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Conditions de validité du procès-verbal

Procès verbal

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Les conditions de validité du procès-verbal

Pour être valables, les procès-verbaux de constatation des infractions doivent comporter certaines
mentions obligatoires. Si les rédacteurs respectent ces prescriptions, ils font foi jusqu’à la preuve
contraire.

12 min.

G.D.

Jurisprudence automobile

25 octobre 2007 \ 00h00

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Un procès-verbal doit répondre à des conditions de forme pour être valable et avoir une valeur
probante. Il doit être écrit et rédigé en français. Les surcharges, grattages, lavages sont prohibés. Les
ratures et renvois sont approuvés par le rédacteur et numérotés. Les mots rayés devraient être annulés
à l’aide d’une barre de fraction, de telle manière qu’ils demeurent lisibles. Le procès-verbal qui
comporte plusieurs feuillets doit être paginé. Les blancs de fin de ligne sont comblés par des pointillés,
de même que ceux des débuts d’alinéas.
Le rédacteur doit s’efforcer d’employer le présent, puisqu’il est réputé l’établir sur-le-champ. Il doit
porter la date et l’heure de l’opération en toutes lettres. Ce n’est pas la date de rédaction du document
qui doit être mentionnée mais celle de l’accomplissement de l’acte relaté, comme la constatation de la
commission d’une infraction, et la réalisation de ses éléments constitutifs qui la caractérisent.

Le procès-verbal doit comporter le lieu de commission de l’infraction, dès lors que souvent et surtout en
matière de contravention pour excès de vitesse, il commande la vitesse maximale autorisée. Mais si des
éléments figurant au dossier de poursuite permettent de vérifier cette question (une photo du véhicule
en infraction) le motif n’est pas retenu (voir en ce sens : Cass., ch. criminelle, 13 décembre 2006, n° 06-
82196).

Référence au texte d’incrimination

Autre sujet de contestation, la mention de la réglementation en cause prévoyant une vitesse maximale
et justifiant la poursuite de l’infraction du point de vue légal doit-elle être portée dans le procès-verbal.
Si elle n’est pas prescrite à peine de nullité, le juge doit toutefois préciser quel est le règlement
applicable sur la portion d’autoroute où l’infraction a été relevée (Cass., ch. criminelle, 19 décembre
2006, n° 06-85818). Une erreur sur le texte applicable ne remet pas en cause la validité du procès-verbal
et en conséquence la poursuite engagée (Cass., ch. criminelle, 10 janvier 2007, « Jurisp. auto. » 2007, p.
161). Par ailleurs, si cette absence de référence fait grief au prévenu, le procès-verbal pourrait être
annulé (tribunal de police de Paris, 29 novembre 2004, « Jurisp. auto. » 2005, p. 143).

Le procès-verbal doit, dans son en-tête, indiquer le nom et le prénom, ainsi que le matricule de l’agent
qui a personnellement instrumenté ainsi que son exacte qualité face au code de procédure pénale. Il
doit être précisé le service auquel il appartient, sa compétence ratione loci étant déterminée par son
appartenance à ce service et afin de la vérifier. L’une de ces mentions suffit pour que le procès-verbal
soit régulier et permette d’identifier son rédacteur (Cass., ch. criminelle, 18 juin 1986, « Jurisp. auto. »
1986, p. 400). L’indication du numéro matricule des agents verbalisateurs est en soi suffisante pour
permettre au prévenu de vérifier sa compétence et de préparer sa défense (Cass., ch. criminelle, 9 juillet
1987, « Jurisp. auto. » 1988, p. 102). Aucune critique ne peut être portée contre un procès-verbal
lorsque les mentions y figurant et les pièces produites lors des débats par le ministère public ont permis
d’identifier l’agent verbalisateur. En l’espèce, il s’agissait d’un agent contractuel de la ville de Marseille
qui avait constaté une infraction aux règles du stationnement payant (Cass., ch. criminelle, 9 février
1994, « Jurisp. auto. » 1994, p. 172).

