La Matière Imposable en Droit Fiscal
La Matière Imposable en Droit Fiscal
DROIT FISCAL
Par Dr Ange W. V. ASSOGBA
Fiscaliste
97 37 52 69
INTRODUCTION GENERALE
Le droit fiscal est l’ensemble des règles appliquées par le fisc. C’est la branche du droit
public qui régit le droit du fisc et leur prérogative d’exercice. De cette définition naît les
caractères suivants :
- branche du droit public : cela évoque l’intervention de la puissance publique avec
toutes ses conséquences ;
- le droit du fisc ou l’autonomie du droit fiscal : cela évoque un pouvoir fiscal,
l’existence d’un droit autonome par rapport aux autres disciplines ;
- prérogative d’exercice ou la contrainte : cela évoque l’idée d’une procédure
particulière et privilégiée de droit commun. C’est un droit qui est soumis au principe
de légalité et d’égalité.
C’est une science qui complète les finances publiques ; cette science est d’autant plus
importante à étudier que l’impôt constitue un élément capital de l’équilibre budgétaire.
Par contre, la fiscalité est l’ensemble des impôts en vigueur dans un Etat ou le système de
prélèvement sur le patrimoine de chaque citoyen en vue de sa redistribution à travers le
budget général de l’Etat ou des collectivités publiques.
En rapprochant ces deux définitions, on constate que le législateur est au centre de
l’élaboration de ces règles juridiques car c’est lui qui choisit parmi tous les procédés
possibles, les formules susceptibles de lui permettre d’établir les impôts nécessaires à assurer
la répartition des charges communes et à favoriser la politique économique. En opérant ce
choix, le législateur établit le système fiscal qui est définit comme l’ensemble des impôts
prélevés dans un pays et les règles suivant lesquelles on procède à l’assiette, la liquidation et
au recouvrement de ces impôts.
Ainsi donc, l’impôt est au cœur du système fiscal, de même que tout ce qui lui
ressemble à savoir les taxes et les redevances. La notion d’impôt a évolué dans le temps. Dans
l’antiquité, l’impôt était le produit de la volonté du Prince. Au 16ème siècle, il faut que
l’individu ou son représentant consente ; il est donc basé sur la volonté de l’individu. Au 18ème
siècle, l’impôt est la contrepartie d’un service public rendu. Au 19ème siècle, l’impôt est
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inconditionnel et obligatoire. Au 20ème et au 21ème siècle, compte tenu du rôle de plus en plus
interventionniste de l’Etat notamment dans le domaine économique et social, l’impôt cesse
désormais d’avoir un but purement fiscal. Il apparaît comme un instrument aux mains de
l’Etat pour atteindre ses objectifs sociaux et économiques. Exemple : impôt à but protecteur, à
but nataliste, à but nuptial etc.…
De plus, la notion d’impôt est complexe :
sur le plan politique : le peuple doit donner son consentement à travers les
représentants élus (députés). Ce consentement doit être manifeste à travers une loi. En
plus, l’impôt est prélevé chaque année et pour un an ;
sur le plan économique : avec l’impôt, l’Etat peut encourager ou décourager, orienter
ou désorienter telle ou telle activité ;
sur le plan juridique : l’impôt dérive du droit fiscal qui est une discipline juridique.
Pour faire la lumière sur toutes ces différentes considérations, le cours s’articulera autour
de deux grandes parties :
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COURS DE DROIT FISCAL
DROIT FISCAL
Par Ange ASSOGBA
Fiscaliste
97 37 52 69
INTRODUCTION GENERALE
Le droit fiscal est l’ensemble des règles appliquées par le fisc. C’est la branche du droit
public qui régit le droit du fisc et leur prérogative d’exercice. De cette définition naît les
caractères suivants :
- branche du droit public : cela évoque l’intervention de la puissance publique avec
toutes ses conséquences ;
- le droit du fisc ou l’autonomie du droit fiscal : cela évoque un pouvoir fiscal,
l’existence d’un droit autonome par rapport aux autres disciplines ;
- prérogative d’exercice ou la contrainte : cela évoque l’idée d’une procédure
particulière et privilégiée de droit commun. C’est un droit qui est soumis au principe
de légalité et d’égalité.
