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La Matière Imposable en Droit Fiscal

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COURS DE DROIT FISCAL

DROIT FISCAL
Par Dr Ange W. V. ASSOGBA
Fiscaliste
97 37 52 69

INTRODUCTION GENERALE

Le droit fiscal est l’ensemble des règles appliquées par le fisc. C’est la branche du droit
public qui régit le droit du fisc et leur prérogative d’exercice. De cette définition naît les
caractères suivants :
- branche du droit public : cela évoque l’intervention de la puissance publique avec
toutes ses conséquences ;
- le droit du fisc ou l’autonomie du droit fiscal : cela évoque un pouvoir fiscal,
l’existence d’un droit autonome par rapport aux autres disciplines ;
- prérogative d’exercice ou la contrainte : cela évoque l’idée d’une procédure
particulière et privilégiée de droit commun. C’est un droit qui est soumis au principe
de légalité et d’égalité.
C’est une science qui complète les finances publiques ; cette science est d’autant plus
importante à étudier que l’impôt constitue un élément capital de l’équilibre budgétaire.
Par contre, la fiscalité est l’ensemble des impôts en vigueur dans un Etat ou le système de
prélèvement sur le patrimoine de chaque citoyen en vue de sa redistribution à travers le
budget général de l’Etat ou des collectivités publiques.
En rapprochant ces deux définitions, on constate que le législateur est au centre de
l’élaboration de ces règles juridiques car c’est lui qui choisit parmi tous les procédés
possibles, les formules susceptibles de lui permettre d’établir les impôts nécessaires à assurer
la répartition des charges communes et à favoriser la politique économique. En opérant ce
choix, le législateur établit le système fiscal qui est définit comme l’ensemble des impôts
prélevés dans un pays et les règles suivant lesquelles on procède à l’assiette, la liquidation et
au recouvrement de ces impôts.
Ainsi donc, l’impôt est au cœur du système fiscal, de même que tout ce qui lui
ressemble à savoir les taxes et les redevances. La notion d’impôt a évolué dans le temps. Dans
l’antiquité, l’impôt était le produit de la volonté du Prince. Au 16ème siècle, il faut que
l’individu ou son représentant consente ; il est donc basé sur la volonté de l’individu. Au 18ème
siècle, l’impôt est la contrepartie d’un service public rendu. Au 19ème siècle, l’impôt est

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COURS DE DROIT FISCAL

inconditionnel et obligatoire. Au 20ème et au 21ème siècle, compte tenu du rôle de plus en plus
interventionniste de l’Etat notamment dans le domaine économique et social, l’impôt cesse
désormais d’avoir un but purement fiscal. Il apparaît comme un instrument aux mains de
l’Etat pour atteindre ses objectifs sociaux et économiques. Exemple : impôt à but protecteur, à
but nataliste, à but nuptial etc.…
De plus, la notion d’impôt est complexe :
 sur le plan politique : le peuple doit donner son consentement à travers les
représentants élus (députés). Ce consentement doit être manifeste à travers une loi. En
plus, l’impôt est prélevé chaque année et pour un an ;
 sur le plan économique : avec l’impôt, l’Etat peut encourager ou décourager, orienter
ou désorienter telle ou telle activité ;
 sur le plan juridique : l’impôt dérive du droit fiscal qui est une discipline juridique.
Pour faire la lumière sur toutes ces différentes considérations, le cours s’articulera autour
de deux grandes parties :

1ère PARTIE : La technique fiscale


Chapitre préliminaire : Généralités sur l’impôt
Chapitre 1er : L’assiette de l’impôt
Chapitre 2ème : La liquidation de l’impôt
Chapitre 3ème : Le recouvrement de l’impôt

2ème PARTIE : Le système fiscal béninois


Chapitre 1er : Les impôts d’Etat
Chapitre 2ème : Les impôts locaux

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COURS DE DROIT FISCAL

PREMIERE PARTIE : LA TECHNIQUE FISCALE


Cette partie se subdivisera en un chapitre
prélimi

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COURS DE DROIT FISCAL

DROIT FISCAL
Par Ange ASSOGBA
Fiscaliste
97 37 52 69

INTRODUCTION GENERALE

Le droit fiscal est l’ensemble des règles appliquées par le fisc. C’est la branche du droit
public qui régit le droit du fisc et leur prérogative d’exercice. De cette définition naît les
caractères suivants :
- branche du droit public : cela évoque l’intervention de la puissance publique avec
toutes ses conséquences ;
- le droit du fisc ou l’autonomie du droit fiscal : cela évoque un pouvoir fiscal,
l’existence d’un droit autonome par rapport aux autres disciplines ;
- prérogative d’exercice ou la contrainte : cela évoque l’idée d’une procédure
particulière et privilégiée de droit commun. C’est un droit qui est soumis au principe
de légalité et d’égalité.
C’est une science qui complète les finances publiques ; cette science est d’autant plus
importante à étudier que l’impôt constitue un élément capital de l’équilibre budgétaire.
Par contre, la fiscalité est l’ens emble des impôts en vigueur dans un Etat ou le système de
prélèvement sur le patrimoine de chaque citoyen en vue de sa redistribution à travers le
budget général de l’Etat ou des collectivités publiques.
En rapprochant ces deux définitions, on constate que le législateur est au centre de
l’élaboration de ces règles juridiques car c’est lui qui choisit parmi tous les procédés
possibles, les formules susceptibles de lui permettre d’établir les impôts nécessaires à assurer
la répartition des charges communes et à favoriser la politique économique. En opérant ce
choix, le législateur établit le système fiscal qui est définit comme l’ensemble des impôts
prélevés dans un pays et les règles suivant lesquelles on procède à l’assiette, la liquidation et
au recouvrement de ces impôts.
Ainsi donc, l’impôt est au cœur du système fiscal, de même que tout ce qui lui
ressemble à savoir les taxes et les redevances. La notion d’impôt a évolué dans le temps. Dans
l’antiquité, l’impôt était le produit de la volonté du Prince. Au 16ème siècle, il faut que
l’individu ou son représentant consente ; il est donc basé sur la volonté de l’individu. Au 18ème
siècle, l’impôt est la contrepartie d’un service public rendu. Au 19 ème siècle, l’impôt est

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naire pour se familiariser avec les notions d’impôts et en trois chapitres relatifs à l’assiette de
l’impôt, la liquidation de l’impôt et le recouvrement de l’impôt.

Chapitre préliminaire : GENERALITES SUR L’IMPOT

Thème 1 : Définition et caractères de l’impôt


I- Définition de l’impôt
A- Définition par la technique ou définition classique

Selon le célèbre G. JEZE, « l’impôt est une prestation pécuniaire requise des
particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la couverture
des charges publiques ».
De cette définition, on ressort les caractères suivants
1- l’impôt est une prestation pécuniaire : parce qu’il est payé en argent mais
exceptionnellement en nature par la corvée ;
2- il est exigé des particuliers : c'est-à-dire les personnes physiques et morales de droit
public comme de droit privé ;
3- il est perçu par voie d’autorité : car il revêt un caractère obligatoire, contraignant et
coercitif ;
4- l’impôt est perçu à titre définitif : c'est-à-dire sans esprit de retour comme
l’emprunt ;
5- il est perçu sans contrepartie : car il n’existe aucune relation de cause à effet entre le
service public dont l’individu bénéficie et la dette fiscale.

