Témoignage sur la cellulite dentaire
Témoignage sur la cellulite dentaire
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!
REMERCIEMENTS
Merci,
De m’avoir fait l’honneur d’accepter la présidence de ce jury,
De m’avoir aiguillée et aidée dans ce travail de thèse,
Pour votre sympathie et votre disponibilité,
Pour la qualité de vos enseignements théoriques tout au long de mes études.
Veuillez recevoir le témoignage de ma plus sincère gratitude et ma plus sincère
reconnaissance.
!
A Madame la Directrice, le Docteur Sophie BAHI-GROSS
Merci,
De m’avoir fait l’honneur de diriger mon travail de thèse,
Pour votre gentillesse, votre accueil, votre bonne humeur et votre sourire,
Pour votre aide inestimable et votre disponibilité au sujet de cette thèse et de son étude,
Pour votre soutien et votre enthousiasme,
Pour m’avoir accueillie si gentiment dans votre cabinet et m’avoir appris tant de choses,
Pour la qualité de votre enseignement tant théorique que pratique et pour votre
coaching quant à l’avulsion de dents de sagesse,
Veuillez recevoir le témoignage de ma plus sincère gratitude et mon profond respect à
votre égard.
!
Aux membres du jury,
Merci,
De me faire l’honneur de juger ce travail et de vous être rendu disponible avec
spontanéité et gentillesse pour cette occasion,
Pour la qualité de votre enseignement tant théorique que pratique auprès des enfants,
Veuillez recevoir le témoignage de ma plus sincère gratitude et reconnaissance.
Merci Thomas,
De me faire l’honneur de faire partie de mon jury,
D’être toujours attentionné et bienveillant,
Pour ton sourire et ta gentillesse,
Pour ton aide au service de chirurgie, toujours précieuse et rassurante,
Et bien sûr, pour tous les apéros à venir !
!
A mon papa,
J’espère que tu es fier de moi. J’aurais adoré partager ce moment avec toi, comme tant
d’autres !
A ma mamie,
Mon plus grand soutien. Merci d’être toujours là pour moi malgré mes choix ! 28 ans que
tu m’accompagnes et me vois grandir, merci d’avoir fait de moi ce que je suis.
A Loan,
Mon pilier, merci de m’avoir soutenue, guidée, rassurée. Je suis heureuse et comblée
de partager ma vie avec toi (et Cookie). Une page se tourne (enfin !) et une nouvelle
aventure commence à tes côtés.
A Danielle et Paul-André,
Merci de m’avoir accueillie si gentiment et chaleureusement dans votre famille.
A Céline,
En 17 ans, il y en a eu des petits mots (carnet, agenda, bouts de papier, lettres, mails,
sms et même! une thèse !). Merci de me faire rire depuis ces nombreuses années
grâce à tous nos « délires » et cela est loin d’être terminé !
A Florence,
17 ans également que tu partages ma vie, ma jumelle de cœur et d’esprit. Nous en
avons vécu des choses jusqu’à même devenir « collocs » le temps d’un semestre !
Merci d’être là depuis nos jeunes années où l’on « squattait » les rues entre chez nous
(enfin, toujours celles plus proches de chez toi) à aujourd’hui toutes deux (presque)
docteurs !
!
A Julie, Valérie et Katia,
Merci mes petits médecins préférés de ne pas m’avoir regardé de travers lorsque je
vous ai annoncé mon départ pour me consacrer aux dents !! A très vite pour nos petites
sessions tea-time – papotage !!
A Sabine,
Ma rencontre coup de cœur en dentaire, toujours le sourire et la patate ! J’ai hâte de
pouvoir encore partager avec toi toutes ces aventures qui nous font tant rêver !!
A Hélène et Amandine,
Mes acolytes de promo, merci d’avoir ensoleillé mes études à rallonge. Des salles de
TP à notre team de ronéo, de l’opéra à La Réunion (mais quelle réunion ?), du ski à la
Franche Comté, du stress à la rigolade, ces 5 années bis sont passées comme un
éclair grâce à vous et je vous en remercie !
A Julie,
Finalement nous l’avons toutes les deux trouvée notre voie !! Des bancs du lycée à ceux
de la fac merci pour ton soutien et ton écoute !
A Emmanuelle,
Mon amie la plus avisée, merci, car c’est grâce à toi que j’en suis là aujourd’hui et que je
passe ma thèse en tant que dentiste ; grâce à ce petit café que nous avons pris
ensemble qui m’a fait ouvrir les yeux et qui m’a donné le courage de sauter le pas et de
changer de voie.
!
A tous les autres Géraldine, Adrien, Manon, Yann, Valentin, Pierre-Olivier, Mathieu,
Damien, Léa, François, Jérémy, Xavier, Anne-Steph, Florian, Nathan, Mory, Marie et
ceux que j’ai oublié et qui m’ont accompagnée durant mes études !
Merci également à Peggy et Mélanie pour leur gentillesse et leur aide quant à cette
thèse.
!
UNIVERSITE DE STRASBOURG
THESE
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!
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION
A. GENERALITES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..11
A. 1. Définition!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..11
A. 2. Voie d’entrée!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...11
A. 3. Etiologies!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.....11
A. 3. 1. Origine dentaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.11
A. 3. 2. Origine péridentaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...12
A. 3. 3. Facteurs favorisants!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..13
A. 4. Rappels anatomiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!14
A. 5. Complications!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.14
B. FORMES CLINIQUES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..15
B. 1. Formes topographiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!15
B. 1. 1. Les cellulites de la dent de sagesse inférieure à évolution vestibulaire!!!...16
B. 1. 2. Les cellulites de la dent de sagesse inférieure à évolution linguale!!!!!.18
B. 2. Formes évolutives!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..20
B. 2. 1. Cellulites circonscrites aiguës!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.20
B. 2. 1. 1. Cellulite séreuse!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!20
B. 2. 1. 1. 1. Caractéristiques cliniques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!20
B. 2. 1. 1. 2. Evolution!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.21
B. 2. 1. 2. Cellulite suppurée!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.21
B. 2. 1. 2. 1. Caractéristiques cliniques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!22
B. 2. 1. 2. 2. Evolution!!!!!!!!!!!!!!.!!!!!!!!!!!!!!22
B. 2. 1. 3. Cellulite gangréneuse!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...23
B. 2. 1. 3. 1. Caractéristiques cliniques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...23
B. 2. 2. Cellulites subaiguë et chronique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.23
C. LA CELLULITE DU VINGT-ET-UNIEME JOUR!!!!!!!!!!!!!!!..25
#!
!
C. 1. Définition!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.25
C. 1. 1. Période de survenue!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.25
C. 1. 2. Diagnostic!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...26
C. 1. 3. Incidence!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.26
C. 1. 4. Histologie et cytobactériologie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.27
C. 2. Facteurs de risque!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.27
C. 2. 1. Facteurs locaux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.27
C. 2. 1. 1. La mauvaise hygiène bucco-dentaire!!!!!!!!!!!!!!!!....27
C. 2. 1. 2. La mandibule!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.28
C. 2. 1. 3. L’espace en distal de la seconde molaire!!!!!!!!!!!!!!!.28
C. 2. 1. 4. La difficulté opératoire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..29
C. 2. 1. 4. 1. Le degré d’impaction!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!29
C. 2. 1. 4. 2. L’angulation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...29
C. 2. 1. 4. 3. La classification de Pell & Gregory!!!!!!!!!!!!!!!!!30
C. 2. 2. Facteurs généraux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!30
C. 2. 2. 1. Le sexe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...30
C. 2. 2. 2. L’âge!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!31
C. 2. 2. 3. L’intoxication alcoolo tabagique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..31
C. 2. 3. Iatrogénie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!32
C. 2. 3. 1. L’avulsion prophylactique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!32
C. 2. 3. 2. Le lieu de l’intervention!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!32
C. 2. 3. 3. L’expérience du praticien!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.32
C. 2. 3. 4. L’injection d’anesthésique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!33
C. 2. 3. 5. Le lambeau d’accès!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..33
C. 2. 3. 6. L’ostéotomie ou le morcellement dentaire!!!!!!!!!!!!!!!33
C. 2. 3. 7. L’utilisation d’hémostatiques locaux!!!!!!!!!!!!!!!!!..34
C. 2. 3. 8. Le curetage!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!34
C. 2. 3. 9. L’irrigation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...34
C. 2. 3. 10. Les sutures!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..35
C. 3. Bactériologie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...35
C. 4. Diagnostics différentiels : les autres complications infectieuses
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!
post-avulsionnelles!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!36
C. 4. 1. Alvéolite!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..36
C. 4. 2. Ostéite centrale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..39
C. 4. 3. Adénite, adénophlegmon!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.39
C. 5. Traitement!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...39
C. 5. 1. Traitement curatif local!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.40
C. 5. 2. Antibiothérapie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...40
C. 5. 3. Traitement chirurgical!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...41
C. 6 Illustration!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.42
A. RAPPELS ANATOMIQUES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.45
A. 1. Rapports anatomiques de la troisième molaire mandibulaire!!!!!!!!!.45
A. 2. Inclusion!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..46
B. INDICATIONS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.47
B. 1. Indications orthodontiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!48
B. 2. Indications prothétiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!48
B. 3. Indications prophylactiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..49
B. 4. Conclusions!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.50
C. DIFFICULTES OPERATOIRES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..50
C. 1. Classifications!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.51
C. 1. 1. Pell & Gregory’s Classification!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!51
C. 1. 2. Pederson’s Classification!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.53
C. 1. 3. Autres!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..54
C. 1. 3. 1. Les variables anatomiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..55
C. 1. 3. 2. Les variables opératoires!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.56
C. 1. 3. 3. Les variables démographiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...57
D. RISQUES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.57
D. 1. Risques liés à la conservation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.57
D. 2. Risques liés à l’avulsion!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!58
%!
!
E. TECHNIQUE CHIRURGICALE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!59
E. 1. Bilan préopératoire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.59
E. 2. Anamnèse médicale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..60
E. 3. Examen clinique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.60
E. 3. 1. Examen clinique exobuccal!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.60
E. 3. 2. Examen clinique endobuccal!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...60
E. 4. Examens complémentaires!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..61
E. 4. 1. Examens radiologiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!61
E. 4. 1. 1. Le cliché rétro-alvéolaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..61
E. 4. 1. 2. Le cliché panoramique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.62
E. 4. 1. 3. Le scanner ou cone beam.!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..62
E. 4. 2. Examens biologiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!62
E. 5. Technique chirurgicale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..63
E. 5. 1. Installation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...63
E. 5. 2. Asepsie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!63
E. 5. 3. Anesthésie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..63
E. 5. 4. Temps muqueux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!64
E. 5. 4. 1. L’incision angulaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!65
E. 5. 4. 2. L’incision linéaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...65
E. 5. 5. Temps osseux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!65
E. 5. 6. Temps dentaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..66
E. 5. 6. 1. La mobilisation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...66
E. 5. 6. 2. Le morcellement!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!66
E. 5. 6. 3. L’avulsion!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!67
E. 5. 7. Curetage!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.68
E. 5. 8. Sutures!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!68
E. 6. Prescriptions!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...69
E. 6. 1. Prescriptions préopératoires!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!69
E. 6. 1. 1. Antibiotiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..69
E. 6. 1. 2. Antalgiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!69
E. 6. 1. 3. Anti-inflammatoires!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...70
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!
E. 6. 2. Prescriptions post-opératoires!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.71
E. 6. 2. 1. Antibiotiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..71
E. 6. 2. 2. Antiseptiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.71
E. 7. Conseils post-opératoires!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.71
A. LA CICATRISATION!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.73
A. 1. L’hémostase!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!73
A. 1. 1. L’hémostase primaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!73
A. 1. 2. L’hémostase secondaire ou coagulation plasmatique!!!!!!!!!!!.74
A. 1. 3. La fibrinolyse!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..75
A. 2. L’inflammation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.75
A. 2. 1. Phase vasculo-exsudative!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!76
A. 2. 2. Phase cellulaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..76
A. 3. La cicatrisation des tissus mous!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..77
A. 3. 1. Néoformation tissulaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.77
A. 3. 2. Remodelage tissulaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..77
A. 4. La cicatrisation des tissus osseux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...78
A. 4. 1. Formation osseuse primaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!78
A. 4. 2. Remodelage osseux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.78
A. 5. Trois types de cicatrisation!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...80
A. 5. 1. Cicatrisation par première intention!!!!!!!!!!!!!!!!!!!80
A. 5. 2. Cicatrisation par seconde intention!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.81
A. 5. 3. Cicatrisation par troisième intention!!!!!!!!!!!!!!!!!!!81
B. FACTEURS INFLUENCANT LA CICATRISATION!!!!!!!!!!!!!!81
B. 1. Facteurs généraux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.82
B. 1. 1. L’âge!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!82
B. 1. 2. Le sexe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!82
B. 1. 3. L’hérédité!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!83
B. 1. 4. Les déficits nutritionnels!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...83
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B. 1. 5. Le stress!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..83
B. 1. 6. Les pathologies!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..84
B. 1. 6. 1. Le diabète!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...84
B. 1. 6. 2. Les pathologies hématologiques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!85
B. 1. 6. 3. L’insuffisance rénale et hépatique!!!!!!!!!!!!!!!!!!..85
B. 1. 6. 4. L’immunodépression!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.86
B. 1. 6. 5. La radiothérapie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.87
B. 2. Les facteurs locaux!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!87
B. 2. 1. L’hygiène bucco-dentaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.87
B. 2. 2. Le déficit salivaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..88
B. 2. 3. L’infection!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!88
B. 2. 4. Le tabac!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..89
B. 2. 5. La toxicomanie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...90
B. 3. Les facteurs iatrogènes!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.90
B. 3. 1. L’incision!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.90
B. 3. 2. L’ostéotomie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...90
B. 3. 3. Le curetage alvéolaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..91
B. 3. 4. La compression hémostatique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!91
B. 3. 5. Les sutures!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.91
B. 3. 6. Les traumatismes!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..92
IV. ETUDE
A. INTRODUCTION!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!93
B. MATERIELS ET METHODES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.93
B. 1. Patients!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!93
B. 2. Technique chirurgicale!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..94
B. 3. Recueil des données!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.95
B. 4. Analyse statistique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.96
C. RESULTATS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!..97
C. 1. Sur le total des patients inclus!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.97
(!
!
