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Méthodes Projectives en Psychologie

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Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis

Département de psychologie L3 /Cours Méthodes projectives


S. Derouiche El Kamel

Année universitaire 2021/2022

COURS METHODES PROJECTIVES

1. Rappel et introduction

L’usage de tests d’intelligence et de tests de personnalité a suscité des débats importants


au sein de la communauté scientifique et des praticiens en psychologie clinique.
• Pour certains, il n’y a pas de clinique en dehors de la clinique à mains nues jugeant
ainsi inconcevable l’idée de la « clinique armée »1.
• Confusion entre la pratique de la psychologie clinique et la pratique de la
psychanalyse
• Méfiance vis-à-vis d’approches soutenues notamment en psychologie
expérimentale et différentielle, en psychologie du développement et en
psychologie sociale et dernièrement en neuropsychologie
 Rejet de tout emploi de techniques normalisées susceptibles de fournir des
résultats quantitatifs tels que les tests qui selon eux constituent une trahison de la
dimension clinique.

La pratique du bilan psychologique a toute sa place au sein d’une rencontre clinique et


peut fournir des informations précieuses et originales sur les fragilités et les ressources
psychiques des personnes rencontrées. Elle contribue ainsi à la formulation affinée d’une
évaluation et d’un projet thérapeutique. L’examen psychologique qui semblait être très
éloigné de la psychanalyse se présente aujourd’hui comme une situation clinique
essentielle, alimentée par les concepts les plus déterminants de théorie freudienne. Il est
souvent étroitement articulé avec la mise en place d’une prise en charge thérapeutique.
(Chabert & Verdon, 2008).

L'examen psychologique a donc ses propres contraintes, ses propres exigences et s’appuie
sur des méthodes et un dispositif particulier. Il a donc ses particularités intrasubjectives
et intersubjectives, en termes de mouvements transférentiels qui sont mobilisés dans le
cadre spécifique de la rencontre.

Tout travail sur le test en général revient à s’interroger sur les opérations mentales mises
en œuvre au cours de la passation de l’épreuve. Celles-ci traduisent le mode de
fonctionnement psychique du sujet et ses capacités à activer ou non ses processus de
liaison.
➢ Dans cette perspective l’examen psychologique vise un objet : le psychisme et
ses processus qui ne sont pas observables en soi ; les processus psychiques ne
sont observables qu’à travers les effets qu’ils produisent.
➢ La pratique de l'examen psychologique ne peut donc se résumer à la notion de la

1 L’expression « clinique armée » est proposée par Daniel Lagache

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technicité des tests. Elle se rapportera toujours au contexte dans lequel


l’observation clinique prend sens par exemple : Bilan psychologique qui est
demandé par l’institution qui va prendre en charge l’enfant ou l’adulte/expertise
psychologique lors d’une enquête judiciaire.

L'examen psychologique doit toujours prendre en considération le contexte :

• qui demande l'examen psychologique.


• quelles sont les modalités de la restitution de l'examen psychologique.
• quels sont les enjeux de la restitution pour le sujet et pour l’institution.

Par ailleurs la restitution de l'examen psychologique vise à apporter un sens particulier


de la situation.

Nous prenons comme cadre de référence le modèle psychanalytique. C'est un modèle qui
a été développé en France dans les années 70 par Didier Anzieu, Nina Rausch de
Traubenberg, Vica Shentoub, Catherine Chabert.

2. Perception et projection

Dans l’interprétation des tests projectifs, on a recours en plus du contenu manifeste


produit des stimulations perceptives, à un contenu latent qui est l’œuvre de l’imagination
c’est-à-dire de la résonance fantasmatique et de la réactivation de contenus latents faisant
appel à des registres conflictuels divers. L’épreuve projective, en tant qu’objet réel, va
solliciter l’appareil psychique pour qu’il puisse traiter cette perception. Cette situation va
induire des effets projectifs, c'est-à- dire que le mouvement projectif va favoriser une
élaboration de la perception en fonction des préoccupations du sujet, de son mode
d’aménagement psychique, de ses relations d’objet, et des affects qui sont sous-tendus par
son système associatif.

Par exemple, le caractère flou du test de Rorschach permet au sujet de se projeter


facilement. En effet, en tant qu’objet réel, le test de Rorschach fait appel à la perception
tandis qu’en tant qu’objet imaginé, le Rorschach permet au sujet d’élaborer sa perception
en fonction de ses préoccupations, ses fantasmes, ses affects et sa relation aux objets.
Ainsi, « la réponse Rorschach obéit au paradoxe de toute situation dite projective : elle est
le compromis d’une double exigence de réalité et de création personnelle » (Boekholt,
1996, p. 545).

Au Rorschach, le sujet se trouve confronté à une double exigence : il doit montrer sa


capacité de s’organiser à la fois face à son monde interne et face à son environnement
« situation caractéristique, à l’image de la vie, puisqu’il s’agit de se conformer aux limites
imposées par la réalité tout en laissant la place au possible, à l’imaginaire et aux

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fantasmes » (Chabert, 1983, p. 10)2.

La situation comportera les mêmes enjeux au TAT. Cependant les planches du TAT sont
figuratives : elles représentent des personnes en situation, des paysages qui sollicitent les
mêmes mécanismes d’adaptation au réel ; cependant le mouvement projectif est moins
régressif qu’au Rorschach, de par la structuration des planches. Le TAT va
particulièrement solliciter la façon dont s’agencent, s’organisent les représentations de
choses au sein des scénarii fantasmatiques. Il prend en compte la syntaxe, ce qui n’est pas
le cas du Rorschach, et accorde une plus grande place au travail de la mise en mots, au
travail de la symbolisation secondaire.

De manière générale, ces deux épreuves sont complémentaires : le Rorschach mobilise


plutôt le sujet en termes narcissiques et identitaires et le TAT va davantage mobiliser la
capacité à s’inscrire dans un registre objectal identificatoire, même si ces deux aspects ne
sont pas aussi nettement séparés selon l’une ou l’autre épreuve

A/ Le psychodiagnostic de Rorschach

Le psychodiagnostic de Rorschach propose dix planches au matériel non structuré (taches


d'encre reproduites sur un fond blanc) mais symétrique. Il est demandé au sujet de dire
ce que "cela pourrait être". Ses réponses sont notées et font l'objet d'une analyse
quantitative et qualitative à partir du psychogramme (localisation de la réponse,
déterminant, contenu, différents indices) et de la nature des réponses. La synthèse des
résultats fournit une interprétation de l'ensemble des données qui apporte des
informations sur la nature de l'angoisse et des relations d'objets, les mécanismes de
défense, l'organisation du Moi, le rapport au réel, l'image du corps. Cette interprétation
peut aussi apporter des hypothèses psychopathologiques interprétables en termes de
diagnostic de structure ou d'organisation (névrotique, psychotique...). D'autres méthodes
d'interprétation, plus cognitives comme celle d'Exner, permettent un traitement
informatique d'une partie de l'analyse.