B- Définition par la finalité ou définition moderne


Il s’agit de la définition de M. MEHL. « L’impôt est une prestation pécuniaire requise des
personnes physiques ou morales de droit privé et éventuellement de droit public d’après leurs
facultés contributives, par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie déterminée en
vue de la couverture des charges publiques de l’Etat et des autres collectivités territoriales ou
de l’intervention de la puissance publique ». Cette définition donne les précisions suivantes :
 les contribuables sont définis. Ils peuvent être des personnes physiques ou morales de
droit privé comme de droit public ;
 les facultés contributives sont mises en évidence ;
 l’Etat a été considéré dans ses collectivités territoriales ;
 la finalité de l’impôt n’est pas que de couvrir les charges publiques mais aussi d’user
de ses prérogatives de puissance publique pour intervenir dans tous les domaines de la
vie sociale.
Cette définition de MEHL comporte en résumé trois volets :
- l’impôt est le procédé de répartition des charges publiques entre les individus selon
leur faculté contributive ;
- l’impôt est un procédé d’intervention publique dans le domaine économique et social ;
- l’impôt est un procédé de redistribution des richesses ou revenus.

II- Caractères de l’impôt


A- Caractères au regard de l’administration
L’impôt est obligatoire, légal et rentable car :
 l’administration bénéficie de toutes les prérogatives de puissance publique pour
recouvrer la dette fiscale auprès du contribuable ;
 le pouvoir public ne peut exiger des contribuables que les impôts autorisés par la loi ;

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 le produit de l’impôt doit permettre à l’Etat de couvrir ses dépenses publiques après
déduction des charges administratives.

B- Caractères au regard du contribuable


L’impôt doit être objectif et clair, commode, juste et assurer l’économie.
L’objectivité et la clarté : l’impôt est établi en dehors de tout sentiment arbitraire et les règles
d’imposition doivent être connu de tous ;
La commodité : elle voudrait que le contribuable soit mis dans de bonnes conditions pour
s’acquitter de ses obligations fiscales ;
La justice : chaque citoyen doit contribuer aux charges de l’Etat proportionnellement à ses
ressources ;
L’économie : les frais engendrés ne doivent pas être élevé si non le rendement sera médiocre.

Thème 2 : Fonctions et classifications des impôts


I- Fonctions ou finalités de l’impôt
A- Fonction financière
C’est la couverture des charges publiques. « L’Etat a des charges, il faut les couvrir ».
Les charges de l’Etat sont les premières causes de l’impôt. L’impôt permet donc à l’Etat et
aux collectivités locales de disposer de ressources nécessaires au financement des dépenses
publiques. Cette fonction financière de nos jours est dépassée. L’impôt joue aujourd’hui un
rôle dynamique.

B- Fonction économique
Aujourd’hui, l’impôt joue un rôle économique. Par l’impôt, l’Etat peut exercer une action
économique collective pour favoriser une activité. Il stipule l’offre et encourage la demande
des biens et services. De même, une lourde fiscalité pourrait décourager une activité donnée.
Au total, l’Etat recourt à tel impôt plutôt qu’à tel autre parce qu’il vise un but d’ordre
économique.

C- Fonction politique et sociale


L’impôt est le procédé particulier de redistribution des richesses. Dans ce conteste,
l’impôt joue le rôle d’une « pompe aspirante et foulante ». Ainsi, on impose lourdement les
grosses fortunes pour ensuite octroyer des allocations de toutes sortes aux plus démunis
(allocation familiale, subvention etc.…)

II- Classifications des impôts


A- Selon l’incidence de l’impôt
Elle permet de distinguer les impôts directs et les impôts indirects.

B- Selon l’administration
Elle permet de distinguer les services chargés de l’assiette de ceux chargés du recouvrement.
Ainsi, nous pouvons avoir, les contributions directes et les contributions indirectes.

C- Selon la matière imposable


Elle permet de distinguer les impôts sur le capital, les impôts sur le revenu et les impôts sur la
dépense.

D- Selon la base d’imposition


Elle permet de distinguer l’impôt réel de l’impôt personnel.
E- Selon le mode d’évaluation de la matière imposable

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Elle permet de distinguer l’impôt forfaitaire, l’impôt indiciaire et l’impôt déclaratif.

F- Selon le mode de calcul (taux ou tarif) de l’impôt


Elle permet de distinguer l’impôt de répartition, l’impôt de quotité et l’impôt uniforme.

G- Selon le mode de recouvrement


Elle permet de distinguer les droits au comptant et les droits constatés.

H- Selon la date de paiement


Elle permet de distinguer l’impôt à paiement anticipé, à paiement comptant et à paiement
différé.
Thème 3 : Impôts et prestation voisines
I- Les taxes
A- La taxe fiscale
Communément appelé taxe, c’est un prélèvement fiscal pécuniaire opéré au profit de
l’Etat ou des collectivités publiques sur un bénéficiaire et découlant du fonctionnement d’un
service sans corrélation avec le coût du service et dont la consommation est facultative.
La taxe à l’opposé de l’impôt requiert une contrepartie qui est un service rendu par
l’administration. Ex : Taxe d’enlèvement des ordures.
Notons que le législateur entretien parfois la confusion en appelant taxes de véritables
impôts car dans le monde anglophone TAXE = IMPOT. Ex : Taxe sur la Valeur Ajoutée
(TVA), Taxe Foncière Unique (TFU).

B- La taxe parafiscale
La parafiscalité évoque la taxe parafiscale qui se définit comme un prélèvement fiscal
obligatoire versé par le contribuable pour financer des organismes spécifiques à caractère
social et économique. Elle est perçue par le Trésor Public mais reversée à l’organisme
bénéficiaire. EX : Taxe radiophonique et télévisuelle.

II- La redevance
C’est une rémunération pour un service rendu sur demande et qui est en stricte corrélation
avec son montant. Elle est requise des usagers pour couvrir les frais d’établissement et
d’entretien d’un ouvrage public ou semi-public. Ex : Redevance téléphonique – facture SBEE.
Ainsi donc, la redevance implique la notion de contrepartie et de service rendu.

III- Etude comparée : impôts – taxes – redevances

IMPOTS TAXES REDEVANCES


Source Légale Légale Règlementaire
Détermination Faculté contributive Obligatoire et service Service rendu
rendu proportionnel
Critère distinctif Inconditionnel Obligatoire et service Equivalence prix et
rendu service rendu
Exigibilité Intégrale Obligatoire et Selon périodicité
intégrale
Etablissement Annuel Annuel Selon périodicité
Confusion TVA-TFU etc. TVA-TFU etc. ---
Régime juridique Fiscal Fiscal Non fiscal
Contentieux Administratif Administratif Judiciaire

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Chapitre I : L’ASSIETTE DE L’IMPOT

Asseoir l’impôt, c’est déterminer les biens, les revenus ou les éléments qui seront
assujettis à l’imposition : c’est déterminer le fait générateur.
Le fait générateur est l’élément juridique qui donne naissance à la dette fiscale.
Ex : - en matière d’impôt d’Etat, en ce qui concerne l’IPTS par exemple, la perception ou
la mise à disposition d’un salaire est le fait générateur de cet impôt ;
- en matière d’impôt indirect, en ce qui concerne la TVA, la vente, l’achat ou la
prestation de service à titre onéreux constitue le fait générateur de cet impôt.
L’assiette de l’impôt est alors l’ensemble des opérations administratives visant à
déterminer la base d’imposition. Pour déterminer cette base, il faudra au préalable rechercher
la matière imposable qui est définit comme l’élément matériel retenu pour imposer le
contribuable. Il peut s’agir du capital, du revenu ou du bien en circulation.
La base imposable quant à elle s’entend de l’élément retenu pour le calcul de l’impôt. En
d’autre terme, c’est l’élément auquel est appliqué le taux ou le barème de l’impôt.
Ce chapitre comportera deux thèmes à savoir : le choix de la matière imposable et
l’évaluation de cette matière.