C’est une science qui complète les finances publiques ; cette science est d’autant plus
importante à étudier que l’impôt constitue un élément capital de l’équilibre budgétaire.
Par contre, la fiscalité est l’ens emble des impôts en vigueur dans un Etat ou le système de
prélèvement sur le patrimoine de chaque citoyen en vue de sa redistribution à travers le
budget général de l’Etat ou des collectivités publiques.
En rapprochant ces deux définitions, on constate que le législateur est au centre de
l’élaboration de ces règles juridiques car c’est lui qui choisit parmi tous les procédés
possibles, les formules susceptibles de lui permettre d’établir les impôts nécessaires à assurer
la répartition des charges communes et à favoriser la politique économique. En opérant ce
choix, le législateur établit le système fiscal qui est définit comme l’ensemble des impôts
prélevés dans un pays et les règles suivant lesquelles on procède à l’assiette, la liquidation et
au recouvrement de ces impôts.
Ainsi donc, l’impôt est au cœur du système fiscal, de même que tout ce qui lui
ressemble à savoir les taxes et les redevances. La notion d’impôt a évolué dans le temps. Dans
l’antiquité, l’impôt était le produit de la volonté du Prince. Au 16ème siècle, il faut que
l’individu ou son représentant consente ; il est donc basé sur la volonté de l’individu. Au 18ème
siècle, l’impôt est la contrepartie d’un service public rendu. Au 19 ème siècle, l’impôt est
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naire pour se familiariser avec les notions d’impôts et en trois chapitres relatifs à l’assiette de
l’impôt, la liquidation de l’impôt et le recouvrement de l’impôt.
Selon le célèbre G. JEZE, « l’impôt est une prestation pécuniaire requise des
particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la couverture
des charges publiques ».
De cette définition, on ressort les caractères suivants
1- l’impôt est une prestation pécuniaire : parce qu’il est payé en argent mais
exceptionnellement en nature par la corvée ;
2- il est exigé des particuliers : c'est-à-dire les personnes physiques et morales de droit
public comme de droit privé ;
3- il est perçu par voie d’autorité : car il revêt un caractère obligatoire, contraignant et
coercitif ;
4- l’impôt est perçu à titre définitif : c'est-à-dire sans esprit de retour comme
l’emprunt ;
5- il est perçu sans contrepartie : car il n’existe aucune relation de cause à effet entre le
service public dont l’individu bénéficie et la dette fiscale.
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le produit de l’impôt doit permettre à l’Etat de couvrir ses dépenses publiques après
déduction des charges administratives.
B- Fonction économique
Aujourd’hui, l’impôt joue un rôle économique. Par l’impôt, l’Etat peut exercer une action
économique collective pour favoriser une activité. Il stipule l’offre et encourage la demande
des biens et services. De même, une lourde fiscalité pourrait décourager une activité donnée.
Au total, l’Etat recourt à tel impôt plutôt qu’à tel autre parce qu’il vise un but d’ordre
économique.
B- Selon l’administration
Elle permet de distinguer les services chargés de l’assiette de ceux chargés du recouvrement.
Ainsi, nous pouvons avoir, les contributions directes et les contributions indirectes.
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B- La taxe parafiscale
La parafiscalité évoque la taxe parafiscale qui se définit comme un prélèvement fiscal
obligatoire versé par le contribuable pour financer des organismes spécifiques à caractère
social et économique. Elle est perçue par le Trésor Public mais reversée à l’organisme
bénéficiaire. EX : Taxe radiophonique et télévisuelle.
II- La redevance
C’est une rémunération pour un service rendu sur demande et qui est en stricte corrélation
avec son montant. Elle est requise des usagers pour couvrir les frais d’établissement et
d’entretien d’un ouvrage public ou semi-public. Ex : Redevance téléphonique – facture SBEE.
Ainsi donc, la redevance implique la notion de contrepartie et de service rendu.
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Asseoir l’impôt, c’est déterminer les biens, les revenus ou les éléments qui seront
assujettis à l’imposition : c’est déterminer le fait générateur.
Le fait générateur est l’élément juridique qui donne naissance à la dette fiscale.
