Code de Procédure Pénale RDC 1959
Code de Procédure Pénale RDC 1959
de la
Numéro Spécial
DECRET DU 6 août 1959 portant code de procédure pénale
CHAPITRE II : DE L’INSTRUCTION
Section I De l’opposition
Section II De l’appel
Art. 1er - Sous les ordres et l’autorité du ministère public, les officiers de police judiciaire
exercent, dans les limites de leur compétence, les pouvoirs et attributions déterminées par les
articles ci-après.
Art. 2. – Les officiers de police judiciaire constatent les infractions qu’ils ont mission de
rechercher, ils reçoivent les dénonciations, plaintes et rapports relatifs à ces infractions.
Ils consignent dans leurs procès-verbaux la nature et les circonstances de ces infractions, le
temps et le lieu où elles ont été commises, les preuves ou indices à la charge de ceux qui en sont
les auteurs présumés ainsi que les dépositions des personnes qui auraient été présente ou
auraient des renseignements à fournir.
Ils interrogent les auteurs présumés des infractions et recueillent leurs explications.
Les procès-verbaux se terminent par le serment écrit : « Je jure que le présent procès-verbal est
sincère »
Art. 3. – Les officiers de police judiciaire peuvent procéder à la saisie, où qu’ils se trouvent, des
objets sur lesquels pourrait porter la confiscation prévue par la loi et de tous autres qui
pourraient servir à conviction ou à décharge.
Les objets saisis seront présentés au détenteur s’il est présent, à l’effet de le reconnaître et, s’il y
a lieu, de les parapher. Le procès-verbal de saisi décrira les objets saisis et sera signé par le
détenteur. S’il est absent ou s’il ne peut ou ne veut parapher les objets ou signer le procès-verbal,
mention en sera faite sur celui-ci.
Il sera disposé conformément aux ordonnances du gouverneur général des objets saisis qui sont
périssables ou dont la conservation est dispendieuse.
Art. 4. – Lorsque l’infraction est punissable de six mois de servitude pénale au moins ou lorsqu’il
existe des raisons sérieuses de craindre la fuite de l’auteur présumé de l’infraction ou lorsque
l’identité de ce dernier est inconnue ou douteuse, les officiers de police judiciaire peuvent, après
avoir interpellé l’intéressé, se saisir de sa personne et le conduire immédiatement devant
l’autorité judiciaire compétente, s’il existe des indices sérieux de culpabilité.
Art. 5. – En cas d’infraction flagrante ou réputée flagrante passible d’une peine de servitude
pénale de six mois au moins, l’officier de police judiciaire à compétence générale le plus proche
se transporte sur le lieu sans aucun retard, aux fins de constater l’infraction et de rechercher les
circonstances dans lesquelles elle a été commise.
A ces fins, l’officier de police judiciaire peut appeler à son procès-verbal toutes personnes
présumées en état de donner des éclaircissements et les astreindre à déposer sous serment,
dans les conditions prévues aux articles 16 à 18. Il peut aussi défendre à toutes personnes de
s’éloigner des lieux qu’il détermine jusqu’à clôture de son procès-verbal et, au besoin, l’y
contraindre. Les infractions à ces dispositions seront punies des peines prévues à l’article 19 et
conformément aux articles 19 et 20.
Il requérir toute personne de lui prêter son ministère comme interprète, traducteur, médecin ou
expert, dans les conditions et sous les sanctions prévues aux articles 48 à 52.
Il peut, si l’auteur présumé de l’infraction n’est pas présent, délivrer contre lui un mandat
d’amener valable pour deux mois au plus.
Il peut, en se conformant à l’article 23 et si la nature de l’infraction est telle que la preuve puisse
vraisemblablement être acquise par des papiers ou d’autres pièces et effets en la possession de
l'auteur présumé ou d'un tiers, procéder à des visites et à des perquisitions dans leur demeure.
Art. 6. - En cas d'infraction flagrante ou réputée flagrante et passible d'une peine de servitude
pénale de trois ans au moins, toute personne peut, en l'absence de l'autorité judiciaire chargée
de poursuivre et de tout officier de police judiciaire, saisir l'auteur présumé et le conduire
immédiatement devant celle de ces autorités qui est la plus proche.
Art. 7. - L'infraction flagrante est celle qui se commet actuellement ou qui vient de se commettre.
L'infraction est réputée flagrante lorsqu'une personne est poursuivie par la clameur publique,
ou lorsqu'elle est trouvée porteuse d'effets, d'armes, d'instruments ou papiers faisant présumer
qu'elle est auteur ou complice, pourvu que ce soit dans un temps voisin de l'infraction.
Art. 8. - L'officier de police judiciaire à compétence générale possède les pouvoirs déterminés à
l'article 5 lorsque le chef d'une habitation le requiert de constater une infraction commise à
l'intérieur de cette habitation.
Art. 9. - Pour toute infraction de sa compétence, l'officier de police judiciaire peut, s'il estime
qu'à raison des circonstances la juridiction de jugement se bornerait à prononcer une amende et
éventuellement la confiscation, inviter l'auteur de l'infraction à verser au Trésor une somme
dont il détermine le montant sans qu'elle puisse dépasser le maximum de l'amende encourue
augmentée éventuellement des décimes légaux.
Si la personne lésée par l'infraction est un indigène non immatriculé du Congo, un indigène des
contrées voisines qui lui est assimilé ou une circonscription, l'officier de police judiciaire invite
l'auteur de l'infraction à verser à cette personne ou à consigner les dommages-intérêts qu'il
détermine.
Lorsque l'infraction peut donner lieu à confiscation, le délinquant fait, sur l'invitation de
l'officier de police judiciaire et dans le délai fixé par lui, abandon des objets sujets à confiscation,
et si ces objets ne sont pas saisis, s'engage à les remettre à l'endroit indiqué par l'officier de
police judiciaire.
L'officier de police judiciaire fait connaître, sans délai, à l'officier du ministère public auquel il
transmet le procès-verbal relatif à l'infraction, les invitations faites à l'auteur de l'infraction. Il en
avise également le fonctionnaire ou l'agent chargé de recevoir les amendes judiciaires.
Lorsqu'il a été satisfait aux invitations faites par l'officier de police judiciaire, l'action publique
s'éteint à moins que l'officier du ministère public ne décide de la poursuivre. Le paiement de la
somme déterminée par application de l'alinéa 1 n'implique pas reconnaissance de culpabilité.
Art. 10. L'officier de police judiciaire ou le magistrat de Ministère public qui reçoit une plainte ou
une dénonciation ou qui constate une infraction à charge d'un magistrat, d'un cadre de
commandement de l'administration publique ou judiciaire, d'un cadre supérieur d'une
entreprise paraétatique, d'un commissaire sous-régional, d'un commissaire de zone, fun chef de
collectivité ou d'une personne qui les remplace ne peut, sauf infraction flagrante, procéder à
l'arrestation de la personne poursuivie qu'après en avoir préalablement informé l'autorité
hiérarchique ont dépend le prévenu.
CHAPITRE II DE L'INSTRUCTION
Art. 11.- Les officiers du ministère public peuvent exercer eux-mêmes toutes les attributions des
officiers de police judiciaire.
Lorsqu'ils font application de l'article 9, l'action publique n'est éteinte que si le magistrat sous
l'autorité duquel ils exercent leurs fonctions ne décide pas de la poursuivre.
Ils peuvent en outre inculper les auteurs présumés des infractions, les confronter entre eux ou
avec les témoins et, en général, effectuer ou ordonner tous les devoirs prévus aux articles ci-
après. Ils dressent procès-verbal de toutes leurs opérations.
