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Différences entre impôt, taxe et redevance

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Impôt ou taxe : une question de contrepartie

L'impôt permet à l'État et aux collectivités territoriales de financer leurs dépenses


budgétaires. Ces recettes fonctionnent par voie d'autorité, sous la forme d'un prélèvement
définitif et sans contrepartie. Autrement dit : l'argent collecté par l'impôt sert au financement
des charges publiques sans que les fonds ne soient fléchés vers telle ou telle dépense.

Ce n'est pas le cas de la taxe… en théorie. La taxe est mise en place pour pouvoir financer
justement une charge publique spécifique. C'est la grande différence entre un impôt et une
taxe. Le versement de ces taxes réclame bien une contrepartie, à savoir l'utilisation d'un
ouvrage ou d'un service public pour ceux qui les payent, les contribuables.

Dans les faits, la contrepartie d'une taxe n'est pas toujours respectée. Ainsi, un contribuable
est contraint d'y participer sans pour autant systématiquement exploiter en retour un service.
Il faut ajouter que le rapport entre le coût réel de ce service public et le montant de la taxe
n'est pas toujours ajusté, contrairement à ce que la théorie voudrait.

Différencier impôt et taxe, c'est bien, mais quid de la redevance ? Cet autre prélèvement
permet à celui qui le paye d'utiliser directement et immédiatement le service public en
question.

La Contribution Foncière des Propriétés Bâties (CFPB) ou l’Impôt locatif, dans le


langage courant. Que dit la loi?

L’impôt locatif ou Contribution Foncière des Propriétés Bâties, est une taxe payée
annuellement par tout propriétaire de maison, dépendamment de la valeur de cette maison. Il
s’agit d’une taxe communale. Et, selon l’article 2 du décret du 5 avril 1979, cette taxe est
calculée de la manière suivante, si la maison peut être louée:

Jusqu’à 2400 gourdes l’an, l’impôt sera de:6% ;


De 2401 gourdes à 3300 gourdes : 7% ;
De 3301 gourdes à 7200 gourdes : 8% ;
De 7201 gourdes à 9600 gourdes : 9% ;
De 9601 gourdes à 12000 gourdes : 10% ;
De 12001 gourdes à 14400 gourdes : 11% ;
De 14401 gourdes à 16800 gourdes : 12% ;
De 16801 gourdes à 19200 gourdes : 13% ;
De 19201 gourdes à 21600 gourdes : 14% ;
Au-dessus de 21600 gourdes : 15%.
La Contribution Foncière des Propriétés Bâties (CFPB) ou l’impôt locatif, est un préalable à
toute action par devant les tribunaux et cours de la République. Elle est exigée pour toute
action en déguerpissement pour des loyers non-payés, voire même la revendication de droit
de propriété. La loi prévoit aussi que le locataire peut payer la taxe, si le propriétaire de
l’immeuble loué ne le fait pas ou refuse de le faire. L’impôt, une fois payé, le locataire pourra
déduire ensuite la valeur payée, de la somme qu’il doit verser au propriétaire.

Cependant, tout immeuble n’est pas assujetti à la CFPB. C’est le cas des immeubles de l’État,
de l’Église, des associations à but non lucratif, des syndicats et congrégations, des immeubles
logeant des établissements d’enseignement, reconnus d’utilité publique et dirigés par leur
propriétaire, les ambassades ou consulats, les immeubles logeant les agents diplomatiques ou
consulaires, avec réserve de réciprocité.

La valeur locative de l’immeuble est déterminée non pas par son propriétaire, mais par un
service spécial de la mairie de la ville, souvent, de concert avec la DGI. Cette évaluation peut
se faire par comparaison avec d’autres immeubles de la zone, par appréciation souveraine de
l’agent évaluateur. Elle peut se faire aussi à l’aide des contrats signés entre le propriétaire et
son ou ses locataires. Et la Direction Générale des Impôts, collectrice privilégiée des mairies,
reçoit les déclarations, perçoit la taxe pour le compte de la commune dans laquelle se trouve
la maison.