Ex : - en matière d’impôt d’Etat, en ce qui concerne l’IPTS par exemple, la perception ou
la mise à disposition d’un salaire est le fait générateur de cet impôt ;
- en matière d’impôt indirect, en ce qui concerne la TVA, la vente, l’achat ou la
prestation de service à titre onéreux constitue le fait générateur de cet impôt.
L’assiette de l’impôt est alors l’ensemble des opérations administratives visant à
déterminer la base d’imposition. Pour déterminer cette base, il faudra au préalable rechercher
la matière imposable qui est définit comme l’élément matériel retenu pour imposer le
contribuable. Il peut s’agir du capital, du revenu ou du bien en circulation.
La base imposable quant à elle s’entend de l’élément retenu pour le calcul de l’impôt. En
d’autre terme, c’est l’élément auquel est appliqué le taux ou le barème de l’impôt.
Ce chapitre comportera deux thèmes à savoir : le choix de la matière imposable et
l’évaluation de cette matière.
a) Définition
Le capital est la richesse acquise, consolidée, stabilisée, constituée. Or la richesse présente
un caractère de stabilité. Il revêt trois formes : le capital immobilier, mobilier et financier.
L’impôt sur le capital est donc celui qui atteint l’ensemble des biens possédés par l’individu et
qui sont définitivement acquis soit par l’épargne d’une partie de son revenu soit par donation
soit par legs soit par succession.
b) Caractères
- c’est un impôt qui atteint le capital productif ;
- c’est un impôt qui décourage l’épargne ;
- c’est un impôt statique car il est assis sur des richesses déjà acquises ;
- c’est un impôt injuste dans la mesure où le capital de l’individu comprend des
éléments facilement dissimulables ;
- il est difficilement répercutable car c’est le contribuable lui-même qui supporte
effectivement l’impôt ;
Il est nécessaire de ne pas confondre l’impôt sur le capital productif qui est un
prélèvement sur le capital et l’impôt en capital qui atteint le capital dans sa substance. Ici, ce
n’est plus un prélèvement sur le capital mais un prélèvement du capital.
a) Définition
Le revenu est l’ensemble des richesses du contribuable. C’est une richesse qui se
renouvelle périodiquement.
L’impôt sur le revenu est donc celui qui atteint la richesse en voie d’acquisition. Cette
richesse peut provenir de l’exercice d’une activité (revenus du travail) ou du produit d’un
capital (revenus du capital) ou des deux (revenus mixtes).
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b) Caractères
- il est difficilement repercutable ;
- il est essentiellement dynamique étant donné qu’il s’applique sur les richesses en voie
d’acquisition ;
- il semble plus juste dans la mesure qu’il atteint les revenus au fur et à mesure de leur
réalisation ;
- il favorise parfois la fraude au niveau des commerçants, des entrepreneurs et autre
assujetti hormis les salariés ;
- il peut donc être source d’inégalité devant les charges publiques.
a) Définition
C’est l’impôt qui atteint la consommation à l’occasion de la circulation ou de la détention
de produits ou objets taxés.
b) Caractères
- l’impôt sur la dépense est essentiellement repercutable ;
- c’est un impôt sensible à la conjoncture ;
- c’est un impôt relativement injuste car il frappe indifféremment la dépense sans tenir
compte des inégalités de richesse. Mais cette injustice est atténuée par deux éléments :
la dépense est fonction de la richesse ;
il y a pluralité de taux : taux faible pour les denrées de première nécessité et taux fort
pour les produits de luxe.
a) Définition
Le législateur considère ici le revenu global et l’assujettit à un seul et même impôt. En
d’autres termes, elle consiste à imposer globalement la matière imposable du contribuable.
b) Caractères
- il permet de tenir compte de la situation financière du contribuable ;
- il permet de personnaliser les charges fiscales en tenant compte des facultés
contributives ;
- il est simple et permet d’obtenir un impôt général sur le revenu ;
- il ne distingue pas le revenu du travail de celui du capital ;
- s’il n’existe pas de comptabilité, il permet la fraude.
a) Définition
Elle consiste à imposer séparément chacune des catégories de la matière imposable du
même contribuable.
b) Caractères
- C’est impôts cédulaires permettent de varier le prélèvement en fonction de l’utilité
sociale du revenu ;
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C- La méthode de personnalisation
a) Impôt personnel
C’est celui qui est établi sur l’ensemble des revenus du contribuable eu égard à sa
personne et ses charges de famille. Il présente les caractères suivants :
- c’est un impôt essentiellement global étant donné qu’il atteint l’ensemble des revenus
du contribuable ;
- il tente de réaliser la justice fiscale, l’égalité devant les charges publiques étant donné
qu’il adapte bien la charge fiscale au cas particulier de chacun.