1. Caractéristiques du matériel :
Matériel : 10 planches (planche I : noire, planche II et III : noir et rouge, planche IV, V,VI,VII
: noires, planche VIII, IX, X : colorées)

➢ Dimensions fondamentales du stimulus (planches) :

- DIMENSION STRUCTURALE dans la construction formelle de la tache (compacte, fermée,


bilatérale, ouverte) :

Planches I, IV, V, VI, IX : planches compactes favorisant : une approche perceptive globale
et la projection d’images ; rendant compte d’une représentation de soi en référence
directe avec la notion d’identité ; constituant une forme de mise à l’épreuve des limites
entre dedans et dehors, entre le sujet et l’autre ; mettant en évidence la capacité du sujet

2 voir mécanisme de défense : projection/voir le cas du Président Schreber

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à se représenter comme individu à part entière (image du corps distinct, identifié dans
son appartenance subjective). Planches II, III, VII : planches construites en configuration
bilatérale favorisant :

L’évocation de représentations de relations dans différentes modalités : spéculaires (ou


narcissiques : l’autre est le double du sujet ou son reflet) ; conflictuelles (sous tendues par
des mouvements objectaux libidinaux ou agressifs).

Planche VIII : compacte dans sa masse centrale et bilatérale sur les côtés (apparition des
couleurs pastel) : associations en référence à la représentation de soi et aux
représentations de relations.

Planche X : très éparpillée, tâches différentes occupant l’espace de la planche, forte


fragmentation et point de contacts dans les différents fragments, présence de plusieurs
couleurs, dernière planche.

- DIMENSION SENSORIELLE, caractéristiques chromatiques :

Planches I, IV, V, VI : planches noires ou achromatiques (association de la couleur


gris/noir et du fond blanc). Certains sujets anxieux et dépressifs sont sensibles à l’aspect
sombre de la planche.

Planches II, III : planches dites rouges combinant l’organisation bilatérale et l’apparition
du rouge stimulant : l’émergence de mouvements pulsionnels intégrés ou non à des
scénarios relationnels sexuels et/ou agressifs. Le rouge appelle des affects forts parfois
violents et les représentations qui sont susceptibles d’y être associées.

Planches VII : à part sur le plan chromatique (gris clair et ouverte sur un large espace
blanc à l’origine des sollicitations latentes privilégiées du féminin maternel.

Planches VIII, IX, X : planches pastel engageant des mouvements régressifs liés à la nature
des couleurs passées et aux infléchissements progressifs de la passation.

2. La passation

La durée de la passation varie de 30 mn et 2h. L’interprétation approfondie et la


rédaction d’un rapport détaillé peuvent prendre jusqu’à une demi-journée et quelque fois
plus longtemps.

a- La consigne :

La consigne pour le Rorschach est proposée de différentes manières, elle change d’un
théoricien à un autre et d’un praticien à un autre. Ces différentes formulations vont de la
plus brève comme celle proposée par Rorschach (1921)3 à la plus détaillée comme celle

3 « Qu’est-ce que cela pourrait être ? ».

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proposée par Beck (1967)4.

La consigne telle que proposée par Chabert (1983) : « Je vais vous montrer dix planches
et vous me direz tout ce à quoi elles vous font penser, ce que vous pouvez imaginer à partir
de ces planches » fait appel aussi bien à la perception qu’à la projection. Ainsi, le test
présente une double exigence ; d’une part, il invite le sujet à faire face à un monde interne
fantasmatique. D’autre part, il le maintient attaché à un monde réel en sollicitant ses
mécanismes perceptifs (Chabert, 1983, p. 23).

Nous rejoignons Chabert (1983) pour dire que la consigne du Rorschach est très souple
et qu’elle est modulable selon les sujets. Il est important cependant d’observer l’exigence
dont nous avons parlé, celle de la double invitation perception/projection. Il ne s’agit pas
uniquement de voir mais d’imaginer, c’est cette libre expression qui est intéressante dans
le Rorschach.

b- L’enquête :

C’est la deuxième phase de la passation dans laquelle le psychologue s’implique davantage


en faisant préciser les localisations et les déterminants. Cette étape est plus centrée sur
l’échange qui va permettre d’approfondir le matériel apporté. Il s’agit d’un moment
crucial dans la passation qui permet au chercheur d’orienter l’enquête soit dans un sens
perceptif ou au contraire de faire appel à la projection donc à la fantasmatisation ou à
l’expression d’un vécu affectif. Une consigne large peut être proposée à cet effet comme
celle proposée par Chabert (1983) : « Nous allons maintenant reprendre les planches
ensemble ; vous essaierez de me dire ce qui vous a fait penser à ce que vous avez évoqué.
Bien entendu, s’ils vous viennent d’autres idées, vous pourrez m’en faire part ». Des
précisions peuvent être fournies aux sujets flous ou confus : « Vous essaierez de me dire
où vous avez vu ce que vous avez évoqué et qu’est-ce qui vous y a fait penser ? » (p. 28).

c- L’enquête aux limites :

On procède à l’enquête aux limites quand certains types de réponses sont absents du
protocole à savoir l’absence de réponses banales pour les planches III et V.

L’intérêt de l’enquête aux limites est de permettre de « situer un individu comme sujet
dans son rapport à une réalité humainement socialisée en mettant en évidence sa
participation ou son accession plus ou moins effective à un champ symbolique affectif »
(Chabert, 1983, p. 30).

d- L’épreuve du choix :

Il s’agit de proposer au sujet de choisir parmi les planches les deux qu’il a « le plus
aimées » et les deux qu’il a « le moins aimées ». L’intérêt de cette épreuve est de faire appel
à l’affect. Elle lui permet de manifester des investissements positifs ou négatifs par
rapport au test. Elle donne également l’occasion au sujet de développer ses réponses en

4 « On va vous donner une série de dix planches, l’une après l’autre, qui représentent des dessins constitués par des
taches d’encre. Regardez chaque planche aussi longtemps qu’il vous plaira, mais ne manquez pas de dire tout ce que
vous voyez. Lorsque vous avez terminé une planche, donnez-la à l’examinateur pour lui montrer que vous avez fini ».

