des limites encadrant les impasses de taux d’intérêt par rapport au total des ressources.
L’étude d’impact du risque de taux d’intérêt visée à l’encadré n°5-5 a fait ressortir deux grands profils
de banques. Le premier profil comprend les banques bénéficiant d’un degré élevé de stabilité des
dépôts à vue et orientant par conséquence leur adossement à des actifs moyen et long terme. Le
deuxième profil est composé des banques ayant un degré moins élevé de stabilité de ces dépôts. Ces
dernières sont amenées à moduler les prévisions des volumes de production des dépôts et des crédits
en ajustant la proportion des actifs à taux variables, ou à diversifier leurs sources de refinancement à
travers les instruments de marché (Certificats de dépôt, emprunt obligataire, ….).
L’étude d’impact a permis également d’appréhender les impasses de taux et les durées moyennes de
révision de taux des passifs et des actifs des banques. Il en ressort des situations disparates. Pour
plusieurs banques, la révision des taux des actifs s’effectue plus rapidement que celle des taux des
passifs, ce qui révèle, sur un horizon moyen et long terme, un gap de taux fixe positif des ressources
par rapport aux emplois et qui pourrait se traduire par un risque de pertes en cas de baisse des taux
d’intérêt. Une tendance inverse est observée chez certaines banques qui s’exposent à un risque de
pertes en cas de hausse des taux d’intérêt du fait d’un gap de taux fixe négatif des ressources par
rapport aux emplois. D’autres banques ont des durées moyennes de révision des taux très proches,
118
PARTIE 3 BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
ce qui révèle un adossement quasi parfait des actifs aux passifs sur l’horizon moyen et long terme.
En moyenne, la valeur médiane des durées de révision de taux avoisine 3 années pour les actifs et
3,5 pour les passifs.
Sur la base des données fournies par les banques, Bank Al-Maghrib a effectué une simulation de
l’impact d’un déplacement uniforme de la courbe des taux de +/-200 points de base. Cet exercice a
permis d’estimer cet impact sur le PNB et les fonds propres. Les résultats de l’étude ont été examinés
avec les banques pour qu’ils soient pris en compte dans leur politique de gestion du risque de taux
d’intérêt et apporter, le cas échéant, des actions correctives.
Pour accompagner les banques dans ce processus, Bank Al-Maghrib, s’appuyant sur ses diagnostics
et les normes internationales, a édicté une directive relative au dispositif de gestion du risque de taux
d’intérêt, dont l’application rigoureuse devrait permettre aux établissements de crédit de renforcer
leurs pratiques de gestion de ce risque et à la Banque centrale d’obtenir des informations
fondamentales pour en assurer le suivi.
119
ANNEXES
Organigramme de la Direction de la Supervision Bancaire
123
Service des Agréments et des Etudes Bancaires des Etablissements Apparentés
› Annexe 2
BANQUE POPULAIRE DE FES-TAZA Angle Rue Allal loudyi et Rue Abdelali Benchekroun - Fès
124
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
125
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Sociétés d’affacturage
126
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Sociétés de crédit-bail
Sociétés de cautionnement
CAISSE MAROCAINE DES MARCHES « CMM » 12, Place des Alaouites - Rabat
127
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 3
BANQUE INTERNATIONALE DE TANGER - BANQUE Angle Avenue Mohamed V et Rue Moussa Bnou Noussair,
OFFSHORE Tanger
Boulevard Youssef Ben Tachfine et Angle Boulevard Madrid,
BMCI - BANQUE OFFSHORE - GROUPE BNP
Tanger
SOCIETE GENERALE TANGER OFFSHORE
58, Avenue Mohamed V, Tanger
([Link] OFFSHORE)
BMCE BANK - BANQUE OFFSHORE Zone Franche, Port de Tanger, BP 513, Tanger
128
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 4
Dénomination sociale
Amap TAMWIL
129
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 5
Créances sur les établissements de crédit et assimilés 54 842 894 75 166 246
A vue 19 110 132 26 577 396
A terme 35 732 762 48 588 850
Créances sur la clientèle 225 540 762 275 613 170
Crédits de trésorerie et et à la consommation 95 565 723 120 530 065
Crédits à l’équipement 54 328 637 65 109 023
Crédits immobiliers 57 193 918 73 261 775
Autres crédits 18 452 484 16 712 307
* Bilan établi sur base sociale et dont les rubriques sont nettes d’amortissements et de provisions.