Identification et signature du rédacteur


Le procès-verbal doit être rédigé et signé par l’enquêteur qui a agi personnellement. Il n’a de valeur
probante que si son auteur a rapporté ce qu’il a vu, entendu ou constaté personnellement.
L’inobservation de ces règles n’est pas considérée par la Cour de cassation comme une cause de nullité
du procès-verbal dès lors que cette négligence n’a pas porté atteinte aux droits de la défense. Il n’est pas
pour autant obligatoire qu’il soit rédigé par l’agent verbalisateur lui-même. L’absence d’une telle
formalité n’entraîne pas sa nullité dès lors qu’aucun texte ne l’impose. Il ne s’agit pas d’une formalité
substantielle (Cass., ch. criminelle, 11 mai 1993, Droit pénal 1993, chr. n° 34). Dans cette espèce, la
police judiciaire était informée qu’un suspect déjà condamné était susceptible de préparer un vol à main
armée. Après une surveillance levée faute de résultats, l’attaque eut lieu. La surveillance est reprise
avant qu’une information ne soit ouverte et poursuivie jusqu’à l’interpellation du suspect et de ses
complices. A l’occasion de la procédure de renvoi, les inculpés contestent la régularité du procès-verbal
au motif qu’il était signé du seul chef de service sans qu’y soit mentionné le nom des fonctionnaires
ayant effectivement réalisé les opérations de surveillance. À l’appui de cette argumentation, ils font
valoir que l’absence d’identification des agents de police judiciaire constituait une nullité substantielle et
en outre une violation des droits de la défense en ce qu’elle prive les prévenus d’interroger les
fonctionnaires enquêteurs et de contrôler leurs qualité et compétence. La chambre d’accusation
répondait que les vices de forme affectant les procès-verbaux ne sont sanctionnés par la nullité que si
cette dernière est prévue par un texte ou si l’inobservation affecte les droits de la défense. L’acte
litigieux n’était qu’un rapport. Si l’absence de mention du nom des agents affaiblissait sa valeur
probante, elle n’entraînait pas sa nullité. Pour la Cour de cassation, le caractère incomplet d’un rapport
de police n’affecte pas sa régularité dès lors qu’il est signé par son auteur et que la force probante de
ses constatations peut être contradictoirement discutée. Un procès-verbal peut donc être signé par le
chef de service qui a relaté les diligences effectuées par ses subordonnés.

Quid en cas de pluralité d’agents lors de la constatation d’une infraction comme l’excès de vitesse ?
Doivent-ils tous signer le procès-verbal ? Un seul peut-il signer pour les autres ? Dans le cas de la
constatation d’un dépassement de la vitesse autorisée, un agent met en œuvre le cinémomètre radar
détectant la vitesse du véhicule contrôlé. Un autre effectue l’interpellation du contrevenant, et dans
l’intervalle un motocycliste peut faire signe à l’automobiliste de s’arrêter et le conduit au poste
d’interception.

La Cour de cassation s’est montrée pragmatique en matière d’infraction au code de la route, et surtout
pour la constatation des excès de vitesse. Elle a décidé que participent personnellement à la
constatation d’une contravention d’excès de vitesse et doivent être considérés comme des rédacteurs
communs du procès-verbal, même si un seul d’entre eux en est le signataire, aussi bien l’agent qui met
en œuvre le cinémomètre que celui qui, placé à une certaine distance, reçoit et consigne les indications
du premier. Le procès-verbal est valable même s’il est signé que par un seul des deux agents
verbalisateurs quel qu’il soit. Il a recueilli les informations de son collègue qu’il soit au radar ou au poste
d’interception, et les a faites siennes. Ils sont rédacteurs communs du procès-verbal de constatation de
la contravention (Cass., ch. criminelle, 12 février 1997, « Jurisp. auto. » 1997, p. 275 ; même sens : Cass.,
ch. criminelle, 4 décembre 2001, « Jurisp. auto. » 2002, p. 121). En l’espèce, seul celui qui avait procédé
à l’interpellation du prévenu avait établi et signé le procès-verbal. Le contrevenant prétend qu’il n’a pas
personnellement constaté l’infraction, puisqu’il n’a pas lu la vitesse détectée par le cinémomètre,
contrairement à son collègue du poste de contrôle qui a, en plus, vu le véhicule en infraction. Le procès-
verbal a été établi et signé par un agent qui n’a pas constaté personnellement l’infraction et n’a fait que
consigner des éléments qui lui ont été fournis par son collègue du poste radar. Il serait nul comme ne
respectant pas les prescriptions de l’article 429 du code de procédure pénale. Le tribunal de police
rejette cette exception, estimant que le procès-verbal est régulier dès lors qu’il est signé par l’un des
agents ayant participé à la constatation de l’infraction. Sa décision est approuvée par la Cour de
cassation. L’agent qui est au radar et celui qui intercepte le contrevenant peuvent être, tous deux,
rédacteurs du procès-verbal de constatation de l’infraction. L’un ou l’autre peut le signer. Ils ont
participé tous deux personnellement à la constatation de l’excès de vitesse.