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apportant des précisions ou des informations supplémentaires (Chabert, 1983, p. 31).


Rausch de Traubenberg (1970) précise qu’il faut prendre soin d’orienter la décision du
sujet sur une préférence de goût et non la conscience d’avoir réussi l’interprétation.

3. Sollicitations latentes des planches : (Chabert, 2007 ; Richelle, 2009)

Planche I

Contenu manifeste : C’est une planche compacte, avec des découpes centrales qui font
apparaître des taches blanches. Sa configuration appelle aussi bien une figure unitaire
qu’un découpage en deux ou en trois : partie centrale et les deux parties latérales.

Sollicitation latente : C’est la première planche, donc celle de la découverte du matériel, de


l’entrée dans l’épreuve qui va solliciter le sujet dans sa capacité à s’adapter à une situation
nouvelle en mobilisant ses défenses, soit à recourir à une conduite plus passive. Le sujet
peut réagir à cette première planche selon les modalités d’entrée en relation avec le
monde extérieur.

• Une bonne capacité d’adaptation peut se traduire par des réponses de bonne
qualité formelle où l’image du corps paraît intègre (« un papillon », « une danseuse
qui tourne sur elle-même »).
• Une représentation du corps parfois atteinte, notamment au travers d’une prise en
compte des lacunes vécues comme « manque » (« un papillon avec des trous dans
les ailes »).
• Une adaptation de surface traduisant la forte valeur défensive de la réponse (« un
masque ») avec une composante phobique et éventuellement une modalité
antidépressive (« un masque de carnaval ») pour contrer la sensibilité du sujet face
à l’aspect dysphorique et sombre de la tache.
• Le recours aux procédés défensifs en investissant la sphère intellectuelle par une
mise à distance (« une carte géographique »).
• Des réponses évoquant la présence d’un regard malveillant ou même la sensation
de se sentir observé, peuvent renvoyer à un vécu de type paranoïde dans le rapport
au monde extérieur (« un visage méchant au regard persécuteur »)

Dans un registre plus archaïque, elle réactive la relation à une figure maternelle
prégénitale soit sécurisante soit menaçante.

Planche II

C'est une planche compacte, avec une dimension bilatérale plus marquée qui fait
apparaître un espace blanc important et des taches rouges. La sollicitation émotionnelle
est souvent vive.

Sollicitation latente : la problématique de la castration (soit primaire : c’est la question de


l'objet total, soit secondaire : dans le registre du conflit) apparaît souvent.

Cependant le rouge évoque l'ancrage pulsionnel, elle vient solliciter le sujet dans ses

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modalités de gestion pulsionnelle. Les mouvements pulsionnels peuvent être d’ordre


agressif ou sexuel. Le niveau de gestion s’étend des procédés primaires aux processus de
symbolisation et de secondarisation.

Registre archaïque : « une tache d'huile avec du sang ». Réponse peu personnalisée, avec
un déterminant peu courant, qui évoque un contenant plutôt défaillant.

Registre élaboré : « deux animaux en train de se battre, il y a du sang » : évocation du


conflit sans destruction.

Dans un registre très élaboré : interaction entre deux personnages (« deux sportifs qui
s’affrontent en compétition »). (Possibilité de dépasser le conflit suggéré par le pôle
pulsionnel à travers le rouge).

Planche III

Caractérisée également par sa bilatéralité. C’est une planche qui apporte une certaine
détente par la mise en relation des personnages qu’elle sollicite la plupart du temps.

La sollicitation latente renvoie à la dimension identitaire et identificatoire. Elle met à


l’épreuve l’intégrité du schéma corporel du sujet et ses capacités d’identification à l’espèce
humaine. Le traitement de la bisexualité peut induire une double sollicitation qui va
nécessiter de trouver un compromis.

L’absence de réponse humaine à cette planche, chez un adulte, est toujours l’indice d’un
trouble concernant la structuration de l’identité, d’une difficulté concernant le processus
de séparation-individuation et/ou d’un malaise sur le plan relationnel.

Registre archaïque : investie en position renversée (v) (« un vampire avec le sang qui coule
»).

Registre élaboré : (∧) reconnaissance de personnes non différenciées du point de vue


sexué.

Registre très élaboré : interaction entre deux personnes avec différenciation sexuelle des
personnes.

Planche IV

Planche sombre et compacte dont la tonalité émotionnelle est presque toujours


dysphorique. Sa double caractéristique sombre et massive suscite souvent des réactions
d’angoisse ou de malaise. C’est une planche unitaire dite "planche de l’autorité" qui
renvoie, au niveau latent au registre du pouvoir et de la puissance, du côté de l'autorité
ou de la toute-puissance fantasmatique. Il convient cependant de ne pas oublier que le
rôle surmoïque peut être celui de l’image paternelle mais aussi d’une image maternelle
omnipotente.

Registre archaïque : (« mollusque », « nuage ») qui évoque un déni de la puissance. Une


imago maternelle archaïque dotée de phallus (« une mygale »).

Registre élaboré : reconnaissance de la qualité du stimulus dans une inscription mystique

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(« King-Kong » ou « figure de monstre ») avec une charge d'angoisse souvent très


perceptive (dévorant).

Registre très élaboré : intégration de la charge d'angoisse qui est plus menaçante. (« un
ogre assis sur un tronc »).

Planche V

Planche compacte, mais plus harmonieuse et plus équilibrée. C’est celle qui est la plus
proche de la réalité (d’où sa cotation en banalité) : elle est généralement apaisante, sauf
s’il y a persistance de l’anxiété apparue à la planche IV.

Sollicitation latente se situe dans sa dimension identitaire à partir de la prise en compte


ou non du caractère unitaire du stimulus. Ce sentiment d’intégrité renvoie à l’intégrité
psychique, d’où son importance dans la passation. Par sa facture unitaire et la
prégnance de l’axe de symétrie, la planche V peut être considérée comme planche de la
représentation de soi, planche de l’identité.

Registre archaïque : le sujet ne peut pas reconstruire le caractère unitaire de la planche :


(« oreilles de lapin », « carte géographique »).

Registre élaboré : représentation construite de façon unitaire en appui à la référence du


double (reflet) (« deux crocodiles dos à dos »).