Art. 12. - Les officiers du ministère public peuvent charger les officiers de police judiciaire
d'effectuer les devoirs d'enquêtes, de visites de lieux, de perquisitions et de saisies qu'ils
déterminent.
Art. 13. - Dans les cas prévus à l'article 12, la décision des poursuites est réservée au procureur
général près la cour d'appel.
Art. 14. - Les officiers du ministère public ont, dans l'exercice de leurs fonctions, le droit de
requérir la force publique.
Art. 15. - L'officier du ministère public peut décerner mandat de comparution contre les auteurs
présumés des infractions.
À défaut par l'intéressé de satisfaire à ce mandat, l'officier du ministère public peut décerner
contre lui un mandat d'amener.
Le mandat d'amener est valable pour trois mois; il est renouvelable. La personne qui est l'objet
d'un mandat d'amener doit être conduite, dans le plus bref délai, devant l'officier du ministère
public qui a décerné le mandat.
La personne qui est l'objet d'un mandat de comparution ou d'un mandat d'amener doit être
interrogée au plus tard le lendemain de son arrivée dans le lieu où se trouve l'officier du
ministère public qui a décerné le mandat.
Sont dispensées de témoigner, les personnes qui sont dépositaires par état ou par profession
des secrets qu'on leur confie.
Art. 17. - Si l'officier du ministère public l'en requiert, le témoin prête serment avant de déposer.
Le serment est ainsi conçu: «Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité.» Toutefois l'officier
du ministère public peut imposer la forme de serment dont l'emploi, d'après les coutumes
locales, paraît le plus propre à garantir la sincérité de la déposition.
Art. 18. - L'officier du ministère public peut décerner un mandat d'amener contre le témoin
défaillant.
Art. 19. - Le témoin qui, sans justifier d'un motif légitime d'excuse, ne comparaît pas, bien que
cité régulièrement, ou qui refuse de prêter serment ou de déposer quand n’en a l'obligation,
peut, sans autre formalité ni délai et sans appel, être condamné par l'officier du ministère public
à une peine d'un mois de servitude pénale au maximum et à une amende qui n'excédera pas
1.000 francs, ou l'une de ces peines seulement.
La servitude pénale subsidiaire à l'amende, ainsi que la contrainte par corps pour le
recouvrement des frais, ne peuvent excéder quatorze jours.
Art. 20. - Le témoin condamné pour défaut de comparution qui, sur une seconde citation ou sur
mandat d'amener, produira des excuses légitimes, pourra être déchargé de la peine.
Art. 21. - L'officier du ministère public peut allouer aux témoins une indemnité dont il fixera le
montant conformément aux instructions du procureur général.
Art. 22. - L'officier du ministère public peut procéder à des visites et à des perquisitions au
domicile ou à la résidence de l'auteur présumé de l'infraction ou des tiers.
En cas d'infraction non flagrante, les magistrats auxiliaires du parquet ne peuvent procéder à
ces visites et à ces perquisitions contre le gré des personnes au domicile ou à la résidence
desquelles elles doivent se faire, que de l'avis conforme de l'officier du ministère public,
magistrat de carrière, sous la direction duquel ils exercent leurs fonctions, et, en son absence,
qu'en vertu d'une ordonnance motivée du juge-président du tribunal de district.
Les visites domiciliaires ne peuvent être commencées avant cinq heures et après vingt et une
heures sauf autorisation du juge président du tribunal de district.
Art. 23. - Ces visites et perquisitions se font en présence de l'auteur présumé de l'infraction et de
la personne au domicile ou à la résidence de laquelle elles ont lieu, à moins qu'ils ne soient pas
présents ou qu'ils refusent d'y assister.
Art. 24. - L'officier du ministère public peut ordonner la saisie des télégrammes, des lettres et
objets de toute nature confiés au service des postes et au service des télégraphes, pour autant
qu'ils apparaissent indispensables à la manifestation de la vérité. Il peut en ordonner l'arrêt
pendant le temps qu'il fixe.
Sauf le cas d'infraction flagrante, les magistrats auxiliaires du parquet ne peuvent prendre les
mêmes mesures que de l'avis conforme de l'officier du ministère public, magistrat de carrière,
sous la direction duquel ils exercent leurs fonctions ou, en son absence, qu'en vertu d'une
ordonnance motivée du juge-président du tribunal de district.
Les pouvoirs ci-dessus s'exercent par voie de réquisition au chef du bureau postal ou
télégraphique.
Art. 25. - L'officier du ministère public s'assure du contenu des objets saisis en vertu de l'article
24, après avoir, s'il le juge possible, convoqué le destinataire pour assister à l'ouverture. En cas
de réintégration de ces objets dans le service intéressé, l'officier du ministère public les revêt au
préalable d'une annotation constatant leur saisie et, le cas échéant, leur ouverture.
Art. 26. - Hors les cas d'infraction flagrante, l'officier du ministère public ne peut faire procéder à
aucune exploration corporelle qu'en vertu d'une ordonnance motivée du jugeprésident du
tribunal de district.
Cette autorisation n'est pas requise dans le cas de consentement exprès de la personne
intéressée ou, si elle est âgée de moins de seize ans, de la personne sous l'autorité légale ou
coutumière de qui elle se trouve. Ce consentement doit être constaté par écrit.
L'exploration corporelle ne peut être effectuée que par un médecin. Dans tous les cas, la
personne qui doit être l'objet d'une exploration corporelle peut se faire assister par un médecin
de son choix ou par un parent ou allié ou par toute autre personne majeure du même sexe
qu'elle et choisie parmi les résidents de l'endroit.
Art. 27. - L'inculpé ne peut être mis en état de détention préventive que s'il existe contre lui des
indices sérieux de culpabilité et qu'en outre le fait paraisse constituer une infraction que la loi
réprime d'une peine de six mois de servitude pénale au moins.
Néanmoins, l'inculpé contre qui il existe des indices sérieux de culpabilité peut être mis en état
de détention préventive lorsque le fait paraît constituer une infraction que la loi punit d'une
peine inférieure à six mois de servitude pénale, mais supérieure à sept jours, s'il a lieu de
craindre la fuite de l'inculpé, ou si son identité est inconnue ou douteuse ou si, eu égard à des
circonstances graves et exceptionnelles, la détention préventive est impérieusement réclamée
par l'intérêt de la sécurité publique.
Lorsqu'elle est appliquée, les règles ci-après doivent être respectées. Lorsque les conditions de
la mise en état de détention préventive sont réunies, l'officier du ministère public peut, après
avoir interrogé l'inculpé, le placer sous mandat d'arrêt provisoire, à charge de le faire conduire
devant le juge le plus proche compétent pour statuer sur la détention préventive.
Si le juge se trouve dans la même localité que l'officier du ministère public, la comparution
devant le juge doit avoir lieu, au plus tard dans les cinq jours de la délivrance du mandat d'arrêt
provisoire.
Dans le cas contraire, ce délai est augmenté du temps strictement nécessaire pour effectuer le
voyage, sauf le cas de force majeure 01 celui de retards rendus nécessaires par les devoirs de
l'instruction.
À l'expiration de ces délais, l'inculpé peut demander au juge compétent sa mise en liberté ou sa
mise en liberté provisoire. Dans les cas prévus à l'article 27, alinéa 2, le mandat d'arrêt
provisoire spécifie les circonstances qui le justifient.
