Nématodes de la canne à sucre en Côte d'Ivoire
Nématodes de la canne à sucre en Côte d'Ivoire
net/publication/326989869
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Sugarcane smut disease, sugarcane Leaf scald, Sugarcane stem borer View project
Culture de la symbiose anabaena azollae et azollae filliculoides et caroliniana :approche expérimentale. View project
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1 RESUME
Objectif de l’étude : cette étude a pour objectif de mettre à jour les connaissances sur les
nématodes phytoparasites de la canne à sucre en Côte d’Ivoire.
Matériel et méthodes : l’étude du peuplement des nématodes a été conduite dans les trois
complexes sucriers ivoiriens que sont Ferké, Borotou et Zuénoula. Ainsi, 66 échantillons, de sol
et de racines de deux variétés de canne (R570 et R579) cultivées, ont été prélevés dans trois
essais agronomiques à des profondeurs de 10 à 30 cm sur 20 micro-parcelles différentes. Les
nématodes contenus dans les échantillons ont été extraits selon la méthode de Baermann,
comptés et identifiés.
Résultats et discussion : Les peuplements de nématodes des trois complexes ont été identifiés
et dix genres ont été trouvés. L’existence d’une diversité de nématodes phytoparasites de la
canne à sucre a été confirmée. Deux genres de nématodes ectoparasites (Xiphinema et
Helicotylenchus) dominent dans les sols canniers ivoiriens. Pratylenchus et Meloidogyne ont
été les plus importants parmi les nématodes endoparasites identifiés.
Conclusion et perspectives : Les nématodes identifiés comptaient des espèces qui sont
dommageables pour la canne à sucre. Cette étude montre la nécessité de réaliser une veille
phytosanitaire afin de prévenir les problèmes nématologiques pouvant occasionner une baisse
importante des rendements en canne dans les complexes sucriers ivoiriens.
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Journal of Animal & Plant Sciences, 2018. Vol.37, Issue 1: 5985-5996
Publication date 31/07/2018, [Link] ISSN 2071-7024
ABSTRACT
Objective of the study : This study aimed to update the knowledges on plant parasitic
nematodes of sugarcane in Côte d'Ivoire.
Materials and methods: the study of the nematodes populations was conducted in three Ivorian
sugar complexes (Ferke, Borotou and Zuenoula). Thus, 66 soil and root samples from two
cultivated cane varieties (R570 and R579) were collected in three agronomic trials at 10 to 30 cm
depths on 20 different plots. The nematodes contained in the samples were extracted, according
to the Baermann method, counted and identified.
Results and discussion: The nematodes stands of the three complexes were identified and ten
genera were found. The existence of a diversity of phytoparasitic nematodes of sugarcane has
been confirmed. Two genera of ectoparasitic nematodes (Xiphinema and Helicotylenchus)
dominate in Ivorian sugarcane soils. Pratylenchus and Meloidogyne were the most important of
the identified endoparasitic nematodes.
Conclusion and perspectives: The identified nematodes included species that are damaging to
sugarcane. This study shows the need to carry out a regular phytosanitary watch to prevent
nematological problems that could lead to a significant yields reduction in the Ivorian sugar
complexes.
2 INTRODUCTION
La canne à sucre (Saccharum officinarum L. Poaceae) nouvellement signalées (Rott et al., 2000,
est cultivée dans plus de 100 pays sur environ 20 SOPEX/MSIRI, 2017). Ces maladies et ravageurs
millions d’hectares à travers le monde. Elle est attaquent toutes les étapes de la culture et causent
pratiquée par plusieurs millions de petits des baisses considérables de rendements. La
agriculteurs et par de grandes sociétés agro- canne à sucre est une plante très favorable aux
industrielles (Gilbert et al., 2010). Au cours de ces nématodes phytoparasites puisque plus de 275
dernières années la production mondiale de sucre espèces ont été observées dans sa rhizosphère et
a atteint 171 millions de tonnes sur la période les dégâts occasionnés par ces parasites varient
2013-2015 (OCDE/FAO 2016). La canne à sucre avec le type de sol. Ils sont très importants sur sol
a une très grande importance dans l’économie léger et ne dépassent pas 10 % de la récolte sur
mondiale tant sur le plan agro-alimentaire les sols plus argileux (Cadet et al., 1982). Ces
qu’énergétique (Macedo et al., 2008). La Côte dégâts dépendent également des espèces
d’Ivoire occupe la 16e place en Afrique, présentes et du système racinaire qu’ils attaquent.