C. 2. Sur le total des troubles inflammatoires post-opératoires répertoriés!!!!!101
C. 2. 1. Rappel : définitions!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.101
C. 2. 2. Résultats!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...102
D. DISCUSSION!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!103
D. 1. Incidence de survenue!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...103
D. 2. Date de survenue!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...!!!.104
D. 3. Patients!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.104
D. 4. Dents avulsées!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.106
D. 5. Protocole opératoire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!107
D. 6. Médication!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.108
D. 7. Les signes post-opératoires immédiats!!!!!!!!!!!!!!!!!!108
D. 8. Symptômes de la cellulite du 21ème jour!!!!!!!!!!!!!!!!!..109
D. 9. Conclusion!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!110
CONCLUSIONS
ANNEXES
Annexe 1 : Définitions
Annexe 2 : Recommandations de l’HAS sur l’avulsion des troisièmes molaires
Annexe 3 : Classification WHARFE
Annexe 4 : Conseils post-opératoires
Annexe 5 : Formulaire d’information et de consentement
Annexe 6 : Questionnaire Praticien
Annexe 7 : Dr BAHI – Etude dents de sagesse
Annexe 8 : Etude Dr BAHI – Questionnaire n°2 (opération + 30 jours)
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
)!
!
INTRODUCTION
La troisième molaire est, selon Darwin, une dent en voie normale de disparition.
De nos jours, l’avulsion d’une dent de sagesse fait partie d’un consensus encore mal
défini, la balance bénéfice / risque restant indispensable à la décision thérapeutique.
Elle se pratique principalement chez des sujets jeunes lorsque le germe n’a pas terminé
son édification radiculaire afin d’en faciliter l’intervention.
En règle générale, la cellulite bucco-faciale est une complication infectieuse ayant pour
principale origine la nécrose pulpaire mais pouvant également faire suite à l’avulsion
d’une dent et plus particulièrement à la germectomie d’une troisième molaire
mandibulaire.
Il s’agit d’une complication rare peu décrite dans la littérature et souvent méconnue des
praticiens qui l’assimilent à une alvéolite suppurée. Elle apparait alors que les suites
opératoires immédiates ont été bénignes et simples.
Dans un premier temps, nous rappellerons quelques généralités sur les cellulites et
examinerons les données de la littérature relatives aux cellulites post-opératoires.
*!
!
Puis nous analyserons les éventuels défauts de cicatrisation pouvant entrainer une telle
complication.
Pour finir, nous présenterons notre étude visant à comprendre un peu mieux cette
pathologie.
"+!
!
I. LES CELLULITES ODONTOGENES
A. GENERALITES
A. 1. Définition (1)
Une cellulite dentaire est une infection des tissus mous de la face et du cou se
développant au niveau des espaces cellulo-musculo-aponévrotiques remplissant les
loges entourant la mandibule et le maxillaire.
Elle peut être aiguë ou chronique, circonscrite ou diffuse, périmaxillaire ou
périmandibulaire d’où la diversité des formes cliniques.
Dans 90% des cas, l’origine est dentaire.
A. 3. Etiologies (3)(4)
A. 3. 1. Origine dentaire
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!
Une carie non traitée, un traumatisme aigu (fracture, luxation) ou chronique (attrition,
abrasion, érosion) peuvent être à l’origine d’une nécrose dentaire suivie d’une invasion
microbienne.
Des manœuvres iatrogènes telles qu’une préparation coronaire sur dent vitale, un
traitement orthodontique entrainant tractions ou pressions excessives ou encore un
traitement endodontique inexistant, incomplet ou mal conduit ; entrainent une réaction
pulpaire inappropriée pouvant être à l’origine d’une mortification.
A. 3. 2. Origine péridentaire
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!
implantaire / parodontale ou un détartrage / surfaçage peuvent également être à
l’origine d’une invasion microbienne.
Une avulsion dentaire est une porte d’entrée pour les bactéries ce qui augmente le
risque de suites opératoires infectieuses.
Il existe des facteurs qui, associés à d’autres variables, favorisent la survenue d’une
infection parmi lesquels on retrouve des facteurs :
- locaux : absence ou insuffisance d’hygiène ou de traitement bucco dentaire,
virulence du germe, tabac
- généraux : état physiologique particulier (âge, grossesse, obésité), pathologie
chronique non contrôlée (diabète), carence vitaminique, immunodépression
- médicamenteux : immunosuppresseurs, chimiothérapie, anti-inflammatoires,
antibiothérapie mal conduite ou inexistante.
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!
A. 4. Rappels anatomiques (9)
Les loges celluleuses de la face sont cloisonnées par des insertions musculo-
aponévrotiques. Elles communiquent entre elles. L’infection peut donc se propager
d’une loge à l’autre.
Ce sont les loges : labiale, mentonnière, génienne, massétérine, ptérygo-mandibulaire,
parotidienne, pelvienne, temporale et la commissure intermaxillaire.
A la mandibule, les troisièmes molaires ont leurs apex proches de la table osseuse
interne, sous la ligne oblique interne.
A. 5. Complications (1)(10)
"%!
!
B. FORMES CLINIQUES
Chaque dent communique avec une ou plusieurs loges anatomiques. Elles seront donc
à l’origine de cellulites dans des secteurs différents qui porteront alors le nom de la
région infectée. Ce sont des cellulites circonscrites.
"&!
!
B. 1. 1. Les cellulites de la dent de sagesse inférieure à évolution
vestibulaire (3)(9)(11)
• La cellulite massétérine
L’infection se localise entre la face latérale du ramus mandibulaire et la face interne du
muscle masséter ; la face en est légèrement déformée (figure 2). La douleur vive irradie
vers l’oreille. L’examen endobuccal est rendu difficile par un trismus très serré ; la
palpation de la région rétro-molaire et du bord antérieur mandibulaire est décrite comme
très douloureuse.
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Figure 2 : Cellulite massétérine (5)
"'!
!
Figure 3 : Cellulite sub-mylohyoïdienne (5)
• La cellulite temporale
La collection purulente évolue le long des insertions basses du muscle temporal, au
niveau du triangle rétro-molaire et envahit la loge temporale (figure 4). Les signes
fonctionnels, douleurs temporo-pariétales et trismus, sont précurseurs.
"(!
!
• L’abcès buccinato-maxillaire de Chompret et L’Hirondel
Appelé également abcès migrateur du vestibule inférieur, il est consécutif à une
péricoronarite suppurée de la dent de sagesse inférieure. Le point de départ de la
collection se situe au niveau du sac péricoronaire de la dent. Le pus glisse le long de la
face externe du corps de la mandibule et vient se collecter sous forme de massue en
regard des prémolaires. Le signe pathognomonique de cette affection est l’écoulement
purulent sous le capuchon muqueux de la troisième molaire lors de la pression digitale
au niveau de la partie la plus superficielle de la tuméfaction.
")!
!
• La cellulite ptérygo-mandibulaire d’Escat
L’infection se développe entre le muscle ptérygoïdien médial et la face interne du ramus
mandibulaire (figure 6). Les signes fonctionnels, douleur et trismus serré, sont
importants ; et sont souvent accompagnés de fièvre et d’asthénie.
• La cellulite ptérygo-pharyngienne
La cellulite intéresse la région amygdalienne. Elle se révèle par d’importantes douleurs
pharyngée et linguale, un trismus serré, une dysphagie et de la fièvre. L’examen
endobuccal montre un refoulement interne du pilier antérieur de l’amygdale et un
envahissement du bord antérieur de la branche mandibulaire (figure 7).
L’examen tomodensitométrique est indispensable dans ce cas de figure exceptionnel
pour connaître les limites de la collection, car il s’agit d’un carrefour avec les espaces
celluleux profonds conduisant au médiastin.
"*!
!
Figure 7 : Cellulite ptérygo-pharyngienne (5)
B. 2. 1. 1. Cellulite séreuse
B. 2. 1. 1. 1. Caractéristiques cliniques
• A l’examen exobuccal :
L’inspection montre une tuméfaction arrondie dont les limites sont imprécises comblant
les sillons et effaçant les méplats. Le revêtement cutané en regard est tendu, lisse et
rosé.
#+!
!
La palpation révèle une consistance élastique, chaude et douloureuse.
• A l’examen endobuccal :
L’inspection affiche une tuméfaction comblant le vestibule et faisant corps avec la table
externe en regard de la dent causale. La muqueuse de recouvrement est inflammatoire.
La palpation témoigne d’une consistance dure, non fluctuante.
La percussion de la dent causale, légèrement mobile, est très douloureuse, quant au
test de vitalité il s’avère être négatif.
• Signes fonctionnels :
La douleur est spontanée, lancinante et pulsatile exacerbée par le contact masticatoire
(sensation de dent longue), la mimique, le décubitus.
• Signes généraux :
Les signes généraux sont réduits, en rapport avec l’intensité de la douleur faiblement
calmée par les antalgiques.
Il existe des adénopathies satellites non palpables.
B. 2. 1. 1. 2. Evolution
En cas de traitement adapté et bien conduit, la cellulite séreuse évolue vers la guérison.
Dans le cas contraire, celle-ci évoluera vers le stade suppuré.
B. 2. 1. 2. Cellulite suppurée
#"!
!
B. 2. 1. 2. 1. Caractéristiques cliniques
• A l’examen exobuccal :
L’inspection décrit un revêtement cutané tendu, luisant, de couleur « lie de vin » formant
une tuméfaction bien délimitée faisant « corps avec l’os ».
La palpation est douloureuse et chaude.
• A l’examen endobuccal :
L’inspection montre une muqueuse de recouvrement lisse, luisante, de couleur « lie de
vin ».
La palpation témoigne d’une collection fluctuante gardant le godet.
• Signes fonctionnels :
La douleur est spontanée et lancinante. On retrouve souvent une hypersialhorrée
accompagnée d’une haleine fétide de par la présence de pus.
Dysphagie et dysphonie sont également des signes marquant le stade d’abcédation.
Le trismus est d’autant plus prononcé que la dent causale est postérieure.
• Signes généraux :
Les signes généraux sont plus marqués, la fièvre est quasi constante. Le patient
souvent pâle est asthénique, insomniaque et sujet à des céphalées.
Il n’existe pas d’adénopathie, sauf si la cellulite complique un accident d’évolution de la
dent de sagesse.
B. 2. 1. 2. 2. Evolution
L’évolution de la cellulite suppurée est variable. Soit elle aboutit à la guérison après
traitement adapté, soit à une fistulisation spontanée ou à la chronicité, soit à sa diffusion
vers les régions voisines (osseuse, musculaire) qui peut entrainer des complications
locorégionales (ostéite, myosite) ou générales.
##!
!
B. 2. 1. 3. Cellulite gangréneuse
Il s’agit du stade ultime et rare des cellulites aiguës circonscrites ; plutôt retrouvé dans
des pays sous développés.
Elle est caractérisée par une nécrose engendrant une destruction tissulaire ; la
présence d’un pus brunâtre, nauséabond et de gaz à l’origine de crépitations neigeuses
lors de la palpation. Les germes en cause sont anaérobies.
B. 2. 1. 3. 1. Caractéristiques cliniques
• Signes généraux :
Les signes généraux sont moins marqués que dans la cellulite suppurée.
La cellulite subaiguë est le résultat d’une cellulite aiguë circonscrite suppurée due à des
germes de virulence atténuée (grams négatifs), évoluant spontanément par persistance
du foyer ou n’ayant pas bénéficié d’un traitement (antibiothérapie ou drainage) adapté
voir complet. Le foyer causal persiste et s’entoure d’une gangue inflammatoire évoluant
vers la sclérose et créant une barrière efficace au traitement médical. Elle est
caractérisée par une tuméfaction trainante ou une collection située directement sous les
téguments cutanés.
#$!
!
La cellulite chronique découle d’une inflammation cellulaire stabilisée n’ayant plus
tendance ni à la guérison ni à l’inflammation. Il existe une forme commune et deux
formes spécifiques rares : la cellulite actinomycosique et la cellulite ligneuse.
La cellulite actinomycosique (figure 8) est caractérisée par de petites tuméfactions
cervico-faciales indurées, sous cutanées, en forme de mamelons contenant du pus
formé de grains de couleur jaune soufre.
La cellulite ligneuse est souvent indemne de signes généraux voir même fonctionnels.
On retrouve un placard surélevé dur et homogène, mamelonné avec une peau rouge
violacée infiltrant tout un secteur.
#%!
!
C. LA CELLULITE DU VINGT-ET-UNIEME JOUR
C. 1. Définition
La cellulite dite « du 21ème jour » est une cellulite circonscrite aiguë séreuse pouvant
prendre toutes les formes topographiques sus citées. Elle survient généralement entre
21 et 23 jours après germectomie d’une dent de sagesse mandibulaire alors que les
suites opératoires immédiates ont été tout à fait classiques et bénignes.
Le terme « cellulite » prête à confusion car selon l’auteur, il peut également se retrouver
sous le terme : d’ « abcès » (14)(15), d’« abcès atypique », de « phlegmon » (16),
d’ « infection secondaire » (17) ou encore d’ « infection retardée » (18). De plus le terme
anglais « alveolar osteitis » désigne dans la plupart des cas « dry socket » c’est à dire
« alvéolite sèche ». Il est donc difficile de discerner dans certaines études la frontière
entre une cellulite (infection des tissus mous) et une alvéolite suppurée (infection des
tissus durs) parfois regroupées sous le même terme d’ « infection secondaire ».
C. 1. 1. Période de survenue
La littérature situe cette infection en moyenne dans les 2 à 5 semaines suivant l’avulsion
(figure 9). (19)
Selon Christiaens et coll., 75% des infections post-chirurgicales (hors alvéolite)
surviennent dans les 2 à 3 semaines après l’intervention. (20)
Dans leur étude, Osborn et coll. retrouvent : 11% d’infections secondaires entre 7 et 14
jours, 38,5% entre 15 et 30 jours, 27,5% entre 31 et 60 jours, 16,7% entre 61 et 120
jours et 6,2% au delà de 121 jours. (17)
#&!
!
Figure 9 : Temps écoulé entre l’avulsion et la survenue d’une infection retardée selon Figueiredo
(19)
C. 1. 2. Diagnostic
Les symptômes initiaux se traduisent par une gêne du côté opéré, un trismus fréquent
mais peu serré et un léger gonflement au bout de 24 heures. Sans traitement précoce,
l’infection évolue vers un œdème et un empâtement au regard des molaires
mandibulaires. Une pyrexie et une asthénie peuvent apparaitre. En bouche, la
cicatrisation muqueuse au niveau de l’alvéole d’avulsion semble normale.
Le diagnostic positif est clinique, une sonde ou une spatule à bouche introduite le long
de la face distale de la seconde molaire entraine la libération de pus. Cet écoulement
peut être douloureux, mais salutaire. Des méthodes objectives, comme la mesure de la
CRP sanguine permettraient de justifier l’observation. (21)(22)
Ces infections peuvent parfois être graves et évoluer en cellulite diffuse. (23)
C. 1. 3. Incidence
#'!
!
Au maxillaire elle n’est que de 0,2% (14) à 0,3% (20).
Sous anesthésie générale elle est d’environ 1,7% (20).