Art. 29.- La mise en état de détention préventive est autorisée par le juge du tribunal de paix.
Art. 30. - L'ordonnance statuant sur la détention préventive est rendue en chambre du conseil
sur les réquisitions du ministère public, l'inculpé préalablement entendu, et, s'il le désire, assisté
d'un avocat ou d'un défenseur de son choix.
Il est dressé acte des observations et moyens de l'inculpé. L’ordonnance est rendue au plus tard
le lendemain du jour de la comparution. Le juge la fait porter au plus tôt à la connaissance de
l'inculpé, par écrit, avec accusé de réception, ou par communication verbale, actée par celui qui
la fait.
Art. 31. - L'ordonnance autorisant la mise en état de détention préventive est valable pour 15
jours, y compris le jour où elle est rendue. À l'expiration de ce délai, la détention préventive peut
être prorogée pour un mois et ainsi de suite de mois en mois, aussi longtemps que l'intérêt
public l'exige.
Toutefois, la détention préventive ne peut être prolongée qu'une seule fois si le fait ne paraît
constituer qu'une infraction à l'égard de laquelle la peine prévue par la loi n'est pas supérieure à
deux mois de travaux forcés ou de servitude pénale principale.
Si la peine prévue est égale ou supérieure à 6 mois, la détention préventive ne peut être
prolongée plus de 3 fois consécutives. Dépassé ce délai, la prolongation de la détention est
autorisée par le juge compétent statuant en audience publique.
Les ordonnances de prorogation sont rendues en observant les formes et les délais prévus à
l'article 30. L'assistance d'un avocat ou d'un défenseur ne peut cependant être refusée à l'inculpé
pendant toute l'instruction préparatoire.
Dans les cas prévus à l'article 27, alinéa 2, l'ordonnance qui autorise ou qui proroge la détention
préventive doit spécifier les circonstances qui la justifient.
Art. 32. - Tout en autorisant la mise en état de détention préventive ou en la prorogeant, le juge
peut, si l'inculpé le demande, ordonner qu'il sera néanmoins mis en liberté provisoire, à la
condition de déposer entre les mains du greffier, à titre de cautionnement, une somme d'argent
destinée à garantir la représentation de l'inculpé à tous les actes de la procédure et l'exécution
par lui des peines privatives de liberté aussitôt qu'il en sera requis.
La liberté provisoire sera accordée à charge pour l'inculpé de ne pas entraver l'instruction et de
ne pas occasionner de scandale par sa conduite.
Le juge peut en outre imposer à l'inculpé:
1 ° d'habiter la localité où l'officier du ministère public a son siège; 2° de ne pas s'écarter au-delà
d'un certain rayon de la localité, sans autorisation du magistrat instructeur ou de son délégué; 3°
de ne pas se rendre dans tels endroits déterminés, tels que gare, port, etc., ou de ne pas s'y
trouver à des moments déterminés;
5° de comparaître devant le magistrat instructeur ou devant le juge dès qu'il en sera requis.
L'ordonnance, qui indiquera avec précision les modalités des charges imposées en vertu de
l'alinéa précédent, peut ne soumettre la mise en liberté provisoire qu'à l'une ou l'autre de celles-
ci.
Sur requête du ministère public, le juge peut à tout moment modifier ces charges et les adapter
à des circonstances nouvelles; il peut également retirer le bénéfice de la liberté provisoire si des
circonstances nouvelles et graves rendent cette mesure nécessaire.
Art. 33. - Aussi longtemps qu'il n'a pas saisi la juridiction de jugement, l'officier du ministère
public peut accorder à l'inculpé mainlevée de la détention préventive et ordonner la restitution
du cautionnement.
Il peut aussi lui accorder la mise en liberté provisoire, dans les mêmes conditions et sous les
mêmes modalités que le juge peut lui-même le faire. Dans ce cas la décision du ministère public
cesse ses effets avec ceux de l'ordonnance du juge qui autorisait ou prorogeait la détention
préventive, sauf nouvelle ordonnance de celui-ci.
Il peut de même retirer à l'inculpé le bénéfice de la liberté provisoire qu'il lui avait accordée, si
des circonstances nouvelles et graves rendent cette mesure nécessaire.
Art. 34. - L'officier du ministère public peut faire réincarcérer l'inculpé qui manque aux charges
qui lui ont été imposées.
Si la liberté provisoire a été accordée par le juge, l'inculpé qui conteste être en défaut peut, dans
les vingt-quatre heures de sa réincarcération, adresser un recours au juge qui avait statué en
premier ressort sur la mise en détention ou sur sa prorogation la décision rendue sur ce recours
n'est pas susceptible d'appel.
Art. 35. - Lorsque l'inculpé est déchu du bénéfice de la liberté provisoire, le cautionnement lui
est restitué, à moins que la réincarcération n'ait été motivée pour inexécution de la charge
prévue à l'article 32, alinéa 3, 5°.
La restitution du cautionnement est opérée sur le vu d'un extrait du registre d'écrou délivré à
l'inculpé par les soins de l'officier du ministère public.
Art. 36. - Dans tous les cas où les nécessités de l'instruction ou de la poursuite réclament la
présence d'un inculpé en état de détention préventive avec liberté provisoire, dans une localité
autre que celle où il a été autorisé à résider, il peut y être transféré dans les mêmes conditions
qu'un inculpé incarcéré et il y restera en état d'incarcération jusqu'au moment où le juge du lieu
où, dans le cas de l'article 33, l'officier du ministère public aura adapté aux circonstances locales
les charges auxquelles sa nouvelle mise en liberté provisoire pourra être soumise.
Art. 37. - Le ministère public et l'inculpé peuvent appeler des ordonnances rendues en matière
de détention préventive.
Art. 38. -L'appel des ordonnances rendues par le président ou le juge du tribunal de paix est
porté devant le tribunal de grande instance.
Art. 39. - Le délai d'appel est de vingt-quatre heures; pour le ministère public, ce délai court du
jour où l'ordonnance a été rendue; pour l'inculpé, il court du jour où elle lui a été notifiée.
Si le greffier n'est pas sur les lieux, l'inculpé fait sa déclaration à l'officier du ministère public ou
en son absence, au juge, qui en dresse acte. L'officier du ministère public dresse acte de son
propre appel.
Le magistrat ou le greffier qui reçoit la déclaration d'appel acte également les observations ou
moyens éventuellement invoqués par l'inculpé à l'appui de son recours et joint à cet acte les
mémoires, notes et autres documents que l'inculpé lui remettrait pour être soumis au tribunal
qui doit connaître de l'appel. Il lui en est donné récépissé.
L'acte d'appel et les documents y annexés sont transmis sans délai par celui qui l'a dressé, au
greffier du tribunal qui doit connaître de l'appel.
Art. 40. - Pendant le délai d'appel et, en cas d'appel, jusqu'à la décision, l'inculpé est maintenu en
l'état où l'ordonnance du juge l'a placé, aussi longtemps que le délai de validité de cette
ordonnance n'est pas expiré.
Toutefois, lorsque l'infraction est de celles que la loi punit d'un an de servitude pénale au moins,
l'officier du ministère public peut, dans le cas d'une ordonnance refusant d'autoriser la
détention préventive, ordonner que l'inculpé sera replacé sous les liens du mandat d'arrêt
provisoire et, dans le cas d'une ordonnance refusant de proroger la détention, ordonner que
l'inculpé sera replacé sous les liens de l'ordonnance qui l'autorisait.