Thème 4 : La détermination ou choix de la matière imposable


I- Etude des impôts sur le capital, le revenu et la dépense
A- L’impôt sur le capital

a) Définition
Le capital est la richesse acquise, consolidée, stabilisée, constituée. Or la richesse présente
un caractère de stabilité. Il revêt trois formes : le capital immobilier, mobilier et financier.
L’impôt sur le capital est donc celui qui atteint l’ensemble des biens possédés par l’individu et
qui sont définitivement acquis soit par l’épargne d’une partie de son revenu soit par donation
soit par legs soit par succession.

b) Caractères
- c’est un impôt qui atteint le capital productif ;
- c’est un impôt qui décourage l’épargne ;
- c’est un impôt statique car il est assis sur des richesses déjà acquises ;
- c’est un impôt injuste dans la mesure où le capital de l’individu comprend des
éléments facilement dissimulables ;
- il est difficilement répercutable car c’est le contribuable lui-même qui supporte
effectivement l’impôt ;
Il est nécessaire de ne pas confondre l’impôt sur le capital productif qui est un
prélèvement sur le capital et l’impôt en capital qui atteint le capital dans sa substance. Ici, ce
n’est plus un prélèvement sur le capital mais un prélèvement du capital.

B- L’impôt sur le revenu

a) Définition
Le revenu est l’ensemble des richesses du contribuable. C’est une richesse qui se
renouvelle périodiquement.
L’impôt sur le revenu est donc celui qui atteint la richesse en voie d’acquisition. Cette
richesse peut provenir de l’exercice d’une activité (revenus du travail) ou du produit d’un
capital (revenus du capital) ou des deux (revenus mixtes).

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b) Caractères
- il est difficilement repercutable ;
- il est essentiellement dynamique étant donné qu’il s’applique sur les richesses en voie
d’acquisition ;
- il semble plus juste dans la mesure qu’il atteint les revenus au fur et à mesure de leur
réalisation ;
- il favorise parfois la fraude au niveau des commerçants, des entrepreneurs et autre
assujetti hormis les salariés ;
- il peut donc être source d’inégalité devant les charges publiques.

C- L’impôt sur la dépense

a) Définition
C’est l’impôt qui atteint la consommation à l’occasion de la circulation ou de la détention
de produits ou objets taxés.

b) Caractères
- l’impôt sur la dépense est essentiellement repercutable ;
- c’est un impôt sensible à la conjoncture ;
- c’est un impôt relativement injuste car il frappe indifféremment la dépense sans tenir
compte des inégalités de richesse. Mais cette injustice est atténuée par deux éléments :
 la dépense est fonction de la richesse ;
 il y a pluralité de taux : taux faible pour les denrées de première nécessité et taux fort
pour les produits de luxe.

II- Les méthodes d’imposition

A- La méthode synthétique (impôt synthétique)

a) Définition
Le législateur considère ici le revenu global et l’assujettit à un seul et même impôt. En
d’autres termes, elle consiste à imposer globalement la matière imposable du contribuable.

b) Caractères
- il permet de tenir compte de la situation financière du contribuable ;
- il permet de personnaliser les charges fiscales en tenant compte des facultés
contributives ;
- il est simple et permet d’obtenir un impôt général sur le revenu ;
- il ne distingue pas le revenu du travail de celui du capital ;
- s’il n’existe pas de comptabilité, il permet la fraude.

B- La méthode analytique (impôt analytique ou cédulaire)

a) Définition
Elle consiste à imposer séparément chacune des catégories de la matière imposable du
même contribuable.
b) Caractères
- C’est impôts cédulaires permettent de varier le prélèvement en fonction de l’utilité
sociale du revenu ;

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- avec ce système on adapte les modalités d’imposition à la nature du revenu à imposer ;


- il distingue les revenus des capitaux et les revenus de travail ;
- les impôts cédulaires ne prennent pas en compte la situation globale du contribuable.
Ainsi, ils fragmentent les facultés contributives sans être sûrs d’accéder à tous les
revenus du contribuable.

C- La méthode de personnalisation

a) Impôt personnel

C’est celui qui est établi sur l’ensemble des revenus du contribuable eu égard à sa
personne et ses charges de famille. Il présente les caractères suivants :
- c’est un impôt essentiellement global étant donné qu’il atteint l’ensemble des revenus
du contribuable ;
- il tente de réaliser la justice fiscale, l’égalité devant les charges publiques étant donné
qu’il adapte bien la charge fiscale au cas particulier de chacun.
.00
b) Impôt réel

C’est un impôt qui atteint diverses catégories de biens prises distinctement sans que soit
prise en compte la personnalité du contribuable. Il présente les caractères suivants :
- il est fragmentaire parce qu’il frappe les catégories de revenu séparément ;
- il est injuste, anonyme et aveugle car il atteint la matière imposable dans sa substance
sans tenir compte des charges qui pèsent sur le contribuable : que le bien appartienne à
un père de famille nombreuse ou à un célibataire, l’impôt est le même.

III- Les impôts directs et indirects

A- Les impôts directs

L’impôt direct s’entend de tout prélèvement fiscal qui reste définitivement à la charge
de celui qui le paie. C’est aussi un impôt qui est et qui peut être perçu par voie de rôle
nominatif.
Le rôle se définit comme un acte administratif portant la liste nominative des
contribuables et indiquant les éléments d’assiette, le taux de liquidation et le montant de la
dette.

B- Les impôts indirects

L’impôt indirect est celui dont la charge est reportée sur les contribuables autres que
l’assujetti qui n’est qu’un intermédiaire capable de rejeter l’impôt sur d’autres personnes.
C’est un impôt qui quelque soit son objet est perçu sans rôle nominatif.

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C- C000000000aractères des impôts directs et indirects (tableau comparatif)

AU REGARD DE IMPOTS DIRECTS IMPOTS INDIRECTS


*Initiative de l’administration *Initiative du contribuable
*Distinction des services : *Confusion des services
assiette, liquidation et de *Simplicité d’appréhension
recouvrement de la matière imposable
ADMINISTRATION *Complexité des impositions *Droit au comptant
*Droits constatés *Recouvrement simple
*Rigueur de recouvrement *contentieux judiciaire
confié aux comptables
*contentieux administratif

*Apparent et brutal *Discret et invisible


*Supporté définitivement *Susceptible de répercussion
CONTRIBUABLE *Effort de justice et *Inégalement réparti
d’adaptation : la
personnalisation
*Revenus et les capitaux *Productions et
MATIERE IMPOSABLE *Etablir sur les facultés consommations
contributives ou sur les biens *Basé sur les services et les
activités
*Fonction du pouvoir d’achat *Entrave économique
disponible *Inéluctable : incorporé au
*Incertain, fraude possible prix
*Figé *Mouvant
*Permanent et assez stable *Intermittent et sensible à la
ECONOMIE *Rendement modeste conjoncture
*Incidence lointaine et *Productivité
discrète *Incidence presque
*Lenteur du recouvrement immédiate
*Perception quasi-immédiate

Thème 5 : Evaluation de la matière imposable

I- Les voies d’accès à la matière imposable

Lorsque les éléments de la matière imposable sont mesurables et dénombrables, le fisc


utilise les impôts spécifiques. Lorsque ces éléments sont évalués en argent, on parle d’impôts
ad valorem.

A- Les impôts spécifiques


Ils sont perçus sur l’unité matérielle du produit frappé par la loi fiscale. Cette unité est
généralement dans son espèce définie en poids, mètre carré, etc.… Comme caractères, on peut
avoir :
- un calcul de superficie, de volume suffit. Les contrôles comptables et les discussions
qui pourraient naître sont évités ;
- c’est un impôt incommode car son produit s’adapte mal au mouvement des prix.

