Christ
-Chrétiens individuels et Corps de Christ. Article de Henri Viaud-Murat. Reproduction
autorisée, pourvu qu’elle soit intégrale, et que la source soit indiquée. Quelle est la
responsabilité individuelle du Chrétien, par rapport à celle du Corps de Christ dans son
ensemble ? Existe-t-il même un « Corps de Christ » qui serait doté d’une vie propre,
indépendante de celle des Chrétiens individuels qui le composent ? La Parole de Dieu
affirme que l’Eglise n’est pas une simple organisation. Mais elle est le « Corps Vivant » de
Christ, dont Il est la Tête. « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun
pour sa part » (1 Cor. 12 : 27). « Il (Jésus) est la tête du corps de l’Eglise ; il est le
commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier » (Col. 1 : 18).
« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la
femme, comme Christ est le chef de l’Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur »
(Eph. 5 : 22-23). « Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend
soin, comme Christ le fait pour l’Eglise, parce que nous sommes membres de son corps »
(Eph. 5 : 29-30). Ainsi, le Corps de Christ est une réalité, et pas seulement une image.
L’Eglise de Christ est un organisme vivant, composé des millions de cellules vivantes que
sont les Chrétiens individuels. Nous sommes tous unis, scellés, baptisés dans un seul et
même Esprit, l’Esprit de Dieu, qui est le ciment et la vie de ce Corps. Toutefois, il existe une
différence absolument essentielle entre les cellules d’un corps humain, et les cellules
vivantes qui composent le Corps de Christ. En effet, les cellules d’un corps humain ne
possèdent nullement le libre-arbitre, la volonté individuelle qui caractérisent les cellules
vivantes du Corps de Christ. Il est capital de bien comprendre cela. Le Corps de Christ est
bien un organisme vivant, mais chacune de ses cellules, chaque Chrétien individuel, a dû
passer par une nouvelle naissance personnelle, par un salut individuel par la foi en
Jésus-Christ. Chaque Chrétien est d’abord un être humain individuel, que Jésus-Christ est
venu sauver personnellement. Et c’est aussi chacun qui sera jugé individuellement devant le
trône de Dieu. Rien ni personne ne pourra nous ôter notre responsabilité individuelle devant
le Seigneur ! L’Eglise de Christ ne possède donc aucune vie qui lui est propre, et qui serait
indépendante de la vie de chacune de ses cellules de base. L’Eglise ne possède la Vie de
Dieu que parce que chacune des cellules de base qui la composent (les Chrétiens
individuels) possède cette Vie de Dieu ! Cette affirmation est tellement importante qu’il faut
la répéter : l’Eglise ne possède la Vie de Dieu que parce chacun des Chrétiens qui la
composent possède cette Vie de Dieu ! Si Dieu demeure dans l’Eglise, c’est d’abord parce
qu’Il demeure individuellement dans chaque membre de cette Eglise, dans chaque Chrétien
qui la compose. L’Eglise, en tant que Corps, ne peut refléter la gloire de Dieu que dans la
mesure où chaque Chrétien qui la compose reflète cette même gloire de Dieu. Ce n’est pas
l’Eglise, en tant que Corps collectif, qui possède un libre accès auprès du Père, c’est chacun
de nous en particulier ! « Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a
renversé le mur de séparation, l’inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances
dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau,
en établissant la paix, et de les réconcilier, l’un et l’autre en un seul corps, avec Dieu par la
croix, en détruisant par elle l’inimitié. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la
paix à ceux qui étaient près ; car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du
Père, dans un même Esprit » (Ephésiens 2 : 14-18). Et l’apôtre Paul ajoute : « Ainsi donc,
vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des
saints, gens de la maison de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et
des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l’édifice, bien
coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés
pour être une habitation de Dieu en Esprit » (versets 19-22). C’est donc chaque Chrétien
individuel qui doit d’abord être édifié pour être une habitation de Dieu en esprit, afin que tout
l’édifice, l’Eglise, puisse ensuite s’élever pour être un Temple saint dans le Seigneur. Selon
l’apôtre Paul, l’ordre normal des choses, dans la pensée du Seigneur, est tout d’abord le
Chrétien individuel, ensuite l’Eglise. C’est chaque membre de l’Eglise qui doit être conduit à
la perfection par les différents ministères. « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres
comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du
corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de
Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de
doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais
que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le
chef, Christ. C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien
coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui
convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité » (Ephésiens 4 :
11-16). C’est chaque Chrétien individuel qui doit être en communion personnelle avec le
Seigneur, par le Saint-Esprit et la Parole de Dieu, pour que l’ensemble de l’Eglise puisse
constituer un Temple saint dans le Seigneur ! Quand chaque Chrétien peut établir cette
relation personnelle vivante avec son Sauveur, il n’y a plus besoin de faire des efforts
extérieurs, ou coercitifs, pour conduire l’ensemble du Corps dans l’harmonie spirituelle !