Dans l'un ou l'autre cas, l'inculpé ne sera replacé sous les liens du mandat d'arrêt ou de
l'ordonnance antérieure que pendant le délai d'appel et, en cas d'appel, jusqu'à la décision.
L'ordre du ministère public doit être motivé; copie doit en être adressée simultanément par
l'officier du ministère public à son chef hiérarchique, au juge d'appel et au gardien de la maison
de détention. Le gardien en donne connaissance à l'inculpé.
L'ordre ne vaut que pour vingt-quatre heures si le gardien ne reçoit pas entre-temps notification
de l'appel.
Art. 41. - Le juge saisi de l'appel en connaîtra, toutes affaires cessantes, il devra statuer dans les
vingt-quatre heures à partir de l'audience au cours de laquelle le ministère public aura fait ses
réquisitions.
Si l'inculpé ne se trouve pas dans la localité où le tribunal tient audience ou s'il n'y est pas
représenté par un porteur de procuration spéciale, le juge peut statuer sur pièces.
Art. 43. - L'inculpé à l'égard duquel l'autorisation de mise en état de détention préventive n'a pas
été accordée ou prorogée, ne peut être l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt provisoire du chef de
la même infraction que si des circonstances nouvelles et graves réclament sa mise en détention
préventive.
Art. 44. - Lorsque le ministère public décide qu'il n'y a pas lieu de poursuivre, il doit donner en
même temps mainlevée de la mise en détention préventive et, éventuellement, ordonner la
restitution du cautionnement.
Art. 45. - Si le prévenu se trouve en état de détention préventive, avec ou sans liberté provisoire,
au jour où la juridiction de jugement est saisie, il restera en cet état jusqu'au jugement. Toutefois
dans le cas prévu à l'article 31, alinéa 2, la détention ne peut dépasser la durée prévue par cet
alinéa.
La décision est rendue dans les formes et délais prévus par l'article 30. L'assistance d'un avocat
ou d'un défenseur agréé par le tribunal ne peut toutefois être refusée au prévenu.
Art. 46. - Le ministère public ne peut interjeter appel de la décision prévue par l'article 45 que si
elle donne mainlevée de la mise en détention préventive.
Le prévenu ne peut interjeter appel que si la décision maintient la détention sans accorder la
liberté provisoire.
L'appel est fait dans les formes et délais prévus par l'article 39. Pendant le délai d'appel, et, en
cas d'appel, jusqu'à la décision, le prévenu est maintenu en l'état où il se trouvait avant la
décision du tribunal.
L'appel est porté devant la juridiction compétente pour connaître de l'appel du jugement au
fond. Celle-ci statue conformément aux règles fixées par l'article 41.
Art. 47. - L'officier du ministère public peut faire réincarcérer le prévenu qui manque aux
charges qui lui ont été imposées par la juridiction saisie de la poursuite.
Le prévenu qui conteste être en défaut peut, dans les vingt-quatre heures de son incarcération,
adresser un recours à cette juridiction. Celle-ci est également compétente pour connaître du
recours exercé par le prévenu contre la décision du ministère public ordonnant sa
réincarcération pour manquement aux charges imposées par le juge qui avait accordé la liberté
provisoire pendant l'instruction.
En cas de retrait du bénéfice de la liberté provisoire, il est fait application de l'article 35.
Art. 48. - Toute personne qui en est légalement requise par un officier du ministère public ou par
un juge est tenue de prêter son ministère comme interprète, traducteur, expert ou médecin.
Art. 49. - Avant de procéder aux actes de leur ministère, les experts et médecins prêtent le
serment de les accomplir et de faire leur rapport en honneur et conscience.
À moins qu'ils n'en soient dispensés en vertu de l'article 50, les interprètes et traducteurs
prêtent le serment de remplir fidèlement la mission qui leur est confiée.
Art. 50. - Les premiers présidents des cours d'appel, les présidents des tribunaux de première
instance et les juges-présidents des tribunaux de district peuvent, après telles enquêtes et
épreuves qu'ils déterminent et de l'avis conforme du ministère public, revêtir certaines
personnes de la qualité d'interprète ou de traducteur juré pour remplir ces fonctions d'une façon
constante auprès des juridictions ou des parquets de leur ressort.
Ces personnes ne sont revêtues de cette qualité qu'après avoir prêté entre les mains du
magistrat qui les nomme, le serment de remplir fidèlement les devoirs de leur charge.
Ce serment une fois prêté dispense les interprètes et les traducteurs jurés de prêter le serment
prévu par l'article 49 chaque fois qu'ils sont appelés à remplir leurs fonctions.
Art. 51. - La juridiction de jugement ou, pendant la durée de l'instruction, le ministère public,
fixe les indemnités à allouer aux interprètes, traducteurs, experts et médecins pour les actes de
leur ministère.
Ces indemnités sont de droit acquises au Trésor lorsque le ministère a été prêté par des
personnes qui touchent un traitement à sa charge. Toutefois, le gouverneur de la province peut
attribuer aux intéressés tout ou partie de ces indemnités.
Art. 52. - Le refus d'obtempérer à la réquisition ou de prêter serment sera puni d'un mois de
servitude pénale au maximum et d'une amende qui n'excédera pas 1.000 francs, ou de l'une de
ces peines seulement.
La servitude pénale subsidiaire à l'amende, de même que la contrainte par corps pour le
recouvrement des frais, ne peuvent excéder quatorze jours.
L'infraction prévue au présent article sera recherchée, poursuivie et jugée conformément aux
règles ordinaires de compétence et de procédure.
Art. 53. - Lorsque le ministère public décide d'exercer l'action publique, il communique les
pièces au juge compétent pour en connaitre. Celui-ci fixe le jour où l'affaire sera appelée.
Art. 54. - La juridiction de jugement est saisie par la citation donnée au prévenu, et
éventuellement à la personne civilement responsable, à la requête de l'officier du ministère
public ou de la partie lésée.
Toutefois, lorsqu'il y a lieu de poursuivre une personne jouissant d'un privilège de juridiction,
cette citation ne sera donnée qu'à la requête d'un officier du ministère public
Art. 55. - La juridiction de jugement est également saisie par la comparution volontaire du
prévenu et, le cas échéant, de la personne civilement responsable sur simple avertissement.
Toutefois, si la peine prévue par la loi est supérieure à cinq ans de servitude pénale, la
comparution volontaire du prévenu ne saisit le tribunal que si, avisé par le juge qu'il peut
réclamer la formalité de la citation, le prévenu déclare y renoncer. Il en est de même, quelle que
soit la peine prévue par la loi, si l'intéressé est détenu ou si, à J'audience, il est prévenu d'une
infraction non comprise dans la poursuite originaire.
Le greffier de la juridiction compétente pourvoit à la citation des personnes que la partie lésée
ou le prévenu désire faire citer. À cet effet, ceux-ci lui fournissent tous les éléments nécessaires à
la citation. Si le requérant sait écrire, il remet au greffier une déclaration signée.
Art. 57. - La citation doit indiquer à la requête de qui elle est faite. Elle énonce le nom, prénoms
et demeure du cité, l'objet de la citation, le tribunal devant lequel la personne citée doit
comparaître, le lieu et le moment de la comparution.
Elle indique la qualité de celui qui l'effectue et la façon dont elle est effectuée.
La citation à prévenu contient, en outre, l'indication de la nature, de la date et du lieu des faits
dont il aura à répondre.
Art. 58. - La citation est signifiée par un huissier; elle peut l'être aussi par l'officier du ministère
public ou par le greffier.