C. 1. 4. Histologie et cyto-bactériologie
C. 2. Facteurs de risque
C. 2. 1. Facteurs locaux
Une hygiène bucco-dentaire rigoureuse est de mise après une avulsion, car selon
certains auteurs, des débris alimentaires persistants dans la plaie sous un lambeau non
adhérent ou oedématié seraient à l’origine des infections post-chirurgicales. (22)(28)
De plus, la position déclive et postérieure de l’alvéole vacante de la dent de sagesse
retient facilement les débris alimentaires et ne facilite pas la détersion ainsi que
l’élimination des débris nécrotiques. (19)
#(!
!
C. 2. 1. 2. La mandibule
Dans 90% des cas, les infections post-opératoires surviennent lors d’interventions au
niveau mandibulaire. La région anatomique de la dent de sagesse mandibulaire, de par
sa faible vascularisation et la position de l’alvéole n’offre pas des conditions favorables à
une cicatrisation optimale. (22)(29)
Moghimi et coll. montrent que la survenue d’une cellulite ou d’un abcès (sur un plan
général) est due dans 44,5% des cas à une infection sur dent non vitale, dans 27,1%
des cas à une avulsion simple de dent vitale et dans 25,8% des cas à une avulsion
complexe de dent vitale. Ils nous indiquent également que la troisième molaire est
impliquée dans 49,7% des cas, suivie de la deuxième molaire (20,6%) puis de la
première molaire (17,4%). (16)
Quant aux infections secondaires, elles sont de 3,6% à la mandibule contre 0,3% au
maxillaire pour Christiaens et coll. (20) ; de 1,5% à la mandibule contre 0,2% au
maxillaire pour Chiapasco et coll. (14).
Figueiredo et coll. considèrent l’espace mort créé sous les tissus mous en arrière de la
seconde molaire comme étiologie la plus probable de ces infections retardées : les
bactéries s’y fraient un chemin au travers du sulcus postérieur. (18)
#)!
!
C. 2. 1. 4. La difficulté opératoire
C. 2. 1. 4. 1. Le degré d’impaction
Selon Osborn et coll., les infections secondaires aux avulsions d’une dent de sagesse
(or alvéolite) sont 51 fois plus importantes pour une dent totalement incluse, et 38 fois
plus importantes pour une dent semi-incluse que pour une dent sur arcade (17).
De nombreux autres auteurs s’accordent sur la plus forte prévalence d’abcédations
secondaires à l’avulsion de dents totalement incluses dans l’os. (18)(20)(28)(30)(31)
Benediktsdottir et coll. ont, quant à eux, trouvé que l’exposition du nerf alvéolaire
inférieur lors de l’avulsion, est plus à risque d’infection et justifierait une antibiothérapie.
(30)
C. 2. 1. 4. 2. L’angulation
Chiapasco et coll. ont noté une prévalence de cellulites post-opératoires plus importante
pour les molaires ayant une position mésio-angulaire et disto-angulaire que pour les
verticales et horizontales. (14)
Figueiredo et coll. mais aussi Blondeau et coll., trouvent quant à eux, une prévalence
plus élevée pour les positions mésio-angulaire et verticale. L’hypothèse étant que ces
angulations caractérisent une couronne proche des racines de la seconde molaire, qui
lors de la cicatrisation laisse un espace mort sous la muqueuse rendant les techniques
d’hygiène et particulièrement le rinçage au bain de bouche inefficaces, emprisonnant
plus facilement des débris. (18)(19)(24)(32)
De Boer et coll. citent une prévalence plus élevée pour les positions horizontale et
mésio-angulaire. (33)
#*!
!
Les auteurs s’accordent donc sur la position mésio-angulaire comme étant la plus à
risque d’abcédation.
Selon Bui et coll., l’inclusion horizontale serait à l’origine de plus de complications
inflammatoires (alvéolite, retard de cicatrisation, infection secondaire!) tandis que
l’inclusion verticale entrainerait plus de complications dites opératoires (saignements,
complication nerveuse, fracture alvéolaire!). Ceci étant corroboré par De Boer et coll..
(25)(33)
Chiapasco et coll. (14), Blondeau et coll. (32) et Figueiredo et coll. (18) ont comparé
l’incidence de survenue de cellulites tardives et la classification ABC et 123 de Pell &
Gregory permettant de préjuger de la difficulté opératoire. Il en ressort que la majorité
des abcédations se retrouvent au niveau des classes les plus complexes, à savoir les
classes 3 et C.
C. 2. 2. Facteurs généraux
C. 2. 2. 1. Le sexe
$+!
!
plus à risque de développer une alvéolite sèche ou une infection secondaire que celles
qui n’en prennent pas. (30)
Bui et coll. et Blondeau et coll. évoquent une autre hypothèse et supposent que la non
corrélation serait due au fait qu’il y ait moins d’œstrogènes dans les nouvelles
générations de pilules contraceptives. (25)(32)
C. 2. 2. 2. L’âge
Les études ont montré que les complications associées à l’avulsion d’une troisième
molaire mandibulaire augmentaient avec l’âge, et ce à partir de l’âge de 25 ans.
Chiapasco et coll. (14) concluent que le groupe le plus à risque est le groupe des 25-34
ans et le moins à risque celui des 18-24 ans (similairement aux alvéolites). Ces résultats
sont corroborés par Chuang et coll. (34) et d’autres (25)(30)(35)(36).
Cette corrélation pourrait être due à plusieurs variables évoluant avec l’âge : la densité
osseuse, la formation radiculaire et la finesse du ligament alvéolo-dentaire entrainant
une augmentation du temps opératoire ; et la diminution de la capacité de cicatrisation
alvéolaire.
Le tabac est souvent incriminé comme facteur favorisant à la survenue d’une alvéolite.
Dans leur étude, Figueiredo et coll. trouvent une proportion de gros fumeurs six fois plus
importante dans le « groupe infecté » que dans le « groupe contrôle » mais ceux-ci ne
trouvent pas de corrélation significative entre le tabac et la survenue d’une cellulite post-
opératoire, cela peut être parce que leur étude n’incluait pas assez de gros fumeurs
(18)(19). Bui et coll. admettent le biais du questionnaire quant à la consommation de
tabac et n’ont pas pu mettre en évidence une relation assez forte entre la cigarette et la
cellulite post-opératoire (25).
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!
C. 2. 3. Iatrogénie
C. 2. 3. 1. L’avulsion prophylactique
D’après Christiaens et coll., lorsque l’infection se déclare dans les 2 à 3 semaines après
l’intervention, l’indication d’avulsion était soit préventive soit orthodontique tandis que
lorsqu’elle survient 4 à 5 jours plus tard, l’indication principale était une péricoronarite.
(17)(20)(33)
L’explication serait que le soulèvement d’un lambeau dans une zone non infectée et sa
fermeture étroite favoriseraient la colonisation bactérienne à travers l’espace
desmodontal de la seconde molaire. (18)(19)
C. 2. 3. 2. Le lieu de l’intervention
Dans leur étude, Goldberg et coll. ont mis en évidence que sur les 21 cas d’infections
post-opératoires déclarés, 20 ont eu lieu en milieu hospitalier contre 1 seul en cabinet
libéral. Ceci est à corréler au fait que les interventions survenant à l’hôpital le sont
souvent car plus complexes techniquement ou lorsque les patients présentent des
pathologies intercurrentes. (28)
C. 2. 3. 3. L’expérience du praticien
Les différentes études ne s’accordent pas forcément sur ce point. Parfois elles ne
retrouvent pas de différences significatives (15)(33)(37) entre jeunes praticiens /
praticiens expérimentés ou omnipraticiens / spécialistes ; d’autres fois les praticiens
moins expérimentés sont plus confrontés à ce type de complication. (20)(31)
$#!
!
C. 2. 3. 4. L’injection d’anesthésique
Un cas de cellulite a été reporté après bris d’aiguille lors d’une anesthésie loco-
régionale. (40)
C. 2. 3. 5. Le lambeau d’accès
$$!
!
Figueiredo et coll. pensent que la quantité d’os fraisé est un facteur de risque et que
l’importance de l’ostéotomie est mieux exprimée par d’autres variables comme la
rétention osseuse ou le morcellement dentaire.! Ils retrouvent en effet une association
significative entre le morcellement de la dent et le développement d’une infection
retardée. (18)!
Un cas de cellulite a été reporté après utilisation d’un hémostatique local rarement
utilisé en chirurgie buccale : la cire de Horsley. Ses effets adverses sont un
ralentissement de la cicatrisation osseuse, une réaction à corps étrangers et un risque
d’infection (44). Une étude antérieure aux faits rapporte quelques cas d’inflammation
gingivale avec évacuation de la cire sans vraiment de différence significative avec le
groupe témoin. (45)
C. 2. 3. 8. Le curetage
C. 2. 3. 9. L’irrigation
Il a été attesté que l’irrigation de l’alvéole avec une solution saline augmentait le risque
d’alvéolite sèche (46).
A l’inverse, une revue Cochrane affirme que le rinçage pré et post-opératoire à base de
0,12 à 0,2% de gluconate de Chlorhexidine réduirait les risques de développer une
alvéolite sèche. (47)
$%!
!
Il est cependant indispensable de laisser saigner l’alvéole avant de suturer cela créant
un environnement favorable au caillot sanguin.
L’oubli d’un fil de suture pourrait être une cause d’abcédation. (21)
Par ailleurs, il est possible que l’infection provienne d’un « espace mort » sous les tissus
mous. Elle pourrait donc être évitée en n’effectuant pas de fermeture primaire, c’est à
dire en laissant l’alvéole ouverte seule ou avec un drain. Pasqualini et coll. suggèrent
qu’une fermeture secondaire (par distal wedge) serait à l’origine de moins de douleurs,
d’œdème et d’un moindre risque de suppuration tardive qu’une fermeture primaire. Si
cette dernière est employée, il paraît nécessaire d’y placer une mèche de drainage. (48)
Néanmoins, de nombreuses études ne discernent pas de différences significatives entre
ces deux types de fermetures. (42)(49)
C. 3. Bactériologie (24)
Une récente étude (24) menée par Figueiredo et coll. a permis de mettre en évidence
les bactéries présentes lors d’infections post-opératoires tardives. Ont été incluses
toutes les infections inflammatoires accompagnées d’un œdème et d’une suppuration
de la zone opératoire, survenant après le retrait des fils de suture, c’est à dire au moins
une semaine après l’opération. Le nombre de jours moyens avant le développement de
l’infection fut de 39 jours. Le prélèvement bactérien consista en l’insertion apicale d’un
cône de papier endodontique au niveau de la zone de suppuration qui se trouvait
majoritairement en distal de la seconde molaire.
Lors d’infections dentaires, une flore mixte est fréquemment rencontrée : aérobie et
anaérobie, en particulier Streptococcus viridans et Staphylococcus. Cependant
$&!
!
l’utilisation concomitante d’une antibiothérapie et de bains de bouche à la germectomie
entraine potentiellement la suppression de ces germes.
Les bactéries les plus communément rencontrées ont donc été : Fusobacterium sp.
(91,6% des cas), Prevotella sp. (66,6%) et Peptostreptococcus sp. (58,3%).
L’analyse bactériologique de Le Toux et coll. met en évidence de nombreux
Streptocoques mitis et quelques grams positifs. (22)
La mise en évidence des ces souches bactériennes a permis de mettre en avant les
antibiotiques ayant les meilleurs résultats curatifs. La clindamycine a montré les
réponses les plus probantes suivie du métronidazole, puis de l’association amoxicilline /
acide-clavulanique.
Fusobacterium sp. et Prevotella sp. ont manifesté une haute résistance à la prescription
d’amoxicilline seule, par la sécrétion de nombreuses béta-lactamases.
L’amoxicilline est désignée comme inadéquate dans ce type de situation. Ceci pourrait
s’expliquer par le fait qu’elle est prescrite en post-opératoire aux patients, sélectionnant
ainsi le profil bactérien. Cependant l’effet de l’antibiothérapie post-opératoire est
discutable dans ce type de situation. En effet, l’infection se développant dans la majorité
des cas entre 3 et 5 semaines après l’opération, la prise d’antibiotiques est terminée
depuis au moins 2 à 3 semaines ; et, d’autre part, l’alvéole peut facilement être
contaminée par des bactéries commensales.
C. 4. 1. Alvéolite (1)(38)(21)
Il s’agit de la complication la plus fréquente après une avulsion dentaire : elle est
retrouvée dans 1 à 4% des suites opératoires de l’avulsion de dents « simples » et dans
5 à 30% des avulsions de dents de sagesse mandibulaires incluses.
$'!
!
Son incidence est 10 fois plus élevée pour les molaires mandibulaires que pour les
maxillaires.
• Etiologie
Toutes les causes susceptibles de nuire à la formation du caillot sanguin peuvent être à
l’origine d’une alvéolite :
- la pénétration de la salive dans l’alvéole avant la formation du caillot, les lavages
précoces créant une gêne mécanique à sa formation
- l’existence d’une infection préalable telle qu’une dent porteuse d’une lésion
périapicale, ou extraite au cours d’accidents infectieux aigus
- le rôle favorisant de l’anesthésie locale avec vaso-constricteur
- le traumatisme opératoire (avulsion difficile traumatisant la zone alvéolaire,
entrainant des fractures partielles des rebords alvéolaires)
Il semble qu’il y ait une prédisposition spéciale de certains individus à faire des
alvéolites : notion de terrain, état général, qualité de la circulation, de la crase sanguine,
de la résistance plus ou moins grande de certains sujets aux infections, de la tendance
plus ou moins marquée à la cicatrisation anormale.
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!
• Alvéolite sèche
Elle débute 48 à 72 heures après l’avulsion lorsque les symptômes premiers de
l’intervention chirurgicale se sont apaisés, et dure entre 5 et 10 jours.
Cliniquement, elle se manifeste par une douleur pulsatile intense, insomniante et rebelle
aux antalgiques. Elle peut irradier à toute l’hémiface homolatérale le long des branches
nerveuses. Le patient se plaint souvent d’halitose et d’une sensation de mauvais goût.
A l’examen, tout semble normal à l’exception d’une alvéole déshabitée, blanchâtre : la
muqueuse n’est pas tuméfiée, il n’y a pas de trismus ni d’adénopathie.
Dans une étude menée par Al Khateeb et coll., il a été montré que l’alvéolite sèche
survient plus fréquemment quand l’avulsion est pratiquée pour raisons thérapeutiques
que pour raisons préventives ; ceci étant le contraire pour la cellulite post-opératoire.
(50)
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!
C. 4. 2. Ostéite centrale (38)
Cliniquement, l’alvéole révèle une suppuration, l’une ou les deux tables osseuses
maxillaires présentent une tuméfaction douloureuse faisant corps avec l’os. Elle
s’accompagne presque toujours d’une réaction inflammatoire des tissus mous péri
maxillaires.