.00
b) Impôt réel
C’est un impôt qui atteint diverses catégories de biens prises distinctement sans que soit
prise en compte la personnalité du contribuable. Il présente les caractères suivants :
- il est fragmentaire parce qu’il frappe les catégories de revenu séparément ;
- il est injuste, anonyme et aveugle car il atteint la matière imposable dans sa substance
sans tenir compte des charges qui pèsent sur le contribuable : que le bien appartienne à
un père de famille nombreuse ou à un célibataire, l’impôt est le même.
L’impôt direct s’entend de tout prélèvement fiscal qui reste définitivement à la charge
de celui qui le paie. C’est aussi un impôt qui est et qui peut être perçu par voie de rôle
nominatif.
Le rôle se définit comme un acte administratif portant la liste nominative des
contribuables et indiquant les éléments d’assiette, le taux de liquidation et le montant de la
dette.
L’impôt indirect est celui dont la charge est reportée sur les contribuables autres que
l’assujetti qui n’est qu’un intermédiaire capable de rejeter l’impôt sur d’autres personnes.
C’est un impôt qui quelque soit son objet est perçu sans rôle nominatif.
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b) Caractéristiques
- cette méthode est d’utilisation commode et relativement facile : elle réduit les
difficultés de l’évaluation ;
- elle réduit les contacts entre le fisc et la matière imposable d’une part, le fisc et le
contribuable d’autre part ;
- elle a un caractère approximatif ;
- elle est arbitraire et injuste car aucun indice n’est vraiment satisfaisant ;
- elle est peu productive car elle est moyenne ;
- elle peut être excessive ou insuffisante pour des bases d’impositions sur évaluées ou
sous-évaluées.
c) Mécanisme de l’indice
L’évaluation indiciaire passe par trois étapes :
recensement des signes extérieurs : retenu comme indice par la loi ;
application à ses indices d’un barème fixé par la loi : pour obtenir les revenus
indiciaires partiels ;
totalisation des revenus indiciaires partiels : pour obtenir le revenu indiciaire
global.
d) Utilisation de l’indice
La méthode indiciaire était essentiellement destinée à assurer la liberté et la tranquillité du
contribuable et à protéger sa propriété contre les atteintes du fisc. Aujourd’hui, l’impôt
indiciaire sert à contrôler la déclaration ou peut constituer un procédé auxiliaire d’assiette.
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b) Caractéristiques
- la méthode forfaitaire présente des avantages de commodité et de sécurité tant pour le
contribuable que pour l’administration fiscale ;
- cette méthode allège considérablement les obligations comptables et fiscales du
contribuable par rapport à celles qu’il devrait supporter s’il avait à établir lui-même et
à déclarer les résultats de son activité ;
- le forfait simplifie pour l’administration les vérifications qu’elle devrait normalement
opérer ;
- l’automaticité du forfait légal réduit les occasions de contestation ;
- elle est d’une exactitude très relative et conduit à la sous-évaluation de la matière
imposable ;
- elle est inexacte : l’équité fiscale n’y trouve guère son compte ;
- le forfait légal est souvent sommaire.
c) Utilisation du forfait
Le forfait est principalement utilisé pour la détermination de la matière imposable.
Il peut être aussi utilisé pour l’évaluation des charges déductibles (charges professionnelles en
matière de salaire). Le forfait se justifie dans la mesure où une évaluation exacte de la matière
imposable s’avère difficile ou bien dans le cas où une moyenne répondrait mieux que
l’évaluation exacte.
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Par contre le forfait est dit exact quand le fisc est obligé de se contenter de la participation
accrue du contribuable en retenant le plus d’éléments possibles.