Elle est signifiée à la personne ou à la résidence du cité. Si le cité n'a pas de résidence connue au
Congo belge, mais y a un domicile, la signification est faite au domicile.
Art. 59. - À la résidence ou au domicile, la citation est signifiée en parlant à un parent ou allié, au
maître ou à un serviteur. À défaut de l'un d'eux, elle est signifiée à un voisin ou, lorsque le cité est
un indigène résidant ou domicilié dans une circonscription coutumière, au chef de cette
circonscription ou au chef de la subdivision coutumière de la chefferie ou au chef du groupement
coutumier incorporé dans le secteur auquel appartient l'intéressé.
Art. 60. - La citation peut également être signifiée par l'envoi d'une copie de l'exploit, sous pli
fermé mais à découvert, soit recommandé à la poste avec avis de réception, soit remis par un
messager ordinaire contre récépissé, daté et signé, par le cité ou par une des personnes
mentionnées à l'article 59, avec indication éventuelle de ses rapports de parenté, d'alliance, de
sujétion ou de voisinage avec le cité.
Même dans le cas où le récépissé n'est pas signé par la personne qui a reçu le pli ou si ce
récépissé ne porte pas qu'elle est une de celles auxquelles le pli pouvait être remis ou s'il existe
des doutes quant à sa qualité pour le recevoir, la citation est néanmoins valable si, des
déclarations assermentées du messager ou d'autres éléments de preuve, le juge tire la conviction
que le pli a été remis conformément à la loi.
Art. 61. - Si le cité n'a ni résidence ni domicile connus en République du Zaïre, mais a un autre
domicile connu, une copie de l'exploit est affichée à la porte principale du tribunal qui doit
connaître de l'affaire; une autre copie est immédiatement expédiée à la personne que l'exploit
concerne, sous pli fermé mais à découvert recommandé par la poste.
Si le cité n'a ni résidence ni domicile connus, une copie de l'exploit est affichée à la porte
principale du tribunal qui doit connaître de l'affairé et un extrait en est envoyé pour publication
au Journal officiel, ainsi que, sur décision du juge, dans tel autre journal qu'il déterminera.
Art. 62. - Le délai de citation pour le prévenu et pour la personne civilement responsable est de
huit jours francs entre la citation et la comparution, outre un jour par cent kilomètres de
distance. Le délai de citation pour les personnes qui n'ont ni domicile ni résidence en République
du Zaïre est de trois mois.
Lorsqu'une citation à une personne domiciliée hors de la République du Zaïre est remise à sa
personne dans ce territoire, elle n'emporte que le délai ordinaire.
Art. 63. - Dans les cas qui requièrent célérité, le juge, par décision motivée dont connaissance
sera donnée avec la citation au prévenu et, le cas échéant, à la partie civilement responsable,
peut abréger le délai de huit jours prévu à l'article 62 lorsque la peine prévue par la loi ne
dépasse pas cinq ans de servitude pénale ou ne consiste qu'en une amende.
Art. 64. - La partie lésée et les témoins peuvent, dans tous les cas, être cités à comparaître le jour
même, sauf le délai de distance.
Art. 65. - Lorsque la citation est signifiée par la poste ou par messager, conformément à l'article
60, le délai commence à courir du jour où décharge a été donnée à la poste ou au messager.
Lorsque la citation est faite conformément à l'article 61, le délai commence à courir le jour de
l'affichage.
Art. 66. - La citation peut être remplacée par une simple sommation verbale, faite à personne,
par l'officier du ministère public ou par le greffier de la juridiction qui devra connaître de
l'affaire, d'avoir à comparaître devant le tribunal à tel lieu et à tel moment, lorsqu'il s'agit de la
comparution, soit de la partie lésée ou des témoins, soit du prévenu ou de la personne civilement
responsable si la peine prévue par la loi ne dépasse pas cinq ans de servitude pénale ou ne
consiste qu'en une amende.
La sommation à prévenu lui fait de plus, connaître la nature, la date et le lieu des faits dont il est
appelé à répondre.
Art. 67. - Lorsque le tribunal est saisi, le juge peut, avant le jour de l'audience et sur la réquisition
de l'une des parties, ou même d'office si la partie lésée est un indigène non immatriculé du
Congo ou des contrées voisines, estimer ou faire estimer les dommages, dresser ou faire dresser
les procès-verbaux, faire ou ordonner tous actes requérant célérité.
Art. 68. - Sans préjudice des articles 27 et suivants, lorsque le prévenu a été cité ou sommé à
comparaître, l'officier du ministère public peut, quelle que soit la nature ou l'importance de
l'infraction, ordonner qu'il sera placé en dépôt à la maison de détention jusqu'au jour du
jugement, sans que la durée de cette détention puisse excéder cinq jours et sans qu'elle puisse
être renouvelée.
Art. 69. - Lorsque la juridiction de jugement est saisie de l'action publique, la partie lésée peut la
saisir de l'action en réparation du dommage en se constituant partie civile.
La partie civile peut se constituer à tout moment depuis la saisine du tribunal jusqu'à la clôture
des débats, par une déclaration reçue au greffe ou faite à l'audience, et dont il lui est donné acte.
Au cas de déclaration au greffe, celui-ci en avise les parties intéressées.
Art. 70. - La partie lésée qui a agi par la voie de la citation directe ou qui s'est constituée partie
civile après la saisine de la juridiction de jugement, peut se désister à tout moment jusqu'à la
clôture des débats par déclaration à l'audience ou au greffe. Dans ce dernier cas, le greffier en
avise les parties intéressées.
Toutefois dans les poursuites relatives à des infractions à l'égard desquelles la peine de
servitude pénale prévue par la loi n'est pas supérieure à deux ans, le prévenu peut comparaître
par un avocat porteur d'une procuration spéciale ou par un fondé de pouvoir spécial agréé par le
juge.
La personne civilement responsable peut, dans tous les cas, comparaître soit par un avocat
porteur d'une procuration spéciale, soit par un fondé de pouvoir spécial agréé par le juge.
Art. 72. - Si la personne citée ne comparaît pas, elle sera jugée par défaut.
Art. 73. - Chacune des parties peut se faire assister d'une personne agréée spécialement dans
chaque cas par le tribunal pour prendre la parole en son nom.
Sauf si le prévenu s'y oppose, le juge peut lui désigner un défenseur qu'il choisit parmi les
personnes notables de la localité où il siège. Si le défenseur ainsi désigné est un agent du Congo
belge, il ne peut refuser cette mission, sous peine de telles sanctions disciplinaires qu'il
appartiendra.
Les témoins à charge et à décharge sont entendus s'il y a lieu et les reproches, proposés et jugés;
Art. 75. - Sauf pour les procès-verbaux auxquels la loi attache une force probante particulière, le
juge apprécie celle qu'il convient de leur attribuer.
Art. 76. - Les motifs de reproche invoqués contre les témoins sont souverainement appréciés
par le juge.
Art. 77. - Les personnes visées à l'article 16, alinéa 3, sont dispensées de témoigner.
Les témoins prêtent serment dans les formes prévues à l'article 17, alinéa 2.
Art. 78. - Le témoin qui, sans justifier d'un motif légitime d'excuse, ne comparaît pas, bien que
cité régulièrement, ou qui refuse de prêter serment ou de déposer quand il en a l'obligation,
peut, sans autre formalité ni délai et sans appel, être condamné à une peine d'un mois de
servitude pénale au maximum et à une amende qui n'excédera pas mille francs, ou à l'une de ces
peines seulement.