Les douleurs lancinantes, pulsatiles, continues, entrainant l’insomnie sont des signes
fonctionnels constants. Quant aux signes généraux ils sont discrets, révélant parfois une
légère élévation thermique.
L’étiologie est presque toujours une faute technique : apex ou tissu de granulation
laissés en place.
L’adénite est communément employée pour désigner l’atteinte infectieuse d’un ganglion.
L’adénophlegmon quant à lui traduit la diffusion de l’infection en dehors du ganglion.
C. 5. Traitement (32)(52)
$*!
!
Il existe très peu de publications relatives au traitement de cette affection rare. Il n’y a
donc pas de guide établi quant à la thérapeutique à mener. (52)
C. 5. 2. Antibiothérapie
%+!
!
En raison de signes fonctionnels importants, la prise d’antibiotiques est couplée à celle
d’antalgiques, souvent de niveau 2, comme l’association paracétamol – codéine. (12)
La prise d’anti-inflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens ne se justifie pas.
C. 5. 3. Traitement chirurgical
Lorsque le traitement de première intention n’a pas été performant, un abord chirurgical
est alors effectué. Figuereido et coll. ont rencontré ce problème dans un tiers des cas
traités par l’association amoxicilline / acide clavulanique (confortant l’utilisation de la
clindamycine). Ils mettent également en avant que plus l’abcédation secondaire survient
tardivement, plus la prise en charge nécessitera une antibiothérapie et un débridement
chirurgical. (52)
Figure 10 : Relation entre le temps écoulé entre l’avulsion et l’infection retardée et le besoin
d’une intervention chirurgicale selon Figueiredo (52)
%"!
!
Le drainage ne s’effectue qu’à partir de la phase suppurée, et non en cas de cellulite
séreuse.
Avant d’entreprendre cet acte chirurgical, il est important de faire attention aux éléments
anatomiques tel qu’un trajet nerveux ou vasculaire.
De rares cas de récidives ont été évoqués trois semaines après la première cellulite
post-avulsionnelle.
C. 6. Illustration
Pour illustrer ce chapitre, voici le cas d’une jeune femme de 18 ans, ayant déclaré une
cellulite post-opératoire 1 mois après l’avulsion de sa troisième molaire mandibulaire
droite (dent numéro 48).
%#!
!
L’orthopantomogramme préopératoire révélait (figure 11) la présence d’un germe de 48 :
- au stade 7 de Nolla
- mésio-versé
- de classe 3A selon la classification de Pell et Gregory
- à proximité du nerf alvéolaire inférieur
La difficulté opératoire paraissait donc relativement importante.
Environ un mois après son intervention, la patiente s’est présentée au cabinet dentaire
avec la symptomatologie d’une cellulite post-opératoire.
Celle-ci décrivait l’apparition de douleurs, d’un gonflement et d’une sensation de chaleur
dans la région jugale droite depuis environ 5 jours.
%$!
!
A l’examen clinique, l’aspect exo-buccal (figure 12) laissait deviner un léger oedème jugal
inférieur droit entrainant une légère asymétrie faciale, une rougeur et une chaleur
cutanée.
L’absence de trismus permit d’examiner l’aspect endo-buccal (figure 13) qui montrait un
léger empâtement en regard de l’alvéole d’avulsion dont la cicatrisation semblait
normale. L’introduction d’une sonde en distal de la seconde molaire fit sourdre du pus.
NB : Cette patiente ne fait pas partie de notre étude (chapitre IV) car ces images sont
postérieures au recueil des données.
%%!
!
II. LA GERMECTOMIE DES TROISIEMES MOLAIRES
MANDIBULAIRES
A. RAPPELS ANATOMIQUES
En vestibulaire, elle répond à la table externe. La troisième molaire est d’autant plus
proche de la table externe qu’elle est incluse. Elle répond également à l’angle
mandibulaire, ce qui, en associant inclusion et traumatisme, la rend fragilisante.
En lingual, elle répond à la table interne près de laquelle circule le nerf lingual. Elle est
d’autant plus éloignée de la table interne qu’elle est incluse.
L’espace para-amygdalien est également un rapport important à signaler, car toute
infection ayant pour point de départ la dent de sagesse peut se propager vers le
médiastin.
%&!
!
incluse dans le ramus.
A. 2. Inclusion
La proportion de sujets ayant une troisième molaire incluse, retenue ou enclavée serait
de l’ordre de 16% pour des sujets ayant une denture complète, et de 11% pour des
sujets ayant une denture incomplète.
La fréquence des troisièmes molaires mandibulaires incluses, retenues ou enclavées
serait de 15 à 25% (58), avec une prévalence plus élevée chez les femmes. (59)
Parmi l’ensemble des dents incluses, enclavées ou retenues, les troisièmes molaires
mandibulaires représenteraient entre 55 et 60% des cas. (60)
%'!
!
La cause la plus communément retrouvée est un manque de place entre la seconde
molaire et la branche montante de la mandibule. Ce défaut d’espace peut être
compliqué par un retard de minéralisation de la dent associé à une maturité osseuse
précoce de l’individu. (61)
Les autres causes possibles sont une malposition ou une malformation du germe
dentaire, une mauvaise trajectoire d’éruption, une ankylose. (62)(63)
La dent de sagesse peut également être ectopique. Majoritairement elle est eutopique
mais peut présenter une diversité d’inclinaisons décrite par Winter en 1926 qui établit 4
classes distinctes (de la plus fréquente à la moins fréquente) : la position mésio
angulaire > verticale ≥ disto-angulaire > horizontale.
Dans de très rares cas, on pourra également retrouver la dent incluse en position
inversée.
La position entrainant le plus de difficultés opératoires est la position disto-angulaire ;
quant à la plus aisée, il s’agit de la position mésio-angulaire. (61)
B. INDICATIONS (64)(65)(66)(67)
L’avulsion des dents de sagesse est l’acte de chirurgie buccale le plus communément
réalisé.
%(!
!
persistantes dans le milieu de la chirurgie bucco-dentaire.
L’ANAES a formé un groupe de travail (64) qui a étudié un certain nombre de
références. Cette analyse de la littérature n’a pas permis d’établir des recommandations
professionnelles incontestables. De plus les conclusions d’une conférence de
consensus traitant du sujet souligne ces controverses.
B. 1. Indications orthodontiques
L’indication orthodontique repose sur le fait qu’un manque de place postérieur pour
l’évolution des troisièmes molaires pourrait entrainer l’initiation ou la récidive d’un
encombrement mandibulaire antérieur après traitement orthodontique. Ceci a cependant
été démenti dans de récentes études. (68)(69)(70)
L’absence d’antagoniste, une gêne à l’évolution de la seconde molaire ou un traitement
orthodontique de distalisation en sont également une indication. (71)
B. 2. Indications prothétiques
L’avulsion est un geste irréversible qui ne permet plus d’utiliser la dent comme support
de prothèse ou de maintenir une dimension verticale adaptée.
%)!
!
B. 3. Indications prophylactiques
L’intérêt est de minimiser le risque de développer des affections telles que des
péricoronarites, des kystes dentigères, des lésions de la dent adjacente, des tumeurs
malignes ou des complications chirurgicales en cas d’intervention à un âge avancé.
Les risques de complications liés à la conservation et ceux liés à l’avulsion doivent être
comparés quantitativement et qualitativement.
Il a également été montré que les complications per et post opératoires sont moindres
chez le sujet jeune (moins de 25 ans). (34)(35)
Il semble aussi admis que la morbidité est moindre lorsque l’intervention survient à un
stade d’édification radiculaire compris entre le tiers et les deux-tiers.
La question qu’il faut se poser est simple : les bénéfices apportés par l’intervention sont-
ils supérieurs pour le patient aux risques liés à l’avulsion ? Il faut orienter la décision
thérapeutique dans le respect de l’odontologie fondée sur la preuve.
%*!
!
B. 4. Conclusions
Les dernières recommandations en vigueur datent de 1997 (voir annexe 2). Compte tenu
de l’évolution des pratiques et de l’augmentation du nombre d’avulsions des troisièmes
molaires (sous anesthésie générale et sous anesthésie locale), il serait souhaitable
d’élaborer de nouvelles recommandations. (73)
En Grande Bretagne, la National Institute for Health and Care Excellence a publié en
2000 un guide sur l’avulsion des troisièmes molaires. Il en ressort qu’une dent incluse
saine ne doit pas recourir à une intervention car il n’y a pas suffisamment de preuve
quant au bénéfice apporté au patient et que cela l’expose aux risques d’une chirurgie.
Elle suggère cependant un contrôle régulier auprès d’un chirurgien dentiste. (74)
&+!
!
Cette évaluation engendre une plus grande efficacité ainsi qu’une réaction appropriée
en cas de complication per-opératoire.
De nombreuses recherches (76) ont également montré que les complications post-
opératoires sont souvent associées à des difficultés lors de l’avulsion de la troisième
molaire mandibulaire ce qui renforce la nécessité d’informer le patient.
L’estimation de cette difficulté et des facteurs l’influençant a été étudiée par de multiples
études (77)(80) prenant comme principales variables de résultats la durée du temps
opératoire et une auto-évaluation personnelle du praticien opérateur.
La durée de l’acte est définie par l’intervalle entre l’utilisation du premier instrument
requis pour l’avulsion et la pose du dernier instrument utilisé.
L’évaluation faite par le chirurgien a été normalisée grâce à une échelle visuelle
millimétrée de 0 à 100 (0 étant la difficulté minimale et 100 la maximale).
C. 1. Classifications
Maintes études analysant les difficultés rencontrées sont uniquement basées sur une
évaluation radiologique. C’est le cas des modèles de :
- Winter’s, basée sur l’angulation de la troisième molaire incluse par rapport à l’axe
de la deuxième molaire
- Pell and Gregory’s
- Pederson’s
- WHARFE (voir annexe 3).
En 1933, Pell et Gregory établissent 2 classifications à combiner, basées pour l’une sur
la distance entre la face distale de la deuxième molaire et le bord antérieur du ramus
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!
mandibulaire (classification 1, 2, 3) ; et pour l’autre sur la profondeur d’inclusion
(classification A, B, C).
&#!
!
Une étude menée par A. Garcia Garcia, conteste la fiabilité de la classification de Pell et
Gregory comme prédicteur de la difficulté opératoire d’une troisième molaire verticale
incluse.
Il a été considéré que les classes C et 3 étaient distinctivement des indicateurs de
niveau difficile. Celles-ci ont été rapprochées à l’échelle de Parant (figure 15) relative aux
manœuvres opératoires nécessaires rencontrées lors de la chirurgie. Il en a été conclu
une spécificité de 88% et une sensibilité de 15% pour la classe C ; et une spécificité de
62% et une sensibilité de 50% pour la classe 3. (80)
Valeur Classe
Facile 1 Avulsion nécessitant uniquement le davier
Facile 2 Avulsion nécessitant une ostéotomie
Difficile 1 Avulsion nécessitant une ostéotomie et une section coronaire
Difficile 2 Avulsion complexe (section radiculaire)
Figure 15 : Echelle de Parant modifiée par Garcia-Garcia and al.
C. 1. 2. Pederson’s Classification
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!
Critères Valeur
Position de la troisième molaire
Mésio-angulaire 1
Horizontale 2
Verticale 3
Disto-angulaire 4
Profondeur relative
Classe A 1
Classe B 2
Classe C 3
Cette classification a également fait l’objet de contestations comme dans l’étude menée
par Marcio Diniz-Freitas qui obtient une spécificité de 76,2% et une sensibilité de 23,8%
entre les échelles de Pederson et de Parant.
Elle met en avant que des facteurs tels que la densité osseuse, la flexibilité de la joue
ou le degré d’ouverture buccale ne sont pas pris en compte par Pederson. (84)
C. 1. 3. Autres
D’autres équipes ont tenté de développer de nouvelles classifications comme Naaj (62),
Yuasa et al. (81) ou Juodzbalys & Daugela (85). Mais ces classifications sont peu
utilisées car peu convaincantes.
&%!
!
Toutes ces échelles sont controversées. Par exemple, selon Almendros-Marqués N., la
reproductibilité de la classification est plus forte pour Winter que pour Pell et Gregory.
(86)
Selon les études les paramètres influant la difficulté de prise en charge diffèrent mais il
en ressort certains principaux à savoir : l’âge, la profondeur d’impaction, la morphologie
radiculaire.
La profondeur d’inclusion est l’une des données les plus importantes à considérer.
La proximité de la dent avec le canal du nerf alvéolaire inférieur est une difficulté si les
racines englobent le canal, le bénéfice / risque de l’intervention sera alors ré-estimé ;
&&!
!
mais il peut également occasionner une augmentation du temps opératoire par simple
crainte du praticien à son égard.
Dans l’étude menée par Ricardo Wathson F Carvalbo et coll. (78), les odds ratio
révèlent que la probabilité d’être confronté à des difficultés lors de la chirurgie est plus
grande lorsque la troisième molaire :
- est horizontale selon la classification de Winter (en comparaison à celles
classées « mésio-angulaires » par Pell & Gregory)
- est classée C3 plutôt que A1
- est formée de 2 racines ou au stade de germe plutôt qu’ayant des racines
fusionnées
- possède des racines courbes
- est ankylosée
- est en contact avec racines et couronne de la deuxième molaire plutôt qu’ayant
uniquement des rapport avec ses racines.
&'!
!
C. 1. 3. 3. Les variables démographiques
Beaucoup de ces facteurs restent controversés, l’âge est le seul faisant l’unanimité dans
les études étudiées. Ceci est dû à la différence de densité osseuse retrouvée, mais
également à la formation plus ou moins complète des racines.
D. RISQUES (64)(66)(72)(87)
Le risque infectieux est plus important pour une dent partiellement sur l’arcade que
lorsqu’elle est incluse.
Le risque de péricoronarite serait de 5% dans la population générale. Il serait plus
important en cas d’inclinaison distale ou verticale selon Punwutikorn et d’inclinaison
&(!
!
mésiale ou verticale selon Knutsson.
Quant au risque carieux, il serait plus important pour des inclinaisons mésiales.
Nous pouvons également citer le risque de lésion des tissus parodontaux de la dent
adjacente, l’évolution pathologique du sac péricoronaire (kyste dentigère), le
développement d’une infection à distance ou d’une tumeur maligne ou le risque de
fracture mandibulaire.
Il existe également des risques mineurs et temporaires : lésion d’un nerf sensitif,
alvéolite, infection et trismus, hémorragie, fracture dento-alvéolaire, projection dentaire,
fragment radiculaire laissé en place.