Registre très élaboré : référence unitaire de type (« un papillon qui vole »). À noter qu’il
s’agit là d’une « banalité » c'est-à-dire de la planche qui traduit le mieux l’adaptation au
monde extérieur.

Planche VI

Planche unitaire où l’axe de symétrie est marqué. Deux parties : l'une, inférieure
compacte et massive, l'autre supérieure, plus effilée. Il y a une marque prégnante de la
symétrie à partir de l'estompage.

La sollicitation latente se situe du côté de la bisexualité (masculin supérieur et féminin


inférieur) qui pose la question de savoir comment intégrer ces deux dimensions dans une
réponse unitaire. C’est une des planches où l’on voit le plus apparaître de réponses
estompage que les représentations sexuelles soient évoquées ou non. Une problématique
de castration peut y être particulièrement manifeste (« un chat sans queue »).

Registre archaïque : représentation peu construite (« nuage », « fumée »). Tentative


d'allier la partie supérieure et inférieure : (« une feuille avec une tige »).

Registre évolué : reconnaissance de la forme d'ensemble qui intègre les deux parties
(« peau de bête »).

Registre très évolué : renvoie à la dimension sexuée dans une identification sexuelle
masculine (partie supérieure) et féminine (partie inférieure).

Planche VII

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La partie blanche est importante et souvent associée à la planche II. La bilatéralité est
très marquée et lui confère la possibilité d’amener le sujet à la représentation de relations.
Les deux formes gris-noir peuvent facilement évoquer des silhouettes humaines en
mouvement ou non. Le rapport fond/forme se pose de manière particulière. Elle est
considérée par C. Chabert comme particulièrement évocatrice des relations précoces.

Sollicitation latente : planche maternelle (féminin/maternel) autour du blanc comme


espace d'accueil potentiel ou au contraire défaillant. Elle fait appel à la représentation
inconsciente de la figure maternelle que l’on appelle l’imago maternelle.

Registre archaïque : la représentation met en jeu la question de l'identité, du


morcellement, attaque de l'intégrité (« carapace vide de crabe »). Dans l'autre sens,
(« deux siamoises attachées par le bas du corps ») qui revoie à une faille dans le processus
de séparation individuation.

Registre élaboré : investissement de chacune des moitiés (animale ou humaine)

Registre très élaboré : construction identificatoire différenciée assumée dans sa


dimension sexuée (« deux femmes qui dansent la danse du ventre »). Construction de la
figure de l'autre à partir du double (réponse en miroir).

Planche VIII

Première planche couleur qui apporte souvent une certaine détente. Planche compacte
(en son centre) et bilatérale (en ses côtés) avec des couleurs pastel. A ce titre, elle
réactive des vécus d’ordre émotionnel et affectif.

Sollicitation latente : la présence de la couleur est généralement perçue comme


permettant la réactivation de représentations de relations face à l’environnement social.

Registre archaïque : perte des repères interne/externes. (« ventre déchiré »).


Représentation anatomique pathologique (« poumon atteint d'un cancer ») qui traduit
l'atteinte de l'intégrité.

Registre élaboré : la présence de banalité renvoie à une bonne adaptation face au monde
extérieur et la capacité à intégrer et canaliser les affects (« deux lions qui grimpent sur
des montagnes couvertes de forêts »).

Planche IX

Planche couleur unitaire qui ne présente pas d’engramme facilement identifiable et


représentatif. Elle est en outre caractérisée par un vide central bien marqué.

Sollicitation latente : sa configuration en creux renvoie à une évocation du féminin, du


creux et peut donner lieu à des réponses autour de l'intérieur du corps ou susciter des
représentations très primitives (prégénital), en référence à la vie intra-utérine.

Registre archaïque : la représentation attaque ou délimite, référence à la destruction


(« cadavre autopsié » ou « explosion atomique ») ou à une angoisse concernant l’intégrité
du corps (« des poumons abîmés par la fumée de cigarettes »)

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Registre élaboré : apparition d'une figuration humaine ou parahumaine (« dragon » ou


« personne âgée »).

Planche X

Est caractérisée d’une part par la dispersion des taches et des couleurs, d’autre part, par
sa position de dernière planche. La réaction émotionnelle dépend de l’acceptation ou de
la résistance à la sollicitation latente.

Sollicitation latente : La dispersion des taches sollicite l’intégration psychique. C’est aussi
la planche de la séparation (fin de l'examen clinique). Les évocations iront donc soit dans
le sens de l’intégration des couleurs dans une dimension festive par exemple de type
scène (« un feu d’artifice autour de la tour Eiffel »), soit dans une forme de désintégration
du côté du morcellement.

Registre archaïque : représentation qui ne permet pas une identification claire des
différents éléments : (« des îles dans la mer », « une personne déchiquetée »).

Registre élaboré : représentation qui montre le souci d'un découpage avec intégration des
différents éléments colorés provoquant des scènes d'animaux ou d'humains (« deux
personnages féeriques qui s’avancent dans un décor lumineux »).

4. Analyse du protocole
A partir de ses impressions d’ensemble et la particularité du discours du sujet (style,
logique, continuité/discontinuité, fluidité/hétérogénéité, nature des associations) qui
devront être mise à l’épreuve par une analyse détaillée, le clinicien va établir d’éventuelles
orientations et hypothèses de travail à confirmer ou non par la suite.

La cotation des réponses


La cotation s’appuie sur une écoute attentive et rend compte de sa dynamique.
L’utilisation des cotations doit s’étayer sur un questionnement concernant les conduites
psychiques qui les sous-tendent.

Il existe quatre critères de cotation :

les localisations (modes d’appréhension) : la partie de la planche sur laquelle porte la


réponse - réponses globales (G) : G simple : réponses banales : (pl I et V) : « chauve-souris
»;

G organisés : combinaison de différentes parties de la tache); G vagues et G


impressionnistes : attitude passive vis à vis du matériel et de son impact : pl VII : « des
nuages » ; pl VIII : « à la peinture moderne » ; G confabulés ( généralisent à l’ensemble un
détail signifiant sans tenir compte des autres parties de la planche ou contaminés
(combinaison absurde de deux perceptions partielles qui se télescopent : à connotation
pathologique : pl IV : « un bonhomme papillon »).