1) La déclaration à l’administration
La déclaration est le procédé par lequel le contribuable avoue spontanément les éléments
de la base imposable. Elle consiste pour le contribuable à faire connaître lui-même au fisc
l’existence de la matière imposable. Dès lors qu’elle a été étendue aux impôts directs surtout à
l’avène0ment de l’impôt sur le revenu, il naît chez le contribuable la pudeur fiscale car il
s’agit de déclarer publiquement les éléments entrant dans sa vie privée. Devant cette situation
il y a la réticence à la confession c'est-à-dire à la déclaration des revenus d’où la tendance à la
fraude. L’avantage est que l’évaluation est précise et exacte car elle est fournie par le
contribuable qui connaît le mieux la valeur de la matière imposable. De plus, elle allège
considérablement la tâche de l’administration puisqu’elle est fondée sur une présomption
d’exactitude.
c) La déclaration contrôlée
C’est l’acte par lequel le contribuable fait connaître au fisc l’existence de la matière
imposable, son montant et éventuellement les éléments nécessaires aux calculs et aux
contrôles de l’impôt.
La déclaration est dite contrôlée dans la mesure où les services fiscaux ont la possibilité
d’exiger des justifications, d’effectuer des contrôles.
Elle est obligatoire et toute dérobade entraîne des sanctions.
2) L’évaluation administrative
a) L’évaluation ordinaire
C’est le mode par lequel le fisc fait appel à la participation du contribuable qui lui soumet
une déclaration sur la base de laquelle il procède à l’évaluation. L’évaluation définitive va
résulter alors de ce dialogue entre fisc et contribuable. Ce système se rapproche du forfait.
b) La taxation d’office
C’est un acte unilatéral par lequel le fisc procède à l’évaluation de la matière imposable.
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Elle revêt un caractère de sanction et l’impôt à payer dans ce cas est très élevé. Elle
intervient en cas de défaut de collaboration entre le fisc et le contribuable (refus de répondre à
certaines questions d’éclaircissement, opposition à contrôle fiscal, déclaration minorée…).
Liquider l’impôt c’est calculer le montant exact une fois que la matière imposable a
été recensée. La liquidation de l’impôt est donc la détermination du montant exact de la dette
fiscale à acquitter par le contribuable.
Pour déterminer la dette fiscale, le fisc procède par deux méthodes. Il y a la méthode
de répartition et la méthode de quotité.
B- Caractères
un seul avantage : son rendement qui est connu à l’avance ;
cet impôt exclu les chances de plus-value ;
il cumule les approximations et des erreurs sont commises au niveau de chaque stade
de répartition ;
il assure l’inégalité des contribuables devant les charges publiques donc injuste car il
suffit au gré du hasard d’être dans telle commune plutôt que telle autre pour avoir
supporté un fardeau fiscal très élevé.
A cause de ses inconvénients, la liquidation par la quotité a succédé à la répartition.
B- Mécanisme
Le système de quotité se déroule en une seule phase à savoir l’application aux différentes
bases imposables des taux fixés par la loi.
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I- L’impôt proportionnel
A- Définition et illustration
L’impôt proportionnel consiste à appliquer un taux constant à la matière imposable. Il
s’exprime en un pourcentage et reste fixe quelle que soit l’importance de cette matière.
EX : Calculer l’impôt des contribuables ci après. Taux = 5%
A 140 000
B 160 000
C 180 000
D 200 000
Résolution
A = 140 000 x 5% = 7 000
B = 160 000 x 5% = 8 000
C = 180 000 x 5% = 9000
D = 200 000 x 5% = 10 000
Commentaire
L’impôt proportionnel adapte la charge fiscale à la situation personnelle et aux facultés
contributives. Mais la personnalisation est incomplète car le taux demeurant constant, la
proportion de matière imposable prélevée demeure la même quelque soit l’importance de la
faculté contributive.
B- Caractères
il favorise les revenus modestes ;
il ne respecte pas la justice fiscale ;
il n’est pas rentable ni productif ;
en raison de l’uniformité de son tarif, il inflige aux divers contribuables des sacrifices
et des efforts très inégaux.
Résolution
A = 140 000 x 5% = 7 000
B = 160 000 x 10% = 16 000
C = 200 000 x 20% = 40 000
B- Caractères
La progressivité appliquée de façon absolue risque de faire disparaître la matière
imposable car le taux en dernière analyse risque d’atteindre les 100%. C’est pourquoi il est
nécessaire de l’aménager.