concernant la culture de canne à sucre. Le sucre En plantation, les dommages causés par les
de canne représente environ 1 % du PIB endoparasites aux racines de bouture provoquent
national ; 3,3 % du PIB agricole et procure plus une réduction du tallage ; alors que ceux
de 10000 emplois (FAOSTAT, 2015). Les occasionnés aux racines de tige affectent
superficies exploitées par les deux sociétés agro- l’élongation des tiges, aussi bien en canne vierge
industrielles (SUCAF et SUCRIVOIRE) ainsi que qu’en repousse (Spaull et Cadet, 1990). Sur les
des plantations villageoises représentent environ périmètres sucriers en Côte d’Ivoire, la lutte
25.462 ha sur un domaine foncier de 61469,27 ha contre ce bio-agresseur repose d’une part sur la
(Kouamé, 2010). De nombreuses maladies et prévention. Elle consiste en des traitements par
ravageurs ont été recensées dans toutes ces thermothérapie des boutures destinées à la
plantations de canne à sucre en Côte d’Ivoire. Ce plantation des pépinières primaires et secondaires
sont 25 maladies observées récemment, dont 9 qui serviront aux plantations commerciales.
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D’autre part, cette lutte fait surtout appel aux plus ou moins sensibles aux diverses matières
nématicides chimiques en canne plantée. actives. Par conséquent, l’étude sur le peuplement
Cependant, l‘incidence des nématicides nématologique dans les périmètres sucriers de
systémiques sur le développement des nématodes Côte d’Ivoire, en dehors du fait qu’elle permet de
n’est pas toujours facile à saisir, notamment mettre en évidence les problèmes résultant de
lorsque leur action n’entraîne pas uniquement la leur propre action pathogène, est un outil
réduction du nombre global de parasites. Dans performant pour le choix des moyens de contrôle
un peuplement, les différents genres peuvent être de ce bio-agresseur.
2 MATERIEL ET METHODES
2.1 Sites de l’étude : L’inventaire des été mélangés pour constituer l’échantillon de sol
nématodes phytophages associés à la culture de la et de racines de chaque micro-parcelle. Sur le
canne à sucre a été réalisé dans les trois même site, 20 échantillons de sol et deux lots
complexes sucriers de la Côte d’ivoire que sont composites de prélèvements racinaires ont été
Ferké 1, Borotou et Zuénoula où la texture des constitués puis conservés dans un sac référencé
sols est soit Limono-sableuse ou Limono-argilo- indiquant (la date, le lieu, le cultivar). Au total 60
sableux. Sur ces complexes, les parcelles d’étude échantillons de sol et 06 échantillons de racines
sont irriguées en couverture intégrale pour Ferké ont été transférés au Laboratoire pour Analyse.
1, en pivot pour Borotou et Zuénoula. 2.4 Extraction des nématodes : Les
2.2 Méthodes nématodes contenus dans les échantillons de sol
2.2.1 Dispositif expérimental : Cette étude et de racines ont été extraits par la méthode de
faunistique a été réalisée sur des mico-parcelles de l’entonnoir de Baermann (Kenneth et al., 1970).
tailles variables selon le site d’étude. Ainsi, 20 Un entonnoir de verre a été placé sur un support
micro-parcelles composées de 6 lignes de 10 m en bois puis un tube en plastique a été fixé à la
ont été évaluées à Ferké 1. Pour Zuénoula et sortie de l’entonnoir et fermé à l’aide d’une pince.