Des risques mineurs mais permanents ont été décrits : persistance d’une poche
parodontale en distal de la deuxième molaire, traumatisme de la dent voisine, trouble de
l’articulation temporo-mandibulaire, erreur de dent, migration dentaire secondaire.
&)!
!
E. TECHNIQUE CHIRURGICALE (56)(88)(89)
L’avulsion prophylactique d’un germe d’une dent de sagesse nécessite une consultation
préopératoire où le patient reçoit l’ensemble des informations claires, loyales et
appropriées ; nécessaires à l’obtention obligatoire de son consentement éclairé (selon la
loi Kouchner du 4 mars 2002 et le Code de Santé Publique).
L’information délivrée par le praticien porte sur tout ce qui entoure et fait l’acte envisagé
ou réalisé : utilité, urgence, alternatives, technique, rapport risques / bénéfices, risques,
facteurs de risque, coût, précaution, examens / médication à prévoir.
L’information et le consentement sont principalement oraux. Des documents écrits
peuvent être remis en complément au patient.
Tout doit être correctement renseigné dans le dossier du patient. Sa valeur médico-
légale incite à ce qu’il soit complet et réactualisé régulièrement.
En cas d’intervention chez un patient mineur, une autorisation parentale signée est
obligatoire.
&*!
!
E. 2. Anamnèse médicale
L’anamnèse médicale débute par le motif de consultation. Il faut savoir par qui le patient
est adressé et pour quelle justification.
E. 3. Examen clinique
'+!
!
Il permet également d’analyser les difficultés opératoires pouvant être rencontrées pour
tous actes dentaires, à savoir un faible degré d’ouverture buccale, la présence d’un
trismus, une macroglossie ou une microstomie.
E. 4. Examens complémentaires
E. 4. 1. Examens radiologiques
E. 4. 1. 1. Le cliché rétro-alvéolaire
Seul, il est insuffisant car ne donne pas assez d’informations sur les structures
avoisinantes.
Il peut éventuellement préciser le détail de la trabéculation osseuse et le rapport avec le
pédicule mandibulaire.
'"!
!
E. 4. 1. 2. Le cliché panoramique
Cet examen est indiqué en cas de dent ectopique, de rapports étroits avec le pédicule
mandibulaire, d’inflammation laissant penser à des rapports étroits avec les tables
osseuses.
E. 4. 2. Examens biologiques
'#!
!
E. 5. Technique chirurgicale
Il existe trois types d’approches chirurgicales. Deux d’entres elles sont intra-orales : la
voie sublinguale (la plus classique et celle qui sera étudiée ci-après) et la voie
vestibulaire à travers l’épaisseur de la corticale externe mandibulaire. La dernière est
extra orale par une incision d’environ un centimètre sous le rebord inférieur de la
mandibule. (62)
E. 5. 1. Installation
E. 5. 2. Asepsie
L’asepsie commence par le lavage des mains qui débute par un lavage simple au savon
doux et se termine par une désinfection chirurgicale par friction avec un savon hydro-
alcoolique.
La mise en place d’un champ opératoire permet de lutter contre les infections
nosocomiales.
Puis l’asepsie est exobuccale et endobuccale. Elle est réalisée par badigeonnage à
l’aide d’une compresse stérile imbibée de Bétadine® ou de Chlorhexidine.
E. 5. 3. Anesthésie
L’anesthésie du nerf alvéolaire inférieur est une anesthésie loco-régionale réalisée par
injection au niveau de l’épine de Spix. Celle-ci n’est pas forcément nécessaire en cas de
germectomie.
Une anesthésie intracavitaire accompagnée d’une anesthésie para apicale peuvent être
largement suffisantes.
'$!
!
La molécule d’anesthésie choisie sera fonction de la durée de l’intervention (le plus
souvent : articaïne adrénalinée à 1 / 200 000).
L’aiguille choisie pour ce type d’anesthésie mesure 30/100 de diamètre et 16mm de
long.
Les carpules et l’aiguille sont plongées dans une cupule remplie de Bétadine® pour
désinfection.
E. 5. 4. Temps muqueux
'%!
!
E. 5. 4. 1. L’incision angulaire
E. 5. 4. 2. L’incision linéaire
L’incision linéaire (figure 17, tracé 4) reproduit le tracé de l’incision angulaire à l’exception
de la décharge qui n’est pas effectuée. L’incision intrasulculaire est alors poursuivie
jusqu’à la première molaire voire la deuxième prémolaire.
E. 5. 5. Temps osseux
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!
la dent qui est alors partiellement mise à nue. Puis l’opérateur réalise un sillon disto-
vestibulaire, jusqu’à la ligne de plus grand contour au delà de la jonction amélo-
cémentaire, le long de la couronne ; tout en sécurisant l’abord lingual par risque de
lésion du nerf lingual, et l’abord mésial par risque de contact avec la deuxième molaire.
E. 5. 6. Temps dentaire
E. 5. 6. 1. La mobilisation
E. 5. 6. 2. Le morcellement
Lorsque la mobilisation seule n’est pas suffisante, un morcellement peut être envisagé.
La séparation de la dent se fera grâce à une fraise fissure montée sur contre-angle
rouge. Il faut être vigilant et toujours rester à distance des nerfs lingual et alvéolaire
inférieur. La séparation ne se terminera donc pas à la fraise mais par l’introduction d’un
''!
!
syndesmotome dans la fissure réalisée.
E. 5. 6. 3. L’avulsion
'(!
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E. 5. 7. Curetage
Lorsque l’intégralité de la dent a été retirée, il est impératif de nettoyer l’alvéole afin
d’éliminer tous débris pouvant retarder la cicatrisation alvéolaire (sac péricoronaire,
débris osseux) et permettre ainsi la formation d’un caillot sanguin de bonne qualité.
Une curette tranchante est utilisée avec un mouvement allant de la profondeur vers la
superficie.
Une régularisation osseuse peut également être effectuée grâce à une pince gouge ou
une fraise boule.
E. 5. 8. Sutures
')!
!
Les types de points et de fils sont fonctions des habitudes et du choix de l’opérateur.
Les fils non résorbables sont ôtés environ huit jours après l’opération. Cela permet
également un contrôle post-opératoire.
E. 6. Prescriptions
Toute prescription doit faire l’objet d’un interrogatoire initial afin de connaître les
éventuelles allergies, interactions médicamenteuses et les contre-indications.
Il conviendra également d’évaluer consciencieusement le bénéfice attendu du
médicament prescrit par rapport au risque potentiel encouru par le patient.
E. 6. 1. Prescriptions préopératoires
E. 6. 1. 1. Antibiotiques (96)(97)
E. 6. 1. 2. Antalgiques (98)
'*!
!
Selon les recommandations de bonnes pratiques de novembre 2005 émanant de la
HAS, il peut par exemple être proposé soit :
- un antalgique de niveau 1 : en première intention si non contre-indication :
Paracétamol (1g toutes les 6 heures ; 1er comprimé pris 1h avant l’intervention)
- un antalgique de niveau 2 (si besoin après évaluation individuelle) : exemple :
association Codéine / Paracétamol (50mg / 1g toutes les 6 heures ; 1er
comprimé pris 1h avant l’intervention)
E. 6. 1. 3. Anti-inflammatoires (89)(98)
Les corticoïdes sont indiqués pour réduire l’œdème post-opératoire prévisible lors d’une
germectomie.
L’administration d’anti-inflammatoires stéroïdiens doit être précoce (2 à 4 heures environ
avant l’intervention) de manière à obtenir une concentration tissulaire suffisante.
Il peut par exemple être proposé : glucocorticoïde 1mg/kg/j en 1 prise le matin sans
dépasser 5 jours ; à débuter le jour de l’intervention.
Il est à noter que l’association d’antibiotiques aux corticoïdes est réservée ici aux
patients présentant un risque infectieux majeur. Ceci est donc en accord avec une dose
unique, pré-opératoire d’antibiotique.
(+!
!
E. 6. 2. Prescriptions post-opératoires (96)
E. 6. 2. 1. Antibiotiques (97)
E. 6. 2. 2. Antiseptiques
La prescription d’un bain de bouche est recommandée. Il ne sera débuté que 48 heures
après l’intervention afin d’éviter de fragiliser le caillot sanguin.
Des conseils post-opératoires sont prodigués afin de renseigner le patient sur les suites
opératoires et les soins à apporter.
("!
!
• Pour éviter les saignements
Il est demandé d’éviter de cracher.
Les bains de bouche doivent être débutés 48 heures après l’opération.
Le patient doit éviter les mouvements de succion avec la langue ou les joues et ne pas
passer la langue sur la plaie.
Il est conseillé de manger liquide ou semi-liquide pendant deux à trois jours.
En cas de saignements, il est conseillé de mordre sur une compresse stérile pendant 10
à 15 minutes.
(#!
!
III. LA CICATRISATION PARODONTALE
A. LA CICATRISATION
A. 1. L’hémostase (103)(104)(105)
L’hémostase primaire peut être définie comme l’ensemble des phénomènes qui
aboutissent à la formation du « clou plaquettaire » ou « thrombus blanc » qui a pour but
d’arrêter le saignement.
• Le temps vasculaire
L’effraction vasculaire résultant de l’acte chirurgical entraîne une vasoconstriction
réflexe immédiate et transitoire des vaisseaux. Cela va freiner la perte sanguine et
favoriser la margination des plaquettes au niveau de la brèche vasculaire.
($!
!
• Le temps plaquettaire
ère
1 étape : adhésion des plaquettes au sous endothélium vasculaire. Le facteur
von Willebrand établit un pont entre la glycoprotéine (GP) Ib plaquettaire d’une part, et
les microfibrilles ou les collagènes de type I et III du sous endothélium d’autre part.
2ème étape : activation plaquettaire. L’adhésion permet l’activation des plaquettes qui
subissent une modification morphologique, émettent des pseudopodes et libèrent leur
contenu granulaire. Cette sécrétion va amplifier le phénomène, aidée entre autre par
l’ADP et le thromboxane A2 ; et aboutit également à un changement conformationnel du
complexe GPIIb/IIIa.
3ème étape : agrégation. L’agrégation des plaquettes entre elles est médiée par
l’interaction entre leurs récepteurs GPIIb/IIIa activés et le fibrinogène servant
d’intermédiaire.
Dans un premier temps ce phénomène est réversible, puis il devient irréversible en
présence de thrombine qui transforme le fibrinogène soluble en fibrine insoluble : c’est
la coagulation.
(%!
!
3ème étape : fibrinoformation. La thrombine provoque une hydrolyse partielle du
fibrinogène formant des monomères de fibrine. Par association, ils forment d’abord des
molécules de fibrine solubles, puis insolubles. C’est le thrombus rouge.
A. 1. 3. La fibrinolyse (110)(111)
A. 2. L’inflammation (38)(105)(106)
(&!
!
A. 2. 1. Phase vasculo-exsudative
Il se produit une congestion active, traduite cliniquement par les signes cardinaux
rougeur / chaleur et histologiquement par une vasodilatation (artérioles, capillaires,
veinules).
Un exsudat plasmatique (contenant immunoglobulines, fibrine, polynucléaires
neutrophiles, cellules phagocytaires et lymphocytes) forme alors un œdème
inflammatoire, traduit ici par les signes cardinaux tuméfaction / douleur. Son rôle est
bénéfique par destruction des éléments toxiques et apports de substances favorisant la
cicatrisation ainsi que du fibrinogène constituant un réseau de fibrine.
Pour finir, les polynucléaires neutrophiles et les cellules mono-macrophagiques passent
activement au travers de la paroi vasculaire formant ce que l’on appelle, la diapédèse
leucocytaire.
A. 2. 2. Phase cellulaire
('!
!
A. 3. La cicatrisation des tissus mous (38)(105)(113)(115)
La muqueuse orale cicatrise plus vite que la peau grâce au rôle protecteur de la salive.
Il existe deux stades : le stade de détersion puis le stade de reconstitution conjonctive et
épithéliale qui comprend trois étapes :
- le bourgeonnement conjonctif du fond de la plaie
- la contraction des berges de la plaie
- l’épithélialisation marginale
A. 3. 1. Néoformation tissulaire
A. 3. 2. Remodelage tissulaire
((!
!
inflammatoires. Progressivement cela s’inverse. Il y a remodelage du tissu néoformé :
les vaisseaux et les faisceaux de collagène vont s’organiser de façon à reproduire
l’architecture du tissu préexistant.
Au 21ème jour, le tissu conjonctif est encore immature. La plaie est macroscopiquement
normale à 30 jours.
Lors d’une germectomie, le traumatisme vasculaire et des tissus mous est associé à
une rupture des espaces médullaires. Des cellules souches mésenchymateuses
provenant du périoste principalement, de la moelle osseuse, de la circulation et des
tissus mous environnants, sont recrutées.
Le tissu de granulation est ici remplacé par de l’os immature : les cellules souches
mésenchymateuses se différencient en ostéoblastes formant une matrice qu’ils
minéralisent ensuite.
L’ossification débute à la périphérie et la base de l’alvéole et progresse en direction de
la surface de la plaie.
A. 4. 2. Remodelage osseux
()!
!
est en majorité formé d’ostéocytes ayant un rôle de mécano-senseurs : lorsque la
contrainte mécanique augmente, la formation est supérieure à la résorption et
inversement. Le tissu s’adapte ainsi aux contraintes ce qui aboutit à une diminution du
volume osseux au profit des espaces médullaires.
(*!
!
AVULSION minéralisation débute au centre.
En surface, l’épithélialisation correspond à une fine
croissance linéaire qui n’est pas encore fusionnée.
21 à 24 jours après Fin de la transformation du tissu de granulation en tissu
avulsion conjonctif
24 à 35 jours après Fusion de l’épithélium en surface
avulsion Formation osseuse vers les régions cervicales
ème
38 jour après avulsion Les deux tiers apicaux de l’alvéole sont comblés par un
tissu osseux néoformé
3 mois après avulsion Fin des étapes de remodelage, l’alvéole est remplie de
tissu osseux lamellaire
Tableau 1 : Chronologie des évènements cicatriciels après avulsion dentaire (102)(117)
Il s’agit d’une cicatrisation très rapide, les berges de la plaie sont en contact et il y a peu
de perte de substance.
Trois conditions sont nécessaires :
- les berges de la plaie doivent être repositionnées bord à bord par une excellente
suture chirurgicale
- aucun corps étranger ou caillot ne doit s’interposer entre les berges de la plaie
- la plaie doit être aseptique.
)+!
!
A. 5. 2. Cicatrisation par seconde intention
Dans les cas où les berges de la plaie ne sont pas en contact, la cicatrisation est
généralement plus longue et la perte de substance plus importante.
Il s’agit du type de cicatrisation rencontrée lors d’avulsion, d’autant plus lorsqu’il y a
ostéotomie.