Dans tous les cas, le tribunal peut, en outre, ordonner que les témoins seront contraints à venir
donner leur témoignage.
La servitude pénale subsidiaire à l'amende, ainsi que la contrainte par corps pour le
recouvrement des frais, ne peuvent excéder quatorze jours.
Le témoin condamné pour défaut de comparution, qui sur une seconde citation ou sur mandat
d'amener, produira des excuses légitimes, pourra être déchargé de la peine.
Art. 79. - Le greffier tient note de la procédure à l'audience, ainsi que des noms, prénoms, âge
approximatif, profession et demeure des parties et des témoins et de leurs principales
déclarations.
Art. 80. - Les jugements sont prononcés au plus tard dans les huit jours qui suivent la clôture des
débats.
Art. 81. - Tout jugement de condamnation rendu contre le prévenu et contre les personnes
civilement responsables les condamnera aux frais avancés par le Trésor et à ceux exposés par la
partie civile.
Art. 82. - Si le prévenu n'est pas condamné, les frais non frustratoires exposés par lui sont mis à
la charge du Trésor, les frais avancés par celui-ci restant à sa charge.
Toutefois si l'action publique a été mue par voie de citation directe, la partie civile sera
condamnée à tous les frais. Si la partie civile s'est constituée après la saisine de la juridiction du
jugement, elle sera condamnée à la moitié des frais.
La partie civile qui se sera désistée dans les vingt-quatre heures, soit de la citation directe, soit
de sa constitution, ne sera pas tenue des frais postérieurs au désistement, sans préjudice des
dommages-intérêts au prévenu, s'il y a lieu.
Art. 83. - Le prévenu qui, au moment du jugement, est en état de détention préventive avec ou
sans liberté provisoire et qui est acquitté ou condamné à une simple amende, est mis
immédiatement en liberté, nonobstant appel, à moins qu'il ne soit détenu pour autre cause.
Art. 84. - Si, au moment du jugement, le prévenu est en état de liberté provisoire avec
cautionnement et qu'il ne soit pas condamné,
Si le prévenu est condamné, le défaut par lui de s'être présenté à un acte de la procédure sans
motif légitime d'excuse est constaté par le jugement qui déclare en même temps que tout ou
partie du cautionnement est acquis au Trésor.
Art. 85. - L'arrestation immédiate peut être ordonnée s'il y a lieu de craindre que le condamné ne
tente de se soustraire à l'exécution de la peine et que celle-ci soit de trois mois de servitude
pénale au moins.
Elle peut même être ordonnée quelle que soit la durée de la peine prononcée, si des
circonstances graves et exceptionnelles, qui seront indiquées dans le jugement, le justifient.
Tout en ordonnant l'arrestation immédiate, le tribunal peut ordonner que le condamné, s'il le
demande, sera néanmoins mis en liberté provisoire sous les mêmes conditions et charges que
celles prévues à l'article 32, jusqu'au jour où le jugement aura acquis force de chose jugée.
L'officier du ministère public peut faire incarcérer le condamné qui manque aux charges qui lui
ont été imposées. Si le condamné conteste être en défaut, il peut, dans les vingt-quatre heures de
son incarcération, adresser un recours au tribunal qui a prononcé la condamnation. La décision
rendue sur ce recours n'est pas susceptible d'appel.
Le cautionnement éventuellement déposé par le condamné lui est restitué dans les conditions et
sous les réserves prévues à l'article 84, alinéa 1 er.
Art. 86. - Le juge de police qui a rendu un jugement d'incompétence peut faire conduire le
prévenu, sans délai, devant l'officier du ministère public près le tribunal compétent.
Art. 87. - Les jugements indiquent le nom des juges qui les ont rendus et, s'ils ont siégé dans
l'affaire, celui de l'officier du ministère public, du greffier et des assesseurs, l'identité du
prévenu, de la partie civile et de la partie civilement responsable.
Ils contiennent l'indication des faits mis à charge du prévenu, un exposé sommaire des actes de
poursuite et de procédure à l'audience, les conclusions éventuelles des parties, les motifs et le
dispositif.
Les jugements des juges de police non magistrats de carrière ne comportent pas l'indication des
actes de la procédure à l'audience; ils contiennent l'état des frais dressé par le juge à la suite du
jugement.
Les jugements sont signés par le président ou par le juge, ainsi que par le greffier, s'il était
présent, lorsque le jugement a été prononcé.
Section 1 De l'opposition
Art. 88. - Les jugements par défaut sont valablement signifiés par extrait comprenant la date du
jugement, l'indication du tribunal qui l'a rendu, les noms, profession et demeure des parties, les
motifs et le dispositif, le nom des juges, et le cas échéant, du greffier qui ont siégé dans l'affaire.
Art. 89. - Le condamné par défaut peut faire opposition au jugement dans les dix jours qui
suivent celui de la signification à personne, outre les délais de distance fixés par l'article 62,
alinéa 1 er.
Lorsque la signification n'a pas été faite à personne, l'opposition peut être faite dans les dix
jours, outre les délais de distance, qui suivent celui où l'intéressé aura eu connaissance de la
signification.
S'il n'a pas été établi qu'il en a eu connaissance, il peut faire opposition jusqu'à l'expiration des
délais de prescription de la peine quant aux condamnations pénales et jusqu'à l'exécution du
jugement, quant aux condamnations civiles.
Art. 90. - La partie civile et la partie civilement responsable ne peuvent faire opposition que
dans les dix jours qui suivent celui de la signification, outre les délais de distance.
Art. 91. - L'opposition peut être faite, soit par déclaration en réponse au bas de l'original de
l'acte de signification, soit par déclaration au greffe du tribunal qui a rendu le jugement, soit par
lettre missive adressée au greffier du même tribunal.
Le jour même où il reçoit la lettre missive, le greffier y inscrit la date où il l'a reçue et la fait
connaître à l'opposant.
Art. 92. - Le président ou le juge fixe le jour où l'affaire sera appelée, en tenant compte des délais
pour les citations.
Le greffier fait citer l'opposant, les témoins dont l'opposant ou le ministère public requiert
l'audition et, le cas échéant, la partie civile et la partie civilement responsable.
Art. 93. - Si l'opposant ne comparaît pas, l'opposition est non avenue. L'opposant ne peut ni la
renouveler ni faire opposition au jugement sur opposition.
L'opposant est tenu de comparaître en personne dans le cas où il y était déjà tenu avant le
jugement par défaut ou lorsque le jugement par défaut en fait une condition de recevabilité de
l'opposition.
Art. 94. - Il est sursis à l'exécution du jugement par défaut jusqu'à l'expiration du délai fixé par
l'article 89, alinéa 1 er, et, en cas d'opposition, jusqu'au jugement sur ce recours.
Il est de même sursis à la poursuite de la procédure en appel engagée par le ministère public, la
partie civilement responsable ou la partie civile contre un jugement de condamnation prononcé
par défaut à l'égard du prévenu.
Lorsque le jugement n'est par défaut qu'à l'égard de la partie civilement responsable ou de la
partie civile, l'opposition de ces dernières ne suspend pas l'exécution du jugement contre le
prévenu.
Art. 95. - Lorsque l'opposition émane du prévenu et qu'elle est reçue, le jugement par défaut est
considéré comme non avenu et le juge statue à nouveau sur l'ensemble de l'affaire.
Dans tous les cas, les frais et dépens causés par l'opposition, y compris le coût de l'expédition et
de la signification du jugement par défaut, seront laissés à charge de l'opposant lorsque le défaut
lui est imputable.