Cette harmonie spirituelle se réalisera naturellement dans le Corps de Christ, par le
Saint-Esprit, parce que chacune de ses cellules est saine ! C’est quand les cellules d’un
corps sont saines que l’ensemble du corps est sain, et non l’inverse ! Ce qui est important,
c’est donc tout d’abord la relation et la marche individuelles de chaque Chrétien avec son
Sauveur et Seigneur, et non la marche collective de l’Eglise ! Ne mettons jamais la charrue
avant les bœufs ! Ne pensons jamais qu’en agissant collectivement sur l’Eglise dans son
ensemble, cela permettra aux Chrétiens individuels, qui constituent ses cellules de base, de
bien fonctionner ! Il en est de même en ce qui concerne la famille et la société. Si les
familles vont bien, la société ira bien. Mais il est inutile de tenter d’améliorer la société en
espérant, par là, améliorer les familles ! De même, ce n’est pas en prenant des mesures
pour améliorer la vie des familles que nous pourrons changer les individus qui les
composent ! C’est exactement le contraire ! C’est en changeant chaque membre de la
famille que toute la famille ira bien ! C’est pour cette raison que le Seigneur, dans Sa
sagesse, a voulu instaurer une responsabilité individuelle et non collective, un salut
individuel et non collectif ! « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment
qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il
l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que
je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne
peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non
plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure
en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis
on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que
mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera
accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que
vous serez mes disciples » (Jean 15 : 1-8). Voilà le secret d’une vie d’Eglise remplie du
Seigneur : que chacun de ses membres demeure en Christ, et reçoive Sa Vie ! Certes, nous
trouvons dans la Parole de Dieu la notion d’une responsabilité collective de certaines
nations. Mais cette responsabilité collective des nations ne pèse jamais de manière absolue
sur les individus qui les composent, dans la mesure où chacun peut, par un retour au
Seigneur, s’affranchir de la responsabilité collective de sa nation, quand celle-ci s’est
rebellée contre le Seigneur. Par exemple, si les Moabites ont été rejetés en tant que nation,
Ruth la Moabite a pu choisir personnellement de faire du Dieu d’Israël son Dieu, et le Messie
a pu naître de sa descendance ! Avec Dieu, l’individuel prime toujours sur le collectif !
Aujourd’hui, dans notre monde, le collectif prime sur l’individuel. Dans le monde qui nous
entoure, le collectif prime toujours sur l’individuel. Tout est organisé d’une manière
hiérarchisée et pyramidale pour faire triompher le collectif sur l’individuel. L’individu est
complètement isolé dans la masse. Il est écrasé par cette masse dans laquelle il disparaît. Il
en va tout autrement dans l’Eglise du Seigneur. Pour Dieu, c’est toujours l’individu qui prime.
Dieu a voulu créer un être humain qui forme un tout et une unité en lui-même. Puis Il a voulu
librement unir tous ces individus, après les avoir sauvés individuellement, dans un autre tout
qui s’appelle l’Eglise. Mais, dans l’Eglise, chaque cellule de ce tout n’est jamais écrasée par
l’ensemble. Elle s’y intègre harmonieusement pour former un organisme vivant, où chaque
cellule occupe sa place et exerce sa fonction, apportant au Corps sa contribution, et
recevant à son tout du Corps ce dont elle a besoin, dans l’amour et la liberté. A mesure que
l’apostasie grandit dans l’Eglise visible, on met de plus en plus l’accent sur l’obéissance
extérieure, la discipline collective, l’organisation de l’ensemble, l’unité formelle, l’importance
de la masse, la hiérarchie et la « couverture spirituelle ». On demande aux Chrétiens
individuels de « se soumettre » aux autorités qui les dirigent. La spiritualité de chacun est
mesurée à son degré de soumission à ceux qui le contrôlent. Tout système religieux chrétien
coercitif a toujours violemment rejeté l’idée que chaque Chrétien puisse être
individuellement dirigé et contrôlé par le Saint-Esprit. Cette idée est trop dangereuse pour un
tel système, qui ne peut subsister que par la soumission aveugle de chacun de ses
membres à l’organisation globale. De même, l’idée que chaque Chrétien puisse connaître
lui-même Dieu, dans une relation personnelle vivante, est considérée comme sacrilège par
le clergé dominateur qui dirige la fausse Eglise apostate. Pourtant, Jésus a dit à Ses
disciples : « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les
asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand
parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit
votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour
servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Matthieu 20 : 25-28). De son côté,
l’apôtre Jean a déclaré : « Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous,
et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne
toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui
selon les enseignements qu’elle vous a donnés » (1 Jean 2 : 27). Quelle est exactement
cette onction ? Jésus a dit : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon
nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14
: 26). La véritable unité spirituelle de l’Eglise Corps de Christ ne peut être atteinte que par la
soumission intérieure et individuelle de chaque membre de ce Corps à l’autorité du
SaintEsprit et de la Parole de Dieu. Cette unité ne sera jamais réalisée par un contrôle
extérieur et une obéissance formelle à des ministères dominateurs. Tout au long de l’Histoire
de l’Eglise, ceux qui ont voulu revenir à un contrôle direct de la vie spirituelle des Chrétiens
par le Saint-Esprit et la Parole de Dieu ont dû s’affranchir de la domination tyrannique des
églises institutionnelles établies, qui les ont toujours violemment persécutés. Ces
Réformateurs spirituels ont toujours préféré se consacrer pleinement à Dieu, en toute liberté
spirituelle, et même au péril de leur vie, pour rendre témoignage à la Vérité et faire briller à
nouveau la lumière du véritable Evangile. Ils ont souvent été mis à mort par les chefs de
l’Eglise charnelle et apostate, qui ne pouvaient accepter de voir ces « rebelles » détruire le
système qu’ils avaient soigneusement et péniblement construit. C’est pourquoi nous
exhortons tous les Chrétiens épris d’une vraie liberté spirituelle en Christ à reconquérir cette
liberté spirituelle que Christ leur a acquise, et qu’ils auraient pu perdre par négligence,
crainte ou passivité. « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc
fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates 5 :
1). Chers frères et sœurs, ce qui est en jeu pour vous sur cette terre, c’est la gloire de Dieu
et, dans le ciel, c’est votre éternité ! C’est ce que vous serez et ferez ici-bas qui déterminera
ce que vous serez et ferez dans les cieux ! Levez-vous, et secouez-vous de tous les jougs
que les hommes ont réussi à placer sur votre vie ! Etablissez avec votre Sauveur et
Seigneur une relation personnelle vivante, qui fera de vous une source d’eau vive dans ce
monde assoiffé ! Soyez remplis de l’Esprit et de la Parole de Dieu, en tout amour et toute
humilité, pour produire en vous personnellement le caractère de Christ et le fruit de l’Esprit !
C’est alors que vous occuperez pleinement votre place dans le Corps Vivant de Christ. C’est
alors que vous serez pleinement dirigés par Son Esprit et que vous serez efficaces ! C’est
alors que vous saurez aussi reconnaître les véritables ministères envoyés par Dieu pour
diriger spirituellement Son Eglise ! C’est alors que vous permettrez au Seigneur de
réellement glorifier Son Nom au milieu des Siens ! Vous serez rejetés et persécutés. On
cherchera à vous écraser et à vous mettre « hors d’état de nuire. » Mais vous connaîtrez
aussi la joie de participer aux souffrances de Christ. Le disciple peut-il être mieux traité que
son maître ? Mais c’est aussi là que l’Esprit de Gloire reposera sur vous ! Voici une parole
que le Seigneur adresse à chacun de nous : « N’appelez pas conjuration tout ce que ce
peuple appelle conjuration ; ne craignez pas ce qu’il craint, et ne soyez pas effrayés. C’est
l’Eternel des armées que vous devez sanctifier, c’est lui que vous devez craindre et redouter.
Et il sera un sanctuaire, mais aussi une pierre d’achoppement, un rocher de scandale pour
les deux maisons d’Israël, un filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. Plusieurs
trébucheront ; ils tomberont et se briseront, ils seront enlacés et pris. Enveloppe cet oracle,
scelle cette révélation, parmi mes disciples. J’espère en l’Eternel, qui cache sa face à la
maison de Jacob ; je place en lui ma confiance. Voici, moi et les enfants que l’Eternel m’a
donnés, nous sommes des signes et des présages en Israël, de la part de l’Eternel des
armées, qui habite sur la montagne de Sion. Si l’on vous dit : Consultez ceux qui évoquent
les morts et ceux qui prédisent l’avenir, qui poussent des sifflements et des soupirs,
répondez : Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S’adresserat-il aux morts en faveur
des vivants ? A la loi et au témoignage ! Si l’on ne parle pas ainsi, il n’y aura point d’aurore
pour le peuple » (Esaïe 8 : 12-20)