Borotou, ce sont respectivement 20 micro- Il a été rempli d’eau de manière à ce que
parcelles de 9 lignes de 10 m chacune et 20 l’échantillon de sol ou de racine soit tout juste
micro-parcelles de 6 lignes de 20 m qui ont été humidifié. L’échantillon de sol ou de racines a été
évaluées. Dans chaque micro-parcelle, les lignes déposé dans des papiers-mouchoirs puis sur un
de cannes étaient espacées de 1,5 m. Les micro- tamis à larges mailles. Celui-ci a été descendu
parcelles de Ferké 1 ont été plantées avec la sous le niveau d’eau de l’entonnoir afin de ne
variété R579. Les micro-parcelles de Borotou et détremper que le dessous de l’échantillon. Durant
Zuénoula ont été plantées avec la variété R570. 48h de migration à l’obscurité, les nématodes du
Toutes les parcelles ont été fertilisées à l’aide sol ou des racines ayant traversé le filtre de papier
d’engrais composé, à Ferké 1 c’est le NPKSMgO pour se retrouver dans l’eau au fond de
(16-8.4-23-5-4) qui a été utilisé, alors que les l’entonnoir par gravité ont été récupérés dans 10
parcelles de Borotou ont reçues du NPKSCaO ml d’eau accumulés dans le tube en plastique au-
(18-09-24-2,2-4) et celles de Zuenoula ont reçues dessus de la pince. Avant le comptage, les
du NPKMgO (18,5-09-24-2,55) respectivement nématodes ont été tués et fixés au laboratoire en
aux doses de 700 kg/ha, 650 kg/ha et 700 kg/ha. utilisant une solution de formaline glycérol.
Sur toutes les micro-parcelles, les peuplements de 2.5 Dénombrement et identification des
nématodes ont été observés au niveau du sol et nématodes : Après cette étape, 2 ml de
des racines. suspension de nématodes ont été prélevées et
2.3 Échantillonnage : L’échantillonnage de mises dans une coupelle de comptage puis
sol a été réalisé dans les sillons ou lignes de examinés d’abord sous une loupe binoculaire et
plantation au niveau de la rhizosphère des plants un microscope optique. Le nombre de nématodes
prélevés à une profondeur entre 10 et 30 cm du obtenu est ramené au volume initial de la
sol. Quatre à cinq prélèvements élémentaires ont suspension de nématodes puis extrapolé au litre
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de sol ou de racine. A l’aide de loupe binoculaire, d’identification (Mekete et al., 2012). Les
les nématodes contenus dans 20 % de la populations de chaque genre ont été déterminées
suspension sont pêchés et montés entre lames et à partir du nombre d’individus identifiés et
lamelles. Ces montages ont permis grâce à un ramené au peuplement de nématodes dans
stéréo-microscope muni d’une caméra, de chaque échantillon. L’analyse de la variance a
capturer des images qui ont servi à identifier les porté sur la densité des nématodes, l’abondance
nématodes. Cette identification s’est faite au et la fréquence des différents genres extraits.
niveau du genre en se servant d’une clé
3 RESULTATS ET DISCUSSION
3.1 Inventaire faunistique des nématodes des nématodes sur l’ensemble des 60 échantillons
dans les différents sites étudiés : Les analyses de sol et des six échantillons de racines analysés
nématologiques ont permis de déterminer les ont permis de révéler 10 genres de nématodes
densités et les compositions des peuplements en phytoparasites appartenant à sept familles et trois
nématodes phytoparasites des micro-parcelles ordres. L’ordre le plus diversifié était celui des
échantillonnées sur les complexes sucriers de Rhabditida. Parmi ces nématodes, cinq sont
Ferké 1, Borotou et Zuénoula. L’identification ectoparasites et cinq endoparasites (Tableau 1).
3.2 Densités totales des nématodes l’abondance relative moyenne. Six, sept et huit
phytoparasites : Les densités totales des genres ont été respectivement rencontrés à
nématodes phytoparasites ont varié plus ou Zuénoula, à Borotou et à Ferké 1. Parmi ces
moins fortement d’un échantillon à l’autre sur genres, trois ont été rencontrés dans tous les 60
une même parcelle, avec des valeurs extrêmes échantillons de sol provenant des micro-parcelles
dans certains cas (Zuénoula et Ferké 1). Les échantillonnées. Il s’agit de deux genres de
densités totales moyennes ont varié entre 1067 et nématodes ectoparasites à savoir Helicotylenchus
1566 nématodes/L de sol respectivement à spp. et Xiphinema spp. et d’un genre de
Borotou et Ferké 1 (Figure 1). Ces densités ne nématodes endoparasites dont Pratylenchus spp.