- réponses « Détail » : D, Dd, Dbl : localisation partielle de la planche selon trois catégories
de découpes : D portant sur les parties les plus faciles à interpréter ; Dd portant sur les
parties les moins utilisées et/ou plus petites, Dbl sur les lacunes blanches à l’intérieur des

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tâches.

les déterminants : pour connaître ce qui a déterminé la réponse, ce qui a déclenché sa


perception d’une découpe de la tache

- la forme : réponses formelles (F) : elles appréhendent la réalité par le constat, la


description, la lecture en restant dégagé des implications fantasmatiques et
émotionnelles. Elles montrent leur caractère adaptatif, elles révèlent des conduites de
contrôle, elles permettent au sujet de donner aux choses un contour établissant des
frontières stables entre le dedans et le dehors.

- le mouvement (les kinesthésies – grandes K : être humain entier ; - petites k ou kp : être


humain partiel (Hd), animaux (kan) ou objets vus en morceaux (kob) : elles sont
l’expression des mouvements pulsionnels du sujet et des mécanismes de défense
permettant de les traiter.

- la couleur – réponses sensorielles (réponses couleur : FC, CF, C (liaison entre


représentations et affects) ; réponses estompages : FE, EF, E (réactivation d’expériences
très précoces dans les relations avec l’environnement ; fragilité de l’identité, manque
d’assurance, carences de l’estime de soi,...) ; réponses Clair-obscur : Fclob, ClobF ou Clob :
angoisse, dépression, agression,...) : Elles permettent le calcul du type de résonance intime
(TRI) traduisant la dialectique des attitudes introversives et extraversives du sujet, en
termes de fonctionnement psychique et non en termes de comportement.

les contenus (les images évoquées) :

- les contenus humains : H (être humain entier : personnages mythiques ou déréels :


diables, sorcières, fées, lutins, dieux,...) rendent comptent d’un individu à s’identifier à une
image humaine et à reconnaître son appartenance à l’espèce humaine. Ils témoignent des
possibilités du sujet à se représenter dans un système de relations clairement défini quant
à l’identité des protagonistes. Hd (partie du corps humain externe) : symbolique sexuelle
ou agressive, surinvestissement d’une partie du corps servant de porte-parole à une
représentation refoulée. Hd de type anatomique constituent un signe d’angoisse majeur
concernant le vécu corporel (préoccupations hypocondriaques, angoisse de
désintégration).

- les réponses animales (A) : elles indiquent des mécanismes mentaux automatisés se
déroulant sans intervention de la réflexion. Ils indiquent un appauvrissement de la pensée
s’ils sont exclusifs.

- les autres contenus : contenus à valeur sexuelle : réponses à symbolisme phallique (pl II
: pointe médiane, « clocher pointu »), réponses à symbolisme sexuel féminin (fleur,
coquillage, vase : pl II, IV, VI, VII, IX) ; contenus à valeur agressive : objets tranchants ou
pointus (pinces, piques, ciseaux, hachoirs,...), certains contenus A féroces (hyènes,
mangoustes, loups,...), réponses feu et sang dans lesquelles l’aspect ravageant et violent
domine., contenus ruine, fragments, morceaux (surgissement de tendances destructrices)
; contenus à valeur régressive : évocation d’éléments (eau par exemple) rend compte de
mouvements régressifs, éprouvés dans un contexte de plaisir (fonds marins, eaux calmes,
étang dans une clairière,...) ou de déplaisir (boue, eau sale, tempête horrible,...). Les
contenus « plantes », certains contenus « géographie » ou « paysage » prennent souvent

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des significations régressives de même que les contenus se référant à l’enveloppe, au


contenant, au contact sensoriel (vêtements, fourrures, coussins doux, ...). Certaines
thématiques renvoient à des modalités particulières de relations d’objet : thèmes
alimentaires (oralité), thèmes de saleté, explosion, matières (analité), sans que l’on puisse
pour autant en inférer qu’ils témoignent d’un type de relations d’objets dominant auquel
le sujet serait fixé.

- Les contenus particuliers : anatomie (Anat) : préoccupations pour la santé physique


(angoisse hypocondriaque) ou écran jeté sur les points faibles de sa propre personnalité
(sentiments d’infériorité). Ou préoccupations sexuelles exprimées de façon détournées.
Sang (Sg) : trouble émotionnel. Cette réponse va de pair avec un choc au rouge.
Significations : symbolisme sexuel, agressivité destructrice.

Hd + Anat + Sex + Sg constitue un indicateur d’angoisse qui se révèle positif au-dessus de


12 %.

les facteurs additionnels :

- les réponses banales (Ban) : elles témoignent d’une adaptation sociale élémentaire. 5 à
7 : normal ; au-delà de 5 à 7 : conformisme excessif ; < à 3 : insuffisance d’insertion sociale.

- les chocs : réactions de stupeur affective, de perturbation émotionnelle profonde


provoquées chez le sujet par les particularités de certaines planches. Cette perturbation
entraîne une désorganisation de la pensée et du contrôle qu’elle exerce sur la
personnalité.

5. Analyse clinique du Rorschach


C’est le temps de l'élaboration et de l'interprétation et c’est là que nous allons devoir
prendre en compte les particularités du sujet. En particulier l’âge nous incite à prendre en
compte les aspects du développement de l’enfant ou l’impact de la crise adolescente sur
les réponses obtenues.

Cette analyse s’organise autour de 4 critères :

• la nature de l'angoisse

• les mécanismes de défense

• la problématique identitaire et identificatoire

• le mode de relation d'objet (représentations des imagos parentales)

B/Le Thematic Aperception Test (T.A.T.)

Le Thematic Aperception Test (T.A.T.) de Murray se composait originairement de 31


planches représentant des scènes souvent banales et peu ambiguës. Il est demandé au
sujet d'"imaginer une histoire à partir de la planche". Le matériel sur lequel travaille le
clinicien est représenté par un discours dont l'analyse repose sur l'étude de la cotation
planche par planche des procédés utilisés dans la construction du récit et des
problématiques. L'interprétation du T.A.T. s'apparente donc à une analyse de contenu

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fondée sur certains indicateurs (contrôle, labilité, évitement du conflit, émergence du


processus primaire, accrochage au contenu manifeste...) ; l'ensemble des résultats est
naturellement référé au sujet et à sa singularité. Comme le Rorschach, le T.A.T. permet de
faire des hypothèses diagnostiques mais aussi d'apprécier le fonctionnement psychique
de la personne.
- Avec les enfants, on utilise fréquemment, avec des modalités de cotation différentes, des
tests comme le Patte Noire (histoire d'un petit cochon qui se distingue des autres par la
présence d'une tache noire sur une patte) ou le Children Aperception Test (C.A.T.) dont la
structure est celle du T.A.T. dans une forme adaptée aux enfants.