Section II De l'appel
3° à la partie civile ou aux personnes auxquelles des dommages et intérêts ont été alloués
d'office, quant à leurs intérêts civils seulement;
4° au ministère public.
Art. 97. - Sauf en ce qui concerne le ministère public, l'appel doit à peine de déchéance, être
interjeté dans les dix jours qui suivent le prononcé du jugement ou sa signification, selon qu'il
est contradictoire ou par défaut.
Ce délai est augmenté des délais de distance fixés par l'article 62, alinéa 1 er, sans qu'il puisse,
en aucun cas, dépasser quarante-cinq jours.
La distance à prendre en considération pour le calcul du délai est celle qui sépare la résidence de
l'appelant du greffe où se fait la déclaration d'appel, lorsque le jugement est contradictoire, et
celle qui sépare le lieu de la signification du même greffe, lorsque le jugement est par défaut.
Art. 98. - Dans tous les cas où l'action civile est portée devant la juridiction d'appel, toute partie
intéressée peut, jusqu'à la clôture des débats sur l'appel faire appel incident quant aux intérêts
civils en cause, par conclusions prises à l'audience.
Art. 99. - Le ministère public doit interjeter appel dans les dix jours du prononcé du jugement.
Toutefois, le ministère public près la juridiction d'appel peut interjeter appel dans les trois mois
du prononcé du jugement.
Art. 100. - L'appel peut être fait, soit par déclaration en réponse au bas de l'original de l'acte de
signification, soit par déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu le jugement ou de la
juridiction qui doit connaître de l'appel, soit par lettre missive adressée au greffier de l'une ou
l'autre de ces juridictions.
La date de la réception de la lettre missive par le greffier détermine, dans ce dernier cas, la date
à laquelle l'appel doit être considéré comme fait.
Le jour même où il reçoit la lettre missive, le greffier y inscrit la date où il l'a reçue et la fait
connaître à l'appelant.
L'appel est notifié par les soins du greffier aux parties qu'il concerne.
Art. 101. - Les pièces d'instruction et l'expédition du jugement dont appel sont transmises le
plus rapidement possible par le greffier de la juridiction qui a rendu le jugement au greffier de la
juridiction qui doit connaître de l'appel.
Art. 102. -Il est sursis à l'exécution du jugement jusqu'à l'expiration des délais d'appel et, en cas
d'appel, jusqu'à la décision sur ce recours.
Toutefois le délai de trois mois prévu à l'article 99, alinéa 2, n'emporte pas sursis à l'exécution.
L'appel interjeté quant aux intérêts civils ne fait pas obstacle à l'exécution des condamnations
pénales.
Art. 103. - Le prévenu qui était en état de détention au moment du jugement ou dont
l'arrestation immédiate a été ordonnée par le jugement, demeure en cet état nonobstant l'appel.
La juridiction d'appel peut statuer sur la seule notification par les soins du greffier, aux parties
en instance d'appel, de la date à laquelle l'affaire sera appelée, pourvu que les délais entre cette
notification et la date de l'audience soient égaux à ceux des citations.
Toutefois, lorsque la juridiction d'appel estime que la situation du prévenu pourrait être
aggravée ou lorsqu'il s'agit d'une infraction pouvant entraîner la peine capitale, il ne sera statué
qu'après citation du prévenu et, le cas échéant, de la partie civilement responsable de l'amende
et des frais.
La décision sur appel est réputée contradictoire, sauf lorsque, ayant été citée dans les cas prévus
à l'alinéa 3, la partie ne comparaît pas suivant le mode et les distinctions établis par l'alinéa 4.
Art. 106. - À la demande de l'officier du ministère public près la juridiction d'appel ou de l'une
des parties, les témoins peuvent être entendus à nouveau et il peut en être entendu d'autres.
Art. 107. - La juridiction d'appel qui réforme la décision entreprise pour un motif autre que la
saisine irrégulière ou l'incompétence du premier juge, connaît du fond de l'affaire.
Art. 108. - Lorsque, sur l'appel du ministère public seul, le jugement est confirmé, les frais de
l'appel ne sont point à la charge du prévenu.
Lorsque la peine est réduite, le jugement sur appel ne met à charge du condamné qu'une partie
de ces frais ou même l'en décharge entièrement.
S'il y a partie civile en cause, celle-ci supporte dans l'un et l'autre cas la totalité ou la moitié des
frais d'appel selon les distinctions établies à l'article 82, alinéa 2, sauf si les dommages-intérêts
qu'elle avait obtenus sont majorés.
Art. 110. - Si le jugement ne prononce pas l'arrestation immédiate, le ministère public avertit le
condamné à la servitude pénale qu'il aura à se mettre à sa disposition dans la huitaine qui suivra
la condamnation devenue irrévocable.
Sur la décision du juge ou du président de la juridiction qui a rendu le jugement, ce délai pourra
être prolongé.
Art. 111. - Même dans le cas où l'arrestation immédiate n'a pas été ordonnée par le juge, le
ministère public peut à tout moment après le prononcé du jugement, faire arrêter le condamné
si, à raison de circonstances graves et exceptionnelles, cette mesure est réclamée par la sécurité
publique ou s'il existe des présomptions sérieuses que le condamné cherche et qu'il peut
parvenir à se soustraire à l'exécution du jugement.
Art. 113. - À l'expiration de sa peine principale, le condamné doit être remis en liberté, à moins
que le gardien de l'établissement où il a subi sa peine n'ait été requis de le retenir du chef de
servitude pénale subsidiaire ou de contrainte par corps.
Art. 114. - Le gardien de l'établissement où le condamné subit sa peine tient un registre d'écrou
dont la forme et les mentions sont fixées par le gouverneur général.
Les condamnés libérés qui savent écrire signent le registre d’écrou au moment de leur
libération.
Art. 115. - Le gouverneur général règle tout ce qui concerne le régime pénitentiaire et arrête le
règlement disciplinaire spécial auquel sont soumis les détenus.
Art. 116. - Si le condamné avait été placé en état de détention préventive ou d'arrestation avec
liberté provisoire sous caution, le défaut par lui de se présenter pour l'exécution du jugement est
constaté, sur les réquisitions du ministère public, par la juridiction qui a prononcé la
condamnation. Cette juridiction déclare, en même temps, que le cautionnement est acquis au
Trésor.
Art. 117. - L'amende et les frais sont payés entre les mains du greffier dans la huitaine qui suit la
condamnation devenue irrévocable.
Sur la décision du juge ou du président de la juridiction qui a rendu le jugement, ce délai pourra
être prolongé.
Art. 118. - Par dérogation à l'article 117, le paiement de l'amende et des frais peut être exigé dès
le prononcé du jugement s'il est contradictoire, ou dès sa signification s'il est par défaut, lorsqu'il
y a lieu de craindre que le condamné parvienne à se soustraire à l'exécution de ces
condamnations.
À cet effet, le greffier invite le condamné, soit verbalement, soit par pli fermé, mais à découvert,
recommandé à la poste avec avis de réception, à payer l'amende et les frais dans le délai qu'il
détermine.
Sur décision du juge ou du président de la juridiction qui a rendu le jugement, les poursuites en
recouvrement peuvent être suspendues.
Art. 119. - Le prononcé du jugement, s'il est contradictoire, ou sa signification s'il est par défaut,
vaut sommation de payer dans le délai fixé.
Art. 120. - Il est disposé des choses frappées de confiscation spéciale, conformément aux
ordonnances du gouverneur général.