sont pas significativement différentes d’un Aussi, Tylenchus spp a-t-il également été rencontré
complexe à l’autre. dans tous les échantillons de Zuénoula. Les autres
3.3 Structure des peuplements de genres de nématodes étaient peu fréquents avec
nématodes phytoparasites : La structure des des occurrences inférences à 25 %. Parmi ces
peuplements de nématodes phytoparasites a été genres, les nématodes endoparasites
analysée à travers la fréquence ou occurrence et Hirschmanniella spp. et Meloidogyne spp. ont été
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Figure 2 : Fréquence des différents genres de nématodes phytoparasites dans les micro-parcelles des
trois complexes sucriers
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Figure 3 : Abondance relative des différents genres de nématodes phytoparasites dans les micro-
parcelles des trois complexes sucriers
3.4 Description et importance des de cette étude confirme bien l’évolution de leurs
principaux nématodes rencontrés : Cette populations. En tant que nématode à stratégie
description s’intéresse aux genres Xiphinema et écologique K (Bongers, 1990), la succession des
Helicotylenchus pour les nématodes ectoparasites et cycles de canne à sucre dans les parcelles sur les
aux genres Pratylenchus et Meloidogyne pour les différents complexes a certainement conduit à
nématodes endoparasites. l’évolution de ce genre de nématodes. Il existe
3.4.1 Xiphinema spp. : Le genre Xiphinema une diversité spécifique relativement importante
(Cobb, 1913) (Figure 4) regroupe des nématodes au sein du genre Xiphinema qui permet leur
ectoparasites dont la présence au cours de cette adaptation à différents types de sols argileux ou
étude est sans surprise. En effet, plusieurs sableux (Cadet & Spaull, 2005). Xiphinema spp.
prospections et études antérieures ont révélé la est connu comme un ravageur important en
présence de ce genre en culture de canne à sucre culture de canne à sucre notamment en Afrique
en Côte d’Ivoire (Quénéhervé et al., 1986 ; du Sud et en Australie. Sa présence provoque des
Cadet & Debouzie, 1990) et ailleurs (Andrassy, nécroses et une réduction importante du système
I. 1970 ; Williams & Luc, 1977). Les nématodes racinaire d’où des plantes chétives. Les pertes de
du genre Xiphinema spp. sont communément récolte qu’il occasionne sont principalement
appelés "Dagger nematodes" en référence à leur long attribuables à la réduction de la longueur et du
stylet assimilé à une lance. Il s’agit d’un genre de nombre de tiges (Cadet & Spaull, 2005). Outre
nématodes extrêmement pathogènes. Rencontré les pertes directes qu’il cause aux cultures,
de façon minoritaire (Cook et al., 2006 ; Spaull Xiphinema spp. est connu comme un vecteur de
et al., 1986), leur possible prédominance a été phytovirus. Cette transmission de virus
par la suite signalée (Cadet & Debouzie, 1990). occasionne des pertes souvent plus importantes
La prévalence et la dominance de Xiphinema spp. que les effets directs liés au parasitisme des
sur l’ensemble des parcelles prospectées au cours racines (Auger et al. 1992).