Ce qui le différencie c'est le caractère figuratif des planches : elles s'appuient sur
l'évocation de conflits, en particulier dans le registre œdipien mais pas exclusivement
dans ce registre ; certaines planches sollicitent le registre narcissique. La tâche du sujet
consiste en une mobilisation psychique face au TAT qui va consister en une
déconflictualisation des enjeux portés par le matériel et des sollicitations latentes. Les
problématiques dominantes concernent le registre de la conflictualité œdipienne, le lien
œdipien, la triangulation œdipienne, la scène primitive, l'inscription de la différence des
sexes et des générations.

Pour chaque planche il s'agit pour le sujet de produire un récit selon la consigne : « je vais
vous montrer des images, et pour chacune vous allez imaginer une histoire ». On
s'interroge sur les modalités qui président à cette tentative de déconflictualisation du
conflit œdipien, sur la qualité des défenses mise en œuvre au travers de la verbalisation
(refoulement, dénégation, déni, isolement ...), et sur la qualité des instances interdictrices
(Surmoi) et de l'idéal (Moi idéal, Idéal du Moi). C'est une mise à l'épreuve de la capacité
de jeu du sujet, dans une articulation possible entre les sollicitations manifestes et les
sollicitations latentes de la planche, et dans une articulation entre les sollicitations
perceptives et une appropriation subjective mettant en jeu le stimulus (matériel) et
l'expérience propre du sujet.

Description : C'est une épreuve où on ne propose pas toutes les planches à tous les sujets.
Certaines sont propres aux hommes ou aux femmes, certaines aux enfants ou aux
adultes. La pratique du TAT a évolué dans une perspective psychodynamique et le
dispositif de passation a été modifié depuis V. Shentoub qui l'avait initialement mis
au point.

Au cours de la passation, le psychologue prend des notes fidèles des récits, mais
aussi des éléments non verbaux, et des temps de latence. L'analyse se fait autour
de deux traitements :

- les sollicitations latentes qui permettent de repérer les stratégies utilisées par le sujet

- les procédés de récit avec l'hypothèse selon laquelle la verbalisation quelle qu'elle
soit porte en elle-même les procédures défensives utilisées par le sujet.

1. Passation (voir article Les épreuves projectives thématiques)

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2. Contenu manifeste et contenu latent des planches TAT

Planche 1 :

CM : un garçon, la tête entre les mains, regarde un violon posé devant lui.

CL : renvoie à l’image d’un enfant, l’accent porte donc sur l’immaturité fonctionnelle face
à un objet d’adulte (pas un jouet), un objet phallique. Le conflit peut porter sur la difficulté
voire l’impossibilité à utiliser cet objet dans l’immédiat avec, aux deux extrêmes, la
position dépressive (incapacité, impuissance) et la position mégalomaniaque (toute
puissance).

Planche 2 :

CM : scène champêtre, un homme avec un cheval, une femme adossée à un arbre, une
jeune fille au premier plan tient des livres.

CL : renvoie au triangle œdipien : père/mère/fille mais sans notion d’immaturité


fonctionnelle. Le conflit peut porter sur la position du jeune adulte face au couple, ce qui
est objectivé au niveau du contenu manifeste par la différence entre les deux plans.
Chaque personnage pouvant être perçu comme nanti à sa façon.

Planche 3BM

CM : un individu affalé au pied d’une banquette (âge et sexe indéterminé, objet également
flou)

CL : renvoie à la position dépressive avec traduction corporelle (pas de conflit c’est la


perte de l’objet)

Planche 4

CM : une femme près d’un homme qui se détourne (différence des sexes mais non de
génération)

CL : renvoie à une position de couple manifestement conflictuelle avec deux pôles :


agressivité, tendresse.

Planche 5

CM : une femme d’âge moyen, la main sur la poignée de la porte, regarde à l’intérieur d’une
pièce

CL : renvoie à l’image féminine (maternelle) qui pénètre et regarde. Le conflit renverra,


face à ce type d’image féminine, à la possibilité ou non de se situer par rapport à une
instance surmoïque.

Planche 6BM (sujet de sexe masculin uniquement)

CM : un homme, de face, l’air soucieux et une femme âgée qui regarde ailleurs (différence
des sexes et différence de génération)

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CL : renvoie à une relation mère/fils dans un contexte de malaise. Le conflit peut se nouer
autour de l’interdit du rapprochement œdipien objectivé au niveau de l’image par l’espace
qui sépare les deux protagonistes de même que par leur position respective

Planche 7BM (sujet de sexe masculin uniquement)

CM : deux têtes d’homme côte à côte : l’un « vieux » tourné vers l’autre « jeune » qui fait
la moue (différence de génération, pas de différence des sexes, pas d’immaturité
fonctionnelle)

CL : rapproché de type père/fils dans un contexte de réticence du fils au niveau des idées
(corps exclus). Le conflit peut se nouer autour du rapprochement entre ces deux
personnages avec deux pôles : tendresse/opposition.

Planche 6GF (sujet de sexe féminin uniquement)

CM : une jeune femme assise au premier plan se retournant vers un homme qui se
penche sur elle (pas de différence de génération marquée, différence des sexes)

CL : renvoie à une relation hétérosexuelle dans un contexte de désir libidinal et de


défense contre le désir (y compris la culpabilité). Le désir est objectivé par le
mouvement de l’un vers l’autre et la défense par la séparation des plans. Le rapproché
œdipien est offert et interdit à la fois.

Planche 7GF (sujet de sexe féminin uniquement)

CM : une femme, livre à la main, penchée vers une petite fille à l’expression rêveuse qui
tient un poupon dans les bras (différence de génération, immaturité fonctionnelle de la
petite fille).

CL : renvoie à la relation de type mère/fille dans un contexte de réticence de la part de la


fillette (rivalité, identification). Le conflit se noue autour de l’identification à la mère,
favorisée par celle-ci.

Planche 8BM

CM : un homme couché, deux hommes penchés sur lui avec un instrument. Au premier
plan, un garçon, seul, qui tourne le dos à la scène, et un fusil (pas de différence des sexes
et de génération, pas d’immaturité fonctionnelle).