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C- Modalités de la progressivité
a) La progressivité globale ou par classe
Cette progressivité consiste à répartir les revenus des contribuables en des classes partant
de zéro ou d’un minimum exonéré, et à ces classes sont affectés des taux croissants.
EX : Calculer l’impôt des contribuables suivants :
A 118 000 taux = 5%
B 135 000 --- = 12%
C 150 000 --- = 26%
Résolution
A = 0 – 118 000 x 5% = 5 900
B = 0 – 135 000 x 12% = 16 200
C = 0 – 150 000 x 26% = 39 000
Commentaire
La progressivité globale adapte la charge fiscale à la situation personnelle car l’impôt
varie en fonction de la matière imposable et du taux appliqué. Il y a injustice fiscale au niveau
des facultés contributives de base lié aux différentes masses. Ainsi donc comme caractères on
peut citer :
un seul avantage car elle est simple dans son principe et dans son utilisation ;
elle crée des sauts brutaux d’une classe à une autre ;
elle est injuste car dans une même classe, elle soumet deux revenus différents au
même taux qui est seulement justifié par la limite supérieure.
C’est pour remédier à cette injustice que l’on préfère la progressivité par tranche.
Calculer l’impôt dû par SONAGNON s’il dispose d’un revenu de 150 000
Résolution
0 --------------18 000 ---------- 5% ---------- 18 000 x 5% = 900
18 000 --------------35 000 ---------- 8% ---------- 17 000 x 8% = 1 360
35 000 --------------65 000 ---------14% -----------30 000 x 14% = 4 200
65 000 -------------100 000 -------- 20% ---------- 35 000 x 20% = 7 000
100 000-------------150 000 ---------26% ---------- 50 000 x 26% = 13 000
Commentaire
En progressivité globale le même revenu de 150 000 avait supporté au même taux de 26%
un impôt de 39 000. Ainsi, la progressivité par tranche vient combler les lacunes de la
progressivité globale. Comme caractères on peut citer :
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c) La progressivité aménagée
1- Les abattements, réfactions et déductions
Abattements ou exonérations
Calculer le revenu imposable, l’impôt auquel chaque contribuable est assujetti et le taux
réel auquel ils ont été imposés avec les éléments ci-après :
A= 140 000 ; B= 260 000 ; C= 280 000 ; D= 300 000
Taux unique : 5% ; exonération : 20 000
Résolution
- le revenu imposable :
A = 140 000 – 20 000 = 120 000
B = 260 000 – 20 000 = 240 000
C = 280 000 – 20 000 = 260 000
D = 300 000 – 20 000 = 280 000
- l’impôt dû :
A = 120 000 x 5% = 6 000
B = 240 000 x 5% = 12 000
C = 260 000 x 5% = 13 000
D = 280 000 x 5% = 14 000
- le taux réel :
6 000 x 100
A= 140 000 = 4, 28 %
12 000 x 100
B= 260 000 = 4, 61 %
13 000 x 100
C= 280 000 = 4, 64 %
14 000 x 100
D= 300 000 = 4, 67 %
les réfactions
Il y a réfaction lorsque la portion exonérée est exprimée en pourcentage. La
réfaction de 15 % sur les salaires par exemple signifie que cette portion de salaire est
exonérée d’impôt.
les déductions
La déduction consiste à retrancher de la base d’imposition une somme
correspondant à un élément extérieur à la matière imposable. Par exemple les investissements
effectués par une entreprise sont déduits du Bénéfice Industriel et Commercial (BIC).
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la franchise
Lorsque la dette d’impôt à acquitter n’atteint pas un certain niveau, la mise en
recouvrement peut être suspendue : c’est la franchise. Ceci apporte une aide indirecte aux
contribuables les moins aisés.
l’avoir fiscal
Il consiste en un remboursement fait par le fisc au bénéficiaire de dividendes au
cours de l’année. En clair, l’avoir fiscal est un dégrèvement fiscal dont bénéficient les
actionnaires ayant touché des dividendes.
Remarques
L’impôt est négatif lorsque les revenus du contribuable sont si maigres qu’on ne peut rien
prélever sur lui et que l’Etat, au contraire, est obligé de lui venir en aide par l’octroi des
allocations ou subventions.
On parle d’impôt principal lorsque c’est le montant obtenu par l’application du taux au
bien ou au revenu.