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B- Les impôts ad valorem


L’impôt ad valorem est un impôt qui atteint la matière imposable dans sa valeur
monétaire. Il se calcul à x% de sa valeur.
La distinction entre impôt spécifique et ad valorem réside en un problème d’assiette.
Certaines matières imposables se prêtent bien à l’impôt spécifique. D’autres non. Tout dépend
de la nature de la matière imposable.
De nos jours, l’évaluation de la matière imposable privilégie plus le procédé ad valorem.

II- Les méthodes d’évaluation de la matière imposable

A- Les méthodes d’évaluation indirecte


Encore appelé méthodes d’évaluation automatiques ou par références ou par
présomptions, elles visent à la connaissance quantitative de la matière imposable sans
chercher à l’atteindre elle-même en se référant ou en partant des signes extérieurs à cette
matière imposable. Ces méthodes sont les plus arbitraires par lesquelles l’administration, faute
d’informations suffisantes sur la matière imposable, se détermine en fonction d’indices fixés
par elle.
Il existe plusieurs méthodes automatiques mais nous en retiendrons essentiellement deux.

1) La méthode indiciaire (l’indice)


a) Définition
C’est un signe apparent qui indique avec probabilité l’existence de la matière imposable.
La méthode indiciaire consiste à accéder à la connaissance quantitative de la matière
imposable en se référant à des signes extérieurs facilement perceptibles et n’ayant pas
nécessairement rapport avec la matière imposable.

b) Caractéristiques
- cette méthode est d’utilisation commode et relativement facile : elle réduit les
difficultés de l’évaluation ;
- elle réduit les contacts entre le fisc et la matière imposable d’une part, le fisc et le
contribuable d’autre part ;
- elle a un caractère approximatif ;
- elle est arbitraire et injuste car aucun indice n’est vraiment satisfaisant ;
- elle est peu productive car elle est moyenne ;
- elle peut être excessive ou insuffisante pour des bases d’impositions sur évaluées ou
sous-évaluées.

c) Mécanisme de l’indice
L’évaluation indiciaire passe par trois étapes :
 recensement des signes extérieurs : retenu comme indice par la loi ;
 application à ses indices d’un barème fixé par la loi : pour obtenir les revenus
indiciaires partiels ;
 totalisation des revenus indiciaires partiels : pour obtenir le revenu indiciaire
global.

d) Utilisation de l’indice
La méthode indiciaire était essentiellement destinée à assurer la liberté et la tranquillité du
contribuable et à protéger sa propriété contre les atteintes du fisc. Aujourd’hui, l’impôt
indiciaire sert à contrôler la déclaration ou peut constituer un procédé auxiliaire d’assiette.

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2) La méthode forfaitaire (le forfait)


a) Définition
C’est un procédé d’évaluation de la matière imposable qui se fait à prix fait ou en bloc, à
perte ou à gain.
La méthode forfaitaire consiste à évaluer la matière imposable en se contentant d’une
moyenne sachant qu’elle est trop faible ou trop forte (à perte ou à gain).
Le forfait s’oppose au devis qui suppose une estimation détaillée et sans un procédé au
préalable.

b) Caractéristiques
- la méthode forfaitaire présente des avantages de commodité et de sécurité tant pour le
contribuable que pour l’administration fiscale ;
- cette méthode allège considérablement les obligations comptables et fiscales du
contribuable par rapport à celles qu’il devrait supporter s’il avait à établir lui-même et
à déclarer les résultats de son activité ;
- le forfait simplifie pour l’administration les vérifications qu’elle devrait normalement
opérer ;
- l’automaticité du forfait légal réduit les occasions de contestation ;
- elle est d’une exactitude très relative et conduit à la sous-évaluation de la matière
imposable ;
- elle est inexacte : l’équité fiscale n’y trouve guère son compte ;
- le forfait légal est souvent sommaire.

c) Utilisation du forfait
Le forfait est principalement utilisé pour la détermination de la matière imposable.
Il peut être aussi utilisé pour l’évaluation des charges déductibles (charges professionnelles en
matière de salaire). Le forfait se justifie dans la mesure où une évaluation exacte de la matière
imposable s’avère difficile ou bien dans le cas où une moyenne répondrait mieux que
l’évaluation exacte.

d) Différents types de forfait


 selon la nature et les effets :
Forfait légal : L’évaluation résulte d’une procédure fixée par la loi ou les règlements ou
par application d’un barème fixé par la loi ou suivant une procédure à la quelle le contribuable
ne participe pas.
Forfait conventionnel ou contractuel ou administratif : Ici, l’évaluation résulte d’une
discussion ou d’un dialogue entre le fisc et le contribuable.

 selon le nombre d’éléments retenus :


Forfait sommaire : Ici, on ne retient qu’un seul ou très peu d’élément concernant la
matière imposable. Le résultat est essentiellement approximatif d’où le forfait approximatif.
Forfait précis : Ici, on retient plusieurs éléments constitutifs de la matière imposable. On
fait alors appel à la collaboration du contribuable qui est peut être seul à connaître ces
éléments.
Lorsque le fisc limite le plus possible la participation du contribuable et retient seulement
quelques éléments au lieu d’un grand nombre, on est en présence d’un forfait dit normal qui
aboutit en général à une moyenne adaptable à toutes les circonstances.

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Par contre le forfait est dit exact quand le fisc est obligé de se contenter de la participation
accrue du contribuable en retenant le plus d’éléments possibles.

e) Distinction entre indice et forfait


Indice et forfait font partie du même groupe de méthode d’évaluation indirecte par leur
caractère automatique et référentiel.
La différence est que l’indice se base sur des signes extérieurs à la matière imposable alors
que le forfait cherche à connaître la matière imposable en retenant un ou plusieurs éléments
qui lui sont propres.

B- Les méthodes d’évaluation directe ou réelle

1) La déclaration à l’administration
La déclaration est le procédé par lequel le contribuable avoue spontanément les éléments
de la base imposable. Elle consiste pour le contribuable à faire connaître lui-même au fisc
l’existence de la matière imposable. Dès lors qu’elle a été étendue aux impôts directs surtout à
l’avène0ment de l’impôt sur le revenu, il naît chez le contribuable la pudeur fiscale car il
s’agit de déclarer publiquement les éléments entrant dans sa vie privée. Devant cette situation
il y a la réticence à la confession c'est-à-dire à la déclaration des revenus d’où la tendance à la
fraude. L’avantage est que l’évaluation est précise et exacte car elle est fournie par le
contribuable qui connaît le mieux la valeur de la matière imposable. De plus, elle allège
considérablement la tâche de l’administration puisqu’elle est fondée sur une présomption
d’exactitude.

a) La déclaration par le contribuable


Ici, c’est le contribuable lui-même qui déclare. Le gros avantage est qu’il peut être
généralisé. L’inconvénient est qu’il repose sur la sincérité du contribuable.

b) La déclaration par un tiers


Le revenu perçu par le contribuable est obligatoirement déclaré au fisc par celui qui a
versé ce revenu. Ce système comporte un avantage certain : il rend plus difficile la
dissimulation parce que le tiers a intérêt à déclarer la matière imposable. Son inconvénient est
qu’il ne peut être généralisé.

c) La déclaration contrôlée
C’est l’acte par lequel le contribuable fait connaître au fisc l’existence de la matière
imposable, son montant et éventuellement les éléments nécessaires aux calculs et aux
contrôles de l’impôt.
La déclaration est dite contrôlée dans la mesure où les services fiscaux ont la possibilité
d’exiger des justifications, d’effectuer des contrôles.
Elle est obligatoire et toute dérobade entraîne des sanctions.