Elle est également appelée « fermeture primaire retardée » : le chirurgien laisse la plaie
ouverte dans un premier temps, afin de diminuer le risque d’infection, puis lorsque les
premières phases de cicatrisation se sont correctement déroulées, il suture la plaie pour
permettre la cicatrisation primaire.
Les conditions d’une bonne cicatrisation nécessitent une détersion complète, une
coaptation correcte, une bonne vascularisation / innervation, une faible perte de
substance et l’absence de carences (hormonale, vitaminique).
Différents facteurs peuvent influencer de manière plus ou moins majeure cette
cicatrisation.
)"!
!
B. 1. Facteurs généraux
B. 1. 1. L’âge (29)(39)(120)
L’efficacité des différents processus de cicatrisation diminue avec l’âge tout comme la
réponse immunitaire. Plus le patient est jeune, plus la cicatrisation est rapide, la
capacité de remodelage efficace et le néo-tissu résistant.
Cependant, la germectomie des troisièmes molaires se fait principalement chez les
jeunes de moins de 25 ans et la période d’adolescence / jeunes adultes est souvent
enclin à un mode de vie pouvant perturber la cicatrisation :
- hygiène bucco-dentaire et alimentation riche en sucres avec développement
propice de bactéries anaérobies
- variations hormonales pubertaires influençant la nature et la sévérité de la réponse
inflammatoire et perturbant la circulation sanguine.
B. 1. 2. Le sexe (39)
Les femmes sont sujettes à des variations de leur formule leucocytaire en fonction de
leur cycle menstruel. Une numération de la formule sanguine retrouverait une légère
leucopénie avant leurs menstruations (diminution des polynucléaires neutrophiles
pouvant affaiblir la détersion des plaies) et une légère leucocytose après.
La contraception orale peut également avoir un effet sur l’hémostase : elle modifie les
)#!
!
facteurs de coagulation et inhibe les anticoagulants naturels ce qui entraine des
anomalies au niveau de l’agrégation plaquettaire. Elle altère également le statut
biologique des vitamines A, B6, D et acide folique qui ont chacune un rôle sur les tissus.
B. 1. 3. L’hérédité (120)
Toutes les étapes de cicatrisation requièrent certains nutriments présents dans notre
alimentation. Les protéines et les acides aminés sont nécessaires à la formation de
nouveaux tissus par la synthèse de collagène, d’enzymes, d’anticorps!
Les glucides sont une source d’énergie indispensable à toutes les synthèses. Les
lipides sont une réserve d’énergie et sont, avec les phospholipides, les constituants les
plus importants des membranes cellulaires. Les vitamines sont des cofacteurs
enzymatiques : les vitamines A, B et C participent à la synthèse de collagène, la
vitamine D est indispensable à la réparation osseuse, la vitamine K permet la synthèse
de certains facteurs de la coagulation etc. Les minéraux et oligo-éléments comme le fer,
le cuivre, le zinc sont des cofacteurs impliqués dans la synthèse et la maturation du
collagène.
B. 1. 5. Le stress (29)(121)(122)
)$!
!
profitera à l’accumulation de plaque dentaire.
Plusieurs études ont montré qu’un stress chronique a des conséquences au niveau
parodontal. Entre autre, le stress stimule la sécrétion de corticoïdes par les glandes
surrénales ce qui diminue la réponse immunitaire.
B. 1. 6. Les pathologies
Bien que rares, surtout à un stade chronique chez l’adolescent ; ces affections peuvent
avoir des répercussions sur la cicatrisation.
B. 1. 6. 1. Le diabète (29)(105)(120)
Le diabète est une pathologie endocrinienne caractérisée par une activité inadéquate de
l’insuline au sein de l’organisme. Selon l’équilibration et l’ancienneté de la maladie, le
patient peut être sujet à de nombreuses complications multifactorielles. L’une des
principales rencontrées au sein de la cavité orale est un retard de cicatrisation avec une
susceptibilité à l’infection post-opératoire et la possible formation d’ulcérations
persistantes. Ceci peut être causé par :
- une hyperglycémie qui réduit la fonction phagocytaire des granulocytes, modifie
la qualité et la quantité salivaire, et parfois, favorise la croissance de certains
micro-organismes
- une acidocétose qui retarde la migration des granulocytes et affecte la
phagocytose
- une micro-angiopathie entrainant une hypoxie tissulaire et ne permettant pas aux
métabolites nécessaires à la cicatrisation d’arriver à temps sur le site.
Si le diabète n’est pas contrôlé, une antibioprophylaxie voire une antibiothérapie jusqu’à
cicatrisation muqueuse, doivent être mises en place en cas de germectomie.
De plus, il est préconisé d’utiliser des sutures non résorbables en raison du retard de
)%!
!
cicatrisation.
Toutefois, les effets réels du diabète sont plus importants chez un patient atteint depuis
de nombreuses années, les adolescents diabétiques sont donc moins concernés par
ces répercussions sur la cicatrisation.
)&!
!
Au niveau rénal :
- le risque hémorragique est du à une anémie urémique, à un dysfonctionnement
plaquettaire voir au traitement anticoagulant utilisé en hémodialyse
- le risque infectieux est du à l’immunodépression provoquée à un stade souvent
avancé de la maladie, à un dysfonctionnement des défenses humorales et
cellulaires (par carence alimentaire).
L’insuffisance rénale est également accompagnée de désordres phosphocalciques et
d’une hyper-sécrétion parathyroïdienne ayant une influence sur le remodelage osseux,
pouvant aboutir à une hyper-résorption osseuse.
Comme pour le diabète, les adolescents sont rarement atteints de pathologies rénale ou
hépatique à un stade avancé.
B. 1. 6. 4. L’immunodépression (105)
)'!
!
patient immunodéprimé.
B. 1. 6. 5. La radiothérapie
B. 2. 1. L’hygiène bucco-dentaire
)(!
!
B. 2. 2. Le déficit salivaire (126)(127)
Il est donc nécessaire de veiller à une bonne nutrition et une bonne hydratation.
Sans une hygiène rigoureuse, la salive ne peut plus procéder au nettoyage des surfaces
bucco-dentaires et les bactéries croissent en nombre et en types avec, par exemple,
une augmentation d’une flore pathogène type streptocoque mutans.
B. 2. 3. L’infection
Après avulsion, la persistance d’un tissu de granulation pathologique non cureté ou d’un
séquestre constituant un corps étranger est à l’origine d’une infection profonde pouvant
évoluer en cellulite. Un curetage soigneux est indispensable.
))!
!
B. 2. 4. Le tabac (39)(128)
Le tabac contient plus de 4000 substances dont de nombreuses ont des effets nocifs.
Il agit sur l’immunité humorale par son effet immunosuppresseur qui retarde les
phénomènes de réparation tissulaire. Ceci est proportionnel à l’importance de la
consommation en quantité et en temps. Ces conséquences sont réversibles en 6
semaines après arrêt de la consommation.
L’immunité cellulaire est aussi touchée : le nombre, la capacité phagocytaire et
chimiotactique des polynucléaires faisant parti de la première ligne de défense dans la
réponse inflammatoire, sont diminués par certains constituants du tabac. Les
macrophages quant à eux seraient quatre fois plus nombreux mais leur vitalité et leur
pouvoir phagocytaire seraient diminués. Ceci expliquerait la fréquence plus élevée des
complications infectieuses chez ces patients.
Le fumeur présente donc une prédisposition plus importante au risque infectieux. Il faut
donc lui conseiller :
- de ne pas fumer avant l’intervention pour ne pas perturber la vascularisation et ne
)*!
!
pas irriter la muqueuse
- de respecter les consignes d’hygiène
- d’éviter de fumer durant les 1er jours suivant l’intervention.
B. 2. 5. La toxicomanie (105)
La toxicomanie touche des personnes de plus en plus jeunes. Les carences nutritives et
vitaminiques, les modifications quantitatives et qualitatives de la sécrétion salivaire et
les pathologies intercurrentes entrainent une augmentation du risque infectieux et
hémorragique chez ces patients et donc une perturbation de la cicatrisation.
B. 3. 1. L’incision
Des tractions excessives lors de l’intervention, des déchirures causées par un lambeau
trop court ou une incision n’intéressant pas le périoste peuvent être défavorables à la
cicatrisation.
B. 3. 2. L’ostéotomie
L’échauffement osseux provoqué par une irrigation insuffisante, une pression excessive
lors du fraisage, voire une fraise usagée ou de mauvaise qualité, sont susceptibles de
créer des troubles de la cicatrisation, des complications infectieuses et douloureuses.
*+!
!
B. 3. 3. Le curetage alvéolaire
Un curetage alvéolaire rigoureux est essentiel : tous les résidus de fragments osseux,
dentaires, de sac péricoronaire dans une alvéole déshabitée vont perturber la formation
du caillot sanguin et peuvent entrainer des complications infectieuses, douloureuses ou
hémorragiques.
B. 3. 4. La compression hémostatique
La compression est utile à la formation d’un caillot de taille réduite ce qui facilite la
fermeture de la plaie. Si ce caillot est trop volumineux, la réaction inflammatoire risque
d’être trop intense et l’activité bactérienne accrue.
Dans de nombreuses études (131), il apparait que la présence des fils de suture au
niveau d’une plaie augmente la susceptibilité des tissus environnants à développer une
infection, l’infection débutant autour des fils de suture.
Les sutures stabilisent et plaquent le lambeau. Elles favorisent un volume adéquat du
caillot. Un mauvais rapprochement des berges de la plaie est un facteur de retard et de
mauvaise cicatrisation.
Les fils non résorbables doivent être retirés entre 8 et 10 jours pour éviter une
prolifération épithéliale qui devra être éliminée ce qui retardera la cicatrisation et
favorisera une prolifération bactérienne.
Par ailleurs, le rinçage à la Chlorhexidine réduit considérablement le nombre de
bactéries viables sur les fils de suture.
Les sutures doivent répondre à un cahier des charges précis, afin de permettre la
*"!
!
cicatrisation des tissus dans les meilleures conditions possibles :
- le bon matériau : il faut proscrire le fil de soie avec lequel la réaction
inflammatoire est majorée, qui confère une moins bonne stabilité tissulaire et une
grande capillarité
- la bonne tension des nœuds : trop serrés, ils entrainent une dilacération ou une
ischémie de la muqueuse ; trop lâches, une perte d’étanchéité et un risque
infectieux secondaire
- la capillarité : plus le fil est capillaire, plus les bactéries sont protégées et
poursuivent leur croissance ; plus la phase inflammatoire est intense et longue
aux abords des fils. En milieu infecté, une inflammation aigue persiste jusqu’à 30
jours autour des fils fortement capillaires et est rapidement remplacée par une
inflammation subaiguë
- le type de filament : les fils monofilaments diminuent le risque infectieux et la
phase inflammatoire par une capillarité diminuée et favorisent l’hygiène
(comparativement aux polyfilaments)
- l’origine du fil : les fils synthétiques ont une capillarité diminuée
(comparativement aux fils d’origine naturelle)
- la résorbabilité : un fil non résorbable engendre une réaction inflammatoire
réduite car il doit être retiré dans les 8 à 10 jours (comparativement aux fils
résorbables).
B. 3. 6. Les traumatismes
*#!
!
IV. ETUDE
A. INTRODUCTION
La cellulite du 21ème jour est une infection rare, peu connue des chirurgiens-dentistes.
Elle survient suite à l’avulsion de dents de sagesse mandibulaires, généralement au
stade de germes, après une période post-opératoire souvent exempte de symptômes.
Quelques très rares cas sont décrits au niveau maxillaire. De par son caractère
exceptionnel, les publications à son sujet sont peu nombreuses. Selon la littérature
(20)(24)(25)(26), cette affection se déclare dans 0,8 à 5,8% des cas mais ses étiologies
restent encore incertaines.
Tous ces éléments nous ont conduit à mener une étude prospective sur cette pathologie
infectieuse afin d’analyser les éventuels facteurs de causalité lors du protocole
opératoire ou des habitudes per-opératoires du patient.
B. MATERIELS ET METHODES
B. 1. Patients
Notre étude s’est déroulée sur une période d’une année, de septembre 2014 à
septembre 2015 à Strasbourg, dans le cabinet du Docteur Bahi-Gross, MCU-PH à
l’Université de Strasbourg et spécialiste en chirurgie orale. La majorité des patients
étaient adressés par des spécialistes en orthodontie ou des omnipraticiens pour
avulsion d’une ou plusieurs molaires incluses. Aucun patient n’a été exclu pour
quelques raisons que ce soit. 324 patients ont donc été inclus chez lesquels 183 dents
de sagesse supérieures et 385 inférieures ont été avulsées. Tous les patients ont été
pris en charge par le même praticien. Ils ont tous reçu et signé un consentement
autorisant l’auteure à utiliser leurs données.
*$!
!
Une consultation pré-opératoire était organisée avant chaque intervention. Les patients
mineurs étaient accompagnés de leurs parents. Y étaient établis : le questionnaire
médical, l’examen clinique et la prescription pré ou post-opératoire. Les informations
concernant les suites et risques opératoires potentiels y étaient exposées et le
consentement concernant l’étude remis (voir annexe 5).
La prescription consistait en :
- un antalgique de niveau I (Paracétamol 1g) ou de niveau II en cas de poids
supérieur à 70kg (Paracétamol-Codéiné)
- un anti-inflammatoire stéroïdien (Glucocorticoïdes 40mg)
- un bain de bouche (Chlorhexidine + alcool) à débuter 48 heures après l’opération.
Quant aux antibiotiques, deux formats d’administration ont été étudiés :
- antibiothérapie : durant les 6 premiers mois (septembre 2014 à février 2015) :
Amoxicilline 2g à débuter la veille et à poursuivre pendant 6 jours
- antibioprophylaxie : durant les 6 derniers mois (mars à août 2016) : Amoxicilline
2g en prise unique 1 heure avant l’intervention
- en cas d’allergie aux pénicillines, l’amoxicilline était remplacée par un macrolide.
Lors de la séance opératoire, une à deux troisièmes molaires étaient avulsées. En cas
de double avulsion, les deux dents de sagesse se trouvaient dans des quadrants
homolatéraux à savoir 18 – 48 ou 28 – 38.
B. 2. Technique chirurgicale
Protocole opératoire :
- anesthésie de contact (Xylonor spray)
- anesthésie : injection de 2 à 3 carpules d’articaïne adrénalinée 1 / 200 000 pour
une anesthésie locale périapicale vestibulaire puis linguale avec si nécessaire un
rappel dans le sac péricoronaire
- réalisation d’un lambeau angulaire selon la technique de Ward modifiée :
incision intrasulculaire grâce à une lame de bistouri 11 ou 15 jusqu’en mésial de
la deuxième molaire mandibulaire suivi d’une incision de décharge
*%!
!