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(A) (B)
Figure 4: Morphologie typique de Xiphinema spp. extrait des échantillons de sol de Ferké 1
A : Forme générale du corps ; B : Région céphalique
3.4.2 Helicotylenchus spp. : Les nématodes jugé de faible pathogénicité sur la canne à sucre
de genre Helicotylenchus ou nématodes (Cadet & Spaull, 2005). Une densité initiale de
"spiralés"(Figure 5) sont communs à plusieurs population égale à 1000 H. dihystera dans 500 g de
types de milieux et de cultures en Côte d’Ivoire et sol en culture de canne à sucre est susceptible de
ailleurs (Gnonhouri & Adiko, 2005, Villenave causer une réduction significative de poids frais
et Cadet, 2000). Sur la canne à sucre, en Côte des pousses, des racines et des cannes, la
d’Ivoire et au Burkina Faso, ils ont été mis en longueur de la canne et le poids sec des pousses
évidence par plusieurs auteurs (Cadet, 1985 ; et des racines (Rao & Swarup, 1975). Ces
Quénéhervé et al., 1986 ; Cadet & Debouzie, auteurs ont ajouté que les six variétés testées
1990). Plus de 35 espèces de ce genre ont été (Co312, Co997, Co647, Co1235, Co1234, et
identifiés en culture de canne à sucre (Cadet & Co1104) pour leur sensibilité H. dihystera étaient
Spaull, 2005). L’abondance d’Helicotylenchus sur sensibles aux attaques de cette espèce. Dès lors
l’ensemble des échantillons analysés corrobore les l’importance de H. dihystera peut être contexte-
résultats de Cadet et Debouzie (1990) selon dépendant. Toutefois, du fait de son court stylet
lesquels Helicotylenchus présentait la plus et de son parasitisme à l’extérieur des racines peut
importante abondance parmi l’ensemble des laisser présager de dégâts moins importants que
nématodes obtenus. Ces derniers ont par ailleurs bien d’autres nématodes. Dans tous les cas, il est
précisé que la dynamique de ce genre de essentiel de noter que l’action pathogène des
nématodes ne dépendait ni des autres genres ni nématodes en communauté dans une culture est
de la saison. Malgré sa dominance sur les espèces additive et non synergique (Spaull & Bailey,
de Xiphinema et de Trichodorus, H. dihystera était 1993).
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3.4.3 Pratylenchus spp. et Meloidogyne Pratylenchus spp. a été rencontré dans tous les
spp. : Pratylenchus (Figure 6), Meloidogyne, périmètres sucriers investigués. Ainsi, quel que
Helicotylenchus et Xiphinema représentent les genres soit l’abondance obtenue dans les échantillons de
les plus polyphages rencontrés en Côte d’Ivoire sol ou de racines, sa présence sur tous les
(Gnonhouri & Adiko, 2005). Les deux genres périmètres interpelle sur la nécessité de suivre
de nématodes endoparasites Pratylenchus et l’évolution de ses populations. Pratylenchus spp.
Meloidogyne sont les plus pathogènes en culture de s’est adapté à la saison sèche et sévit plus en
canne à sucre (Cadet & Debouzie, 1990 ; Cadet canne de plantation (Cadet, 1987). Ainsi sa
& Spaull, 2005). Pratylenchus spp. a été par prévalence dans les parcelles d’essais pourrait
ailleurs désigné par ces derniers comme le laisser prévoir des pertes liées à son action sur la
nématode le plus abondant sur les cannes à sucre canne à sucre dans les parcelles d’essais.
dans l’un des périmètres sucriers du pays.
Meloidogyne spp. est connu comme un nématode nématode d’importance sur les cultures
très ubiquiste (Gnonhouri & Adiko, 2005 ; céréalières (Mekete et al., 2012), maraichères et
Nandjui et al. 2007). Il est cité comme un les cultures à racines et à tubercules (Coyne et al.
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2010). L’analyse de la situation des communautés Pratylenchus cause des nécroses dans le cortex
de nématodes sur les micro-parcelles indique au racinaire. Il se caractérise surtout par les lésions
regard de la fréquence et de l’abondance que racinaires dont il est responsable ; d’où son nom
Meloidogyne spp reste un nématode d’importance vulgaire, "nématode de lésions racinaires" (Cadet
secondaire. Absent des parcelles de Borotou, il & Spaull, 2005).