130
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
en milliers de Dhs
Dettes envers les établissements de crédit et assimilés 26 566 096 30 248 313
A vue 5 943 398 9 696 062
A terme 20 622 698 20 552 251
Dépôts de la clientèle 372 931 065 437 263 109
Comptes à vue créditeurs 205 953 364 242 383 458
Comptes d’épargne 49 009 598 53 569 050
Dépôts à terme 107 511 570 129 270 608
Autres comptes créditeurs 10 456 533 12 039 993
Titres de créance émis 8 725 267 11 022 611
Titres de créance négociables 1 501 309 4 775 301
Emprunts obligataires 3 995 769 3 152 927
Autres titres de créance émis 3 228 189 3 094 383
Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie 1 981 038 2 108 304
131
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
en milliers de Dhs
Engagements de garantie d’ordre d’établissements de crédit et assimilés 16 748 084 16 050 037
Engagements de financement reçus d’établissements de crédit et assimilés 2 010 512 1 701 159
Engagements de garantie reçus d’établissements de crédit et assimilés 19 383 708 29 435 185
132
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 6
31/12/2005 31/12/2006
+ Intérêts et produits assimilés 22 857 085 24 590 128
- Intérêts et charges assimilées 6 700 782 7 631 436
MARGE D’INTERET 16 156 303 16 958 692
+ Produits sur immobilisations en crédit-bail et en location 93 757 50 729
- Charges sur immobilisations en crédit-bail et en location 83 879 47 390
133
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 7
Créances sur les établissements de crédit et assimilés 634 025 526 262
A vue 372 277 361 676
A terme 261 748 164 586
Créances sur la clientèle 16 997 117 18 524 450
Crédits de trésorerie et à la consommation 16 154 324 17 819 751
Crédits à l’équipement 73 378 80 592
Crédits immobiliers 45 990 48 978
Autres crédits 723 425 575 129
Titres d’investissement 26 26
Bons du Trésor et valeurs assimilées
Autres titres de créance 26 26
Créances subordonnées
134
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
en milliers de Dhs
Dettes envers les établissements de crédit et assimilés 13 699 427 15 969 069
A vue 1 606 125 1 940 541
A terme 12 093 302 14 028 528
Dépôts de la clientèle 397 009 472 541
Comptes à vue créditeurs
Comptes d’épargne
Dépôts à terme 24 249 13
Autres comptes créditeurs 372 760 472 528
Titres de créance émis 3 572 948 3 405 390
Titres de créance négociables 3 288 922 2 985 767
Emprunts obligataires 284 026 328 958
Autres titres de créance émis 90 665
Ecarts de réévaluation
135
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 8
31/12/2005 31/12/2006
+ Intérêts et produits assimilés 2 320 405 2 341 352
- Intérêts et charges assimilées 824 286 813 619
MARGE D’INTERET 1 496 119 1 527 733
+ Produits sur immobilisations en crédit-bail et en location 1 560 658 2 362 420
- Charges sur immobilisations en crédit-bail et en location 1 243 499 1 860 594
136
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 9
Titres d’investissement 27 27
Bons du Trésor et valeurs assimilées 27 27
Autres titres de créance
Créances subordonnées
137
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
en milliers de Dhs
Dettes envers les établissements de crédit et assimilés 11 314 078 15 444 253
A vue 563 045 1 518 502
A terme 10 751 033 13 925 751
Dépôts de la clientèle 631 727 551 917
Comptes à vue créditeurs
Comptes d’épargne
Dépôts à terme 424 231 336 565
Autres comptes créditeurs 207 496 215 352
Titres de créance émis 2 622 269 2 278 605
Titres de créance négociables 1 852 248 1782 625
Emprunts obligataires 267 936 180 983
Autres titres de créance émis 502 085 314 997
Ecarts de réévaluation
138
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 10
31/12/2005 31/12/2006
+ Intérêts et produits assimilés 14 186 12 726
- Intérêts et charges assimilées 688 556 780 105
MARGE D’INTERET -674 370 -767 379
+ Produits sur immobilisations en crédit-bail et en location 6 480 206 7 700 224
- Charges sur immobilisations en crédit-bail et en location 5 155 567 6 125 589
139
ANNEXES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
› Annexe 11
140
TABLE DES MATIERES
BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
Mot du Gouverneur 5
Aperçu général 9
Faits marquants 16
Chiffres-clés 18
143
TABLE DES MATIÈRES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
144
TABLE DES MATIÈRES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
1 - Le dispositif de gestion du risque de taux d’intérêt des banques devrait être renforcé 116
2 - L’étude d’impact réalisée en 2006 a révélé la diversité des profils de risque des banques 118
145
TABLE DES MATIÈRES BANK AL-MAGHRIB - RAPPORT DE LA SUPERVISION BANCAIRE - EXERCICE 2006
ANNEXES
146