En cas de désaccord entre propriétaire et agent évaluateur, la loi prévoit la création d’une
commission spéciale, composée du propriétaire, d’un représentant du ministère des Finances,
d’un représentant de la Mairie, d’un ingénieur du MTPTC, pour une nouvelle évaluation. On
a jusqu’au 31 mars de chaque année, pour acquitter des redevances fiscales dues à la CFPB.
Passé ce délai, le contribuable se verra pénaliser d’un surplus de 5% du montant total de la
[Link] DGI pourra procéder aussi à des saisies mobilières, jusqu’à concurrence des valeurs
dues. Et là, l’on comprend que la première victime sera de toute façon le ou les locataires.
Pire, c’est que tout immeuble pour lequel on n’a pas payé la CFPB, peut être grevé
d’hypothèque et ceci, de droit. De plus, aucun acte de vente ne pourra être fait à la vue d’un
notaire, si l’immeuble n’est pas en règle avec le fisc.

Enfin, payer la CFPB, c’est un acte posé non seulement dans l’intérêt de l’État, mais aussi
dans l’intérêt des propriétaires.

Me Inseul Salomon,
Avocat, Sociologue. 17/01/2021

Section 1.- Des recettes communales


Article 158.- Des recettes communales sont ordinaires et extraordinaires.
Les recettes ordinaires sont :
1) Des transferts de fonds prévisibles de l’Exécutif
2) Les revenus des biens communaux ;
3) Le produit des droits d’abattage des animaux ;
4) Le taxe d’assainissement finançant notamment le curage des égouts, le ramassage des
ordures, l’aspersion des mares, selon le tarif établi par arrêté communal ;
5) La redevance pour le ramassage et le traitement des déchets ;
6) Les taxes spéciales contre la pollution ;
7) Le produit des droits de places perçus dans les échoppes, marchés divers, parcs
communaux ;
8) Le produit des concessions de terrains dans les cimetières collectifs des quartiers ;
9) Le produit des amendes prononcées par les tribunaux correctionnels et de
simple police, à l’occasion de la violation des textes de lois et des arrêtés communaux ;
10) Le produit de l’expédition des actes administratifs de la Commune conformément au tarif
adopté par arrêté communal ;
11) Le produit des droits de patente et d’impôts fonciers ;
12) Le produit des droits d’alignement ;
13) Le produit des amendes sur les matériaux et denrées sur la voie publique ;
14) Le produit de la taxe sur les jeux autorisés ;
15) Le produit des centimes additionnels pour compte de la Commune suivant le tarif établi
par arrêté de l’autorité compétente ;
16) Le pourcentage des profits sur les contrats d’exploitation concédés par la Commune à des
sociétés ou compagnies ;
17) Les bénéfices provenant des entreprises exploitées directement par la Commune ;
18) Le produit des droits sur le permis de construire ;
19) Les droits recouvrés auprès du pouvoir Central ou des concessionnaires, à l’occasion de
l’exploitation des gisements, carrière et autres ressources situées le territoire de la Commune ;
20) Le produit du paiement des contraventions de véhicule ;
21) Le produit des parkings publics payants ;
22) Les produits de toutes autres taxes ou redevances existantes ou à établir, suivant le tarif
arrêté par le Conseil municipal après approbation de l’Assemblée ;
23) Toute autre recette n’ayant pas été citée mais que la législation sur le cadre général de la
décentralisation permet d’établir.
Article 159.- Le Conseil municipal peut proposer à l’Assemblée municipale, l’établissement
de certaines redevances et les tarifs d’impôts strictement locaux.
Article 160.- Les recettes extraordinaires proviennent :
1) Des dons et legs en nature ou en espèces ;
2) De l’encaissement des créances exigibles et non recouvrées au cours des exercices
précédents ;
3) Du produit des emprunts communaux dûment autorisés ;
4) Des subventions ;
5) De toutes autres recettes imprévues.

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