- décollement du lambeau
- chargement du lambeau sur l’écarteur de Faraboeuf : permettant sa
protection
- + / - distal wedge
- ostéotomie ou morcellement : si nécessaire, à l’aide d’une fraise boule à os
montée sur pièce à main et d’une fraise à séparer montée sur contre-angle rouge
- mobilisation
- avulsion
- curetage : soigneux avec éviction du sac péricoronaire
- régularisation de la surface osseuse
- sutures : fil Polysorb 4-0 résorbable ou Ticron 4-0 non résorbable
- hémostase : obtenue et vérifiée par compression à l’aide d’une compresse
stérile
Les patients ont été prévenus de la nécessité de dépose des fils non résorbables dans
les 7 à 10 jours. Des conseils post-opératoires écrits ont été remis au patient
Le recueil des données a été réalisé grâce à un formulaire rempli par le Docteur Bahi-
Gross à J0 et deux autres questionnaires ont été envoyés par courriel aux patients à J+10
et J+27. Le consentement éclairé et la volonté de participer à cette étude ont été obtenus
lors de la consultation pré-opératoire mais aussi le jour de l’intervention où l’adresse
électronique du sujet a été notée.
Le formulaire rempli par le praticien avait pour but de récolter les données personnelles
du patient (nom, prénom, âge, sexe) ; le numéro de la ou les dents extraites, ses
caractéristiques d’inclusion ; les difficultés potentielles rencontrées lors de l’intervention
(ostéotomie, morcellement) et sa durée. (Voir annexe 6)
*&!
!
l’intervention. Il avait pour intention de connaître les suites opératoires, à domicile, à
savoir le suivi des consignes, l’alimentation et l’hygiène procurée. (Voir annexe 7)
B. 4. Analyse statistique
Sur les 324 patients inclus, 91 n’ont pas répondu aux questionnaires envoyés par
courriel et ont été exclus de l’étude. De ce fait, 233 patients ont été analysés. Certains
ont été vus à deux reprises avec un minimum de quatre semaines entre chaque
intervention.
Deux groupes ont été réalisés :
- groupe 1, composé de 151 patients qui ont reçu une antibiothérapie la semaine
suivant l’opération
- groupe 2, composé de 88 patients qui ont reçu une dose unique d’antibiotique
deux heures avant l’intervention selon les recommandations actuelles de
l’AFSSAPS.
6 des patients ayant subi une deuxième intervention pour l’avulsion de la ou les dents
de sagesse contro-latérales ont eu une antibiothérapie pour l’un des secteurs, et une
antibioprophylaxie pour le secteur controlatéral.
Au total, 268 troisièmes molaires inférieures et 131 supérieures ont donc été
comptabilisées.
*'!
!
C. RESULTATS
L’âge moyen des patients inclus était de 21,7 ans (181 moins de 25 ans contre 52 plus
de 25 ans).
L’intervention a été réalisée chez 144 femmes et 89 hommes.
66 dents de sagesse supérieures droites ont été avulsées, 65 supérieures gauches, 145
inférieures gauches et 123 inférieures droites.
La durée moyenne d’intervention était de 13 minutes (durée comprise entre la première
incision et la dernière suture). Il est à noter que cette moyenne est à relativiser
puisqu’elle concerne indifféremment une ou deux avulsions dans la même séance.
Stade de Nolla
1%
8% Stade 6
16% Stade 7
46%
Stade 8
Stade 9
29%
Stade 10
*(!
!
Inclusion
2%
Dents totalement incluses
8%
dans l'os
Dents partiellement
incluses dans l'os
36% 54% Dents sous muqueuse
Parmi les dents avulsées, 54,4% étaient totalement incluses dans l’os, 35,9% étaient
partiellement incluses dans l’os, 8% étaient sous muqueuse et 1,6% se trouvaient sur
l’arcade.
Indications
1% Orientation défavorable
7%
sans infection ni
antécédent
Péricoronarites
38%
54%
Caries
Autres
L’indication principale d’avulsion était par ordre décroissant, une dent en position
défavorable indemne d’infection et d’antécédents (54,1% des cas), suivie des
antécédents de péricoronarite (38,3% des cas), la présence de caries (6,4% des cas) et
une origine induisant des dysfonctions occlusales comme la non éruption de la
deuxième molaire ou l’absence d’antagoniste (1,1% des cas).
*)!
!
Orientation de la dent de sagesse
1%
15%
Mésioversées
Verticales
20%
Horizontales
64%
Distoversées
57,7% des troisièmes molaires inférieures avaient une position mésioversée, 18,1%
étaient verticales, 13,4% horizontales et 10,67% distoversées.
Nombre de
Antibiothérapie Antibioprophylaxie patients totaux
inclus
Nombre de patients 151 88 233
Femmes 95 52 144
Sexe Hommes 56 36 89
Dents de sagesse supérieures 87 44 131
Dents de sagesse inférieures 168 100 268
!
!
!
!
**!
!
Nombre de
Antibiothérapie Antibioprophylaxie patients totaux
inclus
6 1,2 % 0 0,78 %
7 8% 3,7 % 7,78 %
Stade de 8 19,8 % 9,8 % 16 %
Nolla 9 29,6 % 29,3 % 29 %
10 41,4 % 57,6 % 46,7 %
Prophylactiques 57 % 49 % 54,1 %
Péricoronarites 35,9 % 43 % 38,3 %
Indications Caries 5,3 % 8% 6,4 %
Autres 1,7 % 0% 1,1 %
Totalement 48,7 % 63,8 % 54,4 %
incluses dans
l’os
Inclusions Partiellement 39,6 % 29,8 % 35,9 %
incluses dans
l’os
Sous 10,4 % 4,3 % 8%
muqueuses
Sur arcade 1,3 % 2,1 % 1,6 %
Classification Mésioversées 55,7 % 61 % 57,7 %
de Winter Verticales 24 % 8,4 % 18,1 %
(DDS Horizontales 11,4 % 16,8 % 13,43 %
inférieures) Distoversées 8,9 % 13,7 % 10,67 %
Distal Wedge 13,1 % 51 % 26,9 %
Anxiété 40 % 38 % 39,3 %
Difficulté d’anesthésie 4% 1% 2,9 %
Tabac 23,6 % 16,2 % 20,9 %
Saignements 40,1 % 34 % 37,9 %
Oedème 67,3 % 61,5 % 65,2 %
Trismus 52,5 % 63,7 % 56,5 %
Tableau 2 : Résultats sur l’ensemble des patients étudiés
"++!
!
C. 2. Sur le total des troubles inflammatoires post-opératoires répertoriés
Troubles inflammatoires
24%
33%
Cellulites post opératoires
Alvéolites sèches
Alvéolites suppurées
43%
C. 2. 1. Rappel : définitions
La cellulite dite du 21ème jour est une cellulite circonscrite aiguë séreuse pouvant
prendre toutes les formes topographiques sus-citées. Elle survient généralement entre
21 et 23 jours après germectomie d’une dent de sagesse mandibulaire alors que les
suites opératoires immédiates ont été tout à fait classiques et bénignes.
"+"!
!
A la différence des cellulites du 21ème jour, les alvéolites surviennent dans les suites
immédiates de l’intervention.
C’est sur la base de ces définitions précises que les résultats ont été enregistrés.
C. 2. 2. Résultats
Hommes 6 2 7 15
Age Moins de 25 ans 10 7 7 24
Plus de 25 ans 4 3 8 15
Antibioprophylaxie flash 5 5 8 18
Antibiothérapie (7 jours) 9 5 10 24
7 1 0 1 2
8 3 2 2 7
Stade de Nolla 9 3 0 5 8
10 7 8 10 25
Indication Prophylactique 8 3 7 18
d’extraction Infectieux 6 7 11 24
Inclusion Osseuse totale 9 5 9 23
Osseuse partielle 3 5 3 11
Sous muqueuse 2 0 4 6
Sur arcade 0 0 2 2
!
!
"+#!
!
Cellulites
post Alvéolites Alvéolites TOTAL
opératoires suppurées sèches
Position Mésiovestibulaire 9 5 7 21
Distovestibulaire 2 3 4 9
Horizontale 2 0 2 4
Verticale 1 2 5 8
Opération Distal Wedge 3 5 3 11
Ostéotomie 14 10 17 41
Morcellement 13 2 9 24
Durée moyenne 14,9 min 11,7 min 11,9 min 12,8 min
Tabac 3 1 5 9
Saignements 3 4 5 12
Oedème 14 7 8 29
Trismus 9 7 10 26
Tableau 3 : Inflammations post-opératoires analysées
D. DISCUSSION
Cette étude a été préférentiellement axée sur la prévalence de survenue d’une cellulite
du 21ème jour. Les alvéolites n’ont peut être pas été intégralement répertoriées, mais les
chiffres sus-cités ont pour objectif de pouvoir comparer et estimer une proportion dans
la population étudiée.
D. 1. Incidence de survenue
Durant cette période d’une année, 14 cas de cellulite du 21ème jour se sont déclarés.
Tous ces cas sont survenus après l’avulsion d’une dent de sagesse mandibulaire.
Néanmoins, durant cette période, tous les patients n’ont pas systématiquement été
revus après l’opération puisque certains consultaient leur chirurgien-dentiste traitant
"+$!
!
pour le retrait des fils de suture. Ainsi 91 patients ont été perdus de vue par non réponse
aux questionnaires envoyés par courriel. On ne peut donc affirmer avec certitude le
nombre d’infections post-opératoires. A contrario, le fait d’avoir présenté et expliqué la
pathologie avant l’intervention, a possiblement augmenté le nombre de répondants
ayant contracté cette infection (car plus enclins à le faire savoir), faussant peut être un
pourcentage effectué sur le nombre de patients analysés (6% de cellulites) plutôt que
sur le nombre de patients inclus dès le départ (4,3% de cellulites). Ces chiffres sont tout
de même concordant avec ceux décris par la littérature (20)(24)(25)(26).
D. 2. Date de survenue
D. 3. Patients
• Sexe
8 cas ont été répertoriés chez des femmes contre 6 chez des hommes. Les femmes
semblent donc être plus touchées, mais cette différence ne paraît pas significative,
similairement aux études analysées. (22)(28)(32)(33)
• Age
10 patients sur 14 avaient moins de 25 ans. Ceci ne correspond pas à ce que les études
ont retrouvé (14)(25)(30)(34)(35)(36), mais peut s’expliquer par la faible proportion de
patients plus âgés opérés, l’âge moyen étant de 21,7 ans et 74,9% de patients ayant
"+%!
!
moins de 25 ans.
• Pathologies associées
De rares pathologies ont été recensées, parmi lesquelles : un épileptique, un diabétique,
une pathologie orpheline (maladie de Sandhof), un risque d’endocardite infectieuse, une
pathologie de la crase et une greffe hépatique. Aucun d’entre eux n’a déclaré d’infection
post-opératoire. Ce n’est donc pas la présence d’une pathologie ou la prise de certains
médicaments qui expliqueraient la survenue de la cellulite dans notre étude.
• Tabac
3 patients sur 14 ont révélé avoir fumé juste avant ou juste après l’intervention,
correspondant à 21,4% des cas. Le tabac ne paraît pas être un facteur déterminant car
20,6% de la population totale de notre étude est également fumeuse et n’a pas déclaré
d’infection post-opératoire. La population étant cependant jeune, on peut s’interroger sur
la véracité de la non consommation de certain.
• Stress
L’opération a été ressentie comme « stressante » par seulement 4 patients. L’un d’entre
eux l’a même qualifiée « d’agréable ». Le stress ne semble donc pas être impliqué vis à
vis de cette affection. Ce terme est par contre cité dans la moitié des cas d’alvéolites
sèches et suppurées rencontrées.
• Hygiène
L’hygiène des patients n’a pas été répertoriée, une majorité d’entre eux utilisent une
brosse à dent manuelle à poils de dureté « médium » pouvant potentiellement
engendrer un traumatisme répété au niveau de la plaie si mal employée.
"+&!
!
D. 4. Dents avulsées
• Secteur
Aucune infection ne s’est déclarée sur une dent de sagesse supérieure, ce qui coïncide
avec les données de la littérature. (25)(30)
• Inclusion
La forte proportion de dents incluses (54,4%) s’explique par le fait que cette étude fut
menée chez une spécialiste qui reçoit de nombreux patients, jeunes, adressés par des
omnipraticiens considérant ces dents trop complexes. Cependant nous remarquons que
la quasi totalité des cellulites post opératoires surviennent à l’emplacement de dents
incluses dans l'os, ceci, pourrait être relié à la nécessité d’une ostéotomie voire d’un
morcellement pour leur dégagement et confirment les données de la littérature (18)(19).
• Angulation
L’angulation mésio-vestibulaire est sujette à plus de complications que les autres, dans
notre étude et dans les autres (14)(18)(19)(24)(32)(33). Il s’agit de l’angulation la plus
fréquemment rencontrée ce qui expliquerait une incidence augmentée d’accident
infectieux. L’alvéole d’extraction a une orientation défavorable ne permettant pas une
évacuation satisfaisante des débris nécrotiques ou des aliments lors de l’hygiène post-
opératoire.
• Infection pré-opératoire
D’autre part, la présence d’une infection pré-opératoire à type de péricoronarite ou de
lésions carieuses ne semble pas significative dans les cas de cellulites ; contrairement
aux alvéolites sèches et suppurées survenant plus, ici, lors d’antécédents infectieux.
"+'!
!
D. 5. Protocole opératoire
• Anesthésie
Notre étude ne contient aucune intervention sous anesthésie générale. Nous ne
pouvons donc pas émettre d’hypothèse ou de comparaison par rapport à l’effet de
l’anesthésie locale ou locorégionale.
• Ostéotomie et morcellement
L’ensemble des cas de cellulite du 21ème jour a nécessité une ostéotomie, deux d’entres
elles ont été conséquentes. Un morcellement s’en est suivi dans 90% des cas. Le
fraisage de l’os, son échauffement et la création de copeaux pouvant se surinfecter si
non évacués lors du curetage, sont certainement des facteurs favorisants le
développement d’une cellulite post-opératoire.
• Distal wedge
Un distal wedge a pour finalité de diminuer la formation d’une éventuelle poche en distal
de la deuxième molaire, de permettre un assainissement parodontal, de faciliter une
hygiène quotidienne de cette zone rétromolaire et d’éliminer une éventuelle interférence
gingivale lors de l’occlusion créer par la cicatrisation muqueuse (133). Il a été réalisé
dans 3 cas de cellulite post-opératoire sur 14, il ne s’agirait donc pas d’un facteur de
causalité. La création de ce petit espace en distal de la deuxième molaire permettrait un
drainage naturel de débris nécrotiques restés dans la plaie en laissant toutefois un
espace permettant à des aliments de s’y insérer.