Les décimes et les centimes additionnels sont des compléments d’impôt calculé
proportionnellement à l’impôt primitif.
e) la discrimination fiscale
La discrimination fiscale consiste à appliquer des taux différents à des matières
imposables de même valeur quantitative mais de nature et d’origine différente. L’objectif de
cette technique est d’ordre social, celui d’atteindre une grande justice fiscale. Elle peut
s’analyser par rapport à la facilité à gagner les revenus ; de la facilité de dissimulation.
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COURS DE DROIT FISCAL
à être répercuté sur un tiers. Cependant, un impôt peut être nouveau et avoir un taux élevé,
une facile répercussion. Tout dépend de la politique fiscale. L’impôt jeune peut être pratiqué
pour formaliser le secteur informel.
l’impôt mature
Un impôt devient mature ou adulte lorsque son taux croît pendant que le secteur
d’activité se développe. La croissance du taux est un signe que l’impôt se porte bien et qu’il a
un bon rendement. Mais lorsque le taux se stabilise ou commence à décroître en dehors de
toute mesure d’allègement fiscal, il tend vers la vieillesse.
l’impôt vieux
La vieillesse de l’impôt est une sécurité pour son rendement. Ainsi, le contribuable
ne le sent plus sur sa bourse. C’est ce qui explique l’assertion suivante : « Les impôts sont
comme des chaussures : ce sont les plus vieux qui font le moins mal ».
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B- La ferme
Ce système consiste dans un accord entre l’Etat et un particulier ou une entreprise en
vertu duquel ce particulier ou cette entreprise verse à l’Etat une somme forfaitaire qu’il
récupère sur les contribuables. Ce système à un certain nombre de conséquences.
Avantages
- la certitude du rendement de l’impôt pour le trésor, parfois par anticipation ;
- le système décharge l’Etat de toutes préoccupations en matière d’assiette, de
liquidation et de recouvrement ; ce qui entraîne la réduction de l’effectif de
l’administration fiscale.
Inconvénients
- le trésor perd l’excès entre la somme forfaitaire que lui verse les fermiers et celle que
ces derniers récupèrent sur les contribuables ;
- les fermiers créent une immense administration pour organiser le recouvrement : les
rapports de l’Etat vis-à-vis de l’impôt sont réduits.
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COURS DE DROIT FISCAL
C’est un système dans lequel l’impôt est assis, liquidé et recouvré par les fonctionnaires
publics relevant d’une ou plusieurs administrations à savoir :
la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) ;
la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) ;
la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID).
Ces administrations dans la procédure de recouvrement des impôts, respectent le
principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables. (Caractères)
Remarques
Paiement différé : l’impôt est payé après l’établissement du titre de perception. C’est
généralement des impôts directs où il y a décalage entre les opérations d’assiette et de
liquidation d’une part et celles de recouvrement d’autre part.
Paiement anticipé : l’impôt est recouvré avant l’établissement du titre de perception.
Ex : droits de timbre et d’enregistrement etc.… ;
Retenue à la source : encore appelé paiement par un tiers ou stoppage à la source, c’est
un procédé qui consiste pour le tiers à prélever sur le revenu du contribuable l’impôt et à
le reverser au fisc. Comme avantage :
il simplifie le travail administratif ;
il accélère les rentrées de l’impôt ;
il réduit la fraude ;
il rend l’impôt moins visible pour le contribuable.
B- En nature
L’impôt en nature est celui qui se paie sous forme de corvée. De nos jours, ce mode de
paiement n’existe plus.
C- Par compensation
La compensation est un mode d’extinction de la dette qui résulte de l’existence de deux
créances réciproques entre deux personnes.
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En matière civile, le paiement par compensation est valable mais en droit fiscal, la chose
n’est pas possible.
Cependant, l’administration fiscale autorise la compensation lorsqu’elle constate un
excédent de paiement et une insuffisance d’imposition pour le même contribuable et pour la
même nature d’impôt.
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Le commandement est l’acte par lequel le fisc annonce au contribuable son intention de
saisir ces biens. C’est le 1er acte de poursuite décerné contre le contribuable.