avait une occurrence égale à 15% à Zuénoula et 3.4.4 Autres nématodes phytoparasites : En
25% à Ferké 1. En termes d’abondance, il dehors des nématodes majeurs ci-dessus
représentait globalement moins de 3% de présentés, six autres genres de nématodes ont été
l’abondance des communautés de nématodes identifiés. Il s’agit de Hoplolaimus spp. déjà mis en
phytoparasites. Dans les parcelles en production évidence en Côte d’Ivoire (Cadet, 1985 ;
de Zuénoula, Meloidogyne spp., n’était pas présent Quénéhervé et al., 1986). Les attaques de
dans tous les échantillons. Cependant dans Hoplolaimus spp. se traduisent par une réduction
certaines parcelles, son abondance à l’intérieure de la biomasse racinaire et des tiges ainsi que par
des racines des tiges était supérieure à celle de des nécroses (Cadet & Spaull, 2005). Le genre
Pratylenchus spp. Au stade de cette première série Trichodorus a été lui aussi signalé avec des
d’analyses, il serait abusif de conclure que populations qui ont été nettement plus abondants
Meloidogyne spp. joue un rôle parasitaire secondaire par rapport à d’autres nématodes après
sur les périmètres sucriers de la Côte d’Ivoire, application du nématicide DBCP (Cadet, 1985).
encore moins à Zuénoula. La prolifération des Cela suggère que l’application d’un traitement au
populations de Meloidogyne spp., serait influencée sol peut favoriser la prolifération ultérieure d’un
par des paramètres tels que la saison de pluies et genre de nématodes par rapport à d’autres. En ce
le type de sols (Cadet & Debouzie, 1990). qui concerne les genres Caloosia, Hirschmanniella,
Plusieurs auteurs ont mentionné le manque Radopholus et Tylenchus, ils n’ont pas été souvent
d’affinité de Meloidogyne spp. à l’égard des sols identifiés comme des parasites de la canne à sucre
lourds (Martin, 1967; Hu et al., 1968; Bull, en Côte d’Ivoire. Le genre Caloosia est un genre
1981). Les attaques de Pratylenchus spp. et morphologiquement proche du genre Criconemella
Meloidogyne spp. conduisent à une réduction du connu dans les plantations sucrières de la Côte
nombre de tiges et de la biomasse racinaire. Les d’Ivoire. A l’instar de ce dernier, Caloosia spp.
attaques de Meloidogyne spp. se traduisent en (Figure 7) a une cuticule fortement annelée mais
particulier par la présence de galles racinaires. se distingue par sa queue plus allongée et fine
Outre les pertes communes aux deux genres, (Mekete et al., 2012).
(A)
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(B)
(C)
Figure 7 : Morphologie typique de Caloosia spp. (A) Mise en évidence de la cuticule annelée. (B) Aspect
fusiforme de la queue allongée (C).
4 CONCLUSION
L’inventaire des nématodes parasites de la canne tant par leurs effets directs qu’indirects
à sucre est très important car, il permet (problèmes phytopathologiques provoqués par
l’actualisation des données concernant les leurs actions sur les plants). Ainsi, il s’avère
communautés de nématodes phytoparasites des nécessaire de réaliser une surveillance attentive
complexes sucriers de la Côte d’Ivoire. Cette afin de prévenir d’éventuels problèmes
analyse confirme aujourd’hui encore l’existence nématologiques qui peuvent entrainer des baisses
d’une diversité non négligeable de nématodes considérables de rendements dans le système
phytoparasites en culture de canne à sucre. En cannier ivoirien. La poursuite des travaux sur les
dépit de quelques différences observées, différents sites permettra d’établir la dynamique
l’ensemble des communautés de nématodes sur des peuplements de nématodes dans les
les trois complexes était dominé par deux genres différentes parcelles. Ces analyses permettront
de nématodes ectoparasites que sont Xiphinema et ainsi de mesurer l’incidence économique des
Helicotylenchus. En ce qui concerne les nématodes nématodes en plantation de canne à sucre. Il
endoparasites, les plus importants étaient convient également de poursuivre les
Pratylenchus puis Meloidogyne. Ces genres regorgent prospections nématologiques dans les parcelles
des espèces dommageables pour la canne à sucre cultivées de canne, afin de corréler ces résultats à
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divers données environnementales, notamment susceptibles aux nématodes dans les différents
les zones géographiques et les types de sol, ce qui complexes sucriers de la Côte d’Ivoire.
permettra de dégager les zones les plus
5 REMERCIEMENTS
Les auteurs expriment leur gratitude à la Recherche Agronomique sur la Canne à sucre en
commission de l’Union Européenne pour avoir Côte d’Ivoire dans les complexes sucriers
financé cette étude à travers le Programme de ivoiriens de 2009 à 2017.
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