2) L’évaluation administrative
a) L’évaluation ordinaire
C’est le mode par lequel le fisc fait appel à la participation du contribuable qui lui soumet
une déclaration sur la base de laquelle il procède à l’évaluation. L’évaluation définitive va
résulter alors de ce dialogue entre fisc et contribuable. Ce système se rapproche du forfait.

b) La taxation d’office
C’est un acte unilatéral par lequel le fisc procède à l’évaluation de la matière imposable.

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Elle revêt un caractère de sanction et l’impôt à payer dans ce cas est très élevé. Elle
intervient en cas de défaut de collaboration entre le fisc et le contribuable (refus de répondre à
certaines questions d’éclaircissement, opposition à contrôle fiscal, déclaration minorée…).

Chapitre II : LA LIQUIDATION DE L’IMPOT

Liquider l’impôt c’est calculer le montant exact une fois que la matière imposable a
été recensée. La liquidation de l’impôt est donc la détermination du montant exact de la dette
fiscale à acquitter par le contribuable.
Pour déterminer la dette fiscale, le fisc procède par deux méthodes. Il y a la méthode
de répartition et la méthode de quotité.

Thème 6 : Les systèmes de détermination de l’impôt


I- Le système de répartition
A- Définition et mécanisme
L’impôt de répartition est un impôt réparti entre tous les contribuables depuis les
départements jusqu’aux villages ou quartiers de ville à partir d’un produit global ou
contingent national.
Le législateur pour cette méthode, fixe le rendement total de l’impôt pour l’ensemble du
territoire. Ensuite, il répartit l’impôt en fixant son contingent depuis les départements
jusqu’aux villages ou quartiers de ville en passant par les communes et les arrondissements.
C’est cette répartition du contingent national entre les diverses communes qui est appelée le
répartement.
Après ce répartement jusqu’à la plus petite unité administrative, les répartiteurs partagent
l’imposition entre les contribuables proportionnellement aux éléments d’imposition et aux
facultés contributives.

B- Caractères
 un seul avantage : son rendement qui est connu à l’avance ;
 cet impôt exclu les chances de plus-value ;
 il cumule les approximations et des erreurs sont commises au niveau de chaque stade
de répartition ;
 il assure l’inégalité des contribuables devant les charges publiques donc injuste car il
suffit au gré du hasard d’être dans telle commune plutôt que telle autre pour avoir
supporté un fardeau fiscal très élevé.
A cause de ses inconvénients, la liquidation par la quotité a succédé à la répartition.

II- Le système de quotité


A- Définition et caractères
Il consiste tout simplement à appliquer un taux à la matière imposable et à fixer les
modalités de satisfaction.
Le gros avantage de la quotité est la possibilité qu’elle offre d’aménager le taux de
manière à atteindre un rendement maximum sans toutefois perdre de vue la notion impérative
de justice fiscale.

B- Mécanisme
Le système de quotité se déroule en une seule phase à savoir l’application aux différentes
bases imposables des taux fixés par la loi.

Thème 7 : Calcul de l’impôt selon le système de la quotité

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I- L’impôt proportionnel
A- Définition et illustration
L’impôt proportionnel consiste à appliquer un taux constant à la matière imposable. Il
s’exprime en un pourcentage et reste fixe quelle que soit l’importance de cette matière.
EX : Calculer l’impôt des contribuables ci après. Taux = 5%
A  140 000
B  160 000
C  180 000
D  200 000

Résolution
A = 140 000 x 5% = 7 000
B = 160 000 x 5% = 8 000
C = 180 000 x 5% = 9000
D = 200 000 x 5% = 10 000
Commentaire
L’impôt proportionnel adapte la charge fiscale à la situation personnelle et aux facultés
contributives. Mais la personnalisation est incomplète car le taux demeurant constant, la
proportion de matière imposable prélevée demeure la même quelque soit l’importance de la
faculté contributive.

B- Caractères
 il favorise les revenus modestes ;
 il ne respecte pas la justice fiscale ;
 il n’est pas rentable ni productif ;
 en raison de l’uniformité de son tarif, il inflige aux divers contribuables des sacrifices
et des efforts très inégaux.

II- L’impôt progressif


A- Définition
L’impôt progressif est un impôt qui soumet la matière imposable à un taux variable au fur
et à mesure que la base imposable augmente. Ce n’est pas seulement la charge fiscale qui croît
mais aussi la proportion de la matière prélevée.
EX : Calculer l’impôt des contribuables suivants :
A  140 000 taux = 5%
B  160 000 --- = 10%
C  200 000 --- = 20%

Résolution
A = 140 000 x 5% = 7 000
B = 160 000 x 10% = 16 000
C = 200 000 x 20% = 40 000

B- Caractères
La progressivité appliquée de façon absolue risque de faire disparaître la matière
imposable car le taux en dernière analyse risque d’atteindre les 100%. C’est pourquoi il est
nécessaire de l’aménager.

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C- Modalités de la progressivité
a) La progressivité globale ou par classe
Cette progressivité consiste à répartir les revenus des contribuables en des classes partant
de zéro ou d’un minimum exonéré, et à ces classes sont affectés des taux croissants.
EX : Calculer l’impôt des contribuables suivants :
A  118 000 taux = 5%
B  135 000 --- = 12%
C  150 000 --- = 26%
Résolution
A = 0 – 118 000 x 5% = 5 900
B = 0 – 135 000 x 12% = 16 200
C = 0 – 150 000 x 26% = 39 000
Commentaire
La progressivité globale adapte la charge fiscale à la situation personnelle car l’impôt
varie en fonction de la matière imposable et du taux appliqué. Il y a injustice fiscale au niveau
des facultés contributives de base lié aux différentes masses. Ainsi donc comme caractères on
peut citer :
 un seul avantage car elle est simple dans son principe et dans son utilisation ;
 elle crée des sauts brutaux d’une classe à une autre ;
 elle est injuste car dans une même classe, elle soumet deux revenus différents au
 même taux qui est seulement justifié par la limite supérieure.
C’est pour remédier à cette injustice que l’on préfère la progressivité par tranche.

b) La progressivité par tranche ou par palier


La matière imposable est découpée en tranches, successivement affectée chacune d’un
taux variable et croisant en fonction de l’importance des tranches.
Le montant de l’impôt à payer par le contribuable correspond dès lors à la somme des
montants partiels relatifs aux différentes tranches constituant la matière imposable.
EX : Soit le barème suivant :
0 --------------- 18 000 --------- 5%
18 000 --------------- 35 000 --------- 8%
35 000 --------------- 65 000 --------- 14%
65 000 -------------- 100 000 -------- 20%
Au-delà de 100 000 ------------------ 26%

Calculer l’impôt dû par SONAGNON s’il dispose d’un revenu de 150 000

Résolution
0 --------------18 000 ---------- 5% ---------- 18 000 x 5% = 900
18 000 --------------35 000 ---------- 8% ---------- 17 000 x 8% = 1 360
35 000 --------------65 000 ---------14% -----------30 000 x 14% = 4 200
65 000 -------------100 000 -------- 20% ---------- 35 000 x 20% = 7 000
100 000-------------150 000 ---------26% ---------- 50 000 x 26% = 13 000

SONAGNON doit payer au total la somme de : ==========> 26 460

Commentaire
En progressivité globale le même revenu de 150 000 avait supporté au même taux de 26%
un impôt de 39 000. Ainsi, la progressivité par tranche vient combler les lacunes de la
progressivité globale. Comme caractères on peut citer :