Trois jours après le commandement, le fisc procède à la saisie des biens sous le contrôle
d’un huissier de justice. Un procès verbal de saisie doit être établit et les biens sont placés
sous protection contre les vols.
Huit jours après, si le contribuable s’obstine (s’entête), le fisc procède à la vente des
biens par un commissaire priseur sous le contrôle de l’huissier.
Le Receveur peut délivrer contre des tiers un avis à tiers détenteur (ATD) pour les
obliger à payer la dette fiscale au moyen des fonds qu’ils détiennent pour le compte du
contribuable débiteur.
NB : En cas de concours de créanciers, le fisc bénéficie d’un rang préférable compte
tenu du privilège qui lui ai reconnu.
2- Phase judiciaire
En matière d’impôt indirect, la phase judiciaire est la même qu’en matière d’impôt
direct.
C- La solidarité fiscale
1- En matière d’impôt direct
Dans le cas de l’impôt sur le revenu, le législateur a établit la solidarité entre la femme
et son mari. De même en cas de décès du contribuable, les impôts du défunt peuvent être
considérés comme une créance du Trésor et les héritiers en sont solidairement redevables.
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NB : L’ATD est un acte de procédure qui permet au trésor public d’obliger le tiers qui détient
les fonds du redevable de lui verser tout ou partie à titre de règlement des impôts qui lui sont
dus.
La date de mise en recouvrement : c’est la date à laquelle le fisc notifie la dette fiscale au
contribuable.
La date d’exigibilité : c’est la date à laquelle le contribuable doit se rendre au plus tard aux
impôts pour payer sa dette. Elle se situe généralement au dernier jour du mois suivant celle de
mise en recouvrement.
IV- Distinction entre contribuable et redevable
Le contribuable est la personne contre laquelle l’impôt est établi et perçu ; c’est celui
qui supporte la charge de l’impôt. En matière d’impôt direct, c’est la personne dont le nom est
inscrit au rôle.
Le redevable est le contribuable subsidiaire. C’est celui sur qui est répercuté la
charge de l’impôt.
Il arrive que le contribuable ne paie pas l’impôt. Dans ce cas l’impôt ne renonce pas à
ces droits ; le fisc poursuit alors le recouvrement de l’impôt à l’égard des contribuables
subsidiaires prévus par la loi fiscale.
La notion de contribuable est précisément attachée aux opérations d’assiette et de
liquidation. Celle de redevable n’apparaît qu’au moment du recouvrement c'est-à-dire en cas
de non paiement de l’impôt par le contribuable. Le contribuable se distingue du redevable
dans le cas de l’insolvabilité du 1er par le jeu de la solidarité.
B- L’évasion fiscale
L’évasion fiscale est le fait pour le contribuable de se soustraire au paiement de l’impôt
sans violer la loi en utilisant toutes les lacunes, les astuces et les subtilités juridiques offerte à
son imagination sans que sa charge fiscale soit reportée sur un tiers.
En d’autres termes, l’évasion fiscale consiste à échapper à l’impôt en s’appuyant sur les
faiblesses ou les insuffisances de la loi fiscale.
Elle se manifeste par :
l’insuffisance des dispositions législatives fiscales ;
le recours aux subtilités juridiques ;
la pratique des prix de transfert par les sociétés transnationales ;
l’abstention ;
le placement des fonds dans les paradis fiscaux.
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Les secondes sanctions sont des sanctions non fiscales ou pénales. S’il est établi que le
contribuable a frauduleusement éludé l’impôt, le fisc engage envers ce contribuable des
poursuites judiciaires qui conduiront à des peines d’emprisonnement, à l’interdiction
d’exercer une profession, au retrait du permis de conduire et à la confiscation des biens.
Toutefois, le contribuable est autorisé à présenter sa défense.
2- le droit de reprise
Il s’exerce sur les quatre dernières années en matière d’impôt direct et ouvre ainsi droit à
des nouvelles impositions. Ceci se fait par le biais d’un redressement fiscal.
4- le droit d’expertise
Il permet d’apprécier à nouveau la matière imposable par un expert.
5- le droit de préemption
Ce droit donne l’autorisation à l’administration de s’acquérir un immeuble ou un fonds
de commerce lorsqu’elle estime que le prix déclaré est sous-évalué. Le bien est racheté avec
une majoration de 10% sur le prix déclaré.
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