CL : renvoie à une scène d’agressivité ouverte mettant en présence des hommes adultes
et un adolescent dans un contexte de positions contrastées active/passive. Le conflit
peut se nouer autour de la scène d’agressivité ouverte du deuxième plan en la reliant au
garçon et au fusil du premier plan. Il renvoie au problème de l’agression corporelle qui
peut être vécue au niveau de la castration ou au niveau de la destruction.

Planche 9GF (sujet de sexe féminin uniquement)

CM : une jeune femme, derrière un arbre, portant des objets, regarde une deuxième
jeune femme qui court en contre bas (pas de différence de génération ni de sexe, pas
d’immaturité fonctionnelle).

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CL : renvoie à la situation de rivalité féminine dans un contexte dramatisé. Le conflit se


nouera autour de la rivalité féminine accentuée au niveau du matériel par la
ressemblance entre les deux femmes et le fait que l’une semble surveiller la fuite de
l’autre.

Planche 10

CM : un couple qui s tient embrassé (seuls les visages sont représentés, le contraste noir
et blanc est accentué).

CL : renvoie à l’expression libidinale au niveau du couple. L’image est suffisamment peu


nette pour qu’il puisse y avoir différentes interprétations quant au sexe et à l’âge des
deux personnages. La fantaisie doit également tenir compte du halo dramatique
objectivé par le contraste noir/blanc.

Planche 11

CM : paysage chaotique avec de vifs contrastes d’ombres et de clarté en à pic (détail


gauche, dragon ou serpent).

CL : réactivation d’une problématique prégénitale. Quelques éléments (pont, route...)


peuvent permettre la remontée vers un niveau moins archaïque (régression possible ou
pas).

Planche 12BG

CM : paysage boisé au bord d’un cours d’eau avec au premier plan un arbre, une barque...
et arrière imprécis.

CL : apporte un moment d’apaisement par rapport à la planche précédente. Il renvoie au


dehors, à la capacité de différencier le dehors du dedans et la capacité à être seul.

Planche 13B

CM : un petit garçon assis au seuil d’une cabane aux planches disjointes (contraste entre
la lumière à l’extérieur et l’intérieur très noir).

CL : renvoie à la capacité à être seul, l’accent porte ici sur l’immaturité fonctionnelle
(image d’un enfant) et sur la précarité du refuge maternel symbolisé par la cabane
(capacité de fantasmer l’objet absent).

Planche 13MF

CM : une femme couchée, la poitrine dénudée et un homme au premier plan le bras


devant le visage.

CL : renvoie à l’expression de la sexualité et de l’agressivité dans le couple.

Planche 19

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CM : image « surréaliste » de maison sous la neige ou de bateau dans la tempête avec


fantôme, vagues...

CL : réactivation d’une problématique prégénitale. Le stimulus peut évoquer un


contenant, un environnement permettant la projection du bon et du mauvais objet. La
planche pousse à la régression et à l’évocation de fantasmes phobogènes.

Planche 16

Elle est proposée en dernier avec une consigne modifiée "imagine l'histoire que tu veux"

CM : « carte blanche » pour le sujet.

CL : renvoie à la manière dont le sujet structure ses objets privilégiés et aux relations
qu’il établit avec eux (niveau auquel il se place, poids et impact des procédés défensifs).
En l’absence de support imagé, les éléments transférentiels peuvent y devenir
prégnants.

3. Dépouillement

Le dépouillement comprend deux phases :

• L’analyse planche par planche


• La synthèse

La feuille de dépouillement est divisée en 4 grandes catégories de procédés (Procédés de


la série A, de la série B, de la série D et de la série E).

Les procédés

Procédés de la série A (rigidité)

A 1 : référence à la réalité externe : ces procédés s’inscrivent dans une référence à la


réalité externe (perceptive) et permettent la mise en place du récit et la constitution du
cadre dans lequel il s’élabore.
On trouve : les descriptions, signalement de détails (A 1-1), les précisions temporelles,
spatiales, chiffrées (A 1-2), les références sociales, la référence au sens commun, à la
morale (A1-3), les références littéraires et/ou culturelles (A1-4).
A 2 : investissement de la réalité interne : ces procédés rendent compte de la capacité
du sujet à s’inscrire dans le registre du jeu, du fictif, en se centrant sur son monde interne
tout en gardant la conscience d’interpréter.
On trouve : le recours au fictif et au rêve avec insistance à la dimension imaginaire (A2-
1), l’intellectualisation avec utilisation de l’abstraction, de la symbolisation, d’un titre
donné à l’histoire (A2-2), la dénégation avec la formulation d’un désir, pensée ou
sentiment qui entraîne aussitôt le sujet à se défendre en niant que ce désir, pensée ou
sentiment lui appartient (A2-3), l’accent porté sur les conflits intrapersonnels et
aller/retour entre expression pulsionnelle et défense (A2-4).
A 3 : procédés de type obsessionnel. On trouve : le doute, marqué par les précautions
verbales, hésitations entre plusieurs interprétations, le remâchage (A3-1), l’annulation
qui consiste à déclarer nul dans une 2ème proposition le conflit évoqué dans une 1ère

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proposition (A3-2), la formation réactionnelle qui se remarque dans tout élément du


discours rendant compte du renversement de la pulsion en son contraire (A3-3),
l’isolation entre représentations ou entre représentation et affect ou affect minimisé (A3-
4)

Procédés de la série B (labilité)

B 1 : investissement de la relation : la réalité externe est prise en compte mais occupe


une place de second rang alors que les affects et le vécu subjectif sont mis en avant.
On trouve : l’accent porté sur les relations interpersonnelles et la mise en dialogue (B1-
1), l’introduction de personnages ne figurant pas sur l’image (B1-2), les expressions
d’affects ni exagérés ni minimisés, en rapport avec les sollicitations latentes de la planche
(B1-3).
B 2 : dramatisation : les conflits s’expriment par la mise en scène d’évènements, de
situations relationnelles avec mise en avant d’affects suggérés par le matériel. La distance
entre réel et imaginaire est maintenue tout comme la conscience d’interpréter.
On trouve : l’entrée directe dans l’expression, une précipitation, pas de temps de latence,
le cœur du conflit apparaît d’emblée, exclamations, théâtralisme, rebondissements (B2-
1), des affects forts ou exagérés (B2-2), contradictoires parfois ou contrastés, des
allers/retours entre des désirs contradictoires (B2-3), des représentations d’actions
associées ou non à des états émotionnels de peur, catastrophe ou vertige (B2-4).
B 3 : procédés de type hystérique : mise en avant des affects au service du refoulement
des représentations (B3-1), érotisation des relations et séduction (B3-2), labilité dans les
identifications et/ou l’hésitation sur le sexe ou l’âge des personnages alors que l’unité du
moi est sauvegardée (B3-3)

Procédés de la série C (évitement du conflit).