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 cet impôt assure un bon rendement et une justice fiscale ;


 le taux modéré à la base permet d’élargir l’assiette de l’impôt ;
 ce procédé évite les sauts brusques d’une classe à l’autre ;
 l’inconvénient majeur est qu’on ne perçoit pas le taux réel supporté par le
contribuable.

c) La progressivité aménagée
1- Les abattements, réfactions et déductions
 Abattements ou exonérations
Calculer le revenu imposable, l’impôt auquel chaque contribuable est assujetti et le taux
réel auquel ils ont été imposés avec les éléments ci-après :
A= 140 000 ; B= 260 000 ; C= 280 000 ; D= 300 000
Taux unique : 5% ; exonération : 20 000

Résolution
- le revenu imposable :
A = 140 000 – 20 000 = 120 000
B = 260 000 – 20 000 = 240 000
C = 280 000 – 20 000 = 260 000
D = 300 000 – 20 000 = 280 000
- l’impôt dû :
A = 120 000 x 5% = 6 000
B = 240 000 x 5% = 12 000
C = 260 000 x 5% = 13 000
D = 280 000 x 5% = 14 000
- le taux réel :
6 000 x 100
A= 140 000 = 4, 28 %

12 000 x 100
B= 260 000 = 4, 61 %

13 000 x 100
C= 280 000 = 4, 64 %

14 000 x 100
D= 300 000 = 4, 67 %

 les réfactions
Il y a réfaction lorsque la portion exonérée est exprimée en pourcentage. La
réfaction de 15 % sur les salaires par exemple signifie que cette portion de salaire est
exonérée d’impôt.

 les déductions
La déduction consiste à retrancher de la base d’imposition une somme
correspondant à un élément extérieur à la matière imposable. Par exemple les investissements
effectués par une entreprise sont déduits du Bénéfice Industriel et Commercial (BIC).

2- les décotes et les franchises


 la décote

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C’est une atténuation ou une remise partielle et dégressive de l’impôt à acquitter.


C’est une manière d’assurer une transition douce entre l’imposition et l’exonération. On
observe la décote avec les revenus modestes des personnes seules comme les veufs, veuves…
Elle est également observée avec les entreprises en difficulté.

 la franchise
Lorsque la dette d’impôt à acquitter n’atteint pas un certain niveau, la mise en
recouvrement peut être suspendue : c’est la franchise. Ceci apporte une aide indirecte aux
contribuables les moins aisés.

3- le crédit d’impôt et l’avoir fiscal


 le crédit d’impôt
C’est un paiement anticipé de l’impôt qui est à déduire du montant net
effectivement dû.

 l’avoir fiscal
Il consiste en un remboursement fait par le fisc au bénéficiaire de dividendes au
cours de l’année. En clair, l’avoir fiscal est un dégrèvement fiscal dont bénéficient les
actionnaires ayant touché des dividendes.

d) l’impôt dégressif ou la dégressivité


Il s’agit d’un aménagement de la proportionnalité. On fixe un taux constant ou
proportionnel à l’ensemble des biens des assujettis mais ce taux est adouci en faveur des
revenus faibles ou modestes soit globalement : dégressivité globale, soit par tranche :
dégressivité par tranche.
L’impôt dégressif est conçu en faveur des revenus modestes ce qui explique son
caractère essentiellement doux et moins combatif.

Remarques
 L’impôt est négatif lorsque les revenus du contribuable sont si maigres qu’on ne peut rien
prélever sur lui et que l’Etat, au contraire, est obligé de lui venir en aide par l’octroi des
allocations ou subventions.
 On parle d’impôt principal lorsque c’est le montant obtenu par l’application du taux au
bien ou au revenu.
 Les décimes et les centimes additionnels sont des compléments d’impôt calculé
proportionnellement à l’impôt primitif.

e) la discrimination fiscale
La discrimination fiscale consiste à appliquer des taux différents à des matières
imposables de même valeur quantitative mais de nature et d’origine différente. L’objectif de
cette technique est d’ordre social, celui d’atteindre une grande justice fiscale. Elle peut
s’analyser par rapport à la facilité à gagner les revenus ; de la facilité de dissimulation.

f) La naissance et l’évolution du taux de l’impôt


 l’impôt jeune
C’est un impôt qui est caractérisé par un faible taux et qui peut s’adapter à toutes
les imperfections et tous les aléas de l’environnement économique et financier. Il est difficile

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à être répercuté sur un tiers. Cependant, un impôt peut être nouveau et avoir un taux élevé,
une facile répercussion. Tout dépend de la politique fiscale. L’impôt jeune peut être pratiqué
pour formaliser le secteur informel.

 l’impôt mature
Un impôt devient mature ou adulte lorsque son taux croît pendant que le secteur
d’activité se développe. La croissance du taux est un signe que l’impôt se porte bien et qu’il a
un bon rendement. Mais lorsque le taux se stabilise ou commence à décroître en dehors de
toute mesure d’allègement fiscal, il tend vers la vieillesse.

 l’impôt vieux
La vieillesse de l’impôt est une sécurité pour son rendement. Ainsi, le contribuable
ne le sent plus sur sa bourse. C’est ce qui explique l’assertion suivante : « Les impôts sont
comme des chaussures : ce sont les plus vieux qui font le moins mal ».

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Chapitre III : LE RECOUVREMENT DE L’IMPOT


Une fois assis et liquidé, l’impôt doit être recouvré. On peut alors définir le
recouvrement de l’impôt comme l’ensemble des opérations qui consiste à faire passer la dette
fiscale des poches du contribuable dans les caisses du trésor.
Le présent chapitre nous permettra de connaître :
- les organes de recouvrement ;
- les modalités de paiement ;
- les procédures de recouvrement ;
- la fuite devant l’impôt.

Thème 8 : Les organes de recouvrement


I– Les organes anciens
A- La collecte
Cela suppose que les contribuables élisent des délégués ou collecteurs qui recouvrent
l’impôt pour le compte du trésor public. Ce système a un certain nombre de conséquences.
Avantages
- il y a la certitude du rendement de l’impôt pour le trésor ;
- le système décharge l’Etat de toutes préoccupations en matière d’assiette de
liquidation et de recouvrement ;
- il rend la fraude inoffensive.
Inconvénients
- soupçon d’actes de concussion entre les collecteurs et les contribuables ;
- les collecteurs risquent d’être partiaux dans l’exercice de leur autorité vis-à-vis des
contribuables de leur département d’où le faible rendement enregistré par la mise en
œuvre de ce système de recouvrement.
Concussion : le fait de percevoir des impôts non prévus.

B- La ferme
Ce système consiste dans un accord entre l’Etat et un particulier ou une entreprise en
vertu duquel ce particulier ou cette entreprise verse à l’Etat une somme forfaitaire qu’il
récupère sur les contribuables. Ce système à un certain nombre de conséquences.
Avantages
- la certitude du rendement de l’impôt pour le trésor, parfois par anticipation ;
- le système décharge l’Etat de toutes préoccupations en matière d’assiette, de
liquidation et de recouvrement ; ce qui entraîne la réduction de l’effectif de
l’administration fiscale.
Inconvénients
- le trésor perd l’excès entre la somme forfaitaire que lui verse les fermiers et celle que
ces derniers récupèrent sur les contribuables ;
- les fermiers créent une immense administration pour organiser le recouvrement : les
rapports de l’Etat vis-à-vis de l’impôt sont réduits.

II- Organe actuel : la régie financière

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C’est un système dans lequel l’impôt est assis, liquidé et recouvré par les fonctionnaires
publics relevant d’une ou plusieurs administrations à savoir :
 la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) ;
 la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) ;
 la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID).
Ces administrations dans la procédure de recouvrement des impôts, respectent le
principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables. (Caractères)

Thème 9 : les modalités de paiement


I- Selon la date de paiement
A- Les droits au comptant ou paiement au comptant
Il y a paiement au comptant lorsque les opérations d’assiette, de liquidation et de
recouvrement sont simultanées. Toutes les opérations sont accomplies par le même agent.
L’impôt est payé au moment même où se produit le fait générateur ; ces droits concernent les
impôts indirects.