Jusqu’à cette décision, la Cour suprême exigeait la signature conjointe des deux agents verbalisateurs
pour reconnaître la validité des poursuites. Ils étaient considérés comme des rédacteurs communs ayant
tous deux personnellement participé à la constatation de l’infraction (Cass., ch. criminelle, 9 février
1981, Bull. n° 49 ; Cass., ch. criminelle, 2 mars 1983, « Jurisp. auto. » 1983, p. 281). Les procès-verbaux
devaient être signés conjointement par les deux agents pour être valables, et même par un troisième s’il
est prouvé qu’il a participé à la constatation de l’infraction. La Cour de cassation souligne dans une autre
espèce qu’est valable en la forme un procès-verbal portant la signature des deux gendarmes qui ont
procédé aux constatations et qu’il n’est pas rapporté la preuve de l’intervention d’un troisième
gendarme qui aurait disposé seul d’un élément d’établissement de l’infraction (Cass., ch. criminelle, 3
novembre 1994, « Jurisp. auto. » 1995, p. 19). Mais il s’agit d’une exception de nullité qui doit être
soulevée avant toute défense au fond. L’exception est donc irrecevable si elle est invoquée devant la
Cour de cassation, alors même que le procès-verbal n’est signé que par un seul des deux agents.

Dans une espèce où la nullité n’a pu être prononcée pour ce motif d’irrecevabilité, le procès-verbal a été
néanmoins validé, alors qu’il n’était signé que par un seul des agents, ceux situés au poste d’interception
voyaient parfaitement le poste de contrôle et aucune méprise n’était possible puisque seule la voiture
du prévenu circulait sur la route au moment du contrôle. Les informations bien qu’incomplètes fournies
par les agents situés au radar ont permis à son collègue d’interpeller le prévenu dont la culpabilité ne
faisait aucun doute. Cet agent s’est approprié ces données et les a complétées par ses propres
constatations (Cass., ch. criminelle, 30 mars 1987, « Jurisp. auto. » 1987, p. 456). Un procès-verbal doit
être signé par les agents de la force publique qui ont un rôle dans la constatation de l’infraction. Le
gendarme qui met en œuvre le cinémomètre et celui qui, placé à une certaine distance, consignent les
indications reçues du précédent, participent personnellement à la constatation d’une contravention
d’excès de vitesse dans les termes de l’article 429 du code de procédure pénale. Il n’en est pas de même
du gendarme motocycliste qui n’intervient que sur les instructions expresses du militaire chargé de
l’appareil et n’a qu’un rôle d’exécutant (Cass., ch. criminelle, 5 juillet 1994, « Jurisp. auto. » 1994, p.
457 ; Cass., ch. criminelle, 9 novembre 1994, « Jurisp. auto. » 1995, p. 222).

En l’absence de signature provenant notamment de l’agent manipulant l’appareil, les juges peuvent
fonder leur conviction non plus sur les constatations du procès-verbal, mais sur les témoignages
produits à la barre par les agents verbalisateurs (Cass., ch. criminelle, 14 octobre 1987, « Jurisp. auto. »
1988, p. 60). En l’absence de procès-verbal, le bordereau d’envoi du timbre-amende reproduisant les
renseignements devant figurer sur le procès-verbal et visant la vitesse enregistrée, la vitesse retenue, le
lieu, la date et l’heure de l’interpellation et portant la signature du verbalisateur suffit à justifier une
décision de condamnation (Cass., ch. criminelle, 22 mars 1995, « Jurisp. auto. » 1995, p. 275). La Cour de
cassation se montre ainsi très pratique et écarte tout formalisme pour assumer une politique de
répression.