Art. 121. - La partie civile qui désire faire exécuter la contrainte par corps prononcée à son
profit adresse sa demande au ministère public.
Elle est tenue préalablement de consigner, entre les mains du greffier, la somme nécessaire à la
détention du débiteur.
Le ministère public ne fait saisir le débiteur que sur la production du reçu de cette somme.
Art. 122. - L'opposition et l'appel de la partie civilement responsable des dommages intérêts, de
même que l'action, l'opposition et l'appel de la partie civile ne sont recevables que si ces parties
ont consigné entre les mains du greffier la somme de Z. 150,00 (zaïres cent cinquante) au
premier degré et de Z. 300,00 (zaïres trois cents) au degré d'appel. (1987).
Les suppléments à parfaire dans le cours de la procédure sont appréciés par le juge et consignés
comme il est dit à l'alinéa 1 er, à défaut de quoi, il ne sera procédé à aucun acte nouveau de
procédure à la
Art. 123. - Si la partie qui doit consigner les frais est indigente, ceux-ci sont avancés en tout ou
en partie, par le Trésor.
L'indigence est constatée par le juge ou par le président de la juridiction devant laquelle l'action
est ou doit être intentée; ce magistrat détermine les limites dans lesquelles les frais sont avancés
par le Trésor.
Art. 124. - Lors même que la partie civile ne succomberait pas, les frais seront retenus par le
greffier sur les sommes par elle consignées, sauf son droit d'en poursuivre le recouvrement
contre le condamné.
Toutefois, si la partie civile n'a été que partie jointe, les seuls frais qui sont retenus par le
greffier sont ceux des actes faits à sa requête.
Art. 125. - L'état des frais est dressé par le greffier. S'il y a partie civile, cet état indique les frais à
retenir sur les sommes consignées par elle et ceux à percevoir directement contre le condamné.
L'état des frais est vérifié et visé par le juge.
En cas d'appel, l'état des frais est dressé par le greffier de la juridiction d'appel et visé par le
président de cette juridiction.
1) Procès-verbal de tout acte de constat ou d'instruction quelconque, non compris les frais de
transport, lesquels seront fixés par le juge:
5) Indemnités aux experts, médecins, interprètes, témoins (taxées par le juge selon les
circonstances).
7) Citation ou acte équivalent, signification, non compris les frais de Z.100, 00 transport,
lesquels sont fixés par le juge:
9) Procès-verbal d'audience:
13) Grosse, expédition ou extrait du jugement ou copie de tout autre document conservé au
greffe:
- pour le premier rôle Z. 100,00
Chaque rôle est de deux pages de vingt-cinq lignes par page et de quinze syllabes par ligne. Tout
premier rôle commencé est dû en entier. Tout rôle supplémentaire n'est dû que s'il comporte au
moins 15 lignes
. Art. 127. - Le tarif réduit ci-après est appliqué si le juge estime que la situation économique du
condamné ne lui permet pas de payer les frais prévus à l'article 126:
5) Indemnités aux experts, médecins, interprètes, témoins (taxées par le juge selon les
circonstances).
9) Procès-verbal d'audience:
13) Grosse, expédition ou extrait du jugement ou copie de tout autre document conservé au
greffe
Chaque rôle est de deux pages et de vingt-cinq lignes par page et quinze syllabes par ligne. Tout
premier rôle commencé est dû en entier.
Art. 128. - Le tarif des frais en instance d'appel est du double de celui qui est fixé par les articles
126 et 127.
Art. 129. - Il est dû un droit proportionnel de la % sur toute somme ou valeur mobilière a1louée
à titre de dommages-intérêts par un jugement passé en force de chose jugée.
Les intérêts moratoires échus au jour de la décision sont joints au principal pour le calcul de ce
droit.
Art. 130. - Si le montant des valeurs adjugées n'est pas déterminé dans le jugement, il est fixé
par le greffier chargé de percevoir le droit, sous réserve, pour la partie tenue d'acquitter ou de
supporter celui-ci, d'assigner le greffier en justice aux fins d'entendre réviser l'évaluation faite
par lui. L'action n'est recevable qu'après la liquidation du droit. Elle est introduite, instruite et
jugée comme en matière civile.
Les frais de l'instance sont à la charge de la partie succombant; ils sont tarifés comme en
matière civile. Le jugement est susceptible des mêmes recours, dans les mêmes conditions et
sous les mêmes formes que ceux prononcés en matière civile.
Art. 131. - Pour les condamnations au paiement de rentes ou pensions dont le capital n'est pas
exprimé au titre, le montant taxable est de vingt fois la prestation annuelle si elle est viagère et
de cinq fois la prestation annuelle dans tous les autres cas.
Art. 132. - Le droit établi en vertu de l'article 129 est dû sur la minute du jugement. Il ne donne
pas lieu à consignation.
Le droit est dû par la personne condamnée aux dommages-intérêts; il est payé entre les mains
du greffier dans le mois qui suit la date où la condamnation civile est passée en force de chose
jugée, par la personne condamnée ou par la personne déclarée civilement responsable. À leur
défaut, le droit est payé par la personne au profit de qui la condamnation a été prononcée, sauf le
droit pour elle d'en poursuivre le recouvrement contre la personne qui doit le supporter.
Art. 133. - Les poursuites en recouvrement du droit proportionnel sont exercées en vertu d'un
exécutoire, délivré par le juge ou par le président de la juridiction qui a rendu le jugement
donnant lieu à la perception du droit, après un commandement resté infructueux, de payer dans
les trois jours, sans préjudice aux saisies conservatoires à opérer dès le jour de l'exigibilité du
droit, avec l'autorisation du juge.
Art. 134. - Sauf dans le cas prévu à l'article 135, le greffier ne peut délivrer, si ce n'est au
ministère public, grosse, expédition, extrait ou copie d'une décision portant condamnation à des
dommages-intérêts avant que le droit proportionnel n'ait été payé, même si au moment où le
document est demandé, fa condamnation n'a pas encore acquis force de chose jugée.
Si, sur opposition ou appel, le jugement sur lequel le droit proportionnel aurait été perçu est
réformé, celui-ci est restitué en tout ou en partie, ou le supplément est perçu, selon les cas.
La restitution ne peut avoir lieu que lorsque la nouvelle décision a acquis force de chose jugée.
L'action en restitution se prescrit par un délai de deux ans, à compter de ce moment.
Art. 135. - En cas d'indigence constatée par le juge ou par le président de la juridiction qui a
rendu le jugement, la grosse, une expédition, un extrait ou une copie peut être délivrée en débet.
Mention de la délivrance en débet est faite au pied du document délivré.
Dans le même cas, le paiement préalable du droit proportionnel n'est pas une condition de la
délivrance de la grosse, d'une expédition, d'un extrait ou d'une copie du jugement.
Art. 136. - Les jours fériés légaux ne sont pas comptés dans le calcul du délai prévu aux articles
15, 2 8, 30, 39, et 41.
Art. 137. - Lorsque le délai légal expire un jour où le greffe est fermé, l'acte y est valablement
reçu le plus prochain jour d'ouverture de ce greffe.
Art. 138. - Le décret du 11 juillet 1923 sur la procédure pénale tel qu'il a été modifié et complété
ultérieurement, est abrogé.
Art. 139. - Le présent décret entrera en vigueur à la date qui sera fixée par arrêté royal.
Art. 140. - Les règles antérieures relatives à la procédure pénale restent d'application pour
toutes les affaires dont les cours et tribunaux étaient régulièrement saisis au moment de l'entrée
en vigueur du présent décret.