Ces procédés peuvent être utilisés de façon ponctuelle et soulignent alors le recours à des
défenses qui ne s’inscrivent pas obligatoirement dans une problématique de
fonctionnement limite. Par ex. quelques procédés CN accompagnant une majorité de
procédés B : B2/B3) signeraient une problématique narcissique sous-jacente à la
principale d’ordre hystérique.

CF : surinvestissement de la réalité externe : accent porté sur le quotidien, le factuel,


le faire, les fantasmes n’affleurent pas (CF-1), les affects sont de circonstances. Références
à des normes extérieures (CF-2).
CI : inhibition : Tendance à la restriction, temps de latence long, silences, questions
posées, refus (CI-1), conflits non précisés, vagues ; banalisation, anonymat des
personnages (CI-2) ; éléments anxiogènes suivis ou précédés d’arrêts dans le discours (CI-
3).
CN : investissement narcissique : références personnelles (CN-1) ; détails narcissiques
sans valeur de séduction mais à seule fin d’assurer le repérage identitaire (CN-2) ; mise
en tableau, l’affect-titre, relations spéculaires (CN-5 etc.
CL : instabilité des limites : Porosité des limites entre narrateur et héros,
dedans/dehors (CL-1) notamment.
CM : procédés anti-dépressifs. : accent porté sur la fonction d’étayage de l’objet : appel
au clinicien (CM-1), l’hyper-instabilité des identifications avec le besoin d’occuper tous

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les rôles à la fois (différent d B3-3) sans perte totale des repères entre dedans/dehors
(CM-2).

Procédés de la série E (émergences des processus primaires).

Certains renvoient clairement à des modalités psychotiques, d’autres témoignent


simplement de dérapages dans le processus de secondarisation. La présence ponctuelle
du processus primaire n’est pas pathologique et même rend compte de la souplesse du
système préconscient. Mais plus les émergences sont quantitativement importantes, plus
l’irruption est massive, plus le Moi du sujet est fragile.
E1 : altération de la perception. (Troubles des conduites perceptives et du rapport à la
réalité).
E2 : massivité de la projection. (Envahissement par le fantasme).
E3 : désorganisation des repères identitaires et objectaux.
E4 : altération du discours. (Désorganisation de la pensée et du discours).

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Brelet-Foulard F., Chabert C. (sous la direction de) Nouveau Manuel du TAT. Approche
psychanalytique, Paris, Dunod, 2003.

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Psychogramme

H:
Hd : H% :
(H) :

A:
Ad : A% :
(A) :
F:
F% :
G: F+% :
BAN :
G% :
K:
Elém. :
D: kan :
Frag. :
R: D% : kp :
Obj. :
kob :
Anat. :
Refus : Dd :
Géo. :
Dd% : FC :
Bot. :
Tps total : CF :
Scène :
Tps/rép. moyen : Dbl : C:
Nature :
Tps latence moyen : Dbl% : FC' :
Arch. :
C'F :
Abstr. :
T. Appr. : Do : C' :
Symb. :
Do% :
Sang :
TRI : FE :
Sexe :
F.c. : Succession : EF :
E:
Éléments qualitatifs :
RC% : Choix + :
Choix - : FClob :
Chocs :
ClobF :
Eq. chocs :
Clob :
Persev. :
Remarques Sym. :
Remarques C. :
Crit. Obj. :
Crit. Subj. :
Descriptions :
Retournements

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Bibliographie du cours :

Beck, S. (1967). Le test du Rorschach. Paris: PUF.


Boekholt, M. (1996). Fondements pulsionnels de l’expérience visuelle : regard à travers la
genèse du processus Rorschach. Psychiatrie de l’enfant, 39(2), 537-579.
Brelet-Foulard, F., Chabert, C. (2003). Nouveau Manuel du TAT. Approche psychanalytique.
Paris : Dunod.

Chabert, C. (1983). Le Rorschach en clinique adulte. Interprétation psychanalytique. Paris:


Dunod, 1997.
Chabert, C. (1987). La psychopathologie à l’épreuve du Rorschach. Paris: Dunod, 1998.
Rausch De Traubenberg, N. (1970). La pratique du Rorschach. Paris: PUF.
Richelle, J. (2009). (Sous la dir.). Manuel du test de Rorschach. Approche formelle et
psychodynamique. Bruxelles: De Boeck.
Roussillon, R., Chabert, C., Ciccone, A., Ferrant, A., Georgieff, N, & Roman, P. (2007).
Manuel de psychologie et de psychopathologie clinique générale. Paris: Masson.
Shentoub, V. et coll. (1998). Manuel d’utilisation du TAT. Approche psychanalytique. Paris :
Dunod.

Bibliographie suggérée :

Bibliographie TAT

Brelet-Foulard, F., Chabert, C. (2003). Nouveau Manuel du TAT. Approche psychanalytique.


Paris : Dunod.

Shentoub, V. et coll. (1998). Manuel d’utilisation du TAT. Approche psychanalytique. Paris :


Dunod.

Contributions d’auteurs (2002). Le TAT. Vica Shentoub. Revue de Psychologie clinique et


projective, vol 2.

Brelet, F. (1996). Le TAT. Fantasme et situation projective. Paris : Dunod.

Bibliographie Rorschach

Chabert, C. (1997). Le Rorschach en clinique adulte. Interprétation psychanalytique. Paris :


Dunod.

Chabert, C. (1987). La psychopathologie à l’épreuve du Rorschach. Paris : Bordas, 2e


Edition, 1998.

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Jidouard, H. (1988). Le Rorschach, une approche psychanalytique. Lyon : P.U.L.

Bibliographie Rorschach, TAT...

Anzieu, D., Chabert, C. (1992). Les méthodes projectives. Paris : PUF.

Chabert, C. (1998). Psychanalyse et méthodes projectives. Paris : Dunod. Collection Topos.

Chabert, C. (1998). Actualité de la névrose. Psychologie clinique et projective, 4, p.23-33.

Husain, O., Merceron C., Rossel, F. (2001). Psychopathologie et polysémie. Eudes


différentielles à travers le Rorschach et le TAT. Dijon : Editions Payot Lausanne.

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