B- Les droits constatés ou paiement après constatation


Il y a paiement après constatation lorsque les opérations d’assiette et de liquidation sont
distinctes des opérations de recouvrement. Ceci concerne les impôts directs. Le principe de
séparation de l’ordonnateur et du comptable est respecté.

Remarques
 Paiement différé : l’impôt est payé après l’établissement du titre de perception. C’est
généralement des impôts directs où il y a décalage entre les opérations d’assiette et de
liquidation d’une part et celles de recouvrement d’autre part.
 Paiement anticipé : l’impôt est recouvré avant l’établissement du titre de perception.
Ex : droits de timbre et d’enregistrement etc.… ;
 Retenue à la source : encore appelé paiement par un tiers ou stoppage à la source, c’est
un procédé qui consiste pour le tiers à prélever sur le revenu du contribuable l’impôt et à
le reverser au fisc. Comme avantage :
 il simplifie le travail administratif ;
 il accélère les rentrées de l’impôt ;
 il réduit la fraude ;
 il rend l’impôt moins visible pour le contribuable.

II- Selon les formes de paiement


A- En argent
Par ce mode de règlement, le contribuable s’acquitte de sa dette fiscale soit en espèces,
par chèques bancaires, par virement ou par apposition de timbres fiscaux. L’impôt est
quérable lorsque le Receveur des impôts se rend chez le contribuable pour encaisser la dette.
Il est portable dans le cas contraire.

B- En nature
L’impôt en nature est celui qui se paie sous forme de corvée. De nos jours, ce mode de
paiement n’existe plus.

C- Par compensation
La compensation est un mode d’extinction de la dette qui résulte de l’existence de deux
créances réciproques entre deux personnes.

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COURS DE DROIT FISCAL

En matière civile, le paiement par compensation est valable mais en droit fiscal, la chose
n’est pas possible.
Cependant, l’administration fiscale autorise la compensation lorsqu’elle constate un
excédent de paiement et une insuffisance d’imposition pour le même contribuable et pour la
même nature d’impôt.

Thème 10 : Procédures de recouvrement


I- Paiement spontané ou volontaire
A- Le recouvrement des impôts directs
Ce recouvrement est marqué par le régime des droits constatés. Avec ce régime, on
observe un décalage entre les opérations d’assiette et de liquidation d’une part, et l’opération
de recouvrement d’autre part.
Une fois les opérations d’assiette et de liquidation terminées, il y a lieu à l’émission du
rôle qui doit porter mention de la date de mise en recouvrement. Ceci explique que les impôts
directs sont dus à partir de l’émission d’un rôle, c'est-à-dire d’un titre de perception établi au
nom du contribuable.
Le rôle est définit comme l’acte administratif qui fixe la somme à payer par chaque
contribuable et l’oblige à verser cette somme entre les mains des caissiers des impôts.
NB : Sur la base du rôle, on établit la matrice qui est le registre renfermant la liste des
contribuables avec les éléments d’imposition

B- Le recouvrement des impôts indirects


Ils sont en principe perçus sans établissement de rôle. Ce sont des impôts inclus dans le
prix du service ou du bien qu’achète le consommateur final. Ils se caractérisent par la rapidité
du recouvrement. L’assiette, la liquidation et le recouvrement sont simultanés ; il y a absence
de séparation des ordonnateurs et des comptables. C’est le régime des droits au comptant : le
contribuable paie immédiatement dès que se réalise le fait générateur.
Le système fiscal béninois étant déclaratif, le contribuable détermine lui-même sa
charge fiscale et fait cette déclaration à l’administration fiscale suivie de paiement. Mais
lorsque le contribuable ne s’acquitte pas de sa dette à bonne date, le comptable public
(Receveur des impôts) peut exercer contre lui l’action en recouvrement forcé pour exiger le
paiement de l’impôt.

II - La procédure de recouvrement forcé


A- Cas des impôts directs
1- Phase administrative ou préliminaire
La 1ère étape est celle de mise en recouvrement qui équivaut au 1 er avertissement ; elle
est notifiée au contribuable au moyen de l’avis d’imposition qui fixe la date a laquelle il doit
se présenter au guichet des impôts.
Passé ce délai, une 2ème étape sauve : c’est le 2ème avertissement qui est adressé au
contribuable au moyen d’une lettre de rappel ou de relance. C’est la sommation sans frais.
Elle n’entraîne aucune charge supplémentaire pour le contribuable et n’est pas un acte de
poursuite car le Receveur peut s’en passer. 12 jours après la sommation sans frais, s’ouvre la
phase judiciaire.

2- Phase contentieuse ou judiciaire


Elle commence par le commandement et se termine par la vente d’objets saisis. Elle
peut aller jusqu’à la contrainte par corps c'est-à-dire l’emprisonnement.

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Le commandement est l’acte par lequel le fisc annonce au contribuable son intention de
saisir ces biens. C’est le 1er acte de poursuite décerné contre le contribuable.
Trois jours après le commandement, le fisc procède à la saisie des biens sous le contrôle
d’un huissier de justice. Un procès verbal de saisie doit être établit et les biens sont placés
sous protection contre les vols.
Huit jours après, si le contribuable s’obstine (s’entête), le fisc procède à la vente des
biens par un commissaire priseur sous le contrôle de l’huissier.
Le Receveur peut délivrer contre des tiers un avis à tiers détenteur (ATD) pour les
obliger à payer la dette fiscale au moyen des fonds qu’ils détiennent pour le compte du
contribuable débiteur.
NB : En cas de concours de créanciers, le fisc bénéficie d’un rang préférable compte
tenu du privilège qui lui ai reconnu.

B - Cas des impôts indirects


1- Phase administrative
La 1 étape de recouvrement est la notification au contribuable de l’avis de mise en
ère

recouvrement. L’avis indique la date à laquelle le contribuable doit s’exécuter.


Passé ce délai, une mise en demeure est adressée au contribuable : c’est la 2ème étape.

2- Phase judiciaire
En matière d’impôt indirect, la phase judiciaire est la même qu’en matière d’impôt
direct.

C- La solidarité fiscale
1- En matière d’impôt direct
Dans le cas de l’impôt sur le revenu, le législateur a établit la solidarité entre la femme
et son mari. De même en cas de décès du contribuable, les impôts du défunt peuvent être
considérés comme une créance du Trésor et les héritiers en sont solidairement redevables.

2- En matière d’impôt indirect


Les cas sont rares. Cependant, quelques exemples peuvent être cités. En matière de droit
d’enregistrement, le fisc peut demander l’intégralité des droits de mutation par décès à l’un
des héritiers quitte à celui-ci de se retourner contre les cohéritiers pour leur réclamer leur
contribution. De même, on peut parler de la caution exigée dans certaines opérations par la loi
fiscale.

III- Les garanties du Trésor


Le déclenchement des poursuites ne suffit pas pour que le Trésor Public recouvre sa
créance. Il doit être assuré que celle-ci pourra être recouvrée quelle que soit l’insolvabilité du
contribuable. Par conséquent, des garanties lui sont accordées :
 une hypothèque légale sur les biens immeubles du contribuable, valable pour 10 ans ;
 un privilège du trésor qui le plus souvent exercé avant tout autre ;
 la solidarité fiscale entre le contribuable et ses héritiers ou son conjoint ;
 la non compensation de la dette du redevable avec d’autres dettes qu’il dispose à
l’égard du Trésor Public ;
 la responsabilité du comptable public contre les négligences éventuelles et son
indulgence coupable à l’égard de certains contribuables ;
 l’avis à tiers détenteur (ATD) qui permet d’exiger du tiers détenteur des deniers du
contribuable le paiement de l’impôt.