La solution imposant la signature des deux agents verbalisateurs est remise en cause pour admettre
qu’une seule signature suffit. Toutes les conséquences ont été tirées de la constatation commune de
l’infraction et de la rédaction conjointe du procès-verbal pour n’exiger qu’une seule signature. Le
tribunal de police de Mamers a relaxé plusieurs prévenus poursuivis pour excès de vitesse, déclarant nul
le procès-verbal dressé, à l’issue d’un contrôle de vitesse par cinémomètre par le seul gendarme
intercepteur. Le jugement énonce que ce militaire n’a pas personnellement constaté l’infraction. Ces
décisions font l’objet d’un pourvoi de la part du ministère public. Elles sont toutes deux cassées par la
Cour suprême qui confirme que selon l’article 429 du code de procédure pénale, participent
personnellement à la constatation d’une contravention d’excès de vitesse, et doivent être considérés
comme les rédacteurs communs du procès-verbal, même si un seul d’entre eux en est le signataire,
aussi bien l’agent qui met en œuvre le cinémomètre que celui qui, placé à une certaine distance, reçoit
et consigne les indications du premier. Le gendarme interpellateur est considéré comme ayant participé
personnellement aux opérations relatées dans le procès-verbal. Sa seule signature est suffisante pour
valider le procès-verbal. Il fait partie des agents ayant constaté personnellement la commission de
l’infraction. Il relate ce qu’il a vu et consigne les informations que lui a données l’agent au radar comme
indications constituant des éléments de l’infraction. Il réunit l’ensemble des renseignements et rédige
un procès-verbal qu’il signe. Sur le fondement de ce document, les poursuites peuvent être valablement
engagées à l’encontre du prévenu (Cass., ch. criminelle, 2 mai 2002, deux arrêts, « Jurisp. auto. » 2002,
p. 332 et 333). Les auteurs en sont à la fois les agents situés au radar et au poste d’interception. Un seul
va rédiger et signer le procès-verbal sans pour autant qu’il soit obligé de porter les mentions des
matricules des différents agents ayant participé à l’opération qui sont censés être corédacteurs, et du
rôle respectif de chacun. Il est précisé toutefois que leurs noms, prénoms et fonctions doivent être
indiqués pour que le procès-verbal soit valable (Cass., ch. criminelle, 23 janvier 2002, « Jurisp. auto. »
2002, p. 334). Un procès-verbal signé postérieurement à l’engagement des poursuites est dépourvu de
valeur probante (Cass., ch. criminelle, 4 décembre 2002, « Jurisp. auto. » 2003, p. 67). Il peut valoir
comme simple renseignement (Cass., ch. criminelle, 10 novembre 2004, « Jurisp. auto. » 2005, p. 19).
Mais les procès-verbaux constatant une infraction établis par un agent de police en dehors des heures
de service sont tout à fait valables (Colmar, chambre des appels correctionnels, 11 octobre 2002, «
Jurisp. auto. » 2003, p. 427).

Preuve contraire admise avec restriction

Les constatations contenues dans le procès-verbal valent jusqu’à la preuve contraire en matière
contraventionnelle, comme le prévoit l’article 537 du code de procédure pénale. Ce texte trouve à
s’appliquer lorsque les faits n’acquièrent un caractère délictuel qu’en raison de l’état de récidive dans
laquelle ils ont été commis (Cass., ch. criminelle, 13 juin 2007, « Jurisp. auto. » 2007, p. 484). Il incombe
au prévenu de rapporter cette preuve (Cass., ch. criminelle, 22 mars 1995, « Jurisp. auto. » 1995, p. 275).
Cette règle n’est pas contraire à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme qui ne
met pas obstacle à l’application des articles R 253 du code de la route et 537 du code de procédure
pénale. La convention n’a pas pour objet de limiter les modes de preuve prévus par la loi interne (Cass.,
ch. criminelle, 18 octobre 1995, « Jurisp. auto. » 1996, p. 13). En outre, l’article 537 n’est pas
incompatible avec le principe conventionnel de l’égalité des armes, dès lors qu’il impose à chacune des
parties au procès pénal les mêmes modes de preuve (Cass., ch. criminelle, 10 juillet 1996, Bull. n° 289, p.
892).