• Sutures
Toutes ces interventions ont été suturées, la grande majorité avec des fils non
résorbables. Aucune cellulite ne s’est produite avec du fil résorbable. Lors de l’examen
clinique d’une cellulite du 21ème jour, la cicatrisation muqueuse semble généralement
bonne, ceci étant permis par la réalisation de sutures. Il serait bon d’étudier plus
précisément les infections survenant avec / sans sutures et de comparer le type de fils
usités.
"+(!
!
D. 6. Médication
• Douleur
Plus de 90% des patients ayant développé une cellulite ont présenté une douleur post
opératoire, persistante plus de 3 jours et ne cédant pas aux antalgiques pour presque
50% d’entre eux.
• Oedème
Tous sans exception ont eu un œdème post-opératoire immédiat avec pour la quasi
totalité d’entre eux un trismus malgré l’application systématique d’une poche de glace.
Comparativement seul 65,2% des patients analysés indemnes ont eu un œdème et
56,5% un trismus.
• Saignements
Les saignements post-opératoires ont été rares dans l’échantillon : 3 personnes sur 14
soit 21% ; contre 38% des patients étudiés. Ils ont été observés après une intervention
d’une quinzaine de minutes, soit un peu plus que la moyenne du temps opératoire de
notre étude.
"+)!
!
D. 8. Symptômes de la cellulite du 21ème jour
La douleur était quasi constante, le trismus, l’oedème et l’halitose étant les principaux
signes locaux. Les signes généraux étaient variables, l’asthénie, la pyrexie ou des
céphalées étant les plus communs.
Un antibiotique de type amoxicilline (2g par jour pendant 6 jours) a été prescrit dans
toutes les situations. Cette prescription va à l’encontre des recommandations actuelles
qui suggèrent la prescription de Clindamycine (1200 mg / jour en 2 prises) (96).
Cependant le drainage, lui, restait inconstant.
Parmi les diverses occurrences rencontrées, une cellulite s’est avérée récurrente. La
patiente est revenue trois fois à trois semaines d’intervalle, le drainage d’un liquide
purulent et la mise sous antibiotiques ont été réalisés. Dans ce cas un bilan sanguin a
été effectué mettant en évidence une CRP élevée, signe d’une infection. D’autre part le
curetage du site a montré un important tissu de granulation, comme retrouvé dans
l’étude de Le Toux et coll. (22).
Enfin, cinq patients ont eu une complication à chacune des deux interventions :
- 2 patients ont eu une alvéolite sèche, l’une sur 38, l’autre sur 48 ;
- 1 a développé une alvéolite sèche sur une des dents de sagesse inférieure et
une alvéolite suppurée sur l’autre ;
- 1 patient a rapporté une cellulite sur 38 et une alvéolite sèche sur 48
- et enfin, un patient a développé une cellulite du 21ème jour de chaque côté, la
première n’était pas incluse dans l’étude car antérieure à son commencement.
Le mécanisme étiologique n’a pu être mis en évidence dans aucun des cas sus-cités. Il
peut se poser la question d’un facteur génétique et d’une susceptibilité plus accrue aux
"+*!
!
infections.
D. 9. Conclusion
Cette étude prospective réalisée sur une période d’un an a permis de confirmer les
données actuelles de la littérature en ce qui concerne l’incidence des infections post-
opératoires.
Certains biais non négligeables sont cependant à considérer comme le fait que le suivi
post-opératoire ait été fait par des questionnaires et non par un examen clinique,
engendrant pertes de vue et problèmes de précision des réponses des sujets. La
majorité des cas de cellulites du 21ème jour recensés dans l’étude a malgré tout été
revue par le Docteur Bahi-Gross pour traitement de l’infection, mais certains sont allés
chez leur chirurgien-dentiste.
La technique opératoire étant la même, il serait bon d’étendre cette étude à d’autres
praticiens afin de voir si un autre type d’anesthésie, de lambeaux, de sutures ou autres
seraient susceptibles de réduire ces complications.
Toutefois, les résultats de cette étude coïncident dans la plupart des cas avec les
données tirées de la littérature.
De nombreuses questions restent encore en suspens. Afin de les éclairer, il serait bon
""+!
!
de poursuivre cette étude en se concentrant exclusivement sur les cas de cellulites afin
de rechercher l’étiologie, les facteurs prédictifs, et de tenter d’uniformiser la prise en
charge tant chirurgicale que médicamenteuse.
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!
CONCLUSIONS
La cellulite du 21ème jour est une infection rare et peu connue des chirurgiens dentistes.
Cette infection post-opératoire survient selon les études dans 0,8 à 5,8% des cas après
l’avulsion d’une dent de sagesse mandibulaire et plus spécifiquement après
germectomie. Comme son nom l’indique, elle apparaît étonnement environ 3 semaines
après l’intervention. De nos jours, la connaissance de cette complication paraît
déterminante afin de lui conférer un traitement adapté.
Dans une première partie, les caractéristiques d’une cellulite cervico-faciale ont été
rappelées pour permettre une analyse des données de la littérature sur la complication
rare qu’est la cellulite du 21ème jour. Le terme de « cellulite post-avulsionnelle » n’étant
pas clairement établi, les études ne permettent parfois pas de distinguer cette infection
des tissus mous ; de l’infection des tissus durs qu’est l’alvéolite suppurée. Cependant on
retrouve certaines particularités comme sa survenue plus tardive, sa symptomatologie
et son traitement spécifique.
Dans un second temps, l’avulsion des troisièmes molaires mandibulaires a été décrite.
Cette complication survenant quasi exclusivement sur des dents de sagesse inférieures
au stade de germe, les étapes du protocole opératoire et les difficultés liées à celles-ci
mais aussi à la position anatomique de la dent ont été exposées afin d’en souligner les
éventuels facteurs de causalité.
Puis la cicatrisation et les éléments pouvant l’influencer ont été détaillés. Vingt-et-un jour
après l’avulsion d’une dent, la différentiation osseuse débute, accompagnée d’une
minéralisation centrifuge ; tandis que la muqueuse finalise sa cicatrisation. Un défaut
lors du processus de cicatrisation est à évoquer malgré l’aspect souvent sain à la
superficie de la plaie lors de l’examen clinique.
Enfin, notre étude menée sur une période d’une année dans un cabinet de chirurgie
orale a permis de confronter nos résultats à ceux de la littérature. 233 patients ont été
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!
inclus chez lesquels 268 troisièmes molaires inférieures et 131 troisièmes molaires
supérieures ont été avulsées. 14 cas de cellulites post-opératoires ont été répertoriés et
les données récoltées ont été analysées. Il en résulte des résultats similaires à ceux de
la littérature.
En effet, cette infection est bien nommée puisqu’elle est survenue en moyenne 22,5
jours après l’avulsion et son incidence de 4,3 à 6% est concordante à celles des études
examinées. Une faible prédominance féminine est à noter mais un âge plutôt jeune est
à associer à la nette supériorité de patients ayant moins de 25 ans.
La totalité des infections s’est déclarée au niveau de dents de sagesse mandibulaires et
majoritairement au niveau d’alvéoles en position mésioversée celles-ci ne permettant
pas une évacuation correcte des débris nécrotiques, la mandibule étant de surcroit une
région anatomique peu vascularisée. La présence d’une infection préalable ne paraît
pas être un facteur déterminant.
Lors du protocole opératoire, seuls l’ostéotomie ou le morcellement semblent être des
éléments significatifs : le fraisage de l’os, son échauffement et la création de copeaux
pouvant se surinfecter si non évacués lors du curetage, sont certainement des facteurs
favorisants le développement d’une cellulite post-opératoire.
Depuis 2011, l’AFSSAPS recommande une antibioprophylaxie en dose unique, une
heure avant l’intervention afin de limiter le risque de résistances aux antibiotiques.
Néanmoins notre étude a retrouvé une plus grande incidence de survenue lorsque ces
recommandations ont été suivies contrairement aux interventions où une antibiothérapie
post-opératoire de 7 jours a été mise en place.
Ce sujet étant très peu documenté dans la littérature, il serait intéressant de poursuivre
les recherches afin de mettre en évidence d’autres facteurs déterminants comme des
déficits immunitaires ou vitaminiques voire même une possible prédisposition génétique.
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!
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!
ANNEXES
Annexe 1 : Définitions
Germe dentaire : stade primitif d’une dent, depuis le stade de bourgeon jusqu’à la
maturation complète de la dent, c’est à dire jusqu’à ce que l’édification radiculaire soit
achevée.
Dent permanente incluse : dent mature qui n’a pas fait son éruption après la date
physiologique et dont le sac péricoronaire ne présente pas de communication avec la
cavité buccale. Une dent incluse est recouverte ou non de tissu osseux, mais totalement
par la muqueuse buccale.
Dent retenue : dent immature, gênée dans son éruption, et qui conserve un potentiel
évolutif. L’édification radiculaire n’est pas terminée. Avec la maturation de la dent, la
rétention évolue vers l’inclusion ou l’enclavement.
Dent enclavée : dent mature, incluse ou non, dont l’éruption s’arrête du fait d’un
obstacle. L’obstacle étant éliminé, une dent qui conserve un potentiel évolutif peut
poursuivre son éruption.
!
Annexe 2 : Recommandations de l’HAS sur l’avulsion des troisièmes
molaires (65)
!
!
!
!
!
!
!
Annexe 3 : Classification WHARFE
Classification WHARFE. « The Radiological Assessment of Ectopic Lower Third Molar. Mac
Gregor. (134)
!
Annexe 4 : Conseils post-opératoires
Suivez les prescriptions de l’ordonnance qui vous a été remise. Cependant, en cas
d’éruption cutanée avec démangeaison ou en cas d’apparition de brûlures d’estomac,
mettez-vous en rapport avec nous afin de la modifier.
Les saignements : il est fréquent qu’un petit saignement persiste pendant quelques
heures à une nuit suivant l’intervention. Le traitement consiste à appliquer une
compresse sur la zone de l’avulsion et mordre sur celle ci tant que le saignement ne
s’est pas arrêté. Afin de ne pas évacuer le caillot sanguin qui s’est formé dans l’alvéole,
les bains de bouche qui vous seront prescrits ne doivent pas être fait pendant les
premières 48 heures suivant l’acte chirurgical.
La douleur : au niveau des zones opérées est plus fréquente en bas qu’en haut. Elle
cède souvent avec des antalgiques et disparaît en quelques jours. Un traitement adapté
sera prescrit à votre sortie par votre chirurgien. Des glaçons enrobés dans un linge (pas
directement sur la peau) diminue le gonflement et la douleur.
Une limitation de votre ouverture buccale peut exister pendant plusieurs jours. Celle ci
est due à l’hématome qui provoque une contracture musculaire ; ne forcez pas, elle
cèdera petit à petit.
!
Des points ont pu être posés au niveau de votre gencive. Ils se résorberont
spontanément en 3 semaines – 1 mois, mais s’ils persistent ou s’ils vous gènent, il vous
sera possible de les faire retirer après 15 jours.
Le brossage dentaire pourra être repris dès le lendemain de l’intervention avec une
brosse à dent spécifique.
!
Annexe 5 : Formulaire d’INFORMATION et de CONSENTEMENT
Ce projet est réalisé dans le cadre d’une thèse en chirurgie dentaire afin de mieux
comprendre les causes d’apparition, certes rare, de ce phénomène.
Votre participation sera requise dans le cadre de votre traitement. Vous aurez à remplir
2 questionnaires, qui vous seront envoyés par mail, se rapportant à votre ressenti.
Votre participation à ce projet de recherche est tout à fait volontaire et les informations
récoltées auront uniquement un but statistique et resteront donc confidentielles et
anonymes.
Signature :
!
Annexe 6 : Questionnaire Praticien
Classification de Pell et Gregory : collet 2èM < FO 3èM < FO 2èM - FO 3èM < collet 2èM
• Déroulement de l’intervention :
• Fin de l’intervention :
!
Annexe 7 : Dr BAHI – Etude dents de sagesse
Ce questionnaire est à visée purement informative. Soyez le plus objectif possible. Il a pour but
de comprendre la survenue de certaines complications suite à l’avulsion d’une dent de sagesse.
INFORMATIONS GENERALES
Date d’aujourd’hui
Jour – Mois – Année
MEDICATIONS
Etes-vous retourné chez votre dentiste / médecin car quelque chose n’allait pas ?
Si oui expliquez
!
HYGIENE POST-OPERATOIRE
MODE DE VIE
Avez-vous eu une activité physique intense dans les 3 jours suivant l’intervention ?
Oui – Non
SANTE POST-OPERATOIRE
Avez-vous saigné au niveau de la dent extraite durant les 2 jours suivant l’opération ?
Oui – Non
!
Si oui, ont-elles été :
Plusieurs réponses possibles.
Immédiates – Différées – Persistantes aux antalgiques – Cédant aux antalgiques – Absentes
!
Annexe 8 : Etude Dr BAHI – Questionnaire n°2 (opération + 30 jours)
Nom – Prénom
Toutes les informations recueillies resteront confidentielles. Votre identité me permet de relier le
questionnaire à votre dossier dentaire. !!.
Avez-vous ressenti des signes d’inflammation entre 15 et 30 jours après votre opération ?
Plusieurs réponses possibles
Rougeur de la joue – Chaleur au toucher de la joue – Gonflement de la joue – Douleur de la
face du côté opéré – Aucun – Autre
Avez-vous pris des antibiotiques sans l’avis d’un spécialiste qui a fait passer l’épisode
inflammatoire ?
Oui – Non
Si vous avez eu des symptômes 3 à 4 semaines après votre opération et que vous n’avez
ni consulté un médecin / chirurgien-dentiste, ni pris d’antibiotiques ; ces symptômes se
sont ils résolus spontanément ?
Oui – Non - Autre
!
!
Résumé : La cellulite du 21ème jour est une infection rare et peu connue des chirurgiens
dentistes. Cette infection post-opératoire survient selon les études dans 0,8 à 5,8% des
cas après l’avulsion d’une dent de sagesse mandibulaire et plus spécifiquement après
germectomie. Comme son nom l’indique, elle apparaît étonnement environ 3 semaines
après l’intervention alors que les suites opératoires ont été bénignes et simples. De nos
jours, la connaissance de cette complication paraît déterminante afin de lui conférer un
traitement adapté.
Me SH : Cellulitis
Tooth Extraction
Molar, Third
Tooth impacted
Surgical Wound Infection
Jury :
Président : Professeur MUSSET Anne-Marie
Assesseurs : Professeur CLAUSS François
Docteur BAHI-GROSS Sophie
Docteur BRIDONNEAU Thomas
Coordonnées de l’auteur :
Adresse postale :
I. GARRIC
15 quai des Pêcheurs
67000 STRASBOURG
Adresse de messagerie : [Link]@[Link]