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NB : L’ATD est un acte de procédure qui permet au trésor public d’obliger le tiers qui détient
les fonds du redevable de lui verser tout ou partie à titre de règlement des impôts qui lui sont
dus.
La date de mise en recouvrement : c’est la date à laquelle le fisc notifie la dette fiscale au
contribuable.
La date d’exigibilité : c’est la date à laquelle le contribuable doit se rendre au plus tard aux
impôts pour payer sa dette. Elle se situe généralement au dernier jour du mois suivant celle de
mise en recouvrement.
IV- Distinction entre contribuable et redevable
 Le contribuable est la personne contre laquelle l’impôt est établi et perçu ; c’est celui
qui supporte la charge de l’impôt. En matière d’impôt direct, c’est la personne dont le nom est
inscrit au rôle.
 Le redevable est le contribuable subsidiaire. C’est celui sur qui est répercuté la
charge de l’impôt.
Il arrive que le contribuable ne paie pas l’impôt. Dans ce cas l’impôt ne renonce pas à
ces droits ; le fisc poursuit alors le recouvrement de l’impôt à l’égard des contribuables
subsidiaires prévus par la loi fiscale.
La notion de contribuable est précisément attachée aux opérations d’assiette et de
liquidation. Celle de redevable n’apparaît qu’au moment du recouvrement c'est-à-dire en cas
de non paiement de l’impôt par le contribuable. Le contribuable se distingue du redevable
dans le cas de l’insolvabilité du 1er par le jeu de la solidarité.

Thème 11 : La fuite devant l’impôt


I- Les formes de la fuite devant l’impôt
A- La fraude fiscale
La fraude fiscale est une infraction ou une violation directe et volontaire de la loi fiscale
qui consiste à se soustraire à l’établissement, au paiement total ou partiel de l’impôt.
Elle se manifeste par :
 la pratique des amortissements illicites ;
 l’absence de déclaration ou de facturation ;
 l’erreur volontaire dans les documents fiscaux ;
 l’absence de domicile fiscal ou présentation de domicile fiscal fictif.

B- L’évasion fiscale
L’évasion fiscale est le fait pour le contribuable de se soustraire au paiement de l’impôt
sans violer la loi en utilisant toutes les lacunes, les astuces et les subtilités juridiques offerte à
son imagination sans que sa charge fiscale soit reportée sur un tiers.
En d’autres termes, l’évasion fiscale consiste à échapper à l’impôt en s’appuyant sur les
faiblesses ou les insuffisances de la loi fiscale.
Elle se manifeste par :
 l’insuffisance des dispositions législatives fiscales ;
 le recours aux subtilités juridiques ;
 la pratique des prix de transfert par les sociétés transnationales ;
 l’abstention ;
 le placement des fonds dans les paradis fiscaux.

II- Les causes de la fuite devant l’impôt

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A- Les causes de la fraude


 L’injustice fiscale : pour le contribuable, la fraude paraît être le moyen de compenser
l’inégalité fiscale dont il estime être victime.
 L’excès de la fiscalité : la multiplicité des impôts ajoutée les uns aux autres (la pression
fiscale) favorise la fraude.
 L’affaiblissement du sens civique : la fraude apparaît de plus en plus normal et n’est
condamnée que par la conscience du contribuable.
 Les exigences professionnelles : pour les commerçants, la fraude est le moyen normal de
réduire les charges si non ils ne pouvaient pas s’en sortir.

B- Les causes de l’évasion fiscale


 Le laxisme et l’insuffisance des ressources humaines qualifiées : l’indulgence, la
tolérance excessive dont sont coupables les autorités à divers niveaux ainsi que le manque de
recrutement ou le recrutement de personnel non qualifié sont à l’origine.
 La vétusté des moyens logistiques : l’Etat ne dispose pas de moyen financier suffisant
pour renouveler à temps utile son matériel.
 Le retard dans le lotissement : les populations s’installent d’abord avant que l’Etat n’y
pense.

III- Les conséquences de la fuite


La fraude et l’évasion fiscale diminuent le rendement de l’impôt et obligent le
gouvernement à prévoir des ressources supplémentaires soit par une augmentation des taux
existants soit par le recourt à l’emprunt soit par la création d’impôts nouveaux.
Elles donnent naissance à des injustices fiscales car désavantageant ceux qui peuvent le
moins frauder. Elles faussent les lois du marché en ce sens qu’il est un facteur de concurrence
déloyale. De même, les opérateurs économiques honnêtes sont soumis au dumping. Tous ces
facteurs entraînent la récession.
NB : Le dumping est le fait de vendre une marchandise à un prix inférieur au prix de
vente et parfois au prix de revient.

IV- La lutte contre le refus du paiement de l’impôt


A- Les mesures préventives
La première mesure est l’éducation civique des citoyens. Il faudra changer la mentalité
négative du contribuable vis-à-vis du fisc. Leur faire prendre conscience des conséquences
dommageables de la fraude sur l’économie.
La deuxième mesure est la transparence fiscale car si le contribuable sait comment son
impôt est calculé, comment il est géré et à quoi il est utilisé, il sera moins lié à la fraude et à
l’évasion.
La troisième mesure est la correction des insuffisances de la loi fiscale car le système
fiscal complexe doit être simplifié et allégé. De même, les lacunes qui permettent d’éluder
l’impôt doivent être corrigées.

B- Les mesures répressives


Il s’agit premièrement des sanctions fiscales. Elles sont appliquées par
l’administration fiscale en cas de déclarations fausses ou inexactes. Ce sont des sanctions
pécuniaires qui atteignent parfois 80% des droits dus si le contribuable a usé des manœuvres
frauduleuses. On pourra citées : la majoration – la taxation – la pénalité – l’intérêt moratoire
et l’amende.
Quand une sanction fiscale est définitive, l’administration conserve toujours le pouvoir
de la modérer, ou d’en faire ne remise partielle ou totale au contribuable.

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COURS DE DROIT FISCAL

Les secondes sanctions sont des sanctions non fiscales ou pénales. S’il est établi que le
contribuable a frauduleusement éludé l’impôt, le fisc engage envers ce contribuable des
poursuites judiciaires qui conduiront à des peines d’emprisonnement, à l’interdiction
d’exercer une profession, au retrait du permis de conduire et à la confiscation des biens.
Toutefois, le contribuable est autorisé à présenter sa défense.

C- Les droits de l’administration fiscale


1- le droit de communication et de recherche
Les entreprises sont tenu de fournir sans pouvoir évoquer le secret professionnel tous les
documents, tous les livres, le solde des comptes, le montant des ventes, certaines dépenses etc.

2- le droit de reprise
Il s’exerce sur les quatre dernières années en matière d’impôt direct et ouvre ainsi droit à
des nouvelles impositions. Ceci se fait par le biais d’un redressement fiscal.

3- le droit de visite et de saisie


C’est un contrôle qui a lieu suite à un déplacement de l’administration fiscale dans les
locaux du contribuable pour une vérification des déclarations.

4- le droit d’expertise
Il permet d’apprécier à nouveau la matière imposable par un expert.

5- le droit de préemption
Ce droit donne l’autorisation à l’administration de s’acquérir un immeuble ou un fonds
de commerce lorsqu’elle estime que le prix déclaré est sous-évalué. Le bien est racheté avec
une majoration de 10% sur le prix déclaré.

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