Les éléments d’un procès-verbal dressé dans des conditions régulières sont considérés comme
l’expression de la vérité. Ils émanent d’un agent ou d’un officier de police judiciaire qui a prêté serment
de rapporter ce qu’il a vu et constaté et qui est habilité à effectuer ces constatations. Les simples
dénégations du prévenu ne sauraient détruire la présomption légale de vérité attachée à ces
énonciations (Cass., ch. criminelle, 6 décembre 1995, « Jurisp. auto. » 1996, p. 71 ; Cass., ch. criminelle,
8 novembre 1995, « Jurisp. auto. » 1996, p. 328 ; Cass., ch. criminelle, 21 février 2007, « Jurisp. auto »
2007, p. 293). Une cour d’appel ne peut prononcer la relaxe d’un prévenu sans constater que la preuve
contraire aux énonciations du procès-verbal a été rapportée par écrit ou par témoin (Cass., ch.
criminelle, 25 avril 1977, « Jurisp. auto. » 1978, p. 13). Un prévenu poursuivi pour avoir brûlé un feu
rouge présente à l’audience du tribunal de police une attestation de sa mère indiquant qu’il avait franchi
le feu de signalisation alors qu’il était au vert. Pour la Cour de cassation, une telle attestation ne
constitue ni une preuve par écrit, ni un témoignage au sens de l’article 537 (Cass. ; ch. criminelle, 7
février 2001, « Jurisp. auto. » 2001, p. 176). Dans une autre espèce, la Cour suprême a pris une décision
allant dans le même sens. Le prévenu était poursuivi pour avoir conduit un véhicule dans des conditions
ne lui permettant pas de manœuvrer aisément et sans délai. Il lui est reproché de lire un plan en
conduisant. Le tribunal de police de Paris le relaxe en relevant qu’il résulte des pièces du dossier et des
débats que l’infraction poursuivie ne peut lui être reprochée. Ce jugement est cassé pour violation de
l’article 537, pour n’avoir pas constaté que la preuve mettant en cause les énonciations du procès-verbal
ait été rapportée par écrit ou par témoins (Cass., ch. criminelle, 24 janvier 2001, « Jurisp. auto. » 2001,
p. 175). Les moyens de preuve contraire semblent être en nombre très réduit. Une attestation fournie
par un passager du prévenu, en l’occurrence l’un de ses parents, est écartée comme élément probant
(voir dans le même sens : Cass., ch. criminelle, 5 janvier 2005, « Jurisp. auto. » 2005, p. 347). Les simples
dénégations de l’intéressé sont rejetées. Un témoignage recueilli dans les règles et confirmé à l’audience
d’une personne qui n’est pas de près ou de loin impliquée dans la commission de l’infraction poursuivie
pourrait être retenu comme preuve contraire. Il en serait de même d’un écrit émanant d’une personne
étrangère à l’infraction commise, comme une documentation technique mettant en doute les
constatations de l’agent verbalisateur, un rapport scientifique, un constat d’huissier, des photos, un
croquis des lieux de l’infraction émanant d’une autorité publique pourraient être retenus comme preuve
contraire des éléments contenus dans le procès-verbal. Ainsi, un document de la mairie de Paris
attestant qu’à l’endroit de l’infraction, il n’y a pas de feu de signalisation a été retenu comme valant
preuve contraire (Cass., ch. criminelle, 23 janvier 2002, « Jurisp. auto. » 2002, p. 168).

Un doute ne suffit pas

La Cour de cassation contrôle particulièrement les juges du fond lorsqu’ils appliquent ces dispositions. La
faiblesse du dépassement de la vitesse autorisée qui pourrait constituer un risque d’erreur possible n’est
pas suffisante pour relaxer le prévenu (Cass., ch. criminelle, 1er février 2006, n° 05-86055 ; Cass., ch.
criminelle, 1er février 2006, « Jurisp. auto. » 2006, p. 272). L’allégation de la présence d’un autre
véhicule ne peut suffire pour combattre les éléments contenus dans le procès-verbal (Cass., ch.
criminelle, 1er février 2006, « Jurisp. auto. » 2006, p. 272 ; Cass., ch. criminelle, 21 février 2007, « Jurisp.
auto. » 2007, p. 293). Le doute qui s’installe dans l’esprit du juge ne peut être suffisant pour prononcer
la relaxe du prévenu (Cass., ch. criminelle, 17 octobre 2001, « Jurisp. auto. » 2002, p. 22 ; Cass., ch.
criminelle, 16 février 2005, « Jurisp. auto. » 2005, p. 209 ; Cass., ch. criminelle, 17 janvier 2006, « Jurisp.
auto. » 2006, p. 157), ou s’il estime que les faits reprochés ne sont pas suffisamment caractérisés (Cass.,
ch. criminelle, 20 octobre 2005, « Jurisp. auto. » 2005, p. 649 ; Cass., ch. criminelle, 2 septembre 2005, «
Jurisp. auto. » 2006, p. 115). Le juge ne peut pas écarter le procès-verbal sous prétexte que les
constatations succinctes ne permettent ni de répondre aux arguments développés par le prévenu ni
d’affirmer que l’infraction est caractérisée (Cass., ch. criminelle, 4 avril 2007, « Jurisp. auto. » 2007, p.
516). Une différence entre les dates de vérification du radar entre le procès-verbal et l’avis de
contravention ne permet pas de mettre en cause la validité du procès-verbal (Cass., ch. criminelle, 15
novembre 2006, « Jurisp. auto. » 2007, p. 293). L’absence de production de l’original du registre des
déclarations ne peut suffire à mettre en cause la validité du procès-verbal (Cass., ch. criminelle, 25 mai
2005, « Jurisp. auto. » 2005, p. 403 ; Cass., ch. criminelle, 1er février 2006, « Jurisp. auto. » 2006, p. 416).
La Cour de cassation donne aux juges du fond les moyens de suppléer aux carences contenues dans les
procès-verbaux qui ne comprennent pas tous les éléments obligatoires à leur validité en recherchant
dans les pièces du dossier les éléments manquants (Cass., ch. criminelle, 16 mars 2005, « Jurisp. auto. »
2005, p. 283). »
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